V. GLYPTIQUE
Les ligures exécutées en ronde bosse prennent le nom de statues lorsqu'elles sont entières; celles qui ne représentent que la partie supérieure du corps sont des bustes, et lorsque ces bustes se terminent dans le bas eu forme de gaîue, on les appelle hermès. La réunion de plusieurs statues participant à une action commune se nomme groupe. La première condition d'une statue est d'avoir une assiette solide et ferme ; les mouvements violents, les attitudes contorsionnèes ne sauraient convenir à un art qui emploie une matière inerte et pesante pour exprimer la vie. La vivacité du mouvement est beaucoup plus tolérable d'ailleurs dans un groupe que dans une ligure isolée. Une nécessité qui s'impose au pius hardi sculpteur, en ce qu'aile est inhérente à l'emploi du marbre, c est la nécessité de ces soutiens qu'on appelle des tenons. Les tenons , à proprement parler, sont des épaisseurs de matière étrangère au corps de la statue et que l'on conserve pour donner de la solidité aux parties détachées de la inasse. Mais on appelle aussi tenons ces motifs accessoires qui font partie de la composition des statues, lorsque ces motifs y sont adhérents ; tantôt c'est un tronc d'aibre, tantôt une stèle, un fût de colonne, etc.; les artistes intelligents ont soin de déguiser ces supports en les motivant par l'action même de la statue. Les bustes représentent parfuis des ligures de fantaisie, m.u ie plus souvent des portraits; le mente de ces derniers ne réside pas seulement dans la, ressemblance, dont la constatation n'est
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permise qu'à un bien petit nombre de personnes; il consiste surtout dans la puissance avec laquelle la vie et les caractères typiques y sont exprimés. Emeric David a eu raison de dire : «Que l'antique est admirable dans les portraits! Quelle grandeur I Quelle naïvetél Quelle harmonie! Peut-on douter de la ressemblance? On reconnaît dans les bustes antiques toutes les règles adoptées par les Grecs sur le choix et la représentation de la beauté; on y remarque de grandes divisions, de grandes courbes, de grands pleins, des parties qui se font valoir les unes par les autres ; on y trouve en même temps la variété de la nature, ses irrégularités, ses caprices, ses infirmités mêmes ; on y voit l'âge, le génie, le caractère moral de l'homme vivant. Le mouvement et la forme du cou sont faciles et pleins de vérité. Les plus légères parties ont autant de beauté que les parties principales, sans nuire à l'effet général. Quel respect pour les règles ! Quelle diversité dans l'application ! Les portraits d'Homère aveugle, de Sénèque décharné, de Socrate camard, de Vitellius plein et gros d'embonpoint, offrent amant de vérité, de fermeté, d'élévation, de finesse, avec des caractères tout différents, que ceux du jeune Antinous, eue ceux d'Alexandre, et l'on peut dire que la tête de Mercure, où nous voyons peut-être les traits d'Atcibiade.»
La sculpture emploie diverses matières : la terre, la cire, le plâtre, le bois, la pierre, le marbre, le bronze, l'argent, l'or, l'ivoire.
Il est naturel de supposer que ce fut d'une matière molle que fit usage le premier qui imagina de reproduire la configuration d'un corps. Sans parler du dieu de la Bible , qui modela le corps d'Adam avec de l'argile d'après sa propre image et qui fut ainsi le premier des statuaires, il existe plusieurs légendes qui attestent la haute antiquité des figures faites avec de la terre humide. C'était une figure de cette sorte que Prométhée façonna, lorsqu'il voulut rivaliser avec les dieux en créant un homme :
Fartur Proniethcus addere prinçipi Lima toacms j)arlicu!am tmdique Détectant....
Hésiode raconte que ce fut également avec de la terre que Vulcain modela Pandore. Personne n'ignore l'histoire de la fille de Dibutades, de Sieyone. Cette jeune fille, nommée Kora, ayant circonscrit, au moyen d'un trait, l'ombre projetée par le profil de son fiancé, son père, qui était potier, remplit cette silhouette d'argile. Pline donne cette anecdote comme un fait certain, et ajoute que ce médaillon ainsi exécuté par Dibutades fut conservé à Corinthe jusqu'à la prise de cette ville par Mummius. Quoi qu'il en soit, l'art de modeler, appelé plastique par les Grecs, remonte incontestablement à la plus haute antiquité : on a trouvé des figures d'argile dans des tombeaux égyptiens et des monuments assyriens qui sont bien antérieurs aux commencements de la civilisation hellénique. Ces sortes de sculptures n'ont jamais cessé d'être pratiquées ; indépendamment de ce que la matière se prête mieux que tout autre au travail de l'artiste, elle a l'avantage d'être peu coûteuse. Eu séchant au soleil, les statues d'argile durcissent aussi bien que les briques crues, et nous savons par Pline que le modeleur athénien Chalcosthène n'employait pas d'autre moyen pour donner de la solidité à ses ouvrages (cruda opéra); niais, généralement, il a paru préférable de soumettre les figures ainsi modelées à l'action du feu. Les sculptures exécutées en terre cuite ont été d'un fréquent emploi chez les anciens; elles n'ont pas paru indignes d'entrer dans la décoration des temples et des autres édifices publics. De nos jours, la terre cuite ne s'emploie que pour des œuvres d'une importance secondaire et de petite dimension, pour des statuettes, des médaillons et des bustes. Au xve siècle, Luca délia Robbia eut l'idée, pour rehausser l'éclat et augmenter la valeur artistique de ses sculptures en terre, de les recouvrir d'un émail.
La cire, matière souple et malléable, se prête fort bien au modelage artistique ; mais, outre qu'elle n'a pas, comme la terre, la propriété d'acquérir une grande dureté, elle est d'un prix trop élevé pour pouvoir être employée à des ouvrages de quelque dimension. L'art de modeler en cire ou céroplastique (v. ce mot) a été très-pratiqué dans l'antiquité et avait repris une certaine vogue, surtout en Italie, dans les temps qui ont suivi la Renaissance ; il ne sert plus guère aujourd'hui qu'a l'exécution de certains travaux industriels. Quant aux figures de cire coloriées et costumées qu'on exhibe dans les cabinets de curiosités, elles n'ont rien d'artistique; elles visent au trompe-l'œil, elles veulent produire l'illusion de la réalité; il ne faudrait donc pas leur demander ce caractère idéal qui est le propre de l'art. Au reste, suivant la remarque de M. Charles Blanc,» plus elles ressemblent à la nature, plus elles sont hideuses. Des que le spectateur a reconnu leurs yeux d émail au regard fixe, leurs cheveux postiches, leurs faux sourcils, leurs barbes rapportées, il se sent en présence de fantômes qui lui font horreur, précisément parce qu'il les voit semblables a lui-même. Ces spectres épais et vides, en qui la vie n'est point et ne fut jamais, n'ont pas même la majesté de la mort. Us ne sont, avec leurs
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vrais habits et leurs vraies couleurs, que ce qu'il y a de plus horrible à voir et à dire, de. faux cadiivres. » Dans certaines églises d'Italie et d'Espagne, on montre des christs sanguinolents, modelés en cire avec une extrême habileté, mais qui, à force de réalisme, inspirent plus rie dégoûtque de compassion religieuse. On voit au musée de Cluny (n03 251s à 2533), et dans beaucoup d'autres collections publiques ou partieuhères, des médaillonsportraits exécutés en cire, qui offrent un réel intérêt.
Après l'argile, la matière qu'employèrent les premiers sculpteurs fut vraisemblablement le bois; il suffisait du travail des doigts pour pétrir et modeler l'argile ; il fallut recourir à des outils pour tailler le bois. L'Athénien Dédale, qui est regardé comme un des pères de l'art grec, sculptait, dit-on, des figures de bois. Pausanias cite, parmi les plus anciennes statues qui existaient de son temps dans les tempies de la Grèce, des images taillées dans de l'olivier, du chêne , du cèdre, du citronnier ou d'autres bois durs. Le fameux Palladium était en bois, au dire de Suidas. Il ne paraît pas que les Grecs des dernières époques et que les Romains aient beaucoup employé cette matière; mais il en a été fait fréquemment usage au moyen âge, à l'époque de la Renaissance ec même postérieurement. En Italie, eu Allemagne, en Flandre, en Espagne surtout, le talent de fouiller le bois a été poussé au dernier degré de la souplesse et de l'expression, particulièrement dans la décoration des églises, dans l'exécution des baldaquins et des retables d'autel, des stalles et des chaires à prêcher. La France elle-même compte un assez grand nombre d'œuvres remarquables en ce genre. Le bois a l'avantage de se prêter beaucoup mieux à l'expression du mouve1inent que les matières minérales et métalliques. « Substance fibreuse, compacte et relativement légère, dit M. Ch. Blanc, le bois a plus de portée que la pierre et oonséqiiemment il peut se projeter plus avant dans le vide; d'où il suit que les membres d'une figure sculptée en chêne, en cèdre, en sycomore, s'ils viennent à s'écarter de la masse, ne courent pas le risque d'être rompus par la pesanteur. Tel geste dont la vivacité et l'expression seraient excessives dans la sculpture en marbre, est possible et même tolé.able dans la sculpture en bois, où il n'a rien d'inquiétant pour l'esprit ni pour le regard... Sujet, d'ailleurs, a être consumé par le feu ou rongé par les vers, le bois ne saurait promettre à l'artiste une durée bien longue, une durée proportionnée au temps, a la patience et à l'habileté que la matière exige, car la pratique du bois ne s'apprend point aussi vite que la pratique du marbre; elle demande un peu plus d'habitude dans le maniement de l'outil. •
L'art de couler le bronze, si l'on en croit les auteurs grecs et romains, aurait été découvert par deux artistes de Samos, Rhœcus et son fils Théodore, qui florissaient, selon Pausanias, au temps de Cyrus ou de tirés us, c'est-à-dire au VIe siècle avant notre ère, et, selon Pdne, au vu» siècle, environ 690 ans av. J.-C. Mais il est fait mention dans la Bible d'ouvrages de sculpture en bronze d'une date bien antérieure, exécutés par Hiram, de Tyr, qui fut employé par Salomon à la décoration du temple de Jérusalem (v. Juifs [Sculpture chez lesj, t. IX, p. 1,087). A la vérité, quelques érudits pensent qu'avant la découverte dont le mérite est attribué à Rhœcus et à Théodore, on ne savait autre chose que rapprocher des plaques de métal que l'on assemblait avec des clous et que l'on rivait. L'invention des artistes samiens aurait consisté à couler le bronze dans un moule à noyau qui permettait de diminuer, au gré du statuaire, l'épaisseur du métal. Voici comment on s'y prend aujourd'hui pour exécuter une figure de bronze. Le sculpteur commence par façonner en argile le modèle de la statue, puis il le fait mouler en plâtre, c'est-à-dire qu'il prend en deux ou plusieurs morceaux 1 empreinte de son œuvre. Ce qui était en relief dans le modèle en terre est en creux dans le moule en plâtre. Si l'on rapproche exactement les divers morceaux du moule, la statue s'y trouve représentée par un vide, car le modèle en terre a été déformé et retire par un trou ménagé sous les pieds de la statue. Dans le vide, ou coule du plâtre liquide qui ne tarde pas à se durcir et reproduit exactement le modèle. Pour changer cette statue de plaire en statue de bronze, il est nécessaire de faire un second moulage. Ou prend donc une nouvelle empreinte de la figure, après avoir eu soin d enduire celle-ci d'un corps gras qui empêche les deux plâtres de s'unir. On obtient ainsi un nouveau moule creux que l'on a eu soin, tandis que le plâtre est encore frais, de diviser en plusieurs petites pièces susceptibles de se détacher sans se briser. Ces pièces sont ensuite rapprochées et assemblées sous le couvert de pièces plus grandes appelées chapes et destinées à les maintenir; si, dans la cavité qui subsiste entre elles on coulait du bronze, on obtiendrait la reproduction en bronze massif de la statue ; mais cette façon de procéder, bonne tout au plus pour les sujets de très-petite dimension, aurait l'inconvénient de donner pour résultat une figure d'un poids exorbitant, outre qu'elle exigerait une dépense inutile de métal. Plusieurs procédés ont été employés
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pour rendre le bronze aussi mince, aussi léger que possible ; nous avons signalé les principaux dans notre article sur le mot bronze (t, II, p. 1,309 et suiv.); il nous suffira de dire ici qu'ils consistent tous à établir au centre du mouie un noyau en terre destiné à produire dans l'intérieur de la statue une cavité aussi grande que possible. Les figures de bronze ont besoin, au sortir du moule, d'être réparées et patinees, ou, en d'autres termes, d'être débarrassées des balèvres ou rugosités que produit le travail de la foute, et de recevoir la coloration ou patine propre à dissimu.er la dureté et la crudité des tons métalliques. 'Ce sont là des opérations délicates et des plus importantes qui sont le plus souvent abandonnées aux industriels chargés delà fonte. M. Du Camp (Salon de 1864) a exprimé le regret que les sculpteurs contemporains s'exerçassent si rarement à manier eux-mêmes le bronze : ■ C'est une fort belle matière, facile à travailler, qui, loin d'être rebelle à la lime, en subit les moindres inflexions, qui comporte toutes les réparations possibles, et dont il est fâcheux qu'on abandonne l'emploi à des ouvriers qui, si habiles qu'ils soient, ne peuvent jamais rendre exactement la pensée d'un artiste. C'est la statuaire aussi qui devrait donner la patine à ses bronzes; c est l'épiderme, c'est la coloration da la statue et cela vaut la peine qu'on y prenne garde. Depuis la patine sombre d'Herculanum jusqu'à la chaude patine des Florentins de la Renaissance, depuis la patino bleue de Pompéi jusqu'à la panne vernie des Japonais, il y a mille nuances qui ne sont point indifférentes et qu'un artiste doit choisir après les avoir comparées et en avoir calculé l'effet à l'égard de l'œuvre dont il s'occupe. Barye obtenait lui-même, à force de travail etde soins, ces magnifiques teintes couleur de malachite qui donnent un si vif relief à ses bronzes et font l'admiration de tous les amateurs. »
Les différentes variétés de pierres, le grès, le granit, le porphyre, le basalte, la serpentine et les marbres de toutes couleurs, depuis le paros aux paillettes etineelaiites jusqu'au rouge antique, ont été employés daus la plus haute antiquité, comme chez les modernes, pour la sculpture de figures ou d'ornements. La pierre cunvient surtout pour l'exécution des figures colossales destinées à la décoration d^s monuments ; de toutes les matières que la sculpture met en oeuvre, elle est la moins susceptible de mouvement. « C'est une nécessité pour le sculpteur d'être calme et grave, lorsqu'il s'attaque à la pierre, dit M. Ch. Blanc; mais cette entrave apportée à son génie tournera au profit de sa grandeur si, par une obéissance volontaire à la nature des choses, il sait être imposant et majestueux là où il ne saurait animer sa pantomime par une actiun vive. La sculpture en pierre, par sa simplicité mâle et robuste, est pour ainsi dire l'ordre dorique de la statuaire. C'est là surtout que les mouvements doivent être non pas excentriques, mais concentriques.» Les Egyptiens ont taillé dans la pierre la plupart de leurs grandes sculptures tumulaires, de leurs sphinx, de leurs divinités zooinorpbes, et c'est dans la pierre qu'ont été sculptées les innombrables ligures qui peuplent les porches et les hautes galeries de nos cathédrales du moyen âge; le nom de maîtres de pierre a même été porté par les naïfs imagiers ouscuipteurs de cette dernière époque. Le marbre blanc est par excellence la matière propre à la statuaire ; il convient mieux qu'aucun autre à l'exécution des chairs; il a plus de transparence, de limpidité et de brillant. Une croyance populaire que beaucoup de littérateurs ont contribué a accréditer, c'est que les sculpteurs s attaquent directement au marbre lorsqu'ils veulent faire une statue. » Sa main inspirée, en pétrissant le marbre, sait toujours lui donner le frémissement de la vie,» a dit d'un sculpteur contemporain un romancier, M. Louis Enault. Un connaît la belle lettre que Pierre Puget écrivit à Lou vois: «Monseigneur, j'ai soixante ans, mais j'ai des forces pour servir encore longtemps; je suis nourri aux grandes œuvres et je nage quand j'y travaille; quelque grosse que soit la pièce, le marbre tremble devant moi. » U ne faut sans doute voir dans ces dernières paroles qu'une métaphore hardie par laquelle le grand artiste marseillais a fièrement eNpriiua l'ardeur et la verve qu'il apportait au travail ; il se peut du reste que, comme on ie dit de Michel-Ange, il ait parfois ébauché directement dans le marbre ie sujet qu'il avait conçu ; mais il n'y a que des maîtres unissant, comme ceux-là, une science consommée à une fougue extrême, qui puissent se permettre de pareilles auuaees. L'exécution d'une statue de marbre ou de pierre, comme celle d'une statue de bronze, doit être précédée d'un modèle en argile ou en cire, qui est proprement l'œuvre originale du sculpteur et dont la statue n'est que la copie ; ces muuèies originaux une fois terminés sont iuuu.es en plâtre par les moyens que nous avons indiqués ci-dessus pour les modèles destinés à être reproduits eu bronze, et c est sur le moulage de plâtre en relief que se fait la misa au point qui doit guider le- praticien.
Le choix de la matière n est pas indifférent pour l'exécution d'une statue. La pierre convient aux ligures qui doivent avuir un caractère grave et simple, religieux ou rustique ; le marbre, aux sujets délicats et pueti-
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ques ; le bronze, aux représentations guerrières ou politiques. A l'occasion d'une discussion relative à la matière qu'il convenait d'employer pour lu statue de Lamartine, M. W a nus Chauinelin a écrit nu journal 1] Alliance républicaine de Saône- et-Loire; « Il est un principe de l'art statuaire qui n'est écrit dans aucun traité d'esthétique , mais que les grands artistes de l'antiquité et des temps modernes ont presque toujours respecté. Ce principe pourrait se formuler ainsi : Les images des dieux, des femmes et des poètes doivent être taillées dans le marbre ; les statues des guerriers, des politiques, doivent être faites en bronze. Comme l'a si bien dit M. Henri de Lacretelle, lors de la discussion qui a eu lieu an sein de la commission mâcmimiise, « le marbre a les étincelles, Jes » rayonnements, la pureté du génie poéti- » que. » Sa blancheur luiteuse appelle les baiiers du soleil et les morsures du temps jaloux #de toute beauté. Il convient, pour traduire ce qui est céleste, ce qui est idéal, pour représenter ceux qu on aime et ceux qu'on prie. Le bronze est sans transparence, sans chaleur ; son opacité esi froide, presque menaçante; il s'assonibril encore a la lumière et reste insensible aux outrages du temps, li convient, pour traduire ce qui est rude, ce qui est terrible, pour représenter ceux qui agissent et ceux qui JutteM. Avec le marbre, on construit les temples où l'on prie; avec le bronze, on fabrique les canons qui tuent... et qui vengent. La Grèce artiste, qui avait à sa disposition les plus beaux, marbres du monde, employa le bronze lorsqu'elle voulut glorifier la force ; les athlètes vainqueurs aux. jeux Olympiques avaientà Olympia même leurs statues faites de ce métal. Mais c'est du marbre qu'ont été tirées les statues d'Euripide, de Ménandre et de quelques autres poëtesque nous a léguées l'antiquité. Les Romains obéirent à la même loi esthétique. Et la preuve que le climat ne dictait pus le choix de la matière, c'est qu'à côté des statues de marbre érigées en plein air en l'honneur des dieux, des poètes, des orateurs, Rome éleva des statues de bronze à ses généraux, à ses empereurs, témoin cette magnifique ligure équestre de Marc- Aurele qui se dresse encore aujourd'hui sur les hauteurs du Capitole. Même intelligence des principes de l'art à l'époque de la Renaissance. C'est en bronze que Donatello et Verrochio ont fuit, l'un pour Padoue, l'autre pour Venise, les statues des célèbres condottieri Gattuinelata et Coleoni. C'est en bronze qu'est lu statue de C'ôme Ier, exécutée pour Florence par Jean de Bologne, Michel-Ange, au contraire, a choisi le marbre pour sculpter Moïse, le sublime poëte de la Gençse, et c'est d'un bloc de arrare qu'il a tiré cette admirable ligure de la chapelle des Médicis qui personnifie si bien la Jiêoerie et qui est moins connue sous le nom du prince qu'elle représente que sous celui du Penseur : Il Pensieroso! » Les modernes ont perdu le seus de ces délicatesses artistiques... Nous avons vu le marbre et le bronze employés à peu prés indifféremment par les sculpteurs de notre époque, pour le-, statues monumentales. Des raisons financières, il faut bien le dire, déterminent le plus souvent le choix de la matière. Les statues de bronze coûtent un peu moins cher que les statues de marbre. Les artistes, en général, préfèrent le marbre; mais ils sont bien obligés de subir les conditions de la commande qui leur est faite.
