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il s'éprit d'ardeur pour la philosophie hermétique. Il se trouvait à Dresde au moment où l'électeur de Saxe Christian II persécutait l'achimiste Sethon et le retenait en prison. Grâce au crédit de ses amis auprès de l'électeur, il obtint de voir Sethon à plusieurs reprises, et tout en causant du grand art, il parvint à lui inspirer confiance. Un jour, dans un moment d expansion, il lui proposa de l'arracher à sa captivité. Sethon, séduit par cette perspective, accepta avec empressement et, comme témoignage de reconnaissance, fit les plus belles promesses à son futur libérateur. Après avoir concerté un plan d'évasion, Sendivog se rendit à Cracovie, vendit sa maison et revint s'établir à Dresde, possesseur d'une somme assez forte pour lui permettre de mettre ses projets à exécution. Par une fréquentation assidue de la prison et par des largesses calculées, il gagna la confiance des gardiens et des soldats. Puis, le jour venu, il fit servir à boire aux hommes de garde, les enivra et sortit de la prison, emportant sur ses épaules Sethon, que ses blessures rendaient incapable de marcher. Il ne séjourna à Dresde que le temps nécessaire pour prendre dans la demeure de l'alchimiste sa provision de pierre philosophale et ses manuscrits. Ils montèrent ensuite sur un chariot qui les transporta rapidement à Crucovie. Là, Sendivog mit Sethon en demeure d'exécuter ses promesses, entre autres celle de la révélation du secret hermétique. Ce dernier s'y refusa énergiquement, disant qu'il avait préféré endurer les tortures que lui faisait subir l'électeur de Saxe plutôt que de dévoiler te mystère de la pierre philosophale et qu'avec Sendivog il agirait de même. D'ailleurs il ne jouit pas longtemps de sa liberté; peu de temps après sa délivrance, il mourut des suites des tortures qu'il avait endurées. Avant d'expirer, il remit à Sendivog une poudre qu'il avait fabriquée et avec laquelle il prétendait avoir opéré de nombreuses merveilles en différents pays. Mais ce don n'avait point satisfait Sendivog. Celui-ci, espérant pénétrer les secrets de Sethon, épousa sa veuve; mais celleci ne put que livrer à Sendivog un manuscrit et quelques restes de poudre. L'empereur Rodolphe II, celui que sa prédilection pour l'alchimie avait fait surnommer l'Hermès allemand, reçut la visite de Sendivog dans son château de Prague. Après s'être arrêté quelque temps en Bohême, Sendivog quitta 1 empereur Rodolphe pour se rendre à la cour de Pologne, où il était impatiemment attendu. Sur ces entrefaites, il eut une fâcheuse mésaventure. Dans son passage à travers la Moravie, son pays natal, il fut arrêté par un seigneur qui voulut le retenir prisonnier jusqua ce qu il eût révélé le secret de la pierre philosophale. Sendivog coupa avec une lime les barreaux de sa fenêtre, se fabriqua uue corde avec ses vêtements et s'enfuit tout nu à travers la campagne. Le due Frédéric de Wurtemberg, désireux de connaître Sendivog, le fit venir à Stuttgard au mois de juillet 1605. Frédéric de Wurtemberg, émerveillé par les expériences de Sendivog, se montra plein d'égards et de considération pour lui et lui accorda comme une sorte d'apanage la terre de Nedlingen.
