SCORBUTIQUE
SCOïlDA'SSE s. f. (skor-da-se), Syn. de scaroa.ssi:.
SCORDATURA s. f. (skor-da-tou-ra — mot itiil. formé de s, qui représente le latin ex, et do orda, corde). Mus. Façon d'accorder un instrument autre que celle qui est généralement usitée : La scokdatura se pratique sur lu guitare et le violon. (Coinplém. de 1 Aoud.)
— Encycl. Ce mot italien n'a pas d'analogue en français, puisqu'il signifie, non point désaccird, état d'un instrument qui n'est plus d'accord, mais désaccordement, c'est-à-dire action de désaccorder, et que ce dernier mot manque à notre langue. La scordatura consiste , non à désaccorder un instrument à cordes sans règle fixe et au hasard de la inain, nais bien à donner à ses cordes un accord autre que celui d'ordinaire employé, et qui change jusqu'à un certain point le caractère et la sonorité habituels de cet instrument, i Ce procédé s>: pratique, dit Castil- Blaze, pour étendre les limites de l'instrument, ou faciliter certaines po-itions que l'accoid ordinaire ne permet pas do prendre, et produire par leur moyen des effets nouveaux et extraordinaires. » Dans certains morceiux écrits dans le ton de ré, les guitaristes baissaient parfois d'un ton la corde grave accordée d ordinaire au mi, et lui faisaient donner le ré, qu'où employait alors en guise de pédale dans le cours du morceau. Nardini, dans sa fameuse Sonate ënigmutique,
. changeait complètement l'accord du violon et moulait ainsi les quatre cordes : ut, fa, la, mi, tandis que l'accord ordinaire est loi, ré, la, mi. Paganini a fréquemment employé la scordatura, et de plusieurs manières; mais son m jyen favori était do monter d'un Uni la quatrième corde et de lui faire donner le ta au lieu du sol. Il obtenait ainsi, dans certaines tonalités et par i'eifetde la vibration naturelle, une résonnance pour les cordes à vide, Dans quelques morceaux, il t'aidait accorder le violon principal a une distance générale d'un ton ou d'un demi-ton de l'orchestre el obtenait encore, par ce moyen, des effets nouveaux, étranges et complètement inattendus.
Le plus bel exemple de scordatura est, sans contredit, celui qui a été imaginé par Héroldaii troisième acte du Prc-aux-Clercs. Le to i du morceau est en si bémol et le chant principal est dessiné par les instruments graves île l'orchestre, c'est-à-dire les basses et les altos; Hérold a -jugé à propos de faire descendre la quatrième coede de ces instrument! un ton au-desaous de l'accord ordinaire (wtj, iitin de leur faire donner la tonique (si béino ) dans leur partie la plus grave. Nonseulement cet effet inusité paraît étrange à l'auditeur, mais les cordes, détendues pour prodtire cette sonorité exceptionnelle, acquièrent une vibration molle et fl.isqtie dans laquelle les amateurs de musique imitative entendent volontiers le clapotement des rames sur une rivière, ce dont le morceau à l'intention de doftner l'idée.
faCORDININE s. f. (skor-di-ni-ne — rad.
scordium). Chim. Principe extraie du scordium.
SCORDION s. m. V. ecoaDiuM.
SCORD1SQUES, en latin Scordisci, anciens habitants de la Pannonie, qu'on croit d'origine gauloise. Ce peuple belliqueux et féroce, après avoii forme des établissements sur la Save et le Dt nube, se lixa au nord de la Macédoine, où il lutta souvent avec, succès contre les légion.', romaines. En 114 av. J.-C, les Scordisques massaetèrent le consul Caton et son armée- mais ils furent refoulés peu après au delà du Danube, el leur nom cessa de figurer tans l'histoire.
SCORDIUM s. m. (skor-di-omm — mot lat.
forme du grec skordion. Cette plante est ainsi appelée, selon Galie» et Martinius, du grec skurdon, skorodon, ail, parce qu'elle a une odei r d'ail). Bot. Nom scientifique d'une espèce de germai. drée. Il On d:t aussi SCORDION.
— Encycl. Le scwdium, appelé aussi germon bée aquatique, est une plante vivace, a soiohes rampantes, à tige haute de 0m,35
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■environ, dressée ou ascendante, rameuse, velue, souvent blanchâtre ou rougeâtre, portant des feuilles opposées, sessiles, ovales, allongées, dentées. Les fleurs, d'un pourpre pâle, rosées ou bleu violacé, brièvement pédoneulées, naissent par deux dans les aisselles des feuilles. Ce végétal croît dans les terrains humides ou marécageux et au bord des eaux. On ne le cultive que dans les jardins botaniques, où sa culture est à peu près la même que celle de la gerinmidrée, mais avec beaucoup p'.us d'humidité. On le récolte, pour l'usage médical, à l'époque de la floraison, qui se prulouge depuis la fin de juin jusqu'en août.
Le scordium. a une odeur d'ail, qui devient surtout très-sensible quand on écrase ses feuilles; sa saveur a une amertume trèsprononcée; elle se conserve assez bien par la dessiccation, mais l'odeur alliacée se perd peu à peu. On l'emploie en infusion ou en poudre; on en retire aussi un extrait. Il outrait autrefois dans la composition d'une foule de médicaments, et il a même donné son nom au fameux diascordium, bien qu'il n'y entre que pour une très-faible proportion. Tonique et un peu plus excitant que la germaudrée, il stimule l'estomac et les intestins, facilire la digestion, excite l'appétit, supprime les 11atuositôs, et provoque la mort et l'expulsion des vers intestinaux. On l'a vanté contre les lièvres intermittentes simples, putrides ou malignes, les maladies contagieuses, la peste, l'hydropisie, l'anasarque, les engorgements, l'asthme humide, et à l'extérieur contre la gangrène. Enfin , il est encore préconisé comme apéritif, sudoritique et vulnéraire.
SCOBDUS (mont). V. Scardus.
. SCOBESBY (William), navigateur anglais, né en 1760, mort en 1829. Fils d'un fermier, il quitta les travaux agricoles pour devenir marin (1780), fut pris pendant un voyage patun navire espagnol, mais parvint à s'échapper et regagna l'Angleterre. L»e retour dans sa famille, il se maria, puis se livra à la pêche a la baleine dans les mers polaires. Devenu maître d'un petit navire eu 1791, il fit la pèche pourson compte, et comme il était d'une iiabileié consommée, il lit. les campagnes les plus fructueuses et acquit une grande fortune. Lorsqu'il cessa de naviguer e-n 1823, Scoresby avait fuit trente expéditions connue capitaine dans les mers polaires et avait capturé cinq cent trente-trois baleines, pris soixante ours et plusieurs milliers de phoques. En 1806, il s'était avancé jusqu'à 80" 30'.
SCORESBY (William), navigateur et savant anglais, fils du précédent, né à Cropton en 17S9, mort à Torquay en 1857. Tout enfant, il accompagna son père dans ses expéditions polaires, et dans l'intervalle de ses voyages il étudia à Whilby (1806/ et à 1 université d'Edimbourg en 1809. Après avoir fait dixsept campagnes de pèche, il publia, en 1820, un intéressant ouvrage intitulé : Tableau des régions wctiques (2 vol. in-s0), qui fut traduit en allemand en 1S25, et dans lequel il décrivit l'histoire naturelle et l'état physique des régions arctiques qu'il avait visitées. Trois ans plus tard; à la suite d'un nouveau •voyage, il fit paraître : Journal d'un voyage à la pêche de la baleine dans le Nord, auec des recherches et des découvertes sor les côtes du Groenland, faites dans le cours de l'été de 1S22 sur le navire Baffin, de Liaerpoot (Edimbourg, 1823, iu-80), qui attira vivement sur lui l'attention. Peu après, Scoresby fut nommé membre de la Société-royale d'Angleterre (juin 1824) et membre correspondant de l'Académie des sciences de Paris. La mon de sa femme détermina Scoresby à renoncer aux voyages sur mer et à entrer à l'université de Cambridge pour y étudier la théologie. Il reçut les ordres à l'âge de quarante-cinq ans, et devint curé de l'église des mariniers à Liverpool, puis, en 1839, vicaire de Bradford. En 1SS5, il lit un voyage en Australie et mourut it son retour eu Angleterre. En faisant des recherches sur divers sujets relatifs k la marine, Scoresby avait été amené à étudier les sciences physiques. Aussi, outre ses récits de voyages, etc., il a publié plusieurs mémoires fcientitiquesdans les Transactions philosophiques, dans les Actesde lu Société royale d'Edimbourg et dans quelques autres recueils. Ses principaux ouvrages, outre ceux que nous avons cités, sont : Investigations magnétiques (Londres, 1839-1S52, 3 vol.); Discours aux marins (1850); Souvenirs de ta mei'"(185l); Du magnétisme zoïstique (1853), etc.
