‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 263 sur 1059 · S EMU · texte numérisé non relu

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dans le midi de l'Italie et vainquit Hanuon en Lucanie.

SEMPRONIUS SOPHDS (P.), général romain. Il vivait au vo siècle de Rome. Devenu, en 444, tribun de Rome, il attaqua vivement le censeur Appius Claudius, qui refusait de quitter sa charge, puis fut nommé cons"ul (449) et battit les Eques (452). Sempronius Sophus devint ensuite pontife, bien qu'appartenant à la caste plébéienne, puis censeur, et créa deux nouvelles tribus, nommées Térentine et Amiensis. Il dut son surnom de Sopbua a ses vastes connaissances en matière juridique. — Un autre consul du même nom, P. Sempromus Sophus, parvint au consulat l'an de Rome 485. Il remporta des victoire» sur les Eques et les Pieemihs. On raconte qu'au moment où il engageait la bataille avec ces derniers, un tremblement de terre vint porter la terreur dans son armée; mais il parvint à calmer ses troupes en leur disant que si la terre tremblait, c'est qu'elle craignait de changer de maître.

SEMPROMUS TUDITANUS (P.), général romain. Il vivait au vie siècle de Rome. Tribun militaire lors de la bataille de Cannes, il parvint à percer les lignes carthaginoises avec les soldats placés sous ses ordres et devint successivement édile, préteur, censeur (542) consul (647). Cette même année, Sempromus fit un traité de paix avec Philippe. Envoyé ensuite contre Annibal, il éprouva d'abord un échec qu'il répara par une victoire en 551. Après 'la défaite d'Annibal, il fit partie de l'ambassade que le sénat romain envoya à Ptolémée pour le remercier de s'être rangé du côté des Romains pendant la seconde guerre punique. — Un autre P. Sempronius Tuditanus, qui vivait au vue siècle de Rome, éuiit fils d'un Sempronius qui avait fait partie des délégués chargés d'organiser la Grèce méridionale en province romaine. Préteur en 619, consul en 622, il fut alors chargé, sur la demande de Scipion l'Africain, de mettre un terme aux difficultés provenant de l'application de la loi agraire. Pour se soustraire à une mission si délicate, Sempronius Tuditanus prétexta la nécessité de se mettre à la tête d'une armée contre les Illyriens pour quitter Rome. Les succès qu'il obtint dans cette guerre lui valurent à son retour les honneurs du triomphe. C'était un homme éloquent et très-instruit, qui avait composé des commentaires historiques, cités par Pline le Naturaliste, par Denys d'Halicarnasse et très-estimés des anciens.

SEMPSEN s. m. (sèm-psènn). Bot. Un des noms du sésame, en Orient.

SEMUB, et pour le distinguer SEMUR-EN- AUXOIS, en latin Sinemurum, ville de France (Côte-d'Or), ch.-l. d'arrond. et de cant,, à 71 kilom. N.-O. de Dijon; pop. aggl., 3,647 hab. — pop. tôt., 3,815 hab. L'arrondissement comprend 6 cantons, 139 communes et 63,932 habitants. Tribunaux de ire in. stance et de commerce, justice de paix. Collège communal , école de dessin et d'architecture, bibliothèque publique, musée de peinture. Fabrication de serges, droguets; tanneries, filatures de laine, moulins à tan et à foulon ; scierie mécanique, tonnellerie. Commerce de grains, chevaux, laine, beurre, fruits, miel, légumes.

Semur est pittoresquement situé sur une colline granitique, baignée de tous côtés par l'Armançon, que l'on passe sur deux beaux ponts, dont l'un, d'une seule arche, est remarquable par sa hardiesse. La ville, entourée jadis de murailles flanquées de tours dont quelques-unes subsistent encore, est généralement bien bâtie et bien percée ; ses rues, trop désertes et bordées d'un certain nombre de maisons de la Renaissance, aboutissent à quatre places assez régulières et à trois promenades. Semur se divisait autrefois en trois parties, entourées chacune d'une enceinte : le Bourg, le Château, le Donjon, sans parler de six faubourgs. Plus tard, la ville s'étendit sur la rive opposée et un nouveau quartier se forma; mais le Bourg, au centre duquel s'élevait l'église de Notre - Dame, n'en demeura pas moins , comme aujourd'hui , le quartier le plus peuplé et le plus étendu. Bâti sur un roc .escarpé, le Château formait une enceinte circulaire garnie de petites tours assez rapprochées. Entre le Bourg à l'orient et le Château k l'occident était situé te donjon, qui communiquait de l'un à l'autre par une porte à pont-levis. Quatre énormes tours, dont la construction parait remonter au VHP siècle, en sont les restes imposants. L'une d'elles, dite tour Lourdaut, jouit d'une grande célébrité dans le pays. Le principal monument de Semur est sou église paroissiale, un des plus précieux échantillons d'architecture religieuse de la France. Noire- Dame de Semur était, avant la Révolution, l'église d'un prieuré dépendant du monastère de Flavigny et converti en chapitre en 1739. L'édifice actuel a dû remplacer celui que Robert 1er, chef de la première race des ducs de Bourgogne, avait construit en 1065 pour expier le meurtre de Dalmace, son beau-père, qu'il avait tué de sa propre main au milieu d'un festin. ■ Quoique les historiens modernes, dit M. Guirard, prétendent que l'église qui subsiste aujourd'hui encore est celle de Robert et que même le corps de ce duc y est enterré sous le petit portail du nord, ou est convaincu, à la seule vue de l'architecture,

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que !e monument ne remonte pas au delà du xiuc siècle et que les bas-côtés sont moins anciens. » On peut affirmer tout au moins que les restaurations capitales qu'a dû subir à travers les siècles l'édifice primitif, construit en 1065, l'ont entièrement transformé. La nef, fort étroite, est précédée d'un grand portail formant porche, k triple arcade ornée de statues et de bas-reliefs. Il est couronné par une galerie qu'accompagnent les quatre clochetons qui terminent les contre - forts. Deux tours carrées couronnent ce portail. A l'intérieur, on admire la beauté des voûtes, la légèreté des colonnes et de la galerie qui court autour de la nef, enfin la dimension et la hardiesse des arcades. Le chœur, chose rare en Bourgogne, est, à l'exemple des églises de Normandie, entouré d'un pourtour.

Tout autour des bas-côtés et du chœur, et formant chacune une sorte de petit temple séparé, surmonté au dehors d'un toit conique, régnent des chapelles érigées à diverses époques. L'ensemble de l'édifice appartient au style ogival très-pur. Mais sa porte septentrionale mérite Une description spéciale. Cette porte, qui doit son nom de Porte aux blés, à cette circonstance qu'elle avait jadis sortie sur les champs, était décorée, il y a quarante ans encore, de quatre statues dont on ne voit plus que les niches. On distingue encore, à droite et à gauche, deux figures représentant un homme habillé d'un vêtement couvert d'écaillés et une femme étendue. Enfin viennent des bas- reliefs doublement précieux au point de vue artistique et au point de vue légendaire ; ces bas-reliefs représentent la mort de Dalmace 1er et les événements qui en furent la suite. Ils se divisent en trois parties, subdivisées chacune en plusieurs groupes qui se suivent dans l'ordre de l'écriture hébraïque, c'est-à-dire commençant par le bas à droite et continuant par la gauche en remontant. Au-dessus de ces bas-reliefs l'artiste a représenté le Père éternel et deux anges qui lui offrent de l'encens. Les douze mois, personnifiés par douze figures, forment un cordon autour de l'ensemble. Notre-Dame de Semur possède encore des vitraux remarquables, représentant tous les métiers. La chaire antique, fixée au mur, passe pour être antérieure à la construction de l'église. L'église renferme plusieurs tombes, parmi lesquelles on remarque celle du fougueux ligueur Genebrard, prieur de Notre-Dame et archevêque d'Aix. Avant la Révolution, Semur possédait de nombreuses maisons religieuses; nous citerons celle des carmes (1352), celle des jacobins (1518), celle des minimes (1604), celle des ursulines (1631), celle des visitandines (1633) et celle des capucines (1634). Citons enfin l'hôpital de Semur, auquel la léproserie fut unie en 1696.