Mais comme le duc Frédéric s était occupé de science hermétique bien avant l'arrivée de Michel Sendivog, il entretenait des relations avec un certain aventurier qui, d'abord barbier de l'empereur Rodolphe, puis domestique de l'alchimiste Rappolt, avait pris quelque teinture de science alchimique. Ce personnage, anobli par l'empereur, se présenta à la cour du duc Frédéric sous le nom du comte de Mullenfels et réussit à captiver sa confiance en exécutant quelques expériences de transmutation ; mais lorsque Michel Sendivog arriva, Mullenfels fut oublie. Aussi résolut-il de se venger et de s'approprier en même temps l'heureux instrument de la fortune de son confrère. Par calcul, Mullenfels se fit le courtisan et le flatteur de Sendivog, et lorsqu'il se crut en possession de toute sa confiance, il parvint a lui persuader que le duc méditait de l'enfermer clans une prison pour tâcher de lui arracher son secret. Sendivog, qui avait toujours présent à l'esprit le souvenir des tonures endurées par Sethon, se prit de peur et ne songea qu'à fuir. Mais à peine était-il en route, que Mullenfels s'élança à sa poursuite avec des hommes armés, l'arrêta et s'empara à lu fois de la poudre philosophale et de divers autres objets précieux. Sendivog resta détenu pendant un an dans une prison du Wurtemberg, pendant que son spoliateur redevenait le premier alchimiste de la cour de Stuttgard, A peine le bruit de cette aventure se fut-il répandu en Allemagne, que l'opinion publique irritée dèsigua le duc Frédéric comme complice de ce guet-apens, qu'on l'accusa d'avoir autorisé, sinon ordonné. Sigismond, roi de Poiogne, touché par les sup plications de la femme de Sendivog, obtint sa mise en liberté, et l'empereur Rodolplw so chargea de lui taire rendre justice. Un exprès fut envoyé au duc de Wurtemberg pour le sommer de livrer le traître Mullenfels. Frédéric, saisi d'une violente colère, feinte ou simulée, se récria contre l'accusation dont il était l'objet. Il rendit les objets précieux enlevés à Sendivog; mais, quant à la fumeuse poudre, il assura n'en avoir jamais eu connaissance. Puis il fit juger et condamner à
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mort Mullenfels, qui fut pendu. Mais à partir de cette époque, Sendivog ne joua plus lu'un. rôle très-effacé. Il mourut a Olmntz, ans la plus grande misère ; il était alors âgé de quatre-vingts ans. Sendivog était devenu possesseur des manuscrits composés par Alexandre Sethon. Le Livre des douze traités ou le Traité de la nature fut publié par Sendivog sous le pseudonyme du Cosmopolite, qui appartenait aussi à Sethon. En 1604, ce livre parut à Cracovie. Plus tard, il publia un Traité du soufre, dont il était l'auteur, avec une épigraphe latine : Angélus doce mihi jus , qui était l'anagramme de son nom. Enfin on a de Sendivog un ilvre intitulé : Œnigma philosophicum ad filios veritatis, qui a été inséré dans le Theatrum chymicum d'Ashmole.
SENDOUK s. m. (sain-douk). Coffre dont se servent les Orientaux et les Algériens.
— Encycl. Le sendouk, meuble souvent unique dans les ménages algériens, sert à, renfermer le linge, les vêtements, les bijoux, les armes, etc. Le sendouk est de forme rectangulaire, avec un couvercle muni d'une serrure; il est supporté par quatre ou six pieds et a au moins 1 mètre cube de capacité. Ces coffres, fabriqués en bois ouvragé, incrusté , peint ou orné de clous et de plaques de métal, sont d'un style assez agréable.
SENDTNÈRE s. f. (sain-tnè-re — de Sendtner, boian. allem.). Bot. Genre d'hépatiques, de la tribu des jongentianniées, formé aux dépens des jongermannes, et comprenant une vingtaine d'espèces.
SENE s. f. (sè-ne). Antiq. gaul. Nom donné aux druidesses, et en particulier à des jeunes tilles de l'Ile de Sein ou Séna, sur la côte sud de la Bretagne, attachées au culte des divinités gauloises et obligées de garder une perpétuelle virginité.
