‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 198 sur 1059 · SEAU · texte numérisé non relu

SEAU

étant manœuvré par des hommes agissant sur des manivelles, chaque homme produit dans un travail journalier de huit heures un effut utile de 160,000 kilogrammètres. Le treuil simple, armé d'une manivelle, ne convient plus lorsqu'on élève l'eau à l'aide de seaux très-pesants. On emploie alors les hommes et quelquefois les chevaux k faire tourner un arbre vertical sur lequel les deux parties de la corde s'enroulent alternativement en sens contraire. La direction du mouvement de rotation de cet arbre doit être changée chaque fois qu'un seau qui vient de verser son eau est prêt à redescendre pour aller puiser dans le réservoir inférieur. Quand on ne veut pas être assujetti à changer la direction du mouvement de rotation de l'arbre vertical du manège, il faut que la corde à laquelle les seaux sont attachés s'enroule sur un autre arbre auquel le mouvement de rotation du premit-r arbre peut être transmis alternativement dans deux sens opposés. Un mécanisme disposé a cet effet change le sens du mouvement k l'instant où le versement de l'eau vient de s'opérer. Hachette rapporte, dans son traité des machines, qu'avec un manège de maraîcher, établi sur un puits de 32m,50 de profondeur, un cheval élevait par minute un seau contenant 90 litres d'eau, d'où il résulte que pour huit heures l'effet utile est de 1,404,000 kilogrammètres. On admet qu'avec les manèges de maraîcher les plus simples un homme peut produire en huit heures un travail journalier équivalant à 200 mètres cubes d'eau élevés à l mètre, un cheval ou un mulet 1,166 mètres cubes, un bœuf 1,120, un âne 334; soit un effet utile journalier, pour le premier, de 200,000 kilogrammètres, pour les seconds de 1,166,000 kilogramme très; pour le troisième de 1,120,000 kilogrammètres ; pour le quatrième de 334,000 kilogrammètres.

Seau enlevé (le) [la Secchia rapila], poème héroï-comique d'Alexandre Tassoni (1622). Le but de Tassoni était de parodier la poésie héroïque ; il eut le bonheur de trouver dans l'histoire de sa patrie cette ridicule guerre qu'un seau de bois ravi, au xme siècle, par les Modenais alluma entre eux et les Bolonais. Raconter en douze chants cette plaisante aventure, en observant les règles épiques dans toute leur sévérité, avec la pompe lisible d'un style magnifique et soutenu, montrer le \ide des plus grands mots par le contraste avec les plus petites choses, rendre ridicules les faux enthousiasmes des poètes et l'étrange abus qu'on faisait de la mythologie : voilà ce qu'a voulu faire le poète. Examinons ce qu'il a fuit. Tassoni a emprunté son sujet à l'histoire de l'Italie, déchirée au xiii* siècle par la querelle du sacerdoce et de l'empire. Les historiens ne parlent pas du seau qui fut l'occasion de la guerre; mais il est certain qu'on gardait à Modène un seau de sapin i vieux et vermoulu, » suspendu à la voûte d'une salle du trésor de l'église cathédrale avec une chaîne de fer qui aurait servi, dit-on, à fermer la porte de Bologne par laquelle entrèrent les Modenais quand ils ravirent ce seau. Quoi qu'il en soit, le poète a déployé dans ce poème, ù la fols sérieux et burlesque, une grande fertilité d'imagination. Ses caractères sont parfaitement dessinés et se soutiennent jusqu'à la lin; il suffira de signaler ceux de (ihéraid,de Manfredi, d'Enzio, etc. Celui du comte do Culagne mérite une mention particulière. Tassoni avait été violemment attaqué dans deux libelles, dont l'auteur était le secrétaire du comte de Culagne; Tassoni, n'ayant pu obtenir satisfaction, résolut de se venger luimême et attaqua directement le comte do Culagne... « Si Dieu me prête vie, écrivaitil alors en parlant du comte, je lui ferai voir qu'il eût mieux valu pour lui avoir affaire au diable ; » et il le lui montra dans son poëme, où le portrait du comte est d'un ridicule achevé. Citons, parmi les morceaux les plus remarquables, la description de l'assemblée du conseil des dieux, au commencement du deuxième chant; il est impossible de ne pas songer, en voyant ce mélange de sérieux et de burlesque, à la fois à Homère où les dieux sont si grands et si majestueux, et à Lucien où ils sont si bouffons. L'épisode d'EnUymion est écrit avec une grâce charmante, de même que celui du chevalier Mélinde et de son enchantement. La scène où les Florentins perdent leurs bagages est une excellente leçon : les armoiries brodées d'or qui brillent sur les enveloppes des bagages, les dorures excitent la convoitise des ennemis ; mais ils ne trouvent à l'intérieur que des noisettes et des figues sèches.

Le Seau enlevé eut, lors de son apparition, un immense succès eu Italie, non pas seulement à cause de la grâce du style, mais surtout à cause des allusions et des satires piquantes qui le remplissaient ; quoique aujourd'hui nous n'y trouvions plus le même intérêt que les contemporains, nous le lisons encore avec plaisir.

Seau enlevé (le) [la Secchia ropita], opéra italien, livret tiré du poème de Tassoni ; musique des maestri liacchini, Deschaïups, Felici, Giraldini,Tacchhianli et Usiglo. Ce sujet a été souvent traité autrefois sur la scène italienne. Ce pique-nique musical a été goûté. Représenté au théâtre Goldoni,de Florcuce, en avril 1872. •

SEAUGEOIRE s. f. (sô-joi-re — rad. sel,

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qui s'est dit autrefois sau). Techn. Ustensile à l'aide duquel on met le sel dans les paniers.

SEAUNERON s. m. (sô-ne-ron — rad. saunier). Pathol. Mal particulier qui vient aux pieds des ouvriers des salines.

SERA. (Albert), naturnliste et voyageur hollandais, né k Eetzel (Frise) en 16B5, mort à Amsterdam en 1736. Il débuta comme apprenti chez un pharmacien de village, puis il se rendit à Amsterdam, entra au service de la compagnie des Indes et entreprit pendant ses excursions un commerce important de droguerie. Seba avait formé une collection d'histoire naturelle tellement réputée, que Pierre le Grand en lit l'acquisition moyennant une somme considérable ; le naturaliste en amassa une seconde encore plus précieuse qui, après sa mort, fut vendue k l'encan et dispersée, aucun prince ne s'étant trouvé assez riche pour l'acheter au prix d'estimation. Ce natu- I raliste a donné la description de son cabinet et de ses richesses dans un catalogue intitulé Locupletissimi rerunx naturalium thesauri accurata descriptio (Amsterdam, 1734, 4 vol. in-fol.).

SÉBACÉ, ÉE adj. (sé-ba-sé — du lat. sébum, suif). Anat. et pathol. Qui est de la nature du suif : Humeur, matière sébacée. Il Qui produit ou contient des matières de cette nature : Glandes sébacées. Follicules sébacés. Tumeur sébacée.

— Encycl. Matière sébacée. Cette humeur est produite, partout où il y a des poils à la surface du corps, par des glandes en grappe simple, parfois réduites à un seul cul-de-suc ou follicule et qu'on appelle glandes sébacées. Elles sont annexées à presque tous les follicules pileux. La matière qu'elles sécrètent est jaunâtre, huileuse; elle tache le papier ù. la manière des corps gras et se trouve toujours mêlée d'une quantité considérable de cellules épithéliales et de poussières d'origine étrangère. Quand cette humeur se concrète dans les culs-de-sac sécréteurs, elle se présente sous l'aspect de petits cylindres verraiformes, pâteux, blanchâtres, souvent noirs au sommet, nommés comédons ou er inons, et si ceux-ci irritent l'organe qui les renferme, il survient une éruption d'acné. La matière sébacée se compose, d'après les lécentes analyses de M. Lutz, d'oléine, de margarine, d'acide butyrique et de butyrate de sou, le, de phosphate de soude et de traces de phosphate de chaux, de sulfate de soude, de chlorure de sodium, d'albumine, de gélatine tanne, et de caséine.

— Tumeurs sébacées. Elles sont nombreuses et connues en médecine sous les noms suivants : athèrome glandulaire, stéatome, loupe, acné, etc. V. ces mots.

SÉBACINE s. f. (sé-ba-si-ne — rad. sébacé). C'hiin. Syn. d'ACiDE sébacique.

SÉBACIQUE adj. (sé-ba-si-ke — rad, sébacé). Chim. Se die d un acide de la séria de l'acide oxalique, qui occupe la place la plus élevée que l'on connaisse actuellement dans cette série.

