SEC
— Pain sec, Pain que l'on mange sans autre aliment : Le pain sec est l'une des peines disciplinaires des collèges. Etre mis, mettre quelqu'un au pain sec. N'avoir que du pain sec à son déjeuner.
On ne vit pas de pain sec et de gloire.
BÊKANCEa.
— Vin sec, Vin très-fort, peu sucré, peu souple.
— Fruit sec, Elève sorti des écoles du gouvernement sans avoir obtenu ses brevets : Les fruits secs de l'Ecole polytechnique. Sortir fruit sec de Saint-Cyr.
— Habit sec, Habit râpé, usé jusqu'à la corde.
— Coup sec, Coup frappé vivement et en retirant aussitôt la main ou l'instrument : Frapper un coup sec. Le joueur au billard doit frapper un coup sec, lorsqu'il a à craindre de queuter. Un petit coup sec vint à donner contre la fenêtre, dont un carreau s'étoila comme s'il eût été frappé d'un grêlon. (Th. Oaut.)
— Argent sec, Argent sec et liquide, Argent comptant, somme payée comptant et en espèces :
Quarante mille écus à'anjent sec et liquide. De la succession voilà le plus solide.
Regnard.
— Œil sec, Insensibilité, indifférence : Voir d'un œil sec la ruine d'un ami.
Ah! peut-on d'un œil «ce voir mourir ce qu'on aime!
Corneille.
— Orage sec, Orage non accompagné de pluie.
— Nourrice sèche, Femme qui élève son nourrisson, non pas en lui donnant le sein, mais en lui faisant boire du lait.
— Perte sèche, Perte vraie, définitive, dont il n'y a rien à défalquer.
— Sec comme une allumette, Extrêmement sec.
— A pied sec, A pied et sans entrer dans l'eau -.Passer un ruisseau k pied sec. En été, cette rivière est si basse guette se passe k pied sec.
— Tout sec, Tout seul, sans rien de plus: Cette robe m'a coulé toute sèche, sans la doublure, quarante écus. (Acad.) Cette locution a vieilli.
— La donner sèche, Dire brusquement et sans ménagement quelque chose de pénible. Il Peu usité.
— Etre sec comme un pendu , comme un pendu d'été, Etre très-maigre. Il II y a longtemps qu'il devrait être sec, C'est un homme pendable, qui devrait être pendu depuis longtemps. Il Cette locution a vieilli.
— Blas. Se dit d'un arbre qui n'a point de feuilles : De Bescot : Coupé d'or et de gueules, île l'arbre sec au naturel brochant sur le tout.
— Ane. coût. Rente sèche, Rente constituée à prix d'argent, ou qui n'est pas assignée la première sur le fonds,
Pratiq. anc. Consultation sèche, Consultation juridique pour laquelle on ne recevait pas d honoraires.
— Liturg. Messe sèche, Simulacre de messe dans lequel on récite les prières ordinaires, niais sans faire la consécration : Les paroissiens, privés de prêtre, récitèrent une messe sèche, chantèrent une messe sèche. (Acad.)
— Jeux, Bricole sèche, Coup de billard où le joueur, voulant faire une bricole, manque de toucher.
— B.-arts. Dur et brusque, en parlant des contours : Des contours secs. Un dessin sec.
Oui, le dessin est sec et la couleur mauvaise, Et ce n'est pas ainsi que peint Paul VeYonèse.
Tu. Gautieb.
Il Qui manque de douceur, de moelleux, en parlant du coloris : Une couleur sèche. Des tons secs.
— Grav. Pointe sèche, Instrument pointu avec lequel on gratte la planche, au lieu de la tailler comme avec le burin, ou de la mordre à l'eau-forte : Graver d la pointe sèche. La POINTE sèche ouvre le cuivre sans en rien détacher, (Dider.)
— Mar. Banc sec, Banc qui découvre à la basse mer. Il Vergue sèche, Vergue non destinée à porter une voile. Il Cale sèche, Cale de construction construite hors de la mer et dans un lieu qu'on ne peut inonder pour mettre à l'eau les navires construits. Il Panne sèche, Cape sèche, Panne, cape dans laquelle on ne se sert pas des voiles pour rester en travers du vent. Il Grain sec, Urain non accompagné de pluie.
— Fortif. Fossé sec, Fossé qui n'est pas destiné à être rempli d'eau, étant creusé dans un lieu où cette opération a été jugée inutile ou impossible.
— Constr. Pierres sèches, Pierres employées sans ciment ni mortier : Muraille en
PIERRES SÈCHES. Bâtir à PIERRES SÈCH1JS.
— Chim. Voie sèche, Traitement qui se fait sans liquides employés comme excipients ; La chimie est parvenue à liquéfier, par ta voie sèche, la matière des montagnes primitives qui sont toutes composées de gneiss, de granit, etc. (G. Cuvier.)
— Méd. Ventouse sèche, Ventouse non accompagnée d'émission sanguine,
— Pathol. Chaleur sèche, Chaleur qui n'est
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accompagnée d'aucune sueur ni moiteur de la peau, Il Sang sec, Sang qui manque de sérosité. Il Toux sèche, Toux qui produit un son dur et court et qui n'est point accompagnée d'expectoration. Il Pouls sec, Pouls dont le mouvement est brusque et court.
— Substantiv. Personne sèche, extrêmement maigre : C'est un grand sicc avec des cheveux blonds. Il fait ta cour à une petite sèche gui ne veut pas l'écouter.
— B.-arts. Artiste qui a un faire sec, une manière dure et mesquine : M. Aligny tient aussi indirectement à l'école des secs, comme on les appelle dans les ateliers, (Thoré.)
— s. m. Etat de ce qui est sec : L'humide et le sec. Il Objet sec : Vos sauces sont un peu longues; donnez-nous du sec. Il Se dit particulièrement de la nourriture qu'on donne aux bestiaux après l'avoir fait dessécher, comme le fourrage, l'avoine, la paille, etc. : Mettre des chevaux au sec. Le sec échauffe ce cheval, il faudra le mettre au vert. Il Se dit aussi des confitures sèches : Une assiette de sec. Une corbeille de sec.
— Tirer des confitures au sec, Les tirer de leur sirop pour les faire sécher.
— Fam. Etre tiré au sec, Etre complètement épuisé : Mes divins anges doivent se tenir pour dit que je SUIS tiré au sec, qu'il ne me reste pas une goutte de sang dans la veine poétique. (Volt.) Il Employer le vert et le sec, User de tons les moyens pour réussir, comme quelqu'un qui donne tour à tour le vert et le sec à son cheval.
— B.-arts. Genre sec, dépourvu de grâce, de moelleux : Des formes rétrécies et manquant de méplats, un travail dépourvu de morbidesse sont tes caractères du sec en sculpture. (Boutard.)
— Mar. Mettre les voiles au sec, Les déployer pour les sécher.
— Loc. adv. A sec, Sans eau : Cet étang est k sec On a mis le puits À sec, La mer, dans ses mouvements irréguliers, laissait le vaisseau presque k sec. (B. de St-P.) Il Sans donner a boire : Loger les voyageurs k sec. Loc. usitée en Bretagne. Il Fig. Epuisé : La libéralité des hommes est bientôt À sec. (Boss.) Et partout, sur le Wal ainsi que sur le Lech,
Le vers est en déroute et le poète d sec.
Boileau.
Il Fam. Sans argent :Je suis k sec. Ma bourse est k sec. Quand je t'ai dit que j'étais k sec, je ne t'ai pas trompé; je n'ai pas un schelling. (Scribe.) C'est demain le loyer et notre bourse est k sec. (Scribe.)
— Mettre à sec, Vider entièrement.
— Tirer un puits à sec ou au sec, Le vider entièrement.
— Mar. A sec, Sous l'impulsion du vent, sans l'aide des voiles : Marcher à sec.
— Syn. Soc, aride. V. ARIDE.
SEC adv. (sèk — de sec adj.). Sèchement, froidement : Parler sec. Répondre sec.
— i?oice sec, Boire son vin sans eau, et aussi boire à plein verre sans rien laisser : Vous buvez sec, dit-on ; moi je n'y laisse rien.
Destouciies.
— Faire sec, Faire un temps sec ; se dit par opposition au temps humide : Il fait présentement doux et sec. (M"" de Sév.)
— Tout sec, Uniquement, sans plus ni moins : Cela lui vaut tout sec douze cents francs par an.
— B,-arts. Peindre sec, Avoir une exécution dure, dépourvue de moelleux.
— Filer sec, Filer de la laine dégraissée au savon noir.
SECA (la), ville d'Espagne, province de Valladolid, à 13 kilom. N. de Mediua-del- Campo; 4,500 hab.
SÉCABLE adj. (sé-ka-ble — du lat. secare, couper). Qui peut être coupé, divisé : Les atomes ne sont sécables que par la pensée. (Acad.)
