‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 262 sur 1059 · V. Huao · texte numérisé non relu

V. Huao

— Fig. Personne qui sème, qui propage, qui divulgue : Une semeuse de discorde. Un semeur de faux bruits, de fausses nouvelles.

— Semeur, semeuse de zizanie, Personne qui fomente la discorde : Celui qui lui a mandé ces sottises n'est qu'un semeur de zizanie. (Volt.)

— Semeurs de peste, Nom donné à des gens qu'on accusait de propager la peste en jetant çà et là des matières infectées.

— s. m. Techn. Maître ouvrier chargé de la vérification des canons.de fusil et de pistolet, dans les manufactures d'armes.

— Ornith. Nom vulgaire de la lavandière.

— Agric. Machine qui sert à semer : Un semeur mécanique.

Semeur (un), tableau de François Millet ; Salon de 1850. Un paysan, vêtu de haillons terreux et d'une chemise de toile grossière, coiffé d'un vieux chapeau de feutre tout roussi et tout déteint, est occupé à semer du blé dans une campagne plate et morne. Ce sujet, très-simple et très-vulgaire, a été traité par Millet avec une sincérité robuste qui s'élève inconsciemment jusqu'au style. • Ce Semeur, dit Th. Gautier, a une grandeur et une noblesse rares, quoique sa rusticité ne Soit atténuée en aucune manière; le geste par lequel le pauvre travailleur envoie au sillon le Dlé sacré est si beau, que Triptolème guidé par Cérès, sur quelque bas-relief grec, n'aurait pas plus de majesté. Le coloris est sobre, austère jusqu'à la tristesse; l'exécution solide, épaisse, presque lourde, sans aucun ragoût de touche. Cependant ce tableau fait éprouver la même impression que le commencement de la Mare au Diable de George Sand , une mélancolie solennelle et profonde. •

Une bonne statue de Semeur a été exposée par M. Chapu au Salon de 1865 : l'homme des champs, son sac enroulé autour de la main gauche, puise de la droite le grain qu'il sème devant lui. Son torse est large, ses membres vigoureux; il marche bien, il est vivant.

Un tableau de Jacopo Bassano , les Semailles, se voit au musée du Belvédère.

Semeur il ivraie (LE) OU Satan senum!

l'ivraie, tableau de Millais ; Exposition universelle de 1867. Le sujet est emprunté à l'Evangile de saint Matthieu (xiii, 25) : a Le royaume des cieux est semblable à un homme qui avait semé du bon grain dans son champ. Pendant le temps du sommeil, son ennemi vint et sema de l'ivraie parmi le froment, et se retira. Quand l'herbe fut grande et qu'elle eut jeté des épis, alors l'ivraie parut aussi... « La composition de M. Millais est des plus fantastiques : un vieillard à la barbe grisonnante, vêtu d'une houppelande rouge et la tête enveloppée d'un foulard de la même couleur, les pieds nus, les manches retroussées, soutient de la main gauche la courroie d'une sacoche pendue à son cou et gonflée d'ivraie ; de la main droite, il sème la mauvaise graine sur la terre, qu'éclaire un crépuscule blafard ; il vient droit au spectateur, mais il retourne la tête vers l'horizon comme pour mesurer l'espace qu'il a déjà,parcouru et pourvoir germer derrière lui les mauvaises herbes; son rire sinistre, son regard étiiteelant disent assez qu'il est content de son œuvre. Un loup le suit, la gueule ouverte, les yeux flamboyants, et deux serpents s'avancent en rampant au-devunt de lui. Une lueur jaunâtre sillonne le ciel gris et forme comme une auréole autour de la tète du terrible semeur. Ce tableau, bien différent de ceux par lesquels M. Millais s'était fait connaître à l'Exposition universelle de 1855, est exécuté avec une grande largeur de touche et une vigueur de coloris peu commune.

La parabole du Semeur d'ivraie a inspiré une composition d'Abraham Bloemaert, qui a été gravée par J. Matham ; une statue de bronze, exposée par M. J. Valette au Salon de 1859, etc.

SEMI, préfixe emprunté au latin et qui si-

SEMI

gnifie demi. Il représente exactement le grec êmi, le vieux haut allemand sami et te sanscrit sdmi. Les quatre langues emploient ce mot toujours dénué de flexion et au commencement d'un composé. On peut considérer le sanscrit sdmi comme venant de sama, égal, pareil, avec le suff .te dérivatif i, dont la présence a occasionné la suppression de la voyelle finale. Si cette explication est fondée, sami désigne proprement une partie d'un tout égaie à ta partie qui manque. Quant au sanscrit sama, égal, pareil, qui est représenté en grec par omos et en gothique par sama, il vient de la racine sanscrite sam, confondre, réunir.

Nous devons fuire pour senti une remarque analogue à celle que nous avons faite pour demi ; l'emploi de ces préfixes étant à peu près facultatif devant les noms et les adjectifs, on ne trouvera pas it;i la liste complète des mots composés qu'ils peuvent concourir à former; nous ne donnerons que ceux qui exigent une explication particulière. Nous devons ajouter que semi, moins usité quo demi, est à peu près réservé à la langue scientifique.

SEMI-ARIANtSME s. m. Hist. relig. Secte, doctrine des semi-ariens.

SEMI-ARIEN, IENNE adj. Hist. relig. So dit d'une secte d'ariens mitigés, qui niaient seulement la consubstantialité du Père et du Fils : Doctrine semi -arienne.

— Substantiv. : Les semi-ariens.

SEMI-BENZIDAM s. m. (semi-bain-zi-

dainm — du préf. semi, et de benzine). Chim. Terme par lequel on désignait la ji-phénylène-diamine lorsqu'on ne connaissait point encore la véritable nature de ce corps, laquelle a été établie par M. Hoffmann, postérieurement à sa découverte pur M. Zinin.

— Encycl. V. phénylèse-diamine.

SEMI-BRÈVE s. f. Ane. mus. Note qui valait la moitié d'une brève.

SEMI-CELLÉPORAIRE s. f. Zooph, Genre d'escharoïde. V. escharien.

SEMI-CIRCULAIRE adj. Qui est en demicercle, qui forme un demi-cercle : Edifice semi-circulaire.

SEMI-COLON s. m. Ancien signe de ponctuation qui valait une demi-pause ou une virgule.

SEMI-CUBIQUE adj. Géom. Parabole semicubique, Courbe dans laquelle les cubes des ordonnées sont comme les carrés des abscisses. Il On la nomme aussi seconde parabole cubique,

SEMI-CUBITAL, ALE adj. Qui est haut d'une demi-coudée.

SEMI-DIATON s. m. Mus. Syn. peu usité de demi-ton.

SEMI-DIGITAL, ALE adj, Hist. nut. Qui a un demi-doigt de longueur.

SEMI-DIURNE adj. Hist. nat. Qui est à moitié diurne. It Qui vit la moitié d'un jour.

— s. m. pi. Entom. Grande division de l'ordre des lépidoptères, comprenant des espèces qui volent au crépuscule.

SEMI-DOUBLE adj. Liturg. Se dit des fêtes que l'on célèbre avec moins de solennité quo les doubles, et avec plus de solennité que les simples.

— Bot. Se dit des fleurs dans lesquelles une partie seulement des organes sexuels a été transformée en pétales : Ce sont tes graines des fleurs semi-doubles qu'on doit semer pour avoir des /leurs doubles. (Bosc.)

SEMI-ESCHARE s. f. Zooph. Genre d'escharoïde. V. ESCHARIEN.

SEMI-ESCHARELLINE s. f. Zooph. Genre d'escharoïde. V. escharinellien.

SEMI-ESCHARINELLE S. f. Zooph. Genre d'escharoïde. V. escharinellien.

SEMI-PLEURONNÉ, ÉE adj. Bot. Se dit des fleurs composées de demi-IIeurons et de.s plantes qui ont des fleurs ainsi conformées, V, semi-flosculeux.

SEMI-FLOSCULEUX, EUSE adj. Bot. Se dit des plantes de la famille des composées dont les capitules sont formés uniquement du fleurs en languette ou, comme on disait au • trefois, de demi-fleurons.

— s. f. pi. Grande division de la familie des composées, comprenant les espèces qui présentent le caractère indiqué ci-dessus. Elle correspond à la tribu des chicoraeées.

SEMI-GÉOMÈTRE adj. Entom. Se dit des papillons nocturnes de la tribu des géomètres qui ne présentent qu'en partie les caractères de ce groupe.

— s. f. pi. Section de la tribu des géomètres, dans la famille des lépidoptères nocturnes. Il On dit aussi demi-arpunteuses.

SEMI-GOTHIQUE adj. Se dit d'une écriture gothique altérée par un mélange de caractères romains.

SEMI-HISTORIQUE adj. Littér. Se dit d'un sujet historique altéré par un mélange de fictions.

SEMI-INFÈRE adj. Bot. Se dit d'une partie placée incomplètement au-dessous d'une autre partie.

SÉMILLANCE s. f. (sé-mi-llan-se ; Il mil, — rad. scmiller). Caractère de ce qui est se-

SEMI

millunl; éclat, vivacité du regard ou de l'esprit.

SÉMILLANT, ANTE adj. (sé-mi-llan, ante; II mil. — rad. sémiller). Vif et gai : Enfant sémillant. Esprit sémillant. Cette petite fille est bien sémillante. (Acad.) Je vois bien que vous êtes toujours le même; oui, toujours gai, toujours vif, toujours sémillant. (Destouches.)

SÉMILLER v. n. ou intr. (sé-mi-Hé; Il mil. — de la même famille que le champenois semille, agitation, vitesse, semilleux, alerte, vif. Scheler le rappprte à un primitif celtique : kymrique sim, remuant, léger, probablement de la même famille que le persan shamidan, courip, d'où shamah, lait qui coule spontanément du pis, et shanir, s/iamur, rivière, ruisseau, tournant d'eau; irlandais shumar, source). Etre sémillant :

Cet étourdi qui court, saute, sémille.

Voltaire.

SEMILLON s. m. (se-mi-llon; Il mil.).

Vitic. Cépage du Périgord.

SEMILOCALAIRE adj. Bot. Qui adesdemicloisons, des cloisons qui ne divisent pas complètement la cavité.

SEMI-LUNAIRE adj. Qui est en forme de demi-lune : Cartilages semi-lunaires. Ganglions SEMI-LUNAIRES.

— Encycl. Anat. Cartilages semi-lunaires. On désigne sous ce nom et encore sous celui de cartilages falciformes deux lames fibro-eartilaginetises situées dans l'articulation du genou. Par leur face supérieure excavée, ils répondent chacun à la convexité d'un des coudyles du fémur, tandis que leur face inférieure repose sur la cavité glénoïdedu tibia, dont la profondeur se trouve augmentée par ce mécanisme. Ils sont très-épais à leur circonférence externe, minces et comme tranchants à leur bord interne. Ils sont fixés au tibia par deux ligaments très-forts, l'un antérieur et l'autre postérieur, de manière k se mouvoir avec cet os.

-•— Ganglions semi-lunaires. Ils sont situés dans l'abdomen de chaque côté de la colonne vertébrale, au-dessus et en arrière de la capsule surrénale correspondante. Leur forme est celle d'un croissant renversé; ils reçoivent les rameaux de terminaison des nerfs grands splanehniques et forment au devant du rachis le vaste réseau connu sous le nom de plexus solaire.

— Os semi-lunaire. On nomme ainsi le deuxième os de la région antibrachiale du carpe. Il est compris entre l'extrémité inférieure du radius en haut, le seaphoïde en dehors, le pyramidal en dedans elle trapézoïde en bus.

SEMI-LDNÉ, ÉE adj. Qui a la forme d'une demi-lune.

SEMI-MINIME s. f. Ane. mus. Note qui valait la moitié de la minime.

SÉMINAIRE s. m. (sé-mi-nè-re — lat. seminarium, pépinière; de seminare, semer). Ecole où l'on forme des ecclésiastiques : Entrer au séminaire. Faire une retraite au séminaire. Fonder un séminaire. (Acad.) L'abbé de Bernis, échappé du séminaire de Saint- Sulpice, était bien joufflu, bien frais et bien poupin. (Ste-Beuve.) Un met au séminaire les jeunes gens gui n'ont pas les capacités requises pour mener paître tes boeufs. (E. About.) Il Ensemble du personnel et des élèves d'un séminaire : Tout le séminaire assistait à ce sermon. (Acad.) Il Temps que l'on passe au séminaire pour y faire son éducation ecclésiastique : Il commence, il finit son séminaire. Il a bientôt fait ion sémina^su. (Acad.)

— Nom donné, en Allemagne, aux écoles normales et à diverses écoles publiques.

— Par ext. Lieu où l'on se forme k une profession quelconque : Cette école est un séminaire de bons officiers. Cet établissement est un séminairb d'excellents ouvriers. (Acad.) La prison est un séminaire de votews. (L.-J. Larcher.)

Du séminaire des amours, A la France, votre patrie, Daignez envoyer pour secours Quelques belles de Circassie.

Voltaike.

— Grand séminaire, Ecole ecclésiastique où l'on enseigne la théologie et où l'on prépare aux ordres.

— Petit séminaire, Ecole secondaire ecclésiastique -. Petit séminaire catholique. Petit séminaire protestant.

— Séminaire de la propagande, Séminaire apostolique, Séminaire pastoral, Noms donnés aux maisons de la congrégation pour la propagation de la foi.

— Antiq. Séminaire de courtisanes, Sorte d'école publique où les Grecs formaient des courtisanes.

— Encycl. Hist. et législ. L'Eglise a toujours eu besoin, pour te recrutement des membres de son clergé, d'établissements plus ou • inoins spéciaux, où les jeunes gens qui se proposent d'entrer dans les ordres puissent être instruits de ce qui concerne les fonctions cléricales. Les séminaires répondent à ce besoin; ils sont cependant de création récente et il n'y en eut pas en France avant le xvia siècle. Ce furent d'abord les monastères qui en tinrent lieu, ùl aide d'écoles annexées aux plus

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renommés d'entre eux. Saint Augustin avait bien essayé d'établir à Hippone une école entièrement indépendante, dont il avait la direction et qui peut passer pour le premier des séminaires connus; mais saint Jérôme, à la même époque, préférait que l'on recrutât directement le clergé dans les monastères, parmi les moines. Un é'dit d'Arcadius et Honorius (398) donna à ces préférences force de loi en enjoignant aux évoques de remplacer leurs prêtres séculiers, à mesure qu'il en mourait quelqu'un, par des sujets tirés des couvents. Au reste, l'école d'Hippone fondée par saint Augustin et celles que fondèrent à son exemple Fulgence, en Sardaigne, Fauslus et Rufinien en Sicile, saint Hilaire k Arles, saint Martin k Tours étaient, à proprement parler, des monastères en tout semblables aux autres, sauf leur destination spéciale de pépinières du clergé. Sous Charlemagne, on vit un grand nombre d'écoles annexées aux principales abbayes, celles de Saint-Denis et de Fleury-sur-Loire, entre autres, écoles que fréq uentaient un grand nombre d'élèves (celle de Fleury en eut jusqu'à 2,000 sous la direction de Théodulphe, évèque d'Orléans, un des missi dominici de Charlemagne) et d'où sortirent certainement un grand nombre de prêtres. Ainsi Ilincinar, archevêque de Reims, nous apprend qull fut élevé à l'abbaye de Saint-Denis, non pour devenir moine, mais pour devenir prêtre, qu'il ne portait pas l'habit monastique et qu il y reçut les ordres. Mais, dans ces grandes écoles, on ne recevait pas que des jeunes gens destinés k l'état ecclésiastique ; c étaient les seuls foyers d'instruction, et quiconque voulait apprendre était forcé d'y passer; ce n'étaient donc pas de simples séminaires. On trouverait plutôt tes prototypes de ces établissements dans les écoles appelées sous Charlemagne episcopia, qui étaient annexées à la plupart des évêchés et qui portaient aussi le nom d'écoles cathédrales. Le directeur de ces écoles spéciales, choisi par l'évêque parmi les prêtres les plus instruits de son diocèse, portait le titre d'écolâtre ou de scolastique de la cathédrale ; on y élevait de préférence des enfants pauvres que l'on enrôlait ensuite dans le clergé.

Les choses durèrent en cet état jusqu'au concile de Trente. A cette époque, le développement de l'instruction libre dans les universités, développement parallèle à la décadence profonde où était tombé le clergé, sinon comme richesse territoriale, du moins comme instruction, avait tué à la fois les grandes écoles de Saint Denis et de Fleurysur- Loire et les écoles des cathédrales. Le concile de Trente (XXIIle session) essaya de rehausser le niveau des études cléricales en prescrivant aux évoques de faire instruire chaque année un certain nombre de jeunes

fens dans lu profession ecclésiastique et 'installer, a cet effet, un séminaire près de leur évêché ; ces jeunes gens devaient y apprendre la grammaire, l'Ecriture sainte, les homélies des Pères, le rituel et ie chant. Il était enjoint aux évêques de faire les fonds nécessaires en détachant des biens diocésains un certain nombre de bénéfices. Trois ou quatre séminaires furent immédiatement fondés, notamment à Reims, k Bordeaux et k Carpentras; partout ailleurs, on entrava ces fondations nouvelles, non sans raison. La vieille monarchie française, beaucoup moins cléricale que ne le sont aujourd'hui les partisans arriérés de l'ancien régime , répugnait k voir s'élever ces pépinières spéciales de prêtres. L'enseignement large et fécond des universités, d'où sortaient tant de savants et même de théologiens éminents, OÙ le droit canon et la théologie étaient professés avec éclat, semblait suffire et suffisait, en effet, k tous les besoins de l'Eglise. Les universités excipèrent de leurs droits et privilèges; le pouvoir royal les soutint. Il en fut de même en Allemagne, où les séminaires eurent à lutter contre les universités jusqu'à la lin du xvinc siècle. Mais le rêve du clergé a toujours été d'être maître de l'instruction publique ou toutau moins,s'il ne peut empêcher l'enseignement laïque, d'avoir ses établissements scolaires k lui, où il n'enseigne que ce qu'il veut, où il pétrit à son gré l'esprit de ceux parmi lesquels il se propose de se recruter, et, malgré toutes les entraves, il est arrivé à son but. Depuis le xvio siècle jusqu'à nos jours, le nombre de ses séminaires, grands et petits, a toujours été croissant, et les réglementations par lesquelles tous les régimes qui se sont succédé, monarchie, empire ou république, ont essayé de les assujettir k l'Université pour la direction de l'enseignement, au. pouvoir civil pour l'administration de leurs biens, sont restées k peu près illusoires.

D'après la législation actuelle, il y a deux sortes de séminaires catholiques : 10 les séminaires proprement dits ou grands séminaires ; 2° les écoles secondaires ecclésiastiques ou petits séminaires.

— Grands séminaires. Les grands séminaires sont les établissements consacrés principalement aux études théologiques. La France comptait 188 séminaires avaui 1789. Le décret du 12 juillet 1790 en réduisit le nombre à un par diocèse, et le décret du 18 août 1792 les supprima comme étant des corporations religieuses. Ils furent ensuite rétablis parla loi du 26 messidor an IX, et le décret du 20 prairial an X ordonna la restitution des anciens édifices des séminaires non aliénés et néces-

SÉMI

[ saîres aux diocèses. Mais comme ces établis-

I sements étaient trop nombreux pour les be-

| soins du culte catholique, la loi du 23 ventôse an XII prescrivit qu'il n'y aurait qu'un seul

| séminaire par chaque arrondissement métropolitain. Le clergé en trouva alors le nombre trop restreint; il l'augmenta provisoirement et chaque diocèse possède aujourd'hui un séminaire. Du reste, la loi tolérante ne s'oppose point k ce qu'il existe même plusieurs séminaires dans le même diocèse.

L'ordonnance du 7 juin 1659 portait qu'aucun séminaire ne pouvait être créé par un évêque sans l'autorisation du roi. La loi organique rétablit ce régjme; aux termes deson article 11, «les évêques seront chargés de l'organisation de leurs séminaires, et les règlements de cette organisation seront soumisà l'approbation du premier consul. » — «On enseignera dans les séminaires la morale, le dogme, l'histoire ecclésiastique et les maximes de l'Eglise gallicane et on y donnera les règles de l'éloquence sacrée. Il y aura des

| examens ou exercices publics sur les différentes parties de l'enseignement. » |(Loi du 23 ventôse an XII, articles 2 et 3.) «Cette immixtion si directe et si complète du pou-

! voir temporel dans le gouvernement d'un enseignement théologique parait, dit M. d'Au-

| villiers (Journal du Palais), contraire aux

' principes de la séparation des pouvoirs; on

j comprend que l'Etat exige pour !a collation

I de certaines dignités ecclésiastiques qu'il confère la justification de certains grades, mais on ne comprend pas qu'allant plus loin il vienne, comme par la loi du 23 ventôse an XII,

I régler à priori l'enseignement théologique;

I responsable de l'orthodoxie de l'enseignement, l'évêque ne doit-il pas être libre dans la di-

' rection qu'il donne à ce» même enseigne-

| ment? ■

! Les archevêques et les évêques sont chargés de nommer et de révoquer les supérieurs,

' directeurs, professeurs des séminaires , qui sont entièrement placés sous leur autorité

. (décret du 17 mars 1808).

i En vertu du décret du 9 avril 1809, les élèves qui entraient dans les grands séminaires devaient avoir le grade de bachelier

! es lettres. Ce'tte injonction est depuis long-

! temps tombée en désuétude.

I Dans l'intérêt du recrutement du sacerdoce, qui exige de longues études préparatoires, les élèves des grands séminaires qui ont été régulièrement autorisés k continuer leurs études ecclésiastiques sont, d'après un certificat délivré par l'évêque et approuvé pur le préfet, exemptés du service militaire.

Pour faciliter les études théologiques aux jeunes gens pauvres, le décret du 30 septembre 1807 a créé dans les séminaire diocésains des bourses de 400 francs et des demi-bourses de 200 francs, qui sont payées par l'Etat. Elles sont accordées par le pouvoir exécutif, sur la présentation des évêques. Les évêques doivent transmettre k cet effet un tableau détaillé des candidats, indiquant leurs noms et prénoms, la date et le lieu de leur naissance, le domicile des parents; une colonne particulière renferme les observations sur l'aptitude, le mérite et les dispositions personnelles des candidats (décision ministérielle du 21 décembre 1SU). Lorsque l'élève à qui une bourse est accordée se trouve déjà au séminaire, la jouissance de cette bourse court du jour même de la concession; dans le cas contraire, cette jouissance demeure suspendue jusqu'au jour de l'entrée au séminaire (ordonnance du 2 novembre 1835). La somme allouée pour ces bourses au budget des cultes est d'ordinaire de 1 million environ. Considérés comme personnes civiles, les séminaires peuvent, de même que tous les autres établissements ecclésiastiques reconnus par la loi et sous les mêmes conditions, acquérir soit k titre gratuit, soit k titre onéreux. La plupart des séminaires ont, en effet, des propriétés assez considérables, provenant surtout de dons et legs. L'évêque accepte, en leur nom, les dons et legs qui leur sont faits (loi du 2 janvier 1817).

Les biens des séminaires sont régis d'après les dispositions qui réglementent les établissemants publics (v. établissements publics). Néanmoins, le décret du 6 novembre 1813 . contient, en ce qui les concerne, des règles spéciales. Ces règles sont exposées dans le titre IV.

