DAR
SCHEDOM (Pierre), littérateur et philosophe italien, né k Sassuolo (duché de Modène) en 1759, mort à Modène en 1835. Après avoir fait ses études chez les jésuites, il se fit recevoir docteur en droit, visita l'Italie, se liant avec les hommes les plus distingués, et s'adonna k la philosophie et aux lettres. Schedoni devint, en 1827, un des censeurs institués par le duc de Modène pour la censure des livres. On lui doit, entre autres écrits : Essai sur les jeux (1788, in-8o); Des moyens de prévenir et de diminuer les maux de la guerre (Modène, 1801); Mémoire sur ta violation de la pudeur dans les beaux-arts ; Opuscule de voyages (1806) ; les Influences morales, son meilleur ouvrage ; Principes moraux du théâtre, etc. Il avait collaboré àlaVoù: de ta vérité et aux Mémoires de religion, de littérature et de morale.
SCHÉDULE s. f. (ché-du-le — anc. forme du mot cédule). Féod. Ecriture privée. Il Assignation, il Publication des hommages dus au seigneur féodal.
SC11EEL (Henri-Othon de), écrivain militaire allemand, né h Rendsbourg (Holstein) en 1745, mort k Berlin en 1807. Entré dans l'anillerie danoise, il fit la campagne de Mecklembourg, vint ensuite étudier l'art militaire en France (1770), et, lorsque !a guerre de la succession de Bavière éclata (1778), il prit du service dans l'armée de Frédéric II. A la conclusion de la paix, il devint chambellan du roi de Danemark. En 1787, il revint en Prusse et devint successivement major, lieutenant-Colonel, directeur de l'académie du génie à Potsdum (1793), major général et directeur général de toutes les académies militaires des Etats prussiens et entin commandant de deux brigades de fortifications. On lui doit : Mémoires d'artillerie, contenant l'artillerie nouvelle (Copenhague, 1777, in-40); Description du théâtre de ta guerre (Copenhague, 1785, in-4").
SCHEEL (Paul), chirurgien et physiologiste danois, né k Itzehoc en 1777, mort à Copenhague en 181 1 . Avec Pfaffet Rudolphi, il fonda un excellent journal destiné à faire connaître les travaux du nord de l'Europe. Son principal ouvrage a pour objet 1 histoire de la transfusion du sang et de l'infusion des médicaments dans lesveines.il a pour titre : Die Transfusion des Blutes und Einsprùtzung der Arzeinen in dit Adern (Copenhague, (1802).
SCHEELATE s. m. (chi-!a-te — du nom du chimiste Scheele). Chim. Syn. peu usité de
TUNGSTATE.
SCHEELE (Charles- Guillaume), célèbre chimiste suédois, né k Stralsund le 19 décembre 1742, mort à Kœping le 24 mai 1786. Son père, petit commerçant, ne put lui donner qu'une instruction incomplète. Dès l'âge de quatorze ans, le jeune Scheele fut placé comme apprenti pharmacien k Gothembourg, chez l'apothicaire Bauch, un ami de sa famille. Dans ses moments de liberté, le futur chimiste étudia avec ardeur, et il dévorait les ouvrages de Neumann, de Lemery, de Stahl et des autres chimistes ses contemporains. La besogne à laquelle il se livrait pendant le jour prenait tout son temps, mais la nuit il travaillait pendant de longues heures. Son apprentissage fini, Scheele changea de maître et vint exercer la pharmacie chez Kalstrœm, pharmacien k Maltnoë, puis chez Scharenberg, k Stockholm. Chez ces deux pharmaciens, il acheva ses études. En 1773, il alla diriger la pharmacie de Look, à Upsal. Le savant Bergmann achetait ses produits chimiques chez ce pharmacien. Surpris un jour par un fait insolite, selon lui, il vint faire des reproches au garçon apothicaire. Scheele se fit raconter les circonstances dans lesquelles le fait avait lieu, puis il expliqua k Bergmann la cause du phénomène. Cetlernier, étonné des connaissances profondes du jeune pharmacien, se lia avec lui et le lit connaître au grand Linné. Bientôt, par l'importance seule de ses travaux, Scheele acquit une véritable autorité. Plusieurs propositions avantageuses lui furent faites pour le tirer de son humble situation; il refusa tout, même l'offre que lui faisait Frédéric le Grand d'une chaire de chimie k Berlin.
Il se retira dans la petite ville de Kœping. Une pharmacie y était vacante ; la veuve du pharmacien essayait de la diriger. Scheele épousa cette veuve et mourut deux jours après son mariage.
L'Académie royale des sciences de Stockholm, l'Académie royale de Turin et la Société des scrutateurs de la nature, de Berlin, se glorifiaient de le compter au nombre de leurs correspondants.
« Avec de petites ressources, dit Hcefer, il fit de grandes choses. Les passions égoïstes n'eurent point de prise sur ce beau caractère, jamais il ne déserta sa bannière : l'amour de la science pour la science. »
On doit à Scheele des recherches sur l'acide tartrique, sur le spath-fluor et son acide, sur le manganèse, qu'il traita par l'acide muriatique et dont il dégagea te chlore-, sur le chlore, qu'il appela acide rauriatique déphlo-
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gistiqué et dont il observa presque toutes les propriétés. Outra le chlore, il découvrit le baryum, distingua du manganèse les combinaisons ferrugineuses avec lesquelles on le confondait avant lui, parvint à préparer à l'état de pureté l'acide arsénique, tira l'acide benzoïque du benjoin, l'acide urique des calculs de la vessie, obtint le sucre de lait, caractérisa l'acide lactique, découvrit l'acide prussique (1782), la glycérine (1784); enfin, il se livra à des travaux sur le quartz, l'argile, l'éther acétique, l'acide cîtronien cristallisé, la couleur noire de la pierre infernale, etc.
i On s'est souvent étonné, dit M. Troost, de ce que Scheele, qui a fait faire de si grands progrès k la chimie et qui a eu une si grande influence sur les méthodes expérimentales, n'ait pas secoué le joug des idées reçues à son époque et n'ait pas commencé cette grande réforme, qui reste la gloire immortelle de Lavoisier. C'est que Scheele n'avait ni l'éducation première ni la fortune qui donnent une indépendance complète d'esprit et de caractère. Obligé d'émieUer, pour ainsi dire, son génie aux labeurs incessants qui amènent le pain de chaque jour, il ne pouvait consacrer aux méditations théoriques les longs loisirs qu'elles exigent. Sa part, du reste, est assez belle, même à côté de Lavoisier. En effet, que d'inventions, que de découvertes ultérieures ont été les conséquences des travaux accomplis par Scheele dans son modeste laboratoire!... Le nombre des mémoires de Scheele est tel qu'on se demande avec étonnement comment un seul homme a pu, dans l'espace d'un si petit nombre d'années, et avec d'aussi modestes ressources, accomplir d'aussi grandes choses. Il n'est peut-être pas un chimiste qui ait découvert autant de corps, il n'en est certainement pas un qui l'ait fait par des moyens aussi simples. C est que Scheele avait le génie de l'invention jomtâ un admirable talent d'expérimentation. U était de ces vrais savants dont Franklin a dit i ■ Us sont capables de scier avec une vrille et de percer avec une scie. »
Celui de tous ses ouvrages !qui a joui de la plus granderéputntiou est son Traité chimique sur l air et le feu. Cet ouvrage, précédé d'une préface de Bergmann, fut publié pour la première fois eu allemand sous le titre de : Chemische Abhandlung von der Luft (Upsal et Leipzig, 1777, in-8<>). Le baron Dietrich en a donné une traduction française (1781, in-8°).