SBCAMONE s. m. (sé-ka-mo-ne). Bot. Genre d'arbrisseaux, de la famille des asclépiadées, type de la tribu des sécamonées, dont l'espèce type croit en Orient et fournit la substance appelée scammonée de Smïrne.
SECANO (Jérôme), peintre et sculpteur, né à Saragosse en 1638, mort dans la même vdle en 1710. Il fit ses éludes d'abord dans sa ville natale, puis a Madrid. De retour à Saragosse, il [teignit plusieurs tableaux pour l'église de Saint-Paul. H fit ensuite les peintures de la chapelle de Saint-Michel et la fresque de la coupole, quatre tableaux pour la salle des députés de L'hôtel de ville, enfin quelques monuments funéraires. Il avait ouvert une école de peinture et de sculpture et laissa d'habiles élèves.
SÉCANT, ANTE adj. (sé-kan, an-te — latin secare, qui appartient évidemment à la menu famille que le latin secuta et sicilis, faux, d'où l'anglo-saxon sicel, ancien allemand sih/tila, même sens, et l'irlandais seical, séran, kymriqne, hicel, hoc, serpe, Scandinave sigd, faucille, ancien allemand segansa, faux, etc. ; latin serra, scie, anglo-saxon et ancien allemand saga, etc.; ancien allemand seh, coutre, et salis, couteau; anglo-saxon seax, Scandinave sax, latin securis, hache, ancien slave sieshti, sieka, couper, siehyru, siecivo, hache; polonais siekiera, hache, siekacz, tranchet, persan sikiz, espèce de hache
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de charpentier; peut-être aussi l'irlandais soc, sace, bec, groin, soc, corps pointu en général; kyinrique suti, sweh, soc et groin, ancien comique soch, armoricain souch, soh, même sens ; ancien allemand suoha, herse, russe et polonais socha, charrue). Géom. Qui coupe, qui rencontre, qui divise en deux parties : Plan sécant d'un angle dièdre. Ligne sécante d'un angle plan.
— s. f. Ligne sécante, ligne qui coupe une autre ligne : La sécante de deux parallèles. La sécante d'un cercle.
— Trigon. Droite qui, menée du centre d'un cercle et passant par l'extrémité d'un arc, se termine k la tangente menée k l'autre extrémité. Il A un autre point de vue qu'on ramène au précédent en faisant le rayon égal à l'unité, Rapport d'une longueur prise sur l'un des côtés de l'anjjle, à partir du sommet, à la projection de cette longueur sur l'autre côté.
— Encycl. Géom. Un plan est dit sécant par rapport à une surface lorsqu'il donne dans cette surface une intersection réelle. Une droite contenue dans le plan d'une courbe est sécante par rapport à cette courbe lorsqu'elle la rencontre au moins en un point. Elle est sécante idéale, ou plutôt idéalement sécante, partiellement ou totalement, lorsqu'elle la rencontre en un nombre de points inférieur à son degré, ou ne la rencontre pas du tout.
— Trigon. On nomme sécante d'un angle le rapport de la distance prise à partir du sommet de cet angle, sur l'un de ses côtés, à la projection de cette distance sur l'autre côté. La sécante d'un angle est, par conséquent, l'inverse de son cosinus. Cette ligne trigonométrique, peu employée, a donné lieu à de longues discussions entre les géomètres, parce que les uns ne lui voulaient pas donner de signe de relation, sous le prétexta qu'elle n'était pas comptée sur une direction lixe, tandis que les autres, guidés par la formule qui l'exprime en fonction du cosinus, trouvaient un motif pour la faire changer de signe dans le changement de sens qu'elle peut éprouver par rapport au point décrivant du cercle dans lequel on la construit. Carnot et Comte ensuite ont soutenu la première opinion, qui les a conduits à rejeter les valeurs négatives du rayon en coordonnées polaires. Le général Poncelet a fuit justice de ces objections insoutenables. Les mutations de signes des grandeurs géométriques ne sont pas obligatoires en droit; il est seulement avantageux d'en tenir compte en fait. La sécante d'un angle peut être plus. que négative; elle peut être imaginaire, avec ou sans partie réelle.
SÉCATEUR s. m. (sé-ka-teur — du lat. secare, couper). Arboric Instrument en forma de ciseaux courbes, dont on se sert pour couper de petites branches.
— Artill. Ciseaux dont on se servait, avant l'invention des ctoupilles fulminantes, pour couper les lances quand elles étaient allumées et qu'on ne voulait plus s'en servir : Le sécateur était enfermé dans une gaine appelée porte-skcsTEVR, que le servant boute-feu ajustait à sa ceinture.
— Encycl. Arboric. Le sécateur est une invention du xixe sièc!e,et à peine était-il apparu que déjà beaucoup d'écrivains le combattaient, n II est inférieur à la serpette, disent les auteurs du Nouveau cours complet d'agriculture, en ce qu'il est d'un prix plus élevé, qu'il opère moins vite et qu'il comprime avant de couper, t
Bosc n'approuve l'usage des sécateurs que pour la taille des rosiers, des groseilliers et autres arbustes épineux, dont les branches sont molles et qu'on n'est pus pressé de tailler. « Jamais, dit-il, il ne sera usuel entre les mains des jardiniers, puisqu'il opère plus mal et plus lentement que la serpette. •
Bepiiis cette époque, les idées ont changé ; le sécateur est devenu un instrument de première nécessité, employé par tous les arboriculteurs pour nettoyer les arbres des branches mortes, des branchages mal placés, des nids, des chenilles, etc. 11 n'est pas d'outil qui ait été plus travaillé sous le rapport des perfectionnements; il en existe de plus de vingt sortes, qui tous ont la prétention de remédier aux inconvénients de leurs prédécesseurs.
Il faut le reconnaître, cependant, la serpe et la serpette ont encore de nombreux partisans.
On a inventé des sécateurs à branches cintrées, des sécateurs à coulisses, à crémaillère, à roulette, etc. C'est surtout pour la taille de la vigne que le sécateur a été préconisé, nonseulement par les écrivains, mais encore par les sociétés d'agriculture. C est en 1823 qu'il servit pour la première fois à tailler la vigne aux environs de Montpellier. Son adoption a été un des moyens de perfectionnement les plus remarquables de la viticulture dans l'Hérault et les départements voisins. Elle a facilité le travail à tous les points de vue; ainsi elle l'a rendu plus expéditif, car on taille deux fois plus vite avec le sécateur qu'avec la serpe; elle l'a rendu plus facile, en outre, parce que tout homme peut tailler au sécateur sans avoir besoin d'un long apprentissage, comme cela est nécessaire avec la serpe; on a pu, dès lors, b. mesure des besoins, multiplier sans peine le nombre des ouvriers capables. Avec le sécateur tout duiger
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a disparu, le travail est mieux fait, moins fatigant, et il peut être accompli sans blesser ou ébranler les ceps, comme avec la serpe ou la hachette. Sans l'adoption du sécateur, la culture de la vigne dans l'Hérault n'aurait pu s'étendra comme elle l'a fait et doubler presque en quarante ans.
Le sécateur de tailie courante doit être léger, très-affilé et trempé de manière à ne jamais s'ébrécher, La taille doit en être douce et ne pus éclater le bois. Le clou qui sert k réunir les deux parties doit être placé aussi haut que possible et près de la lame, afin d'augmenter l'énergie de l'instrument. Celui-ci doit pouvoir s'ouvrir entièrement, afin que la base de la lame puisse servir aussi bien que la pointe. On donne aux bronches, à partir du clou, une longueur de om.js. I,a distance du milieu du clou k la pointe de la lame est de 0m,07; la lame n'est point rapportée Sur la branche, et, pour plus de solidité, elle est faite du même morceau de méial.
On manie l'instrument avec les deux mains, de sorte qu'il ne doit porter ni ressort ni mécanisme pour le faire ouvrir. Les maréchaux et les taillandiers des communes rurales de l'Hérault le fabriquent dans d'excellentes Conditions; il coûte de 4 à 5 francs, selon l'habileté et le soin du fabricant ; il est toujours garanti comme trempe et solidité. On suit les mêmes principes pour la construction des gros sécateurs. On renforce surtout la force de la lame et on la trempe avec un soin particulier pour qu'elle puisse résister k l'action des nœuds de bois sec et aux efforts considérables qu'on lui fait supporter.
Un homme ordinaire taille couramment avec le sécateur de 3U0 k 400 ceps moyens dans une journée de six heures de travail effectif. Quand il travaille k la tâche, il double la quantité des ceps qu'il ferait k la journée et peut facilement en tailler 700 à 800. Dans les coteaux, il peut même atteindre le chiffre de 1,200 et plus.
La taille de 1 hectare de 4,400 souches moyennes exige donc il journées environ.
