SEID
leur ennemi commun , Mahmoud, sultan â,4 Gazna. Ce dernier envoya des ambassadeurs h la princesse pour la sommer de le reconnaître pour suzerain et de lui payer tribut, menaçant en cas de refus de venir à la tête d'une armée s'emparer de l'Irak. Seidiih, dans sa réponse, fit ressortir le ridicule qu'il y aurait pour un sultan â vaincre une femme ou à être vaincu par elle; Mahmoud n'insista pas sur ses prétentions. Seidah, après avoir cédé le pouvoir à son fils, Madjid-ed-Daulah, devenu majeur, fut forcée de détrôner elle-même ce prince incapable. Madjid prit les armes contre sa mère et fut vaincu. Elle lui purdonna et lui rendit la liberté et le trône, en se réservant le droit de diriger le jeune souverain par ses avis et son expérience.
SÉIDE s. m. (sé-i-de — nom d'un personnage du Mahomet de Voltaire). Sectateur aveuglément dévoué, fanatique : Toute secte a ses séides.
SEIDE, ville de Syrie. V. SaId.
SEIDEL (Chrétien-Henri) , écrivain allemand, né dans ia principauté de Sulzbnch en 1743, mort en 1787. Nommé en 1771 pasteur d'Ktzeiwang , dans la principauté do Sulzbaeh, il publia en 1775 un écrit contre l'exorciste Gassner, sous ce titre : Sur les menées et le séjour de Gassner à Sulzbach. En 17S0, il fut noinuié diacre a l'église de Saint-Sebald, à Nuremberg. Il a encore laissé d'autres écrits, composés en grande partie de sonnons.
SEIDEI. (Charlotte-Sophie-Sidonie), femme du précédent, née à Burg en 1743, morte en 1778. On a d'elle des Œuvres posthumes (Nuremberg, 1793, in-8<>), composées de poésies, d'essais, de remarques, de discours, etc.
SElDEl, (Charles), romancier allemand, né vers 1754, mort à Dessau en 1822. Il se lit connaître par un assez grand nombre de romans, dont les principaux sont : la Comtesse Séraphine de Hmnacker; Sidonie de Montabauer; Ooldchen ou la Jeune bohémienne ; puis, il abandonna la littérature et se lit nommer professeur à l'école de3 jeunes fiJes de la ville de Dessau.
SÉID1SMC s. m. (sé-i-di-stne — rad, séide). Fanatisme des séides : Il faut se garantir du séidismb quand on est Français. ( A. de Vigny.)
SE1DL (André), peintre allemand, né à Munich en 1760, mort en 1836. 11 fit ses études à l'Académie de Munich, puis à Rome. Après 'avoir reçu les titres de membre do l'Académie de Suint-Luc et de cellesde Parme, et de Bologne, il retourna à Munich en 178S ety fut nommé peintre de la cour, et, en 1796, professeur à l'Académie de cette ville. Il u peint un grand nombre de tableaux historiques, religieux et mythologiques. Parmi ces derniers, on remarqua le Jugement de Paris. On a aussi de Seidel un grand nombre de fresques dans les églises de Munich et dans plusieurs édifices de cette ville.
