I" COUPLET
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ra! N'y a rien d'aus - ai
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DEUXIEME COUPLET
Le maître les vient voire Lan fal, lan cru, etc.,
Le maître les vient voire :
Courag, compagnons! (bis) Lan fal, lan cru, etc., Courage, compagnons!
TROISIÈME COUPLET
Nous avons de l'ouvrage,
Lan l'ai, lan cru, etc., Nous avons de l'ouvrage
Pour toute la saison [bis)
Lan fal, etc.,
Pour toute la saison!
long, Qu'un beau soi - eur de
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long, Lan fal, lan cru, lan
SCIL
QUATRIÈME COUPLET
Ma mie est infidèle!
Lan fal, lan cru, etc , Ma«nie est infidèle (iis) Tant que j'ia pousse à l'eau^
Lan fal, etc Tant que j'ia pousse à l'eau!
CINQUIÈME COUPLET
Chante, sirène, chante,
Lan fal, etc.
Chante, sirène, chante, T'ttS Wn raison d'ehauter, [bis)
Lan fal, .an cru, etc., T'as bien raison d'ehauter.
SIXIÈME COUPLET
Tu as la mer à boire 1
Lan fut, lan cru, etc., Tu as la mer a boire.
Et ma mie a manger! (ùis)
Lan fal, lan cru, etc., Et ma mie a manger!
SCIGL1ANO, ville du royaume d'Italie, province de la Calabre Citèrieure, district et à 22 kilom. S. de Cosenza, sur la petite rivière du Savuto; 3,272 hab. Commerce de vinst grains et soie.
SCILLA ou SCIGLIO, la Scy'lxum des Romains, ville du royaume d'Italie, province de la Calabre Ultérieure De, district et à 26 kilom. N.-E. de Reggio, près du rocher de Scylla, ch.-l. de mandement; 7,407 hab.
Pêche et commerce actifs. Vins renommés.
SCILLA (Auguste), célèbre peintre et naturaliste sicilien, né à Messine en 1639, mort en 1700. Après avoir étudié tu peinture k Rome sous la direction d'André Sacchi, il revint se fixer dans son pays. Par un examen approfondi des antiquités et des médailles, il était parvenu à un certain degré d'érudition trop souvent étranger aux artistes. Le hasard mit sous ses yeux des fossiles qui le frappèrent vivement; et Scilla délaissa alors la peinture pour l'histoire naturelle. Le résultat de ces nouvelles études sa trouve consigné dans un petit volume, aujourd'hui fort rare, publié à Naples sous le titre de la Vaine philosophie démentie par le sens, qui a fuit longtemps autorité en matière géologique. Les excellentes observations qu'il renferme ont servi de base aux esprits éminents qui, dans la dernière partie du xvne siècle, ont lini par faire triompher le principe de l'animalité des fossiles sur le principe qui avait pris cours pendant le règne de la scolastique. On voit, dans leurs écrits, le nom de Scilla marcher de pair avec ceux de Kténon, de Fabio Colonna, de Boccone. Scilla revint k la peinture; mais, compromis dans la révolution de Sicile, il fut obligé de se réfugier à Rome, où i) fut accueilli k bras ouverts et nommé président de l'Académie de peinture. Cet artiste a laissé un assez
frand nombre de tab.caux, particulièrement os scènes d'animaux, dont une grande partie se trouve à Rome et à Messine. Son chefd'œuvre est un Saint Eilarion mourant, dans l'église de Sainte-Ursule de cette dernière ville.
SCILLE s. f. (si-le — lut. scilla; gr. slcilla, même sens). Bot. Genre de plantes bulbeuse», de la famille des liliacées, tribu des hyacinthées, comprenant un a'-sez grand nombre d'espèces, qui croissent dans l'Europe centrale, la région méditerranéenne, et au Cap do Bonne-Esperance : La scillb des jardins a ta tige anguleuse. (Bosc.) Les scilles donnent en général d'usses belles fleurs, (T. de Berneaud.) Il Scillc blanche, Nom vulgaire du panerais maritime.