— Encycl. L'acide sébacique

est le dernier terme connu de la série d'acides dont l'acide oxalique est le premier terme et dont la formule générale est

CnHSQ— >0*.

Il se produit : îo dans la distillation sèche de l'acide oléique et de toutes les graisses qui renfermeut cet acide, soit à l'état de liberté, soit k l'état d'oléine ; 2<> par l'action oxydante de l'acide azotique sur les graisses ; dans ce cas, il se forme en inouïe temps d'autres acides de la même série ; c'est ainsi qu'avec le spenna céti il se forme de l'acide sébacique et de l'acideazaléique; 3° il prend enfin nais-

— I. Préparation. Le meilleur mode de préparation de l'acide sébacique consiste à distiller de l'huile de ricin sur de la potasse j en fusion. On fond 2 parties de cet alcali au- | quel on ajoute un peu d'eau et l'on fait tomber goutte à goutte 2 parties d'huile de ricin I dans cette masse, en continuant k chauffer jusqu'k ce que la masse ait pris une couleur jaune faible. En dissolvant le résidu dans l'eau bouillante et en sursaturant la liqueur par de l'acide chlorhydrique, on obtient, un liquide qui fournit en se refroidissant des aiguilles volumineuses d'acide sébacique.

Le résidu qui reste dans la cornue lorsqu'on prépare l'alcool octylique au moyen de l'huile de ricin peut aussi être utilisé pour la préparution de l'acide sébacique. Acet effet,on décompose le résidu par l'acide chlorhydrique, et, du mélange d'acides insolubles ainsi produits, on extrait l'acide sébucique par 1 eau bouillante. Peterseu fait bouillir le résidu avec de l'eau, filtre le liquide, précipite les acides gras autres que l'acide sébacique par une petite quantité d'acide chlorhydrique, filtre, achevé ensuite de précipiter par l'uuide chlorhydrique, redissout dans l'eau bouillante l'acide sébacique ainsi obtenu et laisse refroidir la liqueur après l'avoir décolorée par le noir animal. L'acide sébacique cristallise alors en lamelles blanches.

Par l'oxydation ou par la distillation sécha des graisses, l'acide sébacique ne se forma jamais qu'en petite quantité et il se produit

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en même temps que lui d'autres acides solides dont il est difficile de le séparer. Le sperma céti et l'acide stéarique le fournissent toutefois, suivant Arppe, plus abondamment que les autres graisses.

— II. Propriétés. L'acide sébacique cristallise en aiguilles ou en lamelles blanches, nacrées, très-légères qui ressemblent à l'acide benzoïque. Il possède une saveur acide, rougit énergiquement le tournesol et ne perd rien de son poids à 100°. Il fond à 127° et se sublime à une plus haute température. Par le refroidissement, l'acide fondu se prend en une masse cristalline. A l'état de fusion, l'acide a une densité de 1,317; ses vapeurs irritent la gorge; son odeur ressemble à celle des autres corps gras. Il est très-peu soluble dans l'eau froide, très-soluble dans l'eau bouillante, et se dissout aussi dans l'alcool, l'éther et les huiles grasses.

— III. Décomposition. îo Chauffé avec de l'acide nitrique concentré, l'acide sébacique se dissout lentement et se convertit en acide pyrotartrique, d'après Schlieper; d'après Carlet, il se formerait dans ce cas de l'acide suceinique ; d'après Wirz, il se formerait de l'acine suceinique, de l'acide pimélique et de l'acide adipique ; enfin Arppe signale les acides oxypyrolique, s'uccinique et adipique. On comprend aisément ces divergences parce que, dans l'oxydation destructive de l'acide sébacique, comme de toute autre substance, les produits diffèrent suivant le plus ou moins d'énergie et le plus ou moins de durée de l'oxydation. 2" L'acide sébacique est attaqué par le perchlorure de phosphore avec formation d'acide chlorhydriaue, d'oxychlorure de phosphore et d'anhydride sébacique. 3° Le chlore n'agit sur cet acide que sous l'influence des rayons solaires, en formant deux produits de substitution jaunes, l'acide monochloré et l'acide bichloré, qui sont pâteux aux températures moyennes ; lorsqu'on soumet à la distillation sèche le sébate de calcium, il passe une huile qui bout entre 80° et 800°, et il se dégage de l'hydrogène. En rectifiant cette huile , on obtient entre 85» et 90° un liquide d'odeur éthérée agréable, qui paraît être de l'aldéhyde propionique. Au-dessus de 156°, il passe ensuite de l'cenanthol. Si l'on opère la distillation du .sel en présence d'un excès de chaux, il se sépare 2CÔ2 et il se forme de l'hydrure d'octyle C&H18, auquel on a donné le nom de sébacine ; il passe en même temps, comme dans le cas précédent, une huile volatile entre 80» et 200°. Cette huile, lorsqu'on la rectifie, fournit d'abord un produit qui donne de la nitrobenzine sous l'influence de l'acide nitrique , et qui est probablement de la benzine. Il passe ensuite de l'aldéhyde propionique entre 90° et 100°, puis de l'cenanthol k 160O. Par la distillation avec un excès de baryte, l'acide sébacique perd également COs et donne un hydrocarbure C8H18, qui distille entre 125° et 130». 5° Lorsqu'on fait passer uu courant d'acide chlorhydrique gazeux à travers une solution alcoolique d'acide sébacique, on obtient un liquide huileux qui donne, par l'ammoniaque, un mélange de sebamide et d'acide sébacique. Ce liquide parait donc être un mélange de sébate neutre d'éthyle et d'acide ét,hy\-sébacique.

— IV. Sébates. L'acide sébacique est à la fois diatomique et bibasique ; il forme des sels monométulliqiies acides et des sels dimétalliques neutres. Les sébates alcalins et alcalinoterreux sont solubles dans l'eau ; les autressont des précipités que l'on obtient par double décomposition. A l'exception du sébate d'ammonium, tous les sébates sont facilement décomposables.

Le sébate neutre d'ammonium est très-soluble dans l'eau, cristallise confusément et dégage de l'ammoniaque quand on le chauffe. Soumis à la distillation, il donne de l'acide sébamique. Le sel acide cristallise en barbes de plume; il est peu soluble dans l'alcool. Le sébate de potassium C1°1116I£204 cristallise de ses solutions concentrées en petits nodules très-solubles dans l'eau, non déliquescents et peu solubles dans l'alcool absolu. Le sel de sodium ressemble au précédent, mais il est moins soluble dans l'eau. Le sel de calcium Cl0ni6Ca"O* (à 100°) n'est que très-peu soluble dans l'eau et peut être obtenu par précipitation. Par l'évaporation spontanée de ses solutions étendues, il forme des écailles blanches et brillantes très-minces. Le sel de cuivre est un précipité bleu verdâtre. L'eau mère de ce sel abandonnée à l'évaporation se recouvre d'une croûte verte formée de grains cristallins. Ce sel fond avant de se décomposer lorsqu'on le chauffe. Le sel ferrique est un précipité couleur de chair. Le carbonate d'ammonium le décompose, une partie se dissolvant en prenant une couleur rouge, tandis que le reste se transforme en un sel basique insoluble. Le sel neutre fond lorsqu'on le chauffe et.se décompose en se boursouflant. Le sel de plomb est un précipité blanc que l'ammoniaque convertit en un sel basique. Le sel mercureux se précipite lorsqu'on traite l'azotate mercureux soit par l'acide sébacique, soit par un sébate alcalin. Le sel d'argent O10Hl6Ag2O4 est un précipité blanc, caillebotté, presque insoluble, que l'on obtient au moyen de l'azotate d'argent et d'un sébate alcalin. Chauffe dans un tube, il donne de l'argent métallique et un précipité blanc alcalin.

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— V. Ethers sébaciques. Sébate méthylique ou éther mélhyl-sébacique

rjlOHt6(CH3)204.

On le prépare en ajoutant peu à peu de l'alcool méthylique k une solution d'acide sébacique dans l'acide sulfurique concentré et en agitant vivement le mélange, tandis qu'on refroidit extérieurement le vase qui le contient en le plongeant dans l'eau. Il suffit d'ajouter ensuite de l'eau au liquide pour en précipiter l'éther, qu'on lave d'abord à l'eau alcaline, puis à l'eau pure, et qu'on fait finalement cristalliser dans l'alcool. Il fond à 25°,5 et cristallise en fines aiguilles par le refroidissement. Solide, il est plus lourd que l'eau, mais il devient plus léger que ce liquide lorsqu'il est fondu; son odeur est très-faible. La potasse le décompose en sébate de potassium et en alcool méthylique. L'ammoniaque le convertit en sébamide.

