CA20TTE
— Rem. Le Sacripant du Roland furieux, dontlenomest reste proverbial pour désigner un mauvais drôle, capable de se porter à toute espèce de violence, est, dans lepoëmede l'Arioste, uu roi de Circassie et l'un des chefs de l'armée d'Agramant. Il s'y fait remarquer surtout par sa bravoure et son audace ; mais il n'y tranche aucune montagne, et l'on ne voit guère comment, en passant du poëma dans la langue, ce mot est arrivé à désigner un vaurien delà pire espèce.
Quant au sens de rodomont, bravache, que l'Académie donne au mot sacripant, nous croyons que l'Académie s'est laissé tromper à cet égard par un souvenir littéraire trop précis. U est vrai que le Sacripant de
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Boïardo est un bravache, mais celui de l'Arioste, le seul qui ait fourni son nom à notre langue, est un véritable brave.
Sacripant, opéra-comique en deux actes, paroles de M. Philippe Gilles, musique de M. Duprato ; représenté aux Fantaisies-Parisiennes le 24 septembre 1866. Le compositeur a écrit un assez grand nombre de morceaux, dont plusieurs sont importants, tels que le finale du premier acte, pour une pièce de mauvaisgoût,sans intérêt et qu'on ne reprendra probablement pas. On a distingué l'air : Padoue est «ne grande ville, la ballade du bandit et un chœur d'un bon effet. Chanté par G-ourdon, Barnolt, M">e Goby-Fontanel, M110 Bonelli.
SACRISTAIN s. m. (sa-kri-stain. — Ce mot, le même que l'italien sagrestano, qui lui correspond, provient du bas latin sacrisla, d'où aussi sacristia, en français sacristie. La vieille langue avait francisé le bas latin sacristanns en secrelan, nom de famille encore très-répandu, et segretin. De sacristia, l'allemand a tiré le mot sigrist, sacristain. Comme terme d'argot, ce mot désigne l'amant d'une maîtresse de mauvais lieu. Il est facile de se rendre compte de ce mot quand on sait que, dans le langage populaire, ces sortes d'endroits s'appellent des couvents. Comparez marlou, marlousier, souteneur de prostituées, de marlier qui se disait autrefois dans le sens de inarguillier). Employé qui a le soin de la sa cristie d'une église : Lt sacristain de Notre Dame, de Sairit-Sulpice. A force de prosalser en nous la justice, nous sommes devenus pour elle comme le sacristain pour les vases sacrés, nous en avons perdu la religion. (Proudh.)
Le sacristain achève en deux coups de rabot, Et le pupitre enfin tourne sur son pivot.
Boileau.
— Sacristain du pape, Prélat ecclésiastique chargé de la garde des vases sacrés, des ornements appartenant au pape, et qui, lorsque celui-ci célèbre la messe, fait en sa présence l'essai du pain et du vin qui doivent être consacrés.
— Dr. canon. Titulaire de l'office appelé sacristie.
SACRISTI interj. Altération orthographique du mot sacristie employé cominejuron.
SACRISTIE s. f. (sa-kri-stî. — V. sacristain). Lieu où l'on serre les vases sacrés, les ornements d'église, et où les ecclésiastiques revêtent les habits en usage pour le service divin : Une galerie en ruine allait du presbytère à la sacristie. (Balz.)
— Ce qui est contenu dans une sacristie : Une Sacristie fort riche.
— Revenu annuel des services qui se disent dans une église.
— Hist. ecclés. Office claustral et titre d'un bénéfice, dans certaines abbayes.
— Interjectiv. Sorte de juron familier: Sacristie 1 que vous êtes pressant !
— Encycl. Dans la plupart des églises qui nous restent du moyen âge, les sacristies étaient complètement séparées de l'édifice religieux. Cependant, dans quelques cathédrales,les sacristies font partie intégrante du monument; telles sont celles des cathédrales de Rouen, de Laon,' de Tours, de Chartres, d'Amiens, etc. Une des plus anciennessacmties dont on ait conservé les dispositions est celle de la cathédrale de Paris, qui réunissait l'église au palais épiscopal. Il reste dn ces salles de très-curieux dessins que M. Viollet-le-Duc a reproduits, avec quelques explications, dans son Dictionnaire de l'architecture raisonnée du xie au xvi» siècle. Ce savant architecte pense que les services des sacristies n'avaient pas autrefois l'importance qu'ils ont acquise de nos jours ; ces services se composaient d'une ou deux salles voûtées et de médiocre étendue, et les sacristies des cathédrales de Troyes, de Langres, d'Amiens, de Tours, de Chartres, de Noyon, du Mans, de Bayeux, de Coutances, deClennont, deNarbonne, de Limoges, n'ont pas même l'étendue de celle de la cathédrale de Paris. M. Violletle-Duc les dépeint ainsi : « Ce sont des salles voûtées, qui prennent une ou deux travées et qui se confondent, pour ainsi dire, dans l'ordonnance du grand monument. A l'extérieur, elles affectent cependant des dispositions plus fermées que les chapelles; leurs fenêtres grillées sont plus étroites et se rapprochent du style adopté pour les édifices civils. Souvent, comme à Notre-Dame de Paris, elles possèdent un premier étage qui servait de trésor, d'archives et de bibliothèque, c'est-à-dire de dépôt pour les livres du chœur.. Au château de Vincennes, on voit encore une joliesocristie bien conservée, qui renfermait un trésor au-dessus. »
De nos jours, les sacristies font partie du monument; elles enveloppent généralement le chœur et sont mises en communication avec lui à l'aide de portes latérales qui permettent aux desservants de circuler avec les ornements et les vases consacrés au culte sans avoir à traverser la foule des fidèles. On leur donne des dimensions en rapport avec l'importance du service religieux, et on les garnit d'armoires et de chapiers, tant pour renfermer les vases consacrés que pour étaler les habits sacerdotaux ; ces sacristies contiennent en outre de petits bureaux pour la curé et le trésorier, ainsi çjue des confession-
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onux, ou simplement de petites pièces, où le prêtre peut se retirer avec le pénitent pour entendre sa confession et prieravee lui ; elles servent généralement aussi de bibliothèque, et on y dépose les registres des baptêmes, mariages, ainsi que les registres de la fabrique.
Le curé de la paroisse, les vicaires, leschanoines, les prêtres visitants, le prédicateur du jour s'y tiennent avant et après l'office. C'est une sorte de salle de conversation où sont admis les dévots bien connus et les pénitentesen renom. On y voit toujours un crucifix, un prie-Dieu et un bénitier. Dans les plus luxueuses, on trouve quelques tableaux, des fauteuils, des tables, etc. Mais le banc, le banc sévère de chêne, est le plus souvent l'unique siège. C'est de ce banc que parlent si souvent les écrivains railleurs, les pamphlétaires incrédules du xvme siècle, dans leurs libelles étincelants de plaisanteries mêlées aux gauloiseries les plus risquées. Ecoutons "Voltaire, qui ne tarit pas sur le chapitre des prêtres :
Combien en a-t-on vus jusqu'au pied des autels Porter un coiur pétri de penchants criminels! Dans ce tribunal même, où, par des lois sévères, Des fautes des mortels ils sont dépositaires, Convoiter les beautés qui vers eux s'accusaient, Et commettre la chose, alors qu'ils l'écoutaicnt'. Combien n'en vit-on pas, dans une sacristie. Conduire une dévote avec hypocrisie, Et sur un banc trop dur, travailler en ce lieu A faire à leur prochain des serviteurs de Dieu !... (Fêle du curé de Bdlébat.)
Les sacristies sont aujourd'hui fréquemment le théâtre des conciliabules de prêtres et de dévots de tout sexe, affiliés aux sociétés religieuses. C'est ce qui fait dire des gens qui défendent à outrance le clergé et le cléricalisme, que ce sont des piliers de sacristie ; et c'est aussi pour cela que l'on dit, doctrine de sacristie, procédé de sacristie, style de sacristie, pour désigner des doctrines ultramontaines, des procédés jésuitiques, un sfyle patelin et hypocrite. Dans ses Châtiments, Victor Hugo, attaquant M. Louis Veuillot, qui, en décembre 1851, avait mis sonjournal l'Univers au service des auteurs du coup d'Etat et qui selon son habitude, • dans l'intérêt de la religion, n dénonça alors un assez grand nombre d'honnêtes gens aux rigueurs de la police, Victor Hugo, disons-nous, l'accuse d'avoir apporté
.... Son flair de sacristie Dans le bouge des argousins.
On donne, dans le langage familier, le nom de n rats de sacristie » aux dévots pratiquant avec affectation, et aux écrivains soudoyés par le clergé et la congrégation.
Les sacristies des églises épiscopales d'Angleterre sont à peu près semblables à celles des églises catholiques. On sait que l'Eglise anglaise, tout en adoptant les doctrines religieuses du calvinisme', a cependant conservé le formalisme, la hiérarchie et jusqu'aux ornements de l'Église romaine. Cependant les évêques ne portent pas hors de l'église leurs vêtements sacerdotaux; ces vêtements sont conservés dans la sacristie.
La sacristie des temples protestants est très-simple. Les pasteurs luthériens et calvinistes, sans insignes au dehors du temple, ne revêtent, pendant l'office, qu'une robe noire et un rabat blanc, semblables à la robe et au rabat des professeurs de l'Université et des avocats. Le temple est nu , sans image ni tableau; nue aussi est la sacristie. Pour tout meuble, une chaise, un banc. Un placard quelquefois, pour enfermer la robe ; le plus souvent un porte-manteau pour l'y accrocher. Pas d'entretieDS, pas de réunions dans cette pièce, qui est presque toujours un étroit cabinet, que rempliraient deux ou trois personnes.
Les églises protestantes, qui ne sont pas nationales, c'est-à-dire subventionnées par les gouvernements, sont encore moins formalistes. Elles n'ont point de sacristies. Celles qui conservent des pasteurs les veulent sans robe et sans ornement distinctif ; chez les autres prêche et prie qui veut.
Les synagogues israélites ont des sacristies où les rabbins vont se revêtir de leur costume avant les cérémonies.
SACRISTINE s. f. (sa-kri-sti-ne — fém.
de sacristain). Religieuse chargée du soin de la sacristie.
SACRO-BOSCO (Johannes de), moine etmathémaiioien anglais. V. Jean de Holywood.
SACRO-COCCYGIEN, IENNE adj. (sa-kroko-ksi-ji-ain, i-è-ne). Anat. Qui a rapport au sacrum et au coccyx : Articulation sacro-
COCCYGIBNNE.
— Encycl. Anat. Articulation sacro-coccygienne. Cette articulation est une amphiarthrose ou symphyse semblable à celles qui relient les corps des vertèbres entre eux. Le sacrum et le coccyx sont unis l'un à l'autre
Î>ar un disque interarticulaire fibreux, anaogue aux disques intervertébraux et dont le centre contient souvent une véritable capsule synoviale. Ils sont maintenus par deux ligaments, l'un antérieur, qui n'est qu'un prolongement du ligament vertébral commun antérieur, et l'autre postérieur, fixé supérieurement à. l'échancrure qui termine le canal sacré, et inférieurement à la face externe et à la pointe du coccyx. Grâce à ce mécanisme, le coccyx jouit d une certaine mobilité trèsavantageuse pour la femme au moment où elle accouche, et son retrait, lors du passage
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de la tête du feetus au détroit inférieur, peut agrandir le diamètre coccy-pubien de 0m,01 et plus.
SACRO-COXALGIE s. f. (sa-kro-ko-ksal-jî — de sacrum, et de coxalgie). Fathol. Douleur au sacrum et à l'articulation de la cuisse,
SACRO-ÉPINEUX, EUSE adj. (sa-kro-épi-neu, eu-ze). Anat. Qui s'étend du sacrum a une des épines de l'iliou. Il Ligament sacroépineux, Nom donné par les anatomistes à des ligaments ou cordons fibreux qui s'étendent des épines postérieures de l'os des iles aux parties latérales et postérieures du sacrum.
SACRO-FÉMORAL , ALE adj. (sa-kro-fémo-ral, a-le). Anat. Qui est commun au sacrum et au fémur : Muscle sacro-fémoral.
— Substantiv. : Le sacro-fémoral.
