‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 135 sur 1059 · MON · texte numérisé non relu

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SAVOIE (Amédée IV, comte de), fils du précèdent, né à Montmélian en 1197, mort en 1253. 11 succéda à son père eu 1233 et soumit, deux ans plus tard, la ville de Turin. Amédée sut assez bien se maintenir entre les guelfes et les gibelins, qui se disputaient l'Ilal-e. 11 donna à ses frères de riches apanages (l'apanage était à cette époque un véritable Etat, vassal, il est vrai, de la couronne, mais a peu près indépendant) , savoir : à Aimon le Chablais, à Thomas II le Piémont. Il fit quelques acquisitions en Piémont et concéua des chartes de franchises aux communes. Allie de Frédéric 11, il le reçut à Turin en 1238 et obtint, dit-on, de ce prince l'érection eu duchés des deux comtés ou seigneuries de Chablais et d'Aoste, possessions de la maison ue Savoie.

SAVOIE (Boniface, comte de), fils du précédent, ue à Chambéry en 1214, mort à Turin en 1263. 11 succéda k son père eu 1253. Il eut à résister à Charles d'Anjou et à Thomas de Savoie, qui cherchaient l'un et l'autre à le dépouiller. Boniface ne fut pas plus heureux contre les habitants de Turin révoltés en 1257. Etant venu mettre le siège devant Cette ville eu 1263, il fut pris pendant une sortie et mourut en prison peu de mois après.

SAVOIE (Thomas II de), comte de Flandre, fils de Thomas I", comte de Savoie, et frère d'Amédée IV, né k Montmélian en H99,mort k Chambéry en 1259. Il reçut de son père un apanage en Piémont, passa ensuite en France et y épousa Jeanne , héritière des comtés de Flandre et de lluiuaut, comtés qu'il gouverna jusqu'à la mort de celle-ci, en 1242. 11 se remaria en 1244 avec Béatrix de Fiesque. Thomas II ménagea pendant longtemps les gibeiins et les guelfes et profita des deux partis. Mais il fut battu et pris par les Astesans et les Turinois révoltés (1257) et ne recouvra sa liberté qu'en perdant la plupart de ses Etats. 11 fut le père de Thomas III et d'Amédée V, le premier tige de la branche des seigneurs de Piémont, princes d'Aehaïe; le second, continuateur delà ligne des souverains de Savoie après la mort de Philippe Ier. — bon fils, Thomas III, comte de Maurienne, né en 1248, mort en 1282, lui succéda dans le litre de comte de Maurienne et dans le petit apanage qui restait à celui-ci après ses malheurs. Il guerroya sans cesse contre Guillaume VII, marquis de Montfer-

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rat, et le fit arrêter en 1281, malgré le sautconduit qu'il lui avait fait accorder. Il lui imposa comme rançon la cession de plusieurs villes du Piémont, qu'il reperdit bientôt après.

SAVOIE (Pierre, comte de), surnommé le Petit Ciniriemagiie, également frère d'Amédée IV, né au châtpau de Suse en 1203, mort au château de Chillon en 1268. Ce prince, qui fut le véritable créateur de la puissance de sa maison, n'obtint de son père, Thomas 1er, qu'un petit apanage composé de quelques châteaux dans le Chablais et le Bugey ; mais il ne tarda pas à l'accroître par une foule de petites conquêtes dans le Bugey, le Chablais et le Genevois. Etant allé en Angleterre en 1241, il y rendit de grands services au roi Henri III, qui lui donna en apanage les comtés de Richmond etd'Essex, ainsi qu'un palais, qui porte encore le nom de Savoie et qui est situé sur le bord de la Tamise. De retour dans ses diunaines en 1250, Pierre accrut encore ses possessions. Ayant fait épouser ses deux nièces aux rois de France et d'Angleterre, il se trouva naturellement appelé au rôle de médiateur entra ces deux princes pendant un nouveau voyage qu'il fit en Angleterre. En 1263, Pierre devint comte de Savoie. Il vengea son neveu Boniface et lit rentrer Turin sous la domination de la maison'de Savoie. Selon la loi salique, le trône appartenait, non k Pierre, mais à Thomas, son neveu; mais l'ordre de la succession n'était pus encore réglé en Savoie. Pierre fut un organisateur et un homme d'une puissante initiative. Le premier de sa race, il donna des lois ou statuts généraux. Il conquit et organisa le pays de Vau-l et le Faucigny et acquit le château de Genève. Il favorisa largem-nt l'iiffranchissement des communes, donna un grand nombre de chartes libérales et protégea les trouvères. Pierre vainquit Rodolphe d-; Habsbourg, tige de la maison d'Autriche et seigneur de la Suisse allemande. Même après l'avènement de ce dernier, il concerta toujours une grande influence a. la cour du roi d'Angleterre, son neveu. Il épousa Agnès de Faucigny, héritière de cet Etat.