SCOKFV, rivière de France. Elle prend sa source dans le département des Côtes-du- Nord, près du hameau de Manéguénach, canton de Goarec, baigne Langoèlan, Guéntéiiée, Pontscoriïet se jette dans l'esta;<ire du Biavet.à Lorieut, dont elle forme le port, après un cours de 70 kilom., navigable sur 12.
SCORIACÉ, ÉE adj. (sko-ri-a-sé — rad.
scorie). Miner. Qui ressemble à dos scories. Il On dit plus souvent scoriformè;.
SCOR1AS s. m. (sko-ri-ass). Bot. Genre de champignons, du groupe des mucédiuées. Il Syn. de carya, genre d'arbres.
SCORIDOR ou SCORRIPOR s. m. (sko-ridor, skor-ri-dor — ital. scurridore). Mur. fetit bâtiment italien qui a un seul mât placé vers le centre et une très-grande vuile.
SCORIE s. f. (sko-rl — latin scoriu, grec skdria, de skôr, excrément, ordure, déchet.
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Le grec skôr appartient à la même famille que le latin stercus. pour scerlas; Pictet les rapproche du composé sanscrit aBas/cara/ct, balai, brosse, avaskara, balayures, ordures, du préfixe avas en composition avec la racine kar, disperser). Substance? vitrifiée qui surnage à la surface des métaux en fusion : On a vu des scories de fourneaux cristalliser en mica. (L. Figuier.)
— Fig. Impureté, souillure : Le fond de tout cceur humain est un amas de scories el de cendres. (Cl. Tillier.)
— Miner. Scories volcaniques, Produits des volcans, légers, spongieux, qui ressemblent aux scories des fourneaux.
— Encycl. Dans le traitementmétallurgique des différents minerais, on obtient des silicates comme résidus. Ces silicates, dans lesquels on cherche à faire entrer les' matières étrangères au métal que l'on veut obtenir, sont tantôt des laitiers, tantôt des scories. Ce sont des laitiers quand ils sont simplement terreux, c'est-à-dire quand ils ne contiennent pus de proportions sensibles du métal à obtenir. Ainsi, les résidus des hauts fourneaux sont des laitiers, car ce sont des silicates à bases de chaux, d'alumine, de magnésie, etc., contenant très-peu d'oxyde de fer. Au contraire, dans le traitement des minerais des métaux autres que le fer, et notamment dans celui des minerais de cuivre et de plomb, on obtient des silicates renfermant des quantités souvent considérables de ces métaux; on a alors ce qu'on appelle des scories. Cette distinction est très-importante à établir, car ces deux mots sont très-souvent confond us dans le langage vulgaire et très-improprement, puisque les scories, au contraire des laitiers, peuvent être considérées comme de nouveaux minerais du inétal à obtenir et Sont presque lonjours traitées de nouveau comme minerais. Dans toute usine métallurgique un peu considérable, il y a un cabinet d essai, et les scories y soi.t analysées avec autant de soin que le minerai et les différents produits marchands. Cette analyse se fait à deux points de vue : d'abord, avec beaucoup d'exactitude, on y dose les matières nuisibles qu'on voulait éliminer des produits à obtenir, et de cette analyse on calcule par différence s'il eu reste dans la matière métallique assez pour la rendre défectueuse. En ce cas, on aurait à modifier la marche de l'opération ou à changer la nature du lit de fusion, et cela jusqu'à ce qu'il soit prouvé par Une analyse rigoureuse que ces matières nuisibles, telles que le phosphore . l'arsenic, etc., ont été successivement éliminées en passant dans les différentes scories ou résidus de l'opération métallurgique. Ensuite, ou fait une analyse approximative, le plus souvent par voie sèche, pour connaître approximativement la richesse de la scorie considérée comme minerai; on n'y dose guère, par conséquent, que le métal qui s'y trouve à l'état d'oxyde. Suivant les proportions de matières nuisiblesque l'analyse exacte y indique, et la richesse de la scorie trouvée par voie sèche ou par voie humide, mais seulement avec une certaine approximation, on décide qu'il y a lieu de traiter la matière de telle ou telle sorte. Il pourra même arriver qu'on la rejette complètement, quelle que soit sa richesse métallique, si elle renferme en trop grande proportion des matières nuisibles susceptibles de s'incorporer aux produits qu'on veut obtenir. On voit donc que, dans tous les cas, il est indispensable, pour se rendre compte de l'efficacité de la méthode suivie, de faire une analyse exacte des scories dans tout traitement métallurgique qui en donne. Comme exemple de scorie que l'on traite à nouveau, on peut citer les sco)ies de la première fonte pour mattes des minerais sulfurés du cuivre. Ici, les scories sont surtout destinées à absorber le fer et les bases terreuses du minerai; les matières nuisibles, telles que le phosphore, l'arsenic, étant éliminées à l'état da composés volatils dans les différents grillages qu'on fuit subir aux inattes. Ces scories repassent au four parce qu'elles contiennent de l'oxydule de cuivre et des grenailles de ■nattes. On commence par rechercher dans une expérience préliminaire si elles contiennent une proportion sensible d'arsenic et d'antimoine. Pour cela, on en fait fondre un gramme avec quatre ou cinq grammes de.
carbonate de soude. La matière fondue et refroidie est attaquée pur l'acide azotique. On sépare la silice insoluble et on verse dans la liqueur azotique de l'ammoniaque. Le précipité produit par l'ammoniaque est dissous dans l'acide sulfurique et la liqueur est essayée par l'appareil de Marsh. Généralement, on n'eu trouve que des proportions insignifiantes. On dose ensuite par les procédés usités pour les silicates la proportion de silice qu'elle renferme; puis, comme la scorie renferme du sulfate de baryte, on le dose en séparant l'acide sulfurique pour e» faire un sel solublepar une ébullition dans une dissolution concentrée de carbonate de soude. Cela fait, on peut déterminer sur un nouvel échantillon le soufre total, et, en en déduisant ce qui est dû au sulfate de baryte, on calcule la proportion de mattes contenues dans la scorie. Il importe ensuite de connaître les proportions de fer, de zinc, de plomb et surtout de cuivre qui peuvent s'y trouver. Par une attaque à l'acide azotique, puis par une fusion de la partie insoluble avec du carbonate de
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sonde, suivie d'une nouvelle attaque de la matière fondue par l'acide azotique, on amène toutes les b:ises terreuses et métalliques a se dissoudre dans l'acide azotique. Cela fait, le fer et l'alumine se précipitent par l'ammoniaque et l'azotate d'ammoniaque. Sur ce mélange, on dose, par la méthode ordinairement, employée, le ter qui y est contenu. Quant k la liqueur ammoniacale, elle renferme le cuivre, le zinc, le plomb, etc. On y dose ces différents métaux et l'on a tout ce qu'il faut connaître sur la nature de la scorie.
SCORIFICATION s. f. (sko-ri-fi-ka-si-on — rad. scarifier). Métall. Réduction en scories; état de scories : Le dernier degré de scorification.
SCORIFICATOIRE s. m. (sko-ri-fî-ka-toire — rad. scarifier). Métall. Têt ou écuel'e à scorirrer, que l'on emploie dans la coupelle en grand.
SCORIF1ER v. a. ou tr. (sko-ri-fi-é — de scorie, et du lat. facere, faire. Prend deux i de suite aux deux prem. pers. pi. de l'imp. de l'iiulic. et du prés, du subj. : Nous scorifdons ; que vous scarifiiez). Réduire en scories : Scorifiur les matières étrangères contenues dans un métal.
SCORIFORME adj. (sko-ri-for-me — de scorie, et de forme). Miner. Qui se présente sous forme de scorie : Laves scoriforjies.
SCORODITE s. f. (sko-to-di-te). Miner. Arséniate de fer hydraté.
— Encycl. La scorodite est une substance bleu veruâtre ou vert bleuâtre, cristallisant en prismes rhomboïdaux, rayant le calcaire, rayée par la iluorine, d'une densité égale à 3.20. Comme composition chimique, c'est un arsémate de fer hydraté, avec des traces de soufre, de manganèse, de chaux et de magnésie. Par la caleination, elle donne de l'eau et un résidu blanc jaunâtre; les acides azotique et chloihydrique l'attaquent; la solution azotique, faite à chaud, précipite en bleu par le ferroeyanure de potassium ; la solution chlorhydrique précipite en blanc verdâtre. Ce minerai indique ordinairement la présence du cobalt et de l'étain. On le trouve a Saint- Léonard et à Vaury (Limousin), dans le Cornouuilles, en Saxe, en Carinthie, etc.
SCORODONIE s. f. (sko-ro-do-nî — dugr.
skorodon, ail). Bot. Nom scientifique d'une espèce de germaudrée.
SCORODOPRASE s. m. (skd-ro-do-pra-ze — du gr. skorodon, ail ; prasion, plante aromatique). But. Syn. de schénoprasum.