— Histoire. Quelques écrivains font remonter l'origine de Semur (nommé plus souvent Semur-en-Auxois pour le distinguer de Semur-en-Brionnais) jusqu'aux Gaulois ; mais aucun document ne vient étayer cette hypothèse. L'abbé Jonas, qui vivait au vue siècle, sous Clotaire 111, est le premier qui en fasse mention sous le nom de Sinemurum Castrum, et ce n'est guère qu'au xnte siècle que l'histoire de Semur commence à se dégager des brouillards de la légende. On voit, en effet, les habitants obtenir, en 1276, une charte de commune sur le plan de celle de Soissons. A peu près vers la même époque , le pays ti'Auxois fut érigé en bailliage. Semur eut de bonne heure des comtes particuliers, dont le dernier fut Jean de Broyé, mort sans postérité. Après lui, la ville fut réunie au duché de Bourgogne. Mais c'est à l'époque de la guerre de Cent ans que Semur commence réellement à prendre part aux affaires générales du royaume. En 1359, Edouard III ayant envahi la Bourgogne, André de Morey, capitaine de Semur, et Louis Guinaud, commandant du château, se réunirent à la noblesse delà province et marchèrent contre les Anglais. En 1366, le bailli de Semur, Guillaume de Cluny, arma ses troupes contre les tard-venus, qui menaçaient la ville; mais les redoutables bandes se dispersèrent à leur approche. Puis vinrent le passage des grandes compagnies, que Du Guesclin conduisait en Espagne, et les sanglantes querelles des maisons d'Orléans et de Bourgogne, qui replongèrent l'Auxois dans les horreurs de la guerre. En 1417, les états du bailliage, assemblés à Semur, accordent à la duchesse Marie une subvention extraordinaire, nécessitée par l'extrémité où se trouvait le comte de Charolais de racheter des terres démembrées de son domaine. En 1430, la noblesse du duché, convoquée à Semur, attaque les royalistes cantonnés dans le château do Larrey et les oblige à abandonner la place. Après le traité d'Arras (1435), Semur jouissait d'une prospérité chèrement acquise, lorsqu'en 1438 la famine et la peste s'abattirent sur la cité. Pour comble de désastre, les écorcheurs ou retondeurs se mirent à parcourir la Bourgogne, semant partout la mort et la ruine. Le duc Philippe réussit heureusement à les expulser. Depuis lors jusqu'à la mort de Charles le Téméraire (1477), l'histoire de Semur ne présente plus aucun fait saillant. Mais quand Louis XI eut réuni le duché de Bourgogne au domaine royal, cette ville se déclara en faveur de la princesse Marie, fille du feu duc, et se souleva contre Georges de La Trémoille, sire de Craon, son gouverneur.

Louis XI dut envoyer contre Semur Charles

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d'Ainboise, comte de Brienno (1478), qui s'en empara après un siège en règle et punit la résistance des habitants en livrant la place au pillage et au feu. Semur se releva assez rapidement de ses ruines. Les guerres de religion ramenèrent pour Semur les scènes de désastres. La ville, tiraillée par les deux partis ligueur et royaliste, demeura finalement au pouvoir du premier et le duc de Nemours y mit garnison. Mais le comte de Tavannes, chef du parti royaliste, réunit ses panisans, battit les ligueurs en différentes rencontres et, de succès en succès, arriva aux portes de Semur. Il se disposait à en donner l'assaut quand la place se rendit. La prise de Semur au nom du roi eut lieu le jour même de l'assassinat de Henri III (l« août 1589). Mais cette ville reconnut aussitôt Henri IV et, en 1592, le parlement de Dijon y établit son siège. Il y fut suivi de la chambre des comptes, ainsi que du bureau des finances, et y demeura jusqu'au 18 juin 1595. Le parlement revint encore à Semur en juin 1637, mais cette fois exilé pour n'avoir pas consenti à l'enregistrement de treize édits bursaux. Depuis lors, aucun événement historique ne vint signaler Semur à l'attention de l'historien.

Nous avons dû négliger, dans la rapidité de notre récit, quelques épisodes détachés : l'incendie de 1593, qui détruisit environ deux cent soixante-dix maisons; l'inondation de 1613, qui renversa son pont, dit pont Pinard, cinquante maisons et causa la mort d'un grand nombre de personnes; de nouvelles inondations ont ravagé la ville en 1765 et 1835. Quant à la peste et aux maladies épidémiques, nous avons déjà mentionné l'invasion du fléau en 1438. Il reparut en 1586, 1629, 1636, 1639, 1641, 1645, 1714 et 1723. En revanche, on a remarqué que, lors de l'arrivée du choléra en 1832, la terrible maladie arrêta sa marche à Montbard et que Semur en fut heureusement préservé.

— Célébrités. Semur a vu naître : le jurisconsulte Charles Ferret (1583-1661); Claude Saumaise, lo célèbre philologue ; Gabrielle Suchon (1631-1703), auteur de divers Traités de morale estimés; Simon de Caloy, auteur dramatique (1722-1761); Jacques Savari, médecin (1778) ; Gaspard Pontus, marquis de Thiard, mort en 1786 et auteur d'une savante histoire de Semur manuscrite; Guyot Saint-Florent, député à l'Assemblée nationale; Régnier, mécanicien ; Touzet, publiciste et dépité au Champ-de-Mars en 1815; Maillard de Chambure, archiviste distingué; enfin M. Benjamin Guérard, membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres.