Beaucoup de statues placées dans les églises, dans les monuments publics et même dans les musées sont de simples moulages en plâtre. Parmi les modèles en plaire qui figurent aux expositions, il n'y a guère que ceux dont l'administration des beaux-arts fait l'acquisition qui soient exécutés eu marbre ou en bronze. Les artistes n'ont pas toujours les moyens de prendre à leur charge cette exécution coûteuse. On a trouvé ucs procèdes pour durcir le plâtre et lui donner l'aspect du marbre; on a également des procèdes pour argenter le bronze ou lui donner la couleur de la terre cuite.
Les métaux précieux, l'or et l'argent, ont été employés et sont encure employés parfois par la sculpture; mais on coucou que la valeur de la matière rende cet emploi fort rare et le fasse réserver pour les petits ouvrages. Les Grecs donnaient le nom de toreutique a. la sculpture en métaux. • Elle consistait, dit Quutremère de Quincy, à faire des statues de toutes sortes de métal, d'or, d'argent, de bronze et de beaucoup d'autres réunions de matières, par des morceaux rapportés, par compartiments, soit fondus séparément, soit battus, soit travaillés au oiselet, soudes, rapprochés et formant un tout solide. (Jette manière est la plus ancienne; elle a produit des ouvrages sans nombre. La Grèce lui a dû ses plus grands et ses plus rares monuments. » Phidias perfectionna la toreutiquo en élevant des statues merveilleuses, fuites d'ivoire et d'or et désignées, à cause de ces deux matières, sou^ le nom de sculptures chryséléphunlines. Nous avons donné à ce dernier mot (t. IV, p. 254) d'arapies détails sur ce genre d'ouvrages ; nous n'y reviendrons pas.
La combinaison de plusieurs matières diversement colorées ou la simple application du coloris aux statues naturellement monochromes produit ce qu'on appelle la sculpture polychrome. A cette question : Quel se-
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rail l'effet du coloris le plus beau et le plus | vrai de la peinture sur une statue? Diderot a j répondu : « Mauvais, je pense ; i» il n'y aurait autour de la statue qu'un seul point où ce coloris serait vrai; 2» il n'y a rien de si < déplaisant que le contraste du vrai mis à , côté du faux, et jamais la vérité de la couleur ne répondra à la vérité de la chose. La chose, c'est la statue seule, isolée, solide, ] prête à se mouvoir... Creusez l'orbite des ■ yeux a une statue et emplissez-les d'un œil ; d'émail ou d'une pierre colorée, et vous verrez si vous en supporterez l'effet. On voit même, par la plupart de leurs bustes, que les anciens ont mieux aimé laisser le globe de l'œil uni et solide, que d'y tracer l'iris et que d'y marquer la prunelle; laisser imaginer un aveugie que de montrer un œil crevé; et, n'en déplaise à nos modernes, les anciens me paraissent en ce point d'un goût plus sévère qu'ils ne l'ont, d N'en déplaise à Diderot lui-même, il existe un grand nombre de bustes antiques dont les yeux sont faits de inatièies colorées différentes de celle dans laquelle le reste du visage est sculpté ; à la vérité, ces bustes sont généralement en bronze; mais beaucoup d autres bustes et même de statues sont de marbres polychromes, le blanc étant ordinairement employé pour les carnations, et les draperies étant formées de marbres de couleurs diverses. Quunt à l'usage de colorer la sculpture, il a été extrêmement répandu dans l'antiquité (v. polychrome, t. XII, p. 1,330). Plusieurs artistes modernes, Pradier et Clésinger entre autres, ont tenté de le remettre a la mode; mais il est juste de dire que ces tentatives n'ont guère réussi et ont même soulevé des critiques extrêmement vives. A propos de \a.Sapho polychrome exposée par Clésinger au Salon de 1859, M. Paul de Saint- Victor a lancé la boutade suivante : « Je ne puis dire à quel point me répugne Ce tatouage appliqué au marbre. Laissons ces clinquants aux madones de l'Amérique du Sud et aux idoles de la Chine. La Grèce, nous dit-on, a quelquefois paré et colorié ses sculptures. Tant pis pour la Grèce ; elle a manqué de goût une fois en sa vie. Je bénis les barbares d'avoir volé les bijoux et le temps d'à voir essuyé le fard qui déshonoraient ces statues. Soyez sûr, d'ailleurs, que Phidias et Praxitèle, lorsqu'ils entaillaient ou peignaient les dieux, obéissaient à des traditions de sacristie et nullement à leur génie naturel. Plus la statuaire grandit, plus elle rejeta ces vains ornements. Son idéal réside justement dans l'abstraction des choses extérieures. La blancheur du marbre est sa robe d'innocence ; elle se dégrade en l'enjolivant. »
A propos des limites qui séparent le domaine de la peinture de celui de la sculpture, il ne sera pas sans intérêt de citer le curieux parallèle établi entre ces deux arts par Diderot. Au milieu de quelques idées un peu risquées, il s'y trouve des remarques pleines de justesse. « Le sculpteur, dit Diderot, a tout lorsqu'il a le dessin, l'expression et la facilité du ciseau. Avec ces moyens, il peut tenter avec succès une figure nue. La peinture exige d'autres choses encore. Quant aux difficultés à vaincre dans les sujets plus composés, il me semble qu'elles s'accroissent en plus grand nombre pour le peintre que pour le sculpteur. L'art de grouper est le même, l'art de draper est le même : mais le clair-obscur, mais l'ordonnance, mais le Heu de la scène, mais les ciels, mais les arbres, mais les eaux, mais les accessoires, mais les fonds, mais la couleur et tous ses accidents?... Mais non nostrum inter vi,s tant as componere lites. La sculpture est faite et pour les aveugles et pour ceux qui voient. La peinture ne s'adresse qu'aux yeux. En revanche, la première a certainement moins d'objecs et moins de sujets que la seconde. On peint tout ce qu'on veut. La sévère, grave et chaste sculpture choisit. Elle joue quelquefois autour d'une urne ou d'un vase, même dans les compositions les plus grandes et les plus pathétiques : on voit an bas-relief des enfants qui folâtrent sur un bassin qui va recevoir le sany humain ; mais c'est encore avec une sorte Je dignité qu'elle joue. Elle est sérieuse, même quand elle badine. Elle exagère sans doute ; peut-être même l'exagération lui convient-elle mieux qu'a la peinture. Le peintre et le sculpteur sont deux poëtes, mais celui-ci ne charge jamais. La sculpture ne souffre ni le bouàon, ni le burlesque, ni le plaisant, rarement même le comique. Le marbre ne rit pas. Elle s'enivre pourtant avec les faunes et Jes sylvains; elle a très-bonne grâce à aider les satyres à remettre le vieux Silène sur sa monture ou à soutenir les pas chancelants de son disciple. Elle est voluptueuse, mais jamais ordurièie. Elle garde encore dans la volupté je ne Sais quoi de recherché, de rare, d'exquis qui m'annonce que son travail est long, pénible, difficile et que, s'il est permis de prendre ie pinceau pour attacher à Ja toile une idée frivole qu'on peut créer en un instant et effacer d'un souffle, il n'en est pas ainsi du cUeau, qui, déposant la pensée sur une matière dure, rebelle et d'une étemelle durée, doit avoir fait un choix original et peu commun. Le crayon est plus libertin que le pinceau, et le pinceau plus libertin que le ciseau. La sculpture suppose un enthousiasme plus opiniâtre et plus profond, plus
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de cette verve forte et tranquille en apparence, plus de ce feu couvert et caché qui bout au dedans. C'est une muse violente, mais silencieuse et secrète. Si la sculpture ne souffre point une idée commune, elle ne souffre pas davantage une exécution médiocre. Une légère incorrection de dessin, qu'on daignerait à peine apercevoir dans un tableau, est impardonnable dans une statue. Michel-Ange le savait bien ; où il a désespéré d'être parfait et correct, il a mieux aimé rester brut... Mais, direz-vous, cela même prouve que, la sculpture ayant moins a faire que la peinture, on en exige plus strictement ce qu'on est en droit d'eu attendre... Je l'ai pensé comme vous. ■
— II. Principes généraux. Les principes et les règles imposés à la statuaire par le goût, pur les convenances et par la tradition ont été longuement développés dans des traités spéciaux, notamment dans le grand ouvrage de Winckelmann sur Y Art chez tes anciens,
?ar Emeric David dans ses Recherches sur art statuaire, par Ch. Blanc dans sa d'rammaire des arts du dessin. Nous ne pouvons que renvoyer à ces savants ouvrages les lecteurs qui seraient curieux de connaître l'esthétique de la statuaire. Nous nous bornerons à dire ici un mot de la question, si souvent controversée, de l'influence de l'art antique sur la sculpture moderne.
On s'est demandé si l'étude de l'antique n'emprisonnait pas nos écoles modernes dans un moule conventionnel, devant amener une perpétuelle monotonie dans la forme comme dans la conception, et, en d'autres termes, si elle ne tuait pas toute indépendance d'où naît toute originalité. A cette question, Siînart, un des sculpteurs de notre siècle qui ont le mieux compris l'antique, a fait cette réponse (dans un rapport adressé à l'Institut) : i II ne saurait y avoir dans l'art ni grandeur ni vraie beauté sans l'étude sérieuse et bien appliquée de l'antique; mais cette source si féconde a été souvent empoisonnée par de nombreux abus, par une aveugle admiration pour tout ce qui était antique. Trop d'artistes ont cru que, pour arriver à cette perfection où tendaient tous leurs efforts, il fallait, selon une expression toute moderne, corriger la nature, en changer la proportion, augmenter certaines parties, en amoindrir d'autres et se rapprocher ainsi d'un prétendu type qu'ils croyaient le beau suprême. Avec cette manière d'entendre l'application de l'antique, on arrive nécessairement a cette monotonie, à cet abâtardissement, & cette pauvreté que doivent déplorer ceux qui ont conservé de l'art un sentiment plus philosophique et plus vrai, mais qui, dans un excès contraire, condamnent absolument l'étude de l'antique, ne voulant relever que de soi et de la nature ou ne s'inspirer que de nos maîtres modernes. Oui, s écrient-ils, l'étude du beau classique, mais ce n'est rien moins que l'exclusion de la vérité, de la naïveté, de l'inspiration, de la vie I Le beau classique, c'est l'algèbre dans l'art, une pure abstraction dont la passion est absente ; la tout est conventionnel, symétrique, d'une sobriété qui approche de l'indigence, d'une sévérité voisine de la roideur... On voit d'ici tous les développements auxquels prête ce thème et la moralité qui en ressort ; il est certain qu'il favorise singulièrement ces artistes fougueux quft leur génie entraîne au point de passer par la laideur pour atteindre a l'expression. Entre ces deux extrêmes, nous croyons qu'il faut se servir de l'antique comme Lysippe se servait du Canon de Polyclète. L'étude de cette statue, qui, disait-il lui-même, l'avait fait sculpteur, ne lui avait pas enlevé le sentiment propre et original qui était en lui. Sans doute, il n'avait point fait abnégation de son génie; le Canon de Polyclète ne lui avait point appris à dédaigner !a nature, mais il lui démontrait au contraire jusqu'où on pouvait pousser l'étude du corps humain dans sa plus grande finesse d'exécution, dans ses détails les plus délicats, sans cesser d'être large, d'être grand ; elle formait son goût, elle lui apprenait à savoir choisir, elle lui apprenait en quoi consistent l'harmonie et la parfaite beauté dans un modèle. Cette statue enfin faisait aimer la nature dans ses types les plus variés, puisqu'ellemême devenait un exemple de vérité et d'individualité. » La conclusion de S'unarl est que l'étude de l'antique ne saurait suffire à .elle seule pour former un artiste, mais qu'elle doit lui servir de guide dans l'étude de la nature et peut lui fournir ainsi le secret de donner à ses ouvrages la noblesse, la grandeur, la vraie beauté. L'antique est assurément un excellent modèle que les statuaires modernes ont tout profit à consulter, de même que les littérateurs ont tout profit à lire et à relire les chefs-d'oeuvre des écrivaius des siècles passés; mais ils doivent soigneusement se garder d'une imitation trop directe, même tempérée par l'observation du modèle vivant. La condition vitale de l'art est l'originalité, la spontanéité. > La plupart des sculpteurs, a dit Thoré, ont grand tort de chercher presque uniquement leurs modèles dans Je passé. L'âge d'or est devant nous, comme disait Saint-Simon. Cependant, tandis que les peintres étudient surtout la réalité, les sculpteurs étudient surtout la tradition. Méthode incomplète et stérile. C'est eu euxmêmes, dans le sentiment de la vie immor-
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telle que les artistes devraient trouver l'inspiration, après avoir toutefois contempla l'histoire et la nature; car étudier, c'est comprendre et interpréter. Les trois éléments essentiels de l'art, comme de la philosophie, de la science et de toute création intellectuelle, sont le monde extérieur, l'humanité et l'homme lui-même. La nature et la tradition doivent s'unir dans le cœur de l'artiste pa» un mariage mystérieux qui produit un enfantement. C'est la loi de toute génération spirituelle aussi bien que de la génération naturelle. Cet élément principal de toute poésie, l'élément vivant du génie individuel qui se traduit par l'interprétation originale de la nature et de l'histoire, est pourtant le plus négligé dans notre école contemporaine. C'est la spontanéité et l'invention qui manquent surtout à nos artistes. Inhabileté manuelle, l'adresse et un certain talent de pratique sont très-notables chez les sculpteurs, plus encore que chez les peintres. Mais, faute de la poésie intérieure, ils ne fabriquent guère que des œuvres banales et communes, sans caractère et sans beauté... Où sont le caractère et la beauté de la sculpture antique? Dans l'expression de l'idéal que les artistes sentaient en leur propre coeur. La pensée antique était si nette, si bien définie qu'elle s'incarnait dans la forme avec une rare perfection. Mais, encore une fois, le sentiment du monde moderne est & l'anti|iode de l'antiquité. Nos idées et nos systèmes, notre civilisation ayant changé, la faculté poétique, cette seconde vue qui est la plus perspicace et la plus lucide, ne saurait envisager la vie comme l'envisageaient les Grecs, et la forme doit changer avec l'idée. « Et Thoré ajoute avec beaucoup de sens : « Il n'y a qu'une manière fructueuse d'emprunter à la tradition : c'est de voir ce que nos prédécesseurs ont fait dans le sentiment et dans la forme de leur temps, de pénétrer leurs systèmes d'interprétition et d'interpréter soi-même a son tour, avec une inspiration vivante et complètement originale. * Telle est aussi l'opinion d'un autre critique distingué, M. Maxime Du Camp. • Etudier les maîtres, dit-il, ce n'est point les copier, ce n'est point les reproduire. Ceux que nous admirons le plus, Phidias, Michel-Auge, ne feraient point aujourd'hui ce qu'ils ont fuit jadis. Ils apporleraient dans leurs travaux le même génie, la même perfection, mais eu les modifiant selon les différences de la civilisation, des religions et des connaissances humaines augmentées par la science successive de chaque siècle. Ce qu'il faut leur demander, ce qui est leur véritable et trop souvent leur impénétrable secret , c'est la façon dont ils voyaient la nature, dont ils combinaient les lignes, dont ils donnaient aux physionomies l'expression juste ; mais ce qu'il ne faut point vouloir apprendre d'eux, c'est la composition allégorique, c'est l'attribut, c'est le symbole. Tout cela a changé ; il suffît d'ouvrir les yeux pour le voir, et ce qui dans cet ordre d'idées convenait aux anciens ne peut plus convenir aux modernes, par la seule raison que nous sommes les modernes et qu'ils sont les anciens. •
Il importerait, en effet, que les artistes contemporains s'attachassent a n'exprimer que les idées, les caractères, les types, les aspirations de leur époque; au lieu de parodier laborieusement l'antique et de reproduire inintelligemment des sujets démodus, ils devraient s'instruire des choses actuelles, se pénétrer de notre histoire niitionalc, s'inspirer au besoin de notre littérature. Malheureusement, les sculpteurs d'aujourd'hui sont plus ignorants encore que les peintres; ceux même qui se piquent d'être novateurs, de revenir à l'étude de la réalité ne voient et ne comprennent pas autre chose que la forme matérielle. «Aujourd'hui, a dit G. Planche, la plupart des sculpteurs français s'en tiennent à l'imitation : c'est ce qu ils appellent ramener l'an aux lois du bon sens. Au delà du modèle vivant, ils n'aperçoivent rien, et quand on leur parie de l'intervention de la pensée, ils accueillent volontiers ce conseil par le dédain ou la moquerie. A les entendre, ceux qui rêvent une beauté supérieure a la beauté réelle sont des esprits malades. Quand on cherche l'idéal, on s'éloigne de la vérité. Tout le temps qui n'est pus donné a. l'imitation est du temps perdu, Puur produire un bel ouvrage, il ne faut qu'un beau modèle. L'imagination est parfois utile, mais jamais nécessaire ; à la ligueur, on peut s'en passer. Le plus grand nombre des sculpteurs de notre temps n'a pas d'autre doctrine; c'est là le fond sur lequel ils vivent. L'art antique, ils ne prennent pas la peine de l'étudier. Ils en ont entendu parler, mais ne s'en soucient guère. Ce qui convenait a la Grèce ne convient pas à la France. Oublier son temps et son pays et se jeter dans le passé, à quoi bon ? Ce que je raconte ici, Dieu sait combien de fois je l'ai entendu. Aussi j'ai renonce depuis longtemps à m'étonnerdu caractère prosaïque des œuvres de sculpture soumises au jugement public... • Comment les sculpteurs sont- ils arrivés à supprimer ainsi ou du moins à négliger la moitié de leur tâche ? Selon G. Planche, la raison de leur méprise ou de leur indolence se trouve dans leur éducation ; nor-seulement ils ne possèdent pas les connaibsunces dont ils auraient besoin, mais trop souvent iis n'éprouvent pas même le désir de les ac-
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quérir ; ceux qui sont assez heureux pour comprendre ce qui leur manque réussissent bien rarement à apprendre ce qu'ils devraient se rappeler; les nécessités de chaque jour leur laissent bien peu de temps, et d'ailleurs, quand on est parvenu à la virilité, on se résigne difficilement à commencer par le commencement. Les sculpteurs qui ont borné leurs premières études à l'imitation rigoureuse du modèle vivant se trouvent ainsi dans un cruel embarras pour peu qu'ils aient à exécuter un groupe ou un bas-relief dont les personnages soient empruntés à l'histoire, voire à la mythologie ou à la littérature. Un livre interrogé la veille, à la page qui explique le sujet proposé, ne peut susciter toute une famille de pensées. Le temps seul peut féconder la semence recueillie dans les livres. Les sculpteurs étrangers aux études littéraires s'informent à la hâte des choses qui leur sont nécessaires, et six mois plus tard ils sont obligés de recommencer leurs investigations. Chaque fois qu'ils ont à traiter un sujet nouveau, pour ménager leur temps, ils n'apprennent rien au delà de l'action qu'ils doivent représenter, et, pour n'entasser dans leur mémoire que des souvenirs incomplets, ils dépensent un si grand nombre d'heures, qu'ils auraient eu plus tôt fait de faire d'avance des études classiques.
— III. HISTOIRE GÉNÉRALE DE LA SCUL- PTURE. Nous avons consacré des articles spéciaux à l'histoire de la sculpture chez les différents peuples de l'antiquité et des temps modernes. Nous ne voulons ici que jeter un coup d'œil rapide sur la succession des différentes écoles, sur leurs affinités et sur leurs mérites relatifs, comparer les divers styles qui ont prédominé dans le cours des âges, retracer sommairement les phases de grandeur et de décadence par lesquelles a passé la grand art de la statuaire.
