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Paris, en 1867, où elle a obtenu une grande médaille d'or.
SCHÉVA s. m. (ché-va). Gramm. Pointvoyelle des Hébreux, correspondant à notre e muet dans son intonation la plus sourde.
SCHEVAS s. m. (ché-vass). Chronol. Mois du calendrier turc correspondant à peu près à notre mois de mai. il On dit aussi schewal,
Sclio«oi>lngiie (la plage de), chef-d'œuvre d'Adrien van de Velde, nu musée du Louvre. Sur le rivage sablonneux , un grand seigneur, qu'on croit être le prince d'Orange, se promène dans un carrosse attelé de six chevaux blancs. Des gentilshommes à cheval l'escortent. Dans le fond, on voit un autre carrosse à deux chevaux qui descend vers la plage, et au-dessus des dunes le sommet de doux clochers. A droite, au bord de l'eau, un pêcheur porte un filet. Ce paysage, exécuté avec une extrême finesse, est signé et daté de 1660. Il a fait partie des collections Braamcainp, prince de Conti, Trouard, Nogaret, comte -de Vaudreuil; à la vente de ce dernier, en 1784, il a été acheté 6,801 livi'es pour le cabinet du roi. 11 a été gravé dans le Musée français par Lorieux et dans les recueils de Fiihol et de Landon.
Une autre Vue de la plage de Scheveningue, par Van de Velde, appartient au musée de La Haye. A gauche, devant une sorte d'appentis en perches et en chaume, sont groupées neuf figurines : quatre marins, dont un joue avec un chien; deux petits garçons, dont l'un porte l'autre; deux femmes et une petite fille. La plage est nue, la mer trèsbasse; assez loin, au bord de l'eau, on aperçoit une voiture à quatre chevaux suivie (l'un cavalier. Smith appelle ce petit tableau « une
Ferle d'art , extrêmement intéressante par admirable vérité de la perspective aérienne et les teintes locales de la couleur. ■ Ce second chef-d'œuvre a figuré aussi au Louvre, du temps du premier Empire, et a été gravé par Huit dans le Musée français,
La plage de Scheveningue, lieu de rendezvous des promeneurs de La Haye , a été peinte par beaucoup d'autres artistes. Ruysdaiil l'a représentée plusieurs fois, notamment dans un tableau du musée de La Haye, où la mer apparaît tourmentée par une fraîche brise et où le ciel est chargé de nuages qui annoncent un grain. Un autre tableau du même maître, représentant les Dunes de Scheveningue, a figuré à lu vente de la galerie de San-Donato en 1868. Une Vue de Scheveningue a été gravée par J.-Ph. Le Bas, d'après A. van der Neer; une autre parCornelis van Noorde (1767), d'après J. van Goyen. P. Chedel a gravé, d'après Breughet de Velours, la Vente du poisson à Scheveningue. Des Vues de la plage de Scheveningue ont été peintes de notre temps par Th. Gudin (vente Michel de Trétaigne, 1872), Charles Bouchez (Salon de 1842), Dreibholtz (Exposition universelle de 1855), Jacob Jacobs (Salon d'Anvers, 1837); Mesdag, le Départ des pêcheurs à Scheveningen, un Effet du soir, l'Hiver et une autre Vue (Salons de 1872, 1873 et 1874); Fr.-H. Kaemmerer (Salon de 1874), etc. La tableau de ce dernier est animé par un grand nombre de figures.
SCIIEYB (François-Christophe de), littérateur suisse, né à Berne, mort à Vienne en 1777. Il voyagea en Italie, en Hollande et en Belgique. En 1731, il se rendit à Rome, où il fut pendant six ans secrétaire du comte Ernest de Harach. En 1739, il fut nommé secrétaire des états de la basse Autriche et mourut conseiller aulique. On doit à Scheyb une édition de la 7'abula peutingeriana (v. Peutinger) et quelques ouvrages et brochures sur divers sujets.
SC111AMINOSS1 (Raphaël), graveur et peintre italien, né a Borgo-San-Sepolcro vers 1580. Il fut élève de Raphaël del Colle, et il a luissé soixante-treize gravures , dont vingt-quatre, en taillesda bois, forment deux recueils séparés représentant les Douze apôtres et les Douze Césars. Ses eaux-fortes sont très-recherchées. Le nom de cet artiste est écrit sur ses propres gravures tantôt Schuinio*«iu«, tantôt ScbianiinoMi, tantôt Sciaminoai. Lanzi écrit même ce nom Scauluorai et Scamiuossi. Comme peintre, Schiaminossi est moins connu que comme graveur; il a peint le tableau du inaltre-uutel de l'église du Dôme de sa ville natale.
SCII1AV1, bourg du royaume d'Italie, province de l'Abruzze Citérieure, district de Vasto, mandement de Castiglione; 3,655 hab.
SCHIAVO (Dominique), littérateur italien, né à Palerme en 1718, mort dans la même ville en 1773. Il fut chanoine à la cathédrale de sa ville natale et collabora aux publications du prince de Torremuzza et surtout à la Collection des inscriptions de Sicile (Païenne, 1769, in-ful.); il fonda à Palerme l'Académie de Colonia Colombaria et fut directeur de celle du Buon-Gusto. Schiavo a inséré de nombreuses dissertations et notices dans la revue intitulée Mémoires pour servir à l'histoire littéraire de la Sicile (Palerme, 1756), dont il fut le fondateur, dans les mémoires de l'Académie du Buon-ùnsto, dans les Opuscules scientifiques et littéraires de Cologne, enfin dans les Opuscules d'auteurs siciliens. — Son frère, Michel Schiavo, né k Païenne en 1705, mort en 1771, a écrit plusieurs ouvrages religieux.
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SCHUVONE (Andréa), peintre et graveur italien. V. Meldolla.
SCH1AVONETTI (Louis), graveur italien, né ë>Bassano en 1765, mort k Brompton en 1810. Il manifesta dès l'enfance pour le dessin les dispositions extraordinaires, qui se développeront Sous la direction de Volpato et de Bartolozzi, et il conquit la sympathie de ce dernier maître, qui l'emmena avecl ui à Londres Parmi les gravures marquantes de Schkvonetti, on cite : la Mater Dolorosa et un Portrait, d'après Van Dyck; le Carton de Pise de Michel- Ange, la Nuit du Corrège ; le Corps de Tippoo Saëb reconnu par sa famille, d'après Singleton; la Chasse au cerf, inachevée.
SCHlBBOLETH s. m. (chi-bo-lètt — mot hébr. qui signif. épi et fleuve. Les gens de ■ Galaid se servirent de ce mot pour reconnaître ceux d'Ephraïm,qui prononçaient sibboteth et qu'ils égorgeaient aussitôt. Ils en tuèrent ainsi 42,000). Fam. Epreuve qui doit faire juger de la capacité d une personne : Le nouveau ministre saurait-il se faire une majorité dans la Chambre? C'est le schibboleth qui peut faire tuer lui et ses collègues. (Volt.)
SC3ICHKOFF (Alexandre Semenovitch, c'est-à-dire fils de Simon), marin, homme d'Etet et littérateur russe, né en 1751, mort en ia4i. Elève de l'Ecole des cadets de la marine, il franchit rapidement les grades intermédiaires de cette administration et, dans ses nombreux voyages, visita successivement toutes les contrées du littoral européen. Il se faisait connaître en même temps par différents ouvrages qui lui assignèrent un rang distingué parmi les littérateurs russes de son époque et qui le firent appeler successivement aux fonctions de secrétaire de l'empire (1812], de président de l'Académie de la langue i'usse (1816), de membre du conseil de l'empire (1820) et enfin de ministre de l'instruclion publique et de directeur général des affaires ecclésiastiques de toutes Tes confessions religieuses russes qui n'appartenaient pas au rit grec. Le bien qu'il fit en cette qualité n'est pas k comparer à celui qu'il aurait pu accomplir s'il n'eût partagé ce préjugé commun à toute la noblesse russe, que, dans leur propre intérêt, les classes^ inférieures doivent être maintenues dans l'ignorance. Il quitta le ministère en 1828. Il avait débuts, n'étant encore que cadet de marine, par des traductions de la Bibliothèque des enfants de Campe, et du Daphnis de Gessner. On a encore de lui, outre des poésies oubliées aujourd'hui , plusieurs ouvrages scientifiques qui peuvent toujours être consultés avec fruit; ce sont, entre autres : Science de la marine (Saint-Pétersbourg, 1795, 2 vol.); Dictionnaire de marine anghfranci-russe (Saint-Pétersbourg, l~9ô, 2 vol.); Collection de journaux de bord (Saint-Pétersbourg, 1800, 2 vol.); Considérations sur l'ancien et le nouveau style dans la langue russe (Saint-Pétersbourg, 1802; 3e édit., 1818), ouvrage dans lequel il cherche à protéger l'origi.ialité de sa langue nationale contre l'invasion de l'imitation française; une édition de l'Expédition d'Igor contre les Polovtzer, le plus ancien monument de la poésie russe (Saint-Pétersbourg, 1805) ; une collection dM manifestes, proclamations, ukases et rescrits qu'il avait rédigés comme secrétaire de l'empire (Saint-Pétersbourg , 1816) ; une traduction en prose de la Jérusalem délivrée du Tasse (Saint-Pétersbourg, 1818); des Àfimoires sur l'année 1812 (Saint-Pétersbourg. 1831) et enfin un Dictionnaire comparé e 1 200 langues (Saint-Pétersbourg, 1838, 2 parties). Ses Œuvres complètes avaient été publiées en 14 vol. (Saint-Pétersbourg, 1823- 1834), <ît, après sa mort, il parut un Choix de ses lettres- (Saint-Pétersbourg, 1841).
SCFI1CHMATOFF ( Serge- Alexandrcwitch, princei, poète russe, né à Saint-Pétersbourg vers 1780, mort à Sébastopol en 1842. Sorti du cor 3s des cadets de la marine, il conquit le %v& le de capitaine de vaisseau. On lui doit : Poîarsky, Al initie et Hermogène ou la Délivrance de la Russie (Saint-Pétersbourg, 1807) ; Panégyrique poétique de la langue russe (Saint-Pétersbourg, 1809) ; Pierre le Grand, poème (Saint-Pétersbourg,' 1810) ; Traduction russe des cantiques chantés dans l'Eglisi russe orthodoxe (Saint-Pétersbourg, 1821).
SCHICHT (Jean-Godefroy), compositeur allemand, né à Reichenau, près de Zittau, en 1753, mort en 1823. Quoique (ils d'un pauvre tisserand, il reçut sa première éducation au gymnase de Zittau, où il étudia le piano et l'orgue sous la direction de l'organiste Jean Trier. 3n 1776, il se rendit à l'université de Leipzig, dans le but d'y suivre les cours de droit, mais les conseils de Hilier le décidèrent à se consacrer tout entier k la musique. Il avait une voix d'une étendue extraordinaire et il céveloppa ses qualités naturelles en prenant des leçons des maîtres de chant les plus célèbres. Nommé, en 1785, chef d'orchestre au Grand-Concert de Leipzig, il se maria dans cette ville avec une cantatrice nommée Valdesturla et reçut, la même année, l'emploi d'organiste k la Nouvelle-Eglise. En 181), il devint maître de chant à l'école de Sai.H-Thomas, directeur de musique des deux églises principales de Leipzig, et se lit remarquer tant par l'instruction du chœur
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placé sous ses ordres que par la composition de ses morceaux d'église. Parmi ses écrits théoriques, on cite surtout ses Règles fondamentales de l'harmonie (Leipzig, 1812). On ne connaît guère de ses premières compositions que deux oratorios de Rost : la Fête des chrétiens sur le Gotgotha et la Remise de la loi sur le Sinaï, et deux cantates de Nostitz et de Jœnkendorf : le Prix.de poésie et le Bonheur domestique. C'est de la seconde période de sa vie que date son célèbre Te Deum d'après Klopstock, et un autre Te Deum avec imitation en allemand, pour la fête anniversaire de l'université de Leipzig en 1809, ainsi que son meilleur ouvrage : la Fin du juste, oratorio de Rochlitz. Les chœurs de cet oratorio sont considérés comme son chef-d'œuvre, et ce fut en vain qu'il essaya d'en égaler la vigueur et l'éclat dans un autre oratorio de Kuuach : les Dernières heures du Sauveur. On a encore de lui quelques autres Te Deum, plusieurs messes avec ou sans accompagnement, plus de quarante motets, dont trois k deux chœurs. Les plus remarquables de ces compositions sont : le Veni Sancte Spiritus ; Après une épreuve de quelques jours; Jésus, mon ferme espoir; le Temps de ma vie s'écoute et le 100« psaume. Enfin tous les artistes connaissent son Livre de chœurs universel (Leipzig, 1820, 3 vol.), qui renferme 1,285 mélodies chorales, dont 306 sont de lui.
SCHICK (Théophile), peintre allemand, né à Stuttgard en 1779, mort en 1812. Comme, tout entant, il avait donné des preuves de ses rares dispositions pour les beaux-arts, sa famille le laissa étudier la peinture avec Zetseh et la sculpture avec Dannecker, et, à l'âge de dix-neuf ans, il vint à Paris, où il entra dans l'atelier de David, dont il devint en peu de temps l'élève favori. Un subside que lui accorda le duc de Wurtemberg et un contrat
?u'il conclut avec Cotta, auquel il devait ournir des dessins pour ses albums, le mirent à même de se rendre, en 1802, à Rome, où son talent se développa encore sous la féconde influence de l'art et de la nature. La première toile de grande dimension qu'il peignit dans celte ville, David devant Snûl irrité, excita l'admiration générale. Celle qui vint ensuite, le Sacrifice d'actions de grâces de Noé, se distingue par le naturel, la vérité idéale et une grâce toute raphaélique. Son portrait en pied de la fille d'Alexandre de Humboldt, avec lequel il était étroitement lié, rappelait tellement, par la perfection de son exécution, la manière des plus grands maîtres, que toute la haute société de Rome voulut poser devant lui ; mais il ne peignit de portraits que pour assurer le bien-être de son ménage. Une de ses dernières et de ses plus belles œuvres fut son Apollon au milieu des bergers, qui a été gravé par (Jh. Schmidt et reproduit maintes fois par la photographie. A 1 âge où tant d'autres commencent à peine à être connus, Schick était parvenu à l'apogée d'une réputation incontestée. Après l'exposition de Rome en 18Q9, des députations des artistes italiens et français lui apportèrent au Capitule le prix et la couronne. Mais atteint d'une maladie de cœur, il d.it adieu à la ville éternelle et revint, vers la fin de l'année 18U, à Stuttgard, où il mourut quelques mois plus tard. C'est dans le musée de cette ville que se trouvent ses trois principaux tableaux. La Feuille artistique allemande a publié, en 1858, un Jésus rêveur, gravé d'après une esquisse qu'il u'uvait pas eu le temps de terminer.
SCIUCKARD (Guillaume), orientaliste et mathématicien allemand, né à Herrenbergen 1592, mort de la peste en 1635. Il commença ses études au collège de sa ville natale et vint les achever à Tubingue. Il fut pourvu, en 1613, des vicariats de Herrenberg et de Kirchheim-sous-Teek et commença dès lors ses leçons de langue hébraïque. Nommé diacre à NurUngen, il s'y lia avec Kepler, qui éveilla en lui le goût de l'astronomie. Nommé en 1619 professeur de langue hébraïque à l'université de Tubingue et recteur bientôt après, il apprit la langue arabe, qu'il essaya de populariser en Allemagne, fut nommé, en 1627, inspecteur des écoles de Stuttgard et investi, en 1631, d'une chaire d'astronomie. Outre les langues, la géographie et l'astronomie dont il avait fait une étude spéciale, il s'était encore occupé avec succès de peinture et de sculpture. On a de lui : Aleùiodus lingue sancts, breviter complectens universa qua ad solidam ejus cognitionem ducunt (Tubingue,1614); BecMnat Happeruschim, liber interpretatioituni hebraicarum in Genesin (1621); Bechinat Happeruschim , prodromus examinis commentationumrabbinicarumin Mosen (1624); Biur Haophan, declaratio rots pro conjugationiùus hebraicis noviter excogitatx (1621); Dissertatio de nummis Hebr&orum (1622); Disputatio de nomine tetragrammaio solius Dei proprio (1622) ; Deus orbus Saracenorum e pseudo - proplietm Mohammedis Al/corano projeùtus (1622); Horologium hebr&um (1623); Astrocopium (1G23); Nizaukon (1623); Jus regium Hebrasorum e ieiwbris rabbinicis erulum (1625) ; Paradisus saraceno-judaicçi e geminis auctoribus breviter descripta (1625); Séries regum Persils (1628); Anemographia (1631); Baccbanalia Judœorum (1634), etc. Les observations qu'il fit a l'observatoire de Tubingue ont été recueillies par Albert Gurtius (Kuitz) et insérées dans son Uisloria caslestis, a la suite de celles de Tycho.
SCH1DACÉDON s. m. (ski-da-sé-don). Âne.
sein
chir. Fracture d'un os dans le sens de sa longueur.
SCHIDONYQUE s. m. (ski-do-ni-ke, du gr.
schidos, fendu; onux, ongle). Entom. Genre d'insectes coléoptères penlamères, de la famille des carabiques, tribu des troncatipennes, dont l'espèce type habite le Brésil.
SCI1IEDAM, ville du royaume de Hollande, province de Hollande méridionale, arrond. et à 0 kilom. O. de Rotterdam, près de l'embouchure de la petite rivière de la Schie dans la Meuse ; 15,000 hab. Importantes distilleries d'eau-de-vie et de genièvre. Commerce actif de toiles à voiles, beurre, harengs.
SCHIÉDÉE s. f. (chi-é-dé — de Schiede, sav. allem.). Ilot. Genre d'arbrisseaux, de la famille des caryophyllées, tribu des alsinées, dont l'espèce type croît aux îles Sandwich. U Syn.de RiCHARDSONiset deTERTRÉis, autres genres de plantes.
SCH1EFELDEN, ville de Prusse, province de Pomèranie, régence et U 63 kilom. S.-O. de Koslin, ch.-l. du cercle de son nom, sur la rive gauche de la Rega ; 3,680 hab. Fabrication de draps, serges; papeteries, brasseries, distilleries; exploitation de tourbe. Ancienne commanderie de l'ordre de Malte.
SClllËFHKDECKUH (Jean-David), orientaliste allemand , né à Weissenfels en 1672, mort en 1721. Il a fait paraître une Grammatica arabica (Zeitz, 1 vol. iu-12), une Grammatica turca (Zeitz, in-12 sans date) et une dissertation, De fructibus lingux arabiœ, placée à la tète de chacune de ces grammaires, qui avait paru déjà à Leipzig (1692, in-4°). (Jes deux grammaires réunies ont été réimprimées sous ce titre : Nucleus institutionum arabicarum, etc. (Zeitz, 1695, in-8»). Parmi les autres ouvrages de Schieferdecker, citons la Description de l'église de Notre-Dame de Weissenfels (1703, in-40).
SCHIEFERDECKER DE W1LCKAU (Gaspard), jurisconsulte, avocat royal de la principauté de Sclrweidnitz, né à Breslau, mort dans la même ville en 1631. Il fut membre de l'Académie Florimontane établie à Annecy, en 1606, par le président Favre, et écrivit plusieurs ouvrages.
SCHIEFNER (François-Antoine), philologue russe, né à Revel en 1817. Après avoir fait, de 1836 k 1840, son cours de droit à l'université de Saint-Pétersbourg, il se rendit à Berlin, où il s'occupa, jusqu'en 1842, de l'étude de la philologie et, à partir de 1846, de celle des langues orientales. Il fut ensuite, pendant plusieurs années, professeur de langues anciennes dans un des collèges de Saint- Pétersbourg, devint en 1852 membre de l'Académie de cette ville, qui l'a choisi pour bibliothécaire en 1863, et fut nommé en 1865 conseiller d'Etat en service actif. M. Schiefner est aujourd'hui le philologue le plus versé dans la connaissance des langues mongoles, turco-tartares et hongro-finnoises, ainsi que dans celle des langues du Caucase et du Thibet. Il s'applique de préférence à l'étude de la langue et de la littérature thibétaines, du bouddhisme dans ses différentes formes et des divers idiomes du Caucase. Parmi ses travaux sur ces matières, U faut citer, outre un grand nombre d'études et de mémoires insérés dans les Bulletins de l'Académie de Saint-Pétersbourg, ainsi que dans d'autres journaux et recueils : Additions et corrections à l'édition du Dsangloun, donnée par Schmidt (Saint- Pétersbourg, 1852) ; des travaux Sur ta langue tusch (1S56) , Sur la langue avare (1862) , Sur la langue oudique (1863), Sur la langue abehase (1862), Sur la tangue tschelschenze (1864) et Sur la langue kasikoumoucke (1866). De 1853 à 1862, il a publié, aux frais de l'Académie, les Voyages et recherches dans le Nord de Castren et a rédigé et annoté luimême pour cet ouvrage les documents grammaticaux et lexicotogiques recueillis par Castren sur les langues samoyèdes (1854-1855), la langue toungouse (1856), la langue bourèle (1857), les dialectes des Koibales et des Karagasses (1857), celui d'Ostiak (1858), etc. On a encore de lui une traduction allemande du Kaleaala, épopée nationale finnoise (1852), et une autre traduction en vers des Légendes héroïques des Tartares Minussinques (Saint- Pétersbourg, 1859).
SCH1ERMONMKOOG, lie hollandaise de la mer du Nord, près de la côte septentrionale de la province de Frise, dont elle dépend et dont elle est séparée par le. détroit de Wadden. Elle a 7 kilom. de longueur de l'E. à l'O., sur 2 kilom. de largeur, et renferme un village de même nom; 1,080 hab.
SCUIEVELBE1N (Hermann), sculpteur allemand, né à Berlin en 1817, mort en 1867. U étudia sous la direction de Wichmann, puis ii se mit à travailler seul et se rendit à Saint- Pétersbourg, où on lui confia une partie des travaux de sculpture du palais d'hiver et de l'église Saint-Isaac. Il interrompit ces travaux a deux reprises, en 1841 d'abord, pour venir concourir à Berlin pour le prix de Rome, et, un peu plus tard, pour demapder à être chargé, dans la même ville, de l'exécution d'un des huit groupes qui décorent le pont du château. Il réussit dans cas deux tentatives et exécuta à Rome, en 1843, le modèlo des Adolescents que Pallas instruit au métier des armes, groupe qu'il reproduisit ensuite en
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marbre a Berlin. La beauté calme et Imposante de ce travail le range parmi les chefsd'œuvre les plus remarquables de la sculpture. Il ne fut terminé qu'en 1853; mais, dans l'intervalle, l'artiste mena à bonne fin plusieurs autres œuvres monumentales. Nous citerons, entre autres, des statues colossales d'apôtres pour l'église d'Helsingfors, en Finlande, et la grande frise en relief qui décore les murs de la salle Grecque dans le nouveau musée de Berlin et qui représente la Destruction d'Herculanum et dePompéi; elle n'a pas moins de 66 mètres de longueur, et les figures, en stuc, sont presque de grandeur naturelle. Dans cette œuvre éclatent les qualités les plus brillantes, mais surtout la fécondité de l'imagination, la variété dans l'exécution et un rare talent à grouper harmonieusement les masses. Schievelbein exécuta un autre travail du même genre, en argile cuite, poui l'une des deux tours du portail du pont sur la Vistuie, à Dirschau; il représente, en figures de demi-grandeur, Henri de Kniprode, grand maître de l'ordre Teulonique, soumettant les dernières peuplades païennes des possessions de l'ordre. U faut encore citer du même artiste les statues, également en argile cuite, de Luther et de Àiélanehthon pour le nouveau bâtiment de l'université de Kœnigsberg, les statues des Mois pour l'orangerie de Sans-Souci et un grand nombre de travaux décoratifs. En 1860, il fut chargé de l'exécution du monument du baron de Stein, pour lequel il a modelé et fondu lui-même en bronze la statue du ministre et les bas-reliefs du piédestal. Il était, depuis la même année, membre de l'Académie de Berlin.
SCHIFFLAST s. m. (chi-flastt). Métrol.
Poids de Prusse valant 1,870 kilogr. 6208.
SCHIFFUND s. m. (chi-fundd). Métrol.
Poids d'Allemagne et des Etats du Nord, valant, suivant les pays, de 14 à 168 kilogrammes.
SCHIGRE s. m. (chi-gre). Comm. Fromage de la Suisse et des Vosges.
SCH11TE s. m. (chi-i-te). Hist. ottom. Sectateur d'Ali considéré comme premier calife.
— Encycl. V. cmÏTE.
SC1UKANEDER (Emmanuel), acteur et auteur dramatique allemand, né en 1751, mort à Vienne en 1812. 11 commença par jouer sur les théâtres d'Autriche les rôles infimes de comédie, puis il se mit k écrire des libretti d'opéra pour les compositeurs, entre autres le poème i'Il Flauto magico, mis en musique par Mozart. Schikaneder dirigea successivement les théâtres de Prague et du Leopoldstadt, à Vienne, avec quelque succès; puis il fit de mauvaises affaires, fut contraint d'abandonner sa direction et mourut dans un état voisin de l'indigence.
SCHILBÉ s. m. (chil-bé). Ichth3'ol. Genre de poissons malacoptérygiens, de la famille des siluroïdes, comprenant cinq espèces qui vivent dans le Nil.
SCHILDA, ville de Prusse, province de Saxe, régence de Mersebourg, cercle de Torgau, sur le Losaabach; 1,545 hab. Patrie du général Gneisenau, chef d'état-major de Blùcher lors de l'invasion de 1815. Schilda, en Allemagne, comme en France Landerneau, Brive-la-Gaillarde, Falaise, Carpentras, en Angleterre Gotham, sert continuellement de texte aux plaisanteries ; c'est la ville des
SOtS. V. SCHILDBOURGKOJS.
SCHILDBERG, ville de Prusse, province, régence et k 168 kilom. S.-E. de Posen,chetlieu du cercle de son nom; 2,500 hab.
SCH1LDBERGER (Jean), voyageur allemand, né k Munich dans la seconde moitié du xive siècle. Il fit partie de l'expédition de l'empereur Sigismond en Hongrie contre les Turcs et fut fait prisonnier par eux en 1596. Envoyé en Asie, il changea plusieurs fois de maître et eut ainsi l'occasion de voir la Perse, le Khoraçan et d'aller jusque dans les contrées les plus reculées de la Mongolie. Rentré dans sa patrie après vingt-deux ans de pérégrinations et de souffrances, Schildberger écrivit un récit de ses voyages. L'ouvrage de Schildberger a eu quatre éditions au xv« siècle (trois sans date et une portant l'indication de 1494). Il a été publié de nouveau à Munich en 1813.
SCHILDBOURGEOIS, OISE S. et adj.
(child-bour-joi, oi-ze). Géogr. Habitant de Schilda; qui a rapport k cette ville ou k ses habitants : Les Schildbourceois. La population SCHILDBOURGEOISË.
— Encycl, Les Schildbourgeois passent, on ne sait pourquoi, en Allemagne, pour de parfaits imbéciles. C'est k eux ou k leur municipalité qu'on attribue les délibérations saugrenues, les arrêtés grotesques. On a fait sur eux des volumes de plaisanteries. D'après la légende, leur ville avait été fondée, aux temps anciens, par les descendants des sept sages de la Grèce et ils se montrèrent d'abord dignes de leurs ancêtres. Leur renommée se répandit au loiû, et bientôt les conseils des princes et les sénats des républiques se les disputèrent k l'envi; on enlevait un Schildbourgeois comme on enlève un trésor inestimable ; on payait sa présence au poids de l'or. Il en résulta que la ville finit par se dépeupler. Les femmes restaient seules avec les vieillards et les enfants. Dès qu'un Schildbourgeois atteignait l'âge de raison, des i,ava,-
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liers apostés l'enlevaient pour le vendre & quelque monarque étranger. Que firent nos gens d'esprit? Ils simulèrent l'idiotisme, seul moyen d échapper à cette confiscation de Schildbourgeois ; mais, à force de porter un masque stupide, ils en conservèrent l'empreinte et restèrent parfaitement idiots. Voici quelques-uns des nombreux contes que l'on fait sur eux.
Un jour, le sénat schildbourgeois, corps plein de prudence et de gravité, décide de construire un beau palais dans lequel il siégerait. L'architecte schildbourgeois construit un monument magnifique, mais il oublie d'y pratiquer des fenêtres. Le sénat s'assemble et n'y voit goutte; chacun des membres allume alors une torche, en décore son bonnet, et l'assemblée procède à ses travaux. La discussion est vive et longue. D'où ces ténèbres peuvent-elles provenir? Discours et dissertations se succèdent sans relâche. On décide qu'il faut faire faire une analyse des rayons du soleil, et, au bout de huit jours d'une discussion soutenue, on prouve péremptoirement que le soleil manque, qu'il faut l'introduire dans la salle. Chaque Schildbourgeois se met alors en devoir d'exposer au soleil ses tonneaux, ses paniers, ses baquets, afin de récolter autant «de rayons lumineux que possible; on referme ensuite immédiatement chacun de ces instruments de transport. Quand vient le moment de les rouvrir dans la salle des séances, pas un rayon de soleil n'a voulu se conserver intact. De nouvelles délibérations ont lieu. Huit comités d'enquête sont institués et travaillent assidûment pendant quatre années pour savoir au juste le motif qui empêche la lumière d'arriver jusqu'aux honorables. Les travaux de ces grands hommes, imprimés en soixante-dix volumes petit texte, servent encore , dit-on , de modèles aux débats parlementaires des nations civilisées. Enfin il arriva qu'une crevasse livra passage au soleil. Un député, homme d'esprit, proposa, comme sous-amendement à la dernière loi votée , l'élargissement facultatif de la crevasse. Le plaisir que cet événement causa aux Schildbourgeois fit adopter sans examen une addition considérable d'impôts. La question est d'ailleurs restée perpétuellement à l'ordre du jour à Schilda; la crevasse, transformée en fenêtre, tour à tour polygone, octogone, toujours irrégulière, sert invariablement de texte à l'éloqueuce des avocats députés de Schilda.
Une autre fois, les Schildbourgeois veulent construire un moulin. Il leur faut une meule, u'ils fabriquent laborieusement au sommet 'une colline. L'opération terminée, ils songent au transport. La pierre est lourde. A force de bras, ils viennent à bout de leur œuvre ; mais ils font alors cette réflexion naturelle, qu'ils auraient pu la laisser rouler du haut de la colline jusqu'au bas; sur quoi, le remords les prenant, ils emploient des efforts considérables pour reporter la meule où elle était, afin de la laisser rouler. Un Schildbourgeois offre d'accompagner la meule, nlin de l'aire un rapport sur la direction qu'elle aura suivie. On applaudit. Le courageux citoyen passe sa tète dans lo trou de la meule, roule courageusement avec elle et va s'engloutir dans un marais; on ne retrouve plus ni la meule ni son conducteur. La Chambre est convoquée et, aprè3 une prodigieuse dépense d'éloquence, décrète qu'une proclamation, rédigée par les fortes têtes de Schilda, sera lue dans les villages environnants, à l'effet de réclamer l'extradition du perfide Schildbourgeois qui s'est déloyalement enfui, emportant une meule de moulin à son cou.
A la fin, l'empereur d'Allemagne, ayant entendu parler des faits et gestes des Schildbourgeois, les trouve fort intéressants et demande à recevoir une députation de ces messieurs. Il admire ia perfection de nullité qui les distingue et leur confère un diplôme de sottise, orné de son sceau et de sa signature, les encourageant à continuer. Ils usèrent de la permission et se bannirent eux-mêmes à perpétuité de leur pays natal. La race des sots est devenue par là féconde et partout présente ; pas de coin de terre qui ne nous offre comme échantillon quelque descendant de la race schildbourgeoise.
On peut consulter sur cette légende burlesque : les Espiègles allemands au xvie siècle, de Philarète Chasles, qui a emprunté les éléments de son étude à un livre populaire en Allemagne, le Narrenbuch.
SCH1LDE s. m. (chil-de). Ichthyol. Syn. de
SCHILBE.
SC1HLDER ( Charles- Andreïwitch), militaire et ingénieur russe, né à Saint-Pétersbourg en 1795, mort en 1857. 11 entra fort jeune au service et était déjà colonel en 1828 quand il se distingua au siège de Varna. Il fut élevé l'année suivante au grade de général-major. Il se distingua dans la guerre de Pologne de 1831 et fut blessé à Osirolenka. Il fut ensuite élevé au rang de chef du génie de la garde et de lieutenant général. Schilder fit la campagne de Hongrie et prit part aux premières hostilités de la guerre d'Orient contre les Turcs.
SCH1LDESC11E, bourg de Prusse, province de Westphalie, régence de Minden, cercle et à 6 kilom. N. -O. de Bielefeld, sur l'Aa; 2,700 hab. Filature de lin ; fabrication de toiles.
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SCHILGEN (Philippe-Antoine), peintre allemand, né à Osnabruck en 1793, mort dans la même ville en 1857. Elève de Cornélius, il accompagna son maître à Munich en 1825 et l'aida dans la composition des fresques historiques des arcades du parc royal. Le principal ouvrage de Schilgen est un tableau qui représente le Duc Albert IV de Bavière établissant la primogéniture. On trouve d'autres tableaux et fresques de cet artiste dans le Kcenigsbau, à Munich, et dans la salle de réception du château royal de cette ville.
SCHILL (Ferdinand de), célèbre chef de partisans allemand, né à Sothof (Silésie) en 1773, mort en 1809. Entré en 1788 dans l'armée prussienne, il était lieutenant de dragons en 1805 et assista cette année-là à la bataille d'Auerstœdt, où il fut grièvement blessé; il n'en réussit pas moins à échapper aux Français et à se traîner mourant jusqu'à Colberg, en Poméranie. Une fois rétabli, il conçut le dessein de former un corps franc destiné à s'opposer a, la levée des contributions imposées par les Français à cette province. Deux dragons de son ancien régiment formèrent le noyau de ce corps, qui recruta bientôt un grand nombre de volontaires, et, grâce à son intrépidité et à l'habileté avec laquelle il savait dissimuler ses embuscades, Schill netarda pas à devenir la terreur de l'ennemi et sortit presque toujours victorieux de ses hardis coups de main. Le renom qu'il s'était acquis excita la jalousie du colonel de son régiment, qui lui défendit de continuer ses entreprises. Schill demanda alors directement au roi de Prusse l'autorisation de former un corps franc ; non - seulement il reçut cette autorisation, mais encore on mit sous ses ordres trois escadrons de hussards, un bataillon d'infanterie de 400 hommes et une compagnie de chasseurs, en tout 1,000 hommes, avec trois canons. Il résolut alors de s'établir dans l'Ile de Rugen, à l'embouchure de l'Oder, pour harceler de là les derrières de l'armée française ; mais deux combats désavantageux qu'il soutint, près de Stargaard et de Naugaard, contre le corps français chargé de faire le siège de Colberg le forcèrent à se retirer, sous la protection des canons de cette forteresse, dans un petit bois fortifié appelé Maikùhle (la fraîcheur de mai). La, pendant quatre mois, il contribua à la défense des ouvrages extérieurs et du port, et il partagea avec Gneisenau l'honneur d'avoir empêché la prise de Colberg. Après ta paix de ïi.sitt, il fut promu major et commandant du 2e régiment de hussards de Mec* klembourg, qui avait été formé de sa cavalerie et avec lequel il fit en 1808 son entrée à Berlin, où il fut reçu en triomphe. Animé d'une haine profonde contre les Fiançais, il résolut de donner, en pénétrant à l'improviste dans le royaume de Westphalie, le signal d'un soulèvement général de l'Allemagne.
Le moment favorable lui sembla arrivé lorsque l'Autriche déclara la guerre à Napoléon en 1809. Le 28 avril, il sortit de Berlin avec ses hussards, qui croyaient aller simplement à un exercice militaire, et ce ne fut qu'à la première halte quil fit part de son plan à ses officiers; ils l'adoptèrent tous avec enthousiasme et il dirigea alors la marche de son corps vers l'Elbe, qu'il passa près de Wittemberg. Il prend par surprise Kœthen, Halle (3 niai) et Bernburg (4 mai) et apprend dans celte dernière ville que Napoléon a déjà battu l'armée autrichienne et que le soulèvement de Doarnberg (v. ce nom), dans la liesse, a été comprimé. 11 prend alors la résolution de gagner le Mecklembourg et la Poméranie et de passer de là en Angleterre, bat le 5 mai, à Dodendorf, un détuchement français envoyé de Magdebourg contre lui, gagne ensuite la Vieille-Marche et s'y cantonne, tandis qu'un corps hollandais se forme en Hanovre sous les ordres du général Gratien et que le général Ewald rassemble un corps danois dans te Holstein. Rejoint le 12 mai par une partie de son bataillon de chasseurs, qui avait quitté Berlin après lui, il s'empare par surprise du petit fort de Dœmitz, sur l'Elbe, afin d'avoir un point d'appui, se retire, à l'approche de l'ennemi, sur Wismar, puis sur Rostock et, par sa victoire à Daingarten, s'ouvre la route deStralsund. Il rétablit à la hâte les fortifications de cette ville ; mais , dès le 31 mai, il y est attaqué par un corps de 5,000 Français qui, malgré une héroïque résistance, pénètrent dans la ville. La lutte se continua alors de rue en rue, et Schill, dont le sang coulait déjà par plusieurs blessures, fut atteint mortellement d'un coup de feu. Environ 150 cavaliers, sous les ordres du lieutenant de Brunnow, avec quelques chasseurs, purent échapper à la mort et regagner la Prusse, où les officiers passèrent devant un conseil de guerre et furent condamnés à la dégradation et à l'emprisonnement. Douze autres officiers, faits prisonniers à Stralsund, furent conduits à Wesel, où les Français les fusillèrent. Un monument, élevé en 1835 par l'armée prussienne, couvre aujourd'hui leurs cendres. Le cadavre de Schill, que l'on eut grand'peine à reconnaître , fut enterré à Stralsund, après que l'on en eut détaché la tête, qui fut mise dans de l'esprit-de-vin et envoyée au célèbre Brugmann, à Leyde, quoique le roi Jérôme en eût fait offrir une somme de 10,000 francs. Après la mort de Brugmann, elle passa au musée anatomique de l'université de Leyde, qui en fit don en
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1837 à la ville de Brunswick; elle fut alors placée à côté des restes de quelques autres officiers de son régiment fusillés dans cette ville et auxquels on venait d'élever un monument. En 1840, une chapelle a été construite autour de leur tombeau. La vie et les aventures de Ferdinand de Schill ont été écrites par Haken (Leipzig, 1824, 2 vol.), Dœring (Barmen, 1838) et Bœrsch (Leipzig, 18C0).
SCHILLER (le Père Jules), astronome allemand, né à Augsbourg dans le xvie siècle. Il embrassa la règle des ermites de Saint-Augustin et joignit, en 1627, à une édition de l' Urannmetria nova de Bayer, un opuscule intitulé Cœlum stellanum, consacré à rebaptiser de noms empruntés aux saintes Ecritures les astres et les constellations que les astronomes, malgré les efforts du Père Schiller et du Père Philippe Cajsius, autre rebaptiseur des astres, continuent de nos jours encore à nommer de leurs noms païens.
SCHILLER (Johann-Christophe-Friedrich), célèbre poète allemand, né à Marbach (Wurtemberg) le 10 novembre 1759, mort à Weimar le 9 mai 1805. Il était le /ils du chirurgien militaire Jean - Gaspard Schiller, qui devint plus tard officier dans l'armée wurtembergeoise, et d'Elisabeth-Doroihée lîodweiss, fille d'un aubergiste de Marbacli. Sa mère, qui avait l'esprit cultivé, lui apprit à lire dans la Messiade de Klopstock et, quand il fut un peu plus grand, elle le confia aux soins du pasteur Moser. Vers 1768, son père s'étant établi à Ludwigsbourg, Schiller fit ses études dans cette ville. Avec plus de moyens que la plupart des élèves, il ne possédait pas celte facilité brillante et cette confiance qui appellent le succès. Timide, embarrassé de sa personne, plus enclin à la rêverie qu'à l'action, il ne nattait pas l'orgueil des maîtres et s'abstenait des camaraderies vulgaires. La vue du professeur John, sa parole impérieuse ou sèchement ironique comprimaient d'ailleurs tous les élans de Schiller. Sa nature mélancolique se complaisait aux longues promenades à travers champs. Unami l'accompagnait dans ces excursions; ils lisaient la Bible ou la Messiade et s'épanchaient en poétiques causeries. Ces habitudes poussèrent Schiller enfant à la dévotion mystique et déterminèrent ses parents à le faire entrer dans les ordres. Le duc de Wurtemberg en décida autrement; en 1773, il envoya Schiller à l'Académie do la Solitude, connue aussi sous le nom d'Ecole de Charles, que le prince venait de fonder pour y former des soldats, des médecins et des magistrats. Schiller étudia la médecine par ordre; mais le temps vint bientôt où il trouva qu'il payait ainsi trop cher sa pension gratuite, d'autant plus que la règle inflexible de l'école interdisait toute lecture étrangère à l'étude spéciale. Le jeune étudiant avait recours à la ruse pour satisfaire de loin en loin les besoins impérieux de son âme ; il dévorait en cachette Plutarque et Shakspeare. Dans une fêle donnée au duc, il fut chargé de diriger la représentation du Clavijo de Gœthe et on lui confia un rôle dans cette pièce. Il paraît qu'il s'en acquitta assez gauchement, et cet insuccès fit évanouir en lui certaines velléités qu'il avait eues d'embrasser la carrière théâtrale.