Le sécateur méridional, dont il est parlé cidessus, est un instrument tout à fait primitif qui a été perfectionné de toutes les manières ; on y a d'abord adapté un ressort, placé entre les deux branches que l'opérateur tient dans sa main; ce ressort maintient l'instrument ouvert aussitôt que cesse la pression de la main. On a imaginé aussi un sécateur à roulettes, dont l'avantage est d'avoir un mouvement de scie qui fait couper plus net le rameau soumis k la taille.
Malgré tous ces perfectionnements, le sécateur est loin d'être adopté par la masse des agriculteurs et surtout des vignerons; pourtant rien n'a été négligé par les sociétés agricoles pour en répandre l'usage, et, si leurs efforts n'ont pas été couronnés de plus de succès, il faut s'en prendre k l'esprit de routine dont sont imbues les populations de nos campagnes.
Pour le sécateur échenilloir, v. ce dernier mot.
SECCANTE (Sébastien), peintre italien, né h. Udine, mort vers 1576. Tout ce qu'on sait de lui se borne k ce simple détail qu'il eut pour maître Pomponio Amatteô, dont il devint le cendre. Le chef-d'œuvre de Seccante est un Christ succombant sous la croix, qui se trouve k l'église Saint-Georges de sa ville natale.
SECCIII (Jean-Baptiste), peintre italien, né k (Jaravaggio et surnommé pour ce motif Cnrmujfino. 11 norissait au commencement du xvii" siècle. Elève de Crespi, il a imite le genre de ce peintre. On a de Secchi plusieurs tableaux k Milan, dont les plus remarquables sont la Charité et V Adoration desrois, dans l'église Saint-Pierre.
SECCIII (Jean-Pierre), archéologue italien, né k Brescia en 1806, mort k Home en 1856. Entré chez les jésuites, il devint professeur de littérature grecque et romaine à la Sapienzu de Rome, puis bibliothécaire du Collège romain. On lui doit: Butaglia de' nomi e de' verbi (Rome, 1835, in-12); Il Musnrico Antoniano (1843) ; Monumenti inediti d'un aiitico sepolcro di famiglia greca (Rome, 1843).
SECCHIA, l'ancien Gabellus, rivière du royaume d'Italie. Elle descend du versant oriental des Appenins, dans la province de Modèue, coule au N.-É. et se jette dans le Pô, à 8 kilorn. de Rovere, après un cours de 155 kilom.
SECCIII AI» 1 (Jules), peintre italien, né k Modene, mort en 1631. Il étudia auprès de Carrache, puis il se rendit k Rome, d'où il fut appelé k la cour de Mantoue. Il peignit dans cette dernière ville un grand nombre de iableaux fort remarquables, dit-on, et que l'incendie de 1630 a dévorés. 11 reste de ce peintre quelques tableaux k Florence.
SECCHIO s. m. (sé-ki-o). Métrol. Ancienne Kiesure (Je capacité qui était usitée k Venise tit dans la Loinbardie, et vaiait 10'it,8.
SECCO (Antonio-Luiz db Souza Henri- Quks), écrivain portugais, né a Antuzede, près de (Joïiubre, en 18Ï2. Après avoir reçu le diplôme de docteur eu droit, il est devenu professeur de cette science k Coïmbre et conseiller du roi. On lui doit plusieurs ouvrayes, dont les principaux sont: Manuel historique du droit romain (Coïmbre, 1848); Manuel d'orphanoiogie pratique (Coïmbre, 1850) ;
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Nouveaux éloges des rois de Portugal ou Abrégé de l'histoire du Portugal (Coïmbre, 1853) ; Tableau du département de Coïmbre (1854). etc.
SÉCESPITE s. f. (sé-sè-spi-te — lat. secespita, même sens). Antiq. Couteau dont on se servait dans les sacrifices.
— Encycl. Festus donne de la sécespite la définition suivante, qu'il dit emprunter à AntistiusLabéon : « un long couteau en fer, avec un manche en ivoire; • et il ajoute quece couteau était employé par les flammes et les pontifes. Paulus, dans son epitome de Festus, dit, au contraire, que la sécespite n'est ni un couteau ni un ciseau, mais une hache. Des numismates ont donné le nom de sécespite à une hache représentée sur certaines monnaies; mais ils n ont d'autre autorité que Paulus. L'opinion de Festus, appuyée par celle de Servius dans son commentaire sur YEnéide (IV, 262), paraît mieux établie.
SÉCESSION s. f. (sé-sè-si-on — lat. secessio, même sens). Retraite, action de se mettre et de se tenir a l'écart; n'est employé qu'à propos de quelques faits historiques : Lu sécession de la plèbe romaine sur l'Aoentin. il Séparation, rupture de l'union fédérale : La sécession des Etats du Sud de l'Union américaine.
Svceuion (GUERRE DB LA). V. AMÉRIQUK
et surtout Etats-Unis.
SÉCESSIONISTE adj. (sé-sè-si-o-ni-ste — nid. sécession). Qui fait sécession, qui rompt l'union fédérale : Les Etats sÉciissioKiSTiis.
— Substantiv. : L'armée des sécessionistes. SECHA, nom donné dans la mythologie
indoue au serpent connu encore sous le nom d'Ananta (sans fin). I! a mille têtes, sur l'une desquelles est portée la terre. 11 sert de couche au dieu Vichnou dans le temps de son sommeil mystérieux, et ses têtes qu'il redresse forment au-dessus du dieu une espèce de dais. Quelques-uns pensent que c'est lui qui s'incarna sousle nom de Bala-Râma, frère de Crichna. On le confond quelquefois avec Vâsouki, roi des Nagas ou habitants des régions inférieures.
SÉCHAGE s. m. (sê-cha-je — rad. sécher). Action de faire sécher : Le séchage des foins. Le séchage du linge. Le séchagb par t'air chauffé dans le calorifère convient généralement pour suppléer à l'effet des séchoirs dans les temps froids et humides. (Payen.)
SÉCHAN (Polycarpe-Charles), peintre décorateur, né k Paris le 29 juin 1803, mort dans la même ville en 1874. Sans être, comme peintre ni même comme décorateur, k la hauteur de Cambon, cet artiste distingué s'est fait une place k part par le goût tout français qu'il a mis dans l'art décoratif. Elève de Cicéri, il exécuta avec divers artistes des décors pour de grands théâtres, notamment pour l'Opéra de Paris, pour les théâtres de Bruxelles, de Dresde, etc., et reçut en 1849 la croix de la Légion d'honneur. Le talent dont il avait fait preuve dans ses travaux lui valut d'être chargé celte même année de restaurer la galerie d'Apollon, au Louvre. Tout le monde sait avec quel talent, avec quelle sobriété puissante l'artiste remplit cette tâche difficile. Dans ce vaste cadre se résument complètement toutes les nuances du talent de M. Séchan, talent multiple et toujours d'une grande originalité. Il esta regretter pour lui et pour l'art même qu'il n'ait pas trouvé dans sa carrière une seconde occasion d'affirmer ses meilleures aptitudes, car les Peintures architecturales de Saint- Eustacke, qu'il exécuta peu après, bien qu'elles soient d'une grande valeur, étant exclusivement du domaine religieux, ne donnent du talent de l'auteur qu'une idée très-incomplète. En 1852, M. Séchan se rendit à Constautinople, où il fut chargé de créer un théâtre et d'exécuter des décorations intérieures dans des palais et des kiosques du sultan, et il reçut k cette occasion l'ordre du Medjidié. Après son retour, il se rendit k Baden-Baden, où il exécuta des travaux décoratifs dans le Casino. ■
SÉCHA RD s. m. (sé-char — rad, sécher).
Nom genevois du vent du nord-est.
SÉCHABIE s. f, (sé-eha-rî). Techn. Femme qui fait sécher les pains de sel dans une saline.
SÈCHE s. f. (sè-che — rad. sec). Mar. Basfond, terre qui reste k sec k la basse mer. 11 Vergue barrée, gréée sur le mât d'artimon.
— Moll. Autre orthographe du mot seiche : Les sèches ne sont pas d'une grande utilité pour l'homme. (A. Rousseau.) La sèche peut vivre plus de vingt ans. (V. de Boinare.)
SÉCHÉE s. f. (sé-ché). Techn. Action de ce qui se sèche-, durée de cette action : La séchée du linge, il Syn. de potée, dans la fabrication des poteries.
SÉCHELLES, archipel de l'Afrique orientale. V. Seychelles.