SÉNÉ s. m. (sé-né — ar. Miia.-même sens). Bot. Genre de plantes, de la famille des légumineuses, tribu des césalpiniees, formé aux dépens des casses, auxquelles on le réunie généralement comme simple section : On reproche aux feuilles de SÉNÉ d'occasionner des tranchées. (V. de Bomare.) l! Séné américain, Séné de Maryland, Noms vulgaires de la casse du Maryland. H Séné argel, argliel ou arguel, Noms vulgaires du cynanque argel. Il Séné bâtard ou sauvage, Noms vulgaires de la coronille des jardins, il Séné de la Jamaïque, Nom vulgaire de la poincillade mugninque. Il Séné d Europe ou Faux séné, Noms vulgaires du baguenaudier. il Séné des prés, Nom vulgaire de la gratiole officinale. Il Séné des Provençaux, Nom vulgaire de la globulaire turbith.
— Pharrn. Feuilles de séné, employées comme purgatif: Un gros de séné. Faire infuser du séné dans de l'eau. Se purger avec du séné. (Aead.)
L'un meurt vide de sang, l'autre plein de séné.
Boileau.
Il Séné de l'appalte, Mélange de feuilles de trois espèces du genre cassia, que l'on prépare en Egypte, et qui est frappé d'un impôt appelé apputto. n Séné moka, Séné de ta pique, Séné qu'on tire de l'Arabie. Il Follicules de séné. Gousses de diverses espèces de séné : Les follicules du séné ne purgent pas aussi puissamment que Us feuilles. (Acad.J Si Votre Altesse a mangé goulûment, je puis lui déierger ses entrantes avec de la casse, de la inamie et des follicules ce séné. (Volt.)
— Encycl. On confond sous le nom de séné plusieurs espèces du genre cassia (casse); on en distingue quatre principales. Le séné à feuilles obtuses est un très-petit arbuste, qui dépasse rarement la hauteur de 0m,50 ; sa tige cylindrique, pulvérulente, rameuse au sommet, porte îles feuilles alternes, stipulées, paripennees, à folioles obovales, très-obtuses, presque cunéiformes, un peu pubescentes, d'un vert jaunâtre; les fleurs, d'un jaune pâle, sont groupées en épis axiilaires pédoncules, dépassant les feuilles; ses fruits sont des gousses très-aplaiies, recourbées en arc, presque reniformes, étroites, pubescentes, d'un brun veruatre, offrant de petites arêtes transversales. Le séné à feuilles aiguës s'en distingue par sa tailie deux fois plus grande ; sa tige pubeseente et blanchâtre ; ses feuilles à folioles ovales lancéolées, aiguës, finement pubescentes, surtout â la lace inférieure; ses fleurs d'un jaune plus foncé, brièvement péuieellées, formant des épis plus courts; ses gousses planes, ovales, obtuses, droites et glabres. Le séné à feuilles lancéolées est un petit arbuste rabougri, du reste assez semblable au précédent, dont il se distingue surtout par ses feuilles glabres et pubescentes, munies de glandes sur les pétioles. Le séné d'Ethiopie a des feuilles à folioles plus petites , moins aiguës, moins épaisses, plus vertes, et des fruits petits et brunâtres. On peut encore mentionner, pour mémoire, les sénés purgatif, émarginé, faux troène, occidental du âlaryluud, à feuilles ovales, etc.
Les quatre principales espèces de séné habitent l'Orient et sont répandues surtout en Egypte, en Ethiopie, en Nubie et dans quelques régions voisines. La première se trouve aussi en Syrie etau Sénégal. Les dernières espèces, que nous avons simplement nommées, sont réparties dans les contrées chaudes et
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tempérées de l'Amérique, depuis les Etats- Unis jusqu'au Brésil. Le séné àjeuilles obtuses est cultivé en Italie et en Espagne et aussi en France dans quelques jardins, mais seulement comme plante annuelle; on le propage de graines semées sur couche. Le séné à feuilles aiguës n'est cultivé que dans les serres des jardins botaniques. Le séné à feuilles lancéolées a été introduit dans l'Inde, dans la province de Madras, où on le cultive en grand. Le séné ou casse du Maryland est assez répandu dans nos jardins, où il végète très-bien en pleine terre.