SEMUR-EN-BRIONNAIS, bourg de France (Saône-et-Loire), ch.-l. de cant., arrond. et à 33 kilom. S.-O. de Charolles, sur une montagne, près de la Loire; pop. aggl., 566 hab. — pop. tôt., 1,370 hab. Fours à chaux, moulins, carrières de pierre à bâtir et de pierres à chaux. Commerce assez important de bétail. Ce bourg se trouvait compris autrefois dans la cité des Braimovii, au pays des JEqui. Il fut bâti Sur les ruines de la capitale de ce peuple et porta successivement jes noms de Sinemurum, Sammurum, Satnur et enfin Semur. Capitale du Brionnais (mot qui prend racine dans les Brannovii cités plus haut), Semur fut, au ixe siècle, lo siège d'une ehâtellenie relevant des comtes de Chalon. Mais il eut plus tard des seigneurs particuliers, dont le premier fut Dalmatien ou Dalmace, de la maison des ducs d'Aquitaine. Alix ou Hélie, fille de Dalmace, épousa le fils du roi Robert, Robert de Bourgogne, dit le Vieux, lequel, à la suite d'un emportement, tua de sa propre main son beau-père dans un repas. Robert, en expiation de ce parricide, fit construire l'église de Notre-Dame de Semur-en-Auxois, dans laquelle il fut inhumé. Un immense bas-relief très-bien conservé a immortalisé ce souvenir ( v. l'article précédent). Après Dalmace, dont les fils se firent moines (l'aîné fut le fondateur de la basilique de Cluny), la baronnie de Semur passa à Haynal, fils de Geoffroy, qui lui-même entra à Cluny et devint archevêque de Lyon. Elle appartint ensuite aux sires de Châteauvillain, puis, par alliance, à la famille de Beaujeu, qui l'aliéna aux La Trémoille. Enfin, en 1382, Louis de La Trémoille l'échangea avec le duc de Philippe le Hardi. Réunie à la couronne par Louis XI, avec le reste de la Bourgogne, la baronnie de Semur perdit toute importance. Elle n'offre plus d intéressant aujourd'hui que les souvenirs que nous venons de résumer.

Le château de Semur fut construit au ixe siècle, afin d'opposer une barrière aux incursions des Normands. Au xne siècle, sa protection fut cependant impuissante contre l'invasion du comte Guillaume de Chalon, qui dévasta le Brionnais et tout spécialement Semur. En 1364, les Anglais, commandés par le prince Noir, s'emparèrent du château de Semur et rançonnèrent la ville. Les Armagnacs la pillèrent au siècle suivant et les reltres en 1576. A cette époque, le château n'était déjà plus qu'une ruine. Aujourd'hui, cette ruine, qui domine la ville, ne consiste plus qu'en une partie des murs de la tour carrée du château et en deux des quatre tours dont il était flanqué. L'une de ces tours sert actuellement de prison.

L'église paroissiale, dédiée à saint Hilaire, appartient au style gothique. Elle fut, en

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1274, érigée en collégiale par Jean de Châteauvillain et Gérard, évêque d'Autun. Hors de Semur se trouve la chapelle de Saint- Martin-la-Vallée, qui doit sans doute son existence au voisinage d'une source d'eau minérale.

SENA ou SENA GALLIA, ville de l'Italie ancienne, fondée par les Gaulois Senons, en Ombrie. C'est aujourd'hui Sînigaglia.

SENA ou SENNA, ville de l'Afrique australe, dans la capitainerie générale portugaise de Mozambique, sur la rive droite du Zambèze, à 700 kilom. S.-O. de Mozambique. Administrateur épiscopal ; factorerie importante pour le commerce avec l'intérieur da l'Afrique. Climat humide et malsain. Les maisons, généralement construites en brique, sont couvertes en roseaux et en chaume.

SENA ou SENNA (rivières de), nom donné au gouvernement portugais de la capitainerie de Mozambique, compris entre le pays d'Yambarra, le Sol'ala et le Monomotapa. Le territoire de ce gouvernement mesure 650 kilom. de longueur sur 200 de largeur. Le sol est bien boisé, fertile en café, en indigo, en plantes médicinales; ou y trouve quelques mines d'or et d'argent.

SENA INSULA, île de la Gaule, près de la côte N.-O., dans l'océan Atlantique. Cette lie, nommée aujourd'hui île de Sein, tirait dans l'antiquité une distinction particulière d'une communauté de prêtresses qui portaient le même nom que l'Ile, et dont parlent Mêla et Strabon.

SENA JUL1A, ville de l'Italie ancienne, dans l'Etrurie, sur la route de Clusiura à Florence. C'est aujourd'hui Sienne,

SENABODI s. m. (sé-na-bo-di). Nom que l'on donne, dans le royaume de Siam, k une espèce de sénat ou de conseil composé d'une vingtaine des principaux mandarins de la capitale.

SENAC (Jean -Baptiste), médecin français, né près de Lombez en 1693, mort à Paris en 1770. Après avoir abjuré le protestantisme pour se faire jésuite, il entra dans la carrière médicale, qu'il parcourut avec succès. Ayant sauvé le maréchal de Saxe d'une maladie très-grave, il devint son médecin ordinaire (1745) et l'accompagna dans ses campagnes. Après la mort de ce dernier, Sénac se fixa à Versailles, où sa réputation, comme praticien, lui valut d'être nommé médecin consultant, puis premier "médecin de Louis XV (1752), conseiller d'Etat et surintendant des eaux minérales du royaume. Il fut, en outre, membre de l'Académie des sciences et de diverses autres sociétés savantes. C'était un homme d'esprit, qui jouissait d'un grand crédit à la cour, et un savant praticien.

Tous les écrits publiés par ce médecin célèbre sont remarquables; mais son traité des maladies du cœur tient le premier rang parmi tous les ouvrages de son siècle. Il a pour titre : Traité de la structure du coeur, de son action et de ses maladies (Paris, 1749, 2 vol. in-4°). Parmi ses autres écrits, nous citerons : Nouveau cours de chimie, suivant les principes de Stahl et de Newton (1723, 2 vol. in-12); l'Anatomie de Heister, avec des essais de physique sur l'usage des parties du corps humain (1753, 3 vol. in-12); Discours sur la méthode de Franco et sur celles de llau, touchant l'opération de la taille (1727, in-12); Lettre sur le choix des saignées (1730, in-12); Traité des causes, des accidents et de ta cure de la peste (1744, in-4c). Sénac a encore I fourni quelques mémoires insérés dans les bulletins de l'Académie des sciences, dans le Journal des savants et publié une traduction de VAnatoniie de Heister, avec des Essais de physique sur l'usage des parties du corps Aumain (1724, in-go).

SÉNAC DE MEILHAN (Gabriel), littérateur et publiciste, fils du précédent, né à Paris en 1736, more k Vienne en 1803. Tout jeune, il s'adonna à la poésie et adressa à Voltaire une pièce de versa laquelle l'illustre philosophe répondit eu l'appelant" le~favori d'Apollon. » Toutefois, il ne tarda pas à renoncer aux Muses pour entrer dans l'administration et il devint successivement maître des requêtes (1704), intendant des provinces d'Auuis (1766), de Provence (1773), de Hainaut (1775) et intendant général de laguerre{l776). Homme d'esprit,'tres-ambitieux, fort aimable, aux mœurs des plus licencieuses, il fut un des courtisans assidus de Mmc de Pompadour, de la duchesse de Grammont, sœur du duc de Choiseul, et se lia avec la marquise de Créqui dune amitié aussi vive que durable. Ayant publié quelques écrits, il se porta, mais sans succès, candidat à l'Académie française. Au début de la Révolution, Seuac fut mis en relation par le comte de La Murck avec Mirabeau, qui ne put s'entendre avec lui. En 1791, il émigra à Aix-la-Chapelle, puis à Brunswick et ue là en Russie, et brilla parmi les beaux esprits français qui étaient allés chercher à la cour de Catherine un écho des souvenirs de Versailles et mendier des pensions pour remplacer celles qu'ils avaient perdues. Sénac de Meilhau en obtint une de 6,000 roubles. L'impératrice, désirant qu'il écrivit l'histoire de Russie et sa propre histoire, t'admit dans son intimité. Toutefois, il lui plut peu. i Elle trouvait, dit l.évis, que tout son esprit ne rachetait pas da graves inconvénients .: une plaisanterie