Cependant Schiller remporta quatre prix en 1779 et il fit, l'année suivante, deux dissertations fort remarquables qui lui servirent de thèse. Le duc le fit sortir de l'école pour le placer dans un de ses régiments. Tout semblait dit et les instincts littéraires du poète allaient être a jamais étouffés, quand, par bonheur , il se lia avec Sehubart. Ils lurent ensemble les conspirations célèbres, depuis celle de Catilina, dans Salluste, jusqu'aux mémoires du cardinal de Retz, puis ils écrivirent des commentaires passionnés dans lesquels le duc de Wurtemberg, avec ses idée3 étroites et paisibles, n'était rien moins qu'un monstre couronné. L'idée mère des Brigands naquit de ces entretiens, où l'ancienne foi religieuse de Schiller fut fortement ébranlée par l'athéisme convaincu de son ami.
Lui aussi, il voulut jeter sa protestation à la face d'une société marâtre , et c'est avec une sorte de fièvre qu'il acheva une pièce ébauchée sous le titre primitif de Cosme de Médicis et terminée sous celui des Brigands. Le poète n'était pas riche ; il touchait comme chirurgien des grenadiers du général Auge un traitement d'environ 40 francs par mois ; il parvint au moyen d'un emprunt, qu'il eut beaucoup de peine à rembourser plus tard, à faire imprimer sa pièce en 1781, chez un libraire de Francfort, et la mit en dépôt à Manheim. Le retentissement du drame fut tel que le baron de Dalberg, intendant du théâtre électoral, désira qne tes Brigands fussent représentés à Manheim. Ce fut une joie immense pour le poète. Il demanda au duc la permission d'assister à la représentation de son drame, mais le duc la lui refusa sèchement. Résolu à enfreindre la défense de son souverain,'Schiller partit pour Manheim où il assista, ivre d'émotion et de joie, au triomphe de son drame, a Le public, dit Iffland, les acteurs, les figurants furent comme lui embrasés d une flamme dévorante.! De même que le Werther de Gœthe avait enfanté la folie du suicide, le Moor de Schiller donna naissance à une singulière folie. Des jeunes gens se réunirent en divers points de l'Aile-
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magne et voulurent essayer de vivre dans les forêts pour s'y ériger en juges et en bourreaux d'une société corrompue. Le jeune chirurgien revint à son régiment plus exulté que jamais; il eut à subir quinze jours d'arrêts, qu'il employa à tracer le plan de la Conspiration de "Fiesque et à composer quelques morceaux littéraires.
L'emprisonnement do son ami Sehubart, condamné par le duc h huit ans de forteresse, acheva d'irriter Schiller. Ii résolut de fuir; après une vaine démarche auprès du baron de Dalberg, il parvint à s'échapper le 17 septembre 1782 et se rendit directement à Manheim, où il lut aux acteurs sa tragédie de Fiesque. Ceux-ci trouvèrent l'œuvre injouable et le lui dirent franchement. Désespéré, presque sans ressource, craignant à chaque instant d'être arrêté, Schiller partit à pied pour Francfort, où il essaya vainement de vendre à un libraire un poème, le Démon d'amour, qui n'est pas parvenu jusqu'à nous. De là il partit pour Mayence, puis revint à Manheim, où il vendit sa tragédie de Fiesque, qu'il venait de remanier, au libraire Schwan, à raison de 20 francs la feuille. Muni d'un peu d'argent, il se rendit à Meiningen, chez Mme de Wolzogen, mère de l'un de ses amis. De là il écrivit au due pour qu'il lui permit de quitter son régiment et de s'adonner à ia littérature en toute liberté. Le duc se contenta de promettre son pardon s'il revenait. Schiller resta donc dans sa retraite ; il mit la dernière main à la Conjuration de Fiesque, composa Ylntrigue et l'amour , drame en prose , et commença son Don Carlos. Le 27 juillet 1783, il se rendit à Manheim, où l'appelait le baron de Dalberg, qui fit représenter Fiesque et l'Intrigue et l'amour. Ces deux drames obtinrent un grand succès, mais l'enthousiasme fut moine vif que pour les Brigands. Schiller quitta Manheim pour aller se fixer à Leipzig, auprès du père de Théodore Kcerner; de là il se rendit à Dresde, où 11 acheva Don Carlos.
Vers le mois d'août 1787, Schiller vint s'établir à Weimar. Herder lui fit un noble accueil et Wieland mit dans ses rapports avec lui une grâce si franche, si cordiale, que Schiller en fut ravi. Néanmoins, médiocrement à l'aise dans cette ville de princes et de courtisans, il alla habiter momentanément Ingolstadt, où il écrivit son Histoire de la révolte des Pays-Bas. Ce fut aussi vers cette époque que Schiller connut personnellement Goethe. Les deux poètes se rencontrèrent dans une maison tierce et ne se plurent pus tout d'abord. Gœthe, froid, imposant, dominateur , arrivait de Rome ; il en revenait émerveillé, en faisait de pompeux récits et disait comme Winckelmann que l'étude de Rome était sa véritable initiation à la lumière. Au récit de toutes ces magnificences Schiller resta froid. De son côté, Gœthe éprouvait pour Schiller un éloignement raisonné. Il ne voyait dans l'auteur des Brigands qu'un ennemi de l'art et de la société, un de ces hommes qu'il aurait à combattre et qui entraveraient sa marche. Cependant ils se revirent, et, à mesure que Gœthe connut mieux Schiller, il se sentit fortement attiré vers ce poète à la fois mélancolique et enthousiaste. Avec Schiller, il retrouvait les impressions de sa propre jeunesse. Ce que la méditation et la pratique des choses lui avaient enlevé, Schiller le lui rendait. Cédant à l'amitié qui l'attachait peu à peu au poète, il obtint pour lui une chaire d'histoire à Iéna. Iéna n'est qu'à 6 lieues de Weimar, où Gœthe résidait alors, et Schiller prit souvent le chemin de cette ville, où il allait donner des leçons publiques d'histoire dont les contemporains ont gardé le souvenir.
A Rudolstadt, où il fut présenté à Mme de Lengenfeld et à ses deux filles, Schiller s'éprit de ia plus jeune, Charlotte, et l'épousa le 20 février 1790, quelque temps après que le duc de Weimar lui eut accorde la chaire d'histoire laissée vacante par Eichhorn. Cette même année, il publia son Histoire de la guerre de Trente ans. « liant, dit M. DupJD , opérait alors en Allemagne un mouvement universel. Sa doctrine trouvait des zélateurs passionnés et des détracteurs qui ne l'étaient pas moins. Schiller , avide de toute noble croyance, se rangea hautement parmi les premiers. Il n'avait trouvé qu'humiliation, effroi douloureux, dans les systèmes jusquelà triomphants. Quelle était la supériorité de Kant sur ses devanciers? Ce n'était guère la foi simple et ferme ; c'était la conviction claire , irrécusable de l'impuissance de la créature à pénétrer le secret de Dieu et de son œuvre; c'était la religion du devoir dans un sens pur et réfléchi. Schiller s'attacha avec ardeur à sa donner une croyance qui mit fin à ses angoisses. Plus tard, il publia divers écrits philosophiques, tou£ ingénieux, tous recommandables par d'excellentes intentions, mais entachés à distance d'obscurités subtiles. »
Une maladie de poitrine, occasionnée par l'excès de travail, le réduisit à un tel état d affaiblissement qu'on craignit sérieusement pour ses jours. Deux princes souverains, voulant ôter le souci matériel à cette grande intelligence qui s'épuisait à une tâche ingrate, lui olfrirent chacun une pension de 1,000 thalers. Schiller refusa. Plus tard, le grand-duc de Weimar lui constitua une pension d'environ 3,000 francs, qui devait être doublée dans le cas où le poeto serait malade; mais Schii-
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1er ne -voulut accrjtlcr que les 3,000 francs. Sur ces entrefaites, « une récompense qu'il, était bien loin d'attendre, dit M. Spach, et qu'il ne connut que bien plus tard, lui arriva de l'autre côté du Rhin ; la Convention adopta, le 26 ïoût 1792, un décret qui donnait le titre de citoyen français à Schiller. » M. Régnier, dans ;a vie de Schiller, donne à ce propos le curieux détail suivant: « Le procès-verbal de la séance métamorphosa Schiller en Giller ; le Moniteur écrivit Gilleers et le Bulletin des lois imprima tout bonnement Gille, et c'est à M. Gille, pubtidste allemand, en Allemagne, que le ministre Roland adressa, le 10 octobre 1792, le diplôme de citoyen fiançais. Cet imprimé n'arriva qu'au bout de cinq ans à sa destination. On le conserve à la bibliothèque publique de Weimar. » Au printemps de 1793, Schiller, un peu rétabli, voulut revoir son pays latal. Arrivé près de Stuttgard, il écrivit au duc, son ancien protecteur, qui lui fit répondre qu'il était libre de venir a Stuttgard et qu'on feindrait d'ignorer sa présence. De retou- à léna, il fit la connaissance de Humboldt et se lia plus étroitement avec Gcethe. Chargé par le libraire Cotta de diriger une sorte de revue mensuelle intitulée les Heures, il écr.vit à Goethe pour lui demander sa collabor.ition, et de là naquirent entre eux des relations de plus en plus amicales. C'est vers cette époque que, reléguant au second plan les abstractions de la philosophie allemande, il se l.vra exclusivement à la poésie et publia dans es Heures et dans VAlmanack des Muses ses foésies, ses ballades et ses imitations d'Euripide et de Virgile, les Xénies, épigrammes tatiriques qu'il composa en collaboration avec Goethe, et différents traités d'esthétique. Il travaillait aussi à sa grande trilogie de Watlenstein. Pour cet ouvrage, il ne recula devant aucune recherche afin de s'initier à la vérité des temps et des personnages historiques. Les trois pièces, terminées en 1798, ne furent point jouées du même coup, mais daDS le cours de l'année théâtrale 1799-1800. 11 y avait douze ans que l'auteur de Don Carlos n'avait ressenti les émotions d'une première représentation, lorsque sa trilogie de Watlenstein fut jouée sur le théâtre de Weimar. Le succès fut grand et Schiller, qu'aucun devoir n'atU.chait plus à léna, vint se fixer à Weimar. Vers la fin de 1800, il y rit jouer Marie Sluart, puis, Tannée suivante, Jeanne Darc, qui fut presque aussitôt reprise à Leipzig et valut au poète une magnifique ovation, un triomphe populaire. Cette même année, Schiller reçut des lettres de noblesse, qui n'ajoutèrent rien à sa gloire, mais qui furent une preu'-e déplus de l'estime générale. En 1803 parut la Fiancée de Messine. Cette pièce, d'une conception moitié antique, moitié moyen âge, avec ses chœurs et la pompe de son style, présentait le poëte sous un nouvel aspect; il Fui fil. succéder diverses traductions : V/phigéitie en Aulide d'Euripide, le Macbeth de Shakspeare, le Turandol de Gozzi, les Ménecht ïes, Médiocre et rampant (deux comédies de Picard) et la Phèdre de Racine. Enfin, sentant la vie se retirer de lui, il rassembla toutes ses forces et fit un dernier appel à son génie pour écrire son. chef-d'œuvre, Guil- Mumi Tell, œuvre solennelle et forte, chant d'amour et de liberté qui allait, clore dignement sa carrière. Le 29 avril 1805, Schiller, . de plus en plus affaibli, alla pour la dernière fois au théâtre ; il rentra chez lui tourmenté par la fièvre et fut obligé de garder le lit. « Comment vous trouvez-vousî lui demanda Mme (]e Wollzogen accourue pour le veiller avec sa femme. — Toujours plus tranquille, mumura-t-il, beaucoup de choses m'apparaisssnt maintenant moins obscures. • Le 6 ma , ses paroles devinrent incohérentes ; le 9 au matin, il eut le délire et perdit connaissant ; à six heures du soir, il expirait. Il avaii. un peu plus de quarante-cinq ans; Goethe li pleura et chanta cette mort prématurée. Le 9 mai 1839, on inaugura à Stuttgard la stitue en bronze de Schiller par Thor- Wiildsen, et le centième anniversaire de sa naissance a été célébré dans toute l'Allemagne avec une pompe inaccoutumée en 1859. Vcici le jugement qu'a porté sur lui M «ne ue Staè\ : « La conscience, dit-elle, était sa musc ; celle-là n'a pas besoin d'être invoquée, car on l'entend toujours quand on l'écoute une :bis. Il aimait la poésie, l'art dramatique, l'hisloire, la littérature pour elle-même. Il aurait été résolu a ne point publier ses ouvrages, qu'il y aurait donné le même soin; et jamais aucune considération, tirée ni du succîs, ni de la mode, ni des préjugés, ni de tout ce qui vient des autres enfin, n aurait pu lui luire altérer ses écrits ; car ses écrits étaient lui ; ils exprimaient son âme, et il ne concevait pas la possibilité de changer une expression, si le sentiment intérieur qui l'inspirt.it n'était pas changé... Schiller s'était fait ,ort, a. son entrée dans le monde, par des égarements d'imagination; mais, avec la foros de l'âge, il reprit cette pureté sublime qui naît des hautes pensées. Jamais il n'entrait en négociation avec les mauvais sentiment. Il vivait, il parlait, il agissait comme si les méchants n'existaient pas; et, quand il Jes peignait dans ses ouvrages, c'était avec plus d'exagération et moins de profondeur que s'il les avait vraiment connus. Les méchants s'offraient à son imagination comme un obstacle, comme un fléau physique; et peui-être, en effet, qu'à beaucoup d'égards lis n'ont pas une nature intellectuelle; l'ha-
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bitude du vice a changé ieur âme en un instinct perverti. »
Lamennais est moins enthousiaste. « Schiller, dit-il, rejetant les lois sévères du théâtre français, imita Shakspeare ; mais'il n'avait ni la fécondité, ni la verve, ni le pathétique profond, ni la puissante originalité du poète anglais. Entraîné par l'esprit de son temps, il manqua quelquefois de vérité, il mit dans la bouche de ses personnages des idées et des sentiments tout à fait étrangers à leur époque; il dogmatise lorsqu'il faudrait émouvoir et peindre. Ce n'est pas qu'il manque de sensibilité ni d'un certain sens historique ; surtout il possède à un haut degré le sentiment moral. Sous ces rapports, son Wallenstein offre, ainsi que son Guillaume Tell, des beautés très-remarquables. Sa place, quoique distinguée, n'est cependant que secondaire; on ne le saurait compter parmi les modèles de l'art. Il est dans la poésie de sublimes hauteurs que la sienne n'atteint pas; le dessin en est mou et le coloris terne : elle ne roule pas des eaux abondantes et rapides, elle baigne ses rives et ne les entraîne pas. »
Outre les ouvrages que nous avons cités de Schiller, mentionnons encore : les Lettres sur l'éducation esthétique de l'homme, le Traité du sublime, Sur la grâce et la dignité et Sur la poésie naïve et sentimentale; deux romans, le Visionnaire et l'Aubergiste au soleil, et ses poésies romamiques et lyriques, dans le détail desquelles nous ne pouvons entrer ici. Nous avons donné, au mot ballade, la traduction de quelques-unes de ces poésies.
La meilleure édition allemande des œuvres de Schiller est celle qui a été publiée en 12 volumes à Stuttgard en 1862. Parmi les traductions françaises, il faut citer : Y Histoire de la guerre de Trente ans, traduite par M. d'Arnay en 1794 , par M. Chamfeu en 1803 et par M. Mailher de Chassas en 1820; l'Histoire du soulèvement des Pays-Bas, traduite par J. Cloet (Bruxelles, 1821), par le marquis de Chàteaugiron (Paris , 1827) et par M. Lhéritier (1833); les Œuvres dramatiques, traduites par M. de Barante (1821), par M. Mayer (1835) et par M. X. Marmier (18-11) ; les Poésies, par M. Marmier (1840) et par M. Muller (1858); les Mélanges philosophiques, esthétiques et littéraires, traduites par M. Wege (1840). Les Œuvres complètes ont été traduites par M. Ad. Régnier (1S59). En outre, M. Lebrun a imité la Marie Sluart de Schiller, Benjamin Constant son Watlenstein, MM. de Jouy et Ris son Guillaume Tell.
Parmi les travaux les plus considérables consacrés a Schiller et à son œuvre, nous citerons : la Vie de Schiller, par Carlyle ; la Vie et les œuvres de Schiller, par E. Bulwer- Lytton; la Vie de Schiller, de M. Régnier; les biographies de MM. Dupin, Spach, Marmier (dans la Bévue des Deux-Mondes), de Barante, Schwab, Haffmeister, et Mmes Caroline de Wolhzogen et Emilie de Gleichen- Russwurm, sa fille. Lors du jubilé séculaire de Schiller en 1859, deux ouvrages importants lui ont été consacrés : la Littérature de Schiller en Allemagne, par M. Wurzlach de Tannenberg, et la Galerie de Schiller, par MM. Pecht et de Ramberg.
SCHILLÈRE s. f. (chi-lè-re — de Schiller, poète allem.). Bot. Syn. de microléne.
SCHILLING s. m. (chi-lain). Métrol. Monnaie de compte d'Autriche, valant 0 fr. 32.
Il Monnaie de Danemark, valant 0 fr. 175.
Il Monnaie de Hambourg, valant environ 0 fr. 01. [| Monnaie de Lubeek, valant 0 fr. 09.
SCHILLING (Diebold), chroniqueur allemand du xve siècle, né à Soleure. Il écrivit une Chronique de la ville de Berne' 'de l'an 1152 à l'an 1480. Il a copié, comme il le dit lui-même, ses prédécesseurs Tschachtlan et Justinger pour l'histoire des temps antérieurs a 1468; ce n'est donc que la période 1408- 1480 qui, dans l'ouvrage de cet écrivain, offre quelque originalité. Cette dernière partie a été imprimée sous ce titre : Description des guerres de Bourgogne (Berne, 1743, in-fol.), en allemand.
SCHILLING (Diebold) ou, comme il est écrit dans les manuscrits, Htebold Sibillig, fils de Jean Schilling, chroniqueur, mort en 1509. Greffier à Luoerne, il donna une chronique de cette ville de 1501 à 1509. Il raconte aussi la guerre de Bourgogne à laquelle il a assisté. Le manuscrit de l'ouvrage de ce chroniqueur, avec 400 dessins, se trouve aux archives de Lucerne.
SCHILLING (Godefroi-Guillaume), médecin hollandais, né en 1725, mort en 1799. Il alla s'établir a Paramaribo, viile principale de la Guyane hollandaise, et y pratiqua la médecine et la chirurgie avec beaucoup de succès. Ayant acquis une grande fortune et sentant le besoin d'étendre ses connaissances, il revint en Europe, reprit ses études médicales à Amsterdam et à UUecht et fut reçu docteur dans la dernière de ces universités. Il Parcourut ensuite la France, l'Allemagne et Italie, en séjournant dans toutes les villes renommées pour leurs établissements scientifiques, et revint se fixer à Surinam. Nous ne connaissons de lui que les deux opuscules suivants : Diatribe de morbo in Europa pêne ignoto, quam Américain votant iaws (Utrecht, 1770, ïn-&°); De lepracommentaliones(Uirecht, 1778, in-S"), et le mémoire suivant inséré dans ' les nouveaux Mémoires de l'Académie royale
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des sciences de Berlin , Versuche mit dent zitteraale (1770, in-8").
SCHILLING (Frédéric-Gustave), fécond romancier allemand, né à Dresde en 1767, mort en 1839. Il servit dans l'artillerie saxonne, parvint au grade de capitaine et prit sa. retraite en 1809. On lui doit plus de 100 volumes de romans, pleins d'originalité et d'une variété inépuisable; ils offrent une peinture assez fidèle des moeurs de la haute société allemande de son temps. Les trois suivants seuls ont été traduits en français : Antonia Wilsen ou la Femme telle qu elle est (1820, 2 vol. in-12) ; l'Orpheline et le grand seigneur (1821, 2 vol. in-12); Rodolphe et Pauline ou les Fiancés (1823, 3 vol. in-12).
SCHILLING (Gustave), musicographe allemand, né près de Hanovre en 1805, mort à Stuttgard en 1860. Il apprit auprès de son père les éléments de l'art musical, fit ensuite ses études de théologie et alla se fixer à Stuttgard, où il fonda, en 1830, une école de musique et de déclamation et une librairie musicale. On lui doit, entre autres ouvrages : Lexique portatif de musique (Stuttgard, 1833, in-12) ; Dictionnaire universel de musique (Stuttgard, 1835, 7 vol. gr. in-8°); Essai d'une philosophie du beau dans lamusique (Mayence, 1838, in-8»); .Poty^Aonûmos^Stuttgard, 1839, in-8o).
SCHILLING VON CANSTATT (Charles, baron de), physicien allemand, né vers 1780, mort K Saint-Pétersbourg en 1833. Il ftt,en 1S32, les premiers essais de construction d'un télégraphe électrique à Saint-Pétersbourg, essais que la mort l'empêcha de continuer.
Scliillingsfui'st, château de Bavière, dans le cercle de la Moyenne Franconie, à 20 kilom. O. d'Anspach. Il a donné son nom à une branche de la famille de Hohenlohe.
SCI1ILT (Jean-Jacques), général français, né à Saar (Bas-Rhin) en 1761, mort après 1816. Il était sous-officier dans le régiment de Nassau à l'époque où éclata la Révolution. Il obtint sous le nouveau régime un avancement rapide et devint général de brigade en 1795. Jusque-là il avait servi dans l'armée des Pyrénées-Orientales. En 17D5, il passa dans la Vendée, puis en Italie, où il se distingua, surtout à Marengo (1800). En 1809, il était de nouveau en Italie sous le prince Eugène; il se distingua k la bataille de Sacile, puis s'empara de Trieste. En 1814, Schilt rentra dans la vie privée. Mis définitivement à la retraite en 1816, il mourut quelques années plus tard.
SCHILT (Louis-Pierre), peintre sur porcelaine, né à Paris vers 1790, mort à Sèvres en 1859. Entré à l'âge de quatorze ans chez Constant, décorateur sur porcelaine, il commença par broyer les couleurs et gâcher la terre ; puis son maître l'initia aux secrets de la céramique et lui fit gagner quelque argent. Schilt, sur les conseils du peintre Paris, s'adonna à la reproduction des fleurs, travailla avec acharnement et fut admis, en 1822, à la manufacture de Sèvres, à laquelle il resta attaché jusqu'à sa mort. Ses principaux travaux sont : Service dit des familles naturelles, donné par Louis XVIII àlambassadeur de France ùVienne (1826); Peinture de fleurs et d'oiseaux, pour le roi de Prusse (1832); VaseMédicis, donné au grand-duc deToseaue (1839); Table à groupes de fleurs, donné à Méhémet-Ali (1840) ; Guéridon d fleurs sur fond blanc; Vase à buisson de roses (1850); Guirlande de pavots de différentes couleurs (1855).
SCH1LTEU (Jean), jurisconsulte et archéologue allemand, né à Pegau en 1632, mort en 1705. Entré d'abord au service du duc de Saxe-Zeitz, il devint, en 1662, bailli de Puhl et fut plus tard attaché au consistoire d'Iéna. A la suite d'infortunes domestiques, il quitta cette ville et alla d'abord s' établir a Francfort-sur-le-Mein, puis à Strasbourg, où il se fit professeur de droit. On cite, comme ses ouvrages les plus remarquables : Institutiones. juris canonici (léna, 1681); Institutiones juris publici Romano-Germanici (Strasbourg, 1696, 2 vol.); Codes juris feudalis atemaiinici (Strasbourg, 1697); Exercitationes ad quinquayinta libros Pandectarum (léna, 1698, 3 vol.; Francfort, 1733, 30 édic); Thésaurus antiquitalum. teutonicarum, qui fut édité par Scherz après la mort de l'auteur.
SCH1LT1G11E1M , ancienne petite ville de France (Bas-Rhin), à 5 kiloœ. N. de Strasbourg, près de l'Ill, cédée à la Prusse par le v traité de Francfort (10 mai 1870) et faisant depuis partiedel'Alsace-Lorraine; 3,966.hab. Fabrication d'amidon, huiles, toiles cirées, tuiles, vinaigre; distilleries.
SCHIMATOCHILE s. m. (chi-ma-to-ki-le — du gr. schisma, fente; cheilos, lèvre). Entom. Syn. d'EUGONE.
SCH1MMELMANN (Henri-Charles, comte DE), homme d'Etat danois, né à Demmin (Poméranie) en 1724, mort en 1782. Il fit fortune dans le commerce et augmenta encore ses richesses en entrant dans l'admmistt'ation danoise. Après avoir été intendant du commerce et ministre auprès du cercle de la ' Basse Saxe, il fut nommé trésorier royal en 1764 et reçut la direction des impôts dansja ville de Copenhague. En 1777, il fut un (Tes principaux promoteurs de la création du canal de Slesvig-Holstein. Schimmelmann mourut eu 1782,laissautunefortuneévaluéeàplus
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de 8 millions de rixdales, somme énorme pour l'époque.
SCHIMMELMANN (Ernest-Henri), fils du précédent, ministre danois, né à Dresde en 1747, mort à Copenhague en 1831. Il fut ministre des finances et du commerce de 1784 à 1814. En 1788, il entra au conseil d'Etat; enfin , en 1824, il fut nommé ministre des affaires étrangères. Son âge avancé le força, peu de temps après, à se retirer des affaires.
SCHIMMELMANNIE S. f. (chi-mèl-ma-nï —
de Schimmelmamt, sav. allem.). Bot. Genre d'algues marines peu connu, dont l'espèce type a été trouvée aux environs de Tanger.
SCHlMMELPENNINCK(Rutger-Jean), dernier grand pensionnaire de Hollande, né à Deventer en 1781, mort en 1825. Sa famille l'ayant destiné au barreau, il fit ses études de droit à Leyde, vint ensuite s'établir à Amsterdam et se mit à la tête du parti libéral modéré. II prit part aux mouvements de 1785 et 1786, présida la municipalité d'Amsterdam (1795) et se fit remarquer parmi les membres de la Convention batave. Après avoir contribué à renverser le parti radical le 12 juin 1798, il vint à Paris comme ambassadeur, assista ensuite au congrès d'Amiens et, lorsque la paix générale fut conclue (1802), passa à l'ambassade de Londres. La Hollande, placée sous le protectorat de la France, avait suivi les transformations de nos divers gouvernements. D'abord république démocratique, elle avait dû adopter le régime directorial ; Napoléon, devenu empereur, lui imposa l'autorité d'un seul, sous l'ancien titre de grand pensionnaire et voulut que cette haute magistrature fût remplie par Schimmelpenninck lui-même. Celui-ci, nommé en mars 1805, ne resta que quinze mois à la tête des affaires ; il vit la Hollande érigée en royaume au profit de Louis Bonaparte, puis réunie k la France en 1810. Créé comte de l'empire et appelé au sénat, il quitta la retraite où il s'était tenu pendant le règne du roi Louis pour assister aux séances de ce corps. A l'établissement du royaume des Pays- Bas en 1815, il fut membre de la première assemblée des états généraux. Louis XVIll le nomma grand cordon de la Légion d'honneur.
SCIII91PER (Wilhelm), voyageur et naturaliste allemand, né à Manheim, dans la grand-duché de Bade, le 19 août 1804. Après avoir fait ses études au lycée de sa ville natale, il s'engagea volontairement en 1821 et devint rapidement sous-officier; mais il sa dégoûta bientôt d'un métier qui, en temps de paix, offre si peu de ressources aux esprits studieux et intelligents, et il vint habiter Munich. Là, il fit la connaissance de Braun et du célèbre Agassiz, dont Jes conseiIs le déterminèrent à étudier les sciences naturelles et à voyager pour perfectionner par la pratique l'étude des théories. Il parcourut dans ce but le midi de la France et l'Algérie; mais, forcé par la maladie d'interrompre son voyage, il revint en Suisse, rapportant des collections assez importantes. 11 vécut à Neuchâtel pendant quelque temps, écoutant les leçons et les conseils d'Agassiz, et de là vint eu Alsace, où il écrivit son premier ouvrage, le Voyage en Algérie, qui parut en 1834 à Stuttgard. Cette même année, la Société des voyages scientifiques du Wurtemberg le chargea d'une mission en Egypte et en Arabie. II arriva en Egypte vers la tin de l'année, et, après avoir séjourné quelque temps à Alexandrie, il se rendit dans la haute Egypte, où il réunit plusieurs collections botaniques et zoologiques. De là il se rendit en Palestine, et, prenant pour centre de ses opérations le couvent de Sainte-Catherine, sur le Sinaï, il parcourut une partie de l'Ararabie Pétrée, parvint a Suez, d'où il se rendit à Djeddah, et, après avoir échoué dans son désir de pénétrer chez les Hedschas, entra dans l'Abyssinie. Il y trouva un accueil bienveillant de la part du prince d'Adoua et put explorer le pays durant trois années. Comblé de faveurs par ce prince, qui le nomma gouverneur d'un district important confinant au pays des Gallas, puis d'un autre district dans les environs de sa capitale, M. Sehimper, prévoyant tout le parti que la civilisation et la science pourraient tirer de cette position, épousa une indigène, se fixa dans ce pays, qu'il couvrit bientôt de constructions utiles, et favorisa les missions des lazaristes d'autant plus volontiers que, dans son séjour au milieu d'eux, il avait embrassé la religion romaine. Mais, précisément, sa partialité an faveur de ses nouveaux coreligionnaires lui attira l'inimitié des missionnaires anglicans, qui parvinrent à exercer une pression telle sur le prince d'Adoua, que celui-ci se détermina à le révoquer de ses fonctions de gouverneur. Il se retira alors dans les montagnes de Salem et se livra avec activité & ses explorations scientifiques. Sur ces entrefaites, la dissolution de la société scientifique qui l'avait envoyé en mission faillit lui retirer le peu de ressources dont il disposait. Heureusement, le Muséum d'histoire naturelle de Paris lui confia une mission permanente en Abyssinie, mission qu'il remplit avec beaucoup de zèle, envoyant chaque année au Muséum le produit de ses explorations multipliées. On conçoit qu'en menant une vie aussi active M. Sehimper ait eu peu le temps d'écrire. Mais, à défaut d'ouvrages
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complets, on a do lui de nombreux rapports accompagnant ses envois, qui sont à eux seuls d'une grande importance pour la science et qui donnent les notions les plus exactes sur les pays qu'il a parcourus.
SCH1MPÈRE s. f. (chin-pè-re — àeSchimper, natur. allem.). Bot. Genre de plantes, rapporté avec doute à la famille des crucifères, et comprenant des espèces qui croissent en Arabie.
SCHIN s. m. (chinn). Gramm. Lettre de l'alphabet hébreu qui équivaut k sch ou se. Il Signe numérique de 300, dans la même langue, il Troisième lettre de l'alphabet arabe, plus souvent appelée cbin.
SCH1NAS (Constantin-Démétrius), littérateur et homme d'Etat grec, né à Constîintinople vers la fin du siècle dernier, mort en 1S70. Il lit ses études à l'université de Berlin et épousa plus tard dans cette ville une fille du jurisconsulte Savigny. Après avoir pris une part active à l'indépendance grecque, il vint en France, fut attaché à la section d'archéologie de l'expédition scientifique en Morée et publia k Paris, en 1829, une Grammaire élémentaire du grec moderne , la première, croyons-nous, qui ait été écrite en français, après l'insuffisante Méthode pour étudier la langue grecque moderne de Jules David. Pendant la régence bavaroise en Grèce, Sehinas devint d'abord conseiller du ministère public, puis, en 1834, il reçut le portefeuille du ministère de la justice et, lors du procès de Colocotronis et de ses complices, ne craignit pas de recourir aux moyens extralégaux et de faire envahir par la force armée la salle du tribunal de Nauplie. Il fut ensuite appelé à une chaire d'histoire à l'université d'Athènes, dont il fut nommé recteur k diverses reprises, et, en 18-13, reçut de nouveau le portefeuille de la justice dans le cabinet Metaxas. En 1849, il devint ministre plénipotentiaire k Munich et, cinq ans plus tard, passa à Vienne en la même qualité. Au printemps de 1870, il se trouvait à Athènes sur la place de l'Université au moment où un incendie venait d'éclater; il fut renversé par une pompe a feu, qui lui passa sur le corps et le blessa mortellement. Schinas s'est acquis plus de réputation par ses travaux littéraires que par ses talents d'homme d'Etat et de diplomate, et a, publié un excellent Dictionnaire français-grec, ainsi que différents ouvrages historiques, entre autres une Histoire des anciens peuples de la Grèce (Athènes, 1851).
SCHINDEL s. m. (chain-dèl). Ichthyol. Syn. de SANDAT.
SCHINDEL (Charles-Guillaume-Othon-Auguste dis), littérateur allemand, né en 1776. Député, délégué, membre de diverses commissions, enfin chef du landsturm dans le pays de Gœrlilz en Lusace, il s'adonna surtout à la culture des lettres. Son principal ouvrage est intitulé : Auteurs allemands au sexe féminin du xixe siècle (1822-1825, 3 vol.). Il a aussi publié une traduction allemande de la Jérusalem délivrée (1800) et quelques autres travaux littéraires moins importants.
SCIlINbElUIANNES (Jean Bucklbr, dit), chef do brigands, né k Nastetten, dans le comté deKatzen-Ulbogen, en 1779, exécuté à Mayence en 1803. Son nom de Schinderhannes signifie Jean l'Ecorcheur. Ce fut l'un des chefs les plus redoutables des bandits connus sous la nom de garrotteurs ou chauffeurs. Il avait choisi les rives du Rhin pour théâtre de ses opérations. Deux fois emprisonné, il s'évada deux fois, et il se joua pendant longtemps des autorités françaises et allemandes. Arrêté en 1802 sans être reconnu sous son costume de charretier, il s'engagea, pour échapper à toute enquête sur sa personne, k un recruteur autrichien et fut envoyé au dépôt de Limbourg. Ce fut là seulement qu'il fut reconnu. Livré aux autorités françaises, il essaya en vain de tous les moyens pour obtenir grâce de la vie et fut exécuté avec dix-neuf de ses complices. Sa vie a été publiée par M. de Sevelinges (2 vol. in-12).
SCHINDLER (Antoine), musicien et critique allemand, célèbre par son intimité avec Beethoven, né kNeustadt (Autriche) en 1796, mort k Berlin au mois de février 1864. Il se livra d'abord à l'étude du violon, dirigea pendant quelque temps l'orchestre de l'opéra allemand à Vienne, puis la musique de la chapelle de la cathédrale à Munster et se fixa, en 1837, à Aix-Ia-Chapello en qualité de professeur particulier. Admis chez Beethoven, il devint l'ami du célèbre compositeur, passa dix années près de lui et l'assista dans sa dernière maladie. Il a donné dans le recueil périodique qui a pour titre Csecilia plusieurs lettres sur cet illustre maître. On cite encore de lui une intéressante Biographie de Beetho~ tien, publiée à Munster en 1840 (in- S"). Cette biographie a été traduite en français et se trouve chez Garnier frères, éditeurs.
SCHINDYLÈSE s. f. (sknin-di-lè-ze — du gr. scltindulêsis, fragmentation). A tint. Articulation de deux os au moyen d'une languette mince et longue engagée dans une cavité de même forme.
SCH1NG-K1NG, province de la Chine. V.
Cwkq-Kino.
SClllNG-YANG, ville de l'empire chinois, dans la Maudchourie. V. Mockden.
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SCIIINK (Jean-Frédéric), poète et auteur dramatique allemand, né à Magdebourg en 1755, mort en 1835. II étudia la théologie à l'université de Halle et se fit connaître, dès cette époque, par quelques poésies. En 1779, il devint librettiste du théâtre de Hanovre, partit l'année suivante pour Vienne, où pendant neuf ans il s'occupa de travaux littéraires, et, en 1789, fut nommé par Sehrœder dramaturge et poète du théâtre ae Hambourg. De 1797 k 1816, il vécut tour à tour à Ratzebourg et dans le Holstein, essaya ensuite vainement de se faire attacher au théâtre de Berlin et obtint, en 1819, de la duchesse de Courlancle, une pension qui le mit à l'abri du besoin. Après la mort de la duchesse, la fille de cette dernière, la duchesse de Sagan, l'appela auprès d'elle k Sagan et le nomma son bibliothécaire. Grâce k cet emploi, qui était une véritable sinécure, il passa ses dernières années dans une heureuse indépendance. On a de lui : Gianetta Montaldi, tragédie qui fut couronnée k Hambourg; Fragments dramatiques (Gratz, 1781-1784, 4 vol.); le Théâtre d'Abdère (Berlin, 1787, 2 vol.); les Mois drarnatir/ues (Sohwerin, 1790, 4 vol.); Fantaisie, raillerie et gravité , recueil hebdomadaire (Alloua, 1793, 4 vol.); les Chants de la religion (Berlin, 1798); Jean Faust (Berlin, 1804, 2 vol.) ; les Dispositions, poëme didactique (Berlin, 1818); Tableaux romantiques (Altenbourg, 1822); Peinture de ta vie et du caractère de Lessing (Berlin, 1825); le Don Carlos de Frédéric Schiller commenté au point de vue de l'esthétique, de la critique et de la psychologie (Dresde, 1827), etc.
SCI1INKE (J. -Chrétien - Gottelf), savant allemand, né à Querfurt en 17B2, mort en 1839. Ce travailleur modèle et consciencieux ne nous est connu que par ses ouvrages, dont les principaux sont : la Vie et ta mort ou les Déesses du destin (Leipzig, 1825); ['Archéologie de la confirmation (Halle, 1826); Manuel de l'histoire de la littérature grecque (Magdebourg, 1838).
SCIHNKEL (Charles- Frédéric), architecte prussien, né à Neuruppen en 1781, mort en 1841. Il eut pour maître Gilly et se fit, par ses travaux, une réputation européenne, Berlin lui doit son théâtre, le monument de l'Armée, le pont du Palais, la porte de Potsdam, l'Ecole du génie, le Musée. Schinkel a contribué k populariser l'art du dessin en l'russe par son grand ouvrage intitulé : Modèles destinés aux artisans (1820).
SClllNNIUt (Matthieu), plus connu sous le nom de Cardinal «le Sïon, né vers 1470, dans le Valais, près de Sion, dont il devint évêque en 1500, mort à Rome en 1552. Nommé par le pape Jules II cardinal et légat du saintsiége en Loinbardie, il se servit de son influence Sur les chefs des cantons suisses pour les détacher de l'alliance française, décida les Suisses de Lautrec à l'abandonner, fut l'âme de toutes les intrigues contre la France et conduisit plusieurs fois ses compatriotes contre nos armées pendant les guerres d'Italie. Si l'on en croit Paul Jove, François I" disait que l'éloquence du cardinal de Sion lui avait été plus funeste que la valeur des Suisses. Ce prélat ne passait point, d'ailleurs, pour avoir des mœurs irréprochables ; il était de plus ambitieux, intrigant et implacable dans ses vengeances.
SCHINUS s. m. (ski-nuss — du gr. schinos, lentisque). Bot. Genre d'arbres, de La famille des térébinthaeées, comprenant deux espèces qui croissent dans l'Amérique du Sud.
SC111NZ (Jean-Henri), historien suisse, né à Zurich en 1725, mort en 1800. Négociant et magistrat dans sa ville natale, il a publié un Essai sur l'histoire du commerce de Zurich (1763, in-8°), en allemand, et quelques mémoires relatifs à des recherches sur le commerce, qui ont été insérés dans les Actes de la Société de physique de Zurich.
SCI11NZ (Christophe -Salomon), médecin suisse, né à Zurich en 1739, mort dans la même ville en 17S4. 11 voyagea pendant sa jeunesse en Hollande et en France. De retuur dans sa ville natale, il exerça la médecine. En 1778, il fut nommé professeur de physique et de mathématiques. Il prit une part active à l'introduction de la vaccine en Suisse et k l'établissement d'une école spéciale de médecine fondée par un groupe de médecins et de chirurgiens philanthropes à Zurich. On a de Schinz un certain nombre da mémoires insérés dans les Actes de la Société de physique de Zurich, une Introduction à l'étude de la botanique (1774, in-fol.avec fig.), en allemand, des dissertations, etc.
SCHINZ (Jean-Rodolphe), physicien suisse, né k Zurich en 1745, mort dans la même ville en 1790. Il voyagea en France et en Italie pendant sa jeunesse et fut, depuis 1778, curé de Zurich. On lui doit six cahiers de Fragments pour servira ta connaissance de la Suisse (Zurich, 1783-1791), en allemand; un Eloge de Bodmer (1783) et un Elogium sacerdotis S. -P. Pustelli (Zurich, 1773, in-8o). ra yie de J.-Il. 'Schinz a été publiée en allemand (Zurich, 1793, in-8o).
