‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 174 sur 1059 · SU1U · texte numérisé non relu

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SCHUMACHER (Christian-Frédéric), médecin et chirurgien danois, né à Gluckstadt (Holstein) en 1767, mort à Copenhague en 1830. Son père était simple sous-ofricier d'un régiment dans lequel Schumacher entra à seize ans comme chirurgien ; le débutant manifesta de si hautes altitudes scientifiques que ses chefs lui accordèrent un Congé extraordinaire pour aller terminer son éducation médicale à Copenhague. Il revint à son poste, son congé expiré; mais il avait tellement captivé la sympathie de ses professeurs que l'un d'eux lui lit donner sa démission des fonctions de chirurgien militaire et lui procura une place de prosecteur à l'université. Avide d'acquérir de nouvelles connaissances, Schumacher visita les écoles médicales d'Angleterre et de France et, à son retour dans son pays, devint successivement professeur de chimie, professeur de l'Académie et premier chirurgien de l'hôpital Frédéric, chirurgien de la cour, professeur d'anatomie à l'université de Copenhague et enfin directeur du musée anthropologique. Ses principaux écrits sont : Observations médico-chirurgicales (Copenhague, 1800) ; Principes d'anatomie (Copenhague, 1807); Descriptio mussi anthropologici universitatis Hafniensis (Copenhague, 1828).

SCHUMACHER (Heinrich-Christian), célèbre astronome danois, né à Bremstedt, en Holstein, en septembre 1780, mort à Aliona en 1850. Schumacher commença ses études à Gœttingue, fit d'abord son droit et devint, en 1805, professeur de cette science à l'université de Dorpat. Son goût pour l'astronomie le ramena k Gœttingue, où il étudia sous la direction de Gauss, avec lequel il conserva toujours des relations amicales. Ce fut à Hambourg, pendant qu'il y enseignait les mathématiques, que Schumacher rit ses premières observations, qu'il continua plus à loisir à l'observatoire de Manheim, dont il fut nommé directeur en 1813. Rappelé en Danemark par le gouvernement, qui lui confia, en 1817, la mesure de l'arc du méridien entre Skagen et Lawenbuig, ainsi que le relevé topographique du Slesvig et du Holstein, il établit, dans l'intérêt de ses travaux, un observatoire à Altona, où commencèrent en 1820 les publicationsastronomiques qui lui acquirent une si grande renommée. L'Académie de Berlin adopta en 1829, pour ses annuaires, les bases sur lesquelles Schumacher avait fondé les premiers principes de ses Ephémérides et de ses l'abies, donnant les moyens de calculer rapidement les résultats des observations. Il fonda le journal Astronomische-Nachrichten et publia, de 1836 à 1844, des annuaires qui ne contribuèrent pas peu à vulgariser en Allemagne les études astronomiques. On doit encore à Schumacher les premières déterminations- chronométriques de la différence- de longitude. Suivant Bessel, la mesure du méridien danois exécutée par .Schumacher a, par son extrême exactitude, fourni les documents les plus précieux pour décider la question de la figure de la terre.

SCHUMACHER (Christian-André), savant danois, neveu du précédent, néàTjœrnelund (Seeland) en 1810. A treize ans, il perdit son père et passa sous la direction de son oncle, qui lui inspira le goût des études scientiliques. Lieutenant d'anillerie à vingt et un ans, il quitta son régiment en 1833 pour se livrer avec son oncle à des opérations géodésiques, puis fut chargé de diriger des travaux de nivellement pour le chemin de fer de Kiel. Quelque temps après, M. Schumacher se rendit en Allemagne, suivit successivement les cours scientifiques faits à Halle, Leipzig et léna, puis retourna dans son pays (ISit) et fut chargé de professer l'astronomie à Horfens. Vers 1844, il partit pour la Russie afin de coopérer à rétablissement du chemin de fer de Moscou; mais ne voulant pas subir l'obligation qui lui était imposée de se faire naturaliser Russe, M. Schumacher rentra en Danemark après s'être livré à des observations astronomiques à l'observatoire de Pulkowa. Depuis 1848, il rédige le Nordlyset, journal scientifique. On doit à ce savant de nombreux Mémoires qui ont paru dans les Mémoires des savants étrangers de l'Académie de Saint-Pétersbourg, dans le recueil de l'Académie des sciences de Copenhague; des articles insérés dans divers journaux danois et étrangers, notamment dans le Scandinarcisk-Fotke-Kaiender ; une traduction danoise du Cosmos de Humboldt, etc.

SCHUMACHER (Catherine) , aventurière, connue aussi sous les noms de M"1» Lu Bruyère et de Biarquîco d OrvauJi, femme de Maubreuil, marquis d'Orvault. V. Maubueuil.

SCHUMACHÉFUE s. f. (chou-ma-ké-rî — de Schumacher, batan. allein.). Bot. Genre d'arbrisseaux, de la famille des dilléniacées, tribu des dilléniées, comprenant des espèces qui croissent dans l'île de Ceylan. u Syn. de ■WORMSKjoldig, autre genre de végétaux.

SCHUMANN (Robert), célèbre compositeur et critique allemand, né à. Zwickau, en Saxe, le 8 juin 1810, mort a Eudenieh, près de Bonn, en 1856. il était le dernier enfant d'un libraire de Zwickau. Dans son enfance, jouer au soldat était sou plaisir le plus vif. <■ Suivant l'usage des écoles de l'Allemagne du Nord, il avait appris les éléments de la musique à celle qu'il fréquentait, raconte M. Feus. Son père lui avait donné aussi un maître

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de piano, nommé Kuntzsch; les leçons de cet homme n'étaient pas de nature à donner à son élève le goût de l'instrument; en les recevant, Schumann se soumettait à la volonté paternelle, mais sans y prendre d'intérêt luimême. Une circonstance fortuite le transforma à cet égard. On l'avait conduit aux eaux de Carlsbad dans l'été de 1819, à cause d'un dérangement de sa santé. Mosohelès y donnait alors des concerts; l'impression produite sur cet enfant par le célèbre artiste fut si vive et si profonde que, dès ce moment, Robert se livra avec ardeur' à l'étude du piano. Bientôt après, il organisa chez son père des séances musicales, où l'on exécutait des chœurs accompagnés par un petit orchestre. Il ignorait alors les éléments de l'harmonie; néanmoins il s'essayait dans de petites compositions. C'est ainsi qu'à l'âge de treize ans il arrangea en choeur, avec orchestre, le chant choral du 150e psaume. Vers la même époque, il se fit entendre en public à Zwickau, dans un morceau de piano. » Les progrès du jeune Schumann dans la musique déterminèrent son père k lui faire suivre la carrière d'artiste, à laquelle il ne le destinait pas. Il écrivit à Weber pour le prier d'admettre Robert dans sa maison et de le diriger dans ses études musicales. Les obstacles qui s'opposèrent à la réalisation de ce projet ne sont pas connus. Schumann continua donc de résider à Zwickau et y reçut l'éducation ordinaire des collèges... A cette époque, il prit aussi un goût passionné pour la littérature et la poésie; Byron et Jean-Paul Richter étaient ses auteurs favoris. Les biographes allemands remarquent que ce dernier auteur exerça sur son caractère une influence qui ne peut être méconnue. Le cœur et l'imagination de Schumann furent vivement impressionnés par la lecture des poëmes Hesperus et Titan. Ce fut aussi Jean-Paul qui lui inspira l'excès de sentimentalité maladive à laquelle il fut toujours en proie et certain mépris de la forme dont il ne put triompher plus tard, en dépit de ses efforts... Schumann perdit son père au mois d'août 1826. Son biographe Wusiliewski mentionne un premier amour fugitif de cet enfant de dix-sept ans. Sa merc, d'accord avec son tuteur, avait exigé qu'il abandonnât l'étude de la musique pour celle du droit et qu'il se fit inscrire à l'université de Leipzig comme studiosus juris. 11 s'y rendit en 1828; toutefois, il s'y occupa fort peu des Pandectes, préférant les cours de philosophie, plus analogues à la nature de son esprit rêveur, et se livrant surtout à l'étude du piano sous la direction de Wieck. On ignore la cause qui détermina Schumann à quitter l'université de Leipzig, au printemps de 1829, pour aller à celle de Heidelberg... Dans une lettre datée du 30 juillet 1830, Robert s'ouvrit entièrement à sa mère, la suppliant de ne plus mettre obstacle à son penchant pour la musique et la priant de prendre l'avis de Frédéric Wieck, dont il avait déjà reçu des leçons. Cet avis fut favorable et la mère de Schumann céda à sa prière. Au commencement d'octobre de la même année, il entra dans la maison de Wieck et devint son pensionnaire. Son but était d'acquérir une grande habileté sur le piano; pour y parvenir, il imagina un système d'exercice dont il fit un grand secret à ses amis les plus intimes, et qui consistait à attacher le troisième doigt de la main droite par une corde fixée solidement à un point quelconque et à exercer les quatre autres doigts ; le résultat fut que ce troisième doigt, atteint de paralysie, devint hors de service, et bientôt la paralysie s'étendit à toute la main. Cet accident obligea Schumann à renoncer à la carrière de virtuose qu'il s'était proposé de suivre. Ce fut alors qu'il se livra ù l'étude de l'harmonie et du contre-point. Tout rempli des idées de Jean-faul sur l'art et convaincu de la nécessité de lui ouvrir des voies nouvelles, il avait .en profond mépris les traditions des vieux maîtres. Encouragé par quelques amis à mettre au jour ses vagues aperçus sur ce sujet, il prit la résolution de fonder, en opposition à la Gazette générale de musique , un écrit périodique où serait exposée sa doctrine de réforme. Le premier numéro du journal de Schumann parut le 3 avril 1834 , sous le titre de Nette Zeitschrift fur Musik (Nouvel écrit périodicité pour la musique), sous la forme d'une demifeuille in-4°, publiée deux fois par semaine. Schumann mettait alors la fantaisie libre et l'affranchissement des traditions de la forme au-dessus de toutes les autres qualités dans la musique. Les œuvres de la troisième époque de Beethoven et celles de François Schubert, non-seulement dans ses chants poétiques, mais même dans ses compositions instrumentales, d'un ordre bien inférieur, lui paraissaient être les types par excellence de la musique de son temps... Schumann passa à Vienne l'hiver de 1838-1839. De retour ii Leipzig, il y fut occupé des soins de son mariage- avec Clara Wieck, qu'il avait connue et aimée daus la maison de son père pendant qu'il y était pensionnaire. Frédéric Wieck était opposé à cette union; il fallut avoir recours aux voies judiciaires pour suppléer à son consentement, et le mariage n'eut lieu que le 12 septembre 1840. Plus tard, Schumann se réconcilia avec son beau-père. « Il » y a certainement dans ma musique quelque » chose des luttes que m'a coûtées Clara, » écrivait plus tard Schumann. Le concerto i (op. 14), les Danses de David, la sonate en

