CHEIK
SCHEILAN s. m. (chè-lan — nom arabe).
Ichthyoi. Poisson du genre silure, qui vit dans le Nil et dans les fleuves du Brésil et de la Guyane : Les scheilans du Nil sont dangereux. (V. de Bomare.)
SCHEINER (Christophe), jésuite et astronome allemand, né en Souabe en 1575, mort à Neiss (Silésie) en 1650. Il perfectionna l'hélioscope et disputa k Galilée l'honneur d'avoir aperçu le premier les taches du soleil. Scheiner s'était adonné à l'enseignement des sciences à Ingolstadt et à Fri bourg, lorsque ses supérieurs l'envoyèrent à Rome pour professer les mathématiques, mais surtout pour l'opposer à Galilée. Ses disputes avec Galilée sur les taches du soleil lui font peu d'honneur. Il est grossier, injurieux et ne donne aucune preuve qu'il ait réellement précédé Galilée dans cette découverte Ce qu'il y
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a de certain, c'e^t iju'il recueillit plus do deux mille observations sur le soleil. De Rome, Scheiner passa à Neiss, où il fut recteur et donna des leçons k l'archiduc Max'unilicn. On lui doit les ouvrages suivants : De maculis solaribus très epistolse (Rome, 1613, in-4°) ; Disquisitiones mathemalicx (Ingolstadt, 1614, in-40) ; Novum solis elliplici phaenomenum (Augsbourg, 1615, in-4°); Exegésis Fundatnentorum gnomonices (1616, in-49) , curieux traité de gnomonique ; Oculus, sive fundamentum opticum (1619, in-4»); Basa wsina (1630, in-fol.), sur les taches du soleil; Panlographice, seu Ars delineandi (1631, in-4°) ; Prodromus de sole mobili et slabili terra contra Galileum (1651, in-fol.), ouvrage posthume.
SCHÉ1TAN-KOULI, célèbre sectaire musulman du xvie siècle, dont le nom signifie esclave de Satan, et qui lui a été donné par les Turcs ennemis de sa doctrine. Après avoir passé dix années dans une caverne, il en sortit pour prêcher la religion musulmane chiite, qui reconnaît Ali pour successeur de Mahomet, tandis que la religion musulmane ottomane reconnaît pour successeurs du prophète Abou-Bekr, Omar et Othman. Après quelques succès obtenus sur les Ottomans, Schéitan-Kouli fut forcé de se réfugier en Perse, où il fut, sinon l'auteur, du moins le restaurateur de la religion musulmane chiïte, qui aujourd'hui encore compte un grand nombre de fidèles en Orient.
SCHEKSNA, rivière de la Russie d'Europe. Elle sort du lac de Bielo-Sero, dans le gouvernement de Novgorod, coule à l'E., entre dans le gouvernement d'Iaroslav et se jette dans le Volga, après un cours de 450 kilom., en grande partie navigable.
SCHELANDRB (Jean de), poète français, né près de Verdun vers 1585, mort en 1635. Il suivit la carrière militaire, fit ses premières armes en Hollande et prit ensuite du service dans l'année française, où il acquit le grade d'officier. Tels sont les seuls renseignements qui aient été recueillis sur son existence. Son ouvrage le plus important est une tragédie intitulée : Tyr et Sidon ou les Funestes umours de Beliar et Méliane (Paris, 1608, in-12), réimprimé dans le Ville volume de l'Ancien théâtre français, édité par Jannet. Schelandre signa de l'anagramme Daniel «l'Ànchore» cette pièce, dans laquelle il rompit avec les fameuses règles des trois unités ; elle est très-mouvementée et contient des vers bien frappés, empreints d'une vigueur qui n'exclut pas la grâce. Le sérieux s'y trouve auprès du burlesque, et souvent à une scène pathétique succède une scène bouffonne. On lui doit en outre un poème, la Stuartide (Paris, 161 1), et les Sept excellents travaux de la pénitence de saint Pierre (Paris, 1630). On peut, pour plus amples détails, lire la Notice qu'a consacrée à Jean de Schelandre M. Charles Asselineau (Alençon, 1856, in-8<>).
SCHELDE, nom flamand de I'Escaut.
SCHELE DE SCHELEISBOURG (Georges- Victor-Frédéric-Thierry, baron de), homme d'Etat hanovrien, né à Osnabruek en 1771, mort en 1844. Après avoir fait, de 1789 à 1793, ses études k l'université de Gœttingue, il entra dans la magistrature, et plus tard sut gagner les bonnes grâces de Jérôme Bonaparte, roi de Westphalie, qui le nomma conseiller d'Etatet ambassadeur k Munich. Après la suppression du royaume de Westphalie , . il eut d'abord à souffrir de son attachement k la cause napoléonienne; sa qualité de propriétaire d'un fief noble le fit cependant élire membre de l'ordre équestre d'Osnabruck, et, en cette qualité, il organisa, avec le général Von der Decken et autres, le petit parti qui combattit l'absorption des provinces dans l'unité hanovrieniie et s'efforça de maintenir les privilèges de la noblesse. A la chute de Rehberg en 1824, il devint conseiller intime et président du collège supérieur des finances et du trésor, grâce k l'influence de son oncle, le comte Munster; mais la retraite de ce dernier et la mise en vigueur de la nouvelle constitution eurent pour résultat de restreindre beaucoup la part qu'il prenait aux affaires. Il se fit alors le chef de l'opposition au sein de la première Chambre et attaqua obstinément toutes les propositions libérales de la seconde Chambre concernant la loi fondamentale de l'Etat. Depuis 1834, il était lié étroitement avec Ernest-Auguste, duc de Cumberland, et lorsque, en 1837, ce prince parvint au trône de Hanovre, il nomma ministre d'Etat et de cabinet M. de Schele qui, conformément à la convention , s'occupa de l'abrogation de la loi fondamentale de 1S33, mais ne put supprimer la loi de séparation, qui devait aussi cesser d'exister et dont il avait toujours été l'adversaire obstiné. Il dut, en outre, à différentes reprises, surtout à partir de 1840, faire diverses concessions aux états (v. Hanovre). M. de Schele conserva jusqu'à lu lin la faveur du roi, qui lui conféra en 1838 le titre de baron, et il ne quitta le ministère que trois mois avant sa mort.
SCHELE DE SCHELEXBOURG (Edouard- Fredéric-Auguste, baron de), homme d'Etat hanovrien, fils du précédent, né en 1805. Il étudia le droit à Gœttingue, entra ensuite dans la carrière administrative, et il était assesseur près la chancellerie de justice de Hanovre, lorsqu'il reçut en 1835 un emploi au
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ministère do l'extérieur. Nommé successivemeni conseiller de légation (1838), oonseiller d'Etat (1840), conseiller.de cabinet (1841) et membre de la première Chambre (1845), il fut en 1 548 du petit nombre des membres de la noblesse qui se déclarèrent ouvertement contre la suppression des privilèges de cette caste. Après la mort d'Ernest- Auguste, le roi Georges V l'appela (novembre 1851) à la tête d'un nouveau ministère. Dans ces hautes fonctions, il s'appliqua surtout k combattre les p -étentions de l'ordre équestre, chercha à entretenir l'accord entre les états et les asset iblées provinciales, empêcha tout acte incoi stitutionnel de la part du roi et s'opposa toujours à ce que la Confédération germanique i.Uervînt dans les affaires du Hanovre. 11 quitta le ministère en novembre 1853, prit peu après la direction des postes de Tour-et- Taxis, à Francfort-sur-le-Mein, qu'il garda jusquà la suppression de ce monopole en
SCEELEM s. m. (ehe-lèmm). Jeux. Coup dans .equel on fait toutes les levées à certains jeux de cartes, notamment au whist et au boiiton. I) On écrit aussi chelem.