Quelle fut l'origine de la sculpture? En quel pays, chez quel peuple prit-elle naissance? Questions fort controversées, mais toutà fait oiseuses à notreavisjcar il n existe et il ne pourrait, exister aucun document sérieux qui permît de les trancher. Les conjectures mêmes qu'on peut faire a, cet égard ne reposent que sur les données les plus vagues et les plus incomplètes. Ce qui est certain, c'est que la sculpture, si l'on donne ce nom à tout travail ayant pour but de représenter un être animé sous une forme matérielle et palpable, existait dès la plus haute antiquité; car, dès la plus haute antiquité, il y eut des peuples qui adoraient des idoles, c'est-à-dire des dieux façonnés par la main de l'homme. Clément d'Alexandrie (Cohort. ad Gert., IV), Arnobe ( Adversus Gent., VI ), Maxime deTyr{Z?î'ss., VIII) et d'autres écrivains prétendent que les premiers païens qui voulurent avoir des simulacres de la divinité érigèrent de simples pièces de bois, des blocs ' de pierre informes, des colonnes ou des pyramides; Moïse a inscrit dans le Lévitiquela. prescription suivante, oui fait évidemment allusion à ce genre d'idolâtrie : « Vous ne vous dresserez point de colonnes ni de monuments, et vous n'érigerez point dans votre terre de
Ï lierres remarquables et superstitieuses pour es adorer. » Par la suite, on plaça des têtes sur ces pièces de bois et sur ces pierres, et on obtint ainsi des simulacres qui, rappelant, du moins en quelque partie, la figure humaine et exigeant un travail d'imitation, étaient de véritables sculptures rudimentaires. L'usage de pareilles figures se conserva, du reste, bien longtemps après que l'art fut arrivé a son apogée; les Grecs les appelaient des Hermès et les Romains des Termes. Ce que la Bible et ce que les historiens grecs racontent des statues élevées chez les Assyriens et chez les Egyptiens nous fait connaître combien l'art de la sculpture était développé chez ces peuples à une époque où les plus épaisses ténèbres s'étendaient sur la Grèce. Bien avant le Sicyonien Dibutades et bien avant même l'Athénien Dédale, à qui la tradition hellénique attribuait l'invention de cet art, les villes de l'Assyrie et les villes de l'Egypte possédaient des sculptures en ronde busse et en bas-relief, fuites des pierres les plus dures et des métaux les plus précieux, travaillées avec un soin et une habileté qui dénotaient une longue pratique de ce genre d'ouvrages. Et ce ne sont pas seulement desdocuments écrits qui nous renseignent à cet égard ; les monuments eux-mêmes sont encore là. en trèsgrand nombre pour attester que, plus de mille ans avant l'ère chrétienne, il existait sur les bords de l'Euphrate et sur les bords du Nil des sculpteurs qui, le ciseau •& la main, ne craignaient pas de s'attaquer aux blocs les plus énormes pour en tirer des colosses et qui fouillaient avec une extrême délicatesse 1 or, l'ivoire et les pierres précieuses. Cet art se répandit de bonne heure chez les peuples voisins, chez les Juifs et chez les Perses notamment, se modifiant plus ou moins sous l'influence du génie particulier à chaque nation, mais conservant partout les mêmes caractères de gravité et de majesté, de grandeur et de force. M. Ch. Blanc s'exprime ainsi au sujet de l'art égyi tien : • La sculpture égj'ptienne présente un caractère éminemment symbolique et rappelle toujours sa première destination, qui l'ut d'exprimer des idées religieuses et d'en être 1 écriture imagée. Son berceau est dans le temple. Elle y figure d'abord à l'état de dêlinéation et ne
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fait que graver ses contours. Puis, elle s'enfonce en creux au dedans du mur ou elle saillit au dehors en bas-relief. Ensuite, elle se dégage de la muraille, non sans y adhérer encore par quelques attaches, et quand enfin la statue est complètement isolée, ce qui est très-rare, car elle est presque toujours adossée à un pilastre, elle trahit infailliblement son origine, qui est l'architecture, et sa raison d'être, qui est le symbole. Jetez les yeux sur une figure égyptienne : les formes y sont
I accusées d'une manière concise, abrégée, non pas sans finesse, mais sans détails. Les lignes en sont droites et grandes. L'attitude est
1 roide, imposante et fixe. Les jambes sont le
| plus souvent parallèles et jointes. Les pieds se touchent, ou bien, s'ils sont l'un devant
t l'autre, ils suivent la même direction. Les bras sont pendants le long du corps ou croisés sur la poitrine, à moins qu'ils ne se détachent pour montrer un attribut, un sceptre, une clef, une coupe, un lotus; mais, dans cette pantomime solennelle et cabalistique, la figure fait des signes plutôt que des gestes; elle est en situation plutôt qu'en action... Cependant, par une compensation qui étonne, il se trouva que cet art égyptien, qui semble retenu dans une éternelle enfance, est un art grand, majestueux, hautement formulé... Il est monumental par le laconisme du modelé, par l'austérité des lignes et par leur ressemblance avec les verticales et les horizontales de l'architecture. Il est imposant, parce qu'il est une pure émanation de l'esprit; il est colossal, même dans les petites figures, parce qu'il est surnaturel et surhumain. Il demeure toujours semblable à lui-même, parce qu'il représente la foi qui ne doit point varier. Enfin, le style égyptien est engendré par un principe autre que l'imitation, et c'est volontairement qu'il s'écarte delà vérité imitative; car la faculté de rendre fidèlement lu nature n'est pas plus étrangère aux Egyptiens qu'aux Grecs, et la preuve en est dans la vérité que présentent quelquefois les animaux sculptés par eux, comparée à la manière convenue et artificielle dont la figure humaine est rendue, a Dans l'Assyrie, dans la Perse et chez les autres peuples de l'Asie, la sculpture présenta des caractères à peu près analogues à ceux de l'art égyptien ; elle fut essentiellement symbolique et hiératique. Il est à remarquer toutefois que l'art île Ninive et de Persepolis ne s'élève pas au même degré de grandeur solennelle et idéale que le style des bords du Nil; il est plus réel sans être plus vrai, plus violent sans être plus terrible; il est puissant, il est énergique, mais il a moins de majesté; il est charge d'ornements inutiles et il n'atteint ni au sublime par le calme, ni a la beauté par le mouvement. Dans l'extrême Orient, chez les Indous, la sculpture fut presque exclusivement emblématique et, par conséquent, arbitraire ; elle produisit, comme en Egypte, des figures mi-partie humaines, mi-partie bestiales, des divinités monstrueuses à plusieurs tètes, à plusieurs corps, dont les membres s'entrelacent et se tordent comme les racines d'un énorme tronc, images symboliques de l'unité, de l'identité radicale du créateur et de la création. Enchaîné, dominé par des prescriptions hiératiques, ne puisant aucun de ses éléments dans limitation de la nature individuelle qui seule est vivante, l'art oriental ne pouvait que rester immobile; tout progrès lui était interdit, li était réservé à la Grèce de dérouler les bandelettes sacrées dans lesquelles était emprisonné cet art momifié, de lui imprimer le mouvement, de lui communiquer la chaleur de la vie.
.Les colonies qui, des bords du Nil, vinrent à l'époque des rois pasteurs s'établir dans la Grèce y appoiterent leurreligion, leurs sciences, leurs arts. En se mélangeant à la race indigène, elles se pénétrèrent de son génie délicat et gracieux, tout en lui imposant leur culture plus avancée, leur civilisation plus raffinée, Lamennais a dit des formes artistiques qui naquirent de cet accouplement du geuie des deux peuples : < Les procédés de l'art et ses types apportés de la vieille terre des pharaons, avec ses dogmes, ses rites, la science et la philosophie de ses corporations sacerdotales, se perpétuèrent dans la société nouvelle. La statuaire conserva sa majesté calme, mais aussi sa froide immobilité. Seulement la forme se perfectionna. Sous le ciseau des Grecs, elle perdit sa roideur; elle acquit de la souplesse et de l'harmonie ; elle devint plus vivante. C'étaient encore les dieux de l'Egypte, mais ces dieux se faisaient hommes. La beauté essentielle se fondait dans la beauté humaine, s'y incorporait et, en revêtant son caractère, lui imprimait le sien. > En opposition à cet art greco-egyptien qui prit naissance dans l'Attique, dans le pays cher aux races ioniennes, un art plus robuste, plus positif, plus mouvementé, plus amoureux de la vérité et de la force, l'art dorien, se développa dans le Péloponèse, à Corinthe, à Sicyone, k Argos, à Sparte, et surtout dans l'île d'Egine, d'où est venu le nom de style éginétique donné aux productions de cette école primitive. M. Charles Blanc porte sur ce style le jugement suivant. Selon la remarque de cet esthéticien, deux éléments se combinent de la façon la plus étrange dans ce style primitif : la convention religieuse et la vérité naturelle. • Le corps humain est étudié avec une connaissance précise de l'anatomie extérieure ; la tête, au contraire, est constam-
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ment répétée d'après un type hiératique et consacré. Les cheveux, symétriquement frisés, semblent copiés sur une coiffure postiche et sacerdotale. Le visage a une coupe uniforme et son expression inaltérable est celle d'un sourire forcé. Les yeux sont aplatis à fleur de tête, convergents et fixes. Le front est fuyant, les oreilles sont attachées trèshaut, le menton est carré. Les lèvres minces, fermées, relevées sur les côtés, achèvent d'exprimer la béatitude naïve et souriante que respire la face entière et qui est stéréotypée sur toutes les ligures lors même qu'elles combattent, qu'elles frappent on qu'elles meurent. Mais, par un contraste inattendu, à cet archaïsme inévitable de la tête s'oppose une imitation étonnamment vraie du corps humain. Les membres sont modelés avec savoir, avec une précision qui touche a l'aridité, sans détails toutefois, comme si l'épiderme était recouvert d'un voile collant et transparent. L'artiste fait ressortir surtout les qualités de vigueur, d'élasticité et d'aplomb qui font l'orgueil du gymnaste. Sous ce rapport, la sculpture éginétique ne serait pas éloignée de la perfection, s il ne lui restait encore de la dureté dans l'accentuation des plans, qui sont carrément, sèchement écrits, de l'excès dans la saillie des tendons, de l'ostentation dans le rendu des muscles et du convenu dans les mouvements. En somme, ce qu'ont de frappant toutes les sculptures éginétiques, non-seulement les marbres d'Egine, mais les métopes de Sélinonte, les télamons d'Agrigente, ce n'est pas l'image de la vie que fait circuler dans tous les membres l'invisible magnétisme de l'âme, c'est la vie purement organique, c'est la géométrie ou plutôt la dynamique rigoureuse au corps humain, n Aces réflexions pleines de justesse sur l'art éginétique, M. Ch. Blanc ajoute : t Singulier privilège du génie hellénique 1 II est grand quand il s'éloigne à dessein de la nature ; il va être à jamais admirable quand il s'en rapprochera. La distance qui séparait l'art grec de la perfection, Phidias l'a comblée. Il s'est affranchi de la roideur hiératique et des formules sacrées qui enchaînaient la sculpture à l'archaïsme. Athénien par le sang, Dorien par l'éducation, il réconcilie les deux races et il résout leur contradiction en I les élevant à une vertu supérieure. Par lui, la pensée et la forme sont fondues et merveilleusement équilibrées. Dans le style des Egyptiens et des Eginètes, l'artiste était, plus ou moins, l'esclave du prêtre, c'est-à-dire que la nature était emprisonnée dans le symbole ou gênée par le formalisme. Phidias a égalé la forme à l'idée. 11 a rendu l'une aussi belle que l'autre était grande. Au lieu d'exprimer 1 idéal par l'immobile dignité de la mort, à l'instar des Egyptiens; au lieu de subir, à l'exemple des Eginètes, la servitude qui attachait à un corps vivant une tête inanimée et muette, il a saisi l'idéal dans l'essence du réel, du réel purifié, transfiguré, comme s'il eut un instant soulevé le voile qui nous cache l'exemplaire parfait, l'exemplaire sorti des mains de Dieu. Toutes les parties de la figure humaine étant harmonieusement pénétrées du même esprit, ce qui n'était en Egypte qu'un emblème est devenu une création; ce qui n'était encore k Egine qu'un reste de formules abstraites est devenu l'expression de la plus haute éloquence. Phidias, en un mot, a découvert le dernier secret en achevant d'éveiller la vie. » L'art grec, ainsi affranchi de l'hiératisme et prenant désormais pour point d'appui, dans sa recherche de l'idéal, l'étude attentive et passionnée de la nature, montre dans les sculptures du Parthénon ce qu'une imagination poétique, guidée par l'amour du vrai et servie par un ciseau habile, peut unir de grâce et de chaleur, d'élégance et de force. Il atteignit, d'ailleurs, à son apogée dès le temps de Phidias et de ses disciples. Par la suite, Lysiiipe, Praxitèle, Scopas et d'autres maîtres, d une adresse et d'une science consommées, le tirent malheureusement descendre peu à peu des hauteurs de la vérité idéale dans les petitesses de la vérité individuelle; Praxitèle, ayant k sculpter Vénus, ne trouva rien de mieux que de copier Phryné. Le naturalisme commença ainsi à se fane jour dans le domaine réservé jusqu'alors k la beauté pure ; mais il ne l'envahit complètement que lorsque la Grèce vaincue fut contrainte d'asservir h Rome victorieuse jusqu'à ses goûts, jusqu'à son génie. L'art romain ou, pour mieu\ dire, l'art grec transplanté à Rome n'eut plus rien d'idéal ni de véritablement héroïque; il se contenta d'être précis, positif, d'accentuer l'expression et d'atteindre au caractère; il réussit particulièrement dans le portrait (v. ce que nous avons dit plus haut des ouvrages de ce genre exécutés par les anciens).
« Quant aux figures entières de style romain, nues ou drapées, elles ne sauraient, dit encore M. Ch. Blanc, soutenir la comparaison avec les statues du grand style athénien. Prenons pour exemple l'Antinous du Belvédère; les proportions en sont belles et dignes d'avoir été étudiées, mesurées par Nicolas Poussin. Les formes sont châtiées; le balancement de la figure est aisé, noble et gracieux. L'ensemble vous appelle de loin et vous séduit; mais, si l'on y regarde de près, après avoir jeté les yeux sur le Thésée ou VItissus du Parthénon, on voit que la beauté de Y Antinous s'arrête à la surface, que les formes en sont relativement rondes et en-
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gorgées. Ce corps, dont l'nnatomie est d'abord si bien décrite, manque d'élasticité et de chaleur, tandis que Yllissus et le Thésée offrent l'animation de la vie, le jteu facile des articulations et cette souveraine liberté des membres qui promet le mouvement, parce qu'elle les rend légers et prompts a obéir. Auprès de ces morceaux incomparables , VAnlinoùs semble froid et languissant; ses carnations pleines, mais chargées, deviennent pesantes, et cette statue célèbre, transportée sur l'Acropole d'Athènes, n'y serait considérée ni comme un dieu descendu de l'Olympe, ni comme un athlète destiné aux triomphes du gymnase. Telle est l'infériorité de la statuaire romaine dans l'expression du nu. Ses chefs-d'œuvre, éclipsés par les morceaux du grand style grec, passent au second ou au troisième rang. Ils sont évidemment de moins bonne race et de moins hante lignée. » Dans notre article sur l'art religieux (v. ce mot), nous avons exposé, assez longuement pour n'avoir pas à y revenir ici, les raisons diverses qui retardèrent longtemps l'avénement d'un art nouveau correspondant aux aspirations et aux goûts de la société chrétienne. Les artistes des premiers siècles ne se bornèrent pas à pratiquer la sculpture conformément aux règles et aux principes adoptés par l'école gréco-romaine; ils reproduisirent dans leurs monuments les types, les gestes et jusqu'aux symboles de l'art païen. Plus tard, quand l'Eglise triomphante put planter le labarum sur les ruines des temples antiques, donner de la pompe à ses cérémonies et imposervses croyances, l'art dut se soumettre de nouveau aux prescriptions sacerdotales; mais, tandis que l'hiératisme égyptien avait su trouver des formes d'une simplicité grandiose, l'hiératisme chrétien tomba dans les maigreurs, les bizarreries et les obscurités d'un mysticisme ascétique. L'uniformité des types imposés aux artistes par les pontifes de la religion nouvelle s'étendit jusqu'aux tombeaux : « Nos sarcophages chrétiens de la Gaule , dit M. l'abbé JVlartigny, offrent de si nombreuses analogies avec ceux de l'Italie, que souvent on les croirait sortis des mains des mêmes ouvriers. Ceci donne à penser que l'Eglise, qui ne laisse rien au hasard m au caprice des hommes, avait- fixé primitivement les principaux types d'après lesquels devaient être exécutées ces urnes funéraires, de même qu'elle avait consacré, ainsi que nous le pouvons conjecturer d'un célèbre passage da Clément d'Alexandrie, les symboles qui devaient orner les anneaux des fidèles. Sans doute, des artistes formés au foyer même de l'Eglise catholique rayonnaient de là, à la suite des apôtres envoyés par le pontife romain, dans les diverses contrées livrées à leur zèle et y portaient les règles hiératiques qui, d'après un système doctrinal bien connu des archéologues, étaient appelées à présider à la décoration des tombeaux comme à celle des églises elles-mêmes. Voilà ce qui explique les nombreux points de ressemblance entre les tombeaux historiés de la Gaule et ceux de Rome et de l'Italie en général. Mais il n'est pas moins positif que les nôtres se distinguent de ces derniers par d'assez notables différences, tant dans le style de leur architecture que dans les motifs de leur ornementation et la nature des sujets qui y sont représentés, toujours tirés néanmoins, les uns et les autres, de l'histoire sainte et de la symbolique chrétienne ; car l'Eglise ne prétendit jamais enchaîner le génie des différentes nations qu'elle soumettait au joug de la foi; elle se plut, au contraire, à lui laisser un libre essor en tout ce qui n'est que de simple forme et n'intéresse ni le dogme ni la discipline essentielle. ■ Cette dernière assertion nous paraît fort discutable : l'Eglise n'intervint pas directement, sans doute, dans les questions d'exécution matérielle; mais comment n'aurait-elle pas enchaîné le génie des artistes par le fait seul qu'elle lui imposait des idées et des programmes dont il lui était interdit de s'écarter ? La liberté d'essor laissée par l'Eglise aux artistes de cette époque était limitée de toutes parts par les règles étroites et les prescriptions rigoureuses qu'avait multipliées la « discipline essentielle. » La sculpture, comme la peinture, devint un métier, une industrie que le» Byzantins exploitèrent durant plusieurs siècles dans toute l'étendue du monde catholique. Au xir& siècle enfin, l'art commença à tourner le dos à l'hiératisme et à diriger ses regards vers la nature vivante. On a coutume de faire honneur de cette rénovation aux Italiens. La vérité est que, longtemps avant le splendide mouvement auquel on a donné le nom de Renaissance, les « maîtres de pierre » français s'étaient signalés en ramenant l'art à l'observation de la réalité, si complètement méconnue par les Byzantins, et en dégageant l'idéal chrétien des limbes du symbolisme. • Les statuaires du xn° siècle, en France, commencent par aller k l'école des Byzantins, dit M. VioIlet-le-Duc; il faut avant tout apprendre le métier, et c'est à l'aide des modèles byzantins que se fait ce premier enseignement. Cependant, l'artiste occidental, na pouvant s'astreindre à la reproduction hiératique, regarde autour de lui. Les physionomies le frappent; il commence par copier des types de tètes, tout en conservant le faire byzantin dans les draper.es, dans les nus,
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ilnns les accessoires. Bientôt, de tous ces types divers, il prétend fiiire sortir un idéal, le beau; il y parvient. Que ce beau, que cet idéal ne soient pas le beau et l'idéal trouvés par le Grec, cela doit être, puisque jamais dans ce monde des causes semblables ne produisent deux fois des effets itlent ques; que cet idéul soit inférieur à celui revu et trouvé par le Grec, en considérant le beau absolu, nous le reconnaissons; mais ce mouvement d'art n'en est pas moins un des f.àts les plus remarquables des temps modernes. Les conditions fuites ii l'art du statuaire par le christianisme étaient-elles aussi favorables au développement d>; cet art que l'avait été l'état social de la Grèce? Non. Chez les Grecs, la religion, les habitudes, les mœurs, tout semblait concourir au développement de l'art du statuaire. Si les Athéniens no se promenaient pas tout nus dans les rues, le gymnase, les jeux mettaient sans cesse en relief aux veux du peuple les avantages corporels de l'homme, et les habitants des villes grecques pouvaient distinguer la beauté physique du corps humain, comme de nos jours le peuple de nos villes distingue à première vue un homme bien mis et portant son vêtement avec aisance d'un malotru. L'art, ne pouvant plus se développer en observant et reproduisant avec distinction le côté plastique du corps humain, devait se faire jour d'une autre manière. Il s'attacha donc a étudier \vs reflets de l'Ame sur les tiaits du visage, clans les gestes, dans la façon de porter les vêtements, de les draper, et, ainsi limité, il atteignit encore une grande élévation. » M. Violîet-le-Duc a fait remarquer que cette évolution de l'art français a coïncide avec un fait historique important : le développement de l'esprit communal , l'affaissement de l'état monastique et l'aurore de l'unité politique se manifestant sous une influence prépondérante; prise par le pouvoir r<ival. L'art de la statuaire, à partir de cette époque, s'émancipa de la tutelle monastique et appartint aux laïques. Les évéques se montrèrent favorables à cette émancipation. Le rôle que joue la statuaire dans les cathédrales élevées en France à la fin du XIIe siècle et au commencement du xme est considérable. Si l'on visite celles de Paris, de Reims, de Bourges, d'Amiens, de Chartres, on est émerveille, ne fût-ce que du nombre prodigieux de statues et de bas-reliefs qui composent leur décoration. A dater des dernières années du xue siècle, l'école laïque non-seulement u rompu avec les traditions byzantines conservées dans les monastères, mais elle manifeste une tendance nouvelle dans le choix des sujets et la manière de les exprimer. Au lien de s'en tenir presque exclusivement aux reproductions de sujets légendaires, comme cela se faisait dans les églises conventuelles, elle ouvre l'Ancien et le Nouveau Testament, se passionne pour les encyclopédies et cherche à rendre suisissables pour la foule certaines idées métaphysiques. . • Si l'on examine avec une attention profonde celte sculpture laïque du xme siècle, dit encore M. Viollet-le-Duc, si on l'etudie dans ses moindres détails, on y découvre bien autre chose que ce qu'on appelle le sentiment religieux; ce qu'on y voit, c'est avant tout un sentiment démocratique prononcé dans la manière de traiter les programmes donnés, une haine de l'oppression qui se fait jour partout, et, ce qui est plus noble et ce qui en fait un art digne de ce nom, le dégagement ne l'intelligence des langes ihéoeratiques et féodaux... Il ne faudiait pas croire Cependant que ces statuaires du xiuc siècle n'ont pas pu, quand ils l'ont voulu, exprimer cette sérénité brillante et glorieuse qui est le propre de la foi. A Paris, a Reims, bon nombre de leurs ligures sont empreintes de ces sentiments de noble, béatitude que l'imagination prête aux êtres supérieurs à l'humanité... On retrouve dans un grand nombre de bas-reliefs de la même époque un vif sentiment dramatique. Les Prophètes, les* Vices du portail do la cathédrale d'Amiens , les bas-reliefs des porches de Notre-Dame de Chartres possèdent cette qualité indépendante de l'exécution matérielle, qui parfois est défectueuse. Les artistes de cette époque avaient des idées et prenaient 'le plus court chemin pour les exprimer. Aussi, comme les Grecs, atteignaient-ils souvent la véritable grandeur.., Il ne faudrait pas croire cependant que, dans leurs œuvres, l'éxecution matérielle ne tint pas une grande place. Il ne s'agit pas ici de cette perfection mécanique <jui consiste à tailler et ciseler adroitement la pierre, le marbre ou le bois ; ils ont prouvé que, sous ce rapport, ils ne le cédaient a aucune école, y compris ceiles de l'antiquité; mais il s'agit de cette exécution si rarement comprise de nos jours et qui tient s l'objet, à sa place, à sa destination... Les sculpteurs du roo\en âge n'avaient point d'expositions annuelles où ils envoyaient leurs œuvres pour les faire voir isolées, sous un aspect qui n'est pas l'aspect définitif. Ils pensaient avant tout à la destination des figures qu'Us sculptaient, à l'effet qu'elles dovaient produire en raison de cette destination. Ils se permettaient ainsi des irrégularités ou des exagérations que l'effet en place justifie pleinement, mais qui les feraient condamner dans une salle d'exposition aujourd'hui.»
