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trefois remonter son origine à Bérold de Saxe et on rattachait sa généalogie k Witikind .Mais cette origine saxonne, bien qu'admise pendant longtemps, n'est qu'une fable. Selon un système moderne, que les savantes recherches de M. Cibrario rendent au moins trèsprobable, la maison de Savoie a pour origine les anciens rois d'Italie, Bérenger It et son fils Adalbert, couronnés rois à Pavie en 950 et qui appartenaient à la famille des marquis d'Ivrée. Le fils d'Adalbert, Othon-Guillaume, comte de Bourgogne, ne serait autre que le Bérold de la légende. Le fils d'Othon-Guillaume, Huinbert aux Blanches-Mains, souche incontestée de la maison de Savoie, serait le petit-fils et l'arrière-petit-fils de ces rois d'Italie, seigneurs alpins, qui défendaient, au Xe siècle, l'indépendance de leur pays contre les rois allemands, tout comme au xix° siècle les descendants d'Hnmliertont combattu l'Autriche au nom de l'indépendance italienne. Cette maison a fourni quarante souverains. Us ont porté pendant quatre siècles le titre de comtes de Savoie; devenus ducs de Savoie en 1416, ils ont porté ce titre pendant trois siècles et l'ont échangé en 1718 contre celui de rois de Sardaigne, jusqu'en 1861 qu'il* sont devenus rois d'Italie. C'est la plus ancienne maison souveraine régnante en Europe.
Outre celle des princes d'Aehaïe, de Morée et de Piémont, éteinte en 1418, et celle des barons de Vaud, éteinte en 1359, la maison de Savoie adonné naissance kiliverses branches qui ont une place importante dans l'histoire :
10 La branche des ducs de Nemours et de Genevois, issue du duc de Savoie Philippe II, éteinte par le mariage de Jeanne-Baptiste de Savoie - Nemours , héritière de l'apanage , avec son cousin Charles-Emmanuel II, en
2" La branche de Carignan, issue du duc Charles-Emmanuel Ier; je premier prince de Carignan fut Thomas, fils de ce duc de Savoie. Cette branche est montée sur le trône de Sardaigne en 1831 en la personne de Charles-Albert; elle est aujourd'hui régnante sur toute l'Italie.
Elle a eu deux rameaux principaux :
Carignan - Soissons issu du prince Thomas de Carignan; te premier comte de Saissons-Savoie fut Eugène, mort en 1673. Le fameux prince Eugène de Savoie était un cadet de cette branche;
Oarignan-Villefranehe, dont le chef fut le comte Villefranche, mort en 1785; son représentant actuel est le prince Eugène de Savoie-Carignan, qui n'a pas d'enfants.
Les ducs de Savoie ont aussi donné naissauce à quatre branches bâtardes : celles de Raconis, de Busca, de Collegno et d'Arvillars.
SAVOIE (Hnmbertler DE), ditauxBlaachei-
Maim , comte de Salmoreuce , de Nyon , d'Aoste, de Maurienne, de Savoie, etc., né vers 1003, mort en 1056. On croit que sa femme Amélie était sœur de la reine Herinengarde, femme de Rodolphe 111 de Bourgogne. Il parait avoir eu une situation quasi royale. Eu 1034, il conduisit une armée italienne par le val d'Aoste, en Suisse, au secours de l'empereur Conrad le Salique, et vainquit à Genève Gérold, un des adversaires de Conrad, qui lui donna des fiefs dans le Faucigny , le val d'Aoste, etc. Les deux premiers seigneurs d'Italie, Héribert, archevêque de Milan, et Boniface, duc de Toscane, servaient sous ses ordres. Le titre do, comte, dans les usages féodaux de la Bourgogne, impliquait les honneurs ducaux; il est à remarquer d'ailleurs que, dès la fin du xe sièc e, les comtés devenus héréditaires étaient l'apanage habituel des frères, neveux ou cousins des rois ou de l'empereur. Humbert aux Blanches-Mains étuit lils d'Othou-Guillaume, comte de Bourgogne, petit-fils d'Adalbert, marquis d'Ivrée, et arrière-petit lils de Bérenger II, roi d'Italie. Guichenon donne comme su>cesseur à Humbert aux Blanches-Mains Amédée 1er, qui ne parait pas lui avoir survécu.