Scheele, imbu de la théorie phlogistique, y a commis de nombreuses erreurs, qui ont été relevées par Lavoisier dans un article intitulé : Réflexions sur la calcination et la combustion, qui parut en 1781 dans les Mémoires de l'Académie. • Cet ouvrage, dit M. Dehérain, est un singulier mélange d'expériences admirables, de conclusions justes, puis de raisonnements compliqués, insoutenables quand, ne serrant plus d'aussi près les faits, Scheele invente au lieu d'observer.» Parmi ses nombreux mémoires, noua citerons ; De succo citri ejusque cristallisatione (1784), dans lequel il donne une bonne préparation de l'acide citrique ; lie magnesia nigra (1774), mémoire extrêmement remarquables ; Examen chimicum calculi urinarii ; Recenlius aeris, ignis et hydrogenim examen; De salium neutralium principiia calce viva aut ferro dissoloendis ; De silice, argilla et alumine; De nooa methodo mercurium dulcem parandi ; De pulvere atgarothi commodius minoribusque impensis parando; De aceli bonitate conservanda ; De ferro acido phosphori saturato et sale perlalo ; De terras rhuburbari in pluribus vegelalibus pr&sentia; De preparatione magnesis albsB; Adnotationes de pyrophoro, etc.
Les mémoires de Scheele ont été réunis sous le titre d'Opuscula et traduits en français par M'i* Picardet, sous le titre de Mémoires de chimie (Paris, 1785, 2 vol. in-12).
SCHEELE (Louis-Nicolas de), homme d'Etat danois, né en 1796. U lit ses éludes juridiques aux universités d'Heidelberg et de Kiel, et se lia, dans cette dernière ville, avec le comte de Moltke. Après avoir occupe pendant plusieurs années un emploi k la chambre des finances de Copenhague, il devint bailli de Hutten en 1831, puis de Gottorp, et fut placé, en 1841, à la tête de ces deux bailliages, situés dans le Slesvig. Il fit preuve dans ces fonctions d'une grande habileté et chercha surtout à acquérir de l'influence en Se montrant bienveillant envers tous et en se créant des relations puissantes. Le comte de Moltke étant devenu, k Copenhague, président de la chancellerie pour le Slesvig- Holstein et le Lauenbourg, nomma M. de Scheele président de la |régence provinciale du Slesvig-Holstein, à Gottorp , et l'investit de pouvoirs extraordinaires. M. de Scheele prit alors k tâche de réprimer par des mesures de police d'une sévérité excessive l'agitation nationale qui se faisait sentir dans les duchés, et devint bientôt en butte à la haine universelle. Lorsque éclata(mars 1S48) le soulèvement du Slesvig-Holstein, il s'enfuit à Copenhague, où il vécut provisoirement dans la retraite et fit paraître ses Fragments en cahiers libres (1850, 2 vol.), dans lesquels il traitait la question et les événements îles duchés. Il mit k profit son séjour k Copenhague pour se faire admettre dans l'intimité du roi Frédéric VU et de la comtesse de Damier, qui était aimée de ce prince, et il fut choisi pour
SCHE
être un des témoins de leur mariage. La soulèvement du Holstein ayant été comprimé, il y reçut, en 1852, la place lucrative de drossart de la seigneurie de Pinneberg, fut nommé, en 1853, commissaire royal près l'assemblée des états de cette province et se montra en toute circonstance l'instrument aveugle et zélé du cabinet réactionnaire d'Œr.^ted ; mais il se garda bien de prêter son concours a lu comtesse de Danner pour soutenir M. Œisted, car il voyait dans la chute de ce dernier l'occasion de sa propre élévation. Avec le concours de Hall et d'autres libéraux du parti national danois, il forma, le 18 décembre 1854, un nouveau cabinet, dans lequel il eut lui-même le portefeuille de l'extérieur et le ministère du Holstein-Lauenbourg. Comblé en même temps d'honneurs et de faveurs par le roi Christian VII, il obtint, en outre, l'autorisation de changer son nom, qui était Scheel, en de Scheele. L'usage violent et arbitraire qu'il faisait de sa toute-puissante autorité dans les duchés décida les états de cette province a l'accuser d'abus de pouvoir et d'infraction k la constitution. La cour supérieure d'appel de Kiel, devant laquelle cette accusation avait été portée, se déclara incompétente, et, d'un autre côté, M. de Scheele, dans sa note circulaire du 5 septembre 1856, se montra l'adversaire déclaré du scandinavisme, ce qui excita contre lui la colère de tous les membres du parti national et libéral en Danemark. Enfin, il s'éleva dans le cabinet, entre ses collègues et lui, des conflits sans cesse renaissants, k la suite desquels tous les autres ministres donnèrent leur démission. Il chercha vainement à former un nouveau cabinet, et le roi lui-même se vit forcé, le 13 avril 1857, d'abandonner son favori. Quoique M. de Scheele eût k cette époque quitté Copenhague pourallerreprendreses fonctions de drossart k Pinneberg, il n'en demeura pas moins en étroites relations avec la comtesse Danner et conserva toujours les bonnes grâces du roi, en sorte qu'il continua k exercer en secret une grande influence. En décembre 1861, il fut, en outre, nommé premier président de la ville d'Altona. Mais après l'entrée dans cette ville des troupes do la Confédération germanique , le commissaire fédéral le suspendit de ses fonctions, le 24 décembre 1863, et, le même jour, ies menaces de la population le forcèrent k quitter Pinneberg. 11 se réfugia en Danemark, où il a, depuis lors, vécu loin des affaires publiques.
SCHEELIN s. m. (chi-lain — du nom du chimiste Scheele). Chim. Syn. peu usité de
TUNGSTÈNE.
SCHEELITE s. f. (chi-li-te — rad. scheelin). Miner. Tungstate de chaux naturel.