— Antiq. gr. Fête des scilles, Fête pendant laquelle les jeunes Siciliens s'attaquaient avec des tiges de scilles, et se disputaient ainsi le taureau, qui était le prix destiné au vainqueur.
— Encycl. Les scilles sont des plantes bulbeuses, k feuilles toutes radicales, qui ne se développent quelquefois qu'api es la floraison. Du centre de ces feuilles s'élèvent une ou plusieurs tiges, ou mieux hampes, nues dans leur partie inférieure, portant vers leur sommet des Heurs bleues, plus rarement blanches, disposées en grappe terminale. Chaque fleur a un périanihe k six divisions libres et étalées dès la base; six étamines à filets grêles, insérés à la base des divisions du périanthe; un ovaire libre, k trois loges, surmonté d'un style filiforme. La fruit est une capsule ovoïde ou arrondie, à trois loges, renfermant quelques graines presque globuleuses, à lest mince et fragile. Ce genre comprend un assez grand nombre d'espèces, la plupart propres k l'Europe, et dont plusieurs sont recherchées pour leurs propriétés médicales ou pour la beauté de leurs fleurs.
La scilte officinale, appelée aussi squilie, scipOule,charpenltiire, oignon marin, etc., est une plante vivace, à bulue ovoïde ou arrondi, très-gros, formé de tuniques emboîtées, épaisses, charnues, blanches, les tuniques extérieures minces, sèches, membraneuses, brun foncé; les feuilles sont longues de 0m,30 ou davantage, ovales lancéolées, entières, un peu ondutées,glabres, lissesetd'un vertfoncé, elles paraissent très-tard. La hampe, qui dépasse souvent la hauteur de l mètre, est épaisse, cylindrique, dressée et couverte, environ dans sa moitié supérieure, de fleurs hlanches,qui forment une longue grappe terminale
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Cette plante croit dans la région méditerranéenne et sur les bords de l'Océan ; elle affectionne surtout le séjour des plages maritimes sablonneuses. On ne la cultive guère que da îs les jardins botaniques ou d agrément. Ses bulbes, qui deviennent quelquefois aussi gros que la tête d'un enfant, ont une grande vitalité; ils peuvent se conserver une année hors de terre et fleurir même dans cette situation. En général, on les relève aux approches de l'hiver, pour les renfermer dans une cave saine, dans un cellier, sous un châssis froid ou en orangerie, et les replanter au printemps.
Il faut à cette plante une exposition chaude, un ter-ain léger et sablonneux; elle végète très-bien en terre de bruyère. On la multiplie, soit de caïeux séparés au moment du rempo âge ou de la transplantation, soit de graines semées en février ou aussitôt après leur iraturité. Ou fait hiverner sous châssis les jeunes plants , puis on les repique en terrines ou en pleine terre ; on les arrose beaucoup pendant la végétation, mais on les laisse à sec rendant la saison de repos. On relève les bulbes en automne pour les faire hiverner, et on les replante au printemps suivant. Toutefois, ce dernier mode de multiplication est peu u::ité, parce que l'éducation des jeunes sujets exige jusqu'à dix ans pour donner des oignons qui soient de force a fleurir. Si l'on tient la plante en orangerie, et c'est ce qu'il est bon de faire dans le centre, et surtout dans '.a nord de la France, on devra la placer le plus près possible du jour, tout en prenant les précautions nécessaires pour qu elle ne gèle pas.
Les oignons de la scille maritime sont employés en médecine; on les importe, à l'état frais, de l'Espagne et des îles de la Méditerranée. On a soin de rejeter les tuniques extérieures, qui sont rouges, sèches, coriaces, minces et transparentes, et celles du centre, qui sont blanches, très-charnues et comme visquauses. Les tuniques intermédiaires, les seule:> qu'on utilise, sont épaisses, d'un blanc rosé, mais rougissant avec le temps, pleines d'un nue visqueux, inodore, amer et acre. On les découpe en lanières ou en fragments étroits, que l'on enfile avec des ficelles poulies faire sécher. Par cette opération, leur saveur devient plus amère; mais elles perdent unejartie de leurs propriétés. Quand elle est terminée, on doit conserver la scille dans un endroit sec, surtout si elle est réduite en poud-ejear elle absorbe facilement l'humidité, qui annihile plus ou moins son action.
