‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 162 sur 1059 · V. SCÉNOPINB · texte numérisé non relu

V. SCÉNOPINB

SCHÉNOPRASUM ou SCHCENOPRASUM s. m. (ské-no-pra-zomm — du gr. schoinos, jonc; prasion, plante aromatique). Bot. Section du genre ail, ayant pour type l'espèce appelée ciboulette ou civette.

SCHEN-SI, province de l'empire chinois. V. Chen-Si.

SCHÉOL s. ra. (ché-ol). Théol. V. enfer.

SCHBPELER (André-Daniel-Berthold de), historien allemand, né à Gtettingue en 1781, mort à Aix-la-Chapelle eu 1849. Il prit dû service en Autriche et fut, à son début, attaché aux travaux topogiaphiques ; mais sa nature active avait besoin de mouvement ; il s'engagea dans l'armée prubsienneen 1808, organisa la révolte en Westpliaiie et se rendit ensuite en Espagne, où il conquit le grade de colonel. De retour en Prusse en 1814, il fut chargé par la gouvernement prussien de missions diplomatiques dans l'Amérique du Sud (1816-1823), revint en Europe vers 1824 et se retira à Aix-la-Chapelle. Outre des poésies, on lui doit, entre autres ouvrages : Histoire des révolutions d'Espagne et de Portugal (Berlin, 1826, 2 vol.) ; Histoire de la monarchie espagnole de 1810 à 1820 (Berlin, 1829, 4 vol.) ; Vue de l'état politique de l'Europe (1831, 3 vol.); Histoire de la révolution de l Amérique espagnole (1833, 3 vol.) ; Supplément à l'histoire de la monarchie espagnole de 1820 à 1830 (1834). Citons encore de lui ; Documents pour servir à Vhistoire.de l'Espagne (1828), ouvrage dans lequel on trouve d'intéressantes notices sur Charles- Quint, Philippe II, sur des peintres de ce pays, etc.

SCUEPF (Thomas), médecin, né à Brisach, mort à Berne en 1577. Il fut médecin à Berne. On a de lui une Carte du canton de Berne, publiée en 18 feuilles l'an 1578 et retouchée par Albert Meyer en 1672. Le commentaire de la carte, dont il existe des copies manuscrites dans les bibliothèques suisses, est intitulé : lnclyt& Bernatum urbis, cmn omni ditionis sus agro et provinciis delineatio chorographica, etc.

SCHEPPEL s. m. (ché-pèl). Métrol. Syn.

de scuhffkl. il Ancienne mesure de capacité usitée dans les Pays-Bas, et valant 27lll,Sl4.

SCHEPPÉRIE s. f. (chè-pé-rî — de Schepper, natur. allem.). Bot. Genre d'arbrisseaux, de la famille des capparidèes, tribu des capparées, dont l'espèce type croît au Cap de Bonne-Espérance.

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SCHÉRAFI s. m, (ché-ra-fi). Métrol. V.

SCHARAFI.

SCHERBASTI s. m. (chèr-ba-sti). Comm.

Soie du Levant de première qualité.

SCHÉRÉMÉTOF (Boris-Petrovitch, comte de), général russe, issu d'une famille alliée aux Romanof, mort en 1719, Il fut un des plus habiles officiers de Pierre le Grand et contribua efficacement à ia création des armées russes. Battu par les Suédois à Narva, il prit sa revanche à Elestfer, près de Dorpat, en 1702, décida la victoire de I-ultawa (1703) et accompagna le czar dans sa désastreuse campagne sur le Pruth. Remis en otage aux Turcs pour garantie du traité imposé à Pierre IBr, il recouvra sa liberté après une courte captivité à Constantinople, revint prendre le commandement des armées russes, s' empara de Riga, conquit la Livonie et termina la série de ses succès par la soumission du rebelle Stenka,

SCHÉRÉMÉTOF (Pierre, comte de), fils du précédent, ne en 1712. Il devint grand chambellan de Catherine II et se signala par son amour pour les arts et par le luxe de l'hospitalité qu'il accordait aux artistes, aux littérateurs et aux savants. On ignore la date de sa mort. Il a publié la correspondance de son père avec Pierre le Grand (Moscou, 1774- 1779, 5 vol. in-8°). Ce recueil est des plus importants pour l'histoire de la Russie. — Son fils, le comte Nicolas de Schérémétof, né en 1751, mort à Moscou en 1809, fonda dans cette ville un hospice destiné à recevoir les indigents et 'es étrangers sans ressource. Il dota richement ce bel établissement, qui prit son nom, ,

SCUÉRER (Jean-Jacques), littérateur suisse, né à Sa'mt-Gall en 1654, mort dans la même ville en 1733. Il remplit diverses fonctions ecclésiastiques et devint archiviste de la bibliothèque de sa ville natale. On a de lui : Synchronismus historia universalis synopticus (Saint-Gall, 1698, in-8») ; Aperçu de la chronique de Saint-Gall (Saint-Gall, 1698, in-8") et plusieurs ouvrages restés manuscrits.

SCIIÉ11EU (Jean-Frédéric), orientaliste allemand, né a Strasbourg en 1702, mort en 1778. Il fut ministre de Saint-Pierre-le-Vieux, puis chanoine de Saint-Thomas. Schérer est auteur de plusieurs dissertations, parmi lesquelles nous citerons : De prsconibus eorumgue apud Grscos prscipne o/ficiis (Strasbourg, in-4») ; De diis et deabus gentilium in sacra scriptura memoratis; Observationes ad toca nonnulla Novi Testamenti; De diluviis veterum, etc.

