‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 196 sur 1059 · SEAT · texte numérisé non relu

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Bréquigny et Laharpe. La résolution fut prise de cesser définitivement les séances, et Morellet emporta les registres. Trois jours après, le 8 août, Grégoire, au nom du comité d'instruction publique, faisait un rapport à la suite duquel la Convention décrétait que toutes les Académies et sociétés littéraires patentées par la nation seraient supprimées. Mais deux ans plus tard, le 22 août 1703, un autre décret créait l'Institut. Dans la nouvelle organisation, lès séances de l'Académie française restèrent presque semblables à ce qu'elles étaient autrefois. Bien que les séances publiques soient passées au nombre- de ces solennités dans lesquelles il est de mode pour la société élégante devenir se montrer, elles sont assez rarement intéressantes. La séance annuelle consacrée à la distribution des prix n'a guère d'autre attrait que le discours où le secrétaire perpétuel expose les motifs pour lesquels les prix ont été décernés aux divers lauréats. Dans les séances de réception, à la curiosité qu'attire le nouveau membre se joint quelquefois l'intérêt d'une question littéraire ou d'une manifestation politique. C'est surtout le côté politique qui a fait, en ces dernières années, le succès des séances de l'Académie française.

Les .séances des autres Académies font en général peu de bruit, à moins qu'il ne s'y élève quelque discussion orageuse, comme celles dont M. Leverrier a été la cause, ou celles auxquelles a donné naissance l'étrange mystification dont M. Michel Chasles a été la victime de la part d'un fabricant d'autographes et de pièces apocryphes. Cependant, pour être en général moins bruyants, les travaux de l'Académie des sciences, de l'Académie des inscriptions et de l'Académie des sciences morales n'en sont pas moins utiles à l'avancement et au progrès des connaissances humaines. On ne pourrait dire sans doute aujourd'hui d'aucun membre d'aucune Académie ce que Voltaire écrivait en 1738 à l'abbé d'Olivet : <■ Vous êtes bien loin de ressembler k tant d'académiciens, soit de votre tripot, soit de celui des inscriptions, qui, n'ayant jamais rien produit, sont les mortels ennemis de tout homme de génie et de talent. » Mais, comme la vanité et l'amour- Îtropre n'ont pas disparu du monde et que es palmes vertes n en garantissent ni le cœur ni l'esprit de ceux qui les portent, il y a une vérité toujours actuelle dans cette autre lettre où Voltaire dit à Mairan combien l'envie de certains membres des Académies de briller dans les séances nuit à l'ensemble des travaux académiques : « Je conclus que, dans votre Académie (des sciences), il arrive quelquefois la même chose qu'aux assemb'ées des comédiens; chacun ne songe qu'à son rôle, et la pièce n'en est pas mieux jouée » (9 novembre 1736).

SÉANT, ANTE adj. (sé-an, an-te — rad.

seoir). Qui siège ou a le droit de siéger, de prendre séance : 11 courut cent pasquinades représentant milord Aaron et mitord Judas SÉANTS à la Ckambre des pairs. (Chateaub.) Tuus les seigneurs de la cour séants dans le parlement furent d'un avis unanime. (Mirub.)

— Fig. Décent, convenable, bien placé : La parure n'est pas séante aux personnes âgées. Il n'est pas séant de rendre un salut léger pour un profond salut. Il n'est pas toujours séant d accepter quelque chose pour un service rendu. (Volt.)

De tels pensers me seraient mal séants.

La Fontaine.

— Blas. S'emploie quelquefois comme synonyme d'Assis, en parlant des animaux.

— Gramm. D'après l'Académie, le mot séant appliqué à un tribunal, à une cour de justice peut, selon quelques-uns, être considéré comme un adjectif verbal susceptible d'accord. Pour compléter la remarque de l'Académie, il faut dire que séant est toujours invariable quand il exprime un fait particulier, et qu'il ne peut devenir variable qu'autant qu'il s'agit d'un fait habituel. Ainsi, la cour séante à Paris pourrait exceptionnellement siéger un jour à Versailles, et alors on dirait : La cour de Paris séant à Versailles. Séant devient également adjectif et variable quand il marque, non le fait, mais le droit de siéger : Les seigneurs séants dans le parlement,

SÉANT s. m. (sé-an — rad. seoir). Posture d'une personne assise dans son lit ou en un endroit où l'on pourrait être couché ; ne s'emploie qu'avec 1 adjectif possessif et les prépositions sur ou en .■ Etre, se mettre en son séant, sur son séant. Il me fallut du, temps pour me raisonner et trouver te courage de me mettre sur mon séant et de regarder au loin dans l'espace. (Baudelaire.)

SEA.RLB (William), acteur anglais, né en 1815, mort à Londres en mai 1864. On le considérait avec raison comme un des meilleurs comédiens de la scène anglaise. Il était directeur associé du théâtre d'Astley, sur lequel il a obtenu ses plus brillants succès.

Le fils rie cet artiste suit aussi la carrière dramatique, et ses débuts ont été remarqués du public de Londres.

SEATON (John CoLBORNE,premier baron de), administrateur et pair an-lais, né en 1776, mort à Torquay en 1863. Après avoir servi pendant sa jeunesse et s'être distingué dans les guerres de la fin du xvuie et du commen-

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