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de mauvais goût, quelquefois peu de souplesse et souvent trop peu de retenue ; enlin une teinte de pédanterie mal déguisée sous une légèreté d emprunt. » Sénac quitta Saint-Pétersbourg à l'avénementde Paul 1", moins amateur des lettres que son illustre mère, se renditàHambourç,visitaVenise, puis se fixa à Vienne, où il se lia avec le prince de Ligne et où il termina sa vie. On doit à Sénac un certain nombre d'ouvrages dans lesquels on trouve des aperçus brillants, des raisonnements ingénieux, des faits intéressants, en un mot, beaucoup plus d'esprit que de goût et plus de brillant que de profondeur. On a de lui : Mémoires d'Anne de Gonxague, princesse palatine (1186 et 1789, in-81*), ouvrage intéressant et fort curieux, dont les détails sont, sinon vrais, du moins vraisemblables; Considérations sur le luxe et tes richesses (1787, in-8°), dans lesquelles il regarde le luxe comme « l'emploi stérile des hommes et des matières, » et combat les idées de Necker; Considérations sur l'esprit et les mœurs (17S7, in-8°), ouvrage intéressant, dans lequel il donne non sans crudité une image vivante de la société corrompue au milieu de laquelle il vivait; Mélanges de philosophie et d'histoire (1789, in-8°); Des principes et des causes de la Révolution (1790, in-8°); les Deux cousines (1790), conte philosophique • trèsspirituel et des plus distingués par l'idée, ■ dit Sainte-Beuve; Lettre à J/me de *" (1792, in-8°), où il raconte sa première entrevue avec Catherine II, qu'il admire autant que Saint-Pierre de Rome ; V Emigré (1797, 4 vol. in-8°), roman dans lequel il fuit un tableau fidèle des idées et des mœurs des émigrés ; Du gouvernement, des mœurs et des conditions en France avant la Révolution (1797, in-8°) ; Portraits et caractères des personnages distingués de la fin du. xvntc siècle (lt\à, in-8<>). Ces deux derniers ouvrages sont les plus remarquables qu'on doive k Sénac; on y trouve des portraits tracés avec beaucoup d'art et des pensées profondes, bien que souvent pleines d'amertume.

SÉNACIE s. f. (sé-na-sî). Bot. Genre d'arbrisseaux, de la famille des pittosporées, réuni par plusieurs auteurs au genre pittospore.

SENACULUM s. m. (sê-na-ku-lomm — mot lat. ; de senatus, sénat). Antiq. Lieu des conférences ou des séances du sénat romain. Il On dit aussi sénacle.

— Encycl. Le lieu ordinaire de la réunion du sénat tut d'abord la curie Hostilia, construite par le roi Tuilus Hostilius sur le Forum, devant le Coinitium. Elle fut incendiée lors des funérailles de Clodius, l'an 701 de Rome, et reconstruite par Faustus, fils de Sylla. Lépide, maître de la cavalerie sous Jules César, l'ayant démolie en haine de Sylla, César fut chargé par le sénat de bâtir une nouvelle curie sur remplacement de l'ancienne; cet édifice ne s'acheva qu'après la mort du dictateur et fut dédié par les triumvirs, l'an 712 de Rome, sous le nom de curie Julia. Dans les commencements, tout Sénatus-consulte devait être rendu dans la curie Hostilia, et elle resta le lieu le plus habituel des séances du sénat. Il y eut cependant d'autres édifices où les séances se tinrent quelquefois et qui, pour ce motif, reçurent la dénomination de ssnaculwn. Ces édifices furent le temple de la Concorde, au pied du mont Capitolin, le temple de Bellone, prèsdu cirque Flaminius, et un bâtiment voisin de la porte Capène, Le sénat s'assemblait dans le temple de Bellone, principalement lorsqu'il avait à recevoir les ambassadeurs d'une nation en guerre avec Rome; en ce cas, il n'était pas permis aux ambassadeurs d'entrer dans la ville, et le temple de Bellone se trouvait précisément situé hors des murs, derrière le mont Capitolin. Deux autres édifices, construits pour les séances du sénat, portèrent à Rome le nom de senaculum : la curie Pompeia et la curie Octavia. C'est Pompée qui éleva la première, vers l'an 700 de Rome, sur le côté gauche du portique qu'il édifia derrière son théâtre. La seconde fut élevée par Auguste l'an 721 de Rome, au fond du portique dédié à sa sœur Octavie. Sous les empereurs, le sénat tint souvent ses assemblées dans la maison de l'un des consuls; mais on ne voit pas que cette circonstance ait valu k ces maisons le nom de senaculum.

On sait que diverses villes de l'empire romain avaient un sénat à l'image de celui de Rome, et qu'it était chargé de répartir et de lever les impôts. Chacune de ces villes possédait un édifice dans lequel s'assemblait le sénat. On donnait à cet édifice le nom de curie, comme au sénat lui-même; on ne lui donnait pas le nom de senaculum, qui était réserve aux lieux de réunion du sénat dans la ville de Rome.

SENAGE s. m. (se-na-je). Ane. coût. Droit sur le poisson de mer, qu'on percevait en Bretagne pendant le carême. Il Droit qu'on payait pour pouvoir mettre une enseigne.

SENAGO, bourg du royaume d'Italie, province et district de Milan, mandement de Bollate; 2,457 hab.

SÉNAGRUEL s. m. (sé-ua-gru-èl). Bot. Un des noms de la serpentaire de Virginie.

SENA1LLÈRE s. f. (se-na-Ilère ; U mil.). Econ. rur. Plancher d'etable.

SENAIRE adj. (sé-nè-re — lat. senaritss, itiÊme sens; de seni, six). Disposé par six.

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— Prosod. Composé de sis pieds : Vers sénaire. /ambiguë sénaire.

— Substantiv. : Les comiques latins employaient le sénaire libre.

— Encycl. Sénaire est le nom que les Latins donnaient au vers ïambique trimètre, parce qu'il était composé de six pieds (senarius, composé de six). Ces six pieds formaient trois djpodies ou trois mètres. Le vers sénaire fut, après l'hexamètre et le pentamètre, le plus usité chez les Latins. La comédie et la tragédie l'ont en quelque sorte préféré à tous les autres.

Catulle, dans ses vers sénaires, a imité strictement les modèles grecs et les a toujours composés, comme eux, de six ïambes :

Pltase- | -lui il- 1 -le, quem | vide- | -lis, ho- j -spites. Ait | fuis- j -se na- | -vium 1 celer- 1 -rimus...

Il est rare de trouver une semblable rigueur dans les autres poètes latins; Horace luimême y admet le spondée aux pieds impairs. Au théâtre, surtout chez les comiques, les licences furent poussées très-loin relativement k ce vers. De là est venue la distinction du sénaire libre, et c'est sur celui-ci que nous insisterons dans cet article, renvoyant pour tout le reste à l'article qui traite du vers ïambique. V. ïambique.

