SAVONNIER
— S. m. Fabricant de savon ; ouvrier qui travaille à la fabrication du savon.
— Ichthyol. Genre de poissons acanthoptérygiens, de la famille des percoïdes, comprenant deux espèces, qui vivent dans les mers chaudes de l'Amérique.
— Bot. Genre d'arbres, type de la famille des sapindacées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent dans les régions tropicales : La pulpe des fruits du savonnier agit comme une sorte de savon naturel, (P. Duchartre.J Les habitants des Antilles se servent de la racine et surtout du fruit du savonnier. (V. de Bomare.) Avec les liges du savonnier, on taille des cure-dents. (T. de Berneaud.)
— s. f. Bot. Syn. de saponaire : La savonniers est très-amère et irès-détersive. (V. de Bomare.)
— Encycl. Bot. Les savonniers sont des arbres ou des arbrisseaux à feuilles pennées ou ternées. Les fleurs, groupées en pauicules terminales, présentent un calice à quatre sépales colorés, accompagné de deux folioles à l'extérieur; une corolle à quatre pétales, inunis d'une glande vers le milieu de leur base ; huit étamines, libres, insérées sur un disque hypogyne, plan, lobé, qui garnit le fond de la fleur; un ovaire libre, à trois loges uniovulées surmonté de trois styles terminés chacun par un stigmate simple. Le fruit est un drupe, composé ne trois carpelles charnus, globuleux, soudés, dont deux avortent souvent, et qui renferment chacun une graine globuleuse, à embryon volumineux. Les espèces assez nombreuses de ce genre croissent dans les régions équatoriales des deux continents et possèdent plus ou moins les propriétés générales qui leur ont valu leur nom vulgaire. Sous nos climats, elles ne sont cultivées que dans les serres chaudes des jardins botaniques.
Le savonnier commun, appelé aussi arbre à savon ou à savonnettes, bois de Panama, etc., est un arbre de moyenne grandeur, dont la tige, couverte d'une écorce rugueuse et grisâtre, se divise presque dès la base en rameaux portant des feuilles alternes, imparipennées, à folioles inéquilatérales, d'un vert gai, luisantes en dessus, plus pâles et pubescenles en dessous. Il croît dans les régions centrales de l'Amérique et abonde surtout aux Antilles. 11 habite principalement les mornes et se trouve plus rarement dans les plames. Il ne paraît pas qu'il soit spécialement cultivé dans le pays; mais on tire parti de ses fruits et surtout de son écorce, qu'on exporta beaucoup dans nos contrées.
Cette écorce, connue sous le nom de bois de Panama, se trouve fréquemment dans le commerce, en morceaux longs de i mètre environ, larges, fibreux, pesants, blancs au dedans, noir brunâtre au dehors. Elle est inodore, mais sa poudre est très-âcre et provoque de violents éternuments; d'abord insipide, elle ne tarde pas à devenir acre. Elle fait mousser l'eau et forme ainsi une sorte de savon naturel. L'analyse chimique y a constaté une matière grasse, de la chlorophylle, du sucre et une substance particulière appelée saponine (v. ce mot). Il s'en fait eu Amérique un commerce considérable, et depuis quelques années elle nous arrive en Europe un grandes quantités. On s'en sert pour nettoyer les étoffes, notamment les soies, qui seraient facilement altérées par le savon ordinaire. Traitée par l'alcool, elle donne une teinture qui forme des émulsions laiteuses avec le camphre, les huiles, les résines, etc. Infusée dans le vinaigre, elle donne le vinaigre hygiénique. Unie au coaltar ou goudron de houille, elle produit uns éinulsion et sert à préparer le coaltar saponine, qu'on emploie comme désinfectant.
Le bois du savonnier est blanc, gommeux ou plutôt goimno-résineux, assez dur, mais facile à couper et point sujet à la vermoulure; son odeur et sa saveur rappellent de près celles de la résine copal. Il n"a pas été néanmoins, jusqu'à ce jour, l'objet d'applications industrielles un peu importantes ; on ne l'emploie guère que pour faire des cure-dents ; on se sert aussi du chevelu des racines pour fabriquer des brosses à dents; toutefois ces derniers usages ne sont guère connus que des indigènes.