SCHELER (Jean-Auguste-Udalric), écrivain et philologue belge, né k Ebnat, canton de Saint-Gail (Suisse), le 5 avril 1819. Son père, pasteur à Ebnat, ayant été nommé chapelain et bibliothécaire du roi des Belges, l'ennnona avec lui à Bruxelles. M. Auguste Soheler fut envoyé en Allemagne, où il étudia successivement aux universités d'Erlangen, ds Bonn et de Munich. Reçu, à vingt ans, tocteur en philosophie, il revint à Bruxe.les, où le roi Léopold le nomma bibliothécaire adjoint, puis bibliothécaire en titre (1854). Cette même année, il prit la direction du Bulletin du bibliophile belge. M. Scheler a enseigné la langue et la littérature allemande aux enfants de Léopold 1er et s'est fait agréger, en 1846, à l'université de Liège. C'est un savant linguiste à qui l'on doit d«;s ouvrages estimés. Nous citerons : Commentaire raisonné sur un chant d'Homère [Odysste, VI] (Bruxelles, 1841, in-8°) ; Commentaire sur i'Œdipe roi, de Sophocle (1843, in-8<>) ; Essai linguistique sur les éléments germaniques du dictionnaire français (1844, in-so); Etu.de historique sur le séjour de l'apôtre saint Pierre à Home (1845, in- 12), sous le pseudonyme d'Udalrîc de Suint- Gall ; Mémoire sur la conjugaison française considérée sous le rapport étymologique (1845, in-4") ; Histoire de la maison de Saxe - Cobourg - Gotha, traduction libre, avec tableaux (1846, in-8<>j ; Cours élémentaire de langue allemande (1850, in-12); Annuaire saliriqueet historique belge (1JS34-1B67, in-12); Grammaire théorique de le. langue allemande (1854 , in-8°); Statistique personnelle des ministères et des corps législatifs constitués en Belgique depuis 1830 (1857, in-12); Dictionnaire étymologique de la langue française, d'après les résultats de la science moderne (1860-1862, in-8o), ouvrage estimé ; Bibliotheca belgica ou Trente ans de littératwe belge (1861, in-8») ; Notice littéraire sur Jean de Coudé, trouvère belge (18G3, in-8°); Olossaire roman-latin du xve siècle, annoté (] 865, in-8°) ; Lexicographie latine du Xiia et c'u xiue siècle (1867, in-18), etc. On lui doit, en outre, quelques éditions d'ouvrages écrits au moyen âge, notamment : Dits et contes de Bodoin de Coudé et de son fils Jean de Condé (1866-1867, 3 vol. in-8°); Dits de Watriquei de Couvin (i8&8,in-8») ; LiBoumans di j'Jles (1868, in-8°), etc. — Son frère, Adolphe Scheler, né à Ebnut (Suisse) en 1820, moi ta Bruxelles en 1865, fut médecin vétérinai.-e des écuries du comte de Flandre, et devint ensuite professeur à l'institut agricole de Gumbloux. On lui doit : Etudes sur la constance (Bruxelles, 1863, in-&°) et des traductions de plusieurs ouvrages allemands, entre autres : les Lois naturelles de l'agriculture, par Liebig ; le Livre de la nature, par Schœdler; les Maladies des chiens et leur traitement, par Hertwig, etc.
SCHELJ1STADIEN s. et adj. (ché-lè-stadi-ain), Hibitunt de Schelestadt; qui appartient à oitte ville ou k ses habitants : Les ScHELESTiiDiENS. La population schelesta-
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SCHELESTADT ou SCHLESTADT, ancienne ville de Fiance (Bas-Rhin), chef-lieu d'arrondissement sur l'Ill, à45 kilom.S.-O. de Strasbourg, sur le chemin de fer de cette ville à Bâle. Cédée àla Prusse par le traité de Francfort (10 niai 1871), cette ville fait partie, depuis cette époque de l'Alsace - Lorraine ; 8,900 hab. Tribunal de ire instance, justice de paix, place de guerre, collège communal, bibliothèque publique. Industrie active; moulins à blé, tanneries ; fabrication de toiles métalliques, tuiles, pompes à incendies, colle forte, chaux, papiers peints ; scieries mécaniques, imprimeries. La ville est entourée de murs et dél'endue par une citadelle, ouvrage de Vauban, Trois portes donnent accès dans la ville, on les rues, assez propres, sont étroites, irrégulières et bordées de maisons de construt tion médiocre. Les édifices qu'on remarque à Schelestadt sont : l'église Sainte- Foi, achevée en 1094, bâtie par Hildegarde et par ses f.ls, l'un duc de Souabe, l'autre évêque de Strasbourg, et qui formait jadis une dépendance du prieuré portant le même nom. Cet édifice, en forme de croix latine avec abside Semi-circulaire, est surmonté de
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trois tours s'élevant l'une k la croisée et les deux autres à droite et k gauche de la façade occidentale. Celle du milieu, octogone et ornée d'arcatures, est terminée par une sorte de flèche ou de pyramide en pierre. Les deux autres sont inégales en hauteur; celle du nord a trois étages, les deux premiers ornés de fenêtres k triples et doubles ouvertures et d'arcatures, le troisième (ajouté au xvme siècle) décoré de pilastres et terminé par une toiture arrondie d'un médiocre effet. La tour du sud n'a qu'un étage; la façade, percée d'une porte unique, est ornée, audessus du portai], de colonnettes appliquées, dont quatre portent sur les retombées des trois arcades aveugles inférieures et trois sur les clefs; disposition bizarre, qui se trouve quelquefois reproduite dans d'autres églises de 1 Est. Deux fenêtres d'un beau dessin, partagées chacune en double ouverture par une colonnette légère et surmontées d'un oculus, s'ouvrent de chaque côté de l'entrée. Quant à l'intérieur de l'église, il se compose de trois nefs à voûte d'arête. La nef principale a trois travées, correspondant chacune avec les bas-côtés par une double arcade reposant sur des colonnes romanes à chapiteaux cubiques ornés de sculptures variées. On a pratiqué, en 1616, sous les formerets de la maîtresse voûte, pour l'établissement des tribunes latérales, une grande arcade supérieure par chaque travée. La lumière pénètre par deux étages de fenêtres à double ouverture à l'étage supérieur. Le tout, un peu lourd, produit cependant un effet sévère et imposant. Le sanctuaire, en abside, et les deux croisillons du transsept sont décorés de boiseries ouvragées dans le goût du xviiio siècle; la chaire date de la même époque. Il faut mentionner encore une jolie porte romane sur le côté latéral du nord. L'église Saint-Georges, classée comme la précédente au nombre des monuments historiques, est un édifice bâti en grès rouge et granit, plus vaste que l'église Sainte-Fôi et offrant à l'entrée un beau narthex à trois travées, dont celle du milieu est malheureusement coupée par un buffet d'orgues. Saint- Georges peut compter parmi les plus remarquables' basiliques de l'Alsace. «C'est, dit M. de Caumont (Bulletin monumental), un monument régulier qui appartient à plusieurs époques de l'ère ogivale. Les bas-côtés de la nef ont des chapiteaux avec abaques carrés qui annoncent la première moitié du xmc siècle; mais les chapiteaux de la grande nef, dont les abaques sont octogones, ont leurs corbeilles couvertes de feuillages caractéristiques du xive siècle. Après le transsept, le choeur montre le type de la fin du xv« siècle ou du commencement du xvie dans le chevet. Une grande fenêtre k vitraux occupe toute l'étendue du chevet : l'effet est assez bon. Des vitraux de la lin du xve siècle remplissent encore les fenêtres des deux transsepts.» L'église Saint-Georges a été récemment l'objet de restaurations importantes. On y remarque surtout la chaire en pierre, œuvre de la fin du xvie siècle et divisée en panneaux ornés de colonnettes encadrant une niche qui renferme une statue; le chœur, bâti