SEIDL (Jean-Gabriel), poète et archéologue allemand, né à Vie:. ne en 1804. Quoique porté de bonne heure vers le culte des lettres, il étudia le droit pour obéir à la volonté de son père, dont la mort le laissa à peu près sans ressource. Il chercha alors une position dans l'enseignement, devint en 1829 professeur au gymuase-de Cilli, dans la Styrie, fut nommé en 1840 conservateur du cabinet de numismatique et des antiques de Vienne. 11 est depuis 1847 membre de l'Académie des sciences de cette ville, et il a reçu en 1856 le titre de trésorier impérial aulique, puis en 1867 celui de conseiller du gouvernement. Parmi ses écrits, il faut citer en première ligne ses œuvres lyriques, surtout ses ballades et ses romances, qui, de même que ses Poésies écrites en dialecte de la basse Autriche (Vienne, 1844, 4" édit.), ont obtenu une grande popularité. Les plus connues sont les suivantes : Poésies (Vienne, 1826-1828, 3 vol.): Ie3 Feuilles doubles (Vienne, 1855, 5e édit.); la Table des chansons (Vienne, 1840); Chants de la nuit (Vienne, 1851, 2» édit.) ; la Nature et le cœur (Slultgard, 1859, 3e édit.); toutes ces pièces limées, qui ont paru d'abord dans les annuaires et recueils littéraires de l'Allemagne, se distinguent par la grâce des pensées , l'élégance et l'harmonie du style, la pureté du goût, mais' elles laissent presque toujours à désirer sous le rapport de l'originalité. On admire moins les nouvelles du même auteur, telles que Feuilles et épines, le Combat pour la fiancée, la Vengeance muette, le Peniaméron (1843); ses drames, entre autres la Première violette, les Inséparables, et ses imitations Ces littératures étrangères. Mais, en revanche, un succès universel accueillit ses compositions u'intérèt tout local, intitulées la Dernière fenêtre et Trois ans après la dernière fenêtre. Il en fut de même de Sa traduction de la Lucrèce de Ponsard, qui fut couverte d'applaudissements au théâtre de la cour, à Vienne. M. Seidl s'est aussi occupé de recherches sur les antiquités nationales. Il u publié ; Chronique des découvertes archéologiques en Autriche, que complètent des Documents pour seroir à la chronique, etc. (Vienne, 1854); Documents pour une liste des procurateurs romains de Nt/ricum (Vienne', 1854); le Culte de Dolichenus et dilforents travaux épigraphiques. On lui doit, en outre, une relation intéressai. te
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d'Excursions dans le Tyrol et dans la Slyrie (Leipzig, 1840); il est depuis 1850 l'un des rédacteurs les plus goûtés du premier Journal des gymnases autrichiens. En 1854, le nouveau texte qu'il avait écrit pour l'hymne de Haydn, Dieu sauve, etc., a été reconnu officiellement comme chant national de l'empire d'Autriche.
SEIDLER (Louise- Caroline -Sophie), artiste allemande, née à Iéna en 1792. Elle fit ses études à l'Académie de peinture de Munich et les continua à Rome et à Florence, où elle fit plusieurs copies de Raphaël et du Pérugin. Outre de belles copies des grands maîtres, on doit à Louise Seidler plusieurs tableaux à sujets historiques ou romantiques, parmi lesquels nous citerons : !e Chevalier de Rogg'enburg , Ulysse naviguant au milieu des sirènes, tableau de grandes dimensions, peint en 1839, et Elisabeth distribuant du pain aux pauvres. Elle a écrit un ouvrage intitulé : Kôpfe aus Gemâlden worz&ylicher Dichter (Weimar, 1836).
SEIDUE s. f. (sè-dll). Bot. Genre de plantes, de la famille des diptérocarpées.
SEIF-ED-DAULAH (Aboul-Haçan-Ali), premier émir d'Alep, mort en 967. Il était frère de Naser-ed-Daulah, émir de Mossoul, qui lui avait cédé , en 934 , le Diarbekir et la ville de Meïufarekin. Il le seconda dans toutes ses expéditions, conquit en 944 sur le Turc Ykhschid ou Akhschid Alep et Emesse, et obtint par le truite qui suivit cette guerre la partie de la Syrie comprise entre ces deux villes. Après la mort d'Ykhschid, Seif s'empara de Damas, qu'il ne put garder longtemps, puis il engagea contre les Grecs des guerres qui remplirent tout le reste de son règne. En 961, il fut vaincu par Achod, roi d'Arménie, qu'il voulait forcer à payer tribut. L'émir ne fut pas plus heureux contre les Grecs. Il perdit, en 962, les villes d'Anazarbe et d'Hadat, en 965 Mt«sisa et Tarse, en 966 Antioche. 11 mourut l'année suivante a Alep, à l'âge de cinquantetrois ou cinquante-cinq ans. Ce prince protégeait, cultivait les lettres, les sciences et les arts. On peut voir dans Aboulféda et dans Elmukin trois pièces de vers qui prouvent son talent pour la poésie. Il protégea les gens de lettres et les artistes, et en eut plusieurs à sa cour, entre autres le poète Montenabby et le philosophe Al-Faraby.