— Encycl. La seheelite est une substance de couleur blanchâtre, vitreuse, très-pesante, douée d'un éclat assez vif, un peu grasse à la vue et au toucher. Elle est toujours k l'état cristallisé, et ses cristaux, qui sont des octaèdres droits k base carrée, ont pour forme primitive un prisme droit du même genre, dans lequel le côté de la base est k la hauteur comme 10 : 21. Sa densité est 6,2. Ce minéral ne fond qu'avec difficulté au chalumeau, et il donne un verre transparent. L'acide azotique l'attaque lentement et il y a un précipité d'acide tungstique ; il se compose, en poids, de 80,42 d'acide tungstique et de 19,40 de chaux. La scheelile appartient aux terrains de cristallisation ; elle est surtout abondante dans les dépôts stanniferes. Les plus beaux échantillons viennent des mines d'étain de Zinnwald, de Sehlaggenwald et d'Erenfriedersdorf, en Saxe et en Bohême. Ou en tire aussi du pays de Cornouailles, en Angleterre; de Saint-Marcel, en Piémont; de Ryddarhyttan et de Bipsberg, en Suéde; de Hungtinton, en Conneetiuut, aux Etats-Unis, et du Puy-les-Vignes, dans notre département de la Haute-Vienne.
SCHEELITINE s. f. (chi-li-ti-no — rad.
scheelin). Miner. Tungstate de plomb naturel, qui est le wolfram bleierz des Allemands.
— Encycl. Miner. La scheelitinen'a encore été trouvée qu'a Zinnwald, en Bohême, ou elle accompagne l'oxyde d'étain. C'est un minéral d'un gris brunâtre, jaune verdàtre ou rougeâtre, qui se présente en petits cristaux fusiformes dérivant d'un prisme droit k base carrée, dans lequel le côté de la base est k la hauteur comme 10 : 22. Sa pesanteur spécifique répond au nombre 8, et sa dureté au nombre 3. Au chalumeau, sur le charbon, il fond facilement, et ce dernier se couvre d'oxyde de plomb. Avec la soude caustique, il donne du plomb métallique. Suivant Lainpadius, la scheetiline se compose de 51,75 d'acide tungstique et de 48,25 d'oxyde de plomb.
SCHEELS ( Rabode-Hermann), en latin Sclicliua, érudït hollandais, né eu 1G22, mort en 1662. U fit ses études k Leyde, parcourut la France et l'Italie, prit du service eu Toscane, puis revint dans son pays et s'adonna entièrement k l'élude. On lui clo.t : De libertaie publica (Amsterdam, 1666, iu-iî); De pace et causis belli anglici primi (Djveuter, 1668, in-12); De jure imperii (Amsterdam, 1671, in-16).
SCUEELSTRATE (Emmanuel de), antiquaire et théologien belge, né k Anvers en 1649, mort k Rome en 1092. Chanoine et
SCHE
chantre do la cathédrale d'Anvers, il se vit appel; k Rome par Innocent XI, qui le nomma bibliothécaire du Vntican et chanoine de Saint-Jean-de-Latran, Celait un homme instruit, qui se lit le défenseur acharné de l'omnipotence et ries prérogatives pontificales. On lui doit, entre autres écrits : Antiquitas Eccltsix djssertulionibus , momimenlis ac notis illusi-vta (Rome, 1692, 2 vol. in-fol.) ; Eccleshiaf ricana siii primate Carthaginiensi (1670, in-4°l ; De disciplina arcani (1685, in-4<>) ; De auctû Htate patriarchali et metropolitica (1687 , in-4û.l ; Dû lugendis actis cleri gallicani con. gregati anno 1GS2 (1740, in-4», 2e édit.), etc.
SCHEEMAKERS (Pierre), sculpteur flamand, né et Anvers en 1601, mort dans la même ville vers 1770. Simple ouvrier, il voyagea dans sa jeunesse en Danemark, en Itulie, en France, en Angleterre; puis il revint à Rome, où il se perfectionna dans l'étude de la sculpture, art qu'il avait déjà commencé à pratiquer en Angleterre. Son second séjour à Roine dura dix-nuit mois. 11 revint ensuite "en Angleterre, où il eut beaucoup de succès. Il a exécuté un grand nombre de monuments à l'abbaye de Westminster, parmi lesquels ceux 'Je Shakspeare, deDryden, du duc u'Albema.-le, du duc de Buekingham, de l'amiral Watsan et du docteur Mead. On a, en outre, de lui les statues de sir John Barnard, k l'aneienna Bourse; de l'amiral Pococke, de lord Clèvt et du major Lawrence, à l'Hôtel de la compagnie des Indes; de Henri VI, à l'hôpital Saint -Thomas, et un grand nombre de bustes. I. a beaucoup travaillé pour décorer les jardir s de Stowe.
SCHEEPSTON s. m. (ehipp-stonn). Métrol.
Mesu re de capacité usitée dans les Pays-Bas, et va ant 1,000 litres. Il On l'appelle aussi
W1SSH.
SCIIEER, ville du Wurtemberg, cercle du Dauu je, sur la rive droite de ce fleuve, à 18 lui un. N.-O. de Saulgau; 1,000 hab. Fabrication de dentelles, broderies. Pèlerinage fréquenté. Ruines du château de Bartensteiu. (Jette petite ville est le chef-lieu d'une seigneuiie médiate, qui appartient aux princes de Toor-et-Tuxis et compte 8,727 hab.
SCHEERÉR1TE s. f. (ché-ré-ri-te — du nom du minéralogiste Scheerer). Miner. Hydrocarbure naturel, ainsi appelé par Stromeyer, du nom du savant qui en a fait la àècouverte.
— Encycl. Miner. La scheerérite appartient à la classe des minéraux désignés vulgairement sous le nom de suif ou cire de montagne. C'est une substance molle, d'un aspect gras et d'un éclat généralement nacré. Elle se piésente en masses formées de petites écuillîs cristallines, courbes, sans Saveur ni odeui, ayant une grande ressemblance avec celles du blanc de baleine. Elle fond k 114» centigrades ; l'alcool la dissout difficilement, elle est facilement solnble dans l'éther et insoluble dans l'eau. Elle cristallise dans ses dissolvants, par évaporation, en aiguilles entrelacées, blanches ou grises, formant des feuillets nacrés. La distillation ia dédouble en une huile et une partie cristallisable. Elle se compose de 92,5 pour 100 de carbone et do 7,5 pour 100 d'hydrogène. Elle paraît être un mélange de carbures d'hydrogène voisins des parafiities , et se rapproche beaucoup, dès fors, de l'ozocérite.