SAVOIE (Philippe I«r, comte de), frère d'Amédée IV. V. Philippe.

SAVOIE (Amédée V, comte Dit), dit le Grand, fils de Thomas II et neveu de Philippe 1er, né au Buiirget en 1249, mort à Avignon en 1323. 11 obtint de son oncle fhilippe le* l'administration de la Savoie, fut investi en 1283 du duché d'Aoste et, par son mariage avec Sibylle de Baugé, il réunit la Bresse à ses Etats héréditaires. En 1285, il devint comte de Savoie et régna au détriment de son neveu Philippe, fils de Thomas III, qui aurait dû succéder d'après la loi salique; ce fut la seconde et dernière dérogation au droit de priinogéniture qu'on trouve dans l'histoire de Savoie. Amédée céda plus tard à son neveu, par suite de la médiation d'Edouard 1er d'Angleterre, la principauté du Piémont à titre d'apanage. Ce partage des Etats de Savoie dura jusqu'en 1418. Amédée, dès le commencement do son règne, fixa le siège de son gouvernement à Chambéry , soutint une guerre heureuse contre le comte de Genevois et le dauphin du V lennois, et s'unit avec succès aux habitants d'Asti et d'Alexandrie contre Guillaume VII de Moiitferrat. Il vainquit ensuite le marquis de Saluées, qu'il contraignit k lui rendre hommage. Amédée porta secours au roi de France Philippe le Bel contre les Flamands et contribua k la paix entre la France et l'Angleterre. Pendant presque tout son règne, il eut à lutter contre le comte de Genevois et le dauphin du Viennois, avec lesquels il conclut des traités en 1304, 1306 et 1309 sans réussir k avoir une paix définitive. Amedee V obtint de Henri VII la seii gneurie d'Asti et le gouvernement de plusieurs villes de Lombardie, qu'il perdit bientôt après- Il ne put conserver que la seigneurie d Ivrée et fut obligé d'abandonner tout le reste de ses conquêtes. 11 avait assisté k trente-cinq sièges. Ce fut lui qui établit le siège officiel du gouvernement au château de Chambéry. Jusqu'à lui, il n'y avait eu que des résidences de princes et pas de capitale.

SAVOIE (Louis de), baron de Vaud, troisième fils de Thomas II de Savoie, frère d'Amédée V, né en 1250, mort à Naples en 1302. 11 reçut de son frère Amédée la baronnie de Vauu en 1285 et obtint en 1297, de l'empereur Adolphe ue Nassau, le droit de battre monnaie. Il étendit sa juridiction aux dépens de l'êvèque de Lausanne et suivit Charles II

| d'Anjou à Naples, où il mourut en 1302. — Son fils, Louis II, lui succéda et mourut

| en 1350, après avoir suivi Henri VII en Italie et servi eu Flandre Philippe de Valois contre les Anglais. — Sa fille, Catherine, vendit en 1359 la baronnie de Vaud à Amédée VI.

SAVOIE (Edouard ou Odoard, comte de), surnommé le Libéral , fils d'Amédée V, ne k Baugé en 1284, mort k Gentilly en 1329. Il combattit en Flandre sous les ordres de Philippe le Bel et se distingua, en 1304, k la bataille de Mons-en-Puelle. Charge de la régence pendant l'expédition de son père en Italie, Edouard lui succéda en 1323. Ce prince établit des conseils de justice permanents. Il n'y avait eu jusque-là en Savoie qu'un conseil, à la fuis d Etat et de justice, qui suivait partout le prince. A partir d'Euouard, il y eut deux conseils : celui de justice, qui sié-

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gea d'mie façon permanente à Chambéry, et le conseil d'Etat, qui suivait le souverain. Edouard autorisa les juifs à s'établir en Savoie (1325} et jeta les premiers fondements de la loi qui proscrit en justice les compensations en argent ou compositions pour la plupa-t des crimes. Ce prince ne fut pas heureux dans sa politique extérieure. Il se lança dans 3eS guerres hasardeuses et multiplia les demande* de subsides extraordinaires à ses sujets . En 1325, il perdit la bataille do Yarey contre le comte de Genevois, le dauphin du Viennois et le baron de Faucigny. Il alla combattre ensuite en France contre les Flamand; et se distingua à la bataille du mont Cassel. Il se réconcilia ensuite avec le dauphin de Vienne par l'entremise de Clémence, veuve de Louis X, et mourut pendant le séjour ci\'il fit à la cour de cette princesse. ïl n'ava t eu de son mariage avec Blanche de Bourgogne qu'une fille, Jeanne, qui épousa Jean III, duc de Bretagne, en 1329.

