V. Gisknadius
SCOlabque s. m. (sko-lar-ke — du gr.
schotê , école; archos , chef). Nom donné anciennement aux directeurs do certaines écoles.
SCOLASTIQUE adj. (sko-la-sti-ke — du lat. schola, école). Qui s'enseigne à l'école ou de la manière usitée dans les écoles ; qui est en usage dans les écoles : C'est se coucher à terre que de s'assujettir à la méthode scolastique et sentencieuse dans une affaire de verve, de sentiment et d'enthousiasme. (Dider.)
Moi, toujours ferme et toujours laconique. Je rembarrais la troupe scolastique.
Voltaire.
— Qui a rapport aux écoles, à la méthode philosophique du moyen âge : La philosophie scolastique. La théoloijie scolastique. Des termes scolastiques.
— s. m. Philosophe ou théologien qui suit les méthodes UMtées dans les écoles du moyen âge : (luillaume d'Auvergne est te premier des scolastiques chez lequel on trouve une doctrine qui puisse porter te nom d'Averrhués. (Renan.)
Un scolaslique vain, cherchant a discourir, Cache la vérité loin de la découvrir.
Du Resnel. t
— A signifié Homme éloquent ou savant et a été donné comme surnom à plusieurs personnages : Sérapion h Scolastiqui:. Saint Jean Climaque le Scolastique.
— s, f. Enseignement philosophique propre au moyen âge, admettant de minutieuse-, arguties, de nombreuses distinctions, des dénominations multipliées dans les formes du raisonnement : On a enfin banni ta scolastique de tontes les chaires des grandes villes. (La Bruy.) Fille de la scolastique, la philosophie moderne est demeurée longtemps étrangère aux grâces. (V, Cousin.) Abnilard a été le fondateur de la SCOLASTIQUE rationnelle. (A. Michiels) La scolastique est bien loin de la morale. (Villem.) L'unité de lu scolastique eonsiste en ceci : sous les problèmes différents qui tour à tour ont occupé les esprits, il n'y a jamais euqu'une recherche, la recherche de l'être. (Haureau.) A part quelques individualités distinguées, l'école philosophique de Padoue n'est qu'une prolongation au cœur des tempsmodernés de la scolastique dégénérée. (Renan.) Les terribles in-folio de la scolastique tuent plus d'esprits qu'ils n'en nourrissent. (II. Taine.) Les Provinciales ont tué la scolastique en morale comme Descartes eu metuphysique. (Ste-lieuve.) Il Méthode philosophique quelconque reposant sur les mêmes principes, suivant les mêmes procèdes que la précédente : Le xvc siècle est l'ûijc de décadence de lu scolastique juive. (Renan.) L'horrible SCOLASTIQUE, avec ses articles de foi sans fin, fut toujours inconnue à la Grèce. (Renan.)
— Encycl. On appelle scolaslique cette forme de philosophie qui est essentiellement caractérisée par l'existence d'écoles où se concentrait la science et où se distribuait renseignement. Plus tard, depuis l'invention de l'imprimerie, on eut à eô:é des maîtres les livres anciens et modernes, et l'on put étudier seul; mais, au moyen âge, les manuscrits sont rares et hors de prix ; le seul moyen de s'instruire est de venir s'enrôler parmi les étudiants d'une université et d'assister aux leçons d'un maître renommé. Le nom de scolastique ne désigne donc pas un système plutôt qu'un autre, mais une méthode, et un état d'enseignement qui durèrent depuis la fondation des prentièi es écoles publiques par Charlemagne jusqu'à la lin du moyen âge, o'esl-àdire environ du commencement du ixc siècle à la moitié du xv<= siècle. Pendant cet espace de plus de six cents ans, la philosophie et la théologie s'apprennent et se transmettent oraleu.ent. 11 faut ajouter qu'elles s'enseignent presque toujours et parlo .t par voie herméneutique : le professeur prend un texte (Aristote ou la BiUe) et il le commente; c'est ce qu'on appelle légère in plùtosop/ua, in theologia, ut gramniatica, etc. C'est dans le cadre assez élastique ne ces lectures, de ces commentaires, de ces prxtectioiies que viennent se placer, avec plus ou moins d a-propos, les vues originales et les théories purueu-
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lières du commentateur. Par exemple, les nouveautés dogmatiques les plus hardies, : comme celles de Scot, d'Abailard, de Bérenger de Tours, de G. d'Ockam, se présentent sous l'apparence d'une glose ou d'une para- [ phrase ajoutée à tel passage de l'Ecriture, à telle phrase de la Bible, à telle ligne obscure d'Aristote ou de saint Augustin. |
Cette unité de méthode didactique est la seule que l'on puisse trouver dans le vaste et complexe développement de la scolastique. La longue époque qu'elle remplit peut se diviser en trois grandes périodes d'un caractère bien distinct; la première allant du txe siècle au xno siècle, jusqu'à l'introduction des œuvres presque complètes d'Aristote, traduites par les Arabes ; la seconde marquant l'apogée de la scolaslique (xiue et xiv« siècles); la dernière enfin, qui en est la rapide décadence, de la fin du xivo siècle jusqu'à l'ère de la Renaissance et de la Réforme.
Dans ces trois périodes, on pourrait dire que la scolastique s'est proposé un seul et même problème, mais graduellement agrandi et étendu. Ce problème, c'est l'analyse logique du langage. Au début, la science s'enferme dans les mots et dans des discussions purement verbales. Puis, peu à peu, on en vient à se demander quelle est la valeur des différents termes dont le langage se compose, on recherche quelle est la réalité objective des idées abstraites et générales; la question roule alors sur l'essence des universaux (v. ce mot). La théorie des genres et des espèces engendre la querelle, quatre ou cinq fois séculaire, des nominaux et des réalistes. De là deux systèmes opposés, deux philosophies tout entières; car, suivant le rôle qu'on attribuait aux universaux, on était nieii", par une suite de conséquences tres-logïques, ou à l'idéalisme absolu ou à l'empirisme, et la philosophie du moyen âge 11, pour ainsi dire, parcouru toute l'échelle des opinions intermédiaires entre ces deux termes extrêmes; elle a touché ainsi, à propos d'une question de langage et de dialectique, aux deux pôles de la pensée humaine. Chose curieuse, un philosophe néoplatonicien avait tracé, en une seule phrase, tout le programme d'étuue.s de ces s;x siècles. Nos lecteurs nous sauroi't gré de leur donner la traduction de cette phrase de Porphyre dans son lsagoge (introduction aux traites logiques d'Aristote), d'npiès le texte de Pori hyre et la version latine de Boëcé: * Je n'entreprendrai pas de dire: I» si les genres et les espèces subsistent réellement ou s'ils ne consistent qu'en de simples pensées; 2° à supposer qu'il; existent, s'ils sont corporels ou incorporels; 3° s'ils existent séparés des objets sensibles ou bien unis à ces objets et y résidant; ce problème est trop grave et exige des recherches trop étendues. » Voyons comment les scotastiques , plus patients que Porphyre, ont tâché de résoudre le fameux problème.
— Première période. Du îxe au xitc siècle. C'est dans les écoles fondées par Charlemagne que commencèrent les premiers débats, d'abord purement dialectiques, plus tard presque métaphysiques sur les universaux. Après les noms d'Alcuin et de Raban Maur, qui ouvrent les écoles, mais qui ne font guère plus, surgit, dès le ixc siècle, un nom vraiment grand, Jean Scot Erigène. Ce théologien savant, hardi et original mêle aux doctrines catholiques une sorte de panthéisme néoplatonicien et des théories dont la portée dépasse la plupart des esprits contemporains; c'est le patriarche du réalisme (v. ce mot); mais il faudra plusieurs siècles pour que ses successeurs retrouvent les conséquences qu'il avait atteintes du premier coup. Reini d'Auxerre est le seul qui approche de son maître. Au siècle suivant, Bérenger de Tours soutient le premier, avec grand éclat, la thèse empirique des noniiualistes , qui trouve son premier champion, au milieu ou xi« siècle, en Roscelin de Compiègne. Celui-ci refuse d'attribuer une réalité substantielle à tout ce qui est ou plus grand ou plus [petit que l'individu. Le noniinalisme, suspect d'hérésie, est éuergiquemeut combattu par saint Anselme, qui place les universaux en Dieu, Dès lors, les thèses des deux écoles contraires sont de plus en plus nettes et peuvent s'exprimer ainsi ; les nominalistes disent : 0 11 n'y a de réel' que l'individu; » les réalistes : « Il n'y a de réel que l'universel. »
A partir de saint Anselme et grâce it la grande autorité de son exemple, le réalisme et la théologie orthodoxe vivent en bonne intelligence jusqu'au milieu de xn" siècie. On ne s apercevait pus encore que, s'il n'y a d'autres substances réelles que celles qui sont universelles, la personnalité humaine ainsi que toutes les existences finies se confondent et s'annihilent en Dieu; Dieu est alors la substance une et commune dont tous les êtres sont les mud.lications passagères. Ces conséquences lugiqiies sont tirées, mais en un langage mystique, par Uildcbert de Layardui. Dans les premières années du xue siècle, Guillaume de Ohampea'ix e>t le grand théoricien du réalisme; il définit l'espèce «une seule substance divisée en plusieurs personnes. » Chaque personne n'est que l'individualisation spéciale d'un type générique. Adelard de Datii modifie et foriuie lu réalisme par la thèse de la iion-diiference. Enlin vient l'homme de génie qui devait éclairer toutes ces discussions ténébreuses, Pierre Abailard.
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L'illustre et malheureux philosophe du Paraclet est le fondateur du conceptualisme, qui n'est proprement qu'un système inixteentre le noniinalisme et le réalisme. Contre les nominalistes purs, Abailard soutenait que les universaux sont quelque chose de plus que des mots, quelque chose que l'esprit conçoit et qui a ainsi une existence intellectuelle. Contre les réalistes purs, il rejetait l'hypothèse d'une nature essentiellement identique dans tous les individus d'un même genre et d'une même espèce; l'espèce, pour lui, est une collection d'individus différents par la forme propre de chacun, mais semblables quant à la matière, et la matière de chaque individu n'existe nulle part qu'en lui. Ainsi l'humanité se trouve également dans Socrate et dans Platon, parce que l'humanité de Socrate est semblable à celle de Platon, mais elle ne lui est pas identique, et l'humanité en général n'est qu'un concept sous lequel on comprend une multiplicité d'essences semblables, mais non identiques. Malheureusement, comme il arrivait presque toujours aux philosophes du moyen âge, à ces prémisses philosophiques s'ajoutaient des conclusions théologiques qui heurtaient, sur tel ou tel point, l'orthoduxie catholique ; Abnilard, par exemple, la blessa par certaines théories sur la Trinité, et l'on sait les persécutions que son hérésie lui valut. Saint Bernard, qui l'avait fait condamner, poursuivit de même le plus illustre de ses disciples, Gilbert de. La Porrée, le plus grand dialecticien, peut-être, de tout le moyen âge, qui régénéra le réalisme par sou l'raité des six principes et sa révision de la liste des catégories d'Aristote. Ainsi, au milieu du xil* siècle, le réalisme a échoué, comme le noininalisme avant lui, dans l'entreprise de fonder une philosophie orthodoxe. Dès lors, ou commence à reconnaître et à dire tout haut dans l'Eglise ce qu'avaient pressenti quelques théologiens, c'est que toute philosophie est incompatible avec la saine doctrine catholique et que le plus prudent est de s'en abstenir. L'école de Saint- Victor, par deux hommes remarquables , Hugues et Richard de Saint-Victor, représente le mysticisme, qui, désormais, tendra à se substituer à la recherche rationnelle de la vérité; tandis que, désespérant d'y atteindre par aucune voie, Pierre Lombard, dans son fameux livre des Sentences, se borne à donner, avec une sorte de scepticisme prudent, le manuel de la théologie orthodoxe purgée de toute prétention à l'originalité ou à l'indépendance. La philosophie, à la fin de ce premier cycle, semble donc bien morte.
— Seconde période. Du xiiio au xivo siècle. Les hérésies dont n'avaient pu se préserver ni les nominaux ni les réalistes ayant fait interdire et mettre en suspicion toute espèce de philosophie, le mouvement philosophique semblait pour longtemps étoull'e, et ii l'eût été, en etfet, sans un événement qui vint ouvrir à la pensée et à l'Egitse de nouveaux horizons. Les croisades, qui venaient de mettre en contact l'Europe et l'Orient, eurent, entre autres résultats heureux, celui de nous faire connaître la philosophie arabe. Depuis quatre ou cinq siècles déjà les Arabes commentaient Aristote, mais eu l'interprétant, en l'altérant par des théories empruntées au néoplatonisme alexandrin. Al Keudi, Al Farabi, Avicenne ( lbn-sjina ) , Algazel (Gazali), Aveinpaee (Ibn-Bàlja), Tofaïl, l'auteur anonyme du Liber de cuusis, enlin le plus célèbre de tous, Averrhoos (lbu-Rosch), voulant éviter le dualisme où Aristote s'est arrêté, s'efforcent de le corriger par le système de l'émanation et cherchent à combler l'abîme qui sépare tous les êtres de Dieu en multipliant les entités intermédiaires. De litleur théorie des sphères ou intelligences u'ordre moyen, dont chacune est la réalisation d'un idéal ou d'un type pensé par l'esprit divin. Quand les livres u'Aristote, accompagnés de ces commentaires plus originaux que fidèles, arrivèrent en Europe, ils produisirent une véritable révolution dans les esprits et rendirent à la philosophie, un moment éclipsée, plus d'éclat que jamais. On apprit tout à coup que les écrits d'Aristote connus jusque-là et composant ÏOrgaiion ( v. ce mot) n'étaient qu'une faible partie de l'œuvre de ce philosophe. Des juifs espagnols traduisirent d'arabe en latin la Physique, le Traité de l'âme, la Métaphysique, VJilhique à Nicomaque, la Politique, les deux Analytiques. C'en était assez et plus qu'il ne fallait pour transformer la science. L'enthousiasme u'abord fut unanime. Les prêtres et les docteurs les plus orthodoxes accueillirent sans défiance ce nouvel Aristote et même quelques-unes des paraphrases orientales qui l'accompagnaient. On espérait en tirer de nouvelles preuves à l'appui de la doctrine chrétienne. A partir de ce moment, ou divise la philosophie agrandie en truis parties : logique, physique et. métaphysique; et ce fut naturellement dans ce dernier domaine, rouvert par Aristote, que les questions se transportèrent bientôt; à la discussion dialectique et presque grammaticale où l'on s'était trop longtemps confiné vont succéder des discussions de principes. On a mieux conscience désormais île la gravité des problèmes et de la portée des diverses solutions. Ainsi la question des universaux se transforme en se rattachant désormais directement aux deux plus grandes questions que l'esprit humain puisse se poser :
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1 la personnalité humaine et la liberté divine. Mais en face de tant de richesses nouvelles soudainement découvertes, on ne put ' éviter un premier moment d'enivrement et ! de hardiesses téméraires. En se plongeant avec passion dans les livres arabes, plusieurs esprits, même parmi les meilleurs, se laissèj rent séduire par ces doctrines panthéistiques voilées de tant de subtilités mystiques et de tant d'abstractions métaphysiques. Amaury ! de Bène et David de Dinant attirent les premiers l'attention et les foudres de l'Eglise sur ! leurs hérésies, qui n'étaient que l'expression franche et entière d'un réalisme conséquent I avec lui-même. La tradition nous a conservé j la phrase significative qui résumait ce réa- I Usine absolu : Ornnia uiium, quia quicquid est est Deus (Tous les êtres ne sont qu'un, parce que tout ce qui est est Dieu). Il faut lire dans Césaire le récit naïf de l'horreur qu'inspirèrent ces maximes hétérodoxes ; eile fut si profonde que la philosophie en général fut de nouveau déclarée suspecte et les oeuvres d'Aristote, ou du moins les traductions arabes d'où étaient sorties ces doctrines détestées, furent interdites pour trois ans dans l'Université do Paris. C'est à force de modération, de sagesse et de piété que le docteur des docteurs, Alexandre de Haies, parvint à regagner la cause, en apparence perdue, du réalisme mitigé. Apres lui, Albert le Grand, penseur et savant vraiment digne de son surnom, remet en honneur les écrits d'Aristote en les abordant non pas par fragments, mais dans leur ensemble. 11 tire de ï'Ùrganon d'Aristote, et il complète par ses propres études, une théorie des universaux d'après laquelle il faut distinguer sous ce nom trois classes d'idées de nature et de valeur différentes, savoir : les unioersalia ante rem, c'est-à-dire les principes; les univenalia in re, c'est-àdire les essences; enlin les wiiuersafia post rem, c'est-à-dire les simples qualités des objets. Il distingue en o.itre les substances premières ou individus et les substances secondes ou espèces. On voit que ce système est un essai d'éclectisme. Un des principaux mérites d'Albert le Grand est d'avoir, sinon résolu, du moins posé la question des rapports entre l'intelligence et la volonté et d'y avoir cherché l'explication de la personnalité humaine. La doctrine ébauchée par le génie d'Albert le Grand s'achève entre les mains de sou illustre disciple, dont le nom a fini par éclipser le sien, saint Thomas d'Aquin. Creusant davantage le problème de la nature de l'être eu général, Thomas admet, comme sou maître, que les êtres existent à la fois comme individus et comme espèces; et, sans pousser les ressemblances qui eonstttuoutl'espece jusqu uy voirl'identi té substantielle des individus, il admet que l'espèce établit entre les individus qui la composent une communauté réelle de nature. Eu psychologie, Thomas, généralement fidèle au peripatétisine, admet la théorie des idéesimages gravées dans le sensoritan emomune; il ne voit dans les idées générales que des idées encore indéterminées qui iront se précisant et se limitant à mesure qu'elles deviendront plus particulières. En logique, il définit la venté adxquatio rei tt iutellectus et se borne à développer minutieusement les théories d'Aristote. En physique, it examine surtout les concepts de matière et de forme et no fait consister l'itidividuation ni dans la matière, ni dans la forme, ni dans leur union, niais dans un aeti primitif et créateur de l'intelligence divine. En morale, Thomas, maître des casuistes, rattache etroiieinent la vertu à la grâce et s'enfonce dans dos subtilités plus Uieologiques que philosophiques. Enlin eu théodieee, tout eu admettant la supériorité de l'ordre do foi sur l'ordre de raison, il entreprend de démontrer plutôt par la preuve aristotélique du mouvement que par la preuve ontologique de saint Anselme l'existence de Dieu et ses attributs.