SEIF - ED - DAULAH (Abou - Djafar- Ahmed III) , sixième et dernier prince de la dynastie des Houdides, émirs ou rois de Saragosse, mort en 1146. Il succéda, en 1130, à son père Abd-el-Melek, embrassa comme lui l'alliance du roi d'Aragon contre les Almoravides et lui livra la plupart des places qui lui restaient encore dans le nord-ouest de l'Espagne. Le roi d'Aragon ayant été tué en 1133 dans une bataille contre les Almoravides, Seif-ed- Daulah rechercha la protection d'Alphonse- Raimond, roi de Castille, qui s'était fuit céder Saragosse par le nouveau roi d'Aragon. Il céda à ce prince Roth-a]-Yehond (Rueda), avec quelques autres places, et obtint en échange la moitié de Tolède et une partie des environs de cette ville (1139). En mars 1145, il fut proclamé roi de Cordoue et entra dans cette ville; mais il fut chassé au bout de huit jours. Le mois suivant, il fut proclamé roi à Murcie par un certain nombre de ses partisans, mais il ne put se rendre dans cette ville. Peu de temps après, il enleva Grenade aux Almoravides, mais il ne put prendre Al-Omrah (l'Alhambra) et fut forcé de battre en retraite au bout de huit jours. En janvier 1146, il entra à Murcie et y fut reconnu souverain, ainsi qu'à Valence et à Dénia, où il se rendit peu de jours apvès. Le 5 février, il fut tué dans un combat qu'il livra à Alphonse-Raimond dans les plaines d'Albaceta,, près de Chinchilla.
SEIF-EDDYN 1er, roi d'Hormuz, sur la côte du Kerman, vers le commencement du xme siècle. Il avuit d'abord régné dans l'île de Keïseh ou Kâs, après son père Ali.
Chassé de cette lie par les habitants, il prit possession du trône de son oncle et beaupère Chehab-Eddyn à Hormuz, après avoir vaincu et tué le ministre Chahrihar qui l'avait usurpé, et signala son règne par la soumission de Keïseh.
SEIF-EDDYN 11 , roi d'Hormuz, mort vers 1290. Il succéda en 1277 à son père Rokn-Eddyn Mahmoud II. Chassé du trône par ses deux frères Foulad et Kotb-Eddyn, il se réfugia à la cour de Kerman et y obtint des secours pour rentrer dans ses Etais. Il vainquit et fit mettre à mort son frère Foulad, mais il fut défait par son autre frère Kotb - Eddyn. Rappelé au trône après l'expulsion d'un usurpateur qui avait assassiné Kotb-Eddyn, Seif- Eddyn fut, peu de temps après, mis à mort avec sa mère et ses sœurs par son frère.
SEIF-EDDYN III (padischah), roi d'Ormuz, au xv« siècle. Il chassa du trône son père Kotb-Eddyn II, et il le possédait en 1429. Il entreprit sans succès de s'affranchir du joug de Chahrokh, fils et successeur de Tamerlun, et fut détrôné par son propre frère Tourau- Schah. Seif-Eddyn, pour reprendre le pouvoir, invoqua l'appui de Chahrokh, qui lui promit des secours; mais Seif changea ensuite d'avis et se contenta de se faire garantir par un traité conclu en 1438 la possession de la forteresse deTirzek, où le souverain déchu passa le reste de ses jours.