L'administration du bien des séminaires de chaque diocèse est confiée k un bureau, appelé le bureau d'administration du séminaire. Il est composé de l'un des vicaires généraux qui préside en l'absence de l'évêque, du directeur, de l'économe du séminaire et d'un quatrième membre remplissant les fondions de trésorier, et qui est nommé par le ministre des cultes sur l'avis de l'évêque et du préfet. Ce trésorier ne reçoit aucune rétribution (article 62 du décret du 6 novembre 1813). Le secrétaire de l'archevêché ou évêché est en même temps secrétaire de ce bureau (article 63). Le bureau d'administration du séminaire principal a en même temps l'administration des autres écoles ecclésiastiques du diocèse (article 64). Il est toujours pourvu aux besoins du séminaire principal, de préférence aux autres écoles ecclésiastiques, à moins qu'il n'y ait, soit par l'institution de ces écoles secondaires, soit par les dons ou legs postérieurs, des revenus qui leur auraient été spécialement affectés (article 7i>). Tous deniers destinés aux dépenses des

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séminaires et provenant soit des revenus de biens-fonds ou de rentes, soit de remboursements, soit des secours du gouvernement, soit des libéralités des fidèles et, en général, quelle que soit leur origine, sont, à raison de leur destination pour un service public, versés dans une caisse k trois clefs établie dans un lieu sûr au séminaire; une de ces clefs est entre les mains de l'évêque ou de son vicaira général, l'autre entre celles du directeur du séminaire et la troisième dans celles du trésorier (article 73).

Quiconque aurait reçu pour le séminaire une somme qu il n'aurait pas versée dans les trois mois entre les mains du trésorier et le trésorier lui-même qui n'aurait pas, dans le mois, fait les versements à la caisse à trois clefs sont poursuivis conformément aux lois concernant le recouvrement des deniers publics (article 76). La caisse acquitte, le premier jour de chaque mois, les mandats de la dépense à faire dans le courant du mois. L'économe signe les mandats, qui doivent être visés par l'évêque (urticle 77). Au commencement de chaque semestre, la commission administrative transmet au préfet les bordereaux de versement par les économes et les mandats des sommes payées. Le préfet en donne décharge et en adresse les duplicatas au ministre des cultes avec ses observations (article 78). Au mois de janvier, le trésorier et l'économe de chaque séminaire rendent leurs comptes en recettes et en dépenses, sans être tenus de nommer les élèves qui auraient eu part aux deniers affectés aux aumônes; l'approbation donnée par l'évêque à ces sortes de dépenses leur tient lieu do pièces justificatives. Enfin, les comptes sont visés par l'évêque, qui tes transmet uu ministre des cultes; et si aucun motif ne s'oppose k l'approbation, le ministre les renvoie k l'évêque qui les arrête définitivement et en donne décharge (articles 79 et 80).

Une partie de l'épiscopat ayant formulé des réclamations au sujet des dispositions contenues dans le décret réglementaire de 1813, le conseil d'Etat émit, le 25 février 1835, l'avis suivant: » Les séminaires , quoique placés, comme établissements religieux , sous l'administration immédiate des évêques, sont soumis, comme tous les établissements publics, dont ils font partie, à la haute tutelle du gouvernement, k sa surveillance, de même qu'ils jouissent de sa protection. Le gouvernement a non-seulement le droit, mais le devoir de prescrire les mesures nécessaires pour la conservation des biens de ces établissements, pour la garantie de leur gestion, de fixer les règles de leur comptabilité et de tenir la main k l'exécution de ces mesures et de ces règles. Le décret du 6 novembre 1813 est un règlement d'administration publique rendu en vertu des lois de l'Etat. Il a toute l'autorité des lois elles-mêmes. Il n'a jamais cessé d'être en vigueur, et il ne renferme que les dispositions nécessaires pour assurer une comptabilité régulière des biens des séminaires, analogue à celle qui a été établie pour les fabriques par le décret du 30 décembre 1809. »

Cet avis s'appuie sur des considérations parfaitement justes. L'Etat accorde sa protection aux séminaires ; il est naturel qu'il puisse, en conséquence, exercer sur ces établissements un contrôle salutaire. L'Etat fait bien plus et le séminaire est un des édifices diocésains à sa charge. Les départements devaient, sous l'ancienne législation, pourvoir aux dépenses des grosses réparations et des reconstructions des séminaires. Cette disposition n'est plus obligatoire aujourd'hui, depuis 1824. Toutefois, en cas d'insuffisance de leurs ressources, l'Etat contribue aux frais d'acquisitions, de constructions, de réparations et même aux dépenses d'entretien des bâtiments des séminaires.

— Petits séminaires. Les petits sémintires sont les établissements secondaires ecclésiastiques, où les jeunes gens destinés ou non k entrer dans les grands séminaires reçoivent l'instruction littéraire et scientifique. La question de savoir s'il convenait qu'il y eût, en dehors des séminaires, des établissements spéciaux pour l'instruction des jeunes gens destinés à entrer dans les ordres fut longtemps débattue etfitl'objetd'ardentes eoniroversis; d'autant plus que l'on voyait clairement que, sous le prétexte de former de jeunes prêtres, le clergé tentait de mettre iu main .sur l'instruction publique en général. En effet, sur 100 élèves admis dans les petits séminaires, 10 k peine entrent dans les oi drt-s. La législation sur cette matière subit de nombreuses variations, et ces élève-» secondaires ont éprouvé de nombreuses vicissitudes. Le dé- .cret du 9 avril 1809, édicté spécialement eu vue des écoles secondaires ecclésiastiques, portait qu'aucune école ne pouvait exister en France si elle n'était régie par les membres de l'Université et soumise k ses règles. Ce décret ne supprimait point les petits séminaires, mais il leur imposait l'approbation préalable de l'Université, qui pouvait leur refuser toute existence. Dès que cessa le régimo impérial, le roi Louis XVIII rendit l'ordonnance de 1814, qui accordait k ces établissements de nombreuses faveurs, bien que le préambule de cette ordonnance dispo.-ât formellement que les écoles secondaires eeolosiasiiques ne devaient pas su m .lliplier s-ans motifs légitimes. Une ordonnance du 5 jau

SEMI

? 1SJS institua pour les élèves des petits séminaires 1,000 bourses aux frais de l'Etat. Plus favorable encore au clergé, l'ordonnance du % octobre 1816 autorisa les curés de campagne et les desservants à élever deux ou trois jeunes gens pour les petits séminaires, à la charge d'en faire la déclaration au recteur de l'académie; ces élèves étaient exempts de toute rétribution annuelle et universitaire. Ces prérogatives excitèrent de nombreuses plaintes à une époque où un grand nombre de voix, s'élevaient contre l'enseignement professé par le clergé. L'ordonnance de 1814 tut l'objet d'attaques dont la vivacité décida Charles X à rendre les deux ordonnances du 16 juin 1828. Sous l'empire de leurs dispositions, le nombre des élèves placés dans les écoles secondaires ecclésiastiques ne pouvait excéder 20,000; aucun externe ne pouvait y être reçu, et, après l'âge de quatorze ans, tous les élèves admis depuis deux ans étaient tenus de porter l'habit ecclésiastique. Cette dernière prescription ne fut jamais exécutée strictement. Les élèves qui se présentaient pour obtenir le grade de bachelier es lettres ne pouvaient, avant leur entrée dans les ordres, recevoir qu'un diplôme spécial qui ne pouvait leur servir que pour parvenir aux grades de théologie. Ce diplôme pouvait, néanmoins, être échangé contre un diplôme ordinaire de bachelier es lettres, après que les élèves étaient engagés dans les ordres. Comme dédommagement , la seconde ordonnance du 16 juin 1828 créait (Sans les écoles secondaires ecclésiastiques 8,000 demi-bourses de 150 francs chacune, qui furent supprimées en 1830. Le gouvernement républicain de 1848 autorisa les élèves des petits séminaires a subir l'épreuve du baccalauréat es lettres. Enfin la loi de 1850, aujourd'hui en vigueur, abrogea toutes les dispositions restrictives imposées à ces établissements, les fit rentrer dans le droit commun, et aujourd'hui ils ne se distinguent plus des- autres établissements secondaires. Ils n'ont à subir aucune entrave ; le stage et le baccalauréat es lettres, qu'on exige de tout chef d'institution, ne sont même pas exigés des supérieurs des écoles secondaires ecclésiastiques. De plus, leur nombre n'est point limité, bien qu'il ne puisse être établi de nouveaux petits séminaires sans une loi. Le gouvernement exerce sur les petits séminaires une surveillance qui se réduit à bien peu de chose ; il a cependant le droit de contrôler l'enseignement qui y est professé, au point de vue de la morale, des tois et de la constitution.

— Séminaires protestants. La loi organique des cultes protestants porte que les professeurs de toutes les académies ou séminaires protestants doivent être nommés par le-ehef de l'Etat. D'après son article 14, les règlements sur l'administration et la police intérieure des séminaires, sur le nombre et la qualité des professeurs, sur la manière d'enseigner et sur les matières de l'enseignement doivent être approuvés par le gouvernement.

Ce même article dispense, sous certaines conditions, les élèves des séminaires protestants du service militaire. V. culte protestant.

SÉMINAL, ALP adj. (sé-mi-nal, a-le — lat. seminalis; de semen, semence). Bot. Qui a rapport à la semence, à la graine des végétaux, il Lobes séminaux, Feuilles séminales, Cotylédons.

— Anat. et pathol. Qui a rapport à la semence, au sperme : Ligueur séminale. Pertes séminales, il Vésicules séminales, Poches allongées qui servent de réservoir au sperme.

Il Vers séminaux, Ancien nom des spermatozoïdes.

— Philos. liaison séminale, Nom que les stoïciens donnaient à la force qu'ils regardaient comme la qualité constituante ou la raison des êtres.

— Encycl. Anat. Vésicules séminales. Au nombre de deux, les vésicules séminales sont placées entre le rectum et la vessie, en arrière de la prostate. Dirigées de dehors en dedans, d'arrière en avant et de haut en bas, elles occupent un espace triangulaire au niveau duquel le rectum et la vessie s'adossent. Très-allongées, les vésicules séminales présentent une surface bosselée. Elles sont aplaties d'avant en arrière et présentent une extrémité postérieure ou fond, uue extrémité antérieure ou sommet, une face antérieure ou vésicule, une face postérieure ou rectale, et deux bords, interne et externe. Elles présentent 5 à 7 millimètres de longueur, 1 millim. et demi de largeur et 1/2 millimètre d'épaisseur. Les vésicules séminales sont peu mobiles. Leurs mouvements très-peu étendus sont simplement des déplacements produits parla dilatation du rectum ou de la vessie. Du reste, elles sont intimement unies à ce dernier organe par un tissu cellulaire et musculaire très-dense. Dans toute leur étendue, elles sont enveloppées par un tissu d'aspect cellulolibreux, dans lequel Rouget a décrit des libres musculaires de la vie organique auxquelles, il fait jouer un grand rôle dans le phénomène 'de l'éjaculation. Par l'intermédiaire de ce tissu, elles présentent les rapports suivants ; la face antérieure est en rapport avec la vessie, la face postérieure avec le rectum; le bord interne, en rapport avec le canal défèrent du même côté, forme avec

il 7.

SÉMI

celui du côté opposé un triangle au niveau duquel le rectum et la vessie sont adossés. Le bord externe est en rapport avec les veines vésicales du tissu cellulaire et musculaire. L'extrémité postérieure est entourée par du tissu cellulo-graisseux et arrive quelquefois au contact du péritoine. Le sommet ou extrémité antérieure se rapproche de celui du côté opposé et adhère à la prostate, qu'il pénètre dans une étendue de quelques millimètres. Au niveau de ce sommet se trouve un petit conduit de quelques millimètres de longueur qui s'adosse au canal déférent, pour se confondre avec lui et donner naissance au canal éjaculateur. A ce niveau, les deux canaux déférents arrivent presque au contact.

La vésicule séminale n'est pas une poche analogue à la vessie ou a la vésicule biliaire. Elle n est pas non plus comparable à l'épididyme, qui est un canal enroulé sur lui-même ; c est un canat qui présente, après une dissection minutieuse, on^u de longueur sur 0m,006 à 0m,007 de largeur. Le long de ce canal sont échelonnés des diverticules ou prolongements nombreux, irréguliers, dont la profondeur varie depuis 0m, 01 jusqu'à om,06. Ces prolongements, de même que le canal, sont pelotonnés sur eux-mêmes, pour donner naissance il ces poches réduites a une longueur de om,05 à 0">,07. Le tissu qui les entoure sert à faire adhérer entre eux les diverticules et les replis du conduit principal. Comme les canaux déférents, les vésicules séminales sont formées de trois couches : la couche externe est fibreuse, mince; la couche moyenne,- musculaire, épaisse, est formée par des fibres longitudinales, circulaires et obliques, qui s'entre-croisent irrégulièrement; la Couche interne ou muqueuse est formée d'éléments conjonctifs et élastiques, et tapissée par une couche d'èpithélium cylindrique. Les artères sont fournies par l'hémorroïdule moyenne ou la vésicale inférieure. Les veines se jettent dans le plexus vésieoprostatique. Les lymphatiques, nombreux, se jettent dans les ganglions placés sur les parties latérales du petit bassin. Les nerfs viennent du plexus hypogastrique.

Les vésicules séminales servent de réservoir au sperme et permettent à l'homme de rejeter une certaine quantité de ce liquide au moment de l'éjaculation. Quelques animaux, le chien par exemple, en sont dépourvus ;. c'est par cette raison que l'éjaculation a lieu si lentement chez lui, et que le contact du mâle et de la femelle se prolonge pendant un temps assez considérable. En outre, les vésicules séminales exhalent un liquide particulier, qui se mélange au sperme et en augmente, a-t-oti dit, les propriétés fécondantes.

— Philos. Jlaison séminale. La théorie de la raison séminale est une théorie stoïcienne. Pour les stoïciens, le principe actif est la raison de tout ce qui se passe dans l'être, la loi d'après laquelle tout s'y ordonne et s'y accomplit. Mais, à la différence du péripatétisme, dans la doctrine stoïcienne, la force, la qualité constituante, ne fait avec la matière qu'un seul et même être; elle se meut en elle et avec elle; elle est donc comme un germe qui en contient à l'avance et en développe successivement toutes les formes, par une expansion graduelle. Aussi les stoïciens n'appelaient pas seulement ia force ou qualité active la raison de l'être ; ils lui donnaient le nom de raison séminale.

' Déjà les pythagoriciens, et après eux le successeur immédiat de Platon, Speusippe, avaient assimilé les principes des choses aux semences des êtres organisés ; ainsi ils avaient dit que le bien et le beau ne se trouvaient pas dans les principes eux-mêmes, mais ne venaient qu'à, la suite du mouvement ascendant de la nature ; conséquence nécessaire, bien que méconnue peut-être par Platon, de cette méthode commune au platonisme qui, procédant, dans la recherche des principes, par une généralisation progressive, devait assigner enfin à toutes choses, pour cause première, le moindre degré, si ce n'est l'absence même de la perfection et de lêtre. Mais passer de l'état de germe à celui d'être achevé, de l'imperfection à la perfection, c'est passer de la virtualité à la réalité, de la puissance a l'acte. Pour cela, ce qui n'est qu'en puissance ne pouvant se donner la réalité qu'il n'a pas, il faut une cause motrice qui, possédant déjà la perfection en réalité et en acte, y amène l'imparfait: avant la semence, l'être adulte, qui la détermine au mouvement ; en général, avant l'être en puissance, l'être en acte, qui lui donne l'acte et la perfection. C'est là ce qu'Aristote était venu établir. » (Kavaisson, Métaphysique d'Aristote.)

Mais, ferons -nous remarquer, comment l'être adulte, séparé du germe,y peut-il commencer et entretenir le mouvement duquel doit résulter l'organisation ? Pour mettre la semence en mouvement , pour en faire sortir toutes les parties différentes qui doivent composer l'être, il faut que la cause motrice soit présente, intérieure à toute sa substance et ne fasse qu'un avec elle. C'est là la raison séminale du stoïcien. Ce n'est plus la matière seule, imparfaite et passive, qui est le principe de 1 être ; ce n'est pas davantage l'acte immobile d'une forme immatérielle; c'est uua force vive, forme et matière à la fois, qui tire tout d'elle-même, par son énergie pro-

SEMI

pre, unité du sein de laquelle se développe la multitude.

« Ainsi, dit encore M. Ravaisson, tandis que, dans la philosophie péripatéticienne, les éléments de la génération des êtres sont partagés entre un principe passif et un principe actif, dans la philosophie stoïcienne un seul et même principe réunit en lui l'acte avec la puissance, la forme avec la matière, la passion avec l'action. Tandis que, selon la physiologie d'Aristote, le véritable germe, analogue à la semence des plantes, se trouve dans la femelle, qui est le principe passif, et ce qui vient du principe actif, ou du mâle, ne fait que déterminer le germe au mouvement; au contraire, suivant le stoïcien, il se trouve de la semeflee dans l'un et l'autre principe; seulement, l'un des deux n'a en partage qu'une semence stérile, parce que l'élément humide y prédomine sur celui de l'esprit et du feu, parce que la tension est trop faible. »

Maintenant, quelle est cette véritable raison séminale des êtres? C'est le feu, le corps dont la tension est la plus grande et qui est également répandu dans tous les êtres qu'il anime.

SEMI-NAPHTYLAMINE s. f. Chim. Corps obtenu par l'action du sulfhydrate d'ammonium sur la dinitronaphtaline. il On l'appelle

aussi AMIDONAPHTYLAMINK, NAPKTYLËtJB-DIA- MINB, SËMI-NAPHATALIDINIS et AZONAPHTALI- DINE.

— Encycl. Chim. La semi-naphtylamine ou mieux la naphtylène-diamide,

AzHa AzHS'

SEMI

CWH6

est une diamine qui résulte de la substitution de deux groupes AzH* à deux atomes d'hydrogène dans la naphtaline CWH8. Elle diffère de la naphtylamine en ce que cette base provient de la naphtaline par la substitution d'un seul AzHa à un II. Elle peut donc être représentée comme dérivant de la naphtylamine par le remplacement de H par AzH2. C'est do là que lui vient son nom d'amidonaphtylamine. On a obtenu ce corps par l'action du sulfhydrate d'ammonium sur la dinitronaphtaline. A cet effet, on dissout dans l'alcool de la dinitronaphtaline; on sature le liquide au moyen do l'ammoniaque et l'on fait passer un courant d'acide sulfhydrique a. travers la liqueur, qui est d'un rouge cramoisi, après quoi on la fait bouillir. II se dépose de grandes quantités de soufre ; quand le dépôt cesse de s'accroître, on étend d'eau le mélange, on fait bouillir et l'on filtre à l'ébullition. Par le refroidissement, il se dépose de grandes quantités de naphtylène-diainine en aiguilles minces, brillantes, couleur de cuivre, que l'on peut rendre tout à fait incolores par des cristallisations alternatives dans l'eau et dans l'alcool.

La naphtylène-diamide cristallise de la solution alcoolique en longues aiguilles brillantes, peu solubles dans l'eau, très-solubles dans 1 alcool et dans l'éther; elle forme des solutions d'un jaune brunâtre qui finissent par se troubler en prenant une coloration plus foncée lorsqu'on les expose à l'air. A l'état sec, elle se conserve inaltérée. Elle fond à 160°, et, lorsqu'on la porte à une température supérieure à 200», elle bout et distille en se décomposant, en se charbonnant en partie. L'acide sulfurique concentré la dissout en formant une solution d'un violet foncé qui reste inaltérée pendant plusieurs mois lorsqu'on l'abandonne à elle-même. Par l'addition d'eau, cette solution violette se transforme immédiatement en une masse cristalline d'un blanc rougeâtre. La solution alcoolique de la base est décolorée par les acides aqueux, qui la transforment en magmas cristallins, d'où l'ammoniaque la précipite complètement inaltérée. La naphtylène-diamide est une base diacide; elle se combine à 2 molécules d'un acide înorioatomioue ou à une molécule d'un acide diatomique. Le chlorhydrate

AzHïHCl AzH*,CHl

se prépare en versant goutte à goutte de l'acide chlorhydrique concentré dans une solution froide et concentrée aussi de Daphtylènediaroine. Le vase où l'on opère le mélange doit être refroidi extérieurement. Il se forme ainsi un magma d'écaillés brillantes que l'on peut laver à l'alcool. Ce sel ne peut pas être sublimé. La solution aqueuse se colore à l'air. Le chloromereurate cristallise en grosses lamelles très-solubles. Le chloroplatinate

(C10HB j £gî$jJ),P™

est une poudre jaune brun, peu soluble dans l'eau.

Le sulfate

CiOfle|AsH>;HJso4

s'obtient en traitant une solution alcoolique de la base par l'acide sulfurique étendu. Il forme une poudre blanche, peu soluble dans l'eau et dans l'alcool, au sein duquel il se dépose en écailles incolores. Le phosphate forme des écailles brillantes plus stables que les cristaux du sulfate. 11 est peu soluble dans l'eau et dans l'alcool et il cristallise sans se décomposer au sein de ces dissolvants.

L'oxalate est une poudre cristalline blanche, peu soluble dans l'eau, encore moins

soluble dans l'alcool et dans l'éther. Une solution préparée à l'ébullition abandonne ce sel en écailles brillantes par le refroidissement. Le tartrate cristallise en aiguilles déliées, qui se groupent en étoiles. Il est modérément soluble dans l'eau et dans l'alcool, moins soluble dans l'éther. En solution, il se décompose, mais il est beaucoup plus stable à l'état sec.

sfc.MlNAKA, ville du royaume d'Italie, province de la Calabre Ultérieure I", district et à 5 kilom. S.-E. de Palmi, chef-lieu de mandement; 3,914 hab. Elle fut détruite en partie par deux tremblements de terre, l'un en 1638 et l'autre en 1783. Les Français, commandés par d'Aubigny, y vainquirent Gonzalve de Cordoue en 1495 et y furent défaits par le même général en 1503. En 1707, ils y remportèrent un succès sur les troupes delà reine Caroline.

SÉMINARISTE s. m. (sé-mi-na-ri-ste — rad. séminaire). Celui qui est élevé, instruit dans un séminaire.

SÉMINATION s. f. (sé-mi-na-sion — du lat. semintire, semer). Bot. Phénomène naturel par lequel les semences ou graines des végétaux se dispersent et germent : S'il est une cause gui s'oppose à la sémination, c'est la culture, gui a cependant pour but la mut tiplication des plantes. (Bosc.)

SEMINI (Antoine), peintre italien, né ù Gênes vers 1485. Eleva de Louis Brea, il eut pour condisciple et amiTeramo Piaggio. Les deux jeunes artistes ont peint ensemble et signé de leurs deux noms un grand nombre de tableaux. Dans le Martyre de saint André, qu'ils exécutèrent pour l'église de ce saint, ils y ajoutèrent encore leurs portraits. Les tableaux les pins remarquables de Semini sont : une Déposition de croix, que possèdent les dominicains de Gênes, et une Nativité, qui est son chef-d'œuvre et qu'il a peinte pour l'église de Saint-Dominique, à Savone. Il peignait encore en 1547. — Ses deux fils, André Semini, né à Gênes en 1510, mort eu 1594, et Octave Semini, né à Gènes en 1520, rnort à Milan en 1604, ont peint, conjointement ou séparément, un grand nombre de tableaux. Comme leur père, ils inclinèrent vers la manière de Perino del Vuga. Ils suivirent les leçons de Raphaël à Rome, revinrent ensuite à Gênes, puis se rendirent à Milan. Un des meilleurs tableaux d'André est la Crèche, que l'on voit à l'église de Saint- François de Gênes. — André laissa deux fils nommés César et" Alexandre, qui cultivèrent la peinture, mais avec inoins de succès que leur père et que leur oncle Octave. Ce dernier fut un des meilleurs disciples et des plus habiles imitateurs de Raphaël. Il peignit à Gênes la façade de l'ancien palais Doria, un grand nombre de fresques à Gênes puis à Milan , où il passa les dernières années de sa vie.

