CORPS
Eau
Acides gras
Soude.
Sulfate , chlorure et autres
sels solubles
Matière insoluble, fer, chaux
et charbon
Glycérine et antres matières
non saponifiables
BLEU
pâle.
BLEU
vif.
— Techn. La fabrication des savons se fait dans des établissements qu'on nomme savonneries, et la première opération dont on ait à se préoccuper est la préparation des lessives caustiques, alcalines. Ces lessives doivent être pures et dégagées de tout mélango étranger. Les principales impuretés solubles que l'on rencontre dans les dissolutions de soude ou de potasse sont les sous-carbonates alcalins et des sels neutres qui, eux, ne nuisent pas à la saponification. Les sous-carbonates sont nuisibles, parce qu'en vertu de son affinité pour l'acide carbonique l'alcali reste dans cette combinaison, au lieu de s'allier au corps gras. On enlève l'acide carbonique au moyen de la chaux, ce qui donne un carbonate insoluble. On mélange la soude ou la potasse en poudre avec la chaux éteinte, puis on soumet à plusieurs lavages consécutifs, qui donnent des lessives de moins en moins concentrées. On a l'habitude, dans les grands établissements, d'enfermer ces lessives dans de grands réservoirs où on les puise au fur et à mesure du besoin. C'est un tort; la lessive s'altère et reprend à l'air avec lequel elle est en contact une portion notable d'acide carbonique. Ces grands réservoirs sont généralement en maçonnerie; la réunion de plusieurs d'entre eux prend le nom de mène.
Le savon de Marseille est fabriqué avec ■des lessives de soude et d'huile d'olive. Les détails pratiques de la fabrication de ce savon se reproduisant, a quelques exceptions près, pour toutes les saponifications, nous allons entrer dans le détail de cette fabrication, après quoi nous dirons quelques mots de ce nui concerne les particularités relatives aux diverses espèces de savons.
— Savon de Marseille. Pour la fabrication de ces savons, qui sont des savons durs, disons d'abord qu'on doit employer des lessives de soude artificielle. C'est ainsi que l'on nomme la soude extraite du chlorure de sodium, par opposition à la soude naturelle, que l'on obtient par l'incinération des plantes. Cette dernière, en effet, contient toujours de la potasse, ce qui met dans l'impossibilité d'obtenir des savons bien fermes.
Une saponification complète se compose de trois opérations distinctes : l'empâtage, la coction, l'épuration.
1" Empàtagp, On met dans une chaudière la quantité de lessive correspondante à l'huile d'olive s\ir laquelle on veut opérer. On fait bouillir et on verse en une seule fois toute l'huile à saponifier. On continue l'ébullition et bientôt l'huile perd sa transparence; elle se dénature et se confond avec la lessive pour ne plus former qu'une sorte d'émulsion blanche qui, peu à peu, acquiert de la consistance et de l'homogénéité. La lessive employée doit être très-faible, mais très-pure, pour favoriser la combinaison à son début. Il faut chauffer les chaudières juste assez pour entretenir l'ébullition, de peur d'épaissir la pâte et même de la brûler. Cet accident se décèle par la production de vapeurs bleuâtres. On y remédie en versant quelques seaux de lessive, que l'on éparpille soigneusement dans la masse. L'empâtage est fort important et sa bonne exécution assure la réussite de l'opération. Lorsqu'il est terminé, on a une matière pâteuse , savonneuse, mais ce n'est pas un savon parfait ; cette matière peut absorber encore une grande quantité d'alcali. On procède alors à la coction.
