‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 146 sur 1059 · SAYN · texte numérisé non relu

SAYN

croît un journal américain. De sept heures trentî-cinq minutes k dix heures moins le quart, Heenan et Tom Sayers combattirent sous le soleil du mutin. « On entendait, écrivait le Times, les coups qui retentissaient dans la prairie... • Suivant quelques-uns, la victoire ne fut à personne, ou plutôt fut à tous deux. Quoi qu il en soit, le colosse Heenan, après le duel, était méconnaissable; sa chair avait enflé sous le poing unique de Sayers; il était hideux à voir. Le petit Tom avail la tête fraîche encore, et le lendemain il se promenait dans Londres, « Jamais général revenant de loin, roi rentrant dans sa capitale ne fut accueilli comme Sayers quand il reparut en public, lisons-nous dans l'Evénement du 16 novembre 1865. La foiile se pressaitsur son passage, les femmes agitaient .eurs mouchoirs, les hommes l'emportaient en triomphe I Le Parlement, la Chambre des lords, le Royal Exchange, la politique et le comnerce, la banque et la bourse, tous se cotisèrent et, en quelques jours, on eut recueilli pour fêter son courage 75,000 francs, dont le revenu devait lui être servi sa vie durant et, comme une dotation royale, être réversible sur la tête de ses enfants. » Sayers resta sur ce grand souvenir. Il ne lutta plus, mais se fit entrepreneur de cirque. Oe'Ue existsnce nomade le tua; les excès de boisson auxquels il sa livra déterminèrent une maladie grave qu'une chute aggrava encore. Un j jur qu'il passait en voiture dans une rue, un homme qui lui en voulait l'injuria et le men:ça. Le lion malade, oubliant que sa vigueur était éteinte, sauta à bus de la voilure et il tomba. Cet accident compliqua son état, et si:: mois après il mourait, laissant un nom que le peuple de Londres n'oubliera pas de sitôt. 30,000 personnes assistèrent à ses obsèques qui etfucèrent celles de lord Palmerston, mort presque au même moment, et rappelèrent celles de lord Wellington. Enfin, dans l'un des plus beaux cimetières de Londres s'éleva un magnifique monument en marbre, portent à sa façade le médaillon du défunt. Une souscription publique ouverte par les amis et les aumirateurs de Tom Sayers en a fait es frais. V. notre article boxe dans ce dictionnaire.

SAYETTE s. f. (sé-iè-te — dimin. de saye). Connu. Ktotfe faite tantôt de laine pure, tantôt di laine mélangée d'un peu de suie et qui, anciennement, avait le même emploi que la saye. 9 Fil de layette , Nom donné au lil de laine qui était spécialement destiné à la fabrication des étoffes appelées sayes et say'ettes.

SAYETTEBIE s. f. (sé-iè-te-rl — rad.

sayeile). fabrication des étoffes appelées saye s et sayettes. Il Fabrication des étoffes de laine pure ou de laine mélangée d'un peu de soie ou de poil. Il Corporation des ouvriers attai liés à ces fabrications, il Nom par lequel on désigne, à Abbeville, toute espèce d'étoffe de laine.

SAYETTECJR, ECISE s. (sè-iè-teur, eu-ze — rt.d. suyetle). ïechn. Ouvrier, ouvrière qui travaille à la fabrication des étoffes de laine.

— ^. m. Nom donné anciennement aux ouvriers qui travaillaient exclusivement en étoffes de sayetterie.

SAYN, bourg de Prusse, province du Rhin, régence de Cublentz, sur la rive droite du Rhin; 1,500 hab. 1- orges royales; importante fabrication d'articles en fer fondu, machines, etc. On y voit les ruines d'un vieux château et un beau château moderne.

SAYNÈTE s. f. (sè-nè-te — espagn. saineie, proprement morceau délicat; de sain, saint oux). Littér. fetite pièce bouffonne du théâne espagnol : II ne lui a manqué qu'un peu l'e grammaire et de style pour égaler les plus cives savnétes espagnoles. (Th. Gain.)

■ — Encycl. La saynète est un genre dédaigné chez nous; mais le théâtre espagnol, sous les noms de tous, entremeses, sainetes, comporte un grand nombre de ces compositions légères , en quelques scènes, qui se jouaiant pendant les entr'actes des grandes pièces. Le genre qui s'en rapproche le plus dans notre théâtre, c'est le proverbe dramatique ou -ce que l'on appelle aussi la comédie de paravent, petite pièce à deux ou trois personnages. La saynète est tantôt en vers, tantôt en prose, plus souvent en vers. Un des plus anciens poètes dramatiques de l'Espagne, Lope de Rueda, en a écrit une, en proso, qui est un petit chef-d'œuvre, les Olivts (1567). Lope de Vega et Calderon n'en ont écrit qu'en vers ; ils en ont composé chacun plus d'une centaine, et c'est à peine si l'on on a recueilli quelques-unes. Apres eux, Luis Quiûones dé JBeuavente (xvne siècle) s'est aussi ncquis quelque renom en ce genre ; mais les saynètes les plus connues sont celles de Ramon de La Cruz (xvme siècle) ; nous leur consacrons un article spécial. Le xixe siècle n'a compté en Espagne qu'un seul auteur de saynètes qui puisse être rapproché de Rimon, c'est Gonzalez del Castillo.

Saynète», de Ramon de La Cruz (Madrid, 1788, 10 vol. in-8°). C'est un des plus curieux recueils dramatiques espagnols. Il est comfosé d'environ deux cents saynètes, toutes e 3 vers ; et dans un cadre étroil, un peu vulgaire, le poëte a su garder beaucoup d'originalité. Tantôt copiant le français, l'ita-

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