Cette matière a été découverte par M. Sc.ieerer dans un lignite brun appartenant aux bonites ternes de formation récente, prés d'Uzuaoh, en Suisse, canton do Saint-Uall. On sait que les lignites sont des bois fossiles devenus une espèce de houille, et que ceux qui suit relativement modernes conservent leurs, formes et leurs parties diverses, leurs gros t.-ones surtout ; c'est dans ces gros troncs et eu partie dans leurs tissures, eu partie k leur s n face, que ce chercheur trouva cette sorte Ue cire, qu'on peut qualifier de végétominér île, si on la considère dans ses origines, attendu qu'elle s'est composée, k la longue, sous 1 ;s actions combinées d'agents chimiques fournis par le végétal et par le terrain environnant, et qu'elle est ainsi le résultat probable d'un produit résineux des arbres euxniéine > auquel se sont joints d'autres éléments duran. leur passage a l'état fossile. Après la découverte de M. Scheerer, MM. Koenlein, îlacaire et lvraus l'étudièrent au point de vue chimique et lui trouvèrent les propriétés que nous avons décrites; c'est pourquoi on la nomme k la fois seheererite et koenleinite , mauvaises dénominations pour un tel produit, qui est dû à la nature et dont le nom devrait dire seulement, autant que possible, l'origine naturelle. Nous proposons de leur substituer celui de Ugnilite d'Uznach. V. ce mot et les suivants ; ozocérite,
PAKAFPINK.
SCHEFER (Lêopold), poète allemand, né k Muski.u (Prusse) en 1784, mort en 1862. Après avoir terminé ses études, il parcourut l'Allemagnt, l'Angleterre, l'Italie, la Grèce et l'Asie Mineure et revint se fixer dans sa ville natale, où il s'adonna entièrement k la littérature et k la musique. Schefera été l'un des précurseurs de l'école poétique panthéiste allemi.nde. Nous citerons de lui : Poésies (lierii), 1811 et 1813); Mélangea lyriques (Francfort, 1828); le Dréuiaire du luique (Berlin, 1834), sou œuvre la plus remarquable; Lettres célestes de Mohammed (Berlin, 1810); Nouvelles poésies (Berlin, 1847) -, le
SCHE
Prêtre séculier (Nuremberg, 1S4G); fia fis dans VHella.de (Hambourg, 1853); Sermons domesticités (Dessau, 1854); le Coran et l'amour (Hambourg, 1854); puis des romans en vers : Mahomet II, Evphrosine, Madonna Laura, les Mendiants et de nombreux contes, nouvelles et romans en prose : Nouvelles (Leipzig, 1825-1829); Nouvelles nouvelles (Leipzig, 1831-1835) ; Coupe de lave (Stuttgavd, 1833); Petits romans (Bunzlau, 1837- 1839); la Divine comédie à Home (Leipzig, 1846); !e Comte Promnitz (Leipzig, 1846); Genevion de Toulouse (1846); la Sibylle de Mantoue (Hambourg, 1853) ; U Pâtre Nicolas ou la Croisade des enfants (Leipzig, 1857). En outre, M. Schefer, qui était excellent musicien, a publié diverses compositions musicales estimées. On lui doit, entre autres pièces, la Satire politique sur la médaille de Sainte- Hélène (1853) ; le refrain qui suit chaque strophe est celui-ci : Crachez dessus, crachez sur la médaille de Sainte-Hélène.
SCHEFFEL s. m. (ché-fel). Métrol. Nom d'une mesure de capacité usitée dans plusieurs parties de l'Allemagne, et valant : à Bolzen, l09ii',08I ; à Bresluu, 69lit,903 ; en Bavière, 222'it,354; à Munich, 222lU,S52; k Brème, 17lHt,098;a Hambourg, I05li'.296; à Lunebourg, 62lit,252; k Lubeck, 33l»t,444 pour le froment et 39'it,244 pour l'avoine; k Mecklembourg , -42'it,456 ; k Rostock , 38m,877; àOldenbourg, 22lit,802;en Prusse, 54li',952; k Berlin, 52'it,l07; k Dantzig, 54'it,68; k Kœnigsberg, 5lHt,64S; h Magdebourg , 511't,64S; à Stettin , 52lH,10"; k Stralsund, 381", 966; dans la Saxe royale, lOS'it^os- k Dresde, 105lit,788; k Leipzig, 1381", 969; dans le Wurtemberg, 178li»,44.
SCHEFFEL (Chrétien-Etienne), médecin allemand, né k Meldorpen 1693, mort kGreifs- ■walde en 1763. Il étudia la médecine à Kiel, puis à Leipzig, où il obtint la protection et l'amitié de Bohn et de Rivinus, et à Leyde, où il fut reçu docteur en 1721. Il alla se fixer ensuite à Wfsinnr et y obtint de grands succès dans la pratique; mais, se sentant plus de goût pour la vie académique, il se rendit k Oreifswalde, où il succéda, en 1727, k Fabre Mayer, dans la chaire de médecine. Il fut nommé quatre fois recteur de l'université et honoré plusieurs fois du décanat depuis 1728. On lui doit un grand nombre d'opuscules académiques et une biographie des professeurs de médecine de l'université de Greifswalde, publiée sous ce titre : Vitx professorum medicin&, qui in academia Grypkiswaidensi a primis ejus initiis usque ad finem anni ipsiussxcularis tertii vixerwit (Gryphiswaldiae, 1757, in-4°). Parmi les opuscules, nous citerons, comme les plus remarquables : De dysenteria ; De nuxis in corpus humanum ex abusu mercurialum, Itarumque remediis; de seminibus ptantarum; De pyromania; De oculis;Defiduciasgrolantium in medicum ; De necessitate diagnuseos ; De hostibus venx sectionis; De crisi morborum ac pulsu tanguam signo critico; De sanguims missione in pleuritide; De hsmoplysi ; De calculo renali ; De snppressione mensium ; De fistuln lacrymali ; De sanguine ejusque missione; De angina, etc.
SCHEFFER (Jean), antiquaire allemand, né k Strasbourg en 1621, mort en 1679. 11 avait déjà acquis dans son pays un grand renom comme érudit quand, en 1648, Christine de Suède le manda k sa cour et lui donna la chaire d'éloquence et de droit public k l'université d'Upsal. 11 devint ensuite professeur honoraire, assesseur du collège royal des antiquités et enfin bibliothécaire de l'Académie. On lui doit, entre autres écrits : De varietale naviumapud veteres (Strasbourg, 1643, in-4»); Destyla ad consnetudinemveterum liber singularis (Upsal, 1653, in-so) ; De comparanda latinx lingum facultate (Iéna, 1678, in-8°) ; De militia nuvali veterum (1654, in-4») ; De antiquorum torquibus syutagma (1656, in -8°); De natura et constilutwne philosophiss italicx (Iéna, 1664); Upsalia antiqua (1666, in-8°), ouvrage curieux ; Memorabilia Suecinsgentis (Hambourg, 1670, in-8°) ; Lapponia (1673, in-8°), traduit en français par Lubin (Paris, 1678, in-4") ; Lectiones académies (Hambourg, 1675, iu-80); Suecia litterata (Stockholm, 1680, iû-80), etc.