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» sol mineur, les Kreisleriana (fantaisies) et d les Novelleltes (op, 21) ont tous pris leur » source en elle, i Au mois de janvier 1810, Schumann obtint le doctorat de la Faculté de philosophie d'Iéna. Après spn mariage, il se mit à écrire pour les voix et pour l'orchestre. Dans la seule année 1840 il composa trentehuit morceaux de chant, dont la plupart étaient des lieder. Le succès ne répondit pas d'abord à son attente, car, à l'exception d'un petit nombre de ces mélodies, que des chanteuses en renom firent connaître, le reste fut bien vite oublié. En 1833, Schumann avait été atteint d'une maladie nerveuse, premier indice du dérangement de ses facultés; il en guérit, mais il en resta des traces dans son imagination, par exemple la peur qu'il éprouvait dans les habitations élevées. En 1845, une souffrance permanente du cerveau, occasionnée par un travail excessif, produisit une nouvelle crise nerveuse dont 1 artiste se rétablit avec peine. Deux excursions qu'il fit à Vienne et à Berlin, pendant les années 1846- 1847, opérèrent une diversion salutaire sur son moral. Appelé en 1850 à Dusseldorf [iour y occuper la place de directeur de musique , Schumann ne montra pas le talent sur lequel on avait compté. Les progrès de sa maladie mentale le mettaient souvent dans l'impossibilité de remplir ses fonctions, et il se vit torcé de donner sa démission en 1843. Il fut nommé alors professeur de piano pour l'accompagnement de la partition au Conservatoire de musique de Leipzig, mais il renonça bientôt à cette position. En 1844, il entreprit avec sa femme un voyage en Russie, qui eut des résultats avantageux pour tous deux. Ce fut en 1851 que la maladie nerveuse de Schumann revint plus intense que précédemment. A ces maux si graves s'était ajoutée une affection de l'ouïe. Sa parole était devenue hésitante, embarrassée, sa contenance affaissée. En 1853, la folie des tables tournantes trouva en lui un partisan convaincu; les expériences qu'il en fit semblèrent le ranimer. Sa femme crut devoir saisir cette fugitive amélioration pour lui faire goûter la distraction d'un voyage en Hollande, où tous deux furent accueillis avec un vif intérêt. ■ Au retour de cette excursion, ajoute M. Fétis, la situation mentale de Schumann devint de plus en plus inquiétante... Souvent il croyait entendre sans relâche un son fixe qui, se combinant avec d'autres plus fugitifs, formait des harmonies et des modulations... Il prétendait aussi être en relation avec des esprits qui lui faisaient des révélations. Quelquefois il se précipitait hors du lit, au milieu (le la nuit, pour écrire, disait-il, des thèmes de mélodies que les ombres de Schubert et de Mendelssohn venaient de lui chanter. Le 7 février 1854, à minuit, il quitta son salon, où se trouvaient deux' amis, et, sans dire un mot, courut en robe de chambre vers le Rhin, dans lequel il se précipita. Heureusement, son vêtement fit le ballon et le soutint sur l'eau. Le bruit de sa chute attira l'attention de deux bateliers qui regagnaient le bord dans une nacelle; ils le tirèrent du fleuve; mais lorsqu'ils le transportèrent à sa demeure, la folie était complète. Il fallut le placer dans une maison de santé où il mourut sans avoir recouvré sa raison. » Un des biographes allemands de Schumann le juge dans les termes suivants : « Il fut artiste dans l'âme et l'art seul exista pour lui. Il composait, non par caprice ou par besoin de gagner sa vie, mais parce que la musique était la langue dans laquelle seulement il pouvait exprimer ses sentiments. C'est cette nécessité de confier à ses œuvres toutes ses impressions, de quelque genre qu'elles fussent, qui l'a privé de la clarté qu exige l'art sérieux... Schumann était éminemment Allemand par l'idéalisme; ou sent en lui l'influence de Beethoven... S'il faut blâmer l'exaltation qui l'emporte souvent en dehors des règles, on ne peut méconnaître l'énergie ni les traits pleins de génie de ses tentatives. » Voici la liste de3 œuvres principales de Schumann. Théâtre : Geneviève, opéra en trois actes (Leipzig, 1848); cet ouvrage n'obtint que trois représentations à Leipzig et ne fut joué qu'une fois à Weimar; cet insuccès fut attribué à la faiblesse du livret pat les amis du compositeur, mais le caractère de la musique n'y fut pas étranger; Schumann, qui ne voulait pas du récitatif, qu'il prétendait trop vieux, l'avait remplacé par une sorte de cliant mesuré et languissant auquel il donnait le nom d'an'oso, c'est-à-dire air sans forme; Fttust, exécuté à Leipzig, à Dresde et k Weimar pour la fête séculaire de Goethe; succès complet et mérité; le Paradis et la péri, fantaisie poétique pour voix seule, chœur et orchestre, exécutée avec un brillant succès à Leipzig, dans toute l'Allemagne, en Hollande et en Russie, ainsi que les douze poëmes pour voix seule avec piano (œuvre 35) et les lieder à deux voix (op. 42). Musique instrumentale : Symphonie en ré mineur; Quintette pour piano, deux violons, alto et basse; Andante avec variations pour deux pianos; trois quatuors pour instruments à archet; symphonie en mi bémol, connue sous le nom de Symphonie rhénane, qui lui fut inspirée par la vue de la cathédrale de Cologne ; ouvertures de Jules César, Hermann et Dorothée, la Fiancée de Messine, le Fils du roi, la Malédiction du chanteur, le Bonheur de l'Eden, ballades, etc.

SCHUMANN (Clara- Joséphine Wieck ,

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dame), épouse du précédent, célèbre pianiste allemande, née à Leipzig le 13 septembre 1819. » Ses premières années, dit son biographe, Joseph de Wasiliewski, s'écoulèrent sans qu'il fût permis de prévoir le talent qui, plus tard, lui a fait une brillante réputation. L'étude de sa langue lui fut d'une extrême difficulté, ce qui, dans son enfance, était attribué à une certaine dureté d'oreille. » A l'âge de cinq ans, elle commença k apprendre le piano ; soumise à la lente méthode de son père, elle n'arriva que pas à pas à obtenir un talent réel. Son premier essai en public fut fait dans un concert donné le 20 octobre 1828 par une pianiste de Grtetz, nommée Mme Perthaler; elle y joua, avec la bénéficiaire, des variations de Kulkbrenner pour piano à quatre mains. Parmi les artistes qui visitaient Leipzig pendant l'enfance de Clara Wieck, Paganini fut celui qui l'impressionna le plus vivement. En 1831, elle accompagna son père à Weimar, Cassel et Franefort-sur-le-Mein. Les succès de la jeune virtuose ne commencèrent à avoir de l'éclat qu'à Berlin en 1837. o Mais ce fut surtout à Vienne, raronte M. Fétis, qu'elfe produisit, l'année suivante, l'impression la plus flatteuse. La. manière dont elle exécutait les œuvres de Beethoven charma le public. Ce fut le 16 avril 1839 que Clara Wieck lit à Paris une vive sensation dans le concert qu'elle donna chez Erard. On lui avait donné le conseil de s'y produire en virtuose par )a musique brillante de préférence aux œuvres classiques qui avaient fait ses succès à Vienne; elle suivit cet avis et, après un duo de piano et violon exécuté avec Bériot, elle joua la Sérénade de Schubert, arrangée par Liszt, une étude de Chopin, un scherzo de sa composition et le Caprice do Tlialberg, qui était le succès de Clara Wieck. En 1840, après avoir donné des concerts à Berlin et à Weiinar, elle épousa Robert Schumann, avec lequel elle rit, en 1844, un voyage en Russie, qui fut suivi d'un autre à Viennu en 1S46. La mort de son mari lui imposa l'obligation do rentrer dans la carrière active de virtuose pour fournir k l'existence et à l'éducation do ses enfants. En Allemagne, en Hollande et en Belgique, elle a retrouvé ses anciens succès ; il n'en a pas été tout à fait de même à Paris, L'admiration sans bornes qu'elle a pour la musique de Schumann n'est pas étrangère à la froideur qu'elle a trouvée: dans cette ville, car cette musique y est antipathique. Les connaisseurs rendaient justice au talent réel, puissant et consciencieux de ce compositeur; mais on lui reprochait de manquer de charme. Mmo Schumann se penche habituellement sur le clavier et a, pendant son exécution, des mouvements qui ne sont pas gracieux. Il n'en faut pas davantage pour ne pas trouver de sympathie chez un public tel que celui des concerts de Paris. » En revanche, cette virtuose obtint, en 1864, un très-grand succès à Saint-Pétersbourg. Voici la liste des principales œuvres de Mme Schumann : Concerto pour piano et orchestre (Leipzig); Trio pour piano, violon et violoncelle (Leipzig) ; quatre pièces caractéristiques pour piano seul (Leipzig) ; soirées musicales contenant une petite toccate, une ballade, un nocturne, une polonaise et deux mazourkas (Leipzig) ; Souvenir de Vienne, impromptu; variations sur une romance; variations de concert sur lacavatine du Pirate, opéra de Bellini; caprice en forme de valse; quatre polonaises; deux scherzo; six lieder à voix seule avec piano, etc. On trouve dans ces divers morceaux un sentiment mélodique assez remarquable et l'habileté d'un maître.

SCIIUMEGH, SCH1MEGH ou SI.MEGfl, en

hongrois Somogy, comitat de Hongrie, compris entre la Croatie-Esclavonie au S.-O., le comitat de Szalat au N.-O., dont le sépare eu partie le lac Balaton, le comitat de Veszprim au N.-E., de Baranya et de Tohia à l'E.; superficie, 6,580 kilotn. carrés ; 232,780 hali. Ch.-l., Kaposvar. Industrie agricole ; récolte de grains de toute espèce, principalement de froment et de maïs; vins, fruits, châtaignes, chanvre. Elève de bétail.

SCHU.YILA, ville de la Turquie d'Europe. V. Choumla.

SCHUPFHEIM , bourg de Suisse, canton do Lucerne, district et à 15 kilom. S.-O. d'Entlebuch, sur l'Emme; 3,207 hab. Eglise moderne d'une belle architecture. Vieille tour renfermant les archives du pays. Commercu de bestiaux.

SCHUPPACH (Michel), médecin empiriquo suisse, né à Biglen en 1707, mort en 1781. 1. n'avait appris la chirurgie et la médecine unu chez un paysan qui avait la réputation d un guérisseur. Schuppach, comme la plupart dot charlatans de cette espèce, lit un grand nombre de dupes. Les malades affluaient de la Suisse et tfe l'étranger. l>o grandes dames dii .Paris venaient à Langniu, dans l'Emmenthal, où demeurait le célèbre pseudo-médecin, pour recourir à sa prétendue science. « Cu qui fit le plus pour sa renommée, dit Micbaud, ce fut la fuedité avec laquelle il prétendait reconnaître par l'inspection de l'urine le genre de la maladie. Dès que cela fut connu, des messagers apportaient de tous les côtés à Langnau des fioles remplies d'urine et repartaient avec des ordonnances de Schuppach ; quelquefois quatre-vingts k cent fioles arrivaient en un seul jour. Voltaire l'appelait le médecin des urines. On s'adressait k

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t'Esculape de Languau pour toutes sortes de maladies, et la grande confiance qu'on avait en lui le secondait infiniment. Beaucoup de gens riches se mettaient au régime chez lui pour la belle saison. Il lui fallait un secrétaire, i.n interprète et un pharmacien. L'anecdote suivante prouve que ce docteur de village était un homme d'esprit. Un fermier hypocondre vint ie trouver pour être délivré de sept démons qu'il avait, disait-il, dans le corps. Schuppach, après l'avoir examiné et visité, lui dit très-gravement qu'au lieu de sept il en avait huit, dont l'un était le chef delà t>£.nde; qu'il se faisait fort de les expulser k raiscn d'un louis par tête, mais que pour le chef, plus difficile à expulser, il lui fallait deux lcuis. Le fermier trouva que ce n'était

f>as trop cher ; le traitement commença dès a lendemain. Schuppach fit approcher l'hyfiocondre d'une machine électrique, dont ceui-ci ne connaissait pas l'usage, et lui donna une ruce secousse en lui disant : En voilà un de parti. Le lendemain, même opération, et ainsi du suite jusqu'au huitième jour. Maintenant, dit Schuppach, il ne reste plus que le chef des diables à expulser. Celui-là fera un peu plus de façon. Ce jour, il donna au fermier ur e si rude secousse que le paysan en fut renversé. Pour le coup, lui dit le docteur, vous voilà délivré de tous vos diables. Le paysan le crut et s'en alla fort content, après avoir payé les neuf louis, que le médecin distribua t.ux pauvres. »

SCHUPPEN (Pierre van), graveur belge, né à Anvers en 1623, mort à Paris en 1707. Il était élève de Nanteuil et acquit par ses travau:; une réputation dont le bruit arriva aux oreilles de Colbert, Le grand ministre voulut doter la France des œuvres de cet artiste. Il rixaSehuppen à Paris, où l'éminent artiste passa la. reste de sa vie. Parmi les vingt-c nq portraits qu'a exécutés Schuppen, on recherche surtout ceux de Mazarin , d'après M gnard; de Louis XIV et du chancelier Séguier, d'après Le Brun ; de Van der Meulen, d'après Laigillièie; la Vierge à ta chaise, d'après Raphaël ; enfin une Sainte Famille, avec un beau paysage, d'après Crayer, — Jacques van Schuppen, son fils, né à Paris en 1669, mort à Vienne en 1751, fut peintre d'histoire et de portrait. Appelé à Vienne par l'empereur en 1716, il reçut le titre do peintre du cabinet impérial et de directeur de l'Académie impériale des beauxarts de Vienne,

SCHl'REN (Gert van der), chroniqueur du xve siè.'te. Il était secrétaire des deux ducs de Clèves, Adolphe et Jean. Il rédigea par ordre d^ ce dernier, en bas allemand, la chronique des comtes d'Altotia, de Clèves et de Marck. Taschenmacher, pour ia rédaction de ses Annales de Clèves, Juliers et Berg, et Steinen, pour celle de son Histoire de Westphalie, ont puisé beaucoup de faits dans la Chronique de Schuren. Ce n'est qu'eu 1824 que cetïe chronique a été pour la première fois imprimée. L édition est due au docteur L. Tross. Elle est intitulée : Chronik von Cleve und Mark (Hamm, in-8°).