Les sculpteurs italiens de l'époque de la
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Renaissance se tournèrent, comme les sculpteurs françHis du xuc et du xiu"-" siècle, vers l'étude de la réalité; mais ils furent dirigés et guidés dans cette étude par les grands modèles de l'antiquité. De là les caractères de beauté, de noblesse et de correction qui distinguent leurs œuvres et leur assignent un rang si élevé dans l'histoire de l'art; de là aussi la grande importance qu'ils accordèrent au nu et les recherches plastiques qui trahissent leur éducation païenne et s'accommodent assez mal, il faut en convenir, avec les préoccupations d'une société chrétienne. Les promoteurs de la Renaissance, Nicolas et Jean de Pise, Donatello et Lorenzo Ghiberti, empruntèrent surtout à l'antiquité son amour du vrai; s'ils imitèrent dans le choix de certaines formes, ils surent du moins exprimer des idées originales et les sentiments de leur temps, Leurs successeurs revinrent aux dieux mêmes de l'antiquité, et l'école contemporaine se traîne encore dans cette voie déplorable! Une des innovations de l'école italienne a consisté à introduire dans la sculpture les éléments qui sont le propre de la peinture, le mouvement, l'expressinn, le sentiment, le drame. « Depuis Giotto jusqu'à Raphaël, depuis les Pisani jusqu'à Michel-Ange, la sculpture est exercée par des peinti.es, a dit M. Ch. Blanc; elle est dramatique au point que l'ébauchoir et le pinceau paraissent obéir aux mêmes lois. Les portes du baptistère de Saint-Jean, à Florence, se creusent, comme une toile peinte, dans les bas-reliefs de Ghiberti. L'intimité des physionomies, l'individualité des âmes respirent dans les figures de Donatello, dont le naturalisme ingénu et la tendresse font oublier la présence du marbre. La statue équestre de Coteoni , à Venise , frémit sous la main de Verrochio. Vient enfin Michel-Ange, génie hautain et amer, qui passe comme un météore et qui, en apparence, est un phénomène unique sans liaison avec le passé ni avec l'avenir. Cependant, il manie lui aussi la gradine comme une plume de roseau. Il multiplie les contrastes, les attitudes forcées, tourmentées. Il fouille le bloc avec le feu d'un improvisateur; il y fait jouer la lumière, et, lui qui ne met point d'effet dans ses tableaux, il' en met, chose étrange, dans ses statues. Cette substance froide et grave, il y souffle son humeur personnelle; il la salure de tristesse, il y imprime les accents d'une bouderie sublime. Pour la sereine antiquité, l'ombre n'avait été que la condition du relief et de la lumière. Léonard de Vinci en peinture, Michel-Ange oans la statuaire, furent les premiers à faire de l'ombre une expression de mélancolie, de tristesse, d'inquiétude, de tout ce qui obscurcit l'âme. • Au xvii1" siècle, la sculpture tomba dans l'exagération du pittoresque : !e B'-rnin, l'Algarde, le Huget firent palpiter le marbre et multiplièrent les accidents de la lumière et de l'ombre. Le xvme siècle exagéra à son tour la morbidezza du modèle et la grâce des contours, et poussa la prétention jusqu'à vouloir unjuliver l'antique. Pendant cette dernière période, l'école française supplanta l'école iialieune ; quelques-uns de ses maîtres eurent du moins le mérite d'imprimer à leurs portraits un cachet de véritable élégance. Les bustes sculptés par Coysevox, les Coustou, GVftieri, Pigalie. Houdon ont une sorte de vérité relative et contemporaine pleine de charme. Canova ramena la statuaire à l'imitaiiou de l'antique; mais il garda de I époque précédente un goût immodéré pour les attitudes gracieuses. La sculpture du commencement de ce siècle se ressentit d ai.leiH's de l'influence exercée par le peintre David ; elle devint classique, académique. li ne se peut rien voir de plus ennuyeux, de plus maussade que les œuvres des sculpteurs de l'Empire et des premiers temps de la Restauration. Le romantisme eut ses représentants eu sculpture; mais leurs œuvres n'ont pas eu et no pouvaient avoir le même succès que celles des peintres attachés au même principe. La sculpture, art essentiellement grave et précis, n'admet pas les turbulences de l'exécution et les vagues fantaisies de l'esprit. Toutefois, la réaction contre la routine académique a produit d'excellents résultats dans la statuaire. Un critique qui n'est pas suspect de partialité pour les novateurs de 1 art, Delecluze, a dit : « Le romantisme, dont l'influence a été fâcheuse sur les arts pris en général, a peut-être rendu quelque service à la sculpture, trop aveuglement soumise à l'imitation de ce qu'il y a de plus antique dans les antiquités. A compter de 1820, il y eut un retour vers l'imitation simple de la nature, et les statuaires tirent des efforts pour échapper à cette rmdeur et à cette sécheresse ou leurs prédécesseurs avaient été amenés par des études niai dirigées d'après l'antique. Cette modification, commencée par Dupaty, fut adoptée par Cortot, David d'Angers, Rude et Pradier... Le goût et l'aptitude qu'avait Pradier à. traiter des sujets gracieux, et cette multitude de statuettes uees sous son ciseau facile ont contribué, dans ces derniers temps, à elféininer quelque peu la statuaire. Dans les arts, comme en toute chose, il ne s'opère pas de réaction sans qu'il en résulte des excès, et, de même que les études de l'antiquité avaient poussé les artistes à une sévérité dp style (•xîigi'ri'fi, In retour vers le
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naturel a fait pencher de nouveau la statuaire vers le pittoresque. M. Marochetti, homme de talent d'ailleurs, est le sculpteur qui a marché l'un des premiers dans cette voie, où l'a suivi et dépassé bientôt M. Clésinf-er, dont l'habileté remarquable a fait fermer les yeux sur son défaut, i II n'est que trop vrai que la statuaire, sous l'influence de Pradier, s'était efféminée au point de tomber dans la mièvrerie et dans l'érotisine. Le dernier Empire favorisa singulièrement cet abaissement de l'art. Mais, à côté des sculpteurs de boudoir, trop nombreux encore aujourd'hui, de jeunes maîtres, sortis en grande partie des écoles de Rude et de David d'Angers, ont produit des œuvres sérieuses et fortes. Ce n'est certes ni l'habileté de l'exécution ni même l'observation attentive du modèle vivant qui font défaut aux sculpteurs contemporains; ce qui leur manque, ce qui manque du inoins à la plupart d'entre eux, c'est l'originalité de l'invention, la sincérité du sentiment, la préoccupation de la vie moderne.
— Iconogr. La Sculpture est ordinairement représentée sous les traits d'une jeune
1 femme au maintien grave, à l'expres*ion 1 noble et chaste, tenant un maillet et un oi- | seau, i Quelquefois, dit de Prézel (Dictionnaire iconoloyique), on ajoute à ces attributs un compas et un porte-crayon, pour exprimer que le principal objet de la sculpture est la justesse des proportions et l'elegauce du dessin. Autour d'elle sont le Torse du Belvédère, V Apollon, le Laocoon, comme étant les monuments de la plus parfaite imitation de la nature. » Des représentations allégoriques de la Sculpture ont été sculptées de notre temps par M. Aug. Duinont (statue de pierre, décorant le pavillon Lesdiguières, au Louvre), J. Allasseur (statue de pierre, dans la cour des Ecuries, au Louvre), Blavier (statue de marbre, dans la grande cour du Louvre), Fr.-Felix Roubaud (Salon de 1861), Forceviile-Duvette (la Sculpture honorant les illustrations picardes, groupe de marbre, au musée d Amiens), Gruyère (la Sculpture et la Peinture, bas-relief décorant la façade principale de l'Opéra, à Paris), etc. A la pinacothèque de Venise est un tab.eau de Domenico Maggiotto, la Sculpture consultant la Nature. Pierre Miguard, dans 1 une des lunettes de la petite sM'ene de Versailles, avait représenté la Sculpture par Ueux petits Génies, dont l'un mtsure un buste avec un compas, tandis que l'autre travaille à ébaucher une tète; ce' morceau a été gravé par S. Thoînassin en 1715. D'autres représentations allégoriques de la Sculpture ont cte gravées par C'h.-Nic. C'ochiu le fils (d'après J. de Lajoue) , par P. Biard le lils (1627), p"ar C.-W.-E. Dietneh, par Henri-Aug. Valentin (eau- forte, d'après Magaud, Salon de 1866).
Sous ce titre : Sculpture, M. Alma-Tadeiua a exposé au Salon de 1874 un remarquable tableau, représentant l'atelier d'un sculpteur de l'antiquité. Un artiste anglais, M. T. Uwins, a peint sous ce titre ; ie Sculpteur d images, un tableau qui a figuré à l'Exposition universelle de 1855.
— Bibliogr. Traités généraux. Pomponius Gauricus, De scuiptura (Florence, 15u4, in-8°); Felibien , •Description des tableaux, statues et bustes des maisons royales (1C77, in-fol. ); Francis van Bossuit, Cabinet de l'art de sculpture (Amsterdam, 1727, in-4°); L. Duissiti, llejlexions sur la sculpture (1761, in-8°); de Chirac, Musée de sculpture antique et moderne (1826 et années suiv., 6A'ol. de texte et 6 vol. de planches in-4<>); Eméric David, Recherches sur l'art du statuaire, considéré chez les anciens et chez les modernes (I8u5, in-8°); Vauthier et Lacour, les Monuments de la sculpture ancienne et moderne (1812, in-fol.); Keveil, Musée de peinture et de sculpture (Paris, 1828, U vol. in-8°); Fiaxman, Leçons sur la sculpture ! (Londres, 1829, in-4") ; \V. Folkstone, Histoire de la sculpture sur buis (Londres, 1835, in-8°, en anglais); Louis Menard, De la sculpture antique et moderne (Paris, 1868, in-8»).
— Sculpture antique. Sandrart, Admiranda sculpture veteris (1060, in-fol.); Guasco, De l'usage des statues chez les anciens (Bruxelles, 1678, in-4») ; Piranesi, Choix des meilleures statues antiques ( in-fol., sans daie ) ; Muséum capitolinum [sculpture] (Rome, 1750-1783,4 vol. in-fol.); Quatremere de Cjuiney , le Jupiter Olympien ou l'Art de la sculpture antique considéré suus un nouveuu point de vue, ouvrage qui comprend un essui sur le goût de la sculpture polychrume , l'analyse explicative de la loreutique et l'histoire de lu statuaire en or et en iooire chez tes Grecs et chez les Uomains, avec la restitution des principaux monuments de cet art (Paris, 1815, gr. in-fol. j ; Viseonti, Mémoire sur les ouvrages de sculpture du Parthénon et de quelques édifices de l'acropole d'Athènes (Paris, 1818, in-8"); J. Sillig, Catalogus artificum sioe archiiecti, statuarii, sculptures, etc. (Dresde, 1828, in-8») ; Emeric David, Essai sur le ctassement chronologique des sculpteurs ffrecs les plus célèbres (Pans, 1833, in-8°J; l' rœhuer , Notice de la sculpture antique au musée national du Louvre (1S73, in-ls).
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■— Sculpture moderne. Motitfaucon, Monuments de la monarchie française (1729-1733, in-fol.); d'Argenville, Vie des fameux sculpteurs députa la renaissance des arts, avec la description de leurs ouvrage* (1788, in-8<>); Alex. Lenoir, Description historique et chronologique des monuments de sculpture réunis au Musée des monuments français (1802, in-8"); comte Cicognara, Storia délia scuttura del su<> risorgimento in Itclia sino al secolo présente (V. l'article suivant) ; Euiéric David, histoire de la sculpture en France (Paris, 1819, in-8").
Sculpture (HISTOIRE DE LA.) depuis aa renaissance en liulie jusqu au xixc siècle, pour servir de continuation aux ouvrages de Wiutikelmnnn et lie d'A|cineourl, par le Comte
Cicognara (Venise, 1813-1818, 3 vol. iu-ful.). Cet ouvrage est, par son étendue et par lo nombre de faits qu'il renferme, un des plus remarquables qui aient été écrits sur la sculpture. Malheureusement, l'autour a été aveuglé par sa partialité pour son propre pays, et il a écrit surtout son livre pour démontrer que » la sculpture n'a d'histoire qu'en Italie ; que partout ailleurs on a plus ou moins dégrossi du marbre ou de la pierre, mais que cela ne s'appelle pas de la sculpture.
Après avoir, dans le livre 1er, développé d'une façon assez intéressante des considérations générales sur l'essence du beau, le principe des arts d'imitation, l'emploi des statues dans l'antiquité et les diverses révolutions opérées dans l'art de la sculpture, il aborde, dans le livre II, l'histoire même de cet art au moyeu âge, par des notices étendues sur les principales églises d'Italie. En elles-mêmes, ces notices sont curieuses ; mais, des le début, le parti pris de l'auteur se fait sentir, puisqu'il ne parlera pas ries autres pays, sauf de la France, parce que partout ailleurs l'art est plongé dans d'épaisses ténèbres et que, s'il parie de la France, c'est pour la sacrifier continuellement à l'Itulm, Il veut absolument qu'on n'ait rien su faire en France avant que, sous François 1er, les artistes italiens ne fussent venus apprendre aux nôtres à travailler. Aussi, dans son livre, l'histoire de la sculpture française du ive siècle au xve siècle tient-elle une quinzaine de lignes l
« Pour se persuader à lui-même, dit Einérie David, que la France n'a point produit de sculpteurs avant le xve siècle ou le xvie siècle, il était naturel qu'il négligeât do s'assurer de l'existence des cathédrales où reposent d'innombrables monuments de sculpture, tous antérieurs à cette époque; aussi les passe-t-il complètement sous silence. Il nous rappelle l'égli-,e de Saint-Marc de Venise, le dôme de Pise, celui de Sienne, ainsi que d'autres églises italiennes; mais il ne fait mention ni des églises do Fulde, de Cologne, .de Cantorbéry, d'Lly, de Westminster, monuments intéressants sous plus d'un rapport, ni d'aucune de nos églises de France. Il oublie la rotonde et le portail de Saint-Bénigne de Dijon, fondés en 1001, remarquables par les sculptures qui les décorent autant que par leur architecture. Il oublie 1 1 cathédrale de Chartres, commencée en 1020, terminée en 1048, et dont les sculptures semblent fort supérieures à cet âge. Il ne parle point de la vaste église de CI uiy, fondée eu 1088, dont l'abside présentait un mélange singulièrement curieux de peintures, de mosaïque* et d'ornements de bronze en ronde bosse. Il ne cite même ni l'église de Saint-Denis, reconstruite eu 1140, et dont les sculptures du grand portail, qui datent de cer.tu époque, existent encore , quoique mutilées par des mains barbares; ni de l'église Notre-Dame de Paris, commencée en 1161, curieuse par une si grande quantité de sculptures et notamment à cause de celles du portail principal, antérieures à l'ait 1223. 11 ne eue ni celles de Vienne eu Dauphiné, d'Autun, d'Auxerre, d'Amiens, de Ruiuis, de Saint- Uucn, ni enfin aucune de nos autres églises, soit ou xie siècle, soit du xmc siècle, et il est tout naturel qu'en négligeant ces édifices il ne se ressouvienne pas des sculptures qu'on y a prodiguées. »
De même que Cicognara ne fait aucune mention de nos monuments français, de même il écarte les faits historiques qui ne s'arrangent pas avec ses idées. Ainsi, la seconde partie de sa thèse en faveur de la suprématie de l'Italie consiste à affirmer que les sculpteurs italiens de la Renaissance n'ont absolument rien dû aux artistes grecs; qu'il n'y avait pas un seul artiste grec en Italie avant ia chute de Constantinople et qu'à cette époque l'art italien était eu pleine floraison. Or, il est constant, au contraire, que , du vi° siècle au xiv° siècle, il n'y eut de in. dtres habiles eu Italie, comme peintres, sculpteurs ou mosaïstes, que des Grecs, des Byzantins: Saint-Marc de Venise, la cathédrale de Raveune, les grottes du mont Ca>sin, San-Miniato à Florence, Saint-Etienne à Bologne et une vingtaine d'églises à Rouid sont pleines de leurs œuvres. Bien plus, on commit les noms de quelques-uns et l'on voit les uerniers, ouvrir des écoles et avoir pour disciples les promoteurs mêmes de la Renaissance italienne : Cimabué , Margaritoue , Gelasio di Niccolo, etc. Il y a peu «exemples d'un parti pris aussi violent.
Abordant ensuite, dans les livres IV et V, l'époque où il ne peut plus nier qu'il y ait eu
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des sculpteurs autres que les maîtres italiens, Cieogwxra montre une partialité en quelque sorte encore plus révoltante : Jean Goujon a de la grâce, mais ses défauts sautent aux yeux, et ce qu'il a de bon, il le doit aux Italiens ; les frères Auguier sont d'assez bons praticiens; ils ont bien profité des leçons de leur maître, l'Algarde; Sarrazin est purement français, aussi tombe-t-il dans la caricature; Puget, dépourvu d'harmonie, ignoble en général, n'a produit aucun morceau ui ait de la valeur; le premier élève venu e n'importe quelle Académie italienne esquisserait un Milon de Crolone supérieur au sien. Ce ne sont pas là des appréciations sérieuses.
En résumé, cette Histoire de la sculpture est bonne a consulter pour ce qui regarde seulement l'art italien. Ses 180 planches infolio, représentant plus de 500 statues ou basreliefs, en font un ouvrage précieux au point de vue de l'iconographie. On y trouve, dans le livre III, un exposé complet de la Renaissance italienne, des notices intéressantes sur Nicolas de Pise et son école, sur Agostino et Agnolo de Sienne, Gliiberti, Donatello, etc. Pour ce qui est de la sculpture française antérieurement au xvc siècle, il ne faut lire l'ouvrage de Cicognara qu'en le complétant par l'excellente' étude qu'en a faite Eméric David dans la Revue encyclopédique (t. III à VII, 1819-1820).
Sculpture clin le» Grecs (ENSEIGNEMENT
DE la), par M. David Sittter (1 vol. in-S°). Cet ouvrage a pour but l'enseignement théorique et pratique de la sculpture; il contient d'intéress;intes recherches historiques à l'aide desquelles l'auteur a reconstitué toute l'esthétique des Grecs et donné les règles pratiques qui les dirigeaient dans leurs travaux d'art.