— - Sébate d'éthyle ou éther éthyl- sébacique C10H16(C2H&)20*.

On le prépare en faisant passer un courant d'acide chlorhydrique à travers une solution d'acide sébacique concentré. On chauffe légèrement pour chasser le chlorure d'éthyle qui se forme en même temps; on lave ensuite le produit avec de l'eau chargée de carbonate de soude, puis on le dessèche sur du chlorure de calcium et on le rectifie enfin. Il est liquide au-dessus de 9°, plus léger que l'eau, et il bout à 308°. Il est insoluble dans l'eau et facilement soluble dans l'alcool. L'ammoniaque le convertit en sébamide.

On n'a pas préparé jusqu'à ce jour le3 sébates acides d'éthyle et de méthyle à l'état de pureté ; mais il est incontestable que ces corps se forment en même temps que les éthers neutres lorsqu'on traite par l'acide chlorhydrique les solutions de l'acide sébacique dans l'alcool et dans l'esprit de bois. Ces solutions, en effet, fournissent à la fois de l'acide sébamique et de la sébamide lorsqu'on les traite par l'ammoniaque.

■ — Sébate diglycérique ou sébine

(CW'5)2 1

(CiOHlfiO2)" 08.

C'est un corps solide, cristallisable, qui se produit en petites quantités lorsqu'on chauffe l'acide sébacique à 100° avec de la glycérine, 2 molécules de glycérine s'unissant avec 2 molécules d'acide, avec élimination de 2 molécules d'eau. La sébine se forme en plus grande abondance lorsqu'on fait passer un courant d'acide chlorhydrique sec sur un mélange de glycérine et d'acide sébacique chauffé à 100<>; il se forme en même temps de lachlorhydrine. Obtenue par cette seconde méthode, la sébine est liquide d'abord; mais si on la dessèche à 120° et qu'on l'abandonne à elle-même pendant quelques jonrs, elle se solidifie en partie. On rend la solidification complète en la refroidissant à — 40°. Portement chauffée, elle donne de l'alcoléine. L'oxyde de plomb la convertit en acide sébacique et glycérine. Les solutions alcooliques d'acide chlorhydrique la transforment en sébate d'éthyle et en glycérine.

— VI. DÉRIVÉS AMMONIACAUX DE 1,'aCIDK

sébachjuh. Acide sébamique

Ce corps se produit : l0parl'action de l'ammoniaque sur tacide éthyl-sébacique ; 2° par la distillation sèche du sébate neutre d'ammonium. Pour le préparer par la première méthode, on fait passer un courant d'acide chlorhydrique à travers une solution d'acide sébacique dans l'alcool et l'on fait digérer pendant plusieurs semaines, en vase clos, avec une solution aqueuse concentrée d'ammoniaque, le mélange huileux de sébate neutre d'éthyle et d'acide éthyl-sébacique ainsi Froduit. On cesse de chauffer lorsque toute huile est transformée en une masse grenue ; on filtre alors pour séparer les cristaux de sébamide de l'eau mère qui renferme l'acide sébamique et on lave ces cristaux avec un peu d'alcool. On concentre ensuite au bainmarie tous les liquides réunis, on en précipite l'acide sébamique par l'acide chlorhydrique et on le lave à l'eau froide. On fait ensuite dissoudre le produit dans l'ammoniaque aqueuse, qui laisse encore un léger résidu de sébamide, on filtre et l'on précipite alors par l'acide chlorhydrique. Le précipité est enfin lavé, desséché et purifié par plusieurs cristallisations dans l'eau.

Lorsqu'on veut avoir recours à la seconde méthode, on distille du sébate neutre d'ammonium. Il passe d'abord un liquide incolore, puis un liquide jaunâtre et empyreumatique. On dissout ce dernier dans l'ammoniaque ; on filtre pour séparer une petite quantité d'huile et l'on précipite par l'acide chlorhydrique. Le précipité doit être lavé à l'eau froide et cristallisé dans l'eau bouillante.

L'acide sébamique se présente, suivant Rowney, en granules arrondis; il forme, suivant Kraut, une masse pulvérulente blanche et cristalline. Il présente une réaction acide. Il est peu soluble dans l'eau froide, facilement soluble dans i'eau chaude, l'alcool et l'ammoniaque. A chaud, il dégage l'anhydride carbonique du carbonate calcique et forme un sel de calcium peu soluble dans l'eau. La solution ammoniacale ne précipite pas les terre3

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alcalines; elle précipite au contraire l'acétate de plomb et forme, avec l'azotate d'argent, un précipité solubie dans l'ammoniaque et dans l'acide azotique.

L'acide sébamique dégage de l'ammoniaque lorsqu'on le fait bouillir avec de la potasse. Son sel de potassium traité par le chlorure de benzoyle donne du chlorure de potassium et une huile soluble dans l'éther. Cette huile donne de l'ammoniaque lorsqu'on la traite par l'hydrate de potassium fondu; elle est insoluble dans l'eau et dans l'ammoniaque et elle n'abandonne à ce dernier liquide que très-peu d'acide libre. Ce corps est probablement de l'acide benzoyl-sébamique.

— Sébamide

Nous en avons décrit la préparation en nous occupant de l'acide sébamique ; on la purifie par deux cristallisations dans l'alcool. Elle forme des granules arrondis, durs et composés d'aiguilles microscopiques. Elle est insoluble dans l'eau froide, modérément soluble dans l'eau bouillante, insoluble dans l'ammoniaque, peu soluble dans l'alcool froid et trèssoluble dans l'alcool bouillant. La potasse caustique ne l'attaque pas à froid, mais en dégage de l'ammoniaque à la température de l'ébullition.

— Appendice à l'acidb sébacique. Acide ipomique. C'est un acide isomère de l'acide sébacique qui se produit par l'action de l'acide azotique modérément concentré sur l'acide couvolvulique, l'acide convolvulinolique, la jalapine, l'acide jalapique et l'acide jalapinolique. 11 ressemble à l'acide sébacique par toutes ses réactions et toutes ses propriétés, mais s'en distingue par son point de fusion, qui est situé plus bas (104» au lieu de 127°). Cet acide et ses sels deviennent électriques par le frottement. Le sel d'ammonium donne, avec le chlorure calcique, un précipité amorphe qui devient cristallin au bout de quelque temps. Le précipité correspondant formé par le sébate d'ammonium est au contraire cristallin dès le début.

— Sébacvre C8H18. Cet hydrocarbure, qui n'est autre que l'hydrure d'octyle, se forme, en même temps que de petites quantités de benzine, d'œnanthol et d'aldéhyde propionique, lorsqu'on distille le sébate de calcium avec un excès de chaux. Une partie de ce corps se condense en masse grasse et solide sur les parois du récipient et dans le col de la cornue ; une autre partie entre en dissolution dans le liquide qui distille et s'en sépare ensuite par le repos. Pour le purifier, on le dissout dans l'acide sulfurique concentré, on le précipite par l'eau et on le fait cristalliser dans l'alcool. Il forme des lamelles presque incolores qui adhèrent les unes aux autres. H est insipide, inodore, plus léger que l'eau, fond à 55» et se volatilise au-dessus de 300°. Il est insoluble dans l'eau, facilement soluble dans l'alcool et dans l'éther; l'acide sulfurique concentré le dissout en se colorant en rouge, mais l'eau le précipite inaltéré de cette solution. L'acide azotique l'altère à peine. Il en est de même de la potasse.

SÉBA2A s. f. (sé-bé-a — de Séba, n. pr.). Bot. Genre de plantes, de la famille des gentianées, type de la tribu des sébacées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent au Cap de Bonne- Espérance et en Australie.

SÉB/EÉ, ÊE adj. (sé-bé-é — rad. sébsa). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte à la sébtea.

— s. f. pi. Tribu de la famille des gentianées, ayant pour type le genre sébœa.

SÉBAMIDE s. f. (sè-ba-mi-de — du lat.

sébum, suif, et de amide). (Jhim. Araide sébacique.

SÉBANIQUE adj. (sé-ba-ni-ke — du lat.

sébum, suif). Chim. Se dit d'un acide extrait des eaux mères qui ont servi à préparer la sébamide.

SEBANSCOU s. m. (sé-ban-skou). Fruit d'Ethiopie dont on extrait une liqueur du même nom.

SÉBASTE s. f. (sé-ba-ste). Ichthyol. Genre de poissons voisin des scorpènes.