— Encycl. Ce nom a été donné par les anatomistes à un muscle large, épais, quadrilatéral, recouvrant toute la région de la fesse. Il s'insère par des insertions fixes : 1° à la moitié postérieure de la lèvre externe de la crête iliaque; 2<> au tiers postérieur de la fosse iliaque externe et à la tubérosité iliaque; 30 au bord inférieur de l'aponévrose lombaire ; 4» à la face postérieure du coccyx. Par une série de petits tendons, ce muscle s'implante aux tubercules qu'on trouve sur la branche de bifurcation qui se dirige de la li-
fne âpre vers le grand trochanter. Ces tenons se confondent pour former une sorte d'aponévrose épaisse qui prend aussi de nombreux points d insertion sur l'aponévrose fémorale. Ses fibres parallèles forment de gros faisceaux se dirigeant obliquement de bas en haut et de dedans en dehors. Ce muscle est recouvert par la peau et l'aponévrose; il recouvre le moyen fessier, le pyramidal, les jumeaux , l'obturateur interne et le carré crural. Il recouvre aussi les muscles biceps, demi -tendineux et demi -membraneux, qui s'insèr,ent à l'ischion. Il est séparé de l'ischion et du grand trochanter par une bourse séreuse. On trouve encore au-dessous de ce muscle le grand ligament sacro-sciatique, les vaisseaux et les nerfs qui sortent par la grande échancrure sciatique. Le bord inférieur est marqué par une dépression qui porte le nom de pli fessier. Le muscle sacro-fémoral est rotateur en dehors ot excenseur de la cuisse ; lorsqu'il prend son point fixe sur le fémur, il imprime au tronc un mouvement de rotation en vertu duquel la face antérieure est portée du côté opposé. Duchenne de Boulogne a démontré, par l'exploration directe, qu'aucun des faisceaux du grand fessier n'est adducteur de la cuisse.
SACRO-ILIAQUE adj. (sa-kro-i-li-a-ke — de sacrum, et de iliaque). Anat. Qui a rapport au sacrum et à l'os des iles : Symphyse sacro-iliaque.
— Encycl. Anat. Articulation sacro-iliaque. Cette articulation appartient à la classe des amphiarthroses ou symphyses. Les surfaces articulaires sont en partie contiguës et en partie continues, alternativement concaves et convexes, et elles présentent une certaine ressemblance avec la forme d'une oreille humaine, d'où leur nom de surfaces auriculaires. Elles sont revêtues d'un cartilage diarthrodial, rugueux, plus épais sur le Sacrum que sur l'os des iles, et on peut y distinguer, mais seulement sur l'enfant et chez la femme en couche, une petite synoviale. Cinq ligaments contribuent à assurer la solidité de cette articulation : 10 le ligament sacro-iliaque supérieur, très-épais, qui va transversalement de la base du sacrum à la partie attenante de l'os coxal ; 2° le ligament sacro-iliaque antérieur, très-mince, peu résistant, qui se compose de fibres transversales allant de la face antérieure et des bords du sacrum à la face interne correspondante de l'os iliaque ; 3* le ligament sacro-iliaque Vertical postérieur, très-epais et très-fort, qui s'étend de l'épine iliaque postérieure et supérieure au sacrum, dans l'intervalle des trous sacrés; 4° un ligament interosseux très-résistant, formé de faisceaux entre-croisés : il constitue le plus puissant moyen d'union des deux os ; 5<> le ligament iléo-lombaire, qui va du sommet de l'apophyse transverse de la cinquième vertèbre lombaire à la partie la plus épaisse de la crête iliaque. Son action, quoique indirecte, est indiscutable.
SACRO-LOMBAIRE adj. (sa-kro-lon-bè-ra).
Anat. Se dit d'un muscle qui s'étend du sacrum aux lombes.
— Substantiv. : Le sacro-lombaire.
— Encycl. Le sacro-lombaire est un muscle très-allongé, situé à la partie postérieure du dos, épais et triangulaire en bas, aplati et beaucoup plus grêle en haut. Il s'étend de la face externe du sacrum et de la partie correspondante de la crête iliaque au sommet des apophyses transverses des vertèbres lombaires, à l'angle des onze côtes inférieures et aux tubercules postérieurs des apophyses transverses des cinq dernières vertèbres cervicales. Les insertions inférieures se confondent avec celles du long dorsal. Sa décomposition en faisceaux successifs et régulièrement étages, qui se fixent à la face externe de l'angle des côtes, l'a fait comparer par l'anatomiste Winslow à une feuille de palmier. Le sacro- lombaire est en rapport, en avant, avec les côtes, les muscles surcostaux et intercostaux ; en arrière, avec les petits
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dentelés et leur aponévrose, le rhomboïde, le long dorsal et le trapèze. Quand ils se con- i tractent simultanément , les deux muscles ' sacro-lombaires sont extenseurs de la colonne vertébralp. Ils contribuent avec les autres I muscles spinaux postérieurs à faire équilibre au poids du tronc; d'où la fatigue causée dans toute la région dorsale et surtout dans la région lombaire, par la station longtemps prolongée, par la marche et même par la position assise lorsque le dos n'est pas appuyé; d'où le repos produit par un décubitus horizontal. Si l'un des muscles sacro-lombuires se contracte seul, il incline la colonne vertébrale de son côté et lui fait subir dans le même sens un très-léger mouvement de rotation sur son axe.
SACRO-SAINT, AINTS adj. (sa-kro-sain, ain-te — lat. sacrosanctus ; de sacer, sacré, et de sanctus, saint). Très-saint, sacré et saint. Il Ne s'emploie plus que par plaisanterie.
SACRO-SCIATIQUE adj. (sa-kro-si-a-tike). Anat, Qui s'étend du sacrum a la tubérosité de l'ischion ; Ligaments sacro-sciatiques,
— Encycl. Ligaments sacro-sciatiques. Ces ligaments, au nombre de deux, sont trèsforts et comparables pour leur forme et leur usage à de véritables aponévroses. Ils paraissent destinés à compléter en bas les parois latérales du bassin, sans augmenter le volume et le poids des os coxaux. Le grand ligament sacro-sciatique s'insère en arrière aux bords du sacrum, du coccyx et à la partie postérieure de la crête iliaque; de là il se rend à la tubérosité ischiatique, à laquelle il se fixe ainsi qu'à la branche ascendante de l'ischion. Ses fibres s'étalent à l'approche des insertions antérieure et postérieure, et elles se groupent vers leur partie moyenne de manière à former un cordon arrondi. Le petit ligament sacro-sciatique naît en avant du précédent et va s'attacher à l'épine sciatique. A eux deux, ces ligaments divisent la grande échancrure.! acro - sciatique de l'os coxal en deux trous distincts. L'un, supérieur, triangulaire , très-considérable, donne passageau grand nerf sciatique, aux vaisseaux et aux nerfs fessiers, ischiatiques et honteux internes, ainsi qu'aux muscles ischio-coccygien et pyramidal. C'est encore par cette ouverture que s'échappe la hernie appelée sciatique. Le trou inférieur, beaucoup plus petit, est situé entre l'épine sciatique et la tubérosité de l'ischion. Il donne passage au muscle obturateur interne, ainsi qu'aux vaisseaux et-a.ux, nerfs honteux internes.
Saero-Spoco (PEINTURES MURALES DU) OU
de la Sainte-GroMe, à Subiaco. Cette grotte est celle où saint Benoit, le grand organisateur des ordres religieux, vint fonder son premier monastère, que remplirent.bientôt de nombreux disciples. Le couvent de Subiaco demeura pendant tout le moyen âge l'objet de la dévotion pieuse des papes. Grégoire VII le premier en fit orner les murs de peintures exécutées à grands frais. Ses successeurs imitèrent cet exemple; et il est fort intéressant de suivre dans cet antique monument les progrès de la peinture et de l'art chrétien au moyen âge, avant le grand mouvement de la Renaissance. On y peut distinguer quatre époques. Ce sont d'abord les peintures qui furent exécutées par ordre de Grégoire VII, sous la direction de l'abbé : anges et saints gigantesques, tracés sur les voûtes, avec la roideur de l'art byzantin, sans mouvement, sans formes, sans beauté, mnis chez lesquels toute la vie semble s'être réfugiée dans le visage singulièrement expressif. « Les spectateurs charmés, disent les contemporains, ne peuvent détacher leurs yeux de ces tableaux. « Les peintures des vieux livres et des manuscrits du moyen âge nous donnent seules une idée de cet art primitif, tout de rêverie ascétique et de prière. D'autres fresques tracées sur les murs du Sacro- Speco un siècle et demi plus tard, vers 1228, par les ordres de Grégoire IX, ont encore ce caractère de foi profonde et d'art inexpérimenté. On y peut remarquer un crucifiement singulier : les anges recueillent le sang du Christ dans des coupes. Un séraphin emporte l'âme du bon larron ; un démon s'empare de celle du mauvais larron. Près de là se voit un portrait de saint François d'Assise, pâle, amaigri, ravi dans sa contemplation. Ces peintures sont l'œuvre d'un moine, le frère Eudes. La seconde époque est marquée par les fresques de Concioli , représentant la Légende de saint Benoit, les Quatre ëvangélistes, le Pape Innocent III. Là, les corps s'animent, les membres se meuvent, l'art italien se débarrasse des bandelettes dont l'art byzantin l'a tenu longtemps enveloppé; le sentiment et la vie moderne commencent à se répandre. Le progrès est bien plus sensible encore dans les fresques de Stamatico Greco, peintre grec, sans doute contemporain à peu près duGiotto, et qui déjà annonce l'art nouveau. Il y a dans ses peintures sur la Vie de Jésus-Christ et surtout dans son tableau de la Mort de la Vierge une vivacité et une variété de types et d'attitudes qui font songer à la Renaissance prochaine. Viennent enfin des peintures de la fia du xv° siècle, empreintes de ce caractère singulier d'inquiétude et de terreur que le poëme de Dante semble avoir transmis aux arts. Le Jugement dernier du Sacro-Speco traduit d'une façon saisissante
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ces tristes rêveries. Le Fils da Dieu est descendu du ciel, les plaies encore rouges de san^; de sa bouche sort le lis, symbole des élus, et aussi le glaive à deux tranchants qui frappe les coupables. Les anges, au son de la trompette , éveillent les générations couchées dans la poussière. Saint Jérômn contemple avec un sombre effroi ce réveil terrible; au bas du tableau, le couvent de Subiaco, pour lequel la Vierge et saint Jean implorent à genoux la clémence du Juge. Non moins sombre est une longue fresque peinte le lon^r de l'escalier qui conduisait les moines au cimetière. C'est la légi-nde des Trois vifs et des trois morts. Trois jeunes gens partent gaiement pour la chasse, l'épervier au poing; un moine les arrête au milieu d'un cimetière ; il leur montre trois tombes ouvertes : dans l'une une princesse, dont les traits sont contractés par la mort, dans l'autre un roi déjà mangé par les vers, dans la troisième un squelette. « Vois ce que tu seras , dit le vieillard. Comment peux-tu chercher des joies? 11 ne t'est pas possible d'échapper à la mort. Cesse de t amuser; demain peut-être tu mourras, » et du fond de chaque tombe sort une légende menaçante et sinistre. Un des trois chasseurs demeure auprès du moine ; les deux autres s'élancent au plaisir ; mais ils ont fait à peine quelques pas que la Mort les frappe de sa faux en disant : ■ Je suis celle qui occis subitement toutes personnes, les jeunes aussi bien que les vieilles. »
SACRO-SPINAL, ALE adj. (sa-kro-spi-nal, a-le). Anat. Qui est commun au sacrum et à l'épine du dos : Muscle sacro-spinal.
SACRO-TROCHANTÉRIEN , IENNE adj.
(sa-kro-tro-kan-té-ri-aiii, i-è-ne). Anat. Qui s'étend du sacrum au grand trochanter : Muscle sacro-trochantérien.
SACRO-VERTÉBRAL, ALE adj. (sa-krovèr-té-bral, a-le). Anat. Qui appartient au sacrum et aux vertèbres : Articulation sacro-vertébrale. Angle sacro-vertébral.
— Encycl. Articulation sacro-vertébrale.
Cette articulation présente la plus grande ressemblance anatomique et physiologique avec les articulations des vertèbres entre elles. La base du sacrum est séparée de la face inférieure du corps de la dernière vertèbre lombaire par un disque lenticulaire plus épais en avant qu'en arrière. Un ligament propre à cette amphiarthrose et qui porte le nom de sacro-venébral s'étend obliquement de l'apophyse transverse de la cinquième vertèbre lombaire jusqu'à la base du sacrum, où il s'entre-croise avec les fibres ligamenteuses de l'articulation sacro-iliaque.
La colonne vertébrale, en s'arttculant avec le sacrum, forme un angle saillant en avant et rentrant en arrière (angle sacro vertébral), dont la situation précise est très-importante à connaître en obstétrique , car il sert de point de repère pour la mensuration du bassin de la femme dans le sens antêro-postérieur.
SACHOVIR (Julius), jeune Éduen d'une naissance illustre, le principal chef du soulèvement des Gaules sous Tibère, mort en 21 de notre ère. Michelet pense que la lutte du druidisme contre l'influence romaine ne fut pas étrangère à cette révolte et conjecture que le nom latin de Sacrovir pourrait bien être la traduction de druide. Quoi qu'il en soit, les cités gauloises, fatiguées du joug romain et de l'énormité des tributs, n'attendaient qu'un signal pour se soulever. Pendant que Julius Florus tentait u'orguniser l'insurrection chez les Trévires et était battu, Sacrovir, qui agissait de concert avec lui, s'emparait d'Augustodunum (Autun) , ville célèbre par ses écoles et regardée comme la capitale des Gaules; il appelait ses concitoyens à la liberté et bientôt il se voyait à la tête d'une armée de 40,000 hommes, dont 8,000 armés à la romaine. Mais cette multitude ne put tenir contre les redoutables légionnaires, commandés parC. Silius, qui venait de dévaster lu territoire des Sequanais. Attaqué près d' Autun, dans la plaine ue Saint- Ennland, Sacrovir, malgré son courage, ne put empêcher la défaite des siens et vit son armée entièrement détruite (an 21 de J.-C.). Il se retira dans une maison de campagne voisine avec ses amis les plus dévoues. « Là, il se tua de sa propre main ; les autres s'ôtèrent mutuellement la vie; et la maison, à laquelle ils avaient mis le feu, leur servit à tous de bûcher. » (Tacite, Annales.)