SÉMINIFÉRE adj. (sé-mi-ni-fè-re — du lat. semen, semence; fero, je porte). Bot. Qui porte des semences, des graines : Valves,

Cloisons SÉMINIFÈRES.

— Anat. Vaisseaux, conduits séminifères, Petits vaisseaux dont l'assemblage forme la substance du testicule, et dans lesquels so forme le sperme.

SKM1NOLES, tribu indienne des Etats-Unis d'Amérique, dans l'Etat de la Floride ; ils font partie des Creeks.

SÉM1NOTE s. f. (sé-mi-no-te — du gr. sêmeion, signe ; nôtos, dos). Entom. Genre d'insectes hyménoptères, de la tribu des évaniides, dont l'espèce type habite la Guyane.

SÉMINULE s. f. (sé-mi-nu-le — dimin. du lat. semen, semence). Bot. Petite semence.

— Physiol. Atome séminal, rudiment susceptible de produire un individu de l'espèce dont il provient.

SÉMINULIFÈRE adj. (sé-mi-nu-li-fè-re — de séminale, et du lat. fero, je porte). Qui porte, qui produit des séminules.

SEMI-NYMPHE s. f. Entoin. Nymphe qui diffère peu de l'insecte parfait.

SEMI -OFFICIEL, ELLE adj. Qui est inspiré par le gouvernement, sans avoir un caractère officiel : Journaux semi-officiels. Communication semi-officielle.

SÉMIOGRAPHE s. m. (sé-mi-o-gra-fe). V,

SÉMEIOGRAPHE.

SÉMIOGRAPHIE s. f. (sé-mi-o-gra-fi). V.

SÉMÉIOGRAPHIE.

SÉMIOGRAPHIQUE adj. (sé-mi-o-grafi-ke). V. SÉMÉIOGRAPHIQUG.

SEMIOLOGIE s. f. (sé-mi-o-lo-jl). V. SÉ-

MÉIOLOG1E.

SÉMIOLOGIQUE adj. (sé-mi-o-lo-ji-ke). V.

SËMÉIOLOG1QUE.

SÉMIOLOGUE s. m. (sé-mi-o-lo-ghe). V.

SÉMÉIOLOGUE.

SÉMION s. m, (sé-mt-on — du gr. sêmeion, signe). Métriq. anc. Unité métrique équivalente à une brève, et servant à évaluer une mesure quelconque.

SÉMIONOTE s. m. (sé-mi-o-no-te — du gr. sêmeion, signe; nôtos, dos). Ichthyol. Genre de poissons ganoïdes, de la famille dus lépidoïdes, comprenant une dizaine d'espèces fossiles du lias et des terrains jurassiques.

SEMI

SEMI-OPALE s. f. Pierre transparente qui ressemble à l'opale.

SÉMIOPHORE s. m, (sé-mi-o-fo-re). An-

tiq. V. SÉMÉIOPHORE.

— Erpét. Syn. de Sïtane, genre de reptiles sauriens.

— Iehihyol, Genre de poissons cténoîdes, de la famille des squamipennes, comprenant deux espèces fossiles du monte Bolca.

— s. f. Entom. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu ries orthosides, comprenant deux espèces, qui habitent la France, l'Allemagne et les monts Ourals.

SÉMIOSCOPE s. m. (sé-mi-o-sko-pe — du gr. sêmeiou, signe; skupeô, j'examine). Entom. Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu des teignes.

SÉMIOTE b. m. (sé-mi-o-te — du gr. sêmeiotos, marqué). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des serricornes, tribu des élatèrides, comprenant une vingtaine d'espèces, qui habitent l'Amérique équinoxiule. il Genre d'insectes hyménoptères, de la famille des chalcidiens, tribu des ptéromalites, appelé aussi sémiotklle.

SÉMIOTELLE s. m. (sé-ml-o-tè-le — dimin. de semiotbJ. Entom. Syn. de séwiote, genre d'insectes hyménoptères.

SÉMIOTHISE s. f. (sè-mi-o-ti-ze — du gr. sêmeiotos, marqué). Entom. Genre non adopté d'insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu des phalénides, voisin des géomètres.

SÉMIOTIQUE adj. (sé-mi-o-ti-ke). V. sÉ-

MlïlOTlQUE.

SEM1PALAT1NSK ou SEM1POLAT1NSK,

c'est-à-dire les sept châteaux, ville forte de la Russie d'Asie, dans le gouvernement et à 772 kilom. S.-E. d'Omsk, chef-lieu du district de son nom, sur la rive droite de l'Irtisch; 7,000 hab. Commerce très-considérable avec les Boukhares et les Kirghiz. Elle fait partie du système de fortifications qui constitue la ligne militaire de l'Irtisch. Aux environs, raines d'éineraudes.

SEMI-PÉLAGIANISME s. m. Hist. relig.

Doctrine professée au ve siècle, et qui tendait à concilier les opinions des pélagiens avec celles des orthodoxes.

— Encycl. V. PELAGIANISME.

SEMI-PÉLAGIEN, IENNE adj. Hist. relig.

Qui a rapport uu semi-pélagianisme : Doctrines SEMl-PELAGtENNES.

SEMI-PHYLLIDIEN, IENNE adj. Moll. Qui présente incomplètement les caractères des phyllidiens.

— s, m. pi. Famille de mollusques gastéropodes, comprenant les genres ombrelle et pleurobranche , chez lesquels la blanchie n'occupe qu'un des côtés du corps, ce qui les distingue des phyllidiens, qui ont les branchies des deux côtés.

SEMI-P1TE s. f. Ane. métiol. Demi-pite, huitième de denier.

semi-plantaire adj. Ane. coût. Se disait d'une charte ou d'un acte par lequel on cédait un terrain pour être planté, a la condition qu'au bout d'un certain temps la moitié du terrain ferait retour au cessionnaire.

SEMI-PLAT, ATE adj. Ancienne forme du

mot MÉPLAT.

SEMI-PORINE s. f. Zooph. Genre d'escharoïde. V. kscharinellien.

SEMI-PRÉBENDE s. f. Hist. ecclés. Demiprébende ; prébende d'un moindre revenu que la prébende ordinaire.

SEMI-PRÉBENDÉ adj. m. Hist. ecclés. Qui jouit d'une seini-prébende : Chanoine semi- PRÉBENDÉ.

SEMI-PRÉBENDIER s. m. Hist. ecclés.

Celui qui jouit d'une semi-prébende.

SEMI-PREUVE s. f. Pratiq. Commencement de preuve, indice.

SEMI-QUART, ARTE adj. Se disait autrefois des bois de charpente plus épais que larges.

SEMI QUARTILE adj. Ane. astron. Se disait de l'aspect de deux planètes éloignées l'une de l'autre de 450. u On disait aussi semi-

QUADKAT, ATIi.

SEMI-QUINAIRE adj. Ane. métriq. Se disait de la césure d'un vers hexamètre, placée après le deuxième pied : Césure semi-quinaiiœ.

— Encycl. On sait que le vers hexamètre latin pouvait avoir trois césures à la fois, l'une après le premier pied, l'autre après le second et la dernière après le troisième, comme dans l'exemple suivant :

Sïfwestrem temti mumra meditaris avena.

La césure' qui est après le second pied portait en latin le nom de semi-quinuire (semiquinaria), ce qui voulait dire la moitié de cinq, et par conséquent deux pieds et demi. En grec, elle s'appelait penthémimère, mot qui, formé des trois mots pente (cinq}, hemisu (demi) et meros (partie), signifiait : de cinq demi-pieds, et, par conséquent, de deux pieds et demi.

Cette césure, également harmonieuse en grec et en latin, était la césure par excellence. Dans les vers grecs, l'une ou l'autre des trois césures indiquées plus haut était

SEMI

suffisante; mais, dans les vers latins, quand il n'y avait qu'une seule césure, il fallait que ce fût la semi-quinaire. On lit à ce sujet, dans Aulu-Gelle (xvm, 15) : « Varron, dans ses livres des Disciplines, a écrit avoir observé que les cinq premiers demi-pieds de l'hexamètre coupaient parfaitement le vers; et, selon lui, il y a de ce fait une raison géométrique. »

Il ne faut pas dire d'une manière générale, comme on le voit dans certains traités de versification, qu'un monosyllabe peut tenir lieu de la césure semi-quinaire. Si l'on s'en rapportait à cette règle, le vers suivant d'Horace aurait une césure suffisante :

Przler calera, me Romainp poemata censés

Scriberc posse.

11 n'en est rien pourtant, et ce vers est mal cadencé. Le monosyllabe ne peut tenir lieu de la césure que dans les cas où il est lié au mot précédent de telle façon qu'il semble faire un seul mot avec lui. Par exemple, dans ce vers d'Ovide ;

Opprime, dvm nova surit, lubiii mala semina

[morbi.

S'il y a deux monosyllabes de suite, ils peuvent aussi faire l'office de la césure semi-qyinaire. Ainsi, dans Virgile :

Quia le, nqte dea, per tanta pcricula casus

lnsequilur ? quœ vis immaniôus applicat orù ? S'ily aélision de la syllabe devant former césure, et que cette éhsion tombe sur le verbe est, la césure est suffisante :

Jamjam milla mura est; aequor, et, qun ducilis,

[adsum.

Quand la syllabe devant former césure est suivie de que, de ve ou de ne interrogatif, elle n'en subsiste pas moins comme césure si la particule est élidée. Virgile en offre de nombreux exemples ; tels est le suivaut :

Exiit, opposi/asque evicit gurgite moles.

Assez souvent, les postes latins préfèrent la cadence qui résulte de la seule césure semiquinaire, alors qu'ils auraient pu l'accompagner d'une autre césure. Guidés par le sentiment de l'harmonie, ils aiment mieux mettre un dactyle au second pied, sans césure après le premier, qu'une césure après le premier et un spondée au second. Virgile dit, par exemple :

Votum pro reditu simulant...

Il aurait pu mettre :

Pro reditu volum simulant...

Ailleurs, le même poète écrit :

Quidquid uàique est Gentis Dardaniai...

Il pouvait dire, avec une césure de plus :

Dardante gentis...

On trouve aussi la césure semi-quinaire dans l'ïambique et dans d'autres mètres.

SEMI-QU1NTIL, ILE adj. Ane. astron. Se disait de l'aspect de deux planètes éloignées l'une de l'autre de 36°.

SEMI-RADIANT, ANTE adj. Bot. Qui n'offre des rayons que d'un seul côté de la couronne florale : Corolle semi-radiante.

SÉMIBAMIS s. f. (sé-mi-ra-niiss — nom histor.). Entom. Nom vulgaire d'un papillon nocturne du genre bombyx.

SÉMIRAMIS, reine d'Assyrie, née vers 1930 av. J.-C, morte en 1874. On n'a sur cette femme célèbre que des traditions incertaines, et son histoire a toute la couleur d'un mythe symbolique, ce qui porterait à supposer que l'histoire a confondu le mythe avec le personnage réel. Son nom, Schamiram , signifie colombe en langue syriaque; nous verrons que les érudits lui ont encore plus récemment trouvé une autre signification. D'après la légende, basée sans doute sur ce sens de colombe attribué à Schainirum, elle fut exposée dans un désert par sa mère, la déesse Derceto (v. ce nom), nourrie par des colombes et recueillie par des bergers. C'est l'histoire à peine modifiée d'autres fondateurs fabuleux de dynasties, Cyrus, Romulus, Œdipe. Elle devint l'épouse d'un officier de Ninus, détermina, par son courage, la prise de Bactres et fut bientôt après épousée par le roi lui-même dont elle se débarrassa plus tard en le faisant assassiner. Restée seule maîtresse de l'empire assyrien, elle fonda ou rebâtit dans les marais de l'Euphrate la plus belle et la plus célèbre ville de l'Orient et du monde, Babylone, qu'elle entoura de murs et de fortifications immenses, qu'elle orna de palais splendides et de jardins suspendus qu'on a rangés parmi les merveilles du monde (on les attribue aussi à un roi nommé Syrus). Elle commença ensuite ces conquêtes fameuses et ces expéditions qui ressemblent à une inarche triomphale à travers l'Asie. La Médie, la Perse, l'Arménie, l'Arabie, contrées déjà subjuguées par Ninus, mais qui avaient sans doute recouvré leur indépendance, fuient de nouveau soumises. Elle y joignit bientôt l'Egypte, la Libye, et toute l'Asie jusqu'à l'Indus, où elle fut arrêtée par une défuite. Les auteurs anciens racontent minutieusement toutes les circonstances de ces conquêtes. Mais leurs récits sont tellement contradictoires et tellement surchargés de détails merveilleux, qu'ils ont soulevé les doutes de la critique moderne. Les traditions confuses de ce règne imposant témoignent d'une époque de grand développement de puissance et de

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civilisation dans la monarchie assyrienne, et il est vraisemblable qu'on a rattaché au personnage de Sérairamis des événements appartenant à plusieurs règnes. Quoi qu'il en soit, la tradition rapporte qu'après un règne glorieux de quarante-deux années elle abandonna la couronne à son fils Ninias, qui la lui disputait, et disparut du monde, transportée au ciel Sous la forme d'une colombe.

Si l'on en croit Diodore, ce serait à cette « fille des colombes, » à cette fière Sémiramis, à l'épouse et à la meurtrière de Ninus, qui fortifia Babylone et suspendit à son faite ces magnifiques jardins, objet de l'admiration du monde antique, ce serait à elle que les Orientaux doivent le splendide costume qu'ils portent encore de nos jours. Arrivée au comble de la puissance, ayant soumis l'Arabie, l'Egypte, une partie 'de. l'Ethiopie, de la Libye et toute l'Asie jusqu'à l'Imlus, il lui avait fallu inventer pour ses voyages un costume à la fois commode et élégant, avec lequel on pût non -seulement accomplir les actes ordinaires de la vie , mais encore monter à cheval.et combattre. Ce costume fut adopté par tous les peuples soumis à sa conquête.

«Elle était si belle, dit Valère -Maxime, qu'un jour, une sédition ayant éclaté dans sa capitale au moment où elle était à sa toilette, elle n'eut qu'à se montrer demi-nue et les cheveux épars pour qu'aussitôt tout rentrât dans l'ordre. »

Les érudits contemporains ont voulu approfondir ce mythe et cette légende; ils sont arrivés à des conclusions intéressantes. Ainsi M, Phil. Luzzato, dans un chapitre de son Sanscritisme de la langue assyfienne, propose pour étymologie à Sémiramis, non plus le syriaque schamiram, colombe, mais le sanscrit smirama dont le sens est celui qui aime. Sur cette donnée, M. Luzzato a conjecturé que ce nom de Smirama avait été primitivement propre à une divinité assyrienne, avant d'être porté par la fameuse reine, et cette hypothèse a été confirmée par des monuments assyriens exhumés du sol de Ninive. Ce nom était celui d'un dieu considéré comme médiateur et arbitre suprême, au besoin par la force, entre les deux principes opposés du bien et du mal. Le dieu assyrien, représenté immuablement avec les formes humaines , mais avec les ailes qui sont l'attribut de ta divinité, s'entremet toujours entre le taureau et le lion, symbole de ces deux principes. Tantôt il étouffe un lion entre ses bras, tantôt il lui plonge un poignard dans te ventre, tantôt il lient de chaque main par les pattes de derrière un lion dompté. Deux des images de ce dieu ont pu être transportées au musée du Louvre. Voici comment les décrit M. Raoul Rochette : 'Il y est représenté dehout, le corps tourné de côté, le visage de face, vêtu du costume assyrien, consistant en une tunique courte, serrée par une ceinture au milieu du corps, ornée de franges sur les bords, la tète nue avec cette chevelure et cette barbe soigneusement tressées en une multitude de petites boucles régulièrement disposées d'une manière artificielle, qui ont constitué de tout temps l'usage des peuples asiatiques. Ce personnage tient de la main gauche un lion, qu'il presse contre son corps et qui se débat en vain contre la puissante étreinte qui l'étouffe, et sa muin droite abaissée est armée d'un instrument d'une forme particulière, dont il ne fuit aucun usage. A de pareils traits, il est impossible de méconnaître un dieu triomphant, dans toute la plénitude de sa force, du principe malfaisant personnifié par l'animal symbolique. »

M. Raoul Rochette se demande plus bas : « Quel peut être le dieu qui dans un si grand nombre de représentations .de l'art assyrien, dans nos colosses de Khorsabad, comme dans les broderies du vêtement royal à Nimroud, comme sur tant de cylindres, sceaux et cônes babyloniens, se montre vainqueur du lion, qu'il dompte de tant de manières différentes? Il semble que la réponse à cette question résulte avec certitude des témoignages antiques, qui nous apprennent que les Assyriens avaient dans leur panthéon un dieu qui répondait à l'Hercule grec et qu'ils nommaient Sandan. Celte notion capitale nous a été transmise sur la foi du Babylonien Bérose et sur celle d'auteurs grecs qui avaient traité des antiquités des Assyriens et des Mèdes. A l'appui de ces témoignages, dont il nous est impossible de contester la valeur, nous possédons celui de Tacite, qui n'avait pas encoro été produit dans cette discussion et qui nous apprend que le dieu assyrien encore adoré de son temps d'un culte spécial à Ninive était Hercule, s Voilà l'opinion de M. Raoul Rochette. M. Lajard est d'une opinion différente, car il range, dans les planches qui font partie de son ouvrage sur Mithra, ces petits monuments babyloniens, tels que cylindres, sceaux et cônes, où se montre le dieu vainqueur du lion , parmi les monuments à l'appui du culte mithriaque.

Ces deux savants s'appuient sur les monuments, et tous les deux sont dans le vrai, selon M. Luzzato; seulement l'un, M. Lajard, ne regarde le dieu assyrien qu'en tant que médiateur, et l'autre, M. Raoul Rochette, ne le considère qu'en tant que vainqueur du lion. Selon M. Luzzato, pour avoir une idée complète du dieu, il faut unir le second au premier et ne voir en lui qu'un autre côté de celui-ci, avec lequel il forme un tout homogène, i Le premier, dit-il, n'est que média-

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teur, arbitre, modérateur suprême, s'inter- ' posant entre le3 deux principes contraires qui se disputent le monde; il est le dieu conciliateur qui les unit, le dieu de l'amour, Mi~ thra ou Smirama. Mais par cela même qu'il est un dieu conciliateur, c'est-à-dire juste, équitable, bienfaisant et providentiel, il est dans le même temps un dieu justicier ; il no souffre pas que le mal élève la tête dans ce monde au-dessus du bien, se croie plus puis-

] sant que lui et" pense lo détruire.»

L'existence dans le panthéon assyrien d'un dieu appelé Smirama qui présidait à l'amour, au bonheur, à la joie des hommes et, dans le

' même temps, à la guerre, à la victoire, et qui était le palladium de l'empire assyrien, expliquerait, selon M. Luzzato, comment on nous a peint ia reine qui portait sen nom comme une femme belle, séduisante, luxurieuse, avide de plaisirs et de domination, entreprenante, courageuse et guerrière. Remarquons avec M. Luzzato que le nom même de la mère que la Fable donne à Sémiramis offre une analogie frappan'e avec un mot sanscrit, auquel il est difficile de ne pus l'identifier. La mère de Sémiramis, dans la légende, est Derceto, nom philologiquement identique au sanscrit darçata, beau, diyne d'être regardé, épithète qui ne peut mieux s'appliquer qu'à Smirama, car l'amour (Cupidon) et la beauté (Vénus) sont inséparables. Dans uu mémoire intitulé la Légende de Sémiramis, adressé à l'Académie des inscriptions le 28 février 1873, M. François Lenormant a essayé de discerner, dans la lé-

I gende de la reine d'Assyrie et de Ninus, les éléments historiques de ceux qui ont pour source les mythes religieux de l'Assyrie et de la Babylonie. Il a été amené à admettre que l'élément religieux y domine et il y a reconnu le développement de deux grands cultes nationaux propres à l'Assyrie, et qui de là s'étendirent au loin.

— Iconogr. Valère-Maxime rapporte qu'on 'voyait à Babylone une statue de Sémiramis ayant la moitié de sa chevelure peignée et arrangée et l'autre moitié éparse ; cette statue avait été ainsi composée en mémoire do ce que cette reine avait quitté brusquement son miroir et sa toilette, au premier avis du soulèvement d'une partie de ses sujets, et était accourue ainsi, à demi coiffée, pour arrêter et punir les rebelles. Cet épisode a été retracé pour Raphaël Mengs dans un tableau qui a l'ait partie de lu célèbre galerie du cardinal Fesch. Sémiramis, jeune et remarquablement belle, est assise a côté d'une table chargée de vases de parfums et entourée de ses suivantes, dont l'une tient des diamants destinés à la parure royale. Ellemême soutient, de sa belle muin renversée sur l'épaule droite, ses cheveux blonds qui couvrent une partie de sa poitrine; elle se retourne avec une tranquillité majestueuse, qui contraste avec l'inquiétude de ses femmes, vers le soldat dont le geste et l'empressement indiquent clairement qu'il est porteur d'une grave nouvelle. Cette peinture, exécutée dans des tons clairs et brillants, mais un peu léchée, est un des bons ouvrages de Mengs.

On a sur le même sujet une gravure de Jacopo Gimignani (1647), un tableau du Guerehi.n (musée de Dresde), etc. Un tableau de (jiovunni-Battista Carlone, qui est au Palais - Royal , à Gènes, représente Ninus soulevant un voile derrière lequel Sémiramis est placée. J.-M. Preisler a gravé, d'après le Guide, Sémiramis couronnant Ninus. Une peinture de Lordon , au musée de Dijon, représente Sémiramis mourant à l'entrée du tombeau de Ninus. Une eau-forte de Gérard de Lairesse nous montre Sémiramis à la chasse aux lions. Une tasse en émail de Limoges, exécutée par Laudin et qui appartient au musée de Ctuny (n° 1132), est décorée des médaillons de Sèinirnmis et de Zénobie.

Sémlramia, tragédie de Crébillon ; Théâtre-Français, 10 avril 1717. C'est l'un des plus mauvais ouvrages de Crébillon. Quelques remarques suffiront pour caractériser les défauts dominants d'une œuvre où l'on voit, malgré tout, l'erreur d'un puBte au génie intermittent, qui a trace encore quelques belles scènes et trouvé quelques vers énergiques. La poète a commis la faute de peindre des sentiments hors nature, d'exprimer des idées qui heurtent trop ouvertement la raison. Il y a toujours péril à chercher des situations extraordinaires, surtout au théâtre, où le spectateur s'attend à voir une image de la vie réelle. Les incohérences et les hyperboles compromettent à chaque pas la marche du draine de Crébillon. Belus , frère de Sémiramis et l'homme vertueux de la pièce, conspire par vertu contre sa sœur. U a déjà plus d'une fois soulevé le peuple contre elle, et la reine, princesse renuunnée pour sa politique, ne sait ni reconnaître ni réprimer son plus mortel ennemi. Bejus a sauve autrefois et fait élever eu secret Ninias, son neveu; il l'a uni dès l'enfance à sa fille Teiiésis; il l'a confié aux soins de Mermécido, et son projet est de le rétablir sur le trône de son père Ninus, en faisant périr Sémiramis, comme elle a fait périr son époux. Daus A thalie, le grand prêtre ou sa femme, qui se proposent l'exécution d'un plan analogue, ne sont ni l'un ni l'autre le frère ou la sœur de la reine; outre des motifs 'infusants

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de vengeance, Racine prête encore à leur 'inimitié l'ardeur de l'enthousiasme religieux, de ce fanatisme qui au besoin fait taire la voix du sang. Le rôle de Bélus ne peut donc être accepté. Sémiramis est un personnage non moins faux. Elle aime un guerrier inconnu, nommé Agénor, qui s'est signalé par les plus grands services. Cet Agénor n est autre que Ninias , qui depuis longtemps a quitté son gouverneur Mermécide. Elle veut 1 épouser et le couronner. Au quatrième acte, Agénor est reconnu pour être Ninias, et Sémiramis s'obstine à aimer son fils tout comme elle aim;iit Agénor. Cette belle passion dure jusqu'à la dernière scène.