Ennius, Pacuvius et Attius employèrent le sénaire libre. 11 se trouve aussi chez Sénèque; mais c'est surtout dans le théâtre de Plante et de Térence qu'il faut l'étudier. D'excellents critiques ont pensé qu'on avait exagéré les irrégularités dont le sénaire semble s'y donner la licence; ils ajoutent que, s'il y existe des passages dont la métrique ne puisse rendre compte , on en doit attribuer la cause k l'ignorance des copistes qui ont interverti l'ordre des mots ou supprimé des archaïsmes, ou à l'introduction dans le texte de gloses qui ont produit des vers trop longs. On fait remarquer, en outre, que Plaute et Térence, reproduisant la langue familière, introduisaient dans leurs vers, pour la rapidité de la conversation, beaucoup de contractions, de synérèses et de syncopes. Il résultait de toutes ces licences un vers bien différent du sénaire pur. Cicéron a exprimé ce que pensaient les hommes de goût de son temps, quand il a dit: « Les ïainbiques de la comédie étaient souvent si négligés, k cause de leur ressemblance avec la conversation, qu'à peine pouvait-on y reconnaître la mesure. » Cependant il ne faudrait pas s'exagérer le défaut d'harmonie de ces vers. Quintilien reconnaît particulièrement pour Térence qu'il a su faire un emploi harmonieux du sénaire, et il exprime le regret qu'il ne se soit pas borné à ce mètre. Priscien, qui a résumé les règles de la métrique des comiques s'étonne de voir nier la cadence de leurs vers et d'entendre des savants qui prétendent seuls en pénétrer le secret.

Phèdre, dans ses fables, a employé le sénaire libre, mais avec beaucoup moins de licences qu'on ne l'a fait au théâtre.

SËNAJI, le plus ancien poste mystique des Persans, né à Gazna, mort dans la même ville en 1180. Il a laissé un recueil de poésies ascétiques intitulé : Parterre, et dont Hammer-Purgstall a donné des extraits dans son Histoire (en allemand) des belles-lettres en Perse, p. 102 et suivantes.

SÉNANCOUR (Etienne Pivert de), littérateur français, né à Paris en 1770, mort à Saint-Cloud en 1846. Son père était contrôleur des rentes et jouissait d'une grande aisance, mais il perdit sa fortune à l'époque de la Révolution,par suite de la dépréciation des assignats. Sénancour fit ses études au collège de La Marche et fut d'abord destiné k l'état ecclésiastique. Pour se soustraire k la volonté paternelle, il gagna la Suisse, aidé en secret par sa mère. Il était déjà en proie k la vague mélancolie qui le domina toute sa vie. «J'aimais, dit-il, les fondrières, les vallons obscurs, les bois épais; j'aimais les collines couvertes de bruyères; j'aimais beaucoup les grès renversés, les rocs ruineux; j'aimais bien plus ces sables vastes et mobiles dont nul pas d'homme ne marquait l'aride surface, sillonnée {à et là par la trace de la biche inquiète ou du lièvre en fuite. » C'est en songeant k la forêt de Fontainebleau, qu'il avait visitée avec sa mère, qu'il écrivait ces lignes. Les sombres paysages de quelques parties de la Suisse eurent plus d'action encore sur son imagination. En vrai disciple de J.-J. Rousseau, il erra avec délices dans les montagnes, puis il se fixa chez une famille du canton de Fnbourg, où il ébaucha un roman sentimental avec la fille de la maison. Cette jeune fille ayant ensuite refusé son fiancé, ou celui-ci s'étant retiré, Sénancour crut l'avoir compromise et l'épousa, pour réparer le tort qu'il avait pu lui faire. Elle mourut peu de temps après, lui laissant sans doute peu de regrets, car Sénancour plaida souvent et avec constance pour la légitimité et la nécessité du divorce. Il avait été porté sur la liste des émigrés j il ne rentra en France que sous le Diiectoire, vécut à Paris dans un isolement complet et traduisit ses impressions de solitaire désabusé de toute illusion dans un ouvrage intitulé: Rêveries sur la nature primitive de l'homme (Paris, 1799, in-s°). C'est un livre écrit sous l'influence directe de Ruusseau et de Bernardin de Saint-Pierre. ■ Le type

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auquel il rapporte la société présente , dit Sainte-Beuve, c'est un certain état antérieur à l'homme civilisé, état patriarcal, nomade, participant de la vie des laboureurs et des pasteurs, sans professions déterminées, sans classement de travaux, sans héritages exclusifs, où chaque individu possède en lui les éléments des premiers arts, la généralité des premières notions, la jouissance assidue des pâturages et des montagnes, A partir de là, tout lui parait déviation et chute, désastre et abîme. Il a devant les yeux, comme des fantômes, les funérailles de Palmyre et le linceul de Persépolis ; il voit par les progrès de l'industrie et 1 usage immodéré du feu le globe lui-même altéré dans son essence chimique et se hâtant vers une morne stérilité. Le genre humain en masse est perdu sans retour; il se rue en délire selon une pente de plus en plus croulante; il n'y a plus de possible que des protestations isolées, des fuites individuelles vers le vrai. » Ces idées vagues et paradoxales reviennent avec plus de force" dans Obermann (1804, 2 vol. in-8»), le livre capital de Sénancour. Ce n'est pas un roman ; c'est encore une suite de rêveries à peine liées entre elles et le héros sert de prête-nom à l'auteur, soit pour décrire les paysages du Valais ou de la forêt de Fontainebleau, soit pour traduire ses réflexions morales, ses enthousiasmes, ses désenchantements et son scepticisme. « Obermann, dit-il, est un homme qui ne sait ce qu'il est, ce qu'il aime, ce qu'il veut ; qui gémit sans cause, qui désire sans objet et qui ne voit rien, sinon qu'il n'est pas à sa place ; enfin qui se traîne dans le vide et dans un infini désordre d'ennuis. » Sénancour s'est personnifié tout entier dans ces quelques lignes. Toujours aussi isolé et aussi rêveur que son héros, dédaigneux de toute société, de tout commerce avec ses contemporains, il luttait contre la misère, quoique son Obermann eût eu assez de succès pour passionner les jeunes gens, les femmes et ouvrir la voie, avec René, à un nouveau genre littéraire dont la mélancolie, affectée ou véritable, était le trait dominant. S'il se rapprochait par ce côté de Chateaubriand, il s'en éloignait beaucoup au point de vue religieux ; il restait fidèle au scepticisme du xvnrs siècle, et quand parut le Génie du christianisme, il en composa une réfutation, qu'il ne fit néanmoins imprimer que sous lu Restauration, ne voulant pas, disait-il, combattre un homme que le régime impérial traitait en ennemi. Un un après Obermann, il "fit paraître un ouvrage très-paradoxal : De l'amour selon les lois primordiales et selon les convenances des sociétés modernes (1805, 2 vol. in-8°), qui a cependant eu plusieurs éditions; la quatrième est de 1834. C'est dans ce livre qu'il soutient opiniâtrement le divorce, comme seul correctif qu'il y ait au mariage, et il réduit à si peu de chose l'amour, en le voulant toujours guidé par la raison, que la spirituelle définition de M^e de Staël, « l'amour, c'est de l'égoïsme k deux, > n'aurait certainement pas été de son goût; il veut que l'amour soit de l'égoïsme pur et simple.