au-dessous d'une crypte et décoré de stalles de chêne sculpté ; les deux ambons, les galeries circulant autour des deux absidiales et du transsept, les peintures polychromes des murs et les grilles de clôture (ces deux dernières parties sont récentes, mais bien conçues et en parfaite harmonie avec le surplus de l'édifice). La tour, haute de 59 mètres et composée de deux étages percés de grandes fenêtres, à laquelle l'église s'appuie du côté du sud-ouest, a été aussi l'objet d'une récente restauration. Un portail, surmonté d'une grande baie ogivale tronquée, s'ouvre k sa base. «Par suite de la disposition des lieux, dit M. Riggensen, architecte chargé de la restauration, la porte sud du narthex est la plus importante. Ses ébrasements sont garnis de groupes de figures récemment restituées par les soins de M. le curé de Saint-Georges. Cette porte est surmontée d'une galerie à jour et d'une rose très-délicate, ornée d'un charmant vitrail de couleur représentant les Commandements de Dieu. La porte nord du narthex, ainsi que celle ouverte au milieu du bas-côté sud, sont du style roman de transition et appartiennent à la construction primitive. Les vantaux en sont encore garnis de leurs anciennes peintures ; celles de la porte du transsept sud sont d'un fort joli dessin.» Il faut encore citer :1a fausse porte ou tour de l'Horloge, reste des anciennes fortifications, consistant en une large tour carrée, percée à sa base d'une porte voûtée en ogive et terminée k sa partie supérieure par une jolie galerie flanquée de quatre tourelles, au milieu desquelles s'élève une sorte de clocheton de construction relativement récente ; l'arsenal Sainte-Barbe, grand bâtiment à créneaux proéminents, garnissant les rampants des pignons (type fort rare aujourd'hui) et qui, suivant M. de Caumont, a dû appartenir soit à la corporation des arquebusiers, soit à pelle des canonniers; 1 ancienne église desTîécollets ; le collège communal, installé dans l'ancienne commanderie; l'hôtel de ville, l'hôpital civil et militaire et plusieurs vieilles maisons du xve et du xvie siècle.
— Histoire. La fondation de Schelestadt date de l'époque de la première occupation germanique. D'abord simple lieu de charge-
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ment sur l'Ill, puis bourgade, on voit Childéric II y construire- un palais dès les premiers temps de la monarchie franque. En 775, Charlemagne y fait sceller le diplôme par lequel il accorda des privilèges a l'évêque de Strasbourg. Il ne reste malheureusement plus aucun vestige de ce palais, dont l'emplacement même n'a pu être retrouvé. Au xio siècle, Schelestadt était un fief dépendant de la maison de Hohenstauffen ; la ville fut élevée en 121$, sous Frédéric II, au rang de ville impériale, et ses premières fortifications datent de cette époque. Elle prit en peu de temps une importance considérable, et l'empereur y lit frapper monnaie. De nombreuses communautés religieuses s'installèrent à Schelestadt sous le même règne ; nous citerons, parmi les principales, les dominicains (1245), la commanderie de Saint-Jean (1265), les frères conventuels de Saint-François (1280), remplacés en 1620 par les récollets; enfin, en 1294, les religieux d'EHeu-willer. Schelestadt soutint en 1291, de concert avec Brisach, Kayserbeig et Munster, les droits d'Adolphe de Nassau au trône impérial. Elu empereur, le prétendant récompensa le dévouement de la cité en lui.octroyant la charte dite de Haguenau, qui fixa définitivement son droit civil et criminel et sa forme d'administration. A la mort de Henri VII, Schelestadt, qui avait armé en faveur de Frédéric d'Autriche, ne se soumit qu'avec difficulté à son compétiteur Frédéric de Bavière. Pendant la diète de Reuss (1338), où les princes d'Allemagne s'engagèrent à soutenir les droits de l'empereur contre le pape, Jean d'Eckerich, à la tête des Schelestadiens, envahit inopinément le domaine de l'évêque de Strasbourg, qui s'en vengea en venant assiéger deux fois la place, mais sans succès. En 1345, un pacte d'alliance, fort remarquable pour l'époque, fut conclu k Schelestadt; il eut pour but de protéger les juifs contre les bandes du fameux Armleden, qui, prétendant avoir reçu du ciel la mission de venger la mort du Christ, inondait la contrée de sang Israélite. Il est vrai que, quatre ans plus tard, les habitants, revenant aux véritables mœurs de leur temps, accusèrent les juifs d'être la cause d'une peste qui décimait la ville ; de nouvelles persécutions eurent lieu en 18&9 et l'empereur dut intervenir. Schelestadt, ayant résisté, fut mis au ban de l'empire pendant trois ans. Au xve siècle, la ville se signala par sa vigoureuse défense contre les Armagnacs. Elle finit, par des sorties habilement ménagées, suivies de combats nombreux, par disperser définitivement ces bandes dévastatrices. ,
En 1520, Schelestadt commença k pencher vers le protestantisme naissant. Le duc Antoine de Lorraine arrêta quelque temps l'ardeur du prosélytisme par le sanglant massacre des rustauds à Saverne. La guerre de Trente ans fut pour Schelestadt le signal de désastres continuels : les Suédois, sous les ordres du maréchal de Horn, vinrent assiéger la ville, après s'être assuré la possession de toutes les autres places environnantes. Les habitants, dont les sympathies secrètes, depuis le xve siècle, étaient bien plutôt pour la Réforme que pour l'Autriche, ne prirent k la défense qu'une part très-faible, et les impériaux, après une résistance vigoureuse, durent capituler et ouvrir leurs portes le 12 décembre 1632. Les vainqueurs, sans égard pour les conventions arrêtées avec la garnison, frappèrent les habitants d'une contribution de 30,000 florins et les traitèrent avec la dernière rigueur. Il s'ensuivit une révolte, aussitôt réprimée il est vrai, mats qui coûta plus cher encore k la ville vaincue. Des calamités plus lourdes pesèrent dès lors sur elle jusqu'au jour où les Suédois durent abandonner leurs conquêtes k Louis XIII. Une garnison française occupa aussitôt Schelestadt (12 octobre 1634), que le traité de Westphalie assura définitivement k la France. La ville subit d'abord impatiemment le nouveau joug qui lui était imposé; un système d'administration sévère jusqu'à l'excès en fut l'unique cause. Mais, après ia paix de Nimègue, les gouverneurs que Louis XIV envoya k Schelestadt adoucirent leurs procédés, et la ville finit par adopter franchement sa nouvelle nationalité. Elle était déjà toute française lorsque éclata la Révolution. Elle en adopta les principes avec ardeur; malheureusement, la désunion ne tarda pas k s'introduire parmi les habitants qui, divisés en deux partis politiques, les jaunes (die gelben) et les puants (die stincken), s'attaquèrent avec violence. Il fallut toute l'autorité du gouvernement de la ville pour arrêter les sanglants excès auxquels cette lutte donna lieu. Le patriotisme de Schelestadt ne se ralentit pas lors de l'invasion étrangère (1814). Bloquée par les Bavarois, la place supporta sans se rendre un bombardement qui ruina un grand nombre de maisons. En 1815, elle fut de nouveau assiégée et ne dut cette fois son salut qu'au dévouement de la garde nationale, qui se précipita sur l'ennemi et le poursuivit jusque dans la forêt. Enfin, en 1870, les Allemands assiégèrent la ville et s'en emparèrent. V. plus bas.