SCHEFFER ( Henri -Théophile ), chimiste suédois, petit-fils du précédent, né k Stockholm en 1710, mort dans la même ville en. 1759. Il suivit les leçons de Celsius et de Brandt à Upsal et k Stockholm, puis se fixa dans cette dernière ville, où il professa un cours de chimie et se livra à des expériences dans un laboratoire qu'il avait fait construire à ses frais. Tous ses travaux, qui appartiennent k la chimie industrielle, ont un remarquable cachet pratique. Ils ont fait l'objet de nombreux. Mémoires insérés dans les recueils de l'Académie des sciences de Stockholm (Acta Academix regix suecicm), dontScheffer faisait partie. De 1750 k 1760, Scheiferaexécuté de nombreuses recherches sur le platine, sur le spath calcaire, sur la potasse du commerce, sur la préparation d'un alliage de zinc et de cuivre imitant l'or et connu sous le nom de pinck-beck. Un des premiers, ce chimiste a fait connaître, pour obtenir de l'argent chimiquement pur, le procédé qui consiste à précipiter la dissolution de nitrate d'argent par le sel marin et k réduire le chlorure d'argent obtenu en le fondant avec du
SCflE
carbonate do potasse. Son cours de chimie a été publié par Bergmann (Stockholm, 1776).
SCHEFFER (Ary), peintre français, né à Dordrecht (Hollande) en 1785, mort k Argenteuilj près de Paris, le 15 juin 1858. Il appartenait à une famille originaire de l'Allemagne rhénane qui professait la religion luthérienne, k laquelle il fut lui-même fidèle. Son père, peintre assez habile, lui donna les premières leçons, et k douze aus Ary exposait à Amsterdam une toile historique qui attira l'attention du roi Louis Bonaparte. Sa mère, fenime d'un esprit supérieur, ne laissa pas l'enfant s'enorgueillir de son succès prématuré, nous dit un biographe, M. Dide, rédacteur du Protestant libéral. « Elle lui fit comprendre que, pour lui, la route s'ouvrait à peine et que le travail le plus assidu était nécessaire k quiconque voulait se faire un nom dans la peinture. Elle ne se borna pas k de sages conseils ; réalisant les débris de son patrimoine, elle vint avec ses trois lils k Paris. Là, Scheffer entra dans l'atelier de Guérin, où il rencontra les futurs chefs du mouvement romantique, Géricault, Delacroix, De» laroche et autres. Ce fut par de petits tableaux de genre qu'Ary commença k se faire connaître; nous citerons, entre autres : la Veuve du soldat, les Orphelins, le Retour du conscrit, Y Incendie de la ferme, la Sœur de charité, la Mère convalescente, la Famille du marin, sujets qui furent bien vite popularisés par la gravure et la lithographie. Sa réputation ne se fonda réellement qu'avec son tableau du Dévouement des bourgeois de Calais (1819). On était k l'aurore du romantisme, dans les arts comme dans les lettres; Géricault donnait le signal en 1820, en clouant le drapeau de la jeune école au mât brisé du Ikideau de la Méduse; Delacroix produisait le Massacre de Scio, et Scheffer marquait sa place dans le groupe enthousiaste des novateurs par sa belle composition de Francesca da Itimini (1822). Depuis, il se maintint à cette hauteur par une suite d'œuvres remarquables par la grâce, le pathétique, l'élévation et la sentiment. Il faut citer les Femmes souliotes, le Larmoyeur, la Mort de Gaston de Foix, le Christ consolateur, VEcce Homo, Jésus au jardin des Oliviers, les Saintes femmes revenant du tombeau, Saint Augustin et sa mère, sainte Monique. Son esprit chercheur et méditatif le poussa successivement vers divers genres. C'est ainsi qu'il s'appliqua dans la suite k éteindre la chaleur d'exécution et la fougue de pinceau qui avaient distingué ses premiers ouvrages, et peut-être quelques admirateurs de son beau talent ne le virent-ils pas sans regret donner une teinte de plus en plus mystique et rêveuse à ses compositions. Après s'être inspiré de Dante et de Byron, il demanda des sujets k.la poésie allemande. Ses deux Mignon et ses Marguerite sont empreintes d'une suavité mélancolique qui égale, s'ils ue la dépassent, la conception du poste.
11 ne fuut pas chercher d'événements dans la vie d'Ary Scheffer ; on n'y trouve que des anecdotes toutes k l'honneur de l'homme et de l'artiste. Dur au travail, consciencieux au delà de toute expression, il n'hésitait pas à recommencer quinze ou vingt fois la même figure. Sa bienfaisance était proverbiale dans le monde des arts. On cite k Batignolles une maison immense, ex elusi veinent composée d'ateliers dont il a payé les loyers pendant plusieurs années. Sa bourse et ses conseils appartenaient k tout le monde. Dans son atelier, à la place d'honneur, dominant toutes les autres œuvres, Scheffer avait mis le portrait de sa mère. C'était, pour ainsi dire, sous le regard de cette femme vénérée qu'il travaillait. On ne fumait pas dans cet atelier légèrement aristocratique. Ou y causait, non sans gaieté, mais le rire y était délicat et discret. En revanche, on y faisait de la musique, qu'Ary Scheffer aimait passionnément. Les meilleurs artistes venaient s'y faire entendre et ces matinées musicales étaient fort recherchées des gens du monde. M. Ingres n'en eût pas manqué une seule. A propos de M. Ingras, disons que ce peintre vint un jour supplier Ary Scheffer d'accepter le fauteuil que la mort de Paul Delaroche laissait vacant à l'Académie des beaux-arts. Une majorité imposante était assurée d'avance k l'auteur de Françoise deMmini. Ary Scheffer nonseulement déclina l'honneur pour lui-même, mais il pria qu'où reportât sur Delacroix les voix qui lui étaient offertes si spontanément,
11 avait été choisi, dès 1821, pour donner des leçons de peinture aux jeunes princes d'Orléans, auxquels il resta toujours attaché ; la princesse Marie, en mourant, lui légua tous ses dessins. Mais son attachement k Louis- Philippe et k sa famille n'empêchait point l'artiste de conserver toute l'iudépendance de son caractère. L'artiste qu'on aurait jugé si froid, si calme d'après son extérieur, sous l'influence d'une conviction ou d'une passion, se laissait parfois entraîner k une véhémence de paroles dont il s'étonnait ensuite, mais qu'on lui pardonnait aisément parce qu'on connaissait la loyauté de son esprit. Certain jour, une discussion s'éleva entre le roi et Scheffer k propos d'un tableau dans lequel le premier demandait un changement. Il s'agissait d'un Henri IV dont la coiffure ne plaisait pas au prince, mais que l'artiste jugeait devoir rester telle. Louis-Philippe cependant insistait d'une faconde plus en plus pressante et il Unit par die» ;
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« Enfin, mon cher Scheffer, ae fût-ce que pour m'être agréable, vous ferez ce changement 1 — Eh bien, Sire, reprit l'artiste emporté par l'impatience et jetant ses pinceaux, faites-le vous-même ! ■
Le roi sourit et, touchant doucement le bras de l'artiste :
« Allons, allons, dit-il, ne nous fâchons point pour cela, vous y réfléchirez ! a Puis il s'éloigna. Le peintre et lui n'en furent pas moins bons amis, bien que Scheffer, tout en s'excusant de sa vivacité k la séance suivante, persistât dans son opinion.