Les fruits, vulgairement nommés cerises gommeuses, pommes de savon, sont globuleux, à peu près du volume d'une grosse cerise, rouges, translucides et amers à la maturité-
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leur mlpe, visqueuse, amère, forme un savon naturel; elle mousse dans l'eau, comme l'écoro ou la racine, mais à un degré bien plus marqué, et possède la propriété de dégraisser les tissus. Cette propriété se conserve en part e par la dessiccation. Il suffit de mettre quelques-uns de ces fruits dans l'eau chaude; ils se fondent en quelque sorte peu à peu dans le liquide, jusqu'à ce qu'il ne reste plus que les noyaux. Mais il ne faut pas, dit-on, fairs un trop fréquent us;ige de cette émulsion. car elle gâte et brûle le linge. L'épicarpe, ou, comme on dit vulgairement, 1 écorcs de ce fruit, a été employé contre la chlo-ose. Le noyau, qui est très-dur, sert à faire des chapelets et des colliers qui sont, a ce q l'on assure, aussi noirs mais pins brillant; et plus beaux que l'ébêne. L'amande est lonne à manger, elle a un goût d'aveline; on en obtient une huile bonne k brûler, et même à manger, lorsqu'on l'a exprimée de l'amande fraîche. La pulpe a été préconisée contre les fièvres et les pertes de sang. Le savo.mier comestible croit au Brésil ; ses fruits sont bons à manger et même assez recherchés pour leur saveur agréable. Lu savonnier du Sénégal donne aussi des fruits d'une saveur douce et vineus». Nous citerons encore les sayouniers abrupt et à feuilles de laurier. Toutes ces espèces participent aux propriétés que possède la première.
SAVONNOIR s. m. (sa-vo-noir). Techn.
Peuire dont on se sert pour savonner les cartss à jouer.
SAVONULE s. f. (sa-vo-nu-le — raû. savon). Chili. Substance composée d'une huile essentielle et d'un alcali.
SAVORÉE s. f. (sa-vo-ré). Bot. Nom vulgairî de la sarriette. Il On dit aussi Savourée.
SA VOT (Louis), médecin français, né à Saulieu en 1579, mort à Paris en IG40. Nommé mécbein du roi Louis XIII, bien qu'il ne fût pas docteur, il occupa ses nombreux loisirs à l'étude de différentes sciences, minéralogie, métallurgie, architecture, numismatique. On lui coit, entre autres écrits : Nova de causis colorum sentenlia (Paris, 1609, in-S°); l'Arckilecture française (1024, in-8°) , où l'on trouve d'utiles conseils sur l'art de bâtir; Discours sur les médailles antiques (1627, in-4c), dans lequel il traite des matières employées pour fabriquer les médailles, de leur poids, de leur valeur primitive et de leur valeur au moment où il écrivait. On lui doit encore une traduction du Livre de Galieti sur l'art de guérir par la saignée, avec un diseouis sur la saignée (1S03, in-12).
SAVOt, île de l'Océanie, dans la Malaisie, archipel de la Sonde, au S. de l'Ile Florès. Sa pointe septentrionale est par 10° 24' de latit. S. et 119» 20' de longit. E. 5,000 hub. Les côtes sont généralement basses, mais l'intérieur de l'Ile est couvert de montagnes assez élevées. Sol fertile en maïs, sarrasin, mittet, riz, melons d'eau, bétel, fruits, cannes à sucre, coton, indigo, palmiers. Celte île, qui fait actuellement partie de ta résidence hollandaise de Timor, était à peu près inconnue avant que Cook y abordât en 1770.
SAVOURÉ, ÉE (sa-vou-ré) part, passé du v. Savourer. Goûté lentement et avec plaisir : Des mets savourés avec délices,
— Fig. Dont on jouit avec délices : Les bienfuils gui se succèdent lentement et à distance sont savourés Mieux que ceux qui sont précipités. (Machiavel.)
— s. f. Bot. Nom vulgaire de la sarriette, il O.i dit aussi savorée.
SAVOUREMENT s. m. (sa-vou-re-man — rad. savourer). Action de savourer, il Peu usité.
SAVOURER v. a. ou tr. (sa-vou-ré — rad. saveur). Guûter lentement, avec attention et avec plaisir : Savourer des mets. Savourur sa tusse de café. Le tigre savoure le sang, il s'en enivre. (Buff.) Il est impossible de savourer les vins délicats lorsqu'on vient de boire de l'eau- de- oie. (Chambeiet.) il Se dit aussi des sensations des autres sens : Savourer des parfums. Savourer ime prise de tabac. Sav jurer tes notes voluptueuses d'un concert. Ah! si du moins je l'eusse pu savourer à mou gré, ce baiser eût été mon dernier soupir, et je serais mort le plus heureux des hommes. (J.-J. Rouss.) Mun âme sur ma lèvre était lors tout entière, Pour savourer le miel qui sur lu vôtre était.
Voiture. ... Pour sucer la moelle, il faut qu'on brise l'os ; Tour savourer l'odeur, il faut ouvrir le vase; Du tableau que l'on cache il faut tirer la gaze.':
Tu. Gautier.
— Fig. Se livrer avec délices à, jouir avec une lenteur ca. culée et voluptueuse de : Ma nature orageuse m'eût rendu incapable de savourer longuement de saintes délectations. (Oh tieanb.) Heureux gui, n'empiétant pas sur ta portion d' autrui, peut savourer la sienne avec reconnaissance.' (Kératry.)
Fouillez, puisez dans les sources antiques, Lisez les Grecs, savourez les Latins.
J--B. Rousseau.
11 est des jours de paix, d'ivresse et de mystère, Où notre cœur «tuoure un charme involontaire.