SACRUM s. m. (sa-kromra — mot lat. qui siginf. sacre1. Cet os est ainsi appelé parce que les anciens offraient toujours aux dieux, dans les sacrifices, la partie de la victime où il se trouve). Anat. Os situé à la partie postérieure du bassin et faisant suite à la colonne vertébrale.
— Adjectiv. : L'os sacrum.
— Encycl. Cet os, ainsi nommé parce que les anciens avaient coutume du l'offrir aux dieux lorsqu'ils leur sacrifiaient des victimes, occupe la partie postérieure et médiane du bassin. Il s'articule supérieurement avec la colonne vertébrale lombaire, inférieurement avec le coccyx et se trouve enclavé a la manière d'un coin entre les deux os coxaux. Il est impair, symétrique , pyramidal , recourbé sur lui-même et creusé dans toute sa
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longueur par le canal sacré, qui est la suite du canal vertébral. Relativement à l'axe du corps, il esc dirigé de haut en bas et d'avant en arrière, de manière qu'il forme avec la colonne vertébrale un angle appelé sacrovertébral, saillant en avant, obtus en arrière, très-important à étudier sous le rapport de la station et sous celui de l'accouchement. Les anatomistes distinguent au sacrum deux faces, deux bords, une base et un sommet.
lia face antérieure, pelvienne ou rectale présente une concavité beaucoup plus prononcée en général chez la femme que chez l'homme. Elle est traversée par quatre crêtes transversales, qui marquent la soudure des vertèbres sacrées primitivement distinctes dans l'enfance. Latéralement sont les trous sacrés antérieurs, au nombre de quatre de chaque côté. Leur diamètre diminue de haut en bas, à mesure qu'on se rapproche du coccyx. Ils communiquent avec le canal sacré et donnent passage aux branches antérieures des nerfs sacrés, aux veines sacrées et à quelques artérioles. Un peu plus en dehors sont les gouttières sacrées, qui donnent attache par leurs bords aux digitations du pyramidal.
La face postérieure , spinale ou cutanée est convexe, très-inégale et rugueuse. Elle présente, sur la ligne médiane, trois, quatre ou cinq éminences plus volumineuses à la partie supérieure. Elles constituent la crête sacrée, qui fait suite aux apophyses épineuses de la colonne vertébrale. De chaque côté se voient, au fond des gouttières sacrées, continuation des gouttières vertébrales, les quatre trous sacrés postérieurs, plus petits que les antérieurs et par lesquels passent les nerfs du même nom à leur sortie du canal sacré. En dehors de ces trous, on observe une série d'éminences analogues à la série des apophyses transverses des vertèbres et des enfoncements destinés à l'implantation des ligaments sacro-iliaques postérieurs.
Les bords du sacrum sont très-épais, surtout en haut, où ils ont une forme triangulaire. Ils sont pourvus en avant d'une facette articulaire comparable à l'oreille humaine et qui s'unit à une partie correspondante de l'os coxal. En arrière sont des saillies rugueuses, destinées à l'attache des ligaments qui maintiennent la solidité de cette symphyse.
La base du sacrum regarde en haut et un peu en avant. Sa plus grande étendue est transversale. Elle est surmontée au milieu d'une facette ovalaire qui s'articule par l'intermédiaire d'un disque intervertébral avec la face inférieure de la dernière vertèbre lombaire. Sur les côtés est une surface lisse qui se continue avec la fosse iliaque. La ligne mousse qui la sépare de la face antérieure du sacrum constitue la partie postérieure du détroit supérieur. Le sommet du sacrum est tronqué et regarde en bas et un peu en arrière. 11 s'articule par une facette ovalaire avec la base du coccyx. Le canal Sacré, creusé dans toute la longueur de l'os, fait suite au canal vertébral. Il est prismatique, triangulaire, large supérieurement et étroit en bas, où il se termine en gouttière ligamenteuse. Il loge les nerfs sacrés. Le 'sacrum se développe par trente - quatre ou trente -cinq points d'ossification, et on peut le considérer comme formé de cinq pièces principales, appelées par certains anatomistes fausses vertèbres sacrées.
— Fractures du sacrum. Elles sont trèsrares. Tantôt elles existent seules et tantôt elles s'accompagnent de fractures multiples du bassin. Elles peuvent être transversales ou longitudinales. Dans le premier cas, le fragment inférieur, s'il se déplace, s'enfonce dans le bassin. Leur cause la plus commune est une chute sur le siège. Leur .diagnostic est généralement facile, car il suffit d imprimer un léger mouvement au sacrum pour sentir la crépitation. Elles n'ont rien de grave par elles-mêines. On les réduit au moyen du doigt introduit dans le rectum, et la contention n'exige le plus souvent que le décubitus latéral.
SACTI s. f. (sa-kti). Mythol. ind. Titre de certaines déesses.
— Encycl. Ce mot s'applique , dans la mythologie indoue, à. l'énergie d'un dieu sous une forme féminine, et, dans ce sens, ii est applicable à chaque déesse; maison l'entend spécialement de la femme du dieu Siva. Ce dieu, considéré comme Bhêrava, divinité terrible et pernicieuse apaisée par des sacrifices de liqueurs enivrantes et de chair, se trouve escorté de huit déesses effrayantes qui portent le nom général de sactis et dont les noms particuliers sont à peu près ceux des mâtris. Sacti est encore , dans la même mythologie, la contre-partie du phallus de Siva, qu'adorent des dévots nommés Sactas.
SACY-LE-GRAND, village et commune de France (Oise), cant. de Liancourt, arrond. et à il kilom. E. de Clermont; 757 hab. Cressonnière artificielle ; traces d'un camp romain ; église paroissiale du xie et du xme siècle.
SACY (Louis de), avocat et littérateur, né à Paris en 1654, mort dans !a même ville en 1727. Il s'était fait inscrire au barreau de Paris et il s'y fit estimer autant par sa noble délicatesse que par son talent. Il ne s'éleva point a la haute éloquence, mais il possédait, disent ses biographes, la facilité, la lucidité, le tour heureux de langage, la justesse de
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l'expression et la finesse du trait. A ces avantages de l'esprit il joignait les qualités du cœur, la probité, la sincérité, la franchise et la dignité. Son désintéressement était tel, que, malgré sa nombreuse clientèle, en dépit de l'affiuence des causes qui lui étaient confiées, il mourut pauvre. En 1701, il fut admis à l'Académie française. Outre la traduction des Lettres de Pline le Jeune (1699, in-12) et la traduction du Panégyrique de Trajan (1709, in- 12), on lui doit : Traité de l'amitié (1703, in-12); Traité de la gloire (1714, in-12), livre qui n'eut point de succès et que l'auteur ne fit point figurer dans le recueil de ses Œuvres (Paris, 1722, in-4°); Mémoires, factums et harangues (1724, 2 vol. in-4<>). On a attribué à Louis de Sacy le roman intitulé : Histoire du marquis de Clemes et du chevalier de Pervannes (Paris, 1716, in- 12), mais cet ouvrage est de son fils.
SACY ou SACI (Louis-Isaac Lemaistre de), théologien, né à Paris le 29 macs 1613, mort le 4 janvier 1684. Il était frère du célèbre avocat Antoine Lemaistre et il ajouta à son nom celui de Saci, anagramme de son nom de baptême, Isaac ou Isac. Lemaistre fut élevé au collège de Beauvais, à Paris, avec son oncle, le fameux Antoine Arnauld, qui était a peu près de son âge, et s'adonna à celte époque avec un certain succès à la poésie. L'une grande piété, le" jeune homme se plaça sous la direction de l'abbé de Saint-Cyran, dont il adopta, aveuglément les idées, habita Port-Royal, où il se trouvait lors de la première dispersion des solitaires (1638), et ne se décida à recevoir la prêtrise qu'à l'âge de trente-septans, en 1650. Quelque temps après, il devint le directeur des religieuses de Port- Royal. Il habita alors ce monastère, auquel il donna tout ce qu'il possédait, et il partagea son temps entre l'étude et les exercices de piété. Dans la retentissante querelle qui s'éleva entre les jésuites et les jansénistes, de Sacy, très-attaché à ces derniers, prit leur défense avec une certaine vigueur, bien qu'il fût très-circonspect et timide. Les jésuites ayant publié en 1653, sous le titre de la Déroute et la confusion des jansénistes, un almanach contenant une estampe qui représentait d'une façon insultante et grossière Jansénius et Ses principaux adhérents, Lemaistre de Sacy y répondit par un écrit en vers, les Enluminures de l'almanach des jésuites. Lorsque éclata, en 1661, la grande persécution contre Port-Royal, il alla se cacher avec quelques amis dans le faubourg Saint-Antoine; toutefois, il continua à correspondre avec des religieuses de Port-Royal, à voir la duchesse de Longueville, et l'on finit par découvrir le lieu de sa retraite. Arrêté en 1666, il fut jeté à la Bastille avec ses amis Thomas du Fossé et Nicolas Fontaine. Pendant les trois années qu'il passa dans cette prison, il se mit à traduire la Bible, travail immense qu'il continua pendant les dernières années de sa vie et qu il ne put terminer. Rendu à la liberté eu 1669, il commença l'impression de sa Bible et retourna, en 1675, à Port- Royal-des-Champs, qu'il dut quitter encore une fois lorsque la persécution recommença en 1679. 11 alla chercher alors un asile à la campagne, auprès de son parent, le marquis de Pomponne, et y termina sa vie. Il fut enterré à Port-Royal-des-Champs. De Sacy ne manquait ni d'esprit ni de facilité. Ses écrits en vers sont médiocres; en prose, il écrivait dans un style pur et correct. Bien que trèsdoux, modeste et circonspect, il était trèsentier dans ses opinions. H manquait d'érudition véritable et surtout d'esprit critique, ce qui n'a rien de surprenant, du reste, puisqu'il était théologien. Comme il savait aussi mal l'hébreu que le grec, il s'est borné dans ses traductions de l'Ecriture à suivre la Vulgate, en essayant, selon son expression, d'en 0 ôter l'obscurité et la rudesse » et « de rendre le langage de l'Ecriture clair, pur et conforme aux règles de la grammaire. » Nous citerons de lui : le Poème de saint Prosper contre les ingrats, trad. en vers français (Paris, 1646), sous le nom de Saint-Aubin; les Fables de Phèdre, trad. en français (1647, in-12); les Comédies de Térence, trad. en français (1647, in-12), où l'on trouve seulement YAndrienne, les Adelphes et le Phormion; l'Office de l'Eglise, trad. en français (1650, in-12), sous le nom de Jean Dumont; les Enluminures du fameux almanach des jésuites intitulé la Déroute et la confusion des jansénistes (1654, in-8"), poème en vers libres; l'Imitation de Jésus-Christ (1662, in-8»
et in-12), SOUS le nom de Beuil, prieur de
Suint-Val, traduction française plus élégante que fidèle et qui a eu plus de 150 éditions ; la traduction des Quatrième et sixième livres de l'Enéide de Virgile (1666, in-40), sous le nom de Boniien; le Nouveau Testament (1667, 2 vol. in-8°), traduction française connue sous le nom de Nouveau Testament de Mons, parce que les premières éditions portent la rubrique de Mons. Celte traduction, dans laquelle de Sacy eut pour collaborateurs Antoine Lemaistre, Arnauld, Nicole et le duc de Luynes, fut vivement attaquée par les jésuites, condamnée par plusieurs évèques et par le pape Clément IX. Bossuet se borna à y blâmer 0 un tour de style trop recherché, trop d'industrie de paroles, une affectation de politesse et d'agrément que le Saint-Esprit avait dédaignée dans l'original. » On en a fait un nombre considérable d'éditions; la Sainte
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Bible, en latin et en français (Paris, 1672 et années suivantes, 32 vol. in-8°), avec des explications du sens littéral et du sens spirituel de chaque partie traduite, depuis la Genèse jusques et y compris les douze petits prophètes. Cette traduction fut terminée par Thomas du Fossé, qui y ajouta des commentaires. Bien qu'elle ne soit conforme ni à la lettre ni au génie de l'original, elle a eu un grand nombre d'éditions, dont la plus belle est celle de Paris (1789-1804, 12 vol. in-8°, avec gravures). Citons enfin de Sacy : les Lettres chrétiennes et spirituelles (1690, 2 vol. in-8°) et les Psaumes de David, trad. en français (1696, 3 vol. in-12).