Tandis que les dominicains se groupent autour de saiiitThomas, les franciscains formait une école rival-, qui devait durer avec sus caractères propres jusqu'à la tin du moyen âj;e et qui représento en général le mysticisme dans son opposition à toute philosophie rationaliste. Le fondateur de cette école nouvelle, qui fait revivre avec plus d'éclat celle de Saint-Victor, est Jean de Eidcnz.i, plus connu sous le nom de saint Bonaveiiture. Rjpudiant l'autorité de la raison, le Docteur seraphique n'attend la science et le salut quo de deux sources, la grâce commune, qui produit la foi, et la grâce particulière, qui produit l'extase. L'amour et la vie contemplative le préoccupent beaucoup plus que la questiun tles universaux et celle du principe iiidividuant. Apres Bonaveiuure , l'école franciscaine trouve un autre représentant , Jean Duus Scot, qui serait peut-être le premier des penseurs du moyen âge si son œuvre n'avait été interrompue par la mort qui le frappa à trente-quatre ans. Duus Scot agrandit singulièrement le cercle du débat scolaslique. Sur le point spéei..l des universaux, il est réaliste, mais en admettant que la substance est un tout réel composé de parties re.-llei aussi, que, par exemple, l'espèce et l'individu sont deux réalités d'inégale étendue. Mais c'est surtout dans ses iuues sur Dieu cl sur l'origine des choses que Duns Scot fut Original. Au système de saint Thomas, qui reposait sur l'idée d'être, Scot oppose un système fondé sur l'idée de cause. L'esprit de cotte
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nhiloscphie est de tout résoudre en volonté; l'esprit, disons-nous, car la lettre est hérissée de sultilités et d'obscurités qui la rendent souvei t pic-que impénétrable. Il est d'autant plus regrettable que cette pesanteur de forme;, scolastiques nous cache à demi la pensée de Scot, que cette pensée, là où elle est claire, a une portée cai.itale. En voici les points principaux : il n'admet pas que l'être en soi. l'être général, soit Dieu. Dieu est'une cause absolument libre, agissant sans autre règle que soi-même. Dieu, à proprement parler, e^l une volonté souveraine et partant souverainement libre. L'âme humaine, qui est faite h son image, peut nous en donner une idée affaiblie; or, d'après Scot, et contrairementaux théories qui font de l'âme une chose pensante, l'aine a son essence [suam particularitatem) dans la force ou énergie volitive qu'ellis reçoit en puissance du Créateur et qu'elle doit faire passer elle-même à l'acte. En Dieu cette distinction de la volonté en acte e t en puissance n'ayant pas lieu, la volonté y est absolue; Scot n'admet pas même qu'on la subordonne ou qu'on l'enchaîne il 1 intelligence. La seule réponse qu'il permette à tou'.es les questions sur l'origine ou la nature des choses, c'est : Quia voluntas est vo- Iwitai. La volonté créatrice étant libre, la création est contingente, et les principes mêmes que nous considérons comme des lois de la nature nécessaires, absolues, éternelles, ne le sont que d'une manière dérivée et parce qu'il x plu à Dieu qu'il en fût ainsi. L'originalité de toutes ces vues, dont quelques-unes sont si neuves, était trop grande pour ne pas dépasser la portée d'esprit des contemporain;:. Les disciples ne recueillirent guère du maître que sa forme, qui est rebutante d'abstractions; et les scotistes sont, de tout le moyen âge, les plus féconds inventeurs d'entités Leur lutte contre les thomistes finit par se perdre en desquerelles oiseuses, qui eurent au moins ce bon effet de discréditer enfin ces intei minables logomachies syliogistiques.
Avant de quitter cette période et l'école fran fiscaine , nommons encore un génie étrange qui lui appartient et qui excita d'abord un enthousiasme européen, Raymond Lulle, qui imagina de réduire toute la science humaine à un petit nombre de combinaisons et do reproduire tout le mécanisme de l'intelligence dans cette espèce de machine à penser qu'il appelait ars magna et qu'on appelle aujeurd'hui une folie.
— Troisième période. Décadence de la scolast'que, de la fin du xive siècle à la Renaissante. La réaction contre l'abus de la dialectique et des vaines abstractions avait déjà coir menée dans quelques esprits au plus fort du moyen âge. Gerbert d'Aurillac avait, au milieu même des ténèbres de l'an 1000, donné l'exemple d'étudier les sciences exactes et surtout les sciences de la nature de préfêreiue aux stériles discussions de l'école. Au xiii- siècle, un autre moine illustre et, comme Geibert, suspect pour sa science de commerce avec le diable, Roger Bacon, inaugurant déjà l'œuvre de son illustre homonyme, rappelait, mais en vain, les esprits, alors tout pleins d'entités, il l'étude de ce qu'il appelait le irand livre, c'est-à-dire l'univers. Ses expériences, ses découvertes, sa vie entière coi sacrée à des travaux d'alchimie, comme ou l'appelait alors, sont encore une leçon peidue pour son temps, qui semble lui répondre : « Le moindre syllogisme vaudrait mieux que tous ces alambics. » Au siècle suivant, un vrai philosophe, le prince des nominaux, arrivant plus tard et plus à propos, put se faire mieux écouter. C'est Guillaume d'Oecuin, qui allait mettre fin aux longues disputes du nominalisme et du réalisme en étant ég ilement à tous deux leur point d'appui. Ces deux systèmes, en effet, reposaient sur cette hypothèse que, dans toute idée, il y a une réalité concrète, résidant quelque part. De là toutes ces questions : que sont ces réalités, où sont-elles, comment se combinentelles entre elles et avec les individus? Guillaume d'Occam enleva aux combattants tout leur arsenal de preuves en disant : » Les id'îos ne sont que des idées, c'est-à-dire des opérations de l'esprit qui ne laissent nulle part aucune trace substantielle. La théorie des iilees-images de saint Thomas matérialise à tort les concepts abstraits, qui ne sont riuii de plus que l'acte même de la pensée. A'i/til prxter intellcctum et rem cognitam : il n'y a aucun intermé.iiairc entre l'esprit qui Ci unaît et la réalité qui est connue. Donc espaces sensibles, espèces intelligibles, genres, ty pes, idéaux, universaux, tous ces mots ne désignent que de simples rapports qu'il ne ft ut songer à substaiKuiiiser ni en nous, ni dans le monde-, ni en Dieu. Cette théorie, qui e:.t celle du pur spiritualisme, était destinée à donner le coup de grâce à la scolastique. L'invention de l'imprimerie eh précipite la dJcadence. Que<ques questions secoimaires, principalement le déterminisme de Buridan, p issiounent encore les écoles, mais n'ont plus le retentissement universel des luttes du siècle passé. Le dernier philosophe proprement dit qu'on puisse encore ranger parmi J ;s scolastiqurs est Raymond de ûéboude, ( ue tout le monde connaît par Montaigne et i ni s'efforce de faire une théulogie naturelle lundée sur ce principe, que le critérium de la vérité se trouve dans sa valeur morale, que, 1 ni- conséquent, le christianisme, offrant les
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solutions les plus conformes aux besoins moraux de l'homme, offre aussi les solutions les plus vraies.
De la philosophie scolastique la seule branche qui conserve encore quelque vigueur, c'est précisément celle qui s'écarte le plus du tronc commun, l'école mystique, qui trouve trois grands représentants dans la seconde moitié du xivc siècle et au commencement du xve : Tauler de Strasbourg, qui s'efforce d'éviter le panthéisme tout en réduisant la science à l'extase et la vertu à l'amour ; J. Ruysbroeck, qui trace le tableau des trois vies de l'homme, vie active, vie affective et vie contemplative, celle-ci donnant seule la vraie connaissance de Dieu ; enfin, Jean Charliur ou Gerson, homme de cœur et d'action, qui, après avoir employé sa vie avec le plus noble dévouement k soulager les maux de la France sous Charles VL et à rétablir la pureté primitive de l'Eglise, prêche un mysticisme doux et modéré. Sa théorie des facultés de l'âme, qu'il divise en vis cognitiva (sensibilité, raison, intelligence) et vis affection (appétits charnels et appétits raisonnables), est couronnée par ce qu'il appelle la syndérèse , c'est-à-dire le déchirement de
1 iluie, d'où résulte la dilectio exlatica, l'amour dans l'extase, le plus haut terme où notre urne puisse atteindre dans ses progrès vers Dieu.
Ce résumé général peut suffire à laisser entrevoir la richesse et la profondeur réelle de la pensée philosophique au moyen âge malgré des formes pédantes et barbares. Méprisée et ignorée au xvue et au xvmc siècle, la scolastique a été, pour ainsi dire, exhumée et remise en honneur de nos jours. Sans doute un double vice de méthode frappait d'avance de stérilité presque toutes les œuvres de cette philosophie, nous voulons dire d'abord su subordination à la théologie, ensuite son attachement exclusif à la forme interprétative qui, en aiguisant la subtilité de l'esprit, linitpar habituer ceux qui s'y livrent à ne plus penser par eux-mêmes, mais à raffiner sur les pensées d'autrui. Il n'en est pas inoins établi aujourd'hui, par tous les travaux de l'érudition contemporaine, que les grands problèmes examinés au moyen âge sous des noms et dans un langage si bizarres étaient précisément les mêmes que la pensée humaine a de tout temps agités avec passion. La période scolastique ne doit donc pas être considérée comme un temps d'arrêt dans le développement de la civilisation générale, pas plus que dans l'histoire de ia philosophie. Une forte discipline, une trempe vigoureuse, l'acuité de la pensée, la profondeur de la réflexion, la préoccupation des rapports de la philosophie avec la morale et la religion, enfin une aptitude toute nouvelle au raisonnement et à la discussion précise : tels sont les avantages que l'esprit philosophique a gardes de son passage à travers cette prétendue époque de barbarie, qui n'était barbare que de langue et d'apparence. On se convaincra de l'importance de la période scolastique en parcourant les nombreux et doctes ouvrages dont elle a été récemment l'objet. Citons seulement, parmi ceux dont nous nous sommes inspirés, outre les histoires générales de Tennemann et de Ritter, le remarquable ouvrage de M. Hauréau : Sur la philosophie scolastique , couronné par l'Académie ( 1S50 ,
2 vol. in-8°) ; les trois savants volumes de M. X. Rousselot, Etudes de la philosophie dans le moyen dye (1SJ2), enfin le livre de M. de Rémusat, Abuilard (1845).
SCOLASTIQUEMENT adv. (sko-la-sti-keman). Dans la manière scolastique : Discuter
trop SCOLASTIQUKMKNT.
SCOLÉCIASIE s. f. (sko-lé-si-a-zl — rad. scàlêx). Pathol. Maladie causée par les vers.
SCOLÉCITE s. f. (sko-lé-si-te — du gr.
skêlêx, \ er). Miner. Syn. de labradorite.
SCOLÉCOBROTE s. m. (sko-lé-ko-bro-te — du gr. nkàtùkoivôttis, rongé de vers). Entoni. Genre d'insectes coléoptères tétrainères, de la famille des longicornes, tribu des cérambycins, dont l'espèce type habite l'Australie.
SCOLÉCODE adj, (sko-lé-ko-de — rad, scotêx). Zool. Qui ressemble à un ver.
— Pathol.Qui est occasionné par les vers.
SCOLÉCOLOGIE s. f. (sko-lé-ko-lo-jî —du gr. skàtêx, ver; logos, discours). Méd. Traite sur les vers.
SCOLÉCOLOGIQUE adj. (sko-Jé-ko-lo-ji" ke — rad. scolécologie). Méd. Qui a rapporta la seoléeologie.
SCOLÉCOPHAGE s. m. (sko-lé-ko-fa-je — du gr. s/colèx, ver ; phago, je mange). Ornith. Syn. de quiscale, genre d'oiseaux d'Amérique.
SCOLÉCOFHIS s. m. (sko-Ié-ko-fiss — du gr. skotex, ver; ophis, serpent), Erpét. Genre de reptiles ophidiens", de la famille des couleuvres.
SCOLÉLÈPE s. m. (sko-lé-lè-pe — du gr.
skôtèx, ver; lepis, écaille). Annél. Genre d'aniiélides, de la famille des anciens.
SCOLÉTOME s. m. (sko-lé-to-me — du gr.
skàlê.c, ver; tnmê, section). Annél. Genre d'annélides, de la famille des anciens.
SCOLEX s. m. (sko-lèks — du gr. skôtèx, ver). Annél. Nom donné aux massettes, genre de vers. Il Ténia des poissons et des oiseaux aquatiques, dans l'état agame.
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— Encycl. Un naturaliste allemand, Otto- Friedrich Muller, avait employé ce nom pour désigner des vers cestoïdes de poissons, souvent appelés massettes par les auteurs; il avait fait de ces animaux un genre à part. Mais on a reconnu depuis qu'ils étaient seulement une des transformations des vers cestoïdes. Van Beneden a conservé ce mot, mais il l'emploie pour désigner la phase correspondante du développement de beaucoup de vers, de polypes, etc. Le scolex représente donc la période agame du développement des aniviaux précédents ; ce scotex donne naissance,'plus tard, à ces individus sexués, et cela par divers moyens, suivant les genres. Ils naissent par gemmation chez les tunieiers, par scission chez les naïs, par segmentation chez les cestoïdes, et peut-être même palgenèse chez les distomiens. (Douve.)
Le scolex est souvent l'embryon même de l'ovule arrivé à l'éclosion ; tel est le cas du scolex des tunieiers. Souvent aussi c'est la progéniture d'un embryon agame sorti do l'œuf: c'est cet embryon agame qu'on nomme protoscolex ou proscolex; ce fait s'observe chez les distomiens {distoma lancentata), les cestoïdes (txnia soUaw, bothrioccphalus lattis). Ce ternie de scotex a été remplacé souvent par celui de deutoscolex, préférable au premier, citr il indique ce fait que le scotex est dans le plus grand nombre des cas un pfroduit de deuxième génération.
Le scolex se développe donc aux dépens du protoscolex, qui diminue et meurt après une vie très-courte chez les distomiens et les ténias; sa durée est plus longue chez les cestoïdes cystiques ou vôsiculaires.
Le scolex n'apparaît pas de la même manière chez tous les helminthes; chez les distomiens, il se montre d'abord au milieu du Corps du protoscolex sous forme d'une vésicule allongée, sans cils vibratiles, se développant vite et se prolongeant quelquefois en queue recourbée en dessous.
Les médecins avaient autrefois observé ces scolex, bien longtemps avant de connaître leur vraie nature ; ils leur avaient donné les noms de sporoeystes, vers cyiindriformes, vers jaunes et tubes geriidiiutit'.-. Leur forme est excessivement variable suivant qu'on les considère chez un animal ou chez un autre, ces deux animaux fussent-ils d'ailleurs assez voisins. Leur développement est ti es -rapide; une fois qu'ils sont sortis du protoscolex, la tête se distingue bien du tronc, et dans l'intérieur de celui-ci se montre l'intestin, présentant à sa partie antérieure uu bulbe propre à la succion.
Chez certains distomiens, chaque scolex engendre directement dans son intérieur, par niétiigénèse , des scolex semblables k lui et des animaux plus parfaits qui doivent donner des animaux parfaits ou proglotlis. Il est des distomiens chez lesquels le protoscolex engendre directement par againie des embryons représentant seulement des types du genre proglottis, supérieure et dernière évolution. Ces embryons agames sont généralement assez nombreux.
Si nous examinons maintenant les vers cestoïdes, nous verrons la vésicule protoscolex donner naissance parmétagénèse à plusieurs scolex.
Ce sont les animaux que l'on désigne sous les noms de cœnures ou à' èchinocoques qui naissent dans des conditions anomales. Dans les. conditions normales, c'est un seul ténia qui prend naissance ; il faut pour cela que le cestoïde soit placé dans un nùlieu convenable, c'est-à-dire dans le tube digestif.
Dans ce cas, le scolex représente une tête de ténia, vivant librement dans les mucosités intestinales, ou dans les tissus, c'est le cas des cysticerques. Au milieu du scolex, on voit la trompe avec ses crochets; sur ses côtés apparaissent quatre éminences prenant la forme de ventouses ou d'appendices variés, nommés bolhridies, selon les espèces ou les genres. Sur presque toutes les espèces on trouve une ou deux couronnes de crochets ; les boihridies et le tubercule médian peuvent s'envaginer dans la vésicule protoscolex ou dans le cou ; c'est là ce qui explique les changements de forme si nombreux que l'on observe chez ces animaux. « La vésicule protoscolex pleine de liquide et chargée d'une ou plusieurs têtes avec un col plissé constitue l'hvdatide des anciens auteurs; on peut du reste la rencontrer parfois à l'état d'aeéphalocyste, c'est-à-dire sans qu'il y ait encore de scolex développé à sa surface. ■ (Robin.)
Ou désigne toujours sous le nom de scolex l'individu qui donne naissance par gemmation à des individus sexués; quelquefois c'est l'embryon même qui sort de l'œuf; alors l'état de protoscolex manque le plus souvent; le scolex au contraire a été produit par un individu antérieur, qui est le protoscolex, ou embryon sorti de l'œuf; c'est là ce qu'on peut observer chez les distomiens. Il y a aussi des polypes qui, comparés à d'autres animaux de celte classe, fournissent des œufs dès qu'ils sont arrivés à l'état de scolex, sans offrir la forme de proglottis médusaire que présentent des genres voisins. C'est là le eus ues hydres observées par Tremblcy. Il en est d'autres enfin qui au sortir même de l'œuf deviennent semblables à leur mère. Lutin, dans presque tous les ordres, il y a des dissemblances assez profondes dans le mode d'évolution.
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SCOLEXÉROSE s. f. (sko-lè-ksé-ro-ze).
Miner. Syn. de ilabradouite.
SCOLÉZITE s. f. (sko-lé-zi-te). Miner. Silicate double d'alumine et de chaux.
— Encycl. La scolézite, successivement appelée iitesutt/pe, zéalithc rayée, mésolillie, œdélit/ie, etc., est une substance ordinairement blanche, cristallisant en prUine droit à base carrée, ne rayant pas le verre, d'une densité égale à 2,25. Comme composition chimique, c'est un silicate d'alumine et de chaux, avec des traces de soude et un équivalent d'eau. Elle se dissout eu gelée dans les acides, se fond difficilement en verre huileux et donne de l'eau par la eaieiiiation. Elle présente les variétés suivantes : cristallisée, elle est en prismes carrés terminés par des pyramides à quatre faces; aciculaire, en cristaux minces ou en aiguilles groupées diversement en gerbes ; capillaire, en filaments isolés ou entremêlés. La scolézite appartient aux terrains d'origine ignée. On la trouve en Auvergne, dans le Vi aurais, les Hébrides, les îles Eéroe, à la Guadeloupe, en Islande, etc.
SCOLIASTE s. m. (sko-li-a-ste — rad. scolie). f hilol. Commentateur, celui qui fait des scolies ou remarques sur un ancien auteut classique : Les scomastes d'Homère, de Virgile. Alexandrie vit naître les premiers et les plus célèbres scoliastisS, dont les études furent d'abord dirigées sur les textes d' Homère. (Volt.) Daeier et son épouse étaient des traducteurs et des scoliastes très-utiles. (Volt.)