SCHÉRER (Barthélemy-Louis-Joseph), général et ministre français, né h Délie (Haut- Rhin) en 1747, mort en 1804. Il était fils d'un boucher et avait pour frère le maître d'hôtel du duc de Richelieu. Après avoir servi onze ans dans les troupes autrichiennes, il entra en 1780 dans l'armée française et obtint, grâce à l'entremise de son frère, le grade de capitaine dans le régiment d'artillerie de Strasbourg. Cinq ans plus tard, Schérer passa avec le grade de major dans une légion que formait le comte de Maillebois pour le service de la Hollande. En 1791, il quitta la Hollande pour revenir en France, entra comme capitaine dans un régiment d'infanterie, devint aide de camp des généraux Eikineier, Després-Crassier et Beauharnais, et se signala par su bravoure à Valmy et à Landau. Peu après, il devenait adjudant général, général de brigade et obtenait le gr-a le de général de division pour avoir empêché les Autrichiens de passer le Rhin pendant l'hiver de 1793. Placé alors sous les ordres de Pichegru, Schérer, à la tète d'un corps d'armée, vainquit les Autrichiens à Mons et au Mont- Palisot, et en moins d'un mois, en 1794, il reprit nos places frontières de Condé, de Valenciennes, de Quesnoy et de Landrecies, qui étaient tombées au pouvoir de l'ennemi. Envoyé à l'armée de Jourdan, il contribua au succès du combat d'Airienhoven (2 oct. 1794) en forçant le passage de la Roer et en accablant l'aile gaUL-he des Autrichiens. La capacité militaire dont il avait fait preuve lui valut d'être nommé en 1795 commandant en chef de l'armée des Pyrénées-Orientales à la place de Pérignon. Schérer battit les Espagnols à la Thivia, puis se livra à quelques manœuvres insignifiantes auxquelles mit fin la paix de Bàle. A la fin de 1795, il reçut le commandement en chef de l'armée d'Italie et débuta brillamment en remportant sur l'armée austro-sarde la victoire de Loano, qui le rendit maître de tout le pays. Au lieu de poursuivre vigoureusement une campagne si heureusement commencée, il prit ses quartiers d'hiver et resta dans l'inaction. Remplacé par Bonaparte au commencement de 1796, Schérer revint à Paris, où, grâce à son ami le directeur Rewbcll, il fut nommé ministre de la guerre (26 juillet 1797). Son administration fut vivement attaquée, et un membre du conseil des Cinq-Cents, Chabert, fit une motion d'ordre au sujet des déprédations qui se commettaient au ministère de la guerre et qui étaient le résultat de marchés clandestins. Le Directoire, soit pour le soustraire aux attaques dont il était l'objet, soit qu'il eût confiance dans ses talents militaires, donna de nouveau à Schérer le commandement en chef de l'armée d'Italie en février 1799. Les circonstances étaient critiques, car

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l'armée d'Italie allait avoir à combattre avec des forces tout k fait inférieures les armées de l'Autriche et de la Russie. Les Autrichiens, qui amendaient l'armée de Souvarow, gardèrent .a défensive. Schérer reçut l'ordre de les attaquer immédiatement. Il parvint à enlever les positions de l'ennemi sur le lac de Gardi, mais il ne poursuivit point cet avantage, concentra ses forces entre l'Adige et le T< rtaro, fut battu par les Autrichiens à Magt.ano, se mit en retraite sur le Mineio, puis sur Roverbella, et, le 8 avril, fut rejeté en désordre derrière l'Oglio. Sur ces entrefaite:-, Souvarow, qui avait fait sa jonction avec les Autrichiens, marcha contre lui. Sché:er abandonna rapidement Lodi et se replia iur Milan, d'où il envo3'a sa démission au Directoire. Moreau le remplaça et il fut nomné inspecteur général des troupes françaises en Hollande. Accusé à la fois d'incapacitj comme général et de malversation comme ministre, Schérer revint à Paris et écrivit des mémoires pour se justifier. De telles clameurs s'élevèrent de toutes parts contre lui, les accusations de dilapidation dirigées contre son administration prirent un tel caractère de gravité, que le conseil des Cinq-Cents et le conseil des Anciens s'en ëmuient et le Directoire dut annoncer qu'on allail mettre Schérer en accusation. Le général avait déjà pris la fuite, lorsque le coup d'Etat du 18 brumaire vint détourner l'attention publique sur de plus graves sujets. Les poursuites contre Schérer furent alors abandonnées. Peu après il revint *t se retira dans sa terre de Chauny , où il termina paisiblement sa vie. On a de Schérer deux mémoires justificatifs : Précis des opérations militaires du géné-al Schérer en Italie (1798, in-8°) et Com-ile rendu au Directoire exécutif sur V administration de la guerre pendant les cinq prerr.iers mois de l'an VII (Paris, an VII).