— Éncycl. Les sébastes ont pour caractères principaux : la tète assez épineuse et tuberculeuse, munie d'écaillés sur toutes les parties du museau, les maxillaires, les joues et toutes les pièces operculaires ; des cients en velours aux maxillaires, aux palatins et au vomer; le corps écailleux, présentant par places des lambeaux charnus ; les nageoires pectorales munies à leur partie inférieure de rayons simples. Ces poissons ont beaucoup d'affinités avec les scorpènes, qui s'en distinguent surtout par leur léte beaucoup plus hérissée, mais dépourvue d'écaillés. On connaît une douzaine d'espèces de sébastes, dont quelques-unes vivent dans nos mers. La sébaste de Norvège ressemble beaucoup, par sa forme générale, à la perche commune ; elle a le corps oblong, un peu comprimé, la bouche oblique et la mâchoire inférieure proéminente. Elle habite surtout les mers boréales, mais on la trouve aussi dans la Méditerranée. D'après l'opinion rapportée par A. Guichenot, elle se tient dans les profondeurs des golfes et ne s'approche jamais du rivage qu'au moment des tempêtes. Elle vit au milieu des plies, particulièrement de l'espèce

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dite cynoglosse, dont elle fait sa proie. On la pêche comme le flétan. Sa chair est bonne, quoique maigre; on la mange cuite ou simplement desséchée; les lèvres se mangent crues; la tête et la peau sont grasses. Les Groenlandais se servent de ses épines en guise d'aiguilles. La sébaste impériale habite la Méditerranée , où elle se tient dans les profondeurs ; sa chair est peu estimée et ne sert qu'à faire la soupe. On peut citer encore les sébastes maculée, marbrée, inerme, du Cap, etc.

SÉBASTE, ville de l'ancienne Asie Mineure, dans la Gappadoce, près de l'Halys; elle porte aujourd'hui le nom de Sivas (v. ce mot). Ce fut aussi le nom que porta Samarie, sous Hérodote.

SEBASTIAN LATRE (don Thomas), littérateur espagnol, né vers 1740, mort en 1806. Il appartenait à une famille noble dont le crédit lui fit obtenir le titre de secrétaire du roi et de conseiller d'Etat. Ces fonctions furent pour lui purement honorifiques et il consacra sa vie entière à la culture des lettres. Sébastian Latre s'éprit d'une belle passion pour Ra cine et traduisit sans succès plusieurs pièces de ce poôte, dans le but de démontrer à ses compatriotes la supériorité de cet écrivain sur les auteurs dramatiques espagnols. On lui doit : traduction de Britannicus ; Essai sur le théâtre espagnol (1772, in-4°); Dissertation sur la littérature arabe (1775, in-4°); Dissertation sur l'éloquence grecque et romaine (1788, in-4°); Vie de tope de Vega, Calderon, Moreto, avec un jugement de leurs ouvrages (1790, in-4°); Histoire du théâtre grec et romain (Madrid, 1804, 3 vol. in-4°).

SEBAST1AN1 (Lazare), peintre italien, élève de Carpaccio, et non son fils, comme dit par erreur Vasari. Il a peint dans la maison de l'ancien ordre de Saint-Jean de Jérusalem, à Venise, une scène qui représente l'Arrivée à Venise du morceau de la vraie croix apporté par Mazeri. On a encore de Sebastiani un tableau à cinq compartiments {Saint Augustin, le Christ, etc.), dans l'église Saint-Sauveur, à Venise ; Sainte Vénérande, dans l'église des anciennes religieuses du Corpus- Domini; enfin Notre-Dame de Pitié, Saint Anasldse et Saint Roch , dans l'église de Saint-Antoine.

SEBASTIAN! ( François - Horace - Bastien, comte), maréchal de France et diplomate, né à La Porta-d'Ampugnano, près de Bastia (Corse), le 10 novembre 1772, mort à Paris le 20 juillet 1851. Pour faire croire qu'il appartenait à une famille noble, il ajouta à son nom celui de son village natal et se fit appeler Sebastiani de La Pana. Destiné à la carrière ecclésiastique, il entra au séminaire, mais, au début de la Révolution, il en sortit, suivit sa famille en France et entra, en août 1789, dans un régiment d'infanterie avec le grade de sous-lieutenant. Devenu lieutenant en 1793, il retourna en Corse, où son régiment était appelé, et là il devint l'agent militaire des représentants en mission. L'année suivante, il fut attaché comme aide de camp au général Casablanca, devint peu après ca-

Fitaine de dragons, et, après avoir servi à armée des Alpes, il passa à l'armée d'Italie. La bravoure dont il rit preuve k la bataille d'Arcole lui valut le grade de chef de bataillon (22 septembre 1797), et, deux ans plus tard, il obtenait le grade de chef de brigade, après la bataille de Vérone (20 avril 1799), où il avait été fait prisonnier en s'efforçant de percer les lignes de l'armée russe. Lors du coup d'Etat du 18 brumaire, Horace Sebastiani, qui se trouvait à Paris, s'empressa de seconder les vues ambitieuses de Bonaparte, dont il se disait parent. Après avoir occupé avec ses dragons le palais du Directoire, il se rendit à Saint-Cloud, pour aider à consommer l'attentat contre la représentation nationale, et fit signer à son régiment une adresse de félicitation aux consuls. Peu après, il suivit en Italie Bonaparte, dont il avait gagné la faveur, assista à la batailla de Mareitgo et conclut, conjointement avec Marmont , l'armistice de Trévise. Chargé, après la paix d'Amiens, de se rendre à Constantinopie pour y rétablir les bon3 rapports entre la France et la Porte (1802), il obtint un plein succès dans cette mission et en remplit une autre en Syrie et dans les Etats barbaresques, dont le but était de préparer les voies pour une nouvelle descente eu Egypte. Nommé général de brigade à son retour en France (1803), il commanda l'avantgarde de la cavalerie de Murât dans la campagne de 1805 , pénétra le premier dans Vienne, fut blessé à Austerlitz et élevé au grade de général de division (21 décembre 1805). Napoléon lui confia, le 2 mai 1806, l'ambassade de Constantinople. L'habileté et le talent qu'il déploya dans ce poste difficile sont sans contredit son plus beau titre de gloire. Il parvint à arracher Sélim III des bras de la coalition et à le rejeter dans ceux de la France. La Porte, menacée tout à coup par la présence d'une flotte anglaise devant Constantinople, le supplia de se retirer ; mais il s'y refusa, lit partager sa confiance au gouvernement turc, se chargea de la défense et mit une telle promptitude dans l'armement de la ville et des Dardanelles, que l'amiral anglais Dukworth fut obligé de se retirer sous le feu des batteries improvisées sur la côte. Après l'assassinat de Sélim et le revirement qui s'o-

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péra dans la politique de Bonaparte, Sebastiani demanda son rappel et rentra en France en juin 1807. L'année suivante, il reçut un commandement dans le 4« corps de 1 armée d'Espagne, dont il dirigea les opérations à partir de janvier 1807, et fut nommé comte par Bonaparte en 1808. Il remporta plusieurs victoires, entre autres celles de la Ciudad- Real (27 mars), d'Almonacid et de Rio-d'Amangor (1810), ce qui permit au roi Joseph de rentrer dans Madrid; mais il perdit bientôt les provinces de Grenade et de Murcie et fut bloqué dans la première de ces villes. Des démêlés qu'il eut avec le roi Joseph, la jactance de ses bulletins, la perte de deux canons à la bataille de Talaveira, perte qu'il s'était bien gardé de faire connaître, provoquèrent son rappel (mai 1810). En 1812, il prit part à la campagne de Russie, se distingua à Smolensk, k la Moskowa, commanda l'avantgarde pendant la retraite, reçut une biessure en chargeant l'ennemi à Leipzig et couvrit la retraite de l'année k Hanan. Pendant la campagne de France, Sebastiani commanda toute la cavalerie de la garde. Après l'abdication de Bonaparte, il se rallia au nouveau gouvernement , qui lui donna la croix de Saint-Louis. Elu député par le collège électoral de Vervins pendant les Cent-Jours, il appuya la politique de Bonaparte, et, après la bataille de Waterloo, il fit partie des commissaires envoyés par la Chambre auprès des princes allies, à Huguenau, pour demander que la France pût librement choisir son gouvernement.