SCOLICOTRIC s. m. (sko-li-ko-trik — du gr. skôtèx, ver; thrix, poil). Bot. Genre de champignons qui croissent sur les branches d'arbre en décomposition.
SCOLIE s. f. (sko-lî — du grec scholion, note, dérivé de scholê, loisir, parce que dans l'origine ce n'étaient que de petites notes que les lecteurs, dans leurs moments de loisir, consignaient sur la marge des manuscrits. Le grec scholion a produit le verbe scholiasein, faire des notes, d'où scholi'aslês, annotateur, en français scoliasie). Philol. Note grammaticale ou critique destinée à servir à 1 intelligence du texte des auteurs anciens, particulièrement des Grecs : Les marges de Sophocle et d'Aristophane sont couvertes de scolies. (Renan.)
— Littér. Chanson de table des anciens Grecs, qui était quelquefois d'un genre élevé : Le chant de Callistrale sur hurmodius et Aristogiton est une scolih. (Complém. de l'Acad.)
— s. m. Mathém. Remarque qui suit un théorème démontré ou un problème résolu : Premier, second, troisième scolie.
— Encycl. Philol. Les scolies furent, dans l'origine, de petites notes critiques portant sur quelque difficulté de grammaire ou de prosouie, sur quelque point curieux et controversé de philosophie ou d'histoire, que les savants écrivaient en marge sur les manuscrits des auteurs classiques, surtout des classiques grecs. Nous donnerons pour exemple les scolies sur Homère et celles sur Pindare. Les scolies sur Homère, composées par de nombreux critiques et grammairiens grecs, dont les plus connus sont Aristarque, Didytne, Apollonius, Aristonicus, Apion, Longin, Porphyre, Nicanor, sont dispersées dans divers manuscrits; il n'en existe pas de collection complète. Les plus utiles sur l'Odyssée ont été publiées en is.21, à Berlin, p'ar Buttmunn, qui les a empruntées principalement au recueil donné en 1819 par A. Mal, d'après un manuscrit de Milan. Les meilleures scuties sur Ylliade sont celles que Villoison publia en 1788, d'après un manuscrit du x*> siècle de la bibliothèque Saint-Marc à Venise. Elles dérivent de quatre sources aujourd'hui perdues : le trailé d'Aristonicus sur les signes critiques employés par Aristarque dans son édition de Ylliade et do YOdyssée; celui de Didynie sur l'édition d'Aristarque; la Prusodie homérique d'Herodien; le traite de Ntcanor sur la ponctuation de l'Iliade.
Les scolies sur Pindare proviennent d'Aristophane do Byzance, Aristarque, Cratès de Malles, Ammouius d'Alexandrie, Aristodènie d'Eiée, Mèuéerate, AaeLépiade, Aristonicus, Chteris, Denys de fhaselis, Denys de Sidon et surtout Didyme d'Alexandrie. A leurs travaux se joignirent ceux de quelques critiques moins anciens, tels que P.ilainede d'Eiée et Proclus, enfin ceux des critiques byzantins, Thomas Mugister, Manuel Moscliopule, Déiiiétrius Triclinius. Ces scolies ont ete insérées par Bœckh dans sa belle édition de Pindare, qui peut èire regardée comme définitive (Uèrlin, 1811-1S1S, 2 vol. in-4°). Elles sont surtout importantes pour l'étude des fragments du poète, qui sans cola ne présenteraient que des lambeaux inintelligibles.
Nous devons également citer, parmi les plus célèbres scoliastes , Jean Tzetzès et Kusthate, évéque de Thessalouiqne, qui tiorissaient tous les deux au xu« siècle. Jean Tz^tzes a éurtt un commentnire sur la Cassundra de Lycophron, qu'on a mis par mégarde sous le nom de son frère Isaacj'Eusthate, des commentaires sur Homère et sur Denys le Géographe. Toutefois, la scolie simple et substantielle ne suffisait déjà plus à ces auteurs; mais quelle plume, même la
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plus sage, n'est sujette parfois à l'intempérance?
L'étj'mologie même du mot scalie indique assez que ces remarques devaient être k !a fois neuves et justes, mais sobres et courtes. C'étaient quelques h"ures de ilé'assenierit prises sur des études longues et sévères, et réservées, consacrées a\ec bonheur, avec iimour à la collation, à la vérification d'un texte fautif ou douteux.
Malheureusement, les scolies, ou éclaircissements, réflexions, corrections, reinar- 3 lies d'une milité pratique et immédiate, 'une nécessité presque toujours incontestable, donnèrent bientôt naissance aux pesants, aux fastidieux, aux interminables commentaires. Les scolies imprimées vinrent à la suite du texte des classiques, ou bien continuèrent d'en orner les marges ; les commentaires rempliront exclusivement les trois quarts au moins de volumineux et despotiques in-folio, où, sans trop de désavantage pour soi-même, sans ingratitude ni ii révérence envers Scaliger, Ileinsius, Saunmise ou Casaubon, l'on peut assurément se dispenser de tout lire.
— LitLér. La scolie se chantait à la fin du repas, au moment où l'on faisait circuler de main en main une lyre ou un rameau de myrte. C'était le signal du chant pour ceux qui étaient poètes, pour ceux aussi qui savaient chauler les poèmes des mitres, s'ils ne savaient pas en composer eux-mêmes. Ils ne pouvaient se défaire de la lyre ou du rameau de myrte qu'après avoir ainsi diverti les convives. Souvent la scolie étuit improvisée; d'autres fois elle était une composition déjà connue et l'œuvre de quelque poète renommé, fresque tous les lyriques grecs, depuis Terpaudre jusqu'à Piudure, coin| osèrent, suivant le témoignage des anciens, d'admirables chansons en ce genre. Il ne nous reste rien, ou presque rien, des scolies de Terpandre, d'Alcée, de Sapho, non plus que de beaucoup d'autres. Nous connaissons celles de t.'allistrate, d'Hybrias et de l'induré. La scolie de Callistrate n'ait autre que la célèbre chanson en l'honneur d'Ilaruiodius et d'Aristogiton, les meurtriers d'Ilippanjuo : « Dans le rameau de myrte je porterai l'épée, comme Harmudius et Aristogiton, quand ils tuèrent le tyran et établirent l'égalité dans Athènes. Très-cher llaimodius, tu n'es point mort, sans doute : lu vis dans les Iles des bicnhe ,reux, là ou sont, dit-on, Achille aux pieds rapides et Dioniède, lilsdeTydée. Dans le rameau de myrte je porterai l'épéo, connue Harmodius et Aristogiton, quand, aux fêtes d'Athéné, ils tuèrent le tyran llipparque. Toujours votre renom vivra sur la terre, très-cher llarmodius et toi, Aristogiton, parce que vous avez tué le tyran et établi l'égalité duns Athènes. » La scolie d'Hybrias est la chanson d'un soldat qui ne voit rien au-dessus de lui-même, au-dessus de sa valeur et de ses armes : a Je possède une grande richesse, c'est ma lance et mon épee, et mon beau boucher long, rempart du corps. Oui, avec cela je laboure, avec cela je moissonne; avec cela je. foule le vin agréable que produit la vigne; avec cela j'ai des esclaves, qui m'appellent maître. Eux, ils n'ont pas le cœur d'avoir une lance, ni une épee, ni un beau bouclier long, rempart du corps. Tous tombent de frayeur et embrassent mon genou, en s 'écriant : maître! et grand rot 1 » Quant aux scolies de Pmdare, voici comment en parle un des historiens de la littérature grecque, M. Alexis Pierron : « Une de ces chansons, adressée au beau Tliéoxèue de Ténédos, nous est parvenue tout entière; une autre, sur les courtisaue's de Coriulhe, n'a que deux imperceptibles lacunes. Ce n'est point la tiorié guerrière d'Hybrias, encore moins la passion politique de Callistrate. Jl ne s'agit que de plaisir et d'amour. Je regrette que la nature même des sujets ne nous permette point de transcrire ici ces petits chefs-d'œuvre. On y verrai? Pindare sous un aspect bien différent de celui où nous sommes accoutumés à envisager le chantre des Hiéron et des Arcésilas. Le ton du poëte n'a plus rieu de la gravité dorieuiie. Piudare se montre à nous avec un enjouement gracieux qu'on chercherait en vain dans les odes triomphales et qui n'exclut ni les regrets mélancoliques, ni même une légère pointe d'ironie. Ou dirait qu'il se souvient d'Anacréou et de son sourire. •
SCOLIE s. f. (skô-11 — du gr. skoleos, disloque, tortu, du verbe skoiioo, dévier, qui représente la racine sanscrite skhal, dévier, tituber, tomber, et aussi tomber en faute, commettre une erreur, d'où le latin scetus, crime). En loin. Genre d'insectes hyménoptères, de la famille des sphégieus, type de la triou des scoliides, dont l'espèce type habite les endroits sablonneux de l'Italie et du midi de la France.
— Encycl. Les scolies sont caractérisées par un corps allongé et velu; la tête petite chez les uiàies, assez forte chez les femelles; les antennes épaisses, formées d'articles courts et serres ; les mandibules fortes, arquées, étroites, pointues; les palpes courtes, filiformes et, presque égales ; le corselet pres.que cylindrique, ironque en urrière, l'abdomen ovale et les pattes courtes. On ne connaît pas leurs métamorphoses. Les espèces ne oe genre habitent surtout les pays chauds ; l'Europe en possède uue vingtaine.
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On les trouve dans les lieux secs et ai l les, volant en plein soleil et butinant sur les fleurs. Elles sont généralement de grande taille. La scolie à front jaune, espèce type et la plus intéressante, est longue de 0m,03 à o«i,0.|, noire, avec le front jaune et des taches de cette couleur sur l'ab .omen. Elle habite le midi de la France, l'Italie et l'Espagne, et exhale une forte odeur de rose, comme le céranibyx musqué.
SCOLIE, ÉE adj. (sko-li-é — rad. scolie). Accompagné de scoli.-s : Texte Scolie.
SCOLIEN adj. m. (sko-li-ain). Métriq. anc.
S'est dit pour AMPHIBRAQUK.
SCOLIÈTE adj. (sko-li-è-te). Entom. Syn.
de SCOLUDE.
SCOL1ETTE adj. (sko-li-è-te). Entom.Syn.
de SCOLUDE.
SCOLIIDE adj. (sko-li-i-de — de scolie, et du gr. ideti, forme). Entom. Qui ressemble ou qui se rapporte k 1 i scolie.
— s. m. pi. Tribu d'insectes hyménoptères, de la famille des spbégiens, ayant pour type le genre scolie.
SCOLIOPHIS s. m. (sko-li-o-fiss — du gr. skulios, tortu ; ophis, serpent). Erpét. Genre de reptiles ophidiens, de la famille des couleuvres.
SCOLIOSE s. f. (sko-li-ô-ze — gr, skoliôsis ; de skulios, incliné; du v. skoiioo, dévier, qili repiésenie la racine sanscrite s/chat, dévier, tiiuber, uuiiber, puis tomber en faute, commettre une erreur, une faute, d'où le latin scetus, crime), Pathol. Déviation latérale de l'épine du dos.
— Encycl. Rarement la courbure est unique dans la scoliose ; presque toujours il existe trois courbures : une supérieure à convexité gauche, formée par les dernières vertèbres cervicales et les ueux ou trots premières dorsales; une moyenne tres-considérubto, à convexité droite, formée par la plupart des vertèbres dorsales, et eniin une inférieure peu marquée, à convexité gauche et constituée par ia dernière dorsale et les cinq lombaires. Les individus atteints deicoliose au premier degré sont dits contrefaits; au deuxième, ils sont bossus d'une manière très-prononcee. Ces distorsions latérales, les plus fréquentes ne toutes les déviations du raclas, reconnaissent pour causes : l'influence inifa-uleriiie, le rachitisme, les attitudes vicieuses habituelles, les travaux trop pémb;es pour lo premier âge, le développement de tumeurs lo long de la colonne vertébrale, dans le thorax ou dans l'abdomen, et enriii le développement incomplet, inégal des vertèbres. Les moyens hygiéniques pro, renient dits, la gymnastique et l'orthopédie doivent être employés séparément ou ensemble, mais ils ne réussissent pas toujours, ils sont généralement inutiles dans les cas anciens et lorsque les courbures anomales sont tres-caracterisées.
SCOLITE s. ra. (sko-li-te). Entom. Fausse orthographe du mot Scolytu : On trouve le SCOUTE sous les écorces. (V. ne Bomare.)
SCOLOBATE s. in. (sko-lo-bu-te — du gr.
skolios; tortu ; bateô, je inarche). Entoiii.
Genre d'insectes hyménoptères, de la famille
.des iehueumuniens, tribu des ichneumonides,
dont l'espèce type habile l'Europe centrale.
SCOLOBE s. in. (sko-lo-be — du gr. skolops, pieu, palissade;. Bot. Syn. do TIIER- MOPSis, genre d'arbrisseaux.
SCOLOCHLOÉ S. f. (sko-lo-klo^é — du gr. skotops, pieu; chloé, herbe). Bot. Syn. de ROSEAU, genre de graminées.
SCOLOPACE s. m. (sko-lo-pa-se). Ornith.
Autre forme uu mot scolopax.
SIOLOPACIDÉ, ÉE adj. (sko-lo-pu-si-dé — du lai. scotopax, bécasse, et du gr. ideu, forme). Ornith. Qui ressemble ou qui se rapporte a la bécasse.
— s. f. pi. Famille d'oiseaux échassiers, ayant pour type le genre bécasse.
SCOLOPACIN s. ni. (sko-lo-pa-saiii —rad.
scotopax). Ornith. Syn. de ramphocene ou de troglodyte, gtntcs d'oiseaux.
SCOLOPACINÉ, ÉE adj. (sko-!o-pa-si-nô — rad. scotopax). Orimh. Qui ressemble ou se rapporte k la bécasse.
— s. f. pi. Tribu de la famille des scolopacidées, ayant pour type le genre bécasse.
SCOLOPACION s. m, (sko-lo-pa-si-on — rad. scolopux). Bot. Syn. d'ÉRooioN, genre de gerauiacees.
SCOLOPAX s. m. (sko-lo-paks — mot la t. dérive du gr. skolopux, même sens). Ornith. Nom scientifique latin du genre bécasse.
SCOLOPENDRE s. f. (sko-lo-pan -die — du gr. skolopendiu, même sens). Myriap. Genre de myriapodes, de l'ordre des chilopodes, type de la famille des scolopendrides, comprenant uu grand nombre d'espèces, qui habitent les régions chaimes et lempeices Uu globe : La SGoLopENulii; einijulée est abondamment répandue dans tuul le midi de l'Europe. (H. Lucas.) Parmi les scolopendres, il y en a de iiiuif'uisuntes. (V. de Bornai a.)
— Aiinel. Nom vuigaire des néréides.
— Crust. Nom donné par d'anciens auteurs à un crustacé du genre monocle ou apus.
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— But. Genre de foug'-ies, de la tribu des polypochées, dont l'espèce type est tros-eoinmune dans toute l'Europe, il Nom vulgaire du cétérach, autre genre de fougères.
— Encycl, Myriap. Les scolopendres ont un corps comprimé et allongé, composé de vingt et quelques segments; les antennes longues, allant en diminuant de la base à l'extrémité; lesyeuxstemniauformes, au nombre de quatre de chaque côté. « Leur bouche, dit H. Lucas, est composée d'une lèvre qundriride,dedeux mandibules, de deux palpes ou petits pieds réunis à leur base et d'une seconde lèvre formée par une seconde paire de pieds d.latés, joints à leur naissance et terminés par un fort crochet percé sous son extrémité d'un petit trou pour la sortie d'une liqueur vénéneuse. » Elles ont encore des forcipules ou pieds maxillaires robustes ; le corps composé d'anneaux imbriqués, recouverts chacun d'une plaque cartilagineuse ou coriace; dos pattes nombreuses, courtes, disposées de chaque cote du corps, presque égales, il l'exception des dernières, qui sont plus longues.
Ces animaux, ayant le corps mou et llexible dans tous les sens, ont des mouvements vils et très-variés; ils courent avec agilité, fuient la lumière et se cachent sous les pierres, les pots, la terre, le fumier humide, les écorces d'arbres, les bois pourris, les vieilles poutres, les mousses, les feuilles sèches, entre les tissures des cloisons et quelquefois même jusque dans l'intérieur des habitations. Ils sont carnassiers et attaquent particulièrement les insectes mous, les larves et chenilles, les araignées, les cloportes, les lombrics, les limaces. Sous ce rapport, eu sont des animaux miles, qui rendent service à nos cultures, en détruisant un grand . nombre d'espèces nuisibles.
D'après buméiïl et d'autres auteurs, les scolopendres piquent les animaux avec leurs mandibules, dont la pointe est percée et d'où sort une humeur destinée à produire l'insensibilité de la victime. Lorsqu'on veut les saisir, elles se défendent et mordent vivement. Comme il survient une endure k l'endroit mordu, on a regardé les scolopendres comme venimeuses. 11 est vrai que leur morsure, surtout pour les grandes espèces exotiques, peut causer des accidents plus graves que Ci-Ile du scorpion; il n'est' pus démontré néanmoins qu'elle soit mortelle, et on la guérit assez prompteinent en la traitant par l'ammoniaque. Nos espèces indigènes produisent des morsures parfois assez douloureuses, mais sans danger.
Ou ne connaît pas encore très-bien le mode de reproduction des scolopendres ; on croit, dit U.iinénl, qu'elles vivent plusieurs années et qu'elles sont fécondées également plusieurs fois. Leurs organes sexuels sont intérieurs et situes, probablement, à l'extrémité postérieure du corps. Elles déposent leurs œufs par petits tas dans la terre ou sous les detr,tus végétaux. Les petits, en naissant, ont une couieur beaucoup plus pâle que celb des adultes, et le nombre de leurs anneaux s'accroît souvent avec l'âge. Ces myriapodes ont aussi des mues ou changements de peau et prennent des pattes en plus grand nombre, à mesure de leur accroissement.
Le genre scolopendre, malgré les démembrements qu'il a subis, renferme encore plus de cent espèces, la plupart exotiques. Aucune d'entre elles ne se trouve dans le nord de la Fiance. Nous rappellerons, seulement pour mémoire, la scolopendre des jardins, d'un roux ferrugineux, avec les antennes et les pattes velues, et ia scolopendre de Saoiyity, fauve, avec les antennes ferrugineuses. Ces deux espèces, assez communes aux enviions de Paris, où elles vivent dans les jardins, sous les pots et les feuilles mortes, uppaitiennent aujourd'hui au genre cryptops. Les scolopendres électrique ou fruyivore, de Walckenuer et à tenailles, qu'on trouve aussi dans la même région, font partie des genres géophile et lithobie.