SCORPÈNE s. f. (skor-pè-ne — du gr. skorpiainô, j'irrite). Iclithyol. Genre de poissons aeanthoptér>giens, de la famille des joues cuirassées, comprenant une vingtaine d'espaces, dont deux vivent dans nos mers : Toutes les scottPENES ont la vie dure. (A. Guichenot.)
— Encycl. Les scorpènes sont caractérisées par un corps ècailleux ; la tète épineuse, comprimée latéralement; les joues et les mâchoires sans écailles; des dents en velours aux mâchoires, au vonier et aux palatins; sept rayons aux ouïes, une seule nageoire dorsale, des lambeaux cutanés sur le corps. Elles diffèrent des cottes par leur dorsale indivise et des dents aux palatins. Elles ont encore la gueule fendue et les nageoires pectorales très-développées, larges et embrassant une grande partie de la gorge. Une tète grosse et épineuse, une peau molle et spongieuse, de nombreux lambeaux cutanés rougeâtres donnent à ces poissons une forme bizarre, un aspect hideux et dégoûtant; d'un autre côté, leurs fortes épines occasionnent des blessures souvent très-graves et même dangereuses. De 1U les noms vulgaires de scorpion, crapaud, diable de mer, truie, rascasse, porc de mer, etc. Ce genre comprend une vingtaine d'espèces, dont deux on trois habitent nos mers. Elles vivent sur les côtes, cachées au milieu des rochers ou dans la vase. Aussi fortes que voraces, elles se nourrissent de la chair des autres poissons ou des oiseaux aquatiques qu'elles peuvent surprendre. Souvent parées de couleurs vives et éclatantes, elles ont une chair assez délicate ; mais les pécheurs redoutent beaucoup les piqûies de leurs aiguillons.
La grande scorpène rouge atteint la longueur de 0nl,65 et le poids de 2 kilogrammes ; elle a le corps oblong, des formes lourdes, de nombreux lambeaux cutanés d'un beau rouge, marbré ou diversement taché de brun el de blanchâtre. Elle abonde dans la Méditerranée et a la vie dure comme toutes ses congénères; elle subsiste longtemps hors de l'eau et conserve même du mouvement quand elle a été coupée en morceaux. Sa chair est bonne et saine. La petite scorpène brune se distingue de la précédente par sa taille moindre, son corps plus élevé à proportion, sa tèto plus courte, ses écailles plus petites et plus rudes, ses lambeaux charnus moins nombreux, enfin par sa couleur. Elle se cache sous les plantes marines et y reste à l'affût pour surprendre les poissons dont elle fait sa proie. Elle est également très-dangereuse par ses aiguillons. Les anciens lui attribuaient de grandes vertus médicales. Sa .hatr est assez bonne. Parmi les autres espèces, qui, pour la plupart, forment aujourd'hui des genres distincts, on peut citer la scorpène du Nord, dont les (iroenlandais emploient les
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épines en guise d'aiguilles. Sa chair est maigre, mais d'un assez bon goût. On dit que ce poisson se tient dans les profondeurs et ne s'approche du rivage qu'au moment de la tempête.
SCORPIIDE adj. (skor-pi-i-de). Arachn* Syn. de scorpionide.
SCORPIOÏDE adj. {skor-pi-o-i-de — du gr. skorpios, scorpion ; eidos, aspect), Hist. uat. Recourbé en queue de scorpion : Myosotis
SCORPIOÏDE.
— s. m. Bot. Syn. de scorpiure, genre de légumineuses.
SCOFPIOJELLE s. f. (skor-pi-o-jè-le — rad. scorpion). Pharm. Huile de scorpion.
SCORPION s. m. (skor-pi-on — lat. scorpio, gr. s/corpios, qu'on a comparé k l'hébreu akarab, même sens). Araehn. Genre d'arachnides, type de l'ordre des scorpionides, eomprenantun assez grand nombre d'espèces, répandues dans l'ancien continent, et surtout dans la région méditerranéenne : Les SCOR- PIONS vivent de proie. (H. Lucas.) Les scorpions font voir beaucoup de force et de courage contre les araignées. (V. de Bomare.) Le venin du scorpion est dam sa queue. (Th. Gaut.) il Scorpion araignée, Nom vulgaire de la pince caiicroïde.
— Fig. Personne méchante, venimeuse, dont les paroles sont empoisonnées : J'ai fait donner du mil blanc à mes scorpions littéraires. {Alex, Dum.) Il Venin, poison, maladie :
Ennui,
Prince des scorpons, fléau de l'Angleterre, Au sein ne nos cités, fantôme solitaire.
A. Barbier.
— Pharm. Huile de scorpion, Huile dans laquelle on a fait mourir des scorpions,
— Ait milit. Espèce de petite baliste en usage chez les anciens. Il Ancienne manœuvre d'infanterie. Il Anne qui était formée de plusieurs balles de métal uttachées par des chaînes à un manche très-court. Il Nom d'un ancien canon.
— Astron. Constellation du zodiaque, située entre la Balance et le Sagittaire :
Ici le Scorpion, aux deux bras replies. Recourbant en longs arcs et sa queue et ses pieds, De deux signes lui seul couvre l'espace immense. De Saint-Ange.
Il Signe du zodiaque qui correspondait à la même constellation du temps d Hipparque, mais que la précession des équinoxes en a fait sortir, il Serres du Scorpion, Nom donné quelquefois à la Balance.
— Erpét. Nom vulgaire d'une grande tortue des rivières du Brésil et de la Guyane.
— Ichthyol. Nom vulgaire des poissons des genres scorpène et cotte.
— Mo!l. Nom vulgaire de diverses coquilles du genre strombe.
— Entom. Scorpion aquatique, Nom vulgaire des nèpes. 11 Scorpion mouche, Nom vulgaire des panorpes.
— Encycl. Entom. L'étude de ce groupe assez étrange a révélé des difficultés qui ont donné naissance à des divergences entre les entomologistes pour sa classification. Cuvier et Latreille ont placé les scorpions dans la classe des arachnides. Blainville les a mis, ainsi que tous les pédipalpes, dans son ordre des entomozoaires à huit pieds, et Leaeh en a fait une famille distincte sous le nom de scorpionides. Ces divergences sont venues de ce que ces animaux singuliers, n'ayant rien, au premier aspect, qui rappelle l'araignée, puisqu'on leur trouverait plutôt de la ressemblance avec certains crustacés, ont cependant, dans leur organisation intérieure, beaucoup de rapports avec les araignées.
« Pour donner une idée générale de la forme des scorpions, dit Duméril, nous dirons que leur corps, en général allongé, aplati, porte en avant deux pattes ou palpes en forme de pinces ou serres formées de deux, crochets, dont un seul est mobile sur l'autre ; que leur abdomen se prolonge en une queue mobile faite de six articulations anguleuses, mais susceptible de se mouvoir en dessus ou de se redresser pour diriger le dernier anneau, armé d'un crochet venimeux, dans tous les sens que l'animal désire. »
Ambroise Paré a très-bien décrit la queue du scorpion en la comparant à une sorte de chapelet de patenôtres attachées bout à bout. Cette queue est souvent plus longue que le corps tout entier. Elle est armée, à l'extrémité, d'un dard qui présente au-dessous de sa pointe plusieurs ouvertures communiquant avec une glande sécrétant un liquide chargé de venin, Le corps des scorpions estf formé d'une tête, d'un corselet et d'un abdomen trèsdéveloppé, composé de plusieurs anneaux distincts. Les yeux sont au nombre de six à huit, dont deux, plus développés que les autres, sont situés sur le milieu du corselet. Ils ont également huit pattes. Sous le corps, près de la naissance de l'abdomen, existent deux organes extraordinaires appeléspefj/K^v.Dans ces organes, on distingue une souche ou base composée de deux baguettes articulées, étroitement adossées l'une à l'autre, et une série de dents uniformes, contiguâs, comme imbriquées, mobiles sur autant de bulbes ou lu- . hercules marginaux. On n'est pas d'accord sur les fonctions de ces curieux appendices, espèces de lames. Les uns tes assimilent à des nageoires ventrales et font observer qu'ils
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se meuvent comme des pattes; les autres les regardent comme des organes de volupté.
Ces derniers croient qu'ils servent à la fois à la préhension pendant le coït et a la titillation.