Au début de la seconde Restauration, Sebastiani passa en Angleterre. L'année suivante, il revint en France, fut mis a la demisolde et fut nommé par la Corse, en 1819, membre de la Chambre des députés. Non réélu en 1824, il rentra de nouveau à la Chambre en 1826 comme député de Vervins, siégea jusqu'en 1830 dans les rangs de l'opposition extrême et se signala par la vivacité de ses attaques contre le gouvernement des Bourbons. Après la révolution de Î830, il fit acte d'adhésion complète à Louis-Philippe, dont il appuya constammeut la politique jusqu'à sa chute en 1848. Nommé ministre de la marine le 11 août 1830, puis ministre des affaires étrangères le 17 novembre suivant, il fut vivement attaqué par l'opposition, notamment par le général Lamarque, à propos de la politique de la France à l'égard de la Pologne, et prononça, à propos de l'écrasement de ce peuple par les Russes, ce mot qu'on lui a tant et si justement reproché : « L'ordre règne k Varsovie » (16 septembre 1831). En octobre 1832, il se démit de son portefeuille, cuis fut successivement ministre sans portefeuille (22 mars 1833 -1er avril 1834), ambassadeur à Naples (avril-août 1834), puisa Londres (7 janvier 1S35-7 février 1840), et reçut, le 21 octobre de cette dernière année, le bâton de maréchal de Frunce. Député de la Corse, il ne prit plus que rarement part aux débats des Chambres. Atteint d'attaques d'apoplexie, il perdit une partie de ses facultés, et la flu trafique de sa tille, la duchesse de Praslin, assassinée par son mari le 17 août 1847, acheva de l'accabler. Il ne Ht plus que végéter jusqu'à sa mort. Le maréchal fut euterré en grande pompe aux Invalides. Il avait été un des hommes les plus beaux et les plus élégants de son temps, et l'abbé de Pradt l'avait surnommé le Cupidon de l'Empire. Aux grâces séduisantes de sa personne, il joignait une extrême facilité d'elocution, une diction un peu emphatique et cette assurance imperturbable que donne la parfaite satisfaction de soi-même. Le maréchal Sébastian! passe pour l'auteur d'un ouvrage intitulé Etat actuel de la Corse (Paris, 1821, in-8<>), publié sous le nom de P.-S. Pompée.

SEBASTIANI (Jean -André -Tiburce, vicomte), général français, frère du précédent, né a La Porta (Corse) le 31 mars 1788. Elève du prvtanée de Paris, puis de l'école militaire de Fontainebleau, il fut nommé en 1806 sous-lieutenant de dragons, servit u'abord eu Portugal, où il prit part à la bataille de Vimeira, puis passa en Espagne, ou il combattit sous les ordres de son frète de 1809 à lSll. Tiburce Sebastiani se lit remarquer aux affaires d'Almarez, de Ciudad-Real, de Santu-Cruz, de Talaveira, d'Almonacid, au passage de lu Sierra-Morena, à la prise de Malaga, et reçut le commandement de colonnes mobiles, à la tête desquelles il combattit tour à tour les Espagnols et les Anglais, notamment k Motiii , dont il s'empara, et sous Jes murs de Gibraltar. Appelé en 1812 à faire partie de la grande armée, Sebastiani, après avoir été aide de camp du comte de Narbonne, fit la •' campagne de Russie dans un régiment de hussards. La bataille de la Moskowa lui fournit une nouvelle occasion de se distinguer. Pendant la campagne de 1813, il s'empara de Reikenberg, fut promu colonel et prit part a/ix batailles de Leipzig et de Huiiau. En 1814, il assista à divers combats, notamment à celui de Hanau, où il reçut une blessure grave. Après le retour de Bonaparte de l'île d'Elbe eu 1815, Sebastiaui, à la tête de son régiment, battit les Prussiens k Saiut-Amaus et assista aux. batailles de Ligny et de Waterloo. Après un dernier combat livré k la Patle-d'Oie pendant la retraite, il se retira avec les restes de l'armée derrière la Loire. Au retour des Bourbons, il se rendit dans son lie natale, et, trois ans plus tard, un 1818, il

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reçut le commandement de la légion corse. Nommé maréchal de camp en 1823, il se vit peu après mis en non-activité comme appartenant par ses idées à l'opposition. En 1828, un collège électoral de la Corse l'envoya siéger à lu Chambre des députés. A la fin de cette même année, il prit part à l'expédition de Morée et s'empara de Coron. De retour en France, M. Sebastiani reçut de la monarchie de Juillet le grade de lieutenant général. En 1832, il alla assister au siège d'Anvers, entra à la Chambre des pairs en 1837, puis devint commandant rie la division militaire de Marseille et en 1842 de celle de Paris, qu'il conserva jusqu'au £3 février 1843. Tres-attaché k la monarchie de Juillet, il fut profondément affecté de sa chute et se retira

I alors en Corse, où il a vécu depuis lors dans

I ia retraite.

I SÉBASTIANIE s. f. (sé-basti-a-nî). Bot. Syn. de chrysanthème, genre de composées.

| SÉBASTIANIQUE adj. m. (sé-ba-sti-a-nike — du gr. seùustos, auguste). Antiq. rom. Se disait des vainqueurs aux jeux augustaux.

SEBASTIANO DI LUCIANO, célèbre peintre italien, plus connu sous le nom de Sébastien

del Piombo. V. PlOMBO.

SÉBASTIEN (SAINT-), ville forte d'Espagne, ch.-l. de la province de son nom ou de Guiuuzeoa, à 6-2 kilom. N.-O. de Pampelune, 64 kilom. N.-E. de Bilbao, par 47° 19' de latit. N. et 40 20' de longit. E., sur un Ilot du golfe de Biscaye, uni au continent par un pont de bois ; 10,000 hab. Corderie, fabriques de papier, toiles, liqueurs estimées; tanneries. Port de commerce ; importation d'huile, poissons, fer, lin, bois de teinture, soieries, tissus de laine, zinc, tabac; exportation de cacao, café, savon et vin. La ville s'élève en amphithéâtre sur une énorme butte que la mer a rongée et isolée du continent. Elle est défendue par un château fort, par plusieurs batteries et protégée par de hautes murailles que baigne la mer. Elle est assez bien bâtie et renferme quelques beaux édifices, entre autres ceux de la place Neuve, deux hôpitaux et plusieurs couvents. Saint- Sebastien s'appelait primitivement Izurun ; ce n'est que vers le ixo siècle que commence k apparaître son nom actuel. Port déjà important, la ville fut longtemps enfermée dans une sorte de quadrilatère de murailles, qui en circonscrivaient et en restreignaient l'espace au pied du mont Orgullo. La démolition récemment décrétée de ces anciennes murailles donnera incessamment k Saint-Sébastien une extension considérable, et les plans sont déjà tracés, La ville, au surplus, traverse en ce moment une période de transition singulière : l'ancien Saint-Sébastien n'existe plus et le nouveau n'existe pas encore. En effet, Saint-Sébastien, dévasté pendant la guerre de la succession d'Espagne, reçut le dernier coup en 1813, kla suite du siège fameux qu'elle eut k subir à cette époque. Sans vouloir empiéter sur le récit de ce siège, nous nous bornerons à donner un curieux extrait des Souvenirs de M. de Quatrefages, qui peut-être expliquera ce désastre immense, et inexcusable à tous les points de vue, mieux que toutes nos réflexions. « On ne peut en douter, dit M. de Quatrefages, le 31 août 1813, Saint- Sebastien a été détruit par ses propres alliés et sa ruine était préméditée. La responsabilité de cette destruction retombe évidemment tout entière sur les généraux anglais qui commandaient l'armée assiégeante et qui tenaient des événements une véritable omnipotence. Quelle raison pouvait motiver de leur part une conduite aussi étrange qu'odieuse? Saint-Sébastien était le chef-lieu d'une des provinces basques où l'industrie et le commerce ont toujours tendu à se développer; elle avait été le siège de riches compagnies qui exploitaient les colonies espagnoles ; le retour de la paix allait raviver les rapports actifs avec la France. Pour cela seul, peut-être, Saint-Sébastien devait périr. » Cet extrait montre avec quelle barbarie, digne d'ennemis acharnés plus que d' alliés, Saint- Sébastien fut détruit eu 1813. Aussi les maisons qui forment la ville actuelle sont-elles neuves pour le plus grand nombre, les rues droites et aérées. Ou y sent les progrès modernes. Une belle place occupe le centre de la ville. Un des côtés de cette place, dite place Neuve {ptaza iVuewa), est occupé par l'hôtel de l'ayuntamiento, ou magistrat principal. Quelques édifices ont cependant échappé à la ruine ; nous citerons l'église Santa-Maria, composée de plusieurs nefs élevées et spacieuses, et dont le chœur est d'une grande élégance, et l'église san-Vinceute, édifice gothique k l'extérieur et orné intérieurement dans le style de la Renaissance. Mentionnons encore le théâtre, de construction récente et pouvant contenir sept cents spectateurs. La citadelle de Saint-Sebastien couronne le sommet du mont Orgullo; le chemin escarpé, taillé souvent dans le roc vif, qui y donne accès, est bordé de plusieurs tombes; ces tombes sont celles des officiers qui, en 1B36, défendirent la ville contre les officiers carlistes. Quant au port, situé au pied même de la montagne, il a singulièrement perdu en importance. 11 est abrité de toutes parts, même du côté de la baie, par quatre jetées et constitue pour les bâtiments, qui malheureusement n'y peuvent pénétrer qu'à la marée haute, un asile sûr. Il n'en est pas de même

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de la baie, dont le mouillage offre des dangers et k laquelle on préfère le plus souvent l'embouchure de l'Uurrumca, sur l'autre versant du mont Orgullo.