La scolopendre mordante est longue de On',IO environ, d'une couleur ferrugineuse verdàtre, à segments carrés et aplatis; elle a au moins vingt paires de pattes, dutit les dernières beaucoup plus longues. Celte espèce, l'une des plus grandes et des plus redoutées, a une a.re géographique assez étendue; on la trouve dans le midi de la France, le nord de l'Afrique, l'Asie occidentale, ei surtout dans l'Inde, où elle atteint de grandes dimensions et cause de graves accident, si toutefois les individus que l'on rencontre dans ce pays doivent être rapportés à la même espèce.
Nous citerons encore, parmi les scolopendres proprement dites, la scolopendre de Oubrtel, grande espèce qu'où trouve quelquefois dans le midi du la France, mais qui est surtout commune en halte; la scolopendre ferruijineuse, roussàtre, à pattes jaunes, du noru de l'Afrique; la scolopendre violacée, d'un brun bronze brillant, avec lu tête et la queue rouges, qui vit au Cap de Bonne-Esperance; la scolopendre occidentale, d'Amérique, etc.
— Bot. Les scolopendres sont des plantes vivaces, à feuilles ou frutmes entières, lancéolée-, droites, cordifornies ou sagittees à la base, porta al a la face intérieure des sporanges disposes en groupes linéaires parallèles entre eux et ouliques par rapporta la nervure médiane; ceux qui iia.ssent sur les bifurcations voisines de deux nervures rap-
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proche» en une îmisse allungéc linéaire; l'iudusiuin est membraneux, continu d'un côté avec .a nervure secondaire, libre de l'autre côlé ; ceux des groupes qui constituent une masse simulent par leur rapprochement un iudiiMum bivalve. Les espèces très-peu nombreuses de ce genre croissent surtout dans les climats tempérés, aux endroits humides, et sont quelquefois cultivées dans nos jardins.
i La scolopendre officinale, appelée aussi langue de cerf o i herbe à la rate, est une p'ante vivace, à rhizome grêle, rameux,rougeàtre ; res frondes, toutes radicales et réttuit-s en toulTe, atteignent la longueur de 0m,35; elles sont oblongues, lancéolées, aigués, fermes, glabres, d'un vert foncé et lui-
i saut en dessus, plus paie en dessous. File présente, du reste, de nombreuses \anetcs,
! à frondes larges ou étroites, dentées, ondulées, crispées, quelquefois un peu charnues, d'autres fois bifurquées ou iniiltitides au sommet; les dimensions des groupes de sporanges présentent aussi de notables diffeiences. La scolopendre est abondamment lèpaimue dans les diverses parties de lEuropu; t lie croit sur les rochers humides et ombrages, les vieilles murailles, dans les grottes, les Assures des puits, etc. Le type de l'espèce
i n'est guère cultivé que dans les jardins botaniques; quelques vaiiétés sont recherchées par les amateurs, pour la bizarrerie de leur feuillage. Ces plantes se propagent facilement, soit par le Semis de leurs spores, soit plutôt par éclats de pieds, faits au prin-
I temps en terre de bruyère.
On emploie quelquefois en médecine les frondes de la scolopendre, vertes ou sèches; dans le premier cas, on peut les récolter toute l'année; duns le second, ou les coupe à l'automne, pour les faire sécher, ce qui ne piésente pas de difficulté; elles jaunissent alors, mais sans perdre sensiblement de leura propriétés ; l'odeur, herbacée à l'état frais, devient légèrement aromatique par la dessiccation. La plante est tres-itiucilugineuse et un peu astringente; on la vantait beaucoup autrefois comme vulnéraire, diurétique, Spleuique, hépatique, aperitive et fondante. On ta donnait contre la diarrhée, la dyssenleite, la jaunisse, les obstructions du foie et de la rate, ies palpitai ions du ctoi.r, ia graveile, les inllainiuuiion.s, les hémorragies, etc. Aujourd'hui, elle est beuucuup moins usitée, Si ce n'esl dans les campagnes ; ou la donne en infusion ou en décoction. On l'emploie aussi dans l'art \étèrinaire.
SCOLOPENDRELLE s. f. (sko-lo-pan-drè-le
— diiihii. do fCotopendre). Myriap. Genre de myriapodes, de la. famille des geupbiiides, Cuiiipiuiiant deux espèces qui Habitent lu France et l'Angleterre-.
SCOLOPENDRELLIDE adj. ( sko-lo-pandrèl-lt-du — ne scotopeudiette, et du gr. idan, forme). Myriap. Qui ressemble ou qui se rapporte a la soolopendrelle.
— s. f. pi. Famille de myriapodes, ayant pour type le genre scolopeudrelle et syn. de
GÊOPHIUDES.
SCOLOPENDRELLIN, INE adj. (sko-lo-
pan-drel-laui, i-ne — du rad. scotupeudrclle). Myriap. Syn. de scoloi-enûrellide.
SCOLOPENDRIDË adj. (sko-iu-pan-dri-]e
— de scolopendre, et du gr. idea, forme). Myriap. Qui ressemble ou qui se rapporte a la scolopendre.
— s. f. pi. Famille de myriapodes, do l'ordre des chilopodes, ayani pour type le genre scolopendre : t'fiî<(H^SCOLOPENlJttIDESÇ(i'fl;) partiiiiuieiit les plus grosses esp ces de chilopodes et celles dont ta morsure est le plus à craindre. (II. Lucas.)
SCOLOPENDRIE s. f. (sko-lo-pan-drî).Bot.
Syn. il.; scoloi'ENDRE, genre de fougères : La scoLOPiiNDmii est ;/t;u usitée aujourd'hui. (F. Foy.)
SCOLOPENDRIN, INE adj. ( sko-lo-pnndrin, i-ue). Syn. de scolopenuride.
— s. f. pi. Syn. d holotarses, ordre de myiiupodes.
SCOLOPENDRITE adj, (sko-lo-pan-dri-te).
Myriap. Syn. du scolopendride,
SCOLOPENDROÏDE adj. (sko-lo-pau-droi-de). Myriap. Syn. de scoLOi'iiNURinE.
— s. ni. Echin. Nom vulgaire de certaines astéries.
SCOLOPENDROPSIS s. m. (sko-lo-pandro-psiss — ce scolopendre, et du gr. ojisis, aspect). Myriap. Genre de myriapodes, du Toi dre des chilopodes et de la iUmiile des scolopendrides, dont l'espèce type habile la province de Bahia.
SCOLOPIE s. f. (sko-lo-pî — du gr. skotops, p a .). Bot. Syn. de PilOQÉROS.
SCOLOFISE s. f. (sko-lu-pi-ze — du gr.
skulops, p.cu). Anal. Sut.ue dune forme particulière qui exi.le dans le crâne.
SCOLOPLE s. ra. (sko-lo-ple — du gr. sko-
lêj:, ver; oplon, ur ). Annel. Genre d'anué-
Udes, de ta famille des an aens.
SCOLOPOCRYPTOPS s. m. (sko-lo-po-kriptot.sS — cuiitr. de scuiopendrr et de enjptops). Myr.ap. Genre de myri.ipodes, de l'ordre des cltilopodes, forme ;,ux dépens des scolopendre^, et comprenant quatre espèces, qui habitent l'Afrique et l'Amérique.
SCOLOPOMACHÉRION s. m.(sko-lo-po-ma
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ké-ri-on — • du gr. skolops, pieu ; machairion, poignard). Cliir. Bistouri qui sert à dilater les pluies.
SCOLOPSIDE s. m. (sko-lo-psi-de — du gr. slzolops, pieu;"iV«r, forme). Iohthyol. Genre de poissons acanthoptérygiens, de la .famill ; des seiénoïdes, comprenant une trentaines espèces, qui vivent dans les mers des Indes.
SCOLOPTÈRE s, m. (skolo-ptè-re — du trr. si:olops, pieu; pteron , aile). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des chaniiiçons, tribu des apionides, eompranant trois espèces, qui habitent l'Australie.
SCOLOSANTHE s. m. (sko-lo-zan-te — du gr. skolos, épine; anthos, fleur). Bot. Genre d'arbrisseaux, de la famille des rubiueées, tribu d-'s eofféacées, dont l'espèce type croît aux Antilles.
SCOLOSPERME s. m. (sko-lo-spèr-me — du gr. s/cclos, épina ; sperma, graine). Bot. Genre de plai tes, de la famille des composées, tribu des séi écionéos, dont l'espèce type croît au Mexique.
SCOI.YME s. m. (sknili-me — du gr. skolumos, espèce de chardon). Bot. Genre de plantes, de la famille des composées, tribu des chicoracées, dont les espèces principales croissent dans tonte la région méditerranéenne : Les scoLYMES ont un port tout particulier, rappelant celui des carlhames ou mieux encore de certains chardons. (T. de Berneaud.)
— Encycl. Les scolymes, bien qu'appartenant ai groupe des chicoracées, ont un port tout particulier, qui rappelle plutôt celui des chardons. Leurs tiges droites, ailées, dures, portent des feuilles coriaces, épineuses, (l'un beau vert, à nervures blanchâtres; leurs capitules .le fleurs d'un beau jaune sont entourés d'un involucre formé de bractées assez grande.' , roides, presque semblables aux feuilles. Les espèces peu nombreuses de ce genre habiten la bassin méditerranéen ; elles croissent suilout dans les lieux secs et arides, et contribuent beaucoup à imprimer à la flore de celte région son cachet particulier.
Le seclyme d'Espagne se distingue par ses feuilles grandes, siuuées, d'un ve-t uniforme; ses bractées foliacées; ses capitules sessiles, axillaires, ti es -grands, niais d'un jaune moins vif; ses akènes couronnés d'une aigrette de deux ou trois poils simples ou caducs. Il croît dans le midi de l'Europe; à Montpel.ier, on l'appelle cardnuillc. On le récolte pour vendre sa racine dans les marchés, et, comme l'axe de celle-ci est ordinaireine.il ligneux, on l'enlève après avoir fendu loigitudinalement la couche corticale ou charnue, qu'on lie ensuite par petites bottes. Quelques essais de culture, entrepris i tant dans le Midi que sous le climat de Pa- ' ris, ont sensiblement amélioré cette racine I et prouvé qu'on pouvait l'obtenir tendre et ' charnue dans toute son épaisseur. |
« J'avi.is aussi commencé, dit Vilmorin, U cultiver !<; scolyme pour l'améliorer; la seule difficulté quej'aie trouvée a consisté dans son extrême facilité à monter, auquel cas l'axe devient ligneux et cordé. Le premier moyen d'y obvier est le semis tardif, de la mi-mai a la tin de juin ; mais on parviendra surtout à changer le naturel de la plante en ne prenant, pour la reproduire, que la graine d'individus n'ayant pas monté la première année. Le semis doit être fait par ligne et les plantes éelaireies. Sa eultuie est, pour le reste, la même que celle du salsifis, avec lequel le scolyme a beaucoup de i apport par sa saveur, lue terre saine, douce, profonde esc celle qui lui convient le mieux; il ne craint pas cependant un sol un peu compacte, il y monte moine moins que dans une terre légère. Lu plante est rustique et supporte ordiuairemtut bien le froid de nos hivers. Cependant, 1 est il propos de rentrer une bonne partie des racines et de les ensabler dans la terre aux légumes ou de couvrir sur place aveu de li. grande litière, surtout dans le cas de gelées tardives. »
Ou inau^e la racine et les jeunes pousses" de cette | lanle, ainsi que des scolymes maculé et à grandes fleurs; elles sont employées quelquefois en médecine comme aperitives et diurétiques. Ees cochons en sont très-friands. On iiiango aussi en Algérie les tiges de la dernière tspèee, et on emploie le duvet de ses feuille., pour faire des tnoxas.
SCOLYIUOCÉPHALE s. 111. (sko-li-mo-séfa-le — <lr gr. skolumos, chardon; kephalê, tète). But. iSyn. de protéa, genre d'arbrisseaux.
SCOLYTE s. m.(sko-li-te — du gr. skolus , pou). Eniom. Genre d'insectes coléoptères tétiameres, de la famille des xylophnges, type de la tribu des seoiytides, comprenant une qUiiiziine d'espèces, qui habitent l'Europe et l'Amérique : Les lames des scolytes vivent dan-, le buis. (H. Lucas.) Il Syn. d'OMO- PHRoN, autre genre de coléoptères.
— Encycl. Los scolytes sont caraeférisés par une tête giubuleuse ; des antennes de dix articles, duni le premier est long et un peu renfle et le:i deux derniers en massue aplatie ; des maudit aies fortes ; un oor.-.elet convexe un peu plu . long que larye; des elytres convexes et lit primés; des pattes courtes et robustes, avec des cuisses renflées et des tarses de cinq articles. Ces insectes sont gêné-
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ralement de petite taille cl de couleurs sombres, ne variant guère que du noir au brun ; leur forme est cylindrique. Ils ont souvent le corps coupé obliquement à son extrémité postérieure, et les élyires ont de petites dents et des aspérités à cotte partie de la troncature. Les scolytes présentent-, soit dans leurs caractères, soit dans leurs mœurs, la plus grande analogie avec les bostriches, dont ils sont très-voisins, à tel point que certaines espèces sont rapportées tour à tour à l'un ou k l'autre genre.
M. Boisduva) résume parfaitement dans les quelques lignes qui suivent l'histoire des scolytes : « Après la fécondation, la femelle fait, à l'aide de ses fortes mâchoires, un petit trou à l'écoree de l'arbre qu'elle a choisi et se creuse une galerie verticale dans laquelle elle dépose une cinquantaine d'œufs et périt ensuite. Les petites larves, dès qu'elles sont sorties de l'œuf, pratiquent des boyaux circulaires dont elles augmentent le diamètre à mesura qu'elles grossissent. Elles continuent de ronger ia partie la plus tendre des écorces jusqu'au printemps, où elles se transforment en nymphes. C'est a la lin de mai ou en juin qu'a lieu l'éclosiou des scolytes. Des qu'ils sentent leurs téguments assez raffermis, ils percent les écorces pour se mettre en liberté et faire usage de leurs ailes. • Ces insectes sont surtout célèbres par les ravages considérables qu'ils exercent dans les plantations en ligue ou en massif; nous y reviendrons plus loin.
Le scolyie typi/yruphe, classé par plusieurs auteurs dans le genre bos triche, est l'espèce la plus intéressante à connaître, tant par ses mœurs que par les dégâts qu'elle cause. Cet insecte a environ 0™,005 de longueur; il est brun, velu, avec des é.ytres striés, tronqués et dentés k l'extrémité, et les pattes rouges. La larve n'a pas tout à faitom,01 de longueur; elle est d'abord blanche, puis, brune, avec des raies transversales sur Je dos. Elle est, depuis avril jusqu'en octobre, un véritable iieau pour les forêts de sapins et d'épicéas; elle s'insinue dans le liber des arbres et y trace des galeries. La femelle pond jusqu'à quatre-vingts œufs. La nymphe est blanche, très-molle et approche beaucoup, par sa forme, de l'insecte parfait. En quarante jours, toutes les inétamorpho-es sont terminées, en sorte qu'il peut se produire deux générations dans le cours d'un été; on peut juger par là k quel degré cet insecte peutso multiplier. Ou le trouve, du reste, dans presque toutes les saisons de l'année, mais plus ordinairement en mai et en juin.
Le scotyte ou boslriche typographe est répandu dans toute l'Europe centrale, mais surtout en Allemagne. Il n'attaque que les aibres résineux, notamment les pins et les sapins; on lui donne les noms de chancre du pin, ver du bois, ver du sapin, ver noir, etc. D'un tempérament très- vigoureux, il résiste à des froids qui font périr par millions les autres insectes. • C'est au mois de mai, dit Willielin, que les bostriches , qui ont pris pendant l'hiver, dans l'intérieur des^éeorees, leur accroissement complet, se frayent, en rongeant, un passage au travers de l'écoree desséchée; ou les voit alors ,' sur le soir, quelquefois seuls, mais, dans les années qui leur ont été particulièrement favorables, farinant des essaims qui semblent autant de nuages et fondant sur les troncs des arbres. Lorsque le temps est froid, ils se tiennent dans les fonds; mais, lorsqu'il devient chaud, l'essaim s'élève à une hauteur supérieure à celle des sapins les plus hauts et va s'abattre, lorsque le vent favorise leur vol, jusqu'à quelques milles de leur lieu natal.
j C'est à l'époque de ces émigré lions en troupes que s'opère l'accouplement, et alors chaque couple de bostriches, et cela eh tresgrand nombre, vu se chercher, dans les parties attaquées de pourriture ou cariées des arbres fraîchement abattus ou renversés et au défaut de ceux-là sur des arbres entièrement sains et sur pied, entre les ecaihes de l'écoree, une place où il puisse se faire un logement. Lorsque l'arbre est en pleine sève, sa liqueur, qui jaillit à la rencontre de cet insecte à étuis, le suffoque, et c'est par cette raison qu il a soin de choisir les arbres où la sevo est stagnante. On peut l'entendre ronger, et la poudre de bois qu'il fait tomber Je oeeèle. Une rainure en ligne droite est la première chose que l'on aperçoit, au bout de quelques jours, en dedans du l'écoree. Aux deux côtes de cette ramure, il creuse des canaux latéraux, mais un peu en dehors, en sorte que ces derniers n'entrent pas tout k l'ait dans le canal principal.
» C'est dans ces canaux iatéruux que la femelle pond ses œufs, chaque œuf séparément dans une petite cavue arrondie, et le recouvre avec de la poudre de bois; ensuite les vieux, à moins que la mort ne les surprenne dans le cours de leur travail, se percent une issue pour revenir au jour et laissent le soin du reste aux larves qui commencent leur travail dévastateur ; c'est-à-dire qu'au bout de quinze jours il sort des ttuls qui sont de ia grosseur d'une graine de pavot, des larves en forme de vers, qui, grossies à ia loupe, laissent apercevoir des anneaux fort leuriés, des panes terminées eu pointe et une couleur jaunâtre; et c'est alors que ces larves , chacune partant de sa niche, travaillent à construire des galeries qui vont en serpentant et dont un
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air de ressemblance avec les lettres do l'alphabet, véritablement assez difficiles à distinguer, a fait donner k l'insecte le nom de typographe. Jamais ces galeries ne se croisent; mais elles acquièrent plus de largeur à mesure que la larve prend de l'accroissement.