2» Coction. On commence par enlever de la masse l'eau que l'empâtage a plus ou moins débarrassée de son alcali, et qui s'est incorporée à la matière pâteuse. On verse, pour ce faire, des lessives fortes et salées et on
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brasse quelque temps au moyen d'un plateau incliné en bois, muni d'un manche (radiable). La pâte n'est pas attaquée par cette dissolution; mais celle-ci s'empare du principe aqueux pour former une lessive très -peu riche en alcali, qui se sépare et se précipite au fond de la chaudière, laissant surnager l'espèce de sous-savon obtenu par l'empâtage. On évacue ces liquides par un canal inférieur nommé épine. Cette opération, qui précède la coction, se nomme relarguye. On réunit alors le savon imparfait provenant de deux ou trois chaudières dans une seule, et on fait un premier service de lessive, avec un mélange de lessives fortes et de lessives Salées (contenant du chlorure de sodium). Le sel marin a, d'ailleurs, la propriété de contracter la pâte et de la réduire en grumeaux. C'est aussi à ce moment que l'on ajoute le sulfate de fer, lorsqu'on veut obtenir du savon marbré. Lorsque la coction marche, l'alcali est rapidement absorbé, surtout au commencement de l'opération. Les ouvriers disent alors que la chaudière mange bien, et les services de lessive se succèdent rapidement. Peu à peu la réaction se ralentit ; la masse s'épaissit; la vapeur sort avec peine en produisant des sortes de petits cratères, d'où jaillit de la lessive bouillante. L'opération touche à sa fin. Elle est terminée lorsque les grumeaux pris entre les doigts et refroidis se solidifient, puis se pulvérisent.
30 Epuration. Parvenue à cet état, la combinaison est parfaite ; mais le produit qui en résulte ne l'est pas encore. Il est en grumeaux isolés et souillé par des impuretés provenant de matières gélatineuses non saponifiables, contenues dans les huiles. Il s'agit alors de liquéfier ces grumeaux, de les rendre fluides, assez pour permettre la précipitation des matières étiangères, sans cependant les dissoudre complètement. • On ajoute des lessives faibles en quantité exactement suffisante, puis on brasse longuement et fortement au moyen du radiable.
L'ouvrier qui le manie est monté sur une planche posée sur la chaudière; il divise la pâte et, dans les sillons ainsi formés, on verse peu à peu la lessive. On ne suspend cette addition de lessive que lorsque la pâte est devenue parfaitement homogène, sans la moindre trace de grumeaux. On maintient alors un peu de feu sous la chaudière, pour entretenir la pâte dans le même état de fluidité, et on l'abandonne -au repos pendant un certain temps. Les corps étrangers, étant un peu plus pesants, traversent lentement la pâte et se réunissent au fond, où ils forment une couche à. laquelle on donne le nom de gras. Ce gras est employé dans de nouvelles cuites, ou pour la fabrication de savons plus communs.
La pâte est alors fluide et pure; on n'a plus qu'à la former en pains. Le savon ainsi obtenu est blanc et de très-bonne qualité, mais on est û peu près maître d'y incorporer de l'eau à volonté, et quelques fabricants, peu délicats, outre-passent les proportions convenables. Dans le savon marbré, au contraire, on ne peut incorporer plus de 30 pour 100 d'eau; il offre donc plus de sécurité à l'acheteur, qui, pour cette raison, le préfère. 11 est probable que la marbrure ou madrure a été trouvée par hasard et qu'elle fut d'abord le résultat d'unesaponificat. on mal réussie, dans laquelle la séparation du savon d'avec les matières étrangères n'avait pas été complète. Néanmoins, comme la matière colorante des soudes brutes est accidentelle et qu'elle est tres-variable dans ses proportions , on s'assure d'une marbrure certaine en ajoutant, pendant la saponification, du sulfate de fer dissous dans de l'eau ou de la lessive faible. Le sel de fer est décomposé par'la soude, et l'oxyde de fer se combine avec les acides gras pour donner un savon métallique insoluble, de couleur bleue, qui tend à se déposer. En agitant la masse, on le répartit inégalement, ce qui produit la marbrure.
Lorsque la saponification a été bien faite, 3 kilogrammes d'huiie d'olive donnent 5 kilogrammes de sauon marbré de bonne qualité, et un peu plus de 5 kilogrammes de savon blanc. Il peut cependant arriver que, malgré tout le soin possible, le rendement soit un peu inférieur, et cela dépendra surtoutou de la qualité ou tle l'impureté de l'huile.