SCHCRIG (Martin), médecin allemand, mort k Dresde en 1733. Il a écrit sur divers points de médecine et de chirurgie, mais principalement sur ceux qui se rattachent à ia génération et aux accouchements, une série de vastes monographies, dans lesquelles il a rassemblé une masse considérable d'observations puisées de toutes parts et résumé à peu près tout ce qui avait été fait avant lui. Quoiqu'il n'ait pas mis dans son œuvre toute la critique qu'on pourrait désirer, on ne peut contester néanmoins à ces recueils une véritable milité. Voici ia liste de ses principaux écrits : De hemopiysi (léna, 1688, in-4°) ; Spermatologia,seu desemine liumano, ejusque natura t'.t usu (Francfort, 1720, in-40) ; Chylologia, chyli humani seu sueci hominis nutiitii co'isidei atio physico-medico-forensis (Dresde, 1725, in-4°); Sialografia, seu salivas humons consider atio (Dresde, 1727, in-4o); Muliebria, morbori'.m genitalium muliebrium consideratio (Dresde, 1729, in-4°) ; Parthenotogia, hoc est virginililis consideratio (Dresde , 1729, in-4<>) ; Gynecologia (Dresde, 1730, in-4u) ; Syllepsiologia, hoc est eonceptus muliebris consideratio, de grav. dilate oera, falsa, occulta, diuturna, de graoidarum privilegiis (Dresde , 1731 , in-4<>), etc.

SCHURMANN (Anne-Marie de), femme savante, née à Cologne en 1607, morte k Wiewert, prés do Leeuwardeu (Frise), en 1678. Douée c'une vive intelligence, elle apprit le latin, le grec, l'hébreu, l'éthiopien et cultiva en même temps la musique, la peinture, la sculpture et la gravure. Elle parvint k exceller dins la sculpture en bois, et le peintre Hontho.st faisait si grand cas de son talent qu'il offrit jusqu'à 2,000 florins d'un de ses bustes sculpté en bois de palmier. Cette jeune fille extraordinaire excitait l'admiration des érudita de son époque, qui se mirent k entretenir ure correspondance avec elle; Mlle de Schurinanu leur répondait avec la même facilité en latin, en grec et en hébreu. Sa réputation te répandu à l'étranger, et la reine Christine, la duchesse de Longueville, la prince:, je Mûrie de Gonzague vinrent la visiter à Utrecht, où elle s'était retirée avec sa mère, comme le prodige du sexe féminin. Vers la fin de sa vie, elle se jeta avec ardeur dans le piétisine et offrit un asile chez elle

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au visionnaire Labadie, lorsque celui-ci, forcé de quitter Genève, se réfugia en Hollande (1666). On a même prétendu qu'ils contractèrent ensemble un mariage secret. Mlle de Schurmann avait alors cinquante - six ans. Voici les titres de ses principaux ouvrages : De vils humans termina, epislola ad Joarmem Beverovicium, dissertation datée d'Utrecht et imprimée avec quelques autres pièces sur le même sujet par Jean Bewerwyek (Leyde, 1639, in-4o). en latin eten flamand ; Dissertaiio de ingenii muliebris ad doctrinam et meliores lilteras aptiludine; accedunt epistols ejusdem. argumenti (Leyde, 1641, in-8°), traduite en français sous ce titre : Question célèbre, s'il est nécessaire ou non que tes filles soient savantes, agitée de part et d'autre par jl/Ue Anne- Marie de Schurmann, Hollandaise, et le sieur André Privet, Poitevin, le tout mis en français par le sieur Colletet (Paris, 1646, in-8°) ; Eucleria, seu metioris partis eleciio, brevem religionis de vitae ejus delineationem eoshibens (Alloua, 1673, in-8°); cet ouvrage a été écrit par l'auteur pour défendre son attachement à ia secte des labadistes; il contient aussi en partie l'histoire de Mlle de Schurmann; Opuseula hebrsa, grzca, latina, gallica, prosaica et metrica (Leyde, 1648 et 1650, in-8°); c'est un recueil de ses lettres et de ses poésies publiées par Fr. Spanheim ; on y trouve des lettres aux plus illustres savants et aux 'personnes les plus distinguées de l'époque.

SCHURTZFLE1SCI1 (Conrad-Samuel), philologue allemand, né à Corbach en 1641, mort en 1708. Il fit ses études à Giessen et à Wittemberg, parcourut ensuite l'Allemagne pour perfectionner ses connaissances et devint successivement professeur extraordinaire d'histoire à l'université de Wittemberg-, professeur de poésie, d'histoire, de grec, passa à la chaire d'éloquence et, sur la lin de ses jours, fut nommé conseiller bibliothécaire du duc de Weimar. On lui doit, entre autres écrits : Judicia de novissimis prudentix cioilis scriploribus (Leipzig, 1669, in-4<>) ; Epistolm selectiores (Wittemberg, 1712, in-8») ; F undamenla historis Germanix médise (Sneeberg, 1728, in-8°); Historia ecciesiastica (Sneeberg, 1744, iu-40).

SC11URTZFLE1SCH (Henri-Léonard), philologue allemand, frère cadet du précèdent, mort en 1723. Il succéda à son frère dans la chaire d'histoire à l'Académie de W'ittemberg et dans le titre de bibliothécaire du duc de Weimar. Ses principaux ouvrages sont :

Historia Ensiferorum ordinis Teutoniei Livonorum (Witteniberg, 1701, in-s"); Annus Romanus Julianus [Wittemberg, 1704); Epistola qua inter se conf'eruntur rationes Eusebii et marmores Arundelliani [1] (Wittemberg, 1705, in-4<>).

SCHCRZ (Charles), diplomate américain, d'origine allemande, né à Liblar, près de Cologne-sur-le-Rhin,en 1829. Il étudia la philologie et l'histoire k l'université de Bonn, se lia dans cette ville avec Iiinkel et prit part, en 1849, à l'assaut de l'arsenal de Siegbourg, à la suite duquel il se réfugia daus le Palatinat, puis dans le grand-ouche de Bade, où il s'enrôla parmi les insurgés. Fait prisonnier après la défaite de Radstadt, il parvint à s'échapper et gagna la Suisse, d'où il revint, vers le milieu de 1850, à Berlin, sous un faux nom et comme étudiant en médecine, dans le but d'y préparer avec l'aide d'amis riches et influents, de la baronne de Bruningk entre autres, l'évasion de Kinkel, qui réussit, en novembre 1850, à s'enfuir de la forteresse de Spandau. Schurz se rendit alors par Paris à Londres, où il se maria en 1852, et partit quelques mois plus tard pour l'Amérique. Fixé d'abord à Philadelphie, il s'établit en 1855 à Watertown, dans l'Etat de Wisconsin, et se mêla activement, surtout comme orateur populaire, aux événements politiques de l'époque. Il acquit la réputation du chef le plus éloquent et le plus influent du jeune parti républicain, dont le triomphe est dû en grande partie à sou initiative. Après son élévation à la présidence Lincoln le nomma ambassadeur en Espagne; Schurz se rendit à son poste eu juin 1861 ; mais, dès les premiers jours de l'année 1862, il revint combattre dans les rangs des adversaires des séeessionistes. Placé, avec le grade de général, sous les ordres de Sigel, il lit preuve d'une valeur, d'un sang-froid et d'une prudence remarquables à la seconde bataille de Bull-Run, k Chancellorsviile , k Gettysbourg et daDS différentes autres rencontres. 11 servit ensuite Sous Hooker dans le Tennessee et, jusqu'à la fin de la guerre, commanda une division; mais, malgré ses talents et son courage, il ne parvint jamais k une haute réputation militaire, parce qu'il n'était pas un soldat de profession et surtout parce qu'il avait toujours contre lui le souvenir de son influence comme homme politique. A la tin de la guerre, il entreprit, pendant l'été de 1865, sur l'ordre du président Johnson, qui ne s'était pas encore séparé des républicains, un voyage d'observation dans les Etats du Sud et présenta, sur leur situation sociale et politique, un rapport remarquable, dans lequel il exposaitd'une façon parfaite les maux que la guerre avait causés à ces contrées et les moyens d'y remédier. Johnson, dont les idées politiques avaient fait volte-face dans l'intervalle, chercha k étouffer ce rapport et, comme il ne put y parvenir, il tenta du inoins d'en atténuer la portée par un contre-rapport du général

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Grant, dont les remarques toutes superficielles ne firent cependant que mieux ressortir les observations de M. Schurz. Celuici alla s'établir, peu de temps après, à Détroit, dans le Michigan, où il fonda un nouveau journal républicain, la Poste de Détroit. Depuis 1867, il réside à Saint-Louis, où il est copropriétaire et corédacteur de la Poste de l'Ouest, l'une des feuilles allemandes les plus répandues et les plus influentes de cette région des Etats-Unis. M. Schurz est incontestablement l'un des orateurs les plus remarquables de l'Amérique du Nord , et ses succès tiennent surtout à ce que, dédaignant pour charmer ses auditeurs les moyens extérieurs, si puissants là-bas, il traite son sujet avec une clarté et une précision trèsgrandes, et qu'il maintient toujours ceux qui l'écoutent dans un ordre élevé d'idées, en leur représentant sans cesse les rapides progrès faits par le peuple américain comme dérivant immédiatement de son développement intellectuel. Ii a lui-même publié en anglais douze de ses discours les plus remarquables (Philadelphie, 1865).

SCHUSELKA (Franz), écrivain allemand, né k Budweis (Bohême) le 18 août 1811. Après avoir étudié le droit k Vienne , il s'établit avocat dans cette ville, et son début, paraît-il, fut peu brillant, car il se mita donner des ieçons particulières et accepta même une place de précepteur. Cependant, dès 1839, il se jeta dans la littérature; mais trois ans après les rigueurs, de la censure l'obligèrent de quitter la capitale de l'Autriche. Il partit alors pour Weimar, où il collabora aux journaux les plus avancés et publia plusieurs brochures, entre autres YAulriche est-elle allemande? qui passa pour l'œuvre du baron de Wèssemberg. Rentré en Autriche, il fut traduit devant les tribunaux pour une nouvelle brochure, intitulée la Question orientale ou russe (Hambourg, 1843), mais il parvint à se faire acquitter. Il se rendit alors à léna et y composa plusieurs ouvrages politiques. Il fut de nouveau cité à comparaître devant le tribunal criminel de Vienne, mais cette fois il se garda bien de se rendre k cette invitation, certain du sort qui lui était réservé. Il dut, en conséquence, quitter le duché de Saxe- Weimar et se rendit à Hambourg, où, de concert avec M. Ronge, il fonda l'Association des catholiques allemands, qui se scinda lorsqu'il se convertit au protestantisme. Au mois de mars 1848, M. Schuselka revint k Viennne; élu député au parlement de Francfort, puis à l'Assemblée nationale allemande, il se rit remarquer parmi les membres les plus avancés du parti radical et fut nommé , lors de la révolution d'octobre, rapporteur du comité de sûreté. Lors de la dissolution de la diète de Kremsier, il fut exilé de nouveau et interné dans sa propriété de Gainfarm. En 1852, ayant obtenu l'autorisation de quitter le lieu de son internement, il se retira k Bade, mais au bout de deux ans il revint en Autriche. Etroitement surveillé, Schuselka se vit en butte k toutes sortes de tracasseries. Il n'eu publia pas moins un journal, intitulé la Réforme, dans lequel il soutint avec chaleur les idées fédéralistes, fut poursuivi à diverses reprises pour ses articles, subit plusieurs condamnations et se vit privé de ses droits civiques (1863). Elu député quelques années plus tard, il a pu siéger k la diète, grâce à une amnistie spéciale que lui a accordée l'empereur François-Joseph. Parmi les écrits de ce vigoureux publiciste, nous citerons : la Guerre des jésuites contre l'Autriche et l'Allemagne (Leipzig, . 1845); la Nouvelle Eglise et l' ancienne politique (Leipzig, 1846); un roman, Karl Gulherz (Vienne, 1846), qui a été favorablement accueilli ; Progrès et réaction en Autriche (Hambourg, 1847); Allemand ou Russe, brochure; le Sort de la Turquie et les grandes puissances (Leipzig, 1853J; Politique delà Russie, tableaux historiques (Dresde, 1854, 2 vol.); V Autriche et la Ilussie (1855) ; la Prusse comme grande puissance (1855); Fragment de l'histoire de Russie (Dresde, 1857), etc.