SCHERER (Edmond), critique, publiciste et homne politique, né à Paris le 8 avril 1815. Il appartient à une famille protestante origina re de la Suisse. Son père, banquier à Paris, le mit au collège Bourbon, où il fit une part.e de ses études. M. Edmond Schérer passa ensuite en Angleterre, où pendant deux années il étudia fa langue et la littérature de ce pays. De retour en France, il fit ses études de droit, puis se tourna vers la théologie et alla suivre les cours de la Faculté protastante de Strasbourg. Quelques ouvrages qu'il publia de 1843 a 1845 lui valurent d'être nommé, cette dernière année, professeur d'exégèse k l'école évangélique de Genève. Tout en faisant des cours, il devint alors le principal rédacteur du journal intitulé la Réformation au xixe siècle. Doué d'un esprit pénétrant et sagace, M. Schérer ne tarda pas a s'apercevoir que la foi première sur laquelle il s'otait appuyé jusqu'alors ne pouvait satisfaire son intelligence philosophique et largement ouverte et qu'aucun système théologique n'a le monopole du bien et du vrai. Ce fut alors, comme il nous l'a appris dans un remarquable morceau de ses Mélanges, la Crue de la foi, qu'il comprit que l'examen étai; devenu un devoir et qu'il s'agissait désormais de chercher, d'éprouver et de choisir. Depuis cette époque, selon l'expression de Sair.te-Beuve, M. Schérer a été a une intelligence constamment en travail, en marche continuelle, en évolution permanente. » Ayant rompu avec les formules étroites de l'orthodoxie protestante, il ne crut pas pouvoir plus longtemps conserver sa chaire. 11 s'en démit en 1850 et alla habiter Strasbourg, où il devini. avec M. Colani le chef d'une nouvelle éco'e de théologie libérale, qui attira k elle l'élite des protestants français. Pendant dix ans de 1850 à 1860, il rédigea avec Colani la Revue de théologie et de philosophie chrétienne, dont les libres doctrines déchaînèrent sur ses rédacteurs une véritable tempête. M. Schérer n'en continua pas moins, sans faillir, sa vaillante campagne contre le despotisme religieux, tant dans cette Revue que dans la Bibliothèque universelle de Genève, dégageant de plus en plus son esprit des formu. es imposées à la foi naïve, pour chercher la vérité philosophique avec une entière sincér.ié. Les articles et les études qu'il fit paraître dans les deux recueils précités montrèrent en lui non -seulement un investigateur historique aussi précis que hardi dars l'examen des textes du Nouveau Testaient, mais encore un critique d'une rare sagacité et un écrivain philosophique de premif r ordre. Toutefois, il n'était guère connu que dans la sphère du protestantisme, lorsqu' 1 réunit ses principales études en un recueil intitulé : Mélanges de critique religièise (1860). Ce volume, qui contenait, outre des travaux théologiques, sept morceaux sur Jos«ph de Maislre, Lamennais, le P. Gratry, M. Veuillol, M. Taine, Proudkon et M. Ernest Renan, le révéla tout k coup au public letiré. Sainte-Beuve, dans un article qu'il corsacra à ce livre, plaça M. Schérer au premier rang de nos écrivains, « entre MM. Ernest Renan et M. Taine, qu'il apprécie et juge avec supériorité et indépendance. » Il loue dans ces études « la science comparée, le ;alent d'analyse et de discussion, l'argumentation serrée et vigoureuse, le nerf, l'incisif. » M. Schérer, ajoute-t-il, me tâtonne pa>, il n'hésite pas; c'est un esprit assis et ferme qui a en soi de quoi prendre l'exacte mesure de tout autre esprit; c'est un pair

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qui rend son verdict sur ses pairs , uu vrai juge. > Lorsque, au commencement de 1861 , M. Nefftzer fonda le Temps, M. Schérer fut appelé par ce dernier à devenir un des rédacteurs de ce journal, et il quitta alors Strasbourg pour aller se fixer à Versailles. A partir 3e cette époque, tout en envoyant des articles à la Reoue des Deux-Mondes, il collabora activement au Temps, au succès duquel il contribua puissamment. En février 1870, il refusa de siéger dans la haute commission d'études instituée sous la présidence de M. Guizot par le ministère Ollivier. Cette même année, il fut nommé membre du conseil municipal de Versailles. Pendant le siège de Paris par les Allemands (1870-1871), M. Schérer resta dans cette ville et remplaça, au mois de juin 1871, M. Nefftzer comme rédacteur en chef du Temps. Peu après, le comité libéral démocratique de Seine-et-Oise l'adopta pour un de ses candidats k la dépu-. tation. Dans la profession de foi qn'il adressa à ses électeurs, M. Schérer se déclara nettement républicain. » La république, dit-il, est le meilleur gouvernement que nous puissions avoir et le seul qui convienne aujourd'hui à notre pays... La France en a fini avec la royauté parce qu'elle a cessé de croire au droit divin. Nous avons perdu la foi dynastique, et quand un peuple l'a perdue, rien ne peut la lui rendre. La république d'ailleurs est le régime le plus simple et le plus vrai. C'est celui des peuples qui se sentent mûrs pour se gouverner eux-mêmes. C'est celui vers lequel marchent visiblement tous les pays libres. « Elu député le 2 juillet 1871, par 47,694 voix, il est allé siéger k gauche et a fait partie à la fois du centre gauche et de la gauche républicaine. Fidèle à ses promesses, il a constamment voté avec les républicains, s'est prononcé contre la pétition des évêques, contre le pouvoir constituant de l'Assemblée,

Ïiour la proposition Rivet, pour le retour de a Chambre à Paris ; il a soutenu la politique de M. Thiers lorsque cet homme d'Etat fut renversé le 24 mai 1873, pour avoir voulu organiser la république. Hostile à l'institution du septennat, il a fait constamment partie des adversaires du gouvernement de combat inauguré par le cabinet de Broglie, a contribué à renverser ce pitoyable ministère- (16 mai 1874), a appuyé les propositions Périer et de Maleville demandant la prompte organisation des pouvoirs publics et la dissolution de l'Assemblée {juillet 1874) ; enfin, il a voté pour la constitution du 25 février 1875, contre la loi de l'enseignement supérieur (juillet 1875), etc. M. Schérer n'a point abordé la tribune et n'a point joué k l'Assemblée nationale le rôle important auquel semblaient devoir l'appeler ses hautes facultés. Toutefois, il n'en a pas moins rendu des services importants k la cause démocratique par les remarquables articles qu'il a publiés dans le Temps depuis le mois de janvier 1872, sous le titre de Lettres de Versailles.