Sémiramis, tragédie en cinq actes et en vers, de Voltaire; Théâtre-Français, 1748. M°»e de Pompadour ayant fait accorder à Crébillon, alors presque oublié, des honneurs que Voltaire n'avait pu obtenir, celui-ci s'était volontairement exilé à Sceaux, chez la duchesse du Maine, où, pour se venger et forcer le public à le mettre à sa véritable place, il composa plusieurs pièces sur les sujets déjà traités par Crébillon. Sémiramis fut la première. Ninias, fils ignoré de Ninus, empoisonné par sa femme Sémiramis, est aimé, sous le nom d'Arsace, par sa propre mère: il est, de son côté, l'amant d'Azéma, à laquelle prétend Assur, premier prince du sang. La situation se complique jusqu'au moment où l'ombre terrible de Ninus apparaît dans1 le temple d'Ammon, découvre a Ninias le secret de sa naissance et provoque le meurtre de Sémiramis par son fils, qui croit égorger Assur. La reine, en mourant, pardonne a Ninias sa funeste erreur et l'unit à Azéraa. Ninias, acclamé roi de Babylone, prononce l'arrêt 4e mort du perfide Assur.

Malgré la cabale formidable montée contre cette pièce, la beauté du spectacle, le grand intérêt de quelques scènes triomphèrent de l'envie. D'Alembert lui-même écrivit dans le discours préliminaire de l'Encyclopédie, en parlant de la rivalité des deux poètes : • Deux hommes illustres, entre lesquels notre nution semble partagée et que la postérité saura mettre chacun à sa place, se disputent la gloire du cothurne... » Schlegel (Cours de littérature dramatique) apprécie ainsi cette pièce : « Voltaire, dans Sémiramis, a donné la coupe française à un mélange bigarré de mauvaises imitations, 11 y a un peu i'Hamlet, uu peu de Clylemnestre et dOreste, un peu de cet amour d'une mère pour son fils dont Crébillon lui avait fourni le modèle. L'apparition de Ninus tient le milieu entre le spectre d'Hainlet et l'ombre de Darius dans Eschyle, et les critiques français eux-mêmes conviennent qu'on aurait bien pu s'en passer. Lessing a critiqué cette apparition en prouvant qu'entre plusieurs fautes que l'ombre commet contre les Coutumes des vrais revenants, elle a encore le défaut de parler par énigmes. Il est bien remarquable que Voltaire, qui s'est si fort élevé contre le tort de donner à l'amour un rôle secondaire, ait introduit dans Une tragédie destinée à fonder un genre nouveau ces deux couples d'amants qu'on a si souvent tournés en ridicule. »

Le sujet de Sémiramis a été souvent traité. Citons la tragédie de Gilbert, représentée en 1646 ; celle de Desfontaines, qui date de 1647 ; celle de Mmo de Gomez, parue en 1716; celle de Crébillon, jouée eu 1717.

La pièce de Voltaire seule a survécu. On y admire principalement ces vers de la reine :

Mon fils, n'achève pas ; Je te pardonne tout, si, pour grâce dernière, Une si chère main ferme au moins ma paupière; "Viens, je te le demande au nom du même sang Qui t'a donna la vie et qui sort de mon flanc. Ton cœur n'a pas sur moi conduit ta main cruelle; Quand Ninus expira, j'étais plus criminelle. J'en suis assez punie : il est donc des forfaits Que le courroux des dieux ne pardonne jamais!

Voltaire a tracé un fort beau caractère, celui d'Oroés, pontife de Babylone et chef des mages. Oroës, dit-il ,

Obscur et 6olitaire, Renferme dans les soins de son saint ministère, Sans vaine ambition, sans crainte, sans détour, On le voit dans son temple et jamais à la cour; Il n'a point affecté l'orgueil du rang suprême, Ni placé sa tiare auprès du diadème.

Moins il veut être grand, plus il est révéré.

Saint-Marc Girnrdin, dans son Cours de littérature dramatique, a fait une comparaison détaillée de Sémiramis avec le drame de Lucrèce Borgia; il est, en effet, remarquable que ces deux pièces, si différentes, reposent sur la même donnée.

Sémirami* reconnue (la) [La Sernirarnide riconoseiuta], opéra italien, paroles de Métastase, musique de Gluck; représenté à Vienne en 1748. C'est dans cet ouvrage que Gluck opéra la transformation de son style. 11 était vécu à Paris deux années auparavant et il y avait entendu les opéras de Rameau. L'ampleur du style, la noblesse du récitatif, la vérité de l'expression, en un mot les qualités de lu tragédie lyrique ont dû frapper nécessairementune imagination aussi impressionnable que la sienne et décider de la direction de son génie. Cette circonstance n'a pas encore été relevée, que nous sachions, et nous croyons être dans la vérité en lui donnant de l'importance. Il y a loin, en effet, de YArtumene, représentée en 1744, et que Hœn-

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deî trouvait détestable^ à la Sernirarnide. Voici l'indication des morceaux importants de cet ouvmge : Non so,se più t'accendi; Vorrei spiegar l'a ffano ; Che quel cor, quel ciglio altéra; Bel piacer saria d'un core ; Se intende si poeo; Ei d'amor quasi délira ;Ahnonèvano il piànto; Talor se il vento freme; Tu mi disprezzi , ingrato;\e chœur : // piacer, la gioia scenda; Voi, che le mie vicende; A te risorge accanto; Il pastor } se torna Aprile; Vient, che in pochi istanlt; L'eterne tue querelle; le duetto : Crudelt morir mi vedi ; In mezza aile tempeste; In braccio a mille furie; Or che sciolta è già la prora; Fuggi dagli occhi miei; Odi quel fasto; D'un yenio, che m'accende ; Sentirsi dire, et le chœur final : Viva lieta, e fia regina.

Sémiramis, opéra en trois actes, paroles de Desriaux, d'après la tragédie de Voltaire,musique de Catel ; représenté à l'Opéra le 3 mai 1802, Ce compositeur venait d'écrire son traité d'harmonie, dont le système contrariait les habitudes anciennes. Il était le professeur le plus influent du Conservatoire récemment organisé , et les réformes qu'il avait fait adopter dans l'enseignement lui avaient suscité des adversaires assez nombreux. Une coterie se déchaîna contre sa partition lorsqu'elle fut exécutée. Au lieu de l'écouter, de la comprendre, d'admirer les formes distinguées de la mélodie et la pureté de l'harmonie, on déclara que c'était de la musique savante, et le public le crut sans y aller voir. Sémiramis se traîna pendant deux ans et ne dépassa guère vingt représentations. Nous signalerons particulièrement l'air remarquable : Que l'éclat de votre naissance, et des chœurs magnifiques. L'opéra de Sémiramis obtint une mention très -distinguée dans la liste des prix décennaux institués par Napoléon I".

Sémlramia, opéra-séria en deux actes, livret de Rossi, musique de Rossini ; représenté pour la première fois sur le théâtre de la Fenice, à Venise, pendant la saison du carnaval de 1823, et a Paris le 8 décembre 1825, Ce chef-d'œuvre fut le dernier ouvrage que Rossini écrivit en Italie; il était conçu d'après un plan très-vaste et trop chargé de richesses musicales pour les oreilles italiennes de cette époque. Sémiramis est l'ouvrage le plus considérable, sinon le plus remarquable, de la seconde manière de Rossini. Apres un long succès sans interruption au Théâtre- Italien, où les interprètes les plus renommés du célèbre duo furent Mmes Sontag et Pisaroni, Sémiramis fit enfin son apparition à l'Académie impériale de musique le 4 juillet 1860. Méry fit la traduction du livret de Rossi et le mit en quatre actes. Carafa adapta les récitatifs à la scène française et composa la musique du ballet. Les décors reproduisirent tres-heureusement des figures et des ornements empruntes au musée assyrien. L'exécution fut remarquable, et tes sœurs Carlotta et Barbara Marchisio y acquirent leur réputation. I/ouverture de Semtramts est une des plus belles conceptions que l'imagination musicale puisse produire. Dans tout l'ouvrage, l'expression dramatique, passionnée, quelquefois terrible, vient se joindre, à la grâce italienne. Malgré le charme des traits <le vocalisation encore très-fréquents dans celte œuvre, il y a déjà des accents caractérisés, une certaine couleur locale qui font de cet opéra un type singulier de l'alliance des deux écoles italienne et française. L'introduction et le chœur Belo si celebri inaugurent largement le drame puissant qui va se dérouler. Le trio Là dal Gange, chanté par Idrene, Oroës et Assur, est surtout remarquable par l'originalité du rhythme et la force de l'expression, que n'affaiblissent en rien les arabesques, les ornements variés de la vocalisation italienne. Après le quatuor Di taati régi et popoli, encadré dans un chœur dont la. sonorité est habilement conduite, on remarque la cavatine d'Arsace : Ah quel giorno oynor ramento, et le duo d'Arsace et d'Assur : Bella immago degli Dei. L'air de Sémiramis : Bel raygio lusinghier, a toujours été le plus applaudi, parce yu'il se prête merveilleusement à la virtuosité vocale. Que dirons-nous du duo que la reine chante avec Arsace : Serbami ognor si fido , sinon qu'il est le type, le modèle le plus parfait du style dramatique italien réunissant à la fois le pathétique, la grâce et l'effet des timbres variés de la voix de femme? Quant au finale du premier acte, c'est assurément la page musicale la plus grandiose que Rossini ait écrite avant l'opéra de Guillaume Tell.'

Ce qui a un peu nui au succès de Sémiramis, surtout en Italie, c'est que le second acte produit moins d'effet que le premier. Le compositeur avait rencontré des inspirations si heureuses et aidé si puissamment au succès personnel des interprètes de son œuvre, qu il était impossible que l'intérêt put croître dans la seconde parue. Cependant ce second acte renferme des beautés du premier ordre.

Dans les deux morceaux que nous empruntons à cette grande partition, nous laissons de côté tout ce qui est style fiorilo, exercice de virtuose, pyrotechnie vocale; nous prenons tout ce qui a un sens, un caractère. Le début du premier morceau que nous citons est superbe. Mais aux mesures finales le maestro n'a pu se garer des gammes chromatiques superflues et des traits de bra-

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voure. Autant babiller de satin mse des personnages de Michel-Ange et de Ribeira.

Allegro ayitato.

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Eh bien ! pu •

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C'est la loi trop

pè-relMon cri - me fait hor -

Hé - las! ta œè - re en

toi tou-jours es - pé--* ■ re.

Non, non, N'écou-te pas ta

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mè-re ; O - • - -TèT - is à ton père ! Oui, de ton roi, de ton roi, soi» le ven

- geur l Oui ! lots le ven-

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DÉBUT DtJ FINALE DU DEUXIÈME ACTE.

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- missementSortde la tombe! Quel cri dan»

ce moment Monte et retom -bel Quel cri dans ce moment Monte et retom— be! Fatal mo-

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ment! fa - tal mo-ment! Il gla-ce

de terreur! Coupable rei ne, reconnais

un vengeur! OuM ton coupable cœur respire à

pel-nc. Respire à peine, res-pire & - - 3 — ■— 3

pel-ne, dans sa 1er - rcurl

SEMIS s. m. (se-mi — rad. semer). Agrie. Action on mnnièie de semer : L'expérience est le meilleur guide à suivre pour les semis. (T, de Berneaud.) La voie des semis est celle qui fournit des sujets en plus grand nombre. (Thouin.) Les plantes annuelles peuvent être rarement multipliées autrement que par sumis. (Bosc.) Dans les jardins légumiers, presque tous les semis se font en planches, qui rarement passent deux mètres de largeur, sur me longueur indéterminée. (De Morogues.)

Il Terrain ensemencé : Des semis de carottes.

Un semis de glands. Il Plants venus de graines semées ; Des semis vigoureux.

— Encycl. Le semis est, pour les végétaux, le mode le plus naturel et le plus général de multiplication ; c'est aussi celui qui donne les sujets les plus nombreux, les plus beaux, les plus vigoureux. Il a, dans bien des cas, l'avantage de donner naissance à de nouvelles variétés. On doit lui donner la préférence toutes les fois que cela est possible; il est même un grand nombre de plantes qui ne peuvent être multipliées d'une autre manière ; telles sont, par exemple, la plupart des plantes annuelles. Le semis est donc une opération très-importante et à laquelle on ne saurait apporter trop de soin. Il faut avant tout s'occuper de la bonne qualité des semences et de la préparation du sol auquel on les confie (v. graine et labourage). Il faut aussi choisir la saison, le temps, en un mot les circonstances les plus favorables pour bien opérer. V. SEMAILLES.

Toutes les espèces végétales n'ont pas les mêmes exigences; la plupart des graines demandent un sol bien ameubli; toutes réussissent dans la terre de bruyère, parce que c'est la plus perméable aux racines. Toutefois, une terre trop légère laissant facilement infiltrer ou évaporer l'eau, il devient souvent nécessaire de la plomber ou de l'arroser. Il est même des graines qui réussissent mieux dans les terres compactes ; ce sont celles qui offrent un gros volume et ont besoin de beaucoup d'eau. Une bonne terre, fertile ou bien fumée, convient à la généralité des plantes, mais surtout k celles qui sont cultivées pour leurs feuilles.

La profondeur h laquelle il faut enfouir les graines varie suivant plusieurs circonstan-' «es, parmi lesquelles il faut, citer d'abord la nature même de la graine. Plus celle-ci. est volumineuse, plus elle doit être recouverte ; c'est le cas pour les glands, les châtaignes, les marrons d'Inde, les noix, etc.; il est, au contraire, des graines, comme celles du bouleau, du platane, de l'oignon, du panais, etc., qu'on peut répandre simplement à la surface du sol, en les protégeant par un paillis contre l'action du soleil et des vents.

Les graines des plantes dont on veut hâter la végétation, ce qui a lieu surtout dans les climats froids, sont semées contre un mur ou sur un ados exposé au midi, et mieux sur couche, en pots ou en terrines, sous châssis, sous bâche ou en serre. On agit de même pour les végétaux des pays chauds qu'on veut cultiver sous une latitude plus élevée. Si, au contraire, ce qui arrive plus rarement, on veut retarder la végétation, on bètne à l'exposition du nord. Il est même des graines, comme celles des bruyères et autres genres de la même famille, qui doivent être semées dans un air presque stagnant, par exemple dans une cour, dans l'angle du jardin, sous un châssis peu uére, etc.

L'opération essentielle, fondamentale du semis est toujours la même, mais les conditions accessoires ou secondaires varient beaucoup; aussi distingue-t-on un assez grand nombre de modes de semis. Le plus simple est 1er semis à la volée. Il consiste a répandre les graines à la main en les projetant le plus également possible jusqu'à une certaine distance, opération qui exijje beaucoup d'habitude. Suivant la nature et l'étendue du semis, on recouvre les graines à la houe, à la fourche, au râteau, à la herse, au rouleau, à la charrue, etc. Ou sème dru quauri on veut que les jeunes plants filent en hauteur, comme pour le lin , le chanvre , les arbres forestiers, etc. ; on sème, au contraire, très-clair si l'on veut qu'ils grossissent et s'étendent en largeur, comme pour les plantes sarclées, les betteraves, les carottes, les salades et autres plantes potagères. Quant au semis des céréales, nous renverrons à l'article semailles.

Le semis en planches diifère pou du précédent. Après avoir bien préparé le terrain, on

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creuse la planche en tirant avec le râteau un peu de terre de chaque côté des sentiers et on égalise bien sa surface. On prend ensuite une poignée de graine, que l'on répand uniformément en la faisant passer entre les doigts par un mouvement régulier de va-etvient. On fait cette opération en deux fois, en commençant par les bords, afin de ne pas répandre la graine, dans les sentiers. On sème clair on dru, suivant l'espace que devront occuper les jeunes plants. On recouvre le semis avec la terre qu'on a ramenée sur les bords de la planche et dont l'épaisseur doit être proportionnée au volume des graines ; mais on en laisse un peu, en forme de bourrelet, pour retenir l'eau des arrosements.

Le semis en rayons se fait en traçant, avec la serfouette ou le manche du râteau , des rayons ou sillons, dont la profondeur et l'espacement varient suivant la nature des plantes. Après le semis, on recouvre les graines avec la terre relevée sur les bords, ou, si elles appartiennent à des plantes délicates, avec du terreau ou une terre légère. Ce mode de semis est des plus avantageux pour presque toutes les plantes, mais surtout pour celles qui doivent occuper longtemps le sol, en ce qu'il favorise les binages et tes sarclages. Quand on opère sur un terrain en pente, on trace les rayons dans le sens transversal à celui de l'inclinaison.

Le semis en paquets, pochets, poquels, potelets ou en touffes consiste a faire des trous plus ou moins profonds, suivant la nature des graines, et espacés de telle sorte que les plantes puissent se développer sans se gêner mutuellement. On recouvre les graines avec une partie de la terre déplacée ou avec une terre neuve et rapportée; souvent on enterre avec la graine une petite quantité d'engrais. Quand les plantes sont suffisamment développées, on relève la terre autour des tiges, de manière à former une petite butte. Ce procédé est peu usité dans les jardins, si ce n'est pour le semis ou la plantation des tubercules de pommes de terre.

Le semis en terrines ou en pots a lieu pour les plantes très -délicates ou dont on n'a qu'une petite quantité , ou qui doivent être changées d'exposition et rentrées durant l'hiver. >On sème, en général, dit le Bon jardinier, dans des pots isolés les plantes qui craignent la transplantation. Le fond de la terrine doit être garni d'un bon lit de gros sable, pour faciliter l'écoulement des eaux. Les terrines ou pots dans lesquels on a semé des graines très-fines et qui aiment l'humidité ne doivent pas être percés et se pincent dans un vase plein d'eau, de manière qu'elle atteigne le quart de leur hauteur; 1 eau s'inliltre à travers les parois et humecte suffisamment la terre qui, par ce moyen, ne peut plus être battue ni tassée par des arrosements devenus inutiles. »

Les semis sur couche , sous cloche ou sous châssis s'appliquent aux espèces dont on veut hâter la germination et k celles qui sont trop délicates pour être livrées à la pleine terre. Le semis en pépinière se pratique pour les végétaux herbacés ou ligneux dont la graine est rare, ou pour ceux qui, exigeant certains soins dans leur jeune âge, ne peuvent être mis que plus tard k la place définitive qu'ils doivent occuper. On sème k la volée les graines fines, et une à une, à la distance convenable, celles qui sont d un assez gros volume. On choisit une terre douce, fertile, bien divisée, un peu humide, afin d'obtenir du plant bien garni de chevelu, ce qui facilite la reprise.

Les semis à demeure, en place ou sur place sont ceux dont les jeunes plants doivent rester dans l'endroit où ils ont levé, sans être transplantés; ils sont fréquemment usités en agriculture et en sylviculture. Le semis est en plein quand toute l'étendue du soi est ensemencée, sans aucun vide; il est partiel si le terrain est préparé de manière qu'entre les espaces ensemencés il y en ait d'autres en friche; dans ce dernier cas, il a lieu tantôt par bandes alternes, tantôt par places, trous ou pots, disposés régulièrement ou sans ordre déterminé, suivant que la surface du sol est entièrement libre ou coupée ça et là par des obstacles.

Les semis combinés ou mélangés sont ceux dans lesquels on répand en même temps sur le même sol les graines de plusieurs végétaux destinés à croître ensemble. Ces semis offrent, dans bien des cas, plusieurs avantages : les végétaux ainsi associés, loin de se nuire mutuellement, végètent k des profondeurs variables et puisent dans le sol des principes différents ; ils constituent ainsi une sorte d'assolement simultané; souvent aussi, une des espèces sert d'abri ou d'appui k l'autre. On peut encore, de cette manière, économiser une semence rare ou très-chère en la mêlant avec des graines d'espèces analogues, mais plus communes ou d'un prix moins élevé. Enfin , on obtient des produits plus varies, plus abondants et plus assurés; car, même en cas d'insuccès, il est peu probable que toutes les espèces manquent k la fois. Il faut avoir soin , toutefois , de ne mélanger ainsi que des espèces susceptibles de végéter e^emble, de bien calculer leurs proportions et de rejeter celles qui pourraient affamer ou étouffer les autres. Les prairies naturelles, ainsi que plusieurs massifs forestiers, offrent des exemples de ces semis mélangés.

On peut dire que, dans la nature, les semis

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ont lien toute l'année, mais la graine reste plus ou moins longtemps dans le sol avant de lever; il en périt d'ailleurs la plus grande partie par suite de circonstances atmosphériques ou parce qu'elle tombe sur un sol déjà enherbé pu impropre à sa végétation, ou bien parce qu'elle est détruite par les animaux, ou bien encore foulée aux pieds par l'homme, emportée par les vents ou par les pluies, etc. Mais la nature produit et répand les graines, en général, avec une telle prodigalité, que, maigre cette destruction, il en reste toujours bien assez pour propager l'espèce, qui trèssouvent même se multiplie au point de devenir envahissante. Dans l'horticulture, il se passe un fait qui n'est pas sans quelque rapport avec celui-là; grâce aux moyens perfectionnés dont elle dispose, le semis peut aussi avoir lieu en toute saison; les milieux artificiels dans lesquels les plantes doivent passer tout ou partie de leur existence permettent de réaliser les conditions nécessaires de température et d'humidité.

Mais, en général, on évite de semer pendant les grands froids ou les grandes chaleurs. Le printemps et l'automne sont, au contraire, les deux époques les plus convenables pour les semis. « On sème à l'automne, dit M. A. Pavard, toutes les graines de plantes qui peuvent encore atteindre assez de développement pour résister aux froids de l'hiver. Il y a même avantage à le faire, surtout pour les plantes annuelles, qui, de cette manière, sont plus vigoureuses et fleurissent plus abondamment. Depuis les premiers jours du printemps, on peut semer successivement jusque dans le courant de l'été, en tenant compte uu temps nécessaire k chaque plante pour acquérir avant l'hiver son entier développement. On sème aussi sur couches, dans les premiers jours du printemps, les plantes annuelles qui résistent difficilement à l'hiver, ainsi que celles dont on veut activer la végétation. Quant aux plantes de serre, elles peuvent être semées en toute saison, sur couche ou dans la serre. » Dans les cultures forestières, la saison la plus convenable aux semis est indiquée par l'époque même de la dissémination naturelle des graines, qui arrive à l'automne pour la presque totalité des essences. On préfère néanmoins le printemps pour les graines volumineuses , telles que les glands, les faines, les châtaignes, etc., ainsi que pour les graines des arbres résineux.

Le semis de certaines espèces exige des soins particuliers ; ainsi, on fait tremper dans l'eau, pendant quelques heures, les graines à enveloppe dure, k moins qu'elles n'aient été stratifiées. Quand le semis es"t complètement terminé, il exige encore les soins généraux qui constituent l'éclaircissage, le binage, le sarclage, le serfouissage, le repiquage, etc. V. ces mots.

SEMISAT, ville de la Turquie d'Asie. V. Sa.-

MISAT.

SEM1-SAGITTÉ, ÉE adj. (se-mi-sa-ji-té).

Qui a la forme d'un demi-fer de flèche.

SEMI- SEPTÉNAIRE adj. Prosod. anc. Se dit d'une césure qui divise le vers en deux parties, dont la première a trois pieds et demi.