SCHINZ (Rodolphe -Edouard), ingénieur suisse, né k Zurich en 1812, mort k Dirschau en 1855. Il fit ses premières études en Suisse et les continua à l'Ecole polytechnique de Paris de i»3o k 1833. Revenu en Suisse, il fit dans le canton de Zurich et surtout à Zurich
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même des travaux considérables, construisit deux ponts et démolit les anciennes fortifications de la ville (1835-1836). Cette démolition rendit nécessaires des travaux importants d'édilité et d'hydraulique , qui eurent lieu sous la direction de Schinz. Cet ingénieur fut employé, de 1836 k 1838, au chemin de fer de' Paris k Versailles, puis jusqu'en 1841 à celui de Bâle à Strasbourg. Il inventa en 1842 un appareil qui réduisait assez considérablement la dépense du combustible dans les locomotives. En 1844, il entra au service de la Prusse et, jusqu'en 1849, il fut occupé au chemin de fer de Cologno k Minden. A cette époque, il inventa un ma nomètre , dont celui de Bourdon , aujourd'hui généralement employé, n'est qu'un perfectionnement. Enfin, en 1850, il construisit k Marienbourg, sur la Vistule et la Nogat, des ponts suspendus k grilles en fil de fer. Il inventa k cette occasion un nouveau système de construction pour les ponts, système qui paraissait offrir de grands avantages et qui cependant aujourd'hui est tombé en défaveur en France et en Angleterre.
SCHINZNACII, bourg de Suisse, ennton d'Argovie, à 8 kilom. N.-E. d'Aarau, dans une contrée fertile et bien cultivée, sur la rive droite de l'Aar; 2,000 hab. Eaux thermales sulfureuses et établissement de bains très-fréqùentès. Aux environs, belles promenades et buts d'excursions très-intéressantes.
SCHIO, ville du royaume d'Italie, province et k 26 kilom. N.-O. de Vicence, chef-lieu de district et de mandement; 6,046 hab. Fabrication de draps ; commerce de vins, soie et grains.
SCIIIOPPALÀLBA (Jean-Baptiste), helléniste italien, né k Venise en 1721, mort dans la même ville en 1797. Son principal ouvrage est une dissertation intitulée: In perantiquam sacram tabulam grtecam , insigni sodalitio sancls Maris Charitatis Venetiarum a cardinale Ilessarione dono datam (Venise, 1777, in-4o).
SCHIPANl (Louis-Joseph, chevalier), général italien, né à Catanzaro, mort en 1799. Il était lieutenant dans un bataillon provincial au moment où le général Championnet entra à Nuples. Schipani devint un des défenseurs de la république Parthénopéenue et reçut le commandement d'une légion destinée k réprimer l'insurrection de la Culabre. Il fut vaincu par Sciarpa hCastellucoio et ne sut pas s'entendre pour une action commune avec Wirtz, autre chef républicain. Tous deux laissèrent passer sans t'inquieter l'armée de Ruffo. Celle-ci s'empara de Naples et la république Parthénopéenne fut détruite. Schipani était sur le point de quitter l'Italie lorsqu'il fut arrêté près de Torre-dell' Annunziata, transporté dans l'île de Procida et enfin mis à mort, au mépris de la capitulation qui garantissait qu'aucune poursuite ne serait dirigée contre les partisans de la république.
SCH1PPENI1E1L, ville de Prusse, dans la province de Prusse, régence de Kœnigsberg, cercle et à 22 kilom. S. de Frieillaml, sur l'Aile; 2,810 hab. Nombreuses tanneries.
SCHIPPOND s. m. (ehi-pondd). Métrol.
Poids d'Anvers valant 141 kilogr. 0468.
SCH1RACH (Adam-Théophile), agronome allemand, fondateur de la première société d'agriculture de la Lusace, né k Klein -Bautzen (Saxe), mort en 1773. Il a laissé sur les abeilles des opuscules estimés qui ont été réunis et traduits en français par Blassière, sous ce titre : Histoire naturelle de la reine des abeilles (1787, in-8°).
SCHlllACH (Théophile-Benoît), philologue et publiciste allemand, né il Tiefenperth (Lusace) en 1743, mort en 1804. Il occupa la chaire de philosophie d'Helmstœdt de 1769 a 1799 et fonda, en 1780, le Journul politique d'Altona, lu première feuille traitant des affaires publiques publiée au delà du Rhin. On a de lui : Ctavis poetarum classicorum (17C8, in-8<>); Biographie des Allemands (1770-1774, 6 vol. in- 8°), livre qui fut très-guûté; Histoire de l'empereur Charles V/(l776, iu-8°).
SCH1R-AU-KHAN, émirde Kaboul, né vers 1820. Il succéda, en 1863, k son père Dost- Mohammed dans la souveraineté de Kaboul et de Hérat, tandis que son frère aîné, Afzul- Khan, régnait à Balkh, et son autre frère, Azim-Khan, k Khourm. Bien qu'il fût soupçonné d'intentions hostiles envers le gouvernement britannique, sou accession au trône fut cependant reconnue parce dernier; mais la désunion ne tarda pas k se mettre entre les trois frères, et elle devint même apparente avant qu'ils se séparassent à Hérat pour se rendre dans leurs principautés respectives. En quittant cette ville, Schir-Ali y laissa pour gouverneur son fils Yakoub et marcha aussitôt avec son armée contre sou frère Azim, qui avait déjà des velléités de révolte, mais qui se soumit aussitôt. Cependant, au printemps de 1864, Afzul se proclama émir de l'Afghanistan et Azim, de son côté, leva des troupes k la même époque. Scliir-Ali envoya une armée contre ce dernier, qui fut obligé de prendre la fuite et chercha uu asile auprès du gouvernement de l'Inde anglaise; puis l'émir marcha lui-même contre Afzul, qu'il battit en juin de la même année, près de Bamyan, dans l'Indoukousch. Us tirent cependant la paix ; mais bientôt Après un nou-
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veau sujet de conflit s'éleva entre eux? Afzul fut jeté en prison, et son fils, Abdulrahinan, qui avait épousé une fille de l'émir de Bokhara, appela ce dernier k son aide pour délivrer son père. A ta tête d'une armée de 10,000 hommes, que vint bientôt après renforcer Amin-Khan, émir de Kandahar, ils vinrent, au printemps de 1865, mettre le siège devant la forteresse de Khélat; mais ils durent le lever en mars suivant. Schir-Ali marcha aussitôt contre les confédérés et leur livra, le 6 juin, près de Khélat, une bataille dans laquelle il fut vainqueur, mais où il perdit celui de ses fils qu'il préférait à tous les autres. La conquête do Kandahar, dont il prit possession huit jours plus lard, no suffit pas pour le consoler de cetto perte et il tomba dans une prostration profonde, de laquelle ne purent le faire sortir les défaites éprouvées par Ibrahim, un autre de ses fils. Le 24 février 1866, Kaboul tomba aux mains de l'ennemi et Afzul-Khan fut rendu à la liberté. Schir-Ali, arraché enfin à sa torpeur, se mit lui-même k la tête d'une nouvelle armée, avec laquelle il alla attaquer ses adversaires dans leur camp à Sheckubad. L'issue de la bataille semblait se déclarer en sa faveur, lorsque la majeure partie de ses soldats l'abandonnèrent pour passer k l'ennemi, et l'émir dut chercher son salut dans la fuite. Afzul-Khan fut aussitôt reconnu comme émir de l'Afghanistan par tous les princes et chefs présents, et, le 21 mai 1866, il fut solennellement installé k Kaboul.
Cependant Schir-Ali possédait encore Kandahar, Furrah et Khélat, et son fils Yakoub occupait toujours Hérat, qu'il gouvernait avec beaucoup de sagesse. L'émir détrôné rassembla une nouvelle armée, mais il fut encore battu en 1807 et dut se réfugier à Hérat; k la même époque, le vice-roi de l'Inde reconnut Afzul-Khan comme souverain de l'Afghanistan. Lue nouvelle tentative faite par Schir-Ali en septembre de la même année ne fut pas plus heureuse; son armée éprouva une nouvelle défaite et il dut encore aller demander asile à son fils à Hérat. £1 est peu probable qu'il parvienne k recouvrer Kaboul, car les Anglais ont tout intérêt k soutenir lu nouvel émir, qui est leur obligé et qui n'est pas anima contre eux des mêmes sentiments hostiles que son frère.
SCHIRAZ ou CHIRAZ, ville forte de Perse, chef-lieu de la province de Farsistan , a 333 kilom. S. d Ispahan , par 29» 46' de huit. N, et 50» 17' de longit. E. ; 30,009 hab. Fabrication de toiles de coton, armes k feu, sabres, tapis, châles ; aux environs, récoltes de vins renommés. Commerce assez actif.
Cette ville, située au milieu d'une belle et riche plaine, est la truisième de la Perse et l'une des plus importantes cités de l'islamisme. Dans sou enceinte, qui embrasse une assez grande étendue de territoire cultivé, elle renferme trente mosquées, de nombreux raedresselis ou collèges, de vastes bazars bien approvisionnés et, comme toutes les villes importantes de l'Orient, de beaux établissements de bains. Ou y voit le tombeau d'JIiitiz, l'Anacréon de la Perse, et, aux environs, celui du poèUeSaudi, tous deux origitmiresde Schiruz. Cette ville, qui fut fondée k la fin du vu0 siècle par les musulmans, fut dévastée en 1813 et en 1824 par des tremblements de terre. Non loin de Schiraz, on rencontre les ruines de l'ancienne Persépolis.
Schiraz est la ville de Perse qui produit les meilleurs vins de l'Asie ; son nom, disent quelques écrivains, vient de scherab, qui veut dire vin. La fertilité du terroir de Schiraz est merveilleuse. On y cultive le kismich, petit raisin doux et sucré, k pépin imperceptible, et le damas, raisin énorme dont les grappes pèsent quelquefois 12 livres. « C'est du damas, dit Chardin, et seulement de lui que se tire l'excellent vin qu'on appelle vin de Schiraz, qui, pour la beauté de sa couleur et pour la bouté de son goût, est estimé le meilleur de la Perse et de tout l'Orient. Ce n'est pas de ces vins de liqueur qui plaisent d'abord à L, bouche; au contraire, il me parut rude la première fois que j'en bus; mais lorsqu'on en a bu quelques jours, on le préfère k tout autre, et ceux qui s'y sont accoutumés ne peuvent plus goûter d'autre vin. On le tient fort cordial et stomacal, excellent aux convalescents; mais comme il a beaucoup de chaleur et de corps, il n'en faut pas faire d'excès. Sa couleur est du plus beau rouge et du plus vif que l'on puisse voir, Muis ce vin n'est pas de garde, s'aigrissant d'ordinaire la troisième année; ce qui provient de ce qu'on ne le fait pas assez cuver et qu'on le met trop tôt en bouteilles. En revanche, il ne se gâte point au transport. Comme l'usage du vin est défendu p:ir la religion du pays, pour en faire il faut avoir un privilège du roi... Les négociants européens en ont facilement, et les juifs en obtiennent aussi en gagnant les magistrats qui ont l'inspection là-dessus... La manière dont on fait ce vin est assez simple. En jetant les raisins dans une cuve percée et les foulautdes pieds,le jus tombe dans une autre cuve, d'où on le transvase dans des pitares ou grandes urnes de terre vernissée, et au bout de dois semaines on te met en bouteilles. Le moût est jeté sans être mis sous le pressoir, et c'est lk toute la façon qu'on y apporte. Les bouteilles dans lesquelles on transporte le vin de Schiraz sont de deux grandeurs : les petites bouteilles tiennent quatre piutos et demie (mesure de Paris), les
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pl'andes tiennent cinq des petites; elles sont faites d'un verre très-épais et sont nattées par-defisus pour être moins sujettes à se casser. Ces bouteilles se bouchent avec du coton et de la cire fondue par-dessus. On les enferme jans des caisses, dix petites bouteilles dans chacune, avec de la paille, et on les iranspirte ainsi dans tout le royaume et dans les hues, jusqu'à la Chine et au Japon. Le meilleur vin coûte à Schiraz 30 à 40 sols la bouteille. »
Les vignobles les plus estimés des environs ce Schiraz sont plantés au pied des montagnes, au nord-ouest de la ville, sur un sol rocailleux. Toutes les vignes sont tenues basses et supportées par des échalas, comme en France. La vallée qui se trouve entre ces hautes collines est si délicieuse, que, au dire des voyageurs, on ne saurait en imaginer une
fins bslle ; on y récolte tous les fruits de Europe, mais ils sont plus gros, plus savou- "reux, plus parfumés; le raisin y est surtout délicieux.
Le î in de Schiraz est remarquable parce qu'il n'est ni pâteux ni fade et qu'il laisse la louche fraîche après avoir fait disparaître le goût des aliments pris durant le repas. La chaleur qu'il produit dans l'estomac est plus douce que celle des vins les plus recommandés pour leurs vertus toniques. Il supporte parfaitement les voyages et arrive en France, de raêi le que nos vins de Bordeaux vont aux Indes. Il ne perd rien de ses qualités à traverser la mer; à peine subit-il une légère altération dans sa couleur, parce que cette derniè:e s'attache aux parois de la bouteille ; il se forme alors un dépôt peu volumineux, semblable, à peu de chose près, au déjôtpierre des meilleurs vins de Champagne. Le seul ds faut que l'on trouve a ces vins orientaux est un arôme qui participe de celui des gonunts et des résines odorantes que l'on tire de Perse.
Les vignobles de Schiraz produisent aussi du vin blanc d'une couleur ambrée et brillante, Fin qui joint à une douceur agréable le parfum du vin sec de Madère, auquel il n'est point inférieur quand on l'a gardé plusieurs innées. D'autres vins blancs, de moindre qualité, sentent le safran, que les Arméniens y introduisent pour leur donner la couleur et le goût qui plaisent aux consommateuis du pays.
SCIIHtMECK, ancien bourg de France (Vosges), chef-lieu de canton, arrond. et à 39 kilon. N.-E. de Saint-Dié, sur la Bruche, cédé à l'Allemagne par le traité de 1871 ; pop. aggl., 1,027 hab. — pop. tôt., 1,376 hab. Manufacture de rubans, filature de coton; fabrication de chapeaux, teintureries, carrières de marbre. Ruines d'un château fort au sommet d'un rocher à pic.
SCII BMElt (Guillaume), peintre allemand, ■né a Berlin en 1S02, mort en 1866. Elève de Sehadow, il parcourut l'Italie de 1S27 à 1830 et revint ouvrir dans sa ville natale un atelier qu. fut très-fréquente. Nommé suecessivemen; membre (1835) et professeur (1839) de l'Académie des beaux-arts de Berlin, il alla, ei 1845, faire encore un séjour de deux ans en Italie et entreprit, en 1805, un troisième voyage dans cette contrée; mais il mourut quelques mois plus tard à Nyon, sur le lac de Genève. Dans ses tableaux, dont les sujîts sont d'ordinaire empruntés à l'Europe méridionale et qui représentent le plus souvent des monuments d'architecture, on remarque surtout une grande richesse et une grande délicatesse de forme, ainsi qu'une vigueur toute méridionale de coloris, U a su conserver ces qualités dans ses peintures à fresque, et, parmi celles dont il a décoré le musée de Berlin, on admire surtout ses Vues d'Egypte et de Grèce. Il avait été appelé a Dresde en 1852, pour y décorer de paysages peints i la fresque le château du prince Albert de Prusse, mais ce projet fut ensuite abandonné. On ci:e comme ses deux œuvres les plus remarquables la Maison du Tasse à Sorreiiie, toile qui se trouve au musée de Berlin, et une Fontaine dans le jardin d'une villa, qui appartient à la collection de la Société d îs amis des arts dans lu même ville.
SCHIKMEII (Jean-Guillaume), peintre allemand, ué à Juliers en 1807, mort en 1863, Fils d'un relieur qui lui apprit son métier, il vint en 1825 comme ouvrier à Dusseldorf, où se révéla sa vocation pour la peinture. Il étudia sous la direction Ue Lessing. et ses progrè;; furent si rapides que, dès 1830, il fut nommé second professeur a l'Académie de Dusseldorf, où il devint professeur titulaire en 183t. Dans ses premiers tableaux, il s'était borné à reproduire les scènes calmes et tranquilles de la vie des forêts; mais, à la suite de plusieurs voyages en Suisse, en France et en Italie, il aborda la grande manière idéale du paysage, et ses œuvres, dans ce genre, peuvent être comparées aux plus belles compositions de l'école moderne. Pur la vigueur et la grandeur de ses formes, il rappelle souvent G. Poussin, et, comme lui, il lime les vastes horizons. Les qualités originales et le faire magistral de ses œuvres en font réellement le fondateur de l'école dis paysage de Dusseldorf. En 1854, il fut apjelé à la direction de l'école des beauxarts qui venait d'être créée à Carlsruhe et à laquelle il sut donner rapidement un grand essor. Pendant les dernières années de sa vie, il se laissa dominer par les idées reli-
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gieuses, et c'est à cette influence que l'on doit vingt-six grands paysages, qu'il peignit avec Kohle et qui excitèrent l'admiration générale. Ils sont connus SOUS le titre de Paysages bibliques et ont été photographiés par Allgeyer. L'artiste a lui-même reproduit à l'huile et dans de grandes dimensions six. de ces paysages, qui représentent des épisodes de la vie d'Abraham et qui se trouvent au musée de Berlin. Parmi ses autres tableaux à l'huile, on remarque quatre paysages bibliques, qui représentent les quatre périodes du jour et, comme sujet secondaire, l'histoire du bon Samaritain. On cite encore du même artiste : des Etudes suisses, la. Jungfrciu, les Côtes de la Normandie, Tivoli, la Fontaine d'Egërie, des Paysages campaniens et un grand nombre d'études d'après nature, dont Vollweiiler a publié plusieurs cahiers. Il possédait aussi un talent remarquable comme graveur, et l'on cite comme son œuvre la plus estimée dans ce genre Huit gravures de paysages originaux (Dusseldorf, 1847).
SCII1HVAN, ancienne province russe. V.
Cuirvan.
SCH1SCHKOW (Alexandre-Semenovitch), amiral, ministre et écrivain russe, né en 1754, mort en 1841. Nommé secrétaire d'Etat en 1812, il prit part à la rédaction d'un grand nombre de documents officiels de toute sorte ; il en publia le recueil en 1816. En 1820, il fut nommé membre du conseil de l'empire et, en 1824, ministre de l'instruction publique. Comme beaucoup do ses devanciers et successeurs à ce ministère, il chercha et réussit à empêcher l'instruction de se répandre dans les masses. 11 quitta le ministère en 1858. Il était, depuis 1806, président de l'Académie de la langue russe et il a publié un grand nombre d'ouvrages scientifiques, philologiques et poétiques. Ses poésies sont aujourd'hui démodées, mais ses autres ouvrages sont assez estimés. Nous citerons, entre autres : un Dictionnaire comparé en deux cents tangues (Saint-Pétersbourg, 1838, 2 vol. in-8°); traité de la science maritime (Saint- Péleisbourg, 1795); Dictionnaire de marine anglais, français et russe (1795, 2 vol.); Recueil de journaux maritimes (1800, 2 vol.). Sehischkow a traduit en prose la Jérusalem délivrée et a donné, en 1805, une excellente édition du poème intitulé Expédition d'Igor contre les Polovtses. Il a aussi publié en 1816 le recueil de documents dont nous avons parlé et, en 1831, des mémoires historiques. Nous ignorons le titre exact de ces deux derniers ouvrages.
SCHISMA s. m. (ski-sma — mot gr. qui signif. division). Mus. Petit intervalle valant la moitié d'un comma.
SCHISMATIQUE adj. (chi-sma-ti-ke — du gr. schisma, division). Qui fait schisme, qui est séparé de l'Eglise : Les Grecs schématiques. La plupart des Grecs sont schismatiques parrapport à l'Eglise romaine. (Acad.)
— Substantiv. Personne qui appartient au schisme, qui est séparée de la communion de l'Eglise : Les hérétiques et les schismatiquks.
SCHISMAT1SER v. a. ou tr. (cht-sma-ti-zé — dugr. schisma, division, séparation). Rendre schismatique : Schismatiser un peuple, il Peu usité,
— v. n. ou intr. Former un schisme.
SCHISMATOBRANCHE adj. (slri-Sma-tobran-che — du gr. schisma, division, et de. branchies). Ichthyol. Dont les branchies s'ouvrent par une fente.
SCHISMATOPTÉRIDE adj. (ski-sma-t'opté-ri-de — du gr. schisma, division; pteris, fougère). Bot. Dont les capsules s'ouvrent par une fente.
SCHISME s. m. (chi-sme — dugr. schisma, divisioii ; de schizein, fendre, qui se rattache probablement à la racine sanscrite chid, couper, fendre, d'où aussi le latin scindera, le gothique skaidan, allemand scheiden,schneideit, et le lithuanien skuttu, même sens. A la même racine appartiennent le sanscrit chidis, chaidas, tranchant, coupure, gr. schisis, et, le sanscrit chidâ, fragment, gr. schidê, lithuanien skutta, même sens). Théol. Acte de séparation, sorte de rébellion par laquelle un ou plusieurs individus se séparent de la communion de leur Eglise : Le schisme des Grecs. Tomber dans le schisme. Faire schisme. Après la mort de Nicolas II, il s'éleva un schisme dans l'Eglise ; le clergé de Lombardie ne voulut point obéir au pape Alexandre II et nomma Cadolo de Parme antipape. (Machiavel.) // est naturel que le schisme mène à l'incrédulité et que l'athéisme suive l'hérésie. (Chateaub.) La religion mahométàne est homogène et a produit moins de schismes que les autres croyances. (Renan.) H Schisme actif, Acte par lequel on se sépare volontairement de la communion de l'Eglise. )j Schisme passif, Etat de ceux que l'Eglise a elle-même rejetés de son sein.
— Par .anal. Division qui survient entre des personnes qui étaient unies ou qui s'accordaient jusque-là : Chateaubriand est un des patriarches du grand schisme littéraire dont nous avons été témoins. Pauvre, pauvre siècle.' Enfin nous voyons le commencement de ce schisme que je prévoyais. (Lamenn.)
— Fig. Désaccord, opposition : Le mal est le schisme de l'être; il n'est pas vrai. (J. de Maistre.)
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— Hist. Sçitisme des dix tribus, Séparatiun des Juifs en deux royaumes, l'an 979 av. J.-C. Il Schisme des Samaritains, Séparation entre Jérusalem et Samarie. Il Grand schisme d'Occident, Dissension qui exista dans l'Eglise catholique durant une partie du xive et du xve siècle, et pendant laquelle il se nomma plusieurs papes à la fois.
•— Encycl. Il y a eu dans toutes les religions des schismes; nous n'entreprendrons pas de les raconter. Nous mentionnerons seulement les schismes principaux qui ont marqué dans l'histoire et qu'il n'est pas permis d'ignorer.
Le schisme de Roboam , qui arriva en 962 av. J.-C, eut pour cause la tyrannie de ce roi des Juifs, fils et successeur de Sulolomon. Dix tribus du royaume d'Israël, sur douze, lui refusèrent obéissance et prirent pour roi Jéroboam; elles formèrentle royaume d'Israël, tandis que Benjamin et Juda demeurées fidèles formèrent le royaume de Juda. Ces deux Etats voisins et toujours ennemis eurent une série de rois parallèles qui guerroyèrent souvent entre eux, jusqu'au moment où les Babyloniens et les Assyriens vinren^détruire tout à la fois le schisme et les deux royaumes. Nous n'insisterons pas sur ce schisme, qui, d'ailleurs, avait un caractère plutôt politique que religieux.
Le schisme grec ou schisme d'Orient, séparation de l'Eglise grecque d'avec l'Eglise ro- . maine, commença sous Photius, en 858, puis fut consommé par le patriarche Cerularius, en 1054; ce schisme subsiste encore. Photius, homme savant, mais fort ambitieux, avait eu auprès dé l'empereur Michel III le crédit de se faite nommer patriarche de Constantinople à la place d Ignace, qu'on relégua dans une lie. Le pape Nicolas ayant soutenu le patriarche légitime, Photius chercha querelle aux dogmes et aux cérémonies de l'Eglise et d'une question purement personnelle lit une question religieuse, en quoi il montra unegrandehiibileté;par exemple, Photius reprochait à l'Eglise latine de dire que le Saint- Esprit procède, non du Père seulement, mais du Fils et du Père, C'est sur ce prétexte que l'Orient catholique s'est brouillé avec l'Occident. Nous ne raconterons pas les péripéties de ce schisme qui eurent lieu du vivant de Photius et après sa mort, les raccommodements passagers, presque aussitôt suivis de nouveaux déchirements. U y a peu d'intérêt dans ces querelles. La véritable raison du schisme fut, en somme, la jalousie des Grecs contre les Latins ; les Grecs ne purent se résigner à la suprématie de l'Occident, à qui ils avaient donné, comme ils le disaient fort justement, leurs usages, leurs mystères, leurs cérémonies et jusqu'aux noms de tout cela, d'autant plus que les Grecs continuaient à se croire bien supérieurs aux Latins, qu'ils regardaient comme des disciples barbares, ignorants et qui méconnaissaient leurs maîtres.
Le schisme d'Occident mérite qu'on en parle avec développement. Il présente des péripéties fort instructives. Ce schisme, appelé aussi le grand schisme, troubla profondément les consciences catholiques, encouragea des hérésies diverses et fut une pierre d'achoppement pour les esprits déjà portés au mysticisme. Il fut amené par les mauvaises mœurs du clergé romain et en particulier des cardinaux. Le premier pape élu dans Rome après cette Série de papes qui demeurèrent à Avignon, Urbain VI, était (1378) un vieillard instruit, désintéressé, étranger aux vices monstrueux ou infâmes si communs dans les hautes classes du xve siècle, sans en excepter les cardinaux. Urbain VI voulut réformer l'Eglise; mais il manquait, parmi toutes ses autres qualités, de la prudence et de la largeur d'esprit nécessaires à l'œuvre qu'il entreprenait. Il débuta par annoncer son projet crûment et dans les termes les plus propres à révolter d'avance ceux qu'il projetait de corriger. Outrés des reproches du pape, presque tous les cardinaux qui venaient de l'élire quittèrent Rome et, se réunirent à Anagni. Us commencèrent naturellement par déclarer nulle l'élection d'Urbain VI; puis, procédant à une élection nouvelle, ils choisirent un hoinino de langue française, seigneur de la maison de Savoie, Robert de Genève. Ce choix était dicté par l'intention de se rendre favoruble le roi de France, qui avait vu avec chagrin la papauté quitter son royaume, où elle se trouvait soumise à son influence, et aussi de rallier quelques cardinaux qui s'obstinaient à rester à Avignon. Le nouveau pape prit le nom de Clément VII. Il fut, en etl'et, reconnu et par les cardinaux d'Avignon et par le roi de France Charles V. L'Espaguo suivit la France; mais l'Angleterre, l'Allemagne, les Etats Scandinaves et une partie de l'Italie demeurèrent dans le parti d'Urbain VI. La France elle-même n'était pas unanime. A U suite de longues hésitations, le corps le plus considérable de la catholicité après le sacré collège, l'Université de Pans, se divisa. Clément avait d'abord élu domicile à Naples, chez la fameuse reine Jeanne de Naples. L'hostilité du peuple l'en chassa; il se retira alors en France, et la papauté fut réinstallée à Avignon, mais co n'était plus qu'avec un demi-pape. Cet état de choses était déj:i assez scandaleux; il devait pour-
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tant le devenir davantage. Urbain VI étant mort, les cardinaux de Rome se hâtèrent do lui donner un successeur, qui fut Bonifnce IX. Les événements politiques les plus graves détournèrent presque partout les esprits de la question du schisme durant plusieurs années (jusqu'en 1394). A cette époque, une longue trêve entre l'Angleterre et la France, qui depuis longtemps se faisaient une guerre acharnée, ayant été définitivement conclue, la paix de l'Eglise par l'iinéantissem-nt du schisme devint la préoccupation universelle. L'UniverMté (celle de Paris bien entendu) se donna à elle-même mission de rétablir l'unité catholique. Elle appela tous ses membres à exprimer leur avis par écrit. Il y eut dix mille avis émis, qui aboutirent presque tous à ces deux propositions : forcer les deux papes à l'abdication, réunir un concile universel. Le représentant de l'Université en cette occasion fut Nicolas de Clémangis, qui porta au roi Charles VI les vœux de ses collègues. Sa harangue, remarquable comme témoignage des opinions du temps sur le pouvoir du pape, qu'on ne jugeait pas du tout infaillible, sur le pouvoir du concile dont l'infaillibilité non plus ne passait pas pour absolue, sa harangue finissait par la proposition de chasser les deux papes comme des loups déguisés en pasteurs s'ils se refusaient à finir le schisme. On dit que Clément VII en la lisant entra dans une telle colère qu'il en mourut. On envoya aussitôt aux cardinaux d'Avignon- pour L-s prier do surseoir au conclave ; mais ils avaient intérêt à nommer un pape à eux, dépendant d'eux et, par conséquent, commode à toutes leurs ambitions, tolérant pour tous leurs vices; aussi nommèrent-ils un pape au plus vile; ce fut Benoit XIII (1395). Cependant, un concile gallican se réunissait à Paris et votait l'abdication des deux papes. Des députés envoyés du concile au pape d'Avignon pour lui signifier ce vote furent éconduits. L'Université en ressentit une vive indignalion. Elle se mit en correspondance avec les universités étrangères et les princes des pays qui reconnaissaient l'autre pape, celui de Rome, et les engagea à traiter leur papo comnie elle leur annonçait qu'elle-même allait traiter le sien. La situation se dessinait. Il devenait clair que toute la catholicité, désolée d'un scandale aussi grand que celui de deux papes coexistants, voulait à toute force le faire cesser ; toute la catholicité, disonsnous, hors la tète, les papes et les cardinaux, qui sentaient peu la honte d'un pareil état, mais qui sentaient vivement leurs intérêts. Maigre le ton roide et assuré de son langage, l'Université n'obtint rien ; elle ne pouvan rien sans l'appui des princes qui, un moment préoccupes de cette question spirituelle, détournaient bientôt tonte leur attention sur des questions politiques. Eu 1400 seulement, une nouvelle trêve ayant été conclue entre le roi de France et le roi d'Angleterre, l'Université en profita pour agiter de nouveau l'opinion au sujet du schisme. Benoît XIII trônait toujours à Avignon ; Innocent VII était le pape de Rome. Elle demanda que l'obédience fût refusée à Benoît XIII, pape des Français. Pour la première fois, la voix de l'Université trouva un écho retentissant dans le parlement, qui ne s'était jamais mêlé des affaires de l'Eglise, mais qui, une fois l'habitude prise, ne devait plus la perdre. Un concile gallican fut assemblé ; il décida la soustraction d'obé dience et la réunion d'un concile général. L'obstination des earninaux, en dépit de tout ce bruit, était si grande qu'Innocent Vil étant mort sur ces entrefaites, ceux de Rome élurent encore un pape, Grégoire XII, » mais en l'obligeant de jurer qu'il renoncerait à son droit quand l'antipape d'Avignon en ferait autant. » C'était une clause qu'on ne manquait pas depuis l'origine du schisme do faire jurer à tous les papes qu'on élisait, et ce n'était qu'une hypocrisie destinée à duper la public. Ni celui qui jurait ni ceux qui faisaient jurer n'y niellaient d'intention sérieuse, A l'époque dont nous parlons, la comédie alla plus loin encore. Les deux papes firent mine de vouloir s'entendre pour renoncer à la tiare en même temps; ils se donnèrent rendez-vous à Savone, dans l'Etat de Gênes. Benoît y vint, sûr d'avance que Grégoire n'y vienurait pas, et si Grégoire y fût ailé, Benoît à coup sûr fût reste chez lui. Au reste, personne ne fut dupe cette fois. L'opinion se déchaîna avec tant de violence que les cardinaux romains eurent peur; ils abandonnèrent Grégoire XII. Pendant ce temps, Benoît XIII excommuniait le royaume de France qui venait de se soustraire à son obéissance, et les prédicateurs de l'Université, en revanche, versaient des torrents d'injures du haut de la chaire sur l'excommumeateur, guerre sans dignité et sans vergogne des deux côtés. On se disposait à faire a Benoît XIII une autre réponse que celle de l'Université en l'arrêtant; mais il provint le coup en s'enibarquaut pour le Roussillon, qui était alors province aragonaise. Ses cai- ' uinaux l'avaient déjà abandonné. Réunis a Pise avec les cardinaux échappés de Rome, ils se décidèrent enfin à convoquer un concile œcuménique à Pise même. Les deux papes leur répondirent par un nouveau tour du diplomatie cléricale. Chacun d'eux convoqua un concile; Benoît XIII tint le sien ;i Perpignan. Quant à celui de Grégoire, l'histoire n'en parle pas. Cependant, le vrai cou-
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cile se réunissait à Pise. Il so composa de plus de ISO évoques ou délégués d'évêques, sans compter les docteurs. Le concile procéda sans ménagement contre les deux papes; après les avoir pour la forme cités à sa barre, où ils ne comparurent pas, bien entendu, il les déclara schismatiqu.es et même hérétiques. Deux papes déclarés hérétiques d'un seul coup, c'était d'un bel exemple, assurément. Après quoi on passa à l'élection d'un troisième pape, qui prit le nom d'Alexandre V. A cette heureuse nouvelle, toute la chrétienté tressaillit d'allégresse, comme si le monde sortait du chaos pour rentrer dans l'ordre. L'Université se glorifia d'avoir réuni « les membres divisés du Christ. » Le pape numéro trois annonçait le projet de réformer l'Eglise ; il mourut avant d avoir pu lien faire et légua à son successeur Jean XXIII un concile à présider. Ce concile réuni en vue de la réforme ne réforma rien, et il n'y eut qu'un pape de plus (1412). Il vint si peu de monde, du reste, à ce concile qu'on fut obligé de l'ajourner. Il fut rouvert à Constance en 1511. Cette fois, il y eut affluence. L'Eglise semblait décidée à un effort désespéré pour rétablir la concorde. Tout le monde aussi parlait de la n reforme, » que les mauvaises mœurs du clergé rendaient indispensable. L'âme et la langue de ce concile fut le célèbre Jean Gerson, docteur de l'Université de Piii'is. Cependant, le p;ipe légitime Jean XXIII se montrait pire que les deuxillégitimes. Le concile décida d'abord qu'il devait abdiquer, afin d'amener les pseudo-papes à abdiquer aussi. Jean XXIII Ht à cet égard les promesses les plus formelles, ne pouvant faire autrement; mais un beau jour le voilà qui s'échappe de Constance et va se réfugier en Suuabe. Le concile le dépose comme a sùnoniaque , scandaleux par ses mœurs déshoimètes et incorrigible. > Ce coup eut un grand retentissement. Jean XXIII, tout vieux pirate qu'il était, baissa la tête; il se soumit et abdiqua; Grégoire XII en fit autant, mais le vieux Benoit XIU s'obstina à demeurer pape dans un coin de l'Espagne qui ne le reconnaissait même plus. Jean Gerson voulait qu'on procédât à la réforme de la papauté et du sacré collège avant d'élire un nouveau pape; mais les <■ réformateurs, » qui ne voulaient pas être a réformés, » l'emportèrent sur l'éloquent docteur. Martin V fut élu. Le schisme traîna encore quelque temps, Benoît XIII ayant vécu obscurément quelques années encore et ayant eu, admirable exemple d'entêtement ! une manière de successeur dans Clément VIII, nommé par quelques vieux cardinaux tout k fait incorrigibles. Du reste, Clément VIII abdiqua de lui-même en 1429, et le schisme fut bien fini; quant u la a réforme » du clergé, elle ne fut pas même commencée. Martin V se hâta de dissoudre dès qu'ij le
fmt le concile de Constance auquel il devait a tiare. Luther et Calvin devaient se charger, un siècle plus tard, de la tâche du concile et l'accomplir à leur manière.
SCHISMOCÈRE s. m. (ski-smo-sè-re — du gr. schisma, fente ; keras, corne). Bot. Syn. u'apokb, genre d'orchidées.
SCHISMUS s. m. (ski - smuss — du gr.
schisma, fente). Bot. Genre de plantes, de la famille des graminées, tribu des festucées, dont l'espèce type croît dans les régions méditerranéennes.
SCHISTE s. m. (chi-ste — du gr. schistos, fendu- de schizein, fendre, qui se ratiache probablement à la racine sanscrite chid, couper, fendre, d'où aussi le latin seindere, le gothique skaidan , l'allemand scheiden , et le lithuanien skultu , même sens). Miner. Roche qui s'exlolie en couches minces : Le terrain dévonieu se compose de schistes, de grès et de calcaires divers. (L. Figuier.)
— huile de schiste ou simplement Schiste, Huile minérale extraite des schistes bitumineux.
— Encycl. Miner. On donne le nom général de schiste, disent les géologues, aux roches (minéraux naturels) dont le caractère •visible et empirique est d'être stratiformes et lamelleuses ou feuilletées, c'est-k-dire disposées par couches, lames ou feuillets, soit trèsminces, soit plus ou moins épais. C'est ce que signifie le mot schiste, tiré du grec schistos, fissile, qui se divise. Ces roches ne sont pas tiès-bien déterminées comme types minera logiques et composés chimiques. " Le schiste, dit Brongniart, est une roche homogène d'une nature argiloïde et d'une structure fissile qui ne se délaye pas dans l'eau. Le nom de roche indique déjà qu'il n'est pas susceptible de donner des cristaux réels et rigoureusement dèterminalles. 11 a une structure principale fissile, tantôt tubuluire, taniôtfeuilletée. Les feuillets sont quelquefois trèsdroits; dans d'autres cas, ils sont sinueux et même très-contournés. Outre cette structure essentielle, les schistes présentent des joints obliques aux joints principaux, qui divisent la masse en parallélipipèdrs obliquang es réguliers. » (Dictionnaire des sciences naturelles, t. XLV1I1.) Privat-Deschanel. et Focillon, dans leur Dictionnaire général des sciences ihéuriques et appliquées, après avoir cité ce passage de Brongniart, décrivent le schiste comme il suit : • Le schiste se laisse rayer par le cuivre et sa rayure est grise; sa pesanteur spécifique est de 1,9 à 3,8; sa cou-
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leur varie du gris au bleuâtre et au noir et tourne parfois au verdâtre, au jaunâtre et au rougeàtre. Sa composition chimique ne peut être précisée, puisqu'il s'agit, en réalité, de plusieurs espèces plus ou moins voisines; mais l'acide silicique, l'alumine et le fer y dominent. Souvent on y trouve des pyrites disséminées et le mica y est habituellement répandu en une multitude de lamelles imperceptibles. Le schiste le plus commun et le plus important est le schiste argileux, dont l'ardoise est une variété bien connue et dont les diverses pierres à aiguiser sont des variétés plus dures, originaires d'Allemagne. Les schistes appartiennent aux terrains de sédiment primaires et aux terrains secondaires antérieurs à l'époque crétacée. » Tout cela est exact, excepté pourtant un mot, du moins à notre avis; il est loin d'être démontré que tous les schistes soient des terrains de sédiment, primitivement déposés dans les eaux, bien que ce soit l'hypothèse la plus admise sous le nom de métamorphisme, et nous croyons plutôt, avec plusieurs savants des plus modernes, que les gneiss, par exemple, qui sont <ies schistes durs, puisqu ils sont stratiformes et lamelloïdes, ont, malgré ce caractère, une origine plutonienne; comme les granits et les porphyres.
Nous ferons encore une critique de ces définitions et de celles que tous les minéralogistes donnent de la même roche; elles ne sont ni claires ni précises, et nous leur substituerons celle d'un auteur que nous citerons k la fin de cet article et qui a plus d'une fois mieux défini que les spécialistes. U distingue la texture et la structure et il exige d'une roche, pour qu'elle soit schisteuse, qu'elle présente à la fois une texture lamellaire et une structure stratiforme. Les strates sont des assises superposées dont est construit l'ensemble de la roche telle que la donne la nature; les lames sont des feuilles minces adhérentes qui constituent sa texture intime, et il faut ces deux conditions pour qu'elle soit un schiste. Les syénites et les protogines, par exemple, sont de texture lamelleuse et ne sont point des schistes, parce qu'elles ne sont point disposées par strates; par contre, tous les terrains sédimentaires sont de structure stratiforme et tous ne sont pas àes schistes, parce qu'il y en a beaucoup, tels sont les grès, les marnes, les calcaires, les argiles, qui n'ont point une texture lamelleuse. L'ardoise est un schiste, parce qu'elle est à la fois lamelliforme de texture et stratiforme de structure.
Les roches qu'on appelle schistes, pour les deux raisons que nous venons de préciser, constituent une des parties les plus importantes de la croûte du globe terrestre au triple point de vue de la chimie minéralogique, de la géologie générale et des applications industrielles que l'homme en a tirées. Sous le premier de ces rapports, ils présentent un si grand nombre de variétés, que les études qu'on en faites jusqu'à ce jour forment pour la mémoire un chaos inextricable dans lequel nous allons chercher k introduire un peu (de lumière. Sous le second, ils concourent avec d'autres terrains à donner naissance à l'un des problèmes les plus ardus de la géologie, celui du métamorphisme, et là aussi nous essayerons de déblayer quelque peu la voie qui conduira un jour à la solution. Enfin sous le troisième rapport, qui est tout pratique, un sommaire clair et précis ne sera pas non plus sans utilité.