Quelle que soit sa valeur comme écrivain politique, c'est surtout comme critique philosophique et littéraire que M. Schérer tient un rang éminent parmi nos écrivains, o Peutêtre, dit un publiciste, M. Edmond Schérer est-il à l'heure qu'il est le premier de nos critiques. Il est sans contredit le plus fort si la force consiste k s'approprier un sujet, à le dégager de ce qui n'est qu'accessoire, à le réduire k deux ou trois points essentiels et à énoncer sur ces points une opinion nette et sérieusement motivée. On comprend ce qu'il faut de vigueur d'esprit et de vrai savoir pour aborder avec cette sûreté des questions aussi diverses que les productions littéraires ellesmêmes. Parmi les critiques de la presse quotidienne, il y en a qui ont plus de vivacité dans l'imagination, plus de coloris dans le style, qui peuvent se piquer d'être plus féconds en aperçus ingénieux, délicats, personnels ; mais pour s élever au-dessus du livre qui lui serf de texte et pour résumer le sujet même en mettant le lecteur au point, M. Edmond Schérer n'a point d'égal. Là est son originalité et l'intérêt durable de ses travaux... M. Schérer n'a jamais peur d'exprimer une opinion franche ; il ne nuance pas k l'infini ; il ne va pas corrigeant sans cesse une idée par une autre ; il ne vous balance pas l'esprit entre deux paradoxes opposés jusqu'à ce que vous vous sentiez pris de vertige... Il n'a pas seulement cette précision de la forme qui peut très-bien se rencontrer avec la timidité de la pensée ; il y a autant de décision dans ses jugements que de vigueur et de netteté dans sa manière de dire. • On doit à M. Schérer les ouvrages suivants : Dogmatique de l'école réformée , prolégomènes (1843, in-8°); De l'état actuel de l'Eglise réformée en France (1844, in-8<>) ; Esquisse d'une théorie de l'Eglise chrétienne (1845, in-8») ; la Critique et ta foi (1850, in-8°), lettres au sujet de sa démission comme professeur d'exégèse ; Alexandre Vinet ; notice sur sa vie et ses écrits (1853, in-8<>) ; Lettres à mon curé (1853, in-12) ; Mélanges de critique religieuse (1860, in-8»), recueil d'articles publiés de 1850 k 1860 dans la Revue de théologie et dans la Bibliothèque universelle ; Etudes critiques sur la littérature contemporaine (1863, in-12), recueil d'articles publiés dans le Temps; Mélanges d'histoire religieuse (l864,in-8°), recueil' d'articles publiés dans la Revue des Deux-Mondes et dans le Temps; Nouvelles études sur la littérature contemporaine (1865, in-12), dont il a paru une quatrième série en 1873'

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SCHERER (Jean-Jacques), président de la confédération suisse, né d'une famille d'agriculteurs k Richtersweil (Zurich) en 1825. Il fréquenta d'abord les écoles de son village, puis se rendit k Milan pour entrer dans le commerce. De retour en Suisse quelque temps avant la campagne du Sunderbund, il entra dans l'armée, servit comme drugon et fit sa carrière de l'état militaire. De 1850 k 1860, il fut instructeur de cavalerie, puis instructeur en chef de la cavalerie fédérale, et obtint successivement les grades de lieutenant d'étatmajor et de colonel fédéral. En 1871 , M. Schérer fut nommé divisionnaire et commanda en 1872 le rassemblement de troupes formé sur la Sitter. La carrière politique de M. Schérer a été aussi brillante que sa carrière militaire. De 1860 k 1866, il fut conseiller municipal de la ville de Winterthur, en 1867 membre du conseil d'Etat de Zurich ; en 1872, il remplaça au conseil fédéral M. Dubs et dirigea pendant deux ans le département des chemins de fer et du commerce ; enfin, le 17 décembre 1874, il a été élu président delà Confédération suisse pour l'année 1875.

SCHERF (Jean-Chrétien-Frédéric), médecin allemand, né k Iltnenau en 1750, mort en 1818. Il fit ses études médicales k Erfurt et à Iéna, fut reçu docteur en 1774 et devint médecin du prince de Lippe, k Detnrold. Scherf se livra avec un égal succès à la pratique de la médecine et aux travaux littéraires. Il traduisit en allemand un grand nombre d'ouvrages étrangers, annotés avec soin, et publia des ouvrages originaux se rapportant k l'hygiène publique etk la police médicale. Nous citerons, entre autres : Dispensatorium Lippiacum (1792-1794, 2 vol. in-8») et Archives de police médicale (1783-1787, 6 vol. in-8°), recueil continué sous le titre de Supplément aux archives de police médicale (1789- 1799, 8 vol. in-8<>).

SCHERG s. m. (chèrgh). Ichthyol. Nom vulgaire d'une espèce d'esturgeon.

SCHÉRIF s. m. (ché-rif). Autre orthographe du mot CHÉRIF.

SCHÉRIFIÉ s. m. (ché-ri-fi-é). Ichthyol.

Poisson du genre schilbé.

SCHERLIEVO s. m. (skèr-lié-vo). Maladie contagieuse propre aux provinces illyriennes.

— Encycl. Le scherlievo ne paraît pas avoir existé avant l'an 1800. Cette affection se communique par le simple contact médiat ou immédiat, soit d'un individu malade, soit de linge, soit de vêtements ou d'objets quelconques qui lui ont servi. Les premiers symptômes du scherlievo consistent en des douleurs ostéocopes, qui sont promptement suivies de la difficulté de la déglutition, d'inflammation et d'ulcération de la muqueuse gutturale et buccale ; d'autres fois, la maladie se déclare par une éruption de pustules, de tubercules, de fongosités sur diverses parties du corps. Le traitement de cette singulière affection, dont les causes premières sont encore peu connues, consiste dans les mercuriaux associés aux sudorifiques. On y joint aussi assez souvent les bains de vapeur et un régime fortifiant.

SCHERDIER (Luc), poëte hollandais, né k Harlem en 1688, mort vers 1710. Il a écrit dans sa langue maternelle quelques poésies qui ont été recueillies par Pierre Vlaming. La plupart d'entre elles sont du genre bucolique. Sa vie a été écrite par Vlaming (en tête de l'édition des œuvres du poëte). De Vries, dans son Histoire (anthologique) de la poésie hollandaise (t. II, p. 31-35), rend hommage à Schermer.