Guizot, alors premier ministre, étant allé rendre visite au peintre dans son atelier, vit sur l'un des chevalets le portrait de La Fayette. On se mit alors k parler du général et de certains actes de sa vie politique, que M. Guizot se mit à blâmer énergiquement. Scheffer, lui, les défendait et les expliquait dans un sens tout favorable, avec cette vivacité d'accent où l'on sent parler le cœur. Guizot, après avoir épuisé, pour convaincre son contradicteur, toute la série de ses arguments, mit tin k la discussion par ces paroles :
« Tenez, mon cher, pour dire toute la vérité, votre La Fayette n'a jamais été qu'un grand enfant, — Et vous, monsieur, vous êtes un grand cuistre, s'écria Scheffer en se redressant vivement et en lançant au ministre un regard indigné. * Guizot eut le bon esprit de rire et avoua qu'il avait tort puisqu il était le provocateur. Ces brusqueries contrastaient avec la politesse un peu austère de l'artiste d'ordinaire calme, recueilli et silencieux. • C'était comme du feu qui couve sous de la cendre, » ajoute M. Dide.
Après la révolution de 1848, alors que les grades se donnaient k l'élection, les gardes nationaux de la 2" légion choisirent pour chef l'auteur du Dévouement des bourgeois de Calais. Aux journées de Juin, il mena au feu son bataillon ; on lui offrit pour récompense la croix de la Légion d'honneur, qu'il refusa. « Si cette distinction, répondit-il, m'était accordée dans ma carrière d'artiste et pour prix de mes ceuvres,je la recevrais avec déférence et satisfaction ; mais que je me pare d'un ruban qui me rappellerait les luttes désastreuses de la guerre civile, non I • Ce trait fait honneur k l'homme et rehausse eucore sa mémoire. Quand Daniel Manin vint chercher un asile en France avec sa famille, Scheffer fut l'hôte de ces glorieux exilés de l'héroïque Venise, et ce fut dans le caveau de sa famille, au cimetière Montmartre, que vinrent reposer tour k tour l'épouse du grand citoyen, sa tille et enfin l'ex-diclateur, en attendant que Venise libre pût réclamer leurs restes à la terre d'exil.
Va acte de pieuse sympathie devait conduire Scheffer au tombeau avant l'heure. En apprenant la mort de la duchesse d'Orléans, quoique déjà malade lui-même de la maladie k laquelle il devait succomber, une affection du cœur, il voulut partir pour l'Angleterre, afin de porter k la reine Amélie et aux princes ses lils l'expression de ses vives et respectueuses condoléances. «Dans deux heures, avait-il dit k sa rille, MmeMarjolin, je veux être en route. *En effet, le jour même, il montait en voiture, accompagné de cette dame, qui n'avait pas voulu le laisser partir seul. Le voyage se lit sans accident, mais non sans fatigue. Scheffer, par un suprême effort de volonté, put se rendre à Cluremont; mais, de retour à Londres, il se sentit défaillir et l'on crut un moment qu'il allait expirer. Néanmoins, d'après ses instances pressantes, il ne voulait pas mourir en Angleterre, on le ramena sur le continent. C'est dans cet état qu'il revint k Argenteuil, où il s'établit pour la belle saison. Lkil reprit, grâce k un repos de plusieurs jours, une lueur d'existence; bientôt toutefois les symptômes avant-coureurs de sa fin prochaine se montrèrent de plus en plus menaçants, bien que sou intelligence gardât sa lucidité, que son esprit ne perdit rien de son activité; et il disait k son gendre, dont la sollicitude lui conseillait' le repos : « Non, mon ami, laissez-moi peindre; le travail, c'est ma vie 1 Je m'arrangerai un chevalet sur mon lit. »
Sa mort fut un deuil, non-seulement pour le monde des arts, mais pour tous ceux qui l'avaient connu ou approché ; car k ses qualités d'artiste il joignait la modestie, l'urbanité, la bienveillance, plaçant le titre d'homme de bien au-dessus de tous les autres.
La gravure a beaucoup contribué k propager les œuvres d'Ary Scheffer et k les rendre populaires. Lui et Paul Delaroche sont peut-être les deux peintres contemporains auxquels l'art du graveur aie plus utilement prête son concours. Parmi toutes les oeuvres d'Ary Scheffer, un grand nombre de critiques donnent la préférence k Françoise de Himini. Cette attachante composition , popularisée par la belle gravure de Calamatta, est en effet la page la plus admirable d'Ary iSeheffer. Il a traduit l'inspiration tragique de Daine avec une science et un art qu'on rencontre bien rarement dans la peinture, même chez les maîtres de la Renaissance; et ces deux ombres douloureuses qui traversent l'espace en se tenant étroitement embrassées ec en mêlant leurs larmes suffiraient k sauver de l'oubli le nom du peintre, si tant d'autres œuvres remarquables, comme les Femmes souliotes , les deux Mignon , les Faust, les Mar-
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guérite ne devaient point contribuer à sa renommée.
Outre les ouvrages déjà cités, on a encore de lui : la Mort de saint Louis (1817) ; la Mort de Gèricault (au musée du Luxembourg, avec les Femmes souliotes); les Bergers conduits par l'ange, -les Bois mages déposant leurs trésors (1837); le Christ portant sa croix et le Christ enseveli (1845). Il a fait aussi des portraits remarquables, entre autres ceux de La Fayette, de Béranger, de Lamartine, et en dernier lieu celui de la reine Marie-Amélie. Une exposition de toutes ses œuvres eut lieu après sa mort, en 1859, au boulevard des Italiens. On a souvent attribué des tableaux d'Ary à son frère Henry Scheffer.