C'est de Schelestadt que partit, au xv« siècle, le grand mouvement littéraire imprimé k l'Alsace. Un seigneur allemand, Rodolphe Agricola, qui avait étudié en Italie les auteurs grecs et latins, étant venu fonder une
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école dajis la ville, le professeur Dregenberg y appela, par la nouveauté de son enseignement (1450), un grand nombre d'élèves, illustres pour la plupart, les Schot, les Murrhô, les "Winiphling, qui portèrent à leur tour la lumière dans les cités environnantes. «Plus de neuf cents élèves, dit M. Jolibois, étaient accourus de la Suisse, de la Lorraine et de l'Allemagne pour suivre ses leçons. Erasme lui-même assista k ses conférences et consacra un petit poème à cette ville, que Barthole appelle Ingens civitas; mais Sapidus ayant déserté la foi de ses pères, le magistrat fit fermer son école, et elle ne se releva plus (1521).»
L'art de vernisser la poterie, dont l'auteur est demeuré inconnu, fut inventé k Schelestadt vers le xme siècle.
Selielesiadt (SIEGE ET CAPITULATION DE), un des épisodes de la guerre franco-allemande de 1870-1871. Cette ville, dominant le chemin de fer qui reliait Strasbourg à Bel fort, offrait une grande importance stratégique ; aussi devait-elle, comme la plupart de nos villes de guerre, fixer l'attention de l'ennemi et l'attirer bientôt sous ses murs, et, malgré le soin qu'on avait eu d'inonder les alentours, elle ne devait pas tarder à succomber sous les coups des Prussiens. Dans les premiers jours du mois d'octobre 1 870, une division de la landwher, sous les ordres du général Van Schmeling, parut devant Schelestadt et commença à en faire le blocus, appuyée par des pièces de siège venues de Strasbourg. Le 9 octobre, un parlementaire se présentaetsomina le commandant supérieur de rendre la place, en lui demandant ses conditions. Le commandant, M. de Reinach de Foussemagne, chef d'escadron, répondit d'abord fièrement : • Mes conditions, ce sont mes canons!» Malheureusement, cette bonne volonté fut paralysée par l'indiscipline de la garnison, et il y eut de grandes hésitations sur les mesures à prendre. La ville, déjà étroitement bloquée, vit le bombardement commencer le 18 octobre; pendant les trois premiers jours, il ne causa pas de dommages bien considérables; mais l'ennemi ayant reçu des renforts d'artillerie, le feu des assiégeants prit alors une effroyable intensité ; dans la nuit du 22 au 23, la première parallèle était ouverte k six cents pas seulement à l'est de la place, et 32 grosses pièces inondaient Schelestadt de fer et de feu. Le commandant se résigna alors assez tristement k arborer le drapeau parlementaire (23 octobre). Cette capitulation fut marquée par des scènes douloureuses ; les soldats révoltés se livrèrent au plus honteux pillage, et trois bataillons prussiens durent faire la police dans cso.helestadt. Les ennemis firent environ 2,400 prisonniers et prirent 120 canons.
Dans sa séance du 20 novembre 1871, le conseil d'enquête a émis l'appréciation suivante sur la capitulation de Schelestadt et la conduite du commandant :
«Considérant que le commandant de la place de Schelestadt pouvait peu compter sur la solidité de la garnison, composée presque entièrement de gardes mobiles des environs, qu'il a eu tort cependant d'abandonner trop tôt la plus grande partie des ouvrages extérieurs et surtout la redoute n» 1 qui, par sa position, aurait donné des vues sur les batteries de l'ennemi;
« Considérant qu'il a eu tort de restreindre îe feu de l'artillerie sur les environs de la place par le motif de ne pas entraver la rentrée des récoltes, et qu'ainsi il a permis à l'ennemi de se mêler aux travailleurs et de déterminer l'emplacement de ses ouvrages et de ses batteries;
> Attendu que, si le commandant a supporté pendant sept jours le feu de l'ennemi et s'il ce s'est rendu que sur la déclaration du directeur de l'artillerie que le rôle de cette arme était terminé par suite de la destruction des batteries de la place, la capitulation a été consentie sans qu'il ait été fait brèche au corps de place et sans avoir subi ou repoussé un assaut; qu'en cela il a manqué aux prescriptions des-articles 254 et 255 du décret du 13 octobre 1863 ;
» Attendu qu'avant de livrer la place, le commandant n'a pas prescrit d'enclouer les canons, de briser les affûts, de noyer les poudres et munitions, dont une partie seulement a été détruite par le fait de l'initiative des hommes;
» Est d'avis que si, pour les motifs précités, il y a lieu de blâmer le commandant de la place de Schelestadt, le conseil croit devoir le louer d'avoir obtenu la sortie de la garnison avec les honneurs de la guerre et de ne pas avoir fait insérer dans la capitulation la faculté de se retirer dans leurs foyers laissée aux officiers qui prendraient l'engagement d'honneur et par écrit de ne pas servir contre l'Allemagne pendant la durée de la guerre. >
Il nous semble que le blâme est bien dissimulé derrière l'éloge et que cependant les motifs du premier offraient un caractère bien plus sérieux que ceux du second ; mais nous ne voulons pas nous montrer plus sévère que le conseil d'enquête.
SCHELFHOUT (André), peintre hollandais, né a. La Haye en 1787. Il apprit sans maître les secrets de son art. En 1817, il figura pour la première fois aux expositions publiques; le tableau qu'il envoya cette année-là au
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Salon de La Haye révélait des qualités si remarquables, qu il suffit pour établir la réputation de l'artiste. En 1819, l'Académie d'Anvers lui décerna ù l'unanimité un prix pour une Vue des environs d'Arnheim au coucher du soleil. Il obtint aussi des prix et des médailles à Gand, à La Haye, à Bruxelles, à Bruges , etc. , et devint successsivement membre de toutes les Académies de la Hollande. Parmi ses tableaux, fort recherchés par les amateurs, on admire surtout ses paysages d'hiver, quoiqu'il peigne aussi avec un grand talent la nature verdoyante et qu'il excelle dans la reproduction des paysages et des scènes maritimes. Ses toiles, ordinairement de petite dimension, portent l'empreinte d'un travail minutieux et unissent k fa sûreté de la perspective la fidélité du dessin et la vérité du coloris. Il a aussi peint plusieurs tableaux de grande dimension.