SCIIERR (Thomas-Ignace), écrivain et pédagogue allemand, né à Hohenrechberg (Wurtemberg) en 1801. Nommé en 1821 instituteur des sourds-muets à Gmund, il se familiarisa avec les méthodes d'enseignement employées pour les aveugles et fut appelé, en 1825, k l'école des aveugles de Zurich, où il acquit une grande réputation comme professeur et s'occupa activement de l'amélioration des écoles populaires du canton. C'est k lui qu'on est redevable de la fondation de l'institut des sourds-muets de Zurich. Ayant obtenu, en 1830, le droit de bourgeoisie dans le canton, il prit une part active aux affaires publiques et s'attacha au parti radical. Nommé en 1831 membre du conseil de l'instruction publique et chargé de l'élaboration d'une nouvelle loi sur les écoles publiques, il devint bientôt le promoteur et le guide de la réforme de ces écoles, surtout lorsqu'il eut été nommé , en 1832, directeur de l'école normale d'instituteurs qui venait d'être établie k Kussnacht. Ses opinions, radicales tant au point de vue religieux qu'au point de vue politique, qu'il cherchait k propager par la voie des journaux et notamment de l'Observateur pédagogique, dont il était le fondateur; les énergiques transformations introduites principalement par lui dans l'instruction publique et ses efforts pour rendre les écoles publiques indépendantes de l'Eglise lui avaient attiré un grand nombre d'adversaires et d'ennemis. Aussi la chute du parti radical eut-elle pour résultat sa destitution, qui fut prononcée au mépris de toute légalité. Cependant les réformes qu'il avait introduites dans l'enseignement furent maintenues, même pendant le court règne de ses adversaires politiques. Il a, depuis lors, vécu loin des affaires, s'occupant de pédagogie et de travaux littéraires.

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On a de lui : Théorie élémentaire de la formation du langage (Zurich, 1831); Grammaire allemande abrégée (Zurich, 1834); Y Ami de l'éducation , livre de lecture (Zurich, 1835, souvent réédité) ; Manuel de pédagogie (Zurich, 1839-1846, t. 1er à III); Mes observations, mes efforts et ma destinée pendant mon séjour dans le canton de Zurich de 1825 à 1889 (Saint-Gall, 1840).

SCHERR (Jean), historien et littérateur allemand, frère du précédent, né k Hohenrechberg en 1817. Il étudia la philologie, la philosophie et l'histoire à l'université de Tubingue, où il prit ses grades en 1840, et, après avoir dirigé pendant trois ans, avec son frère, un établissement d'éducation k Winterthur, il se rendit k Stuttgard, d'où les événements politiques le forcèrent k s'éloigner en 1849.11 revint alors en Suisse, se fit recevoir agrégé à l'université de Zurich et, après diverses vicissitudes , devint professeur d'histoire au Polytechnicum de la confédération dans cette ville. Républicain par conviction, M. Scherr s'est adonné avec une prédilection toute particulière, dans ses recherches historiques, k l'étude des éléments historiques de la civilisation, et son ouvrage intitulé Histoire de la civilisation et des mœurs allemandes (Leipzig, 1852-1853) est le premier où l'on ait cherché k retracer, k ce point de vue, l*e tableau du développement national de l'Allemagne. Scherr ne s'est pas fait connaître seulement comme historien ; il occupe, en outre, un rang distingué parmi les publicistes et les romanciers de 1 Allemagne. On a encore de lui : Schiller et son époque (Leipzig, 1862, 3° édit.); Galerie de la littérature universelle (Stuttgard, 1818, 2 vol.) ; Histoire de la littérature allemande (Leipzig, 1851); Histoire de la littérature anglaise (Leipzig, 1854); l'rois histoires de cour (Leipzig, 1860); Histoire de la religion (Leipzig, 1855-1857, 3 vol.); le Crucifié ou le Jeu de la Passion de Wildisbuch (Saint-Gall, 1860) ; Histoire de la société féminine allemande (Leipzig, 1865, 2e édit.) ; Histoire universelle de la littérature (Stuttgard , 1861, 2« édit.); les Rois des poètes (Leipzig, 1861, 2 vol., 2e édit.); Blùcher, son époque et sa vie (Stuttgard, 1865, 3 vol., 2e édit.) ;Eludes (Stuttgard, 1865-1866, 3 vol.); Scènes de l'époque du déluge ( Stuttgard , 1867), etc.

SCHERW1IXER, ancien bourg et commune de France (Bas-Rhin), arrond. et k 5 kilom. N.-O. de Schlestadt, sut.1 la Scheer, petit affluent du Rhin, cédé k l'Allemagne par le traité de Francfort (10 mai 1871) ; il fait, depuis cette époque, partie de l'Alsace-Lorraine ; 2,9S5 hab. Tissage de coton, moulins k blé et k huile; fabrication de chaux. Ruines de deux vieux châteaux. Pendant les guerres qui suivirent la Réforme, les paysans révoltés y furent écrasés par le comte de Guise, Claude de Lorraine (1525), qui, ne pouvant continuer le massacre k cause de la nuit qui arrivait, fit mettre le feu au bourg pour éclairer le carnage,

SCHERZ (Jean-Georges), archéologue allemand, né k Strasbourg en 1678, mort en 1751 à Halle, où il était devenu successivement professeur de philosophie pratique (1702) et professeur de droit (1711). Il édita, après la mort de Schiller, son Thésaurus antiquilatum teutonicarum (Ulm, 1727, 3 vol.) et donna une nouvelle édition de l'ouvrage du même auteur intitulé : Codex juris feudalis Alemanniis (Strasbourg, 1728). Il avait consacré toute sa vie k recueillir les matériaux d'un Glossarium germanicum medii sévi, potissimum dialecti suevici, que la mort ne lui laissa pas le temps de publier et qui ne parut que plusieurs années après, par les soins d'Oberlin (Strasbourg, 1781-1784, 2 vol.).

SCHERZANDO adv. (skèr-tzan-do — mot ital. qui signif. en badinant). Mus. D'une façon gaie et légère. Ce mot s'écrit sur les passages qui doivent être exécutés de cette façon.