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SEIF-EDDYN IV, roi d'Hormuz, né vers 1489, mort en 1513 ou 1514. Il succéda vers l'an 1501 à son frère Salgar-Schah et régna sous la tutelle de l'eunuque Khodjah-Attar. En 1517, le jeune Seif-Eddyn et le régent Attar eurent à subir une guerre contre Alfonse d'Albuquerque, qui avuit sommé le roi de se rendre tributaire de la couronne de Portugal. Après plusieurs phases de succès et de revers, Albuquerque fut forcé de se rembarquer. Seif- Eddyn, qui, après ses premières défaites, s'était engagé a payer tribut aux Portugais, exécuta fidèlement sa promesse pendant le reste de son règne. Il mourut empoisonné par Reis-Nour-Edàyn, gouverneur d Hormuz.
SEIF-EDDYN CH.4ZY 1er, roi do Mossoul, de la dynastie des Atabeks, né vers 1109, mort en 1149. A la mort de son père (I14G), il eut à disputer le trône au prince seldjoucide Alp-Arslan et à son propre frère Nour- Eddyn. Il fit arrêter et emprisonner Alp- Arslan, mais il se réconcilia avec Nour-Eddyn et lui donna des secours pour combattre les chrétiens. Il recouvra par les armes plusieurs des places qui avaient appartenu à son père en Mésopotamie. Assiégé dans Mardin parTimourtascli, Seif-Eddyn oI>tint la paix en promettant d'épouser la fille du vainqueur, promesse que la mort l'empêcha de tenir.
SEIF-EDDYN GHAZY II , neveu du précédent, roi de Moussoul, mort à Moussoul en 1180. Il succéda, en 1170, à son père Kotb- Eddyn Maudoud. Il eut pour compétiteur au trône son frère aîné Zengui. Celui-ci invoqua et obtint l'appui de Nour-Eddyn, son oncle et son beau-père, roi d'Alep. Ce dernier s'empara des Etats de Seif-Eddyn et entra dans Moussoul par capitulation. Mais il se contenta de faire épouser une de ses filles à Seif-Eddyn et ne gratifia Zengui que de la possession de Sindjar et de quelques places peu. considérables. Après la mort de son oncle en 1173, Seif-Eddyn s'empara de tout ce que celui-ci avait possédé en Mésopotamie. Il fit ensuite la guerre à Saladin et, après avoir éprouvé plusieurs défaites et vu la nécessité de disposer contre celui-ci de forces considérables, se réconcilia avec son cousin Melik-el-Saleh-Ismael, fils de Nour-Eddyn, et se coalisa avec eux contre Saladin. L'armée des trois princes fut complètement écrasée à Hamah (1176). Après ce désastre, Setf-Kddyn obtint de faire la paix et mourut en léguant le royaume de Mossoul à un de ses frères, -Mas'oud Azz-Eddyn, et en ne laissant à ses deux jeunes fils que des apanages.
SEIFFERT ou SAIFFERT (D. André), médecin allemand, mort à Paris en 1819. Il exerça son art à Paris depuis l'avènement de Louis XVI environ jusqu'aux premiers temps de la Révolution et eut beaucoup de vogue à la cour et dans la noblesse. Il se rendit célèbre surtout en guérissant la princesse de Lamballe d'une maladie déclarée incurable par les plus célèbres docteurs de Paris. On a de lui : Observations pratiques sur les maladies clironiques (Brunswick et Leipzig, 1804 , in-8°) et Dictionnaire pour servir à l'explication des observations pratiques (in-8°, même date). Ces deux volumes sont une véritable curiosité bibliographique. L'auteur y joint quelques anecdotes curieuses sur les événements politiques et sur les familles royales. Il propose de réformer la langue et l'orthographe allemandes d'après les principes de son ami Van der Molde et pousse la fureur de réformer jusqu'à vouloir remplacer les caractères typographiques usuels par des caractères typographiques nouveaux de son invention.