SAVOIE (Amédée ou Amé 1er, comte de), fils du précèdent, mort en 1048 suivant quelques auteurs, en 1078 suivant Costa. On ne sait presque rien sur lui, sinon qu'il a régné, dit-on, sur la principauté de Savoie, luit qu'on ne saurait admettre s'il est vrai qu'il est mort, comme le disent quelques auteurs, en 1048.
SAVOIE (Odon de), quatrième fils d'Humbert 1er, mort vers 1060. Il battit le premier monnaie kAiguebelle et devint très-puissant par son mariage (vers 104?) avec Adélaïde, comtesse de Turin, marquise de Suse, d'Asti, etc. Leur fils aîné, Pierre 1er, régna conjointement avec eux et mourut avant sa mère, qui vécut jusqu'en 1091.
SAVOIE (Amédée II, comte de), fils d'Odon, mort vers l'an 1080 ou, seion Cosia, en 1094. Beau-frere de l'empereur Henri IV, on dit qu'il ne livra le passage de la Savoie à ce souverain, qui se rendait auprès de Grégoire VII eu 1076, que moyennant la cession du Bugey, dépendant auparavant du royaume de Bourgogne. Amédée II accompagna Henri VII jusqu'à Canossa et intervint dans la réconciliation de cet empereur avec le pape.
SAVOIE (Humbert II, comte de), te Renforce, fils d'Amédée II, mort à Moutiers en
SAVO
1103. Il prit les armes contre Aimeri, seigneur de Briançon-en-Tarentaise, et réunit aux Etats de Savoie toute Sa Tarentaise, du consentement des habitants de cette province. Humbert acquit en outre, parla mort de son aïeule Adélaïde, le marquisat de Suse; il fut suzerain du pays de Vaud, du Chablais et d'une partie du Valais. Il resta l'allié de Henri IV, dont il était un des feudataires les plus importants. Les villes de Turin, d'Asti, d'Albenga, etc., secouèrent sa domination et il perdu une partie de ses possessions du Piémont. Huinbert II avait épousé Gisèle de Bourgogne et battait monnaie k Suse.
SAVOIE (Amédée III, comte de), fils d'Humbert 11, né en 1095, mort k Nicosie (Chypre) eu 1 148. Il épousa Mathilde d'Albou etsucceda en 1103 à Huinbert IL Amédée suivit à Rome l'empereur Henri V et obiintde ce prince le titre de comte de l'empire. Le premier, il donna des chartes de franchises aux communes de ses Etats (à Suse, pur exemple). Il prit part, en 1 147, k la deuxième croisade avec son neveu Louis le Jeune, roi de France, et y mourut. Amédée fut le fondateur de Haute- Combe, etc.
SAVOIE (Humbert III, comte de), dit le Saini, fils du précédent, né au château de Veiliane, en Italie, en 1136, mort à Chambéry en 1188. Il défit, en 1153, devant Montmélian, Guigues VII, comte d'Aibon, dauphin du Viennois. Après avoir accompagné Frédéric- Bniberousse dans ses premières expéditions en Italie, Huinbert prit parti ensuite pour le pape Alexandre VI et la ligue lombarde. L'évéque et la ville de Turin étaient restés ti-
| dèles k l'empereur. Les Etats du comte de Savoie eurent beaucoup à souffrir pendant les hostilités entre le comte et l'empereur. Humbert réussit k soumettre Turin en 1175; mais il vit ses Etats envahis et ravagés par les troupes impériales en 1174 et eu 1187. Humbert eut des goûts de moine plutôt que de souverain ; cependant il sut résister aux
' empiétements des évéques sur le temporel.
; Il n'eut d'enfants que ne sa troisième femme,
i Béatrix de Bourgogne, et laissa son pouvoir
I tres-alfaibli k son fils Thomas.
SAVOIE (Thomas I«, comte de), fils d'Hum- I bert 111, né a Charbonnières en 1178, mort I eu 1233. Ce prince remarquable étendit beau- Coup ses possessions eu Piémont et donna un I grand nombre de chartes et franchises muuii cipales, notamment à Aoste, Pignerol, Yenne, , Chambéry. Il fut nommé par Frédéric H vicaire de l'empire eu Itatie et prit pied dans | le pays de Vaud, où la race latine, teprésen- | tée parles comtes de Savoie, devait, pendant 1 un siècle, lutter contre la race germanique, représentée par les ducs de Z&mringeu. Il eut sept lils de Maigueri.e de Faucigny : Ame- . dée IV, Thomas II, Pierre II, Philippe, qui I régnèrent; Boniface, archevêque de.Cuutorbéry; Guillaume, èvêque de Valence, etAi-