SCHELII AMMER (Gonthier-Christophe), médecin et naturaliste allemand, né k Iéna en 1649, mort à Kiel en 1712. Il commença dès l'âge de quinze ans k étudier la médecine dans l'université de sa ville natale, se rendit k Leipzig en 1666 et revint k Iéna l'année suivante. En 1672, il entreprit un voyage scientifique; il visita une partie de l'Allemagne, passa dans les Pays-Bas, séjourna pendant près de deux ans k Leyde, puis passa en Angleterre, parcourut ensuite la France, l'Italie et, de retour dans sa patrie, s'y fit recevoir docteur en 1677. Douze ans plus tard, il fut nommé professeur extraordinaire de botanique k Helmsiœdt, où il ne resta qu'un an ; car, en 1691, il fut nommé professeur d'anatomie, de chirurgie et de botanique à l'université d'Iéna. En 1696, il devint médecin du duc de Holstein, qui l'appela à Kiel, où il mourut. Schelhammer a laissé de nombreux écrits, parmi lesquels nous citerons : Introductio in physiologiam (Helmstœdt, 1681, in-4°); Pathologis generalis disputationes III (Iéna, 1683, in-4<>); Caialogus plantarum variarum, quas per biennium in hortulo domestico ahit {Helmsiœdt, 1694, in -4°); De febrifugorum ratione agendi et applicandi modo (Iéna, 1694, in-4°); Programma de imperfeclione doctrines de humoribus corporis humani (Iéna, 1694, in-4°); De nova plantas in classes digerendi ratione (Iéna, 1696, in-4<>); Analecta anatomica-pathologica in brèves thèses congesta ( Kiel , 1704, in-4°); De partibus generationi dicatis, et eorum vsu (Kiel, 1703, in-4°); Dissertations III de corporum per ignem resolulione chimica {1703. in-4") ; De humani animi adfectibus, eorum ortu, causis, et inde eocpectandis in corpore bonis malisque disquisitio (Kiel, 1713, in-40).
SCHELHAMMËRE s. f. (ehè-la-mè-re — de Schelhammer, natur. allem.). Bot. Genre de plantes, de la famille des mélanthacées, tribu des vératfées, dont les espèces types croissent en Australie.
SCHELHAMMÉRIE s. f. (chè-la-mé-r! — de Schelhammer, botan. atlem.). Bot. Syn. de GIROFLÉE, genre de crucifères.
SCHËLHORN (Jean-Georges), dit l'Ancien,
théologien et bibliographe allemand, né k Memmingen en 1694, mort en 1773. Après avoir fait ses études à Iéna et à Altdorf, il devint successivement corecteur de l'école urbaine et bibliothécaire de sa ville natale (1725), pasteur à Buxach et k Hardi (1732), premier pasteur (1734) et surintendant religieux k Memmingen (1754). Son principal ouvrage, les Amœnitaies litteiaris (Francfort et Leipzig, 1725-1734, 14 parties), est encore aujourd'hui fort estimé et forme une mine où puisent avec fruit les érudits qui s'occupent d'histoire littéraire. On a encore de lui : un catalogue particulier des Aide qui se trouvaient dans sa belle bibliothèque (1738); Acta historico-ecclesiastica (Ulm, 1738); De ajttiquissima latinorum bibliorum editione diatribe (Ulm, 1760) ; une édition, avec remarques, de l'ouvrage du cardinal Quirini, intitulé : Liber singularis de opiimorum scriptorum editionibus, quse liorns primrnn prodierunt (Lindau, 1761), et une foule de dissertations théologiques.
SCllIÎLlIOItN (Jean-Georges), dit le Jeune, théologien et bibliographe allemand, né k Memmingen en 1733, mort en ÎBOÎ. Il étuit proche parent du précédent et se distingua comme lui par ses connaissances littéraires et par son érudition. Successivement pasteur d'IIausen, puis de l'église Saint-Martin de Memmingen, bibliothécaire et enfin (1793) surintendant de cette ville, il publia, outre un grand nombre d'écrits relatifs k la théologie : Guide pour les bibliothécaires et les archivistes (Ulm, 1788-1791,2 vol.); Documents pour l'éclaircissement de l'histoire (Stettiu, 1772-1775, 4 vol.); Opuscules historiques (Memmingen, 1788-1789, 2 vol.).
SCHÉLIF, fleuve d'Algérie. V. Chélif.
SCHELL (Alexandre de), aventurier allemand, né dans le cercle de Souabe vers 1716, mort en 1776. Après avoir embrassé k l'âge de vingt uns la carrière des armes, il fut condamné, en 1744, à expier des écarts de jeunesse dans un régiment en garnison k Glatz. Il y fit la connaissance du célèbre baron de Trenck, qui y était emprisonné, et s'enfuit avec lui en Bohême. Après avoir parcouru la Pologne pendant une année, Schell et de Trenck se rendirent à "Vienne.
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Lh, Schell obtint, grâce k la protection de de Trenck, un brevet de lieutenant. A la suite de pertes de jeu, il déserta et passa au service du duc de Modène en qualité d'oflicier, sous le pseudonyme de Leach. Il se fit ensuite soldat dans l'armée de Sardaigne; il y fut bientôt promu au grade de fourrier. Ce l'ut alors seulement qu'il renonça définitivement k sa vie d'aventures. 11 profita de ses talents pour donner des leçons de musique et de dessin. Atteint de la gravelle, il se suicida en 1776 pour échapper à de cruelles souffrances. Il a laissé quelques odes erotiques, des satires et des chansons, quelquesunes écrites en allemand et le plus grand nombre en italien. Une partie de ces ouvrages ainsi que quelques-unes de ses lettres ont été traduits en prose française sous ce titre : Lettres et aventures d'Alexandre de Schell, suivies de son testament, etc. (Paris, 1789, 2 vol. in-12).
SCHELLENBERG, ville de la Saxe royale, cercle de Zwïckau, dans le bailliage et à 13 kilom. E. de Chemnitz; 1,872 hab. Fabrication de cotons et de lainages. Près de là est le château d'Augustenbourg, sur le sommet d'une colline de 320 mètres d'altitude.
SCHELLENBERG, montagne de Bavière,
Ïirès de Donauwerth, où Marlborough défit es Bavarois en 1704.
SCHELLENBERG (Jean-Rodolphe), peintre et graveur suisse, né à Bâle en 1740, mort k Winterthur en 1806. II eut potîr maître Rodolphe Huber, dont il s'appropria le style vigoureux, et, en même temps qu'il étudiait la peinture, il apprit l'art de la gravure. Par suite d'une chute qu'il fit sur la tête, il perdit pendant quelque temps la mémoire et oublia tout ce qu'il savait, à l'exception du dessin. Schellenberg séjourna assez longtemps k Bâle, où il fit des portraits et de petits tableaux de genre, puis passa quelque temps k Zurich chez le chanoine Gessner, qui lui donna le goût de l'histoire naturelle. Cet artiste est surtout connu par ses gravures représentant des animaux et des plantes. Il a dessiné et gravé les planches d'un grand nombre d'ouvrages, tels que : ['Histoire des insectes et les Genres d'insectes de Gutzler, les Archives et le Magasin-entomologique de Fuessli, l'Entomologie helvétique de Clairville, le Voyage en Suisse d'Andrese, les Plantes et arbustes d'agrément et YBisloire des amarantes de Willdenow, les Journaux de botanique d'Usteri et Romer, l'Histoire des écrevisses de Kerbst. Schellenberg a, en outre, collaboré comme graveur k la Physiognomonie de Lavater, au Livre élémentaire de Basedow, k l' Histoire des artistes de la Suisse de Fuessli. Ses Railleries, dessins satiriques, sont fort recherchées.