SACY (Claude-Lcuis-Michel de), littérateur français, né à Fécamp en 1746, mort à Paris vers 1790. Claude de Sacy vint à Paris fort jeune et fut nommé censeur royal. Tout en exerçant contre ses confrères ces fonctions peu honorables, il composa une foule d'ouvrages pour lesquels il ne lui fut pas difficile d'obtenir des privilèges. Parmi ces productions très-insignifiantes et parfaitement oubliées aujourd'hui, nous citerons : les Amis rivaux (Amsterdam, 1767, in-12); l'Honneur français ou Histoire des vertus et des exploits de notre nation depuis l'établissement de la monarchie jusqu'à nos jours (Paris, 1770-1784, 12 vol. in-12); Histoire générale de la Hongrie depuis l'invasion des Huns jusqu'à nos jours (Paris, 1778, 2 vol. in-12); les Amours de Sapho et de Phaon (Amsterdam, 1775, in-8<>); Opuscules dramatiques ou Nouveaux amusements de campagne (Paris, 1778, 2 vol. in-8<>).
SACY (Antoine- Isaac, baron Silvestre de), célèbre orientaliste, né à Paris le 21 septembre 1758, mort dans cette ville le 21 février 1838. Son père, Abraham Silvestre, était notaire à Paris et avait plusieurs enfants. Ce fut pour se distinguer de ses frères qu'Isaac Silvestre ajouta à son nom celui du village de Sacy, situé dans la Brie. Ayant perdu son père tout enfant, il fut élevé sous la direction de sa mère dans des sentiments de grande piété et montra de bonne heure une étonnante aptitude pour les langues. Le bénédictin dom Berthereau commença à l'initier à la connaissance de l'hébreu, lorsqu'il avait à peine douze ans, en lui faisant lire ses prières dans le texte original. Après l'hébreu, Silvestre de Sacy apprit presque sans maître le syriaque, le samaritain, le chaldéen, l'arabe, le persan et le turc, puis l'anglais, l'allemand, l'italien et l'espagnol. Lorsqu'il eut terminé ses études littéraires, il apprit le droit et fut nommé, en 1781, conseiller à la cour des monnaies. Tout en remplissant ses fonctions, de Sacy continuait avec ardeur ses travaux de linguistique. Dès 1780, il commença à publier, dans le Répertoire de littérature biblique d'Eiehhorn, des notes sur une version syriaque du Livre des Rois, des traductions de lettres écrites par des Samaritains a, Scaliger, etc., et fut nommé, en 1785, membre libre de l'Académie des inscriptions. Il publia alors dans le recueil de cette compagnie des mémoires Sur l'histoire des Arabes avant Mahomet, Sur l'origine de leur littérature, puis il fit des traductions et écrivit, de 1787 à 1791, Sur les antiquités de la Perse, quatre mémoires qui attestaient autant d'érudition que de sagacité.
En 1791, Silvestre de Sacy devint un des commissaires généraux chargés de surveiller la fabrication des monnaies et, l'année suivante, fut nommé membre en titre de l'Académie des inscriptions. Hostile aux grandes réformes de la Révolution, il se démit de ses fonctions de commissaire en 1792 et se retira dans une propriété au fond de la Brie, où il continua ses travaux favoris et se livra notamment à des recherches sur la religion des Druses. En 1795, la Convention ayant créé une école de langues orientales, de Sacy fut appelé h y enseigner l'arabe. Cette même année, on rétablit l'Institut et le savant orientaliste devint membre de la section de littérature et des beaux-arts. Mais son refus de jurer haine à la royauté ne permit pas de l'admettre dans le docte corps, dont il ne fit partie qu'en 1803. Toutefois, il conserva sa chaire d'arabe et devint, k la même époque, un des rédacteurs du Journal des savants. Les nombreux et importants travaux qu'il fit paraître depuis lors accrurent considérablement sa réputation et le placèrent au premier rang des orientalistes qui se sont occupés d'arabe et de persan. En 1805, il fut chargé d'aller à Gênes pour y découvrir des manuscrits orientaux; mais ses recherches furent sans résultat, et il dut se borner à rapporter des documents historiques intéressants.
Nommé professeur de persan au Collège de France en 1806, il entra au Corps législatif comme député de Paris en 1808, y siégea jusqu'à la Restauration et reçut, en 1813, le titre de baron. Après avoir été un approbateur docile du despotisme impérial, de Sacy applaudit avec enthousiasme au retour des Bourbons. Après les Cent-Jours, il devint membre de la commission d'instruction publique, puis du conseil royal et fut plus tard nommé administrateur du Collège de France et de l'Ecole spéciale des langues orientales. En 1822, il fonda avec Abcl Rémusat la Société asiatique, et ce fut sur son initiative qu'on créa au Collège de France des chaires de sanscrit, d'indoustani, de chinois et de mandchou. S'étant rallié à la révolution de
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1830, il fut appelé, en 1832, à siéger à, la Chambre des pairs et joignit aux fonctions qu'il remplissait déjà celles d'inspecteur fies types orientaux de l'Imprimerie royale (1832), de conservateur des manuscrits orientaux à la Bibliothèque royale et de secrétaire perpétuel de l'Académie des inscriptions. Malgré ses occupations multiples, il n'en continua pas moins à faire jusqu'à la fin de sa vie ses cours d'arabe et de persan. Il était, lorsqu'il mourut, membre de presque toutes les Académies de l'Europe et grand officier de la Légion d'honneur. Bien qu'il ne se soit point occupé de l'étude comparée de langues, Silvestre de Sacy est regardé comme un des plus grands philologues de notre siècle. Il fut un des représentants les plus sagaces et les plus éminents de la vieille école qui s'attachait à étudier une langue, une grammaire, à en saisir le génie et à en interpréter les monuments. Par son enseignement et par ses écrits, il a puissamment contribué au progrès des études orientales et formé un grand nombre d'élèves, tant français "qu'étrangers. C'était un homme d'un commerce agréable, accessible à tous, serviable et toujours prêt à donner son appui aux idées utiles et généreuses.
Indépendamment d'un grand nombre d'articles et de mémoires publiés dans le recueil de l'Académie des inscriptions, le Magasin encyclopédique, les Notices et extraits, la Bibliothèque française, la Bibliothèque universelle, les Mines d'Orient, le Moniteur, le Jour- 7ial des savants, le Journal asiatique, la Revue des Deux-Mondes, etc., on a de lui un grand nombre de travaux, dont les principaux sont : Extrait de la grande Histoire des animaux d'El-Demiri (1787, in-8°) ; Histoire de la dynastie des Sassanides (1793, in-4°), trad. du persan de Mirkhotid, avec quatre dissertations ; Traité des monnaies musulmanes de Makrizi, trad. en français (1797, in-8°); Principes de grammaire générale, mis à ta portée des enfants (1799, in-12), ouvrage trèsestimé et plusieurs fois réédité ; Notice de la géographie orientale d'Ebn-Haukal (1802, in-Su) ; Eloge de Dubay-Laverne (1803, in-40); la Colombe messagères, trad. de Sabbagh (1805, in-8°) ; Chrestomathie arabe (1806 , 1826-1827, 3 vol. in-8°), choix d'extraits d'auteurs arabes, traduits en français avec des notes ; Notice sur la vie et les ouvrages de M. de Sainte-Croix (1809, in-8°) ; Grammaire arabe (1810, 2 vol. in-8°), ouvrage qui avait coûté à l'auteur quinze ans de recherches; Relation arabe de l'Egypte, par Abd-Allatif (1810, in-40), trad. en français, avec des notes; Notice abrégée sur La Porte du Theil (1816, in-8°); Calila et Dimna (1816, in-4°), texte arabe des fables de Pilpay, avec un mémoire sur l'origine et les traductions de ce livre ; Mémoires d'histoire et de littérature orientale (1818, in-4») ; le Pend-Named (1819, in-40), traité de morale par Ferid-eddin-Attar, en persan et en français, avec une préface en arabe par de Sacy; Testament de Louis XVI, en arabe (1820); les Séances de Hariri, en arabe (1822, in-fol.) ; Discours, opinions et rapports sur divers sujets (1824, in-S°); Où allons-nous et que voulons-nous? ou la Vérité à tous les partis (1827, in-8»), brochure politique; Nouveau Testament, en arabe et en syriaque (1828, 2 vol. in-4°) ; Notice sur Champollion jeune (1833, in- 8°); Alfiya ou Quintessence de la grammaire arabe d'Ebn-Malec (1833, in-8») ; Notice sur Chézy (1835, in-8<>) ; Exposé de la religion des Druses (1838, 2 vol. in-80), ouvrage auquel il travailla pendant près de quarante ans, etc. Silvestre de Sacy a édité : la Description du pachalik de Bagdad, par Rousseau (1809, in-8<>); le Traité de la chronologie chinoise, par le Père Gaubil (1814, in-4°); VEssai sur les mystères d'Eleusis, par Ouvarof (1816, in-8°) ; les Recherches sur les mystères du paganisme, par Sainte- Croix (1817, 2 vol. in-80), etc.
SACY (Samuel - TJstazade Silvestre de), écrivain, fils du précédent, né à Paris le 17 octobre 1801. En quittant le collège Louisle-Grand, où il fit de brillantes études, il suivit les cours de l'Ecole de droit, fut reçu licencié et exerça quelque temps la profession d'avocat. A vingt-sept ans, M. Silvestre de Sacy entra à la rédaction du Journal des Débats, dont il n'a cessé depuis lors de faire partie. Pendant plus de vingt ans, il y écrivit un nombre considérable d'articles sur les questions politiques, défendit le ministère Martignac , combattit le ministère Polignac , fit, à l'exemple des Berlin, acte d'adhésion complète au gouvernement issu de la révolution de Juillet et fut le défenseur de la politique ministérielle pendant toute la durée du règne de Louis -Philippe. Nommé conservateur de là" bibliothèque Mazarine en 1836, il en devint administrateur en 1848. Après la révolution du 24 février, il se montra médiocrement sympathique à l'établissement de la République, sans toutefois prendre rang parmi ses détracteurs acharnés. A la suite du coup d'Etatdu 2 décembre 1851, il renonça à la politique militante et se borna à publier dans le Journal des Débats des articles de critique littéraire. Bien qu'il n'eût composé aucun ouvrage, M. de Sacy fut appelé, le 18 mai 1854, à succéder à Jay comme membre de l'Académie française. « J'ai cru, dit-il dans son discours de réception, que le jour était venu où la modicité même de ma position de journaliste pourrait sembler une raison de préférence en ma faveur, car, il n'y a pas à
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s'y méprendre, c'est à la presse que l'Académie a voulu donner une marque d'intérêt. « Du reste, le journaliste, en M. de Sacy, était doublé d'un écrivain distingué, a resté fidèle à de vieilles et gracieuses traditions littéraires, dit M. Scherer; un débris d'un autre fige, étranger assurément et dépaysé parmi nous, mais piquant par cette étrangetémême, agréable par un parfum d'aimables et honnêtes lettres, quelque chose qui rappelle les Arnauld d'Andilly ou les Rollin. » Chevalier de la Légion d'honneur en 1837, il fut promu officier en 1860 et appelé, au mois de juillet 1804, à faire partie du conseil supérieur de l'instruction publique. Lorsqu'en 1865 !e premier volume de sa Vie de César eut paru, M. de Sacy lui consacra dans le Journal des Débats deux articles dépourvus de tout esprit critique et d'un ton tellement humble et louangeur qu'il fut bombardé sénateur par décret du 26 décembre de la même année, puis promu commandeur deux ans plus tard. Dans cette assemblée, il joua un rôle des plus effacés, se bornant à approuver par ses votes une politique déplorable. Il n'attira guère sur lui l'attention que par un rapport au sujet d'une pétition cléricale, demandant que le gouvernement s'opposât à l'érection d'une statue de Voltaire sur une des places de Paris. Il prit dans une certaine mesure la défense de Voltaire, dont « on ne réussirait pas, dit-il, à faire oublier le nom sans retrancher la moitié de leur gloire, la plus brillante, aux lettres françaises et à noire pays, » et il conclut au rejet de la pétition (21 décembre 1869). Dans 6a réponse au discours de réception de M. Auguste Barbier (17 mai 1870), M. de Sacy trouva que l'auteur de V Idole avait été injuste et cruel pour Napoléon 1er. « La France pardonne beaucoup à la gloire, dit-il; elle pardonne tout au malheur. » Et il ajouta : « On lira les Jambes pour se fortifier l'âme et s'affermir dans le bien par horreur du mal. Il ne faut pas beaucoup de livres de ce genre. » Singulière logique de la part d'un moraliste, si l'on ne songeait que le moraliste était à la fois un sénateur du second Empire. La révolution du 4 septembre 1870, en taisant perdre à M. de Sacy son siège au Sénat, l'a rendu tout entier a ses travaux littéraires. Il a publié en volumes : Variétés littéraires, morales et historiques (1858, 2 vol. in-8°), recueil de ses meilleurs articles; Deux articles sur l'Histoire de Jules César (1865, in-8°) ; Jiapport sur l'état des lettres et des sciences (1868, in-8°), en collaboration avec MM. Gautier, Ed. Thierry et Féval, k l'occasion de l'Exposition universelle de 1867. M. de Sacy s'est fait connaître, en outre, comme bibliophile en publiant, sous le titre de Bibliothèque spirituelle, des éditions accompagnées de notices aux tendances mystiques très-accusées, d'ouvrages religieux. Nous citerons : V Imitation de Jésus-Christ, traduite par Michel de Marcillac (1854, 2 vol.); V introduction à la vie dénote, par saint François de Sales (1855, 2 vol.); les Lettres spirituelles de Fénelon (1856, 3 vol.) ; le Nouveau Testament, traduit par Mezenguy ; les Lettres de liossuct à ta sœur Cornuuu, suivies du Traité de la concupiscence (2 vol.) ; Choix des sermons de Bossuet , de Bourdaloue et de Massillon (3 vol.) ; l'Q&uvre des six jours et le Traité de la prière publique, par Duguet (3 vol.); Choix de petits traités de Nicole; les Elévations de Bossuet, etc. Citons encore de lui son édition des Lettres de J/i" de Sévigué (1801-1864, il vol. in-12). Ou a reproché avec raison à M. de Sacy, dans ces éditions, un tel parti pris d'indifférence à toute vérité historique et à toute investigation critique, qu'il préfère la Séuigné du chevalier de Perrin à l'édition faite d'après les autographes et le Pascal des jansénistes à celui du manuscrit original.