» l.a manière dont ces pionniers travaillent sous l'écoree vaut bien la peine d'être considérée; il n'échappera pas aux observateurs-combien est remarquable, dans une aussi nombreuse famille d'insectes à étuis, cot amour de la paix, partout si rare, qui ne permet k aucun de ses membres d'empiéter sur le terrain de l'autre et les retient à travailler chacun pour soi. La féconde mère reste jusqu'à sa sortie dans la galerie principale ; les larves occupent l'extrémité des galeries latérales serpentantes. Le tout compose constamment une famille; mais il arrive quelquefois aussi que deux familles de ces insectes s'approchent de si près qu'elles se détruisent l'une l'autre. Au bout de quelques semaines, la larve" se change en nymphe. Dans cet état, elle devient extrêmement sensible et délicate. Une saison défavorable eu détruit alors des millions. C'est aussi de la saison que dépend le plus ou moins de temps que la nymphe met h passer de son état k celui d'insecte parfait. Si l'époque du développement tombe dans la saison la plus chaude do l'année, la larve aura surmonté toutes ses périodes dans l'espace de huit semaines; mais si la ponte des œufs ne s est effectuée qu'en automne, cela peut durer autant de mois.
» Devenu insecte parfait, le bostriche dévore tout ce qui est encore resté dans le bois et la partie dure de l'écoree extérieure, et ne laisse que ce qui n'est pas trop desséché; finalement, il se perce une issue au jour, l.or.-.qu'oii examine un morceau d'écorce ainsi ronge, on n'aperçoit déjà plus les galerie; serpentantes, mais des cavités. S'il existe une tiès-graude quantité de trous à l'extérieur de l'arbre, c'est une preuve que les larves, déjà métamorphosées, l'ont abandonné; mats lorsqu'on ne voit pas, toute proportion gardée, beaucoup de trous, c'est que les Jarves dévastatrices ne font que d'y entrer pour commencer à exercer leurs ravages. On ne saurait imaginer à quel point cet être a la vie dure. Qu'un abatte le bois dans l'écoree duquel il habite, qu'on le fasse flotter sur l'eau, qu'on le laisse dans l'eau, sur la glace, dans Ja neige, on y trouvera toujours notre insecte sain et dispos. ■
Quand un arbre est attaqué par le scotyte typographe, ses feuilles jaunissent et tombent, eu coiumençaiitpar cel'ies du sommet. A diverses reprises, cet insecte a commis, d'immenses dégâts dans les forêts de l'Allemagne. On a vu ies habitants du Hatz menaces d'une ruine complète, et l'exploitation de leurs mines courait grand risque de se trouver indeliuiment suspendue. On parait généralement convaincu, dans ce pays, que, si le acolyte préfère les arbres languissants, il Sait fort bien, à défaut d'autres, se jeter sur les arbres sains et en pieiue sève. « Un peut avancer hardiment, ajoute Wilhelm, que la confiance tranquillisante avec laquelle on s'est trop longtemps persuadé que cet insecte ne cherchait que les arbres qui se trouvaient déjà malades sans cela, et qu'il cesserait de lui-même ses lavages, a coûte plusieurs centaines de milliers d'arbres. Un petit nombre de bostriches ne sauraient sans doute faire tomber un arbre sain dans le dessèchement, et dans les années où ce pernicieux insecte est peu abondant on peut se livrer à l'indifférence en ce qui le concerne ; mais il est toujours prudent, nécessaire même d'enlever bientôt le bois-nouvellemeni abattu par la hache ou renversé par le vent. 11 peut cependant quelquefois servir à rassembler ceux qui sont errants et qui tombent premièrement sur ce bois-là, où on les Hem alors comme dans un piège.
• Il serait encore ires-iinportant de ne jamais permettre aux charpentiers d'établir leurs ateliers dans la forêt et de défendre tres-sévereinent de tirer sur les pies, que la nature créa pour s'opposer aux progies de cette plaie. Le point capital, c'est d'abattre très-prompteiiieut les arbres qui' sont une fois attaqués et d'enterrer bien profondément les éeurces qu ou aura le soin d enlever, et l'on fera encore iniieux de livrer ces écorces aux flammes. Il est certain que tout bois laisse trop longtemps sur pied après sou dessèchement n'est plus propre ni à bâtir ni k brûler, ni même à laire du charbon. »
Les autres scolytes se rapprochent plus ou moins, par leurs moeurs, de l'espèce que nous venons de décrire. Tel est particulièrement le scotyte cUalcoyraphe ou graveur; il est plus fécond, mais moins nuisible que le précédent; il travaille k peu pies de la même manière , mais sa galerie principale est courbe, et, au Heu île rester dans l'écoree, il pénètre dans le bois. Le Scotyte perce-bois dépose ses œufs en monceau, de telie sorte que les larves commencent leur travail en partant d un centre commun. Le scotyte du pin, le scotyte capucin et le scotyte pudperae présentent aussi quelques tiill'é.euces.
Le scolyte d structeur est de la taille du scolyie typographe; il a le corps d'un noir brillant, ponctue; les antennes, les elytres et les patios d'un roux marron ; la tète revêtue eu dessus d'un duvet jaunâtre obscur ; les
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elytres piéscutuiit chacun six ou sept stries distinctes, écartées et ponctuées. La larve et l'insecte parfait vivent sous l'écoree de l'orme, et, quand ils sont en grand nombre, ils font périr en peu de temps les arbres en apparence les plus beaux, Cet insecte s'est prodigieusement multiplié, il y a quelques années, sur les ormes des promenades de Paris. Par suite de son travail, l'écoree se sépare du bois sur une étendue souvent fort grande, et, comme si ce n'était pas assez, d'autres articulés, tels que les cossus , les mille-pieds, les cloportes, arrivent aussitôt, soit pour miner à leur façon les tissus déj'à altères, soit pour jouir de l'abri frais que présentent les couches dêco'llées. Enfin, 1 écorce se détache du tronc et se renverse par plaques longues souvent de plusieurs mètres, comme des pans de mur. Les scolytes pyg-. mëe , multistrié , rugueux , du prunier et de l'amandier ont des mœurs analogues.
D'après MAL Boisduval, E. Robert, Léveillé et la plupart des entomologistes, les scolytes ne sont pas la cause première du mal; ils n'attaquent que des arbres déjà malades. Dans les plantations urbaines, il faut attribuer cet état maladif aux émanations qui se dégagent sans cesse des cheminées et des usines, et surtout aux fuites de gaz qui s'infiltrent dans le sol; dans les forêts, c'est à la mauvaise qualité du sol ou bien à une alimentation insuffisante provenant de l'état trop serré du massif; d'autres fois encore k la sécheresse, au voisinage des fumiers, etc.
La cause première étant ainsi à peu près démontrée, il s'agit de la faire disparaître, en attaquant le mal dans sou principe. Enlever la terre mauvaise ou épuisée, la remplacer par une bonne terre neuve, donner de copieux urrosements, maintenir les massifs foiestters, a l'aide d'éclaircîes, dans uu étal suffisamment espacé, enlever les bois morts et dépérissants, eu un moj; tout ce qui pourrait favoriser la propagation de l'insecte, tels sont les meilleurs moyens à employer. A côté de ces moyens préservatif j ou préventifs, ou cite aussi quelques remèdes applicables aux arbres déjà infestés, et susceptibles, sinon toujours de les guérir, du inoins de leur rendre une certaiue vigueur et de prolonger plus ou moins leur existence.
Ainsi, ou a conseille tour a tour d'élaguer les arbres, de les arroser avec des engrais liquides, de badigeonner le tronc avec de la chaux ou du goudron, -de le laver avec de l'eau fortement salée, etc. Toutefois, ce qu'on a trouvé de mieux jusqu'à ce "jour, c'est la . decorticatiou. AL E. Kobert a remarque que les larves ue scotyte ne lardent pas a périr quand elles sont exposées k l'air ou qu'elles sont envahies par un afflux considérable de sève, et qu'elles attaquent seulement les' écorces vieilles, épaisses et rugueuses. 11 a donc eu l'idée d'enlever toute la portion extérieure et inerte de ces écorces, en ayant Soin de ménager le liber. On obtient ainsi un double résultat; d'abord les scoly,es sont détruits par l'action desséihaute Uc l'air; puis l'arbre, débarrasse de sa vieille écorce, ayant fait eu quelque sorte peau neuve, se trouve dans des conditions où les fonctions vitales s'accomplissent bien mieux et recouvre une nouvelle vigueur; il est réellement rajeuni. Si k cela on ajoute de la terre neuve, un labour et des arroseiiients, on arrive a restaurer, a ressusciter, pour ainsi dire, au moins pour un certain temps, les arbres malades. Disons enfin que c'est par la decorticatiou, appliquée en grand, qu'où est parvenu à rétablir les plantations de la capitale.
Ce procédé, k cause des dépenses qu'il entraîne, ne saurait être employé dans les forets. Là, ou ne peut qu'abattre les arbres infestés par les scolytes et brûier les écorces où on trouve des insectes développés. Si, par uu temps chaud, ou voit les scoiytes voter, ou peut laisser dans la lorél quelques arbres en grume; ce sont des espèces de pièges où ils vont se prendre, et qu'on livre ensuite aux flammes au bout de quelques semaines.
SCOLYTIDE adj. (sko-li-ti-de — de scotyte, ut du gr, idea, forme). Entom. Qui ressemble ou qui se rapporte au scolyte.
— s. m. pi. Tribu d'insectes coléuptères, de la famille ues xylophages, ayant pour type le genre scolyte.
SCOMBÉROIDE adj. (skon-bé-ro-i-de — du lat. scomber, scombre, et du gr. eidos, aspect). Ichthyol. Qui ressemble ou qui se rapporte au maquereau.
— s. m. Genre de poissons voisin du maquereau.
— s. in. pi. famille de poissons acanthoptérygiens, ayant pour type le genre maquereau : La famille des sco.\lBiiRoïoES comprend les espèces de poissons les plus utiles, (0. u'Orbiguy.) La pèche des scojiuiïroÏdes devient l'objet d'un commerce considérable et avantageux. (A. Guiehenot.)
— Encycl. La famille des scombéroîdes est caractérisée par des formes élégantes ; des écailles si petites que leur peau paraît lisse ; les pièces operculaires non épineuses m dentelées; des nageoires verticales eeuilieiises ; les rayons postérieurs de la seconde dorsale et de l'anale sépares. Tous ces poissons sont marins, vivent eu troupes nombreuses dans les profondeurs des eaux et ne s'approchent des rivages .que pour frayer. Ils sont migrateurs et se livrent parfois à de longs voya-
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ges. L;i plupart ne ces poissons donnent lieu à des pêches abondantes et très-lucratives; leur chair est généralement estimée; on sale et on fait mariner celle de plusieurs espèces, pour l'expédier au loin. Celte famille comprend, entre antres, les genres scombre, thon, germon, pélnmide, tassnrd , espadon voilier, pilote, liehe, vomer, enranx, eoryphène, dorée, apolecto, oliste, mené, etc.
SCOMBÉROMOrtE s. ni. (skou-bé-ro-nio-re — du lut. scomber, scombre, et de rémora). Ichthyol. Genre de poissons aeanthoptéry- (fictif, de la famille des scombéroïdes, formé aux dépens des scombres, et dont l'espèce type vit dans les mers d'Amérique.
SCOMBI, rivière de Turquie. V. Tobi.
SCOMBRE s. m. (skon-bre — lut. scomber, gr, skumbros, maquereau). Ichthyol. Genre de poissons qui comprend le maquereau : Les scombres ont l'habitude de s'élancer hors de Venu d'une manière particulière, en sautant par bonds. (A. Guiclienot.) Quelques auteurs ont prétendu que la baleine se nourrissait de poissons, et particulièrement de Qades, de scombres. (Lacép.)
— Encycl. Les scombres sont caractérisés par un corps épais, fusiforme, plus gros à sa partie moyenne qu'aux extrémités, qui se terminent en pointe; une rangée de dents pointues à chaque mâchoire; de petites écaiiles, réunies d'une manière presque imperceptible et qui rendent leur peau comme lisse; une carène saillante sur les côtes et à la base de la queue; deux nageoires dorsales assez écartées l'une de l'autre et dont la première est entière, tandis que les derniers rayons de l'autre, ainsi que ceux qui correspondent à l'anale, sont séparés les uns des autres et semblent- former plusieurs fausses nageoires, qui s'étendent depuis la seconde dorsale jusqu'à l'extrémité du corps. « Ces animaux, rassemblés en troupes innombrables, dit A. Gukhenot, voyagent continuellement d'une mer à l'autre, et, selon quelques observateurs, ils passent la plus grande partie de leur vie dans la profondeur des eaux et se rapprochent du rivage il des époques fixes pour y déposer leur frai ; c'est dans ce moment que les pécheurs des côtes qu'ils fréquentent leur font la chasse en grand. Munis de filets, ils forment autour d'eux une vaste enceinte, où ils tuent à coups de croc les grandes espèces et saisissent les petites à la main. Cette pèche forme un des produits les plus considérables de nos ports sur l'Océan et sur la Méditerranée. Leur chair est compacte, dense, quelquefois noire et d'un goût substantiel. Les scombres ont l'habitude de s'élancer
thors de l'eau d'une manière particulière, en Sautant par bonds, et plusieurs espèces peuvent ainsi se présenter aux embouchures des fleuves. ■> Ce grand genre se divise en huit sections, dont on a fait autant de types génériques distincts et qui sont les thons, les germons, les uuxides, les péiamides, les tussards, les thyrsites, les gempyles et les scombres proprement dits. Ces derniers, caractérisés surtout par leurs dorsales trèsécartées, renferment comme espèce principale le maquereau.
SCOIWBRÉSOCE s. m. (skon-bré-zo-se — de scomùre et de ésoce). Ichthyol. Genre de poissons malacoptérygiens , de la famille des ésoces, dont l'espèce type vit dans la Méditerranée.
— Encycl. Les scombrésoces, comme leur nom l'indique, tiennent à la fois des scombres et des ésoces; ils ressemblent aux premiers par leur corps allongé, revêtu d'écaillés peu apparentes, excepté une rangée longitudinale carénée de chaque côté ; aux seconds, par la plupart de leurs caractères essentiels; mais ils se distinguent de ceux-ci par leurs intermaxillaires formant le bord de la mâchoire supérieure qui se prolonge, ainsi que l'inférieure, en un très-long museau, l'une et l'autre garnies de petites dents. Ils présentent aussi beaucoup d'analogie avec les orphies, dont ils diffèrent surtout par les derniers rayons de leur nageoire dorsale et anale, qui sont détachés en fausses nageoires, l'armi les espèces peu nombreuses que renferme ce genre, on remarque le scombrésoce campérien, qui vil dans la Méditerranée. Sa chair est il peu près aussi estimée que celle des orphies.
SCCLNE ou SCOON, bourg d'Ecosse, dans le comte et à 3 kiloiu. N. de Penh; 3,000 hab. Ancienne capitale du royaume des Pietés et ancienne résidence des souverains écossais à partir de Ketinet, fils d'Alpin. On y voit un beau palais, résidence des comtes de Manslield; c'est un immense édifice crénelé, bâti sur remplacement du vieux palais des rois d'Ecosse, et dans lequel « on conserve, en're autres curiosités historiques, un lit de Jacrues VI, un autre lit de velours rouge, trodé, dit-on, par Marie Stuart, pendant sa captivité à Loch-Leven, et un lit de parade donné par George 11 au célèbre lord Alauslirld. La galerie de tableaux a 4S mètres de longueur ; elle occupe la place de lu salle où les rois d'Ecosse se faisaient couronner sur la pierre de Dunstaffnage. » (Joannc.) Cette pierre, qui a été liaiisportée à l'abbaye de Westminster, est, d'après la tradition, celle sur laquelle Jacob dut mit à 13ethel. En 1715, le chevalier de Saint-George se rendit à tjcoiio pour y pi épurer sou couronnement,
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mais un corps de troupes royales le força de s'éloigner.
SCOOREL (Jean), peintre hollandais, né il Schoorel en 1403, mort en 1560. Il montra fort jeune de si prodigieuses dispositions pour ledessin, que ses parents le firent entrer dans l'atelier de Guillaume Corneliz de Harlem. Il travailla ensuite sous la direction de Jacques Corneliz et de Jean de Momiyir, visita l'Allemagne, se rendit ensuite à Venise et enfin poussa ses excursions jusqu'à Jérusalem. A son retour en Europe, il s'arrêta à Rome pour y étudier Raphaël et Michel-Ange et revint dans son pays natal se fixer à Harlem. Ses principales productions sont : V Entrée de Jésus-Christ à Jérusalem, dans la cathédrale d'Utrecht; un Christ en Croix, dans l'église d'Amsterdam; h- Martyre de saint Laurent, à l'abbaye de .Miirehiennes; un Crucifix, dans celle de Saint-Wnast. Les œuvres de Sooorel jouissent d'une grande et légitime réputation.
SCOPARIA s. m. (ske-pa-ri-a — du lat.
scopti, balai). Bot. -Genre d'arbustes, de la famille des personnées, tribu des véronicées, dont l'espèce type croît dans les régions tropicales.
SCOPARIE s. f. (sko-pa-rî — du lat. scopa, balai). Entom. Genre de lépidoptères nocturnes.
— Encycl. Les scoparies sont caractérisées par des antennes courtes, épaisses, très-écailleuses, un peu nioniliformes; des palpes très- longues; la trompe fine et de longueur moyenne ; le front étroit, couvert de
fioils écailleux; le corps grêle; l'abdomen inéaire, un peu aplati; les ailes antérieures longues, étroites, nébuleuses, pulvérulentes, à lignes et taches distinctes ; les postérieures bien développées, un peu sinuées ; les pattes glabres, lisses, effilées. Ce genre parait intermédiaire entre les crambus et les pyrales; leurs ailes ne sont ni étalées ni moulées sur le corps. Les scoparies se trouvent dans les bois ou tout au moins dans les lieux plantes d'arbres. Ils sont très-vifs, ont les yeux brûlants, agitent fréquemment leurs antennes et ne s'engourdissent jamais bien profondément. Néanmoins, ils ne volent que s'ils sont inquiétés, et juste le temps nécessaire pour trouver un nouvel abri ; ils s'appliquent exactement sur la terre ou contre les écorces des arbres.
Le chenilles sont allongées, vermiformes, de couleurs terreuses; elles ont, comme toutes les larves qui vivent dans l'obscurité, la peau parfaitement lisse et les trapézoïdaux saillants. Elles ressemblent beaucoup à celles des erumbus. Ou les trouve dans les mousses qui tapissent les pierres et les écorces. Elles s'y creusent des galeries ou boyaux tapissés de soie qu'elles parcourent avec agilité, soit pour sortir et aller à la recherche de leur nourriture, soit pour s'y réfugier si elles sont menacées par quelque ennemi. Elles s'y transforment en chrysalides coniques, mutiques, rases, à peau Hue, à anneaux abdominaux libres, renfermés dans une coque soyeuse et étroite, il est souvent difficile de se procurer des chenilles de ce genre, qui, par leur petite taille et l'instinct avec lequel elles se cachent, échappent facilement aux recherches. 11 en est de même pour l'insecte parfait.