SÉCHELLES (Jean Moreau dk), administrateur français, né k Paris en 1690, mort en 17G0. Il fut successivement conseiller au parlement de Metz et maître des requêtes. Compromis par ses relations avec Desinnrets et avec Le Blanc, ministre de la guern;, il fut enfermé k la Bastille avec ce dernier, puis relâché. Il fut ensuite nommé intendant dans
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le Hainant (1727), puis il passa, en qualité d'intendant militaire, en Bohême (1741). Dans le Hainaut comme en Bohême, son administration fut sage et habile. Il s'attira ainsi, en même temps que des éloges presque universels, la malveillance du comte d'Argenson, ministre de la guerre, qui parvint k l'écarter. En 1754, le comte proposa Séchelles po'ir les fonctions de contrôleur général. Séchelles se retira des affaires en 1756, très-affaibli intellectuellement par suite d'excès. Son portrait a été peint par Valade et gravé par L. Lempereur.
SÉCHELLES (Hérault de), célèure conventionnel. V. HÉRAULT DE SÉCHELLES.
SÈCHEMENT ad v. (sè-che mari — rad. sec). Dans un état sec, en lieu sec : On doit tenir sèchement et à couvert tous les charbons. (Buff.)
— Fig, D'une manière froide, dépourvue de grâce et d'ornement : Ecrire sèchement. Ne raisonnez jamais sèchement avec la jeunesse, Mm" de Villars, au contraire de M">a de Sévigné, rend tout sèchement et maussadement. (Grimm.) Il D'une façon brève et dure : Itépondre, refuser sèchement. Jl/He de Méri dit que je lui ai écrit sèchhment; c'est peutêtre en elle qu'est la sécheresse, comme Ici piqûre n'est pas dans l'épine. (Mme de Sév.) Il D'une façon mesquine et dépourvue d'agrément : Je vis au jour la journée, assez sèche,mknt et avec diverses sujétions extérieures qui m'importunent. (Fén.)
— B.-arts, D'une façon dure, qui manque de souplesse, de moelleux : Peindre, dessiner SÈCHEMENT.
SÉCHER v. a. ou tr. (sé-ché — lat. siccare; de siccus, sec. Change é en è devant une syllabe muette : Je sèche; qu'il sèche; excepté ou fut. de l'ind. et au condit. prés. : Je sécherai; il sécherait). Rendre sec, débarrasser de son humidité : Sécher ses habitsdevant te feu. Sécher du linge au soleil, à la vapeur. Le soleil d'été sèche les herbes. Le vent a séché les chemins.
L'air devenu serein, il pnrt, tout morfondu. Sèche du mieux qu'il peut son corps chargé de pluie,
La Fontaine.
Comme un soleil d'été sèche les jeunes plantes, Pour flétrir sa jeunesse il a Buffi d'un jour.
A. Guibaud.
Il Mettre k sec : Sécher un ruisseau, un étang.
— Fig. Faire dépérir, détruire : L'auteur de notre être avait animé notre boue d'un souffle d'immortalité, le péché seul sèche ce germe divin. (Mnss.) Le monde vous offrait des fleurs, mais le moindre vent les aurait séchées. (Boss.)
La terreur, comprimant l'honnête homme abattu, Sèche l'humanité, fait taire la vertu.
ClléHIER.
— Sécher les larmes, les pleurs, Consoler, mettre fin k l'affliction de : Il y a des larmes que nulle prière ne peut sécher. (G. Planche.)
C'est l'air natal qui séchera les larmes.
Eéuahoer. .... Je la revois de pleurs toute trempée ; Ma main & les sécher est longtemps occupée.
t Racikb.
— Dans le langage des écoles, Sécher un élève, Lui donner des notes qui le feront rejeter et en feront un fruit sec.
— v. n. ou intr. Devenir sec, être privé de ' son humidité ou de son eau : Ce linge a séché fort vite. L'été dernier, la rivière A séché. Qu'on vous couronne de fleurs, qu'on vous compose des guirlandes, ces fleurs ne seront bonnes qu'à sécher sur voire tombeau. (Fléch.)
— Par ext. Dépérir: Une ville trop grande est un membre qui prend toute la nourriture et fait sécher le reste du corps. (L'abbé Fleur}'.)
— Fig. Se consumer par l'effet de la douleur, de la passion : Sécher d'ennui, de dépit. L'ambitieux ne jouit de rien; il sèche et dépérit au milieu de son abondance. (Mass.) jl/me de Montespan Sèche de notre joie. (Mme de Maint.) C'étaient des cailletages à nous faire sécher d'ennui. (Mme de Crequi.) J'ai langui, j'ai séché dans les feux, dans les larmes.
Racine.
Va maigrir, si tu veux, et sécher sur un livre. j J.-B. Rousseau.
Le sage fuit des grands le dangereux appui, 11 court k la campagne, il y sèche d'ennui.
Voltaire.
— Sécher sur pied, Se dit des végétaux qui dépérissent sans être arrachés ni coupés : Ces arbres sèchent sur pied. Il Maigrir, dépérir par l'effet de la maladie ou du chagrin ; se consumer : Si cela est, on verra bientôt M"'e de Soubise sécher sur pied. (Mme de Sév.) Le pauvre garçon séchait sur pied, et nous le voyions dépérir de l'été à l'automne. (Lamart.) Il Se dit, par plaisanterie, d'une femme qui se morfond à attendre une occasion de ■'e marier qui ne se présente pas.
Se sécher v. pr. Devenir sec : Ce linge se sèche lentement.
— Cesser de couler : La source s'est séchée en une nuit. La plaie SB sécha tout à coup.
— Sécher ses habits : Sk sécher devant un bon feu.
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— Avec le vertta faire on supprime le pronom réfléchi : De quelque manière que l'on doive faire Sécher les toiles à l'aide de la vfipeur, il convient d'en extraire le plus d'eau possible à l'aide d'une forte pression. (Payen.)
— Syn. Sécher, de»aéeb«r. V. DKSSÉCHER.
SÉCHERESSE s. f. (sé-che-rè-se. — Ce mot est pour séchesse et vient, non pas de sécher, mais de sec; le vieux français disait sécheur). Etat de ce qui est sec, dépourvu d'eau ou d'humidité : La sécheresse de la terre. La sécherkssh de l'air. Les crevasses de la terre sont des marques de sa séchekrssë. (Trév.) Chez la race des enfants de Sem, l'imagination participe de la sécherksse et de la stérilité du désert où ils habitent. (A. Maury.) Il Longue absence de pluie et d'humidité dans l'air : La sécheresse de l'été. IL fait une sécheresse et un diable de vent tout propre à rendre malade. (Mme de Coulantes.) Les labours profonds tendent à prévenir les accidents qui résultent pour les récoltes des sécheresses ou de l'excès des pluies. (M. de Dombasle.) Quand l'un demande de la pluie, l'autre implore de la sécheresse. (A. Karr.) L'irrigation est tme sorte d'assurance contre le soleil et la SÉCHERKSSE. (E. de Gir.)
— Fig. Aridité, défaut de grâce ou de fécondité : C'est le froid de l'imagination et du cœur, la sécheresse de l'esprit et lu faiblesse du corps qui font la vieillesse. (Mmede Choiseul.) L' Église anglicane tient le milieu entre tes pompeuses cérémonies romaines et la sécheresse des calvinistes. (Volt.) Il Dureté, froideur, brusquerie, défaut de douceur ou de sentiment : La sécheresse, qui ne consiste pas tant dans la dureté des termes que dans te défaut de certains adoucissements, choque aussi pour l'ordinaire. (Nicole.) // règne toujours entre hommes une sécheresse qu'une femme sait toujours adoucir. (J.-J. Rouss.) L'ignorance dans les hommes oisifs prouve autant la sécheresse de l'âme que ta légèreté de l'esprit. (Mme de Staël.) I! Dégoût, défaut de passion et de plaisir : Les don Juan ont de grands moments de sécheresse et une vieillesse fort triste. (H. Beyle.)
— Fain. Manque d'argent: Peut-on rien voir de plus cruel que cette rigoureuse épargne qu'on exerce sur nous, que cette sécheressu étrange où l'on nous fait languir? (Mol.) H Emploi vieilli.
— Ascét. ICtat dans lequel l'âme n'éprouve aucune douceur dans les exercices de la piété : Les spirituels, lorsque les Consolations leur manquent, tombent dans ce qu'ils appellent aridité et sécheresse. (St-Evrem.) Il Sécheresse infernale, Celle qui conduit k l'indifférence ou au péché, il Sécheresse féconde, Celle qui, acceptée pieusement, conduit k un redoublement de zèle.
— B.-arts. Dureté d'exécution, défaut de moelleux. .