SADACAH s. m. (sa-da-kâ). Aumône volontaire, chez les Turcs.
SADAGOHA, bourg de l'empire d'Autriche, dans la Bukowïne, près de la rive gauche du Pruth, cercle et à 6 kilora. N.-E. de Ozernowitz ; 2,000 hab.
SADAO ou SAADO, c'est-à-dire Salé, rivière du Portugal, ainsi nommée à cause de la grande quantité de sel dont ses eaux sont chargées. Elle prend sa source dans la sierra de Monchique, province d'Alentejo, coule d'abord au N., puis au N.-O. et à l'O.. à travers les provinces d'Alentejo et de 1 Estramadure, et se jette dans l'océan Atlantique prés de Setubal, après un cours de 210 kilom.
Saitder, un des livres qui contiennent la doctrine des guèbres ou parsis.
SADDUCÉEN, ÉENNE S. Y. SADUCÉEN.
SADDUCÉISME s. m. SADUCÉISME.
SADE adj. (sa-de — lat. sapidus, même sens). Savoureux, agréable, piquant. Il Vieux mot.
SADE (de), famille française, originaire d'Avignon, où elle fut longtemps investie de charges municipales et qui fournit plusieurs évoques, viguiers ou magistrats à la ville de Marseille. Les principaux personnages de cette famille sont :
SADE (Hugues de), dit le Vieux. Il vivait au xive siècle et fut nommé syndic d'Apt en 1318. Il avait épousé, en 1325, la belle Laure de Noves, immortalisée par l'amour et les poésies de Pétrarque. Un de ses fils fut la soucbp des trois branches de la maison de
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Sade dites de Mazan, d'Eyguières et de Tarascon.
SADE (Paul de), prélat, fils du précédent, né k Avignon vers 1355, mort à Marseille en 1433. Il fut conseiller de Martin 1er, roi de Sicile, devint évéque de Marseille en 1404 et se rendit au concile de Pise en 1409. L'évéque de Sade fut par la suite le représentant, auprès du pape, d'Yolande d'Aragon, veuve du roi de Naples Louis IL
SADE (Jean diî), magistrat, neveu du précédent, mort à Aix vers 1440. Il acquit beaucoup de réputation comme juriste et gagna la contiance du roi de Naples, Louis II d'Anjou." Jean de Sade fut chargé par ce prince d'ambassades en Aragon et en Hongrie et devint, en 1415, premier président du parlement d'Aix.
SADE (Jean-Baptiste de), prélat français, né à Avignon en 1632, mort à Cavaillon en 1707. Il devint évoque de cette dernière ville en 1665. On a de lui : Instructions chrétiennes et morales (Avignon 1696, in-8°); Réflexions chrétiennes sur les psaumes pénitentiaux (1698, in-8").
SADE (Joseph-David, comte de), général français, né à Eyguières (Provence) en 1684, mort à Antibes en 1761. D'abord page de la grande écurie, il prit part, comme lieutenant, aux sièges de Landau et de Fribourg (1713), devint chevalier de Malte en 1716 et colonel d'infanterie en 1736. Après avoir fait, de 1742 à 1745, les campagnes de Bohême, du Rhin et de Flandre, il reçut, en 1746, le commandement d'Antibes et défendit celte place avec autant d'énergie que de succès contre les impériaux qui l'assiégèrent le 9 décembre 1747, lui iîrent subir un bombardement et durent se retirer le 2 février 1748. Au mois de murs suivant, David de Sade reçut le grade de maréchal de camp.
SADE (Jean -Baptiste -François -Joseph , comte de), diplomate français, né ù Avignon en 1701, mort à Montreuil, près deVersajiles, en 1767. Il suivit d'abord la carrière des armes et devint capitaine de dragons. Après avoir rempli une mission en Russie (1730), il fut employé par le cardinal de Fleury dans diverses négociations secrètes. Le comte de Sade fit les campagnes de 1734, et de 1735, puis revint à la diplomatie. Nommé ministre auprès de l'électeur de Cologne, il l'amena à s'associer à la politique de la cour de Versailles et prépara le traité d'alliance qui fut conclu à Nimpfenbourg entre l'électeur, la France et l'Espagne en 1741. Quatre ans plus tard, il fut arrêté par des soldats de Marie-Thérèse, enfermé dans la citadelle d'Anvers et il ne recouvra la liberté qu'au bout d'une année. Le comte de Sade devint ensuite lieutenant général de Bresse, Bugey et Valromey et il remplit ces fonctions jusqu'à sa mort. On a de lui des lettres diplomatiques fort intéressantes sur la guerre de 1741 à 1746. Ces lettres se trouvent aux archives du ministère des affaires étrangères.
SADE (Jacques -François - Paul-Aldonce, abbé de) , littérateur français, frère du précédent, né à Avignon en 1705, mort à Yignerme en 177S. Ayant suivi la carrière ecclésiastique, il devint vicaire général de l'archevêque de Toulouse, puis de l'archevêquede Narbonne (1735). Chargé d'une mission à la cour par les états de Languedoc, l'abbé de Sade passa quelques années à Paris et reçut, en 1744, l'abbaye d Ebreuil.
Ses talents et la considération dont il jouissait lui eussent sans doute fait obtenir un évêché s'il no se fût prématurément retiré du monde en 1752. Cette retraite a été attribuée au chagrin que lui causa la mort de Mme de La Popelinière, qu'il consolait depuis 1748, disent les chroniqueurs contemporains, de l'abandon du duc de Richelieu, son amant. S'étant retiré au château de Saumane, dans le Comtat- Venaissin, il y créa de ravissantsjardius, puis il alla s'établir àVignerme, près de Saumane, et se fit une délicieuse habitation. Il y passa le reste de sa vie, après avoir fait à Paris un voyage pour se procurer dans les bibliothèques des documents sur Pétrarque. On lui doit : Remarques sur les premiers poètes français et les troubadours et Mémoires pour la vie de François Pétrarque (Amsterdam, 1764- 1767, 3 vol. in-4°). Dans ce dernier ouvrage, qui lit sa réputation, on trouve un tableau assez exact de l'histoire civile, littéraire et ecclésiastique du xive siècle ; mais de Sade y a consigné des traditions et des faits qui manquent d'authenticité sur Laure de Noves, la femme d'un de ses ancêtres.
SADE (Hippolyte, comte de), marin français, mort eu 1780. Lieutenant de vaisseau eu 1746, chef d'escadre en 1776, il se signala deux ans plus tard par son intrépidité au combat d'Ouessant, prit part, en 1779, au blocus de Gibraltar, puis lit la guerre d'Amérique. Le comte de Sade donna de nouvelles preuves de sa valeur dans les divers combats livrés par Guiehen à la flotte anglaise. Il était troisième chef d'escadre et allait passer lieutenant général, lorsqu'il mourut en mer. sur la côte de Cadix.
SADE (Donatien-Alphonse-François, comte de), écrivain français, qui a acquis, sous le nom de Marquis de Sade, une honteuse célébrité, né à Paris le 2 juin 1740, mort à Charenton le 2 décembre 1814. Il était fils du di-
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ptomate Jean - Baptiste - François - Joseph , comte de Sade, et il naquit dans l'hôtel de la princesse de Condé, dont sa mère était dame d'honneur. Elevé d'abord sous la direction de son oncle à l'abbaye d'Ebreuil, il alla continuer ses études au collège Louis-le-Grand, à Paris, et, dès l'âge de quatorze ans, il entra dans les chevau-légers. Devenu ensuite souslieutenant au régiment du roi , puis lieutrnant dans les carabiniers , capitaine dans un régiment de cavalerie, il prit part a la guerre de Sept ans et, de retour à Paris, il épousa, en 1766, la fille du président Montreuil. Bien que sa femme fût douce et jolie, il n'éprouva pour elle aucun attachement, et, dès l'année même de son mariage, il commença à se livrer à une vie de débauches. Il emmena dans son château du Connut une actrice du Théâtre-Français, la Beauvoisin, qu'il fit passer pour sa femme. A la suite de cette escapade, il revint à Paris et succéda à son père, qui venait de mourir (1767), comme lieutenant général de Bresse, Bugey et Valromey. Au mois d'avril de l'année suivante, une aventure beaucoup plus grave que la première vint initier le public aux mœurs du marquis. Le 3 avril 1768, il ordonna k son valet de chambre de conduire deux filles de joie à sa petite maison d'Arcueil. Ayant rencontré le jour même, sur la place des Victoires, Rose Keller, veuve d'un garçon pâtissier, nommé Valentin, il lui of- Irit. à souper et la conduisit à Arcueil. Après lui avoir fait visiter la maison, où se trouvaient les filles publiques à moitié ivres, « il la mena dans le grenier, dit M0"*' Du Deffatit. Arrivé là, il s'enferma avec elle, lui ordonna, le pistolet sur la gorge, de se mettre toute nue, lui lia les mains et la fustigea cruellement. Quand elle fut tout en sang, il tira un pot d'onguent de sa pocho , pansa ses plaies et la laissa. » Il alla trouver alors les filles qui l'attendaient et acheva la nuit dans l'orgie. Le lendemain matin, Rose Keller parvint à se débarrasser de ses liens, sauta par une fenêtre , nue et tout ensanglantée , et se trouva bientôt entourée dans la rue par une foule nombreuse, qui pénétra dans la maison du marquis et trouva celui-ci ivremort ainsi que ses compagnons de débauche. De Sade, arrêté, fut conduit au château de Saumur, puis à celui de Pierre-Eueise. La chambre de la Tournelle instruisit l'affaire; mais Louis XV intervint, fit cesser les poursuites, et le marquis recouvra la liberté au bout de six semaines, après avoir donné 100 louis à Rose Keller, qui se désista. Cette aventure n'amena aucun changement dans la conduite de de Sade, dont l'unique préoccupation fut de trouver de nouveaux raffinements k ses débauches. Ayant séduit la sœur de sa femme, il la conduisit en Italie, puis revint en France. Se trouvant à Marseille en juin 1772, il se rendit avec son inséparable valet de chambre chez des filles publiques, leur fit prendre des pastilles dans lesquelles se trouvaient des inouchescantharides et provoqua une orgie hideuse, à la suite de laquelle deux de ces tilles moururent, dit-on. Le parlement d'Aix s'en émut et condamna k mort par contumace, le il septembre 1772, de Sade et son domestique, comme « coupables de sodomie et d'empoisonnement. » Pendant ce temps, le marquis avait gagné Gênes , puis Chambéry; mais, dans cette dernière ville, il fut arrêté par ordre du roi de Sardaigue et emprisonné dans la forteresse de Miolans, d'où il parvint a. s'échapper au bout de six mois, grâce & sa femme. Pendant plusieurs années il vécut tantôt en France, tantôt en Italie. Arrêté à Paris au commencement de 1777, il fut conduit au château de'Vincennes, et de là transféré à Aix, où on recommença son procès. L'arrêt de 1772 fut cassé (30 juin 1778) et un nouvel arrêt le condamna pour des faits de « débauche outrée » à une admonestation du premier président, à un éloignement de Marseille pendant trois ans et à 50 livres d'amende au profit de l'œuvre des prisons. Néanmoins on ne lui rendit pas la liberté. Pendant qu'ouïe conduisait d'Aix à Vincennes, il parvint à s'échapper, grâce encore une fois à sa femme (août 1773) ; mais quelques jours après on l'arrêta à La Costo et on 1 enferma dans le donjon de Vincennes. De là, il fut transféré en 1784 à la Bastille, où sa femme lui fit plusieurs visites et lui apporta, avec des livres, ce qu'il lui fallait pour écrire. Ce fut alors qu'il se mit à composer quelques pièces de théâtre et des romans d'une monstrueuse obscénité. Dans les premiers jours de la Révolution, il eut des démêlés avec de Launey, gouverneur de la Bastille, le menaça et fut transféré à l'hospice des fous de Charenton. L'Assemblée constituante ayant décrété, le 17 mars 1790, la mise en liberté de tous ceux qui étaient détenus en vertu d'une lettre de cachet, il sortit de Charenton le 29 du même mois. Sa femme, qui s'était retirée dans un couvent, refusa de le revoir et obtint du Châtelet d'être séparée de lui de corps et de biens. Chose remarquable, sa conduite pendant les premiers temps de la Révolution parut assez régulière. Pour se créer des ressources, il essaya de faire jouer des pièces de théâtre, dont une eut du succès et ce fut sous le voile de l'anonyme qu'il fit paraître en 1791 la première édition de son roman intitulé Justine ou les Malheurs de la vertu (2 vol. in-18 et in-8°). Etant parvenu, après la journée du 10 août 1792, à se faire nommer secrétaire de la Société populaire de la