On connaît une trentaine d'espèces de scoparies, presque toutes propres à l'Europe. Elles sont souvent dit'lieifes à distinguer entre elles, parce que les caractères sont peu tranchés. Ce sont de petits papillons à fond gris ou blanchâtre, saupoudre de points noirâtres qui forment des dessins composés de deux lignes médianes et de trois taches Cellulaires. Nous citerons particulièrement la scoparie mercure; cette espèce a près de 0m,02 d'envergure, les ailes antérieures gris cendré, les postérieures plus claires; elle vit dans toute l'Europe et n'est pas rare aux environs do Paris, où elle se montre en juin et en juillet; la chenille de cette espèce est la seule qui ait été bien observée, Quant aux espèces exotiques, on n'en a guère signale encore que trois ou quatre, l'une cosmopolite, les autres propres à l'Australie; cela tient sans doute à ce que la petite taille et les couleurs ternes do ces insectes les ont fait négliger par les voyageurs.
SCOPARINE s. f. (^lto-pa-ri-ne — du lat. scopa, balai). Chim. Substance découverte dans le sparte à balai.
— Encycl. La scoparine est une substance organique que Sleiihouse a découverte en 1851 dans le sparlium scoparium et qui paraît constituer le principe diurétique de cette plante. Quand on concentre une décoction aqueuse de la plante, de manière à la réduire au dixième environ de son volume, et qu'on abandonne ensuite le liquide k lui-même pendant vingt-quatre heures, celui-ci se solidifie en une masse gélatineuse d'un brun verdâtre, qu'on recueille sur une toile et qu'on lave â l'eau froide, Cette masse gélatineuse consiste surtout en une matière colorante jaune cristalline (scoparine) souillée par de la chlorophylle et de l'oxyde de fer, ce dernier provenant du vase uuns lequel l'opération a été faite. Elle renferme toutefois aussi une petite quantité d'un alcaloïde volatil (spartéiue).
Pour purifier la scoparine, on dissout cette masse brute dans de l'eau aiguisée d'acide
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chlorhydrique et bouillante ; on laisse le liquide filtré se coaguler par le refroidissement, on exprime le coaguluin à la presse, pour en extraire les eaux mères, puis on la dessèche, on le pulvérise et on le redissout dans l'eau bouillante. La plus grande partie de la chlorophylle reste alors en dissolution.
On peut aussi séparer la chlorophylle par une ébullition prolongée, ou en laissant le . liquide se refroidir jusqu'à une certaine température avant de le filtrer.
La scoparine gélatineuse, purifiée par l'une ou l'autre de ces méthodes et desséchée à une douce chaleur, soit à l'air, soit dans le vide, forme une masse cassante et parfaitement amorphe, d'un jaune pâle ou d'un jaune verdâtre. Elle esttres-peu soluble dans l'eau froide, un peu plus soluble dans l'alcool froid ; elle se dissout facilement dans les mêmes liquides bouillants. La solution aqueuse est d'un jaune pâle teinté de vert, la solution alcoolique d'un jaune pâle pur. Lu scoparine se dissout avec une extrême facilité dans les alcalis caustiques et carbonates, en donnant des solutions d'une couleur vert jaunâtre intense. Lorsqu'on sature par l'acide chlorhydrique ou par l'acide acétique sa dissolution dans une petite quantité d'anunoniaque ou de carbonate de sodium, il so forme un précipité blanc qui est soluble dans l'eau bouillante. Par un refroidissement très-lent, cette solution abandonne des cristaux étoiles d'un jaune pâle qui se déposent sur les parois du vase, tandis que la plus grande partie de la scoparine se dépose dans le milieu du vase sous la forme d'une gelée. On peut cependant obtenir facilement ce corps à l'état cristallin , en soumettant sa solution alcoolique à l'évaporation spontanée. Il se dépose alors des cristaux semblables à ceux qui se séparent de la solution aqueuse ; on les purifia en les comprimant entre plusieurs doubles du papier buvard et les faisant recristalliser. Lorsqu'on fait bouillir ces cristaux avec une quantité d'alcool concentré insuffisante pour les d.ssoudro complètement, la portion iiulissoute paraît subir une modification qui la rend très-peu soluble dans l'eau. Dissous dans l'ammoniaque et reprécipités par l'acide acétique, ces cristaux se convertissent en une gelée aussi soluble que les substances primitives. La masse gélatineuse dissoute dans l'eau chaude donne par un refroidissement lent les cristaux caractéristiques dont nous avons parlé plus haut.
Quelle que soit celle des méthodes précédentes que l'on ait employée pour préparer la scoparine, ce corps présente toujours la même composition. 11 e.-a insipide et inodore et ne présente ni réaction acide ni réaction alcaline vis-à-vis des papiers colorés. Les acides concentrés, la dissolvent, en formant des solutions jaune verdâtre qui se décomposent par l'ébullition, avec formation d'une substance résineuse d'un brun verdâtre. L'eau de baryte et l'eau de chaux la dissolvent aussi, mais moins facilement que les alcalis. L'acide azotique la convertit en acide nitropicrique. Par le contact du brome, elle acquiert une couleur vert foncé, mais ne forme pas de composé cristallisabie. Les solutions de scoparine ne sont précipitées ni par l'azotate «l'argent ni parle bichlorure de mercure. Avec l'acétate neutre ou basique do plomb, elle forme des précipites floconneux d'un jaune verdâtre, dont la composition paraît varier. Desséchée dans le vide, la scoparine supporte la température de 100° sans se décomposer. Chauffée dans un tube de verre, el;o se gonfle et se charbonne, niais ne se sublime pas. Chauffée sur une feuille de platine, elle brûle avec une flamme d'un jaune léyer. C'est un puissant diurétique.
Les analyses de la scoparine s'accordent avec la formule C2til2-010. Cette formule, toutefois, n'est encore qu'empirique, parce que jusqu'à ce jour on n'a obtenu aucun dérivé de la scoparine qui permît de fixer le poids moléculaire de ce corps.
SCOPAS, architecte et statuaire grec, l'un des artistes les plus célèbres de l'antiquité, né à Paros vers 424 avant notre ère, mort vers 350. On no sait absolument rien de la vie de ce grand sculpteur, qui appartenait à une famille d'artistes. Doué d'une imagination féconde et brillante, il exécuta un urand nombre d'œuvres dans l'Ionie, l'Attique, la Bêotie et le Pelnpouèse, « Artiste de la vérité, n selon l'expression de Culiistrutc, il s'attacha surtout à exprimer des sentiments vifs et passionnés, à donner à ses productions de la variété et du mouvement. C'est en cela qu'il diffère profondément de Phidias, qui s'attacha avant tout à exprimer la beauté austère et idéale, et de Praxitèle, dont les œuvres se distinguent par la grâce et par la beauté calme. Comme architecte, il construisit le magnifique temple de Tégée, en Areadie, consacré k Minerve Aléa. D'après Pausanias, il y avait employé les trois ordres grecs, l'ionique, le corinthien et le dorique, et l'avait décoré de belles sculptures. Sur le fronton de la façade, il avait représenté la chasse du sanglier de Calydon, et, .sur le fronton de derrière, to combat do Tèlcphe avec Achille. Scopas prit également part à l'érection du fameux tombeau de Mausole (v. Mausole). Parmi ses nombreuses statues dont il est question dans Pline et dans Puusanias, nous citerons : Vénus et Phaëton, dans l'Ile de Samothrace; Apollon Smintheus
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(destructeur de rats), dans la Troade: E rulape et Hygeia, an temple d'Eseiûipe, à Uortys ; Hécate, dans le temple de cette dee.ise, à Àrgos ; Minerve et Uiane Euclea, à Thebes; Hercule, à Sieyone ; deux Furies, à Athènes ; Eros, H'meros et Pothos, dans le temple d'Aphrodite, à Mégare; Vénus, Bncchus et Minerve, au temple de Cnide; une Vénus nue et un Mars assis, dans le temple de Brutus Callaicus, à Rome ; Apollon jouant de la lyre, dans le temple élevé par Auguste sur le Palatin ; Vesta assise, dans les jardins Serviliens; une Canéphore, dans le musée particulier d'Asinius Pollion ; un Hermès, dont il est question dans Y Anthologie; un Bacchus, une Mënade, deux statues û'Arlémis, une Bacchante ivre, au sujet de laquelle un poûte grec disait: « Qui a enivré cette bacchante? Est-ce Bacchus ou Scopas ? — C'est Scopas ; » un admirable groupe représentant Achille conduit dans Vile de Leucé par les divinités marines, Neptune, Téthys et des Néréides assises sur des dauphins, dans le cirque de Flaminius. « Ce bel ouvrage, dit Pline, suffirait pour honorer la vie entière do ce maître, n'eût-il produit que celui-là. « L'œuvre capitale de ce grand artiste paraît avuir été la suite de statues représentant la Mort des fils et des filles de Niobé et qui se trouvaient, du temps de Pline, dans le temple d'Apollon Sosianus, à Rome. Des statues qu'on vo.t aujourd'hui au musée de Florence ont fait partie de ce groupe célèbre, d'après certains auteurs; d'après d'autres, ce ne sont que îles copies. Quoi qu'il en soit, le groupe de Niobé et de la jeune fille, la figure du fils qui lève le bras vers le ciel sont des morceaux d'un grand style et d'une grande beauté. Le caractère de douleur profonde qu'on trouve dans la statue de Niobé prouve que le groupe était bien l'œuvre de Scopas et non de Praxitèle, ainsi que l'ont prétendu certains écrivains. Toutes les oeuvres do Scopas sont en marbre, à l'exception d'un groupe en bronze représentant Aphrodite Pundémos assise sur une chèure, qui se trouvait à Elis, auprès de Y Aphrodite Uranie de Phidias. Quelques antiquaires ont avancé, mais sans raison plausible, que Scopas était l'auteur de la Vénus de il/ i/o du musée du Louvre.
SCOPÉL1SME s. in. (sko-p6-!i-sme — du gr. s/copelus, rocher). Auliq. rom. Action de disposer des pierres dans un champ, dans un' certain ordre qui était, pour le propriétaiic, une menace de mort : Le scopelisme était un crime capital.
— Encycl. On attribuait à cette opération l'effet do paralyser le principe fécondant de la terre, de faire éiuigrer les grains et semences, qui allaient enrichir un champ désigné du voisinage, et de livrer lu cultivateur scopétisé au danger d'une mort prompte et violente s'il osait contrarier par quelques travaux l'arrêt de prosciiplion prononcé contre lui.
La pratique du scopélisme, originaire d'Arabie, se naturalisa en Egypte, puis, ayant passé la Méditerranée, vint» etab.ir en deee et de là chez les Romains. « Si quelqu'un se sert d'enchantement pour les biens de la terre, dit la loi des Douze-Tables; si, par le moyen de quelque charme, il attire le blé d'aijiiui dans un chuuiji voisin o" bien l'empêche do croître et de mûrir, qu'il suit immole à Cer. s. » Ou retrouve celte crédulité aux siècles les plus brillants do Ruine. Pliii'j a raconté les circonstances et l'is-ue d'un procès intenté h C. Eurius Ctc«iuus, prévenu du crime do tcupcli*uifi,rùi:'n quo D ■■■■• liile a refait ou as..ez jolis vers :
Jadis, heureux vainqueur d'une terre ennemie, Un vieillard avait su de s s champs plus fécond» Vaincre l'ingratitude et doubler les moissons. Enviant il ses soins un si beau prmli'ge, Un voisin accusa son art de sorL'ilé^e. Cité devant le juge, il étale à ses yeux Sa herse, ses râteaux, ses bras laborieux; Riiconte par qi.els suins sou adresse féconde A su changer lu terre, a su diriger l'onde : • Voila mou sortilège et mi s enchantements, • Leur dit-il. Tout éclate en applaudissements. On l'absout, et son art, doux charme de la vie, Comme ù'un sol ingrat triompha de l'envie.
Virgile, Ovide ont consacré la même crédulité dans leurs poèmes. Suint Augustin, qui vivait au IV-' siècle, s'exprime avec indignation sur cette « science infernale et scélérate, o Le crime de scopélisme est puni île. mort par les Pundectcs de Justiuien.
SCOPELOS, lie de la Grèce, dans l'Archipel, entre Skiathos à l'O. et Khélidroini à Î'E., au N. de Négrepont ; le sommet du mont Delphi, vers le centre de l'île, est par 38J 8' de latit. N. et 21" 22' de longit. E. ; elle mesure 17 kilom. du N. au S. et 8 kiloin. de largeur moyenne; superficie, 77 kdoin. carrés ; 12,000 hab. Ch.-l., Scopelos, lios buuig situé sur la cote orientale de l'île ; 5,000 hab. Le sol est montagneux, peu fertile, mais bien cultivé; il produit surtout do belles récoltes d'olives, fruits et vins.
SCOPETIN, INE adj. (sko-pe-tnin. i-ne — rad. scopelte, ancienne foiinu du mot escopette). Qui eat armé d'une eseopetto. Il Vieux mot.
— Hist. S'est dit des jésuites, k cause de la part qu'on leur attribuait au inein Ire de Guillaume de Nassau, tué d'un coup d'eM-opette en 1584 : // ne faut plus que les espions,
scot> .
tes jésuites scopetins nous viennent vendre ces cor/uilles de Suint- Jacques. (Sat. Ménipp.) ,
SCOPI, ancienne ville de lu Mésie supé- : rieure. Le village d'Ouskoub s'élève aujour- I d'hui sur son emplacement.
SCOPIFERE ndj. (sko pi-fô-re — du lat.
scopus, Lnlai ; fera, je porte). Zool. Qui porte des faisceaux de poils en forme de balai.
SCOPIMÈRE s. m. (sko-pi-mè-re — du gr.
skopia , êniincnre; mêros , cuisse). Crust. Genre do crustacés décapodes brachyures, de la famille des eatométopes, tribu des ocypodiens, dont l'espèce type vit dans les mers ilu Japon.
SCOP1PÊDE adj. (sko-pi-pè-de — du hit.
scopus, balai ; pes, pedis, pied). Zool. Qui a les pieds, velus.
SCOI'OLl (Giovanni-Antonio), naturaliste italien, né à Cavultese en 1123, mort à Pavie en 17S8. Reçu docteur en médecine à lnspruck, il explora les montagnes du Tvrol pour augmenter ses connaissances en botanique, fut nommé médecin àldria et accepta ensuite jne chaire de minéralogie à Chemnitz; ei lin, vers 1777, il enseigna la chimie et la botanique à Pavie. Ses principaux ouvrages sont : Methodus plantarum (yienne, 1754, in- <o); Tcntnmina p/iysico-chymico-medica (Vienne, 1701, in-8°) ; J/Uroductio ad as uni fossilium (Vienne, 1703, in-8°); Principia miw.ralogize (Prague, 1772, in-s») ; FundameiUt: cliemite (Vienne, 1777, in-8°) ; Fundamenta bolanicss (Pavie, 1783, in-8«) ; Rudimenta raetallnrgim (Pavie, 1789, in-4°).
SCOPOLIE s. f. (sko-po-li — de Scopoli, botan. ital.). Bot. Genre de plantes, de la famille des sotanées, tribu des hyoscyamées, dont l'espèce type Croît dans les montagnes de l'Europe orientale. || Syn. de dài»hne, de ricotie et de toddalib, autres genres de végétaux.
— Eccycl. Les scopolies sontdes plantes herbacées, à feuilles épaisses; les fleurs, solitaires ou diversement groupées, présentent un calice à cinq divisions; une corolle csiinpanuiéis ou en entonnoir, à cinq lobes obtus; cinq étamines, insérées sur le fond de la corolle ; un ovaire à deux loges, entouré à sa base d'un nectaire annulaire charnu ; le fruit est une capsule arrondie, entourée parle calice persistant. Ces plantes, voisines des jusquiames, possèdent les propriétés générales des solanées; mais elles ne sont guère employées que comme espèces d'ornement.
La seo;)ofie de la Curniole est une plante vivace, i. fleurs d'un roussâtre sombre, lavé de jaunâtre ou de vordâlre. La scopolie coqueret s'en distingue par ses fleurs bleuâtres, en grappes corynibiformes; originaire de la Sibérie, .:11e sert à orner tes plates-bandes, les lieux ombragés et les rocailles; on la multiplie d'eelats de pied.
SCO?OLINE s. f. (sko-po-li-ne — dimin. du lat. scopa, balai). Bot. Syn. de scoparia, genre i'arbustes.
SCO!?PA (Antonio), littérateur italien, né à Mes;.ine en 17(52, mort à Naples en IS17, Réfug.é en France lorsque éclatèrent en 1801 les troubles de Naples, il s'établit à Versailles, puis vint à Paris et se lia avec les personnages éminents de la science et des lettres; on créa pour lui une place d'employé extraordinaire à l'Université impériale de Franc î. Lorsque les Bourbons furent rétablis sur le trône de Naples, il retourna en Italie et se fixa dans celte ville. Ses principaux ouvrages sont : Traité de la poésie italienne (Paris, 180S) ; Vrais principes de ta versification (Paris, 1811) ; éléments de la grammaire italienne (Paris, 1S il, iu-12); Beautés, poétiques (Je toutes les langues (Paris, 1816, in-8°).
SCOPS s. m. (skopss — du gr, skops, choue;te). Ornith. Oenre de rapaces nocturnes, de la famille des chouettes, dont l'espèce type, vulgairement nommée petit-duc, habite l'Europe : Le scops est un oiseau excessivement doux. [Z. Gerbe.) il Syn. d' anthropoïde, section du genre grue.
— Encycl. Les- caractères de ce genre sont : le bec court, presque entièrement caché far les plumes, comprimé sur le côté et à la base, recourbé vers la pointe, les bords étant simplement arqués dans le sens de la voussure supérieure ; les narines marginale s ovalaires, tout à fait cachées dans les plumes de la base; les ailes allongées; laqueue courte etcarrée; les tarses courts, recouverts déplumes serrées jusqu'aux doigts; les ongles forts et recourbés. Le scops petil-du: a Un plumage brun mêlé de gris, glacé de roux et de noirâtre ; la tige des plumes est noire, avec quelques taches blanches sur les rémiges. C'est, de tous les rapaces nocturnes qui résident ou qui passent dans nos déparlements, un des plus abondants. A la lin de septembre, lors de son passage, il est en très-grande quantité, ainsi qu'eu juin et juillet, époque de sa reproduction.