Les Arenas, vaste terrain uni, situé en dehors de Saint-Sébastien, sont encore aujourd'hui assez fréquemment le théâtre de combats de taureaux , divertissement si cher aux Espagnols.

SÉBASTIEN (SAINT-), bourg et commune de France (Loire-Inférieure), cant., arrond. et à 6 kilom. de Nantes, sur une hauteur, près de la rive gauche de la Loire; pop. aggl., 420 hab. — pop. tôt., 2,349 hab.

f SÉBASTIEN (SAINT-), Ile du Brésil, dans l'océan Atlantique, séparée de la côte de la province de Saint-Paul, dont elle dépend, par un détroit de 5 kilom. de largeur. Elle mesure 30 kilom. de longueur sur 3 kilom. de largeur et renferme un bourg du même nom; 3,000 hab.

SÉBASTIEN (SAINT-), ville de la république de Venezuela, dans le département et à 124 kilom. S.-O. de Caracas; 5,000 hab.

SÉBASTIEN (SAINT-), ville du Mexique, dans l'Etat de Cinaloa, à 155 kilom. N.-E. deMazatlan; 4,000 hab.

SÉBASTIEN (SAINT-), ville des Canaries, dans l'Ile de Gomera, sur la côte orientale, ch.-l. de juridiction civile; 2,000 hab. Petit port de pêche et de commerce.

SÉBASTIEN (saint), martyr, né à Narbonne, mort en 288. Il fut élevé à Milan, puis se rendit k Rome, où il prit la profession des armes, non par goût pour cette profession, mais pour être utile aux chrétiens dont il faisait partie et pour raffermir leur courage lorsqu'il les voyait défaillir dans les tourments. L'empereur Dioclétien, qui le prit en affection (285), lui donna le commandement de la première cohorte de ses gardes. Sébastien uen continua pas moins à faire des prosélytes au christianisme et à briser des idoles. En 2S8, on le dénonça à l'empereur, q <i le fit venir et lui dit : « Je l'ai toujours chéri et distingué parmi les principaux personnages de ma cour, et tu désobéis à mes ordres en insultant les dieux. • Sébastien lui dit : • J'ai toujours invoqué Jésus-Christ pour ton salut et pour la conservation de Rome, et j'ai toujours adoré Dieu qui est aux cieux. ■ Alors Dioclétien ordonna qu'il fût conduit au milieu d'un champ et qu'il fût percé de flèches. Laissé pour mort, criblé de traits, il fut trouvé par une femme nommée Irène, qui s'aperçut qu'il vivait encore, l'emmena dans sa maison et pansa ses plaies. Lorsqu'il fut guéri de ses blessures, Sébastien, au lieu de se cacher, alla se placer sur le passage de l'empereur, qui fut frappé d'étonuemeut à sa vue, car il le croyait mort. « Le Seigneur m'a rendu la vie, lui dit le saint, afin de vous reprocher les maux que vous faites aux chrétiens, serviteurs de Jésus-Christ. • Alors Dioclétien ordonna qu'il fût battu jusqu'à la mort et il lit jeter le corps dans un eguut, afin qu'il ne fût pas révère par les chrétiens comme martyr. Mais la nuit suivante, une femme chrétienne retira son cadavre du cloaque et lui donna la sépulture.

Plus tard, au temps du roi Humbert, pendant une peste qui ravagea la Lombardie, les reliques de saint Sébastien furent transportées à Pavie, L'Eglise catholique célèbre sa fête le 20 janvier.

— Iconogr. La grande popularité dont saint Sébastien a joui aux époques et dans les pays où la dévotion a eu le plus d'ardeur nous a valu une multitude d'images de ce saint. Fra Bartolommeo avait peint pour l'église de San-Marco, à Florence, un Saint Sebastien absolument nu, dont les formes superbes troublèrent les sens des dames florentines au point que les moines du couvent crurent devoir reléguer ce ohef-d'oauvre plastique dans une salle de leur chapitie. La plus ancienne image que l'on connaisse de saint Sebastien ne le représente pas comme un Adonis ; c'est un bas-relief eu terre- cuite, provenant de la catacombe de Sainte -Pt'iscille et que Bottari, qui 1 a publié, croit remonter aux premiers siècles de l'ère chrétienne ; le saint y est figuré dans uu âge mûr, avec les cheveux longs et ilultauts, sans barbe, attaché à un poteau, les pieus sur une espèce de tablette ou de suppedtineum semblable k celui qu'on voit communément sous les pieds du Christ en croix. Deux suldats demi-nus tirent leurs flèches contre le saint; un troisième bande son arc avec effort ; un quatrième assis k terre, avec son arc brisé à la main, contemple la victime ; enfin, en avant de ces satellites est un chef k cheval qui semble leur intimer ses ordres. Dans une mosaïque que L'on croit exécutée en 680 et qui décore l'église de Saint- Pierre-ès-Liens, k Rome, saint Sébastien est revêtu d'une cuirasse et d'une toge ou longue robe ; il est barbu et semble tenir k la main la couronne du martyre; près de lui, sur une tablette de marbre, est une inscription lunue indiquant qu'une peste qui décimait Rome en l'an 6S0 fut conjurée par l'érection d'un autel à saint Sébastien dans l'église de Saiut-Pierre-e.s- Liens. Cette mosaïque a été publiée par d'Agincourt (Peinture, pi. 17), qui a donné aussi des gravures de deux figures du saint peintes au moyen âge (pi. 158, 162) et dont l'une le représente revêtu du luticlave. L'ancien

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musée Napoléon III, formé de morceaux provenant de la fameuse collection Campana, renfermait un tableau de l'école florentine (n<> 71), de la fin du xiv» siècle, représentant Saint Sébastien tenant une flèche.

Un sculpteur italien, Paolo Campi, a transformé en Saint Sébastien une statue antique, d'un assez beau style, qui se voit dans une chapelle de l'église Sainte-Agnès, k Rome. Une figure de Saint Sébastien couché et percé de flèches a été exécutée parle Bernin, pour la basilique dédiée k ce saint sur la voie Appienne, k Rome ; l'exécution en est pleine de délicatesse, mais elle manque de simplicité. Une autre statue de marbre, par Benedetto da Majano, est placée dans une chapelle de l'église de la Miséricorde, k Florence; d'autres ont été sculptées par Ippolito Scaiza pour la cathédrale d'Orvieto, par Becerra pour la cathédrale de Burgos (chapelle du Connétable), par Matteo Civitale pour la cathédrale de Lucques, par Pierre Puget pour l'église de S Vinte-Marie de Curignan, t'i Gènes (v. ci-;iprès la description du chef-d'œuvre de ce dernier maître). Parmi les sculpteurs contemporains qui ont exécuté des statues de Saint Sébastien, nous citerons : De Buy père (église Sainl-Merry, k Paris), Barye (figure d'étude, Salon de 1831), Gechter (Salon de 1837), Suget (Salon de 1837), Edmond Lévêque (Salon de 1842), Vital Dubray (Salon de 1842), Jusl BeCquet (Salon de 1850), C.-E. Bailly (Salon de 1863), Ch. Gauthier (Salon de 1866), Gautherin (Salon de 1870), Alfred Lenoir (Salon de 1875). L'œuvre de ce dernier artiste a obtenu une médaille de première classe.

Raphaël a peint, dans sa première jeunesse, une figure k mi-corps de Saint Sébastien, vu de face, vêtu et tenant une flèche; un paysage d'un fini admirable se déroule dans le fond du tableau. Cette peinture, que Passavant croit être du même temps que le Sposalizio, a été achetée k Crema, pour la modique somme de 3,000 lires, par le graveur milanais Giuseppe Longhi; elle est devenue depuis la propriété du comte Lochis de Bergaine. Il en a paru une gravure au trait par Longliena, dans le livre consacré k RaphaOl par Quatremère de Quincy.