SCI1ELLER (Emmanuel-Jean-Gérard), lexicographe allemand, né à Ihlow en 1735, mort en 1803. Il fit ses études théologiqnes et philologiques k l'université de Leipzig, devint, en 1761, recteur k Lubben et fut appelé, en 1772, k la direction du gymnase de Brieg, qu'il conserva jusqu'k sa mort. On a de lui un grand nombre d'ouvrages de lexicographie, qui ont été pendant longtemps classiques en Allemagne et dont on peut encore aujourd'hui se servir avec fruit. Nous citerons, entre autres : Prscepla styli bene laiini (Leipzig, 1779, 2 vol.) ; Grammaire complète de la langue latine (Leipzig, 1779 ; 4« édit., 1803); Grammaire abrégée de la tangue latine (Leipzig, 1780; 4<= édit., 1814); Guide pour expliquer philologiquement et critiqtiement les anciens auteurs latins dans les classes supérieures des écoles (Halle, 1783, 20 édit.); Dictionnaire complet tatin- allemand et allemand- latin (Leipsig, 1783-1784, 3 vol.; 38 édit., 1804-1807, 7 vol.); Observationes in priscos scriptores guosdam (Leipzig, 1785) ; Dictionnaire portatif latin-allemand et allemand-latin (1792, 2 vol., souvent réédité) ; Petit dictionnaire latin d'après l'ordre étymologique ( Leipzig , 1780 ; 7e édit. , 1840), etc.
SCHELLING s. m. (che-lain). Métrol. Orthographe adoptée par l'Académie pour les mots shilling (monnaie anglaise) et schilling (monnaie allemande).
SCHELL1NG ou TER-SCHELLING, île hollandaise de la mer du Nord, sur la côte septentrionale de la province de Frise, entre Ameland à l'E. etVIieland au S.-O. Elle mesure 24 kilom. de l'E. à l'O. et 5 kilom. du N. au S. ; 4,000 hab., répartis dans trois villages principaux.
SCHELLING (Frédéric-Guillaume-Joseph de), philosophe allemand , né à Léonberg, près de Stuttgard (Wurtemberg), le 27 janvier 1775, mort a'Ragatz, dans le canton do Saint-Gall (Suisse), le 20 août 1854. Son père était un évêque luthérien renommé en Allemagne pour son savoir et la loyauté de son caractère. Schelling reçut de sa mère une éducation primitive dont il se souvint toujours avec respect. A l'âge de neuf ans, on l'envoya apprendre le latin k Niirtigen, petite ville voisine de son lieu de naissance et où un de ses oncles dirigeait une école élémentaire. Au bout de trois ans, l'enfant savait tout ce qu'on enseignait dans l'école élémentaire, et il fallut songer à le faire entrer dans une école d'un degré plus élevé. Son père, qui n'était pas encore évéque, mais professeur de théologie au séminaire
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de Bebenhausen, le fit entrer dans ce séminaire. Schelling prit là une connaissance approfondie des langues classiques et reçut de son père lui-même des leçons d'hébreu et d'arabe. On le destinait au professorat ou k la^carrière ecclésiastique, et il entra dans ce but, en 1790, k l'université de Tubingue, où il eut Hegel pour condisciple.
Il avait k peine dix-sept ans nu moment où il présenta sa thèse de doctorat. Elle avait pour titre : Antiquissimi de prima matorum origine philosophematis explicandi tentamen criticum. Il avait acquis dés lors une réputation de philologue distingué; mais son avenir philosophique n'était soupçonné de personne.
On en eut la révélation en 1794. Le premier essai de Schelling en ce genre a pour titre : De la possibilité d'une forme de la philosophie en général. Le second, qui parut en 1795, était intitulé : Du moi comme principe de philosophie ou De l'inconditionné dans le savoir humain. Schelling quitta en 1796 l'université de Tubingue , pour devenir précepteur de deux jeunes gens de famille noble de Leipzig. La, il continuases travaux philosophiques et eut l'occasion de connaître Gœthe, qui lui promit de lui faire donner une chaire k l'université d'Iéna. Il l'obtint k l'âge de vingtquatre ans (1799). Avant de monter dans sa chaire, il avait assisté au cours de Fichte, qui avait produit sur son esprit une impression profonde, et ses premières leçons portent l'empreinte de ce souvenir.
Schelling conserva sa chaire d'Iéna jusqu'en 1803, puis il fut nommé professeur k Wurtzbourg. Il quitta, en 180S, le professorat pour aller k Munich; on lui offrait dans cette ville la présidence et la charge de secrétaire général de l'Académie des beauxarts. Il vécut k Munich dans une demi-retraite jusqu'eu 1820. A cette époque, une querelle qu'il eut avec Jacobi l'engagea k se retirer à Erlangen. Il n'avait pas de chaire k l'université de cette ville ; mais il y donna des leçons comme professeur libre. Il travaillait alors de toutes ses forces k ce qu'il appelait sa philosophie positive, qui comprenait l'étude de la révélation et de la mythologie. En 1825, le roi Louis de Bavière, à son avènement, entreprit de fonder k Munich une université, dans laquelle une chaire fut réservée k Schelling. Ce fut dans cette chaire qu'il enseigna sa philosophie positive, en commençant par l'histoire de la mythologie, pour finir par celle de la révélation. La jeunesse studieuse accourait de toutes les parties de l'Europe pour assister au cours de l'illustre professeur. Il enseignait que la religion et la philosophie, historiquement, étaient deux sœurs, avaient eu un développement parallèle et trahissaient l'une et l'autre un côté différent de l'âme. Au contact des révélations antiques et des mythologies, du monde classique et oriental , Schelling avait contracté des allures mystiques qui le faisaient considérer bien k tort comme un défenseur du christianisme, qu'il n'admettait qu'a l'état de formule passagère du sentiment religieux. Hegel, qui s était donné k Berlin une autre mission que celle de défendre le vieux culte de l'Allemagne, avait effrayé le gouvernement et Je parti conservateur, qui firent appeler Schelling dans la chaire précédemment occupée par Hegel, afin de détruire l'influence que ce dernier avait obtenue (1841).
On vint l'entendre par curiosité; mais, en somme, la" philosophie de Hegel ne fut pas atteinte dans l'opinion, et même une opposition systématique s'organisa contre le nouveau professeur. A Munich, il avait cédé la place k une opposition de ce genre, organisée par Jacobi au nom d'autres principes. Cette fois, il tint bon, et, en désespoir de cause, ses adversaires finirent par le laisser tranquille dans Sa chaire. Du reste, Schelling était vieux et son enseignement n'avait plus le même éclat que dans sa jeunesse.
