V. PlOMBO
SÉBASTIEN DE SAINT-PAUL (le Père), théologien flamand, né k Enghien en 1630, mort à Bruxelles en 1706. Entré chez les carmes, il professa la philosophie et la théologie dans les collégiales de son ordre et remplit diverses fonctions importantes. Sébastien de Saint-Paul se montra le champion le plus acharné de son institution dans la lutte avec les bollandistes. Ses principaux écrits sont : Libelius pro origine et aittiquitate ord. Carmel (Francfort, 16S3, in-4u); li'xpositio errorum P. Daniel Papebrockii Suc. Jesu (Cologne, 1693, in-4°) ; Motiuumjuris pro libro cui titutus est Expositio, etc. (Anvers , 1694, in-4°); Appendix ad Moliouni juris (Anvers, 1694, in-4°).
SÉBASTOPOL ou SÉVASTOPOL , ville et port de mer de la Russie d'Europe, k l'extrémité S.-O. de la Crimée, à 2,107 kilom. S.-E. de Saint-Pétersbourg, à 400 kilom. de Constantinople, par 44° 36' de latit. N., 31" il' de longit. E., sur une vaste rade'de la mer Noire qui s'enfonce dans les terres entre des falaises de 20 k 25 mètres de hauteur ; chef-lieu de préfecture (depuis 1873) comprenant la ville , le quartier suburbain du nord et la presqu'île de Chersonèse. La préfet, choisi dans la marine, est k la fois le chef de l'administration et le commandant du port et de la place; 16,000 hab. Cette ville s'élève en amphithéâtre sur un mamelon de 65 mètres de hauteur et sur la rive méridionale de la rade. Avant la guerre de 1854-1855, elle comptait 43,000 hab. et on y remarquait plusieurs édifices élégamment construits, entre autres la cathédrale de Saint- Michel , le théâtre , l'église de Saint-Pierre-et-Snint- Piiul, construite sur le plan de la Madeleine de Paris, l'arsenal et les casernes. Presque tous ces édifices, détruits par les bombes françaises, ont été reconstruits depuis lors. » Le port, le seul de la mer Noire, dit Lavallée, qui puisse recevoir des vaisseaux de guerre et former un grand établissement maritime, se compose d'une grande rade intérieure, longue de 5,700 mètres, où se jette la Tchernaïa, et de trois baies appartenant à la côte septentrionale de cette rade. Celle-ci s'ouvre sur la mer Noire à l'ouest et s'enfonce, k l'est, entre deux falaises do 20 k 25 mètres de hauteur; elle est large de 1,200 mètres, profonde de 10 k 16 menés, sans îles, avec un fond excellent; son entrée est d'environ 600 mètres. Elle est défendue au nord par le fort Constantin, au sud par le fort Alexandre, et c'est entre cas deux forts que les Russes coulèrent leurs vaisseaux en 1854 , pour empêcher les flottes a liées d'entrer dans la rade. La côte méridionale
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de la rade est ouverte seulement par des criques insignifiantes, bordées de rochers, couronnées par le fort du nord et d'autres ouvrages; a l'extrémité de cette côte sont les hauteurs d'Inkermann, célèbres par la victoire des Anglo-Français (5 novembre 1855). La côte septentrionale renferme Sébastopol avec tous ses établissements ; elle s'ouvre par trois baies importantes: celles de l'Artillerie, du Port et du Carénage. Le port, défendu k son entrée par les deux forts Saint-Nicolas et Saint-Paul, est long de 1,500 mètres, large de 400 k 500 mètres, profond de 10 k 15 mètres. Sur la côte occidentale s'étend la ville ; sur la côte orientale sont l'arsenal, les docks, les casernes, l'amirauté et, au delà, le faubourg de Karabelnaïa. » Lors du siège do Sébastopol en 1854 (v. plus bas), la ville était défendue, du côté du plateau du cap Chersonèse, où s'étaient établis les alliés, par une série d'ouvrages fortifiés, s'étendant de la baie du Carénage k la baie de la Quarantaine, et dont la position capitale était la tour de Malakoff, dominant le port et Karabelnaïa.