Le scops n'est pas sédentaire en France ; il n'y reste guère que six mois de l'année. Il s'établit dans les cantons boisés parsemés de eoUU es. dans les sites moiitueux, et demeure près des villages. Bans le jour, il se tient eaeh; dans, les bois, juché dans quelque vieil édiliie ou sur une brancha d'arbre; mais sa manière de percher est tout à fait remarquable, damais on ne le trouve dans le sens
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transversal, mais toujours dans le sens longitudinal; il reste ainsi toute la journée dans une immobilité parfaite, à moins qu'on ne vienne le déranger, auquel cas il se jette dans les taillis les plus profonds. Ce n'est qu'à la nuit qu'il abandonne sa retraite. Il fait entendre alors, surtout si le temps est pur, un cri plaintif et monotone qui peut se traduire par la syllabe fctkiou ; d'autres fois, il fait entendre un cri vif et répété, semblable au mot cliivini.
Le scop« ne fait qu'une ponte par an, de quatre à cinq œufs. Il ne fait jamais de nid et dépose simplement ses œufs dans un trou de muraille ou au fond d'un vieux tronc d'arbre. Les jeunes suivent leurs parents pendant la nuit et en reçoivent la nourriture, qui consiste en grillons, scarabées et autres insectes. Devenus grands, ils se séparent, vivent isolément, mais sans s'éloigner beaucoup du lieu où ils sont nés. Comme à l'époque des migrations, qui a lieu vers septembre, on a remarqué que les scops se trouvaient en grand nombre au bord de la Méditerranée, on a tout lieu de supposer que ces oiseaux émigrent en Afrique pendant la mauvaise saison.
Le scops voit parfaitement clair pendant le jour, quoiqu'une trop vive clarté, lui fatigue les yeux et le force à les fermer. Il n'est pas vrai que cet oiseau voie la nuit, même par une obscurité complète. Spallanzaiii, qui a fait des expériences a cet égard, dit que le scops a besoin d'une lumière, faible il est vrai, telle que celle des étoiles, pour se conduire la nuit au milieu des champs et y exercer ses rapines. (J'est un oiseau doux, facile à apprivoiser, qui vient à la voix de celui qui l'a élevé. t>pallanzaiii, qui, pour ses expériences, possédait plusieurs de ces oiseaux, raconte qu ils venaient familièrement se poser sur ses mains et chercher des morceaux de viande. Une fois apprivoisés, les scops errent en liberté dans les chambres et les jardins. Cependant, à l'époque des migrations , l'instinct voyageur se réveille chez eux, et il n'est pas rare do voir les scops les mieux privés prendre leur essor à cette époque, si l'on n'a pas soin de les surveiller de prés.
Les scops, dit Buffon, habitent de préférence les terrains élevés et se rassemblent volontiers dans ceux où les mulots sont en grand nombre; ils chassent avec acharnement ces petits quadrupèdes, et débarrassent en peu de temps les champs infestés par les mulots. Le scops habite presque tous les pays d'Europe; on le rencontre en abondance non-seulement en France, mais encore en Hollande, en Suisse, en Allemagne et en Italie.
SCOPULAIRE s. f. (sko-pu-lè-re — dimin.
du gr. slcopé, °miiience). But. Genre déplantes, de la famille des orchidées, tribu des ophrydées, originaire du Cap de Bonne-Espérance.
SCOPULE s. f. (sko-pu-îe — dimin. du gr. s/copos, sentinelle). Entoin. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu des pyraliens, dont l'espèce type habite la France.
— Encycl. Les scopules sont caractérisées par des antennes courtes, simples, un peu moniliformes; des palpes courtes , les labiales droites, les maxillaires redressées; la trompe moyenne; l'abdomen effilé; les ailes entières, soyeuses, luisantes, à dessins différents; les [lattes glabres. Ces papillons ont des stations très-diverses : les uns habitent exclusivement les contrées montagneuses; les autres volent autour des haies, dans les lieux élevés; il en est qui préfèrent les fonds humides, où ils se retirent eir abondance sous les feuilles et dans les broussailles ; d'autres encore fréquentent les lieux herbus, tels que les prairies naturelles ou artificielles. Ils commencent à paraître ordinairement en juin, quelquefois un peu plus tôt ou un peu plus tard. Ils volent le plus souvent en plein jour.
Les chenilles sont allongées, glabres ou légèrement velues, épaisses, luisantes; elles vivent dans les feuilles roulées en cornet ou dans. une tente de soie, parmi les fleurs. Elles se filent des coques tantôt complètement fermées, tantôt ouvertes aux deux bouts, de telle sorte qu'elles puissent s'en échapper au moindre attouchement; elies y passent d'ordinaire la mauvaise saison, pour se transformer au printemps suivant. Les chrysalides sont renfermées dans des coques d'un tissu soyeux, le plus souvent recouvertes en dehors de fragments de terre ou de débris végétaux.
Ce genre comprend environ cinquante espèces, la plupart européennes. La scopule du prunier n'est pas rare aux environs de Paris et sa chenille a été bien étudiée. Nous pouvons citer encore la scopule numérale, qui habite l'Europe méridionale et l'Asie Mineure ; la scopule illustrale, qui se trouve en Algérie et n'est peut-être qu une variété locale de la précédente; la scopule illibale, de l'Amérique du Nord; la scopule décorais, du Brésil; la scopule martiale, de l'Abyssinie; la scopule grillée, etc.
SCOPULE, ÉE adj. (sko-pu-lé — du lat.
scopus, ba.ai). Zool. Couvert d'un faisceau de poils roides.
SCOPUS s. m. (sko-puss — du gr. skopos, sentinelle). Ornith. Nom scientifique du genre oinbrette.
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SCORA.CRASIE s. f. (sko-ra-kra-l! — du gr. s/côr, excrément; akrasia, débordement). Patliol. Emission involontaire des excréments.
SCORBUT s. m. (skor-bu — danois skjeerbug ; de sfcjœr, mou, relâché, et de bug, ventre, le relâchement du ventre étant un des caractères de cette maladie. Comparez l'aliemand scharbock et l'anglais scuroij, qui ont le même sens. Comme le scorbut frappe principalement les marins et que les Danois furent de tout temps un peuple essentiellement maritime, il n'y a rien d'étonnant à ce qu'ils nous aient donné le mot scorbut, avec un grand nombre d'autres termes techniques appliques à la navigation). Pathol. Muladic qui corrompt la masse du sang : Un scorbut d'une nature affreuse fil périr la moitié de l'équipage, (Voit.) Le scorbut diminuait chaque jour le nombre d'hommes en état de servir. (Tliiers.) il Scorbut de terre, Nom vulgaire du purpura hémorragique. Il Scorbut des Alpes, Pellagre.
— Encycl. Méd. Le scorbut a été , de tout temps, une des maladies les plus désagréables et les plus désastreuses. Quelques critiques, parmi les médecins, ont soutenu que cette maladie fut inconnue à Hippocrate; mais beaucoup d'autres, dont Rociioux fait partie, la trouvent exactement décrite dans les livres qui sont attribuésà ce grand homme et mentionnée en divers endroits de ces livres, par exemple dans le Prorrhéiique. Il paraît également certain que la maladie dont parle Plme sous le nom de slomacace, qui attaqua l'armée de Germanicusau delà du lihin, n'était autre que le scorbut. On suit les ravages qu'il causa dans l'armée de Louis IX à Daiuiette et combien les annales delà médecine ont eu à enregistrer de morts par son fait dans les armées de terre et de mer. Le scorbut a donc été considéré par les auteurs anciens et modernes comme un des plus redoutables fléaux. Il est vrai que, de notre temps, le scorbut commence à perdre de son importance , parce que la fréquence en décroît chaque jour, grâce aux progrès de l'hygiène, de la civilisation et des applications de la science k l'industrie navale, aux constructions citadines et au régime alimentaire.
— Diagnostic et étiologie du scorbut. La seule définition que l'on puisse donner du scorbut dans l'état, présent de la science est celle-ci : affection générale, essentielle, non fébrile, et chronique du sang, caractérisée, à l'extérieur, par de l'affaiblissement général, par des hémorragies débutant presque toujours parles membres inférieurs et s'accompagnant souvent, quoique non toujours, de gonlletnent des gencives, avec ulcérations , enfin pur les divers signes de ce dépérissement vague et mal défini que les médecins •appellent cachexie. L'autopsie révèle, chez les individus qui succombent au scorbut, des désordres à un degré plus ou moins avancé, que l'on peut résumer comme il suit : épatichements sanguins dans les tissus cellulaires et dans ce qu'on appelle les cavités splanohniques, c'est-à-dire le crâne, le thorax et l'abdomen ; ramollissement des muscles et de la rate, tuméfaction de la rate et du foie, caries osseuses; mais la lésion principale et constante est l'appauvrissement du sang", qui manque à la fois de fibrine et de globules.
« Les sujets, dit Eochoux, qui se trouvent exposés au scorie par l'action prolongée des causes qui sont de nature à le produire, perdent d'abord l'éclat de leur teint, puis pâlissent peu à peu et, au bout de quelque temps, se sentent généralement affaiblis. Us deviennent lents , paresseux , sont fatigués par le moindre exercice et bientôt aussi commencent à avoir les gencives gonflées, rougeàtres et douloureuses. Les digestions continuent néanmoins à se faire régulièrement, l'appétit se conserve et cependant il y a généralement une constipation plus ou moins prononcée ; la pouls est faible , sans fréquence. »'
Le scorbut est, en général, annoncé par certains signes précurseurs que l'on peut regarder comme caractéristiques. Le visage offre une légère bouffissure; la peau prend, surtout à la face, une teinte jaunâtre distincte de celle que produisent l'ictère, la chlorose ou la cachexie cancéreuse et tout à fait comparable à la coloration d'un jaune affaibli que laissent après elles les ecchymoses. A ces phénomènes se joignent une lassitude extrême, une tristesse et un abattement extraordinaires, qui persistent pendant un temps plus ou moins long avant l'invasion de la maladie. Dans quelques cas rares, cependant, celle-ci débute par l'affection locale des gencives, sans aucun autre trouble. Les symptômes précurseurs augmentent d'mten- Site, les forces vont toujours en diminuant; les jambes peuvent à peine supporter le poids du corps; le moindre exercice détermine la plus violente dyspnée, des palpitations, des vertiges; les malades se plaignent de douleurs vagues, surtout dans les membres inférieurs ; bientôt ils accusent une sensation desagréable dans la bouche; les gencives se gonflent, elles deviennent livides, molles, spongieuses, saignantes, principalement au niveau de chaque dent, où se forment des espèces de végétations fougueuses violacées. La mastication est difficile et douloureuse, la cavité buccale exhale une odeur fétide, par suite de la matière sanieuseque laissent sup-
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purer les gencives. Notons toutefois quo cette altération manque assez souvent dans te scorbut; on pourrait même dire qu'elle se fait en sens inverse des autres ulcérations et ecchymoses; si ces dernières sont nombreuses ailleurs, la bouche et les gencives son', souvent épargnées; le vice versa n'est pas moins fréquent.
En même temps, on voit apparaître, principalement sur les jambes, sur les cuisses ei sur le tronc, de petites taches hémorragiques, qui forment tantôt' un piqueté fin d'un ronge assez vif, disséminées surtout à la partie antérieure des membres au niveau des follicules pileux, tantôt de véritables pétéchies occupant les couches superficielles de la peau. Les malléoles sont le siège d'un œdeme marqué, d'abord le soir seulement ,' mais qui persiste ets'ctend de plus en plus.' Aux taches péléehiales s'ajoutent des ecchymoses plus profondes et plus étendues, des infiltrations sanguines qui se reconnaissent soit, à de larges plaques bleuâtres, soit â des tumeurs plus ou moins saillantes et 'circonscrites, qui dépassent parfois le volume d'un œuf. Ces diverses lésions se succèdent et offrent des teintas diverses, suivant leur date plus ou moins ancienne. La peau qui est le siège de ces diverses colorations ressemble à certains marbres, dont elle possède souvent la dureté, parce que l'infiltration du sang s'étend jusqu'au tissu cellulaire souscutané et dans l'intervalle des muscles. Elle est d'ailleurs sèche, rude et très-sensible au toucher ; dans des cas assez rares, on observe des squames ou de petites éruptions îniliaires. Des douleurs générales se font alors sentir dans les os, mais surtout dans les jointures des membres inférieurs, dans les genoux, qui deviennent très-enflés, et dans les lombes. Toute espèce de mouvement augmente ces douleurs et principalement celles du dos et de la poitrine. Les taches ecchymotiques de toutes couleurs dont se couvrent les membres peuvent être suivies d'ulcérations profondes, très-lentes à guérir. Les jambes ne peuvent plus alors supporter le poids du corps; les vertiges et les palpitations surviennent, le moindre mouvement occasionne de violentes douleurs qui affectent surtout les genoux et la région lombaire. Les malades s 'affaiblissent de plus en plus; leur pouis, sans s'altérer essentiellement , devient filiforme ; leurs selles sont diarrhéiques et sanguinolentes ainsi que leurs urines. Leurs dents se déchaussent et tombent, taudis que leurs os maxillaires se curicut et qu'une salivation abondante achève de les épuiser. Leur in-, teiligouce finit par s'altérer et, quand le mal a atteint ce\legré, iis ne tardent pas à succomber, soit subitement après quelque hémorragie, soit par suite «Je ta gène croissante qu'éprouve la respiration. Dans les cas les plus heureux, la convalescence est toujours longue. Les individus restent pendant longtemps faibles, décolorés et sujets à des douleurs articulaires et musculaires qui simulent le rhumatisme chronique. Il faut dire aussi pourtant que, quand le scorbut n'a pas d'autre cause qu'une persistance trop prolongée de l'influence de l'atmosphère maritime, il se guérit un quelques jours, et mèina radicalement, sous l'influence de l'atmosphère terrestre , après le débarquement. Et ce genre de scorbut est à peu près fréquent sur la mer comme la fièvre paludéenne est fréquente dans l'atmosphère des m-arécKges; mais c'est le moins grave dus cas que présente la diathèse scorbutique, il la condition que la cause n'en soit pas trop longtemps maintenue. On reconnaît enfin uninimement que beaucoup de causes peuvent produire le scorbut et qu'en général il résulte d'un ensemble de circonstances qu'il est difficile de bien délimiter. Mais, s'il s'agit de déterminer la cause réelle, fondamentale et déterminante du scorouf, on n'est pas, à ce sujet, aussi près de s'entendre.
Qu'on nous permette, à ce propos, de citer une discussion qui a eu lieu à l'Académie de médecine en octobre 1874.
Un membre de l'Académie, médecin militaire, M. Villemin, ayant soutenu récemment, dans une communication faite à l'Académie, que \s scorbut était un mal contagieux, analogue au typhus et au choléra par la manière miasmatique dont il naît et se propage, un autre membre de l'Académie, médecin de la marine , M. Leroy de Merieourt , a réfute cette thèse.
Il rappelle que ses fonctions et ses recherches l'ont mis à même d'observer et de traiter le scorbut en Amérique, aux Indes, aux Seychelles, h l'île Bourbon, à Alger; enfin, vers la lin du siège de 1870- 1S71 à Paris. C'est par des faits résultant d'un longue pratique qu'il se propose de répondre â la théorie du scorbut contugieux et miasmatique. Cette théorie n'est pas nouvelle ; l'Académie de médecine de Copenhague l'adoptait en 1645. Cela n'a pas empêché que l'observation, plus précise et mieux conduite, ne l'ait ruinée. Elle ne tiendra pas aujourd'hui devant l'examen attentif des phénomènes morbides, des circonstances qui les précèdent, les accompagnent et les suivent.
Le scorbut est défini par M. Leroy de Mericourt une sorte d'étiolement humain provenant d'une alimentation insuffisante soit par la quantité, soit par la qualité , soit par l'ab-* sence de végétaux frais. L'usage exclusif et prolongé des salaisons, la privation complète
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de légumes fraîchement cueillis, tels sont les facteurs primordiaux du scorbut sur terre comme sur nier. A ces facteurs peuvrnt s'en joindre d'autres qui favoriseront les premiers, sans toutefois pouvoir les remplacer dans la genèse du mal.
Le confinement de l'air, ia nostalgie, l'abus du tabac, qui engendre la dyspepsie; l'excès de la fatigue, qui livre sans défense l'organisme aux influences morbides; la chaleur, qui accable et énerve, toutes ces choses peuvent uider au développement du scorbut et précipiter son apparition, mais non le créer de toutes pièces.
Les villages bretons, au sein desquels le défaut d'hygiène et le manque de soins de propreté ont parfois suscité des épidémies restreintes de typhus et de lièvre typhoïde, n'ont jamais soutien du scorbut par cette raison que les habitants vivent d'un régime où les végétaux frais entrent pour une grande part. Les hautes températures des régions tropicales ne sont certainement pas sans effet sur le scorbut; on admettra sans difficulté que, de deux équipages naviguant dans des conditions d'hygiène ei d'alimentation parfaitement identiques, l'un sous des climats torrides, l'autre sous des climats tempérés, le premier sentira avant le second les atteintes du mal; celui-ci pourra même y échapper si le temps de l'épreuve ne se prolonge pas.
On connaît 1 influence du froid humide sur le développement du scorbut. Ce seul fuit suffirait à montrer que In thèse qui établit une relation entre la nature miasmatique de la maladie et la chaleur atmosphérique, toujours très-favorable au développement des miasmes, que celte thèse, disons-nous, est eu contradiction avec, la réalité.
Le choléra, dont les miasmes acquièrent par l'élévation i:e la température une grande énergie, n'est jamais aussi redoutable ni aussi persistant dans les climats septentrionaux que dans ceux du Midi. Le scorbut, qui n'est pas miasmatique, sévit avec autant de rigueur dans les régions polaires que dans les régions tropicales, si des influences secondaires malfaisantes viennent compenser dans les premières régions l'etl'et de la chaleur qui règne dans les secondes.
La cause unique du scorbut est l'absence ou l'insuffisance dans l'alimentation de végétaux frais; ceux que l'on conserve par la dessiccation ne peuvent remplacer les végétaux frais. Le traitement curatif du mal prouve qu'il est produit par la cause indiquée ; il suffit, en effet, d'administrer aux scorbutiques, pour les guérir, des sucs végétaux, quels qu'ils soient, pourvu qu'ils ne soient pas toxiques. On a cru que le eoehléuria et quelques autres plantes avaient, pour cette médication , des venus spéciales ; la vérité est que tous les sucs végétaux et tous les sucs des fruits ont part a ces vertus.
SuivaiU M. Leroy de Mérieourt, il n'es,t pas prouvé qu'on aie vu à terre apparaître le scorbut dans les hôpitaux, où le régime alimentaire était satisfaisant pour la qualité, la variété et la quantité. Far varièié, il faut toujours entendre la présence des végétaux frais. C'est à tort qu'on a prétendu qu'en Crimée le régime alimentaire de nos troupes offrait toutes les garanties désirables; qu'en conséquence il n a pu exercer sur les maladies qui ont sévi qu'une influence très-Secondaire, et qu'enfin, les défauts de ce régime n'existant réellement pas, on ne peut expliquer par eux 1 apparition du scorbut. M. Leroy de Mericourt s'attache à démontrer que ces défauts ont réellement existé.