— I. CmMiK minérale. L'étude de la composition des schistes conduit, selon nous, à les classer en trois séries : ceux qui sont de nature principalement argiloïde ou les schistes argiliens ; ceux qui sont de nature principalement cristalloïde ou les schistes cristallins ; enfin ceux qui sont de nature très-mixte ou douteuse et que nous appellerons schistes argilo-cristallius.
— Schistes argiloïdes ou argiliens. l» Le premier type de ces schistes est sans contredit le schiste argileux, argile impure, feuilletée, d'apparence simple, ne se délayant pas dans l'eau, fusible au chalumeau, à cassure facile dans le sens de la stratification et donnant une face douce au toucher , unie et misante, mais difficile dans le sens perpendiculaire et donnant des faces inégales. La couleur varie ordinairement du gris bleuâtre ou verdâtre au violacé ; on rencontre également des variétés rougeâtres ferrugineuses ou colorées en noir par le carbone. Les schistes argileux sont plus nettement stratifiés que toutes les autres roches schisteuses ; on peut les considérer comme formes d'argile provenant de la décomposition des feldspaths, des micas en paillettes luisantes et des quartz en particules impalpables. Il ne faut pas les confondre avec les vraies argiles, qui sont des décompositions hydratées beaucoup plus modernes des roches primitives se délayant dans l'eau. 2» Quand cette roche est intimement pénétrée et faiblement durcie par une matière siliceuse et que le quartz y est en excès, elle prend le nom de lydienne. 3° Le type le plus remarquable après le schiste argileux est le schiste ardoisier, roche d'un gris bleuâtre, quelquefois jaunâtre, verdâtre, rougeàtre, terne, rarement luisante, dure, fusible en un émail bulleux, résistant longtemps k l'influence atmosphérique, ne se détériorant qu'à la longue et formant alors une terre onctueuse qui ne fait point pâte avec l'eau; cou-
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ches composées de feuillets très-minces. 4° Le schiste argileux ferrugineux est une sorte d'ardoise dont les éléments constituants sont l'alumine, la silice et l'oxyde de fer. 50 On nomme schiste bitumineux un hydrosilicate d'alumine, substance grise tirant sur le noir, donnant une poussière grise, espèce de houille facile à enflammer, produisant de la fumée et une odeur bitumineuse-, soluble en partie dans l'acide sulfurique, elle laisse un dépôt de silice gélatineuse ; elle fournit à la distillation de l'eau et de l'huile bitumineuse ; brune par réflexion, vert olive par refraction, devenant butyreuse à 0°, sa densité varie de 1,82 à 2,41. 6° LescAi's/ecalcarifère, ou calschiste, est une roche schisteuse à veines calcaires, variant de couleur, bleuâtre, grisâtre, verdâtre, rougeàtre, quelquefois veinée ou tachetée de blanc, à texture schistoïde, parfois à noyaux calcaires, faisant effervescence avec l'acide azotique. 7° Le schiste carburé est un schiste argileux très-doux, très-fin, imprégné d'une certaine quantité de graphite. 8° L'auipélite graphique ou schisle à dessiner est une roche schisteuse voisine du schiste argileux, d'un noir grisâtre et devenant par la calcination une pierre tachante. 9° Le schiste gris inflammable n'est, pour ainsi dire, plus un schiste, mais plutôt une espèce de bitume , quoiqu'il soit en partie composé de schiste argileux ; il brûle avec d'autant plus de facilite qu'il renferme plus de bitume. 10" Le schiste alumineux est un schiste terreux, contenant quelquefois du pétrole et des pyrites de fer; il est noirâtre, mat ou brillant, à cassure schistoïde, s'e£fleurissant à l'air et difficile à casser. L'efflorescence saline détermine quelquefois son exfoliatiou et donne de l'alun, lio Le schiste alumineux lustré est noir bleuâtre, en masse, présentant des teintes pourpres dans ses fentes et se recouvrant d'effiorescences salines comme le schiste alumineux ordinaire. 12" Le schiste siliceux est une espèce de grès quartzeux de structure schistoïde, couleur gris cendré, taché, rayé et marqué de divers dessins; sa cassure est schisteuse ou esquilleuse ; sa densité est 2,63. 13°. Le schiste de boue (mudsione des Anglais) est un tchiste argileux, ayant une grande tendance k se réduire en boue lorsqu'il est exposé k l'action atmosphérique. 14» Le schisie de Stoueslield est un calcaire fissile. 150 Les schistes marnobitumineux, noirs inflammables, cuivreux, variétés bituminifères de calschiste, noirâtres ou brunes, quelquefois mélangées de pyrite de cuivre, assez abondante pour présenter un minerai de cuivre. C'est alors le kupferschiefer des Allemands, exploité en Thuringe ; quand ces variétés ne renferment pas de cuivre, elles se nomment mergelschiefer. 16° Les schistes sulfuro-cuivreux , sulfures de cuivre existant dans le grès rouge ou dans tes schistes bitumineux; c'est encore le kupferschiefer des Allemands. 17<> Le schiste happant est un nom donné par d'Umalius d'Halloy k l'argile feuilletée (klebsetnefer des Allemands). C'est une roche grisâtre, brunâtre, blanchâtre, à aspect terne, tendre, onctueuse lorsqu'elle est mouillée, rude au toucher lorsqu'elle est sèche, happant la langue avec force, absorbant l'eau avec sifflement, à texture schistoïde et divisible en feuillets très -minces; sa densité est 2,08. Elle est composée d'alumine, de magnésie, de chaux, d'oxyde de fer et de manganèse; la silice y entre pour 58 pour 100 environ. 18° On appelle schiste maclifère un schiste argileux renfermant de nombreux cristaux maules, rhombuïdaux, minces et allongés. 19° On nomme schiste onyx des Chinois des plaques de roches analogues k certaines variétés très-denses des ardoises, qui présentent trois ou quatre couches de couleurs différentes. Le fond de ces pierres feuilletées est couleur chocolat et les couches en sont brunes, verdàtres et jaunes d'ocre, etc.
— Schistes cristallins. Nous comprenons sous cette dénomination toutes les roches qui sont, d'une part, schisteuses ou de structure lamelliforme et indiquant une formation primordiale par stratincations et, d'autre part, de nature cristulloïde, indiquant une formation primordiale ignée ou plutonienne. La composition de ces roches est, en général, peu compliquée et à peu près la même que celle des terrains certainement et exclusivement pyrogéniques, tels que les granits, les porphyres, les basaltes. Ce sont : 1° les gneiss, dont les éléments sont, comme ceux des granits, le quartz, le feldspath et le mica, en proportions diverses, ou, comme ceux des protogines, le quartz, le feldspath et le talc, ce qui les distingue en deux classes : les gneiss micacés et les gneiss talqueux. Le feldspath et le quartz s'y trouvent cependant en proportions plus ou moins grandes, i:e qui les distingue encore entre eux en beaucoup de variétés qui s'échelonnent et font transition des granits et des protogines (roche , intérieure du mont Blanc) aux micaschistes i qui n'ont plus de feldspath. On les divise r aussi, sous le rapport du quartz et.du talc, en gneiss commun, dans lequel le quartz ne se voit pas à l'œil nu, quarizeux, dans lequel le 1 quartz domine, et talqueux. Les minéraux ; qui s'y rencontrent par gisements sont les , mêmes que ceux qui existent dans les gra- ! nits. On sait que le quartz est la silice naturelle et que son espèce type est le cristal de roche ; il se compose d'oxygène et de silicium ; c'est un oxyde de silicium. Le mica varie
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beaucoup ses espèces et peut résulter d'éléments premiers très-divers, mais dont les combinaisons appartiennent toujours au groupe des silicates, sels dérivés de la silice, dont les bases peuvent être la chaux, l'alumine, le fer, etc. Le feldspath est aussi un silicate; il est de deux espèces, l'orthose et l'albite. Quant au talc, il est terreux et se comprise de silice, de magnésie, de protoxyde de fer, de i]Uelques traces d'alumine et d'eau; il nous parait être moins antique, en sorte que les protogines et les gneiss talqueux pourraient marquer la fin de la période plutonienne. Aussi le mont Blanc, dont le cœur est, dit-on, composé de protogine, est il le dernier résultat peut-être des grands soulèvements, lequel n'ayant pas eu le temps de se bien raviner et dénuder ne montrerait pas encore le granit et le porphyre dont nous le croyons formé dans son centre le plus profond, comme les autres montagnes. 2" Les schistes micacés ou micaschistes, qui ne diffèrent des. gneiss que par l'absence de feldspath et qui ne résultent, par conséquent, que de deux éléments, le quartz et le mica, éléments déjà composés eux-iiiéiues, comme nous venons ile le dire. 3» Les schistes chloriteux ou cliloritiques ; on désigne sous ce nom une roche feuilletée plus ou moins verdâtre, onctueuse comme le talc et paraissant fnrmée de l'union mécanique, en proportions diverses, de plusieurs minéraux, spécialement de chlorite, d'où lui viennent des aspects variés, toujours en rapport avec la composition, qui lui ont fait donner les diverses dénominations de talc stéatite, talc schistoïde, talc chlorite, chlorite schisteux, sthéaschiste, etc. Lorsque le schiste ne contient point d'alumine, il passe au talc et présente une composition uniforme et régulière, analogue k celle du talc de Rhode-Island ; on 1 appelle alors schiste tal-
?ueux. Lorsqu'il contient de l'alumine , il orme un véritable schiste chloriteux, et on ne lui a pas trouvé jusqu'ici une composition atomique régulière. Les diverses analyses ont donné les formules suivantes : pour le schiste de Zillerthal,
Al203Si03 + (KO,FeO,NaO)SiOS + CaOCO«;
pour celui de Coroy, près de Quimper, qui contient les stauroticles de Bretagne,
AlS03SiO3 -t- (MgO,FeO:KO,NaO)Si03; pour celui du Saint-Gothard,
3AlîOÎSi03 + (KO,NaO,FeO)Si03 + Aq.
Nous ne citerons pas d'autres schistes cristallins; c'en est assez pour établir la base des conclusions géologiques générales que nous voulons tirer plus loin de cette première étude chimico-ininéralogique.
— Schistes argilo-cristallins. Nous rapporterons k ces schistes douteux ou mêlés : 10 les gneiss talqueux dont nous venons de parler, auxquels 1 eau n'est pas complètement étrangère ; 2» les schistes siliceux, qui tiennent des grès et appartiennent à la partie supérieure de la formation silurienne ; 3° les schistes maclifères, propres aux mêmes terrains ; 40 les schistes calcarifères ou calschistes, dont les principaux gisements sont dans les Alpes et les Apennins; 50 les schistes amphiboliques, qui sont de deux sortes : l'amphibolique proprement dit, composé de feldspath et d'amphibole, contenant parfois du quartz de couleur noirâtre , et l'actinote , composé de feldspath, de quartz, de mica et d'actinote, variété d'amphibole ; tous deux roches anciennes attribuées par les métamorphistes, avec tous les gneiss, à leur série métamorphique plutonienne, que nous n'admettons pas ; 6° classons encore dans celte catégorie la schiste graphitique ou graphite stratiforme, avant des propriétés analogues k celles de l'auipélite graphitique; il se présente en peiits lits dans les gneiss et les talcites; il contient le graphite, soit écaillcux et à lames, soit compacte, lequel n'est autre que la plombagine ou lit mine de plomb, carbure de fer ou fer Carburé, etc.
Cette troisième classe de schistes n'a en soi qu'une minime importance; elle ne présente quelque intérêt que relativement au problème géologique du métamorphisme, en paraissant marquer une sorte de transition du règne du feu au règne de l'eau; elle présente aussi quelques faits particuliers qui peuvent, d'une part, aider k la réfutation du grand métamorphisme de révolution subséquente par le feu, que nous appelons le métamorphique pyrogénique ou plutonien, et, d'autre part, servir à confirmer le métamorphisme incessant par absorptions et répulsions intimes et par voie humide, que nous appellerons le métamorphisme chimique et qui est le seul que nous puissions admettre pour notre globe depuis le règne des eaux et de leurs sédiments.
On a désigné sous le nom général de schutes cambrions ou cumbriens tous ceux dont se compose et sur lesquels reposa immédiatement le terrain dit carabrien par Beudaut (du pays de Galles, ancienne Cainbrie, où on les a d'abord observés), terrain que M. d'Orbigny considère comme une dépendance du silurien ; c'est la plus ancienne des couches où commencent à se montrer des fossiles. Nous n'adoptons pas cette dénomination, qui tend à confondre les schistes argiloïdes, vraiment sédimenteux et neptuniens, avec les schistes cristallins, que nous croyons exclusivement et primitivement plutoniens; mais nous pourrions l'admettre en la restreignant aux schistes
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argi' o-cristallins, qu'on peut considérer comme représentant, dans leurs mélanges, ies dernier] produits de la fusion primitive et les premiers de l'invasion des eaux. Il y a dedans des blocs schisteux encadrés de coulées granitiques et aussi des veines de sels hydratés qui paraissent en partie rejetées par des blocs schisteux cristallins.
— II. Géologie générale. Avant de tirer nos déductions systématiques de géologie générale, nous devons compléter les aperçus que nous venons déjà d'entr'ouvrir sur nos trois familles de schistes, au point de vue des couches et des fossiles.
— Ordre des couches et des fossiles. Nous remontons de bas en haut, La couche la plus pro "onde n'a rien de schisteux k proprement parer; elle se compose de terrains massifs, dont les types principaux sont les porphyres et les granits; elle ne possède aucun débris org inique d'animaux ni de végétaux. Fuis viei t au-dessus de cette couche, dont l'épaisseur esc inconnue, l'immense assise des schistes jristallins, dont les types principaux sont les jneiss et les micaschistes ; la couche des gne.ss a bien une profondeur de 15 lieues, et, autant que l'observation :i permis d'en juger par les montagnes, renflements en général gra rtitiques qui l'ont plus ou moins brisée, elle s'étend tout à l'entour du globe. Beaucoup des plus hautes montagnes en sont revêtues; c'est elle ordinairement qui les découpe en crées escarpées, en dents de scie ravinées par les torrents et les tempêtes, en déchirures de mille formes, effets des tremblements de terre et d'autres causes inconnues, Le plu:; souvent, elle est superposée au granit ; quelquefois pourtant, et même encore assez souvent, ce dernier la domine. On peut l'étudier à nu dans les montagnes de la France, de ,a Norvège et de la Suède, de la Silésie, du Groenland, du Brésil, de l'Amérique équatoriale, de l'Himalaya, de l'Indoustan. La couche des gneiss, non plus que l'énorme roche massive sur laquelle on peut dire que reposa son ensemble, ne renferme aucun débris organique.
Au-dessus de cette grande assise, qui doit log queinent se terminer en haut par les sch'stes talqueux, s'étend celle des schistes argiloïdes, qui devient de plus en plus riche en Jébris organiques à mesure qu'on la remonte. Les schistes argileux les plus bas présentent des restes de végétaux et d'animajx très-imparfaits, tels que polypiers, algues et mollusques. Mais on y remarque aussi beaucoup de mélanges des roches précédentes ; des schistes argileux y alternent avec des débris de schistes micacés et surtout talqueux; on y rencontre quelquefois des schistes noirs, graphiteux ou anihraoiteux et des couches de calcaires cristallins, avec des indications de débris qui attestent l'origine aqieuse de tout l'ensemble et l'existence des premières organisations animales et végétales dans les eaux sedimentaires. Des bancs , subordonnes et accidentels de calcaires marquant presque toujours le passage de la forma lion de transition inférieure à la formation moyenne qui lui est superposée. Dans les massifs montagneux des Vosges, des Alpes, etc., des roches porphyriques, serpentineuses et traipéennes, sorties postérieurement, ont encore ajouté de nouveaux mélanges et même des modifications qu'on peut appeler métamorphiques aux caractères cristallins de certains schistes, si bien qu'il est difficile de tixer le véritable âge de ces dépôts. Cet ensemble de roches schisteuses et seini-cristalliues, presque entièrement dépourvu de débris organiques, a été désigné sous le nom de terrai! primitif, comprenant tous les premiers déiôts sedimentaires dont l'origine présente des incertitudes. C'est cette partie intermédiaire et qui parait être de transition des sch'stes cristallins purs (gneiss) aux schistes argileux supérieurs, ardoisiers, carbures, bitui.iiueux, etc., non mélangés et formant des strates sédimenteuses incontestables, de plus en plus riches en végétaux et animaux fossiles, qui renferme surtout la classe des schistes que nous avons appelés argilo-eristai ins. Elle ne forme point une assise bien déterminée; elle est en quelque sorte chaotique, indiquant des révolutions qui ont confondu les éléments dont se composait la croûte au moment où elles eurent lieu et qui étaient déjà de divers âges très-éloignés les un:, des autres. Quant k l'ensemble des couches plus légulièies, quoique encore tresbonleversées, qui contiennent les autres schistes cet ensemble est riche en fossiles, forme ce qu'on a nommé les terrains de transition, les terrains secondaires, les terrains tertiaires et ies terrains quaternaires ou d'alluvien; il donne une enveloppe supérieure qui n'est pas épaisse de plus d'une lieue.
Les schistes argilo-cristallins, qui caractérisant principalement l'époque indécise, n'ont pas encore de débris organiques incontestables, mais ils ont des parties hydracéiatiques qui attestent des compositions chimiques par la voie humide. Parmi ceux qui sont argileux et qui caractérisent l'époque clairement sédimentaire, les marno-bitumineux, les cuivreux et les sulfureux, qui paraissent apparter ir encore aux premiers dépôts de l'époque sil irienne et cambrienne et commencer la série secondaire, renferment des débris de végétaux de la famille des algues et un trèspe it nombre de plantes terrestres de la fa-
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mille des conifères ; bientôt on en voit d'autres, dont la composition chimique est à peu près la même, présenter des mollusques, des ammonites et même des poissons en grand nombre très-bien conservés ; c'est ce qui se voit dans le cuivreux de Thuringe, un des plus anciens de cette période; les ardoisiers, qui sont très-anciens encore relativement à 1 écorce supérieure que nous remontons de bas en haut et à peu près contemporains des schistes argileux anciens, portent des empreintes de quelques végétaux, de poissons et même de pieds d'oiseaux gigantesques; l'ampélite, qu'on rapportait à la partie supérieure de la série dite métamorphique et dont la couleur est due k la présence de carbone à l'état de charbon, paraît avoir une première origine organique, ainsi que l'anthracite, qui cependant est d'une formation plus récente ; les schistes bitumineux faisant partie de la formation houillère renferment un grand nombre d'empreintes de poissons et de plantes, et c'est enfin dans les schistes de Stonesfield, appartenant à la formation oolithique {terrains secondaires encore anciens) que l'on a rencontré pour la première fois des débris de petits mammifères terrestres de l'ordre des marsupiaux, qui est, en effet, un des ordres les plus imparfaits de la classe ; ce schiste, dans la série anglaise, forme la base du grand ooliihe et est surmonté de l'oolithe de Bath et de l'argile de Bradford. Les schistes et terrains de toutes sortes, plus récents que'tous ceux que nous venons d'énumérer et que leurs congénères plus ou moins proches, contiennent en grande quantité des débris fossiles de toutes sortes d'animaux perdus et non perdus, et en proportion généralement croissante à mesure qu'ils montent jusqu'aux alluvions (les diluviums), qui sont les plus riches, surtout en animaux encore vivants. Il est incontestable que l'homme vient le dernier ; mais la question d'appréciation de son ancienneté et de la fossilifieation ou pétrification réelle de ses débris reste à l'état de problème à résoudre, dont les solutions contradictoires seront encore longtemps soutenues avec passion.
— Déductions systématiques. Les déductions qui se tirent le plus naturellement des observations que nous avons résumées et classées sur la composition chimique des divers schistes, sur leur ordre de superposition et sur l'absence ou la présence de fossiles dans leurs gisements ne sont-elles pas déjà les suivantes? lg que le profond étage des gneiss, micaschistes, schistes chloritiques, etc., ou sch'stes cristallins purs, résulta du premier refroidissement de la masse terrestre primitivement en fusion, après que les matières se furent rangées, dans cette masse liquide, selon leur ordre de densité, les plus lourdes allant au centre et les plus légères restant à la surface ; c'est ce qui se trouve conforme à l'observation ; les gneiss sont moins lourds que les granits, les porphyres et les basaltes, produits des volcans éteints, et tous ceux-ci sont moins lourds que le péridot, par exemple, produit des volcans modernes qui doivent vomir des matières venant de cavernes plus profondes encore que celles de leurs devanciers; 2° qu'au-dessous de cette première pellicule la masse en fusion, continuant de se refroidir de haut en bas, forme. intérieurement l'assise des granits , porphyres, trachytes, syénites, etc., et de toutes les roches massives pyrogéniques dont tes montagnes, par leurs soulèvements, nous ont ramené des parties à la surface en rompant la croûte des gneiss et dont les volcans antiques trèsnombreux, aidés par les mouvements des eaux, ont mélangé des débris avec les autres terrains ; 3° que les eaux s'étant ramassées longtemps après autour du globe et ayant raviné les gneiss et leurs congénères, lesquels renferment bien tous les éléments nécessaires pour former les terrains de sédiment, laissèrent pendant des périodes de tranquillité se déposer par strates toutes les autres couches fermant la dernière croûte supérieure, avec les débris organiques des végétaux et des animaux qui avaient existé avant et pendant ces sédimentations successives. Ne semble-t-il pas que l'esprit soit pleinement satisfait par le système géogénique qui ressort de cet ensemble de déductions?
Cependant une difficulté reste. Comment expliquer ce caractère lamelleux et slratiforme que présentent les gneiss et tous les schistes cristallins aussi bien que tous les autres schistes, si l'on retire la raison vraiment explicative de ce caractère, qui est le dépôt même au fond des eaux par sédimentation? Quand une matière en fusion se refroidit, purement et simplement par émission au dehors de son calorique, elle donne un résultat massif qui n'a point ce caractère. On s'arrêta sur cette difficulté et on imagina ce que nous avons nommé, avec un auteur que nous citeterous bientôt, le métamorphisme ptutonien, c'est-à-dire une grande métamorphose de l'immense assise des sédiments alors formés, et qui étaient les gneiss avec caractères non encore cristallins, en terrains ignés par un développement général de chaleur suffisante pour les cuire et les élever à leur nature présente, qui n'est pus sans ressembler quelque peu à celle de la brique calcinée jusqu'à une cristallisation plus ou moins parfaite. La première couche refroidie, disait-on, fut celle du granit, du porphyre, etc. Cette couche
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fournit aux torrents qui ravinèrent sa surface pendant des siècles sans nombre des débris poussiéreux; ces débris se déposèrent au fond des eaux pendant de nouveaux siècles de tranquillité, au-dessus de la première couche granitique refroidie, comme les sables et les vases de nos jours, et de là leur caractère stratiforme ; ils furent soumis ensuite & cette température élevée pendant un temps fort long et purent, sous cette action jointe à une haute pression, reprendre les caractères cristallins des rocher d'où leurs éléments provenaient originairement. Mais, d'abord, comment concevoir cette élévation universelle de température, espèce de miracle suspensif de la loi du refroidissement continu? Comment concevoir cette haute pression qu'on introduit comme seconde cause, lorsqu'on est obligé de supposer une forte chaleur qui vaporisera les eaux et empêchera précisément les sédiments de poursuivre leur entassement? Comment concevoir la formation par sédimentation de cette assise énorme des gneiss, des micaschistes, des schistes chloriteux, etc., de 15 à 20 lieues d'épaisseur, avec les seules poussières tirées du granit? Comment concevoir la formation, dans cette couche, des gneiss talqueux, lorsque le granit ne pouvait fournir aux sables des sédiments que du quartz, du feldspath et du mica? Il n'y a point de granit talqueux. Comment concevoir l'absence complète de fossiles dans les schistes cristallins? Se peut-il qu'aucun être organisé, animal ou végétal, ne se soit produit durant la période si longue des stratifications qui donnèrent la grande assise des gneiss, etc., etc.? N'était-ce pas substituer à une difficulté, qui n'en est pas une, nous allons le faire comprendre tout à l'heure, cent autres difficultés bien plus considérables? Il y a mieux; on trouve dans les couches argilo-cristallines, si riches en mélanges, des blocs de gneiss encadrés dans des coulées de granit; on en peut voir un beau dans notre musée de minéralogie; donc le gueiss était refroidi lorsque le granit était encore en fusion sous ses couches, puisqu'il pouvait fournir, par des failles sans doute, des coulées qui enveloppaient sur leur passage de tels morceaux de gneiss. D'autres supposèrent que la métamorphose se fit, sous l'influence des volcans, au contact de roches ignées très-chaudes, encore en fusion, vomies par ces volcans; mais on apprécie parfaitement ces influences locales au contact, et elles sont tellement limitées quant k leurs effets et aux distances où elles agissent, qu'elles ne valent pas la peine qu'on en parle à propos d'une métamorphose universelle de toute une croûte du globe de plus de 50 kilomètres d'épaisseur.
Enfin d'autres géologues, métamorphistes comme les précédents par rapport aux schistes cristallins, après leur avoir attribué la même origine neptunienne, toujours à cause de leur structure stratifiée, ont prétendu rendre raison de leur cristallisation parles trois causes combinées d'une forte pression, de la chaleur normale que le centre leur transmettait en se refroidissant et d'un métamorphisme chimique opérant sous l'action des affinités intimes, des forces électro-magnétiques et d'une quantité d'eau suffisante dont ces terrains étaient restés imprègnes par suite de leur formation primitive: D'après ces derniers, \esschistes cristallins continueraient encore aujourd'hui à se cristalliser de plus en plus. Cette hypothèse a pour appui des faits certains, tels que la présence d'eau dans des roches cristallines et même dans des minéraux massifs, et la production artificielle et même naturelle de substances minérales par la voie humide; aussi ces chimistes minéralogistes ont-ils cru pouvoir attribuer à ce métamorphisme l'origine des roches non stratifiées elles-mêmes; elles ne seraient aussi, d'après eux, que des dépôts sedimentaires placés à de grandes profondeurs, sous une forte pression, soumis k l'action combinée de l'eau et de la chaleur, qui auraient été d'abord ramollis et presque fondus, puis se seraient cristallisés en masse très-lentement et à force de temps, Les granits auraient de la sorte une origine également neptunienne; tout dans la croûte entière du globe serait neptunien, et la fusion centrale se trouverait ainsi mise de côté, ainsi que le veut AL Liois dans son dernier ouvrage de cosmologie et que le veulent avec lui plusieurs géologues de ces derniers temps. La nature de la protogîue du mont Blanc et même de la syénitè leur est favorable. Nous sommes loin de nier ce grand métamorphisme chimique incessant dans la nature minérale; il est démontré par une multitude de faits incontestables, et nous allons même jusqu'à concéder que ies dépôts de l'époque primitive ne furent ni semblables k ceux qui se formèrent ensuite et qui se forment encore de nos jours, ni semblables absolument à ce qu'ils sont devenus depuis, parce que la nature travaille sans cesse; nous en avons des preuves, entre autres, dans les schistes de la couche indécise que nous avons nommés, pour les classer bien plutôt que pour les définir, argilo-cristallins, dans les gneiss talqueux, peut-être dans les schistes cuivreux de la Thuringe et dans beaucoup de schistes argileux; c'est ainsi que, dans les schistes cuivreux, la couche métallique est quelquefois traversée par des filons et des failles qui la découpent et la rejettent, mais qui n'ont sur
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elle aucune influence d'enrichissement; de telle sorte que les minerais qu'elle contient ne peuvent être attribués qu'à des phénomènes métamorphiques, contemporains des actions sedimentaires qui l'ont produite. Les silicates régnèrent presque exclusivement dans l'origine; le carbone, la chaux et leurs principales combinaisons ne furent que des raretés ; les différences des principales roches primaires stratifiées tiennent sans doute aux diverses combinaisons d'un petit nombre de silicates et servent à expliquer comment on voit si fréquemment ces roches passer les unes aux autres, de telle sorte que l'on peut dire qu'il n'y a rien d'absolu dans leurs définitions et leurs dénominations. Mais, considérées en grand, ces roches présentent, dans leur état cristallin comme dans leur composition, un aspect tout différent de celles qui constituent les autres terrains, aspect dû nécessairement à des circonstances extérieures originaires très -différentes aussi, et parmi lesquelles se révèle, à notre avis, une température très-éle vée et un état de fusion contemporain de leur première origine. Il en est ainsi des gneiss aussi bien que des granits; c'est pourquoi nous ne croyons pas pouvoir attribuer au métamorphisme chimique, que nous admettons, d'ailleurs, dans toute la nature comme cause de formations et de modifications incessantes, la formation première des immenses assises de ces roches cristallines, schisteuses et non schisteuses, qui constituent la véritable écorce solide du globe, au-dessus de laquelle toutes les autres, vrais sédiments dans lesquels travaille surtout ce métamorphisme, ne forment à elles toutes qu'un imperceptible épiderme.
Continuons doue de croire à une fusion primitive au moins de toute la partie enveloppante; cette fusion peut exister au centre encore aujourd'hui, mais peut aussi n'y pas exister, soit parce que les matières qui formèrent au commencement la masse centrale, en se rangeant par ordre de pesanteur dans l'océan fluide incandescent, ont toujours été trop denses pour être fusibles, quelle qu'ait été et que soit encore leur incandescence, soit parce que leur refroidissement relatif serait déjà assez avancé pour les avoir fait passer à un état solide plus ou moins parfait et toujours excessivement chaud, et que la couche des gneiss reste, pour nous, la première croûte solidifiée par refroidissement.
Mais comment résoudre la difficulté de la structure schisteuse sans sédimentation originaire dans les eaux? C'est ici que nous laisserons la parole k un homme qui n'est guère connu dans ces sortes de sciences que pour avoir rédigé, pendant quelques années, le petit journal vulgarisateur la Science pour tous.
« Au commencement, dit-il, notre système solaire, avec tous ses astres, fut une nébuleuse de moyenne grandeur, informe et nue, composée de forces et de matières, de lumière et de nuit : règne du chaos. La force absolue détermina, -dans cette nébuleuse, un mouvement gyratoire universel, sécréteur de l'éther, ec livra les matières ténébreuses, espèces d'excrétions, au travail des vibrations éthérées, lumineuses, attractives, csiurifiques, électro-magnétiques, destinées à être les forces cosmiques et les sources de toute vie. Dans la masse incandescente de la terre, composée de parties liquides, de parties solides et de parties gazeuses encore mélangées, se rangent les matières par ordre de densités, selon la loi qui a déjà présidé à la formation de tout le système ; l'air et les vapeurs se séparant forment l'atmosphère ; les lourds éléments vont au centre et les intermédiaires nagent à la surface : c'est le règne du feu, pendant lequel se composent les silicates anhydres, tels que les micas, premiers éléments foliacés des substances schisteuses ; tous ces éléments intermédiaires, épandus à l'entour, deviennent une grande enveloppe qui peu à peu se refroidit et qui sera un jour cette couche des gneiss et des micaschistes de 15 lieues de profondeur, dépourvue de fossiles et alternant si souvent avec les granits pour composer le revêtement des plus hautes montagnes, leur architecture grandiose et leur sculpture sauvage. Ici les géologues m'arrêtent en m'objectant la texture folioïde et la structure stratifiée de cette couche, qui semble révéler une origine neptunienne de sédimentation; mais les géologues ont compté sans deux grandes causes ; 1" les silicates et oxydes anhydres, fils du feu et de la matière, dont plusieurs étaient déjà lame.loïdes de leur nature; lu syénite, par exemple, ce porphyre rose piqué de noir des Egyptiens, roche ignée de l'aveu de tous, ne possède-t-elle pas un feldspath lamelleux qui la rend lameileuse? N'en est-il pas de même de la protogine? Voilà pour la texture intérieure ; 2" les marées, qui, aujourd'hui simples phénomènes cosmographiques, furent cosmiques dans les origines ; l'océan de fusion incandescente qui devait alors former, avec le temps, par refroidissement, les schistes cristallins, avait ses marées comme l'océan des eaux a aujourd'hui les siennes, puisque les lois astronomiques du système existaient déjà; or, considérez les glaces qui se forment sur nos mers hyperboréennes agitées : ne sont-elles pas composées de strates superposées par suite des ruptures et des bouleversements que leur fait "subir le mouvement des eaux? Il en fut ainsi de la pre-
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mière pellicule refroidie ; les marées et las tempêtes plutoniennes la brisèrent mille fois, mille fois on entassèrent les morceaux sur d'immenses étendues et. lui donnèrent nécessairement l'apparence de stratifications rompues ça et là qu'elle conserve aujourd'hui. Voilà pour !a structure extérieure. Et n'oublions pas que souvent, dans les schistes cristallins eux-mêmes, les feuillets ne sont pas droits, mais sinueux et contournés précisément en forme d'ondes bouillantes, écuineuses; représentez-vous la surface de la mer primitive incandescente, couverte des matières les moins denses, sorte d'écume agitée par ses grands mouvements et par les mouvements tempétueux d'une atmosphère contenant, avec l'air, toutes les eaux sous forme ite vapeurs, et vous concevrez facilement des strates ignées de toute espèce se fixant peu à peu par le refroidissement. La couche granitique, par cela même qu'elle est massive, ne pourrait être la première refroidie; celle-là n'a pu se former telle qu'elle est, d'une niasse, que grâce à celle des gneiss qui l'immobilisa, l'immobilise encore, et lui imposa, en l'emprisonnant, un refroidissement tranquille, à part seulement les quelques émotions momentanées et locales causées chez elle par les éruptions des volcans. Je l'ai dit, c'est le règne du feu, dont les schistes cristallins sont aujourd'hui, sur noire globe, les plus anciennes médailles ; et ne nous parlez pas d'un métamorphisme plutonien qui serait revenu leur donner le caractère cristallin par une recuisson après une première formation sédimentaire aqueuse; une telle recuisson aurait exigé un embrasement universel reproduit subséquemment au règne des embrasements et contrairement à la logique des lois universelles, qui ne se trompent jamais. Le vrai métamorphisme de la nature est le métamorphisme hydrochimique, qui va se développer dans les sédiments sous le règne des eaux, et jusque-là les stratifications ont pour triple cause les premiers refroidissements, les natures foliacées de certains éléments ignés et les marées et tempêtes de la mer plutonienne.
• Ces refroidissements primordiaux de la surface, qui font les gneiss, déterminent en même temps la condensation des vapeurs de l'atmosphère, et, de là, les océans aqueux sur le globe, avec l'atmosphère aérienne déchargée de ces vapeurs et ainsi purifiée : c'est le règne de l'air et de l'eau, de l'air au-dessus, de l'eau au-dessous, pendant lequel vont se former les vrais dépôts sédimenteux, dont l'épaisseur, d'une lieue au plus, ne dépassera pas les proportions possibles; et dès lors va se développer le métamorphisme chimique, qui ne sera d'abord que la vie minérale à laquelle s'ajouteront, plus tard, les vies végétale et animale, extensions du même métamorphisme auquel l'eau devient indispensable. C'est lui qui, par ses compositions, formera les silicates hydratés, puis tous les sels ; par ses décompositions, les argiles; pur ses infiltrations, les concrétions de carbonate ; par ses égouttements, les stalactites des grottes; par ses attractions et répulsions électromagnétiques, les cristallisations pierreuses au sein des eaux, et quand il y aura des débris organiques, par la pétrification les fossiles. Bientôt se produiront, par le plus mystérieux des prodiges du même métamorphisme, la plante et l'animal, les antiques algues, polypiers, ammonites, le poisson, l'oiseau, les grands cryptogames et les conifères dont les houillères conservent les restes carbonisés, les monstrueux sauriens, les gigantesques pachydermes, les ruminants, tous les mammifères : c'est le règne de la vie organique, qui serait le plus incompréhensible des efforts ue la nature s'il n'était encore surpassé par l'apparition de l'être à la fois vivant et intelligent: règne de l'homme terminant la série, du moins jusqu'à présent ; de l'homme qui aura la propriété de faire revivre, dans 1 éclair d'une idée, avec toutes leurs merveilles, les âges et les travaux infinis de la matière et delà force, pour le parachèvement de tout le système, depuis \ejiat lux jusqu'au faciumus hominem. » (L'abbé Le Noir, Préface d'un traité sommaire des formations cosmogénigues et géoyénigues.)
Cette longue citation renferme des idées qui nous ont paru de nature à intéresser les lecteurs du Grand Dictionnaire, mais dont nous ne prétendons nullement assumer la responsabilité scientifique.
— III. Applications industriklles. L'industrie humaine a tiré grand parti des divers schistes, en les faisant servir à des usages de p.usieurs genres. Laissant de co;é ies nombreuses applications des argiles à la céramique, à la sculpture, aux constructions, à 1 agriculture, à l'industrie des étoffes, comme terre à foulon, à la métallurgie, comme matière fournissant l'aluminium , application toute récente, etc., nous passerons seulement une revue rapide des principales roches schisteuses proprement dites. Ce sont les schistes argileux qui nous procurent les pierres à polir les bijoux d'or, et qui prennent le nom spécial de schistes a.
{jolir. Ce sont eux aussi qui nous fournissent e schiste a rasoir, substance dure, line, homogène, très-propre à aiguiser les tranchants lins. Les Indiennes les plus noires servent de pierre de touche. Si les schistes urdoisiers prennent mal le mortier et, par
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là même, sont peu propres à la construction, on sait combien ils nous sont utiles pour la couverture des édifices ; nous en faisons aussi des tables et des planches à écrire. Le schiste argileux ferrugineux est employé comme pouzzolane dans la fabrication des ciments hydrauliques; on en rencontre beaucoup à Hainneville, près de Cherbourg. Le schiste bitumineux peut donner par la distillation 14 pour 100 d'huile bitumineuse. Le schiste carburé sert à faire des crayons. L'ampélite graphique porte au^si le nom de schiste a dessiner, parce qu'elle sert à tracer, comme le précédent, dans les arts industriels; on en fait des crayons à dessin et les anciens en faisaient usage pour se teindre les cheveux. Son nom lui vient d'inmAoç, vigne, soit parce qu'on lui attribuait ]a propriété de favoriser la végétation de la vigne , soit parce que, suivant d'anciens auteurs, on en frottait les ceps pour détruire les insectes. C'est le schiste gris inflammable, trèsabondant dans les terrains houillers du département de Saôue-et-Loire, qui fournit, en France, l'huile de schiste, dont nous parlerons à part, en terminant. Le schiste uoir inflammable ou marno-bitumineux ou cuivreux, qui n'est autre que le kupferschiefer des Allemands, est exploité en Thuringe ; il ne fournit en général que des minerais pauvres, mais il esc remarquable par la constance de son développement. Au Mansfeld, il forme une couche du terrain houiller qui n'a jamais plus de I mètre de profondeur, mais dont l'étendue est immense et qui est riche en cuivre pyriteux argentifère, ainsi qu'en poissons très-bien conservés. Le schiste onyx des Chinois est employé par leurs artistes à faire des camées; il leur sert de fond pour sculpter des bas-reliefs. Il existe, à l'Ecole des mines de Paris, deux tableaux faits avec cette roche, et on en cite un très-beau qui est au musée impérial de Saint-Pétersbourg. Les schistes cristallins, lorsqu'ils se rapprochent des granits, peuvent servir comme matériaux de construction, mais ils ne les valent pas sous beaucoup de rapports; ils ne peuvent être polis comme les porphyres, ne sont pas propres u faire, comme eux et les granits, des colonnes massives, à cause do leur texture qui tend à se désagréger. Enfin, les schistes argilo-cristallins fournissent quelques pierres fines; citons parmi eux l'amphiboli ■ que, qui donne l'amphibole, peu employée, mais dont on a. fait cependant des boulons, des manches de couteaux, etc. Quant au graphite, on connatt les emplois de lu plombagine ou mine de plomb pour crayons et, dans la galvanoplastie, pour donner aux moules la propriété d'attirer, dans le bain, les molécules métalliques en dissolution.
— Huiles de schiste onde pierre. Lorsqu'on Soumet à la distillation les schistes bitumineux, soit calcaires, soit alumineux-argileux, on obtient des produits liquides désignes sous le nom d'huiles de schistes. Ces huiles ne sont autre chose que de la benzine mêlée à des hydrocarbures du même groupe que le gaz des marais. Tous sont liquides; on y trouve du propylène, du butylène, etc., tenant en suspension de la naphtaline, de la paranaphtaline et de la paraffine. Comme pour les huiles de pétrole, on a distingué ces produits de distillation en huile légère, à peu près incolore, et en huile lourde. Ceile-ci est beaucoup plus dense que la précédente, moins fluide et colorée en noir par du goudron ; elle se dépose au fond des récipients, tandis que l'huile légère surnage. Quand on emploie, comme matière première, le boghead Ou schiste argileux et bitumineux d'Ecosse, l'huile lourde ne contient pas de goudron, mais seulement des traces de matière résineuse. Ce sont les schistes d'Ecosse qui donnent le plus d'huile ; quand celle-ci est rectifiée, leur rendement est d'environ 47 pour 100; pour l'huile brute, il est de 5fi pour 100. Les schistes du Dorsetshire donnent 22 parties d'huile pour 100 de schiste. Lorsqu'on veut employer l'huile de schiste pure pour l'éclairage, il faut des lampes spéciales; mélangée à de l'huile de colza, on peut la brûler dans des lampes ordinaires. Suivant M. Tresea, certaines nuances qui, avec la bougie ou la lumière d'une lampe ordinaire, échappent complètement à l'œil se voient très-bien avec ies lampes à l'huile de Schiste ou de pétrole.
schisteux, EOSE adj. (ehi-steu, eu-ze).