SE1FMANN (Pierre-Etienne), écrivain polonais, né à Varsovie en 1823. Nommé, en 1853, assesseur près de l'administration médicale (Urzad Medyczny), et, en 1858, professeur à l'Ecole vétérinaire de Varsovie, il visita, peu de temps après, l'Allemagne, la Belgique, la France et l'Angleterre. Sous-directeur de l'Ecole vétérinaire en 1860, il fut nommé, en 18G2, directeur de cette école et lut, en outre, appelé à professer l'étiologie vétérinaire à l'institut polytechnique et agronoinico-forestier de Nowa-Alexaudrya. En 1865, Seifnuum prit part comme délégué du royaume de Pologne aux travaux du congrès %'étérinaire de Vienne. Enfin, en 1666, après la réorganisation de l'Ecole vétérinaire de Varsovie, il en fut nommé le directeur. Outre de nombreux travaux insérés dans les revues périodiques polonaises et dans ! le Hecueit de médecine vétérinaire de Paris, | il a publié un grand nombre d'ouvrages en i polonais , dont les principaux sont : Sur la variole ovine (Varsovie, 1860); Guide pour les acheteurs de chevaux (Varsovie, 1858); Compte rendu d'un voyage scientifico-vêtérinaire fait dans les années 1858-1859 (Varsovie, 1860) ; Hemarques sur tes moyens d'élever et de soigner le jeune bétail , etc. (Varsovie , 1861); Castration des vaches , etc. (Varsovie, 1861). Seifmann a été un des collaborateurs de l' Encyclopédie universelle de Varsovie.
SEIGAK s. m. (sè-gak). Mamm. V. saïga.
SEIGLE s. m. (sè-gle. — V. l'étyin. à la partie encycl.). Bot. tienre de plantes, de la famille des graminées, tribu des hordéaeées, comprenant plusieurs espèces originaires de l'Orient : Les seigles se distinguent aisément parmi nos céréales les plus communes. (P. Duchart-re.) Le seigle n'est point attaqué par ta
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carie. (T. de Borneaud.) Les seigles marsais sont inconnus dans la majeure partie de ta France. (Rozier.) Le seigle a des avantages qui doivent le rendre précieux aux yeux des cultivateurs. (Tessier.) Le pain de seigle ne convient qu'aux estomacs robustes, (V. de Bomare.) Les variétés du seigle sont moins nombreuses et moins tranchées entre elles que celles du froment. (M. de Dombasle.) Les sols légers, sablonneux ou graveleux sont, en général, plus propres au seigle qu'au froment. (M. de Dombasle.) || Seigle bâtard, Nom vulgaire de quelques fétuques.
— Grain de seigle : Un hectolitre de seigle, li Farine de seigle : Le pain de seigle est moins digestif que le pain de froment. (L. Cruveilhier.)
— Agric. Seigle ergoté, Seigle atteint de l'ergot. Il Faire les seigles, Les couper ; On a fait les seigles de bonne heure cette année. (Acad.)
— Encycl. Linguist. Le seigle n'a pas de nom sanscrit et paraît étranger à l'Inde. Les Grecs ne le cultivaient pas et ne le connaissaient que comme un produit de la Thrace. Mais chez les peuples de l'Europe moyenne et septentrionale, les Germains, les Celtes et les Slaves, on trouve des noms qui témoignent d'une culture ancienne, étendue aussi à l'Italie romaine. Pictet rapproche du latin secale l'irlandais-erse seagat, armoricain segal; il croit cependant qu'un de ces noms provient de l'autre, sans que l'on puisse trop dire auquel appartient la priorité. L'étymologie ordinaire, secale, de secare, couper, tombe en présence de la forme sigala, qui se , rencontre également et qui sa rapproche plus du celtique. Il est à croire que secale en est provenu par la tendance naturelle à rattacher ce mot à seco. Si Ton se rappelle les noms laudatifs donnés au froment et à l'orge, on pourrait sans invraisemblance rapporter l'irlandais seagal à seayh, estime, valeur, prix.