SCHCSSENRIED, village du Wurtemberg, cercle du Danube, bailliage et à 12 kilom. N.-O. de Wuldsee, sur la Schussen, affluent du lac deC'onstance; 872 hab. Forge à fer. Beaux bâtiments d'une abbaye de bénédictins fondée en 1183 et. supprimée en 1803. Aux environs, vastes tourbières exploitées.

SCHUSTER (Gottwald), médecin allemand, né à léna en 1701, mort a Chemnitz en 1785. Il étudia la médecine d'abord à Altenbourg, puis à Leipzig, et fut nommé par le prince de Sohœnbourg médecin pensionné de la ville et du canton de Penig. En 1726, il prit son grade de docteur à l'université de Leipzig; l'année suivante, il eut le physicat de Chemnitz. Ses ouvrages, écrits avec plus d'érudition que de goût, sont surtout relatifs à la médecine légale. Nous donuons la liste des principaux : De requisitis medici practici essentialibus (Leipzig, 1731, ui-4»); À/ydrocardiologia sive dissertaiio medico-theotogico-legalis de liquore pericardii (Chemnitz, 1740, in-4°) ; Hydrologia mineralis medica (Chemnitz, 1746, iu-S°j; Schola Salernitana (Leipzig, 1750, in-8°) ; Observationes therapeutiae (Leipzig, 1755) ; Judicium medicum de denegato cougressu; Medicinisches Journal (Chemnitz.

SCHUSTER (Ignace), acteur comique et

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compositeur de musique allemand , né à Vienne en 1779, mort en 1835. Il débuta comme acteur sur le théâtre de Vienne en 1801 et fut goûté du public et bientôt considéré comme le premier acteur comique de la capitale. Après avoir joué pendant longtemps les principaux, rôles des comédies - farces , Schuster joua avec le même succès, à partir de 1812, les principaux rôles de comédies d'un genre plus relevé, tels que le Bourgeois de Vienne, dans laquelle il jouait le rôle de Stabert, et plusieurs autres pièces de Bœurte et de Charles Meisle. La renommée de Schuster se répandit bientôt au loin ; il fut appelé sur les scènes des principales villes de l'Allemagne et joua partout avec le même succès. Il chantait aussi aveo beaucoup de talent. Il a composé la musique d'un grand nombre d'opérettes.

SCHCT (Corneille), peintre et graveur hollandais, né à Anvers en 1590, mort en 1655. Il était élève de Rubens. On cite de lui : l'Assomption de ta Vierge, le Christ mort sur les genoux de sa mère et le Martyre de saint Georges (Anvers). On possède aussi de cet artiste un assez grand nombre de gravures.

SCHUTT, nom de deux contrées insulaires de la Hongrie. La première, appelée grande Ile de Schutt, dans les comitats de Presbourg et de Komorn, est formée par un bras du Danube et la Vaag; la seconde, petite lie de Schutt, dans le comitat de Wisselberg, est comprise entre un bras du Danube et laRaab.

SCHUTZ (Chrétien-Godefroy) , philologue allemand, né à Duderstadt en 1747, mort en 1832. Successivement professeur de mathématiques a l' Académie des jeunes nobles de Brandebourg, inspecteur du séminaire théologique de Halle et professeur (1776) à l'université de cette ville, il fut appelé, en 1779, à la chaire de poésie et d'éloquence d'ièna, fonda dans cette ville, avec Wieland et Bertuch, le Journal universel de littérature et revint en 1804 à Halle, où il prit, en 1807, 'la direction du séminaire philologique et où il fonda, avec Ersch, le Journal littéraire de Halte, dont il conserva jusqu'à sa mort la rédaction en chef. Autant par ses écrits que par ses cours, il exerça une heureuse influence sur l'étude des littératures anciennes et forma un grand nombre d'excellents élèves, entre autres F. Jacobs et Creuzer. Outre des éditions d'Eschyle (Halle, 1782-1794, 2 vol.), des Lettres de Cicéron (Halle, 1S09- 1812, 6 vol.), des Œuvres complètes de cet orateur (1814-1820, 20 vol.) et d'Aristophane (Leipzig, 1821, 2 vol., avec traduction), on a de lui : Sur le génie et les écrits de Lessing (Halle, 1782); Uoctrina particularum grxcarum (Dessau, 1782), extrait revu et amélioré de l'ouvrage de Hoogeven ; Doctrina particularum lingits latina (Dessau, 1784) ; Opuscula phitotogica et philosophica (Halle, 1830). Son fils (v. l'article suivant) a publié après sa mort un ouvrage qui ne renferme que sa correspondance, quoiqu'il soit intitulé C.-G. Schutz, tableau de sa vie, de son caractère et de son mérite (Halle, 1834 , 2 vol.).

SCHOTZ (Frédéric-Charles-Jules) , historien allemand, fils du précèdent, né k Halle en 1779, mort en 1844. 11 fit ses éludes k léna, fut reçu en 1801 agrégé à Halle et y devint en 1804 professeur extraordinaire de philosophie. En 1811, après la mort de sa première femme, il se remaria avec l'actrice Hœndel, qui prit alors le nom de Hœndel- Schutz et avec laquelle il fit de longues excursions artistiques. Il revint en 1818 reprendre à Halle sa chaire de philosophie, la résigna plus tard et finit par se séparer de sa femme. On cite parmi ses ouvrages : Histoire de la république de France (léna, 1802 ; 180S, 2e édit.) ; Munuel de l'histoire de Napoléon 1er (Leipzig, 1810); Fleurs choisies de l'album de l'artiste mimique allemande Hxndel-Sdmtz (Leipzig, 181 i); Plan d'une histoire de la réootution française (Halle 1820); la Philosophie de Gœ//ie'(Harabourg', 1825-1827, 7 vol.).

SCHCTZE (Jean-Etienne), poète et littérateur allemand , né k Olvenstœdt , près de Magdebourg, en 1771, mort en 1839. Il fut élevé en partie a l'école de Kloster-Bergen, où il se lia étroitement avec Charles Jariges, dont il fut encore le condisciple aux universités d'Iéna et de Halle. Apres avoir exercé quelque temps les fonctions de précepteur, il alla en 1804 s'établir k Dresde, puis à Weimar, où il écrivit sous ce titre : le Poêle et sa patrie, projet d'une fêle mortuaire pour tous les poètes qui sont déjà morts et qui doivent encore mourir (Leipzig, 1807) , une comédie qui obtint les applaudissements de la duehesse Amélie, de Goethe et de Jean-Paul Richter, mais qui fut accueillie avec froideur parle public. Plus tard, Schutze devint conseiller aulique du duché de Weimar. On a encore de lui : Essai d'une théorie de ta poésie (Magdebourg, 1802) ; les Journalistes, comédie qui n'obtint aucun succès (Leipzi" 1807) ; Voyage aventureux de Weimar à Carîsbad (Leipzig, 1810; 1825, 2e édit.); Pensées et saillies pour la vie et pour fart (Leipzig 1810) ; Poésies (Leipzig, 1810) ; le Prince invisible (Leipzig, 1812, 3 vol.); la Terre des merveilles (Hambourg, 1812); Voyage humoristique à travers le Mecklembourg, lejlolstein, te Danemark, etc. (Hambourg, isi2) -, Essai d'une théorie du comique (Leipzig, 1818); Joyeux entretiens (Leipzig, 1829 J ;

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Poésies graves et badines (Berlin, 1830) ; Autobiographie (1834, 2 vol.), etc. Il avait, en outre, écrit un grand nombre de nouvelles auxquelles le public fit un excellent accueil, et qui parurent dans l'Album de l'amour et de l'amitié, qu'il rédigea de 1814 à 1835 ; dans le Journal de la littérature, de l'art, du luxe et de la modet qu'il avait lui-même fondé, ainsi que dans plusieurs autres recueils littéraires.

SCHUTZEMBERGER (Georges - Frédéric), jurisconsulte et homme politique fr»nç;tis, né à Strasbourg en 1779, mort en 1859. Il fit ses études de droit dans sa ville natale, où il passa son doctorat, puis devint professeur suppléant de droit administratif. Devenu maire de Strasbourg sous Louis-Philippe , il représenta cette ville comme député de 18-Ï2 à 1846 et reprit, k partir de ce moment, renseignement du droit. Outre un certain nombre de brochures sur des matières juridiques, on lui doit : Etudes de droit public (1837, in-8<>) ; les Lois de l'ordre social (1849-1SÔ0, 8 vol. in-80); Condition civile des étrangers en France (1852, in-8°).— Son (ils, M. F«ul Schutzembergkr, né à Strasbourg en 1827, a étudié la médecine, puis s'est particulièrement occupé de chimie. Après avoir passé son doctorat, il a été chargé de professer la chimie à l'Ecole supérieure des sciences de Mulhouse, puis est devenu directeur adjoint du laboratoire de chimie de la Sorbonne. On lui doit, entre autres ouvrages : Chimie appliguée à la physiologie animale, à la pathologie et au diagnostic médical (1864, in-S°); Sur le râle de l'acide hypochloreux en chimie organique (1871 , in-8°j ; les Fermentations (1875, in-8°), ouvrage remarquable.

SCHUYXER (Philippe), major généra! américain, né en 1731, mort k Albany en 1804. Officier supérieur à l'époque de l'insurrection des colonies anglaises d'Amérique, il adhéra à ce mouvement et reçut en 1775, avec Montgommery, le commandement d'un petit corps d'insurgés destiné k chasser les Anglais du Canada. Lu maladie empêcha Sehuyler d'assister au dénoùment de cette expédition. En 1777, il reçut le commandement de l'armés du Nord contre Burgoyne. Le général américain évita de livrer bataille à son adversaire. Cette stratégie le rendit suspect à ses concitoyens et le rit révoquer. Lu conduite de Sehuyler dans cette campagne fut l'objet d'une enquête. Sehuyler réussit k se disculper. Néanmoins, il dut quitter définitivement l'année. Il entra dans le congrès de New- York et fut élu sénateur en 1789.

SCHUYLKILL, rivière des Etats-Unis d'Amérique, dans l'Etat de Pensylvanie. Elle sort du versant oriental des monts Alleghany, baigne le bourg de son nom, Reading, Philadelphie, et se jette dans la Delawure, à 9 kilom. en aval de cette dernière ville, après un cours de 225 kilom.

SCHUYLKILL - HAVEN , bourg des Etats- Unis d'Amérique, dans l'Etat de Pensylvanie, entre Reading et Philadelphie, sur le Sehuylkill; 3,000 hab. Commerce actif ; exportation de houille,

SCHUYT s. m. (chu-itt). Mar. Espèce de barque hollandaise.

SC11YVAÀN, ville de l'Allemagne du Nord, dans le grand-duché de Meekleuibourg-Sehwerin, cercle et a 15 kilom. N.-O. de Gustrow, sur la Warnow et le chemin de fer de Schwerin à Rostock; 2,322 hab.

SCHWAB (Jean- Christophe), écrivain allemand, né ù Stuttgard en 1743, mort dans la mèine ville en 1821. 11 est principalement connu dans le monde littéraire par une Dissertation sur les causes de l'universalité de la tangue française (en allemand), couronnée k Berlin en 1784 et traduite en français par D. Robelot (Paris, 1803, in-8°). Il avait été dans ce concours l'heureux rival de Rivarol. Schwab prit goût aux palmes académiques et en remporta quelques aulre3; mais sa Dissertation sur l'universalité de la langue française est restée son principal titre littéraire. Ses attaques contre la philosophie de Karit sont d'un intérêt médiocre et ne produisirent aucun efl'et. Schwab était conseiller royal de l'instruction publique à Stuttgard , membre des Académies de Suint- Pétersbourg et de Berlin et de la Société des sciences de Harlem.

SCHWAB (Gustave- Benjamin), poète allemand, fils. du précédent, né k Stuttgard en 1792, mort en 1847. Il occupa ia chaire de littérature ancienne nu gymnase de sa ville natale en 1817 et fut guidé par Ohland dans la carrière poétique. On lui doit : des Jtomances et des Légendes (1823, 2 vol. in-8°); des Poésies (1829, 2 vol. in-8*); des "traductions allemandes des Méditations de Lamartine, de Napoléon en Egypte, etc.