Le dernier article de la queue du scorpion forme un renilement improprement appelé ampoule; c'est une espèce de nœud ovoïde, roussâtre, hérissé de quelques poils rares et offrant k sa partie inférieure une rainure médiane; cette rainure correspond à la séparation de deux glandes vénéniliques qui communiquent par deux ou trois canaux avec la base du dard, lequel est percé, selon les uns, d'autant d'orifices qu'il y a de canaux dans Son intérieur; selon les autres, d'un seul près de la pointe. C'est par ce ou ces orifices que s'écoule le liquide venimeux lorsquela pointe, très-acérée, s'enfonce dans la victime. Cette pointe est dure, légèrement arquée et brunâtre à son extrémité. Quand le scorpion est près de frapper, on voit d'ordinaire une imperceptible gouttelette de venin qui perle au bout de l'aiguillon ; l'éjaculation commence avant l'introduction de la pointe dans le corps de la victime, mais elle devient plus abondante au moment où la corps atteint oppose sa résistance contre la pointe. Ce sont des muscles périphériques qui, en se contractant, forcent le venin à sortir. Suivant Maccari, le venin du scorpion présente l'apparence d'une eau chargée de gomme, se cristallisant une minute après qu'il a été extrait du corps de l'animal. Le scorpion a la queue extrêmement mobile en tous sens; il la tient ordinairement repliée en forme d'arc au-dessus du corps, l'extrémité tournée vers la tète et toujours prête à piquer. Ce qu'il y a de certain sur son aiguillon, c'est qu'il est une I arme terrible dont se sert l'animal pour frap- I per sa proie et la rendre immobile avant de la dévorer; et, lorsqu'il en fait usage contre l'homme, il peut occasionner de graves accidents.
Chez les scorpions, les mâles sont plus petits que les femelles; ils sont pourvus de deux verges placées près des peignes et les femelles ont deux vulves. Dans l'accouplement, celles-ci se renversent sur le dos. Les scorpions sont ovovivipares. Leurs œufs sont au ngrabre de 40 à 60. La gestation dure un an, et, après que l'éclosion s'est faite dans le sein même de la mère, les petits en sortent et naissent vivants. Pendant les premiers jours, et même le mois qui suit la parturilion, la femelle les porte, au nombre d'une quarantaine, sur son dos.
Les scorpions sont très-répandus dans les pays chauds des deux continents. Ils vivent k terre etse cachent sous les pierres dans les lieux sombres et frais; on les trouve aussi dans les crevasses des vieux murs et jusque dans les "plafonds et les planchers des maisons. Ils ne sortent guère de leur retraite que pendant la nuH. Alors ils marchent en tous sens, dirigeant leurs palpes-pinces en avant et traînant après eux leur longue queue. Ils se nourrissent le plus ordinairement de charançons, de larves, de cloportes et de divers insectes coléoptères et orthoptères, qu'ils saisissent avec ces pinces et qu'ils piquent avec leur dard pour les sucer ensuite ou les dévorer à la manière des grosses araignées. Ils sont tellement voraees qu'on assure qu'ils se dévorent souvent entre eux ; les gros mangent les petits.
La démarche des scorpions est ordinairement lente; mais, quand ils sont effrayés, ils courent avec une grande vitesse, en dressant et en agitant violemment leur queue dans tous les sens, comme pour en frapper l'ennemi de quelque côté qu'il se présente. En l'état ordinaire, ils portent leurs palpes-pinces en avant plus ou moins étendues, pour reconnaître les obstacles. Dès qu'on les irrite, les paipes-pinces se reploiunt à l'instant pour défendre la tête; en même temps, la queue se recourbe en arc sur le dos et se roidit. On voit l'animal balancer, au-dessus et au devant de sa bouche, l'aiguillon venimeux prêt à frapper au premier moment. Les scorpions semblent fuir à reculons, comme plusieurs arachnides; mais bientôt ils s'avancent hardiment et s'élancent avec vigueur. L'extrémité de leur queue possède une quantité do muscles robustes qui lui impriment ses différents mouvements. Ces animaux ont de la force et du courage. Souvent un très-petit individu attaque et tue une araignée plus grosse que lui. Il la prend avec une de ses pinces ou avec les deux ensemble, puis la frappe par-dessus sa tête. Si l'araignée cherche à l'envelopper de ses fils, après lui avoir porté des coups mortels il lui coupe toutes les pattes avec ses pinces et, ramenant son corps mutilé vers sa bouche, il la mange entièrement ou bien en suce les parties molles et abandonne la carcasse.
Les scorpions varient beaucoup pour la taille et la grosseur. Ceux d'Europe, et notamment ceux de France, car il y en a beaucoup dans le Languedoc, n'ont guère plus de O^.OS de longueur, tandis que ceux tl'Afrique ont plus de Qm,15. On dit que Batavia en possède qui sont longs de om,3û. Le voyageur Bosinan raconte eu avoir vu sur la côte d'Or, en Guinée, qui étaient à peu près de la taille du homard; mais il est permis d'en douter.
Les espèces du genre scorpion sont assez nombreuses pour que les entomologistes aient démembré ce genre en plusieurs sous-
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genres et sections dont les caractères distinctifs sont tirés du nombre des yeux latéraux, de la forme des peignes et du nombre do dents que portent ces organes. Nous nous bornerons à signaler les espèces qui suivent. Le scorpion commun ou scorpion d'Europe : deux paires d'yeux latéraux, peigne à neuf (lents, queue plus courte que le corps, brun foncé, 0m,027 de longueur, palpes-pinces en ccenr; M, Lucas dit qu'il se rencontre dans toute l'Europe méridionale, depuis la Crimée jusqu'en Espagne; il abonde dans tout le midi de la France. Le scorpion palmé : trois paires d'yeux latéraux, peigne à huit dents, le reste comme le scorpion commun ; il habite l'Afrique. Le scorpion roussâtre, blond ou fauve, ou scorpion de. Souvignnrgues : trois paires d'yeux latéraux, vingt-huit, trente et même trente-trois dents à chaque peigne, jaunâtre et aiguillon noirâtre , om,080 à ' u»>,085 de longueur; il est abondant, dit Moquin-Tandon , k Narbonne, Cette, Port- I Veudres, en Espagne, en Algérie et en général dans toute la zone des oliviers; il fait ' partie de la section appelée par les auteurs ; récents androctone (meurtrier de l'homme), ! sans être beaucoup plus redoutable que les précédents pour l'espèce humaine. Le scor- | pion tunisien ou d' Afrique : cinq paires d'yeux latéraux, peigne à treize dents, brun très- '■ foncé, om, 150 de longueur; ce scorpion est encore un androctone et mériterait mieux , ce nom que le précédent k cause de sa plus '■ grande taille.
i La piqûre du scorpion, dit Moquin-Tandon, i est en général caractérisée par une tache I d'un rouge foncé, qui s'agrandit insensible - | meut et devient noirâtre à son centre. Cette tache dure sept k huit jours, rarement quinze. Ambroise Paré a très-bien décrit les effets de cette piqûre : « Il survient, dit-il, une inflammation en la partie affectée, avec grande rougeur, tumeur et douleur... Le malade a une sueur et frissonnement comme ceux qui ont la fièvre et a une horripilation. » Cet état peut aller jusqu'au délire. Les expériences de plusieurs médecins distingues prouvent incontestablement que les scorpions d'Europe ne sont pas si dangereux que l'on s'est plu à les représenter. L'espèce commune ne produit que des accidents locaux trèsinsignifiants. Le scorpion roussâtre, qui est plus gros, fait un peu plus de mal. Maupertuis a tué un chien au bout de cinq heures en lo faisant piquer au ventre. Si l'on eu croit le docteur Maceari, qui a eu le courage de tenter des expériences sur lui-même, il en résulterait pour l'homme des accidents souvent graves et quelquefois même funestes. Le venin de cette dernière espèce serait d'autant plus actif qu'on aurait affaire a un animal plus grand et plus âgé. On conçoit facilement, d'après ce que nous venons do dire, comment le scorpion tunisien, remarquable par sa forte taille, doit donner des piqûres redoutables. Plusieurs médecins de Tunis ont vu des personnes blessées éprouver des symptômes alarmants. Ces symptômes consistent dans un gonflement de la partie piquée, une très-grande douleur, des vomissements accompagnés de fièvre et d'un tremblement nerveux. Le docteur Guyon a rapporté plusieurs cas de mort arrivés par la piqûre de scorpions en Algérie. Mais il faut dire que les individus avaient été piqués au visage ou k la gorge par des scorpions qui s'étaient introduits dans leur lit et que la mort a été mécanique, c'est-à-dire que le gonflement occasionné par l'inflammation locale a produit l'obstruction des voies respiratoires et, par suite, l'asphyxie et la mort. Uentius a cite !e grand scorpion des Indes, espèce confondue avec le scorpion tunisien, mais beaucoup plus grande, qui jetterait dans la démence ceux qui en sont blessés. Le gros scorpion noir do Mainte-Lucie tuerait eu irespeu de temps. Mais ce;; allégations sont évidemment empreintes d'exagération. On peut dire, d'une manière générale, que les scorpions sont d'autant plus dangereux quiis sont plus grands, plus âgés et plus irrites et qu'ils se trouvent dans un climat plus chaud. Cependant leurs blessures, même celles des grosses espèces, sont très-rarement mortelles.