On emploie en médecine les feuilles ou mieux les folioles du séné et ses gousses, improprement appelées follicuies. On les récolte à l'époque de la maturité, qui a lieu en septembre. Suivant le lieu de provenance, on les embarque sur le Nil ou on les expédie
fiar voie de terre, pour les transporter aux ieux d'entrepôt, dont les principaux sont Boulak (faubourg et port du Caire), Esneh, Suakini, Suez, etc. Là on sépare les folioles et les follicules des fragments de rameaux, on concasse légèrement les premières; en un mot, on fait subir au séné des manipulations, souvent aussi, il faut bien le dire, des sophistications, après quoi on le livre au commerce. Parmi les végétaux qui servent ainsi à falsifier le séné, on cite particulièrement l'arguel, le baguenaudier et le redoul. On trouve dans le commerce des sortes assez nombreuses, tant des feuilles que des fruits ou follicules du séné. Parlons d'abord des premières. La plus estimée est le séné de l'appalte, ainsi nommée du mot appalto qui, en langue franque et en italien, signifie ferme, parce que le commerce de cetts denrée ne peut se faire qu'en vertu d'un privilège vendu ou affermé tous les ans par le gouvernement d'Egypte. Ce séné est en feuilles lancéolées, longues de om,020 à om,025, larges de 0m,007 à 0m,011, terminées en pointe mousse, fermes, roides, douces au toucher, un peu irregulières à la base, vert jaunâtre en dessus, jaunâtres en dessous, à nervures bien marquées. Ce séné a une odeur forte et nauséabonde, une saveur mucitagineuse particulière. Il vient de la haute Egypte et de la Nubie, par Le Caire et Alexandrie, en grosses balles appelées fardes, formées d'une étoffe épaisse de crin et de laine, recouvertes d'un emballage de jonc. Il doit être constitue exclusivement par le séné a. feuilles aiguës ; mais quelquefois on le trouve mélangé de folioles d'autres espèces, ainsi que de feuilles et même de bûchettes d'arguel. Au reste, son importation a beaucoup diminué.
Le séné d'Alep, souvent confondu avec le précédent et aussi estimé, s'en distingue par ses feuilles plus étroites, moins lancéolées, moins jaunes ; il vient d'Alep et d'Alexandrette, emballé, dans une toile de coton et renfermé dans une caisse recouverte de toile grise. Le séné de Tripoli est en feuilles lancéolées, moins longues, moins aiguës, plus minces, plus vertes et plus brisées que celles de l'appalte, un peu dures au toucher, à nervures inoins saillantes, d'une odeur et d'une saveur herbacées; plus chargé de bûchettes ou de pétioles, il est moins estimé que le précédent ; il vient, par Tripoli, de l'intérieur de l'Afrique, en balles de jonc tressé. Le séné de Moka ou de La Mecque est en feuilles lancéolées, longues de 0nl,02 à 0m,03, trèsétroites, très-aiguës , minces, jaunâtres, à nervure médiane très-marquée, d'une odeur de foin et d'une saveur très-mucilagiueuse ; il vient, par Moka et LaMecque,de l'Arabie méridionale, en balles de tissu de lentisque. Le séné de l'Inde ressemble beaucoup au
f 'recèdent; mais il est bien plus net; les feuiles sont longues de 0"»,035 à 001,045, larges de Ou^OOa k 0m,01, lancéolées, entières, fermes, irrégulières à la base, assez fortement veinées, plus rudes au toucher que celles de l'appalte, mais de même couleur ; on n'y trouve que rarement des corps étrangers ; aussi est-il très-estimé et très-employé en Angleterre ; il vient en balles carrées, fortement cordées et dont les deux extrémités sont garnies intérieurement de morceaux de cuir. Le séné du Sénégal est fourni par le séné à feuilles obtuses ; il est formé de folioles plus petites, ovales, rétrécies à la base, très-obtuses, quelquefois un peu échancrées au sommet qui se termine en pointe saillante, très-veinées, glauques, ayant une odeur, une saveur et une action inoins prononcées. Le séné dit d'Espagne ou d'Italie paraît appartenir à cette sorte. Enfin, le séné d'Amérique, fourni par les dernières espèces nommées plus haut, présente beaucoup de variations, suivant les végétaux et les lieux de provenance, mais ne sort guère de ce pays.