Dans les grandes usines, où l'on saponifie environ 6,000 kilogrammes d'huile à la fois, on emploie d'immenses chaud, èri-s qui peuvent contenir jusqu'à 12,000 kilogrammes de savon. Leur fond seulement est en cuivre, le reste est en briques jointoyées au ciment. Cette maçonnerie est entourée d'un fort massif cerclé en fer et destiné à soutenir l'énorme pression qu'exerce sur les parois le liquide intérieur. Ce mode de construction a plusieurs avantages; d'abord il est moins dispendieux que si la chaudière tout entière était en métal, fût-ce même eu tôle de fer; ensuite ces chaudières ne sont pas sujettes comme celles de métal à subir immédiatement les coups de feu, qui peuvent amener la décomposition partielle du savon. Le feu ne chauffe que le fond , qui est en contact direct avec l'excès de lessive. L'enveloppe en brique garde une température invariable ou qui ne varie que très-lentement. Néanmoins, on a fait usage de chaudières en tôle de fer rivée ou en fonte, avec fond en cuivre, en ayant soin d'entourer la partie supérieure en fonte ou en fer par un massif de maçonnerie,
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de façon à la soustraire à l'action directe do feu. Un remédie ainsi a l'inconvénient principal des chaudières en maçonnerie, qui est de se laisser pénétrer par les lessives alcalines. C'est peu grave, tant que ces appareils restent en activité; mais, s'ils se refroidissent, ces sels cristallisent dans l'intérieur de la maçonnerie, ce qui fuit exfolier le ciment et détache les briques.
Lorsque le savon est cuit et qu'il ne s'agit plus que de le laisser refroidir, on le coule dans des bassins carrés de 3 à 5 mètres de côté sur 0m,60 de profondeur, appelés mises. Les mises pour le savon marbré sont construites en dalles bien unies et bien jointes. On pratique quelques divisions transversales dans chaque mise au moyen de planches appelées fauques. Des ouvertures sont faites de distance en distance à Ja partie inférieure, pour laisser écouler les lessives lorsque l'on juge à propos de leur donner issue. Lorsque la solidification est complète, toute la masse de savon marbré flotte sur la lessive qui occupe le fond de la mise. Pour les savons blancs qui ne laissent point échapper de lessive, les mises sont en planches. On les construit au moment d'v couler le savon. Elles peuvent se placer indifféremment dans des pièces garnies de plancher ou de carreaux de brique, au rez-de-chaussée ou au premier. Lorsque ces cases en planches sont construites, on les poudre avec de l'hydrate de chaux, qui u'udlicre point au savon, et dont l'insufflation suffit pour le débarrasser quand il est froid. Dans tous les cas, le niveau supérieur des mises doit être placé à une hauteur du sol moindre que celle de la surface de la chaudière, afin que la pâte encore liquide puisse facilement s'écouler par une rigole en bois que l'on place sur les bonis de la chaudière et de la mise. Les salles où sont placées ces dernières doivent être disposées de manière qu'on puisse obtenir une température douce en hiver et un peu fraîche en été, car on éprouve également de l'inconvénient à laisser la pâte se refroidir trop rapidement ou trop lentement, surtout pour les savons marbrés. Le savon, avant d'avoir atteint un complet refroidissement, séjourne ordinairement de huit à dix jours, et quelquefois de vingt à vingt-cinq jours, dans les mises, suivanlla température régnante ; après quoi, on le découpe en grands parallélogrammes, puis en briques pour être livré au commerce.
Les savonneries importantes et bien organisées possèdent, en outre, des appareils, espèces de citernes nommées piles, pour emmagasiner les huiles. l'Ius lupprovisiounement est Considérable , plus l'huile séjourne dans chaque pile; elle sy épureet s'y débarrasse des matières étrangères qu'elle tient eu suspension, lesquelles forment, au fond des piles, des dépôts plus riches en stéarine que le reste de la masse. On en fabrique des savons de très-bonne qualité, mais salis.
Les savons de Marseille étaient, dans le principe, fabriques, avec de l'huile d'olive pure et de la soude; mais, depuis que l'on a monté dans différentes localités de la France des savonneries où l'on emploie un mélange de suif et d'huile d'œillette ou de colza, les fabricants de Marseille se sont vus obligés, pour soutenir sans perte la concurrence, de faire aussi des mélanges. Maintenant, une grande partie des hu.les de graine fabriquées dans les départements du Nord est dirigée sur Marsoihe. Cette adtiiiion restreinte dans de certaines limites, à un dixième par exemple, n'altère pas sensiblement la qualité du savon; au delà, e.b- l'amollît ; ou est obligé alors, pour le raffermir, d'ajouter du suif, et ce suif se décèle par une oueur désagréable.