Il mourut le 20 août 1S54, aux bains de Ragatz , dans le canton suisse de Saint- Gall. Maximilien II, roi de Bavière et ancien élève de Schelling, fit élever k son maître un monument avec cette inscription : « Au plus grand penseur de l'Allemagne. »
Le vaste système de Schelling est d'une telle complexité, et ses travaux portent sur tant de points k la fois, revêtent des formes si diverses, qu'il est bien difficile de grouper ses idées en un seul faisceau. Dans un ouvrage publié dès l'âge de vingt-cinq ans, Schelling s'écrie : « Le temps est venu de proclamer la grandeur de la raison. Ce n'est qu'en prenant le sentiment de ce qu'il est et de tout ce qu'il vaut que l'homme deviendra ce qu'il doit être. Son essence est la liberté absolue; c'est k la loi de la liberté que l'humanité doit finalement obéir A quelque avenir reculé que soit réservée la gloire d'accomplircette grande espérance, il nous appartient d'en préparer au moins l'heureux avènement dans l'histoire. Le crépuscule habitue les yeux k l'éclat du jour. Déjà l'aube matinale blanchit le ciel d'Orient. Les basses contrées sont couvertes d'un voile de vapeurs; mais, sur les hauteurs, Jes cieux brillent d'une vive clarté. L'aurore s'est levée ef le soleil ne sautait tarder k paraître. >
Ces vues dominent dans le détail comme dans l'ensemble du système. 11 y a une pensée dans les choses et il y a une réalité dans la pensée. Comme l'être absolu est éternel, l'acte de cet être (et cet acte est la pensée)
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forme l'unique existence du moi ou de l'homme. Ainsi, Schelling trouve Dieu dans lu pensée, dans laquelle il n'y a à considérer ni le suhjectif ni l'objectif, car elle est seuleau momie. On peut donc l'identifier avec Dieu; d'où il Suit que Dieu c'est le moi pris d'une manière absolue, universelle et individuelle à la fois, l'individuel dans le moi étant la forme et l'u niversel le fond. Ce moi est idéal, considéré indépendamment de toute détermination particulière, libre sans condition et Sans but, car ces deux choses lui ôteraient son caractère idéal et infini.
En un mot, la conscience ou le moi est la manifestation extérieure de Dieu. Cela n'exclut pas le Dieu objectif, c'est-k dire l'idéal; il est l'idée des idées particulières et déterminées, la résolution des contraires, le gouffre immense dans lequel toute opposition et toute différence s'évauouissent. La nature extérieure est l'affirmation formelle de la pensée de Dieu,
La loi suprême du monde physique est la différence numérique ; l'idée du fini est identique avec cette donnée. D'ailleurs, les abstractions en vertu desquelles l'esprit conçoit l'idée du fini et celle de l'infini ne répondent à aucune réalité. Le fini n'a pas de lien avec l'infini; il n'en est pas le pendant, il ne lui fait pas symétrie. Le fini et l'infini coexistent et se confondent dans une même réalité.
La pensée, qui est la manifestation extérieure de l'absolu, a un caractère essentiel : la productivité spontanée. Cette productivité Spontanée témoigne de l'identité du subjectif et de l'objectif. 11 s'ensuit que le particulier (un acte de la pensée) est aussi l'absolu ou l'expression phénoménale de la vérité. Chaque être individuel exprime aussi l'unité constante de la forme et de la substance, de l'idéal et du réel. L'homme est un microcosme ou, suivant une vieille maxime philosophique, tout est dans tout. L'homme occupe un point intermédiaire entre Dieu et son activité productive.
Le principe de la connaissance, et par conséquent le t'ondement de la philosophie, est, pour Schelling, l'intuition intellectuelle ou idéale dirigée par le savoir, qui est la condition ordinaire de l'inspiration. Il fait donc peu de cas de la logique et du raisonnement, qu'il n'est pas loin de considérer comme l'élément rétrograde de l'intelligence.
Cela explique la place considérable que tient l'imagination dans l'économie de sa doctrine. Cette doctrine s'est, au surplus, développée progressivement. Elle est k peine entrevue dans son Esquisse d'une philosophie de la nature, publiée en 1797. La philosophie de la nature n'était dans l'idée de Schelling qu'une moitié de système; la philosophie transcendantale ou deuxième partie du système est de l'année 1800. Elle forma, avec l'ouvrage précédent, le système de l'identité, dont le principe était la non-différence du sujet et de l'objet.
Mais, au foud, la doctrine du philosophe n'étnit qu'une méthode rationnelle, et il 1 entendait bien ainsi. Cependant, il ne tarda pas k éprouver le désir de construire une philosophie plus positive, c'est-k-diro de créer une philosophie qui fût une histoire chronologique de l'esprit humain. Il l'appelait positive par opposition k l'autre, qui, n'ayant qu'une existence logique, était une philosophie idéale. Plus tard, il appela philosophie historique sa philosophie positive. On accusa sa philosophie idéale de panthéisme, ce que Schelling n'avait pas tardé k découvrir luimême, et c'est pour cela qu'il l'abandonna, si l'on peut s'exprimer ainsi, afin de vouer entièrement son âge mûr k la construction de sa philosophie positive.
Le premier monument de cette transformation de son système, car c'en est une, est l'ouvrage intitulé : Philosophie et religion (1804), complété, en 1809, par les Itecherclies sur l'essence de ta liberté humaine et les objets qui s'y rattachent.
La contradiction formelle qu'on a cru découvrir entre les principes de Schelling, aux deux époques de sa vie que personnifient ses deux philosophies, lui a valu en Allemagne des reproches d'inconséquence peut-être immérités.
11 obtint néanmoins en Allemagne un immense succès, dû tout autant k 1 éclat de sa parole et k la puissance de sou imagination qu'à l'originalité de sou système. Schubert, un des meilleurs disciples de Schelling, parla en ces termes des leçons de son maître k l'université d'Iéna : • Qui traversait dans ce temps-là le marché d'Iéna k l'heure tardive de 1 après-midi rencontrait un concours d'étudiants plus nombreux qu'à aucun autre moment de la journée. Jeunes et vieux, gens de tout esprit et de tout état se rendaient en foule au cours de Schelling sur la philosophie de la nature. Qu'était-ce donc qui les y attirait si puissamment? Qu'il me soit permis de parler de nia propre expérience. L'impression que j'ai reçue de Schelling était tellement extraordinaire, qu'aucun de mes maîtres ne m'en a jamais fuit éprouver de semblable. Schelling était encore un jeune homme parmi nous autres jeimes gens, et le respect avec lequel nous le cunsiilurions s'adressait en lui k une dignité qu'exprimait tout son être et qui diil'eruit de celle dont l'âge environne une tête blanchie. Sa parole vivante rayonnait d'une force k laquelle ue pouvait se dérober aucune âme, pour peu
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qu'élis fût susceptible d'inspiration. Souvent, pendant qu'il parlait, nous croyions entendre le prophète d'un monde transcendant et caché qui n'est ouvert que pour des yeux sacrés. Son discours, mathématiquement précis et comme rédigé en style lapidaire, renfernu.it une matière inépuisable; pénétré de la vé 'ité interne de ses idées, il était si persuadé de ce qu'il avait saisi et conçu, que sa conviction se communiquait aux autres avec une puissance victorieuse. »
11 venait d'ailleurs à une époque féconde pour l'Allemagne. Chez elle, les lettres, les sciences, la philosophie et l'érudition s'étaieni épanouies en même temps, et toute une série de grands hommes professaient dans les universités. Schelling était une étoile de première grandeur dans ce beau ciel, dont aujourd'hui tous les astres sont à peu près éteints.