SCHEIIZER (Charles, chevalier de), voyageur et littérateur allemand, né k Vienne en 1820. Il s'appliqua avec ardeur k l'étude des langues vivantes, apprit pratiquement la typographie dans diverses imprimeries, notamment dans celle de Brokhaus, k Leipzig, et k l'Imprimerie nationale, k Paris, alla, en 1841, visiter l'Angieterre, l'Ecosse et l'Irlande et étudia attentivement l'économie agricole, ainsi que la situation industrielle et manufacturière de ces trois contrées. De retour k Vienne en 1842, il voulut y établir une imprimerie et une librairie; mais l'autorisation lui en ayant été refusée par le gouvernement autrichien, il s'associa k une maison do commerce. Pendant les agitations de l'année 1848, ses opinions libérales bien connues lui valurent une influence considérable, surtout dans les questions de réformes industrielles et sociales. L'état de sa santé le força k se rendre, en 1850, dans le sud de la France et en Italie, puis, en 1851, k Méran, dans le Tyrol, où il se lia avec le voyageur Maurica Wagner, Il conçut avec ce dernier le plan d'un voyage scientifique en Amérique ot se réserva d'avance, pour sa part dans les travaux de cette expédition, le soin d'étudier la situation sociale et agricole de cette contrée. Le 15 mai 1852, il s'embarqua avec Wagner k Brème pour New- York, parcourut seul les Etats de l'Union , puis , en compagnie de Wngner qui, en mars 1853, l'avait rejoint à

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la Nouvelle-Orléans, il visita l'Amérique centrale et l'isthme de Panama. Dans l'automne de 1854, ils explorèrent tous les deux, en partant de Belize, les Indes occidentales, tra- . versèrent les Etats-Unis une seconde fois et, vers le milieu de l'année 1855, revinrent en Europe avec de riches collections. Un an plus tard, M. de Scherzer reçut du grandduc Ferdinand-Maximilien l'invitation de prendro part à l'expédition de la Novara, qui partit de Trieste le 30 avril 1857. 11 visita successivement, pendant le cours de ce voyage, le Brésil, le Cap, les Indes, les Iles Nioobar, Singapore , Java, Manille, la Chine, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, Tahiti et le Chili. En mai 1859, il se sépara à Valparoiso du reste de l'expédition et revint en Europe, rapportant, outre des collections de toutes sortes, un journal complet de voyage, qui forme la matière de la Partie descriptive (accueillie avec un succès dont on n'a pas d'exemple dans l'histoire de la librairie allemande) du Voyage de la frégate autrichienne Novara autour du inonde pendant les années 1857, 1858 et 1859 (Vienne, lSfil-1862, 3 vol.; édition populaire, Vienne, 1864, 2 vol.; 1868, 40 édit), A son retour, M. de Scherzer résida longtemps à Trieste pour satisfaire au désir de son protecteur, le grand-duc Ferdinand- Maximilien, depuis empereur du Mexique; en 1861, il se rendit à Vienne , où il s'occupa de mettre en ordre et de publier les matériaux qu'il avait rapportés de ses voyages. Il l'ut élevé a la noblesse héréditaire avec le titre do chevalier, devint conseiller au ministère du commerce, président du département pour la statistique commerciale et les publications d'économie rurale et, en janvier 1868, passa à la division des consulats dans le ministère des affaires étrangères. Il a encore publié , indépendamment d'un grand nombre d'opuscules insérés dans les Comptes rendus des séances de l'Académie des sciences de Vienne et dans d'autres recueils : Voyages dans l'Amérique du Nord , avec Wagner (Leipzig, 1854); la République de Cosla-Rica, avec le même (Leipzig, 1854); Excursions dans tes Etats libres de l'Amérique centrale : le Nicaragua , le Honduras et San- Satvador (Brunswick, 1857) ; «ne édition de l'ouvrage de Ximenez intitulé : les Histoires de l'origine des Indiens de celte province de Guatemala (Vienne, 1857); la Nature et les peuples de l'Amérique tropicale (Leipzig, 1864); Partie statistique et commerciale de l'expédition de la Novara (Vienne, 1864, 2 vol.), rééditée sous ce titre : Résultats statistiques et commerciaux d'un voyage autour du monde (Leipzig, 1867). De plus, les documents qu'il avait rapportés sur l'anthropométrie, la crauiologie, l'ethnographie et la linguistique ont été mis en ordre, soit par lui, soit par d'autres savants, et publiés aux frais du gouvernement par l'Académie de Vienne.

SCHERZO s. m. (skèr-tso — mot ital. qui signif. badinage). Mus. Morceau jjai et léger : L allegro et le scherzo sont les parties saillantes de cette composition. (Scudo.)

— Encycl. On donne le nom de scherzo à un morceau de musique de peu d'étendue, d'un style badin et léger, dans l'exécution duquel il faut plutôt détacher que lier les notes. Le nom de scherzo appartient également aux morceaux a trois temps des symphonies, quatuors, sonates, parce que leur mouvement est plus vif et plus brillant que celui des anciens menuets et possède aussi un caractère plus original. On dit : le scherzo de co quatuor , de cette sonate. L'expression de scherzando, c'est-à-dire en badinant, vient du mot scherzo et indique, par conséquent, que le passage ou le morceau doit être exécuté avec légèreté, en badinant, en se jouant.

SCHÈSE s. f. (skè-ze — du gr. skesis, bienveillance). Rhétor. Figure ancienne par laquelle on marquait l'affection et la passion. 11 est douteux que ce mot ait été employé.

SCHET s. m. (chè). Ornith. Nom vulgaire de plusieurs espèces de gobe-mouches qui habitent Madagascar : La longue queue des scheïs leur donne beaucoup de grâce et relève leur beauté. (V, de Boinare.)

SCHETBÉ s. m. (ché-tbé). Ornith. Genre d'oiseaux, de la famille des laniadées, formé aux dépens des pies-grièches, et comprenant six espèces qui habitent les lies de l'océan Indien : Le schetbé est de la grosseur de notre pie-grièche cendrée. (V. de Bomare.)

SCHÉTIQUE adj. (ské-ti-ke — gr. schetikos, relatif). Pathol. Accidentel, qui ne tient pas à la constitution du sujet.