Un tableau d'Annibal Carrache, qui est au Louvre et qui a été gravé par G. Audran, représente Saint Sébustieii attaché k un tronc d'arbre et percé de flèches ; on voit à ses pieds ses vêtements et son armure et, dans le lointain k droite, les archers qui retournent k Rome. Dans uu tableau du Perugin, qui est k la galerie Borghèse, saint Sebastien est attache k une colonne, les mains derrière le dos; il est percé de cinq flèches et lève les yeux au ciel; une draperie grise entoure ses hanches. Dans un tableau de Giovanni Bellini, au musée du Capifoie, il est lié k un arbre et lève également les yeux vers le ciel ; son jeune visage est encadré par de beaux cheveux blonds; uu paysage délicatement peint, avec quelques figurines, sert de fond k la composition. Le inusée du Vatican possède un tableau dans lequel le Titien a représenté Saint Sébastien nu, les mains derrière le dos, les yeux baissés, entouré de plusieurs autres saints. Chaque personnage posant ici pour sou propre compte, la composition manque à la fois d'unité et de grandeur; l'intérêt principal se concentre, il est vrai, sur le martyr dont les carnations sont vigoureusement modelées et éclairées, mais il n'y a rien la de religieux.

Au musée de Montpellier est un tableau du Garofalo, qui représente Saint Sébastien percé de flèches et attaché k une colonne, au milieu d'une foule de spectateurs; l'Eternel, environné d'anges, lui apparaît Sur les nuées. Van ûyck a peint Saint Sébastien secouru pur les anges; ce tableau, qui est au Louvre et auquel nous consacrons ci-après une notice spéciale, a été gravé par Van Schuppen. D'autres Saint Sébastien du même maître se voient k la pinacothèque de Munich et au musée de l'Ermitage. Sur le volet d'un triptyque de Memling, qui a été payé 20,000 fr. k la vente Vallardi, de Miian, en 1857, le Martyre de saint Sébastien est peint avec une grande finesse ; uu archer ajuste le saint, tandis qu'un autre bande son arc. Gio.-Battiata Paggi a représenté Saint Sébastien fouetté avec des verges de fer; ce tableau décore un oratoire dédié k ce martyr et dépendant de l'église de l'Annutiziata, k Florence. Le Mat'' tyre de saint Sébastien a été retracé par le Pinturiccbiosur la voûte d'une des chambres' de l'appartement B01 gia, uu Vatican ; cette composition, fort remarquable, a été publiée par Erasme Pistolesi (Ù Vatieano deicritto, III, pi. 35). Le même sujet a été peint par Antonio Pollaiuolo (musée de Modene), Camassei (galerie Barberini, à Rome), Micco Spadaro (musée de Naples), Hans Holbein (pinacothèque de Munich), Gio.-B. Castello (église de Saint-Sébastien, k Gênes), Jacopo da Empoli (église de Saint-Lauréat, k Florence), Ch. Moench (Salon de 1843), Lepaulle (Salon de 1S45), etc.

Saint Sebastien secouru et rappelé kla vie par la veuve Irène et ses servantes est un sujet qui a été souvent représente par les artistes. Il a été peint notamment par B. Sciiidoue (musée de Naples), D. Calvaert (musée de Caen), Donato Cresti (musée de Naples), Gio.-B. Ferrarese (pinacothèque de VeniseJ, Francesco Fui im (vente de la galerie de San- Donato, 1870), Luca Giordauo (avisée de

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Dresde), Eustache Lesueur (musée de Tours), Eugène Delacroix (v. ci-après la description), X. Dupré (Salon de 1838), Hillemacher (Salon de 1842),J.-A.Duval Le Camus (S'iton de 18-12), Jules Richomme (Saloti de 1844), Eugène Thirion (Salon de 1875), etc.

Dans l'église de Saint-Sébastien, à Venise, se trouve un tableau de Paul Véronèse représentant le jeune saint exhortant Mardis a'. Marcellinus, soldais comme lui dans la

farde prétorienne, à confesser la foi ; il est ebout au sommet d'un escalier, revêtu de son armure et agitant une bannière; se» formes élégantes et martiales se détachent sur le ciel bleu ; son attitude, son visage respirent la foi et l'enthousiasme; près clé lui, on voit Marous et Marcellinus qui hésitent, environnés de leurs amis en pleurs. Il y a dans ce chef-d'œuvre une lumière, une couleur, une vie, un mouvement prodigieux.

D'autres tableaux relatifs à saint Sébastien ont été peints par Antonello de Messine (musée de Berlin), le Baroche (cathédrale de Gênes), le Caravage (musées de Milan, de Dresde, de Munich et de Tours), B, Curdticei (musée de Madrid), Cavedone (galerie du Belvédère), le Corrége, le Dominiqnin (gravé par J.-J. Frej', par P. Betini et par N. Dolïgny, reproduit en mosaïque dans l'église Suint-Pierre de Rome), V. X. Fabre (musée de Montpellier), te Giorgione (musée de Milan, gravé par Michèle Bisi), le Guerchiu (galerie du palais Pitti, gravé par Giovanni Folo, par Pusqunlini, 1628, par Bonafede.etc), le Guide (musées du Louvre, de Madrid et de Bologne, gravé par Bartsch, par Kerd. Gregori), B. Luini (gravé par J.-B. Meunier), le Parmesan (gravé pur Noël Le Mire), Mignard (gravé par Ganière), Andréa de Murano (pinacothèque de Venise), Palma le jeune (musées de Dresde et de Munich, gravé par Cornelis Galle le vieux et par Gilles Sadeler), Cesare Procaccini (musée de Bruxelles), Ribera (musée de Madrid), Daniel Saiter ( gruvé-pur Nicolas Lesueur), Girolamo da Santa-Croce (musée de Berlin), G. Seghers (gravé par P. Pondus), L. Spada (inusée de Modène), Stanzioni (musée du Louvre), Valentin (gravé par S. Barras), P. Véronèse (musée du Belvédère, gravé par P. van LisebeUen et Van Kessel), Vincent (musée de Caen), L. de Vinci (gravé par L. Flnmeng, Salon de 1861), H. Lazergos (Exposition universelle de 1835), Tabar (Exposition universelle de 1855), Al. Lafond (Exposition universelle de 1855), Eugène Cuny (Salon de 1865), Th. Ribot (Salon de 1865), "Ch. Lefebvre (Salon de 1866), C. Corot (Exposition universelle de 18G7),Courtat (Salon de 1874), etc. Citons enfin les estampes d'Altdorfèr, A. Durer, Cb. Audran, Bazin (d'après le Titien), J.-G. Berginuller, Fr. Bourlier, Abruh:iiu Bosse et Jérôme David (d'après le Giorgione), Hans Burgkinair (gravure en bois, 1512), J. Callot, S. Cantarini (eau-forte), B. Cervi (1628), N.-G. Dupuis (d'après L. Carraehe, 1770), Simon François, Ant. Garnier (d'après Jacques Blanchard), Gimignani (1642), H.-B. Griln, D. Hopfer, Giovannini (d'après L. Ûarraclie), Léonard van der Koogen (eau-forte, 1665), L. Krug, Lodovico, Lana (eau-forte, 1649), L. Lolli, Lucas de Leyde, Michèle Lucchese (d'après Michel-Auge), Mair, le Maître au caducée, Cari, de Mallery, C. Mogalii (d'après Andréa del Sarto), Jan Muller (d'après J. van Achen), Nicoleto de Modène, Queroy (eau-forte), Martin Schon, iiichel Wohlgemuth (gravure en bois), etc.

Comme on peut le voir d'après cette longue énumération, saint Sébastien a été représenté par les membres les plus illustres des ' diverses écoles.

Sébastien (saint), tableau de J, Palma.

Jacques Palma, en représentant saint Sébastien après Raphaël, a choisi l'instant où son martyre va commencer; il n'a encore reç î aucune flèche, et les bourreaux l'attachent seulement à l'arbre ; le saint lève les yeux vers le ciel, où l'on aperçoit un ange qui lui apporte la palme et la couronne du martyr, tandis que, dans le fond, on voit, à gauche, lus archers chargés d'exécuter les ordres do Dioclétien et, à droite, Irène avec d'autres chrétiens qui veulent au moins donner la sépulture au corps de Sébastien lorsqu'il aura reçu la mort. « On peut, dit Duckesne, reprocher au peintre de n'avoir pas su couserver à ses figures la simplicité dont on ne doit pas s'écarter. La pose de la figure de saint Sébastien est un peu tourmentée; celle du bourreau, sur le devant, est ridicule. Malgré ces maladresses, ce tableau mérite cependant d'être fort admiré sous le rapport du coloris, qui est très-brillant. Le dessin est d'une grande correction et l'expression sublime. Enfin, le groupe du fond, à droite, est d'une finesse de coloris et d'une exécution des plus précieuses, en un mot c'est le chefd'œuvre du peintre. > Ce tableau, peint sur cuivre, a été gravé en même dimension par Gilles Sadeler et au trait par Réveil.