SCHWAB (François-Marie-Louis), musicien et critique français, né à Strusbouig en 1832. Il n'a jamais quitté sa ville natale et s'est fait en province uue position exceptionnelle, tant par son talent et ses aptitudes variées comme compositeur que par la justesse et la finesse de ses jugements comme critique. Après avoir fait exécuter à Strasbourg des ouvertures, morceaux, de chant, etc., il aborda le théâtre en 1858 et rit représenter la Nuit, tous J es chats sont gris, opéra-comique eu deux" actes, paroles de M. Philippe Mutée, qui fut accueilli avec une faveur marquée et qui se distinguait par l'abondance, l'origina-

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lité des mélodies et par le charme de l'instrumentation. Quelque temps après, il écrivit une messe à grand orchestre. En 1861, .il a cîonné au théâtre da Bade les Amours de Sylvio, opéra- comique en un acte, paroles de MM. Jules Barbier et Michel Carré ; cet ouvrage a été repris ensuite k Strasbourg avec un très-grand succès. En 1863, il a composé, pour le grand festival de cette ville, la musique d'une grande cantate, les Voix de la lyre, dont les vers avaient été écrits par Méry. Enfin, le 9 août 1867, les élèves du lycée du Strasbourg exécutaient, pour la distribution des prix de cet établissement, un petit opéracomique en un acte, les Deux consultations, paroles de M. Gramard, musique de M. Schwab. Nous ne parlons pas d'un certain nombre de fantaisies pour orchestre , écrites par M. Schwab pour les concerts de Bade ; mais il nous faut signaler une seconde messe solennelle avec orchestre, composée par cet artiste pour la fête anniversaire du grandduc de Bade et exécutée dans l'église catholique de cette ville le 9 septembre 1866.

M. Fr. Schwab a rédigé longtemps le feuilleton musical du Courrier du Bas-Rhin, et s'y est fait remarquer par son grand sens musical et son expérience. Il a donné aussi do nombreux articles à l'Illustration de Bade, ainsi qu'à la Revue et Gazette musicale de Paris, k la France musicale et au Messager des théâtres et des arts.

SCHWADACH, ville de la Bavière, cercle de la Franconie moyenne, à 19 kilom. S.-O. de Nuremberg, sur la petite rivière de môme nom; 9,500 hab. Industrie active; fabrication de passementeries d'or et d'argent, aiguilles à coudre et k tricoter, papier, tabac; manufactures d'indiennes, brasseries. Une colonie de Français émigrés vint se fixer à Schwabach en 1686.

SCHWABE (Jean-Gottlob-Sarauel), philologue allemand, né k Niederrosla en 1746, mort en 1835. Ses études k l'université d'Iéna furent très-brillantes ; ses professeurs s'intéressèrent à lui et lui firent obtenir un emploi k la bibliothèque du duc de Weimar ; il devint plus tard directeur de l'école latine de Buttslœdt et, sur la fin de ses jours, fut nommé eorecteur du lycée de Weimar. Parmi ses principaux ouvrages, on cite : Notice historique sur les monuments relatifs d Zuj/ier (Weiiiiar, 1817) ; des Poésies et des Traductions de Tliéocrite et de Pline le Jeune.

SCHWABÉA s. f. ( choua - bé - a — de Schwab , botan. allem.). Bot. Genre de plantes, de la famille des acanthacées, comprenant plusieurs espèces qui croissent dans l'Afrique tropicale.

SC1IWABEN, nom allemand de la Socabb.

SC11WAED1SCH-HALL, ville du Wurtemberg. V. Hall.

SCHW^CHAT ou SCHWECHAT, bourg de l'empire d'Autriche, dans la basse Autriche, cercle et à 13 kilom. JS.-E. de Vienne, sur une petite rivière de son nom; 2,728 hab. Brasseries; manufactures d'indiennes. Près du bourg, uue petite colonne indique le lieu où Sobieski vint camper en 1683.

SCHWJEGRICHÉNIE s. f. (choué-gri-chénî — de Schutsgrichen, botan. allem.). Bot. Syn. d'ANioosANTHU et de hedwigib.

SCHWALB (Maurice), théologien protestant allemand, né a Munich (Bavière), de parents israélites, le 16 novembre 1833. Etant venu à Paris, il entra en relation avec des ministres luthériens, se convertit au christiauisme en 1849 et se voua à la carrière pastorale. Elevé dans la plus stricte orthodoxie, il vit ses idées se modifier graduellement à mesure qu'il avança dans 1 étude des sciences religieuses. Un voyage en Allemagne, ou il rencontra le savaut théologien Richard Rothe, ne contribua pas peu k ce développement religieux, activé encore par l'exercice des fonctions pastorales kAnduze (Gard) et à Haguenau (Bas-Rhin) de 1858 à 1864.

Une thèse de licence eu théologie, Etude comparative des doctrines de Melanchthon, Zwingle et Catoin, le signala eu 1859 comme Un des adeptes les plus avancés de ht nouvelle école protestante. Nommé pasteur auxiliaire k Strasbourg et secrétaire du la Revue de théuiogie, M. Sehwalb publia divers travaux qui décèlent une connaissance approfondie des sciences religieuses, entre autres celui qui a pour titre : Luther, ses opinions religieuses et morales pendant la première période de la lié forme (Strasbourg, 1865). Cet ouvrage lui a valu les Colères du parti conservateur de l'Eglise de la confession d'Augsbourg.

SCHWALBACH, ville de Prusse, dans l'ancien duché de Nassau, sur le versant septentrional du Taunus, à 15 kilom. N.-O. de Wiesbaden; 2,000 hab. Schwalbach n'est pas une ville k proprement parler, bien que, depuis 1819, elle en ait le titre. Comme un grand nombre de stations thermales, elle ne se compose guère que d'hôtels, de maisons garnies et d'habitations particulières. Elle est située au fond d'un vallon entouré de collines; ia saisou des bains n'y commence qu'au mois de juin et finit au mois d'août. Malgré le voisinage de Wiesbaden, Schwalbach compte chaque année environ 2,000 baigneurs. La ville cependant n'otïre aucun détail pittoresque et les environs sont loin de racheter cette pauvreté de sites. Les seules excursions per-

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mises aux touristes consistent dans l'ascension des collines dont nous avons parlé et dans la visite du château de Hohenstein , ancienne forteresse féodale détruite pendant la guerre de Trente ans. Les principales sources de Schwalbach sont au nombre de trois. 1° La plus anciennement connue, dite le Weinbrunnen (fontaine du vin) , est ainsi nommée à cause de la saveur spéciale que donne à ses eaux l'acide carbonique. 2<> La Paulinenbrunnen (fontaine de Pauline), découverte seulement en 1828, et qui doit son nom k la grande-duchesse de Nassau, qui fut une des premières à la mettre à la mode, a les eaux moins chargées de fer que celles des autres sources ; mais elles contiennent, en revanche, plus de nitre et d'acide carbonique. Elles sont d'une digestion facile et d'une saveur agréable. La Paulinenbrunnen est séparée du Weinbrunnen par une prairie qui est le plus ordinaire rendez-vous des baigneurs. 3° La Stahlbrunnen (ou fontaine d'acier), découverte en 1740 par un médecin de Wetzlar, contient encore inoins de fer que la précédente; seulement, étant moins chargée d'acide carbonique, le goût du fer y est beaucoup plus sensible. Elle est séparée par une colline des plaines où se trouvent le Weinbrunnen et la Paulinenbrunnen. A ces trois sources, qui sont, comme nous l'avons dit, les plus importantes de Schwalbach, il faut ajouter les suivantes, jusqu'ici assez peu utilisées : la Neubrunueu, l'Ehrbrunnen et le Rosenbrunnen.

Les eaux de Schwalbach peuvent se prendre en bains, mais se boivent de préférence. La dose quotidienne varie entre cinq et huit verres. L établissement des bains et douches, parfaitement aménagé , a été construit en 1829. Les eaux des trois sources que nous avons décrites y sont amenées aux divers étages chauffées artificiellement, leur température naturelle ne dépassant pas 10° centigrades. Les eaux de Schwalbach sont généralement recommandées aux tempéraments affaiblis. Elles passaient jadis pour jouir d'une propriété précieuse que le docteur Constantin James relate en ces termes : « On les croyait, dit-il, si efficaces contra la stérilité que les bourgeois de Francfort avaient ia précaution de stipuler dans leurs contrats de mariage que leurs femmes n'iraient pas plus de deux fois en leur vie aux eaux de Schwalbach, de peur qu'elles ne devinssent trop fécondes.» Les eaux de Schwalbach sont transportables et s'expédient chaque année, tant en Allemagne qu en France, dans la proportion de 40,000 cruchons environ.

SCHWALBÉE s. f. ( chouat - bé — de Schwalb, médecin holland.). Bot. Genre de plantes, de la famille des personnées, tribu des rhinanthées, dont l'espèce type croit dans la Caroline du Sud.

SCHWALHE1M, village de Prusse, province de Hesse, près de Nauhe'un, sur la Wether ; 480 hab. Sources minérales et bains.

SCHWAN (Chrétien-Frédéric), littérateur et libraire allemand, né à Prenzlau en 1733, mort en 1815. Tour k tour étudiant en théologie à Iéna, précepteur et correcteur d'imprimerie à Saint-Pétersbourg , il quitta la Russie à la mort de l'impératrice Elisabeth et se retira d'abord en Prusse, puis en Hollande, où il publia ses Anecdotes russes ou Lettres d'un officier allemand (La Haye, 1664), qui soulevèrent une telle curiosité en Russie que l'auteur jugea prudent de quitter la Hollande. A Francfort, où il se rendit alors, il fonda, sous ces titres : l'Invisible et Nouveaux extraits des meilleurs journaux hebdomadaires et mensuels de l'étranger, deux recueils hebdomadaires qui furent accueillis avec faveur. Ayant épousé en 1765 la fille d'un libraire de Manheim, qui lui céda son établissement, il ne s'occupa plus que d'encourager k Manheim le goût des belles-lettres et fonda dans ce but le journal les Tablettes, qui parut de 1774 k 1778. Il s'efforça aussi, en écrivant lui-même des pièces ou à l'aide de traductions, de transformer le théâtre français de cette ville en un théâtre allemand et réussit à faire adopter à. l'électeur Charles-Théodore l'idée de cette transformation. Ce fut lui qui mit Schiller en relations avec le baron de Dalberg et qui édita Fiesque et Cabale et amour du jeune poBte. Outre son ouvrage principal, un Dictionnaire de la langue allemande-française et française -allemande (Manheim, 1782-1798, 7 vol.), dont il fit plus tard lui-même un abrégé qui fut publié par Cotta (Tubingue, 1807, 4 vol.), il faut encore citer les Descriptions des principaux ordres religieux et laïques ,1'un des plus beaux livres qu'il ait édités.

SCHWANBECK, orientaliste et géographe allemand, né k Falkenbourg en 1821, mort k Cologne en 1850. Il a publie deux ouvrages très-estimés sur la géographie de l'Inde i De Megasthene rerum Indicarum scriptore (Bonn, 1843); le Grec Mégastltène sur l'Inde (Bonn, 1846, in-8°), en allemand. On a, en outre, de Sehwanbeek : Notices sur le$ géographes grecs (dans le Rheinisches Muséum de Bonn, 1847) ; Sur les sources de l'Evangile de saint £uc(Darmstadt, 1847); Sur le? actes des apôtres et leurs sources (Bonn, 1818).

SCHWANDEN, ville de Suisse, canton et & 6 kilom. S. de Clans, au continent de la Linth et de la Sei-iift; 2,350 bab. Sur une colline voisine, ruines du château de Benzingen, dont

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le dernier propriétaire, le baron Burkard de Schwanden, est devenu célèbre par ses malheurs.