— Encycl. Des trois césures que les poôtes lutins admettaient dans le vers hexamètre, la césure d'un pied et demi, celle de deux pieds et demi et celle de trois pieds et demi, la dernière était appelée semi-septénaire (serniseptenaria), ce qui voulait dire la moitié de sept, et par conséquent trois pieds et demi. Les Grecs lui donnaient le nom d' hephthémimère, qui signifiait ■ de sept demi-pieds, » et par conséquent « de trois pieds et demi. » Suivant Varron , cité par Auiu-Geile, il serait possible de trouver une raison géométrique k cette coupe, de même qu'à la césure semiquinaire. V. ce mot.

La césure semi-septénaire pouvait suffire seule, dans la versification grecque, comme chacune des deux autres; en latin, la césure semi-septénaire était suffisante seule, mais non pas la césure d'un pied et demi.

On trouve fréquemment la césure semi-septénaire employée dans un même vers avec la césure d'un pied et demi. Il y a là une certaine harmonie que les postes, surtout ceux du second ordre, ont souvent recherchée. Il faut remarquer que, dans ce cas, le troisième pied doit être un dactyle, sinon le vers devient lourd. Ainsi, le spondée du troisième pied alourdit ce vers d'Horace :

Si curât cor spectantis letiijisse querelq.

Cependant, comme le fuit remarquer M. Quicherat, cette règle fléchit quelquefois devant une règle plus importante encore, celle de l'arrangement des mots exigé par le goût. Nous voyons dans Virgile :

Accélérât simul JEne&&...

Il eût pu mettre : ^Eneas simul accélérât, si l'idée se fût arrêtée là ; mais le reste du vers demandait la construction préférée par Je poète :

Accélérât simul .lEneas, simul agmina Teuorum.

On peut appliquer la même remarque au vers suivant :

Et nunc terga fwja mxdant...

Il y aurait eu plus de rapidité à dire :

El nudant nunc terga futja...

Mais la construction de la phrase exigeait : Et nunc terya fuga nudant, aune spicula oertuat.

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I C'est surtout avec la césure semi-quinaire que la césure semi-septénaire est excellente. Exemple, tiré de Virgile :

Oceanum interea. surgens Aurora reliquit. La césure semi-septénaire ne s'employait pas seulement dans l'hexamètre; on la trouve aussi dans d'autres vers, surtout dans l'îambique.

SEMI-SEXTIL, ILE adj. Ane. astron. Se disait de l'aspect de deux planètes éloignées l'une de l'autre de 3no,

SEMISSIS s. m. (sé-mi-siss — mot lat.

formé de semis, moitié; assis, as). Métrol. rom. Demi-as.

— Encycl. Le semissis était la moitié de l'as. Or, on sait que le nom d'as était appliqué, en général, à une unité quelconque, et que l'as se divisait en 12 onces. Par conséquent, le semissis valait, en général, 6 onces. Comme poids, le semissis était donc la moitié de l'as ou de la livre; il en fallait \ et 1/0 pour faire l septunx, l et 1/3 pour un bessis, 1 1/2 pour

1 dodrans, l et 2/3 pour l dextans, i et 5/6 pour 1 deunx. De plus, il contenait S onces, 4 sescunx, 3 sextans, 2 quadrans, 1 triens plus 1/2 et 1 quincunxplus i/5. Comme l'as ou livre pesait, en poids modernes, 327gr, 187, il en résulte que le semissis pesait plus de 150 grammes.

Comme monnaie, le semissis était encore la moitié de l'as et, en outre, le 1/4 du dupondius, le 1/8 du sesterce, le 1/16 du quinaire, le 1/32 du denier; il représentait 3 sextules,

2 quadrans et 1 triens 1/2. Tant que l'as valut 0 fr. 08 de notre monnaie, c'est-k-dire jusqu'à l'an 264 av. J.-C, le semissis eut une valeur de 0 fr. 04; à partir de cette date, l'as ne valut plus que 0 fr. 06 ; le semissis fut également réduit à 0 fr. 03. Il reste d'assez nombreux semissis dans les collections de médailles. Ils sont toujours marqués

"de la lettre S et portent ordinairement une tête de Jupiter, de Junon ou de Pallas qu'accompagne le plus souvent un strigile.

SEMI-STAMINAIRE adj. Bot. Se dit d'une fleur double qui n'a changé en pétales qu'une partie de ses étamines.

SEMI-SYMPHOSTÉMONE adj. Bot. Qui a des étamines dont les unes Sont libres et les autres soudées ensemble.

SEMITE s, f. {se-mi-te). Anc. comm. Sorte de toile de coton qu'on fabriquait dans l'Archipel.

SÉMITE s. m. (sé-mi-te — de Sem, fils de Noé, qui serait, d'après la Bible, le fondateur de la race). Ethnogr, Homme d'une race comprenant tous les peuples qui parlent ou ont parlé l'hébreu, l'arabe ou une autre langue de la même famille.

SEMI-TERNAIRE adj. Prosod. anc. Se dit d'une césure qui divise les trois pieds du vers en deux parties égales.

SEMI-TIERCE adj. Pathol.Sedit d'une fièvre périodique qui est comme une combinaison de la fièvre tierce et de la fièvre quotidienne, la fièvre étant en réalité quotidienne, mais ayant des accès plus violents tous les trois jours.

SÉMITIQUE adj. (sé-mi-ti-ke — rad. sémite). Qui appartient, qui a rapport aux Sémites : Peuples sémitiques. Langues sémitiques. Le prophétisme est la forme que revêtent toutes les grandes révolutions chez les peuples sémitiques. (E. Renan.) Ce n'est pas à ta race sémitique que nous devons demander des leçons de philosophie. (Renan.) Le berbère n'appartient pas à la famille des langues sémitiques. (Renan.)

— Encycl. Philol. Langues sémitiques. On donne ce nom k une famiile de langues dont le berceau est situé au sud-ouest de l'Asie, dans la région comprise entre la Méditerranée, la chaîna du Taurus, le Tigre et les mers qui entourentla péninsule Arabique. On les appelait autrefois langues orientales, mais cette désignation trop générale est devenue insuffisante depuis que les peuples de l'Asie ont été l'objet d'explorations plus exactes de la part des Européens. La dénomination de langues sémitiques, que les savants modernes, à la suite d'Eichhorn, se sont accordés à leur donner, est également défectueuse, puisque plusieurs peuples qui parlaient des langues sémitiques, les Phéniciens, par exemple , et plusieurs tribus arabes étaient, d'après le dixième chapitre de la Genèse, issus de Cham, et qu'au contraire des peuples signalés par le même document comme issus de Sem, les Elainites, par exemple, ne parlaient point une langue sémitique. Les langues sémitiques seraient plus exactement désignées par l'épithèie desyrio-arabes, puisqu'elles étaient répandues depuis les côtes de la Phénicie jusqu'à l'extrémité de la péninsule Arabique. Du reste, la dénomination de sémitiques ne peut avoir d'inconvénient, du moment qu'elle est prise comme une simple appellatioa conventionnelle et que l'on s'est expliqué sur ce qu'elle renferme d'inexact.

La famille sémitique est divisée en trois branches : l'araméeuna, l'hébraïque et l'arabique.

L'aratnéen occupe la partie septentrionale du domaine que se sont approprié les langues sémitiques; il a été parle dans la Syrie, la Mésopotamie et dans une partie des anciens

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royaumes de Babylone et do Kinîve. Il nous est surtout connu par le syriaque et le chalriéen et il est encore représenté aujourd'hui par le néo-syriaque.

La seconde branche de la famille sémitique est représentée principalement par l'ancien idiome de la Palestine, l'hébreu, auquel on rattache l'ancienne langue des Phéniciens et des Carthaginois. L'hébreu, d'abord envahi par les dialectes araméens, eut à s'effacer plus tard devant le grec, et enfin il fut emporté par l'arabe, qui s'est emparé de toute la région occupée autrefois par les deux plus anciennes branches de la tige sémitique, l'araméenne et l'hébraïque.

L'arabe est sorti de la péninsule Arabique, où il est encore la langue d'une masse compacte d'aborigènes. Ses plus anciens monuments sont les inscriptions himyarites de l'Yémen. A une époque très-reculée, un rameau de cette branche arabique fut transplanté en Afrique, au sud de l'Egypte et de la Nubie : c'est 1 éthiopien ou gheez, ancienne langue de l'Abyssinie dont un dialecte altéré, l'amharique, se parie encore dans le Tiirré. Avec Mahomet, l'arabe devint la langue d une religion victorieuse et établit son empire en Asie, en Afrique et en Europe.

D'autres langues, que l'on suppose appartenir à la famille sémitique, sont les dialectes berbères de l'Afrique septentrionale et quelques autres langues de l'Afrique, telles qua le haussa, le galla et l'égyptien, dont le dernier dialecte, le copte, a cessé d'être parlé depuis le xvne siècle. Toutefois, le caractère sémitique de ces idiomes n'a pas encore été clairement défini, et leur rang dans la famille ne saurait être déterminé.

Les langues sémitiques constituent un groupe très- homogène ; les branches araméenne, hébraïque et arabique ont entre elles une si proche parenté qu'il était impossible de ne pas reconnaître leur origine commune. Les racines de ces langues sont toutes dissyllabiques, et chacune de ces racines est composée de trois consonnes. Toutefois, ces langues, comme toutes les autres langues connues, ont dû débuter par le monosyliabisme, et, au lieu de contracter l'habitude do réunir plusieurs monosyllabes pour créer avec leur uide des mots organisés, les anciens Sémites ne sortirent pas des bornes des racines primitives. Celles-ci, en se diversifiant et en se nuançant, s'adjoignirent une troisième consonne et eurent ainsi une espèce de croissance organique et naturelle, indépendante de tout élément étranger. Cette troisième consonne, qui servit à spécialiser le sens trop vague de la racine, n'eut pas une signification nette et précise ; mais son adjonction, que l'on ne saurait attribuer à un simple caprice, laisse voir les premières traces de cette tendance du génie sémitique k exprimer par des modifications insensibles et d'une manière tout k fuit inadéquate des modifications profondes de la pensée.

Les langues sémitiques sont peut-être les idiomes qui procèdent avec le plus de régularité pour la formation des mots; elles n'ont pas recours, comme les autres langues, à des changements du désinence ou à la composition ; chaque racine donne naissance à un grand nombre de mots qui en dérivent par un simple changement de voyelles, la charpente des consonnes restant autant que possible intacte. C'est l'arabe qui offre le plus parfait modèle de ce système. Les verbes subissent dans leurs formes actives treize modifications principales , avec un pareil nombre pour les formes passives, ce qui modifie autant de fois le sou, La conjugaison est très-pauvre en apparence; mais, au moyen de particules ou par le changement des points-voyelles, on détermine avec la plus grande précision les temps et les modes aussi bien que dans aucune autre langue. L'hébreu, le syriaque et le chaldéen se règlent généralement d'après le même système, mais d'une manière moins complète et moins parfaite. Ces tangues ont trois nombres pour les noms, et l'arabe les a même pour les verbes. La déclinaison se fait k la manière des langues néo-latines, avec la différence que le chaldéen et le syriaque mettent l'article après le nom, tandis que l'hébreu et l'arabe le placent avant.

En étudiant la formation des voix du verbe, on reste convaincu de l'extrême importance attachée par le génie sémitique à la voyelle et k ses modifications diverses. C'est dans ces dernières surtout qu'éclate avec une rare énergie ce vaste symbolisme qui constitue le système des grammaires sémitiques. Il faut absolument renoncer ici k l'analyse et se contenter de dire, par exemple, que la voyelle mince et retentissante i marque un redoublement d'activité {piêl, liiphil, Idthpaël); que les voyelles sombres o et ou marquent une action endurée ou soufferte (poual, hophal, hothpaal), et que l'a du kal, qui répond k notre actif, semble marquer 1 activité pure et simple, sans aucune nuance de la pensée.

La flexion du verbe se fait naturellement k l'aide de pronoms dont les formes mutilées et extrêmement variées précèdent ou suivent le radical. Lorsqu'elles le suivent, elles constituent le prétérit; lorsqu'elles le précèdent ou plutôt lorsqu'elles précèdent l'infinitif, elles constituent le futur.

Le symbolisme sémitique, loin de s'affaiblir avec le temps, joue un rôle plus considérable

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dans l'arabe de nos jours que dans l'hébreu de l'époque de David et de Saloraon. La déflexion y a pénétré dans la déclinaison du substantif; elle y a formé certains adjectifs et certains noms de nombre. L'hébreu ne connaissait pas le pluriel irrégulier, qui, au lieu de marquer le nombre par une désinence rixe, l'indique par la modification des voyelles radicales, comme l'arabe le fait dans les exemples suivants : djebel, montagne ; galb, cœur; choqf, navire; oueled, fils; mesken, ■ demeure ; djenân, jardin, qui font au pluriel : djebâl, qloub, chqouf, aouelad, mesaken, djenaïn. C'est d'après le même principe que .les Arabes indiquent souvent les formes diminutives et dans les nombres les numératifs ordipaux et les fractions, par exemple : djemil, gentil; djemeïel, gentillette; cerbir, petit: cerheier, tout petit; gâder, puissant ; gouider, doué d'une petite puissance; tlata, trois ; lâlit, le troisième; et-toull, un tiers ; arbn'a, quatre ; râbi, le quatrième ; er-roub, un quart; khamsa, cinq; khâmis, le cinquième ; el-khoums, un cinquième. En présence de ces faits, on ne peut pas se dissimuler que les langues sémitiques, au lieu de devenir infidèles au symbolisme primitif, qui sert de base à leur constitution, s'y sont tortillées de plus en plus. Elles lui doivent à la fois leur originalité et un cachet indélébile. En effet, il est impossible de ne pas reconnaître à première vue une langue sémitique, et il est impossible de s'imaginer une langue aryenne dérivée d'une langue sémitique, ou réciproquement.

S'il paraît avoir été dans la nature des Indous de subir toutes les influences et de suivre toutes les impulsions, le caractère des Sémites paraît avoir consisté à se refuser aux premières, à donner et à propager les autres. On reconnaît les traces de ce caractère énergique dans les allures concentrées et dans la forme inaltérable de leurs idiomes. Repoussant le principe de la composition, ils fixèrent isolément chaque image, chaque pensée primitive, de peur qu'en les mêlant à d'autres il en pût naître obscurité ou confusion. Ils admirent cependant, ainsi que nous l'avons dit plus haut, une série de modifications de la pensée et du mot primitifs, et c'est ainsi qu'autour d'un petit nombre de monosyllabes qui restèrent debout se groupèrent les nombreuses colonnes des racines dissyllabiques. Les éléments de leur langue une fois établis, les Sémites ne les perdirent plus de vue un seul instant et ils exprimèrent les modes et les manifestations diverses d'une même idée par les variations et les modifications insensibles du même mot. «Voilà comment, dit M. Louis Benloew , le sémite remonta avec facilité du dernier dérivé à la racine, et que de la racine, avec la même facilité, il redescendit au dernier dérivé. Les étymologies des mots n'ont pas été à faire dans ces idiomes, elles existaient de tous les temps ; dans les idiomes indo-européens, au contraire, elles ne se sont fuites que de nos jours, et le système de leur grammaire n'a été révélé qu'hier. «

* Les langues sénntiques, dit M. Renan, ont eu dans l'histoire de ia philologie cette singulière destinée que, d'un côté, à une époque fort ancienne, elles ont suggéré la métliode comparative aux savants qui les cultivaient et que, d'un autre côté, lorsque cette méthode est devenue un puissant instrument de découvertes, dans les premières années de ce siècle, elles sont entrées pour peu de chose dans le mouvement nouveau qui allait régénérer la linguistique. On peut dire que les grammairiens juifs du xset du xio siècle font déjà de la philologie comparée, puisqu'ils se servent de la connaissance de l'arabe et même des dialectes araméens pour éclaircir les difficultés de l'hébreu. Dès le xvne siècle, les langues sémitiques ont eu, grâce aux travaux de Hottinger, de Louis de. D.eu,deL'astel,des grammaires et des dictionnaires comparés. Au xvme siècle, la philologie sémitique traversa par l'école daSchulteus les exagérations que la méthode comparative entraîne d'ordinaire avec elle. Mais de nos jours les travaux de Vater, de Gésénius, d'Ewald, de Munk, de Benfey et de leurs émules donnent une idée plus exacte et plus certaine de la nature des idiomes sémitiques et permettent de les classer d'une manière définitive. •

L'Académie des inscriptions et belleslettres a entrepris depuis quelques années la publication d'un Corpus inscriptionum semiticarum que des découvertes récentes, celles de M. Clennont-Ganneau, en Palestine, et plus de sept cents inscriptions himyarites rapportées par M. Joseph Halévy d'un voyage dans l'Yémen, ont considérablement augmenté. Ce recueil permettra d'asseoir enfin sur des bases solides l'histoire de ces lingues et d'étudier leurs développements successifs.

— Bibliogr. On peut consulter, parmi les ouvrages qui traitent des langues sémitiques en général : De conformatione linguarum semiticarum partes très , G. Wnnmerstedt (Lundœ, 1S23, in-8°) ; Histoire générale et système comparé des langues sémitiques, par Ernest Renan (1858, 2 vol. in-8°); Institutiones linguz syriacs, assyriacx, etc., Ang. C'anino autàore (Paris, 1554, in-4°); Elias 'Levita, Thisbites^ in quo 712 vocum, qux sunt

SEML

partim hebraics, chald., arab., etc., origo et u$us ostenditur, hebr. et lat., per P. Fagium (15*1, in<«) ; Grammatica linguarum oriental., par L. de Dieu (Lugd.-Batavor., 1628, in-4°) ; Hierolexicon linguarum orient alium , hebraicx, chaldaics et syriacs, auctore Ign. Weitenauer (1759, petit in-8°) ; Arca Noe : Thésaurus linguarumsanct.novus, par M. Marini (Venetiis, 1593, 2 vol. in-fol.).

Sénailiquei (HISTOIRE GÉNÉRALE ET SYSTÈME

comparé dbs langues), par M. Ernest Renan (1858, 2 vol. in-8°). Cet ouvrage est peutêtre un des meilleurs de l'auteur. S'il n'a point le charme de quelques autres plus célèbres, il a cet avantage scientifique d'être -plus sérieux, de se maintenir dans la science pure et ne pas demander au sentiment l'intérêt aimable que n'offre point la science virile. L'objet de ce livre ne comportait pas, il est vrai, l'intrusion du roman. II ne s agit point ici de raconter l'histoire d'un dieu, avec cette effémination qui semble avoir conservé quelque chose de l'attendrissement des femmes phéniciennes pendant les fêtes d'Adonis. M. Renan a voulu, dans cette Histoire des langues sémitiques, tenter pour la série de ces langues l'œuvre de philologie comparée tentée par Bopp pour la série des langues indo-européennes. Il avait conçu depuis longtemps cet ouvrage, dont il en voyait le plan, en 1847, pour concourir au prix Voiney. L'exécution de ce plan impliquait deux parties, que AL Renan définit ainsi lui-même : « D'abord, l'histoire extérieure des idiomes, leur rôle, leur géographie, leur chronologie et le caractère des pionuments écrits qui les font connaître; puis, leur histoire intérieure, comprenant le déve-. loppement organique de leurs procédés. » De ces deux parties, M. Renan n'a encore exécuté que la première.

Les langues sémitiques, qui, dans ce siècle, ont si peu servi au développement de la philologie comparative, ont cependant, au siècle précédent, mis sur la voie de cette méthode. Mais, dit M. Renan, « des langues si peu actives étaient incapables de révéler l'organisme du langage et les lois de sa composition. Elles n'ont pas eu de révolution profonde, pas de développements, pas de progrès.» C'est un arrêt en forme qui condamne non-seulement la langue, mais le peuple qui l'a parlée. M. Renan ne s'en est pas moins proposé de montrer « de quelle manière les Sémites sont arrivés par la parole à donner une expression complète de la pensée, « et si cette expression s'est montrée aussi immobile, c'est que la peusée elle-même a été immobile. Le travail de M. Renan prouve une érudition que personne ne peut contester ; mais il faut bien reconnaître que la simplicité, la netteté et la clarté ne sont point précisément ses qualités prédominantes; et ces qualités, cependant, seraient assez recommandables dans un ouvrage de ia nature de celui-ci. Mais M. Renan, qui, encore une fois, ne manque pas de science, manque d'un esprit méthodique. Sa théorie des nuances ne lui permet pas de saisir fortement les faits et de les suivre ; il joue autour d'eux, s'amusant plutôt au spectacle des choses que «'intéressant réellement et philosophiquement aux choses mêmes et aux lois qu'elles révèlent. Les pages brillantes et intéressantes sont nombreuses dans \' Histoire des langues sémitiques, mais la méthode défectueuse de l'auteur s'est trouvée impuissante pour imprimer à ce livre une marche logique et rationnelle.

SÉMITISME s. m. (sé-mi-ti-sme — rad.

sémite). Caractère sémitique : Le sémitisme d'un peuple, d'une langue.

SÉMITISTE s. m. (sé-mi-ti-ste — rad. sémitique}. Savant versé dans la connaissance des langues et des peuples sémitiques.

SEMI-TON s. m. Mus. Syn. de demi-ton.

SÉMIURE s. m. (sé-mi-u-re — du gr. semeion, étendard; oura, queue). Erpét. Genre de reptiles sauriens, de la famille des stellions.

SEMI-VOYELLE s. f. Nom donné par les Grecs aux consonnes l, m, n, r, z, x, ps; par les Romains aux consonnes f, l, m, nT r, s, x; par les grammairiens français à la première voyelle des diphthongues proprement dites.

SEMI-VULPES s. m. (sé-mi-vul-pèss — mots lat. qui signif. demi-renard). Mainra. Nom donné par les anciens auteurs aux grandes espèces de sarigues.

SEMLER (Jean-Salomon), théologien et alchimiste allemand, qui vivait dans la seconde moitié du xvme siècle. Professeur à l'université de Halle, il cultivait, dans les loisirs que lui laissait la théologie, la science hermétique, pour laquelle l'alchimiste Taubenschusz lui avait inspiré une véritable passion. Vers l'année 1783, il fut le jouet d'une mystification qui eut du retentiss'ement dans toute l'Allemagne, et qui précipita la ruine de la croyance à la pierre philosophale et à la transmutation. Quant à Semler, sa foi robuste n'en reçut pas la moindre atteinte, et il le prouva bien en prenant la défense d'un certain baron Léopold de Hirschen, qui venait de découvrir une substance, le set de vie, à laquelle il attribuait la propriété de produire de l'or. Gren et Klaproth, savants chimistes de l'époque, soumirent le sel de vie à l'analyse, et montrèrent que c'était un mélange de substances diverses dans lequel étaient dissimulées de minces feuilles d'or. Semler, qui

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avait tenté d'opérer des transmutations en public, fut obligé de reconnaître son erreur; il le fit de très-bonne foi, d'ailleurs, et il nous a laissé, dans une autobiographie, le récit de sa méprise. Semler a aussi écrit plusieurs ouvrages de théologie et d'érudition, ainsi qu'une Histoire des Rose- Croix (Leipzig, 1786, in-8°), qui est le document le plus complet que L on possède sur cette société. V. Schmieder, Geschichte der Chemie; Gmelin, ibid., et Allijemeine Encyklopedie.

SBML1N ou ZEMI.1N, ville forte de l'empire d'Autriche, dans les contins militaires du banat serbe, sur une langue de terre formée par le confluent de la Save et du Danube, vis-àvis de Belgrade, dont elle est séparée par la Save, à 65 kilom. S.-E. de Peterwardein ; 11,727 hab. Siège d'un archevêché grec, école juive, vaste lazaret. Entrepôt d'un commerce important de coton, safran, fil, miel, toiles, porcelaines, verres, etc., entre l'Autriche et la Turquie. On y voit les ruines du château de Jean Hunyade, autour duquel la ville fut fondée en 1739.