SAVOIE (Aimon, comte de), surnommé le Pncio^ne, frère un précédent, mort a Montmélia:i en 1343. Il succéda en 1329 à son frère Kdouard et eut aussitôt a lutter contre le datphin du Viennois. Ce dernier ayant été tué en 1333 , Aimon conclut la paix avec Humlert, frère et successeur du dauphin. Le comte Aimon se rendit en France en 1340 , amenant un contingent nu roi, son allié, contre les Anglais. Bon administrateur, il réorganis.i l'Etat, créa l'office de chancelier de Savoia et divisa ses possessions en huit bailliages ou provinces militaires, savoir ■ 1° Savoie, avec la Maurienne et la Tarentaise, ch.-l. Montmélian; 2« Novalaise, ch.-l. Voyron ; i<> Viennois, ch.-l. Saint-fieorges-rl'Espéranches ; 4° Bresse, ch.-l. Bourg-en-Bresse ; 50 B igey, ch.-l. Roussillon ; 6<> Chaulais, avec Genève, ch.-!. Chillon; 7° val d'Aoste, ch.-l. Aoste; 8<> val de Suse , ch.-l. Avigtiann. Le Piémont formait une principauté, apanrge de la branche aînée, issue de Thomas III, exclue du trônn de Savoie. Aimon mourut laissant pour héritier Amédée VI, issu de son mariage avec Yolande de Montfer rat.

SAVOIE (Amédée VI, comte de), dit le comte Veri, l'un des princes les plus illustres de la maison de Savoie, né à Chambéry en 1354, mort dans la Ponille en 1383. Il succéda îii 1343 à son père, Aimon le Pacifique. On le surnomma le comte Vert, parce que, dans an tournoi donné à Chambéry en 134S, tournoi dans lequel il figurait comme nouveau chevalier, il se présenta, ainsi que ses onze compagnons, avec une armure et une livret vertes, et que, dès lors, il adopta cette coule ir comme un symbole d'espérance, s'accordant parfaitement avec sa fameuse devise : J'atmis mon astre. Il fit la guerre aux Visconti de Milan, et de cette époque datent les vi-éés de la maison de Savoie sur la Lombarde. Le comte Vert fut la fleur de la ehevaler e. La plus étonnante de ses entreprises est sjn expédition d'Orient, eu 1366. Les Turct ayant attaqué l'empereur d'Orient, Jean Paléologue, allié à la maison de Savoie, le comte Vert fréta quinze galères vénitiennes e; vola généreusement au secours de son parent. Ii prit Gallipoli , battit les Turcs et conqt it la Bulgarie, dont le roi avait fait prisonnier l'empereur grec. Pour prix de tous ces services, il ne put que constater l'ingratitude des Grecs. Mais, en revanche, sa réputation de modération et de sagesse lui valut h. soumission volontaire des seigneurs du Ct.navese, des villes libres de Bielle et de Coni ït des pays de Gex, de Valromey, de Chen.sco et de Verrue. Non moins politique qu'illustre guerrier, le comte Vert sut, en 1301, mettre fin, par un traité resté célèbre, aux discordes qui, depuis longtemps, divisaient les républiques de Gènes et de Venise au sujet de leurs possessions orientales. Amédée \l fonda l'ordre du Collier ou de l'Annonciade (1362) et organisa la chambre des comptes de ses Etats. Il mit fin aux longues guerres avec les dauphins du Viennois en réuni ssant définitivement le Faucigny et le pays de Gex à ses Etats. En 1382, le comte Vert prit parti pour Louis d'Anjou et entreprit li conquête du royaume de Naples; mais la pente vii.t ravager son armée au milieu de ses succès; il succomba dans la Pouille en 13S3. Son corps fut transporté en Savoie, où il re;iose dans la magnifique abbaye de Hauti-Combe. Il avait épousé Bonne de Bourbon.

SAVOIE (Bonne de Bourbon, comtesse de), femme du précédent, régente du duché de Savo e, morte à Màcon en 1402. Sœur de Jeanne, reine de France, elle épousa en 1355 Améi ée VI, comte de Savoie, et se lit remarquer par sa bonlé et sa générosité. A la mort de co prince (1383), elle gouverna jusqu'à l'avé lement de son fils, Amédée VII, et, lorsqie ce dernier mourut en 1391, elle fut chargée de la régence pendant la minorité de son petit-fils.