Sébastien (saint), tableau de Van Dyek ; galerie de l'Ermitage. Ou sait que saint Sébastien fut percé de flèches par ordre de Dioctétien. Van Dyek, en retraçant ce sujet, a représenté saiut Sébastien encore attaché à l'arbre et abandonné par ses bourreaux ; la cuirasse que l'on voit près de lui rappelle la profession du martyr ; mais à la place de sainte Ii^ne, dont les soins rendirent la vie à saint Seoastren, le peintre a introduit près

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' de lui deux anges, dont l'un délie l'une de ses jambes , tandis que l'autre retire une des flèches de son côté. Cet admirable tableau est du coloris le plus brillant, d'un dessin plein de iinesse et d'une expression des plus touchantes. La draperie rouge dont l'un des anges est enveloppé est d'une telle ampleur, qu'elle paraît un peu lourde. Ce tableau , peint sur bois, a été gravé plusieurs fois, entre autres par Réveil, dans le Musée de peinture.

Sébaatteu (saint), tableau d'Eugène Delacroix. Le saint vient d'être percé de flèches et s'évanouit par la perte de Son sang. Deux saintes femmes l'assistent à ce cruel instant; l'une, cachée par l'arbre sous lequel repose le martyr, retire délicatement les flèches do son corps ; la seconde se détourne pour guetter les bourreaux placés sur un plan plus éloigné. • Ce bel ouvrage, dit G. Planche, présente deux qualités qui semblent s'exclure et qui pourtant se concilient très-bien; il est original par la composition, et cependant la couleur est imitée. Il est impossible de nier la nouveauté des ligures, la création des lignes et des attitudes; mais, en même temps, il n'est pas permis de méconnaître l'analogie qui unit la couleur de ce tableau aux toiles du Titien. La composition est simple et grave, la tête du saint exprime à la lois la souffrance et la résignation ; la mort n'a pas encore altéré la paisible sérénité de son visage. Le corps s'affaisse naturellement, sans pesanteur et sans gaucherie. Toutes les conditions de la réalité sont fidèlement observées; mais peut-être convient-il de relever, dans les lignes des bras et des jambes, une reproduction trop latérale de la nature. Les lignes du Saint Sébastien sont vraies sans être belles. Les deux angles formés par les deux jambes et par la jambe droite et le bras droit, bien que naturels et faciles k rencontrer, ne plaisent pas à l'œil, manquent d'élégance etxle pureté. Après ces courtes réprimandes, je me hâte d'ajouter que les deux femmes sont dignes des premiers maîtres de l'Italie, Le ciel, le fond et l'arbre sous lequel repose le corps du saint se marient merveilleusement avec le ton des figures. Aux yeux de l'esprit le plus sévère, le Saint Sébastien de M. Delacroix est un grand et beau tableau, une composition religieuse tout à la fois élevée, naïve et savante, achevée par un pinceau vénitien. » Ce tableau a été exposé en 1836.

Sébaailen (saint) , tableau de Ribot; au musée du Luxembourg. Le saint confesseur est étendu, en pleine lumière, au premier plan; deux femmes, Irène et sa servante, sont accroupies près de lui, dans l'ombre, et cherchent k étancher le sang qui sort de ses blessures. Cette composition est exécutée avec une science et une vigueur peu communes, dans la manière du Caravage; mais les types choisis par l'artiste sont d'une vulgarité extrême et certains détails anatomiques sont accusés avec un soin excessif; il y a exagération aussi dans l'opposition des clairs et des ombres, et les demi-teintes ont, dans les carnations mêmes, une couleur noirâtre tout à fait déplaisante. Ce tableau a figuré au Salon de 1865 et a été acheté 6,000 fraucs par l'administration des beauxarts.

Sébastien ( saint), tableau de Corot. A l'exemple de Van Dyek, du Guide, du Guerchin, d'Eugène Delacroix, Corot s'est plusieurs fois inspiré de la touchante légende de saint Sébastien ; il s'en est toujours tenu d'ailleurs au même épisode, à celui des secours donnés au jeune et beau martyr par la pieuse Irène et sa servante. Les figures n'offrent, k la vérité, qu'un intérêt secondaire relativement au paysage, dans les tableaux où Corot a placé cet épisode; mais on sait avec quel art ce maître charmant a su, tout en restant sincère, embellir et poétiser la nature. Les paysages dans lesquels il a placé saint Sébastien, et qui ont figuré au Salon de 1853 et a l'Exposition universelle de 186", comptent parmi ceux auxquels il a su donner le plus de grandeur et de style. Il travaillait k une autre toila sur le même sujet, lorsque la mort est venue le frapper. Cette peinture, qui a paru à l'exposition de la Société des amis des arts (1SÎ5), termine dignement la longue carrière du maître; la composition et l'exécution on sont des plus remarquables : au bas d'une colline, sous de grands arbres, Irène soutient par les épaules le corps du martyr et en retire une flèche; sa servante, accroupie derrière elle, tient un bassin de cuivre; au fond, sur la pente de la colline, des cavaliers s'éloignent; tout en haut du tableau, sous la voûte formée par les arbres, deux petits anges apportent l'un une couronne, l'autre la palmedu martyre. Les lueurs du crépuscule éclairent la scène et lui donnent un caractère mystérieux et très-poétique.

&ûi>asiieu (saint) , statue de marbre, de P. erre Puget; dans l'église de Sainte-Marie do Carignan, k Gênes. Le saint a les mains liées k une branche d'arbre, au-dessus de sa tête ; ses jambes sont ployées, sa poitrine est jetée en avunt; sa tête, renversée sur l'épaule droite et tournée vers le ciel, a une expression k la fois douloureuse et résignée. Près de lui, son armure, son casque et son épée sont posés à terre. Cette statue, haute de 4 mètres, se fait remarquer surtout par la

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belle et large exécution du nu, par la vivacité et la force de l'expression. On croit voir palpiter le marbre, tant il y a de souplesse dans les muscles et d'élasticité dans les chairs.

SEBASTIEN, empereur romain, ou plutôt tyran des Gaules. Il régna de 412 k 413, Son frère, Jovin, s'étant fait proclamer empereur k Mayence et voulant renverser Honorais, conclut une alliance avec Ataulphe, beaufrère d'Alaric, roi des Goths, qui venait de prendre Rome, et crut accroître encore sa force en faisant proclamer Sebastien empereur. Ataulphe, irrité de l'élection de Sébastien, rompit son traité avec Jovin, s'unit k Constance, général d'Honorius, surprit Sébastien dans Narbonne et le fit décapiter.

SÉBASTIEN, roi de Portugal, fils posthume de l'infant Jean, né à Lisbonne en 1554, mort en Afrique en 1578. 11 succéda, à l'âge do trois ans, k son aïeul Jean III, sous la tutelle de sa grand'mère, Catherine, puis sous celle de son grand-oncle, le cardinal Henri, et prit les rênes de l'Etat en 1569. Une dévotion outrée, une immense ambition de gloire formaient lo fond de son caractère. Voulant marcher sur les traces d'Alexandre, il forma le plan gigantesque de passer le détroit, soumettre l'Afrique, pénétrer dans les Indes, en Perse, revenir en Europe par la Turquie et arracher Constantinople k l'islamisme. En 1571, il leva des troupes, passa k Tanger, sous prétexte de visiter ses possessions d'Afrique, et commença la guerre contre les Maures. Revenu dans sa capitale après cette heureuse expédition, il y reçut une ambassade de Muley-Mohammed, souverain du Maroc, dépouillé d'une partie de ses Etats par son oncle, et qui réclamait son secours en offrant de devenir son tributaire. Son oncle, Philippe II, qui convoitait le Portugal, l'excita k secourir Mohammed. Sébastien n'hésita plus. Il s'embarqua en 1578, l'esprit plein de ses aventureux projets, aborda en Afrique et vint se heurter, dans les plaines d'Aloaçar- Quivir, kla formidable armée du vieux Muley- Abd-el-Meleck. Après avoir combattu avec la plus héroïque et la plus folle bravoure, il fut tué par un chef africain. Son armée fut presque entièrement exterminée. Ses sujets refusèrent longtemps de croire à sa mort, et cette opinion favorisa les projets de plusieurs imposteurs qui voulurent successivement se faire reconnaître pour dom Sébastien. Le Portugal fut, peu de temps après, réuni k la couronne d'Espagne par Philippe U et n'en fut arraché que par la révolution de 1640, qui plaça sur le trône la maison de Bragance.

SÉBASTIEN (le Père), mécanicien français. V, Truchet.

SÉBASTIEN DEL PIOMBO, peintre italien.

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