Les petits oiseaux piqués par les scorpions chancellent, frissonnent, semblent sur le point d'étouffer; ils tournoient comme s'ils avaient le vertige. Bientôt ils tombent, éprouvent des convulsions et meurent. On a vu des chiens périr au bout de cinq heures, après une enflure générale, des vomissements et des convulsions qui leur luisaient mordre la terre.
Tous les scorpions de la même espèce ne sont pas également venimeux, et le même individu, pris dans des circonstances différentes, peut l'être plus ou moins. En Tartane, dit-on, les paysans se font un jeu de toucher les scorpions et de se laisser piquer sans en ressentir la inoindre incommodité; mais il n'en est pas ainsi dans le Midi, où leur piqûre entraîne souvent les accidents les plus graves. Des expériences faites sur les animaux, ont prouve que les premières piqûres d'un scorpion sont les plus dangereuses, parce qu'elles laissent une plus grande quantité de venin. Le scorpion, après avoir plusieurs fois lancé son dard, semble s'épuiser, et les dernières blessures qu'il produit sont presque inoffeusives ; niais si on le laisse reposer Seulement vingt-quatre heures, toutes ses propriétés virulentes reparaissent
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comme la première fois. Lps accidents produits sur l'homm : par la piqûre des scmpimis ne sont pas très-fréquents en Frauee; ou en observe à peine quelques cas dans nos provinces méridionales, et encore on n'en connaît pas de mortels. Mais il n'en e-t pas de même sur dill'érenls points du fUobe ;" ain i, sous la sono loi-ride, la danger est extrêmement grave. Anioreux, médecin deBeaueaire, où le scorpion n'est pas rare, cito deux observations qui n'ont pas eu de suites graves. Un ecclésiastique, dit-il, se présentant à la garde-robe, se sentît piqué sous la cuisse ; il aperçut un scorpion sur le siège; il éprouva de la douleur avec rougeur et gonflement pendant quelques heures ; il eut mal au cœur ; mais tous ces accidents disparurent on peu de jours pu- l'application de cataplasmes émollients et das esubrueations d'huile d'olive. La seeo de observation o.it c^l.e d'une dame dormant pondant l'été les brus croisés sur la tête; elie l'ut éveillée en sursaut par la sensation d'une souris passant sous sa main, qu'elle sccoui vivement. Un instant après, elle fut piquée au co\i et éprouva une vive douleur. 11 se forma rapidement un phlegmon sur l'endroit où siégeait la piqûre ; la peau fortement tendue était soulevée par le gonflement jusqu'à l'épaula et au voisinage des sein-i. Le lendemain matin, en se levant, elle trouva un scorpion caché sous son lit. Les symptômes disparurent encore au bout de quelque temps, sans entraîner d'accidents fâcheux.
Le docteur Maceari a eu plusieurs fois occasion d'observer sur lui-même les effets de la piqûre du scorpion II raconte que le i août, vers huit heures du matin, ayant été piqué par un scorpion du Languedoc it l'extrémité de la dernière phalange de l'index de la inain gauche, il en éprouva tout à coup une si vive douleur que, contraint de s'asseoir, il tomba presque en défaillance. Après avoir sucé et exprimé fortement le doigt de manière ii en faire sortir quelques gouttes de sang, il éprouva un soulagement général ainsi qu'une diminution de la douleur locale; mais celle-ci se propagea à la main et au bras en suivant le trajet des nerfs médian et cubital. Eu cinq ou six minutes, ce: te douleur devint très-forte et presque intolérable lo long du muscle biceps, qui semblait traversé par un stylet. Revenu un peu à luimême, le docteur Maceari voulut rentrer k son domicile, dont il était éloigné d'environ un quart d'heure ; mais, pendant ce court trajet, il se sentit défaillir deux l'ois et fut souvent obligé de s'asseoir. Rentré chez lui h neuf heures, son corps se couvrit d'uni sueur froide, ses yeux devinrent abattus et une pâleur extrême se répandit sur son visage. Une forte dose d'eau-de-vie et un bain local de la même liqueur calmèrent un instant* ses douleurs et relevèrent un peu ses forces. Profitant de cet instant de calme, il se rt'rul chez un pharmacien, son voisin, où il se fuit préparer une potion avec une once et demie d'alcool étendu d'eau, quatre grains d'opium et un gros d'ammoniaque liquide. Il avala un quart environ de la potion et se servit du reste pour baigner le d-dgt et frictionner lo bras devenu d'un froid glacial. Rentre chez lui, il n'eut pas le temps de se déshabiller pour se coucher. H éprouvait dans tout le corps des douleurs violentes et comme, de violents coups d'aiguillon ; la lièvre était très-intense. Une nouvelle dose d'ammoniaque ne put calmer ses souffrances qui to prolongèrent jusqu'à onze heures. Le bras perdit toute espèce de sensibilité ; l'extrémité du doigt piqué devint enflée, livide et roide ; une humeur froide transsudait de la seconde phalange; la bouche était sèche, la soif ardente; il survint des vertiges, des visions obscures et un léger délire. L'administration d'un litre de bon vin fut suivie d'un moment de calme et de lucidité pendant lequel Maccari se lit appliquer sur le doigt un vésicatoire camphré, et bientôt après il absorba une nouvelle quantité d'ammoniaque liquide. Au bout d'une demi-heure, une légère chaleur se lit sentir à la partie blessée et se propagea au bras ; la mémoire reprit son énergie, mais le bras, la main et le doigt furent saisis de convulsions effrayantes; k une heure après midi, il arriva eneo;e,'une défaillance, à la suite de laquelle Maceari pous.sa des cris lamentables; le pouls était intermittent, petit, la face cadavéreuse; un sommeil, avec une sueur abondante qui survint et dura jusqu'à deux heures, termina le délire, apaisa les douleurs générales et les borna à la parti,) ble»ée. Sur le soir, le malade voulut quitter le lit; mais une défaillance excessive, surtout dans les jambes, le força a le reprendre. La douleur du doigt ne uisparut que vers la moitié de la journée du 0 et lu blessure entra en suppuration le 9. Deux jours après, une teinte jaune était répandue sur tout le corps ; la faiblesse musculaire persista pendant six jours encore et un appétit dévorant se lit sentir pendant viu^t. (H. Cloquet, Dictionnuire des sciences médicales.)
Tous les médecins qui ont eu l'occasion d'ob-erver les suites de la piqûre du scorpion s'accordent à dire que l'inflammation consécutive à la tache rouge, avec point central noir, qui s'agrandit .insensiblement, varie d'étendue et d'intensité selon la quantité de virus introduit dans la piqûre par le scorpion; la douleur est ordinairement vive et la surface enflammée couverte de petites ôlevures
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phlycté-noïdes. La fièvre so déclare chez quelques individus seulement; elle est ac- ■ •ompagnie de frissons, d'engourdissement, i« convulsions locales ou générales, de hopiets, <lt vomissements, de syncopes et de délire; tiut le corps e>t quelquefois affecté du tremblement et de douleurs. D'après Joël, il survient un bubon à l'aine de ceux qui sont piques a.i pied, et un abcès k l'aisselle de ceux qui l'ont été à In main.
Qu;nit aux remèdes, on en a indiqué un grand nombre. Il y a des médecins persans qui conseillent de panser la plaie avec une huile da is laquelle on a fait macérer des scorpiom ; d'autres y appliquent, en forme de cataplasme, des scorpions broyés et réduits en bouillie. Le voyageur W. Paterson dit, dans ses voyages chez les Hottentots et les Cafrea, que le docteur Syde employait avec suc jès l'huile d'olive contre la piqûre de ces insectes, et de nos jours les Arabes arrêtent, cit-on, l'inflammation locale qu'elle produit, ainsi que la lièvre et les symptômes Spasmodiques qui en résultent, en frottant la partie affectée avec du jus de citron. L'empirisme i conseillé les pratiques les plus fantastiques pour la guérison des piqûres des scorpions; ainsi il fallait, disait-on et dit-on encore, lorsque l'animal vous avait blessé le prendre lui-même, l'écraser et avec son corps en bouillie frictionner la partie atteinte. Des charlata is ont souvent vendu l'huile de scorpion dont nous venons de parler aux niais en leur persuadant qu'il leursufliraitdes'en frotter poui prévenir, non-seulement les accidents de la piqûre, niais encore la piqûre ellemême. La poudre do crapaud torréfié était réputée jouir des mêmes propriétés ; mais le temps et l'expérience ont fait justice de ces absurdités.
It est toujours tr.'-s-utile, quand on a été piqué par un scorpion, de sucer la petite plaie pour la iaire bien saigner, et mieux encore d'y appliquer, s'il est possible, une ou deux • ventouses pour en extraire le venin. Maccari semble tvoir retiré un avantage réel de l'emploi lu vésicatoire. A l'intérieur, on administre .es préparations ammoniacales, l'eaude-vie et les vins généreux, Al. H, Lucas fait remarquer, avec raison, que souvent les traitements jmpiriques en usage dans les paj's à scorpions sont plus à craindre que la piqûre elle-même.