SAVOIE (Amédée VII, comte de), dit le coiui.j Bouge, né en 1360, mort en 1391. On pense généralement que ce surnom lui fut donni par ses contemporains, à cause de la couieur de sa barbe. Il succéda à son père, le comte Vert, en 13S3, et suivit les traditions chevileresques de celui -ei. Allié de la France, il se battit pour elle contre les Anglais et sut tenir en respect ses turbulents

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voisins les Valaisans et les marquis de Saluées et de Montferrat. La ville de Nice se donna volontairement à lui, en stipulant toutefois, par le traité du 7 novembre 1391, que les princes de Savoie ne pourraient en aucun cas la céder à une autre puissance. C'est ce traité qui fut invoqué par Garibaldi lorsqu'il protesta au parlement italien , le 12 avril 1860, contre la cession k la France de Nice, sa patrie. La même année, Amédée VII mourut, à Ripaille, des suites d'une chute de cheval qu'il fit dans la forêt de Lonnes, où il poursuivait un sanglier, laissant le trône à un enfant qui fut Amédée VIII, premier duc de Savoie, puis pape, et surnommé le Salomon de son siècle.

h'Histoire du comte Ronge a été écrite par M. Cibrario, le savant historien piémontais; elle a paru dans ses Etudes historiques (1S51), M. C'ilirario établit que le comte Rouge est mort d'un emplâtre empoisonné qu'un médecin, acheté par ses ennemis, lui avait appliqué sur la nuque. La mort du comte Rouge a aussi fait le sujet d'un roman historique de M. J. Replat, intitulé : le Sanglier de la forêt de Lonnes.

Les compétitions entre la mère du comte Rouge, Bonne de Bourbon, et sa femme, Bonne de Berry, ne furent pas étrangères k sa mort et agitèrent la minorité de son fils. Bonne de Berry, qu'il avait épousée en 1370, disputa, à sa mort, la régence à Bonne de Bourbon (1391), épousa en secondes noces le comte d'Armagnac, connétable de France, et mourut en 1434.

SAVOIE (Amédée VIII, premier duc de) et ensuite pape sous le nom de Félix V, né à, Chambéry en 1383, mort à Genève en 1451. Il succéda à son père Amédée VII, dit le comte Rouge, en '1391 , sous la tutelle de Bonne de Bourbon, son aïeule. C'est pendant sa minorité que les trois états de Savoie commencèrent à. se réunir régulièrement. En 1401, il acheta le comté de Genevois, intervint à plusieurs reprises dans les guerres civiles de France, entre les maisons de Bourgogne et d'Orléans, et étendit de tous les côtés les frontières de ses Etats. Il obtînt en 1416, de l'empereur Sigismoml, le titre de due, réunit bientôt après (1418) l'apanage des princes d'Achaïe et de Piémont, entra (1426) dans la ligue contre les Visconti et leur enleva le territoire de Verceil, puis s'allia aux Milanais contre !e marquis de Montferrat et en obtint Mondovi et divers territoires subalpins. Il promulgua, en 1430, le premier code de lois générales sous le nom de Statuta Sabaudiss. Kn 1435, il résolut de se retirer du monde. Il remit les rênes de l'Etat entre les mains de son fils, avec le titre de lieutenant général, sans cependant abdiquer la souveraine puissance, et se retira, sous l'habit d'eriniie, au château de Ripaille, sur les bords du lac de Genève, avec quelques chevaliers qui commencèrent avecliii l'ordre séculier de Saint-Maurice, On a même supposé que ces chevaliers, qui n'étaient pas astreints aux austérités des ordres monastiques, vivaient plutôt en épicuriens dans le palais qui leur servait de monastère, et que c'est de là que vient l'expression proverbiale faire ripaille. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il continua, du fond de sa retraite, à gouverner l'Etat avec l'aide de ses chevaliers ermites, qui tous étaient ses anciens conseillers, généraux ou ambassadeurs. En 1439, le concile de Bâle , après la déposition d'Eugène IV, offrit la tiare à Amédée et l'opposa à Nicolas V. Le duo de Savoie prit, comme pape, le nom de Félix V et abdiqua la dignité ducale en faveur de son fils. Eugène IV excommunia Félix V, qu'il appela un « très-déloyal Satan, » ainsi que les vingt-trois cardinaux qu'il avait nommés et les membres du concile, ses partisans. Félix rendit à Eugène IV excommunication pour excommunication ; enfin, en 1449, il consentit, pour mettre (in au grand schisme d'Occident, à se démettre du souverain pontificat, en échange du titre de cardinal légat et de grandes prérogatives ecclésiastiques qui le rendaient le second personnage de l'Eglise. Il était aussi évêque de Lausanne et de Genève.