Miner. Qui est de la nature des schistes : Hoche schisteuse, u Qui est propre aux schistes, qui est caractéristique des schistes : Structure schisteuse. Il Se dit d'une nuance bleuâtre, propre à certains schistes. U On dit
UUSSl ARDOISE, ÉE.
SCH1STID1E s. f. (chi-Sti-dl — du gr.
schistos, fendu; idea, forme). Bot. Genre de mousses, de la tribu des bryacées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent sur la terre dans toutes les régions chaudes et tempérées du globe.
SCHISTOCARPE adj. (chi-sto-kar-pe — du gr. schislos, tendu; kurpos, fruit). Bot. Dont les fruits s'ouvrent en se tendant. Il Se uit aussi des mousses chez lesquelles la cléhiscence de la capsule se fait par des femes.
SCHISTOCARPHE s. m. (chi-sto-kar-fe — du gr. schistos, fendu; karphê, fétu). Bot. Syn. de phrymenion.
SCHISTOCÉPHALE s. m. (chi-sto-sé-fu-le — du gr, schistos, tendu ; kephnlé, tête). H-l-
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minth. Genre de vers cestoïdes, formé aux dépens des bothriocéphales , et dont l'espèce type vit dans l'intestin des épinoches et des oiseaux qui mangent ces poissons.
SCH1STOGYNE s. m, (chi-sto-ji-ne — du gr. schistos, fendu; outré, femelle). Bot. Genre d'arbustes, de la famille des aselèpiadoes, tribu des cynanchées, originaire du Brésil.
SCHTSTOÏDEadj,(chi-sto-i-de — de schiste, et du gr. eidos, aspect). Miner. Qui a l'apparence du schiste.
SCHISTOMITRE s. m. (chi-sto-mi-tre — du gr. schistos, fendu; mitra, coiffe). Bot. Genre de mousses, dont l'espèce type croît sur les arbres, à Java et à Sumatra.
SCHISTOPHRAGME s. m. {chi -sto-fra-gme
— du gr. schistos, fendu ; phragma, cloison). Bot. Genre de plantes, de la famille despersonnées, tribu des gratiolées, originaire du Mexique.
SCHISTOPHYLLE s. m. (chi-sto-fi-le — du gr. schislos, fendu ; phullon, feuille). Bot. Syn. de fissidunt, genre de mousses.
SCHISTOSITÉ s. f. (ehi-sto-zi-té — rad.
schisteux). Miner. Caractère spécial des roches schisteuses.
SCHISTOSOME adj. (chi-sto-so-me — du gr. schislos, fendu ; sàma, corps). Tératol, Monstre dont l'abdomen est fendu dans toute sa longueur.
SCHISTOSOMIE S. f. (chi-stn-SO-mî — rad. schistosome). Tératol. Conformation dessehistosomes; scission de l'abdomen dans toute sa longueur.
SCHISTOSOMIËN, IENNE adj. (chi-sto-somi-ain, i-è-ne — raà. schistosome). Tératol. Qui a rapport aux schistosomes : Monstre schis-
TOSOMIEN.
SCHISTOSOMIQUE adj. (chi-sto-so-mi-ke.
— rad. schistosome). Tératol. Qui a le caractère de la schistosomie : Difformité schistûeomique.
SCHISTOSTÉGE s. m. (ehi-sto-sté je — du gr. schistos, fendu; stêgê, toit). Bot. Genre de mousses, type de la tribu des schistostégées, croissant en Europe dans les lieux obscurs et les cavernes.
SCHISTOSTÉGE, ÉE adj. (chi-sto-sté-jé — rad. schistostége). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au schistostége.
— s. f. pi. Tribu de mousses, ayant pour type le genre schistostége.
SCH1STOSTÈPHE s. m. (ehi-sto-stè-fe — du gr. schistos, tendu; stephos, couronne). Bot. Genre d'arbustes, de la famille des composées, tribu des sénécionées, comprenant plusieurs espèces qui croissent au Cap de Bonne-Espérance.
SCHISTURE s. m. {chi-stu-re — du gr.
schistos, divisé; oura, queue). Crust. Syn.
d'ANCHORELLK.
— Helminth. Genre de vers trématodes, de la famille des distoiniens, dont l'espèce type est parasite des poissons.
SCHIWERECKIE s. f. (chi-vé-rè-kî — do Schiwereck, hotau. russe). Bot. Genre de plantes, de la famille des crucifères, tribu des alyssinées, dont l'espèce type croit dans les pays compris entre la Podolie et la Sibérie.
SCHIYTE s. m. (chi-i-te). Hist. ottom. Sectateur d'Ali considéré comme premier calife,
— Encycl. V. chiïte.
SCHiz/EA s. ni. V. SCHIZIÏA.
SCHIZAACÉ, ÉE adj. V. SCHIZÉACÉ.
SCH1ZANDRACÉ, ÉE adj. (ski-zan-dra-sé
— rad. schizandre). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au schizandre.
— s. f. pi. Famille de plantes dicotylédones, ayant pour type le genre schizandre.
SCHIZANDRE s. m. (ski-zan-dre — du gr.
schizô, je fends; anér, mâle). Bot. Genre d'arbrisseaux, type de la famille des schizandraeées, dont l'espèce principale croît dans les forêts de la Caroline et de la Géorgie.
SCHIZANDRE, ÉE (ski-zan-dré). Bot. Syn.
de SCHIZANDRACÉ.
SCHtzANGION s. m. (ski-zan-ji-on — du gr. schizô, je fends; aggeion, vase). Bot. Syn.
de NITROCARPE.
SCH1ZANTHE s. m. (^ki-zan-te — du gr.
schizô, je fends; anthos, fleur). Bot. Genre de plantes, de la famille des personnéus, tribu des salpiglossidées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent surtout au Chili.
SCHIZASTER s. m. (ski-za-stèr — du gr.
schizô, je fends; aster, étoile). Eehin. Genre d'éehiutdes, de la famille des spatangoïdes, formé aux dépens des spatangues, et comprenant une vingtaine d espèces, dont quelques-unes vivent dans nos mers, mais dont la plupart sont fossiles.
SCH1ZÉA ou SCHIZJEA s. m. (ski-zé-a — du gr. schiza, fente). Bot. Genre de fougères, type de la tribu des sehizéacées, comprenant un assez grand nombre d'espèces, qui croissent dans ies régions tropicales ou australes du globe.
SCHIZÉACÉ ou SCHIZŒACÉ, ÉE adj. (skize-a-se — rad. schizéa). Bot. Qui ressemble mi qui se rapporte au schizéa. il On dit aussi SCiiiZÉa.
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— s. f. pi. Tribu de la famille des fouirères, ayant pour type le genre schizéa.
SCHIZOCARPE S. m. (ski-zo-knr-pe — du gr. schizô, je fends; karpos. fruii). Bot. Genre de plantes, de la famille des cucurbitacées, comprenant des espèces qui croissent au Mexique.
SCHIZOCÉPHALE s. m. (ski-zn-sé-fa-le — du gr. schizô, je fends; kephalé, tête). Entom. Genre peu connu d'insectes orthoptères coureurs, de la famille des mantiens.
SCHIZOCÈRE s. m. (ski-zo-pè-re — du gr. schizô, je fends; keras, corne). Entom. Genre d'insectes hyménoptères, de la famille des tenthrèdes , groupe des hylotoiuites, dont l'espèce type est répandue dans presque toute l'Europe.
SCH1ZOCHITON s. m.(ski-zo-ki-ton — du gr. schizô, je fends; chilôn, tunique). Bot. Genro d'arbres, de la famille des méliaeées, tribu des trichiliées, originaire de Java.
SCHIZODACTYLE s. m. {ski-zo-da-kti-le — du gr. schizô, je fends; daktulos, doigt). Genre d'insectes orthoptères sauteurs, de la famille des locustiens, dont l'espèce type habite l'Inde.
SCHIZODERME s. m. (ski-zo-dèr-me — du gr. schizô, je fends ; derma, peau). Bot. Genre de champignons, de la tribu des stégillées, comprenant plusieurs espèces de petite taille, qui croissent sous l'épidémie des plantes mortes, il Syn. de dichène et de leptOStrOme, autres genre» de cryptogames.
SCHIZODESME s. m. (ski-zo-dè-sme — du gr. schizô, je fends ; desmos, ligament). Moll. Genre de mollusques acéphales k coquille bivalve, formé aux dépens des mactres.
SCHIZODICTYON s. m. (ski-zo-di-kti-on — du gr. schizô, je fends; diktuon, réseau). Bot. Genre d'algues filamenteuses, de la tribu des calotrichées, dont l'espèce type croît dans les déserts sablonneux des environs de Surinam.
SCHIZODION s. m. (ski-zo-di-on — du gr. schizô, je fends). B >t. Genre de plantes, de la famille des orchidées, tribu des ophrydées, Originaire du Cap de Bonne-Espérance.
SCHIZODON s. m. (ski-zo-don — du gr.
schizô, je fends; odoits dent). Mainiii, Genre de mammifères rongeurs, formé aux dépens des cténomes ou cténomys.
SCH1ZOGLOSSE s. f. (ski-zo-glo-se — du gr. schizô, je fends; ylôssa, langue). Bot. Genre de plantes, de la famille des aselépiadèes, tribu des cynanchées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent au Cap de Bonne-Espérance.
SCHIZOGNATHE s. m. (ski-zo-ghna-te — du gr. schizô, je fends; gnathos, mâchoire). Entom. Genre d'insectes coléoptères peniamères, de la famille des lamellicornes, tribu des scarabées phy Hop liages, comprenantdeux espèces, qui habitent l'Australie.
SCHIZOGYNE s. in. (ski-zo-ji-ne — du gr. schizô, je fends; gunê, femelle). Bot. Genre d'arbrisseaux, de la famille des composées, tribu des astérées, comprenant des espèces qui croissent aux lies Canaries.
SCHIZOLÈNE s. m. (ski-zo-lè-ne — du gr. schizô, je fends; laina, enveloppe). Bot. Genre d'arbrisseaux, de la famille des ehlénacéss, comprenant plusieurs espèces, dont les principales croissent à Madagascar.
SCHIZOLITHE s. f. (ski-zo-li-te — du gr. schizô, je fends; lithos, pierre). Miner. Genre comprenant des minéraux feuilletés, savoir : le mica, le talc, la lépidolitlie et la chlorite.
SCHIZOLOBE s. m. (ski-zo-lo-be — du gr. schizô, je fends; tobion, gousse). Bot. Genre d'arbres, de la famille des légumineuses, tribu des césalpiniees, comprenant plusieurs espèces, qui croissent au Brésil.
SCHIZOMÉRIE s. f. (ski-zo-mé-rl — du gr. schizô, je fends; meris, partie). Bot. Genre d'arbrisseaux, de la fn mille des suxifragées, tribu des cunoniucées, dont l'espèce type croit en Australie.
SCH1ZONÈME s. m. (ski-zo-nè-me — du gr. schizô, je fends ; né ma, filament). Hist. nat. Genre douteux d'algues microscopiques, de la tribu des diatomées ou bacilluriées, type du groupe des sehizoriéinées, comprenant une trentaine d/espèees, qui vivent dans la mer : Les schizonbmes présentent des houppes ou pinceaux de filaments noirâtres, (BrcUisson.) il Plusieurs auteurs classent ce genre parmi les iufusoires.
SCHIZONÉMÉ, ÉE adj. (ski-zo-né-mé — rad. schizonème). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au sebizonème.
— s. f. pi. Groupe d'algues, de la tribu df-s diatomées ou baciilariées, ayant pour type le genre schizonème,
SCHIZONÉPÈTIi s. f. (ski-zo-né-pè-te — du gr. schizô, je fends, et de népète). But. Section du genre népète.
SCHIZONIE s. f. (ski-zo-nl — du gr. schizô, je fend»). Bot. Syn. de schizophyl'le.
SCH1ZONYQUE s. m. (ski-zo-ni-ke — du gr. schizô, je tends; onux, ongle). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentainères, de la famille des lamellicornes, tribu des scarabées phyllophages, comprenant une quurun-
taine d'espèces, répandues dans les diverses parties du monde, excepté en Europe.
SCHIZOPÉTALÉ, ÉE adj. (ski-zo-pé-ta-Ié
— nd. scliisopètaltm). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au schizopétalon.
— il. f. pi. Famille de plantes dicotylédones, ayant pour type le genre schizopétalon.
SCHrzOPÉTALON s. m. (ski-zo-pé-ta-lon ■ — du gr. sehizà, je fends; petalon, pétale). Bot. Genre de plantes.de la famille des crucifèrds ou type de celle des schizopétalées, suivant les divers auteurs, comprenant plusieur.; espèces, qui croissent au Chili,
SCHIZOPHBAGME s. in. (ski-zo-frn-gme
— du gr. sehizà, je fends ; phragma, cloison). Bot. Genre d'arbrisseaux, de lu famille des saxif agees, tribu des hydratées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent sur les montagnes du Japon.
SCHIZOPHYLLE s. m. {ski-zo-.fl-le — du gr, schisô, je fends; phullon, feuille). Bot. Genre de champignons, de la tribu des agaricinées.
SC1UZOPLEURE s. m. (ski-zo-pleu-re — du g:, scliizô, je fends; pleura, coté). Bot. Genr; d'arbrisseaux, de la famille des inyrtacées , tribu des leptospermées , originaire d'Australie.
SCH1ZOPODE adj. (ski-zo-po-de — du gr.
sckizà, je fends; pous, pied). Zool. Qui a les pieds divisés.
— y. m. pi. Crust. Ordre de crustacés, comprent nt les genres mysis et nébalie.
SCH1ZOPS s. m. (ski-zopss — du gr. sehizà, je fends; cps, face). Kntoin. Genre d'insectes hémijttères hétéroptères, de la famille des seutellériens, tribu des pentatomites, dont l'espèce type vit sur les bords du Nil.
SCH1ZOPTÈRE adj. (ski-zo-ptè-re — dugr.
schizô, je fends; pteron, aile). Zool. Qui a les ailes fendues.
SCHIZORHINE s. m. ( ski-zo-ri-ne — du gr. $fltisô,}e fends; rhin, nez). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des lamellicornes, tribu des scarabées melitophiles, comprenant une dizaine d'espècet, qui habitent l'Australie.
SCHIZORH1S s. m. (ski-zo-riss — du gr.
schizi,)*s fends; rftïn, nez). Oniith. Genre d'oisoaux, de la famille des musophaginées.
— Encycl. Les oiseaux qui composent ce genre sont placés par Cuvier parmi les grimpeurs ; il renferme, paraît-il, cinq espèces qui habitent l'Afrique, mais qui sont encore peu connues. Leurs mœurs ressemblent beaucoup à celles du touiaco, V, ce mot, ainsi que musophaginiï et musophagk.
SC3IZOSIPHON s. m. (ski-zo-si-fon — du gr. schizô, je fends, et de siphon). Bot. Genre u'algaes, de la tribu des seytonémées, comprenant une douzaine d'espèces, qui vivent dans les eaux douces et salées.
SCiaiZOSTACHYON s. in. (ski-zo-sta-ki-on
— du gr. scliizô, je fends; staclius, épi). Bot. Genra de plantes, de la famille des graminées, tribu des festucées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent dans l'Inde et au Brésil.
SCHIZOSTEMME s. m. (ski-zo-stè-me — du gi. sc/iizâ, je fends; stemma, couronne). Bot. Genre de plantes, de la famille des aselépi.tdées, tribu des cyuanchées, originaire du B:ésil.
SC3IZOSTÉPHANE s. m. (ski-zo-sté-fa-ne
— du gr. sehizà, je fends ; stephanos, couronne). Bot. Syn.'tie pancrais ou panoratier, genre d'amaryllidées.
SCaiZOSTlGMA s. m. (ski-zo-sti-gma — du gr. s.'Jiizô, je fends; sligma, stigmate). Bot. Genre de plantes, de la famille des rubiacces, tribu des hamèliées, originaire de l'Ile de Ceyian.
SCHIZOSTOME s. m. (ski-zo-sto-me — du gr. sehizà, je fends; stoma, bouche). Moll. Genre de mollusques gastéropodes peetinibranches, formé aux dépens des évompliales, et comprenant une quinzaine d'espèces fossiles des terrains de transition et des terrains secondaires.
— Bot. Genre d© champignons de la tribu des tjiostomés.
SCHIZOTARSE s. m. (ski-zo-tar-se — du gr. s".hizà, je fends, et de tarse). Myriap. Ordre de myriapodes chilopodes, qui correspond à la famille de seutigérides.
SCHIZOTRICHIE s. f. (ski-zo-tri-kî — du gr. sclnzà, je fends ; trix, irichos, cheveu). Méd. Division des poils à leur extrémité.
SCHIZOTROQUE adj. (ski-zo-tro-ke — du gr. ictuzô, je aivise; iruclws, roue). Zool. Dont le corps porte un organe rotatoire lacinié.
— s. m. pi. Infus. Groupe d'infusoiressystolides ou rotateurs.
SCHIZYMÉNIE s. f. (ski-zi-mé-nî — - du gr. schizô, je fends; Aumeii, membrane). Bot. Genre de mousses, de la tribu des bryacées, dont l'espèce type croit au Cap de Bonne- Espérance.
SCHKUHRIE s. f. (chkû-ri — de Sc/i/cuhr, bota.i. allein.). Bot. Genre de plantes, de la famille des composées, tribu des sénécionées, dont l'espèce type croit au Mexique.
SCULABEHNDORF ou, d'après VEncyclo-
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pédie Rieger, de Prague, SCHLÀTJBENDOUF
(Christophe-Georges-Gustave, comte dk), philanthrope prussien, néàBieslau en 1749 d'après Michaud , à Stettin en 1750 d'après Rieger, mort à Paris en 1824. Il lit ses études à Franefort-sur-I'Oder et se rendit en Angleterre, où il contribua à la fondation d'une société de bienfaisance pour les pauvres allemands, institution qui subsiste aujourd'hui encore. Schlaberndorf passa ensuite en France et devint partisan de la cause républicaine. Il chercha à dissuader le cabinet prussien de faire la guerre à la Fiance et fut dès lors considéré en Prusse comme suspect. Schlaberndorf s'était attaché aux girondins et fut entraîné dans leurs malheurs. Arrêté en janvier 1793, il fut relâché après le 9 tliermidor. Il resta en France , pendant que ses parents, convoitant sa grande fortune, intriguaient contre lui en Prusse et provoquaient la mise sous séquestre de tous ses biens ( 1803). Christophe Schlaberndorf avait déjà fait venir une grande partie de ses fonds en France et souffrit peu de ce séquestre, qui fut d'ailleurs levé en 1812. Pendant les années suivantes, Sclilaberndorf favorisa, dit-on, les intrigues de la Sainte-Alliance en Allemagne, intrigues que beaucoup d'Allemands avaient la naïveté de croire destinées à l'émancipation de l'Allemagne, et qui n'avaient pour but que le rétablissement dans leurs Etats de tous les despotes,, grands et petits, détrônés par Napoléon. Schlaberndorf poussa le zèle pour la prétendue cause de la liberté allemande jusqu'à offrir 60,000 thulers au roi de Prusse pour les frais de la guerre. 11 en fut mal récompensé par ce souverain ; car il ne put même pas, après la guerre, obtenir l'autorisation de rentrer en Prusse. Schlaberndorf passa le reste de sa vie à Paris, où, moderne Liogène, il vécut jusqu'à sa dernière maladie, logé dans une chambre dont il avait fait Un immonde galetas, et habillé d'une mamèr,e sordide. Avare pour lui-même, Schlaberndorf était prodigue envers les établissements de bienfaisance, pour qui sa mort fut une véritable calamité. Ii mourut en laissant une fortune considérable qui, en l'absence de tout testament, passa à ses collatéraux.
SCHLADMING, bourg de l'empire d'Autriche, dans la Styrie, k 80 kiloin. O. de Judenburg, sur l'Eus; 1,270 hab. Importantes mines de fer et de cuivre. C'est là que "C'est découvrit, en 1817, le métal dit junom'uin.
SCHLAGER (Jean de), homme d'Etat wurtembergeois, né à Tubingue en [792, mort en 1860. Fils d'un boulanger, il occupa d'abord des positions subalternes dans l'administration. En 1810, il devint directeur de chancellerie au ministère de l'intérieur et, quelques années plus tard, conseiller actif de l'administration supérieure. En 1820, il fut envoyé par sa ville natale comme député à la seconde Chambre ; il y soutint les idées libérales. Aux élections de 1831,Schlager échoua à Tubingue ; le gouvernement le nomma haut bailli à Gœppingue, lui confia, au mois de juillet 1832, le portefeuille (provisoire) de l'intérieur et le nomma conseiller d'État. Dès lors Schlager, abjurant son ancien libéralisme, adopta une politique conservatrice; il en fut récompensé par le gouvernement après la session de 1836 par le titre de conseiller intime, puis en 1839 par le portefeuille de l'intérieur. Ministre impopulaire, Schlager dut se retirer du pouvoir en 1848; il reprit en main son ministère en 1849, et, pour s'y maintenir, opéra la dissolution de la Chambre des députés et renvoya la diète provinciale. Il se trouva, en 1S50, en face d'une troisième assemblée qui lui était non moins hostile que les deux précédentes. Cette fois, Schlager donna sa démission et rentra dans la vie privée.
SCULAGGENWÀLD, ville de l'empire d'Autriche, dans la Bohême, cercle et à 6 kilom. S.-O. d'Ellenbogen; 3,600 hab. Mine de plomb. Célèbre manufacture de porcelaine ; lilature de coton.
SCHLAG1NTWEIT (Guillaume-Auguste-Joseph), médecin oculiste allemand, né à Regen en 1792, mort à Munich en 1854. Nommé docteur en 1816, il s'établit comme prioatdocent à l'université de Freisingen, puis vint à Munich et y fonda un hospice particulier pour le traitement des maladies des yeux. Ses principaux ouvrages sont : De calaraclum origine (Freisingen, 1816); Sur l'état actuel en A llemagne, de la formation artificielle des pupilles oculaires (Munich, 1818); Expériences pratiques sur le choléra epidémique à Munich (1837).
SCHLAGINïWEIT, nom de cinq voyageurs allemands, tous frères, qui se sont fuit un nom dans la science et la littérature contemporaines. Les deux aînés principalement , Hermann, né a Munich en 1826, et Adolphe, né en 1829, se sont placés au rang des géologues les plus savants et des explorateurs les plus intrépides de notre époque; et, quoique le second ait succombé avant l'âge, victime de sou dévouement pour la science, celle-ci ne peut séparer leurs noms dans ses annales; car jusqu'au dernier moment, travaux, fatigues et succès, tout a été commun entre eux. Après avoir reçu une excellente éducation, ils préludèrent à leur studieuse carrière en s'occupaut de recherches sur les sciences naturelles et publièrent les résultats de leurs observations dans Les Alpes, de
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1846 h 1848, sous le titre de Recherches sur la géographie physique des A lpes( Leipzig, 1850). Cet ouvrage obtint l'approbation du monde savant et valut notamment aux deux frères l'amitié et la protection d'Alexandre de Hutiiboldt. Après avoir visité l'Angleterre et l'Ecosse, ils revinrent en 1851 dans les Alpes, où ils opérèrent l'ascension de plusieurs montagnes, entre autres celle du pic gigantesque de Monte-Rusa, que nul n'avait gravi avant eux. Tandis qu'Adolphe consacrait les années 1S52 et 1853 au relevé géologique des Alpes bavaroises et prenait en même temps ses grades ii l'université de Munich, Hermann ouvrait k Berlin des cours de météorologie et de géographie physique; mais, quoique séparés, ils n'en continuèrent pas moins k travailler en commun et publièrent bientôt après de Nouvelles recherches sur la géographie physique et la géologie des Alpes (Leipzig, 1854), ouvrage qui renferme aussi un travail du quatrième frère, Robert Schla- Gintwkit (né en 1833), Sur la géologie du Ktiisergebirge. Ils construisirent, en outre, deux plans en relief du Mont-Rosa et de la Zugspitze, dont on publia des cartes photographiées (Berlin, 1854). Le succès obtenu par leurs travaux, la recommandation d'Alexandre de Huniboldt les tirent charger par le roi de Prusse et par la Compagnie anglaise des Indes orientales d'exécuter dans les Indes un voyage scientifique, pour lequel ils s'adjoignirent leur frère Kobert. Ils s'embarquèrent, le 20 sepiembre 1854, pour l'Egypte, d'où ils atteignirent ensuite Bombay et se dirigèrent de là sur-Madras, par deux routes différentes, à travers le Deean. Adolphe et Robert se rendirent, en mars 1855, dans les provinces du Nord-Ouest et consacrèrent tout l'été à l'exploration des sommets sans nombre, des défilés escarpés et des glaciers gigantesques de l'Himalaya. Sur l'Abi-Gamin, l'une des montagnes les plus élevées du Thibet, ils s'élevèrent à 6,785 mètres , la hauteur la plus considérable que l'on ait jamais atteinte dans une expédition scientifique. Après avoir ensuite employé l'hiver de 1855-1S56 à l'exploration de la péninsule, ils rejoignirent à Simla, en mai 1856, Hcrmann, qui, dans l'intervalle, avait exploré l'Himalaya oriental (le Sikkim et le Boutan), l'Assam et les montagnes situées entre le Brahmapoutre et l'Inde inférieure. Les trois frères revinrent alors à l'Himalaya, visitèrent, soit ensemble, soit isolément, le Cachemire, le I.adak et le Balti, et Hermann, accompagné cette l'ois de Robert, parvint, en franchissant les chaînes du Karakorum et du Kun-Lun, jusqu'au'furkestan chinois. A leur retour, ils se séparèrent encore une fois, le 13 décembre 1856, à Raulpindi, dans le nord du Pendjab. Robert parcourut le bassin de l'Indus et s'embarqua à Bombay pour l'Egypte au printemps de 1857. Hermann se dirigea à travers l'Indoustan et le Bengale, visita le Népaul et, vers la fin d'avril 1857, prit la mer à Calcutta pour uller rejoindre Robert en Egypte. Adolphe, qui voulait prolonger encore une année son séjour dans l'Inde, partit de nouveau au commencement de l'été de la même année pour les plateaux de l'Himalaya septentrional, d'où il se proposait de pénétrer ensuite dans le Turkestan chinois et dans l'Asie russe; mais il fut assassiné, le 26 août 1857, près de Kaschgar.
Le retour en Europe, Hermann et Robert s'établirent d'abord à Berlin, puis à Jœgersbourg, près de Forchheim, où se trouvent aussi les riches collections qu'ils ont rapportées d'Asie. Ils publièrent aussitôt les résultats de leurs voyages et de leurs recherches sous ce titre : Itesults of a scientific mission to lixdia and High-Asia (Résultats d'une mission scientifique dans l'Inde et dans la haute Asie (Leipzig, 1861 et années suivantes, t. I h IV). Ce magnifique ouvrage, qui tonne 9 Volumes de texte, avec un atlas d'environ 120 planches et cartes, renferme d'inappréciables matériaux sur la géographie physique, la météorologie, la géologie et l'ethnographie des régions explorées par les trois frères. Ils ont, en outre, recueilli une collection de 275 types de races, qui ont été, à diverses reprises, reproduits par la galvanoplastie. Les services que les frères SJchlagintweit ont rendus à la science , en résolvant d'importantes questions scientifiques, en pénétrant dans des localités complètement inconnues, obtinrent en 1359 une première récompense de la Société géographique de Paris , qui leur décerna sa grande médaille d'or, ils furent, en outre, élevés à la noblesse héréditaire par le roi de Bavière Maximilien II ; Hermann a de plus été autorisé en août 1864 à ajouter à son nom celui de Sakuntuuaki et a reçu en avril 1863 le titre de baron et la croix de commandeur de l'ordre mexicain de Guadalupe.
Le troisième frère, Edouard Schlagint- ■wkit, né en 1831, embrassa l'état militaire et devint eu 1859 lieutenant, puis eu 1866 capitaine dans la cavalerie bavaroise. Officier de talent et de connaissances peu ordinaires, il était en outre depuis 1857 aide de camp du général de Zolier. Il prit part, en 1860, à la campagne des Espagnols dans le Maroc , sur laquelle il publia un ouvrage intitulé : la Guerre hispano-marocaine (Leipzig, 1863). 11 fut tué à la bataille de Kissingen, le 10 juillet 1866.
Le cinquième frère, Emile ScnLAGiNrwEiT, né en 1835, s'occupa d'abord de l'étude du
droit; mais noblement jaloux des succès de ses frères, il se rendit en 1855 à Berlin pour s'y adonner avec ardeur à l'étude des langues orientales, parmi lesquelles le thibétain devint surtout l'objet de ses recherches, lorsqu'il eut vu les manuscrits en cette langue, que ses frères avaient rapportés. Il a déjà publié sur ces matières plusieurs ouvrages, parmi lesquels on cite comme les plus importants : le Bouddhisme dans le Thibet, d'après des documents littéraires et des objets du culte religieux (Leipzig, 1863, avec atlas) en anglais) et les Jiois du Thibet (manuscrit, 1865) en allemand,
SCHLAGUE s. f. (chla-ghe — allem. schlagen, battre). Peine disciplinaire usitée parmi les troupes de certains Etats allemands, et qui consiste en des coups de baguette que l'on applique au délinquant : Donner, recevoir la~ Schlague. Le despotisme paternel de l'empereur d'Autriche est tempéré par la schlague et le carcere duro. (Connen.)
— Encycl. Le mot schlague a été introduit dans notre langue vers 1756 par nos soldats qui l'avaient emprunté au vocabulaire allemand. C'était alors la coutume, dans les armées d'outre-Rhin, de punir le soldat en lui administrant des coups de bâton, et cet usage n'était pas chose nouvelle. On sait, en effet, qu'à Athènes et à Rome les hommes portant les armes étaient fustiges à la moindre faute, et, pendant le moyen âge, l'infanterie, en grande partie composée de serfs, marchait comme un vil bétail sous le bâton des piqueurs ou des varlets. Le ministre de la guerre, Saint-Germain, essaya, pendant la guerre de Sept ans, d'introduire la schlague dans l'armée française, et, par ses ordres, on créa une compagnie de caporaux schlagueurs préposés ii la distribution des coups de bâton aux soldats convaincus de désertion ou de maraude. Mais la chose fut plus difficile à acclimater que le mot, et la schlague n'a jamais eu chez nous qu'un très-médiocre succès. Quand la Révolution de 1789 l'effaça de notre code militaire, elle n'existait déjà plus qu'à l'état de souvenir. V. bastonxadu.
SCHLAGUER v. a. ou tr. (chla-ghé — rad, schlague). Donner la schlague à : Autrefois, en Autriche, on schlagvjait les simples solda! s pour le moindre motif. (L.-J. Larcher.)
SCHLAGUEUR, EUSE adj. (chla-glieur, euze). Qui est chargé de donner la schlague.
— Caporal schlagueur, Membre d'une société de sous-officiers, établis en 1756 dans l'armée française pour donner la schlague aux soldats.
SCHLAMM s. m. (ehlamm — mot allem.
qui signif. timon, et qui paraît allié au latin limus, même sens). Métall. Matière qui so produit quand on écrase le minerai.
SCHLAN ou SLANY, ville de l'empire d'Autriche, dans la Bohême, cercle et à 33 kilom. N.-O. de Prague ; 4,600 hab. Collège de piaristes; gymnase. Fabrication de draps, bonneterie, sucre de betterave, acide sulfurique ; filature de coton, salines, bains.
SCHLANGE1VBAD, village de Prusse, dans l'ancien duché de Nassau, province de Hesse, régence et à 12 kilom. N.-E. de Wiesbaden, dans une vallée méridionale du Tau nus; 300 hab. Sources thermales alcalines (29°) ; établissement de bains.
•SCHLAWA, ville de Prusse, province de Silésie, régence et à 70 kilom, N. de Licgnitz, sur la rive méridionale du petit lac de son nom ; 2,000 ha"b. Filature de laine, fabrication de lainuges, pêche.
SCHLAWE, ville de Prusse, province de Poméranie, régence et à 33 kilom. N.-E. de Koslin, ch.-l. du cercle de son nom, sur la Wiper, au confluent de cette rivière avec la Motze; 3,940 hab. Elève de b'tail. Fabrication de toiles; commerce de bois, potasse, toiles, chanvre.
SCHI.ECHTA-WSSEIIRD (Ottocar - Marie , baron), orientaliste allemand, né â Vienne en 1825. Entré en 1842 à l'Académie orientale de sa ville natale, il fut attaché en 1848 au service public de la légation autrichienne à Constantinople et revint eu 1S6Û à Vienne, où il fut nommé conseiller de légation et directeur de l'Académie orientale. Il avait rapporté une précieuse collection de manuscrits, dont il fit don à la bibliothèque impériale. Profondément versé dans la connaissance des langues persane et turque, le baron Schlechta- Wssehrd s'est fait connaître comme orientaliste par une édition du Jardin du printemps du po&te persan Djâmi, avec la traduction allemande (Vienne, 1840), ainsi que par des traductions du Jardin des fruits de Saadi (Vienne, 1S52) et des Fragments d'Ibn-Iemin (Vienne, 1852). 11 a, eu outre, écrit en langue turque un Manuel du droit des peuples (Vienne, 1847, 2 vol.), qui estle premier ouvrage composé en turc par un Occidental. Il a, en outre, fourni un grand nombre de notices aux Mémoires et aux Comptes rendus de l'Acadé' mie de Vienne, dont il est membre, et a publié dans différents recueils d'intéressantes études sur plusieurs points de l'histoire moderne de la Perse et de la Turquie.
SCHLECHTENDALIE s. f. (cblèch-tain-da- U — de Schlechtendal, botan. allem.). Bot. Genre de plantes, de la famille des composées, tribu des mutisiées, originaire du Brésil, g
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Syn. d'ABÉNOPHYiXE et de molli* , autres genres de plantes.
SCHLEGEL (Jean-Elie), poète allemand, né à Meissen (Saxe) en 1718, mort en 1749. Il élait professeur d'histoire k l'académie de Soroë et il s'est fait connaître par des traductions ou des imitations en vers allemands des poètes latins et grecs. Ses pièces de théâtre sont considérées comme les meilleures compositions dramatiques produites en Allemagne pendant la première moitié du xvme siècle. Ses Œuvres ont été publiées par son frère, Henri Schlegel (Copenhague et Leipzig, 1766- 1770, 5 vol. in-8<>).
SCHLEGEL (Jean-Adolphe), poète et prédicateur allemand, frère du précédent, né à Meissen en 1721. mort en 1793. Il fitsesétudes à l'université de Leipzig, où il fut l'un des fondateurs du recueil intitulé les Documents de Leipzig, et devint, en 1751, vicaire à Pforte et professeur au collège de cette ville, puis, en 1754, pasteur et professeur au gymnase, enfin, en 1759, payeur de l'église Saint-Marc, h Hanovre, où il avait, à sa mort, les litres de conseiller consistorial, de surintendant et de pasteur de l'église de Neustadt. Ses œuvres poétiques, Fables et récits (Leipzig, 1769), Chants religieux (Leipzig, 1766-1772, 3 recueils) et Poésies mêlées (Hanovre, 1787-1789, 2 vol.), appartiennent aux meilleures productions littéraires de son époque; mais elles sont oubliées aujourd'hui, à l'exception de quelques chants encore usités dans les églises. On a encore de lui plusieurs recueils de sermons, publiés de 1754 à 1776 et qui témoignent d'un rare talent oratoire, plus une excellente traduction des beaux-arts réduits à un principe, de Batteux (Leipzig, 1751,2 vol.; 1770, 30 édit.), k laquelle il a joint plusieurs dissertations originales dans lesquelles il explique ou contredit les théories de l'auteur français.
SCHLEGEL(Jean-Henri),historien allemand, frè.e des deux précédents, né à Meissen en 1724, mort en 1780. Il étudia, à partir de 1741, le droit à Leipzig et s'y occupa en même temps de l'histoire de la littérature; grâce à la recommandaticin de son frère aîné, il fut nommé secrétaire de la chancellerie danoise k Copenhague et y devint plus tard professeur d'histoire, historiographe royal et conseiller de justice. Outre plusieurs ouvrages relatifs k l'histoire du Danemark, il a écrit une histoire des rois de Danemark de la maison d'Oldenbourg (Copenhague et Leipzig, 1777, ï vol.) et surveillé l'édition des œuvres de son frère, Jean-Klie.
SCHLEGEL (Jean-Frédéric-Guiltaume), jurisconsulte danois, tils du précédent, né à Copenhague en 1765, mort dans la même ville en 1836. Il étudia le droit k l'université de sa ville natale et y fut nommé, en 1789, professeur adjoint, puis, en 1800, professeur titulaire de droit. L'année suivante, il passa k la chancellerie danoise en qualité de conseiller d'Etat et de chef du premier département; mais il reprit en 1803 sa chaire à l'université et fut nommé en 1812 conseiller de conférence. Il a été l'un des hommes qui, par leurs travaux préparatoires, ont le plus contribué à l'introduction en Danemark du système représentatif. Au nombre de ses ouvrages, écrits la plupart en danois, il faut citer : 1 • Droit naturel (Copenhague, 1798; 2« édit., 1805); le Droit public du royaume de Danemark et des duchés de Slesvig, de Holstein et de Lauenbourg (Slesvig, 1829).
SCHLEGEL (Théodore-Auguste), médecin allemand, né à Ulm eu 1727, mort à C'assel en 1772. Il rit ses éludes médicales à Strasbourg, où il fut reçu docteur en 1750. L'année suivante, il fut nommé pioseeteur et professeur d'anatomie à Brunswick et, bientôt après, médecin pensionné de la ville. Plus tard, il alla occuper à Casse! la chaire de médecine et de chirurgie. Nous devons kTh.-A. Schlegel les écrits suivants : De vente Sectionum usn et nbusu apud Gallos (Helmsiœdt, 1750, in-40); De prolapsu uteri cum inversione extra parlas tempus ex terrore orto (Ilelmstsedt, 1750, in-40); Diatribe gralulaloria de fato diei uatalis (1751, in-4») ; De morbis sexus feminini ex defectu polus oriundis (HerfelJ, 1756, in-4o).
SCHLEGEL (Théophile), théologien et grammairien allemand, né à Kœnigsberg en 1739, mort en 1810. 11 débuta comme professeur de langue latine et de philosophie au collège de sa ville natale et devint ensuite professeur adjoint de l'université, puis recteur et inspecteur du collège de Riga. Successivement docteur en théologie à l'université d'Eilangen, j asteur, premier diacre de la cathédrale, surintendant de la Poméranie suédoise, vicechancelier et premier professeur de théologie de l'université de Ctreifswalde, il fonda dans cette dernière ville un séminaire pour les jeunes instituteurs et une caisse générale pour les veuve- des pasteurs. Ses principaux ouvrage» sont : Grammaire latine (1787); liemarques sur tes moyens de vivifier parmi les hommes la religion intérieure et extérieure (Greifswalde, lsio, in-8°); Manuel pratique de la doctrine pastorale (Greifswalde, 1811, in-8»).
SCHLEGEL (Chrétienne-Caroline Lucius , dame), femme de lettres allemande, née k Dresde, morte nonagénaire en 1833. Elle en-
tretint une correspondance suivie avec Gellert de 1760 k 1769, avec une de ses amies d'enfance et avec Mlle Kirchhof de Kotbùs, devenue ensuite Mme Guide. La principale œuvre de Mme Schlegel est une tragédie bourgeoise (anonyme) , intitulée Duval et Charmille (Leipzig, 1778). Elle a aussi publié quelques traductions. En 1823, on a imprimé à Leipzig la Correspondance de Gellert et de il/lia Lucius; il ne s'y trouve qu'une partie et même la moindre partie des lettres de Caroline.
SCHLEGEL (Jean-Chrétien-Traugott), médecin allemand, né près de Fribourg, en Saxe, en 1746, mort k Langensalza en 1804, Il lie ses études à léna, où il fut reçu docteur en 1771, et se fixa ensuite à Langensalza. Il devintconseitler et premier médecin du comte de Schœnbourg-Waldenbourg et mourut au commencement de ce siècle. Il laissa plusieurs écrits sur la sémèiotique , la thérapeutique, la matière médicale , les accouchements et la médecine légale. Parmi ses meilleures productions, nous citerons : Prim$ HnciB de cognoscendis mulierum morbis in usus academicos ducts) a Gualth. van Dœveren',, (Leipzig, 1783, in-8°); Collectio opusculonon seiectorum ad medicinam forensem spectantium (Leipzig, 1783-1791, 5 vol. in-8°); Sylloge selectiorum opusculorum de mirabili sympathia, qux partes inter diversas corporis humani inlercedit (Leipzig, 1787, in-8°) ; Thésaurus semeiotices pathotogix (Stendal, 1787-1802, 3 vol. in-8"); Thésaurus pathologieo - therapeuticus ( Leipzig , 1789 - 1793 ,
2 vol. in-8") -, Thésaurus materis mediese et arlis pharmaceuticB (Leipzig, 1793-1797, 3. vol. in-8°) ; Sylloge operum prxstantium ad artem obstelriciam spectantium , qux curavit atque edidit , et indicibus necessariis auxit , cum tabulis (Leipzig, 1795, 2 vol. in-8°).