SCHWANNIA s. m. (choua -ni -a — da Schwann, botan. allem.). Bot. Genre d'arbrisseaux, de la famille des malpighiacées, comprenant plusieurs espèces qui croissent au Brésil,

SCHWANTHALER (Louis-Michel), célèbre sculpteur allemand, né ii Munich en 1S0S, mort dans lu même viile le 15 novembre IS4S. Il était fils du sculpteur François Schwanthaler, mort en 1821. Elève de l'université de Munich, il y fit preuve des plus heureuses dispositions artistiques et attira sur lui l'attention de Cornélius, puis celle du roi de Bavière , qui dès lors commanda au jeune homme quelques travaux. En 1826, Schwanthaler fit un court séjour à Rome. De retour à Munich, il y ouvrit un atelier. Ses premiers ouvrages importants furent deux bus-reliefs : Achille combattant dans le Scamandie et le Combat sur les navires auprès de Truie, une statue, de Shulcspeare pour le théâtre et une Bacchanale destinée à orner la salle k manger du palais du duc Maximilien. En 1832, Sehwanthaler se rendit une seconde fois à Rome pour y préparer des projets d'ornements pour le palais Walhalla de Munich. Il resta deux ans a Rome et, de retour à Munich, il exécuta des bas-reliefs dont les sujets étaient puisés dans les hymnes de Pindare et une frise empruntée aux mythes relatifs k Vénus, et placée dans l'étage supérieur du palais royal. En 1835, Schwanthuler fut nommé professeur à l'Académie de Munich. Il redoubla d'activité et de génie et lit jusqu'à su mort un nombre considérable de statues, bas-reliefs et modèles dont les principaux sont : trente statues colossales qui ornent le Walhalla de Munich ; le modèle d'une statue colossale de la Bavière, haute de 18 mètres; celui d'un groupe destiné k orner le palais de l'exposition ; douze statues offrant l'image des ancêtres de la maison de Wittelsbach ; le modèle en plâtre du monument élevé k l'occasion du canal qui joint le Mein au Danube ; la statue en marbre de l'empereur Rodolphe, destinée à la cathédrale de Spire; le modèle de la statue de Jean-Paul , de celle du chancelier Von Kreitmayer, du Bouclier d'Hercule, d'après la description d'Hésiode ; douze statues de dieux et de héros dans le château neuf de V\ iesbaden; les modèles des deux grands monuments de bronze élevés en l'honneur du grand-duc Louis de Hesse et du grand-duc Louis de Bade ; la statue de Mozart, placée kSalzbourg; un beau groupe en marbre représentant Cerès et Pruserpine, k Berlin ; le modèle d'une statue colossale de Goethe, élevée à Francfortsur-le-Meiii ; enfin, des esquisses destinées à, une série de travaux relatifs k la guerre de l'indépendance de la Grèce.

SCHWARTS ou SWARTZ (Jean) , peintre hollandais, né à Groningue vers 1480. On ignore le nom de son maître ; toutefois, on pense qu'il apprit les éléments de son art sous la direction de Si'horel. Si'hwarts voyagea en Italie et revint se fixer dans son pays natal. Ses ouvrages sont fort rares, et le musée du Louvre ne possède de lui que deux Paysages peints d'une chaude et large manière.

SCHWAUTS ou SCMWàRTZ ( Christophe) , peintre allemand, né k Ingotstadt en 1550, mort k Munich en 1594. Ses études préliminaires terminées, il se rendit en Italie pour perfectionner son talent, entra dans l'atelier du Titien et, après un séjour de plusieurs années k Venise, revint dans son pays natal où ses œuvres excitèrent un tel enthousiasme, que l'auteur fut surnommé le Hapiinël «le l'Allemagne. Ses principales compositions décorent le palais et les églises de Munich ; on cite comme son chef-d'œuvre Jésus portant la croix.

SCIIWARTZ (Berthold), bénédictin ou cordelier allemand du xive siècle, auquel on attribue l'invention de la poudre à canon. H naquit selon les uns à Fribourg (Brisgau) , selon d'autres k Cologne. Suivant une tradition, il vendit son secret aux Vénitiens, qui employèrent ce terrible agent en 1380, au siège de Chioggia, contre les Génois, et firent ensuite mourir l'inventeur pour se dispenser de lui payer la récompense promise. Mais le manque de renseignements positifs sur Schwartz rend à peu près insoluble cette question tant de fois déoattue.

SCHWARTZ (Matthieu), bourgeois d'Augsbourg, né en 1497, mort vers 1560. La Bibliothèque nationale de Paris possède de lui un manuscrit qui devrait avoir vu le jour depuis longtemps. Dans cette œuvre, écrite de sa propre main, sont peints par lui-même les différents costumes, au nombre de cent trentesept, qu'il a portés depuis le jour de sa naissance jusqu'il sa mort. Il commence son livre par le costume qu'il portait le 20 février 1520, anniversaire de sa naissance; puis il raconte naïvement, dans un style plein de bonhomie, comment lui est venue l'idée, qu'il met sur-lechamp k exécution, de se peindre sous tous les costumes qu'il a portés jusqu'alors et qu'il portera k l'avenir. « Aujourd'hui, écrit Matthieu Schwartz, je suis entré dans ma vingttroisième année. Mon vêtement était celui qui est peint ci-dessus. J'ai passé toute la journée dans la compagnie de quelques vieilles gens et leur conversation m'a procuré ua

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vif p.aisir. Entre autres sujets de causerie, nous en sommes venus à parler des modes et des changements qu'elles subissent presque chaque jour. Quelques images des costumes portes il y a trente, quarante et cinquante ans ont passé sous nos yeux et nous ont étomés par leur singularité. Aussitôt j'ai formé le projet de peindre aussi les miens, afin :îe voir ce qu'il en pourrait advenir au bout de cinq ou de dix ans, ou même de plus. Je ire suis mis à l'insiant même à l'œuvre et je ctminenee par mon costume de ce jour. » Il explique ensuite qu'il s'est adressé aux souvenirs de sa famille et de ses amis pour peindre leurs différentes toilettes depuis sa naisiance jusqu'à l'âge de raison. A partir de cettti époque (il indique lui-même l'âge de quatorze ans et le onzième portrait), ses souvenirs lui ont suffi et il n'a plus eu besoin d'aice. Après le portrait de l'auteur viennent à la seconde page ceux de son père, Ulrich Schwartz, d'Augsbourg, et de sa mère,

Il'sst curieux de suivre Matthieu Schwartz dans les diverses phases de sa vie, ou plutôt sous ses nombreux costumes. Le texte explicatif qui accompagne chaque portrait indique, avec un soin minutieux, l'âge où il s'en est îevêtu, et souvent, la circonstance pour laquelle il en a pris un nouveau. Son volume aborde en renseignements intimes et en détails de la vie privée ou même publique, qui ne manquent pas d'intérêt réel pour quiconque veul connaître les mœurs, les usages et les habitudes de cette époque. Aucun des événements remarquables de sa vie simple et bourgeoise n'est oublié dans cette longue galerie : les jours de son enfance, ses études, ses voyages à Milan, à Venise et dans le Tyrol, son admission dans la maison Purger pour y faim son apprentissage commi-reial, ses leçon;, de danse, d'escrime et de tir à l'arc, la mort de son père, les mariages et les décès de ;es amis et connaissimces, sa première barbe, ses parties de traîneau , les entrées à Augsbourg et à Inspruek des empereurs Charles-Quint et Ferdinand, la diète de 1530, son mariage le l«r mai 153S, ses prises d'urines comme milicien, ses maladies et les soins de ses trois enfants. Le dernier portrait représente Matthieu Schwartz à l'âge de soixante-trois ans et demi et vingt-cinq jours, le 13 septembre 1560. Vêtu de noir, il aeeompagie à sa dernière demeure son ancien patron, Antoine Fugger, de bienheureuse mémoire, suivant son expression. 11 ne tarda sami doute pas à le rejoindre lui-même, puisque là se termine la collection qu'il a continuée avec tant de persévérance pendant plus de i uarante années et qui est restée un des documents les plus curieux, de la variété des cosiumes d'hommes au xvie siècle.

SCHWARTZ (Marie-Sophie Biratk, dame), romancière suédoise, née à Boroes en 1819. Restée de bonne heure orpheline, elle reçut une excellente éducation "dans la maison d'ui. de ses parents et se rendit plus tard à Stockholm dans l'intention de s'y livrer à l'étude de la .peinture. En 1830, elle épousa dans cette ville le professeur de physiologie Gu: tave-Magnus Schwartz, qui affichait un profond mépris pour toute occupation artistique et qui ne permit à sa femme qu'en 183" de débuter dans le roman par une nouvelle intitulée Fcertalet et publiée sous les initiales M. S. S. Son mari étant mort en 1858, elle put alors se consacrer tout eut ère a la littérature , et elle a fait preive, depuis cette époque , d'une fécondité vraiment prodigieuse. Ses premières ceuvres, que distinguent de fines observations et in remarquable talent d'expoiition, se répandirent rapidement, non -seulement en Suéde, mais encore à l'étranger et surtout en Allemagne, où il en parut simultanément plusieurs traductions. Ses Œuvres complétas, qui furent publiées à Leipzig par 1 Krt tzscliinar, comptaient 44 volumes en 1860. Les compositions les plus remarquables de cet.e cul ection sont les suivantes : l'Homme de liante naissance et la femme du peuple (3 \ ol.) ; Péché et innocence {13 vol.); lieux mères de famille (3 vol.); Feuilles de ta vie des femmes (3 vol.) ; les Enfants du travail (3 ' ol.) ; Guillaume Sljerukrona ou te Caraclèri> de l'homme est-it la cause de son sort ? (3 vol.); la Femme d'un homme orgueilleux (2 vol.) ; la Veuve et ses enfants (2 vol.); Une mainte de ta. vengeance (2 vol.); ta Fureur de l'êhiancipation (2 vol.) ; le Travail ennoblit (3 vol.); Muthilde ou Une femme coquette; les Droits (4 vol.); les Passions (2 vol.); Y Or et le nom t3 vol.), etc. Depuis 1867, les romans de AJme Schwartz ont paru d'abord en allemand à Berlin, dans la Bibliothèque des me. tleurs romans étrangers, et ce n'est que plus lard qu'ils ont été publiés en suédois. Le premier de cette nouvelle série a pour titre ; Etre ou ne pas être (Berlin, 1867).

J.CHWARTZE{Gotthilf-Guillaume), médecin et philosophe allemand, né à Weissenfels en 17J 7, mort à Leipzig en 1855. Etabli danscette dernière ville depuis 1812, il s'est acquis une imnense réputation comme praticien, et il a été, en 1836, nommé professeur de médecine à . université. Ses principaux écrits sont : Scio/ss ionicx (Leipzig, 1811, in-4°); De sympa'.hia inter cerebrum et hepar (Leipzig, 18.1); Tableaux pharmacoloyiques (LerjKig, 18 0); Tableaux balnéographiques (Leipzig, 1839).

UCHWARZ (Christophe-Théophile), philû-

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logue allemand, né à Leipzig en 10*5, mort en 1751. Il débuta par une infime place de professeur au gymnase Saint -Thomas de Leipzig, puis il l'ut appelé à Altorf pour y occuper la chaire de morale et d'histoire. Les offres les plus brillantes ne purent l'arracher à ces fonctions indignes de son immense érudition, et Charles VI crut devoir récompenser par le titre de comte palatin une modestie aussi extraordinaire. Ses principaux ouvrages sont .* De varia supellectile rei librariz veterum (Altorf, 1725, in-4<>); Schediasma de quibusdam doctrinal aniiquarix capitibus (Altorf, 1719, in-4<>).

SCHWARZ (Frédéric-Henri-Chrétien), théologien et pédagogue allemand, né à Giessen on 1766, mort en 1837. Après avoir étudié la théologie dans sa ville natale, il devint successivement pasteur de Doxbach (1789), d'Echzell (1795) et enfin de Munster, près de Giessen (1798). Là, tout en remplissant les fonctions du ministère sacré , il s'occupa avec zèle de la réorganisation sur un plus vaste plan d'une institution pédagogique qu'il avait déjà fondée à Doxbach. En 1S04, il fut nommé professeur de théologie à l'université d'IIeidelberg, où l'avait précédé son beau-père Jung-Stilling, et il dirigea en outre jusqu'à sa mort le séminaire pédagogique de cette viile. Outre différents écrits théologiques qui n'ont pas une grande importance, on a de lui : Principes d'une théorie de l'éducation des filles (Iéna, 1792); la Théorie de l'éducation (Leipzig, 1804-1813, 4 vol.; 1829- 1830, 3 vol., 2e êdit.) ; Manuel de pédagogique et de didactique (Heidelberg, 1805; 1846- 1847, 5e édit., donnée par Curtmann); les Ecoles (Leipzig, 1832); Tableaux tirés du terrain de la pédagogique (Leipzig, 1833- 1834, 2 vol.); la Vie dans sa fleur (Leipzig, 1837).