SCHÉ-TOULOU s. m. (ché-tou-lou). Beurre que les nègres de Guinée extraient d'un arbre.

SCHETSI s. m. (chè-tsi). Art culin. Mets russe composé de diverses viandes.

SCI1EUCI1ZER (Jean-Jacques), médecin et naturaliste suisse, né a Zurich en 1672, mort dans la même ville en 1733. Après avoir fait ses études médicales à Altdorf et k Utrecht, il vint se fixer dans sa ville natale, y pratiqua la médecine et professa les mathématiques- Leibniz l'ayant recommandé à Pierre le Grand, celui-ci l'appela à Saint-Pétersbourg; mais les compatriotes de Scheuchzer le retinrent et lui donnèrent la chaire de physique et un canoniuat. Ce savant modeste a, le premier en Suisse , étudié l'histoire naturelle

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et il a eu la gloire de faire abolir à Zurich les condamnations à mort pour crime de sorcellerie. Ses principaux ouvragps sont : Spécimen lithologis Belvetics (Zurich, 1702, in-4°) ; Physica (Zurich, 1703, in-8n); Piscium vindictes et querelx (Zurich, 1708, in-4°) ; Herbarium diluvicmnm (Leyde, 1723); Physica sacra Jobi (Zurich , 1721 , in-4°); Homo diluvii testis (Zurich, 1726, in-4<>). Le squelette dont Scheuchzer donne la description, et qui se trouve maintenant à Harlem, a été reconnu appartenir à une gigantesque salamandre antédiluvienne.

SCHEUCHZER (Jean), botaniste suisse, frère du précédent, né à Zurich en 1684, mort dans la même ville en 1738. 11 commença par servir dans l'armée hollandaise, puis, à son retour à Zurich, il cultiva les mathématiques et l'art des fortifications, fut nommé ingénieur de son canton et devint ensuite secrétaire des états de Baden. Plus tard, il succéda à son frère dans les divers emplois qu'occupait celui-ci. An milieu de ses nombreux travaux, Jean Scheuchzer ne négligea jamais ses études sur les graminées, auxquelles il s'était spécialement attaché. Ses ouvrnges sont : Prodromus agrostographis Helvetics (Zurich, 1708, in-fol.); Operis agroslographici idea (Zurich, 1719, pet. infol.); Àgrostographia (Zurich, 1719, in-4°); Alphabeti ex diplomatibuè spécimen (Zurich, 1730, in-fol.).

SCHEUCHZÉRIE s. f. (chen-chzé-rt — de Scheuchzer, botan. allem.). Bot. Genre de plantes, de la famille des alismacées, dont l'espèce type croit dans les marais du nord de l'Europe.

SCHEUFFELEW (Hans-Lôonard ), peintre allemand. V. Schaufelein.

SCHEUNEMANN (Ilenning), médecin du xvie siècle. Il exerça la médecine à Bamberg et ensuite a Aschersleben, et s'affilia aux frères rose-croix. Il a publié divers ouvrages de médecine, dont lo principal est la Mcdecina reformata (Francfort, IG17). En fuit de théories antiscientifiquea et de jargon sui generis, Scheunemnnn rivalise avec les alchimistes du moyen âge ; du reste, il est plus digne à tous les égards d'être rangé parmi les alchimistes et autres songe-creux que parmi les médecins. Nous ferons grâce au

j lecteur d'un exposé complet du système de Scheunemann. Les quelques échantillons suivants suffisent pour apprécier sa valeur et son intérêt. D'après Scheunemann, la nature

I interne de l'homme est divisée en six différents degrés d'après les six changements qu'elle subit et qui sont : la combustion, la dissolution, la putréfaction, la distillation, la coagulation , la teinture. Ces six changements font perdre aux trois éléments leur forme, leur astre, en même temps qu'ils leur donnent des qualités sensibles et visibles. Les trois éléments produisent par leurs différentes modifications dix espèces, savoir : quatre de mercure, trois de soufre et trois de sel.

SCHEDREN (Gaspard), peintre allemand, né à Aix-la-Chapelle en 1810. Il fit ses études artistiques à l'Académie de Dusseldorf et montra de bonne heure un talent remarquable pour le paysage. Contrairement k co qui se passe chez les principaux maîtres de l'école de Dusseldorf, il aime les vastes horizons, les belles lignes, les cieux clairs et sereins, les tons chauds et les couleurs brillantes. Son coloris est d'une grande légèreté et il sait traduire promptement ses idées sur la toile; mais il abuse parfois de cette facilité. Il excelle surtout à reproduire avec une rare délicatesse le feuillage, te ciel et les nuages. Les sujets de ses toiles sont d'ordinaire empruntés à l'Allemagne, bien que dans un voyage en Italie il ait appris à peindre les pittoresques paysages du Midi. On cite, comme ses œuvres les plus remarquables : Paysage du Bas-Rhin; Paysage de montagne et Paysage du matin, tous les deux au musée de Munich ; le Pèlerin, qui appartient à la princesse de Hohenzollern ; Paysage hollandais, dans la galerie Ravenée, à Berlin, etc. On estime aussi beaucoup ses aquarelles et ses arabesques, parce que là son pinceau léger et sûr et sa riche imagination lui viennent tout particulièrement en aide; il se sert aussi très-habilement du burin, ainsi que le prouve un cahier de gravures publié par lui. Ses plus belles aquarelles sont celles dont il a emprunté le motif aux ballades nationales allemandes et aux œuvres de Shakspeare, de Goethe et de Schiller. On cite surtout en ce genre son Œuvre du Rhin (Rheinwerk), en 27 aquarelles, que possède le musée de Cologne, et le Chœur de la fiancée de Messine, en 7 aquarelles qui se trouvent au musée de Berlin. M. Scheuren est depuis plusieurs années membre de l'Académie de Dusseldorf.