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section des piques, il sauva diverses personnes, entre autres son beau-père et sa bellemère, fut arrêté par ordre du comité de Sûreté générale en décembre 1793 et recouvra la liber t ; en octobre de l'année suivante, après avoir été' enferme successivement aux Mudelnunetti's, aux Cannes et à Picpus. Le 9 thermidor amena une réaction non-seulement dans la politique, mais encore dans les mœurs, qui redevinrent aussi dépravées qu'elles l'uvaieut été sous la monarchie. Les instincts du marquis de Sade se réveillèrent. Il donna, en 1797, une nouvelle édition de Justine, avec des gravures et augmentée d'épisodes encore plus dégoûtanls que les premiers et en fit tirer sur papier vélin des exemplaires qu'il adressa aux cinq membres du Directoire (v. Justine). I .'année suivante, il mit au jour Juliette (6 vl. in-18), roman plus immonde encore (v. Julieitk) et il fit hommage de ces deux ouvrages à Bonaparte, qui, diton, les fit jeter au l'eu. Au commencement de 1801, la police .saisit une édition de Justine et de Juliette en 10 vol. avec 100 gravures. Arrêté le 5 mars de la même année, il fut enfermé à Sainte-Pélagie et transféré, le 9 murs 1803, à l'hospice de Charenton, i-omine étant un fou aussi incurable que dangereux. Ce fut là qu'il passa le reste de sa vie. « Le marquis, dit un écrivain, y conserva jusqu'à sa mort ses goûts et ses habitudes ignobles. Se proinenait-il dans lu cour, il traçait sur le sabla des figures obscènes. Venait-on le visiter, sa première parole était une ordure, et cela avec une voix très-douce, avec des cheveux blancs très-beaux, avec l'air le plus aim ible, avec une admirable politesse. C'était un vieillard robuste et >ans infirmités. » Pour se distraire et égayer ses compagnons d'infortune, il avait monte, dans l'hospice, un théâtre où l'on jouait des pièces de sa composition. On prétend que la police lui saisit maintes fois des manuscrits infâme'', qu'elle s'empressait de détruire. Cet homme restera éternellement comme un type dans son genre : tout ce que l'imagination en délire peut concevoir de plus monstrueux, il l'a écrit; c'est le vice et le crime réunis en corps de doctrine, c'est la folie humaine dans ce qu'elle a de plus monstrueux. " Voulez-vous que je vous fasse l'analyse d'un livre du marquis de Sade ? dit Jules Janin. Ce ne sont que cadavres sanglants, enfants arrachés aux bras de leurs mères, jeunes femmes qu'on égorge à la fin d'une orgie, coupes remplies de sang et de vin, tortures inouïes. On allume des chaudières, on dresse des chevalets, on brise des crânes, on dépouille des hommes de leur peau fumante, on crie, on jure, on blasphème, on se mord, on s'arrache le cœur de la poitrine, et cela à chaque page, à chaque ligne, toujours, i Chacun de ses romans est une accumulation de crimes, de viols, d'incestes, de monstruosités indescriptibles. Outre les romans précités, do Sade a publié : la Philosophie dans le boudoir (2 vol. in-8°, avec gr.), livre obscène; Aline et Valcourt ou le Roman philosophique (Paris, 1795, iu-18), roman dans lequel il s'est représenté sous le nom de Valcourt et qui, pour être moins obscène que Justine, n'en est pas moins immoral ; Pauline et Betvul ou les Victimes d'un amour criminel (1798, 3 vol. in-12); les Crimes de l'amour ou le Délire des passions (1800, 4 vol in-12); l'Auteur des crimes de l'amour à Villeterque, folliculaire (1800); Otiern ouïes Malheurs du libertinage, drame en trois actes et en prose (1800, in-S»), joué sur le théâtre de Molière en 1791 et à Versailles en 1799; la Marquise de Ganges (1813, 3 vol- in-12). Parmi ses oeuvres restées ma- 1 nuscrites, nous citerons des comédies : le Misanthrope par amour, en cinq actes et en vers, reçu au Théâtre-Français en 1790, mais qui n'a pas été représenté ; le Prévaricateur ou le Magistrat du temps passé, en cinq ncteseten vers; Y Homme dangereux ou le Suborneur, en un acte-, le Capricieux ou l'Homme inégal; les Jumelles, en deux actes ; les Antiquaires, en un acte ; Azélie ou la Coquette punie, en un acte et en vers libres ; des tragédies : Jeanne Laisné ou le Siège de Beauvais, en cinq actes ; Enphémic de Melun, en un acte ; des drames : Henriette et Saint- Clair ou la Force du sang; {'Egarement de l'infortune; Fanny ou les Effets du désespoir; Franchise et trahison; un opéra-coinique en. un acte, la Tour mystérieuse ; un yauueville en un acte, Y Hommnge de ta reconnaissance ; deux romans historiques : Isabelle de Bavière, reine de France; Adélaïde de Brunswick princesse de Saxe. Enfin on a de lui, également en manuscrit, un Journal relatant ce qu'il avait fait, dit, entendu et pensé de 1777 jusqu'en 1790 pendant sa détention, et des cahiers de notes et de pensées écrits pendant sa vieillesse k Charenton. De Sade avait composé en outre des comédies, des contes, qui furent saisis par la police ou brûlés.
SADE (Louis-Marie de), officier et écrivain, fils du précédent, né k Paris en 1767, mort en 1809. Il entra comme sous-lieutenant dans le régiment de Soubise eu 1783, émigra en 1791 et servit dans l'armée des princes de Condé. De retour en France en 1794, il se fit graveur et s'occupa en même temps d'histoire. En 1806, il reprit du service, combattit à Iêna, à Friedland, où il fut blessé, devint capitaine en second, puis aide de camp du général Mareognet et fut assassiné par des brigands près d'Otrante. On a de lui : histoire de la nation française (Paris, 1805, in-8°), ou-
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vrnge plein de recherches, dont le premier volume seul a paru.
SADE (Louis, chevalier db), littérateur français, né à Antibes en 1753, mort a. Paris en 1832. 11 était capitaine d'artillerie lorsque éclata le mouvement de 1789 etilémigra a Londres, où il publia plusieurs brochures contre la Révolution. Revenu en France en 1815, il combattit le système gouvernemental de la Restauration. On cite de lui : De la science des marées (Londres, 1810, in-8°); Dialogues ■politiques (1815, in-8o); Y Art de faire dès lois (Paris, 1820, in-80); Préceptes politiques (1822, in-8°) ; Des orateurs et des écrivains politiques dans un gouvernement représentatif (1823, in-s°); De la démocratie à l'occasion des élections populaires (1831, in-S°).
SADE (François-Xavier- Joseph-David, vicomte dk), homme politique français, né à Aix en 1777, mort à Paris en 1845. Il suivit sa famille dans l'émigration, rentra en France à la lin des troubles et fut tiré de sa retraite volontaire par les électeurs libéraux du département de l'Aisne qui l'élurent député en 1828, 1830 et 1831. On lui doit : Réflexions sur les moyens propres à consolider l'ordre constitutionnel en l'rance (Paris, 1822, in-s°) ; Rapport à la Chambre des députés sur diverses pétitions relatives à l'existence des jésuites en France (Paris, 1828, in-8°).
SADEK-KHAN ( Mohammed ), quatrième prince de la dynastie, zende qui régnait en Perse vers le milieu du xvm« siècle. Ce prince, bien que gouverneur du Farsistan, ne savait pas lire et n'apprit que dans la plus extrême vieillesse. Lorsque Kerim-Khan, son frère, déclara la guerre à la Porte, Sadek- Khan vint assiéger Bassora à la tête d'une armée de 60,000 hommes et d'une trentaine de vaisseaux. M s'empara de cette ville en 1776, après un blocus de treize mois, et la conserva jusqu'à la mort de son frère, époque à laquelle il dut l'évacuer. Elle fut alors réoccupée parles Turcs. Les enfants de son frère ayant été dépossédés du trône qui leur revenait par Zeki-Khan, Sadek-Khan leva des troupes et voulut défendre la cause de ses neveux. Il vint mettre le siège devant, Schiraz, où se trouvait l'usurpateur; mais bientôt il se vit abandonné de ses troupes et dut s'enfuir à la tète d'une faible groupe de cavaliers, Zeki-Khan ayant été précipité du pouvoir par ses adversaires quelques années après, un des (ils de Kerim-Khan monta sur le trône, appela son oncle auprès de lui et vécut d'abord en bonne intelligence avec lui, puis bientôt les luttes intestines recommencèrent. Sadek-Khan s'empara du pouvoir, mais il fut bientôt attaqué par Aly-Mourad, son beau-fils, et, après avoir subi daus Schiraz un blocus de nuit mois, il dut se rendre et fut mis à mort,
SADELER (Hans), graveur et dessinateur belge, né à Bruxelles en 1550, mort k Venise en 1610. Il était damasquiueur sur métaux lorsqu'il résolut, à vingt ans, de s'adonner à la gravure à Anvers. Après avoir exécuté quelques estampes au burin, d'après Van den Broeck, il parcourut l'Allemagne, puis se rendit en Italie et habita successivement Rome, Vérone et Venise, où il se fixa. En Italie, il adopta un faire moins sec, plus large et grava avec une égale habileté 1 histoire, le portrait et le paysage. Parmi ses meilleures œuvres, on cite : le Jugement dernier, d'après Schwartz; les Hommes surpris dans leurs dérèglements par le déluge et les Hommes surpris dans leurs dérèglements par le jugement dernier, d'après Th. Bernard ; le Festin du mauvais riche; le Repas ches Marthe et Marie; les Pèlerins d'Emmaûs, douze portraits, une suite d'estampes intitulée les Ermites et qui est très-recherchée, etc.
SADELER (Raphaël), graveur, frère du précédent, né à Bruxelles en 1555, mort à Venise en 1610. Il eut pour maître Hans Sadeler, qu'il suivit en Allemagne et en Italie, et il lui succéda dans la charge de clialcograplie du duc de Bavière, Ses gravures, fort nombreuses, représentent pour la majeure partie des sujets de sainteté. On cite, entre autres productions: lu Christ porté au tombeau; le Christ au tombeau pleuré par des anges; la Résurrection, d'après Van Achen, et la Bataille de Prague. Le grand nombre de planches que Raphaël Sadeler exécuta fuit comprendre pourquoi elles manquent souvent de fini. L'artiste faisait surtout preuve d'habileté dans les figures et dessinait avec beaucoup de correction les extrémités.
SADELER (Egidius ou Gilles), graveur, neveu du précédent, né à Anvers en 1570, mort à Prague en 1629. Après avoir étudie sous la uirection de son oncle Raphaël, il visita l'Italie, puis se rendit eu Autriche et fut attaché à la cour de divers empereurs. On l'avait surnommé le Pliéuii de la gravure, appréciation exagérée sans doute ; cependant Gilles Sadeler est bien supérieur à ses homonymes par la forme, la chaleur, l'ampleur de son burin et l'origmalité du dessin. Ses portraits surtout sont excessivement renommés : on cite particulièrement ceux des empereurs d'Allemagne Rodolphe , Mathias , Ferdinand, et ceux des impératrices Anne d'Autriche et Eléonore de Uonzague. Cependant, au dire des connaisseurs, le chef-dœuvre de l'artiste est la Salle de Prague. Ses paysages sont également fort remarquables. Son œuvre ne comprend pas moins de
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trente portraits, trente-deux sujets historiques d'après divers maîtres, quatre-vingts paysnges d'après Breughel, Paul Bril, Savery, Pierre Stevens, et soixante-dix-neuf planches d'après ses propres compositions. Sadeler cultiva également la peinture, mais sans beaucoup de succès.
SADELER (Philippe), fils du précédent, dont il fut l'élève, li ne s'éleva jamais à la hauteur de son père et de ses grands-oncles. Il a gravé de nombreux portraits, des paysages et des sujets de dévotion.