En rés une, le traitement rationnel pratiqué de nos jours par les hommes de l'art est fort simple e . ne diffère pas de celui qui convient contre toutes les morsures ou piqûres d'animaux venimeux ; il consiste, après le sucement, le lavage et l'expression du sang autant que pos.Mble aussitôt après l'accident, dans l'application de compresses imbibées d'aminoi iaqnc, d'alcali volatil ou d'un caustique léf.er quelconque, et la cautérisation au fer rouje est encore meilleure quand on peut la pratiquer dans un court délai.
L'ancienne médecine faisait entrer le scorpion dans ses méiiicamcnts; on appelait huile de scorp.'on de l'huile dans laquelle on avait fait mou.'ir des scorpions et que l'on employait contre la paralysie, l'épilcpsie, etc. On s'en sert encore en Provence et surtout dans le Piémont, où on la qualifie d'antiputride et d'aiexipharmaque. Il est prouvé, à présent, que l'huile simple a autant de vertu que l'huile do scorpion.
— Ast.'on. Le Scorpion est le huitième signe du zodiaque ; il se trouve entre les signes de la Balai ce et du Sagittaire. C'est aussi le nom d'u'ie conste.lalion située au-dessous de l'éeliptique et qui so compose do vingt-cinq ou vingt-neuf étoiles, dont la plus remarquable, îomméi Antarès ou le cœur du Scorpion, est une étoile de première grandeur. Le soleil e ître dans le signo du Scorpion au mois d'octobre. La mythologie grecque nous apprend que c'est le scorpion qui, par ordre de Diane, piqua au talon le lier Orion, qui se vantait de défier les animaux les plus féroces et qui avait voulu faire violence à la chaste déesse. Les poètes l'appellent furmidolosi s , terrible , parce qu'on croyait qu'il était fui este d'être né sous son influence. On le représente avec des bras immenses qu'il étend et forme d'arc dans la plus grande partie eu ciel. Les astronomes le figurent par lo signe ni.
— Art milit. Outre le bélier, destiné à battre en b:èche les murailles des villes assiégées, le:. Romains avaient d'autres machines ue guerre comprises sous les dénominations générales de balistes et de catapultes. Les balistes la.içaicnt de grosses pierres qui allaient renverser les remparts et les tours. Quant aux catapultes, elles lançaient des traits de toutes sortes, principalement des hastes et des tri f ex qui avaient jusqu'à une longueur de quatie pieds et demi. La forme des catapultes était allongée; celle des bulistes, plus courte, était presque carrée. Plaute fait allusion à cette ditférence de forme dans le passage suivant des Captifs (IV, il) :
Meus est 'itditta pugnus, cubitus catapulta est mihi, Uumerus arics.
« Won (oing est une baliste, mon coude une catapulte, mon épaule un bélier. » Le scorpion se rangeait dans la catégorie des catapultes. 'J'était une énorme arbalète dont l'arc était d'acier et dont la corde était tendue en arrière au moyen d'un treuil. On plaçait le scorpion sur un char à bœufs. Il servait principales jnt à la défense des Camps. Chaque
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cohorte avait une machine de ce genre. Il s'en trouvait donc, par légion, autant que de cohortes, c'ost-a-dire dix. On donnait aussi au scorpion le nom d'onagre.
SCORPIONE s. f. (skor-pio-ne — de scorpion, par allas, à la forme de l'inflorescence). Bot. Nom vulgaire du myosotis.
SCORPIONIDE odj. (skor-pio-nt-de — de scorpion, et du gr. eidos, aspect). Arachn. Qui ressemble ou qui se rapporte au scorpion.
— s. m. pi. Ordre d'arachnides, ayant pour type le genre scorpion : Les scorpionides portent leurs petits sur leur dos pendant un mois après gu'its sont éclos. (II. Lucas.)
— Encycl. Les scorpionides présentent, entre autres caractères, un corps allongé et terminé brusquement par une queue longue, noueuse, composée de six segments, dont le dernier, plus ou moins ovoïde, linit en pointe arquée très-aiguë, formant une sorte de dard ou d'aiguillon, sous l'extrémité duquel sont deux petits trous qui servent d'issue k une liqueur venimeuse contenue dans un réservoir intérieur. Ils ont la langue courte et divisée en deux jusqu'il sa base; les palpes très-grandes, en forme de serres, avec une main didactyle, dont l'un des doigts est mobile, comme dans les pinces des écrevisses. A l'origine de chacun des quatre pieds antérieurs est un appendice triangulaire, et ces pièces, étant rapprochées entre elles, présentent l'apparence d'une lèvre à quatre divisions. En dessous de l'animal et près de la naissance du ventre sont deux organes extraordinaires dont l'usage n'est pas encore bien connu; ces organes, désignés sous le nom de peignes, se composent chacun d'une pièce principale, étroite, allongée, art:culée, mobile à sa base et garnie, à son côté interne, d'une suite de petites dents creuses k l'intérieur, parallèles, imitant les dents d'un peigne, eu nombre variable suivant les espèces, et réunies a la pièce principale par une articulation étroite et allongée.
Le système respiratoire de ces arachnides consiste en poumons et en stigmates. L'organe de la circulation est allongé, cylindrique et s'étend de la tête à l'extrémité de la queue ; il fournit, de chaque coté du corps, quatre paires de vaisseaux vaseulaires principaux qui se ramifient. Le système nerveux est situé sous le tube alimentaire, le long du milieu du corps; le cordon médullaire est formé de deux filaments contigus, mais distincts, et de huit ganglions lenticulaires. Les muscles des scorpionides sont assez robustes, formés de fibres simples et droites, d'un gris blanchâtre ; une toile musculeuse assez forte revêt intérieurement les parois de l'abdomen et enveloppe tous les viscères, à l'exception du poumon et peut-être du vaisseau dorsal. Le foie est partagé superficiellement en deux lobes égaux par une rainure médiocre où se loge le cœur. Le tube alimentaire est grêle et se porte directement, sans aucune inflexion, de la bouche a l'origine du dernier nœud de la quçue en traversant lu foie.
Les organes de la génération des scorpionides sont doubles dans chaque sexe; ou les distingue en organes préparateurs et en organes copulateurs; « On présume, dit IL IL Lucas, que les amours des scorpionides sont nocturnes; ces animaux doivent avoir aussi un mode particulier d'accouplementnécessité par la forme et la situation des organes copulateurs. Leur gestation est beaucoup plus longue que celle des autres insectes. Au commencement de l'automne, toutes les femelles sont fécondées ; leurs œufs sont alors latéraux, petits et pédicules ; ils augmentent de volume pendant l'hiver, et au printemps leur volume est quatre fois plus grand. Leur gestation dure près d'un an, ce qui est fort extraordinaire, comparativement même à celle des animaux à Sang rouge. Les œufs éclosent dans l'intérieur même du corps de leur mère ; les petits en sortent tout formés, a Le nombre de ces petits peut s'élever jusqu'à soixante; à leur naissance, la mère les porte quelque temps sur sou dos, comme chez les lycoses.
L'organe destiné à sécréter l'humeur venimeuse est revêtu extérieurement d'une membrane cornée et assez épaisse ; il offre dans son intérieur deux glandes jaunâtres tros-adhérentes à la substance cornée et se prolongeant par un canal qui s'étend jusqu'à l'extrémité de l'aiguillon ; ce canal est élargi vers sa base et offre une sorte de réservoir pour l'humeur sécrétée par les glandes jaunâtres qui sont composées d'une inanité de glandules arrondies, très-serrées les unes contre les autres et communiquant ensemble. Lati cille pense que la liqueur dérive surtout des vaisseaux situés près de l'origine de la queue. Quant aux organes en peigne, Marcel de Serres pense qu'ils servent à faciliter la locomotion; Latreillo n'est pas éloigné d'y voir un instrument hygrométrique qui fait connaître it ces animaux l'état de l'atmosphère et leur épargne des courses inutiles ou dangereuses qu'Us pourraient tenter pour satisfaire à leurs besoins.
Les scorpionides sont répandus dans les régions tempérées et surtout dans les régions chaudes des deux hémisphères ; ils fréquentent les endroits sablonneux, vivent à terre, se cachent sous les pierres ou les autres corps, souvent aussi dans les lieux sombres et trais, les masures et jusque dans l'iir.érieur
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des habitations. Ils courent très-vite, recourbent leur queue en forme d'arc sur le dos, la dirigent en tous sens et s'en servent comme d'une arme offensive et défensive. Ils se nourrissent d'insectes ou d'autres articulés qui vivent à. terre, tels que les carabes, les charançons, les orthoptères, les cloportes, etc.; ils les saisissent avec leurs serres, les piquent ensuite avec leur aiguillon elles portent enfin à leur bouche pour les dévorer. Les scorpionides varient beaucoup pour la taille ; ceux d'Europe ne dépassent guère 0"\03 de longueur, tandis que dans les pays chauds il en est qui atteignent 0m,15 et plus.