A la chute de l'Empire, il se lança un peu dans l'actualité et publia quelques brochures politiques : Simples observations soumises au congrès de Vienne par un habitant des Vosges (1814, in-8») ; Lettre d'un habitant des Vosges sur MM. Buonaparte, Chateaubriand, Grégoire, etc. (1814, in-8°), et il collabora pour vivre k quelques entreprises de librairie. Ses Observations sur le Génie du christianisme parurent en 1816; trois ans après, il donna ses Libres méditations d'un solitaire inconnu sur le détachement du monde et sur d'autres objets de la. morale religieuse (1819, in-8°), rééditées eu 1838. Les besoins de la vie l'obligèrent d'abandonner ce genre de travaux peu fructueux; il collabora k la Biographie des contemporains de Rabbe et écrivit pour une bibliothèque populaire : le Vocabulaire de simple vérité (1821, in-12); Résumé de l'histoire de la Chine (1824, in-12) ; Résumé des traditions morales et religieuses chez tous les peuples (1825, in-12); Résumé de l'histoire romaine (1827, 2 vol. in-18). Le Résumé des traditions morales et religieuses lui valut un procès; il avait eu l'audace d'appeler Jésus un « jeune sage, » tout simplement, ce qui fut considéré par le ministère public comme une attaque indécente au culte catholique. Sénancour se vit condamné, en police correctionnelle, à la prison et a l'amende, mais s'étant pourvu contre ce jugement il obtint de passer en cour d'assises et fut acquitté. On lui doit encore un roman, Isabelta (1833, in-8"), qui fut loin d'avoir le succès d'Oôermaim. Sénancour s'éteignait obscurément dans la misère, accablé d'infirmités, lorsque M. Thiers, étant ministre de l'intérieur, informé de sa détresse, lui fit allouer une pension ; le ministre de l'instruction publique, Villemain, lui en obtint une seconde, et il put ainsi passer moins péniblement ses derniers jours.

Sénancour est k peine connu de la génération actuelle; cependant Obermann, réimprimé en 1846 et précédé d'une étude de Sainte-Beuve, lui a donné colmne un regain de célébrité. Un style parfois brillant, de pittoresques descriptions, un vif enthousiasme pour les beautés de la nature, des aspirations vagues à une rénovation universelle, le tout noyé dans des rêveries mélancoliques, dans les brouillards d'une philosophie nuageuse que traversent çk et là quelques pensées pro-

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fondes, tel est le caractère général de ses écrits.

SÉNANCOUR (Eulalie-Virginie-Pauline de), fille du précédent, née k Fribourg (Suisse) en 1798. Elle débuta dans les lettres en 1S14, par quelques articles publiés au Mercure de France. Elle collabora ensuite à la Gazette de France (1820-1821), à l'Abeille (1821), au Diable boiteux (1823-1825), au Frondeur impérial (1825-1826), au Mercure du XIX* siècle (1826), au Bonhomme Richard (1832-1S33), au Journal des femmes (1833- 1835), etc.

Mlle de Sénancour a publié quelques ouvrages , dont voici la liste d'après Quérard : la Çonquèlomanie ou Aventures burlesques du grand Barnabe (Paris, 1827, 2 vol. in-12), roman satirique contre Napoléon; les Héros comiques, nouvelles (1820, 2 vol. in»i2) ; Pauline de Sombreuse (1821, 4 vol. in-12); la Veuve ou YEpitapbe (1822, 4 vol. iu-12). ■ Kn général, dit Quérard, les romans do M'ie de Sénancour offrent des caractères variés et souvent neufs, des situations pittoresques, une manière moins soignée, moins étudiée que libre et originale. »

Séuanque (abbayb de). Cette ancienne et célèbre abbaye cistercienne est située dans la commune de Gardes (Vaucluse), k 4 kilom. environ au nord du bourg, k 40 kilom. d'Avignon, au fond de la vallée sauvage de la Sénancole , bordée de collines couvertes de chênes. L'abbaye de Sénanque (sana agua, eau saine) fut fondée en 1148 par Alsaur, évêque de Cavaillon. Peu d'édinces romans sont parvenus jusqu'à nous dans u» état aussi complet de conservation. • A part ses couvertures qui sont quelque peu détériorées, dit M. Rostan (tome XV1U du Bulletin monumental), il n'existe peut-être pas en France d'abbaye aussi intacte. Son cloître, son église et ses bâtiments sont dans le plus parfait état. Il est seulement fâcheux qu'une construction, élevée dans le siècle dernier pour servir d'habitation aux religieux, vienne détruire l'harmonie du vieux monument.... L'abbaye de Sénanque est excessivement remarquable.

C'est un type de l'architecture cistercienne et un curieux spécimen de l'art de transition dans le Midi. Il y règne un grand caractère de simplicité et toute Ja sévérité de style de l'ordre de Clteaux, mais avec une certaine élégance pourtant duns les colonnettes de son cloître et un certain luxe d'ornementation sur ses chapiteaux. C'est un monument complet, qui saisit par son ordonnance simple et régulière, par son style sévère et noble, par son aspect grave et solennel. » L'église abbatiale se divise en trois nefs coupées par un transsept; ce transsept est bordé d'un côté de quatre petites chapelles ou absides circulaires, flanquant la grande abside centrale et toutes voûtées en cul -de -four. L'édifice offre les proportions suivantes : longueur dans œuvre, 39 mètres; largeur, 20 mètres; longueur du transsept, 27m, 36; largeur, 8°i,30. Une coupole surmontée d'un clocher carré que couronne un toit à quatre pans s'élève au point d'intersection des nefs et du transsept. Cette coupole mesure sous clef une hauteur de 16ta,50. La hauteur du clocher atteint 8 mètres, hors œuvre. L'abbaye de Sénanque, occupée pardes bernurdinssjusqu'ii l'époque de la Révolution, est habitée de nouveau, depuis 1854, par des bernardins qui lui ont rendu toute sa physionomie cistercienne; de telle sorte qu'on est là encore en plein x«e siècle. La chaîne des abbés de ce monastère a été renouée le 2 mai 1869 par l'élévation du prieur des religieux actuels k la dignité abbatiale. Tous les archéologues qui ont visité Sénanque ont été frappés d'admiration k la vue de son église et de ses autres bâtiments; son cloître, assez bien conservé, est aussi remarquable.

SÉNAPON s. m. (sé-na-pon). Bot. Plante indéterminée qui croît k la Guyune et dont la racine est employée pour enivrer le poisson.

SENAR (Gabriel-Jérôme), révolutionnaire français, ué à Châtellerault (Vienne) en 1700, mort en 1796. D'abord avocat à ilie-Bouchard, il alla k Tours, en 1789, exercer la profession d'avocat, se fît remarquer par son exaltation patriotique et devint procureur de la commune en 1791. Frappé de destitution à cause de ses violences, il entra, en 1793, au comité de Sûreté générale en qualité de secrétaire rédacteur, fut chargé k diverses reprises d'interroger les suspects et se rendit plusieurs fois en mission k Tours pour y diriger des arrestations. Toutefois, il ne tarda pas à être effrayé du système d'excessive rigueur employé k l'égard des suspects et dit un jour : « Le signe sacré de la liberté devient un signe de carnage. » Incarcéré comme terroriste après le 9 thermidor, Seiiar sortit de prison au bout d'un an et accusa vivement les thermidoriens, notamment Tallien, de n'avoir renversé Robespierre que dans un but d'intérêt purement personnel. Rentre dans la vie privée, il retourna k Tours, où il mourut, après avoir écrit les Brigands de la Vendée en évidence (1794, in-8°); des Révélations puisées dans les cartons du comité de Sûreté générale, livre qui ne fut publie qu'en [824, in-go, par Alexis Dumesnil, dans la Collection Beaudoin. On y trouve des faits curieux sur les héros de thermidor, surtout sur Tallien, mais beaucoup d'erreurs et d'attaques passionnées.