— Encycl. Agric. L'eau étant d'une absolue nécessité k la nourriture des végétaux aussi bien qu'à celle des animaux, il eu résulte que toute sécheresse est nuisible k l'agriculture; si les hommes ont moins à. la craindre, c'est parce qu'il leur est possible de conserver dans des citernes de l'eau pour leur usage personnel, et que, d'ailleurs, même dans les plus grandes sécheresses, il est rare de voir, duns une localité, tarir toutes les sources et tous les puits. Dans nos climats, les sécheresses sont quelquefois si intenses qu'elles frappent les plantes de mort et provoquent la lamine ou tout au moins une disette, parce que le bétail périt de faim au milieu des pâturages. Dans les pays méridionaux, les sécheresses sont estivales, c'estk-dire qu'elles se présentent tous les étés avec plus ou moins d'intensité;
• Les cas de sécheresse estivale de trois k quatre mois de durée, dit H. Mares, sont assez fréquents dans la région méridionale de la France et caractérisent son climat; ils présentent généralement des inconvénients peu sérieux ; il n'en est pas de même de ceux de sécheresse prolongée, qui sont heureusement très - rares. Les cultivateurs se rappellent les années 1838 et 1839, pendant lesquelles il ne tomba, dans une période de seize mois (juin 1838 au 26 septembre 1839), que 0m,26S U'eau, tandis que la moyenne annuelle en douze mois a atteint 0m,780 d'après Poitevin et a dépassé 0m,924 do 1857 k la lin de 1862.
» Les sources furent taries, et non-seulement les blés et les fourrages furent perdus dans un grand nombre de terres, mais les vignes elles-mêmes succombèrent dans les terrains k sous-sol salé, près des étangs. Elles souffrirent beaucoup dans une foule de localités, notamment dans les terrants maigres, où la récolte fut perdue. Les sécheresses estivales de trois ou quatre mois sont déjà fort longues et éprouvent beaucoup les raisins des vignes peu feuillées duns les sols légers et brûlants. On les voit alors, k l'époque Ue la véraisou, se contracter, diminuer de volume et durcir; leur maturité est dès lors entravée, et le vin qui en provient est a la fois médiocre et en très-faible quantité. Ces raisins ne noircissent jamais bien ; leur peau reste épaisse et mal colorée. On dit alors qu'ils sont arrêtés. De légères pluies sont le seul remède k cet état de choses.
• Les bonnes cultures et les vents marins, ainsi que la proximité de la mer tempèrent la chaleur et la sécheresse de fair et en mte-
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nuent l'action. C'est lorsque les années sèches viennent éprouver les vignobles du Midi qu'on reconnaît l'indispensable nécessité de remuer assez profondément le sol et d'en ameublir une couche assez épaisse lors des premières façons. Dans le cas où elles sont trop superficielles, la terre durcit, se contracte et se fend profondément. »
L'influence des sécheresses se fait sentir plus vivement sur les semis, sur les plantes annuelles, sur les plantes des marais que sur les arbres et les plantes qui préfèrent les terrains sablonneux ou calcaires; les sécheresses retardent la germination des graines ; elles sont donc redoutables au commencement de l'automne ou au milieu du printemps; elles font périr le jeune plant ou au moins retardent sa végétation; quand il n'en meurt pas, il en demeure ensuite rabougri le reste de sa vie.
Dans les pays méridionaux, en Afrique par exemple, les sécheresses estivales sont funestes; mais certaines plantes que l'on y cultive peuvent en braver les effets, Soit à raison île leur cuntexture, soit parce que leurs racines vont chercher l'humidité à une grande profondeur. Il existe en Espagne une vieille légende dont se sont emparés quelques historiens, parmi lesquels nous citerons Balthasar de Eehave (Discursos de la antignednd de la lengua cantabra buscondà). Une sédieresse dura vingt-cinq ans et renouvela la physionomie de l'Occident. Frérei nous apprend qu'elle fut accompagnée du tremblement de terre qui sépara l'Afrique de l'Espagne, engloutit une partie de l'Italie et ariarria la Sicile du continent, a CJ'est, dit-il, ce que les anciens ont marqué par la fable de Phaéton et par celle de Typhon et d'Encelude.» Ces fublws, en effet, n'ont pu avoird'autre origine que des sécheresses prolongées qui , en détruisant la végétation comme si elles l'eussent brûlée, faisaient croire aux naïfs humains que le ciel outragé tirait vengeance des mortels en détruisant les moissons par l'incendie. Petit- Radel, dans un mémoire à l'Académie des inscriptions et belles-lettres (Etablissement des colonies pétasgiques en Itulie et causes physiques qui leur firent déserter cette contrée), dit : a En Italie, c'étaient des sécheresses qui causaient la stérilité dans les campagnes, qui tarissaient les sources des eaux, quelquefois subitement empoisonnées, et qui causaient enfin des maladies et des morts extraordinaires et fréquentes... Celle qui eut lieu en 1737 produisit des morts subites par moufettes émanées jusque dans les maisons mêmes, suivant des relations publiées. »
Au moyen âge, de même que dans l'antiquité , les sécheresses furent considérées comme une punition du ciel. De là ces processions que l'on fait encore aujourd'hui dans les villages, encore trop nombreux, où domine l'influence du prêtre.
Mais laissons ces enfantillages et occuponsnous de faire connaître les moyens de combattre les effets de la sécheresse.
a L'homme, dit Bosc, ne peut avoir d'action sur le soleil, sur les vents qui amènent la sécheresse , mais il peut, jusqu'à un certain point, diminuer les inconvénients de cette dernière, même les suspendre complètement, sur un espace de terrain plus ou moins étendu , par un grand nombre de moyens. Ainsi, des plantations de grands arbres, en abritant un champ des rayons du soleil ; des toiles, des claies, en couvrant une planche de jardin; une haie, un mur, en rompant le cours des vents, conservent de la fraîcheur dans ce champ, dans cette planche.
» Le grand, l'immanquable moyen de rendre nuls les effets de la sécheresse, ce sont les arroseraents, soit à la main, soit par canaux d'irrigation. L'homme et les anhnux domestiques se ressentent aussi directement des sécheresses, les maladies inflammatoires en étant souvent ia suite.
i Cependant, si les sécheresses prolongées ou trop fortes nuisent considérablement au produit des récoltes de toute espèce , celles qui sont modérées améliorent ordinairement ces produits. •
Nous ne croyons point devoir entrer ici dans une longue digression au sujet de l'influence que les forêts elles bois exercent sur la pluie moyenne d'un pays. 11 nous suffira de rappeler que les gouvernements devraient appliquer tous leurs soins au reboisement des montagnes, des landes, Jes terres incultes. Dans les pays méridionaux surtout, pays où les sécheresses sont estivales et quelquefois prolongées, le reboisement est de première nécessité.
Quelques mots, avant de terminer, sur certains pays ou la sécheresse est l'état normal du climat.
i 11 nu pleut jamais sur lu côte ouest du Pérou , dit P. Foissae. Dans la magnifique ville de Lima, située au milieu d'une vaste et fertile plaine, arrosée de beaucoup de sources, on n'a jamais vu un éciuir et jamais entendu un seul coup de tonnerre.
» La haute Egypte offre comme le Pérou cette anomalie remarquable ; il n'y pleut en quelque sorte jamais, et ce phénomène si curieux n'a poiuc varié depuis trente siècles. 11 serait difficile de citer des exemples pareils k ceux que présentent le Pérou et ia haute Egypte. Ou a vu cependant, même en Europe, aes singularités remarquables. En ISâO, il n'était pas tombé, depuis quatre ans,
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une seule goutte d'eau dans la province do Murcie, que cette sécheresse avait plongée dans la plus profonde misère. Aussi, le ministre du commerce d'Espagne fonda-t-il deux prix, l'un de 20,000 réaux et l'autre de 6,000, pour être distribués aux auteurs des deux meilleurs mémoires sur les causes de la sécheresse habituelle qui désole cette province, ainsi que celle d'Almeria et sur les moyens de faire disparaître ces causes , s'il était possible d'y parvenir. Ce phénomène doit être attribué sans doute à la direction des vents ; mais on conviendra que cette explication est insuffisante, car il s'agirait de démontrer encore qu'on ne ressent jamais le souffle de deux vents contraires dans ces régions où il ne tombe point une seule goutte de pluie et dans celles où, pendant des mois ou même une année entière, aucun nuage ne vient troubler la sérénité du ciel.
1 SÉCHERIE s. f. (sé-che-r! — rad. sécher).
| Techn. Lieu où l'on met sécher des matières mouillées ou humides : Une sécherie de
i linge. Une sécherie de bois. La sécherie d'une poudrerie.
| SÉCHERON s. m. (se— che-ron — rad. sec).
i Agric. Nom donné, dans l'est de la France,
aux prés situés sur les montagnes sèches.
— Fam. Personne sèche, très-maigre.
SÉCHEUR, EUSE adj, (sé-cheur, eu-ze — rad. sécher). Qui sert k sécher : Appareil sécheur.
SÉCHIUM s. m. (sé-ki-omm). Bot. Genre de plantes, de la famille des cucurbitacées, type de la tribu des sicyoïdées, comprenant plusieurs espèces qui croissent surtout dans l'Amérique tropicale : Les séchiums sont des herbes à feuilles alternes, pétiolées. (Jussieu.) Il On dit aussi séohion.