La piqûre de ces animaux produit des accidents qui varient suivant les espèces, leur taille et aussi suivant les climats; on admet généralement aujourd'hui que celle de certains scorpionides des pays chauds peut être mortelle pour l'homme. Ces arachnides sont tellement multipliés dans certains pays, qu'ils sont devenus pour les habitants un sujet continuel de crainte et qu'on s'est même vu, assure-t-on, forcé de leur abandonner le terrain. Lès scorpionides ne s'épargnent pas entre eux; si on en enferme plusieurs ensemble, ils se battent à mort et s'entre-dévorent jusqu'à ce qu'il n'en reste plus qu'un seul.
Cette famille comprend les genres scorpion, androctonc, atrée, centrure, iélégone, butlie, chactas, ischnure, télyphone, pince, c.hélifère et quelques autres moins importants.
SCORPIONIDÉ, ÉE adj. (skor-pi-o-ni-dé).
Arachn. Syn. de scorpiokidb.
SCORPIONUREs. m.(skor-pi-o-nu-re — de scorpion, et du gr. oura, queue). Crust. Genre de crustacés stoinapodes.
SCORPIURE s. m. (skor-pi-u-re — du gr.
skorpios, scorpion; oura, queue). Bot. Genre de plantes, de la famille des légumineuses, tribu des hédysarées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent dans le midi de l'Europe, et qu'on appelle vulgairement «Jeml-
LETTES.
— s. f. Syn. de rhodoméle, genre d'algues.
— Encycl. Les scorpiures, vulgairement nommées chenilles ou cheniltetles, sont de petites plantes rampantes, à feuilles simples et munies de stipules; à fleurs jaunes, réunies en petit- nombre et formant une sorte d'ombelle à l'extrémité de longs pédoncules axillaires ; le fruit est une gousse articulée, à articles monospermes, hérissée, écailleuse, striée, recourbée ou enroulée sur elle-même à la maturité et simulant par sa forme une petite chenille. Les espèces peu nombreuses de ce genre croissent surtout dans la région méditerranéenne. On les cultive quelquefois dans les jardins; mais, bien qu'elles, ne manquent pas d'une certaine élégance, elles.sont trop petites pour produire de l'effet. On mêle quelquefois leurs fruits aux salades, moins comme fourniture que pour produire d'innocentes surprises par leur apparence de chenilles.
SCORRIDOR s. m. (skor-ri-dor — ital. scorridore). Mar. Petit bâtiment italien. V. sco-
RIDOR.
SCORSONÈRE s, f. (skor-so-nè-re — ital.
scorzonera ; de scorza, écoree, et de liera, noire). Les Allemands disent de même schioarzwuzel, rac ne noire).Boi. Genre de plantes, de la famille des cu'mposées, tribu des chicoiacées. comprenant plusieurs espèces, qui croissent clans les régiuns chaudes et tempérées de l'Europe et de l'Asie : On peut utiliser les feuilles de la scorsonère. (lJ. Duchartre.) || On dit aussi scorzonere. il Kucine comestible de la même planta- : La scorsonère se vend sous le nom de salsifis.
— Encycl. Les scorsonères ou scorzonères sont des plantes très- voisines des salsifis, dont elles différent surtout par leur involucre formé de plusieurs rangs de bractées imbriquées ; un caractère moins importait), majs (jui su fii t pour distinguer au moins l'espèce lit plus intéressante, est la couleur noire ou noirâtre de l'écorce de la racine. Cette plante, qu'on appelle aussi salsifis noir ou salsifis d'Espagne, croit dans toute l'Europe méridionale. C'est une plante vivace, rameuse, haute de om,GO à 0m,80, k feuilles lancéolées, ondulées , glabres, et à feuilles d'un beau jaune, groupées en capitules terminaux. On la cultive depuis longtemps dans les jardins potagers, à cause de sa racine qui, par la culture, est devenue grosse, charnue et Succulente.
La scorsonère préfère une terre légère, fraîche ou un peu humide, profondément labourée, fumée avec du terreau ou dos engrais bien consommés. Sous le climat de Paris, on sème ordinairement en avril ou en mai ; toutefois, comme elle peut rester plus d'un an eu terre, on retarde le semis jusqu'en août, si on ne veut la consommer que la seconde année. On sème par rangées plutôt qu'à la volée. Le semis reste longtemps en terre avant de lever et demande des arrosemonts pendant la sécheresse. Quand le jeune plant a trois ou quatre feuilles, on l'éclaircit; puis on donne les binuges nécessaires. On supprime lus tiges qui paraissent disposées à monter en graine, mais jamais les feuilles. On ue consomme guère les racines que pendant l'hiver. Si ou n a pas à craindre les fortes gelées, ou les laisse en place ; dans le cas contraire, on les arrache en novembre et on les dépose, par couches al-ornau-
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tes avec du sable ou de la terre sèche, dans une cave ou une serre à légumes. La scorsonère peut rester en terre cinq à six ans, et même davantage; mais, en vieillissant, 1» racine devient dure et coriace. C'est au plus tard dans la seconde année qu'on doit la consommer, si l'on veut qu'elle ait toutes ses qualités. Quant aux pieds réservés comme porte-graine, il faut les laisser en place, sauf, dans le Nord, aies couvrir pendant l'hiver.
La scorsonère a une saveur mucilngineuse, quelquefois un peu fade, légèrement sucrée ; elle est riche en inuline; comme toutes les chicoracées, elle sécrète un suc laiteux; les feuilles ont une saveur arrière. Cette plante, qui était connue des anciens, est encore fort estimée aujourd'hui comme aliment; elle remplace avec avantage le salsifis ; elle est adoucissante et se digère aisément. On mange aussi les jeunes po-usses. Les feuilles, quand on les a fait blanchir, peuvent remplacer la chicorée pour les saiades.
Elle a joui autrefois d'une certaine réputation en médecine. On l'a regardée, mais à tort, comme diurétique, pectorale et sudorifique; on l'a conseillée pour faciliter l'éruption des pustules varioliques ; aujourd'hui, on l'administre encore quelquefois contre la rougeole, les rhumes, les catarrhes et les ardeurs d'urine. On lui a même attribué la propriété tout à fait chimérique de guérir les morsures de la vipère. Elle est employée en teinture ; sa décoction colore eu brun la laine traitée par les sels de bismuth.
Les feuilles de la scorsonère ont été utilisées avec succès pour nourrir les vers à soie; des éducations faites dans le Midi ont donné des cocons tout à fait semblables, comme aspect et comme poids, à ceux qui provenaient de vers nourris avec la feuille du mûrier. Les bestiaux mangent volontiers les tiges et les feuilles des scorsonéres..Pa.vmi les autres espèces, nous signalerons notamment la scorsonère humble, qui ressembla beaucoup à la précédente et croît abondamment dans les prairies de la France.
SCORZA (Sinibaldo), peintre italien, né à Voltaggio en 1589, mort en 1331. Après avoir étudié la peinture- à Gênes sous Paggi, il se rendit à la cour de Savoie où il demeura jusqu'à'la guerre entre ce dernier Etat et la Savoie. De retour à Gênes, il fut accusé d'être un partisan du duc de Savoie et subit un exil de dix années, qu'il passa en partie a Massa et en partie à Rome. Revenu dans sa patrie, il trouva tous ses biens ravagés par la guerre et ses collections artistiques détruites. Il se remit au travail, et ce fut alors qu'il fit ses dessins à la plume, dont il voulut former un recueil, projet que la mort l'empêcha de réaliser. Les principaux tableaux de Scorza sont : Apollon gardant les troupeaux d'Admète; les Amours de Pyrarne et de Thisbê , d'Angélique et de Alédor; le Sont meil d'Endymion; le Combat des oiseaux et des quadrupèdes; les Compagnons d Ulysse changés en animaux; la Crèche de l'Enfant Jésus; l'Adoration des mages et surtout une admirable Annonciation dans l'église des Pères conventuels de Voltaggio. Scorza a aussi exécuté plusieurs eaux-fortes, parmi lesquelles on cite le Berger jouant de la musette à l'ombre d'un arbre.
SCORZE, bourg du royaume d'Italie, province de Venise, district et mandement de Murano ; 3,673 hab.