Les lois de l'harmonie des lignes droites, dont la fonction est de relier les détails entre eux et avec l'ensemble , ont été trouvées par le célèbre sculpteur Pythagove de Rhegiuin, vingt ans environ avant Ja venue de Phidias, qui les a mises en pratique dans tous ses ouvrages. C'est à ces règles d'ordre et d'unité qu'il faut attribuer la grande supériorité des anciens, surtout dans l'art si difficile des draperies, art tout à fait inconnu des sculpteurs modernes. La science des beaux-arts se répandit promplement et se compléta peu à peu. Les lois de l'harmonie des lignes courbes furent mises en pratique par Praxitèle, qui en est peut-être l'inventeur, car on les trouve à cette époque appliquées à toutes les représentations des dieux. De là cette grâce et cet ordre restés jusqu'ici sans imitation.
SCULTENNA, rivière de l'Italie ancienne, nommée aujourd'hui Panaro.
SCCLTET (Oean), chirurgien allemand, né à Ubn en 1595, mort en 1655. Urphelin à l'âge de quatorze ans, il fut admis au gymnase de sa ville natale et, ses humanités terminées, il commença l'étude de la médecine et se rendit, vers 1616, à Padoue pour y suivre les leçons de Fabrice d'Acquapendente et d'Adrien Spiegel , dont il fut longtemps le prosecteur. Reçu docteur en médecine et en chirurgie en 1621, il exerça d'abord à Padoue, puis à Venise, où il tut attaché pendant un an à l'hôpital militaire, et revint entin se fixer dans sa ville natale. Scultet pratiqua la chirurgie avec autant de hardiesse que d'habileté, comme le prouvent les appareils qu'il inventa, spécialement pour les fracture.-, appareils qui servent encore aujourd'hui , et quelques-unes des observations particulières consignées dans son ouvrage intitulé : J. Scultetii armamentarium chirurgicum XLII1 tabutis ornalum, opus poslhumum , recueilli par sou neveu (Ulm, 1SU5, in-fol.). Cet ouvrage a été traduit en fiançais en 1675.
SCUNK s. m. (skeutik). Mamra. Nom vulgaire uu conépate ou moufette, en Amérique.
SCOPOLl (Laurent), théologien italien, né à Curante vers 1530, mort à Naples en 1610. Il appartenait!! l'ordre des theatins, et il n'est Connu que par son Combat spirituel (Venise, 1589, in-12), réimprime plusieurs fois et traduit dans toutes les langues. Les traductions françaises de cet ouvrage sont au nombre ue dix ; celle du Père Brigiiou (1774) est considérée comme la meilleure.
SCORCOLA , bourg du royaume d'Italie , province de l'Abruzze Ultérieure Ile, district et mandement d'Avezzauo, près de la rive gauche de l'Iinele; 2,986 hab. Près de ce bourg, Charles d'Anjou remporta, en 1268, une célèbre victoire sur Couradin , fils de Conrad 1er, roi de Sicile. Ce bourg portait autrefois le nom d'iixculua et passait pour une colonie de l'ancienne ville d'Aibe.
SCURHILE adj. (sku-ri-le — lat. scurrilis; de scurra, bouffon). Se disait d'une plaisanterie basse et de mauvais goût. Il Vieux mot.
SCURRILITÉ s. f. (sku-ri-li-té — lat. scurriliitts; de scuna, bouifon ). Plaisanterie basse et de mauvais goût : Ûicëron tombait quelquefois dans la bouffonnerie et la Scurri- Litb. (Tallemant.)
SCUTAR1, autrefois Skodra, en turc Skodar ou Oskodar, ville forte de la Turquie d'Europe, dans l'Albanie, à l'extrémité înérédionale du lac de ce nom, à 750 Itilom.N.-O. de Constantinople, à 28kiloni. de l'Adriatique; 25,000 harj., dont les trois quarts musulmans.
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Siège d'un évèché catholique ; ch.-l. de livah. Résidence d'un vice-consul d'Angleterre , de France et de Russie. Fabriques d'armes et de toiles de coton. La position topographique de Scutari rend cette ville très-favorable au commerce. Non-seulement, en effet, elle communique avec l'Adriatique par la Bojana, que les navires calant 3 mètres d'eau peuvent remonter ; mais elle est en quelque sorte l'entrepôt des trois ports d'Antivari, de Dulcigno et d'Alessio, où ses embarcations vont chercher les produits qui descendent par le Drin et les portent aux montagnards en échange de leurs laines, de leurs graines, de leurs bois de teinture et de construction. Le commerce d'importation de Scutari a principalement pour objet les draps, le fer, ie papier, le sucre, le café, les peaux de Buenos-Ayres et le velours. La valeur totale de ces importations s'est élevée, en 1860, à 9,635,000 fr. L'exportation, dont la valeur totale s'élève annuellement à environ 2 millions de francs, a surtout pour objet les laines, la soie, les peaux de mouton, d'agneau et de lièvre, la cire et les bois de teinture.
Scutari a appartenu successivement aux Serbes, à des chefs indépendants, aux Vénitiens et entin aux Turcs, qui en traitèrent la cession en 1479. La ville suivit les fortunes diverses de ses maîtres alternatifs et fut toujours disputée vivement à cause de sa situation excellente et qui était, surtout autrefois, une source de richesses pour le peuple qui l'avait sous son obéissance. L'ancienne forteresse qui défendait la ville existe encore; c'est le fameux château de Rosapha, regardé comme un des boulevards de l'empire ottoman. Il en est de même d'une partie des murailles. Néanmoins, la ville ne possède aucun monument du passé vraiment pittoresque et intéressant. « Le quartier le plus ancien et le plus animé, dit un écrivain contemporain, est celui du commerce ou du Bazar, au pied de la citadelle, avec un vaste bazar couvert. La ville orientale semble plutôt une ville de propriétaires aisés et oisifs; c'est une agglomération confuse de maisons entourées de jardins, toutes ceintes de murs élevés et percés de meurtrières. Treize places, ayant au centre des cimetières, des mosquées, des platanes ou d'autres grands arbres, représentent assez bien des squares un peu primitifs et servent de points de repère aux touristes. C'est la partie la plus saine de Scutari et celle qu'habitent les consuls d'Angleterre, de France, de Russie et d'Autriche. La partie voisine du fleuve est sujette aux fièvres paludéennes. » Les environs de Scutari offrent plusieurs points intéressants , entre autres les ruines romaines de I)rivasio,et Goiizimé, gros bourg de trois cents maisons albanaises, métropole admiiiistiative de toute la contrée. La campagne rivalise de pittoresque et d'accidents avec les sites les plus merveilleux de l'Oberland et de la Savoie.
SCUTARI, ville de la Turquie d'Asie, ancienne Chrysopolis, lskudar en langue turque, située sur le canal de Constantinople, vis-à-vis de la ville de ce nom, dont elle est considérée comme un faubourg; 50,000 hab. Industrie séricicole très-importante; fabrication d'étoffes de mousseline et de coton ["tanneries; entrepôt des marchandises d'Asie; rendez-vous et point de départ des caravanes pour l'Arménie et la Perse. Scutari s'élève eu amphithéâtre sur le penchant de plusieurs collines, et ses maisons, ses bains publics, ses mosquées, avec leurs nombreux minarets entremêlés d'arbres , présentent un coup d'ceil très-pittoresque. Une ceinture de jardins et de vilias lui forme un cadre délicieux. Ses rues sont plus larges que celles de Constantinople, mieux percées et d'un aspect fort anime. La plupart des maisons sont peintes en rouge. La place principale est décorée d'une fontaine monumentale surmontée d'un toit en auvent, brodée d'arabesques , de rinceaux et décorée d'inscriptions en langue turque. Nous parlerons plus loin de ses autres monuments.
Ancienne Chrysopolis, Scutari devait ce nom, suivant les uns, à Chryses, fils d'Agamemnon et de Chrysé.s, et, suivant les autres, simplement au trésor (cliiysos) qu'y avaient installé les Perses, trésor provenant des contributions levées sur la Propontide. Quoi qu'il en soit, la ville faisait partie de la province de Chalcédoine. Son port était trèsfréquenté par les voyageurs qui entreprenaient la traversée du Bosphore. Un péage y avait été, dit-on, de bonne heure établi par les Athéniens. La fondation de Constantinople , en diminuant l'importance morale de Scutari, fut néanmoins pour cette ville une nouvelle garantie de prospérité et donna lieu à un mouvement commercial dont l'activité ne s'est jamais ralentie depuis cette époque. Aujourd hui, son port, encombré de voyageurs et de marchands, est en pleine animation. Rien de plus curieux que son débarcadère, sorte de plancher flottant, composé de grosses poutres. A droite, sur un môle qui s'avance dans la mer, est construit ic café, toujours fréquenté par une population qui se renouvelle sans cesse.
Scutari possède trois mosquées principales, toutes trois fort intéressantes au double point de vue historique et archéologique. La première, dite Buyuk-Djami, est surmontée d'un minaret et d'une coupole et présente des terrasses mamelonnées de petits dômes en
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plomb , parsemées de quelques arbres. La mosquée de la sultane Validé, qui doit son nom à sa fondatrice, est un édifice analogue au précédent comme forme, si ce n'est que les deux minarets qui le flanquent ont deux étages. La mosquée de Sélim, entin, est également flanquée de deux minarets et surmontée d'une coupole. Nous citerons ensuite : le palais du pacha gouverneur; le Tékié des derviches hurleurs, simple maison de bois à deux étages, devant laquelle s'étend un petit cimetière; la caserne Sélimieh, édifice flanqué de tours angulaires ; une autre caserne qui, lors de la guerre d'Orient, servit d'hôpital et d'ambulance à l'armée anglaise; enfin le grand cimetière de Scutari, qu'il faut classer dans cette nomenclature parce qu'il peut passer pour un des plus vastes et des plus beaux de l'Orient. « C'est, dit M. Joanne, un immense bois de cyprès couvrant un terrain montueux, coupé de larges allées, qui s'étend sur une longueur de plus d'une lieue. Les cyprès atteignent en cet endroit de magnifiques proportions et affectent des formes très-variées. Le long des allées, on rencontre des marbriers tranquillement accroupis, sculptant les colonnes en marbre de Marmara dont les tombes sont faites. Quelques turbés aux arcades mauresques s'élèvent de distance en distance. Les cyprès sont peuplés de colombes. • Le cimetière de Scutari abonde en tombes et en sépultures illustres ; en effet, cette ville est considérée comme le berceau de la civilisation ottomane en même temps que comme le berceau de l'islamisme. Cette double circonstance explique le culte religieux des grands dignitaires aussi bien que du peuple pour le cimetière de Scutari. Nous rappellerons, en terminant, que le cheval favori du sultan Mahmoud est enterré dans ce cimetière; son monument représente un dôme supporté par six colonnes de marbre et peut rivaliser de magnificence avec ceux des personnages les plus illustres qui en sont voisins.
C'est a peu de distance de Scutari que se trouve le mont Boulgourlou, du sommet duquel l'œil embrasse un panorama magnifique qui se prolonge jusqu'aux montagnes et aux plaines de l'Asie et comprend la nier Noire, la mer de Marmara, le Bosphore et, Constantinople. Un des plateaux du Boulgourlou sert de lieu de réunion aux chrétiens le dimanche et aux Turcs le vendredi.
SCUTASTÉRIE s. f. (sku-ta-sté-rî — du lat. seutum, bouclier, et de astérie). Echin. Section du genre astérie.
SCUTE s. m. (sku-te). Mar. Embarcation hollandaise à fond plat. Il On ditauasi schuyt.
SCUTELLAIRE adj. (sku-tèl-lè-re — du lat. sculetlum, écusson , dimin. de seutum, écuj. Hist. nat. Qui est en forme d'écusson.
— Entom. Angle scutellaire, Angle de la base de l'aile des insectes, près de l'écusson.
— s. f. Bot. Genre de plantes, de la famille des labiées, type de la tribu desscutellariées, comprenant plus de quarante espèces, qui croissent surtout dans les régions tempérées du globe : Les scutellairks sont des herbes annuelles ou vivaces. (Jussieu.)
— Encycl. Les scutellaires , vulgairement appelées toques, sont des plantes annuelles ou vivaces, rarement sous-frutescentes, à feuilles opposées, entières, dentées ou pennatilides, à fleurs disposées en grappes terminales, plus rarement axillaires ; le calice est fermé après la floraison et sa lèvre supérieure est munie d'un appendice dorsal accrescent, dont la forme a valu à. ces plantes leur nom vulgaire. Ce genre renferme un grand nombre d'espèces, répandues surtout dans les régions tempérées du globe. On les trouve tantôt sur les montagnes, tantôt dans les bois humides ou au bord des eaux. En général, elles tracent beaucoup et sont difficiles à extirper des terrains dout, elles se sont emparées.
La scutelluire commune est une plante vivace, a rhizome traçant, à tige atteignant 0m,50 et portant des feuilles d'un beau vert et des fleurs d'un bleu violacé. Elle est abondamment répandue dans l'Europe centrale et croît duns les lieux humides ou marécageux et au bord des eaux. On la eullive que. quefois comme plante d'ornement; mais elle est bien intérieure, sous ce rapport, à d'autres espèces du même genre, Elle possède une odeur alliacée assez forte et mie saveur amère ; néanmoins, son suc rougit le papier de tournesol. Cette plante a été vantée autrefois connue verm.fuge, sudorifique et surtout comme fébrifuge ; on l'a même appelée tertianaire , à cause des propriétés qu'on lui attribuait contre les fièvres tierces. On l'emploie encore dans quelques pays pour cet usage. On l'a préconisée aussi contre l'angine, la gonorrhée et la dysurie; entin, on a été jusqu'à la regarder comme un excellent S| écifique contre la rage; mais rien ne justifie une pareille réputation; son action astringente, tonique et antispasmodique ne suffit pas pour arrêter les effets de l'hydrophobie.
On peut en dire autant de la scutellaire latériflore, espèce américaine, dont l'infusion a été fort vantée, aux Etats-Unis, contre la morsure des chiens enragés. La scutellaire naine, espèce indigène, possède les propriétés de la première, mais à un degré plus faible. La scutelluire indienne est employée,
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dans les régions chaudes de l'Asie, contre la fièvre tierce. La plupart de nos espèces européennes conviennent aux vaches et aux chèvres, qui les broutent avec plaisir. La scutellaires. grandes fleurs, originaire de Sibérie, est cultivée dans les jardins d'agrément, où elle produit beaucoup d'effet, dans les plates-bandes, par ses grandes corolles d'un beau bleu.
SCUTELLARIÉ, ÉE adj. (sku-tèl-la-ri-é : — rad. scutelluire). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte à la scutellaire.
— s. f. pi.. Tribu de la famille des labiées, ayant pour type le genre scutellaire.
SCUTELLARINE s. f. (sku-tèl-lari-ne ~rad. scutellaire). Chiin. Principe extraitd'une espèce de scutellaire.
SCUTELLARINE, ÉE adj. ( sku-tèl-la-ri-
né). Bot. Syn. de scutëlllarié.
SCUTELLE s. ni. (sku-tè-le— du lat. sculetlum, écusson). Bot. Forme particulière du réceptacle des lichens.
— s. f. Moll. Genre de mollusques gastéropodes cyclnbrancbes, intermédiaire entre les patelles et les ancyles, et comprenant trois espèces, qui habitent l'océan Pacifique.
— Echin. Genre d'échinides, formé aux dépens des oursins : Les scutellks se distinguent facilement des ciypéastres. (H. Hupé.)
— Encycl. Echin. Ce genre a été établi par de Blainville, qui lui a donné les caractères suivants : corps irrégulièrement circulaire, extrêmement déprimé, à bord presque tranchant, subconvexe en dessus, un peu concave en dessous, couvert d'épines très-petites, égales et éparses. Les cinq ambulaûres sont bornés, plus ou moins pétaliformes, les deux rangées de pores de chaque branche étant réunies par des sillons transverses qui les font paraître striées. La bouche est médiane, ronde, pourvue de dents; vers cette bouche convergent cinq sillons vusculiformes, plus ou moins ramifiés. L'anus est inférieur, assez éloigné du bord. En 1S47, MM. Gray et Desor divisèrent les scutelles en treize sousgenres ; c'est cette classification, généralement adoptée aujourd'hui, que nous allons suivre. i<> Scutellè proprement dite. La forme du test est circulaire et tronquée en arrière; les pétales de la rosette ambulacraire sont arrondis et presque fermés; l'anus, trts-petii, est marginal. 2<> Arachnoïde, dont le test circulaire et déprimé est très-mince, espèce vivante de l'Ile d Ainboine et de l'océan Austral. 3° Lobophora. Forme subcirculaire aplatie; pétales de la rosette ambulacraire tout à fait fermés; les sillons de la face inférieure sont onduleux et peu ramifiés. Les lobophores sont des espèces vivantes des côtes d'Afrique et de l'océan Pacifique. 40 Encope des mers équatoriules. 50 Itotula. Se distingue par sa forme circulaire fortement entaillée et digitée sur son pourtour; les pétales de Sa rosette ambulacraire sont grands et ouverts. 6» Mellita. Caractérisée par un test subcirculaire très-plat, tronqué en arrière, avec les ambulacres fermés. 70 Echinarachnie. Espèce vivante de l'océan Indien, plus trois espèces fossiles du terrain tertiaire de Bordeaux; test discoïde déprimé, avec les pétales de la rosette très-ouverts ; bouche petite dans le plan de la face inférieure, avec des mâchoires hautes et des dents placées horizontalement. 8" Laganum. Présente une forme déprimée, pentagonale, tronquée en arrière, rostree en avant; pétales ainbulacraires allongés. Espèce vivante des Antilles et des mers australes. 9U Scutellina. Espèce fossile des terrains tertiaires, trouvée à Grignon, à Blaye et à Noinnoutier. 10° Runa. Comprend deux petits oursins fossiles du terrain tertiaire de Sicile et de Bordeaux ; espèce allongée et renflée avec des ambulacres divergents. 11° Mouliusia. Petite espèce de la Martinique, dont le test ovale, à pourtour festonné, est mince et recouvert de tubercules tres-apparents. 12° JScfiinocyarnus. Espèce d'oursins plats, circulaires ou elliptiques ; le test est épais avec des cloisons intérieures; la bouche est ronde, les mâchoires sont hautes, l'anus est inférieur; ce sousgenre vit dans In mer du Nord et la Méditerranée. 130 Dendraster. Ayant pour type un oursin de la Californie et différant des scutelles proprement dues par sou étoile ambulacraire excentrique.
SCUTELLÈRE s. f. (sku-tèl-lè-re — du lat. sculetlum, écusson). Entom. Genre d'insectes hémiptères hetéroptères, type de la famille des scutelleriens et de la tribu des scutellerites, comprenant un petit nombre d'espèces, qui habitent l'Inde et les régions chaudes de' l'Afrique : Les scutelléres brillent j.ar l'éclat de leurs couleurs. (B.anchani.) Bien n'est plus variable, dtuis les scutelléres, que ta /orme du corps. (H. Lucas.)
— Encycl. Les scutelléres ont le corps de forme tres-variable; elles sont caractérisées par leur tête étroite, leurs antennes assez longues et composées de quatre articles, et surtout par le développement considéra oie de l'écusson, qui recouvre la totalité ou au moins la plus grande partie de l'abdomen. Les femelles se reconnaissent ordinairement à la fente longitudinale que présente le premier segment de leur ventre ; chez les mâles il existe sur le même segment un certain nombre de pièces symétriques qui font l'office de volets. Les scutelléres sont généralement da
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taille médiocre et exhalent une odeur désagréable. Les espèces sont peu nombreuses ; la scutellère marquée, longue de O^OS, est d'un beau vert brillant et métallique en dessus et d'un rouge vif en dessous; elle est commune au Sénégal.
SCUTELLÉRIEN, IENNE adj. (sku-tèl-léri-ain, i-è-ne — rad, scutellère). Entom. Qui ressemble ou qui se rapporte à la scutellère.
— s. m. pi. Famille d'insectes hémiptères hétéroptères, ayant pour type le genre scutellère : Les scdtbllbriens se font remarquer par la largeur et l'épaisseur de leur corps. (Blanchard.)
