‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 206 sur 1059 · V. AIDE · texte numérisé non relu

V. AIDE

— Encycl. Sociétés de secours mutuels. V. association.

SECOUSSE s. f. (se-kou-se — rad. secouer). Agitation, ébranlement de ce qui est secoué : Rude secousse, Violente secousse. Lei secousses que donne un cheval qui trotK sont fatigantes. L'alouette de mer a dans la queue un mouvement de secousse et de tremblement. (Bulf.) Toute sensation est une secousse donnée à nos organes. (Helvét.) Les secousses des tremblements de terre sont généralement dirigées suivant l'axe de la chaine on de la vallée qui tes ressent. (A. Maury.)

— Fig. Cause de trouble, d'ébranlement : La colique lui a donné de violentes secousses. Une fièvre continue de quinze jours est une forte secousse. Il a reçu de terribles secousses de la fortune. La perle de son procès lui a donné une rude secousse. Il faut de longues réflexions ou de fortes Secousses pour corriger les défauts de toute la vie. (Ubj de Staël.) Les partis ont des racines que les plus violentes secousses n'extirpent pas. (Guizot.) Les secousses qu'on appelle des révolutions sont bien moins le symptôme de ce qui commence que la déclaration de ce qui s'est passé. (Guizot.) Les secousses politiques sont une gymnastique salutaire qui soutient l'énergie iociale. (Virey.) Les secousses des révolutions se transmettent, comme tes tremblements de terre, sous le lit de l'Océan. (Ledru-Rollin.)

Dès que le corps languit, dès que l'esprit s'émousse, D'une fièvre factice il leur faut la secousse.

Barthélémy.

— Impulsion, action intermittente : Il ne travaille que par secousses. Les caprices sont des secousses de la volonté. (J.-J. Rouss.)

— Sans secousse, Paisiblement, progressivement et sans action brusque : Ce qui caractérise surtout le gouvernement anglais, c'est la possibilité de se perfectionner sans secousse. (Mioo de Staël.) Les habitudes font que les besoins s'appellent et s'enchainent SANS secousse. (Alibert.)

De labeur en labeur, l'heure à l'heure enchaînée Vous porte sans secousse au bout de la journée.

Lamartine.

— Fam. Se donner une secousse, Faire un effort, quelque mouvement violent, pour se donner de 1 entrain.

— Mus. Sorte d'explosion que l'air fait en entrant dans un tuyau d'orgue,

— Manège. Secousse de la bride, Saccade.

SECOUSSE (Denis-François), historien, né à Paris en 1691, mort dans la même ville en 1754. F.ls d'un avocat, il se fit recevoir avocat au parlement de Paris (1710), mais il donna promptement sa démission pour se consacrer entièrement aux recherches historiques. Reçu membre de l'Académie des inscriptions en 1722, il fut chargé par d'Aguesseau de continuer le Recueil des ordonnances (172S), et reçut ensuite mission de dresser une table chronologique des chartes et diplômes relatifs à l'histoire de France. Secousse l'ut pendant plusieurs années censeur royal et fut atteint vers la lin de sa vie d'une complète cécité. Ses principaux ouvrages sont : Mé-

SECR

varre (Londres, 1755, 2 vol. in-4«) ; Mémoire sur les principales circonstances de la vie de /loger de Saint -Lary de ISellegarde (17B4, in-12). On lui doit, en outre, un assez grand nombre de dissertations, dont quelques-unes ont paru dans le recueil de l'Académie des inscriptions.

SECQUIÈRE s. f. (sè-ki-è-re — du lat. sequi, suivre). Sylvie. Route pratiquée dans une forêt.

SECRET, ETE adj. (se-ltrè, è-te; on prononçait autrefois et quelques personnes prononcent encore, se-grè — latin secretus; du verbe secernere, mettre à part, lequel est formé de se, préfixe marquant l'écartement, l'action de mettre à part, et de cernere, voir, distinguer). Qui est tenu caché, qui n'est pas divulgué : Affaire secrète. Résolution secrète. Négociation secrète. Entrevue SECRETE. Traite secret. Mariage secret. Les articles secrets d'un traité. Des dépenses secrètes. Entretenir un commerce Secret avec les ennemis. Il a des raisons secrètes, des motifs secrets, des vues secrètes. La nature agit par des voies secrètes et inconnues. Cette action restera secrète. (Acad.) L'envie ne va que par des menées, secrètes. (Boss.) Les délations secrètes se proposent plus le renversement de la fortune d'autrui que le règlement de ses mœurs. (Mass.) Nous ignorons la cause secrète de nos efforts les plus héroïques. (Dider.)

Vous n'aurez point pour moi de langage secret.

Racine.

Les Dix, pour tout savoir, ont des agents secrets. C. Délavions.

— Qui n'est pas apparent, oui n'est pas visible : Les ressorts secrets d'un mécanisme.

Il Qui est dissimulé, placé ex prés- de façon à n'être pas vu : Un escalier secret. Une porte secrète. Un couloir secret. Un sentier secret.

— Que l'on cache, que l'on dissimule, qu'on empêche de se manifester; qui est intime, caché au fond de l'âme : Une passion secrète. Un sentiment secret. Une douleur secrète. Une secrète envie. Un secret mépris. (Acad.) Nous sentons toujours une mésintelligence secrète entre nos penchants et nos lumières. (Mass.) Nous avons naturellement un secret dépit contre les personnes qui nous effacent. (La Rochef.) Il y a parfois à aimer seul de secrètes et profondes délices, (L. Enault.)

Jl s'élève en mon âme une secrète joie.

Hacixb.

On n'aime point à voir ceux à qui l'on doit trop, Et leur seule présence est un secret reproche.

Corneille.

De ses remords secrets triste et lente victime, Jamais un criminel ne s'absout de son crime.

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