SEMNE adj. (sè-mne — du gr. semnos, vénérable). Philos. S'est dit de certaines écoles gyinnosophiques où l'on admettait des hommes et des femmes.

SEMNÉE s. f. (sè-mnée — du gr. semnos, vénérable), Hist. ecclés. Nom donné anciennement aux monastères.

SEMNOCÈBE s. m. (se mno-sè-be — du gr.

semnos, vénérable; kèbos , singe). Mamin. Genre de mammifères quadrumanes, formé aux dépens des ouistitis.

SEMNONS, en latin Semnones, peuple germain, un des plus puissants du rameau suève. Il habitait, entre l'Elbe et l'Oder, le territoire voisin des Chértisques. Ce territoire forme actuellement le royaume de Saxe et la Silésie prussienne, avec une partie du Brandebourg.

SEMNOPITHÈQUE s. m. (sè-mno-pi-tè-ke — dugr. semnos, vénérable ;pithèkos, singe). Mamni. Genre de mammifères quadrumanes, de la tribu des cynopithéciens, formé aux dépens des guenons, et comprenant une vingtaines d'espèces, qui habitent l'Inde et les îles voisines ; Les semnopithèques se font remarquer par leur intelligence et par la douceur de leur caractère. (E. Desmarest.)

— Encycl. Les semnopithèques ont des formes grêles, des membres longs et délicats, une queue longue, une petite tète haute, la figure nue, un museau très-court et pas d'abajoues. Leurs callosités sont très-petites. Leur système dentaire ressemble à celui des magots et des cynocéphales. Leur squelette ressemble par ses formes grêles à celui du gibbon. Les doigts de leurs mains sont trèslongs ; mais le pouce des mains de devant est très-court ou rudimentaire et ne peut ser-' vir à la préhension. Leur pelage est d'une grande finesse ; sa couleur est toujours riche ; les poils sont très-longs autour de la tête. La structure de leur estomac est très-curieuse, parce que les étranglements multiples dont il est pourvu rappellent vaguement l'estomac des ruminants et se rapprochent sensiblement de celui des kanguroos. Les différentes espèces possèdent une poche laryngienne de grandeur variable. Tous les semnopithèques habitent exclusivement l'Asie méridionale , • le continent, ainsi que les îles. Ils vivent sur les arbres et sont très-sociables.

Le semnopilhêque maure ou brideng noir des Javanais est une espèce remarquable du groupe. Lorsqu'il a un certain âge, il est d'un noir brillant, sa figure et ses mains sont veloutées et le dos est soyeux. La partie inférieure du corps, qui est couverte de poils moins serrés, est légèrement brune. La tête est entourée d'une espèce de couronne de poils qui couvre le front et descend sur les joues. Les nouveau-nés sont d'une couleur jaune d'or; l'extrémité des poils de la partie inférieure du dos, de la partie supérieure et de l'extrémité de la queue est plus foncée. Mais bientôt le noir empiète sur les autres parties du corps, et au bout de quelques mois les mains, la partie supérieure du corps et certaines parties de la queue deviennent noires. A partir de ce moment, le pelage change de couleur et se rapproche de plus en plus de celui de l'animal adulte. La longueur totale de ce singe est de im,50, dont plus de la moitié revient à la queue. Le brideng habite en grand nombre les vastes forêts de Java. Il établit son gîte sur les arbres et vit en nombreuses compagnies. Il n'est pas rare d'en rencontrer des troupes de cinquante individus. Lorsqu'il est jeune, le semnopithèque maure mange les feuilles tendres de toutes sortes de plantes ; dans un âge plus avancé, il se nourrit de fruits sauvages qui croissent en grand nombre dans les forêts qu'il habite. Use plie trèsdii'ticilement a la captivité et périt très-rapidement dans nos pays.

On peut citer aussi les semnopithèques mitre, à capuchon de Dussumier, eroo, cimepaye, tsdiin-coa, etc.

D'autres espèces, plus importantes, mais rangées par quelques auteurs dans d'autres genres, ont été l'objet d'articles spéciaux. Tels sont le doue, Vénielle et le nasique. V. ces mots.

SEMOIR s. m. (se-moir — rad. semer).

Agric. Sac de toile où le semeur met le grain qu'il répand sur le sol. u Machine au moyen de laquelle on répand le grain sur les terres

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préparées pour le recevoir : /<; me sers du nouveau semoir avec succès, et je force notre mère commune à donner moitié plus qu'elle ne donnait. (Volt.) L'opération de la semaille, réduite à la simple action du semoik, présente quelques difficultés. (M. de Dombasle.) Un homme, avec un semoir à brouette, peut semer environ un hectare et demi dans sa journée, lorsque tes lignes sont à dix-huit pouces. (De Morogues.)

Laissez là ces projets recueillis par Rozier, Des semeurs citadins l'élégante méthode, Leurs modernes semoirs, leur charrue à ia mode.

Delij,i,b.

il Appareil au moyen duquel en répand certains engrais sur les terres: Semoir à guano.

— Encycl. Les semailles furent longtemps faites à la main ; le semeur s'affublait d'un grand tablier dans lequel étaient renfermées et transportées les graines à semer, et il les répandait a la volée ou dans un sillon. L'ensemencement à la main était immédiatement suivi d'un recouvrement opéré au moyen de la charrue, puis de la herse ou du rouleau. Les inconvénients d'un pareil système étaient nombreux, et il conduisait à employer une notable partie des graines en pure perte; jetées à la main, les graines se disséminaient très-irrégulièrement à la surface du soi; puis, lorsqu'on recouvrait la semence à la charrue, une partie des graines était enterrée trop profondément, d'autres restaient à peu de distance de la surface; il fallait se presser pour enterrer certaines semences dont les oiseaux se montrent fort avides; d'autres semences ne donnaient la récolte maximu qu'à condition d'être semées en lignes et sarclées; on reconnut que l'ensemencement doit se faire à une profondeur convenable, et que l'emploi des lignes facilite le travail de la terre après les semailles, notamment le sarclage, très-utile à certaines graines et particulièrement au blé. Un grain de blé peut dans certaines conditions produire plus d'une centaine de nouveaux grains; or la statistique démontre que, dans les conditions générales, la semence étant prise pour unité, la récolte est environ six ou sept; il y avait donc à espérer de grandes améliorations. La France, par exemple , comprend environ 18 millions d hectares cultivés en céréales, et l'on peut admettre, comme moyenne, qu'il faut semer 2 hectolitres de grain par hectare ; cela fait un total de 36 millions d'hectolitres. Si l'on parvenait à économiser un tiers de la semence dont une si grande portion était inutilement répandue, on arrivait à une économie d'environ 2 millions de 'francs.

On eut alors Vidée d'employer un instrument mécanique destiné à répandre les grains ; il serait difficile de préciser à quelle époque les premiers semoirs furent inventés. On sait toutefois qu'il n'en est fait aucune mention dans les ouvrages d'agriculture grecs ou romains, et on ne retrouve aucune trace de semoir* ayant été employés par les autres peuples de l'antiquité, Egyptiens, Hébreux, Assyriens. Mais l'invention des semoirs en Chiné* paraît devoir remonter à une époque trèsreculée. On les appelait leou, et il en est déjà fait mention dans le Dictionnaire impérial de Kang-Hi, que Tchao-Kouo publia dans le ne siècle après J.-C. Ces instruments furent bientôt perfectionnés, et on les augmenta d'une charrue; d'autres ouvrages chinois du me et du ive siècle parient en effet de l'usage des leou-li ou seniorns-charrues.

C'est au xvne siècle que se fît jour de nouveau en Europe l'idée de semoirs mécaniques, et, peu à peu, on arriva à faire fonctionner des instruments qui répandaient à la fois les graines et les engrais pulvérulents, après avoir préalablement ouvert le sillon dans lequel tombaient ces substances; les plus parfaits de ces semoirs referment même le sillon dans lequel viennent d'être déposées les semences.

C'est en Espagne que fut appliquée, pour la première fois, l'idée d'une charrue-semoir, et, en 1650, le roi Philippe IV accorda à l'inventeur de cet appareil un privilège exclusif pour la fabrication et la vente de la nouvelle machine.

En 1660, un Bolonais, J. Cavallina, et, dix ans après, un jésuite de Brescia, le Père Laua, dotèrent l'Italie de nouvelles machines à semer. L'Angleterre, où se publièrent au xvme siècle d'importants ouvrages sur la culture des champs et sur l'agronomie , eut , elle aussi, parmi ses agriculteurs des inventeurs de semoirs mécaniques; l'un d'eux, Jethro Tull, imagina en 1730 un semoir dont Duhamel essaya de propager l'usage en France vers la seconde moitié du xviii» siècle; d'autres instruments destinés à effectuer les mêmes travaux furent successivement inventés et construits par Coke, Duckett, Garrett, Uornsby.

Le semoir de Tull était connu en France, grâce à Duhamel du Monceau, dans la seconde moitié du dernier siècle; mais c'est dans la première moitié du xixe siècle que les agriculteurs français s'appliquèrent à inventer eux-mêmes des appareils facilitant et régularisant les opérations de l'ensemencement. Le premier semoir français, celui de Hugues, date de 1830; il fut la source de nombreux travaux et d'importantes polémiques concernant la question de savoir quelle pouvait être l'utilité des semoirs mécaniques 2

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il surgit non-seulement des opinions contradictoires, mais, heureusement pourla science, de nouvelles créations ou d'importants perfectionnements. Nous eûmes bientôt les semoirs Valcourt, Dombasle, Bella, Delisse, Hamoir, Colbiac, et chaque année le nombre des semoirs employés dans l'agriculture française s'augmenta par l'invention de nouveaux instruments qui marquent un progrès dans la mécanique agricole; ce n'est sans doute pas à moins de deux cents qu'il faut évaluer le nombre des semoirs mécaniques de systèmes différents actuellement en usage, parmi lesquels il en est d'origine anglaise, écossaise, espagnole, française, polonaise, américaine.

Les semoirs doivent être partagés en deux sections, ceux que nous appellerons les semoirs simples, et les semoirs multiples. Les premiers, qui sont des semoirs à bras ou à brouette, peuvent être employés dans les travaux de moyenne et de grande culture; le plus souvent ils sont à une ligne, et le rayonnage, qui est l'ouverture des rigoles parallèles destinées k renfermer les semences, se fait à part; les autres semoirs sont exclusivement destinés à la grande culture; iîssont attelés et on doit les employer lorsqu'on veut ensemencer un grand nombre de lignes à la fois; l'instrument est en général rayonneur.

Les semoirs de l'une ou de l'autre espèce peuvent ne servir qu'à semer la graine et recouvrir la raie; d'autres, au contraire, ouvrent la ligne, sèment le grain et l'engrais et recouvrent les deux substances; enfin, quelques-uns des instruments ne peuvent être utilisés qu'au répandage de graines spéciales ; les autres sont utilisés pour toutes les semences.

Il faut mentionner, parmi les semoirs simples ou à bras, ceux de Dombasle, de Hunter et d'Armelin, ainsi que le système anglais, et un semoir d'origine américaine, importé en Europe par Pintus.

Le semoir ordinaire de Dombasle consiste en une trémie dont on remplit la capacité de graines qui se déversent dans un auget placé à la partie inférieure de la trémie ; de i'auget, les graines sont projetées dans un entonnoir au moyen de cuillers; elles tom-, bent de la. dans un tube distributeur. Dombasle a crée d'autres systèmes de semoirs , l'un à brosse, l'autre à lanterne. Dans te premier de ces deux systèmes, une trémie placée à la partie (supérieure communique avec un tube distributeur muni d'un entonnoir dans lequel se meut une petite brosse circulaire; cette brosse est armée de pinceaux qui ne laissent passer qu'une quantité de graines déterminée. Toutefois, on peut faire varier cette quantité en modifiant la vitesse de la inarche, aussi bien dans le semoir à cuillers que dans le semoir k brosse. Le semoir k lanterne est muni d'un double cône creux dans lequel sont renfermées les graines ; celles-ci s'échappent par des ouvertures placées à la circonférence de jonction des deux cônes; .cette lanterne tourne sur deux tourillons placés à ses extrémités. La semence s'échappe des cônes par les fenêtres; mais celles-ci sont recouvertes d'un anneau mobile percé de trous semblables & ceux de la lanterne , et, suivant que les ouvertures sont directement en regard les unes des autres ou placées angulairement les unes par rapport aux autres, la semence tombe en plus ou moins grande quantité dans l'appareil distributeur.

Les semoirs a brouette de Dombasle ont une valeur commerciale de 50 a 60 francs, mais il convient de choisir entre les systèmes suivant les conditions dans lesquelles doivent se faire les semailles. Le semoir h cuillers peut, il est vrai, être utilisé pour l'ensemencement de toutes les graines, mais il sert particulièrement aux semis de moyenne grosseur, tels que le froment ou les betteraves; le semoir à brosse est d'une plus grande utilité pour les graines d'un certain volume, notamment celles de m.iïs ou de pois ; enfin, le semoir à lanterne est réservé aux semences de graines rines; on en fait un usage fréquent dans les semailles de luzerne, de carottes; il sert aussi à semer les diverses espèces de navets.

Un semoir encore moins compliqué que le précédent est le semoir Hunter. Le semeur le porte fixé sur la poitrine au moyen de bretelles; il se compose essentiellement d'un sac où sont contenues les graines et d'un appareil distributeur dans lequel s'ouvre le sac et qui est mis en action par une manivelle dont le semeur règle la vitesse à la main. Cet appareil se compose d'un réservoir en tôle, où le grain est enlevé par un cylindre réglé parla manivelle, pour être ensuite livré à un tube qui le conduit jusqu'au sol dans la raie préparée à cet effet; le rayonnage doit ici être fait à part.

Ce semoir, tel qu'il vient d'être décrit, ne peut servir que ligne par ligne, et le poids de l'instrument surcharge lourdement le semeur. On a donc songé à perfectionner cette petite machine en plaçant k l'extrémité du Cube déversoir une roulette massive sur laquelle repose en partie la charge de l'instrument; on a, en outre, disposé le cylindre de manière qu'il puisse charger de graines cinq tubes parallèles, au lieu d'un seul. Le système Hunter ainsi modifié constitue le semoir Burrault. Le principal avantage de cet instrument consiste en ce qu'on peut semer les graines en deux, trois, quatre et cinq

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lignes a la fois, dont l'espacement est variable entre de certaines limites, suivant la force de production des graines semées.

Le semoir Armelin répand les graines au moyen d'un distributeur animé d'un mouvement horizontal alternatif, par l'intermédiaire d'une courroie sans fin mue par la roue directrice de la brouette; ce distributeur ferme et ouvre alternativement les orifices de sortie des graines, de manière que celles-ci tombent k intervalles réguliers. Cet instrument, qui permet de semer sur une largeur de 2 mètres, est d'un prix modique, car il vaut environ 60 francs; mais il ne rayonne pas et ne recouvre pas la semence.

Dans le système anglais, qui est k brosse et à brouette, on fait usage d'une trémie, large de lm,50, où sont déposées les graines; cette trémie est partagée en augets dans chacun desquels se meut une brosse circulaire qui entraîne tes graines, et ceile3-ci sont répandues au dehors par échappement k travers des fenêtres placées en nombre variable à la partie inférieure de l'instrument. C'est la brouette elle-même qui communique un mouvement de rotation aux brosses. Le semoir à brouette anglais est spécialement utilisé aux semailles de navets turneps.

Enfin, le semoir centrifuge américain est un semoir à la main et à la volée. Les graines, renfermées dans une trémie, tombent dans les divers compartiments d'une capsule conique mise en rotation par une manivelle mue latéralement à bras ; la force centrifuge éparpille les graines en tous Sens, suivant ,les tangentes horizontales, et l'on peut semer à la volée sur une largeur moyenne de 6 mètres. L'appareil peut être réglé suivant les dimensions des graines et servir, par conséquent, à semer des graines de toute grosseur, blé, colza, maïs, pois, etc. Cet instrument ne pèse guère que 3 kilogrammes et on le porte commodément sur l'épaule; il permet d'ensemencer environ une dizaine d'hectares par jour et ne coûte qu'une, quarantaine de francs. M. Lachermaier, de Munich, l'a perfectionné en le disposant sur une brouette; mais le prix en est notablement plus élevé, et l'instrument vaut une centaine de francs. Le système centrifuge américain ne s'est répandu en France que depuis 1865; il offre le grand avantage de permettre un ensemencement rapide; il peut être manié par des ouvriers ordinaires, et joint k une grande simplicité une grande modicité (le prix.

Nous distinguerons, parmi lessemoirs multiples ou attelés, différentes catégories; il y a, en effet, des semoirs k entailles ou à alvéoles, des semoirs à cuillers, d'autres à brosses ; le même système peut souvent fonctionner indifféremment par des cuillers ou des brosses ; il y a des semotVs k soupapes, des semoirs k lanternes, des semoirs à palettes; ces derniers sont plus généralement employés pour tes semailles à la volée.

Les semoirs k alvéoles furent les premiers répandus; les meilleurs étaient ceux de La Biuohollerie, de Tull et de Hugues. Ce système étant en générai inférieur aux systèmes k brosses ou à cuilleis a été à peu près complètement abandonné. Nous nous contenterons de donner quelques détails sur le semoir de Hugues.

Cette machine répand en même temps la semence et l'engrais fortifiant, qui sont disposés l'un et l'autre dans des trémies distinctes. Des roues motrices engrenant avec l'appareil locomoteur mettent en mouvement un cylindre k alvéoles qui tourne à, la partie inférieure des trémies. Comme pour un même appareil on peut employer divers cylindres, pour chacun desquels les alvéoles ont une dimension déterminée et variant de l'un k l'autre, l'instrument reçoit des graines de volume et de nombre variables; l'orifice de sortie, placé à la partie inférieure de la trémie, peut être lui-même modifié k cet effet. L'instrument est rayonnant, et les raies sont ouvertes par des griffes placées en avant de sept tubes par lesquels les graines et l'engrais descendent jusqu'au sol. On peut donc semer sept lignes en même temps, et elles sont alors distantes entre elles de 0>i>,20; on peut obturer un certain nombre des tubes et n'utiliser que les autres, de manière à semer en lignes distantes de om,40, om,60 ou plus. Le semoir de Hugues coûte environ 500 francs et permet de semer quatre hectares par jour.

Les semoirs les plus employés par les agriculteurs depuis quelques années sont des semoirs k cuillers ou à brosses; parmi les premiers, il y a trois types principaux : le semoir Dombasle, le semoir Garr'ett et le semoir Dubron ; parmi les derniers, il convient de mentionner le semoir Leconte et le semoir Robillard.

Dombasle songea, peu après avoir inventé un semoir k brouette, à perfectionner cet instrument et à en faire une véritable machine à moteur animal, fonctionnant sur une grande largeur et rayonnant pour rendre l'ensemencement plus correct et plus rapide. Son appareil permet de semer sur une largeur de im,50 au maximum, mais k cinq, trois ou deux lignes; les griffes du rayonnement sont placées sous la caisse au grain et peuvent être dirigées par le conducteur au moyen de mancherons; elies peuvent, du reste, être relevées lorsqu'on sème dans des terrains où le rayonnage serait trop pénible, comme dans les sols humides, ou inutile, comme dans les

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terres k grosses mottes. Les cuillers amènent les graines dans des godets dont la capacité peut être changée, et l'on peut ainsi semer a volonté des graines de dimensions trèsvariables. Cette machine, très-solide et commode, coûte environ 300 francs et exige, suivant l'état du sol, l'attelage d'un ou deux chevaux. Deux hommes sont toujours nécessaires, un charretier et un semeur ; le travail s'effectue assez rapidement, et l'on peut facilement ensemencer trois hectares par jour.

L'appareil de Dombasle a reçu un perfectionnement, qui consiste à rendre la longueur des cuillers variable; on évite ainsi l'inconvénient qu'il y avait a être obligé de changer les cuillers lorsqu'on changeait de graine, et le prix de l'instrument n'en est pas plus élevé,

LesemotVde Garrett permet de semer neuf lignes k la fois ; il a une largeur de plus de 1">,50. Comme le précèdent, il se compose essentiellement d'une trémie renfermant les graines, de cuillers qui viennent les y puiser et de tubes où elles se déversent pour parvenir jusqu'au sol. L'instrument est mobile sur deux roues de 0"1,05 d'épaisseur, sur le moyeu desquelles sont installées des roues d'engrenage; l'essieu est complètement fixe. Il supporte des coussinets à crochets, sur lesquels repose l'axe de l'arbre de la trémie et du distributeur. La trémie est à fond incliné, obturé par des trappes cylindriques, glissant entre deux coulisses et que l'on ouvre k l'aide de poignées; elle est, en outre, divisée par des cloisons pour sectionner l'action des cuillers, et il convient qu'elle reste constamment horizontale pour que la distribution reste constante; k cet effet, la trémie peut recevoir un mouvement de pronation par l'intermédiaire d'une manivelle agissant sur le pignon d'un arbre fileté joint k la Cardan. Au-dessous de la trémie se trouve une petite caisse peu profonde qui reçoit les graines; quatre distributeurs doubles ou simples alimentent les tubes; ce sont des disques disposés normalement, auxquels sont implantées les cuillers. Les disques sont mis en mouvement par les roues d'engrenage; il y a généralement seize cuillers sur chaque face de l'un d'entre eux.

Les tubes sont formés d'une série d'entonnoirs s'cmboHant les uns dans les autres, avec un certain jeu qui permet de raccuurcir ou d'allonger le tube dans son entier. L'éeartement en est réglé par le mouvement relatif des leviers auxquels ces tubes sont reliés et qui peuvent chacun glisser entre deux moises. On peut, du reste, suspendre k volonté l'alimentation de telle ou telle raie; l'une des parois des tubes supérieurs étant mobile, on peut, au moyen d'une tirette, fermer l'orifice du tube. Lorsqu'on sème des raies suffisamment distantes, l'alimentation des tubes intermédiaires est suspendue ; mais il convient quelquefois de doubler celle des tubes actifs ; on y arrive en employant des tubes supérieurs évasés, qui peuvent recevoir l'alimentation de deux entonnoirs voisins.

Lorsqu'on veut arrêter la distribution, il suffit de soulever l'arbre du distributeur sur ses coussinets, au moyen d'une manette correspondant à un levier. L'attelage est fixé à une pièce transversale, de manière à ne pas gêner le travail de l'instrument.

Chacun des tubes est muni, k la partie inférieure, d'un contre-poids qui le fait pénétrer daiis la raie correspondante ; celle-ci est ouverte par un soc rayonnant, dont on règle l'action au moyen d'un levier. Ces rayonneurs sont en fonte ; il faut que l'intervalle qui les sépare puisse varier k volonté; c'est a quoi on arrive par le mouvement d^un levier analogue k celui qui relie les tubes.

Le semoir Garrett u'est pas recouvreur; on préfère laisser les rayons ouverts pour surveiller le semiige,et faire suivre l'instrument d'une herse. Cette machine permet de semer trois hectares par jour avec le travail d'un cheval et d'un homme. On peut semer toutes les graines, suivant le diamètre de la roue qui fait mouvoir les cuillers et la grosseur de ces cuillers; le prix du semoir est de 400 francs. M. Garrett a modifié son semoir de manière k rendre possible de répandre l'engrais en même temps que la semence, mais après que celle-ci a déjà été recouvene. La valeur de la machine ainsi modifiée est de 450 francs.