La scille maritime renferme une matière acre et volatile, de la gomme, du sucre, du tann'n, du citrate de chaux, da ligneux, enfin un principe particulier appelé scillitine (v. ce mot). Ses diverses préparations ont une action physiologique assez analogue à celle du tabac ; elles agissent sur le système nerveux et produisent des accidents ataxiques violents, qui se manifestent, disent les auteirs de la. Flore médicale, par des symptômes résultant d'une confusion et d'une allernative de phénomènes de surexcitation et de sédation dans les fonctions de la vie animale et do la vie organique; elles irritent le tube digestif et provoquent la phlogosé, des superpurjrations, des vomissements, la sécrétion urinaire, etc. Elles sont expectorantes administrées a faible dose, et vomitives à doses un peu plus élevées. En un mot, ainsi que toutes les substances excitantes, la scille a une action locale et une action éloignée sur divers organes, soit par sympathie, soit par absorption de son principe actif; mais ces ictions sont variables en intensité, suivan; la dose qu'on emploie.
L'histoire médicale de la scille remonte très-haut. Epiménide est, dit-on, le premier qui ait introduit cette plante dans la thérapeu.ique. D'après Pline, Pylhagore aurait écrit un traité sur ce sujet; mais cet ouvrage ne nous est pas parvenu. D'après Théophraste, elle servait, chez les Grecs, pou ■ les purifications. Hippocrate et Galien en lecommandaient l'usage. Dioscorido a signalé les accidents qu'elle produit si on l'emploie à des doses trop fortes. Les anciens ont bien connu les propriétés de son bulbe appliqué fiais sur la peau; ils savaient que la scil'e déterminait la rubéfaction et même la vés cation, mais qu'elle perdait son activité lorsqu'elle était cuite au four, entourée de pàt'j de farine ou bien encore sous la cendre ou lans l'eau. Les résultats observés dans l'antiquité ont été presque tous confirmés par les médecins de la Renaissance et des temps modernes.
La scille a été ou est encore administrée sous des formes, très-diverses ; mais l'énergie de ses propriétés fait qu'elle doit toujours êtri; préparée par un homme de l'art et qu'il faut, en général, fractionner beaucoup les dotes. On peut donner la scille sèche en poudre, pourvu que celle-ci soit récente et conservée dans des vases bien clos; on l'étend avec du sucre, ou bien on la mêle avec un excipient pour la rouler en pilules. On prépare aussi un extrait et un miel scillitiques, raiement employés aujourd'hui; un sirop, qui est plus usité ; on donne ces substances en boissons, en potions ou en tisanes. Le vin sciltitique a plus de force; il se donne aussi en potion. Le vinaigre sciltitique est la préparation la plus active; on l'administra àdose:i moins fortes. En y ajoutant du miel, on obtient l'oxyrael sciltitique. On emploie la
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scille, à l'extérieur, en frictions snr le ventre, et on applique ses tuniques fraîches sur la peau, comme vésicatoire. A toutes ces préparations, il faut ajouter la scillitine et le sirop de scillitine.
La scille est surtout employée comme diurétiaue ; on en obtient de très-bons effets dans le traitement des hydropisies, des infiltrations séreuses et des épaucheinents en général. Elle modifie puissamment les muqueuses et surtout les muqueuses pulmonaires; aussi l'emploie-t-on avec succès contre les affectons de poitrine, l'asthme humide, les catarrhes chroniques des poumons et de la vessie, l'albuminurie, etc. Enfin, on lui a attribué des propriétés antiscorbutiques, eininémigogues et vermifuges. A l'extérieur, ou a employé en frictions Sa teinture, comme diurétique; ses bulbes, frais ou secs et bouillis dans l'eau, ont servi à préparer des cataplasmes, que l'on appliquait sur les bubons et les tumeurs, pour en hâter la maturation. En médecine vétérinaire, on administre à l'intérieur la poudre et l'oxymel scillitiques; pour l'usage externe , ses bulbes, d'après Bourgelat, n'ont pas plus de vertu que les oignons communs, qu'on leur substitue souvent.