— Encycl. La famille des scutellêriens offre pour principaux caractères : bec naissant du Iront; antennes assez allongées, quoique n'excédant pas la longueur du corps, toujours libres; corps ovalaire ; corselet plus grand que les deux autres segments du thorax ; écusson extrêmement développé, couvrant en grande partie les élytres et l'abdomen ; élytres coriaces dans leur partie antérieure et transparents dans le reste de leur étendue ; les pattes sont très-courtes. Les scutellêriens sont très-remarquables, par leurs formes variées, parfois des plus bizarres, et par l'éclat de leurs couleurs. Les nuances rouges, vertes, les couleurs métalliques ornent l'écusson et la plus grande partie du corps de ces insectes. Ils sont répandus dans toutes les régions du globe, mais ils sont surtout abondants dans les pays chauds, l'Inde, l'Afrique ; c'est de ces contrées que les voyageurs rapportent les plus belles espèces. Cette tribu est d'ailleurs une des plus nombreuses de l'ordre des hémiptères. On n'en compte pas moins de 1,000 a 1,200 espèces dans les collections. Tous exhalent une odeur des plus pénétrantes; ils sont essentiellement phytophages. Ils enfoncent leur bec dans le parenchyme des feuilles, dans les tiges et prennent ainsi le suc de la plante. Ils se trouvent parfois en réunions nombreuses, et quelques espèces très-communes nuisent considérablement aux céréales et aux plantes potagères. Pendant l'accouplement, la disposition du corps, qui extasiez convexe, ainsi que celle des pattes, qui sont très-courtes, ne permettent pas aux mâles de monter sur le dos des femelles. Aussi les deux sexes, lors de l'acte de la reproduction, sont-ils fixés bout à bout, de façon que, quand l'un des deux avance, l'autre ne peut le suivre qu'à reculons. Les femelles pondent des œufs, le plus habituellement de forme ovalaire, qu'elles laissent échapper un à un en les fixant sur les feuilles des arbres; on
firétend qu'elles veillent continuellement à a conservation de ces œufs et les défendent contre les insectes qui voudraient s'en emparer. On a divisé les scutellêriens en trois groupes, contenant chacun un plus ou moins grand nombre de sous-genres. Les trois groupes sont : îo les pematorniles. Ecusson ne recouvrant pas tout le corps, pattes inermes. 2° Les cydnites. Ecusson triangulaire, ne recouvrant pas tout le corps; pattes garnies d'épines. 3» Les scutellérites. Ecusson trèsgrand recouvrant tout le corps.
SCUTELLÉRJTE adj. (sku-tèl-lé-ri-te — rad. scutellère). Entom. Qui ressemble ou se rapporte à la scutellère.
— s. f. pi. Tribu de la famille des scutellêriens, ayant pour type le genre scutellère.
SCUTELLIPORME adj. (sku-tèl-li-for-me — du lat. scuteltum, écusson, et de forme). Hist. nat. Qui a la forme d'un bouclier, il On dit aussi scutelloïde.
SCUTELL1NE s. f. (sku-tèl-li-ne — dimin. de scutelle). Echin, Genre d'échinides, de la famille des clypéastroïdes, formé aux dépens des semelles, et comprenant cinq ou six espèces fossiles des teriains tertiaires.
SCUTELLITE s. f. (sku-tèl-li-te — du lat. scutum, bouclier, et du gr. lithos, pierre). Moll. Ancien nom des parmophores fossiles,
SCUTIA s. m. (sku-ti-a — du lat. scutum, bouclier). Bot. Genre d'arbrisseaux, de la famille des rhamnées, tribu des frangulées, comprenan t plusieurs especes,qui croissent au Malabar, à 1 île de la Réunion et aux Antilles.
SCUTIBR ANCHE adj. (sku-ti-bran-che — du lat. scutum , bouclier, et de branchies). Moll. Qui a les branchies protégées par une coquille en forme de bouclier.
— s. in. pi. Ordre de mollusques gastéropodes, h coquille en forme de bouclier ou de cône surbaissé.
— Encycl. Les sculibranch.es comprennent un certain nombre de gastéropodes assez semblables aux pectinibranches par la forme et la position des branchies, ainsi que par la forme générale du corps, mais où les sexes sont réunis de manière qu'ils se fécondent réciproquement. Leurs coquilles sonttiès-ouvertes, sans opercule,,^ t le plus grand nombre ne sont même aucunement turbinées, en sorte qu'elles couvrent ces animaux et surtout leurs branchies comme ferait un bouclier. Le cœur est traversé par le rectum et reçoitle sang par les deux oreillettes, comme dans le plus grand nombre des bivalves. Les ormiers forment le seul genre de cet ordre qui ait sa coquille turbinée ; elle se reconnaît à l'excessive ampleur de son ouverture, à son aplatissement et à la petitesse de sa spire, qu'on voit par le dedans.
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Les haliotides propres ont, en outre, une série de trous perçant la coquille le long du côté de la* columelle ; lorsque le dernier trou n'est pas encore échancré, il donne à la coquille l'air d'être échancrée.
Les padolies ont la coquille presque circulaire, presque tous les trous oblitérés et un sillon profond qui suit le milieu des tours et qui Se marque en dehors par une arête saillante.
Les stomates ont la coquille plus creuse, à spire plus saillante et manquant de trous, mais ressemblant, du reste, à celle des haliotides; mais leur animal est beaucoup moins orné.
Les genres suivants ont la coquille tout à fait symétrique, ainsi que la position du cœur et des branchies.
Les fissurelles ont un large disque charnu sous le ventre comme les patelles, une covquille conique placée vers le milieu du dos, mais ne le recouvrant pas toujours en entier, percée à son sommet d une petite ouverture, qui sert a la fois de passage aux excréments et à l'eau nécessaire à la respiration.
Les éma'rginules ont exactement la même structure que les fissurelles, si ce n'est qu'au lieu d'un trou à leur sommet leur manteau et leur coquille ont une petite fente ou échancrure à leur bord antérieur, qui pénètre de même dans la cavité branchiale.
Les pavois ont, comme les émarginules, leur coquille recouverte en partie par les bords retroussés du manteau j cette coquille est oblODgue, légèrement conique et sans trou ni éefiancrure.
SCUTIFOLIÉ, ÉE adj. (sku-ti-fo-li-é — du lat. scutum, bouclier; folium, feuille). Bot. Dont les feuilles sont en forme de bouclier.
SCUT1FORME adj, (sku-ti-for-me — du lat, scutum, bouclier, et de forme). Hist-. nat. Qui a la forme d'un bouclier. Il On dit aussi
SCUTOlOE.
— Anat. Cartilage scutiforme, Cartilage de l'oreille externe. Il Nom donné quelquefois au cartilage thyréoïde.
SCOTIGÈRE s. m. (sku-ti-jè-re — du lat. scutum, bouclier; gero, je porte). Myriap, Genre de myriapodes, de l'ordre des sehizotarseSj type de la famille des scutigérides, comprenant une vingtaine d'espèces, répandues sur presque tous les points du globe : Les antennes des scutigères sont fort grandes. (H. Lucas.) Chez les scutigères, et même chez les lithobies, tes anneaux: ne se ressemblent pas tous, surtout en dessous. (Walckenaer.) ,
— Encycl. Les scutigères ont pour caractères : un corps allongé, mais non vermiforme ni linéaire, divisé en anneaux qui portent chacun une paire de pieds; la tête distincte ; les yeux grands, avec une cornée a facettes ou à réseau ; les antennes grêles, sétacées, très-longues, composées de nombreux articles et insérées au devant des yeux; les palpes maxillaires saillantes, épineuses et filiformes ; les pieds-mâchoires terminés en crochets ou en pinces; le corps proprement dit divisé en quinze anneaux, recouverts deux à deux, sauf le dernier, par huit plaques en forme d'écusson; les pattes très-allongées, surtout celles de la dernière paire, avec le tarse très-long et formé de plusieurs articles. Ces myriapodes ressemblent beaucoup aux soolopeudres; mais ils en diffèrent surtout par leur corps relativement moins allongé et par leurs pattes très-inégales et presque aussi grêles que celles des faucheurs.
L'anatomie des scutigères présente quelques particularités remarquables. Les organes de la digestion se composent, d'après L. Dufour, de deux glandes salivaires en forme de grappe ovoïtie, granuleuse, constituée par des utricules ovoïdes, oblongs, assez serrés entre eux, et du tube alimentaire qui présente : un œsophage très-petit, presque caché par la tête ; un jabot formé par une légère dilatation de l'œsophage, couvert décryptes granuleuses et brusquement séparé de l'intestin pur un bourrelet annulaire où s'insèrent les vaisseaux biliaires; enfin, quatre vaisseaux hépatiques. Les organes maies de la génération se composent de deux testicules oblongs , amincis à l'extrémité inférieure et confluant aussitôt en une anse courte qui reçoit le conduit commun des vésicules séminales; les organes femelles, d'un ovaire et de deux glandes sébacées.
Les scutigères sont des animaux nocturnes; pendant le jour, ils se tiennent cachés dans les parties obscures ou peu fréquentées des habitations, telles que les greniers, et le plus souvent sous les poutres, les vieilles planches, plus rarement sous les pierres. Ils ne sortent que la nuit, et c'est par les temps pluvieux qu'ils se montrent en plus grand nombre. Ils courent sur les murs avec une très-grande agilité; quand ou les saisit par les pattes, celles-ci se détachent du corps au moindre attouchement. Ils se nourrissent d'insectes et de cloportes, qu'ils piquent avec les crochets dont leur bouche est armée, et le venin qu'ils' distillent dans la plaie agit très-crompiement sur leurs victimes. Toutefois, ils ne sont pas venimeux pour l'homme, bien qu'on les redoute beaucoup dans certains pays.
L'espèce type et peut-être unique de ce genre est le scutigère aranéoïde; il est long d'environ 0'n,04, d'un jaune roussâtre ou couleur de cire, avec trois lignes longitudinales,
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une médiane et deux latérales, d'un noir bleuâtre sur la partie supérieure du corps, et les pattes de la même couleur, avec des bandes noires transverses ; il a quatorze paires de pattes. Cette espèce, répandue dans le midi de l'Europe et en Afrique, est peu commune en France et ne se trouve que rarement aux environs de Paris. Pendant le jour, elle se cache et reste immobile dans les fentes des boiseries et autres réduits analogues. Les insectes qui ont été piqués par elle cessent aussitôt de remuer, j Kn général, dit Duméril, cet animal inspire une sorte d'effroi, autant par la célérité de sa marche qu'à cause de la grande étendue de la surface qu'il peut couvrir lorsqu'il a les pattes développées. »
Le scutigère longicorne a le corps brun foncé en dessus, avec une ligne roussâtre sur Je dos, et jaunâtre en dessous; quinze paires de pattes fasciées de bleu et de brun pâle. On le trouve à Tranquebar.
SCUT1GÉRIDE adj. (sku-ti-jé-ri-de — rad.
scutigère). Myriap. Qui ressemble ou qui se rapporte au scutigère.
— s. m. pi. Famille de myriapodes, de l'ordre des schizotarses, ayant pour type le genre scutigère : La famille des ScUTigéridbS est facile à distinguer. (H. Lucas.)
SCUTIGÉRITE adj. (sku-ti-gé-ri-te). Myriap. Syn. de scutigéride.
SCUTIPÈDE adj. (sku-ti-pè-de - du lat.
scutum, bouclier; pes, pied). Zool. Dont les pieds sont couverts de plaques écussonnées.
SCUTO-CONCH1EN, IENNE adj. (sku-tokon-ki-ain, i-è-ne — du lat. scutum, bouclier ; concha, conque). Anat. Se dit de plusieurs muscles du pavillon de l'oreille.
SCUTOÏDE adj. ( sku-to-i-de ), V. SCUTI-
FORMB.
SCUTOPTÈRE s. m. (sku-to-ptè-re — du lat. scutum, bouclier, et du gr. pteron, aile). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des hydrocamhares, tribu des dytisoites.
SCUTO-STERNAL, AIE adj. (sku-to-stèrnal, a-le — du lat. scutum, bouclier ; sternum, poitrine). Entom. Qui a rapport au sternum et à l'écusson d'un insecte.
SCUTULE s. m. (sku-tu-le — dimin. du lat. scutum, bouclier). Bot. Syn. de mémécyle, genre d'arbrisseaux.
— s. f. Ornith. Pièce carrée qui recouvre le tarse des oiseaux.
SCUTULE, ÉE adj. (sku-tu-lé — lat. scululatus; de scutulum, dimin. de scutum, bouclier). Antiq. rom. Se disait d'une sorte d'étoffe dont les mailles étaient en forme d'écu ou de polygone.
SCUTUM s. m. (sku-tomm — mot lat.). Antiq. Bouclier romain de forme rectangulaire convexe. ,
— Entom. Pièce de l'écusson des insectes.
— Encycl. Tandis que la parme était de forme circulaire, le scutum était de forme allongée etquadrangulaire; d'où Virgile a dit :
. . . Scutis protecli corpora tonyis.
L'un et l'autre bouclier étaient en bois et recouverts de cuir. Le scutum se composait de deux planches placées l'une sur l'autre, fortement unies et couvertes d'une toile que revêtait un cuir de veau. Il était convexe et la concavité se tournait du côté du corps. Le bord en était garni de fer en dessus et en dessous. La garniture supérieure le rendait plus propre à supporter le choc des épées ; la garniture inférieure permettait de le faire reposer sur le sol sans qu'il se détériorât. Il portait, en outre, au milieu un morceau de fer relevé en bosse qui lui donnait plus de force contre les traits et contre les longues piques de la phalange. Sa longueur était, en général, de i pieds romains, c'est-à-dire de îo^is ; sa largeur atteignait 2 pieds et demi, c'està-dire 0°»,74. Comme il peut être utile de connaître quels rapports de grandeur existaient entre la parme et le scutum, nous rappellerons que la parme avait om,99 de diamètre. Le scutum était le bouclier de l'infanterie légionnaire pesamment armée ; la parme était le bouclier de la cavalerie et des vélites. De même, chez les Grecs, les soldats pesamment armés avaient l'aspis ou le thureos (bouclier en forme de porte), et les soldats armes à la légère avaient \&pelte. Suivant Tite-Live, lorsque Servius Tullius eut divisé tout le peuple romain en six classes, d'après la fortune de chaque citoyen, la première classe se réserva le clypeus et la seconde classe seule put porter le scutum. C'est bien plus tard que l'usage du scuium devint général dans l'armée, vers l'an 350 de Rome. Ce bouclier était attaché à une courroie passant sous le bras gauche et sur l'épaule droite; il laissait la main et le bras droits libres et couvrait une grande partie du côté gauche.
SCUTUS s. m. (skti-tuss — - du lat. scutum, bouclier). Moll. Nom scientifique du genre parmophore ou pavois.
SCYB AL Al RE adj. (si-ba-lè-re — rad. scybales). Zool. Qui vit sur les excréments.
SCYBALES s. f. pi. (si-ba-le — du lat. scybala, gr. skubala, excréments). Méd. Excréments durs et divisés en fragments arrondis.
SCYBAME s. f. (si-ba-ll — du gr. skuba-
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Ion, fumier). Bot. Genre de plantes, de la famille des balunophorèes, tribu des hélosiées, originaire de l'Amérique tropicale.
SCYDMÈNE s. m. (si-dinè-ne — du gr.
skudmainô, je m'irrite). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des serricornes, section des malacodermes, tribu des palpeurs, comprenant une cinquantaine d'espèces, répandues dans les deux continents.
SCYLACEUM ou SCYLACIUM, aujourd'hui Squiltace, ville de l'Italie ancienne, dans le Brutium, sur le golfe Seylueique. Elle avait été fondée par des Athéniens et était la patrie de Cassiodore.
SCYLAX, navigateur et géographe grec, né à Caryande, ville de Carie. 11 vivait au vie siècle avant notre èp© et fut chargé par Darius d'explorer le cours de l'Indus et les côtes de l'océan Indien jusqu'à la mer Erythrée (golfe Arabique). Ou a sous le nom de Scylax, dont parle Hérodote, un Périple de la mer intérieure (Méditerranée), qui n'est point de ce navigateur et ne donne point le récit de son voyage. Aristote parle de ce Péri p h dont l'auteur est inconnu et qui a été publié pour la première fois avec d'autres livres da géographiegrecqueparHœschel(Augshourg, 1600, in-go). Il a été réédité souvent depuis lors et publié à part par Fabricius (Dresde, 1848, in-8").
SCYLITZÈS (Jean), surnommé Curopai>««,
historien grec, né en Thrace, mort à Constantinople vers 1085. Il est l'un des auteurs de la Byzantine. Scylitzès occupa plusieurs emplois élevés à la cour de Constantinople, notamment ceux de capitaine des gardes, de maître de la garde-robe et de gouverneur du palais (curopolaté), et il entreprit la continuation de VHistoire de Théophane (de 811 à 1081). Un compilateur contemporain, Georges Cedrenus, s'empara de son ouvrage et l'inséra presque mot à mot dans sa Chronique,' de sorte que Scylitzès lui-même a quelquefois passé pour le plagiaire (v. Byzantins); mais les critiques allemands ont établi nettement son droit de pateruité.
SCYLLAs. m. (sil-la — nom my thol.). Crus t. Genre de crustacés décapodes bru.chyures,de la famille des portuuiens, formé aux dépens des portunes, et dont l'espèce type vit dans les mers du Japon,
SCYLLA, nymphe de la mer de Sicile, éprise dn dieu marin Glaucus et métamorphosée par la magicienne Circé, sa rivale, en un monstre horrible dont les hurlements effroyables étaient un objet d'épouvante. Elle te lit horreur à elle-même et se précipita dans la mer sur la côte d'Itulie, près du cap célèbre qui porte son nom. Au sein des flots s'ouvrit alors un gouffre redouté des navigateurs, qui prit le nom de Scylla. C'est elle qui, pour se venger de Circé, rit périr les vaisseaux d'Ulysse, Le retentissement des vagues sur les rochers et dans les détours du détroit qui sépare la Sicile de l'Italie a, sans aucun doute, donné naissance à cette fable. En face de l'écueil de Scylla, sur la côte de Sicile, se trouve l'écueil île Charybde, moins redoutable cependant que le premier; d'où la locution tomber de Charybde en Scylla, c'est-à-dire d'un mal dans un mal plus grand. Il parait, au reste, que des soulèvement volcaniques ont rendu celte passe moins dangereuse. Y. Glaucus et Charybde.
Scyll» et GUucua, tragédie lyrique en cinq actes, avec un prologue, paroles de d'Albaret, musique de Le Clair ; représentée par l'Académie royale de musique le 4 octobro 1746. M"û Fel joua le rôle de la nymphe et Jélyolte celui du dieu marin. Castil-Biaze et M, Fétis attribuent cet ouvrage à Leclerc, flûtiste de l'Opéra. Nous avons préféré nous en rapporter, en cette circonstance, à des témoignages plus anciens, à ceux des frères Parfaict (17(57) et de La Borde (1780). Ce dernier semble avoir connu personnellement le célèbre violoniste, et après quelques détails particuliers sur sa vie et ses talents, > son opéra de Scylla et Cluucus, dit-il, n'eut pus un grand succès ; on y trouva cependant plusieurs morceaux excellents, qu on a depuis insérés dans d'autres opéras et qui sont toujours entendus avec plaisir. » Ce témoignage d'un contemporain est concluant.
SCYLLA, fille de Nisus, roi de Mégare.
Elle s'éprit d'une folle passion pour Minos, qui assiégeait cette ville, et oublia ses devuirs jusqu'à enlever sur la tète de sou père un cheveu de pourpre auquel était attaché le salut de la patrie. Les ennemis s'emparèrent alors facilement de Mégure ; mais Scylla ne jouit pas longtemps du fruit de son crime : méprisée par Minos, que sa trahison avait rempli d'horreur et de dégoût, elle se précipita dans la mer. Suivant d'autres mythologues, elle fut métamorphosée en alouette et son père en épervier, forme sous laquelle il poursuit encore la perfide qui l'a trahi. Telle est la tradition suivie par Ovide au livre VIII de ses Métamorphoses.
Au livre 1er de ses Géorgigues, Virgile nous montre également Scylla poursuivie par Nisus et fuyant ses atteintes :
Appnrel liquido tublimi) m aère Nisus, El pro purpureo pâmas dat Scylla capillo;
SCYL
Quacumqxte Ma levem fugiens secat œthera permis., Ecce inimicus airox magnû slridore pev auras Insequitur Nisus ; <?ua Je feri Nisua ad auras, iila levem fugiens raptim secat slhera permis. Les commentateurs expliquent cette fable en disant que Scylla entretint sans doute des relations avec Minos pendant le siège et qu'elle profita du sommeil de son père pour lui dérober les clefs de la ville et en ouvrir les portes à l'ennemi.
SCYLLARE s. m. (sit-la-re — du gr. skullô, je tourmente). Crust. Genre de crustacés décapodes macroures, type de la famille des scyllariens, comprenant six espèces, dont deux habitent la Méditerranée : La chair du scyllare oriental égale par sa bonté celle des meilleurs crustacés <le nos mers. (H. Lucas.)