SADELER (Marc), second fils de Gilles Sadeler. Il s'est contenté d'éditer la plupart des ouvrages gravés par son père à Prague. En 174S, Laurent Cars a publié à Paris un grand nombre d'estampes, 500 environ, d'après Raphaël, Carrache, etc., gravées par les Sadeler.
SADI, célèbre poste persan. V. Saadi.
SADINET, ETTE adj. (sa-di-nè, è-te — dimin. de sade). Petit et agréable, piquant, savoureux :
Si l'une a plus d'éclat, l'autre est plus sadinette.
RÉGNIER
Il Vieux mot.
SADO, île de l'archipel japonais, près de la côte occidentale de Niphon. Ellea 120jtilora. de circuit et forme uue province particulière. Elle est très-montagneuse et produit surtout du bois, des grains et des pâturages ; on y exploite quelques mines d'or.
SADGC, Juif qui vivait au me siècle avant notre ère. Il était disciple d'Antigone de Socho, qui avait succédé à Simon le Juste comme président du grand sanhédrin de Jérusalem. Ce fut lui, dit-on, qui fut le fondateur, avec son condisciple Baïthus, de la secte des saducéehs, qui prit de lui son nom. On ne sai t rien de plus sur sa vie. V. saducÉen.
SADOLET (Jacques), cardinal et un des humanistes les plus distingués du xvie siècle, né à Modène en 1477, mort à Rome en 1547. Secrétaire du cardinal Olivier CarafTa, puis du pape Léon X, nommé évoque de Carpentras par ce dernier (1517), il tenta vainement de détourner Clément VII d'accéder à la ligue contre Charles-Quint, conseil dont on put apprécier la prévoyante Sagesse lors de la prise et du sac de Rome par les impériaux (1527). Paul III t'éleva au cardinalat en 1536; il suivit le pape à Nice en 1538 et contribua beaucoup à la trêve conclue entre Charles- Quint et François Ier. Comme écrivain, il avait pris Cicéron pour modèle; mais il ne poussait pas aussi loin que Bembo l'affectation de purisme. Ses Œuvres, consistant en traités de morale et de philosophie, harangues, poésies, commentaires, etc., ont été publiées à Vérone (1737). C'est l'édition la plus recherchée. Parmi ses ouvrages, nous citerons : De liberis recte instituendis liber (Venise, 1533, in-S°); Commeiifan'tis lit epislolam S. Pauli ad Romanos (Lyon, l535,in-fol.); Phmdrus,sive de laudibusplàlosopltix libriduo (Lyon, 1538, in-4°) ; Philosophiez consolalionesetmediiationesiu adversis (Francfort, 1577, in-8o) ; Ad principes populosque Germanias exhortatio gravissima, ut, desertis et abjeclis pestilentissimis hsresium insaniis,in gremium catholics et aposlolicx Ecclesix Chrisli redeant (Dillingen, 1560, in-12).
SADOLET (Paul), savant humaniste, cousin germain du précédent, né à Modène en 1508, mortfin 1572. Il vint de bonne heure à Ferrare et étudia sous la direction de Girardi. 11 ne tarda pas à faire de réels progrès dans l'étude des langues anciennes et fut adjoint comme eoadjuteura l'évêque de Carpentras, en 1533. Huit ans plus tard, il fut nommé recteur du Cointat-Venaissin et prit possession de son siège à la suite de la mort de son oncle. Il se rendit à Rome en 1552, où il 'occupa une fonction à la cour de Jules III, puis revint, à la mort de ce pape, dans son diocèse, où il mourut. On a de lui quelques poébies latines et des lettres qui ont été publiées dans l'appendice des œuvres du cardinal Sadolet.
SADOT s. m. (sa-do). Moll. Coquille du genre pourpre.
SADOUR s. m. (sa-dour). Pêche. Sorte de filot qui a trois rangs de mailles et qui est fait en tramail.
SADODS (Alfred de), professeur et traducteur, né à Paris en 1815. Il a suivi la carrière de l'enseignement, s'est fait recevoir docteur es lettres et est devenu professeur au lycée de Versailles. M. de Sadous, qui est très-versé dans la connaissance des langues anciennes et de plusieurs langues modernes, s'est fait connaître par des traductions estimées. Nous citerons de lui : De la Rhétorique attribuée à Deuys d'Ualiearnasse (1847, in-8°) ; Fragments du Mahabharata, trad. du sanscrit en français (1858, in-12); Histoire de la littérature indienne, de Weber, trad. de l'allemand (1859, in-8») ; Histoire de la Grèce, de Grote (1864-1867, 19 vol. in-8»), avec cartes.
SADOWA, bourg de l'empire d'Autriche, dans la Bohême, cercle et à 9 kilom. N.-O. de Kœniggraetz, sur la route de cette ville à Gitsehin, à 8 kilom, S.-E. de la forteresse de Josephstadt; 1,270 hab. Cette localité, naguère inconnue, est devenue célèbre par la victoire importante qu'y remportèrent les Prussiens sur les Autrichiens en 1866. V. ciaprès.
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Sadowa (bataille de), livrée entre les armées prussiennes et autrichiennes le 3 juillet 1866. Depuis longtemps, une sourde inimitié régnait entre la Prusse et l'Autriche; personne ne se trompait plus aux apparences de leur amitié aigre-douce; et l'on s'attendait à ce que ces deux puissances videraient enfin dans'un conflit sanglant leurs prétentions a la suprématie' de l'Allemagne. Ce choc formidable eut lieu, en effet, dans la Bohème septentrionale: 1 armée autrichienne y fut broyée.
On connaît lés «événements qui, en 1866, firent éclater la guerre entre la Prusse et l'Autriche ; dès qu'elle eut été déclarée, la Prusse agit avec une résolution et une rapidité qui permirent d'entrevoir un dénoûment prompt. Elle lança aussitôt plusieurs armées sur la route de Vienne, et les généraux en chef eurent ordre de manœuvrer de manière à se concentrer dans la contrée de Gitsehin (Bohème septentrionale). Cet ordre fut exécuté avec tant de précision et de bonheur, que les différents corps prussiens opérèrent leur jonction sur le champ de bataille même, La première année et celle dite de l'Elbe pénétrèrent en Saxe, dans l'intention d'établir leur positionstrategiquesurlalignedeDresdeet.de Bautzen, manœuvre qui réduisait le développement de l'armée prussienne de 25 à 5 milles allemands. Pendant ce. temps-là, la deuxième armée, dite de Silésie, devait déboucher par les montagnes devant les forces supérieures des Autrichiens, difficulté que le- prince royal de Prusse résolut heureusement à la suite de plusieurs combats acharnés qui furent de vraies batailles. Tandis que cette armée se concentrait sur l'Elbe supérieur, près de Kœningenhof, le prince Frédéric-Charles s'avançait dans cette direction avec la première armée et celle de l'Elbe, qui avaient des forces inoins considérables. La jonction stratégique était effectuée et, si les calculs techniques étaient exacts, l'adversaire allait se trouver enveloppé de toutes parts. On assignait, en effet, la position suivante à l'année autrichienne : son front derrière l'Elbe, ses flancs protégés par les forteresses de Josephstadt et de Kœniggraetz. Cette position était redoutable ; néanmoins les Autrichiens avaient l'armée de Silésie sur leur flanc droit ; c'est pourquoi, au quartier général prussien, on ne crut pas devoir faire avancer la deuxième année plus loin, jusqu'à Horzitz, afin qu'elle pût se maintenir sur le flanc droit de l'ennemi.
Le 2 juillet, à onze heures du soir, le quartier général du roi de Pru-se reçut l'avis que l'armée autrichienne s'était portée en avant en franchissant l'Elbe et quelle se trouvait massée en forces considérables derrière la rivière de la Bistritz ; on se décida alors à attaquer immédiatement. A minuit, les ordres nécessaires furent expédiés; le 3 juililet, à quatre heures du matin, les généraux en chef les avaient reçus, et à cinq heures tous les corps étaient en marche. La première armée se trouvait la plus rapprochée de l'ennemi ; les septième et huitième divisions du quatrième corps, généraux Fransecky et Horn, se dirigèrent aussitôt vers Sadowa, tandis que le deuxième corps restait sur la droite de cette dernière division et le troisième corps en arrière, en réserve. A huit heures du matin, la tête de la division Horn déboucha près de Sadowa et fut accueillie par les décharges meurtrières de l'artillerie autrichienne. En ce moment même, le roi de Prusse arrivait sur les hauteurs près de Dub et exécutait une reconnaissance des positions ennemies, pendant que des batteries de la division Horn et du deuxième corps d'armée ouvraient également leur feu. Le résultat de cette reconnaissance fut que les Autrichiens occupaient les villages et les bois près de la Bistritz et qu'ils avaient pris position au delà de ce cours d'eau. Mais les forces exactes de l'ennemi restèrent inconnues, de même que le détail de sa position, à cause d'un épais brouillard entremêlé de pluie. Seulement, le feu, éclatant sur une vaste étendue, faisait présumer que de graudes forces d'artillerie étaient mises en action. Au delà de la Bistrkz le terrain monte ; il est entrecoupé de nombreux ravins, de manière que l'adversaire pouvait masquer entièrement ses troupes et les abriter contre le feu des assaillants. De plus, les hauteurs lui offraient d'excellentes positions pour l'artillerie, en même temps qu'elles étaient faciles à défendre par l'infanterie. Pour aborder cette position formidable, il fallait traverser la Bistritz et le passage n'en était possible que sur des ponts. L'ennemi ne cessait de développer son urtillerie; mais comme on ne pouvait déterminer ses forces avec certitude à cause du brouillard, ni même juger la situation dans son ensemble, il fallut contraindre les Autrichiens à se démasquer eux mêmes. Dans ce but, le roi de Prusse, à neuf heures, donna l'ordre à la première armée de franchir la Bistritz. La division Horn s'avança alors vers les bois de Sadowa; puis, à droite de cette division, le deuxième corps, et, à gauche, dans la direction de Benatek, la division Fransecky. En ce moment, un combat acharné s'engagea sur toute la ligne, les Prussiens voulant s'emparer des différents bois qui leur dérobaient la vue de l'ennemi. Bientôt ils purent se convaincre que les Autrichiens étaient là en forces considérables et que, par des travaux d'art, ils avaient ajouté de nouveaux obstacles à ce rempart naturel. Tenter de percer leur centre eût coûté des pertes ter-
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ribles ; on se décida donc pour une attaque lentement continuée au centre, jusqu'à ce que le prince royal, commandant J'armée de Silésie, et le général Herwarthde Bittenfeld, chef de l'armée de l'Elbe, fussent entrés en ligne. En outre, le roi ordonna que l'engagement au centre fût surtout soutenu par l'artillerie, tandis que le général Herwarth franchiraitla Bistritz prèsdeNeclmnitz. Quant à la deuxième armée, elle ne pouvait pas arriver avant onze heures, se trouvant encore trop éloignée du champ de bataille. Tandis que la première armée luttait à droite et à gauche de la chaussée de Sadowa à Kœniggraetz, entre Benatek et Tresowifz, l'avantgarde de l'armée de l'Elbe rétablit, sous la protection do l'artillerie, le pont de lu Bistritz et. commença à franchir cette rivière; puis elle occupa le village de Lubno et les hauteurs avoisinantes. Les Saxons, qui combattaient dans les rangs de l'armée autrichienne, développèrent alors contre cette avant-garde leur artillerie dans une position excellente. Pour déloger ces batteries, on dirigea la division Kanstein sur Hradek, d'où elle devait se porter sur l'aile gauche saxonne, à Priât. Pour soutenir cette attaque, la division Munster se porta sur Problus; la division Etzel resta en réserve.
Pendant ce temps-là, les divisions Fransecky et Horn se maintenaient dans les bois, mais avec des pertes considérables. Toutefois, les cinquième et sixième divisions, de même qu'une division de cavalerie et l'artillerie, restaient encore disponibles. L'armée du prince royal présentait les dispositions suivantes : en tête, le premier corps d'armée, suivi de la division de cavalerie, partant d'Ober-Prausnitz, à l'est de Miletin, et se dirigeant sur Graus-Pirglitz; la garde se portant sur Kœningenhof dans la direction do Ceruutek et Lliota ; !e sixième corps de Gradlitz sur Hustinow et Nekasow, et enfin le cinquième corps en réserve sur Chateborek, ayant pour mission de cerner la forteresse do Josephstadt. Mais dès que la bataille fut engagée, il ne resta pas un seul homme devant ' ta forteresse ; tous, par ordre du priuce royal, accoururent au feu, afin de frapper un coup décisif, A onze heures et un quart, la tête du corps de la garde arriva sur les hauteurs de Chateborek; en même temps, à gauche, la -tête du sixième corps, et plus en arrière le cinquième.