5ENARD (Antoine-Marie-Jules), nvoeat et

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homme politique français , né à Rouen le 9 avril 1800. Son père, qui était architecte, l'envoya étudier le droit à Paris. De retour dans sa ville natale à vingt et un ans, M. Senard exerça la profession d'avocat avec succès, prit une part des plus actives au mouvement qui éclata à Rouen lorsqu'on apprit que Charles X venait de lancer les ordonnances de Juillet, et se rallia à la monarchie de Louis-Philippe. Mais ses illusions sur le roi-citoyen ne tardèrent pas à se dissiper. M. Senard se jeta alors dans l'opposition, 4ont il fut un des chefs dans la Seine-Inférieure, devint bâtonnier de son ordre, prit une part active au mouvement réformiste en 1847 et présida à Rouen, le 24 décembre de la même année, un banquet qui eut du retentissement. Après la chute de Louis-Phi- Uppe, le gouvernement provisoire le nomma procureur général dans cette ville. Elu en avril représentant du peuple à la Constituante dans son département, il siégeait depuis peu à l'Assemblée, lorsque des troubles éclatèrent à Rouen. N'ayant point encore été remplacé comme procureur général, M. Senard retourna aussitôt prendre possession de ses fonctions, qu'il remplit avec fermeté, et contribua à comprimer l'émeute. Son énergique attitude lui valut d'être élu président de l'Assemblée, à la tête de laquelle il se trouvait lorsque éclata la formidable insurrection de Juin. Il rédigea alors et lit voter une proclamation, s'entremit auprès de la commission executive pour lui arracher sa démission (24 juin) et poussa à la dictature militaire du général Cavaignac. Lorsque l'insurrection eut été vaincue, l'Assemblée déclara que MM. Senard et Cavaignac avaient bien mérité de la patrie. Devenu ministre de l'intérieur (85 juin), il reconstitua l'administration départementale et centrale, les municipalités et la police, et donna sa démission le 13 octobre suivant pour laisser son portefeuille à M. Dufaure, dont il approuva hautement l'entrée aux affairas. Après l'élection présidentielle de Louis Bonaparte, M. Senard entra dans l'opposition et vota avec les républicains de la nuance du National, Non réélu à la Législative en 1849, il se fit inscrire au barreau de Paris, où il continua à exercer la profession d'avocat jusqu'à la fin de l'Empire.

Après la révolution du i septembre 1870, M. Senard fut chargé par le gouvernement de la Défense nationale d'aller remplira Florence, auprès de Victor-Emmanuel, une mission analogue à celle que M. Thiers allait remplir à Londres, à Vienne et à Saint-Pétersbourg, et qui avait pour but d'amener les grandes puissances, au nom de l'intérêt même de l'Europe, à une intervention collective pour décider la Prusse à ne mettre à la paix que des conditions que la France pût honorablement accepter. Outre cette mission, M. Senard en avait une autre; c'était d'enrayer le mouvement séparatiste qui venait de se produire à Nice, dans le but d'amener le retour à l'Italie de la Savoie et du comté de Nice. Le représentant de la France reçut un excellent accueil de Victor-Emmanuel. Il s'empressa de féliciter le roi sur l'oecupation de Rome (20 septembre), « heureux événement qui délivrait Rome et consacrait l'unité de l'Italie, » puis il provoqua des explications au sujet du mouvement séparatiste. Le gouvernement italien lui répondit qu'il « regarderait comme une infamie et une lâcheté de profiter des désastres de la France pour lui reprendre une concession qu'on lui avait faite, après consentement donné par les habitants, quand, puissante et victorieuse, elle venait, par un suprême effort, d'aider l'Italie à conquérir son indépendance et à marcher vers l'unité. » M. Senard transmit cette réponse au gouvernement de la Défense, la fit afficher et répandre dans les départements annexés, obtint des modifications dans le personnel administratif de ces départements et parvint à faire complètement avorter le mouvement séparatiste. Vers le milieu du mois d'octobre, M. Thiers vint rejoindre M. Senard à Florence. Comme cet homme d'Etat avait échoué dans ses tentatives auprès des cabinets de Londres, de Vienne et de Saint- Pétersbourg, le gouvernement italien déclara qu'il ne pouvait agir isolément auprès du roi de Prusse et refusa de se départir de son attitude de neutralité. La mission dont M. Senard s'était chargé, sans titre d'ambassadeur et sans traitement, n'ayant plus d'objet, il revint en France avec M. Thiers (23 octobre). Au mois de juillet 1874, il fut élu bâtonnier du barreau de Paris en remplacement de M. Lacan. Au mois d'octobre suivant, les électeurs de Seine-et-Oise ayant été appelés à nommer un député, M. Senard, maire de Satnt-Cloud depuis 1871, devint la candidat des divers groupes républicains du département et fut élu, le 18 octobre, par 59,637 voix contre 44,784 données au duc de Padoue, candidat bonapartiste. 11 alla siéger à gauche et il a voté la constitution du 25 février 1875, s'est prou%ueé contre la loi de l'enseignement supérieur (13 juillet), etc. Les avocats du barreau de Paris l'ont réélu bâtonnier de leur ordre pour l'exerrice 1875- 1878.

SENAREGA (Barthélémy), chroniqueur italien et patricien génois, né vers le milieu du xve siècle, mort vers 1515. Il fut employé par son gouvernement à diverses négociations importantes, notamment en 1484

SÉNA

auprès de l'empereur, et il a écrit en latin les annales de sa ville natale. Son ouvrage est intitulé : De rébus Genuensibus commentaria ab amio 1488 ad amium 1514 (imprimé en 1733 à la fin du tome XXHI des Scriptores rerum italicarum, de Muratori, p. 511 et suiv.).

SENARICA, ville du royaume d'Italie, province de l'Abruzze Ultérieure Ire, district et à 17 kilom. S.-O. de Teramo, mandement de Montorio; 2,700 hab. Autrefois les habitants de cette ville se disaient tous nobles et ne payaient point d'impôts. Jeanne Ire avait accordé à la ville le titre de république, titre qui lui a été longtemps conservé.