SCOT (Michel), théologien, astrologue, alchimiste écossais du xmo siècle, né à Balwearie, dans le comté de Fi te (Ecosse), vers 121-1, mort en 1291, si l'on en croit son compatriote, Walter Scott, qui prétendait en descendre. Il a été aussi réclamé par les Anglais, les Espagnols et les Italiens. Tiraboschi l'a compris dans la liste des écrivains italiens ; les auteurs de l'Histoire littéraire de lu- France l'ont fait figurer parmi les nôtres, parce qu'il étudia longtemps k l' Université de Paris et qu'il s'y fit un grand renom. Il est plus connu aujourd'hui parles légendes attachées à sa vie et par sa réputation de sorcier et de magicien que par ses écrits. Après avoir étudié à Oxford, puis à Paris, les sciences philosophiques et mathématiques et même les sciences occultes, il se rendit en Allemagne, k la cour de Frédéric II, qui l'accueillit royalement et lui demanda une traduction des livres d'Aristote. Michel Scot ht, dans cette traduction (1496, 2 vol. in-fol.), l'Histoire des animaux, non d'après le texte grec, mais d'après la version arabe d'Avieenue. Son plus savant ouvrage, celui qui montre la hauteur de ses connaissances mathématiques, est son Traité de la sphère, qu'il composa aussi sur les prières de Frédéric II (HB5, in-4<>; Bologne et Venise, 1631, in-fol.). D'autres traités de cosmologie : De constitulione mundi, De subslantia orbis, De signis plaitclurum, Demeteoris, etc., ont été perdus. Mais chez Michel Scot, l'alchimiste et le nécromancien primèrent toujours le savant. On raconte qu'il prédit la mort de son protecteur, Frédéric, lui désignant même la ville où il mourrait, Florence, prédiction erronée, car l'empereur mourut dans une petite ville de la Po aille, à Firenzuola, Les fables les plus bizarres circulaient sur son compte ; ses contemporains disaient qu'il lui arrivait de rassembler tous ses amis à un festin et de les faire asseoir autour d'une tablu absolument vide; à un siguo de lui, les plats venaient se
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placer d'eux-mêmes devant les convives, comme apportés par des esprits, et Scot les désignant du doigt disait : « Celui-ci vient de la table du roi d'Angleterre, cet autre de celle du roi de Fiance, etc. » En dt^pic de ses pratiques magiques et du ses sortilèges qui répandaient lu terreur en Europe, il fut choisi par les Ecossais, k la mort du roi Alexandre III, pour aller en Norvège chercher l'héritière (lu trône, Marguerite. Celle-ci mourut dans la traversée, aux lies Orcades, et Michel Scot la suivit de près, écrasé dans une église par la chute d'une pierre, ainsi qu'il l'avait, dit-on, prédit (1291). Ce fut dans l'église dé Holme-Coltrame ou à l'abbaye de Melrose Hue ce fuit eut lieu, au moment où le philosophe était en prière.
Outre les livres dont nous avons parlé, on lui doit aussi une Piujsiognomonie (Physiogno>noiiia et de hominis procreattone), traité en ti ois livres, sur la génération et le moyen de deviner, d'après les tmits du visage et les mains, les facultés de l'homme. De 1477 a 1533, l'ouvrage eut dix-huit éditions à Leipzig, Venise, Paris, Francfort, et de plus on en lit une traduction italienne a Venise. Ce traité, fort semblable a ceux du même genre imputés k Albert le Grand, est quelquefois imprimé dans les œuvres de ce philosophe. De ses recueils d'alchimie, on ne posscde qu'un seul, De sole et bina, qui se trouve au tome V du Theatrum chimicum (1622) et qui, sur le litre, paraîtrait d'abord un traité d astronomie; mais les alchimistes design» ient l'or et l'argent sous les noin$ du soleil et de la lune, et dans ce livre il n'est question que de transmutation des métaux. Nicéron lui attribue à tort la Table philosophique (Meusu philosophica,seu Enchiridion,etc. , Francfort, 1602, iu-12), qui e^t plutôt l'œuvre de Thibault Anguilbert, sous le nom duquel elle a été imprimée dès 1507. Ses manuels de théologie ejt de scohistique ont complètement disparu. Ses livres de sorcellerie, le grimoire à l'aide duquel il disait évoquer les prétendues uissances infernales ont été enterrés avec ui; ce; endant Thomas Deinpter affirme les avoir vus dans sa jeunesse au xvi<s siècle; mais personne, dit-il, n'osait les ouvrir da peur d'accident.
Un grand nombre d'écrivains, d'historiographes et de critiques se sont occupes de Michel Scot. Jean Balée, Leland et Pitz l'ont considéré comme une de> lumières de son siècle. Leslv lui donne le premier rang en philosophie, en astronomie , en médecine; Naudé l'a fait figurer dans son Apologie des grands hommes accusés de magie; l'Allemand Sehmutzer a cru devoir aussi le laver des cette accusation (De Michaele Scoto, venefidi injuste damnatn, Leipzig, 1739). Cependant la réputation de sorcier de Michel Scot est si bien établie, que c'est à oe titre qu'en ont parlé d'autres écrivains. Dante l'a damné dans son Enfer, comme livré aux sciences occultes :
QuelV allro, che net ftanchi i cosé poco, Michels Scotlo fû che veramente Délie magiche frodu seppe tt giuoco.
a Cet autre, qui a les flancs si décharnés, fut Michel Scot ; vraiment, des ruses magiques celui-là sut le jeu 1 » Suivant Valter Scott, sa légende subsiste encore en Ecosse ; il n est pas de vieilles ruines que les paysans ne croient avoir été édifiées par la baguette magique du vieux Scot. Dans son Lai du dernier ménestrel, on lit que le nécromancien, dans sa caverne de Salamaitque, n'avait qu'à lever sa baguette pour faire sohner à Paris les cloches de Notre-Dame (c'est ce nom do Sulamanque, sans doute, qui fuit réclamer Scot par les Espagnols), et qu'il suffirait de dire k haute voix les paroles qu'il prononça en mourant pour faire écrouler l'éditiee où il reçut la Sépulture. « Ce fut une nuit solennelle et terrible, dit le barde, que celle où cette tombe s'ouvrit sur lui; des sons inouïs se tirent entendre; tontes les bannières s'agitèrent sans qu'on sentît un souffle d'air. Son livre tout-puissant demeure inhumé afin que nul mortel ne puisse le lire. »
SCOT (Reginald), bibliophile, agronome et philosophe anglais du x vie siècle, né U Stnerth (lientshire), mort en 1599. 11 rit ses études k l'université d'Oxford et se livra de bonne heure à la recherche des livres rares et peu connus. Le monde savunt lui est redevable de plusieurs ouvrages qu'on croyait délinitivement perdus, la plupart datant de la seconde moitié du moyen âge et relatifs aux sciences occultes. 11 publia, en 1534, sous ce titre : la Sorcellerie et la magie dévoilées (l vol. in-40, en anglais), une réfutation détaillée des pratiques et des superstitions du temps, contre laquelle s'élevèrent immédiatement d'autres écrits de Rayuolds, îMéric Casaubon et Jacques loi' d'Angleterre, le roi théologien. On sait la manie de Jacques Smart pour la science etl'éiudition. Dans la préface de son traité sur la démouologie, qui est une apologie en règle des sciences occultes, il reproche k Reginald Scot d'être un hérétique • qui n'a pas eu honte de nier publiquement l'existence de la magie et de renouveler l'erreur des sadueéeus, en contestant l'existence des esprits. » On ne voit pas trop ce que viennent faire les saducéens dans cette affaire. Quoi qu'il en soit, l'ouvrage de Reginald Scot lut brûle publiquement par ta main du bourreau et l'auteur aurait peut-être eu le même sort si la sentence n'eût pas été
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rendue quelque temps après sa mort. On doit aussi h Reginald Scot un livre intitulé : Plan complet d'un jardin pour la culture du houblon (1576, in-40, jo édit.).
SCOT (Jean), dit Erigène, philosophe et théologien anglo-saxon du ixc siècle. V. Erigène au Dictionnaire et au Supplément.
SCOT (Jean Duns), philosophe et théologien unglais du xtue siècle. V. Duns.
SCOTANE s. m. (sko-ta-ne — du gr. skoleinos, obscur). Bot. Syn. de ficaire, genre de renonculacées.
SCOTASMB s. m. (sko-ta-sme — du gr. I skotasmos, obscurité). Eiitom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des charançons, tribu des mnlytides, dont l'espèce type habite l'Australie.
SCOTÉBORE s. m. (sko-té-bo-re — du gr.
s/coioiboros, qui médite dans l'ombre, rusé). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des charançons, tribu des cyclomides, dont l'espèce type habite le Rio-de-la-Plata.
SCOTÉE s. m. (sko-té — du gr. slcotaios, ténébreux). Oriiith. Syn. de nycticorax, nom scientifique du héron bihoreau.
— Entom. Genre d'insectes coléoptères hétéromère^, de lu famille des mélasomes, tribu des ténébrionites, dont l'espèce type habite Java.
SCOTÈRE s. f. (sko-tè-re — dugr. skotos, obscurité). Entom. Genre d'insectes coléoptères hétêromères, de la famille des mélasotue.s, tribu des akisites, dont l'espèce type habite la Californie,
SCOTIA s. m. (sko-ti-a). Bot. Syn. de scuo-