— Encycl. Les scyllares sont caractérisés par quuire antennes très-dissemblables, les deux internes filiformes, les externes dilatées à la base; les yeux très - écartés , le corps obloug ; le test grand, large, un peu convexe ; l'abdomen étendu, demi-cylindrique, un peu courbé vers le bout, terminé par une queue ou nageoire tainelleuse, en éventail; dix pattes onguiculées, presque semblables, dépourvues de pinces. Ces crustacés sunt assez communs dans nos mers; ils se plaisent surtout dans les foniis argileux à demi noyés; ils se creusent des terriers un peu obliques, d'où ils sortent quand la mer est qalrae pour aller chercher leur nourriture, Leur natation, qui a lieu par bonds, est aussi bruyante que celle des palinures ; cette particularité, jointe à leur forme, a fait donner aux scyllares le nom vulgaire de cigales de mer. Pendant la saison de leurs amours, ils se rapprochent des endroits tapissés d'algues marines. La femelle pond des œufs d'un rouge vif et ne les abandonne que lorsqu'ils sont développés. Ces crustacés étaient connus des anciens. On les mange dans le midi de l'Europe. Les espèces de ce genre sont peu nombreuses et la plupart habitent les mers tempérées. Le scyltare oriental, une des plus grandes, atteint jusqu'à 0m,35 de longueur; sa carapace est tuberculeuse et chagriner: ; on le trouve dans la Méditerranée et aux Canaries; sa chair est 1res- estimée ; elle égale en qualité celle des meilleurs crustacés ue nos mers. Le scyllare ours atteint tout au plus la longueur de oni, iu; il est très-commun sur les côtes de la Méditerranée ; la femelle pond des oaufs d'un jaune doré.
SCYLLARIEN, IENNE adj. (sil-la-ri-ain, i-è-ne — rati. scyllare). Crust. Qui ressemble ou qui se rapporte au scyllare.
— s. m. pi. Famille de crustacés décapodes macroures, ayant pour type le genre scyllare.
— Encycl. Cette famille a été établie par M. Milite Edwards. Ses caractères sont : carapace très-large, peu élevée; toutes les pattes sont monoductyles, celles de la première paire quelquefois imparfaitement chéliforuies; les antennes externes sont très-larges et foliacées; le cadre buccal est petit et les pattes-mâchoires sont médiocres et pédiformes; les yeux sont logés dans des orbites bien formées et assez éloignées de la ligne médiane; l'abdomen est très -long et terminé par une nageoire en éventail, composée de feuillets mous j'ie premier anneau abdominal manque d'appendice, mais les quatre segments suivants portent chacun une paire ue fausses pattes. Chez la femelle, les appendices de chaque anneau sont tres-développés et servent à contenir les œufs ; les branchies sont composées de filaments disposés en brosse et sont rangées par faisceau. Ces crustacés, que l'on nomme sur nos côtes de la Méditerranée cigales de mer, forment un groupe très-naturel et bien caractérisé.
Les scyllariens ont été divisés en trois genres, qui sont : scyllare, thène et ibaque.
SCYLLAROÏDÉ, ÉE (sil-la-ro-i-dé — de scyltaie, et uu gr. eidos, aspect). Crust. Syn.
de SCYLLARIEN, IENNB.
SCYLLÉE s. f. (sil-lé — de Scylla, nom mythoi.l. Muil. Genre de mollusques gastéropodes nudibranches, dont l'especo type se trouve sur les sargasses : L'enveloppe extérieure du corps des scyllées est comme gélatineuse. (H. Hupé.)
— Encycl. Les scyllées sont caractérisées par uu corps allongé, très-comprimé, trèsconvexe eu dessus, gélatineux ; la tête peu distincte, munie de deux tentacules assez grands, en forme de cornets renversés, aplatis, fendus en avant, ouverts au sommet pour donner passage à un petit corps pointu et rétractile ; une trompe très-petite, terminée par une bouche qui est armée d'un appareil pro-pie à la mastication ; les branchies en forme de petits pinceaux touttus répandus irrégulièrement sur des appendices de la peau; l'anus et les organes geuéruteurs «'ouvrant au coté droit; le pied long et très-étroit, en forme de sillon.
Ces mollusques, qui ont des affinités avec les glaucus, lus thetys et les uitonies, sont hermaphrodites et pélagiens. On les trouve très-comniuueinent dans toutes les mers chaudes, sur le fucus natans; ils rampent sur les tiges de ces algues, qu'ils embrassent au moyen de leur pied. On croit qu'ils peuvent aussi nager a l'aide de leurs appendices branchifcres. Mais, en général, on connaît trèspeu leurs mœurs et leurs habitudes, bien qu'on
SCYP
ait tout lieu de penser qu'elles ne diffèrent pas notablement de celles des doris et des genres voisins. Les espèces sont peu nombreuses et peut-être, d'après quelques auteurs, ne constituent -elles que des variétés d'un type unique.
La scyllée pélagique a le corps translucide, à peu près lisse ou couvert de tubercules roussâtres très-fins; cette espèce, la plus anciennement connue, habite l'océan Atlantique, La scyllée de Ghomfoda a le corps fauve, allongé, comprimé, ponctué de rouge brun et muni de tubercules blancs; on la rencontre dans la mer Rouge et aux environs de Timor. La scyllée fauve, encore peu connue, vient de la Nouvelle-Guinée.
SCYLL1AS DE SClONK, le plus habile plongeur de son temps. Il vivait au V siècle avant notre ère. Il avait instruit sa tille Cyana dans son art, "qui avait autrefois une grande importance, et elle rendit avec lui des services | signalés aux Grecs dans la guerre contre Xerxès. Lorsque la flotte du grand roi fit naufrage auprès du mont Pélion, Scyllias alla recueillir au fond des flots une grande partie des immenses richesses dont les Perses avaient chargé leurs navires et s'en fit une riche proie. D'ailleurs, il n'était pas lui-même étranger au désastre qui affligea la Hotte des Perses. Pendant la tempête, il plongeait avec sa tille au sein des flots, et tous deux allaient détacher les ancres qui retenaient les vaisseaux. La vague empurtait alors ces masses abandonnées et les brisait sur les côtes. Là ne se bornèrent pas les exploits de Scyllias et de sa fille. Depuis longtemps il voulait communiquer avec les Grecs, mais il n'en avait pas encore trouvé l'occasion. Un jour enfin, ayant plongé dans la mer aux Aphètes, il passa, dit la légende, sous les vaisseaux ennemis et ne sortit de l'eau qu'arrivé à l'Artémisium, où était la flotte grecque. Hérodote, qui nous a transmis ce conte, prétend qu'il rit ainsi quatre-vingts stades en nageant, c'està-dire, d'après l'évaluation des commentateurs, un peu plus d'une lieue et demie. Il apprit aux Grecs les particularités du naufrage des Perses et leur découvrit qu une partie de la Hotte était allée faire le tour de l'Eubée, dans le dessein de les envelopper dans l'Euripe. La guerre terminée, les amphictyonB, pour reconnaître les services rendus à la cause des Grecs par Scyllias et Cyana, sa fille, ordonnèrent de leur élever des statues dans le temple d'Apollon, à Delphes. La statue de Cyana fut du nombre de celles que Néron fit transporter à Rome.
SCYLLIE s. f. (sil-lî — du gr. skulion, squale; de s/culax, petit chien. On remarquera que les roussettes portent encore aujourd'hui le nom vulgaire de chiens de mur), lclithyol. Syn. de roussette, genre de poissons voisin des squales. Il Un dit aussi scyllion et scyllium s. m.
SCYLLIODE s. m. (sil-li-o-de — de scyllie, et du gr. eidos, aspect). Iehthyol. Genre de poissons placoïdes, de la famille des squaliîles, dont l'espèce type a été trouvée à l'état fossile dans la craie de Kent.
SCYMNE s. m. fsi-nine — du gr. sJcumnos, lionceau), lchthyol. Syn. de leiche.
— Entora. Genre d'insectes coléoptères trimères, de la famille des aphidiphages, tribu des coccinelles, comprenant une vingtaine d'espèces, qui habitent la .France.
SCYMNCS DE CHIO, géographe grec d'une époque incertaine. Son Periegesis (description de la terre) a été publié dans le recueil des Geographici Grsci minores de C. Millier, collection Didot. L'ouvrage de Scymnus, écrit en assez mauvais vers, contient des détails sur la fondation des colonies grecques, sur les mœurs des peuples barbares, etc ;mais il n'est pas exempt d erreurs.
SCYPHATE adj. (si-fa-te — du \nt. scyphus , gr. skuphos, coupe). Nuinism. Se dit des monnaies qui ont la forme d'une coupe.
SCYPHÊE s. f. (si-fé — lat. scyphus; gr. skuphos, coupe). Bot. Syn. de marilk.
SCYPHIDE s. f. (si-fl-de — du gr. siup/ios, coupe; eidos, aspect). A cal. Genre d'aoalèphes méuusaires, de la tribu des ftiarsupiiiles, tlont l'espèce type vit dans l'océan Pacilique.
SCYPHIDIE s. f. (si-ti-dî — du gr. skuphos, coupe ; eidos, forme). Infus. Genre d'infusoires, de la famille des vorticelliens, dont l'espèce type vit dans l'eau des marais.
SCYPHIE s. m. (si-fî — du lat. scyphus, coupe). Arachn. Gei>re d'arachnides, de l'ordre des acarides, tribu des trombidieus.
— s. f. Zooph. Genre de spongiaires, comprenant uu grand nombre d'espèces, les unes vivantes, les autres fossiles, des terrains jurassiques ou de la craie.
SCYPHIFORME adj. (si-fi-for-me — du lat. scyphus, coupe, et de forme). Hist. nat. Qui a ia forme d'une coupe. Il On dit aussi
SCYPHOiNOÏDE.
SCVPHIOS, cheval que Neptune fit naître en frappant la terre de son trident, lors de son débat avec Minerve pour donner uu nom à la capitale de l'Atlique.
SCYPHIPHORES. m. tsi-fi-fo-re— du gr. skuphos, coupe; phoros, qui porte). Bot. Genre d'arbrisseaux, de la famille des rubiacées, tribu des cofféacées, dont l'espèce type croît dans les régions maritimes des MolUques.
SCYR
SCYPHISTOME s. m. (si-fi-sto-me — du gr. skuphos, coupe; stoma, bouche). Zool. Nom donné k un prétendu genre de polypiers hydraires, qui n'est que la deuxième phase du développement d'une méduse.
SCYPHOCRINITE s. m. (si-fo-kri-ni-te — du gr. skuphos, coupe; krinon, lis). Echin. Genre d'éeninodermes, de la famille des encrinites, voisin des mélocrinites, et dont l'espèce type se trouve à l'état fossile dans les terrains de transition de la Bohême.
SCYPHOFILIX s. m. (si-fo-fi likss — du lat, scyphus, coupe ; filix, fougère). Bot. Syn. de davallie, genre de fougères.
SCYPHOGYNE s. m. (si-fo-ji-ne — du gr.
skuphos, coupe; guné, femelle). Bot. Syn. d' omphàlocâryon .
SCYPHONOÏDE adj. (si-fo-no-i-de). V. scy-
PHIFORME..
SCYPHOPHORE s. m. (si-fo-fo-re — du gr. skuphos, coupe; phoros, qui porte), Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramères, de la famille des charançons, tribu des rhynchophorides, comprenant trois espèces, qui habitent les régions chaudes de l'Amérique.
— Bot. Genre de lichens, dont l'espèce type croît en France.
— Encycl. Les scyphophores sont des lichens k thalle foliacé, imbriqué ou lacinié, formé de frondes radicales, d où naissent des sortes de tiges fistuleuses, épanouies au sommet en un godet sur les bords duquel sont placés des tubercules subéreux, presque globuleux. Les espèces, assez nombreuses et souvent difficiles k distinguer, qui composent ce genre , croissent abondumment sur la terre et les vieilles écorces ; on en trouve presque partout, dans les lieux bas ou élevés, numides ou secs. Le scyphophore pixidé, qui est le plus commun, a des styles cylindriques s'élargissant de bas en haut et creuses au sommet en une cavité hémisphérique à bords dentés et portant des tubercules bruns ou rougeâtres. Sa saveur est moins amère, moins gélatineuse, mais moins agréable que celle du lichen d'Islande. On l'a vanté autrefois, comme pectoral, contre les affections catarrhales.
SCYPHULE s. f. (si-fu-le — dimin. du lat. scyphus, coupe). Bot. Espèce d'entonnoir dont sont munis certains lichens.
SCYPHUL1FORME adj. (si-fu-li-for-me).
Hist. nat. Qui a la forme d'une scyphule, d'un entonnoir.
SCYRON, brigand de l'Attique, tué par Thésée, V. Sciron.
SCYROS, lie de la mer Egée, aujourd'hui Slcyro, au N.-E. de l'Eubée. Thésée y mourut, et ses restes furent transportés à Athènes par Cimon. Après avoir appartenu aux Athéniens, cette Ile passa aux rois de Macédoine, à qui les Romains l'enlevèrent pour la rendre aux Athéniens. Au moyen âge, elle fit partie du duché de Naxos, puis de la Turquie et enfin du royaume de Grèce.
C'est dans l'Ile de Scyros que Thétis envoya son fils Achille, pour le soustraire à la mort qui l'attendait devant Troie, dont les Grecs ne pouvaient s'emparer sans le secours du héros. Racine y fait allusion dans ce passage d'Iphigéitie :
On sait qu'à votre tête
Les dieux ont d'Ilion attaché la conquête; Mais on sait que, pour prix d'un triomphe si beau, Ils ont aux champs troyens marqué votre tombeau; Que votre vie, ailleurs et longue et fortunée, Devant Troie en sa lleur doit être moissonnée.
Achille, caché sous des habits de femme, vit au milieu des princesses, filles de Lyeomède. Toutefois, la précaution de Thétis devait être inutile. Ulysse, déguisé en marchand, se rendit à Scyros pour en ramener Achille. Lagrange-Chancel a dépeint cet épisode dans les vers suivants -.
Ulysse, cependant, zélé pour sa patrie,
Veut lui rendre le seul héros Dont l'appui des Troyens doit sentir la furie ; Et, pour le découvrir, il se rend à Scyros.
Il étale aux yeux des princesses
Des ornements et des richesses Dignes de relever l'éclat de leur beauté : Achille avec dédain envisage leurs charmes ; Mais d'un trouble soudain il parait agité Quand, parmi ces atours, il voit briller des armes Qui semblent l'accuser de son oisiveté.
L'ardeur bouillante du héros se trahit à cet aspect, et il saisit une épée avec empressement. Ulysse, qui le reconnaît à ce trait, s'écrie :
Quittez les jeux, fuyez les charmes ;
Rougissez d'un honteux repos;
Le carnage et le bruit des armes
Sont les vrais plaisirs des héros.
Achille, qui ne respirait que la gloire, suivit aussitôt Ulysse k Troie, où devaient s'accomplir ses destinées.
Dans l'application, les armes présentées par Ulysse sont la circonstance qui fait éclater soudainement un sentiment, uu germe caché, un caractère, un talent, un génie, mais surtout une passion endormie.
• Foy commandait à, cette époque le 5e régiment d'artillerie & cheval, où sa jolie figure et ses excellentes manières ne le distinguaient pas moins que son grade, au milieu d'une
SCYT
brillante élite d'officiers. Ses formes potelées et un peu fêminirtao sor* pm^n-A-nt frais qt fleuri, sa boueKfi"Verrreine et. ses jowsS rosées relevaient même, par un contraste frappant, la fierté de son regard. Il aurait pu se déguiser en femme chez Lycamède; mais il n'aurait pas été besoin de lui montrer un glaive pour lui faire trahir son seso : le moindre éclair de ses yeux aurait révélé Achille. »
Ch. Nodier.
■ En embrassant le capitaine Gérard, M. Valtone avait retrouvé son drapeau. Les jours passés lui revenaient en foule. Il entendait sonner la diane ; il voyait les casques reluire au soleil : les moustaches du capitaine avaient produit sur lui l'effet des armes d'Ulysse sur Achille. »
J. Sandeau.
° De tous les hochets dont s'amuse l'humanité, vous avez pris le moins puéril : la gloire 1 Achille prit un glaive au milieu des joyaux de femme qu'on lui présentait; vous prenez, vous autres, le martyre des nobles ambitions au lieu de l'argent, des titres et des petites vanités qui charment le vulgaire. Généreux insensés que vous êtes 1 »
G. Sand.
o Personne n'aurait pu pressentir, sous cette écorce grossière, le grand homme futur.
i Mais une étincelle suffit pour mettre le feu à une barrique de poudre; le jeune Achille s'éveilla à la vue d'une épée ; voici comment s'éveilla le génie de l'illustre Daniel Jovard. »
Théophile Gautier.
SCYRTE s. m. (sir-te). Entom. Syn, de
SIRTE
SCYTALE s. f. (si-ta-le — gr, skutalé; de * skutos, peau, cuir, qui appartient évidemment à la même famille que le latin scutum, bouclier , ancien irlandais sciath , kymrique ysgioyd , ancien armoricain scoil , ancien slave shlitu, russe sheitu, illyrien setit, alhanais skiut, skutare. Aufrecht rattache le latin scutum et le grec skutos à la racine sanscrite sku, couvrir). Antiq. Bande de parchemin sur laquelle les Lacédémoniens écrivaient après l'avoir enroulée autour d'une baguette, de façon que celui qui la recevait n'avait qu'à, l'enrouler de nouveau pour pouvoir lire.
— s.m.Erpét. Genre de reptiles ophidiens, de la famille des serpents venimeux, comprenant trois espèces, qui habitent l'Inde et l'Egypte: Les scytales se rapprochent beaucoup des vipères et des crotales. (E. Desmarest.) Il Nom donné à un autre serpent, du genre rouleau.
— Encycl, Antiq. Quand les magistrats de Lacédémone voulaient transmettre aux gé- ^^û néraux à la tète des armées ou aux ambassa- ^^ deurs de Sparte en mission quelque ordre ou quelque instruction dont le corteur même devait ignorer le contenu, ils 1 écrivaient sur
une bande ou lanière de peau roulée soigneusement en spirale autour d'un bâton, de sorte que le tout formât une surface lisse et sans aucun vide. Ils la déroulaient ensuite et l'envoyaient ainsi à celui à qui elle était destinée, lequel avait un bâton ou rouleau exactement égal et ad hoc autour duquel il entortillait cette bande pour la lire comme il avait été fuit
fiour l'écrire, et de cette manière il trouvait a suite et la liaison des lettres, qui, sans cette application de la lanière sur un routeau de dimension tout à fait égale à celle du premier, ne pouvaient se correspondre et, par conséquent, former des mots qui pussent être lus sans une extrême difficulté et une grande perte do temps, même quand on était dans le secret de ce mode de correspondance.
— Erpét. Les scytales ont le corps long, robuste, cylindrique; leur queue, épaisse, courte et ronde, est couverte, ainsi que le dos, d'écaillés carénées; le ventre est garni de plaques transversales entières; l'anus est unique et transversal; la queue ne porte pas de grelots sonores; la tète est grosse et obtuse, renflée postérieurement et recouverte d'écaillés carénées ovales semblables à celles qui recouvrent le dos. Les dents sont aiguës; la mâchoire supérieure porte deux crochets à venin semblables à ceux des crotales. Les scytales ressemblent beaucoup aux vipères et aux crotales, et ils ne différent de ces derniers que parce qu'ils n'ont pas de grelots à la queue ni de fossettes derrière les narines. D'un autre côté, ils ressemblent aux boas par la disposition des buudes ; en effet, les bandes sous-caudales sont d'une seule pièce, comme les bandes sous-abdominales; ce caractère n'est cependant pas constant dans toutes les espèces. Il existe plusieurs espèces dans ce genre; les plus connues sont les suivantes :
Le scytule zigzag, qui est long de 0m,50, d'une couleur brun foncé, et qui présente dû chaque côté du dos une ligue longitudinale en zigzag, jaunâtre, bordée de noir. Le milieu du dos offre aussi une rangée longitudinale de petites taches jaunâtres, également
SCYT
bordées de noir; le dessous du corps est d'un brun jaunâtre avec quelques taches obscures de chaque côtêr des plaques. On compte cent cinquante bandes sous le ventre et vingt-cinq sous la queue. Ce serpent habite la côte de Coromandel, où on le regarde comme très-dangereux.
Le srytale des Pyramides est de la taille du précédent. Le dessus du corps est brun, avec de petites taches irrégulières blanchâtres, habituellement au nombre de trente-six k quarante ; le dessous du corps est blanc sale et offre quelques bandes sous-abdominales et Sous-caudales formées de petits points noirs. Ce serpent, dit M. Isidore Geoffroy Saint- Hilaire, est très-commun aux environs des Pyramides ; le peuple de cette partie de l'Egypte connaît bien sa morsure et la redoute beaucoup. On le trouve aussi très-souvent dans les lieux bas des habitations du Caire, et on le voit même parvenir jusque dans les étapes supérieurs et se fourrer dans les lits qu'il y rencontre. C'est ordinairement pour cette espèce que l'on a recours aux psylles, qui, en imitant le sifflement des serpents, tantôt celui plus sonore du mule, tantôt celui plus étouffé de la femelle, savent très-bien faire sorti]1 les scytales des réduits obscurs où ils se tiennent cachés. Un fait assez curieux, c'est que les psylles, ordinairement pavés en raison du nombre de serpents dont ils ont réussi a délivrer une maison, ont le plus souvent soin d'en introduire eux-mêmes clans le lieu d'où ils doivent les faire sortir.