Quant aux follicules de séné, on distingue surtout les trois sortes suivantes. Les follicules de l'appalte sont ovales, droits ou un peu recourbés, longs de 0m,055 à 0^,070, larges de 0m,030 à 0m,035, plats, lisses, luisants, d'un vert sombre , quelquefois mélangés de feuilles et de pétioles (bûchettes) ; ce sont les plus estimés. Les follicules de Tripoli sont moins longs, moins larges, plus légers, plus brisés, d'un vert jaunâtre. Ces deux sortes, produites par lese'«éà feuilles aiguës, sont emballées comme les feuilles. Les follicules d'Alep, provenant du séné à feuilles obtuses, sont d'un gris brunâtre ou rougeâtre, quelquefois d'un gris perle, plus étroits que les précédents, un peu contournés ou demi-
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circulaires, rudes au toucher, munis de petites crêtes saillantes; ils sont peu employés- Soumis à l'analyse chimique, le séné a donné de la chlorophylle ou matière verte colorante, une huile grasse, une huile volatile peu abondante, de l'albumine, un principe particulier nommé cathartine, un principe colorant jaune, du muqueux, de l'acide matique, du malate et du tartrate de chaux, de l'acétate de potasse et quelques sels minéraux. « La cathartine, qui parait être, dit A. Richard, le principe actif et purgatif du séné, est sous forme d'un extrait d'un jaune rougeâtre, d'une odeur particulière et d'une saveur amère et nauséabonde. L'eau et l'alcool la dissolvent facilement; mais elle est insoluble dans l'éther. »
C'estaux médecins arabes que nous devons la connaissance des propriétés du séné et son introduction dans la thérapeutique. Ces propriétés existent dans toutes les parties de la plante, mais surtout dans les folioles, et à un degré moins marqué dans les fruits et les pétioles. On a longtemps prétendu, mais à tort, que le mélange de ces derniers avec les feuilles pouvait causer des coliques. Les propriétés de cette plante diminuent par l'ébullition dans l'eau; c'est donc par infusion qu'il faut la traiter; la décoction et surtout l'extrait sont beaucoup moins énergiques. Il en est à peu près de même de la poudre, dont on est forcé d'administrer une forte dose pour obtenir un effet appréciable. Quelquefois on associe au séné des substances plus douces ou plus aromatiques, telles que la manne, l'ariis, la coriandre, etc. Il entre aussi dans la composition de nombreux médicaments, entre autres de la fameuse médecine noire. Il est employé dans la médecine homœopathique. On l'administre aussi à l'extérieur, sous forme de lavements.
Le séné est un purgatif lent, mais d'un effet certain; il serait d'un usage plus fréquent n'était sa saveur amère et nauséabonde, qui le rend désagréable à prendre. « Ce médicament, disent les auteurs de la Flore médicale, ne donne pas lieu à des évacuations séreuses comme les purgatifs qui exercent une action directe sur la muqueuse digestive ; il imprime une certaine contractilite a l'intestin, à la vessie et à l'utérus. » A haute dose, il provoque des coliques utérines plus ou moins violentes et produit souvent un effet emménagogue.
— Ail us. littér. Passex-moi la rhubarbe, je tous passerai le séné, Passage de Molière qui a été modifié pour recevoir cette forme proverbiale. V. rhubarbe.
SÉNÉ, ÉE (se-né). Métriq. Rime senée,Vers dont chacun ou dont chaque mot commence par une même lettre, comme dans les suivants .