— Savon de suif. Le suif le plus convenable pour la fabrication du savon est celui qui renferme le moins de grais%e de mouton. Lorsqu'on veut faire des savons fins pour la toilette, on doit épurer le suif avec le plus grand soin ; cela n'est pas nécessaire pour les savons ordinaires. La saponification s'opère comme pour le savon de Marseille, sauf qu'elle est plus rapide et plus facile; cela tient, ainsi que la dureté du savon obtenu, aux fortes proportions d'acide stéarique et d'ucide margarique que renferme le suif. Malgré celte grande dureté, le snuon de suif ne supporte pas l'addition des huiles de graine, même en faible proportion. On en obtient à volonté du savon biauc ou marbré, en procédant do la même façon que pour le savon de Marseille. Dans tous les cas, ce suuon a toujours une odeur désagréable, que l'on peut lui enlever, cependant, par l'adjonction d'un peu d'essenco de térébenthine, qui lui communique une odeur ayant quelque analogie avec celle de la violette.
— Savon de résine. La résine n'est point susceptible d'éprouver une véritable saponification. Bile ne se combine pas avec l'alcali, de sorte que celui-ci garde toute son énergie et peut saponifier une graisse quelconque, de façon à former alors un véritable savon résineux. C'est ordinairement le suif que l'on emploie à cet usage; il masque parfaitement l'odeur de la résine, et d'autant plus qu'il est plus rance. On fabrique le savon de suit' par le procédé ordinaire, puis à la fin de l'opération on ajoute la résine en petits morceaux et ou brasse le tout avec énergie; on aromatise avec de l'essence d'anis, puis on coula dans des moules qui n'ont que la largeur
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d'une barre, mais qui en ont plusieurs fois la longueur. On coupe ce savon en pains avec un fil de cuivre et on le conserve dans'un magasin bien aéré pour le sécher. Il est jaune, sunout si on a ajouté un peud huile de palme, et translucide sur les bords; il se dissout et mousse parfaitement, même dans les eaux de puits.
— Savons mous ou savons verts. Les savons mous sont des savons à base de potasse ; ils retiennent beaucoup d'eau à l'état de simple mélange, et on ne peut jamais les séparer eoir plétement de l'excès de lessive; ifs se distinguent alors par une grande solubilité et une réaction alcaiine prononcée. Us se fabriquent avec des huiles de graine et principalement de l'huile de chënevis, qui communique une couleur d'un brun verdàtre particulier, que l'on cherche à imiter quand on emploie d'autres huiles. Après l'huile de chènevis, on donne la préférence à celles de cameline et de lin, puis à celles d'oeillette, de colza et de navette. Assez souvent, d'ailleurs, on las mélange ensemble.
Il est impossible d'employer les graisses, même en proportions très-minimes, sans faire
fierdre à ces savons la transparence qui est eur caractère distinclif. La saponification une fois opérée, ce savon est enfermé dans des tonneaux. Lorsqu'on n'a pas employé l'hu le de cbènevis, il est simplement jaune, et on le ramène au vert en lui incorporant de l'incigo. On fabrique à Rouen, pour les draperies, un saoon de potasse solide qui semble résulter de l'emploi du suif.