LescytaleKrait est une troisième espèce qui a 0m,80 de longueur ; sa couleurest d'un brun effacé sur le uos et blanchâtre en dessous ; il a deux crochets qui répandent un venin des plus terribles. Il se rencontre dans les Indes orientales.
srvTALIDB s. f. (si-ta-li-de — gr. sfeutalis, lie-mu sens). Antiq. gr. Espèce de dard, et particulièrement de dard enflammé.
SCYTALIE s. f. (si-tn-lt — du gr. skutalê, hâton). Bot. Syn. de néphélion.
SCYTALIS s. m. (si-ta-liss — du gr. skutalis, dard). Bot. Syn. de vigna.
SCYTALOPE s. m. (si-ta-lo-pe — du gr.
skutalê, bâton; pous, pied). Omitb. Syn. de malacokiiynQue, genre de la famille des troglodytes.
SCYTASTER s. m. (si-ta-stèr — du grskutos, cuir; aster, étoile). Eehin. Genre d'échinodermes, de la famille des astérides, comprenant une dizaine d'espèces, qui vivent dans les mers tropicales.
SCYTHE s. et adj. (si-te). Géogr. anc. Habitant de la Scythie; qui appartient à ce pays ou a ses habitants : Les Scythes. Le peuple
SCYTHE
— Encycl. V. Scythie.
— Pur ext. Homme barbare, peu civilisé, comme étaient les Scythes,
SCYTHIE, nom sous lequel les historiens désignent la contrée mal déterminée que les Scythes occupaient. La dénomination de I Scythes fut connée par les anciens, depuis tes temps historiques jusqu'au vit" siècle de l'ère chrétienne, en général, k toutes les populations qui occupèrent le N.-K. de l'Europe et le N.-O. de l'Asie, bien que ces populations, pendant ce long intervalle, aient appartenu k des -races différentes. On ne peut faire que des conjectures sur ces peuples nomades, qui n'avaient ni histoire écrite ni littérature, et dont le passage sur un heu de la terre n'a été marqué que par des désastres et des ruines. Les historiens anciens ne sont d'accord ni sur l'origine des Scythes ni sur l'étendue du territoire qu'ils occupaient. Au milieu de la confusion do leurs opinions diverses, nous ne [ ouvons que faire un choix assez difficile et présenter sur ces nomades les notions qui nous semblent les plus probables.
Et d'abord, le nom de Scythes, pas plus que celui de Saces, que leur donnaient les Perses, n'était leur nom national. D'après Hérodote, ils se nommaient eux-mêmes Scolotes, et Justin affirme que, longtemps avant Ninus, ils avaient soumis l'Asie à un tribut. Diodore de Sicile, parlant des Scythes, dit qu'ils occupaient le territoire que baigne 1 laxarte, que de là ils soumirent toutes les tribus jusqu au Tanaïs et au Hulus-Meutide à l't).,jusqu'au Cauea.-e au S. Au commencement du vu» siècle av. J.-C, ces Scythes franchirent le Tanaïs, attaquèrent les Cimmériens et, en les poursuivant, passèrent la chaîne du Caucase, se répandirent dans la Mésopotamie, où ils délirent complètement Cyaxure 1er, s'avancèrent au S. jusqu'aux frontières d'Egypte, d'où le roi Psuinmitique ne les éloigna que par des présents. Partout leur passage fut inarque par des ruines, et les Mèdes ne parvinrent a. s'en débarrasser qu'en les massacrant au milieu des festins où ils les avaient invites. A cette époque, la Scythie d'Europe s'étendait, selon Hérodote, depuis l'Ister (Danube) k l'O. jusqu'au Tanaïs il l'E., et depuis le Pont-Euxin et le Palus-Meotide au S. jusqu'à vingt journées de marche vers le N. Ce même historien nomme sept peup.ades scythiques qui occupaient ce vaste territoire ; ce sont : les Gailipides, les Alazons, les Scythes luboureurs, les Scythes agriculteurs, nommés aussi parles Grecs Borysihétiites, parce qu'ils vivaient sur les bords du Borysthene; à l'E. de ceux-ci, les Scythes nomades ; les Scythes royaux, tribu dominante, et eûûa les Scythes
SCYT
déserteurs qui, pour fuir la domination des Scythes royaux, s'étaient rétirés vers l'Oural. D'aut'es peuples étaient soumis aux Scythes et, pendant la guerre, entraient de gré ou de force dans leur alliance. Tels étaient les Taures, au S. de la Chersonèse, les Neures, les Tyrites, les Androphages, les Budins, les Tyssagètes, les Sarmates, séparés des Scythes par le Tanaïs.
Mais, outre ces divers peuples dont parle Hérodote, et qui occupaient ce que les anciens appelaient aussi laSarmatie européenne,d'autres peuplades nombreuses et aguerries erraient dans la Sarmatie asiatique, à l'E. de l'Iaxarte et de la mer Caspienne. Là, dans ces vastes territoires qui composent aujourd'hui la plus srrande partie de la Russie d'Asie, au N. de la Parthie et de la B.ictriane, s'étendaient la Scythie en deçà de l'Imaùs et la Scythie au delà de l'Imaùs. Là vivaient les Massagètes, les Chorasmiens, les Norosbes, les Carates, les Oxidruques, etc. Tous ces peuples orientaux paraissent de race finnoise, tandis que les Scj thés d'Europe semblent plutôt faire partie de la race aryenne ou indogermanique. Parmi les coutumes rapportées par Hérodote comme étant communes à toutes les tribus scythiques, nous mentionnerons la vie nomade, l'adoration du dieu de la guerre sous la forme d'un sabre, l'usage de suspendre k la selle de leurs chevaux les chevelures des ennemis, de boire dans leur crâne en forme de coupe, de se faire des blessures volontaires à la mort de leur roi, etc. L'histoire ancienne nous montre souvent ces barbares aux prises avec les puissants rois de Perse; c'est ainsi qu'en 513 Darius I«r, so. s prétexte de venger l'injure laite aux Mèdes par les Scythes, leur déclara la guerre ; mais ceux-ci, fuyant toujours vers le nord et détruisant tout sur leur passage, entraînent l'armée du grand roi dans de vastes solitudes, où ils la harcèlent et la détruisent facilement, de sorte que, des 700,000 hommes à qui Darius avait tait passer le Bosphore de Thrace, il n'en ramena que 70,000. Les Scythes luttèrent même contre Alexandre et anéantirent un de ses corps d'armée. Plus tard, ils attaquèrent les royaumes qui s'étaient formés des débris de son empire dans la haute Asie et dominèrent même sur la partie de l'Inde conquise par les Giéeo - Bactriens. Toutefois, en Europe, le roi de Pont, Mithridate, parvint à soumettre quelques tribus scythiques. Pendant le rer siècle de l'ère chrétienne, Strabon ne connaît plus dans l'ancienne Scythie d'Hérodote, entre l'Ister et le Tanaïs, que des Getes, des Sarmates, des Bastarnes et des Roxolans; le nom de Scythes a disparu de l'hisctoire. Enfin, dit Pline, « le nom de Scythes a fait partout place à celui de Germains et de Sarmates, et cette antique dénomination ne s'applique plus qu'aux peuplades les plus éloignées, à cèdes qui sont presque inconnues au reste du monde. • Quant aux Scythes demeurés dans leur ancienne patrie, il n'en parle que comme « d'une race abâtardie et d'origine servile. » Nous devons ajouter qu'en disant ces mots Pline n'a en vue que les tribus qui occupaient ce que nous avons appelé la Scythie européenne. Quant à la Scythie asiatique, elle sera plus tard le point de départ de toutes ces nuées de barbares qui, suus différents noms, viendront inonder l'Europe occidentale et ensevelir sous des ruines les débris de la civilisation romaine.
SCYTHIE (PETITE), nom donné par les anciens a deux contrées de l'Europe : 1° à la plus grande partie de la Chersonèse Taurique et au pays qui s'étendait au N. jusqu'au Borysthene; 2° à une partie de la Thrace entre le Pont-Euxin à l'E,, le Danube au N. et k l'O,, l'Héinus au S., laquelle forma sous l'empire romain une province de Scythie, qui fit partie du diocèse de Thrace.
SCYTHIE (AGNEAU DE). Bot. Nom donné au rhizome d'une fougère indéterminée. Il Nom vulgaire d'une espèce de dicksonie.
SCYTHIQUE adj. (si-ti-ke). Géogr. anc.
Qui appartient aux Scythes ou k la Scythie : Nations scythiques.
SCYTUIQL'E (océan), nom donné à l'océan Glacial arctique par les anciens, qui appelaient aussi golfe Scythique un golfe de la mer Caspienne, au N.-E.
SCYTHISME s. in. (si-ti-sme — lat. scytltismus; île Scyiha, Scythe). Hist. relig. Nom donné, par certains auteurs ecclésiastiques, aux religions des peuples barbares.
SCYTHODE s. m. (si-to-de). Arachn. V. scytodk.
SCYTHOPOLIS, ville de la Palestine ancienne, dans la partie S.-E. de la Samarie, fondée, dit-on, par les Scythes qui envahirent la Syrie au vue siècle av. J.-C. Le village moderne de Bisan s'élève près de l'emplacement de l'antique Scythopolis.
SCYTHROPE s. m. (si-tro-pe — du gr. skuthràpos, triste). Entom. Genre d'insectes coléoptères tétramènes, de la famille des charançons, tribu des brachydérides, dont l'espèce type habite l'Europe centrale.
SCYTHROPS s. m. (si-tropss — gr. skuthrôpos, farouche). Ornith. Genre d'oiseaux grimpeurs, de la famille des cuculidees, dout l'espèce type habite l'Australie : Le scyturops niche dans la Nouvelle-Galles méridionale. (Z. Gerbe.)
— Encycl. Ce genre a pour caractères :
SE
bec plus long que la tête, plus haut que large, très-comprimé, à large et profond sillon le long de la mandibule supérieure; convexe, courbé et crochu à la pointe; déprimé à la base, dilaté sur les côtés. Les narines sont basâtes, arrondies et garnies d'une "membrane : situées latéralement à la base du bec. Tour des yeux nu, langue cartilagineuse, bifide à son extrémité ; tarses glabres, annelés, courts et forts-, les ailes médiocres ; la queue est composée de dix rectrices. Le type du genre est le scythraps Guérand ou scyl/irops de la Nouvelle- Hollande. Il a la tête, le cou et le dessous du corps d'un gris cendré ; le dos et le dessus des ailes bleuâtres, avec des raies transversales blanches k la queue. Cet oiseau, auquel les naturels de la Nouvelle- Hollande ont donné le nom de goë-ze-egang, étend souvent sa queue en éventail, qu'il soit au repos ou qu'il vole. On -le trouve au port Jackson vers le mois d'octobre, et il disputait en janvier. Il se nourrit de graines de certains arbres que les Anglais appellent pippermint. Il mange aussi des insectes et des scarabées. 11 fait entendre un cri fort, aigu et effrayant, semblable à celui que poussent nos coqs lorsqu'ils sentent un oiseau de proie. On ne rencontre ces oiseaux que le malin et le soir, par bandes de sept ou huit. Leur naturel est méchant; on ne peut les adoucir, et ils sont toujours prêts à donner (les coups de bec. D'après M. Reinwart, cet oiseau porterait aux Celèbes le nom de améaro (oiseau qui présage la pluie). Les naturels en ionien effet un grand cas, pur les indices certains qu'ils peuvent tirer du cri et des mouvements brusques et inquiets de cet oiseau lorsque le temps va changer. Cette particularité se trouve d'ailleurs rapportée dans différents auteurs.
SCYTODE s. m. (si-to-de — du gr. skutôdès, dur comme du cuir). Arachn. Genre d'aranéides, de la tribu des araignées, comprenant plusieurs espèces, qui habitent l'Europe, l'Afrique et l'Amérique. Il On trouve aussi ce mot employé au féminin. Quelques auteurs écrivent scythode.
— Encycl. Les scy iodes ont pour caractères : six yeux rapprochés et disposés par paires ; la lèvre triangulaire, plus haute que large, bombée k la base; les mâchoires droites, allongées, cylindriques, très-inclinées. Ce genre, qui a des affinités avec les épisines, les pholques et les théridions, comprend un petit nombre d'espèces; ce sont des aranéides qui errent lentement et tendent des fils lâches croisés sur plusieurs plans et dans tous les sens; elles filent un cocon arrondi, entouré d'une sorte de bourre. Le scytode thoracique a près de 001,01 de longueur, le corps d'un beau jaune tacheté de noir; il vit dans nos habitations et parait au commencement du printemps.
SCYTODEPSIQUE adj. (si-to-dè-psi-ke — du gr. skutâdepseô, je corroie). Chim. Qui endurcit la peau comme le tannin.
SCYTON s. m. (si-ton — du gr. skutos, cuir). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des serricornes, section des sternoxes, tribu des élatérides, dont l'espèce type habite la Nouvelle-Guinée.
SCYTONÈME s. f. (si-to-nè-me — du gr.
skutos, cuir ; néma, filament). Bot. Genre d'algues filamenteuses, type de la tribu des scytonemées, comprenant une vingtaine d'espèces, qui croissent sur la terre et les rochers humides -.Les scytonémiss sont ordinairement de couleur brune. (Brebisson.)
SCYTONÉMÉ, ÉE adj. (si-to-né-mé — rad.
scytouème). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte à la scytoneine.
— s. f, pi. Tribu d'algues filamenteuses, ayant pour type le genre scytonème.
SCYTOPTÉRIDE s. f. (si-to-pté-ri-de — du gr, .ikutos, cuir; ptêris, fougère). Bot. Syn. de niphobole, genre de fougères.
SCYTOTHALIE s. f. (si-to-ta-lî — du gr. skutos, cuir ; thalos, feuille). Bot. Genre d'algues coriaces, comprenant deux ou trois espèces, qui croissent dans les mers australes.
SCYTOTHAMNE s. ra. (si-to-tain-ne — du gr. skutos, cuir ; Ihumnos, buisson). Bot. Genre d'algues coriaces, dont l'espèce type se trouve sur les rochers, à la Nouvelle-Zélande.
S. E. Abréviation usitée pour Son Eminence, et pour Sud-est,
SE, préfixe. Le préfixe latin sub subit l'influence de la consonne qui suit et se transforme, selon les cas, eu sup, suf, suc, sug, et quelquefois est remplacé par la préposition subter. Le préfixe français correspondant nous offre les mêmes formes et de plus quatre autres : su, sous, sou et se, comme dans secourir, secouer, de suecurrere, succutere. Dans les deux langues, ce préfixe marque l'infériorité d'un objet relativement à un autre, auquel il sert quelquefois de base; il indique l'action de faire, de mettre quelque chose dessous, au-dessous, ou bien par-dessous, sous main, secrètement ; d'autres fois, il représente l'infériorité d'ordre, la subordination ou le rapport d'un temps subséquent à un temps antérieur, la postériorité ; enfin il est le signe d'un degré moins élevé ou peu élevé dans la quantité, la qualité ou l'action exprimées par le simple.
SE, S' devant une voyelle, pron. pers. de la 3° pers. {se — lat. se} même sens, accusa-
SEAB
tîf de ego, je ou moi). Sol, soi- même. En ce sen"J, le mot je est un véritable accusatif conservé par exception dans notre langue ; il ne s'emploie jamais que comme régime direct dans les verbes pronominaux réfléchis, et plusieurs grammairiens, cour cette raison , l'appellent pronom réfléchi : Les véritables précieuses auraient tort de sa piquer lorsqu'on joue les ridicules. (Mul.) Le vice le plus importun, après celui de censurer les autres, c'est de su louer soi-même. (Grimm.) Le mari ne doit pas se familiariser avec sa femme, il doit familiariser sa femme avec lui. (M«ie A. Esquiros.) Le bon Ro'lin s'abaissait et s'oubliait aux exemples et même aux digressions. (Ste-B iiives.) Il s'écoute, il se plaît, il s'adonise, il j'aime.
Sans «e voir, quand on «'aime, on peut se deviner.
La Chaussée.
Mépriser les bourreaux, c'eut se rendre invincible.
Voltaire.
Il L'un l'autre : Les hommes se pressent, sr gênent, se heurtent, se fatiguent les uns les autres, (Dupanloup.) Il S'emploie sans idée réfiéchia proprement dite, et seulement pour donner à la forme aetive un sens passif : /l SE trouve rfe.< yens qui.... Cela SE peut. Cela sa cotçoit aisément. Bien de ce qui est bien fait ne SE fait aisément. (Mme de Salm.) La confiance se ga'ine et ne se commande pas. (Gardanne.) Les hommes forts se fabriquent dans les fortes études. (V. Cousin.) Ce qu'un autre nous dit se grave sur le sable, Et ce que nous disons se grave sur l'airrûn,
Lamotte.
tl Souvent aussi il sert k exprimer une action qui, sans être réfléchie, est faite par le sujet et n'en sort pas, ce qui est le cas d'un grand nombre de verbes neutres : La force rk trompe quand elle se promet tout parce qu'elle ne se refuse rien. (Guizot.) S'étonner est du peuple, admirer est du sage,
Deluxe.
— A soi. En ce sens, le mot est un véritable datif, qui ne s'emploie que comme régime indirect devant les verbes pronominaux : Su donner un coup à la tête. Se mordre les doiqts. Se faire de ta bile. Se monter une maison. Maîtres de l'univers, les Romains s'en attribuèrent tous les trésors. (Montesq.) li L'un à l'autre, ce qui n'est qu'un cas particulier du sens précédent : Se dire des injures. Se souhaiter te bonjour. Se rendre service. Les morts et les vivants se succèdent et se remplacent continuellement. (Mass.)
— Lorsque le verbe pronominal est à l'infinitif, il e-.tde rè^le presque absolue aujourd'hui que le pronom se doit se placer immédiatement devant cet infinitif, et non devant le verbe à un mode personnel qui précède : Cela peut se dire. Il veut se rendre utile. Il espère se faire un nom.
Viens, suis-moi ; la sultane en ces lieux doit se ren-
[dre.
Racine.
Il L'usage contraire, autorisé au xviia siècle, se réduit à peu près aujourd'hui à une lie 'iieo poétique : L'art, quittent qu'une imitation de ta nature, su doit varier comme elle. (St- Evremond.) Quel profane en ces lieux s'ose avancer vers moi f
Racine.
Une ame accoutumée aux grandes actions Ne se peut abaisser a des soumissions.
Corneille.
La mort est un remède à trouver quand on veut, Et l'on s'en doit servir le pluB tard que l'on peut.
MOLILRE.
Se. Chim. Abréviation du mot sélénium.
SE, préfixe. Du préfixe latin se, qui, en lutin comme en français, marque l'éearteinem, l'action de mettre à part, au propre et au ligure. Ce préfixe ne se trouve que dans quelques ! composés, comme séparer.
SEAUIIA (Antonio-Luiz de), homme politique portugais, né en 179a, à bord d'un navire qui faisait route pour le Brésil. Il devint conseiller du roi de Portugal, membre du tribunal suprême de cassation, député aux curies et ministre de la justice à plusieurs reprises. Il a été nomme pair du royaume et a t'ait partie de la commission royale qui fut chargée en 18G7 de la refonte du code p.irtn^ais. On doit à cet homme distingué, outre dei Satires et Lettres publiées en 18*6, les ouvrages suivants : Satires et lettres d'Horace; la Propriété; Philosophie du droit pour servir de commentaire sur la loi de 183 j; ! Observations sur l'article 630 de la nouveilo réforme judiciaire en 1849 ; Apostille aux observations de AI. Alberto - Antoiiio de Moraes Caroalho sur la première partie du pro- I jet du code civil en 1858; Exposition apologétique des Portugais émigrés dans la Belgique, qui ont refusé de prêter le serment exigé le 2B août 1830, imprime k Bruges en i 1830; Observations de l' ex- cotre yidor d'A- 1 leobaça, Antoxio-Luiz de Senbra,sur un papier ' envoyé à la Chambre des députés au sujet de lu réception des biens du couvent de ladite ville, imprimé à Rio- Janeiro en 1S3G; Réponse dt l'auteur du projet du code civil aux observations du docteur Juaquim- José Paes da Silvu. imprimé k Coïmbre en 1859; Réponse aux réflexions du docteur Viceate Mirer Neto Paira sur les sept premiers titres du projet du code civil portugais, imprimé à Cuïmbi'o en