Plusieurs écoles sont issues de Schelling; il n'est plus qu'un thème à controverse, comme Hegel, comme Fichte, comme Kant lui-même. Ces Allemands dissèquent un système en quelques années, et il est rare qu'avec l'activité d'esprit qui les distingue au bout de vingt ans une philosophie ne soit pas morte. Celle de Schelling n'existe donc plus que par lambeaux. Quoi qu'il en soit, dit M. Mignet, a il a saisi avec puissance et traité avec originalité les grands problèmes qui s'offrent àl esprit avide de découvrir son origir.e, de connaître sa nature, de pénétrer sa destinée et qui le tourmentent d'âge en âge. On peut ne pas trouver ses explications concl aantes ; mais on ne saurait méconnaître ce qu'il y a de grand dans ses idées; son génie, qui s'élève vers les régions inaccessibles, peut sembler téméraire; mais il surprend et il enlève par ses élans, il frappe par l'étendue de ses pénétrantes suppositions, il éblou t par la beauté de ses constructions majestueuses. »
Les principaux écrits de Schelling sont, outre ceux dont nous avons déjà parlé : Idées sur le. philosophie de la nature (1797) ; De l'âme du monde (1798) ; Première esquisse d'un système de la philosophie de la nature (1799); Introduction à l'esquisse du système de la nature (1799); Système de l'idéalisme transcendantal (I8o0); Exposé de mon système de philosop/ie, dans le Journal de physique spéculative (1800 à 1803); Bruno, dialogue sur le principe divin et le principe naturel des choses (1802) ; Leçons sur la méthode des études académiques (1803); Philosophie et religion (1804) ; Aphorismes pour servir d'introduction à la philosophie de ta nature (1806); Du rap~ port c'e la réalité et de l'idéal dans la nature (1806) ; Du rapport des arts plastiques et de la na'.ure (1807); Recherches philosophiques sur l'issence de la liberté humaine (1809); Monument élevé aux choses divines, contre Jacobi (1812) ; Sur les divinités de Samothracn (1815) ; Jugement sur la philosophie de M. Cousin (1834). Il avait cessé de publier des œuvres nouvelles depuis 1815 ; mais il en avait Jn grand nombre en portefeuille. Celles qu'il destinait lui-même à la publicité sont : Introduction historico-critique à la philosophie de la mythologie; Introduction purement philosophique à la philosophie de la mythologie; Théorie du monothéisme ; Philosophie de ta my.'hologie même; Philosophie de la révélation .
Ses manuscrits contiennent jusqu'à des poésits, la plupart restées inédites, à l'exception de quelques-unes publiées en 1802 par lieck, dans son Almanach des Muses, sous la signature de Bonaventure, et des opusdles de jeunesse mis au jour dans les Œuvres complètes de Schelling (Stuttgard, 1850-1861, 14 vol. in-8o).
Quelques-uns des ouvrages de Schelling ont élé traduits en français; ce sont:l'Idéalisme transcendantal, par M. Grimblot (Paris, 1843, in-8«); Bruno, par M. Husson (Paris, 1845, in-8<>) ; plusieurs ouvrages sous le nom collectif d'Écrits philosophiques, par M. Bénard (Paris, 1847, in-8<>). On a publié à Munich, en 1863, la Correspondance de Schelling.
SCHELLING (Charles-Everard), médecin allemand, frère cadet du précédent, né àRebenhausen, près de Tubingue, le 11 janvier 1783, mort à Stuttgard le 9 avril IS54.I1 lit ses études a l'université de Tubingue, puis se rit réfétiteur, partit ensuite pour aller visiter les hôpitaux des principales villes d'Europe et extrça au retour la médecine dans plusieurs localités du Wurtemberg. Il rit partie, durant les années 1813-1814, de l'armée de l'indépendance allemande en qualité de chirurgie n-major et, à la paix, revint s'établir à Stuttgard, où il fut nommé membre du conseil supérieur de médecine. C'est à ce moment qu'il publia ses importants travaux sur les maladies des yeux et surtout sur l'opération délicate de la calaracte, travaux qui lui acqui ent en Allemagne la réputation d'un praticien accompli. Dans les derniers temps de sa vie, il reçut la décoration de la Couronne de Wurtemberg. On a de lui : De idea vitx hujusque fixis principiis ( Tubingue , 1802); Linéaments d'une nouvelle théorie de 2' âme (Tubingue, 1803) ; Sur la vie et ses phénomènes (Tubingue, 1806) ; Sur le magnétisme animil (léna, 1806-1807); Traité pratique de la cataracte et des autres maladies des yeux, avec de nouvelles méthodes opératoires, ouvrage suivi de Considérations sur lesrapports
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entre le sens de l'ouïe et celui de la vue (Stuttgard, 1839), et enfin Quelques idées sur l'organisation du système médical en Wurtemberg et sur la création de chaires particulières aux universités pour les maladies de certains organes spéciaux (Stuttgard, 1840).
SCHELLINGSouSCHELLINKS (Guillaume), peintre hollandais, né à Amsterdam en 1632, mort dans cette ville en 1678. On ne sait rien sur ses débuts; toutefois, il avait déjà acquis une grande réputation comme paysagiste, lorsqu'il quitta sa ville natale pour visiter successivement la France, l'Angleterre, l'Italie et la Suisse. C'est en Italie surtout que, par l'étude de l'antique, son talent s'ouvrit de plus larges horizons. A son retour dans son pays, la vogue s'empara de ses œuvres et il vendit ses tableaux à prix d'or; ses paysages sont, en effet, exquis, tant sous le rapport du fini que par la délicatesse, le pittoresque et l'harmonie de la composition. Son chef-d'œuvre est l'Embarquement de Charles II pour l'Angleterre. On voit de lui au musée de l'Ermitage, à Saint-Pétersbourg, un Paysage et la Vue d'un château au bord de la mer.
SCHELLINGUE s. m. (chèl-lain-ghe). Espèce de bateau indou.
— Encycl. Les schellingues sont d'une construction singulière : leurs planches ne sont pas clouées, mais ajustées et cousues ensemble à l'aide du imro, tiré des filaments qui entourent les noix du cocotier. La forme de cette chaloupe est celle d'une barque grossière, presque d'un bachot; le fond est plat, et il n'y a point de membrures. Mais la construction particulière du schellingue lui donne une flexibilité telle que les bordàges cèdent facilement au battement des vagues, qui perdent ainsi de leur violence en trouvant moins de résistance. Aussi ces embarcations braventelles la marée et franchissent-elles les redoutables barres des côtes de Malabar et de Commande!, quelque effiayantes qu'elles soient, tandis qu'une chaloupe européenne n'a jamais pu s'y' risquer sans être aussitôt mise en pièces. Rien de plus intéressant que de voir le schellingue, entraîné par douze rameurs vigoureux et dirigé par un habile pilote, braver les Mots et avancer rapidement vers le rivage. Et certes le danger n'est pas mince, car d'immenses vagues roulent sur le sable et tantôt l'inondent, tantôt le laissent à sec. A plus de 150 mètres de la plage, le ressac se fait encore sentir, à cause de la double ligne de brisants qui défend l'approche du rivage et dont le premier, le plus terrible, se nomme le mâle. Le schellingue est suivi de plusieurs cetamarans, sortes de radeaux formés de trois longues tiges d.e bambous croisées; ces radeaux portent une petite voile et sont dirigés par un ou deux hommes munis de pagaies; ces intrépides et habiles nageurs accompagnent le schellingue dans l'espoir de' sauver les passagers, s'ils venaient à chavirer, perspective rendue plus effrayante encore par la foule de requins qui se- promène dans ces eaux.
SCHELLLNKS (Guillaume), peintre hollandais. V. SCHILLINGS.
SCHELME s. m. (chèl-rae — de l'allem.
schelm, coquin). Lâche : Schelme qui ne remettra l'épée dans son fourreau. (De Retz.) Il Vieux mot.
SCHELOT , SCHELOTAGE , SCHELOTER.