— Bot. Les espèces qui forment ce genre sont peu nombreuses et ne s'élèvent guère à plus de cinq; mais l'importance majeure de l'une d'elles suffit pour donner un haut intérêt à ce groupe générique. Les seigles sont des graminées à feuilles planes, indigènes du sud-est de l'Europe et des parties adjacentes^ de l'Asie ; ils ont des épis simples, dans lesquels les épillets sont portés sur un rachis ordinairement articulé; ces épillets sont solitaires et renferment des fleurs normales avec rudiment d'une troisième; leurs deux glumes sont presque égales, carénées, mutiques ou aristées. Chaque fleur, en particulier, présente une glumelle à deux paillettes, dont l'inférieure est carénée, aristée, équilatérale, son côté extérieur étant plus large et plus épais, dont la supérieure est plus courte, bicarénée; la glumellule est formée de deux petites écailles ciliées. Pendant la floraison, ces fleurs s'ouvrent assez pour laisser voir presque en entier leurs étamines, qui sont pendantes. Les seigles se distinguent aisément parmi nos céréales par leurs épillets bifiores et solitaires sur chaque dent du rachis, tandis qu'ils sont groupés par trois et uniflores dans les orges et solitaires, mais trimultiflores, dans les froments.
La seule espèce intéressante de ce genre est le seigle cultivé. Cette précieuse céréale se trouve encore à l'état spontané dans la Crimée, ainsi que dans les contrées qui s'étendent autour du Caucase et de la mer Caspienne ; elle y croît principalement dans les endroits sablonneux, ce qui explique la facilité avec laquelle elle réussit dans les sables et les sols secs et presque arides, entièrement impropres à la culture du froment. Son chaume mince, ferme et flexible à la fois s'élève de 1 mètre a lm,50, quelquefois davantage; il porte des feuilles aiguës et étroites , surtout comparativement à celles de l'orge qui sont deux fois plus larges, et il se termine par un épi assez resserré, long de 0m,10 à 0m,15; les glumes ont leur carène j relevée de petites dents qui la rendent rude au toucher; les paillettes dépassent les glumes; l'inférieure a la carène ciliée de poils roides, le sommet aigu et prolongé en une arête droite et scabre.
Les agronomes distinguent plusieurs variétés de seigle; mais cette distinction ne repose, en général, que sur des particularités de végétation déterminées surtout par l'époque des semis. Ainsi, ils nomment seigle d'automne ou d'hiver celui qui a été semé en automne et dont on récolte le grain l'année suivante; seigle de mars ou de printemps, celui qui est semé en mars pour être récolté la même année et qui se distingue d'ordinaire par un chaume plus court et plus grêle; enfin, ils appellent seigle de la Saint-Jean, seigle multicaule, seigle du Nord, celui qu'on sème au mois de juin, vers la Saint-Jean, qu'on coupe en fourrage vert pendant l'automne ou qu'on fait brouter par le bétail jusqu'au printemps suivant, pour le laisser ensuite monter et donner son grain après une année entière de végétation. Le seigle multicaule, que l'on a tant vanté et qui se distingue par la multiplicité de ses chaumes, doit ce caractère k ce que la dent du bétail ou la faux l'ont déterminé à produire des jets latéraux qui sont devenus autant de chaumes. Au point de vue botanique, les variétés du seigle sont peu nombreuses ; on n'en signale que trois : 10 seigle à épi simple ou seigle or-
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dinaire; 2° seigle de Vierland, à épi très-ramassé, compacte, à grain renflé, jaunâtre, à feuilles d'un vert tendre; 3» seigle à épi rameux par la base.
Le seigle se recommande par plusieurs qualités. L'une des plus précieuses est de réussir dans presque toutes les terres, même dans celles dont l'infertilité est presque complète et qui se refuseraient à îa plupart des autres cultures, sinon à toutes. De plus, sa rusticité est assez grande pour qu'il résiste à des froids rigoureux ; aussi le cultive-t-on très-avant dans le Nord et très- haut da'ns les montagnes. Il n'est dépassé dans l'un et l'autre sens que par l'orge, qu'il suit même d'assez près. Il produit environ 1/6 de plus que le blé, et, a poids égal, son grain donne plus de farine que celui de ce dernier. Enfin, coupé vert, il fournit un bon fourrage et il est d'autant plus avantageux sous ce rapport, que cette première récolte ne nuit en rien à celle du grain et la rend même plus abondante, en même temps qu'elle augmente la quantité de paille produite.