SCHLEGEL (Charles - Gustave - Maurice) , théologien allemand, né à Hanovre en 1756, mort en 1826. Il lit ses études à Gœttingue et devint successivement second pasteur à Harbourg (1790), surintendant et ministre k Gœttingue (1790), enfin surintendant général et pasteur a Harbourg (1816). On a de lui différents écrits théologiques, dont le plus remarquable a pour titre : Exposition critique et systématique des degrés prohibés de parenté et d'alliance (Hanovre, 1802).
SCHLEGEL (Jean - Charles - Furchtgott), frère du précédent, né à Zerbst en 1758, mort k Hanovre en 1831. Il était conseiller du consistoire dans cette dernière ville et il a publié plusieurs ouvrages estimés sur l'histoire ecclésiastique. Nous citerons las suivants : le Droit ecclésiastique hunovrien (Hanovre , 1801-1805, 5 vol.); De l'esprit de la piété de tous les temps et de tous les peuples ( Hanovre, 1819, 2 vol.) ; Histoire ecclésiastique de V Allemagne du Nord (Hanovre, 1828-1832,
3 vol.).
SCHLEGEL (Auguste Guillaume de), célèbre critique allemand, frère des précédents, né à Hanovre en 1767, mort k Bonn en 1845. Il commença ses études au collège de sa ville natale, où il apprit la langue française, qu'il parvint k écrire avec beaucoup d'élégance. 11 alla ensuite étudier la théologie k l'université de Gœttingue. Là, les leçons de Heyne sur l'antiquité classique le détournèrent bien vite de la thé.dogie et il se jeta avec toute l'ardeur de la jeunesse dans la carrière suivie par son illustre -professeur. A l'âge de vingt ans environ, il écrivit son premier ouvrage, une dissertation Sur la Géométrie d'Homère, écrite en latin, qui fut couronnée par la Société de philologie. La même année{l 787), il fit pour l'édition ueVirgile qu'allait publier Heyne un Jndexqm témoignait d'une précoce érudition et qui donne des notions aussi exactes et précises qu'il est possible sur l'état de la poésie latine au temps du poète de Mantoue. Vers cette époque, l'Allemagne commençait k réagir contre la manie de l'imitation française, causée par l'influence des deux siècles littéraires qui avaient produit en France tant de chefs-d'œuvre. Une ligue composée d'hommes jeunes et instruits se forma pour affirmer l'existence d'une littérature allemande originale ; Schlegel en fit partie et publia quelques poésies qui attirèrent l'attention.
Cependant le jeune écrivain n'était pas riche, et, lorsqu'il sortit de l'université en 1793, il dut accepter une place de professeur particulier chez un banquier hollandais et partit pour Amsterdam, où, durant trois années, il se consacra k l'éducation. Pendant ce temps, il trouva le moyen de faire des études fort approfondies sur Dante et la poésie italienne. Eu 1797, l'invasion de l'armée française l'obligea de quitter la Hollande. Il alla s'établir k lena, où Schiller brillait de toutson éclat, et peu éloigné deWeimar, où vivait alors Goethe avec sa cour littéraire. Schlegel ne tarda pas à faire la connaissance de Schiller, qui le lit coopérer k la rédaction des heures et de Y Almnnach des Muses. Biemôt Schlegel fonda avec son frère Ch.-Uuillaume VAtheu&um, recueil qui eut une grande influence sur la littérature moderne de l'Allemagne. «Les auteurs, dit un de ses biographes, mêlaient k la nouveauté des idées, à la vivacité des critiques, le sarcasme et l'ironie. Arracher le talent, qui, après avoir abandonné la noblesse pompeuse du xvne siècle, s'affaiblissait dans une recherche vaine du naturel, au
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hasard de l'inspiration ; prêcher l'égalité da toutes les manifestations de la pensée humaine et l'impartialité inspirée parle cosmopolitisme de Goethe; donner pourtant la préférence aux mœurs chevaleresques et au merveilleux chrétien du moyen âge; pousser l'aversion pour la France jusqu'à l'injustice : tels furent les principes du romantisme allemand. C'est le nom désormais fameux de la nouvelle école. Les deux Schlegel en furent les champions. Chacun d'eux possédait un sens critique supérieur; mais Guillaume avait le jugement plus sûr et était plus pressé de répandre ses idées. Non content de blâmer les défauts, il relevait les beautés et communiquait son enthousiasme à ses nombreux lecteurs. » En outre, il continuait k publier des poésies originales et à faire connaître par d'élégantes traductions les poésies étrangères. Il lit paraître k léna d'importants fragments de la Divine comédie et commença la traduction de Shakspeare, à laquelle il travailla jusqu'en 1810 et que Tieck acheva. Cette traduction est considérée par les Anglais et les Allemands comme fort exacte et élégante. Les deux traducteurs ont su conserver la grâce et l'énergie de l'original k force d'art et de soins, mais aussi grâce k la souplesse de i'idiome germanique, qui se prête mieux qu'aucun autre k l'interprétation des œuvres étrangères, Schlegel n'en poursuivait pas moins sa carrière comme poète. En 1801 se place la composition d'une satire fort vive contre Itotzebue, qu'il intitula : Arc de triomphe en l'honneur de Kolzebue, et qui n'est qu'une longue série d'épigrammes destinées, dit-on, autant k venger Mme de Staël grossièrement attaquée par Kotzebue qu'k venger l'art. Il composa ensuite VEpitre de Néoptolème à Diodes, écrite en souvenir d'un de ses frères qui mourut aux Indes en 1799, puis des Sonnets adressés k Elisa Boehmer, une jeune tille qu'il aimait. En 1802, après la mort de son aini Novalis et k la suite de dissentiments avec Goethe et Schiller, il quitta léna pour se rendre k Berlin. Aussitôt arrivé dans la moderne Athènes, comme on l'appelait alors, il ouvrit un cours sur la littérature et les arts. En même temps, il termina une tragédie imitée d'Euripide, Ion, traduisit un choix des pièces de Calderon et publia en allemand un recueil de poésies espagnoles, portugaises et italiennes sous le titre de Gerbe de fleurs (Berlin, 1803, in-8»). Vers cette époque il rencontra M'ue de Staël, qu'il ne connaissait que de réputation sans l'avoir jamais vue; ces deux grandes intelligences sympathisèrent bientôt et il partit avec elle pour la Suisse en 1804, afin de surveiller l'éducation de ses enfants. Il recevait 12,000 francs de traitement annuel et, en outre, il vivait dans une flatteuse intimité avec cette femme célèbre, dont le salon était le rendez-vous des hommes les plus distingués de l'époque. Il y resta douze ans, pendant, lesquels il ne fut pas toujours heureux, s'il faut ajouter foi k l'amour qu'il eut, dit-on, pour M""5 de Staël et k l'histoire de sa rivaliié avec Benjamin Constant. Ce qu'il y a de certain, c'est que, si Mme de Staël n eut jamais pour lui de tendres sentiments, en revanche elle lui voua une aminé qui ne s'éteignit qu'avec la vie. Cette amitié eut une grande et heureuse influence sur les travaux de M'"« de Staël, et principalement sur son livre De l'Allemagne. Schlegel accumpagna ses élèves et leur mère en Italie, puis en France, ou il écrivit une brochure intitulée : Comparaison entre la Phèdre de Racine et celle d'Euripide, dans laquelle il se montrait assez injuste pour notre littérature dramatique en général et en particulier pour Racine. Sur ces entrefaites, Rovigo, le préfet de police, ayant transmis k M"»" de Staël l'ordre de sortir de France, elle revint en Allemagne avec Schlegel qui, en 1808, fit k Vienne des leçons publiques sur la littérature dramatique, reunies depuis dans un ouvrage en trois volumes, dont M^e Necker de Saussure a la première donné une traduction française. En quitta nt Vienne, Schlegel suivit encore Mmc<je Staël dans ses pérégrinations k travers l'Europe et trouva le temps, tout en fréquentant beauioup le monde, de publier deux essais fort importants dans lo Musée allemand, le
firemier sur Niebuhr, le second sur les Nibeungen.
Use trouvait en 1812 k Stockholm, peu de temps après la rupture de Bernadotte avec Napoléon. Le roi de Suède le reçut avec une grande distinction, et Schlegel en profita pour publier ses deux pamphlets : le Système continental et le Tableau de l'Empire français en 1813, deux violentes philippiques dirigées contre Napoléon, qui ne sont pas toujours exemptes d'injustice, mais qu'excuse l'exil arbitraire de la femme qu'il aimait. Durant la guerre de l'indépendance allemande, qui éclata la même année, Schlegel fit la campagne comme secrétaire du prince de Sucde, et on lui attribue les proclamations patriotiques répandues k profusion par ce prince. Quoi qu il en soit, ses services durant cette guerre lui valurent de nombreuses distinctions honorifiques, et entre autres des lettres de noblesse. Lors de la Restauration de 1814, Schlegel vint habiter Paris avec Mme de Staël, qu'il perdit trois ans après. Cette mort fut pour Schlegel un grand deuil; il perdait en elle une amie et une protectrice, dont ses démêlés avec les critiques français lui rendirent l'absence encore plus sensible. En effet, il fut en butte k des attaques si violentes et si par-
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sistanfes qu'il se décida k quitter la France, non sans avoir rendu un dernier hommage à la mémoire de son amie en surveillant la publication de ses Considérations sur la Révolution française.
De retour en Allemagne, Schlegel fit paraître, en 1818, ses Observations sur la langue et la littérature provençales, dans lesquelles il combattait les affirmations de Raynouard sur l'universalité primitive de cette langue et devançait Fauriel et Villemain. Ces essais furent publiés plus tard snus forme d'articles dans le Journal des Débais de 1833 k 1834. Lors de la réorganisation des universités allemandes, Schlegel fut nommé professeur de littérature k celle de Bonn, et, désireux d'étendre le cercle de ses connaissan • ces générales en littérature, il commença à étudier les langues orientales. Familier déjà avec les idiomes de l'Inde, il reçut bientôt la mission de fonder k Bonn une imprimerie sanscrite. Il fit k cet effet un voyage k Paris, où il séjourna plusieurs mois, occupé k faire exécuter des caractères spéciaux. Il revint ensuite k Bonn, où il fonda une revue, la Bibliothèque indienne, dont il fut presque le seul rédacteur. Il traduisit ensuite quelques fragments des ouvrages les plus célèbres de la langue sanscrite, entre autres du Ramatjana elAiiMahabharata. Après un nouveau voyage en France et en Angleterre, il vint k Berlin où il ouvrit, en 1827, un cours public sur l'histoire des beaux-arts, qui a depuis été imprimé et publié k Paris sous le titre de : Leçons sur l'histoire et la théorie des beaux-arts en 1831. Vers la même épnque, Schlegel écrivit encore duns noire langue des Réflexions sur l'étude des langues asiatiques, en 1832, et deux ans plus tard son Essai sur l'origine des Indous. Peu de temps après, il railla irèsspirituellement, dans la Revue des Deux-Mondes, les rêveries d'un certain M. Rosetii, professeur k l'université de Londres, qui prétendait que, vers le Tuve et le xvo siècle, il y avait en Italie une association secrète affiliée k la secte des albigeois, dont Dante, Pétrarque et Boccace faisaient partie, et que leurs ouvrages étaient écrits dans un style rempli d'allusions , dont lui , Rosetti, disait avoir trouvé la clef. De retour dans son pays, Schlegel, qui avait tant contribué au mouvement intellectuel de l'Allemagne , vécut presque ignoré. Vers 1843, il s'occupa de la réimpression de ses œuvres françaises, qu'il publia k Bonn sous le titre d'Essais littéraires et historiques ; ca fut sa dernière publication, a Les écrits de A.-W. Schlegel, dit Mme de Staël, font voir qu'il possède en littérature des connaissances rares ; même dans sa patrie, il est rutnené sans cesse k l'application de ses idées par le plaisir qu'il trouve k comparer les diverses langues et les diverses poésies entre elles. Un point de vue si universel devrait presque être considéré comme infaillible, si la partialité ne l'altérait pus quelquefois; mais cette partialité n'est point arbitraire et j'en indiquerai la marche et le but. On peut comparer la manière de W. Schlegel, en parlant de poésie, k celle de Winckclmann en décrivant les statues; et c'est ainsi seulement qu'il est honorable d'êtr>: un critique; tous les hommes du métier suffisent pour enseigner les fautes ou les négligences" qu'on doit éviter; mais après le génie, ce qu'il y a de plus semblable k lui, c'est la puissance de le connaître et de l'admirer. On a fort accusé Schlegel de ne pas rendre justice h la lutùruture française ; cependant peu d'écrivains ont, parlé avec plus de respect de nos grands auteurs ; mais ce qu'il s'attache k prouver seulement, c'est que depuis le milieu du xvuo siècle le génie manière a dominé dans toute l'Europe et que cette tendance a fuit perdre la verve audacieuse qui animait les écrivains et les artistes k la renaissance des lettres. Dans les tableaux et les bas-reliefs où Louis XIV est peint, tantôt en Jupiter, tantôt en Hercule, il est représenté nu ou revêtu seulement d'une peau de lion, mais avec sa grande perruque sur la tête. Les écrivains de Ta nouvelle école prétendent que l'on pourrait appliijuer cette grande perruque k la physionomie nés beaux-arts, dans lo xvne siècle ; il s'y mêlait toujours une politesse affectée, dont une grandeur factice était la cause. » Schlegel s'était inurié deux fois; la première eu 1802, avec la tille d'un professeur de Gœttingue, Michaelis, et la seconde avec la fille du conseiller Paulus, qu'il épousa k Bonn en
Ses deux femmes obtinrent contre lui une séparation juridique au bout de quelques mois de mariage. Henri Heine prétend que Guillaume Schlegel avait tout ce qu'il faut pour faire un excellent mari, sauf l'essentiel.
M"'o de Staël a contribué p us que personne k lui donner une grande notoriété, tant en Allemagne qu'en France. Elle l'a fait apprécier bien au-dessus de sa valeur, et ses éloges exagérés lui donnèrent en même temps une vanité et une outrecuidance insupportables. Ses meilleurs amis se moquaient de son caractère presque féminin. Dans sa mise, il étuii d'une recherche ridicule, et c'est encore Heine qui nous d peint l'impression que faisait en Allemagne ce professeur habillé en duiuly, toujours ganté de trais, déclamant ses leçons entre deux flambeaux d'argent, un verre d'eau sucrée devant lui et derrière lui un domestique en livrée. Le sonnet qu'il a composé k sa propre louange montre son aplomb et son imperturbable vanité. Il s'y attribue une science uni-
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versello, un génie poétique hors ligne : > Ce poëte qui orée toujours des chefs-d'œuvre, qu'il sot tranquille ou qu'il marche, qu'il soit éveillé ou qu'il dorme, en voyage, chez lui, vainqueur et modèle de tous les poëtes, maître dans le sonnet, est a la fois le créateur et l'image de la règle. Ce que la postérité en dira, on n'en sait rien, mais notre génération l'appelle Auguste-Guillaume de Schlegel. » Lors de sa guerre d'épigrammes contre Schiller, celui-ci se contenta de lui réporulre par une de sesxénies où J.Elie Schlegel fait la question suivante ; « Dis-moi donc, mes deux n.'veux font-ils encore du bruit dans la littérature? — Sans doute, ils font du bruit; ils serrent de près les Troyens, et même ils frappent souvent de grands coups dans le vide. " La postérité n a pas ratifié en tout point le jugement d'A. Schlegel sur lui-même et elle a cruellement vengé Schiller. Ses défauts ssnt, en effet, si frappants et si visibles qu'on s'explique la réaction qui, dès son vivant, l'a fait presque totalement oublier; il a eu cependant quelque mérite comme poëte. II a eu, entre autres, celui de la forme, dans laquelle il n'a guère été surpassé. Toutes ses œuvre;, poétiques sont d'une parfaite élégance, d'un langage pur, d'un grand effet musical, et l'impression agréable qu'on eu reçoit fait qu'au premier abord on ne s'aperçoit pas de l'absence complète de véritable souffle pat tique. C'est ce mérite de la forme, aussi remarquable dans sa prose que dans ses œuvrer poétiques, qui a donné k A. Sehlege.1 la première place après son frère dans le mouvement de l'école romantique. Ce sont eux deux, en effet, qui en ont éié les directeurs, jui en ont formulé les principes et rédigé les organes principaux, quoique, pour le talent et l'invention, ils fussent bien au-dessous de Novalis et de Tieck,
Ces; surtout dans sa critique littéraire qu'on oeut juger A. Schlegel. il est peu original et ne fait guère que suivre h-3 inspirations et les écrits dô son frère. C'est c: dernier qui combina la campagne contre Schiller. L: plan en était habilemont conçu. I] s'agissait Je faire triompher l'école rotnuntiqne ( 'il gagnant le plus grand poëte de l'Allemagne, Goethe, aux idées nouvelles, et de rompre ainsi les liens qui l'unissaient à Schiller. A' guste se chargea d'exécuter ce projet. Rien de plus louange ir que ses comptes rendu; des œuvres de Gœthe ; ses attaques contre Schiller, au contraire, devinrent de plus ei plus violentes, et cependant il avait été son élevé; il lui avait, pendant un certain temps, emprunté sa manière et ses niées. La campagne échoua cependai t contre le bon sens ne Gouihe, et aussitôt les romantiques, jar un singulier revirement, devinrent plus f nids pnur lui et cherchèrent k lui opposer Tieck. L'œuvre capitale d'A. Schlegel est son cours Sur l'art dramatique et lu littérature (Heidelberg, 1809, 3 vol. in-8°). C'est un live tort utile, mais qu'il ne faut pas accepiei aveuglement pour guide. II est fort bien écrit et contient d'excellentes choses. L'idée fondamentale de l'ouvrage a déjà été exprii iée par Schiller; elle consiste à distinguer la poésie classique ou antique de la poésie roi lantique ou moderne; cette division est essentiellement historique. L'école allemande désigi ait sous le nom de romantique l'élément chrétien, et encore elle restreignait le sens du mot chrétien aux institutions et à l'art du moyen âge, excluant ainsi les idées modernes. Ceci posé, Schlegel examine tontes lesœuvresartistiques et littéraires, cherchant partout ce qui peut justifier sa théorie. Il méconnaît ainsi tout k fuit l'élément national, surtout chez les peuples modernes. Ses définitions sont parfois d'une grande obscurité. On conçoit u'uilleurs que, partant d'un point de vue aussi exclusif, il n'ait pu juger que les littératures où se manifeste un essor vigoureux de la pensée. Il ne peut expliquer que ce qu: est simple. Dès qu'il est en face d élément: complexes, dès qu'il ne peut plus distinguer nettement l'esprit païen de l'esprit chrétien, il fait fausse route. 11 y a beaucoup de remarques judicieuses et fines dans les détails; il a traite avec une grande supériorité lfi théâtre des Grecs, des Espagnols et celui de Shakspeaie; mais la littérature dramatique française est restée pour lui incompréhensible. Il a été pour elle d'une injustice flagrante. L'Allemagne, après s'être inspirée de nos grands moueles, a pris pour eux une aversion profonde, Soit effet d'une pure réaction littéraire, soit que les rancunes politiques s'en soient mêlées, les idées de Schlegel y ont fait leur chemin et, sauf en ce qui concerne Molière, elles sont presque généralement admises. Son Cours de littérature dramatique, joint k la Comparaison des deux Phèd~e dont nous avons parlé plus haut, souleva eu France un violent orage; ileutcependant un résultat heureux, celui d'ébranler notre foi littéraire, de donner plus de liberté à nos allures et de préparer l'avènement de notre école romantique.
• Schlegel, dit M. Ch. Galusky (Revue des Deux-Mondes), appartient à la famille des critiques tels que Lessing, Wincketmaun, Frédéric Wolff, qui ont fait germer dans le monde des idées nouvelles et out attaché leur nom a de grandes théories. Utiles auxiliaires du gî nie, eux seuls nous eu révèlent toute la puissance. A leur tour, ils méritent de fixer l'attention de la critique et de reparaître au premier rang. Par l'assemblage de ses rares
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qualités, Schlegel combla presque l'intervalle, qui sépare la faculté de produire de l'art de juger... A l'époque la plus brillante de la littérature allemande, il eut une action décisive sur le goût public ; les esprits même les plus originaux ne purent se soustraire tout à fait à l'empire de sa raison, et cet ascendant ne se borna pas à sa patrie. Il fut aussi un critique français. Quand ses idées pénétrèrent en France, on appliquait au jugement des œuvres les plus diverses quelques principes uniformes, sans s'inquiéter de la contrée ni de l'époque qui avait vu naître l'auteur; on ne tenait nul compte des mœurs ou des institutions qui avaient dû modifier ses idées. Schlegel signala les effets de ces circonstances trop négligées; il montra comment de la religion chrétienne et de nouvelles institutions sociales avait dû naître un art tout uouveau. Malheureusement, il n'appliqua pas toujours les principes qu'il avait poses. Il s'était borné d'abord à demander pour la littérature romantique une place dans la théorie de l'art; bientôt il ne voulut plus reconnaître l'art moderne que sous cette seule forme. Après avoir réclamé la tolérance, il finit par se montrer plus exclusif que ses adversaires; frappé de leur aveuglement, il jugea des idoles d'après leurs adorateurs et rendit le génie solidaire de la médiocrité ; mais ses erreurs sont de celles où il y a toujours quelque chose à prendre. Nous n'admirons pas moins les grands écrivains dont il a mécormu la gloire, et, grâce à lui, nous savons mieux pourquoi nous les admirons. «
SCHLEGEL (Charles-Guillaume-Frédéric dis), lilt rateur, poète et savant allemand, frère des trois précédents, né a Hanovre en 1772, mort k Dresde eu 1829. Son père le destinait au commerce et l'avait placé à Leipzig pour faire son apprentissage. Mais Schlegel ne put s'habituer à ce travail, et a l'âge de seize ans il obtint de sa famille l'autorisation d'entrer à l'université de Gœttiugue, où il s'occupa surtout de philologie. 11 passa ensuite k Leipzig et s'y fit recevoir docteur. Les tendances de l'époque , le prestige des grands poètes de l'Allemagne et l'exemple de son frère Aug.-Guilluume l'entraînèrent vers la littérature. En 1798, il vint à léna, où il collabora à l'Alheuxam, écrivit le premier volume d'un roman, Lucinde ou la Maudite (1799, in-8°), qui ne fut jamais achevé, et deux ans plus tard se fit recevoir comme privât docent à l'université. Il partit eu 1802 pour Dresde et de la se rendit a Paris, où il lit des conférences de philosophie en même temps qu'il rédigeait le journal {'Europe. Il s'occupa surtout de beaux-arts, des littératures méridionales, de l'étude du sanscrit, et c'est a lui que revient l'honneur d'avoir deviné toute l'importance de celte langue comme base de la philologie comparée.
Jusqu'alors Frédéric de Schlegel n'avait pas encore trouvé sa voie. D'un caractère singulièrement enthousiaste, il s'éprenait tantôt d'une idée, tantôt d'une autre. Dans le roman de Lucinde, il avait exalté le mariage libre et le système des courtisanes grecques comme l'idéal d'une civilisation artistique ; le culte du beau ue pouvait se produire, k l'entendre, que dans un monde agréablement libertin. Et cependant il était en proie k une sombre mélancolie; son esprit inquiet cherchait en vain un point d'appui. Entièrement dénué d'ailleurs de sens moral, il avait épousé la femme d'un de ses amis, la fille du célèbre Mendelssohn. Elle était catholique, mais elle avait embrassé le protestantisme afin d'obtenir un divorce et de pouvoir s'unir a Schlegel. Une fois mariés, les deux époux se convertirent ensemble au catholicisme. Ce fut, de la part de Schlegel, un acte profondément réfléchi, car le catholicisme répondait a ses secrètes aspirations. Dès lors, il né vit plus que Rome; les cérémonies pompeuses de l'Eglise fascinaient son imagination ; il déclarait que l'Eglise seule pouvait faire le bonheur de l'humanité, qu'elle était le point culminant de la civilisation et seule capable de faire fleurir les arts dans toute leur perfection idéale.
En 1808, i! quitta l'Allemagne du Nord pour s'établir en Autriche, où s'ouvrit pour lui une brillante carrière, Nommé d'abord secrétaire à la chancellerie de Vienne, il accompagna, en 1809, le prince Charles pendant toute la guerre, écrivit de vigoureuses proclamations qui enflammaient le peuple et rédigea la Gazette de l'armée. Apres 1810, il fut attaché à la rédaction de Y Observateur d'Autriche, puis à celle du Musée allemand (1812-1813); en même temps, il faisait un cours qu'il a recueilli sous le titre d'Histoire des littératures anciennes et modernes (1815, 2 vol. in-8°). A cette date, il fut envoyé à Francfort comme conseiller de la légation autrichienne. Trois ans après, il lit un voyage à Rome et reçut des mains du pape l'ordre du Christ, ce qui lui permit d'ajouter, comme son frère, un de à son nom. A son retour k Vienne, il fonda un nouveau journal, Concordia (1820-1821), reprit ses cours sur la philosophie de la vie et sur la philosophie de i'histuire ; en 1828 enfin, il vint k Dresde faire des conférences sur la philosophie du langage, au milieu desquelles il fut surpris par une congestion cérébrale qui l'emporta.
Le mysticisme est le trait fondamental de Fréd. de Schlegel. Comme l'a fait observer
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M. Karz dans sa remarquable Histoire de la littérature allemande, ce mysticisme se retrouve dans tout ce qu'il a produit; on le voit percer déjà dans Lucinde, on le retrouve dans son Essai sur la langue et la philosophie des Tndous et dans tous les ouvrages philosophiques qu'il a publiés dans la dernière moitié de sa vie. Il a saisi au vol quelques idées brillantes, il s'est laissé séduire par l'originalité ou la grandeur des formes extérieures, et, en voulantgénéraliser ses idées, il a perdu complètement l'intelligence nette de l'histoire et de la vie. Au lieu de prendre les questions et les faits dans leur ensemble, il en a choisi un ou deux qui convenaient plus particulièrement k son esprit et en a tiré des conclusions générales tout k fait fausses. On rencontre la teinte mystique dans ses œuvres poétiques; elle en fait même en quelque sorte le principal mérite. Schlegel, dans ses poésies lyriques, montre un véritable talent, une certaine profondeur de sentiment et de pensée; mais il est trop esclave de ses théories esthétiques. C'est lui surtout qui a poussé l'école romantique allemande dans le camp catholique, et, par cela même, lui a enlevé une bonne partie de sa liberté. Aussi le voyonsnous tout le premier se perdre dans des phrases obscures et symboliques dont le sens échappe au lecteur. Il a voulu prouver que son système permettait l'expression de toutes les idées, de tous les sentiments et il a traité les sujets les plus variés au point de vue romantique et chrétien. Le malheur est qu'on sent beaucoup trop cette intention, l'inspiration n'est pas du premier jet. Malgré tous ces défauts, on ne peut lui refuser une grande supériorité sur son frère. Ses essais d imitation de la poésie méridionale sont fort heureux, et si Guillaume se vantait d'avoir le premier écrit des sonnets en allemand, Frédéric en a fait qui valent mieux que les siens. Quelquefois, d ailleurs, il lui est arrivé d'oublier ses théories esthétiques ; ainsi, quand il se laisse aller à son inspiration patriotique comme dans son Chant de l'honneur, il est vraiment poste.
Comme prosateur, Fréd. de Schlegel a un style choisi et travaillé avec soin; souvent aussi l'idée reste obscure, ou bien le point de vue exclusif fausse le raisonnement. Ces défauts sont surtout apparents dans ses premiers ouvrages : les Grecs et tes Romains, essais historiques et critiques sur l'antiquité classique (1797, 1 vol.) ; V Histoire de la poésie des Grecs et des Romains (1798, 1 vol.); l'auteur y fait preuve de vastes connaissances, mais on est frappé du ton déclamatoire et par trop enthousiaste qu'il donne parfois à son admiration. 11 était alors sous l'influence de Lessing, k qui il a consacré une étude considérable en extrayant de ses œuvres les passages les plus saillants : Pensées et opinions de Lessing (Leipzig, 1804, 3 vol.). Plus tard, après sa conversion, il modifia complètement ce travail dans le sens catholique; c'est sous sa nouvelle forme qu'on le trouve dans ses Œuvres complètes. L Essai sur ta tangue et la philosophie des Indous (1808) est un des meilleurs qu'il ait écrits. Heine l'a fort bien jugé lorsqu il a dit : « Schlegel avait appris le sanscrit de la manière la plus originale, et le petit nombre de fragments qu'il a donnés dans ce livre sont traduits admirablement. Je ne trouve à blâmer que l'arriere-pensée. Il est écrit dans l'intérêt de l'ultramontanisme. Ces braves gens avaient retrouvé dans les poésies indiennes, non pas seulement les mystères du sacerdoce romain, mais toute sa hiérarchie et toutes ses luttes avec la puissance temporelle. » WHistoire de la littérature ancienne et moderne (Vienne, 1812-1813, 2 vol.), où Schlegel a voulu expliquer le développement national de chaque littérature, est conçue sur un plan grandiose, emprunté à Herder. La solidité de l'érudition eu est fort remarquable, mais elle aie défaut fondamental de tous les autres ouvrages de l'auteur, le parti pris catholique, a Schlegel examine toutes les littératures à un point de vue élevé, dit encore Henri Heine; mais cette position élevée est toujours le clocher d'une église gothique. A tout ce qu'il dit, on entend les cloches sonner. Pour moi, l'encens de la messe me monte au nez dès que j'ouvre ce livre, et aux meilleurs passages il me semble que je vois s'élever tout à coup de longues files de pensées tonsurées. » Ses idées sont exposées aussi avec un grand talent dans les Leçons d'histoire moderne (Vienne, 1811), la Philosophie de la vie (Vienne, 1825, in-8°) et dans la Philosophie de l'histoire (Vienne, 1829, 2 vol.) Les Leçons ont été traduites en français par l'abbé l.echat (1836). On a encore : la Philosophie de la vie, qui a été traduite par l'abbé Guenot (1837, 2 vol. in-8«); les Recherches sur la langue et la philosophie des Indiens, par Mauget (1809, in-12 et 1837, in-8»); le Tableau de l'histoire moderne, par Cherbuliez (1830, 2 vol. in-8<>). — On attribue à la femme de F. de Schlegel, Dorothée Mendelssohn, née en 1765, moite en 1839, un roman intitulé Florentin (1801); elle a aussi collaboré aux Poèmes romantiques du moyen âge (1S04), kLother et M<er, roman de chevalerie (1805, traduit en français en 1807), et k la traduction allemande dd la Corinne de Mme de Staël (Berlin, 1807-1808, 4 vol.).
SCHLEGEL (Justin-Frédéric-Auguste), médecin et chirurgien allemand du commencement de ce siècle. Il fut médecin conseiller
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de la cour impériale de Russie et médecin privilégié de Moscou. Nous ne connaissons de lui qu'un opuscule intéressant sur la pli que polonaise, qui a pour titre : Ueber die ursachen des Weichselzopfes der menseken und T/iiere, die mittel denselben su heilen, in Kurzem auszuotten, und dem dadurch eutwœl/certen Polenseinem chemahligen blùhenden zustand wieder zu verschaffea mit vier illuminirten kupfertafeln (léna, 1806, in-8°).
SCIILEI CHER (Auguste), savant philologue allemand, né k Memingen en 1821 , mort en 1868. Il suivit d'abord, à l'université de Leipzig, les cours de théologie etde langues orientales ; mais en 1843 il renonça k la carrière ecclésiastique, k laquelle il se destinait, et se rendit k Uonn , où, sous la direction de Rirschl, il s'occupa surtout de l'étude de la philologie classique, du sanscrit et de l'arabe. En 1846, il prit le diplôme de docteur en philosophie et se fit recevoir peu après agrégé pour la linguistique, science k laquelle il se consacra dès lors exclusivement. Il s'appliqua surtout k se rendre familières un grand nombre de langues les plus diverses, afin d'acquérir la connaissance de toutes les formes que peut revêtir le langage humain. Appelé en 1850 k la chaire de philologie de l'université de Pmgue, chaire qu'il échangea bientôt après pour celle de linguistique, il profita de son séjour dans cette ville pour apprendre les langues slaves, k l'étude desquelles il s'adonna depuis cette époque avec une préférence marquée. Il exécuta aux frais de l Académie de Vienne un voyage en Lithuanie pour y apprendre la langue sur tes lieux mêmes où elle se parle. En 1857, il fut nommé k l'université d'iéna professeur honoraire do linguistique et de philologie allemande ancienne. Schleicher n était pas seulement un érudit; il possédait k un haut degré ce caractère spécial qui distingua les philologues de la nouvelle école, l'esprit philosophique. Il ne s'est pas borné k entasser dans sa mémoire ce prodigieux amas de racines verbales dont l'amoncellement est si capable de donner le vertige; il les a coordonnées et a essayé, avec une étonnante profondeur d'esprit, de découvrir la philosophie de leur histoire. Il a eu l'idée ingénieuse d'appliquer k 1» linguistique le système de Darwin. La doctrine du transformisme lui paraît une conséquence nécessaire des principes en faveur aujourd'hui dans les sciences naturelles, t Elle repose, dit-il, sur l'observation et elle est essentiellement historique. Ce qu'a fait Lyell pour l'nistoire de la vie de la terre, Darwin l'a. étei du k l'histoire de ses habitants. La théorie de Darwin est ainsi, non pas une manifestation accidentelle, non pas le produit d'une tête fantasque, mais la tille légitime de notre siècle ; la théorie de Darwin est une nécessité. » Schleicher montre que lu loi de diversification progressive par l'accumulation de différences u abord légères et par la concurrence vitale régit le développement du langage comme celui des organismes végétaux et animaux. « Nous admettons, dit-il, pour toutes langues une origine morphologiquement pareille. Lorsque l'homme, des yestes phoniques et des imitations de bruit, eut trouvé le chemin vers les sons significatifs, il n'eut encore k sa disposition que des formes phoniques sans relations grammaticales. Mais pour ce qui regarde le sou et la signification, ces commencements si simples du langage furent différents chez les différents hommes; cela ressort de la différence des langues qui se sont développées du sein de ces commencements. Nous supposons, par conséquent, un nombre incalculable de langues primitives, mais nous statuons pour toutes uue seule et même forme. • De celte forme linguistique primitive, qui est la racine simple et que l'on peut comparer à la forme organique originelle, à la cellule, sont dérivées, par une differentiation insensible, les diverses langues qui ont été et qui sont parlées par les hommes et dont la classification naturelle (nous en avons la preuve dans l'écriture) représente bien positivement l'ordre généalogique. Le partage des langues sur la terre a dû présenter a l'origine une grande régularité. « Les langues voisines doivent avoir été pius semblables que les langues des hommes qui vivaient daus des parties du monde plus éloignées. En partant d'un point donné et proportionnellement à l'eloigncinent de ce point, les langues ont dû so grouper suivant une divergence de plus en plus forte de la langue du point de départ, puisque , avec l'éloignement géographique, augmente d'habitude la différence du climat et ues conditions de vie. » Mais cette régularité de la distribution des langues sur la terre a été altérée par la loi de concurrence vitale. « Nous voyons dans les temps historiques des espèces et des classes linguistiques périr peu à peu, et d'autres s'étendre à leurs dépens. Je ne rappellerai comme exemple que l'extension de la souche indu-germanique et la ruine des langues américaines. Dans les temps antéhistonques, lorsque les langues étaient encore parlées par des populations relativement faibles, il y avait lieu, dans une mesure incomparablement plus grande, à la mort des formes linguistiques... Par suite de l'extinction complète de certaines langues, beaucoup de formes intermédiaires ont péri; les migrations des peuples ont troublé les rapports primitifs des langues ; de sorte qu'au-
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jourd'hui il n est pas rare que des langues de forme très-différente apparaissent comme géographiqueinent voisines sans que l'on retrouve entre elles les membres intermédiaires. »
Le premier ouvrage par lequel Sehleicher établit sa réputation fut ses Recherches de linguistique comparée, qui comprennent deux parties, savoir : Recherches sur l'histoire comparée des langues (Bonn, 184S),'et les Langues de l'Europe , aperçu systématique sur ces idiomes (Bonn, 1850), traduit en trançais par Hermann Ewerbeck (Paris, 1852, in-S°). Ce n'était là que le prélude d'une foule d'ouvrages qui ont tous un grand intérêt pour l'étude générale et particulière des langues indo-germaniques. Nousciterons les suivants : Théorie des formes du slavon ecclésiastique (Bonn, 1853); Manuel de la langue lithuanienne, traité particulièrement estimé et qui se compose de deux parties, savoir : Grammaire lithuanienne (Prague, 1856) et Livre de lecture et glossaire (Prague, 1857); Légendes, proverbes, énigmes et chansons de la Lithuam'e (Weimar, 1857): la Morphologie de ta langue (Saint-Péterbourg, 1859); la. Langue allemande (Stuttgard, 18G0); Abrégé de la grammaire comparée des langues indo-germaniques (Weimar, 1863; 2« édition, 1866); la Théorie de Darwin et la linguistique (Weimar, 1863); De l'importance de la langue pour l'histoire naturelle de l'homme (Weimar, 18G5) ; la Différence du nom et du verbe dans la forme orale (Leipzig, 1865); Grammaire de la langue polabe (1868). 11 a, en outre, donné une édition des œuvres du poëte lithuanien Christian Donaleïtis (Saint-Pétersbourg, 18G5) et a fourni une foule de mémoires au Journal des gymnases autrichiens, aux Comptes rendus de l'Académie de Vienne, aux Mémoires de celle de Saint-Pétersbourg, etc. Enfin, en 1858, il a publié à B.-rlin, avec Kulin, les Documents pour l'étude comparée des langues.
SCHLE1CHÈRE s. f. (chlè-chè-re — de Sehleicher, botan. allem.). Bot. Genre d'arbres, de la famille des sapindaeées, tribu des sapindées, comprenant des espèces qui croissent dans l'Inde.
SCHLEIDEN, bourg de Prusse, province du Rhin, régence et à 38 kilom. S.-E. d'Aixla-Chapelle, cb.-l. du cercle de son nom, sur l'Olef ; 1,950 hab. Fabrication de draps, coton ; usines à fer et à plomb. Patrie de l'historien Sleidauus.
SCHLE1DEN (Matthieu), savant botaniste allemand, né à Humbourg le 5 avril 1804. 11 lit ses études au collège de sa ville natale et à l'université d'Heideiberg. Reçu docteur en droit en 1827, il alla exercer à Hambourg la profession d'avocat, puis, dégoûté du barreau, il résolut vers 1833 d'aller étudier la médecine à Guettingue et se prit de passion pour les sciences naturelles. De Gœttingue, il alla à Berlin et publia quelques mémoires qui lui valurent une chaire du professeur à l'université d'Iéua, où il avait été, eu 1839, reçu docteur en philosophie. Parmi les ouvrages de M. Schleiden. on cite surtout ses Eléments de botanique scientifique , publiés à Leipzig de 1842 à 1843, et qui soulevèrent une discussion scientifique entre lui et MM. Liebig et Ilertig, discussion qui lui fournit l'occasion de puoher plusieurs brochures : M. Liebig et la physiologie des plaii.es (Leipzig, 1842); Lettre à M. Liebig (Leipzig, 1812;. Eu outre, M. Schleiden a publié : la Plaine et sa vie (Leipzig, 1850); Recherches sur la botanique (Leipzig, 1844) ; ne nombreux articles dans V Encyclopédie des sciences naturelles théoriques, publiée à Btuuswxk en 1850. De plus , il a publié , eu collaboration avec M. Schniitt, une Description yéognostique de la vallée de ta Saute, près d lena (Leipzig, 1846) et des articles insérés dans la Reoue de botanique scientifique, éditée à Zurich en 4 volumes.