Sébastopol, fondé en 1786 par l'impératrice Catherine U, est la forteresse avancée de la Russie dans la mer Noire, forteresse toujours menaçante pour la Turquie. De 1k, en effet, en cinquante heures, des vaisseaux peuvent Se rendre devant Constantinople. Après la prise de Sébastopol par les Anglo- Français en 1855, le traité de Paris (1856) ayant, interdit à la Russie d'avoir des vaisseaux de guerre et des établissements militaires dans la mer Noire, la ville resta k demi ruinée et sa population tomba k 7,000 personnes; mais, depuis lors, elle s'est relevée, et la rupture du traité de Paris en 1871, en lui rendant toute son importance au point de vue stratégique, lui a rendu une partie de son ancienne prospérité,
Sébastopol (siège oE). Ce siège est unique dans l'histoire, autant par l'immensité des moyens d'attaque et de défense que s'opposèrent réciproquement les nations les plus guerrières de l Europe, que par le courage, la .constanco avec lesquels il fut entrepris et pousuivi et l'énergie indomptable avec laquelle il fut soutenu. Après la bataille de 1 Aima (20 septembre 1354), deux projets se présentaient aux généraux en chef des armées alliées : attaquer Sébastopol par le nord en faisant le siège de la citadelle, ou s'établir au sud dans le réduit même de la Crimée, entre Sébastopol et lialaclava. Dans le premier plan, les flottes prêtaient k l'armée assiégeante un concours décisif, en pénétrant dans le port et en accablant les forts de leurs projectiles. C'est dans ce but qu'elles avaien t été approvisionnées de munitions de guerre formidables. Mais, par une inspiration qui fut sans doute un acte de désespoir, peut-être aussi un éclair de génie, les Russes rendirent impénétrable l'entrée du port en y coulant cinq vaisseaux et deux frégates. C'était un obstacle infranchissable, et il ne nous restait plus qu'à entreprendre le siège par terre, c'esi-k-dire dans les conditions les plus défavorables, puisque nous ne pouvions empêcher le ravitaillement continuel de la place par le nord et que, contre toutes les règles ordinaires k ces sortes d'opérations, l'année assiégeante avait k lutter contre des troupes beaucoup plus nombreuses, protégées de plus pur de redoutables fortifications.
Au moment de marcher sur Sébastopol, le maréchal de Sa:nt-Arnaud, le vainqueur de l'Alina, vaincu par la maladie, était forcé de résigner le commandement en chef entre les mains du général Canrobert. L'armée francoanglaise s'avança sans rencontrer aucun obstacle. Le 27 septembre 1834, deux divisions françaises et deux anglaises poussèrent une reconnaissance sur le plateau à l'extrémité duquel s'élève Sébastopol. Bientôt apparaît cette ville fameuse avec ses arsenaux, ses casernes, ses grands bâtiments, ses immenses chantiers de construction ; bâtie en amphithéâtre sur des roches blanches brûlées par le soleil, elle présentait un aspect triste et étrange à la fois; les collines qui l'environnent déroutent, aussi loin que la, vue peut s'étendre, un tableau d'une lroide et sombra aridité. Mais comme établissement de marine militaire, Sébastopol jouit d'une situation admirable, entre deux baies (de l'Artillerie et du Carénage) formées par un bras de mer qui s'avance à une distance de 2 lieues environ dans les terres. Les Russes, ne croyant avoir réellement k combattre que des flottes, avaient concentré tout l'art de la défense d:ins les fortifications du port. Voyant apparaître tout k coup les armées alliées sur un point d'attaque où ils ne les attendaient pas, ils se fortifient en toute hâte; des milliers de bras, sous la protection de l'artillerie de la place, bouleversent les terres et élèvent de formidables épaulements. Sébastopol est l'arsenal le plus abondamment fourni de toute la Russie; depuis soixante-dix ans, les munitions de guerre de toute espèce s'y entassent; elles ne pouvaient manquer aux assiégés. Les généraux Bizot et Thiry, commandants supérieurs du g%uie et de l'artillerie, reconnaissent une première fois la place, qui présentait des points de défense redoutables, quoique imparfaitement fortifiés du côté du sud, et révélait des obstacles que des accidents de terrain inconnus pouvaient multiplier. Des ravins profonds sillonnent le plateau sur lequel s'établi-sent les travaux d'attaque,