Divers perfectionnements ont été apportés au semoir Garrett en Angleterre, où il sert communément de type pour la construction de pareilles machines. Dana le semoir Hornsby, les tubes sont presque entièrement en caoutchouc, sauf le dernier tube voisin du sol; l'instrument porte seize tubes, dont huit servent au semage des graines, et huit autres au répandage de l'engrais. Les semoirs précédents ont reçu une assez grande simplification des mains de M. Smyth. La roue d'engrenage des disques k cuillers est rapidement remplacée par une roue de diamètre différent, et l'appareil Smyth comporte treize tubes répandant simultanément l'engrais et la semence. Cette machine est fort en usage en Angleterre, où sa valeur atteint fréquemment 600 francs.

Le semoir Dubron diffère des précédents

par une plus grande fixité dans la marche et

par l'avantage qu'il offre de recouvrir la se-

| mence et même de tasser la terre sur chaque

, raie. Une trémie à bascule renferme le grain.

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L'ensemencement terminé, on peut ôler tout le grain de surplus et éviter ainsi tout mélange avec les graines de la semaille suivante. Le fond de la trémie s'ouvre dans une caisse cloisonnée, et les graines se rendent dans des tubes distributeurs au moyen do cuillers qui les amènent k ces tubes. Il y a neuf tubes, quatre sur le même plan, cinq en arrière sur un second plan, et ils alternent. Grâce à cette disposition, on peut semer un nombre déterminé de lignes et obtenir entre les raies de semence un écartement variable; le plus faible est oib.io, 1& plus grand est 0n>,50. Un levier k manette permet d'élever ou d'abaisser les tubes de manière à les en» foncer plus ou moins profondément dans les raies; il permet, en outre, de soulever légèrement les tubes lorsqu'un obstacle se pré- Sente k la marche de l'instrument. Derrière les tubes sont disposés de petits socs qui ramènent la terre sur le grain semé; enfin, outre les deux roues principales, l'appareil repose sur une séria de petites roues qui assurent la régularité de ia marche et qui, placées à l'arrière, font l'office de rouleaux et tassent la terre ramenée sur la semence. Cet instrument convient principalement pour les sols légers, où le tassement du terrain sur la graine est utile ; il suffit alors d'un cheval pour le faire fonctionner. Les cuillers Se meuvent, en effet, d'un mouvement do rotation qui leur est communiqué, au moyen de bielles plates, par l'axe des petites roues, et un seul homme suffit k conduire la machine. Dans les sols très-résistants, il est nécessaire de doubler l'attelage.

Parmi les semoirs k cuillers, il convient encore de signaler le semoir Favet, employé dans le nord delà France ; il repose sur quatre roues ; sept 'systèmes plans de six cuillers sont mis en rotation par engrenage avec l'axe des roues postérieures et permettent de semer sept lignes k la fois; les raies sont ouvertes par des socs placés k l'avant des tubes distributeurs, et elles sont recouvertes par des griffes montées k l'arrière de ces mêmes tubes.

Nous mentionnerons enfin le semoir Radier, spécialement employé pour les semis de grosses graines ; il est généralement k brouette et ne permet de semer que sur une faible largeur; il peut, toutefois, être attelé et a, comme le précédent, l'avantage de recouvrir les graines.

Les semoirs k brosses ont une grande analogie avec les semoirs précédents; ils sont, en général, moins sujets aux accidents, mais donnent un travail un peu moins régulier.

Le semoir Leconte porte au fond d'une trémie un cylindre k alvéoles, variables suivant la grosseur des graines qui y sont amenées par des brosses de crin, remplissant le double office d'extracteurs de grains et d'obturateurs, grâce k leur élasticité. Le mémo cylindre peut être utilisé pour le semuge de toutes graines; la profondeur des alvéoles est réglée par une vis en bois qui en occupe le fond.

Un mode de distribution ingénieux se remarque dans le semoir Robiilurd , qui peut être à cuillers ou k brosses, mais qui est plus communément de Ce dernier genre. L'appareil distributeur se compose de deux plaques en tôle susceptibles de se mouvoir 1 une sur l'autre et percées d'ouvertures triangulaires ou en cœur qui se correspondent, mais dont les portions larges sont voisines. Le mouvement relatif des deux plaques permet donc de faire varier l'ouverture par laquelle s'échappent les graines qui sont lancées hors de la trémie par les brosses de l'instrument. L'ouverture est placée au-dessus d'un tube déversoir, et il peut y avoir cinq ou sept de ces tubes. Chacun d'eux est muni d'un soc rayonneur, dont l'action peut être iiioditiée au moyen d'un système de mancherons k levier. La distribution peut être arrêtée par un débrayage; le semoir s'appuie sur trois roues, dont deux k l'arrière; la régularité de la marche est ainsi plus certaine ; ie modèle k cinq tubes a une valeur de 250 francs, le modèle k sept tubes coûte 380 francs.

Outre les semoirs k cuillers ou k brosses, il y a des semoirs k soupapes ou k lanterne. Le plus important et le mieux construit des semoirs k soupupes est le semoir LSreval.Dans ce semoir, l'appareil de distribution est construit de manière que les cavités destinées k recevoir les graines disparaissent aussitôt qu'elles ont été vidées. Les graines sont placées dans uue trémie donc le fond e^t légèrement déprimé vers le bas, dans le plan de symétrie des soupapes. Celles-ci sont établies sur la surface extérieure de cinq disques, et il y a huit soupapes sur chaque disque. Les soupapes sont lormées par ae petits cylindres creux, garnis de pistons, dont le jeu est réglé par la pesanteur et dont la cavité libre peut être modifiée au moyen d'un ingénieux mécanisme. Lorsqu'un trou du distributeur vient à casser devant l'ouverture de la trémie, le piston du cylindre creux est abaisse vers l'axe par le poids d'une sphère creuse qui fait corps avec lui, et une cavité plus ou moins grande peut recevoir plus ou moins de graines. Si la rotation des oisques continue, la pesanteur agit en sens inverse, Ja graine tend k s'échapper et le piston du cylindre tend k en remplir le vide, ce qui a lieu jusqu'k ce que , au bout d'une seconde demi - rotation autour de l'axe dd disque, le cylindre se vide" de nouveau par

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l'effet do 3a pesanteur et puisse recueillir de nouvelles graines. On peut régler à volonté la capacité des cylindres ; il suffit, pour cela, de faire tourner dans un sens ou dans l'autre un écrou placé sur l'axe du cylindre creux du côté de l'axe de l'arbre tournant. Le mouvement de cet écrou fait avancer ou reculer un petit cône sur lequel vient buter le piston cylindrique. De cette manière, la course de ce piston est augmentée ou diminuée, et la profondeur de l'alvéole augmente ou diminue elle-même ; on peut dès lors recueillir un nombre plus ou moins considérable de graines, suivant leur grosseur. Dans l'instrument de M. Bréval , tes cinq disques sont solidaires, les mouvements des cônes de btuement sont simultanés; il n'y a donc h l'aire mouvoir qu'un écrou pour cinq pistons, et on se contente de placer huit écrous pour les huit alvéoles du disque moyen. Le semoir Bréval est rayonnant et recouvreur; les raies sont ouvertes par cinq socs placés à l'extrémité antérieure des tubes de distribution; une branche plane de herse, armée comme un râteau, sert à ramener la terre sur les graines semées.

Dans d'autres semoirs à soupapes, tels que le semoir VUletard, le système consiste en une série de petits leviers-soupapes mis en mouvement intermittent par des cames dont les roues engrènent avec les roues de transport. Tous ces instruments sont munis de rayonneurs et de râteaux couvreurs, à la suite desquels fonctionnent quelquefois des rouleaux" qui achèvent de tasser le sol.

Les semoirs à lanterne, dans lesquels il faut comprendre l'un des semoirs à Bras de Dombasle, offrent l'inconvénient de ne donner de semailles régulières que pour les graines lourdes. La trémie de l'ancien semoir d'Arbuthnot consiste simplement en un cylindre mobile auiour de son axe et percé de trous par lesquels s'échappent les graines ; les semences sont recouvertes par des coutres fixés au bâti qui soutient l'axe du cylindre. Dans le semoir actuellement en usage de Défisse, les graines s'échappent encore d'un cylindre, où elles sont amenées par deux trémies latérales; ce cylindre est muni d'autant de ligues circulaires de trous que l'on veut semer de raies; les graines se rendent ensuite dans des tubes correspondants par l'intermédiaire de plans inclinés. Il y a, comme dans les semoirs bien construits, un soc précédant le tube distributeur pour ouvrir la raie, et des griffes de râteau le suivant pour ramener la terre sur la semence. Une série de petites roues tixent l'arrièretrain et servent de tasseurs. On se sert de cet appareil spécialement dans les semis de betteraves. Les semoirs à palettes sont des semoirs à la volée. Deux d'entre eux ont reçu d'assez nombreuses applications : c'est le semoir Cluës et le semoir Oalloch. Le premier, d'origine écossaise, a reçu quelques perfectionnements en Belgique du constructeur dont il porte le nom ; il est analogue au semoir à brouette anglais. Au fond d'une botte longue de 5 mètres et supportée par un châssis à. trois roues, se meut d'un mouvement de rotation une tige de même longueur, armée de dents ou palettes. Ces palettes agitent constamment les graines contenues dans la botte, et celles-ci s'échappent par des trous creusés à la partie postérieure de la boîte. Comme dans le semoir à bras de Dombasle, une plaque de fer peut glisser le long de la boite et laisser complètement ouverts ou fermer en partie les trous d'échappement de la semence. Le glissement de cette plaque est déterminé et arrêté par une vis placée à l'une des extrémités de la boite. Les graines tombent directement sur le sol, après avoir glissé sur un plan incliné. Cette machine permet de semer sept hectares par jour, avec un seul cheval et sous la direction d'un seul ouvrier.

Le semoir Calloch a un distributeur ingénieux et qui consiste en un petit disque susceptible u être mis en mouvement par des roues et des pignons d'engrenage ; ce djsque est armé de deux longs bras en forme de rayons et creusés en gouttières rectangulaires. La semence tombe verticalement d'une trémie dont l'orifice est au-dessus du petit disque, et le mouvement de celui-ci est assea rapide pour que lesgraines soient projetées sous forme d'une nappe circulaire sensiblement régulière.

Depuis quelques années, on emploie, sous le nom de semoir mécanique à toutes graines, une machine construite par un cultivateur français, M. Ruiieau, et dans laquelle la distribution se fait uvec régularité, au moyen d'un mouvement d'horlogerie. Ce semoir se compose d un avant-train de charrue, lequel est armé à la partie postérieure de trois ceps portant chacun un coutre destiné au rayonnage. La trémie qui renferme la semence est terminée à sa partie intérieure par une ouverture affectant une foruo cylindrique et que ferme presque exactement le cylindre mù par le régulateur, et creusé suivant un certain nombre d'arêtes on cannelures assez profondes pour recevoir les giaine3. Cet instrument, qui fournit un travail d'une grande régularité, a l'inconvénient de comporter un moteur très-délicat, et malgré l'usage assez long, mais restreint, qu'il a été fait de ces machines, il convient d'en transformer la distribution, de manière à la faire dépendre du mouvement même des

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roues du semoir, avant d'en recommander l'usage dans les travaux de l'agriculture.

Un bon semoir doit/en résumé, permettre de semer en lignes ou à la volée, donner un travail régulier, dans des proportions déterminées, avec toutes graines; avoir assez de solidité et de fixité pour qu'il n'y ait pas à craindre d'accidents ou d'obstacles quelconques à la marche de l'appareil. Un semoir n'est complet que s'il comporte un rayonneur et un recouvreur; l'action du conducteur sur les diverses parties de l'instrument doit être rapide et facile; le tirage de la machine doit être assez faible pour permettre à l'attelage une vitesse moyenne de l mètre par seconde.

— Semoir à guano. Le guano, quoique l'une des meilleures substances que l'agriculture utilise pour augmenter la fertilité de la terre, ne doit être employé qu'avec modération, à cause de son activité; aussi ne le mêle-t-on jamais directement avec les semences, dont il brûlerait le germe aussitôt qu'il commencerait a se montrer. Pour l'utiliser, onJe mélange avec du charbon, ou de bonne terre sèche, ou du plâtre, pour en faire un compost que l'on répand sur le sol avec un semoir approprié à ce travail. Oet

! appareil est formé d'une boîte en bois, mon- ; tée sur l'essieu à deux roues d'un attelage h i deux chevaux. L'une des roues porte un en- ; grenage en contact avec celui d'un arbre placé longitudinalement dans la boîte et muni de bagues en fonte, dont les petites saillies écrasent les grumeaux qui se présentent dans l'engrais. Un levier à main sert à soulever cet arbre , atin d'arrêter au besoin le mouvement de l'appareil, en mettant les roues d'engrenage hors de contact. L'engrais versé dans la boîte se rend, par une ouverture que l'on règle au moyen d'une vanne à pignons et à crémaillère, dans un conduit où sont disposées plusieurs rangées de (ils de fer qui le divisent eu quantités égales avant de le répandre sur le sol. Au-dessous de la boîte, près de l'ouverture de la .vanne , se trouve une série de lames à émotter l'engrais, rivées à un châssis extérieur en fer, dont le mouvement de va-et-vient est donné par la manivelle d'un petit arbre en contact avec l'arbre des bagues au moyen d'engrenages intermédiaires. Chaque bague e.-at munie d'un décrottoir mobile dont le levier porte un contre-poids que l'on rapproche plus ou moins de son centre d'oscillation, suivant les matières employées. L'appareil entier oscille, en outre , autour de l'arbre des roues au moyen d'une vis k écrou, dans le but défaire tomber l'engrais sur le sol pur parties plus ou moins serrées, suivant la section du passage dans le conduit, section qui varie avec l'inclinaison de celui-ci. Ce semoir peut répandre l'engrais sur trois hectares par jour et coûte environ 525- francs.

SEMOLE1 (Baptiste Franco", dit le), peintre italien, né à Venise en H98, mort dans la même ville dans la seconde moitié du xvie siècle. U vint à Rome, où il fut pris d'un grand enthousiasme pour Michel-Ange, dont il copia tous les ouvrages qu'il put découvrir. 11 peignit à fresque des sujets tirés de l'Kvangile dans une des chapelles de la Minerve; c'est son meilleur morceau, d'après. Vasuri. Sa Vierge entre saint Pierre et saint Paul, dans l'église métropolitaine d'Urbin, est aussi très-estimée, ainsi que divers petits tableaux de la vie de Jésus- Christ, peints en 1547 et que l'on conserve dans la cathédrale d'Osimo. Ses peintures de Saine Jean décollé des Florentins sont lourdes et ont moins de valeur que les précédentes. Appelé à Venise en 1556, Semolei fut chargé de l'exécution de plusieurs des peintures de la bibliothèque de Saint-Marc; il y peignit la Fable d'Acteonen plusieurs ligures allégoriques. Pendant son séjour à Urbin, il avait été le maître du Barroche. Le musée du Louvre possède huit dessins de Semolei.

SEMONCE s, f. (se-mon-se — substantif verbal de l'ancien verbe semondre, au participe passé semons, probablement du latin submonere,q\ii est formé du préfixe sub, sous, et de monere, avertir). Invitation faite dans les formes, pour assister à quelque cérémonie : Les cours supérieures se trouvèrent à ta cérémonie, uprês la siïmodce qui leur en avait été faite. (Acad.) Je reçut hier une siiMONCE fort obligeante de mon aimable cardinal. (De coulanges.) Il invitation en général :

De tout côté se trouvant assaillie, Elle se rend aux semonces d'amour.

La Fontaine.

Il Vieux dans ce sens.

— Avertissement mêlé de reproches, fait, par quelqu'un qui a autorité : 11 lui a fait une semonce, une forte, une verte semonce. Maigre toutes les semonces que son frère lui a fuites, il ne s'est point corrigé. Les semonces ne me persuadent guère. (Th. de Viaud.)

— Mar. Coup de canon à poudre, par lequel ou avenu un navire de s'urréter et de venir raisonner : L'armateur gui aperçoit en mer un vaisseau, quelque pavillon qu il porte, lui tire un coup de cuuon sans batte; ce coup s'appelle SEMONCE. (De Valincourt.) Ordre donné par porte-voix k un navire de se faire connaître.

SEMONCER v. a, ou.tr. (se-mon-sé — rad. semonce). Prend une cédille sous le e devant les voyelles a,o: Il semonça; nous semon-

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çons). Faire une semonce, une réprimande à : Sa mère l'k SEMONCE d'importance. De quel droit vient-il me semoncer de la sorte? (Acad.)

— Mar. Obliger à arborer son pavillon et à mettre en panne pour être visité : Semon- CER un brick étranger.

SEMONDRE v. a. ou tr. (se-mon-dre — V. semonce. Se conjugue comme fondre; mais les divers temps de ce verbe ne sont plus guère usités; l'infinitif lui-même, qui est resté le dernier, ne s'emploie presque plus). Inviter, convier à quelque cérémonie, à quelque assemblée : Semondre à des obsèques. (Acad.)

— Inviter, engager en général :

De peur que cet objet qui le rend hypocondre A faire un vilain coup ne me l'allât semonrlrc.

Molière.

. Son hôle n'eut pas la peine De la semondre deux fois.

La Fontaine.

— Semoncer, faire une semonce, une réprimande à : Semondre son ami.

SEMONNER v. a. ou tr. (se-mo-né). Forme ' ancienne du mot semondre.

SEMONNEUR s. m. (se-mo-neur — rad.

semonner). Celui dont la fonction est de porter des billets pour certaines convocations : Semonneur d enterrement. Semonneur de confrérie. (Acad.) || Vieux mot.

SÉMONVILLE (Charles - Louis Huguet, marquis de), diplomate, né à Paris en 1754, mort dans la même ville en 1839. Il était tils de Huguet de Montaran, secrétaire du roi et du conseil. Tout jeune encore, en 1778, de Sémonville fut nommé conseiller aux enquêtes près le parlement de Paris, où il se signala par son esprit libéral et se montra favorable à la convocation des états généraux dans un discours qu'il prononça en 1788. Nommé, en 1789, député suppléant du comté de Beauharnais aux états généraux, il n'eut pas l'uccasion-de siéger. Peu après, il fut chargé d'une mission en Belgique, puis Louis XVI lui confia l'ambassade de Gênes vers le commencement de 1791. Son premier soin fut de faire mettre sur la porte de son hôtel, au lieu d'armoiries, un dessin représentant la France embrassant le génie de la Liberté. Aussi la cour de Turin, auprès da laquelle il fut accrédité en avril 1792, refusat-elte de le reconnaître, et il ne put franchir la frontière. Peu de jours avant le 10 août 1792, il fut appelé à 1 ambassade de Constantinople ; mais la Porte ne voulut pas le recevoir. Doué d'un esprit très-souple, sachant sa ménager des intelligences dans tous les camps, Sémonville, qui avait contribué à la défection de Mirabeau et travaillé à rattacher au parti de la cour des notabilités du parti révolutionnaire, sut se mettre au mieux avec les membres les plus influents du gouvernement républicain et se lit charger d'une mission en Corse, où il se lia uvec Paoli. Nommé de nouveau ambassadeur à Constantinople en mai 1793, il fut arrêté avec Maret, en traversant au mois de juillet le pays des Grisons, et renfermé dans la forteresse de Kusstein, où il subit une détention de trente mois. Echangé, avec d'autres prisonniers français, contre la fille de Louis XVI en décembre 1795, il fut indemnisé de ses pertes. Après le coup d'Etat du 13 brumaire, il obtint de Bonaparte l'ambassade de Hollande (décembre 1799) et réussit à maintenir l'alliance qui existait entre ce pays et la république française, reçut un siège au Sénat en isi)5 et fut nommé comte par Napoléon en 1808. Sémonville ne fut pas étranger, si l'on en croit Monnier, aux négociations qui aboutirent au mariage de Napoléon et de Marie-Louise. En 18U, il s'empressa d'accepter la déchéance de Bonaparte, fit partie de la commission chargée de préparer une charte et s'opposa avec beaucoup d'énergie à la réhabilitation de Moreau, demandée au Sénat par l'empereur Alexandre. « Quand les troupes naguère ennemies sont maîtresses de la capitale, s'écria-t-il, vous allez commencer vos délibérations comme la Pologne a fini les siennes. C'est à l'histoire à juger le général Moreau; sa vie fut celle d'un grand capitaine, sa mort eut lieu dans les rangs ennemis. Je demande l'ordre du jour, l'ordre du jour sans aucune discussion. » Par ces patriotiques et éloquentes paroles, il empêcha les sénateurs d'ajouter une nouvelle lâcheté à tant d'autres. Louis XV11I le nomma grand référendaire de la Chambre des pairs le i juin. Sémonville, s'ètant tenu à l'écart pendant les Cent-Jours, reprit ces hautes fonctions au retour du roi, qui le nomma marquis en 1819. Marié avec la veuve du comte de Moutholon, également en relation avec les hommes de l'Empire et ceux de la cour nouvelle, il employa son esprit fin, souple, cauteleux à recruter des adhérents au gouverneineutdes Bourbons. Dépouivu de toute conviction ferme et trescluirvoyant, il avait su gagner la faveur de Louis XVIII par l'agrément de sa conversation et par les avis tort sages qu'il émettait sur la nécessite d'une politique de conciliation. Lorsqu'il vit Charles X marcher droit vers sa perte et lancer avec son aveuglement inepte les ordonnances de Juillet, il se rendit aux Tuileries pour conjurer les ministres de donner leur démission, puis courut à Saint-Cloud pour supplier le roi de retirer

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ses ordonnances et de renvoyer son cabinet impopulaire. Louis-Philippe, à qui il s'empressa de prêter serment, lui conserva ses fonctions da grand référendaire jusqu'en 1834, époque, ou il fut remplacé par le duc Decazes. Il se retira alors à Versailles et mourut des suites d'une chute.

SÉMONVILLÉE s. f. (se-mon-vi-Ié — da Sémonville, n. pr.). Bot. Genre de plantes, de la famille des pbytolaccées.

SÉM UTILE s. m. (sé-mo-ti-le). Ichthyol.

Genre de poissons abdominaux, dont la place dans la classification n'est pas encore fixée, et qui comprend trois espèces propres aux rivières de l'Amérique du Nord.

SEMOTTE s. f. (se-mo-te). Hortic. Pousse nouvelle des choux étêtés.

SEMOULE s. f. (se-mou-le. L'Académie veut qu'on prononce semouille ; mais cette prononciation inexplicable, autrefois usitée, tombe aujourd'hui en désuétude. — Italien semola; du latin simila, fleur de farine du froment. Pictet croit que ce mot correspond, par le changement de d en /, au grec semidalis, qui a la même signification. Le mot grec est rapproché par lui du sanscrit samida ou samitâ, nne farine de froment. La première forme semble la plus correcte, d'après les analogies des autres langues, et la racine parait être mid, être doux, être onctueux, en composition avec sa, préfixe qui indique la possession, car le persan maydah, fleur de farine, s'y rattache directement. Le persan offre aussi san\id, pain de froment, pain blanc, comme corrélatif de sam\da; mais c'est là peut-être un mot d'emprunt, k cause du s resté inaltéré contre la règle. A la forme latine simita correspond le Scandinave similia, similiu-miol, ancien allemand semala, simula, sema-mélo, qui en provient peut-être; mais il n'en est pas de même de l'anglo-saxon smeodama, smideme, smedmen, smedme, qui a conservé la dentale avec un suffixe ditïérent. Pictet ne retrouve ce nom ni on celtique ni en lithuuno-slave; mais les rapprochements indiqués ne laissent aucun doute sur son origine aryenne). Matière alimentaire faite de grains de céréales, et particulièrement de grains de froment réduits en granules par une mouture grossière : Potage à la semoule. H Sorte de pâte alimentaire tirée des pommes de terre.

— Semouble blanche, Semoule de riz.

— Semoule jaune, Semoule de froment colorée avec du safran.