SÉNARMONT (Alexandre-Antoine Hurbau de), général français, né à Strasbourg en 1767, mort près de Cadix en 1810. Elève de l'école militaire de Metz, il servit dans l'artillerie, devint capitaine en 1792, se signala à l'armée de Sambre-et-Meuse, notamment en défendant le pont de Monceaux, près de Charleroi (juin 1794), et fut promu peu après chef de bataillon. Après avoir été sous-directeur de l'artillerie à Douai, il prit part au siège de Luxembourg, devint membre du comité d'artillerie et fut nommé, en 1800, chef d'état-major de l'armée de réserve. Peu après, il se distingua au passage du mont Saint- Bernard, à la bataille de Marengo et reçut le grade de chef de brigade (septembre 1800), puis le commandement du 6e régiment d'artillerie. .Nommé, en 1805, sous-chef d'étatmajor général d'artillerie à la grande armée, Sénarmont acquit la réputation d'un des meilleurs officiers de son arme par l'habileté dont il fit preuve à Austerlitz, à Iéna, à Eylau et à Friedland. Général de brigade en 1806, commandant de l'artillerie du 1er corps de l'armée d'Espagne en 1808, il obtint cette même année le grade de général de division et le titre de baron pour sa brillante conduite au défilé de Sommo-Sierra, prit une grande part au succès de la bataille d'Ocafla et fut tué par un obus au siège de Cadix. On a de lui des Mémoires intéressants qui ont été publiés par le général Marion (1846, in-8°).

SÉNARMONT (Henri Hureau de), minéralogiste et physicien français, neveu du précédent, né à Broué (Eure-et-Loir) le 6 septembre 1808, mort à Paris le 30 juin 1862. Admis à l'Ecole polytechnique en 1826, il en sortit le premier et entra à l'Ecole des mines. Successivement ingénieur a Rive-de-Gier,

Puis au Creuzot, professeur de physique à Ecole polytechnique, examinateur des élèves pour la même science, M. de Sénarmont fut, en outre, professeur de minéralogie et directeur des études à l'Ecole des mines, conservateur de la bibliothèque et secrétaire du conseil du même établissement, membre de la commission des machines, ingénieur en chef (1848), officier de la Légion d'honneur. Enfin, il succéda à Beudant, en 1852, comme membre de l'Académie des sciences. Ce savant, qui, comme professeur, a laissé un souvenir durable, s'est principalement occupé de physique, de zoologie et de minéralogie, et a publié sur ces diverses sciences un assez grand nombre de mémoires dans les Annales ■ des sciences et dans les Annales de physique et de chimie. Voici les titres des plus importants : Des modifications que la réflexion spéculaire imprime aux rayons de lumière polarisée (1840, in-8°) ; Sur la réflexion et la double réfraction de ta lumière par les cristaux doués de l'opacité métallique (1847, in-8°); Sur la conductibilité des substances cristallisées pour la chaleur (1847, in-8<>) ; Sur la conductibilité des corps cristallisés pour l'électricité (1850); Sur la fabrication artificielle des minéraux; Sur les propriétés optiques des corps isomorphes, etc. On lui doit, en outre, Essai d'une description géologique du déparlement de Seine-et-Marne (1844, in-8*); Essai d'une description géologique du département de Seine-et-Oise (1844, in-8°) et la-traduction du Traité de cristallographie de Miller (1842, in-8°). Le résumé du cours qu'il professait à l'Ecole polytechnique a été autographié après sa mort à un assez grand nombre d'exemplaires pour qu'il ne soit pas extrêmement rare. On y trouve des notes fort intéressantes sur les points les plus difficiles de la science. A un rare talent d'exposition, Sénarmont joignait une grande sagacité, un jugement sûr et une entière bonne foi. Il a presque inauguré en France, pour l'enseignement de la physique, la sage réserve que commandent si impérieusement, dans 1 intérêt des progrès futurs, lés incertitudes

3ui planent encore sur tant de points délicats e la science, et il évitait avec le plus grand soin de se prononcer d'une façon exclusive en faveur d'une hypothèse encore douteuse, d'une théorie sujette k discussion.

SÉNARMONT1TE s. f. (sé-nar-mon-ti-te — du nom de M. de Sénarmont). Miner. Acide antimonieux cristallisé.

SÉNART (forêt de), dans le département de Seine-et-Oise, arrond. et à 5 kiloin. de Corbeil, dans le canton de Boissy-Saint-Léger. Elle a 9 kilom. de l'E. a l'O., sur 4 kilom. du N. au S. La route de Paris à Melun la traverse. Les rois de France y faisaient autrefois de grandes parties de chasse.

SÉNARTINE s. f. (sé-nar-ti-ne). Ane. coram. Espèce d'étoffe qui était fabriquée par des ermites de la foret de Sénart.

SÉNAS, autrefois Senassium, bourg et com-

SÉNA

mune de France (Bouches-du-Rhône), cant.

d'Orgon, arrond. et à 48 kilom. d'Arles; 2,080 hab. Magnaneries; fabrication d'instruments aratoires. On y remarque plusieurs villas romaines en ruine et des restes d'un aqueduc qui amenait l'eau de la Durance dans des viviers.

SÉNAT s. m. (sé-na — latin senatus, proprement assemblée de vieillards; de senex, vieux, le même que le gothique sineigs, l'irlandais sean, kymrique heu, le lithuanien senas, le grec enos, l'arménien hin, le zend hana et le sanscrit sana, de longue durée, sanaya, vieux). Hist. rom. Assemblée de patriciens qui formait le conseil suprême et perpétuel de l'ancienne Rome : Le sénat de Home ne fut composé d'abord que de cent membres. (Acad.) Le sénat romain ne se laissait jamais abattre. (Boss.) Servius Tullius étendit les privilèges du peuple pour abaisser le sénat. (Montesq.) C'était au sénat que les empereurs rendaient compte de leurs victoires . (Chateaub.)

J'ai vu le seticit idolâtre

Des crimes de Néron approuver les horreurs.

Racine.

Il Lieu où le sénat s'assemblait : On força les paries du sénat. César fut tué en plein sénat. (Acad.) » jPn'ncecfuîe'iia/.Sénateurqui, ayant été inscrit, émettait le premier son vote, il Sénat des dames, Assemblée de dames romaines établie par Héliogabale, sous la présidence de Moesa, son aïeule, et de Soéinia, sa mère.

— Hist, gr. Conseil suprême de Sparte, composé de vingt-huit vieillards élus par le peuple, il Conseil d'Athènes, composé d'abord de quatre cents citoyens et, plus tard, de"Cinq cents.

— Hist. générale. Nom donné, dans certains Etats qui ont deux assemblées législatives, à l'un de ces deux corps politiques, généralement considéré comme le premier, et provenant moins directement ou même pas du tout de l'élection populaire : Le sénat des Etats-Unis. Le sénat russe. Le sénat de Pologne. Le sénat de Vetiise. Les cités gauloises, administrées par des SENATS héréditaires, choisissaient leurs magistrats. (Raynouard.) Un sénat aristocratique est le plus intraitable des maîtres. (Guizot.) Un sénat n'est à l'épreuve d'aucune circousiance grave. (E. de Gir.) || Assemblée qui, dans quelques pays, forme un tribunal de justice jugeant en dernier ressort : Le sénat de Chambéry. Le sénat de Nice. (Acad.) Il Sénat conservateur, Sénat créé en France par la constitution de l'an VIII et rétabli par celle de 1851.

— Parext. Assemblée quelconque chargée de faire des lois ou do veiller à leur maintien : Dieu disposa lui-même, par une heureuse naissance, M. de Lamoignon à exercer des jugements dans le plus auguste sénat du monde. (Fléch.)

Voici mes conseillers, ma cour et mon sénat.

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