Mais, sous quelque forme qu'on administre la scille, son emploi exige beaucoup de circonspection. « En général, dit À. Gautier, on doit commencer à donner les préparations de scille par des doses assez petites pour essayer la sensibilité de l'estomac; et si l'on veut en obtenir une action forte, ne s'arrêter, en augmentant la dose, que quand ii vient des nausées, ou même des vomissements. » Alors elle est expectorante, diurétique et vraiment médicinale. C'est ce qui la rend utile dans l'hydrothorax, mais non, comme on l'avait cru, dans la phthisie et les maladies des voies urinaires. D'après le même praticien, il faudrait s'en abstenir entièrement chez les sujets bilieux, nerveux, irritables, maigres ou pléthoriques. Disons enfin que la scille, à doses trop élevées, peut produire des coliques, des gastralgies violentes, des vertiges, des convulsions et même la mort.
La scille d'Italie, appelée aussi scille blanche ou mâle, lis-jacinthe, a un bulbe de grosseur moyenne, ovoïde, blanchâtre ; des teuilles un peu plus courtes, larges de 1 centimètre, obliques, un peu carénées ; une hainpe de 0'i>,25 au plus; des fleurs petites, étalées, brièvement pédicellées, d'un bleu pale, odorantes , formant une grappe obîongue et compacte. Originaire du midi de l'Europe, cette espèce est très-répandue dans nos jardins d'agrément, où elle sert à orner les talus ouïes plates-bandes, et surtout à faire des bordures. Elles est rustique et vient en tout terrain sain ; mais elle préfère les sols légers et sablonneux ; il lui faut aussi une exposition aérée, chaude et éclairée. On la propage de grainespu de caïeux; ce dernier mode est généralement préféré, comme étant plus expéditif. Cette espèce possède les propriétés de la précédente, mais à un degré plus faible; aussi est-elle moins employée en médecine.
La scille du Pérou a un bulbe gros, allongé, piriforme, jaunâtre ; de grandes feuilles d'un vert foncé luisant, finement ciliées sur les bords, étalées en une large rosette ; nue hampe qui atteint om, 25; des rieurs nombreuses, d'un beau bleu, formant une grande et belle grappe pyramidale, régulière et compacte. On possède des variétés à fleurs blanches ou gris de lin. Cette espèce croît dans le midi de l'Europe et le nord de l'Afrique ; c'est par erreur qu'on l'a crue originaire du Pérou. Elle végète très-bien dans le centre et l'ouest de la Erance, mais sous le climat de Paris elle souffre parfois de la rigueur des hivers ; là, il faut la planter plus profondément, dans un terrain sain, à une exposition chaude, et lui donner, pendant la saison froide, une légère couverture de litière ou de feuilles sèches. Elle se multiplie par la séparation des bulbes et des caïeux. On en lire un très-bon parti, dans les jardins, pour décorer les plates-bandes ou pour faire des bordures; on peut aussi la cultiver en pots, ou même sur des carafes, comme les jacinthes. Les propriétés de celte plante ont été peu étudiées ; son bulbe passe pour vénéneux .
Nous citerons encore la scille rouge ou d'Espagne et la scille hyacinthe, dont les bulbes sont quelquefois employés comme purgatifs ; la scille pancration, qui croît dans le nord de l'Afrique et produit de très-gros oignons, que l'on dit comestibles; la scille d'automne, dont les bulbes, écrasés et mélangés avec de la mie de pain, servent à attirer et à empoisonner les rats; la scille agréable, recherchée dans les jardins pour ses ileurs d'un beau bleu indigo ; la scille ombeltée, à fleurs odorantes, etc.
SC1LL1TE s. m, (sil-li-te — rad. scille). Pharin. Vin de scille.
SCILLITINE s. f. (sil-li-ti-ne). Chim. Principe acre trouvé dans les scilles. II On dit aussi SC1LLÉINK.