Le feu de l'ennemi fît supposer que son aile droite était à Herenowes, et c'est contre cette aile droite que fut dirigé le choc de la deuxième armée. Les Autrichiens avec toute leur armée avaient pris derrière la Bistritz une position très-étendue. Danti cette ligne se trouvaient cinq corps d'armée et celui des Saxons, tandis que deux corps, le premier et le sixième, étaient restés en réserve près de Rosberitz, à cheval sur la chaussée de Sadowa k Kœniggraetz. Autant qu'on pouvait le constater d'après le rapport des prisonniers, les Autrichiens occupaient, avec le quatrième corps, les deux côtés de la chaussée de Sadowa; à droite du quatrième corps -s'étendaient les deuxième et troisième corps, et k gauche les huitième et dixième, ainsi que celui des Saxons,
Le sixième corps de l'armée du prince royal ouvrit le premier le feu sur l'aile droite autrichienne, et le corps de la garde mit aussi en action son artillerie, placée de même en première ligne. Le premier corps était trop en arrière pour pouvoir prendre position au centre ; il avait seulement reçu l'ordre d'opô rer la jonction entre la première et la deuxième armée, tandis que le cinquième corps était désigné pour former la réserve. Cette marche rapide en avant de la deuxième armée contraignit les Autrichiens à opérer un changement dans leur position. Leur artillerie, qui jusqu'alors avait dirigé son feu sur l'aile gauche de la première armée, quitta sa position pour se remettre en batterie sur les hauteurs à l'est de Herenowes. A onze heures quarante minutes, elle commença à tirer sur la garde et sur le sixième corps. Après un combat des plus sanglants, la division Fransecky avait réussi à s'emparer du bois de Maslowed, ce qui permit de développer l'artillerie de réserve entre Sadowa et Maslowed, dès que l'artillerie du deuxième corps eut ouvert son feu près de Dohalieka. A uuo heure après midi, 500 pièces prussiennes vomissaient leurs projectiles contre l'artillerie autrichienne, quiêtaiteucore plus nombreuse et, de plus, protégée par des remparts naturels et des épaulements. Pendant cet affreux combat d'artillerie, les colonnes du prince royal avançaient continuellement, de sorte que, vers une heure, l'artillerie autrichienne se voyait déjà menacée sur l'aile droite par le mouvement tournant du sixième corps prussien et bientôt elle était obligée d'abandonner sa position près d'Herenowes. Alors l'infanterie de la garde et le sixième corps attaquèrent les villages de Maslowed, Cistowes et Sendrasitz, et s'en rendirent maîtres après un combat des plus opiniâtres. C'est eu vain que les Autrichiens tentèrent à plusieurs reprises de reconquérir le terrain perdu, tous leurs efforts échouèrent devant la solidité de l'infanterie prussienne. La lutte de ce côté devint de plus en plus acharnée et décisive en se rapprochant des hauteurs fortement retranchées de Chlum.
Tandis que l'infanterie prussienne, appuyée par l'artillerie, s'avançait sur cette dernière
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position, on continuait toujours de se battre sur le front dans les bois de Sadowa et sur le flanc gauche, pour prendre les villages de Problus et de Prim. Le sixième corps d'armée, aprèsun combatfurieux,s'emparade plusieurs positions importantes, tandis que le général Herwath recevait l'avis que le prince royal manœuvrait pour couper la retraite aux Autrichiens sur Josephstadt et qu'en conséqueuce l'armée de l'Elbe devait maintenant euvelopper l'aile gauche de l'ennemi. Aussitôt que l'avant-garde du premier corps fut arrivée, le prince royal la dirigea sur Chlum,
fiour appuyer la garde qui soutenait une utte sanglante contre des forces supérieures et qui ne se maintenait que difficilement dans cette position. Le prince royal, se portant lui-même en avant pour animer les troupes, dirigea en personne l'attaque de Chlum, ayant bien compris que l'action décisive de la journée était là. Les Autrichiens, attaqués vigoureusement sur ce point, se virent bientôt forcés de l'abandonner et perdirent en etfet la clef de leur position. Le feu de leur artillerie commença alors à se ralentir déplus en plus sur le front. Le roi de Prusse saisit ce moment pour se porter en avant avec toute la cavalerie de la réserve de la première armée, entre Sadowa et Maslowed et se dirigea sur Stréselitz a la poursuite de l'ennemi, qui commençait à battre en retraite. Il était trois heures et demie. Ce mouvement fut le signal général de la poursuite, exécutée de front par les cinquième et sixième divisions. Sur l'aile gauche de l'armée du prince royal, la nombreuse artillerie du sixième corps et la prise du village de Brisa forcèrent l'ennemi a la retraite par la route de Kceniggraetz, retraite qui se changea brusquement en une effroyable déroute. A l'aile droite de l'armée prussienne, les quatorzième et quinzième divisions, ainsi qu'une brigade de la seizième, avaient pris les villages de Problus, Prhn et Charbusitz, en sorte qu'une division de cavalerie put se lancer sur les traces de l'ennemi.
Pendant ce temps-là, l'armée autrichienne et saxonne cherchait à s'échapper par K03niggraetz. Une partie de sa cavalerie se dirigea sur Pardubitz, tandis que quelques détachements, se dévouant pour le salut commun, mettaient à profit les accidents du terrain pour retarder autant que possible les Prussiens. Mais le plus grand nombre était profondément ébranlé et jeté hors de son ordre de bataille, et ce n'est que la nuit qui sauva l'armée vaincue d'un désastre complet. 174 pièces de canon , plus de 18,000 prisonniers et 14 drapeaux, tels étaient les trophées recueillis par les Prussiens dans cette journée appelée à prendre place parmi les plus célèbres qu'aient enregistrées les annales de la guerre. Les Autrichiens ont avoué une perte totale de 40,000 hommes, tandis que celle des Prussiens, d'après les rapports officiels, n'a pas dépassé 10,000 hommes.
L'armée autrichienne n'avait jamais éprouvé jusqu'à ce jour une pareille défaite; elle fut incapable de se reformer, même dans les jours suivants : des canons, des caissons, des bagages, des amas de munitions et de vivres abandonnés, des fusils, des sabres, des sacs jetés sur les routes, et surtout le grand nombre des prisonniers arrivant continuellement, prouvèrent jusqu'à l'évidence l'entière dissolution de l'armée vaincue. .
Parmi les causes qui ont le plus influé sur les résultats de cette journée, il faut citer l'incapacité du commandant autrichien, le maréchal Benedek, acceptant une bataille décisive avec un grand fleuve à dos, l'organisation supérieure de l'armée prussienne et surtout l'action du fusil à aiguille.
SADOWA W1SZN1A, ville de l'empire d'Autriche, dans la Gallieie, cercle et à 50 kilom. E. de Pizemysl ; 2,500 hab.
SADKAS , ville de l'Indoustan anglais, présidence de Madras, dans l'ancienne province de ICarnatic, à 65 kilom. S. de Madras, sur le golfe du Bengale, près de l'embouchure du Pal-Aur. Celait autrefois un village que les Hollandais achetèrent et fortifièrent au xve siècle, et qui devint bien tôt une ville florissante. Les Krançais s'emparèrent de cette ville en !759, et les Anglais en 1705; ces derniers la gardèrent jusqu'en 1814, époque à laquelle ils la restituèrent à la Hollande. En 1824, les Anglais la reprirent et l'ont conservée depuis.
SADRÉE s. f. (sa-dré). Bot. Nom vulgaire de la sarriette.
SADUCÉEN OU SADDUCÉEN, ÉENNE adj.
(sa-du-sé-ain, é-è-ne. — Plusieurs tirent ce nom d'un certain Sadoc, qui aurait été l'auteur de la secte ; saint Epiphane et saint Jérôme, suivis par quelques auteurs modernes, ont cru que les saducéens avaient été ainsi nommés de l'hébreu tsaddik, juste, ou tsedek, justice, parce qu'ils se piquaient d'observer une exacte justice dans toutes leurs actions). Hist. relig, Membre d'une secte juive qui niait l'immortalité de l'âme et la résurrection,
— Adj. Qui appartient aux saducéens : La secte saducébnne était peu nombreuse. (Complém. de l'Acad.)
— Encycl. Les saducéens formaient à Jérusalem, sous la domination grecque et celle des Romains, une sorte d'oligarchie à la fois religieuse et politique, plus puissante par
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l'organisation , la qualité de ses membres et ses richesses que par le nombre. Ses principes se résumaient dans l'amour du plaisir, et son ambition politique dans l'exercice de ce que les étrangers avaient laissé de pouvoir aux mains des indigènes de la Judée. Cette ambition obligeait souvent les saducéens à professer extérieurement un pharisaïsme austère, sans lequel ils n'auraient point obtenu la faveur publique.
On ne sait pas avec certitude d'où était venu le mot de sadacéen; on croit pourtant qu'il était dérivé du nom d'un certain Sadoc, disciple d'Antigone de Socho, président du gr^nd sanhédrin de Jérusalem, qui répétait sans cesse qu'on doit adorer Dieu, non comme des mercenaires qui n'agissent que par l'espérance du gain, mais comme des serviteurs dévoués qui remplissent leur devoir par amour pur et par crainte filiale. Sadoc, avec Baithus ou Boethus, son condisciple, concluait de ces paroles qu'il n'y a ni récompense ni peine à attendre dans une autre vie, que la durée de l'homme se borne à la vie présente et que, si Dieu récompense et punit, c'est dans ce monde qu'il le fait.
Les saducéens se bornèrent d'abord à faire comme les caraïtes, à rejeter les traditions des anciens, à ne consulter que la parole écrite; et comme les pharisiens étaient fort attachés aux traditions, ces deux sectes se trouvèrent diamétralement opposées. Les premiers nièrent la résurrection future, l'existence des anges et des esprits et celle des âmes humaines après la mort.
Origène et saint Jérôme nous apprennent que les saducéens, à l'exemple des Samaritains , n'admettaient pour l'Ecriture sainte que les cinq livres de Moïse. Scaliger et quelques autres ont prétendu que les saducéens ne rejetaient pas absolument les prophètes ni les hiigiographes, mais qu'ils leur attribuaient moins d'autorité qu'aux livres de Muïse. BrUL'Uer dit que, si les saducéens avaient rejeté quelques-uns des livres du canon reçu chez les Juifs, on les aurait anathéuiatisés et chassés de la synagogue. Josèphe a remarqué que les saducéens ne luttaientpointcontre les pharisiens; ils ne dogmatisaient pas en public et évitaient les éclats et les disputes.
Ils étaient encore opposés aux essétiiens et aux pharisiens touchant le dogme du libre arbitre et de la prédestination. Les esséniens croyaient que tout est prédéterminé par un enchaînement de causes infaillibles; les pharisiens étaient d'avis que la prédestination a lieu sans nuire à la liberté de l'homme ; les saducéens niaient toute prédestination et soutenaient que Dieu a fait l'homme maître de ses actions, avec une entière liberté de faire à son gré le bien et le mal.
Il est, en définitive, fort difficile de se faire une idée rigoureusement exacte sur les principes des saducéens, vu la divergence de sentiments de tous ceux qui ont écrit sur eux, anciens ou modernes. Josèphe, en sa qualité de pharisien, s'est montré fort passionné contre les adversaires de sa secte, et ses assertions sont combattues par un grand nombre de critiques.
Avant le christianisme et dans les derniers siècles de la nation juive, les saducéens avaient été moins un parti et encore moins une secte que la continuation , ou plutôt la transformation du parti grec. Ce parti, antinational, qui s'était forme à Jérusalem probablement dès avant la conquête d'Antiochus Epiphane, avait joué sous la domination de ce prince un rôle si odieux qu'il était devenu pour les Israélites un objet d'exécration et d'horreur. Il se composait d'hommes riches, comme il s'en trouve à toutes les époques et dans tous les pays, préférant à l'honneur national et au culte de leurs pères la conservation de leurs biens et les tristes avantages d'être les premiers dans un troupeau d esclaves. Il est vrai qu'il dut disparaître, au moins comme parti, après l'affranchissement de la Judée par les Macchabées, époque à laquelle il ne pouvait plus être question de faire triompher les princes grecs, à jamais expulsés; mais il resta, néanmoins, quelques hommes qui , bien que dévoués désormais au gouvernement national , continuèrent d'être attachés aux moeurs de la Grèce.
Or, ils jouèrent leur rôle avec adresse, affectant de s'en tenir aux écrits de Moïse et refusant de professer tout ce qui ne se trouvait pas formellement énoncé dans ces écrits. C'est ainsi qu'ils pouvaient rejeter, sans être accusés d'hérésie, la doctrine de l'immortalité de l'âme et celle de la résurrection des corps, sur lesquelles Moïse avait gardé le silence et qui étaient professées par les pharisiens, pour lesquels Moïse n'était pas la seule autorité, puisque le canon de leurs Ecritures se composait non-seulement de ses livres, mais encore de ceux des prophètes. Les saducéens repoussaient aussi tous les dogmes que les docteurs de la loi avaient greffés sur l'antique hébraïsme et ceux qu'ils avaient tirés, par des inductions plus ou moins légitimes, des faits, des images et des morceaux poétiques de leurs livres saints; ce fut le cas, probablement, de l'angélologie et de la déinonologie des écoles pharisiennes. Les saducéens firent à peu près, sous ce rapport, dans le judaïsme, ce que devaient faire dans le christianisme les réformateurs protestants , en éliminant de la doctrine chrétienne les prescriptions