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SENA CS (Marguerite de), illuminée, fondatrice du monastère des Filles de Saint- Thomas et de celui de la Croix, née à Toulouse en 1589, morte à Paris en 1657. Fille de François de Senaux, seigneur de Montbrun, secrétaire du roi, et de Anne de Portail, elle fut mariée, à l'âge de quinze ans, à Raimond de Garibal, conseiller au parlement de Toulouse. Au bout de dix ans de mariage, elle décida son mari à se séparer d'elle, pour se vouer tous les deux à la vie religieuse. En 1618, Raimond entra à la Chartreuse de Toulouse et il devint plus tard prieur de la Chartreuse de Villefranche. La même année, Marguerite de Senaux se renferma dans le monastère de Sainte-Catherine-de-Sienne et prit le nom de Marguerite de Jésus. Appelée à Paris par la comtesse de Saint-Paul, elle fonda, avec l'aide de celleci, le couvent des Filles de Saint-Thomas (mars 1627), établi d'abord dans le faubourg Saint-Marcel, puis au Marais-du-Temple et enfin rue Vivienne.
Quand ce monastère n'eut plus besoin de sa direction, elle songea à en bâtir un autre. Avec le concours de la comtesse de Saint- Paul, de la duchesse de Longueville et de la princesse de Guise, elle fonda (1637) le monastère de la Croix, placé d'abord près de Saint-Eustache, puis à l'extrémité du faubourg Saint-Antoine. C'est dans ce dernier que Marguerite de Senaux acheva ses jours en s'exakant l'imagination par le jeùne; les macérations et la prière. Comme tant d autres pauvres femmes qui laissèrent leur raison dans le confessionnal, sainte Thérèse, Marie Alacoque, etc., elle eut tout naturellement le don' de prophétie. «Elle a eu, dit un de ses dévots biographes, des connaissances qui sont des preuves très-constantes et trèsavérées qu'elle a eu l'esprit de prophétie et, comme la fidèle amie du Seigneur, beaucoup de part à ses secrets... Elle désirail ardemment de savoir l'état de trois personnes décédées qu'elle aimait tendrement... Dieu accomplit si parfaitement son désir qu'elle ne put clouter de leur gloire... Je ne saurais non plus attribuer qu'à une connaissance supérieure le pressentiment qu'elle eut de la mort de son mari. Un matin qu'elle était au parloir, deux Pères fehartreux vinrent la demander, et aussitôt elle s'écria : « O mon Dieul » ces Pères viennent m'annoncer la mort de » mon bon Père dom Garibal. ■ Ce qui était vrai 1 Elle prédit en outre et aurait pu écrire page à page l'histoire des guerres de religion ; elle annonça le jour et l'heure de sa mort, etc. »
Il ne lui manquait, comme on voit, que d'opérer des miracles; cela ne lui fut pas donné de son vivant, mais après sa mort, dit le crédule narrateur que nous avons cité cidessus, • ses filles ayant gardé quelques morceaux des linges qu'on mettait sur ses plaies, ils ont conservé une odeur miraculeuse, que j'ai eu moi-même le bien et la consolation de sentir. Ces mêmes linges, ayant été appliqués sur des personnes qui souffraient de convulsions mortelles, les ont tout aussitôt arrêtées, au grand étonneraent des médecins. >
SENAVE (Jacques-Albert), peintre, né à Loo, près de Furnes, en 1758, mort à Paris en 1823. Fils d'un boulanger, il lit de brillantes études à l'Académie de Duukerque, compléta son instruction par deux voyages à Paris, où, faute de ressources, il ne put rester que peu de temps. Dans l'intervalle, il était revenu à Loo et avait exécuté pour l'église de cette ville un tableau de {'Assomption. Il fut ensuite admis comme élève à l'Académie d'Ypres. De retour de nouveau à lJans, il y fréquenta l'Académie de peinture, fut un des élèves favoris de Suvée, travailla d'après nature et remporta deux prix. En 1821, il retourna en Belgique pour y offrir son tableau représentant une Réunion d'artistes dans l'atelier de Rembrundt à l'Académie d'Y près, qui le nomma directeur honoraire. U donna à l'église de Loo, sa ville natale, un autre de ses tableaux représentant les Sept œuvres de miséricorde. Atteint, après son retour a Paris, d'une paralysie du côté droit, il parvint & dessiner de la main gauche et lit son propre portrait à la mine de plomb, de deux manières, de face et de profil. En 1822, Senave fut nommé membre honoraire de la Société royale des beaux-arts et de littérature de Gand. C'est sur l'invitation de celte société que Van Roo a rédigé une biographie de Senave. Les tableaux de cet artiste sont répandus dans toute l'Europe et aux Etats-Unis; le plus grand nombre se trouvent en Belgique et en France. La plupart d'entre eux sont dans le genre de Teniers et représentent des fêtes flamandes.
SENDIVOG ou SEND1VOGE (Michel), alchimiste, né en Moravie en 1566, mort à Olmutz en 1646. Ce personnage, que les Allemands appellent SendWog et les Français Sendivoge, esc plus généralement connu sous le nom latin de Sendivogiu». D'uilleurs, aucun de ces trois noms n'est le véritable; il s'appelait réellement Semopiiax. Michel Sendivog avilit très-studieusement employé le' temps de sa jeunesse. Par de fortes études, il s était acquis une certaine réputation dans l'art de l'exploitation des mines, puis s'était occupé avec succès de recherches sur lu teinture des étoffes et la préparation des couleurs. Conduit, on ne sait comment, à lire le livre d'Arnauld de Villeneuve sur le grand œuvre,