— Encycl. Les bulbes charnus de la scille ont été étudiés par différents chimistes, qui ont obtenu des résultats peu concordants. Ils renferment une huile volatile, une substance acre, un principe amer, de la gomme, du sucre et, suivant Lauderer, de l'amidon, un corps gras, du phosphate, du citrate et peutêtre aussi du tartrate de Calcium.
L'huile volatile obtenue par la distillation
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des bulbes avec l'eau est mobil», très-peu colorée et d'une odeur désagréable qui ressemble à celle dû l'essence d'ail ou de moutarde. Elle agit sur la peau comme une substance vésicante, et il en est de même de sa solution alcoolique.
Les recherches qui ont été entreprises sur la scillitine ou principe actif des bulbes ne permettent point encore d'établir d'une manière certaine si ce corps doit être rangé parmi les résines, parmi les alcaloïdes ou parmi les principes amers. Maudet distingue deux corps particuliers : la sculéine, vénéneuse et irritante, et la scillitine, qui ne posséderait aucune propriété vénéneuse; mais il ne dit rien de plus à leur sujet. Schroff distingue aussi deux principes : l'un narcotique, auquel il donne le nom de scillitine; 1 autre acre et non'volatil, qu'il ne dénomme pas. Eighini regarde la scillitine comme de la vératrine impure.
D'après Tilloy, la scille ne renfermerait pas de principe acre non volatil, mais seulement dos cristaux de citrate de calcium, qui irriteraient et enflammeraient la peau par le frottement. Les principes actifs constituants seraient une résine acre et une substance amère.
La poudre de scille bien desséchée abandonne à l'éther une matière grasse, jaune, d'une odeur agréable, qu'on peut débarrasser par l'eau bouillante de la substance amère qui lui est adhérente. Si l'on fait ensuite digérer dans l'alcool la poudre déjà épuisée par l'éther, on obtient une teinture acre et amère qui laisse une résine acre en s'évaporant; on débarrasse celle-ci du corps gras dont elle est souillée au moyen de l'éther, et du sucre au moyen de l'eau. Cette résine est très-vénéneuse ; elle se ramollit dans l'eau, se dissout dans les alcalis et les alcools et n'est pas altérée par les acides. La poudre qui a déjà subi l'action de l'éther et de l'alcool abandonne à l'eau chaude une substance amère. On peut précipiter cette substance par le charbon animal, qui l'absorbe d'abord pour l'abandonner ensuite lorsqu'on le fait bouillir avec de l'alcool.
Vogel et Lebourdais préparent la substance amère comme il suit :
îo Vogel épuise par l'alcool le jus de scille concentré ; il évapore cette teinture , en dissout le résidu dans l'eau, ajoute de l'acétate de plomb à la solution pour en précipiter le tannin, filtre, dirige un courant d'acide sulfhydrique dans la liqueur filtrée pour la débarrasser de l'excès de plomb et filtre de nouveau, après quoi il évapore le liquide à siccité. Le résidu renferme la scillitine en même temps que du sucre et des sels ; il forme une masse friable, incolore, d'une saveur amère avec arrière-goût sucré et jouit de propriétés vomitives et purgatives. Cette masse se ramollit rapidement à l'air et se dissout dans l'eau, l'alcool absolu et le vinaigre.
2° Lebourdais précipite par l'acétate de plomb la décoction de scille, qui est trèscolorée et très-visqueuse; il agite le liquide filtré froid avec du noir animal purifié jusqu'à ce qu'il ait perdu son odeur et sonainertume, et il filtre de nouveau. Le charbon est lavé, desséché et finalement traité par l'alcool bouillant, auquel il abandonne la scillitine. Celle-ci reste comme résidu lorsqu'on évapore la solution alcoolique. La scillitine ainsi obtenue constitue une masse amorphe, neutre, hygroscopique, qui se décompose facilement lorsqu'on la chauffe. L'acide sulfurique concentré la dissout en formant une solution pourpre d'abord, qui noircit ensuite. Une portion de cette substance placée sur la langue produit la sensation d'un caustique.