« Ary Scheffer est le peintre de la poésie. Il aime les poètes, il est poste lui-même, et cependant, quoi qu'on en ait dit, il est peintre, car il est poète avec le pinceau.,.. Il va prendre ses inspirations dans Gœthe, dans Schiller, dans lord Byron, dans Bùrger, et même chez Dante. Les types qu'il peint sont des types particuliers qui n'existent que pour les lecteurs des poëtes, et dont quelques-uns n'auront peut-être qu'une existence éphémère ; car rien de plus commun que de voir les types imaginaires qui ont répondu au tour de la pensée d'un siècle remplacés par d'autres types plus en harmonie avec la direction des idées et des sentiments des générations suivantes. De tous les écrivains qui ont inspiré Ary Scheffer, celui qui a certainement fait la plus vive impression sur son esprit, c'est Gœthe. Jusqu'à cinq fois l'image de la Marguerite de Faust est venue, à son appel, se fixer sur la toile, et quatre fois celle de Faust s'est retrouvée, pensive et songeuse, sous son pinceau. C'est également h. Gœthe qu'il a emprunté ses trois Mignon; le lioi de Thulé, Y Enfant pieux sont encore des emprunts faits au même poète. Or, la poésie de Gœthe, comme celle de lord Byron, qui a inspiré à l'artiste le Giaour et Médora, répond surtout à cette disposition morbide des esprits, à cette espèce de maladie intellectuelle et morale qui règne depuis la fin du xvmo siècle et qui s'est prolongée jusqu'à notre temps. »
SCHEFFER (Henry), peintre français, frère du précédent, né à La Haye en 1798, mort en ISCS.'Il étudia comme son frère Ary dans l'atelier de Guérin et débuta, non sans succès, au Salon de 1824. Après avoir donné quelques tableaux d'histoire, il traita ensuite nombre de sujets anecdotiques, parmi lesquels nous citerons : Don Juan endormi sur les genoux d' II uydée (1825); Charlotte Corday protégée pur les membres de ta'section contre ta fureur du peuple (1830), son tableau le plus connu; un Prêcheproteslant ( 1831), MmcSc/teffer et ses enfants (1847) ; la Vision de Charles IX (1855); la Bataille de Cassel et Jeanne Darc entrant à Orléans, au musée de Versailles ; puis des portraits d'un dessin remarquable, notamment ceux de Carrel (1830) , d'Arago (1837), d'Augustin Thierry (1840), etc.
Artiste fécond et amoureux de son art, M. Henry Scheffer a été effacé par le génie de son frère. Il reçut, en 1837, la croix de la Légion d'honneur. Une de ses filles a épousé M. Ernest Renan.
SCHEFFER (Auguste-Chrétien-Guillaume- Herninnn), ingénieur allemand, né à Brunswick en 1820. Il s'occupa surtout de l'étude des mathématiques et de la mécanique et devint, en 184s, conducteur des bâtiments, puis, en 1852, secrétaire, en 1854 assesseur des finances a la direction des chemins de fer et des postes de Brunswick et, l'année suivante, conseiller d'architecture. On a de lui les ouvrages suivants : Principes mécaniques de ta science des ingénieurs, édition complètement remaniée de l'ouvrage de Moseley (Brunswick, 1845, 2 vol.); Des rapports de l'arithmétique avec la géométrie (Brunswick, 1846); Principes d'hydrostatique et d'hydraulique (Brunswick, 1847, 2 vol.) ; Methodus noua xquationemindeterminatamsecundigradusper numéros intégras solvendi (Brunswick, 1853) ; l'Analyse indéterminée (Hanovre, 1854); la Théorie des voûtes, des murs de soutènement et des ponts en fer (Brunswick, 1857) ; la Résolution des égalités algébriques et transcendantes (Brunswick, 1859); les Conditions d'élasticité des tuyaux qui sont soumis à une pression hydrostatique (Brunswick, 1859); Optique physiologique (Brunswick , 1863 - 1864 , 2 vol.), ouvrage qui renferme une excellente explication des lois de l'optique ; les Causes des explosions des chaudières dans les machines à vapeur (Brunswick, 1867); les Lois de la vision à distance (Brunswick, 1866); la Théorie des erreurs d'optique (brunswick, 1867), etc. On trouve, en outre, un grand nombre de mémoires du même savant dans le Journal de mathématiques de Crelle, dans les Archives de Grunert, ainsi que dans YOrgane du progrès des chemins de fer, dont il dirige lui-même la publication.
SCHEFFLÈRE s. f. (ché-flè-re — de Scheffler, natur. allem.). Bot. Syn. d'AEALiE.
SCHEFFNER (Jean-Georges), littérateur allemand, né à Kœnigsberg en 1736, mort en 1820. Entré en 1757 comme secrétaire au service du duc Charles de Îlolstein-Beok, il le quitta en 1760 pour s'engager dans l'armée prussienne, rit en qualité d'enseigne les campagnes do Silésie, de Saxe et de Poméranie, devint en 1765 secrétaire de la chambre de
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Kœnigsberg et fut nommé, deux ans plus tard, conseiller de la guerre et des finances à Gumbinnen. Il prit sa retraite en 1775 et alla à cette occasion demander une pension à Frédéric IL « Que le diable m'emporte, lui répondit le roi, si je donne une pension à un conseiller militaire, alors que tant de braves officiers sont sans ressource. Les 200 thalers que vous demandez seront donnés à un officier invalide. » Scheffner vécut depuis cette époque dans sa petite propriété, s'occupant de l'étude de la littérature et de l'amélioration des écoles de la campagne. On a de lui : Poésies amicales d'un soldat (17.93, 2e édit.); Fruits tardifs (1803); Une feuille poussée sous la neige et la glace (1813) ; Ma vie, telle que moi, Jean-Georges Scheffner, je l'ai moi-même écrite (Leipzig, 1816), etc.
SCHEIIERAZADE (la sultane), personnage par la bouche duquel l'auteur des Mille et une nuits fait passer tous ses contes. Ce nom est resté proverbial pour désigner un conteur aimable, ingénieux, attachant, plein de ressources dans l'imagination et l'esprit.
« Au-dessus de la vieille sultane se déroule un écriteau qui porte ces mots : Contes de ma mère l'Oye.
■ N'est-elle pas, en effet, notre mère à tous, cette vieille filandière? Elle a bercé nos premiers rêves, donné des ailes à nos idées naissantes; elle a fait voler l'oiseau bleu sous le ciel de notre berceau. Humble Scheherazade de la France, elle n'a ni la bouche d'or ni l'imagination magnifique de sa grande sœur orientale. Elle ne raconte pas ses histoires sur la terrasse d'un sérail, accoudée au lit d'un calife. »
P. de Saint-Victok.
« Boccace a choisi pour point de vue le Tibur d'Horace. On dirait que la sombre mise en scèno de son livre n'est qu'un artifice d'artiste, un cadre de cyprès, destiné à rehausser la volupté de ses contes et la beauté de ses femmes. Scheherazades du sépulcre, elles chantent sous la faux qui tranche si largement autour d'elles. Quelle joie de vivre au fort de la mort!... Si la peste surprenait une des conteuses pendant son récit, elle descendrait aux Enfers, comme Proserpine, une poignée de fleurs à la main. » P. de Saint- Victor.
SCHEHER-EMINI s. m. (ché-è-ré-mi-ni).
Intendant général des bâtiments impériaux dans l'empire ottoman.
SCI1EIDE (Jean-Adolphe), compositeur et écrivain allemand, né à Leipzig en 1708, mort en 1776. Destiné au barreau, il avait commencé ses études de droit, lorsque la mort de son père, décédé sans fortune, vint interrompre ses travaux et le força de chercher à gagner sa vie dans la pratique d'un art qu'il n'avait jusqu'alors considéré que comme un art d'agrément. Bien qu'il jouât très-biefi du clavecin et de l'orgue, il parcourut l'Allemagne et s'établit à Hambourg sans pouvoir fixer la fortune. Enfin, le roi de Danemark le nomma maître de la chapelle royale. Scheibe, victime d'intrigues de cour, perdit sa place et vécut d'une modeste pension que lui fit le souverain. On lui doit : Dissertation sur les intervalles et les genres de musique (Hambourg, 1729); le Musicien critique (Hambourg, 1737), ouvrage périodique qui eut 78 numéros; Thusnetde, opéra en quatre actes (1749); Dissertation sur l'antiquité et l'origine de la musique (Leipzig, 1754, in-8°) ; Sur la composition en musique (Leipzig, 1773), ouvrage inachevé; enfin un assez grand nombre de compositions musicales qui n'ont pas été publiées.