SCHWAUZ (Jean-Charles-Edouard), théologien protestant allemand, né à Halle en 1802. Après avoir fait ses études à l'université de sa ville natale, il devint en 1825 professeur au gymnase du cloître Sainte-Marie, à Magdebourg, et, l'année suivante, pasteur d'Altenweddingen, En 1829, il fut nommé pasteur et surintendant d'Iéna, et professeur honoraire de théologie pratique à 1 université de cette ville, qu'il n'a pas voulu quitter depuis, bien qu'on lui ait offert plusieurs fois des fonctions plus importantes. En 1844, il devint professeur titulaire de la Faculté théologique d'Iéna , où ses cours attirèrent un grand nombre d'auditeurs. A part une brochure intitulée : les Dix premières années de l'université d'Iéna (1858), les Mémoires du séminaire hoinilétique et catéebétique qu'il a dirigés depuis 1836 et plusieurs recueils de sermons des plus remarquables, il n'a publié séparément aucun ouvrage; mais il a pris une part active aux débats de la presse religieuse, a dirigé depuis 1844 la rédaction de la partie théologique du Journal général de littérature d'Iéna et a été , en 1854, l'un des fondateurs du Journal de l'Eglise protestante, auquel il cessa de collaborer parce que ses idées sur les rapports de l'Eglise avec l'Etat étaient en désaccord avec, l'esprit de cette feuille. Depuis 1805, cependant, il a pris la rédaction du Journal ecclésiastique de Weimart et a édité la seconde partie du Manuel de l Eglise éoangélique u>etmarienne. Partisan décidé de l'union des confessions religieuses, M. Schwarz a fait partie depuis 1849 du conseil ecclésiastique de Weim.tr, dont il a été le premier membre appartenant au clergé.

SCHWABZ (Charles-Henri-Guillaume), théologien protestant allemand, né à Wiek (île de Rugen) en 18.12. 11 suivit les cours de plusieurs universités allemandes et étudia à Berlin la philosophie sous la direction de Schleiennacher, qui était son parent et qui exerça une grande influence sur ses idées. A Halle, il fit partie de la Bursckenschaft et fut condamné, pour ce fait, à six mois de détention dans la forteresse de Wittemberg (1837). Remis en liberté, il se fit recevoir licencie en théologie à Greifswalde (1841), puis, l'année suivante, privât - docent à Halle, malgré l'opposition de Tholuck et de Jules Millier, et grâce à l'appui des rationalistes Gesenius, Wegscheider et Thilo, qui réussirent à lui faire obtenir l'autorisation d'enseigner. Elu en 1848 représentant du cercle de Torgau et de Liebenwerda au parlement de Francfort, il y siégea dans les rangs du centre droit et se montra ouvertement l'adversaire déclaré du parti démocratique radical. Il devint professeur de théologie sous le ministère libéral Ladenberg, et fut appelé en 1856 à Gotha par le duc Ernest de Saxe- Cobourg-Gotha, qui le nomma premier aumônier de la cour et membre du ministère. M. Schwaiz est l'un des plus éminents représentants de la théologie libérale à notre époque, et il réclame comme un titre de gloire le nom de rationaliste, bien qu'il se sépare des anciens rationalistes par l'étendue de ses connaissances spéculatives. On a de lui les ouvrages suivants : l'£ssejice de la religion (Halle, 1847), livre remarquable où il u exposé une théologie nouvelle, basée sur les systèmes des écoles de Schleiennacher et de Hegel; Goithold-Ephraïm Lessing considéré comme théologien (Halle, 1854) ; Sur l'histoire de la théologie moderne (Leipzig, 1856; 1868, 4e édit.), ouvrage dans lequel II u soumis les progrès de la théologie piotes-

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tante depuis Sehleiermacher et Hegel à une critique vive, intéressante et souvent piquante, et où il a surtout anéanti sans pitié les illusions de certains théologiens modernes. Depuis qu'il est à Gotha, il s'est aussi acquis une grande réputation comme prédicateur, et son sermon d'ouverture, Sur la place du prêtre éuangélique dans la paroisse, a obtenu beaucoup de succès. Il a publié quatre recueils de Sermons contemporains (Leipzig, 1859, 1862, 1865 et 1868) et donné une édition, précédée d'une introduction, des Sermons sur la religion de Sclheiermacher (1868). Depuis 1864, il est placé à la tête de la Société des protestants allemands.

SCHWARZA, rivière de l'empire d'Autriche, dans la basse Autriche. Elle descend du versant oriental du Wiernerwald et se joint au Pitten pour former la Leitha, après un cours de 90 kilom.

SCHWABZA, rivière de l'empire d'Autriche, dans la Moravie. Elle prend sa source dans le cercle d'Iglau, forme une partie de la limite de la Bohème, coule au S.-E. et se jette dans |a Thaya après un cours de 130 kilom.

SCHWARZA , rivière de l'Allemagne du Nord. File prend sa source vers l'extrémité méridionale de la principauté de Schwarzbourg-Kudolstadt, passe près de Blanckenburg et se jette dans la Saale, après un cours de 56 kilom. Elle donne son nom aux principautés de Schwarzbourg, qu'elle arrose.

SCHWARZBOORG, contrée de l'Allemagne centrale, dans la Thuringe, formant deux petits Etats souverains : la principauté de Schwarzbourg-Rudolstadt et la principauté de Schwarzbouig-Sondershausen. Ces deux principautés, quoique situées dans la même contrée, ne sont ni complètement limitrophes ni composées de territoires contigus. Elles font toutes les deux partie de la confédération de l'Allemagne du Nord, et leurs souverains respectifs ne sont, en quelque sorte, que des vassaux du roi de Prusse. Les troupes de ces deux principautés (900 hommes environ pour chacune) font partie de l'année prussienne, et, bien que soumis au régime constitutionnel, ces deux Etats subissent l'influence marquée de la Prusse dans toutes les questions d'organisation et d'administration intérieures.

La principauté de Schwarsbourg - Rudol' stadt se compose de cinq petites parcelles de territoire enclavées dans la province prussienne de Saxe, les deux principautés de Reuss, les Saxes ducales et là principauté de SSchwarzboiirg-Sondershausen ; elle se divise en haute seigneurie de Rudolstadt et busse seigneurie de Frankenhausen. Sa superficie totale est de 17 milles 58 centièmes allemands ou 962 kilom. carrés, et sa population de 75,132 hab. Capitale, Rudolstadt. Le sol de cette principauté, en grande partie couvert par les montagnes du Thuringerwald, est assez bien cultivé et produit surtout des céréales en quantité suffisante pour la consommation locale ; de beaux pâturages y nourrissent un nombreux bétail. On y trouve des mines de plomb, de fer, de cobalt, de cuivre et de sel , des carrières de marbre et d'albâtre. L'industrie y est représentée par quelques forges, par des verreries, des fabriques de porcelaine, flanelle et autres lainages. Aditiinistrativenieiu, la principauté se divise en trois bailliages : Rudolstadt, Kœnigsoe et Fratikenhausen. Son budget, qui se solde généralement en équilibre, est de 1,500,000 -fr., et sa dette publique de 3,500,000 fr. Son gouvernement, avons - nous dit, est constitutionnel depuis 1816; mais il ne se compose que d'une seule Chambre.

La principauté de Schwarzbourg -Sondershausen, enclavée entre la Saxe prussienne, le duché de Gotha et la principauté de Schwarzbourg-Rudolstadt, se subdivise en deux seigneuries : la basse seigneurie de Sondershuusen et la haute seigneurie d'Arnstadt; elle a une superficie totale de 15,63 milles allemands ou 755 kilom. carrés, une population de 67,452 hab. Capitale, Sondershauseu. Comme dans la principauté de Schwarzbourg-Rudolstadt , le sol est très-accidenté par les ramifications du Thuringerwald ; on y récolte principalement du blé et du lin , et les belles forêts qui couvrent les montagnes fournissent une grande quantité de bois, qui constitue la principale richesse du pays. La principauté est subdivisée administrativement en sept bailliages et jouit d'un gouvernement constitutionnel; les états sont composés d'une seule Chambre. Le revenu de la principauté est de 2 millions de fr. et sa dette publique de 5,812,000 fr.

La famille régnante de Schwarzbourg remonte au commencement du xiio siècle.

Sieco, comte de Schwarzbourg et de Kœfernburg, est le premier membre de cette famille sur lequel l'histoire nous fournit clés renseignements exacts. Sous ses fils, le pays fut partagé, et k la mort de l'aîné, Henri (1184), le comte Gontliier demeura seul possesseur de tout le Schwarzbourg. Gonthier eut deux fils : Gonthier, son homonyme, qui fonda la ligne de Kœfernburg, éteinte en 1383, et Henri, qui continua la ligne de Schwarzbourg. Le comte Gonthier XI, mort en 1552, est lu tige des maisons actuellement régnantes. Le chef de la ligne de Sondershausen fut élevé au rang de prince de l'ein-

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pire en 1697, et celui de la ligne de Rudolstadt en 1710.

On trouve dans la principauté de Schwarzbourg-Rudolstadt, a 9 kilom. S.-E. de Kcenigsee, un village du nom de Schwarzbourg, qui est le berceau de la famille souveraine des deux principautés ; 500 hab.

SCIIWARZEKBEKG, ville du royaum.e de Saxe, cercle et à 25 kilom. S.-E. deZwickau,sur la petite rivière de Schwarzwasser ; 2,708 hab. Mines de fer et forges. Fabrication de dentelles. Il On voit en Bavière, entre Wurtzbourget Anspach.un vieux château assez bien conservé, qui est le berceau de la famille de Schwarzenberg.

SCHWARZENBERG (Joseph-Jean, prince de), diplomate autrichien, né à Krumau en 1768, mort à Franenberg en 1833. Il devint membre d'un grand nombre de commissions ou d institutions de bienfaisance et fut nommé conseiller intime et chambellan de l'empereur d'Autriche. Le prince Joseph avait épousé la princesse Pauline d'Arenberg, qui périt victime de son amour maternel pendant l'incendie qui eut lieu à l'ambassade autrichienne, à Paris, le î juillet 1810, lors de la fête donnée par son beau-frère en l'honneur du mariage de Napoléon et de Marie-Louise. En 1816, le prince de Schwarzenberg fut nommé un des directeurs de la Banque de Vienne, et cette même année il se rendit en Bavière, en qualité d'ambassadeur extraordinaire, pour y demander au nom de l'empereur d'Autriche la main de la princesse Caroline-Auguste. Il eut de son mariage avec la princesse Pauline trois fils et une tille. Cette tille, pour laquelle sa mère sacrifia sa vie en 1810, épousa le prince de Windischgnetz en 1823 et mourut assassinée par un domestique en 1848. Un de ses fils a été le célèbre ministre autrichien Félix, prince de Schwarzenberg, dont nous parlons plus loin.

SCHWARZENBERG ( Charles - Philippe , prince de), duc de Krumau, feld-maréchal et diplomate autrichien, frère du précédent, né à Vienne le 15 avril 1771, mort le 15 octobre 1820. Dès 1788, il entra dans l'armée, fit la campagne de 1790 contre les Turcs, devint, en 1702, aide de camp de Clerfayt et se signala à diverses reprises contre les Français pendant les guerres de la Révolution, notamment au siège de Valenciennes, au combat de Troisvilles (1794) et à celui de Cateau-Cambrésis. Dans cette dernière affaire, il chargea l'ennemi avec sa cavalerie, le mit en fuite et lui enleva trente-deux pièces de canon. Ce beau fait d'armes le mit complètement en évidence. Après la bataille de Wurtzbourg, au succès de laquelle il contribua (1796), il devint général-major, puis lieutenant général (1799). A la bataille de Hohenlinden (1801), le prince de Schwarzenberg commanda une division. Cette même année, à l'avènement de l'empereur Alexandre, il fut envoyé a Saint- Pétersbourg pour rétablir, entre la Russie et l'Autriche, la bonne entente troublée sur la fin du dernier règne. L'un des auteurs du plan de campagne de 1805, il assista au désastre d'Ulm, qui signala le début de cette guerre, parvint a. grand'peine à se faire jour à travers l'armée française avec quelques régiments de cavalerie, gagna la Bohême, et se trouva k la bataille d'Austerlitz. Lorsque l'Autriche eut résolu, en 1809, de rompre de nouveau avec la France, elle chargea Schwarzenberg d'obtenir de la Russie, alors l'alliée de ta France, qu'elle ne nous prêtât qu'un concours illusoire, ce qui eut lieu en effet, mais ce qui n'empêcha pas l'entière défaite des armées autrichiennes dans les champs de Wugram'(l809). Schwarzenberg, qui venait de retourner en Autriche, assistai cette dernière bataille, commanda la réserve pendant la retraite de Zuaiiii et reçut le grade de général de cavalerie. Après la paix de Vienne, il négocia le mariage de Napoléon avec Marie-Louise et fut nommé ambassadeur à Paris. Le 2 juillet 1810, à l'occasion de ce mariage, il donna à l'hôtel de l'ambassade un bal brillant, auquel assistèrent Bonaparte et la nouvelle impératrice. Tout à coup le feu se déclara dans la grande salle de danse et la fête éclatante fut transformée en un instant en un spectacle d'horreur et de désolation. Plusieurs personnes périrent dans cet effroyable incendie, notamment la belle-soeur de l'ambassadeur. En 1812,1e prince de Schwarzenberg obtint le commandement du corps autrichien destiné à coopérer avec l'année française dans la campagne de Russie, et Napoléon lui fit obtenir le tjâtoii de feld-maréchal. La "conduite de Schwarzenberg dans cette circonstance fut des plus équivoques : il combattit les Russes, mais en leur faisant Je moins de mal possible. En 1813, il fut nommé généralissime de toutes les troupesda la coalition. C'est bien moins grâce à ses talents militaires qu'aux grandes masses qu'il avait sous la main qu'il put triompher de son adversaire; il faut aussi compter pour beaucoup les manœuvres diplomatiques dans lesquelles il excellait. A peine était-il entré daDs Paris, qu'il amena le duc de Raguse à capituler et à abandonder la cause de Bonaparte. En 1815, il contribua à la seconde invasion, à lu tête des armées alliées du Haut- Rhin, et, après la paix, il devint président du conseil aulique de guerre , posta qu'il conserva jusqu'à sa mort, survenue à la suite d'une attaque do paralysie.