SCHLEIDEN (Rodolphe), homme d'Etat allemand, ue à Ascheberg, dans le llotstcin, en 1815. il étudia le droit et l'économie politique aux universités de Kiel, de Berlin, d'îena et de Gœttingue, et devint successivement secrétaire du bailliage de Stormarn (1840), auditeur (1843), puis délégué (1845) à la Chambre géuérale des douanes, et conseiller de justice en activité. Lors du soulèvement des duchés en 1848, il quitta Copenhague avec plusieurs autres fonctionnaires du Siesvig-Holstein et vint se mettre à la disposition du gouvernement provisoire, qui l'envoya en mission d'abord à Hanovre, puis auprès de la diète germanique. H siégea au parlement de Francfort, où il fut élu membre du comité des Cinquante et, de mai à décembre 1848, repiesenta le gouvernement provisoire a Bénin. Pendant les deux années suivan ies,il remplit diverses missions auprès de plusieurs cours allemandes, ainsi qu'à Bruxelles et à Paris, prit dans l'intervalle de ces missions une part active à la direction des affaires étrangères des duchés et fut quelque temps ministre par intérim de l'intérieur et des cultes. Apres la chute de l'insurrection, il fut excepte de 1 amnistie proclamée par le roi de Danemark, quitta alors les duchés et passa son temps en voyages jusqu'en 1853, où la république de Brème le choisit pour ministre résinent auprès des Etats-Unis d'Amérique. Il y conclut, entre auires négociations, le traite postal pour la di-
minution du port des missives venant d'Allemagne et y provoqua l'ngitation pour la suppression de fa douane du Sund. En 185G, au nom des trois villes hanséatiques qui l'avaient nommé leur représentant commun à Washington, il se rendit à Mexico pour la conclusion d'un traité de commerce et de navigation. Nommé en janvier 1BB5 ministre résident des villes de la hanse à Londres, il quitta ce poste au début de la guerre austroprussienne de 1856 et vécut comme simple particulier à Fribouig, dans le grand-duché de Bade. Mais, dès l'année suivante, il était élu par la ville d'Altona représentant k la première session de la diète de la Confédération du Nord, où il prit part aux débats relatifs à l'élaboration de la nouvelle constitution. En août 1867, il a été réélu par la même ville pour la première période législative de cette confédération. On a de lui : la Situation du Slesuig et du Holstein au point de vue du droit public (Hambourg, 1849 , deux éditions la même année), en allemand ; V Intérêt de la France dans la question du Sle.wig- Holstcin (Piiris, 1850), en français; Documents authentiques pour l'histoire moderne du Stesoig-Holstein (Leipzig, 1851-1852, deux parties), en allemand; la Succession du Slesvig- Hnlstein, documents authentiques (New-York, 1864), en anglais.
SCHLEIDÉNIE s. f. (chlè^dé-nï — de Schleiden, botan. ullem.). Bot. Genre de plantes, de la famille des borraginées, tribu des héliotropiées, comprenant des espèces qui croissent au Brésil.
SCHLEIEHMACIIER (Frédéric-Daniel-Ernest), théologien, philosophe et philologue allemand, né à Breslau (Silésie prussienne) en 1768, mort en 1834. Il vécut jusqu'à l'âge de vingt ans sous l'influence directe des frères moraves,qui donnèrent à son intelligence une empreinte dont elle ne s'est point affranchie complètement, malgré ses diverses évolutions. 11 sortit en 1787 du séminaire de Barby et se sépara en même temps de la communion dans laquelle il avait été élevé, pour aller continuer ses études à l'université de Halle, où il prit ses grades. On lui offrit en 1805, à Halle, une chaire de théologie qu'il quitta en 1809, pour exercer pendant un an à Berlin les fonctions de prédicateur. Titulaire d'une chaire nouvelle à l'université de lierlin (1810), puis membre de l'Académie des sciences de la même ville, il en devint en 1814 secrétaire perpétuel et conserva cette charge jusqu'à sa mort. Ce sont les seuls événements privés d'une vie consacrée tout entière à la science et à la spéculation philosophique.
On a voulu voir dans les doctrines de Schleiermacher un état de transition entre celles de Fichte et celles de Schelling; mais, sans contester les nombreux points de rapport qui existent entre Schleiermacher et ces deux philosophes, on est bien forcé de convenir qu'il ne relève que de lui-même. Tous les systèmes en faveur dans le milieu scientifique où il fut apppelé à vivre ont eu leur part dans l'élaboration intellectuelle que supposent les œuvres de Schleiermacher; il est aussi bien le disciple de Leibniz.de Kant, de Spinoza et même de Jacobi que celui de Fichte et de Schelling; mais il a toujours cherché la vérité pour elle-même, persuadé qu'elle n'avait pas plus élu domicile dans une doctrine que dans une autre. C'est ce qui explique sou goût particulier pour la critique et la dialectique, les deux côtés éminents de son talent.
Son début dans la publicité fut un ouvrage intitulé : Discours sur la religion (1799). La forme en est très-vive. Schleiermacher essaye d'établir que la culture intellectuelle qui a pour effet de détacher l'esprit des choses religieuses est fausse ou au moins fort incomplète; car si l'intelligence est l'organe de l'entendement, le sentiment religieux , à son tour, est l'organe d'une l'acuité aussi légitime et peut-être plus étendue de l'âme humaine, dont seule elle relève la dignité et explique l'origine et la tin. Cette doctrine ressort principalement du second discours, dans lequel Sciileicrmaclier établit que la religion n'est pas de la scienre, qu'elle n'est pas non plus un fruit de la volonté, qu'il est nécessaire de l'attribuer à une disposition particulière et primitive de la nature. Suivant lui, le sentiment religieux suppose la pensée et l'expérience du monde. 11 ajoute que la conscience religieuse est la perception immédiate ou instinctive que tout ce qui est lini a sou origine et sa lin dans l'infiui. Il se résume en uisant que chercher et trouver l'infini en toutes choses est l'objet propre de la religion. 11 professe en outre que la religion et la morale diffèrent. Cdmme elle est le sens de l'infini, la religion rapporte tout à Dieu. Au contraire, lu morale n'existe point sans la liberté. Or, la liberté n'entre pas dans le sans de l'infini; il est indépendant d'elle et de sa notion. Sous l'empire d'une nécessité absolue, la pieté peut être aussi réelle que sous l'empire de la liberté, connue le témoigna suffisamment l'exemple dos fanatiques, dans la conscience desquels la liberté est absente, mais non la piété. Le but du savoir et ne l'activité humaine (la moralité) est l'union du moi avec Dieu. En pratique, cette union est l'œuvre du sentiment, On appelle donc religion le sentiment et l'amour de l'infini. L'être et la vie, deux notions dans lesquelles se résume
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le moi, se confondent dans la vie religieuse avec l'être et la vie en Dieu et par Dieu. Mais qu'est-ce que Dieu? C'est la nature ou, si l'on veut, l'univers. On peut concevoir l'univers et la nature d'une manière abstraite. Ils existent d'une manière concrète et, s'ils n'existaient pas ainsi, on ne tes concevrait pas d'une manière abstraite. De fait, la religion se manifeste par l'amour de l'humanité. Dans cet amour doit consister la piété moderne. Schleiermacher, fidèle à l'esprit de l'Allemagne contemporaine, voit dans l'étude du développement historique du genre humain uno des sources de la religion. L'esprit religieux se manifeste à cet égard dans une tendance constante et systématique à ne point s'inquiéter des individus, mais des masses. La race humaine est une incarnation de Dieu, la plus grande manifestation qui ait encore eu lieu ue l'infini. Or, l'infini est au fond de chacune des pensées de Schleiermacher.
Il se sépare pourtant do Spinoza dans une matière importante. Spinoza ne voyait dans l'homme qu'un mode partiel de l'infini ; il absorbait la personnalité humaine dans celle de Dieu, et, d'autre part, il refusait à Dieu la personnalité. Schleiermacher cherche à sauver l'individualité de l'homme, comme à établir la personnalité de Dieu.
Les Monologues de Schleiermacher sont de la même époque que ses Discours sur la religion. Ce sont des contemplations mystiques auxquelles le livre de Fichte, De la destination de l'homme, a, dit-on, servi de modèle. Dans cet écrit remarquable, l'auteur se sépare nettement de Spinoza et du panthéisme, vers lequel il avait un penchant Secret, pour ériger en principe la domination de l'esprit sur les éléments physiques de la nature et aussi pour faire ressortir la valeur de l'individualité dans l'homme. L'esprit existe seul dans l'univers; le reste est inerte et à la discrétion de la volonté, agent de l'esprit au dehors. Les formes des choses sont des créations de l'intelligence. La liberté de l'intelligence est absolue ; elle n'a de limite que dans un pouvoir de l'âme égal à l'intelligence elle-même et qui est le sentiment. Chaque individu représente une force particulière et légitime de la nature. Il est voulu par Dieu tel qu'il existe, et il aie droit d'exister sous su. forme et ses tendances propres. Il est donc distinct de toute la nature et se développe spontanément. Cependant, tous les membres de la famille humaine sont solidaires et for* ment ua corps harmonieux. La sympathie de tous pour tous est une condition essentielle du développement individuel dans une sphère déterminée. Cette sympathie dérive du sentiment. Elle est le contraire de l'égoisnie. Appliquant cette théorie à la société politique, Schleiermacher enseigne que l'état social dans lequel le culte des intérêts matériels est exclusif est un état inférieur, que l'homme a droit à autre chose. A propos de la mort, Schleiermacher la considère comme la preuve d'une immortalité individuelle. Un homme, ditil, qui arriverait dans ce monde à la perfection n'aurait plus de raison d'être; mais la vie cesse avant que nous ayons atteint jusqu'à ce but de l'existence. Donc l'âme survit. En effet, elle a le sens de la perfection. Or, elle ne l'aurait pas si la perfection n'existait pas.
La Dialectique de Schleiermacher continue de jouir en Allemagne d'un grand crédit. C'est une de ses oeuvres posthumes, qui n'a vu le jour que cinq ans après sa mort(lS39). Suivant lui, le fond de la philosophie est la connaissance de la vérité. La dialectique est la méthode nécessaire à l'acquisition de cette connaissance. Elle n'est, en d'autres termes, qu'un moyen de développer la conscience. Schleiermacher définit la métaphysique : la science des rapports entre la pensée et l'être. La logique ou la science des lois qui gouvernent la pensée n'a pas de valeur isolée de la métaphysique. Cependant la logique est une condition nécessaire de la métaphysique; la dialectique est l'art de s'en servir. Elle suppose la certitude et n'existe point pour les sceptiques.
Suivant Schleiermacher, la pensée a deux sources, l'activité intellectuelle et la sensation. La sensation n'est pas la pensée. Pourtant, sans elle l'activité intellectuelle ne serait pas non plus la pensée; les deux choses concourent à la formation de la conscience.
La tendance mystique de Schleiermacher se fait jour de nouveau dans l'assertion que l'intuition est la forme la plu3 pure de la pensée. L'intuition suppose le concours des sens et de l'activité intellectuelle. Il y a deux activités distinctes dans l'univers, l'inteLigence et le monde ; elles sont indépendantes 1 une de l'autre. Pourtant elles s'harmonisent, à cause de l'identité primitive de l'être et de la pensée.
En définitive, Schleiermacher se débat péniblement entre l'idéalisme de Kant et le panthéisme de l'école allemande qui succéda à celle de Kant. Or, malgré des succès partiels, il n'a point réussi à concilier des doctrines si opposées.
Quand il en vient à discuter (Dialectique transcendanlale) l'idée de Dieu, il ne veut ni du panthéisme ni du dualisme. Alors, qu'estce que Dieu? Il ne le dit pas. 11 constate seulement qu'il est présent a chacun des actes de la pensée. Dieu n'est ni en dehors des choses ni en dehors du monde. 11 est sans doute l'âme du monde, la force organique de
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l'univers. Du reste, il nous est impossible de le connaître en entier. Nous parvenons à grand'peine à en saisir des parcelles.
La morale de Schleiermacher est exposée dans la Critique des systèmes de morale (1803) et dans l'Esquisse d un système de morale, ouvrage posthume, publié à Berlin en 1835.
La morale lient à la philosophie parce que le savoir est un. L'autsur accorde à la morale un certain droit de contrôle sur les idées théoriques : « L'idée vraie d'un système des connaissances humaines, dit-il , dépend pour chacun de l'idéal qu'il se fait de lu moralité accomplie ou, ce qui revient au même, de la conscience complète des lois souveraines et du vrai caractère de l'humanité. »
Là-dessus, il entreprend une revue critique des systèmes de morale et n'en trouve aucun qui ne soit défectueux. Cependant, la morale positive consiste, d'après lui, k entrer en communauté d'existence avec le genre humain. Cela n'exclut point la personnalité; au contraire, cela la fait ressortir. Il importe donc de se livrer tout entier à la société, avec la seule réserve de ses droits personnels. Ce conseil est tout à fait contradictoire. C'est, du reste, le défaut général de la philosophie de Schleiermacher. C'est une doctrine de j..ste milieu; elle consiste plutôt à n'exclure rien qu'à admettre quelque chose.
Les travaux politiques de Schleiermacher sont conçus dans le même esprit. Il ne parle que d'administration et partout s'applique à justifier les errements en vigueur autour de lui. On lui doit encore quelques ouvrages de théologie. Le principal a pour titre : Ta Foi chrétienne selon les principes de l'Eglise éoanyélique (Berlin, 1830, 2» edit., 2 vol. in-8°). Schleiermacher, que ses préoccupations philosophiques ne quittent pas, y considère le sentiment de l'infini comme l'essence de la religion. A part le langage de l'école, dans lequel Dieu s'appelle l'absolu, ce sont les doctrines luthériennes qu'il défend, à cette exception près qu'il donne le christianisme pour la meilleure forme du sentiment religieux, et non pour la seule religion vraie. Il ne croit donc pas aux miracles sur lesquels la théologie s appuie pour démontrer la vérité du christianisme, à l'exclusion de toute autre doctrine.
De fuit, son amour de la conciliation lui a valu des ennemis en théologie et en philosophie comme en matière politique. Les uns lui reprochèrent d'être trop mystique, les autres trop rationaliste. Deux écoles sont issues de son enseignement : celle de Nitzch et de Tholuck d'une part ; de l'autre, celle de Baur et de Strauss. La première étudie la christianisme au point de vue de la doctrine, l'autre au point de vue historique.
Outre les écrits déjà cités, on possède de Schleiermacher: Lettres intimes sur le roman de Luciude, de Frédéric Schlegel (1800); la Veillée de JS'oêl, dialogue (1806) ; Expose succinct de la science piéologique (1810) ; Sur Heraclite d'Ephèse, dans le Musée de Wolff et Buttmann, et un grand nombre de dissertations épuises dans divers recueils périodiques.
On doit à M. L.-George un recueil de Leçons sur la psychologie, professées à Berlin do 1818 à 1834, publié (1362) sur des notes manuscrites puisées dans les papiers de Schleiermacher.
SCHLE1MTZ (Guillaume -Jean- Charles - Henri, baron nii), homme d'Etat brunswickois, uè à Blankenbourg en 1794, mort à Brunswick eu 185U. 11 étudia le droit à Gœuiugue et devint, en 1818, assesseur à Wolicnbuticl, en 1821 conseiller auprès du tribunal territorial supérieur, en 1830 ministre de la justice, département qu'il échangea bientôt contre celui de l'intérieur. En 1831, Schlemitz reçut le titre de conseiller intime et, le l" janvier 1843, celui de ministre d'Etat. En 1818, il échangea le ministère de l'intérieur contre celui des affaires étrangères, auquel l'utjoiute, en 1851, la direction des affaires militaire*.
SCHLEINITZ (Alexandre Gustave-Adolphe, baron db), homme d'Etat allemand, ne à Biankeubourg-sur-le-Hurzeii 18o7. 11 dises études de droit à Gcettmgue et à Berlin, entra en 1828 dans l'administration judiciaire et passa, en 1S35, dans la carrière diplomatique. Attaché successivement aux ambassades de Copenhague, de Saint-Pétersbourg (1838) et de Londres (1840), il prit part, notamment dans cette dernière ville, où il fut quelque temps charge d'affaires, aux négociations les plui importantes et sut à tel point justifier la confùmee de son gouvernement, qu'en 1841 il fut nommé conseiller rapporteur a la division politique du ministère des affaires étrangères. Il venait d'étro nommé ambassadeur à Constau tiuople lorsque les é\ éneuien ts de 1&4S l'empêchèrent de partir et le tirent appeler à une autre destination. Vers la lin d'avril, il fut envoyé à Hanovre, puur y décider la cour à prendre part à la guerre contre le Danemark, et, après l'achèvement de sa mission, y fut accrédité comme représentant de la Prusse; rappelé à Berlin eu juillet de la même année, il y succéda k Henri d'Aruiin dans le poste de ministre des affaires étrangères ; mais, se trouvant en desaccord avec les autres membres du cabinet formé par M. Camphausen, il résigna au bout de huit jours un portefeuille qu'il avait accepté à contre -cœur et alla reprendre son poste à Hauovre. En mai 1849) il dirigea les négo-
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dations qui aboutirent & la paix avec la Danemark et entra ensuite, en qualité de ministre des affaires étrangères, dans Je cabinet de Brandebourg- Il défendit alors dans les deux chambres de la Landtag la politique sjivie par la Prusse dans la question danoise et prit une part active à la révision de la constitution. La politique d'union, dont les prino pes n'étaient pas cependant en opposition avec ses idées, lui parut grosse de dangers pour la Prusse, et il chercha énergiquement à dissuader le gouvernement de continuer à suivre la voie dans laquelle il était, entré ; mais, voyant que l'on ne tenait nul compte de ses avis, il céda, en septembre 1850, son portefeuille à M. de Radowitz, le promoteur et le champion de la politique d'union, et se retira complètement des affaires publiques lès que la politique d'Olmutz eut prévalu. Mais, lorsque le prince régent, avec lequel il avait toujours conservé d'étroites relation: , eut appelé à la tête des affaires le cabinet libéral du 6 novembre 1858, M. de Schieinitz reprit le portefeuille des affaires étrangères. Quelques mois plus tard la guerre d'Italie venait lui donner à résoudre un difficile problème de politique extérieure. Au milieu des limitations et des attaques passionnées, provoquées par les événements, le ministre suivit, sans hésiter, une voie qui ne garantissait ni à l'Autriche l'espoir d'un secours sans restriction de la part de lu Prusse, ni à la France la perspective de la neutralité absolue de la même puissance. Cette politique, qui, parle cours même des choses, fut sujette à des oscillations apparentes, sinon réelles , contribua beaucoup à localiser la guerre et réserva à la Prusse toute liberté pour intervenir au moment, opportun. En octobre 1360, M. de Schieinitz protesta vigoureusement contre la politique révolutionnaire suivie par le nouveau roi d'Italie; mais, lors des conflits qui s'élevèrent peu après entre les membres du gouvernement prussien, il prit uni; attitude trop réservée et ne partagea pas les opinions de ses collègues, relatives à la majorité de la Chambre. A la suite de ce désaccord, il demanda lui-même à quitter le ministère des affaires étrangères et fut noi nue ministre de la maison royale (octobre 1801). H remplît depuis lors ces fonctions importantes , où il a su se tenir k l'abri des fluctations politiques.
SCL1L EISSHËIM, village de Bavière, cercle de la Haute Bavière, près de Munich ; 690 hab. Magnifique château royal, construit de 1684 à noo, et résidence d'été du roi. Belle galerie de tableaux.
SCHI,13ITUAL, ancien village et commune de France (Bas -Rhin), canton de Lauterbeurg,a.'rond. eta 12 kilom. deWissembourg; 2,167 haj. Cédé k l'Allemagne par le truite de Francfort (Ï0 mai 1871).
SCHLK1Z, ville de l'Allemagne du Nord, ehef-Hei. de la principauté de Keuss-Schleiz, à 6 kilom. N.-E. de Saulburg, sur la rive gauche c u Wiesentlial; G, 000 hab. Ecole normale pri nuire ; lycée, bibliothèque publique. Fabriques de draps, cotons; brasseries, tanneries. Commerce de bestiaux et de fers. On y remarque le château de la résidence; la Bergkirche, ancienne église, située hors de la ville tt renfermant le caveau des princes de Reus.s-Schleiz ; de beaux monuments et quelques tableaux estimés. Le 9 octobre 1806, Mural et Bernadotte, qui commandaient i'avant-garde de l'armée française, y remportèrent sur les Prussiens un brillant succès, prélude de la victoire d'Iéna. La ville de Schleiz fut presque entièrement détruite par un incendie le 3 juillet 1837. Aux environs de lu villa, on voit Le château de plaisance de Heinrich&ruhe, résidence d'été du prince de Reuss. Patrie de Bœtliger, l'inventeur de la fabrication de la porcelaine.
SCHLEÏZ (principauté de REUSS), petit Etat sou /erain de l'Allemagne du Nord. V. Reuss Schlkiz.
SCHLES1ËN, nom allemand de la Silésie.
SCI1LEÏ1NGER (Jean), peintre de fleurs allemand, a 3 k Sausenheiui en 1760, mort dans la même ville en 1840. D'après la Feuille artistique de Stuttgard de 1838, il serait le meilleur peintre allemand en son genre depuis Catherine Treu.
SC11LES1NGER (Jacques), parent du précédent et connue lui peintre, né k Grunstadt, on Allemagne, en 1791, mort à Berlin en 1855. U futnoinué, en 1822, restaurateur des anciens tablt aux au musée royal de Berlin, puis professeu: de peinture à l'Académie des beaux-arts. Les principales œuvres de cet artiste sont des imitations des chefs-d'œuvre des grand» maîtres des écoles italiennes et allemandes du moyen âge. La plus remarquable de ces copies est celle de lu Madone Six- Une de Raphaël, faite pour Berliu.
SCULESINGER (Henri-Guillaume), peintre français, d origine allemande, né à Krancfortsur-le-Meiu en 1814. En sortant de l'Ecole des beaux-arts devienne, où il avait passé quelque temps, il vint k Paris et exposa en 1840, outre quelques portraits, deux tableaux de genre : Séductions de la vie et une Promenade à t'ey'.ise, qui lui valurent une 3e médaille. Bon exposition de 1842 : Guérilleros espagnols, Marguerite et le tentateur, révéla encore une allure plus franche, plus hardie, une habileté plus grande. Dès ce mo-
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ment, on classa M. Schlesinger parmi les peintres d'avenir. Si jeunesse savait (1843); les Favorites du sérail, le Repas (1844) ; Une journée de Jean - Jacques Rousseau , Colinmaillard assis (1845) sont des œuvres consciencieuses, témoignant d'une manière de plus en plus habile ; l'Indiscret et le Pont d'amour (me); Petite marguerite, V Intérieur du harem, luRomance, le Discret (1847) ; le Premier amour de Voltaire, les Sens, deux toiles soignées (1848); les Confidences de l'amour (1850); V Improvisation (1851) ; la Ressemblance garantie (1853) montrèrent la manière de l'artiste arrivée à son complet développement. L'Exposition de 1855 permit kM.Schlesinger de réunir un choix de ses meilleurs morceaux : le Ronheur dans les montagnes , la Chasse aux papillons , les Préférences , la Pénitente, la Fiancée, et la critique rendit un juste hommage aux qualités d'exécution de chacune de ces toiles. L'Absence des maîtres (1857); la Dernière séance (1859), tableau de genre qui s'élève presque à la peinture historique et représente le peintre Hauer faisant le portrait tle Charlotte Cnrday; le Lecteur, le Bain de pieds, la Tentation, le Coucou , le Lever, ses autres tableaux du même Salon, ne lui sont pas inférieurs. M. Schlesinger a encore exposé : la Fête de lu Madone et une Tête d'étude (1884); les Cinq sens (1865) ; Carmela et la Lecture, deux des meilleurs morceaux de son œuvre (1866), qui lui valurent la décoration ; la Veille de Noël et YOiseau mort (1867) ; Maria del Marco, Seule dans l'atelier (1868); les Bons amis (1869); Peine perdue (1872); il/He Brise-tout (1873); Frère et sœur (1874); le Colombier, Je/tanne (1875).
SCHLESTADT, ancienne ville de France (Bas-Rhin). V. Schelestadt.
SCULESWIG, contrée de l'Allemagne du Nord. V. Slesvig.
SCHLEUSSINGEN, ville de Prusse, province de Saxo , régence et à 62 kilom. S. -O. d'Erfurt, ch.-l. du cercle de son nom, sur la Sohleuse, affluent de la Wera; 3,500 hab. Tribunal criminel, gymnase évangélique. Industrie active; forges à cuivre, k tôle; fabrication de cèruse; papeterie, huileries, poudrerie, foulons; commerce de bois. Sohleussingen fut autrefois la résidence des comtes de Henneberg,dont la famille s'est éteinte en 1583. On y remarque le vieux château de Bertlioldsburg, construit en 1245 par le comte Berthold V, récemment restauré par le roi de Prusse ; l'église, où l'on voit les monuments funéraires des comtes de Henneberg. Aux environs, belles promenades et sites pittoresques.
SCI1LEZ (Jean-Ferdinand), littérateur allemand, né a Ippesheim en 1759, mort en 1839. Après avoir fait ses études théologiques k l'université d'Iéna, il vint exercer les fonctions de pasteur dans sa ville natale. Vers 1800, il fut tiré de son obscurité et appelé à Schlitz avec les titres d'inspecteur et de conseiller du consistoire. Plus tard il devint premier pasteur de cette localité. Schlez a écrit principalement pour les enfants, et on .cite parmi ses œuvres : Poésies mêlées (1793); l'Ami du peuple (Nuremberg, 1798); Grégoire Frappefort et Laurent Richard (Nuremberg, 1799) ; l'Ami des enfants (Giessen, 1834, 4<= édit.); Paraboles (Giessen, 1837); Manuel pour les instituteurs des écoles populaires (1837, 2f-' édit., 6 vol.); la Morale en exemples (Giessen, 1824, 4e édit.).
SCHLICH s. m. (chlik) — mot allem.).
Métull. Sable riche en grains de diverses grosseurs, qui forme une partie du minerai broyé : On sépare les SChlichs des sables grossiers ou moyens avec lesquels ils se trouvent mêlés, soit par le lavage, soit par le criblage. Dans l'Oural, les schlichs aurifères sont livrés à des ouvriers gui les lavent avec soin. Il Minerai broyé, trié, lavé, et préparé pour la fusion.
SCHLICHTERGROLL (Adolphe-Henri-Frédéric de), numismate et biographe allemand, né à Gotha en 1764, mort «n 1822. Il était professeur au gymnase de Gotha et joignait à cet emploi les fonctions de conservateur des médailles du duc Ernest II, de conservateur de la bibliothèque royale et de directeur de 1'Aeadémfe. Il est surtout connu par la publication au Nécro loge des Allemands (1790- 1806, 34 vol. in-8u), annuaire biographique utile à consulter, mais dont la forme trop laudative fut critiquée par Schiller, dans son Abnanack des Muses de 1798.
'SCHLICHTING (Jonas), célèbre arien polonais , né k Bukowietz (grand-duché de Posen) en 1592, mort en Silésie en 1661. Il fit ses éludes en Allemagne, et, de retour dans sa patrie, il fut nommé pasteur à Rukowo, puis à Luclawice. Condamné par la diète de Varsovie (1647) pour s'être écarté de l'orthodoxie, il fut expulsé de la Pologne et passa en Hollande, où il devint précepteur du jeune Zbigniew Sietlinski, qui suivait les cours des Académies étrangères.Schlichting continua avec ardeur sa propagande, tant par la parole que par ses nombreux et remarquables écrits, et s'empressa de retourner dans son pays lors de l'occupation de la Pologne pat les Suédois; mais, dès que ce:-> derniers eurent abandonné la Pologne, Schlichtiag, forcé de fuir, passa de nouveau à l'étranger, où il mourut quelque temps après. Homme d'une érudition rare d'un la-
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lent extraordinaire, écrivain fécond, travailleur infatigable, il lutta toute sa vie contre les catholiques et tous ceux qui ne partageaient pas sa doctrine et ses opinions.. Il a publié de nombreux ouvrages et laissé une grande quantité de travaux manuscrits.
Nous nous bornons à citer ses œuvres les plus remarquables, qui sont : Réfutation d'un écrit de X.-D. Clementinus, intitulé Antilogia et absnrda, c'est-à-dire la contradiction et l 'injustice qui dérivent de la doctrine des sociniens (Rakow, 1625, in-4°); Commentarius in epistolam ad Hebrgos cum indice rerum locorumque Scripturs (Rakow, 1634, in-8°); Commentarius in epistolam ad Galatas ex prstectionibus Crelii conscriptus cum prsfatione (Rakow, 1628, in-S»); Commentarius in tria ■prioracapitaepist.ad Romanos (Rakow, 1636, in-8°) ; hisloria totius vils et passionis Domini nostriJesu Chrisli (Rtikow, 1636, in-4") ; DetrinitateelunilateDeiiR-akow, 1636, in 4°); Desanclie Scripturte aticloritale, de statu primi hominis (Rakow, 1635 , in-4° ) ; De vera religione (Rakow, 1636, en 3 parties, in-8°), etc.
SCHL1CK (François), comte de Bassano et db Weisskirchen, général autrichien, né à Prague en 1789, mort en 1862. Il était destiné à la carrière diplomatique et termina fort jeune ses études de droit ; mais lorsque l'Autriche recommença la lutt<> contre la France en 1808, il se laissa aller à son ardeur militaire et leva sur ses propriétés de Bohême trois compagnies de landwehr, dont l'empereur lui donna le commandement. Au début de la guerre de 1809, il entra dans l'armée autrichienne avec le grade de lieutenant, devint aide de camp du général de Bubna, s'éleva pendant cette campagne au grade de capitaine et , lors de l'union de l'Autriche avec la France en 1812, quitta le service pour se retirer dans ses terres. II reparut sous les drapeaux au premier signal de la guerre do l'indépendance, fut nommé ofricier d'ordonnance de l'empereur François et prit part à tous les engagements du principal corps de l'armée autrichienne jusqu'à la bataille de Wachau, où il reçut d'un Cosaque, qu'il voulait empêcher de maltraiter un prisonnier, un coup de lance qui lui fit perdre un œil. Promu major en 1815, il franchit, pendant la longue période de paix qui suivit, tous les grades intermédiaires jusqu'à celui de feld-maréchal lieutenant, auquel il fut élevé en 1844. Après la révolution de Vienne en février 1848, il devint commandant de place à Cracovie et, k la fin de novembre de la même année, fut placé à la tête d'un corps de 8,000 hommes, qui devait opérer près de Dukla, en Gallicie, une diversion sur la haute Hongrie. Avec des forces aussi minimes et au mtlieu.de populations complètement hostiles, il accomplit une campagne d'hiver pendant laquelle ii remporta plusieurs victoires sur les insurgés, jusqu'au jour où , ayant perdu les trois quarts de ses soldats, il opéra, k partir de Kasehau , son point d'appui, uns retraite qui a été comparée aux plus belles évolutions de ce genre dont l'histoire militaire fasse mention. S'étant joint au principal corps d'armée du prince de Windischgraetz, il contribua efficacement au succès de la bataille de Kapolna. (Consulter à ce sujet l'ouvrage de Kocziczka, intitulé la Campagne d'hiver du corps d'armée du comte de Schlick en 1848-1849; Oliniitz, 1850.) On le vit ensuite seconder puissamment les efforts du général en chef Haynau , fermer la route U'Arad k Gœrgei poursuivi par les Russes, l'empêcher de se faire jour et de se réunir à Dembinski et le réduire ainsi à capituler. Après la soumission de la Hongrie, il devint successivement général de cavalerie, coinmauQant du 2e corps d'armée et commandant général de la Moravie , et reçut en mars 1854, lors des armements de l'Autriche à propos de la question d'Orient, le commandement du 1er corps d'armée, qu'il échangea en juin de la même année contre celui du 4» corps d'année, cantonné en Gallicie. Pendant lu campagne d'Italie en 1859, il fut placé à la tète des troupes du littoral de l'Adriatique, et, lorsque après la retraite des Autrichiens derrière le Mincio leurs forces réunies furent divisées eu deux armées, il reçut le commandement de la seconde, avec laquelle il combattit à Solférino. Ce fut la dernière bataille k laquelle le vieux guerrier prit part.
SCHL1PPE1NDAC1I (Ulrich-Gustave, baron DE), poète et littérateur russe, né à Gross- Wormshaten, en Courlande, en 1774, mort en 1S26. U étudia le droit aux universités de Kœnigsberg et de Leipzig, entra eu 1797 dans la carrière administrative, devint en 1807 conseiller provincial du cercle de Pilten, en 1809 membre de la commission législative de l'empire de Russie, enfin, en 1814, membre de la commission établie pour améliorer la situation des puysans eourlandais et obtint, en 1815, de l'empereur Alexandre, en récompense de ses services, la jouissance pour douze ans de la propriété de liannenecken, qui faisait partie des domaines de la couronne. Après la suppression du conseil provincial de Filten, en 1818, il fut nommé conseiller de la cour supérieure de Mittau, à la présidence de laquelle il fut appelé en 1822. U avait fondé en 1816 la Société courlandaise de la littérature et des beaux-arts. On a de lui, outre deux recueils intitulés ' Curonia et Wega, qu'il lit paraître de 1806 à
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1809: Iconologie de l'époque actuelle (Riga, 1809); Excursions pittoresques à travers la Courlande (Riga, 1809); Poésies (Mittau, 18 12); Documents pour l'histoire de la guerre (Mittau, 1813, 4 livr.) ; les Roses de la vie (Hambourg, 1816, 2 vol.); Souvenir d'un voyage à Saint-Pétersbourg en 1814 (Hambourg, 1818 , 2 vol.). Quoiqu'il fût né dans une province russe, tous ses ouvrages sont écrits en allemand.
SCHLITTAGE s. m. (chli - ta - je — . i al. sclditte). Sylvie. Opération consistant k faire descendre les pentes aux troncs d'arbres coupés dans les forêts , en se servant do schlittes.
SCHLITTE s. t. (chli-te — de l'allein.
schlitten, traîneau). Sylvie. Sorte de traîneau employé dans les bois des Vosges.
SCHLITTER v. a. ou tr. (chli-té — rad. schlitte). Sylvie. Faire descendre le long des pentes, k l'aide de schlittes : SchlittëR des troncs de sapins.
SCHLITTEORs. m. (ohli-teur — rad. schlitter). Sylvie. Ouvrier chargé de la manœuvra des schlittes.
Scblitteur* (les) , délicieux album dessiné et lithographie par Théophile Schulev (Strasbourg, 1853). Les schlitteurs sont dans la langue alsacienne ce que l'on appelle en français tout simplement des bûcherons ; il y a cette différence cependant entre nos bûcherons et les schlitteurs, que ces derniers ne travaillent que dans les montagnes; ils vont couper les pins et sapins qui couronnent la crête des Vosges et descendent le bois dans des traîneaux qui glissent sur des espèces de rails en bois. Schuler, le grand artiste alsacien, le peintre des mœurs indigènes, a été s'établir au milieu des schlitteurs pour traduire fidèlement leurs travaux et leur vie. Feuilletez son magnifique album, prodige de vigueur et d'audace, et vous vous trouverez bi'ii récompensé de votre curiosité. Non-seulement il a su donner une grande beauté à ses bûcherons tout en les représentant avec une fidélité rare , mais il leur a prêté partout des attitudes originales et saisissantes qu'un peintre ne peut dessiner qu'en faisant de vraistours de force.
En 1853, M. Brion a exposé un tableau trèsremarquable : les Schlitteurs de ta forêt Noire.
SCHLITZ , ville de Prusse , province de Hesse, à 74 kilom. E. de Giessen, dans la partie du territoire du grand-duché de Hesse annexée k la Prusse en 1866, sur la petite rivière de son nom ; 3,300 hab. Fabrication importante de toiles et de linge damassé , cuirs, maroquins, poterie ; papeterie, brasseries, teintureries, distilleries. Beau château des comtes de Schlitz.
SCHLIZER s. m. (chli-zèr). Vitic. Variété de raisin de l'Alsace (Haut-Rhin).
SCHLÛEMI1.CII (Oscar), mathématicien allemand, né k Weimar en 1323. Il fit ses études à Iéna, à Berlin et à Vienne, prit, en 1844, ses grades pour les sciences mathématiques k l'université d'Iéna, y fut nommé, en 1846, professeur extraordinaire et obtint en 1849 la chaire de mathématiques supérieures à l'Ecole polytechnique de Dresde. 11 est en outre, depuis 1852, membre de la commission d'examen des ingénieurs civils et a reçu du roi de Saxe le titre de conseiller uulique. Sa réputation scientifique se fonde surtout sur les excellents manuels des sciences mathématiques qu'il a publiés et qui sont estimés non-seulement eu Allemagne, mais encore clans toute l'Europe. Tels sont, entre autres : Manuel de l'analyse algébrique (Iéna, 1868, 4« édit.) ; Essai d'un expose scientifique de la géométrie (Eisenach, 1868, 46 édit.); Manuel de la géométrie analytique de l'espuce (Leipzig, 1863, 2<= édit.); Abrégé d'analyse supérieure (tsrunswick, 1868, 2 vol., 3<> édit.). On lui doit, en outre, un grand nombre de dissertations scientifiques, qui ont paru dans le Recueil de la Société saxonne des sciences, dans les journaux scientifiques de l'Allemagne et de la France, ainsi que dans V Encyclopédie universelle d'Ersc,h et Griiber. Il a fondé en 1856, avec Witzschel, le Journal de mathématiques et de physique, que, depuis lu mort de son collaborateur, il rédige eu commun avec Kahl et Canior.
SCHLŒNBACH (Arnold), poète allemand, né a Coblentz en 1817, mort en 1866. Après avoir fait ses études dans différentes villes d'Allemagne, ii suivit quelque temps la carrière théâtrale, puis il se consacra exclusivement aux lettres. En 1847, il fit paraître ses premières poésies sous ce titre : Histoire, présent, mélancolie (Hambourg, 1847), puis un récit tragi-comique intitulé : le Jeune démagogue (Hambourg, 1847), qu'il dédia au célèbre démocrate allemand J.Jacoby. L'année suivante, il publia sous ce titre : le Livre des puysans allemands ou C'est ainsi que vit le peuple! un recueil de nouvelles villageoises qui obtinrent un grand succès. En 1853, il épousa une actrice, Augusta Gerlaoh, tille de la spirituelle Sophie Sohrœder et sœur de la célèbre cantatrice Wdhehmue Schrœder- Devrient. Sa femme étant engagée dans la troupe qui jouait alternativement k Cobourg et à Gotha, il habita tour k tour ces deux villes. Dès 1852, il avait débuté dans la poésie dramatiquu par deux pièces : le Moi Gustave III et Un serment espagnol, qui furent accueillies avec faveur; il fut moiiio heureux
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avec sa tragédie patriotique en cinq actes, le Dernier roi de Thvringe (Iéna, 1855). C'est surtout il ses poésies épiques et lyriques que Schlœitbaeh doit sa réputation. Parmi ses œuvres en ce genre, il faut surtout citer : Du monde des fleurs, légende épique (Dresde, 1852) ; les Ames du monde, recueil où l'on trouve des pièces charmantes (Leipzig, 1855); les Hohenstauffen, poSine épique en six chants (1859); Ulrich de Hulten, poème patriotique eu vingt chnnts (1862); la Lutte de l'mdépendancs de Steiding, poème national en dixhuit chants (1864). On a encore du même au- 'teur : Tableaux de genre originaux empruntés à la vie réelle (1853, 2 vol.) j Cent tins de l'histoire de la Tkuringe (1855); Du passé et du présent, nouvelles (1856) ; Douze portraits de femmes de l'époque de Schiller et de Gcethe (1S56); Chants garibaldiens (1862); Ce que raconte le vin (1862); Hommes et partis, roman (1864, 4 vol.).
SCHLOEZER (Auguste-Louis de), historien allemand, né à Jagstadt(Hohenlohe)en 1737, mort en 1809. U Se livra avec ardeur à l'étude des langues, fut précepteur à Stockholm, puis se rendit à Saint-Pétersbourg, sur l'invitation de Mùller, historiographe de Russie (1761), et y recueillit des documents historiques très-précieux. Entré, comme adjoint, à l'Académie impériale, il reçut de Catherine la mission d'écrire l'histoire ancienne de Russie ; mais il fut ubliyé de quitter ce pays, à cause de la jalousie de Millier qui l'avait appelé en Russie, et vint occuper à Goettingue, en 1767, la chaire de philosophie et de politique. L'un des premiers, il reconnut l'utilité de l'application de la statistique à l'histoire. On lui reproche un penchant trop prononcé pour le paradoxe, et son style est incorrect. Parmi les ouvrages laissés par ce laborieux .écrivain, nous citerons : Introduction à l'histoire du Nord (1771, in-*»); la Russie nouvellement changée (1767 et ann. suiv., 4 vol. in-8°), livre relatif au règne de Catherine II ; Histoire des mines et monnaies de la Russie (1791, in-S°) ; Histoire générale (1792-1801, 2 vol.); sa Correspondance (1778-1782, 10 vol.),
SCHLOEZER (Chrétien de), économiste allemand, fils du précédent, né k Goettingue en 1774, mort en 1831. Il fut d'abord professeur aux universités de Dorpat et de Moscou et obtint plus tard une chaire a la Faculté de philosophie de Bonn. Il est surtout connu dans le monde scientifique par son ouvrage intitulé : Eléments d'économie politique (Riga, 1804-1806, 2 vol.), eu russe et en allemand. Ou lui doit aussi une biographie de son père, sous ce titre : Vie publique et privée d' A. -L.de Schlœzer,- d'après des documents authentiques (Leipzig, 1828, 2 vol.).
SCHLOEZER (Dorothée DE), sœur du précédent, née en 1770, morte en 1825. Elle se distingua par ses connaissances scientifiques, écrivit une Histoire des monnaies de la Russie et prit, eu 1787, le diplôme de docteur. Mais, ayant épousé quelque temps après le baron Rodde, ancien sénateur de Lubeck , elle renonça à la science et mena dès lors la vie paisible d'une mère de famille.