SÉCHOIR s. m. (sé-choir). Techn. Lieu préparé pour étendre et faire sécher naturellement ou artificiellement diverses matières : Séchoir à linge. Séchoir d'amidonnier. Dans les séchoirs à air chaud, la quantité d'air à faire passer présente un très-grand vo/ume. (Payen.) il Carré de bois surlequel les parfumeurs font sécher leurs savons.
— Encycl. Agric. Dans les régions boréales ou alpines, la chaleur de l'été et la sécheresse du sol n'atteignent jamais un degré suffisant pour que les grains ou les foins puissent être convenablement desséchés par les moyens ordinaires. Dans ces conditions anomales, on est forcé d'établir des séchoirs artificiels, de manière a exposer ces produits agricoles k un grand courant d'air, qui supplée à l'insuffisance de la chaleur solaire et combat les effets de l'humidité k peu près constante du sol. On emploie le plus souvent pour cela des échelles longues île 4 à 5 mètres, qu'on place au milieu des champs, en les inclinant légèrement vers le midi , sur deux perches fourchues. On fixe les pailles ou les herbes sur ces échelles, k l'aide de baguettes, entre leurs échelons qui doivent être très-rapprochés, et on les y attaehe solidement avec des liens d'osier.
— Techn. On peut ranger tous les séchoirs en trois classes : 1° séchoirs k l'air, ceux qui font entraîner l'eau en vapeur à l'aide de courants d'air sans chaleur artificielle ; 2° séchoirs k l'air chaud, ceux dans lesquels l'air est artificiellement échauffé ; 3° séchoirs au feu, ceux qui opèrent l'évaporation directement à une température voisine de celle de l'ébullition du liquide.
On doit ranger dans la première classe les séchoirs à colle forte, ceux des amidonniers, des effileursde bois tinctoriaux, des fondeurs de suif, des fabricants de sang sec, les bâtiments de graduation dans les salines, les séchoirs d'été pour les toiles, le linge, la fécule, le blanc d'Espagne, etc.
Dans la deuxième classe se trouvent les étuves à dessécher, les séchoirs d'hiver ou de toutes saisons pour les toiles, le linge, ia poudre, les couleurs broyées à l'eau, la l'urine, les poudres féculeutes, les grains germes.
Nous placerons dans la troisième classe les cylindres séchoirs pour les toiles, le papier et les plateaux sur lesquels les sels et d autres matières éprouvent une dessiccation rapide. Dans les séchoirs k air, certaines dispositions générales doivent être observées ; ainsi, il convient de choisir un endroit le plus possible accessible à tous les vents, éloigné (le tous marécages, eaux stagnantes ou lieux bas, humides. Il est à remarquer que le voisinage des rivières et des eaux courantes, loin d'être une circonstance défavorable, détermine souvent, au contraire, des courants d'air capables de bien dessécher. Le vent du nord-est est, en général, celui qui dessécha le mieux; il convient donc qu'il puisse entrer facilement et sortir de même du côté opposé. Lorsqu'il n'est pas possible d'éviter la proximité u'un marais, if faut empêcher du inoins l'accès habituel des exhalaisons humides en garantissant par un mur .plein le côté tourné vers ce marais. Le sol du séchoir doit être imperméable à l'humidité souterraine, surtout si l'on veut utiliser le rez-de-chaussée au dessèchement ou k la conservation des matières sèches. A cet effet, on peut asphalter le sol ou le biturainer, ou bien le recouvrir d'un carrelage eu mortier de chaux hydraulique.
Aiin de laisser le plus possible d'accès k l'air atmosphérique par les différents côtés
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du séchoir, celui-ci doit être construit eri*charpente assez solide d'ailleurs pour résister à l'action longue des vents les plus habituels ; des persiennes, construites de différentes rau~ nières, permettent d'ouvrir ou de fermer l'accès k l'air extérieur en mouvement. Dans certains cas, ces persiennes ferment assez bien pour qu'on puisse dessécher dans ces séchoirs par des courants d'air chaud. Dans ce cas, on se sert avec avantage des doubles panneaux qui se placent à l'intérieur durant l'hiver et diminuent ainsi la déperdition de la chaleur au travers des parois latérales. Des dispositions variables sont observées pour exposer aux courants d'air les substances à dessécher, suivant la nature de ces substances. Ainsi, pour les diverses sortes de colle forte, la gélatine, etc., ce sont des châssis tendus de filets et soutenus horizontalement, à quelques centimètres de distance, par des montants à chevilles qui reçoivent le produit à sécher; pour les bois de teinture, effilés, pulvérisés et humectés, on emploie des claies suspendues horizontalement à des cordes et que l'on décharge toutes k la fois en lâchant les noeuds qui maintenaient un côté de ces larges claies; pour les toiles, ce sont des rouleaux en bois qui permettent de laisser pendre de haut en bas du séchoir des pièces d'une grande étendue; pour le linge, on fait généralement usage de cordes de chanvre ou decrin, sur lesquelles on étend les divers objets k sécher. Les séchoirs en plein air sont indispensables pour certaines exploitations auxquelles serait inapplicable le séchage des calorifères , trop coûteux ou susceptible d'altérer les produits, tels que la colle forte, par exemple, etc.
— Séchoir à la vapeur par contact. Ou nomme ainsi un appareil en bois ou en fonte composé de huit a dix cylindres creux en cuivre ; un bout d'axe creux k chaque extrémité de cylindre porté sur un coussinet permet aux cylindres de tourner librement. L'un des bouts d'axe adapté par un stuffen-box (presse-étoupe) au tuyau d'une chaudière k vapeur introduit k volonté la vapeur dans les cylindres ; l'autre bout d'axe communique k l'intérieur du cylindre avec un tuyau contourné en hélice autour des parois; celui-ci fait l'effet d'une vis d'Archimède appliquée aux épuisements et, da même, recueille et reporte à la chaudière l'eau de condensation. Ces cylindres ont généralement 0m,30 de diamètre sur l mètre de longueur. Au delà de chaque extrémité de la batterie de cylindres se trouve uu rouleau ou tambour à manivelle; dans une gorge pratiquée sur les deux bouts des tambours et de tous les cylindres circule une ficelle ou corde sans fin, maintenue dans la direction qu'on veut donner k la toile par de petits rouleaux.
Les choses ainsi disposées, on enroule une pièce de toile mouillée et préalablement pressée ; on attache par un bout de fil chaque côté de la largeur de cette toile; on tourne la manivelle du deuxième tambour, et à l'instant la pièce, suivant les mêmes sinuosités que les ficelles sans fin, enveloppe successivement chacun des dix cylindres; ceux-ci transmettent à la toile la plus grande partie de la chaleur qu'ils reçoivent de la vapeur condensée sur leurs parois intérieures et qui détermine l'evaporation de l'eau de mouillage k l'extérieur. De petits robinets k air adaptés aux bouts d'axes qui ramènent l'eau doivent être ouverts un instant de temps à autre, afin de faire évacuer l'air contenu dans les capacités de l'appareil avant l'opération et celui qui, dégage de l'eau dont on alimente la chaudière, viendrait s'y accumuler.
SEGHTERs. m. (sè-chtèr). Métrol. Mesure de capacité usitée k Francfort, et valant 7lit,1715.
SÉC1LE ou SICILE (Jean), écrivain français, héraut d'armes d'Alphonse V, roi d'Aragon et maréchal d'armes du pays de Hainaut. li a écrit deux ouvrages sur l'art héraldique : le Blason de toutes armes et escutz, etc. (Paris, 1495, in-8<>; Lyon, 1503, in-go; sans lieu ni date, in-8°) et le Blazon des couleurs ou. armes, limées et devises, etc. (sans lieu ni date, in-8°). Il aussi écrit un Traité des armoiries ou du comportement des armes, resté inédic, et sur lequel M. Paulin Paria donne quelques détails dans son ouvrage Sur les Manuscrits français de la bibliuthèqne du roi (t. III, p. 281).