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SCHWABZENBEKG (Félix-Louis-Jean-Frédéric, prince de), homme d'Etat autrichien, fils du prince Joseph-Jean, né à Krumau (Bohême) en 1800, mort en 1852. Il embrassa d'abord l'état militaire, parvint rapidement au grade de capitaine et devint, en 1824, attaché d'ambassade à Saint-Pétersbourg. Envoyé deux ans plus tard à Londres, il se joignit en 1827 à la mission extraordinaire que le baron de Neumann conduisait au Brésil et, à son retour en Europe, fut attaché successivement à plusieurs ambassades autrichiennes, notamment à Paris et à Berlin. Placé ensuite comme ministre plénipotentiaire k Turin et k Parme, il passa en la même qualité à Naples en 1846 et y déploya une grande énergie, lorsque le contre-coup des troubles de l'Italie commença à se faire sentir dans cette ville. Pendant une émeute, le 86 mars 1848, le peuple se livra à une manifestation hostile devant son hôtel; il demanda alors une réparation au gouvernement napolitain et, n'avaht pu l'obtenir dans le délai qu'il avait fixé, il quitta Naples. Il se rendit alors à Vienne pour obtenir un emploi daus l'armée. Son avancement militaire n'ayant pas été interrompu pendant sa carrière diplomatique, il était parvenu, depuis 1842, au grade de major général, et il prit alors le commandement d'une brigade de l'armée de Nugent dans l'Italie supérieure. La bravoure dont il fit preuve aux batailles de Curtatone et de Goïto le rit élever, avant la décisive bataille de Custozza, au grade de feld-maréchal lieutenant ; mais bientôt la crise intérieure à laquelle l'Autriche était en proie vint l'arracher à la vie militaire

Îiour le rejeter dans l'arène politique. Après a compression du soulèvement d'octobre 1848 à Vienne, il fut appelé a la tête de la nouvelle administration et trouva là un champ approprié à sa rare activité et à son énergie. L'histoire de l'Autriche pendant cette période se personnifie tout entière en lui. Il suffit de rappeler ici les principaux actes de sa politique : la lutte, en premier lieu, contre le projet conçu à Francfort d'un Etat confédéré allemand et, en second lieu, contre .l'union prusso-allemande ; l'alliance avec la Russie pour la compression de la révolution hongroise, l'organisation de l'Autriche en un Etat uniforme, le rétablissement de l'influence autrichienne auprès des Etats moyens de l'Allemagne, la réinstallation de la diète germanique, l'abandon pur la Prusse de toutes ses positions, etc. 11 ne réussit pas cependant à obtenir, aux conférences de Dresde, un remaniement, en faveur de l'Autriche, de l'acte de la confédération, ni à faire admettre dans cette dernière tous les Etats de la monarchie autrichienne. Il n'en poursuivit pas moins avec habileté le plan d'une union douanière plus étroite de 1 Autriche avec l'Allemagne ; ses progrès contre la Prusse en cette occasion, la convocation d'une conférence douanière à Vienne, etc., furent ses derniers succès. Une attaque d'apoplexie mit fin tout à coup, le 5 avril 1852, à une vie aussi occupée. Les adversaires mêmes du comte de Schwarzenberg ne pouvaient s'empêcher de rendre hommage à ses talents extraordinaires, à son caractère fortement trempé, à son activité inconcevable. Quoique lié étroitement, au point de vue politique, avec la Russie en 1849, il en vint graduellement a l'aire alliance avec les puissances de l'Europe occidentale et applaudit vivement au coup d'Etat de Louis-Napoléon. Ceux qui vivaient dans son entourage prétendaient qu'il voulait amener insensiblement l'Autriche à se séparer de la Russie et lui prêtaient, à ce sujet, ces paroles qui, si elles ont été prononcées, sont significatives : «J'étonnerai le monde par mon ingratitude. » Sa politique vis-à-vis de la Prusse était agressive, parfois même brutale, toute soldatesque en un mot; mais, en ugissant ainsi, il poursuivait avec une rare persévérance un but déterminé, la prépondérance de l'Autriche en Allemagne. On peut consulter sur ce personnage l'ouvrage tle Berger intitulé Vie du prince de Schwarzenberg (Leipzig, 1852). — Son frère, Frédéric- Joseph-Célestin, prince de Schwarzenberg, né en 1809, est entré dans les ordres. Nommé archevêque de Salzbourg en 1836, cardinal et archevêque de Prague en 1849, il est devenu un des chefs du parti ultramontain en Autriche. Toutefois, lors du concile du Vatican, il se prononça contre l'infaillibilité du pape.

SCHWARZENBERG ( Jean - Daniel - Guillaume-Louis), homme d'Etat allemand, né à Cassel en 1787, mort dans la même ville en 1857. Reçu avocat auprès du conseil d'Etat du royaume de Westphalie en 1808, il prit part, l'année suivante, à l'entreprise du général de Dornberg. Schwarzenberg s'enrôla ensuite dans le corps du duc Frédéric- Guillaume de Brunswick , qu'il suivit en Angleterre; puis il combattit en Espagne dans l'armée anglaise jusqu'en 1814, ou il reçut son congé avec le grade de major. Revenu en Allemagne après le triomphe de laJSainte-Alliance, Schwarzenberg fut nommé par le gouvernement hessois avocat général auprès de la cour d'appel de Cassel, puis, en 1833 , membre de la seconde Chambre, dont il devint président en 1834. A l'époque des luttes contre le ministère Hassenptlug, Sehwurzenberg défendit avec ardeur la constitution et fut emprisonné pendant plusieurs

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mois. Mis en liberté en 1837, il fut réélu dans la seconde Chambre et la présida en 1840. Il dirigea dès lors l'opposition jusqu'en 1846, année où il se retira volontairement de la vie publique.

SCHWARZENBOCRG, bourg de la Suisse, canton et à 17 kilom. S.-O. de Berne, dans une contrée agréable coupée de collines, chef-lieu du bailliage de son nom; 1,852 hab. On y remarque le château baillival, l'hôtel de ville et plusieurs jolis bâtiments.

SCHWARZENFEL, village de Prusse, dans la nouvelle province de Hesse, cercle et à 11 kilom. S.-E. de Schluchtern, sur laSinn; 728 hab. Importante fonderie de cobalt et production annuelle de 8,000 quintaux de smalt.

SCHWARZEH (Ernest), homme d'Etat et économiste autrichien, né à Fulnek (Aloravie) en 1808, mort à Vienne en 1860. Il entra en 1823 dans l'artillerie autrichienne, qu'il quitta après dix ans de service avec le grade de lieutenant, et, dès ce moment, commença une existence des plus aventureuses. Successivement secrétaire d'un général russe à Genève, peintre d'enseignes dans le Tyrol, agent commercial à Trieste, boulanger à Paris, brasseur à Londres, directeur d'une exploitation agricole en Hongrie, gérant de 1 association des arts et métiers de Prague, régisseur de forges en Moravie, il fut, en 1844, appelé à Trieste pour rédiger en chef les journaux du Lloyd autrichien. Vers 1846, Schwarzer fit décider le passage par Trieste et l'Allemagne de la malle-poste des Indes orientales à destination d'Angleterre. Lors des événements de

1848, il retourna à Vienne et devint rédacteur en chef de la Gazette universelle autrichienne. Elu membre du parlement de Francfort, puis membre du comité des cinquante et, peu après, membre de l'Assemblée constituante autrichienne, il fut nommé, le 17 juillet de la même année, ministre des travaux publics. Schwarzer ne garda le portefeuille que pendant deux mois et demi; mais, pendant ce court intervalle, il décréta la construction du chemin de fer du Sœmmering et mit les télégraphes à la disposition du public. Fatigué des intrigues politiques qu'il voyait se produire devant lui, il se démit de son portefeuille au mois d'octobre, résigna également son mandat de député et reprit la rédaction en chef de la Gazette universelle autrichienne, qui fut suspendue en

1849. Peu après, il fonda le Wanderer, qui disparut en 1854, puis le Danube, qui mourut en 1856. A partir de ce moment, Schwarzer se confina dans les travaux de statistique. Le Grand Dictionnaire devait un souvenir à cet esprit ingénieux, instruit, toujours en lutte avec le progrès, fertile en expédients, pratique avant tout, rival de ces audacieux Américains qui se prêtent à toutes les grandeurs comme à toutes les misères de la vie réelle. En Amérique, il eût réalisé plusieurs fortunes et fût devenu un personnage hors ligne. En Europe, il fut étouffé; les soucis journaliers id'une existence indécise l'écrasèrent lentement. Ses principaux ouvrages sont : Statistique industrielle et économique de la Bohême (Prague, 1842); Carte industrielle de la Bohême (Prague, 1842); Commerce continental et maritime de l'Autriche (Trieste, 1846); l'Argent et la fortune immobilière en Autriche (Vienne, 1857), etc.

SCHWARZIA s. m. (chouar-zi-a — de Schwarz, botan. allem.). Bot. Syn. de no-

RANTÉE,

SCHWARZKOPF (Joachim de), littérateur allemand, né à Steinhorst en 1776, mort à Paris en 180G. Après avoir fait de brillantes études de droit à Gœttingue, il fut nommé 1 secrétaire de la légation hanovrienne et, I plus tard, ministre résident du même gouj vernement à Francfort. 11 voyagea en 1792 en Allemagne et en Suisse, puisse rendit en 1806 I à Paris. Il a publié plusieurs ouvrages, dont les plus connus sont : Sur les almanachs (Berlin, 1795, in-8°), en allemand; Sur tes r gazettes (Francfort, 1795, iu-8<>), en allemand.

SCHWARZWALD, nom allemand de la fo-

I RÊT NOtRK.

SCHWARZWASSER, nom de deux petites rivières d'Allemagne. Une, dans le royaume de Prusse, province de Prusse, sort d'un petit lac de la régence de Marienwerder, coule au S.-E. en faisant de nombreux circuits et se jette dans la Vistule, après un cours de 126 kilom. ; la seconde prend sa source en Bohême, dans les monts Erzgebirge, pénètre dans la Saxe royale, où elle baigne Sehwarzenberg, et se jette dans la Mulde, après un cours de 65 kilom.

SCHWAZ, ville de l'empire d'Autriche, dans le Tyrol, a. 26 kilom. N.-E. d'Inspruck, sur la rive droite de l'Inn, chef-lieu du cercle de son nom; 5,575 hab. Couvent de franciscains avec école de philosophie-, maison de correction. Fabriques d'ouvrages en fil de cuivre doré et argenté, de lainages ; bonneterie ; manufacture impériale de tabac, filature. On y remarque une belle église paroissiale et les ruines du château de Freundsberg. Aux environs, riches mines de cuivre ' et d'argent.

SCHWEBEL (Nicolas), philologue alle-

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mand, né à Nuremberg en 1713, mort en 1773. Reçu, en 1737, docteur à l'université d'Altorf, il fut, en 1743, nommé recteur du gymnase de Nuremberg et, en 1750, il joignit k cette charge la chaire de langue grec- ?ue. En 1764, il tut nommé recteur et proesseur du gymnase Carolin d'Anspach. On a de Schwebel des éditions : des Poésies de Bion et Mosehus (Venise. 1756, in-8°); de la Stratégie d'Onosander (Nuremberg, 1762, in-fol.); des Ellipses grecques de Lambert Bas (Nuremberg, 1763, in-8°); des Institutions militaires de Végèce, avec la traduction française de Bourdon de Sigrais (Nuremberg, 1767), et enfin des Stratagèmes de Frontin (Leipzig, 1772, in-8<>).

SCHWECHAT, bourg d'Autriche.V. SCHW^E-

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