Bley opère de la même manière que Lebourdais, en évitant l'emploi d'une trop haute température. Il dit avoir obtenu de longues aiguilles flexibles et incolores, dont la saveur serait très-amère et qui, par l'action d'une chaleur même légère, deviendrait amorphe et perdrait même la propriété de pouvoir reprendre l'état cristallin. Suivant \Vittstein, le principe amer de la scille n'est précipité ni par l'acétate de plomb ni par l'hydrate de plomb. Ce dernier réactif précipiterait au contraire la substance acre.
Marais et Lauderer croient avoir obtenu un alcaloïde que Tilloy n'aurait pas su extraire à son tour.
Marais épuise la poudre sèche de scille par de l'alcool à 56 pour 100, ou les bulbes frais par de l'alcool à 90 pour 100. Il ajoute du lait de chaux à la teinture, puis de l'éther et il agite vivement. Par le repos, l'éther vient former une couche à la surface du liquide; on le décante et on l'évaporé. Il laisse comme résidu la scillitine et une matière grasse dont on se débarrasse en dissolvant le résidu dans l'alcool. Le produit ainsi obtenu est une masse amorphe, hygroscopique, d'un jaune pâle, qui possède une saveur amère et piquante et qui présente une réaction alcaline. Ce corps se dissout dans l'acide sulfurique concentré, en formant une liqueur violette d'où l'eau précipite des flocons verts ; l'acide azotique le dissout en prenant une coloration rouge qui disparaît promptemeut. Il est insoluble dans l'acide chlorhydrique ; mais il est soluble dans l'ammoniaque et les alcalis caustiques, qui le décomposent en lui faisant perdre sa saveur amère. Chauffé avec de l'hydrate de potassium, il dégage de l'ammoniaque. Il ne se
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dissout pas dans l'eau. Le chlorure ferrique lui communique une couleur orangée et le chlorure platinique y fait naître un précipité jaune. Il se combine avec l'acide acétique ; l'alcool et l'éther le dissolvent. NPris à l'intérieur, il agit d'abord à la manière d'un éméto-oathartique, puis à la manière d'un narcotique.
Lauderer fait digérer les portions intérieures des bulbes bien écrasés avec l'acide sulfurique étendu; il fait bouillir le liquide filtré jusqu'à ce qu'il soit réduit à la moitié de son volume, puis il le neutralise par la chaux et l'abandonne à lui-même pendant trois jours; il recueille ensuite et il dessèche le dépôt. Ce dépôt, bouilli avec de l'alcool, fournit une liqueur qui abandonne en s'évaporant une très-petite quantité d'aiguilles fortamères, insolubles dans l'eau et peu solublcs dans l'alcool. Ces aiguilles ont une réaction alcaline et neutralisent les acides, avec lesquels elles forment des sels cristallisables. Ces aiguilles fondent lorsqu'on les chauffe, en dégageant des vapeurs qui excitent la toux et sa carbonisent; mais elles ne laissent pas la moindre trace de chaux. Suivant Lauderer, ce produit ne s'obtiendrait pas avec la scille desséchée.
Malgré la divergence qui existe à propos de l'analyse immédiate de la scille, il est difficile de douter de l'existence d'un alcaloïde dans cette plante. MM. Marais et Lauderer sont, il est vrai, les seuls qui aient obtenu cet alcaloïde; mais leurs expériences sont précises, et d'ailleurs ils sont les seuls qui aient suivi un mode opératoire propre à mettre une substance alcaline en liberté. C'est donc à cet alcaloïde qu'il faut réserver exclusivement désormais le nom de scillitine.
SCILLITIQUE adj. (sil-li-ti-ke — rad. scille). Pharin. Qui est fait avec de la scille ou qui en contient : Vinaigre scillitiquë. Pilules
SCILLITIQUES.
SC1LLONTE, ville de la Grèce ancienne, dans l'Elide. Xénophon y écrivit une partie de ses oiivrages.
SC1LLOTE s. f. (sil-lo-te). Teehn. Vase dont on se sert pour puiser l'eau dans les Salines.
SCILLY (îles), archipel dWngleterre. V.