SECKENDORF (Veit-Louis de), homme d'Etat et érudit allemand, né k Herzogenaurach (Franeonie supérieure) en 1626, mort en 1692. Fils d'un ancien officier de Gustave- Adolphe, qui fut décapité en 1642 par ordre du gouvernement suédois, pour crime de haute trahison, il fut protégé, après la mort de son père, par le duc de Gotha, Ernest le Pieux, qui 1 envoya terminer ses études k l'université de Strasbourg. Il s'y appliqua avec ardeur à la jurisprudence, à. l'histoire, k la philosophie et aux belles-lettres, et s'acquit rapidement une grande réputation de science et d'érudition. Eu 1646, il devint gentilhomme de la chambre du duc de Gotha, qui lui confia en outre la direction de sa bibliothèque. Au service de ce prince, il s'éleva aux plus hauts emplois et prit part k tous les actes importants de l'administration intérieure du duché. Nommé, en 1663, chancelier et conseiller intime il renonça dès l'année
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I suivante a ces Bîgnités, on ne sait pour quel motif, et passa au service du prince Maurice de Saxe-Zeitz, qui le nomma conseiller intime, chancelier et président du consistoire.
i Dans ces nouvelles fonctions, il montra une infatigable activité et un zèle éclairé; mais, k la suite de quelques mesures qu'il avait
I proposées, il tomba en désaccord avec le clergé et, k la mort du duc, en 1681, il résigna
| tous ses emplois et se retira k Menselwitz, où il fit bâtir le château qui existe encore de nos jours et où il remplit les fonctions de directeur supérieur des impôts de la principauté d'Altenbourg. En 1691, il fut nommé par l'électeur de Brandebourg, Frédéric III, président de la commission établie à Halls pour mettre un terme aux disputes des piétistes et des orthodoxes, et reçut eu outre le titre de chancelier de l'université nouvellement créée dans la même ville. Seckendorf fit preuve, comme homme d'Etat, de beaucoup de jugement et d'une grande habileté, mais il s acquit encore une plus grande réputation par ses ouvrages sur la politique, l'histoire et la théologie. On cite comme les plus remarquables : la Puissance princière allemande (Gotha, 1655, souvent reédité), ouvrage qui a été longtemps regardé comme l'un des meilleurs manuels de la science politique ; Compendium historix ecctesiasticx (Leipzig, 1660-1664), terminé par Arlopsetis et autres en 1726; l'Empire chrétien (Leipzig, 1C85) ; Jus publicum Komanorum (Francfort, 1686); Commenturius hisloricus et apologeticus de lutheranismo (Leipzig, 1692, 3 vol.), la plus connue de toutes ses œuvres, qui est dirigée contre YHistoire du luthéranisme du jésuite Mairobourg. On lui doit aussi des hymnes sacrées, qui sont encore aujourd'hui chantées dans les églises protestantes d'Allemagne. — Consulter l'ouvrage do Schreber intitulé : Historia vilx et meritorum Viti Ludovici a Seckendorf (Leipzig, 1733).
SECKENDORF (Frédérie-Hénon ou Frédéric-Henri ou Frédéric-André, comte de), feld-maréchal impérial, né k Kœnigsberg, en Franconie, en 1673, mort k Meuselwitz en 1763. Apres avoir fait ses études à Leipzig, à Iena et k Leyde, il fit ses premières armes dans l'armée hollandaise et accompagna, en 1693, le marquis d'Anspach en Italie. Il entra ensuite dans l'armée impériale et combattit comme capitaine sous les ordres d'Eugène de Savoie. Pendant la guerre de la succession d'Espagne , Seckendorf assista à plusieurs sièges et prit seize drapeaux k iloehstœdt; il combattit k Kamillies et k Oudenarde et reçut p.Usieura blessures au siège de Lille. N'ayant pu obtenir le commandement de cette dernière place, il passa au service d'Auguste II, roi de Pologne, en qualité de major général. En 1712 , il fut envoyé comme ministre plénipotentiaire de Pologne k Lu Haye et coopéra au traité d'Utrocht. L'année suivante, il marcha sur Varsovie k la tête des troupes saxonnes pour rétablir l'autorité royale. Revenu en Saxe, il obtint le grade de lieutenant général et assista en cette qualité au siège de Stralsund. Nommé, en 1717, feld- maréchal lieutenant et colonel au service d'Autriche, Seckendorf prit part k l'expédition de Serbie, puis k celle de Sicile contre les Espagnols et s'empara de l'île Lipari. En 1726, il fut nommé gouverneur de Leipzig, puis il fut envoyé par l'empereur en ambassade k Berlin, ou il détermina la conclusion du traité de Wnsterhuusen (1721) et le mariage de l'héritier du trône prussien, Frédéric 11. Il contribua k réconcilier la Prusse avec l'Autriche et détermina l'entrevue de Kiadrup entre les souverains de ces deux puissances et la conclusion du traité par lequel le roi s'engagea k fournir k l'empereur 40,000 hommes en cas de guerre contre la France. Seckendorf eut une grande part aux négociations et aux intrigues diplomatiques qui aboutirent à la guerre de la succession de Pologne. Pendant celte guerre, il reçut le commandement d'un corps de 40,000 hommes, passa le Rh.n et battit les Français k Eluusen.en 1735. Après la mort d'Eugène de Savoie, Seckendorf reçut le commandement eu chef des troupes impériales sous Belgrade. De malheureuses circonstances le forcèrent de reculer derrière la Save ; ses ennemis personnels profitèrent de cet insuccès pour lui faire retirer ie commandement,sous prétexte qu'il était hérétique, et pour le faire emprisonner k Grsetz. Jlis en liberté après trois années de détention, Seckendorf entra au service du nouvel empereur et électeur de Bavière, Charles VIL, et commanda une armée de ce prince en Bavière. Abandonné par les Français, Seckendorf fut d'abord forcé d'évacuer la Bavière eu 1743, mais il y rentra victorieusement en 1744. Il se démit de son commandement k la lin de cette même année. En 1758, ses correspondances avec les ministres de Marie-ïlierèsa l'ayant rendu suspect k Frédéric II, il fut enlevé par ordre de ce roi et emprisonné pendant une année. En 1760, Seckendorf se retira à Meuselwitz, près d'Altenbourg, où il mourut. Un de ses parents a publié, sous le pseuiionyme de Bellaimnte, sa biographie, très-mai faite (1738 ; 2« edit., 1739). Une autre Vie de Seckendorf u été publiée sous le voile de l'anonyme par un de ses descendants, Tberesius von Seckundorf : Verzuch einer Lehenschreibung des l''etd-AIarschaltsvon Seckendorf (Leipzig, 17Ô2-1794, 4 vol. in-8«j.
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SECKENDORF (Charles - Sigismoud de), littérateur allemand, né à Anspach en 1744, mort en 1785. Il remplit les fonctions de représentant de la Prusse auprès du cercle de Franconie. Outre une traduction allemands des Lusiades de Camoëns, qui fut insérée dans le Magasin de littérature espagnole et portugaise de Bertuch, on a de lui : Fragment de l'histoire de Grenade; Histoire de Thoavg-se ou ia Houe de la fortune; Superbia, opéra, et trois recueils de chants populaires et autres (Weimar, 1779-1782).
SECKENDORF ( Chrétien-Adolphe, baron de), littérateur et poëte allemand, né à Meuselwitz en 1767, mort en 1833. Il servit, de 1786 à 1794, dans les armées mecklembourgeoise et saxonne et se retira ensuite dans ses terres, où il ne s'occupa plus que de travaux littéraires. A la suite d un démêlé avec un propriétaire desesvoisins.il fut condamné en 1828 à l'emprisonnement, peine à laquelle il échappa en se réfugiant à Strasbourg et plus tard à Lucerne. Nous citerons, parmi ses nombreux écrits : Réprimandes forestières (Leipzig, 1799-1804, 10 vol.); Lettres écrites à un prince par te compagnon de ses voyages (Leipzig, 1805); Poésies (Leipzig, 1808) et Travaux dramatiques, recueil de tragédies et de comédies (Leipzig, 1822-1823, 2 vol.). Il avait également publié le recueil de ses Œuvres complètes (Leipzig, 1816-1823, 7 vol.). — Son fils, Adolphe de Seckendorf, né en 1801, mort en 1866 avec le grade de major général en retraite au service de la Prusse, prit part, comme volontaire et commandant par intérim d'une brigade d'infanterie, à. la guerre de 1866 entre la Prusse et l'Autriche. SECKENDORF (Gustave- Antoine, baron de), littérateur allemand, frère du précédent, connu sous le pseudonyme de Pairîck Peoic, né à Meuserwitz en 1775, mort en 1823. Après avoir fait ses études à Leipzig, à Freiberg et à Wittemberg, il entreprit en 1796 un voyage aux Etats-Unis dans le but d'étudier la situation industrielle, commerciale et politique du nouveau monde. A son retour, en 1798, il entra dans l'administration financière de la Saxe, remplit successivement plusieurs emplois et fut nommé en 1807 directeur de la chambre d'Hildburghausen. Mais il renonça l'année suivante à ces fonctions, fit pendant plusieurs années, sous le nom de Patrick Peale, des cours libres d'esthétique, fut reçu en 1812 docteur en philosophie à l'université de Gœttingue et devint deux ans plus tard professeur au Carolinum de Brunswick, Sous l'influence d'une grande surexcitation mentale, il partit en 1821 pour les Etats-Unis, où il mourut deux ans plus tard. On a de lui : Scènes d'une profonde douleur (Leipzig, 1801); Ol/ion 111, tragédie (Leipzig, 1805) ; la Forme fondamentale de la toge (Uœttingue, 1812); Critique de l'art (Gœttingue, 1812); Aphorismes (Berlin, 1812); Orsina, continuation de ï'Emilia Galeotti de Leasing (Brunswick, 1814) ; Documents pour la philosophie du cœur (Berlin, 1814) ; Leçons sur les beaux-arts (Aarau, 1814); Adélaïde de Beryau, roman. (Leipzig, 1815); Leçons sur ta déclamation et la mimique (Brunswick, 1816, 2 vol.); Eléments de politique philosophique (Leipzig, 1817) ; Poésies (Brunswick, 1820), etc.