— Savons de toilette. La disposition d'une savonnerie pour la fabrication des savons de toilttte et les ustensiles nécessaires à cette fabrication sont à peu de chose près les mêmes que ceux qui sont employés par le savonnier ordinaire. Us subissent seulement quelques légères modifications, qui sont nécessitées par la pureté et la qualité exceptionnelles des produits fabriqués. Ainsi, les réservoirs pour les lessives ne devront pas être en bois blanc, qui leur communiquerait enecre une légère coloration jaune, muis en bois doublé de plomb. Les chaudières auront une capacité beaucoup moindre ; elles sercit en fonte avec fond en cuivre, ou bien en tôle de fer, ou enfin en cuivre doublé de bois intérieurement pour la partie directement en contact avec le savon. La saponification -s'opère absolument de la même façon et par les mêmes procédés que pour la fabrication en grand des savons ordinaires, si ce n'est que les huiles, graisses et lessives devront être aussi pures que possible. Les savons de toilette sont innombrables, si l'on considère les couleurs et les parfums durèrent.!-, mais, en définitive, tous ont pour base la soude, s'ils sont durs, et la potasse s'ils sont mous; quant k la graisse employée, c'est l'axcnge ou le suif, et, comme huile, celle d'oli ,-e, d'amande ou de palme. Cette dernièro donne d'excellents savons légèrement colorés en jaune et doués d'une agréable odeur de violette. Les plus beaux sont ceux qu'on fait à l'huile d'amande, mais leur prix est élevé.
Le ration de Windsor, qui a, depuis fort longtemps, une réputation méritée, se fabrique maintenant aussi bien en France qu'en Angleterre. On saponifia un mélange de suif bien épuré et d'axonye avec une lessive da souda, et k la fin de lu cuite on mélange par l,00C kilogrammes de pâte :
6 kilogrammes d'essence de calvi ;
1 kilogr. 50 d'essence de lavande fine;
1 kilogr. 50 d'essence de romarin.
Généralement, on termine la fabrication complètement avant d'ajouter le parfum. On donne, en même temps, au savon une coloration qui rappelle à l'oeil l'odeur qu'il possède. Ains , les jouons à la rose sont roses ; ceux à la violette, violets; ceux k l'orange, jaunes, etc. On incorpore la couleur et le parfum de deux façons, soit en luisant foudre le savon au bain-inarie, soit en le pilonnant forte neut avec l'essence qui doit le parfumer. Le second procédé use moins d'essence, mais le mélange n'est jamais aussi intime. Quoi qu'il en soit, on prend la pâte ainsi obtenue et on la façonne en pains préalable neut pesés, que l'on porte au séchoir, où il: sont disposes sur des claies dans des court. nts d'air habilement ménagés. Lorsqu'on veut faire des savons marbrés, on lamine ensemble des pâtes des deux couleurs dont on veut le marbre, puis on mélange imparfaitement par un pétrissage peu prolongé.
Retenant du séchoir, les savons sont grattés, ],olis, puisesutnpes au moyen de presses à balancier, pour recevoir les dessins et inscririons multiples dont les parfumeurs se plaisent à les décorer.
On fabrique en grande quantité un genre de sajou i.Uisavuu léger. Il est obtenu en faisant fondre du savon à l'huile ordinaire au bain-marie, dans une chaudière où il est fortement agité par un arbre vertical muni d'ailettes; il mousse abondamment et augmente de volume par suite de l'incorporation de l'air. Il garde en se solidifiant un aspect poreux; il est très-onctueux, tres-mousseux et surnage sur l'eau,, ce qui le rend trèscomn.ode au bain. Le savon à la neige n'est que du savon ordinaire dont la pâte a été saturée avec un huitième de son volume d'eau.
Un autre genre de savon, dont l'invention est due aux Anglaise! qui surprit beaucoup,
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lors de son introduction, les consommateurs et les fabricants, est le savon transparent. Maintenant on le fabrique très-bien en France, si bien que nous en approvisionnons l'Angleterre elle-même. On l'obtient par la distillation ménagée de la dissolution d'un savon ou suif bien sec dans l'alcool. Un coule la masse, qui devient transparente après trois ou quatre semaines de repos. Les manipulations finales sont les mêmes que pour les autres savons.
11 ne reste plus, pour terminer, qu'à dire quelques mots des savons de toilette mous. Ils sont à base de potasse; la graisse employée est l'axonge. On retire la pâte des chaudières et on pilonne fortement, puis on mélange le parfum. Le plus estimé est légation parfumé k l'amande amère, dit crème d'amandes. On croit communément que la pâte d'amandes amères entre pour quelque chose dans sa composition. C'est une erreur que les parfumeurs accréditent, du. reste, pour. le vendre plus cher.
La poudre de savon, dont on fait usage pour la barbe, est un mélange de farine de blé et de savon blanc desséché, pulvérisé et aromatisé après le mélange.