SCHEURER (Samuel), théologien suisse, né à Berne, mort dans la môme ville en 1747. A peine avait-il terminé ses études qu'on lui confia la chaire d'éloquence au collège de sa ville natale. Pendant les années 1717 et 1718, il parcourut une partie de l'Europe et revint à Berne enseigner la théologie. On a de lui : De litterarumpotius litteratorum nssvis (Berne, 1728); le Mausolée bernois (Berne, 1740, 2 vol. in -80).

SCHEURER-KESTNER (Auguste), chimiste

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et homme politique français, né à Mulhouse (Haut-Rhin) le 11 février 1833. Il étudia la chimie à Paris, puis revint en Alsace, épousa la tille de M. Kestner et fut chargé par la suite de diriger le grand établissement de produits chimiques que son beau-père possédait à Thann. En 1862, M. Scheurer-Kestner fut condamné à. quatre mois de prison et à 2,000 francs d'amende pour propagande républicaine. Trois ans plus tard, il fonda à Thann une société coopérative de consommation et se montra constamment occupé d'améliorer le sort des ouvriers. Après l'invasion de l'Alsace par les armées allemandes en 1870, M. Scheurer alla proposer ses services au gouvernement de la Défense nationale et fut chargé de diriger l'établissement pyrotechnique de Cette. Le 8 février 1871, 58,000 électeurs du Haut-Rhin l'envoyèrent siéger à l'Assemblée nationale. Il vota lo l" mars ►contre les préliminaires de paix qui cédaient l'Alsace à la Prusse, donna alors sa démission de député et abandonna sa manufacture de Thann pour rester en France. Lors des élections complémentaires du 2 juillet, il fut élu député de la Seine par 108,038 voix et il alla siéger à gauche, parmi les membre de l'Union républicaine. M. Scheurer-Kestner, républicain d'une grande fermeté, a constamment voté contre les mesures réactionnaires adoptées par la majorité de l'Assemblée. Il s'est prononcé notamment contre le pouvoir constituant de la Chambre, pour le retour de l'Assemblée à Paris, pour la dissolution, pour le maintien de M. Thiers comme président de la république française (24 mai 1873), contre le septennat {19 novembre). Il a contribué au renversement du cabinet de Droglie, contre lequel il a constamment voté (16 mai 1874), s'est prononcé pour la proposition Périer demandant l'organisation des pouvoirs publics (23 juillet 1874), pour celle de M. de Maleville réclamant une prompte dissolution (29 juillet), pour la constitution du 25 février 1S75, contre la loi de l'enseignemeet supérieur (juillet 1875), etc. A diverses reprises, il a prononcé des discours à l'Assemblée nationale, notamment sur la loi relative au travail des enfants dans les manufactures, sur l'enseignement de la mé'lecine, sur les impôts, sur les huiles végétales, sur l'option des Alsaciens - Lorrains, etc. M. Scheurer-Kestner est un chimiste distingué. Ses beaux travaux sur la combustion lui ont valu, en 1868, une médaille d'or hors classe de la Société de Mulhouse. Indépendamment d'articles et rie mémoires publiés dans V Association, le Bulletin de la Société chimique de Paris, les Comptes rendus de l'Académie des sciences, les /Julietins de la société industrielle de Mulhouse, les Annales de chimie et de physique, etc., on lui doit un ouvrage intitulé : Principes élémentaires de la théorie chimique des types appliquée" aux combinaisons organiques (1862, in-so).

SCHEURL (Christophe-Thêophile-Adolphe de), jurisconsulte allemand, né à Nuremberg en 1811. Il étudia, de 1827 à 1831, le droit à l'université d'Erlangen, sous la direction de Puchta, exerça quelque temps la profession d'avocat, et soutint avec succès, en 1834, sa thèse pour le doctorat. Reçu deux ans plus tard agrégé à Erlangen, ii alla, en 1837, suivre à Berlin les cours de Savigny, devint, en 184Q, professeur extraordinaire à Erlangen et y fut nommé, en 1845, titulaire de la chaire de droit. Ses recherches et ses études ont eu d'abord pour but le droit romain et plus tard le droit ecclésiastique. On a de lui : Manuel des instituiez (Erlangen, 1862, 40 édit.); Documents pour la commentalion du droit romain (Erlangen, 1852 et années suivantes, t. 1er et II), ses deux principaux ouvrages; De modis libéras in adoptionem dandi (Erlangen, 1850); Recueil de feuilles volantes pour tes questions religieuses de l'époque (1857) ; De la doctrine du gouvernement de l'Eglise (1S62). De 1845 à 1849, il fut à diverses reprises membre de la seconde Chambre de Bavière, et prit aux débats de la commission législative une part très-active, ainsi que le prouve son ouvrage intitulé Remarques explicatives sur la nouvelle organisation, de la procédure criminelle dans le royaume de Bavière (Erlangen, 1848). Il a, en outre, publié plusieurs opuscules sur l'état de l'Eglise luthérienne en Bavière, dans le grand-duché de Bade, à Hambourg, etc., et fourni un grand nombre de dissertations sur le droit ecclésiastique au Journal pour le protestantisme et l'Église, dont il est coéditeur depuis 1S57, et au Journal de droit ecclésiastique publié par Dove,

Sciieut , château de Belgîqne , province du Brabant méridional, à 5 kilom. O. de Bruxelles. Près de ce château, en 1356, les Flamands vainquirent les Brabançons.

SCHEOTZ (Georges), journaliste et inventeur suédois, né en 1785, mort à Stockholm en 1873. Entré de bonne heure dans le journalisme, ii collabora à un grand nombre de journaux, en fonda lui-même plusieurs, ainsi que des revues, et finit par renoncer à la politique pour s'occuper uniquement de questions scientifiques et de mécanique. A partir de 1855 jusque dans les derniers temps de sa vie, il rédigea la partie scientifique de VAftonblad. Comme inventeur, Scheutz s'est fait connaître par une curieuse machine a calcul qui a figuré à l'Exposition universelle de

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