Kn 1855, le scorbut se montra parmi les troupes cantonnées au camp de Boulogne. Là encore 1 alimentation était défectueuse; le sous-sol du tenuin était imperméable et entretenait une humidité constante, laquelle est un adjuvant énergique du développement du mal. Un sous-ofticier, arrivé depuis peu de temps de Paris, fut atteint du scorbut, comme par voie de contagion ; mais il fut constaté que cet individu s était soumis, depuis plus de quatre mois , au régime exclusif du jambon.
Les marins appelés h Paris pendant le siège ont eu parmi eux des cas de scorbut; l'uniformité de leur alimentation, la privation presque absolue de légumes frais, l'habiiulion clans les casemates expliquent suffisamment le fait. Autrefois, il était ordinaire île voir au bagne de Brest, à la fin des hivers pluvieux, se déclarer le scorbut; l'usage de la soupe aux légumes frais introduit dans l'établissement a supprimé le mal.
Le scorbut a été observé d'ailleurs en dehors de toute influence miasmatique possible. Dans un cas, il s'agit d'un individu menant une vie calme, réglée, habitant un logement salubre, mais qui, depuis longtemps, s'était condamné à vivre uniquement de bouillie et de galette de blé noir. Dans un autre cas, il s'agit d'une vieille dame, confinée dans une chambre obscure de son château, convaincue qu'elle est en proie à une aliéction de l'estomac et se refusant à manger autre chosoque du chocolat cru,
AI. Viifeinin fuit du débarquement ie facteur essentiel de la guéiison des scorbutiques. Le débarquement avec ses conséquences, c'est-à-dire l'aération, le repos, etc., concourt à l'efficacité du traitement; mais seul, sans l'aide du régime approprié, il serait impuissant. Les scorbutiques guérissent, sans qu'on les débarque, aussitôt qu'on peut
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lenr appliquer ce régime. Les exemples de ce fait abondent dans les annales maritimes ; récemment , un convoi de déportés trèséprouvés par le scorbut arrive à Melbourne; des végétaux frais envoyés de la ville ramenèrent les malades à la santé sans qu'ils eussent quitté le bord.
M. Leroy de Mérieourt insiste sur l'inanité absolue des moyens pharmaceutiques pour le traitement du scorbut; il n'a pas grande confiance dans deux remèdes nouveaux, le nitrate et le chlorate de potasse; il croit que la guérison attribuée à ces sels est l'œuvre du régime réparateur et varié qui a accompagné l'administration du médicament.
Il existe une substance peu coûteuse, commode à préparer et d'une grande efficacité préventive contre le scorbut : c'est le jus de citron conservé, employé dans la marine anglaise depuis plus d un siècle. Cette efficacité est reconnue si certaine chez nos voisins d'outre-Matiehe, que la loi oblige les capitaines de navire à faire des distributions périodiques , à intervalles déterminés, à toutes les personnes présentes à leur bord. La première distribution a lieu après dix jours de mer. Ces mesures, appliquées avec intelligence, ont fait disparaître le scorbut des bâtiments anglais; c est k peine si, présentement , on compte par an quatre cas sur 46,000 hommes qui naviguent. Mais les règlements sont sévères et exécutés. Dernièrement, un capitaine de commerce ayant ramené des scorbutiques , une enquête judiciaire eut lieu; il fut constaté que les distributions de jus de citron no s'étaient pas laites régulièrement; le capitaine fut condamné à une forte amende et aux frais du procès.
Chez nous, on a essayé l'emploi du jus de citron conservé ; s'il n'a pas produit les excellents résultats constatés dans la marine anglaise, cetu tient surtout à ce qu'on en a fait un moyen curatif, alors qu'il est un moyen préventif.
Il ne nous convient pas, on le comprendra sans peine, d'entrer dans la discussion des arguments mis en présence par les membres de l'Académie des sciences dont nous venons de relater le débat; aussi allons-nous simplement reprendre lu cours de cet article.
Le scorbut, à la lin du dernier siècle, était très-commun dans les quartiersmisérablesde la plupart des villes de l'Europe, et Paris n'en était pas exempt; mais aujourd'hui que le soleil pénétre mieux dans les rues, que l'alimemniion est meilleure et plus variée, il n'en est plus de même.
Cependant, le scorbut se rencontre encore, quoique moins fréquemment qu'autrefois, dans les camps, dans les villes assiégées, dans les hôpitaux, dans les prisons encombrées et chez les marins. Si le scorbut de mer ne diffère du scorbut de terre que par la nature des circonstances qui le produisent, il se montre encore presque fatalement, malgré les précautions hygiéniques prises jusqu'à ce jour contre lui, si les traversées se prolongent plus de six mois sans débarquement, ce qui arrive rarement avec la vapeur et la vitesse actuelle des navires. Or, l'encombrement, la privation de légumes frais, l'usage exclusif des salaisons, Je chagrin, ie découragement eten général toutes les causes débilitantes jointes à l'action du froid humide concourent pour l'engendrer. Kn résumé, il semble conforme aux faits observés d'attribuer les cas de scorbut, dont la cause parait être l'humidité, plutôt à une altération de la pureté de l'air qu'à l'humidité elle-même, quoique l'humidité soit certainement une des circonstances déterminantes de cette altération. Le scorbut, en effet, semble exiger, pour attaquer les hommes d'une manière grave et en grand, qu'il les trouve constamment enfermés dans des lieux, non-seulement humides, mais bas, froids, obscurs, et surtout qu'ils y. so.ent réunis en trop grand nombre, en sorte qu'ils n'aient point i'air respitable nécesiuira à tant de poumons. Le scorbut se développe en automne, sévit en hiver, quelquefois même jusqu'au printemps, mais cesse en été, comme Pinel, à Bicétre , et Richerand , à Saint-Louis, ont pu s'en assurer l'un et l'autre il y a peu d'années. 11 est, pour la même raison, fréquent dans les parties froides et humides de l'Europe, et disparait tout à fait ou ne se montre que par exception dans les parties méiidionaies de la même contrée,
Mitis s il est vrai que la cause la plus active du scorbut réside dans un air vicié par les émanations immobilisées, en même temps que par le froid et l'humidité prolongés, on demandera peut-être pourquoi on ne le voit jamais se montrer dans les huttes humides, horriblement fétides, et sales au-dessus de toute expression, dans lesquelles les Esquimaux s'enferment une grande partielle l'année, n'ayant pour réchauffer l'air qu'ils respirent d'autre feu que ia chaleur développée par fa fermentation de monceaux de matières animales dont ils entourent et mastiquent leurs tristes demeures. En dépit de la remarque de Dubois d'Amiens, nous n'y voyons de réponse qu'en disant qu'un froid de 3(>o à 40° au-dessous de zéro, comme l'éprouvent ces pauvres Hyperboréens, doit non-seulement modifier les combinaisons chimiques résultant de la décomposition putride, mais encore exercer sur l'économie humaine une action qui, si elle était bien connue, rendrait peutêtre Mil'fisaïuiiiciit raison d'un fan en njq.a-
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rence inexplicable, tant il semble opposé à ce qu'il y a de mieux démontré touchant l'action de l'air vicié.
Beaucoup de médecins ont attribué une influence prépondérante, dans le développement du scurbut, à l'usage des viandes salées et du biscuit. Mais on est tenté de ne point accepter cette manière de voir quand on sait que les matelots indiens, exclusivement nourris de substances végétales, sont autant et peut-être encore plus souvent que les autres attaqués du scorbut; quand on apprend que cette maladie a cruellement maltraité la flotte de l'amiral Anson, abondamment pourvue de vivres frais de toute espèce, tandis qu'elle a constamment épargné dos expéditions navales moins bien approvisionnées, parce qu'elles étaient dans des conditions plus favorables par rapport à l'air. Néanmoins, il serait absurde de prétendre que l'usage de viandes putréfiées, de biscuit «varié, d'eau corrompue soit sans inconvénient pour l'homme; mais ces Substances ainsi altérées et, à plus forte raison, un régime trop peu nutritif ne paraissent être, quoi qu'en dise Milman, qu une condition propre à aggraver les effets nuisibles de l'air vicié. Elles semblent plutôt faites pour donner lieu à des complications graves et pour produire des maladies d'un caractère tout particulier, que capables de déterminer, par elles-mêmes et sans autre cause, le développement du scorbut.
On doit, au reste, considérer comme trèspropres à accroître l'action nuisible du mauvais air les affections inorales tristes, l'abattement, le chagrin profond, auxquels il est si difficile de résister dans certaines circonstances. C'est en grande partie, sans doute, à leur caractère morose et porté à la tristesse que les Hollandais et les Allemands occupés au siège de Breda ont dû d'être en aussi grand nombre attaqués du scorbut, tandis que les soldats français, placés dans les mêmes conditions, trouvaient dans leur inaltérable gaieté un préservatif contre les maux dont leurs compagnons d'armes étaient assaillis. La paresse, le repos prolongé, le défout absolu d'exercice produiront dos effets analogues k ceux de la tristesse ; il en sera de même des fatigues excessives. L'influence fâcheuse de vêtements trop peu chauds pour la saison, surtout lorsqu'ils ne peuvent èlro remplacés par d'autres après avoir été pénétrés par la pluie, n'est pas non plus douteuse, et la crasse qui finit alors par les imprégner, outre qu'elle nuit directement à la peau, devient peut-être encore plus à redouter sous le rapport des émanations auxquelles elio donne lieu. Si à tout cela, et spécialement au froid continu, on ajoute les elfcts débilitants des grandes hémorragies, on aura la réunion des causes qu'en général les médecins s'accordent maintenant à considérer comme les plus actives dans la production du scorbut.
Après cette discussion des conditions pathologiques déterminantes de la maladie qui nous occupe, nous ne ferons que tirer une conclusion de simple bon sens et, d'ailleurs, confirmée par l'expérience, en ajoutant quela gravité de la diatlicse scorbutique dépend beaucoup des conditions sous l'empire desquelles elle se développe et se fixe dans une constitution. Si.au point de vue général, le scorbut sévit sous sa forme la plus terrible lorsqu'il devient épidémique, il sera toujours vrai de dire, au point de vue particulier, que, toutes choses égales d'ailleurs, il est bien plus dangereux chez les sujets débilités par les maladies ou par les chagrins que chez ceux qui jouissaient auiéiieurement d'une santé solide.
— Thérapeutique du scorbut. Quand cette maladie s'est déclarée dans un sujet, on a recours aux acides, aux toniques, aux amers et particulièrement aux végétaux qu'on a qualifiés d'anliscoibutiques, tels que le raifort, le cresson, le cochléaria, l'oseille, le j cerfeuil. les fruits acides, l'ai], l'oignon, etc., i administrés en bouillon ou sous d'autres formes. Les ferrugineux, le bon vin, les bois-, sons fermentées, le quinquina, la gentiane, certaines eaux minérales pourront rendre aussi de grands services. Quant aux manifestations scorbutiques locales, telles que les ecchymoses, les œdèmes, les ulcérations, on les traite chacune selon sa nature partieu- : lière et d'après les règles ordinaires. «On confbat, dit le Dictionnaire de Littré et Ko- ! bin, le gontlementet la niollessei.es gencives i par les collutoires aiguisés avec l'eau de Ra- ] bel ; on fait sur les taches scorbutiques des i fomentations alcooliques camphrées, etc. » Mais il est à peu près reconnu aujourd'hui que le traitement du scorbut doit être surtout hygiénique lorsque le mal existe déjà et que C'est ea Vain qu'on a cherché jusqu'à présent le médicament véritablciiieiitaittiscorliutique. Le vrai moyen curatif consiste simplement dans les conditions hygiéniques opposées à celles qui sont reconnues propres au développement de cette maladie, en sorte que l'hygiène prophylactique du scorbut, par l'exposé de laquelle nous allons terminer, en est au mémo temps le traitement thérapeutique, à proprement parler. C'est ainsi que le passage a un bon régime, à un air pur et sec, à une vie d'exercice, à une température chaude, etc., si le sujet se trouvait aiipaia-
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vant dans d'autres conditions, sera timjours le meilleur de tous les curatifs cl celui en l'absence duquel les autres seraient impuissants.
Cette vérité, généralement admise aujourd'hui, avait été pro -lamée des le commencement du dernier siècle par les auteurs qui ont voulu tenir compte des faits observés. Mais, trop souvent, leurs conseils restaient impuissants, parce qu'il fallait que les i>rugrès des sciences, 1 augmentation du bienêtre général vinssent, avec le temps, rendra pratiques les aspirations des hygiénistes. Ainsi, au point de vue des marins, par exemple, les perfectionnements de l'architecture navale, l'introduction des caisses à eau en fer, des appareils distillaloii'es, des différents modes do conserves alimentaires, l'applica-* tion de la vapeur comme force motrice, la connaissance do routes meilleures sont autant de bienfaits qui rendent de jour en jour le scorbut moins fréquent et moins grave il bord des bâtiments; néanmoins, tant qu'il existera des flottes et des années, tant qu'il y aura de la misère, on observera des cas du scorbut, mais cette maladie ne prendra plus, comme dans les siècles précédents, les proportions d'un redoutable fléau.
— IlYGtiWU PROPHYLACTIQUE DU SCORBUT.
Toutes les fois que l'invasion du scorbut est à redouter ou que quelques symptômes légers dénotent sa présence, il faut faire en sorte de rendre au régime alimentaire ce qui peut lui manquer en quantité et on vari 'té. Plusieurs repas par semaine doivent être composés de viande fraîche, et l'on ajoutera à la ration journalière, autant qu'il sera possible, des légumes ou des fruits contenant leur eau de végétation. L'espèce de végétaux ou de fruits importe assez peu; toutes les parties vertes des végétaux non nuisibles soi t bonnes si l'on est à terre, mais on choisira, comme provision de campagne à la mer, ceux qui se conservent le plus longtemps ; ainsi, les citrons, les oranges, les oignons, les nommes de terre, les punîmes, le tamarin, les bananes, etc. ; à défaut de légumes frais, la choucroute peut rendre tlo grands services, ainsi que l'oseille conservée. Q unit aux légumes et aux fruits qui ne doivent leur longue conservation qu'à la forte près -ion et à la dessiccation qu'on leur a fait subir, ils 1 n'ont d'autre valeur que de vaiier agréablement le régime. Les avantages que présenta le jus de citron additionne d'une petite quantité d'cau-ile-vio pour les longues traversées ont fait, îles 17Ô7, préférer ce liquide comme prophylactique par les Anglais ; la distribution régulière du lime juicc ou jus dû citron, après quatorze jours de mer, est ofrt •iello- 1 ment prescrite sur tous les bàliinuuts de la | marine anglaise, qu'ils appartiennent à l'Etat j ou au commerce. Il est indispensable égale- ; ment de veiller à ce que l'eau soit de bonne I qualité; si elle contient des matières organiques, il ne faudra pas la boire sans l'avoir ) fait bouillir. De légères infusions de thé, du I café léger proviendront en partie les elfcts j nuisibles que.de mauvaises eaux pourraient avoir; l'usage d'une suffisante quantité de I vin est fort utile. Certaines buissons fcrmeii- ■ têcs, telles que le cidre, le poire, la bière de I x/iruce (supitiette), font aussi favorables comme moyens prophylactiques. Il est très-important d'entretenir les fonctions du la peau par l'usage do bains ou de lotions, qu'on peut icndru i encore plus efficaces par lu moyen de plantes aromatique-*, do savon ou d'une certaine qu.in- ! tué de carbonate de soude. Quand les circonstances la permettent, les bains froids de courte durée ne pourraient avoir qu'une action salutaire- Si les bains ne peuvent être, administrés, des frictions stimulantes, vineuses ou alcooliques, liedes, y.supj léeraienten partie. Les vêtements doivent être secs et suffisamment chauds, le froid et l'humidité ayant une influence incontestable sur ie développement et la marcha du scorbut. On fora en sorte que les habitations soient entretenues avec la plus grande propreté, que l'atmosphère en soit pure et qu'elles reçoivent un air sec et do la lumière. On ne saurait trop veiller à ce que la somma des travaux de chaque jour ne dépasse pas la lamte des forces de ceux qui y sont soumis; il faut, en tout cas, qu'un nombre suffisant d'heures de sommeil \ ion ne permettre do les réparer. Le médecin devra s'altaclicr à écarter les passions tristes par tous les moyens qui seront en sou pouvoir. Si le scorbut se développe à li nier et jjrend une Certaine intensité, il ne faudra pa,s hésiter à relâcher dans la port le plus voisin, soas peine de voir bientêt la maladie acqunir une grande gravité. Une fois mis a terre, les malades ne tarderont pas à se rétablir sous l'iullueuca des inei.leures conditions hygiéniques dans lesquelles ils se trouveront et, avant tout, de l'atmosphère terrestre.
L'ensemble des moyens que nous venons d'examiner comme prophylactiques constitue, également le traitement curatif. ■ La longue série de médicaments qualifiés de i'épulietu d'antiscorbutiques n'ull're qu'un intérêt trèssecondaire ; les toniques, les stimulants les plus énergiques no sont qu'accessoires ou simplement palliatifs, si les conditions hygiéniques défectueuses persistent k agir. o^Valleix.)
En résumé, l'habitation dans des maisons . à la fois sèefies et convenablement aérées,
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.l'usage de vêtemenls chauds et une bonne alimentation animale et végétale sont les meilleurs préservatifs et, aussi les meilleurs remèdes oontre lu maladie, lorsque celle-ci s'est déclarée. Il convient sur mer de maintenir le navire excessivement propre, d'y éviter toute cause d'humidité intérieure, de faire porter i.ux matelots de bons vêtements de laine, du leur donner une nourriture variée, quelques rations spiritueuses, et parfois des fruits nîidulés, cuimne les oranges et les citrons. C>» recherchera en même tpmps, par tous les. moyens possibles, à égayer l'équipage, à soutenir son moral, à l'aire prendre en tout temps aux marins l'exercice nécessaire à leur sautée et l'on aura soin surtout qu'ils ne manquent jamais, tant connue moyen de distraction inorale que comme tonique excellent au point de vue matériel, de tabac pour la pipe, pour la chique et même pour la prise.
SCORBUTIQUE adj. (skor-bu-ti-ke). Pathol. Qui a rapport au scorbut; qui est de la nature du scorbut : Symptômes scorbutiques. Affection ScOUButiQuis. Il Qui est atteint
de SCOl'jut : Malade SCORBUTIQUE.
— Substantiv. Malade qui a le scorbut ; Un