SAVOIE (Louis, duc de), fils du précédent, né à Genève eu 1403, mort à Lyon en 1465. Il fut chargé par son père, dès 1434, de l'administration des Etats de Savoie; mais il n'eut le titre de due qu'en 1440, lorsque son père eut accepté le souverain pontificat. Louis inaugura son règne en faisant mourir l'ancien premier ministre de son père, Guillaume de Bolomier. Il était à peine monté sur le trône que l'extinctionde la maison Visconti alluma la guerre en Italie et lui offrit l'occasion de s'emparer de Milan, qui ne demandait qu'à passer sous sa domination ; mais il manqua de résolution et d'activité, et ses tentatives tardives n'eurent d'autre effet que de l'engager dans une guerre désastreuse avec le nouveau duc de Milan, Sforza, ligué avec les Florentins. Louis fut un prince faible et léger , qui laissa gouverner l'Etat par sa femme, Anne de Chypre, dont il eut seize enfants et dont l'influence fut déplorable. Ce règne commence une longue période de décadence pour la maison de Savoie. Son second fils, Louis, devint roi de Chypre par son mariage avec l'héritière de Lusignan, et de là vient le ti're de roi de Chypre et de Jérusalem porté par les souverains de Savoie. Il mourut en France, où il était venu

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pour seconder Louis XI, son gendre, dans la guerre du Bien public. Le duc Louis avait établi le sénat de Turin en 1459. Ce fut le premier prince de Savoie qui (it graver son effigie sur les monnaies.

SAVOIE (Amédée IX, duc de), surnommé le Bienheureux, fils du précédent, çé h Thonon en 1435, mort à Verceil en 1472. Il succéda à son père Louis en 1465, et bientôt après perdit la raison. Sa femme, la belle et sage Yolande de France, sœur de Louis XI, prit la régence qui lui fut disputée par Philippe, frère d' Amédée. Celui-ci assiégea Montmélian en 1471, força la duchesse de s'enfuir à Grenoble et s'empara de la personne du duc. Louis XI, frère de Yolande, intervint a son tour en Savoie en faveur de sa sœur; Philippe invoqua et obtint l'appui du duo de Bourgogne. Mais à ce moment eut lieu la médiation des cantons de Fribourg et de Berne (1471), et la régence fut partagée entre la duchesse et les princes. Amédée mourut quelques mois après. — Les frères d'Amédée furent : Louis, couronné roi de Chypre par suite de son mariage avec Charlotte de Lusignan ; Janus, comte de Genève ; Philippe, comte de Bresse, qui régna sur la Savoie ; Jacques, comte de Romort et baron de Vaud-, François et Jean-Louis, successivement évëques de Genève.

SAVOIE (Jacques de), comte de Romont, quatrième fils du duc Louis et frère d'Amédée IX, né vers 1440, mort au château de Ham en 1486. Ii eut pour apanage le comté de Romont et la baronnie de Vaud, et fut constamment l'allié de Charles le Téméraire, qui, pendant son expédition contre les Liégeois en 1475, lui accorda un des principaux commandements dans son armée. En octobre de la même année, le comte vit son apanage conquis par les Suisses. Après la mort de Charles , il s'attacha à Maximilien d'Autriche, époux de Marie, héritière de Bourgogne, puis à Philippe d'Autriche. En 14S4, il prit part k la révolte des Gantois contre Maximilien 1er, et mourut sans avoir pu rentrer en possession de ses Etats, que Louis XI s'était engagé, en 148t, par le traité d'Arras, à lui rendre, mais dont les Suisses restèrent les maîtres.

SAVOIE (Philibert 1er, duc de), dit le Chns- ■eor, fils d'Amédée IX. V. Philibert.

SAVOIE (Charles 1er, t],ic de), dit le Guerrier, frère de Philibert 1er. y. Charles pr.

SAVOIE (Charles II, duc db).V. Charles II.

SAVOIE (Philippe II, duc de), dit Sou»

Terre. V. Philippe II, duc de Savoie.

SAVOIE (Philibert II, duc de), dit le Beau, fils de Philippe II. V. Philibert.

SAVOIE (Charles III, duc de), dit le Ban. V. Charles III.

SAVOIE (Emmanuel-Philibert, duc de).

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