SECKENDORF (Léon, baron de), poëte allemand, ne à Wohnfurth en 1773, mort en 1809. Il fit ses études à Iéna et à Gœttingue, devint en 1798 assesseur à Weimar et contracta dans cette ville une étroite amitié avec \Vieland, Goethe, HerderetSchiller.il débuta dans la littérature par des Fleurs des poètes grecs (Weimar, 1800), qui ont le défaut d'avoir une forme trop germanique, et publia ensuite un Almanach du nouvel an pour Weimar (1801), qui renferme des poésies remarquables. En 1802, il passa au service du Wurtemberg et, arrêté peu de temps après sous l'accusation de haute trahison, fut enfermé au fort Solitude, puis à Hohenasperg. 11 ne recouvra sa liberté qu'au début de la guerre de 1805 et se retiraaRatisboune,oùil publia deux Almanachs des Muses (1806 et 1807). En 1808, il s'associa a Vienne avec Joseph-Louis Stoli pour la publication du journal Prométhée. Lorsque la guerre de 1809 éclata, il rejoignit l'année en qualité de capitaine de la ianuwehr de Vienne ; mais, blessé grièvement au combat d'Ebersberg, il périt dans l'incendie d'une grange dans laquelle on l'avait transporté.
SECKENDORF (Théodore-François-Chrétien, comte de), diplomate prussien, né en 1801, mort en 1858. Après avoir été secrétaire d'ambassade auprès de plusieurs cours, il fut envoyé successivement en qualité de membre plénipotentiaire en 1841 a Hanovre, en 1847 à Bruxelles, en décembre 1852 à Stuitgard. En 1858, il remplaça à Munich le comte de Bockelbery.
SECK1NGEN, en latin Sanctio, ville forte du grand -ûuché de Bade, cercle du haut Rhin, dans une île du Rhin, au S.-O. de Fribourg, à 24 kiloin. N.-K. de Bàle. Elle fut prise eu 1638 par Bernard de Saxe-Weimar et détruite en partie par un incendie dix ans après.
SECLIN, ville de France (Nord), ch.-l. do cant., arrond. et à 11 kilom. S. deLille; pop. aggl., 4,354 hab. — pop. tôt., 5,055 hab. Brasseries, filatures de coton et de lin, tanneries, teintureries, moulins à huile et à farine, raffineries de sucre. Sous le chœur de l'église
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paroissiale s'étend une crypte, d'où jaillit une source dont les eaux ont, dit-on, la propriété de guérir la fièvre.
SECOND, ONDE adj. (se-gon, on-de — lat. secundus; de sequi, suivre, proprement ce qui suit. Le latin sequi est rapporté par Eichhoff à la racine sanscrite saik, aller, approcher, d'où aussi, selon lui, le gothique sokian, l'allemand sticfien, l'anglais'to seefc, le lithuanien seku et le russe siessczu, même sens). Deuxième; qui vient immédiatement après le premier dans l'ordre du lieu, du temps, du rang ou de l'importance : La Seconde porte à gauche. La siicONDii année. Je vous le dis pour la seconde fois. Il est second président à la cour d'appel. Comme la première règle est de parler avec vérité, ta Seconde est de parler avec discrétion. (Pasc.) Bans le quadrupède, l'odorat est le premier des sens, le goût le second. (Buff.) A Paris, si le premier mouvement est de se montrer protecteur, le second, beaucoup plus durable, est de mépriser le protégé. (Balz.) Les femmes sont les secondes des créatures intelligentes. (Mme de Rémusat.)
Tel brille au second rang qui s'éclipse au premier.
Le premier qui vit un chameau S'enfuit à cet objet nouveau ; Le second approcha; le troisième osa faire Un .licou pour le dromadaire.
La Fontaine.
— Autre, nouveau : Ce que nous prenons pour la nature n'est souvent qu'une seconde coutume. (Paso.) La réputation est la seconde vie de l'homme. (Boss.) Il est une manière de faire des grâces qui est comme un second bienfait. (La Bruy.) Une vieillesse franchement acceptée est une seconde jeunesse. (A. d'Houdetot.) La Chine nous apparaît comme une seconde humanité qui s'est développée à l'insu de la première, (Renan.)
Qu'ils cherchent dans l'Epire une seconde Troie.
Racine.
— Secondes noces, Mariage qui succède à un autre : Se marier, être marie' en secondes noces. H Se disait autrefois de tout mariage réitéré, comme le troisième, le quatrième, etc.
— De seconde main, Par un intermédiaire et non directement: Acheter de seconde main. Savoir une nouvelle de seconde main. Nous n'avons que des renseignements de seconde main sur les dialectes primitifs de l'Arabie. (Renan.)
— Sans seconde, A nulle autre seconde, Sans pareil, sans égal, supérieur à tout :
Ah ! quelle audace sans seconde De marcher à l'heure qu'il est !
Molière.
Et c'est une folie d nulle autre seconde De vouloir se mêler de corriger le monde-
jl Ces locutions, la deuxième surtout, ont vieilli; elles n'étaient usitées qu'au féminin.
— Philos. Cause seconde, par opposition à Cause première, Effet qui devient cause d'un autre eifet.
— Mus. Quijoue ou chante la partie la plus basse : Second violon. Seconde flûte. Second ténor.
— Véner. Cerf à sa seconde tête, Cerf de trois ans, qui, par conséquent, a renouvelé deux fois son bois. Il Seconde vieille meute ou substantiv. Seconde, Relais posé pour donner après la vieille meute.
— Mar. Second pont, Le deuxième pont à partir du plus bas, qui est le premier. Il Second entre-pont, Eaux entre-pont. |] Second foc, Faux foc. Il Seconde ancre, Celle qui, par rang de grosseur, vient après la maîtresse ancre.
— Teehn. Pain second, Pain de qualité intermédiaire entre le blanc et le bis.
— Chronol. Se dit, dans certains calendriers, pour embolismique : Le posidéon second des Athéniens. L'adar second des Hébreux.
— Chim. Eau seconde, Eau-forte affaiblie par une addition d'eau.
— Substantiv. Personne ou chose qui est au second rang : Le second d'une liste.
— s. m. Témoin de duel qui ne se bornait pas à assister au combat, mais se battait à son tour avec le témoin de l'adversaire : Prendre un second. Prendre quelqu'un pour second. Vous voilà encore à chercher ; je gage' que c'est un second qu'il vous faut. (A. de Vigny.) Il Ce mot est tombé depuis que les témoins se bornent au rôle de spectateurs.
— Par ext. Aide, partisan : Si vous voulez poursuivre cette entreprise, je m'offre pour votre second. Il est homme d'action, mais son second ne le sert pas. Le malheur me trouvera toujours pour second. (Cbateaub.)
— Deuxième étage : Louer un second. Demeurer au second. Tomber d'une fenêtre du SECOND. Il Personnes qui habitent un deuxième étage : Tout le second était sur pied. -
— Jeux. Joueur à la paume qui tient le second lieu d'un côté : Il ne prime pas bien, mais il est bon second. (Acad.) Il Ouverture de la galerie qui est entre le dernier et ia porte.
— Littér. Mon second, Seconde partie du
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mot d'une charade, comme dans la suivante, dont le mot est pin-son :
Mon tout sur mon premier fait ouïr mon second.
— Mar. Officier de la marine marchande qui vient immédiatement après le capitaine : Le capitaine et son second. Des signes précurseurs de la tempête préoccupent le capitaine et le second. (Lamart.) Il Second capitaine ou lieutenant, sur les navires de l'Etat. Il Navire qui en accompagne et en défend un autre dans le combat : Second de l'avant. Second de l'arrière. On dit aujourd'hui matelot.
— Loc. adv. En second, En sous-ordre, au second rang : N'être oVen second. Commander en second. Une mère sent bien viuement ta douleur de n'être plus çu'kn second dans le cœur de son fils. (Balz.)
— Art milit. Se dit de certains officiers qui n'exercent qu'en sous-ordre les fonctions d'un grade, dont ils partagent le titre avec un autre officier : Colonel, capitaine, lieutenant