SCHLQEZEK (Kurd de), historien et orientaliste allemand, petit-fils d'Auguste-Louis, né à Lubeck, où son père était consul général de la Russie, en 1822. 11 étudia l'histoire et les langues orientales aux universités de Goettingue, de Bonn et de Berlin, vint, vers 1845, à Paris, explorer les archives de cette ville, et s'établit ensuite à Berlin. Outre un Mémoire sur l'ancien voyageur arabe Abou- Dolef (Berlin, 1845), on a de lui : Choiseul et son temps (Berlin, 1849); Histoire des pays allemands du littoral de ta mer Baltique (Berlin, 1850-1853, 3 vol.) ; Décadence et chute de la Hanse (Berlin, 1853); la Famille de Meyern (Berlin, 1855); Frédéric le Grand et Catherine II (Berlin, 1859), etc.
SCULOCKAU, ville de Prusse, province do Prusse, régence et à 119 kilom. O. de Marienwerder, uh.-l. du cercle de son nom ; 2,286 hab. Cette ville fut fondée au xiv siècle, avec un château considéré comme le pius fort de l'ordre Teutonique, après celui de Murienbourg, et dont il ne reste que des ruines,
SCHLUSSBERG (mont). V. Ra.vknsburg.
SCHLOSSER s. m. (chlo-sèr — de Schlosser, nièuecm et natur. alleiii.). Ichtliyol. Poisson du genre gobie qui vit dans les mers de Chine.
— Encycl. Le schlosser a environ 0™,30 de longueur ; le corps presque cylindrique , à peine aminci vers la queue , couvert d'écailles rondes et assez grandes; la tête allongée ; les yeux saillants et placés très-haut; les lèvres lisses, épaisses; les nageoires pectorales fixées sur une sorte de support charnu ; la queue terminée en pointe aiguë. La couleur générale de ce poisson est u'un brun sale et noirâtre, prenant une teinte plus pâle s 'Us le venue. Le schlosser paraît conformé le manière à pouvoir vivre assez longtemps 'tors de l'eau ; on le trouve souvent étende sur la fange dans les lieux marécageux; ses ouïes sont alors protégées par les opercules, sa gueule par les lèvres et ses yeux par un repli de la peau. Ce poisson habite les iners de Chine ; il se nourrit surtout de petits crustacés, dont il est trèsfriand et qu'il prend avec adresse. Sa chair est très-estimée comme aliment.
SCHLOSSER (Jean -Georges), littérateur
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allemand, né à Franefort-sur-le-Mein en 1739, mort en 1799. Après avoir étudié le droit, il entra dans la magistrature, remplit différentes fonctions judiciaires et devint, en 1790, directeur du tribunal aulique de Carlsruhe ; mais ayant mécontenté le gouvernement par une sentence qu'il avait rendue au profit de citoyens pauvres, il résigna cet emploi en 1794, exerça la profession d'avocat à Anspach, puis à Eutin, et devint, en 1798, syndic de sa ville natale. C'était un profond penseur et un partisan enthousiaste de la vérité , et l'on est forcé d'admirer son talent d'écrivain," malgré son penchant pour le paradoxe et son èloignement pour les spéculations philosophiques. Son ouvrage intitulé Seuthès ou le Monarque (Strasbourg, 1788) et d'autres écrits sur diverses questions de droit public et civil témoignent de son esprit clairvoyant et de son ardent amour de la justice. Il avait fait une étude profonde des littératures anciennes et traduit le Traité sur le sublime de Longin (Bâle, 1781), ainsi que plusieurs des œuvres d'Eschyle, de Platon et d'Aristote. Ses Opuscules ont été publiés en 6 volumes (Bâle, 1779-1794) et sa Biographie a été écrite par Nicolovius (Bonn, 1844).
SCHLOSSER (Frédéric-Christophe), historien allemand, né à Jever en 1776, mort à Heidelberg en 1860. Il se destinait d'abord aux études théologiques, mais, lorsqu'en 1793 il arriva à Gœttingue, son esprit universel le porta à approfondir à la fois les sciences les plus diverses ; philosophie, histoire, physique, mathématiques, littératures modernes, rien n'échappa au vif besoin de tout connaîtra qui se manifestait en lui. Au sortir de l'université, il devint précepteur des enfants du comte Bentink, remplit pendant quelque temps les fonctions de vicaire dans un village, puis celles de vice-recteur au collège de sa ville natale. Il avait trouvé enfin sa véritable vocation et résolut de se consacrer à l'histoire. Nul n'était mieux préparé que lui à remplir le programme que se trace l'historien moderne, a écrire non plus la compilation traditionnelle enrichie tout au plus de quelques sentences morales, mais bien Ce récit complet embrassant tous les événements politiques, artistiques, religieux, littéraires qui seul peut donner une idée vraie de la vie des peuples. Manquant de livres dans la petite ville où il résidait , il accepta avec joie, en 1812, une place île professeur au lycée de Francfort, et en 1814, lorsqu'on supprima cet établissement, on lui conlia la charge de bibliothécaire. En 1817, il fut appelé à l'université de Heidelberg comme professeur d'histoire, chaire qu'il a illustrée par son enseignement.
Comme écrivain, il débuta par des biographies : Abailard et Dulcin, vie et opinions d'un rêveur et d'un philosophe (1807); Vie de Bèze et de Pierre-Martyr Vermigli (1809) ; puis vint son Histoire des empereurs iconoclastes en Orient (1812, 2 vol.). Ces essais le rirent avantageusement connaître; ils furent éclipsés par des travaux postérieurs. A partir de sa nomination à Heidelberg, sa réputation ne fit que grandir. Ses ouvrages brillent moins par l'érudition et par l'art que pur l'esprit qui les anime et la grande simplicité de l'exposition. Schlosser est un vériiabte représentant du progrès et de la démocratie; il est essentiellement humain, en même temps digne et plein de bon sens. Ennemi de toute hypocrisie et de toute fausseté, il dit toujours ce qu'il pense et blâme ceux qui se servent du nom de la démocratie pour satisfaire leur ambition personnelle. Libéral avant tout, il repousse toute restriction légale de nature à entraver la libre expression des idées politiques, religieuses et scientifiques. Il professe 1 opinion que les gouvernements sont faits pour les peuples et non les peuples pour les gouvernements. 11 déteste tous les privilèges, surtout ceux de la noblesse. Il s'attaque à la hiérarchie de l'Eglise, aux moines, aux jésuites, avec, la plus grande vigueur, non qu'il désire une persécution religieuse, mais parce qu'il voit combien d'hypocrites peuvent se cacher sous ce masque. Il ne ménage pa3 davantage la fraction du clergé protestant qui renie le principe fondamental du protestantisme, le libre examen. C'est précisément a cause de ces principes que Schlosser est un historien moderne dans la vrai sens du mot; au lieu de s'occuper uniquement des querelles des princes et des batailles qu'ils se sont livrées, il chercha à comprendre l'esprit du peuple en général, son intelligence, son caractère; il nous parle de son industrie, de son commerce, de sa littérature, en un mot de sa civilisation. Grâce à cette méthode, l'histoire a pu devenir entre ses mains un véritable enseignement, une école de libéralisme. On voit ainsi que noblesse et clergé, princes et gouvernements n'ont aucune influence sur le développement général des peuples; que toute civilisation soit du peuple lui-même. Et lorsqu'un peuple arrive a avoir conscience de sa force, alors il est vraiment démocratique. Les ouvrages de Schlosser ont tous eu, en Allemagne, un grand retentissement; ce sont : l'Histoire universelle (1817-1841, 8 vol.); l' Histoire du xvnie siècle (1S23, 2 vol.); Jugement sur Napoléon, ses détracteurs et ses apologistes (1S32-1835) ; Histoire universel te de l'antiquité et de sa civilisation (182G-1831, 9 vol.); Histoire des xviiic et xix« siècles jusqu'à la chute
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de l'Empire, avec des considérations particulièressur la culture intellectuelle (1836,3 vol.); Histoire universelle pour le peuple allemand
(1844-1856, 18 vol.).
SCHLOSSHOF, hameau de l'empire d'Autriche, dans la basse Autriche, cercle de Hornénburg, au N.-E. de Vienne, près de la March. On y voit un château impérial, construit par le prince Eugène de Savoie.
SCHLOT s. m. (chlott — allemand schlotte, même sens). Techn. Dépôt qui se forme dans les eaux salées que l'on fait bouillir pour en extraire le sel. Il On dit aussi schelot.
SCHLOTAGE s. m. (chlo-ta-je — rad.
schloter). Techn. Action de schloter. il On dit aussi SCHELOTAGE.
SCHLOTER v. a. ou tr, (chlo-té — rad. schloi). Techn. Faire bouillir, en parlant de l'eau salée que l'on veut débarrasser par concentration des divers sels qu'elle contient, pour en extraire ensuite le* sel commun ou chlorure de sodium, il On dit aussi scheloter.
SCHLOTHEIM (Ernest-Frédérie, baron de), géol gué allemand, né au château d'Altenhausen ( Sehwarzbourg- Sondershausen ) en 1764, mort en 1832. Il étudia le droit à Gœttingue et se consacra ensuite à l'étude des sciences naturelles. Il étudia à Freiburg, on Saxe, la minéralogie et la métallurgie. En 1792, il entra au service du duc de Saxe- Golha et devint, en 1805, conseiller directeur du collège catnéral et, en 1820, président de corps. En 1822, il fut nommé directeur du musée nouvellement fondé à Gotha; en 1S28, grand maréchal de la cour, puis conseiller intimé en service actif avec siège et voix au ministère. Il avait formé une collection de pétrifications qui fut achetée en 1833 pour le cabinet minéralogique de Berlin. On a de Schlotheim un ouvrage sur les pétrifications (Gotha, 1850; suppléments en 1822 et 1823). 11 était un des collaborateurs du Journal des mines et du Magasin de minéralogie.
SCHLOTHEIMIE s. f. fchlo-tè-mî — de Schlotheim, savant allem.). Bot. Genre de mousses, de la tribu des orthotricées, comprenant quelques espèces qui vivent sur les arbres, dans la zone torride.
SCIlLUCHTliRN, ville de Prusse, province de Hesse, à 41 kilom. N.-E. de Hanau; 2,200 hab. Ecole normale primaire. Distilleries. Ch.-l. du cercle de son nom. On y voit les beaux bâtiments d'une abbaye de bénédictins, fondée au vmBsiècle et supprimée en
SCULCCKENAU, ville de l'empire d'Autriche, dans la Bohême, cercle et à 53 kilom. N.-E. de Leitmeritz ; 3,870 hab. Fabrication importante de cotons et de toiles.
SCHLUSSELBOGRG, appelée autrefois Nutebourg, ville et forteresse de la Rus-de d'Europe, gouvernement et à 32 kilom. E. de Saint-Pétersbourg, sur la rive S.-O. du lac Ladoga et sur la Neva; 6,000 hab. Prison d'Etat où fut détenu le czar Ivan VI.
SCHLUTER (André), célèbre sculpteur et architecte allemand, né à Hambourg en 1662, mort a Saint-Pétersbourg en 1714. Il étudia à Dantzig et peut-être en Italie; en 1691, il se rendit à Varsovie, d'où il fut appelé en 1694 à Berlin, où il fut sculpteur à ta cour de l'électeur. En 1697, Schlùter fut nommé architecte de la cour, fonction qu'il perdit en 1706. En 1713, il se rendit à Saint-Pétersbuurg, où il mourut l'année suivante. Schlùter passe pour un des premiers sculpteurs de son siècle. Son oeuvre la plus remarquable est la statue équestre du grand électeur, en bronze et de grandeur un peu au-dessus de nature, qui orne à Berlin un pont de la Sprée, Il fit, pendant les trente aus qu'il passa à Berlin, plus de 80 statues en marbre ou modèles en argile et une infinité de décorations en hauts et bas-reliefs. Ses ornements de l'arsenal de Berlin sont célèbres. La façade est ornée de diverses sculptures guerrières, armes, trophées, etc. A l'intérieur, on voit des têtes de mourants représentant les expressions les plus variées ue la douleur; on les appelle les Masques de Scblûter, Citons encore, parmi les sculptures dont cet artiste a orné l'intérieur du palais de Berlin, les Quatre parties du monde (en stuc). La Corruption qui a saisi un enfant (église Saint-Nicolas, tombeau de Mannlich) est également une œuvre très-estimée. On trouve beaucoup de sculptures de Schlùter dans le château de Churloltanbourg, à Sans-Souci. En architecture, les œuvres les plus remarquables de Schlùter sont : la façade nord et la façade sud du château royal de Berlin ; la porte qu'il construisit à Berlin en 1801 pour le comte de Wartenberg et la maison qu'il bâtit pour le grand maître Kamek et qui appartint plus tard a la loge royale d'York, dite de l'Amitié.
SCHLYTKR (Charles-Jean), jurisconsulte suédois, ué a Carlskroiia en 1795, mort à Lund en 1856. Nommé, à son début, professeur adjoint de droit à Lund, il fut appelé à Stockholm avec le titre de membre du tribunal d'appel, puis il alla occuper à Upsal une chaire d'histoire du droit. Revenu à Lund où l'attendait le titre de deuxième professeur de droit civil et criminel, il retourna encore une fois à Stockholm pour y reviser les codes suédois. On lui doit : Corpus juris Sueco-Gothorum antiqui (Lund, 1827-1853, 8 vol.); Sur la plus ancienne division de la Suède (Upsal,
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j 1835); Sur l'importance de l'étude de l'histoire du droit (Upsal, 1835) ; Mémoires et mélanges de droit (Upsal, 1836). Schlyter a
I édité les Œuvres juridiques de Calonius (Upsal, 1822).
j SCHMALKALDEN, ville de Prusse. V.
Smalkaldk.
I SCIIMALZ (Théodore-Antoine-Henri, comte i de), économiste allemand, né a Hanovre en , 1760, mort à Berlin en 1831. Successivement ' professeur de droit à Rinteln (1787) et à licej nigsberg (1789), il fut, en outre, nommé dans i ceite ville conseiller du consistoire (1798), chancelier et directeur de l'université (1801), et devint, en 1803, conseiller intime de jus- I tice et directeur de l'université de Halle. Lorsque cette ville eut été cédée au roi de ! Westphalie, i! se retira à Berlin, où, lors de la fondation de l'université, il reçut le titre 1 de professeur ordinaire à la Faculté de droit. J Une brochure politique, qu'il publia sous ce | titre : Rectification d un passage de la chro- ' nique de Venturini pour l'année 1808 (Berlin, ! 1815;, excita un grand émoi, non-seulement I en Prusse, mais encore dans toute l'Allcina- I gne, parce que, dans cet écrit, l'auteur cher- I chait à représenter la Tttyendbund comme ! une société révolutionnaire et à entretenir, a surexciter même la défiance du gouvernement contre l'esprit de l'époque. Sulunulz se | vit alors en butte aux justes attaques de tout , ce que l'Allemagne comptait d'esprits d'élite et d'hommes libéraux, entre autres de Niebuhr, de Schleiermacher, de Iioppe, de F. Fœrster, de F. Ruhs, de Wielund, de Luders, etc., et la polémique s envenima à tel point, qu'une ordonnance royale du o janvier 1810 interdit, sous peine d'amende et de prison, d'écrire désormais quoi que ce fût pour ou contre Sohinalz. Ce dernier publia encore dans la suite quelques brochures dans l'intérêt de dom Miguel et finit par faire allianco avec les piétistes. On a encore de lui1 les ouvrages suivants i Mémoires du comte Guillaume de Schuumbuurg -Lippe (Hanovre, 1783); Encyclopédie du droit commun (Kœnigsberg, 1790); Manuel du droit privé romain (Kcenigaberg, 1793); le Droit de la nature (Iiœnijrsberg, 1795, 3 vol.), nouvelle édition sous ce titre : la Science du droit naturel (Leipzig, 1831); Encyclopédie des sciences financières (Kœuigsberg, 1797); Manuel du droit canonique (Berlin, 1815); la Droit international européen (Berlin, 1817); Manuel du droit privé allf mand (Berlin, 1818); la Doctrine de l'économie politique, en lettres adressées à un jeune prince royal allemand (Berlin, 1818, 2 vol.); Vues sur la constitution des Etats dans la monarchie prussienne (Berlin, 1822), écrit qui donna aussi lieu à un grand nombre de réfutations et de critiques; le Droit public allemand (Berlin, 1825).
SCIIMARDA (Louis-Charles), naturaliste allemand, ne à Olmûtz en 1819. Il fit ses études scientifiques à Vienne, où il passa son doctorat en médecine et en philosophie. Peu après, il entra comme chirurgien dans l'armée, qu'il quitta bientôt pour devenir professeur d'histoire naturelle et de géographie a Gratz, puis à Prague. M. Schmarda quitta, en 1852, sa chaire pour voyager. Il visita successivement l'Ile Ceylan, la colonie du Cap, l'Australie, une partie de l'Amérique du Sud, les Antilles, les Etafri-Unis, le Canada, etc., et revint en Autriche en 1857, Depuis lors, il a exploré à diverses reprises les côtes de cet empire et a été nommé, en 1862, professeur de zoologie à Vienne. Indépendamment de rapports, de mémoires et d'articles, on lui doit : Etude sur les infusoires (Vienne, 1846); Observations psychologiques sur les animaux (Vienne, 1846) ; Nouveaux invertébrés (Leipzig, 1850-1861,2 parties); Distribution zoolo'yique des animaux (Vienne, 1S53) ; Y Adriatique (1853); Précis de zoologie (1853); YEgypte (1857); Voyage autour du monde (1861, 3 vol.), etc.
SCHMAUSS (Jean-Jacques), jurisconsulte et historien allemand, né à Liuulau, en Alsace, en 1690, mort à Gœttingue en 1757. Après avoir professé quelque temps à l'université de Halle, il fut nommé, en 1721, conseiller aulique, puis, en 172S, conseiller de la chambre des finances par le margrave de Bade-Durlach, obtint, en 1734, la chaire de droit naturel et de droit international à Gœttingue et, en 1743, celle de droit public à Halle; mais il n'occupa cette dernière qu'une
| année et alla reprendre son enseignement h Gœttingue. Ou u de lui : le Royaume moderne
j de Portugal (Huile, 1714, 2 vol.); Corpus juris gentium academicum (Leipzig, 1730,
| 2 vol.); Corpus juris publici sacri liomaniimperii academicum (Leipzig, 1745, 2 vol.); In-
! troduction à la science politique (Leipzig, 1742, 2 vol.); Nouveau système de droir naturel (Gœttingue, 1753), uuvrago qui excita l'attention universelle a son époque.
SCHAIEITZEL (Martin), historien allemand, né à Cronstadt (Transylvanie) en 1679, mort en 1747. Après avoir terminé ses études it Iéna, il fonça dans cette ville des cours particuliers de philosophie et de jurisprudence et se fixa ensuite à Huile, où il occupa les , chaires de philosophie, de droit public et j d'histoire. On lui doit, entre autres ouvrages : Schediasma de electivis regni Huiigarix I (Iéna, 1713, in-4°); l'riecugnila historiss ec- I clesiastica (Iéna, 1720, in-4"); Essai sur l'économie politique (Halle, 1732, in-s°).
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S :HMELLE» (Jean-André), philologue allemtnâ, né a Tirschenr^uth, dans la haute Franeonie, en 1785, mon en 1852. Privé des ressources nécessaires pour continuer ses étuc.es, qu'il avait commencées au lycée de Munich, il se mit à courir le monde à l'âge de cix-huit ans, se rendit, en 1804, en Suisse
J)ou: y travailler sous la direction de Pestuozzi et, après diverses vicissitudes, s'engagea dans un régiment suisse^ à la solde de rEspagne. Grâce à ses relations avec un capita'ne de ce régiment, qui devint, en 1806, directeur à Madrid d'une école établie, pour les lils d'officiers, d'après la méthode de Pestalo::zi, Schmeller obtint lui-même une place de | rofesseur dans cet établissement, quitta l'Espagne en 1808 et vint fonder à Bâle une institution qu'il dirigea jusqu'en 1813. Il s'engagea, k cette époque, dans un régiment de voloitaires bavarois, avec lequel il rit la campagre de 1815, quitta plus tard le service avec le grade de lieutenant et devint, en 1827: professeur k l'école des cadets de Munich puis, l'année suivante, professeur adjoint de langue et de littérature allemande ancienne à l'université de cette ville, chaire dont il fut nommé titulaire en 1816, après avoir obtenu dans l'intervalle l'emploi de sous- conservateur de la bibliothèque publique. Ses deux principaux ouvrages sont : les Dialectes de la Bauiêre exposés grammaticalement (Munich, 1821) et le Dictionnaire bavarois, avec documents authentiques (Stuttgard et Tubingue, 1827-1836, 4 vol.), qui renferme à la fois les idiotisraes de la langue
Populaire de notre époque et un glossaire de ancien idiome bavarois. Il est encore auteur ou -éditeur des ouvrages suivants : Harmonie des Evangiles en ancien saxon, qu'il a lui-même intitulée Heliand (1830-1840); Munich saisie gouvernement des quatre ducs, de 1397 o 1403, d'après le manuscrit contemporain du bourgmestre Jœrg Kaizmair (Munich, 1833); les Prétendus Cimbres des vue et xmc cantons, dans les Alpes Vénédiques, el leur langue (M ii n ch, 1838); Histoire latine du x« et du xi« siècle (avec J. Grimm, 1838); Glossarium saxonicum cum voenbutario lalino-saxonico et syiopsi grammatica (1839, in-4") ; Vie de saint Ulric, écrite en latin pur Berno de Reic/ienai et traduite vers l'an 1200 en vers allemand:1 par Albertus (1844;; le Chivalier bohémie i Léon de liozmital, ses exploits, sa vie à la cour et ses voyages en Orient (1844), etc.
SCF.MERL1NG (Antoine, chevalier de), homme d'Etat autrichien, né à Vienne le 23 anût 1805. Peu après avoir étudié le droit, il entia dans la magistrature et fut nommé, en 1816, conseiller à la cour d'appel. Elu vers 1; même temps membre de la Chambre des députés, M. de Sclimerling y siégea dans les rangs des libéraux et combattit à diverses reprises la politique réactionnaire de M. de Mutte.Tiich. Lois des événements qui eurent lieu er Allemagne en 1848, il fut désigné pour faire lartie de l'assemblée préparatoire de Franc Fort, fut membre du comité des dix-sept et prit une part des plus actives à ses travaux. Peu a uès, il était élu membre de l'Assemblée nationale de Francfort. M. de Sehnierling s';' montra favorable k l'idée alors trèspopulaire d'une grande fédération allemande, mais en désirant que cette fédération fût placée sous l'hégémonie autrichienne. Lorsque, le 15 . uillet 1848, l'archiduc Jean, devenu vicaire de l'empire, furitia son premier cabinet, ce fut M. de Schmerling qui fut appelé à le présider. Il prit le portefeuille de l'intérieur, dont il se démit lorsque la majorité de l'Assei:>blée nationale refusa de ratifier l'armistice de Malmoë. Toutefois, il reprit sa place tans le ministère au mois de septembre, comprima énergiquement l'émeute qui eut lieu, le 18 du même mois, à Francfort, se vit e n butte à de vives attaques de la part du parti avancé et donna s» démission en décembre, lorsqu'il vit la majorité de la Chambre décidée a conférer la dignité impériale au roi de Prusse. Il revint alors à Vienne ; mais, peu après, il retourna à Francfort en qualité de ministre plénipotentiaire de l'Autriche. M. de Schmerling, n'ayant pu contrebalancer l'influence croissante du parti prussien, demanda son rappel en avril 1849. Peu après, 1 empereur d'Autriche lui donna le portefeuille de la justice. Aprèsl'écrasement de la Hongrie, il se montra partisan d'une politique modérée et libérale, tout en étant centraliste. Mais en ce moment la réaction triomphait, ses conseils ne furent point écoutés et il se décida, en 1851, à donner sa démission H' fut alors nommé président delà cour de cassation. La guerre malheureuse faite, en 1859, par l'Autriche k l'Italie secondée par la France ayant amené une modification dans le sens libéral de la politique intérieure de l'empire, M. de Schmerling fut appelé, en décembre 1860, k succéder au comte Goluchowski comme ministre d'Etat.
Sans être partisan de la centralisation absolue, conme le prince de Sehwarzenberg, il croyait k la nécessité d'établir entre les diverses parties de l'empire un lien puissant, une constitution commune qui contînt et absorbât, tm les élargissant, les garanties et les libertés dont elles jouissaient inégalement. Il s'attaclu à réaliser les promesses libérales faites pa r l'empereur François-Joseph, trouva uue vive résistance dans le parti de la réaction, donna sa démission 'à la fin de juin 1865, mais conserva néanmoins, pendant
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quelque temps encore, la direction des afiaires. 11 la quitta définitivement après la désastreuse campagne de 1866, dans laquelle l'Autriche, vaincue à Sadowa par la Prusse, se vit considérablement abaissée et chercha son relèvement dans une politique nouvelle ayant pour base l'organisation fédérale des Etats autrichiens. M. de Schmerling, partisan de la centralisation, dut se retirer pour faire place à M. de Beust. Le 1" avril 1867, il reçut un siège à la Chambre des seigneurs et continua à ce titre à prendre part aux affaires de son pays, A diverses reprises, notamment en 1873, il a présidé la délégation autrichienne lors de la réunion des Chambres austro-hongroises.
SCHMETTAU (Samuel, comte de), général prussien, né en 1684, mort en 1751. Il fit ses premières armes au service de la Hollande pendant la guerredela succession d'Espagne et s'attacha, en 1714, au roi de Pologne Auguste II, auquel il rendit d'importants services pendant les troubles de la Confédération et qui l'en récompensa par le grade de colonel d'artillerie. Peu de temps après, il passa au service de l'Autriche, fit la campagne de 1717 contre les Turcs, fut ensuite envoyé contre les Espagnols en Sicile, se distingua près de Villafrauca et dirigea, en 1720, le siège de Messine. Envoyé k Gènes en 1731, il réussit à comprimer le soulèvement de cette ville, fut promu, en 1733, feldmaréchal lieutenant et, sous les ordres du duc de Brunswick-Bevern, combattit les Français sur le Rhin. Il prit part, en 1737, à la guerre contre les Turcs, devint feld-maréchal en 1741 et, lorsque la guerre éclata entre la Prusse et l'Autriche, fut rappelé, comme sujet prussien, par le roi Frédéric II. Il se rendit d'autant plus volontiers à cet appel, que les attaques des envieux lui rendaient le séjour de Vienne insupportable; mais, comme il ne voulut pas porter les armes contre l'Autriche, Frédéric If ne l'employa qu'en qualité d'ambassadeur, d'abord à Munich auprès de l'empereur Charles VII et, plus tard, auprès du roi de France. Pendant Sa carrière militaire, il avait assisté k 28 batailles et à 32 sièges.
SCHMETTAU (Frédéric-Guillaume-Charles, comte de), général prussien, né k Berlin en 1742, mort en 1806. Il prit part aux guerres de Sept ans, de Bavière, de France, et, nommé lieutenant général, il commanda une division à Auerstœdt sous les ordres du duc de Bruns'wick. C'est dans cette bataille qu'il trouva la mort. On lui doit, entre autres écrits : Mémoires secrets de la guerre de Hongrie pendant les campagnes de 1737 à 1739 (Francfort, 1772, in-8°) ; Mémoire raisonné sur la campagne de 1778 en Bohême (Berlin, 1789, gr, in-40).
SCHMID (Jean) ou SCHMIDT, en latin Scbniidius, théologien allemand , né k Bau tzen le 20 juin 1594, mort à Strasbourg le 27 août 1658. Destiné k la carrière ecclésiastique, il commença ses études k l'université de Halle et, chassé de cette ville parla peste, les continua à Spire et ensuite k Strasbourg. Après avoir pris ses grades, il visita la France et l'Angleterre dans le dessein de perfectionner son instruction. En 1623, il fut nommé professeur de théologie k Strasbourg. Dix ans après, les Suédois ayant occupé Colmar, Schmid fut invité par leur général à y rétablir le culte protestant. Il mourut de la pierre, a laissant, suivant MM. Haag, la réputation d'un homme grave, pieux, de mœurs pures, zélé dans l'accomplissement de ses devoirs, et d'un orateur de la chaire éloquent. » On a de lui un grand nombre d'ouvrages en latin et en allemand. Nous citerons : Trias argumentorum superstitions sanctorum invocationi oppositorum (Argentorati, 1623, in-40); De Augustana confessione (Argentorati, 1630, in-40); Meditatio legis Dei (Argentorati, 1633, in-12) ; Exercilationes de heresi novaiiana (Argentorati, 1652, in-40); De liberis ob delicta parentum non puniendis (Argentorati, 1684, in-4°); Commenlarius in prophelas minores, A ces écrits il faut ajouter dus Sermons, des Dissertations et des Commentaires qu'il serait trop long d'énuinérer isolément.
SCHMID (Jean-Rodolphe), fonctionnaire autrichien, né à Stein, près de Schaffhouse, en 1599, mort k Vienne en 1667. Entré au service d'un officier italien, il fut fait prisonnier par les Turcs, puis racheté et nommé interprète de l'ambassade autrichienne. Il fut nommé, en 1629, résident auprès du sultan; en 1647, il fut créé baron de Sehwarzenburg et nommé membre du conseil aulique de guerre et inspecteur des forêts en Autriche ; en 1649, internonce auprès du sultan Mahomet IV; en 1656, président du conseil aulique; enfin, sous Léopold, conseiller intime.
SCHMID (Nicolas), connu aussi sous le nom de CUNTZEL DE KOTENACKER, philologue allemand, né à Rotenacker, près de Géra, en 1606, mort en 1671. C'était un simple paysan qui, à seize ans, ne savait pas encore lire. Il travailla avec une persévérance infatigable à acquérir, non-seulement les connaissances élémentaires, mais encore celles du latin, du grec, de l'hébreu, du syriaque , de l'arabe, du persan , de l'arménien, de l'éthiopien, etc., sans cesser de vaquer aux occupations qu'exigeait sa condition de paysan; c'était la nuit qu'il s'occupait de ses études philologiques. Entre autres écrits, il a traduit l'Oraison do-
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minicale en cinquante et une langues. Il s'appliqua aussi à la médecine, k l'astrologie et à 1 astronomie, et commença, en 1653 , à publier un almanach.
SCHMID (Sébastien), théologien allemand, né à Lampertheim (Alsace) vers 1625, mort à Strasbourg en 1696. Il étudia successivement k Wittemberg, à Kœnigsberg, k Dantzîg et k Hambourg. Ses goûts le portant surtout vers les langues orientales, il se rendit à Bàle où enseignait le célèbre Buxtorf, sous la direction duquel il étudia le Talmud et les écrits des rabbins. Nommé ministre k Ensheim , puis k Lindau, il se fit remarquer par ses talents et fut appelé à Strasbourg comme professeur de théologie en 1654. L'université de Tubingue et m roi de Suède lui firent des offres brillantes qu'il. repoussa, ne voulant pas quitter Strasbourg où il mourut, « sans avoir eu, disent MM. Haag {France protestante), la satisfaction de voir imprimée sa traduction latine de la Bible, le plus important de ses ouvrages, auquel il avait consacré quarante ans d'étude. En entreprenant cette traduction nouvelle, k la demande de plusieurs théologiens de ses amis, Schmid s'était promis d'unir une noble simplicité à une fidélité scrupuleuse. On doit reconnaître qu'elle est, en effet, aussi fidèle que possible au texte original-, mais cette fidélité même, poussée k l'excès, la rend dura, obscure souvent, quelquefois inintelligible, malgré les gloses auxquelles le traducteur a recours de temps en temps pour expliquer le sens, "soit d'un mot, soit d'une phrase, gloses d'ailleurs très-arbitraires et laissant trop percer les opinions dogmatiques du glossateur. » Parmi les autres ouvrages de Schmid, nous citerons : De Ecclesia visibili et invisibili (Argentorati, 1654, in-4") ; De pamilentia et lege ceremoniali (Argentorati, 1656, in-40); De libre vils (Argentorati, 1672, in-40); Petrus non papa (Argentorati 1676, in-12). Sa traduction de la Bible est intitulée : Biblia sacra, seu Testamentum Vêtus et Novum, etc. (Argentorati, 1696, in-40). Il a aussi publié de nombreux commentaires sur l'Ecriture.
SCHMID ou SCHMIDT (Georges-Louis), littérateur, conseiller Je Saxe-Weimar, né k Auenstein (Suisse) en 1720 , mort k Nyon (Suisse) en 1805. Il fut, de 1720 k 1748, au service du duc de Saxe-Weimar et se retira ensuite k Nyon , pays de Vaud. Il entretint des relations très-suivies avec Voltaire, Diderot, d'Alembert et les chefs du parti philosophique dans le xvma siècle. L'influence qu'ils exercèrent sur son esprit se trahit par les idées soutenues dans ses ouvrages, dont les principaux sont : Essais sur divers sujets intéressants (1760, 2 vol. in-80), en français, ouvrage qui a eu trois éditions françaises et une traduction allemande à Leipzig en 1764 ; Principes de la législation universelle, composé à Lenzbourg dans les années 1772-1774 et publié k Amsterdam en. 1776, traduit en italien peu de temps après.
SCHMID ( François - Vincent ) , historien suisse, né k Altorf en 1758, mort en 1799. Il a écrit, en 1788 et 1790, 2 volumes de l'Histoire générale de la république d'Uri (Zug, in-80), en allemand, qui vont jusqu'à l'année 1481 et dont la suite n'existe pas. En 1799, Schmid fut le chef de la résistance des habitants d'Uri aux Français et fut tué près de Fluelen par le premier coup de canon tiré par les troupes-du général Soult.
SCHMID (Jean-Christophe), dit le chanoine
Schmid, littérateur allemand, né à Dinkelsbiihl (Bavière) en 176S , mort k Augsbourg en 1854. Elevé dans le catholicisme, il entra dans les ordres en 1791 et devint, deux ans plus tard, k la fois vicaire et maître d'école à Thannhausen. Tout en remplissant ces doubles fonctions, Schmid se mit k écrire pour les enfants des Histoires bibliques et un certain nombre de ces contes moraux qui devaient lui faire une si grande réputation. En 1816, le prince de Stadion lui donna la cure d'Oberstadion, qu'il conserva jusqu'en 1827. Dans l'intervalle, il refusa successivement une chaire de morale k l'université de Tubingue et la direction du séminaire de Rottenbourg. Devenu chanoine d'Augsbourg en 1827, il fut chargé en 1832 de présider la commission scolaire du cercle du Danube et reçut du roi de Bavière, en 1837, l'ordre du Mérite civil. Les œuvres du chanoine Schmid consistent en Histoires bibliques pour les enfants (Augsbourg, 1801, 6 vol.), qui se répandirent rapidement dans les écoles catholiques d'Allemagne; en Contes moraux, écrits, de 1810 k 1820 et qui, grâce k des traductions, ont acquis une réputation européenne ; enfin dans le Petit théâtre de l'enfance, comprenant un drame, Emma, et des comédies, le Petit prince, le Petit ramoneur et le Voleur d'œufs. Les Œuvres complètes du chanoine Schmid ont été publiées en Allemagne, k Augsbourg (1840-1846, 24 vol.), et rééditées en 1856 et années suivantes. Ses Contes pour les enfants et amis des enfants (Landshut, 1821-1826) ont eu un succès extraordinaire jusque vers 1850. Ils sont généralement gracieux et intéressants. Nous citerons, entre autres : le Bon Fridolin et le méchant Thierry, Agnès la joueuse de luth, la Corbeille de fleurs, la Croix de bois, les Œufs de Pâques, le Ver luisant, la Guirlande de houblon, l'Enfant perdu, le Jeune ermite, la Veille de JVoël, les Fruits d'une bonne éducation , Geneviève de
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Brabant, Rose de Tannenbourg, Hirlanda, comtesse de Bretagne, Henri d' Eichenfelds , etc. Ils ont été traduits en anglais, en italien, en danois, en polonais, etc. Parmi les traductions françaises des œuvres du chanoine Schmid, nous citerons celles de Filleul Saint- Pétigny (Paris, 1838), de Cerfbeer de Medeîsheim,-avec des illustrations de Gavarni (1843, 2 vol. in-8°); de fabbé Macker (Strasbourg, 1832 et suiv., 22 vol. in-18), approuvée par le chanoine Schmid ; les Cent nouvelles pour les enfants, trad. par Ch. André (Paris, 1850, 33 vol. in-18). Les contes du célèbre chanoine ont donné lieu k toutes sortes d'imitations et de contrefaçons. C'est à tort qu'on lui a attribué : la Chaumière irlandaise, Henri et Marie, Alphonse et Nelly, le* Cœur d'une mère, etc. SCHMID (Charles-Chrétîen-Erhard) , philosophe allemand, né à Heilsb^rg, duché do Weimar, en 1761, mort en 1812. Il étudia la théologie et la philosophie k l'université d'Iéna, y devint privât - docent en 1783 et obtint en 1791, à Giessen, une chaire de philosophie, qu'il quitta en 1793 pour une chaire analogue à Iéna, où il fut nommé plus tard troisième professeur (1798), docteur en théologie (tSOO) et conseiller ecclé.siatique du duché de Saxe-Gotha (1804). Pendant les six dernières années de sa vie, il dirigea une école qu'il avait fondée k Iéna. Il s'était profondément pénétré de l'esprit des écrits do Kant, k une époque où ils étaient k peu près inconnus ou dédaignés, et l'influence de ce philosophe domine dans tous ses ouvrages ; mais comme il combattit énergiquement la transformation que l'on voulait opérer du criticisme de Kant en une théorie scientifique, il s'attira les attaques les plus vives de la part de Fichte qui, dans sdn Journal philosophique, l'appelle une nullité en philosophie. On a de lui : Critique de la raison pure (Iéna, 1786; 4e édit., 1793); Vocabulaire pour servir à l'explication des écrits de Kant (Iéna, 1786; 3e édit., 1795) ; Essai d'une philosophie morale (Iéna, 1790; 40 édit., 1820), ouvrage remarquable par sa clarté ; Psychologie empirique (Iéna, 1791, 2 vol.), le premier livre où 1 on ait appliqué les principes de Kant k l'étude de la psychologie; la Physiologie traitée au point de vue philosophique (Iéna, 1798-1801, 3 vol.); Âdiaphora (Iéna, 1809); Encyclopédie et méthodologie universelle des sciences (Gotha, 1810).
SCHMID (Jean-Henri-Théodore), philosophe allemand, fils du précédent, né à Iéna en 1799, mort en 1836. Il étudia à l'université de sa ville natale la philologie, la philosophie et la théologie ; mais la part active qu il prit aux agitations de la Burschenschaft lui ferma pendant longtemps toute carrière publique. Ce ne fut qu en 1829 qu'il obtint l'autorisation de faire des cours à l'université d'Iéna; l'année suivante, il fut nommé professeur adjoint de philosophie k Heidelberg. Il avait adopté en philosophie les opinions de Fries, et il a développé ses idées dans les deux ouvrages suivants : Métaphysique de la nature intérieure (Leipzig, 1834) et Leçons sur l'essence de la philosophie et son importance pour la Science et la vie (Stuttgard , 1836). On a encore de lui une Histoire du mysticisme du moyen âge dans sa période de formation (Iéna, 1824) et une Critique de la doctrine de la foi de Schteiermacher (Leipzig, 1835), ainsi que plusieurs dissertations dans différents recueils et journaux, notamment dans le Journal de l'opposition de Schrœter et Bretschneider.
SCHMID (Reinhold), jurisconsulte allemand, frère du précédent, né k Iéna en 1800. Il fut, comme son frère, élevé dans l'établissement pédagogique fondé par leur père et passa ensuite quelque temps dans une grande maison de commerce k Plauen. Ayant renoncé k la carrière commerciale pour reprendre ses études académiques, il suivit k Iéna, k partir de 1S19? puis k Berlin, depuis 1821, des cours de droit; mais k son retour k Iéna il fut impliqué dans les menées de la Burschenschaft et condamné k plusieurs années de détention dans une forteresse. Sa peine fut cependant réduite k une année de prison, qu'il subir, avec son frère, au château de Frauenpriessnitz. Son cousin, Charles-Ernest Schmid, ayant attiré son attention sur les monuments de la jurisprudence anglo-saxonne qui étaient tombés dans un oubli profond, il publia sur ces matières dans l'Hermès une série d'études intéressantes, que suivit une édition, avec traduction, des Lois des Anglo- Saxons (Leipzig, 1S32; 2e édit., complètement remaniée et enrichie d'un glossaire, Leipzig, 1858). Dans l'intervalle, il avait pris ses grades à l'université d'Iéna, où il devint, en 1832, professeur adjoint. Quatre ans plus tard, il fut appelé à la chaire de droit romain de l'université de Berne. Il s'est surtout occupé de la philosophie du droit et il a cherché à mettre en lumière , en opposition avec l'école historique de jurisprudence et la spéculation moderne, l'importance des éléments politiques et économiques du droit fondés sur l'expérience. Le résultat de ses profondes études sur cette matière est consigné dans le remar-
?|uable ouvrage intitulé Théorie et méthodoogie du droit (Iéna, 1848). Depuis plusieurs années, il s'est particulièrement appliqué k traiter les questions delajurisprudence et de la politique modernes; c'est ainsi que, dans les Archives de droit civil, il a combattu, en. 1853, les nouvelles théories sur les associations, et qu'en 1861, il a cherché k établir sur
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