Tout le monde connaît l'importance du seigle pour l'alimentation rie l'homme ; on fait du pain avec sa farine, soit seule, s'oit mélangée. Le pain de seigle seul est inférieur à celui de froment sous plusieurs rappons; il est lourd, la pâte de farine de seigle ne levant pas ou presque pas; sa couleur est brune; il est médiocrement nourrissant, a cause de ta faible proportion de gluten qui s'y trouve. De plus, la panification du seigle exige beaucoup de levain et une cuisson prolongée; néanmoins, ce pain forme dans beaucoup de parties de l'ancien monde l'aliment principal des habitants des compagnes. Ses inconvénients sont fortement atténués par le mélange de la farine de seigle avec un tiers ou moitié de farine de froment. Le mélange de ces deux céréales est connu sous le nom de méteil.
Le grain de seigle est assez souvent utilisé dans les brasseries à la place de celui d'orge pour la fabrication de la bière. Dans le nord de la France, on prépare une liqueur rafraîchissante avec de la farine de seigle délayée dans de l'eau et fermentée. Dans le nord de l'Europe, on en obtient de l'eau-de-vie, et cette industrie en absorbe de grandes quantités. Enfin, la farine de seigle est employée pour faire des cataplasmes. En général, la volaille et les oiseaux refusent de manger le grain de cette giaininèe. La paille du seigle est d'une très-grande utilité ; sa ténacité et sa flexibilité la rendent plus propre que toutes les autres à servir comme lien ; elle sert aussi pour litière, pour couvrir les habitations rustiques ; enfin, on en tresse pour faire des chapeaux de paille, dont le tissu est résistant et la couleur plus terne que celle des chapeaux faits avec la paille de froment.
La eulture du seigle est analogue à celle de nos autres céréales, aussi ne nous en occuperons-nous pas. Le grain du seigle est sujet à une singulière affection, qui se montre aussi, mais moins fréquemment, chez d't-tres graminées. Sous cette influence, on le voit s'allonger démesurément et former une sorte de corps oblong, brunâtre ou violacé, souvent courbe, qu'on a nommé ergot de seigle. V. ce mot.
Au point de vue de la médecine, l'ergot de seigle a une yrande iinp-^i-tance. Lorsque les grains erg „es' s'ont mêlés -en proportion un peu forte aux grains sains, bien que la. cuisson altère en grande partie les propriétés des premiers, le pain fait avec ce mélange détermine des accidents redoutables, tels que la gangrène des membres, etc. Néanmoins, le seigle ergoté est un agent médicinal précieux. Ce qui le distingue particulièrement est la propriété de déterminer ou de favoriser les contractions de l'utérus dans les cas où l'inertie de cet organe rend l'accouchement impossible et expose, par suite, aux conséquences les plus funestes. La science possède aujourd'hui un nombre de faits considérable, qui mettenthors de doute cette propriété remarquable. D'un autre côté, il est employé avec succès pour arrêter les hémorragies. Cette étonnante faculté hémostatique a été attribuée particulièrement par M. Bonjean à l'ergotine, principe essentiel de l'ergot, dans lequel il existe une huile narcotique et vénéneuse. D'après les expériences de M. Bon jean et de quelques autres médecins, il suffirait d'appliquer de la charpie imbibée d'une solution d'ergotine sur l'ouverture d'une grosso veine ou même d'une artère pour amener, en quelques minutes, la cessation de l'hémorragie. V. ERGOT, ERGOTINË, ERGOTISME.
— Chim. Composition des gi-ains, de la farine et du son de seigle. Le seigle entre , comme le blé, dans la fabrication du pain ; il est donc utile que nous indiquions ici, sommairement au moins , la composition de cette graine :