SCHE1BEL (Jean-Godefroy), théologien protestant allemand, né en 1783, mort en 1843. Après avoir fait ses études à l'université de Halle, il devint pasteur à Breslau, puis, en 1811, professeur extraordinaire d'histoire à l'université de cette ville et s'y acquit plus de réputation par ses sermons que par ses cours, où dominaient des tendances trop orthodoxes. Lorsque, en 18 17, commencèrent en Prusse les premières tentatives pour établir une union religieuse, il se montra l'adversaire déclaré de tout rapprochement entre les Eglises de culte différent et défendit avec la plus grande vivacité la doctrine de l'Eglise luthérienne au synode tenu à Breslau de 1817 à 1819. Il n'en fut pas moins nommé, en 1818, professeur ordinaire de théologie; mais la violence de ses sermons et son refus obstiné d'adopter le nouveau bréviaire le firent suspendre (1830), puis déposer (1832) de ses fonctions ecclésiastiques. Il se rendit alors k Dresde et, lors de la fête de la Réformation qui eut lieu la même année dans cette ville, prononça un sermon k la suite duquel le ministre des cultes défendit (novembre 1832) aux ministres luthériens de Dresde de lui prêter leur chaire. Expulsé de la capitale de la Saxe en août IS33, il trouva un asile chez M. de Heinitz, à Hermsdorf, et fut appelé, en 1837, à Glauchau, dans le duché de Sehœnburg. Deux ans plus tard, il se retira à Nuiemberg. On a de lui: Documents pour la connaissance du monde ancien (Breslau, 1806-1809, 2 vol.); Aperça de l'kistoire de l'Eglise (Breslau, 1813 ; 1820, 2e édit.);
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Histoire de la commune luthérienne de Breslau, de 1830 à 1832 (Nuremberg, 1832) ; Histoire, d'après des documents authentiques, des dernières tentatives d'une union entre l'Eglise réformée et l'Eglise luthérienne dans la monarchie prussienne (Leipzig, 1833, 2 vol.). Il avait, en outre, fondé à Nuremberg, en 1841, les Archives pour le développement historique de l'Eglise luthérienne.
SCHEIBENBERG, ville de la Saxe royale, cercle de Zwickau, bailliage et à 9 kilom. de Schwarzenberg ; 2,000 hab. Exploitation de mines d'argent, cobalt, fer. Fabrication de dentelles et poterie fine. Carrières de marbre et de pierre calcaire.
SCHEID (Everard), en latin Schedina, philologue allemand, né à Arnheim en 1742, mort en 1795. Il exerçait les modestes fonctions de professeur k Harderwyck, lorsqu'il fut appelé à remplacer Sehultens dans la chaire de littérature orientale à l'université de Leyde. On lui doit : Oratio de fontibus littérature arabics (1767, in-4<>); Glossurium arabico-latinum manua le (Leyde, 1769,in-4°), qui eut un grand succès; Primas Unes institutionum...,sive Spécimen grammatioe arabics (Leyde, 1779, in-4°), grammaire qui contient des observations intéressantes, mais qui est incomplète ; Opuscula de ratione studii (1786- 1792, in-S°), etc.
SCHEIDAGE s. m. (chê-da-je — de l'allem. scheiden , séparer). Min. Triage à la main du minerai.
SCIIE1DEL (François-Christophe), théologien allemand, né à Ellingen en 1748, mort en 1830. Ordonné prêtre en 1772 et reçu docteur en théologie, il fut nommé en 1778 supérieur du séminaire de Mayence et, quatre ans après, professeur de la chaire de polémique pour la théologie, puis doyen de la Faculté de théologie. En 1790, Scheidel fut nommé chancelier de l'université de Mayence. Knrin il obtint la cure de Sainte-Agathe à Aschaffenbourg et le titre de conseiller au vicariat général, puis celui de régent du séminaire de Mayence (1807) et enfin de professeur de la Faculté théologique à l'université qui venait d'être fondée dans cette ville. En !816, Scheidel donna sa démission de curéda Sainte- Agathe.
SCHEIDT (Balthasar), savant hébraïsant allemand, né à Strasbourg en 1614, mort en 1670. Il lit ses études dans sa ville natale, puis alla à Kœnigsberg, où il s'appliqua à la théologie , sous la direction de Calow. Revenu à Strasbourg vers 1645, il prit le grade de docteur en théologie et fut nommé, en
1650, à la chaire des langues orientales. C'était un homme très-versé dans la connaissance des antiquités, un travailleur infatigable, courbé nuit et jour sur les livres. Il a laissé un grand nombre de dissertations, devenues très-rares, et des manuscrits. Le plus considérable, au témoignage de MM. Haag, consiste en passages de la Mischna et de la Gemara propres à éclaircir l'Ecriture saints et classés, dans l'ordre du canon, en dix gros cahiers in-4°, entièrement écrits de sa main,
SCHEIDT (Jean-Valentin), médecin allemand, fils du précédent, né à Strasbourg en
1651, mort en 1731. Reçu docteur en 1676, il entreprit d'utiles voyages en Italie, en France, on Angleterre, en Hollande, en Allemagne, en Suisse, et se lia avec les médecins les plus distingués de ces contrées. A son retour à Strasbourg, il fut nommé professeur d'anatomie, puis de pathologie. On a de lui : Disputatio inauguralis de visu vitiato ( Arg., 1676, in-4») ; De duobus ossicutis in cerebro mulieris apoplexia extincls repertis (Arg., 1687, in-4») j De lumbagine rheumatica (Arg,, 1704, in-4<>) ; De vomitu cruento (Arg., 1709, in-4°), etc.
SCHEIDT (Chrétien-Louis), historien allemand, né à Waldenbourg en 1709, mort à Hanovre en 1761. 11 étudia la jurisprudence à Altdorf et à Strasbourg, accepta une place de précepteur, puis se fit recevoir docteur et enfin fut appelé à une chaire de droit public à Copenhague. Plus tard, il fut nommé historiographe et bibliothécaire royal à Hanovre. On lui doit, entre autres ouvrages : De cauponarum origine et jure (Gœuingue, 1738, 2 part. in-4°) ; Notes historiques sur la noblesse haute et basse de l'Allemagne (Hanovre, 1754, in-4») ; Bibliotheca historica Gotiingensis (Hanovre, 1758, in-4û).
SCHEIK s. m. Autre orthographe du mot