— Encycl. Techn. Le gruau si fréquemment employé sous le nom de semoule pour faire des potages n'est que du gruau ordinaire, dont on a éliminé d'une part les gros fragments et de l'autre la farine, condition essentielle pour obtenir une cuisson régulière. Sa fabrication n'exige doue aucune explication particulière. V. gruau.

— Art culin. La semoule, de quelque origine qu'elle soit (froment, riz ou pommes de terre), est toujours un aliment sain, de facile digestion et qui convient à tous les estomacs. On l'emploie aussi souvent que le vermicelle pour les potages gras ou maigres.

La semoule Mouriès est préparée au phosphate de chaux ; elle se distingue par sa richesse en principes nutritifs , calculée de mauière à favoriser le développement des enfants et à rendre le lait des nourrices plus nutritif.

« On doit apporter, dit Gouffé, un soin tout particulier au choix de la semoule; il arrive souvent que certaines semou/esont des goûts de résine, de poussière ou d'humidité qui suffisent pour gâter le bouillon. Versez 50 grammes de semoule dans lli',2 de bouillon bouillant; agitez en versant avec la cuiller à ragoût. Quand la semoule est bien mêlée, couvrez entièrement la casserole ; mettez sur le coin du fourneau pendant trente minutes et veillez à ce que le mijoiement soit toujours très-doux. »

Pour la semoule au consommé, il faut employer 50 grammes de semoule pour 1 litre de consommé ; on jette la semoule dans le consommé bouillant, en agitant avec la Cuiller de bois; on laisse mijoter un bon quart d'heure sur le coin du fourneau, à casserole découverte; on écume et l'on sert. Si à ce potage on ajoute un peu d'oseille blanchie, que l'on met dans la soupière pour verser la semoule dessus, on obtient le potage à la Léopold,

La semoule de pommes de terre s'eraploio soit au gras, soit au maigre; on en met une partie sur douze de bouillon ou de lait; dix ■minutes de cuisson suffisent, et l'on en obtient un excellent potage pour les enfants. La même semoule convient parfaitement pour faire des omelettes soufflées, des flans, des godiveaux, etc. D'ailleurs, la plupart dessemoules que l'on rencontre, dans le cumineree sont des semoules de pommes de terre déguisées sous d'autres noms.

— Gâteau de semoule à la fleur d'oranger pralinée. ■ Faites bouillir, dit Goud'é, lM*,50 de lait dans une casserole d'une contenance da 2 litres; quand le lait a bouilli, ajoutez 400 grammes de semoule, 15 grammes do beurre, 30 grammes de sucre eu poudre et une petite prise de sel ; vous versez la semoule d'une main en remuant de l'autre avec la cuiller de bois ; quand le tout est bien mêlé, faites cuire à feu très-doux dessus et

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dessous pendant vingt minutes; au bout de ce temps, cassez dans la casserole quatre œufs les uns après les autres, en ayant soin de n'en ajouter un que lorsque le précédent est bien mêlé ; mettez une cuillerée à bouche de fleur d'oranger pralinée et écrasée et 50 grammes de sucre en poudre, et mêlez parfaitement; beurrez d'une couche de beurre de om,003 un moule uni ; saupoudrez l'intérieur de mie de pain et mettez la pâte dans le moule ; faites cuire au four de campagne, feu dessus et dessous, ou au four pendant trente minutes; assurez-vous si le gâteau est de belle couleur, démoulez et servez. ■

SÉMOUSSAGE s. m. (sé-mou-sa-je).Techn.

Opération mécanique qui consiste à sécher d'abord les feutres des chapeaux sur une table de tôle chauffée, puis à les faire passer dans l'essoreuse, qui achève d'enlever l'humidité.

SEMOY, rivière de France. Elle prend sa source dans le duché de Luxembourg, à 4 kiloro. O. d'Arlon, passe à Chinv, Bouillon, entre dans le département des Ardennes et se jette dans lu Meuse, près de Monthermé, après un cours de 170 kilom. navigable sur 110. Ses eaux sont très-limpides.

SEMPACH, bourg de Suisse, canton et à M kilom. N.-O. de Lucerne, sur le lac de son nom; 1,680 hab. Le nom de ce bourg est devenu célèbre par la bataille décisive qui se livra sous ses murs le 9 juillet 1386 et dans laquelle le dévouement héroïque d'Arnold de Winkelried assura la victoire aux Suisses et préserva leur noble ligue de la destruction dont elle était menacée. Une chapelle fait connaître la place où tomba Léopold d'Autriche avec la fleur de la noblesse allemande. Les Suisses y signèrent entre eux une convention en 1393.

SEMP AD 1er, fils de Piourad, prince arménien, fondateur de la dynastie des Pagratides ou Bagrutides. Il régnait vers l'an 58 deJ.-C.dans laprovincede Sper, et il donna asile à Ardaschès, un des enfants de Sanadroug, roi de l'Arménie occidentale, condamnés à mort par Erovant, successeur de ce dernier. Sempad vainquit en 78 Erovant, secouru par les Romains et par Pharasman, roi de Géorgie, et rétablit Ardaschès sur le trône. Celui-ci témoigna sa reconnaissance a Sempad en le nommant sbarabied (général) et iui fournit ainsi l'occasion de remporter des victoires sur les Alains, sur les Perses et sur les Romains. Il mourut dans un âge très-avancé. — Les autres princes de ce nom sont de peu d'importance jusqu'à Sempad V, surnommé Pazmaïaghih (le Victorieux), mort en 691. Sempad V fut nommé, en 593, gouverneur de l'Arménie , fit de vains efforts pour calmer les déchirements survenus dans l'Eglise chrétienne à la suite du concile de Chalcédoine et aida Khosrou dans ses guerres du Turkestan. Il eut pour fils Yarasdirots.

SEMPAD VI, fils de Varasdirots, mort vers 654. Il remplaça son père en 648, par le choix de Constant II, dans la fonction de curopalate. — Sempad VII, fils de Piourad, s'empara du gouvernement en 685 et prit le titre de patrice. Il se -soumit aux Arabes, leur paya tribut et fut nommé par leur calife sbarabied (commandant des troupes). Maintenu dans cette dignité par l'empereur Justinien II, qui reconquit en 690 l'Arménie sur les musulmans, il fut fait prisonnier par ces derniers après le départ des Romains, Après une année de captivité, il s'échappa, rentra en Arménie, où il fit la guerre aux Arabes de concert avec le général romain Léonce, qui le nomma, en 695, curopalate. Il repoussa, en 702, une invasion des Arabes. Il fut moins heureux contre eux en 704 et fut forcé de se réfugier dans la Colchide. — Sempad VIII gouverna l'Arménie au nom du calife depuis l'an 758. Il assista en 768 à un grand concile tenu ». Berdaah, se révolta contre l'osdigan Haçan et périt dans une bataille en 780. — Sempad IX, surnommé Khosdonanogh (le Confesseur), mort en 856, succéda l'an 820 a son père Aschod dans la charge de sbarabied ou général des troupes de l'Arménie. Cinq ans après, il prit part à la révolte d'un émir musulman et fut vaincu avec lui par l'osdigan Honl, qui gouvernait le royaume au nom du calife. Il livra Babek, qui s'était réfugié dans un de ses châteaux, et fut pendant quelque temps, pour ce fait, en faveur auprès du calife. Cette faveur déclina bientôt, et Sempad, invité à la cour de son souverain , fut emprisonné aussitôt après son arrivée à Bagdad. Il refusa de se convertir à l'islamisme et fut mis à mort.

SEMPAD Ier, surnommé Nabndag (le Martyr), deuxième roi d'Arménie, de la race des Pagratides, petit-fils de Sempad le Confesseur, mort en 914. Il succéda à son père en 889 et reçut en 892, du calife de Bagdad, la confirmation de sa souveraineté. Il eut à soutenir des guerres contre Afschin, gouverneur de l'Adzerbaîdjan au nom du calife de Bagdad, fut vaincu et forcé â un traité, traité presque aussitôt rompu que conclu. La mort d'Afschin, en 901, interrompit les hostilités. Son successeur, Youssouf-lbn-Abou-Sadj, fit prisonnier Sempad en 913 et le fit mettre à mort l'année suivante.

SEMPAD H, roi d'Arménie, arrière-petitfils du précédent, mort en 989. 11 est désigné par les historiens nationaux par le surnom

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de Scliuliiiisclinh-Armeu (roi des rois d'Arménie) et de Diegheragal (le Dominateur). Il embellit et fortifia la ville d'Ani. sa capitale, et fut heureux dans toutes les guerres qu'il soutint contre son parent Mouscheg, roi de Kars, contre Abou-Deif, émir musulman de Rovin, contre David, prince de la haute Géorgie, et contre les Abkhaz.

SEMPAD 1", prince arménien, surnommé le Grand, de la race des Orpélians, mort vers 1165. Il aida son père Ivané à conquérir le Khounan sur les musulmans et lui succéda dans la souveraineté héréditaire de ce pays, qui leur avait été assurée l'an 1128 par Déinétrius II, roi de Géorgie.

SEMPAD II, frère et successeur d'Elikoum II dans la principauté de Siounikh et de Vafotsdsor vers l'an 1243, mort en 1265 ou 1272. Persécuté par. la famille et surtout par la femme d'Avak, atabek de Géorgie, il se rendit en 1251 à la cour de Mangou-Khan, l'un des successeurs de Gengis-Khan , dans la Grande-Tartarie, pour solliciter sa protection, l'obtint et, avec le secours des généraux mongols, prit possession de son héritage et des pays qui lui étaient cédés. Obligé, en 1256, de retourner implorer le secours de Mangou contre ses ennemis, il obtint de nouveau la protection de ce prince et fut en faveur auprès de son frère Houlagou, fondateur d'un empire dans l'Asie occidentale. Sempad était doué de grandes qualités et très-versé dans la connaissance des langues.

SEMPAD, appelé par les historiens orientaux Sembai et Scnibaid, roi de la- Petite- Arménie, mort au commencement du xivo siècle. Il s'empara du trône en 1295, au détriment de ses frères Hethoum ou Hayton II, qu'il fit périr, et Théodore III, et fut détrôné par un autre de ses frères, Constantin II. Mais Constantin fut détrôné à son tour par Hayton et envoyé avec Sempad à. Constantinople, Constantin et Sempad furent retenus dans cette ville jusqu à leur mort par l'empereur Michel, leur beau-frère.

SEMPER (Gottfried), architecte allemand, né k Hambourg en 1804. Il étudia a Gœttingue les mathématiques et les sciences militaires dans l'intention d'entrer dans l'artillerie, mais, après avoir essayé sans succès d'obtenir un emploi au service de la Prusse, puis de la Hollande, il alla étudier l'architecture à Munich, passa, dans le même but, trois années à Paris, et, après la révolution de Juillet, visita successivement l'Italie, la Sicile et la Grèce. Pendant son séjour dans cette dernière contrée, il acquit sur la polychromie des Grecs des idées toutes particulières, qu'il a exposées dans plusieurs brochures remarquables. D'après lui, les anciens avaient l'habitude de peindre la totalité des murs de leurs temples; d'autres savants, Kugler notamment, n'admettent, au contraire, qu'une polychromie partielle. Nommé, en 1834, professeur à l'Académie de Dresde, en remplacement de Thunner, il acquit bientôt une grande réputation par son enseignement et fut chargé de travaux importants, dont le premier fut la décoration du cabinet des antiques du musée royal, d'après ses procédés polychromiques, qui consistent à entourer d'un fond colorié tes décorations plastiques. En 1837 et 1838, il fit construire dans la même ville l'hôpital des femmes de Saint- Materne et fut chargé par le roi, en 1839, de la construction du nouveau grand théâtre, où, tout en se conformant, en général, aux principes de l'architecture antique, il sut se servir avec beaucoup d'originalité des formes des autres styles. Parmi ses autres travaux à Dresde, mentionnons encore la nouvelle synagogue, une villa pour le banquier Oppenheun,surlarive droite de l'Elbe, et le nouveau musée royal, qu'il commença en 1847, mais qu'il ne conduisit que jusqu'au premier étage; cet édifice fut cependant terminé plus tard d'après ses dessins et ses modèles, à l'exception de la coupole du milieu, par Hcehnel et Kruyer. On lui doit aussi la reconstruction de l'église Saint-Nicolas, a Hambourg, qu'il avait obtenue au concours.

Compromis par la part active qu'il avait prise à l'insurrection de Dresde en 1848, M. Seinper dut quitter l'Allemagne l'année suivante et se retira en Angleterre, où il devint l'un des membres les plus considérés de l'Académie de Marlborough House. En 1856, il fut appelé à Zurich, où il est depuis cette époque professeur d'architecture et directeur de l'école d'architecture du Polytechnicura de la Confédération. On a de iui les ouvrages suivants : le Théâtre royal de ta cour à Dresde (Bruns-wick, 1849, avec 12 pi.); Sur l'industrie, la science et l'art (Brunswick, 1852); les Quatre éléments de l'architecture (Brunswick, 1851); Sur les balles de fronde en plomb des anciens (Francfort, 1859); le Style dans les arts techniques et arehitectoniques, son œuvre la plus remarquable (Francfort, 1860-1865, 2 vol.), etc.

SEMPER AD EVENTUM FESTINAT (Il se

hâte toujours vers le dénoùment). Ce conseil d'Horace {Art poétique, v. 148) s'adresse à tous ceux qui écrivent, mais surtout à celui qui raconte; il doit aller toujours au fait par le chemin le plus court et ne pas faire dire tout bas à ceux qui l'écoutent : « Avocat, passons au déluge. » Qu'on n'aille pas cependant se faire une fausse idée de la brièveté ; elle ne consiste pas précisément à s'exprimer en

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peu de mots, mais à ne rien dire d'inutile. Un récit de deux pages est court s'il ne contient que ce qui est strictement nécessaire, tandis qu'un récit de vingt lignes est long s'il peut être renfermé en dix.

Il ne s'égare point en de trop longs détours; Sans garder dans ses vers un ordre méthodique, Son sujet de soi-même et s'arrange et s'explique; Tout, sans faire d'apprêts, s'y prépare aisément; Chaque vers, chaque mot court à l'événement.

« Dans la tragédie de Lucrèce , l'exigence des cinq actes, coupe sacramentelle qui ne se prête pas à tous les sujets, lit de Procuste de la tragédie classique, a amené M. Ponsard à oublier le sage précepte d'Horace : Semper ad eventum festinat, et à prolonger démesurément une situation toujours, la même à dater du troisième acte. »

De Pontmartin.

i Ni le talent de Tal ma ni celui de Mlle Mars ne purent obtenir grâce, en cette occasion, devant ie rigorisme du parterre. Le parterre trouva qu'une telle scène était un hors-d'œuvre, qu'elle entravait la rapidité de l'action ; en un mot, qu'elle violait ouvertement la règle semper ad eoentum festinat; il fut inexorable. »

Sainte-Beuve.

« Il y a dans ces vers des détails charmants; mais ce charme même est une distraction qui nuit au sentiment que le poète veut exprimer. La règle semper ad eventum festinat est vraie même pour le poète lyrique ; il y a toujours un dénoùment vers lequel il faut se hâter. Ce dénoùment, c'est la pensée ou le sentiment principal. »

Saint-Marc Gihardin,

SEMPER VIRENS s. m. (sain-pèr-vi-rainss

— mot lat. qui signif. littér. toujours vert). Hortic. Espèce de chèvrefeuille qui, pendant toute l'année, porte des feuilles et des fleurs.

SEMPERVIVÉ, ÉE adj. (sain-pèr-vi-vé — rad. sempervivum). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte à la joubarbe.

— s. f. pi. Famille de plantes dicotylédones, ayant pour type le genre joubarbe, et plus connues aujourd'hui sous le nom de crassulacébs.

SEMPERVIVUM s. m. (sain-pèr-vi-vomm

— du lat. semper, toujours; vivum, vivant). Bot. Nom scientifique du genre joubarbe.

SEMPITERNE s. f. (sain-pi-tèr-ne — du lat. sempilernus, qui dure toujours). Comm. Ancienne étoffe de laine pure, croisée, travaillée comme les serges, et servant aux mêmes usages : Beauvais, Nîmes, Castres et Montpellier produisaient beaucoup de sempiternes. Les sempiternes formaient autrefois un objet considérable de notre commerce dans les possessions portugaises et espagnoles. (Chaptal.)

SEMPITERNEL, ELLE adj. (sain-pi-tèrnèl, è-!e — lat. sempilernus ; de semper, toujours). Qui dure ou vit toujours, qui ne cesse pu ne meurt pas ; qui vit très-vieux : Un bruil sempiternel. Des remontrances sempiternelles. Une vieille sempiternelle.

— Substantiv. Personne très-vieille Quelle est cette marquise? — Une sempiternelle Qui passe soixante ans et se croit encor belle.

Tu. Corneille.

— s. m. Compagnie des Sempiternels, Ordre de chevalerie établi en 1541.

— s. f. Comm. Sorte d'étoffe moins fine que la sempiterue.

— Syn. Sempiternel, continuel, éternel, etc. V. CONTINUEL.

SEMPITERNELLEMENT adv. (sain-pi-tèrnè-le-man — rad, sempiternel). Eternellement, toujours,

SEMPITERNITÉ s. f. (sain-pi-tèr-ni-té — du lat. sempilernus, sempiternel). Qualité de ce qui est éternel. Il Durée sans bornes de la vie, immortalité.

SEMPLE s. m. (san-ple). Techn. Disposition de ficelles formant une partie du métier a tisser les étoffes de soie, et servant à faire lever la chaîne : Le semple, qu'anciennement on nommait xample, est composé de deux cordes verticales, dont l'extrémité inférieure est adaptée à une traverse, ou mieux encore à un rouleau adhérent au seuil, tandis que l'extrémité supérieure est bouclée aux cordes de rames par rangs et par ordre numérique. (Falcot.) Il Bâton de semple, Morceau de bois sur lequel sont attachées les ficelles.

SEMPLICE adj. (sèmm-pli-tché — mot ital. qui signif. simple). Mus. Simplement, sans ornement, sans fioritures. Se met sur les partitions pour indiquer les morceaux qui doivent être exécutés de cette façon.

SEMPRE adv. (sèmm-pré — mot ital. qui signf. toujours). Mus. S'emploie sur les partitions pour indiquer qu'il faut conserver au mouvement le même caractère : Sempre tegato (toujours lié). Sempre piano (toujours doucement).

SEMPROMA (famille), maison plébéienne distinguée de l'ancienne Rome. La branche surnommée Atratinus était patricienne.

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Parmi les plébéiens, on connaît les Bl^esus, les Longus, l«s TuditanuS, mais surtout la branche desGRACCHUs, qui a produit quelques citoyens illustres.

Sempronln (basiliqtje), monument que la censeur T. SemproniusGracchus titeonstruire sur le Forum romain avec le produit des amendes qu'il avait infligées durant l'exercice de sa magistrature. Une basilique, lieu où se traitaient les affaires de commerce, était un monument dont la pensée devait appartenir à un membre de cette famille populaire. La basilique Sempronia s'éleva au sudouest du Forum, à peu près en face de la basilique Porcia, œuvre de Caton, à l'extrémité d'un quartier très-marchand, le quartier Etrusque, et fut placée là pour les besoins commerciaux de ce quartier, comme la basilique Porcia pour ceux de la Suburra, région très-marchande aussi et hantée par una population peu respectable, ainsi que l'était autrefois à Paris un lieu célèbre par ses boutiques, le Palais-Royal. On peut se rendre compte de la manière la plus précise de l'emplacement occupé par la basilique Sempronia derrière les boutiques vieilles, celles qui étaient placées au sud-ouest du Forum, à l'extrémité de la rue Etrusque a droite, car Tite-Live donne avec une grande exactitude l'adresse de Scipion l'Africain, en nous apprenant que Serapronius Gracchus acheta pour l'Etat le terrain où il voulait faire construire sa basilique et que ce terrain était occupé par la maison de Scipion , et par des échoppes et des boutiques de boucher qui existaient des deux côtés du Forum. On a donc tort de croire retrbuver l'emplacement do la basilique Sempronia dans celui de l'église San-Giorgio-in-Velabro. .

SEMPRONIE, en latin Sempronia, épouse de Sempronius Gracchus et mère des Gracques. V. Cornélie.

SEMPRONIE, fille de la précédente et sœur des Gracques. Elle vivait au ne siècle av. J.-C. Elle reçut une éducation presque virile, partagea les études de ses frères et les seconda autant qu'elle le put dans leur lutto contre les patriciens. Epouse de Scipion Emilien, elle ne put s'en faire aimer, n'ayant pas les mêmes opinions que lui, et, de plus, étant stérile et sans beauté; elle fut soupçonnée par quelques historiens de n'avoir pas été étrangère à sa mort (an 625 de Rome, 128 av. J.-C). L'histoire signale une mitre circonstance de la vie de Sempronie. Un certain Lucius Equitius sollicitait des censeurs son inscription sur !e rôle des citoyens et se prétendait fils de Tiberius Gracchus. Les tribuns invoquèrent le témoignage de Sempronie, qui vint déclarer devant le peuple que Lucius était un imposteur. Jamais aucune femme n'avait paru avant elle dans la tribune.

SEMPRONIE, femme de Decius Junius Brutus, qui avait été consul l'un 676 de Rome. Elle joua un rôle très-actif dans la conjuration de Catilina. Salluste la représente comme une femme d'une grande énergie, douée en même temps de toutes les grâces de son sexe et d'une instruction fort étendue, mais d'une dépravation effroyable. Elle eut de son mari un fils, nommé aussi Decius Junius Brutus, qui fut'un des meurtriers de César, mais qu'il ne faut pas confondre avec le fameux Brutus, son parent, qui était l'âme du complot contre le dictateur.

SEMPRONIUS ASELLIO, tribun militaire romain. Il vivait au vu" siècle de Rome. Il prit part à la guerre d'Espagne, l'an 620, et assista à la prise de Numance. Sempronius écrivit une relation de cette guerre, ouvrage très-étendu dont il est question dans Aulu- Gelle, et composa quelques autres écrits également perdus. — Un autre personnage, du même nom, A. Sempronius Asellio, était préteur à Rome l'an 663, lorsque, ayant voulu réprimer l'usure, il fut tué dans une émeute que les créanciers avaient suscitée.

SEMPRONIUS ATRATINUS, consul romain.

Il vivait au ive siècle de Rome. Appelé au consulat l'an 332, il marcha contre les Volsqueset essuya une défaite complète. Après son retour à Rome, Serapronius fut accusé de ce désastre par les tribuns du peuple. Mais grâce à l'énergique défense d'un de ses officiers , Sextus Tempanius, qui s'était fait remarquer par sa valeur, il fut absous. Dans un nouveau procès que lui intenta pour le même motif un autre tribun du peuple, il obtint également gain de cause par suite du témoignage que portèrent en sa faveur des tribuns qui avaient combattu sous ses ordres.

SEMPRONIUS GRACCHUS, tribun du peuple. V. Gracchus.

SEMPRONIUS LONGUS (Tiberius), consul romain, mort l'an de Rome 542. Elu consul en 534, en même temps que Cornélius Scipion, au moment où venait d'éclater la seconde guerre punique, il fut envoyé en Sicile, où il obtint quelques succès; mais, str ces entrefaites, Atmibal ayant envahi l'ItaJ.e, Sempronius reçut du sénat l'ordre d'accourir et de rejoindre Cornélius Scipion. Les deux consuls reneontrèrent'Anniba! sur les bords de la Trébie, et, malgré l'avis contraire de Scipion, Sempronius lui livra une grando butaille, qui devint une délaite. Il dut sis replier sous les murs de Plucentia et livra une nouvelle bataille, dont le buccès fut iuiUicix. Trois ans plus tard, en 537. il fut envoie

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