C'est Clément contre chagrin cloué, El est £tienne éveillé, enjoué.
Ci. Marot.
SENE, bourg et commune de France (Morbihan), canton, arrond. et à 6 kilom, de Vannes, sur la baie de Morbihan ; pop. aggl., 532 hab. — pop. tôt., 2,702 hab. Marais salants. Fabrication de. produits chimiques; moulins. Aux environs, nombreux débris de monuments druidiques. •
SENEB1ER (Jean), bibliographe et naturaliste suisse, né à Genève en 1742, mort dans la même ville en 1809. Il était fils d'un riche négociant qui désirait le lancer dans le commerce; mais, peu disposé à suivre cette voie et porté naturellement vers l'étude et la science, il finit par obtenir de ses parents l'autorisation de se livrer entièrement aux travaux qu'il affectionnait. Cependant, comme les Genevois sont gens positifs, on le mit en demeure d'embrasser une profession. Ayant étudié la théologie, il fut reçu pasteur en 1765. Senebier lit ensuite un voyage à Parts, où A prit des leçons de déclamation de l'acteur Brizard. Revenu à Genève, il publia, à l'exemple de Marmontel, des Contes moraux, qui passèrent presque inaperçus en France, mais qui obtinrent les honneurs d'une traduction en allemand. Sur les instances de Charles Bonnet, son savant compatriote, Senebier concourut pour un prix proposé par l'Académie de Harlem et obtint l'accessit. La question proposée aux candidats était celleci : En quoi consiste l'art d'observer? En 1769, il fut homme pasteur de.Ohancy, où il séjourna quatre années, consacrant ses heures de liberté à l'étude de l'histoire naturelle. Il devint bibliothécaire de la ville de Genève en 1773. Là, de concert avec son collègue Diodati, il s'occupa assidûment du classement des livres, spécialement des manuscrits, aux plus importants desquels il consacra des notices raisonnées. Cédant ensuite au désir de Bonnet, il traduisit en français tes Opuscules de physique végétale et animale de Spallanzani. Tout en s'occupant de sa science favorite, il vaquait avec ardeur aux recherches que nécessitait la composition de V Histoire littéraire de Genève. En 1787, il devint un des rédacteurs du Journal de cette ville et, l'année d'après, se chargea pour l'Encyclopédie méthodique de la partie consacrée à la physiologie végétale. La révolution genevoise ayant éclaté, il se retira à Rolle, canton de Yaud, chez les parents de sa femme ; mais il n'interrompit point ses travaux. De retour à Genève (1799), il fut associé à la compagnie des pasteurs qui préparaient une
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nouvelle version des Ecritures. Il venait de terminer sa traduction du grec des Livres apocryphes, quand une maladie vint l'enlever à soixante-huit ans. Indépendamment des écrits que nous avons cités plus haut, on doit à Senebier : Essai sur l'art d'observer et de faire des expériences (Genève, 1775, 2 vol. in-8°; 2e édit., 1802, 3 vol. in-8°); Catalogue raisonné des manuscrits conservés dans ta bibliothèque de Genève (Genève, 1779, in-8°); Mémoires physico-chimiques sur l'influence de la lumière solaire pour modifier tes êtres des trois règnes de la nature et surtout ceux du règne végétal (Genève, 1702, 3 vol. in-8°); lïecherches sur l'influence de la lumière solaire pour métamorphoser l'air vicié en air pur par la végétation (Genève, 1783, in-8°); Recherches analytiques sur la nature de l'air inflammable (Genève, 1784, in-8°) ; Histoire littéraire de Genève (Genève, 1786, 3 vol. in-8°) : cet ouvrage offre le tableau complet de l'état et de la littérature genevoise siècle par siècle. On y trouve, par ordre chronologique , la notice de plus de quatre cents écrivains, savants ou artistes de Genève ; c'est l'œuvre capitale de Senebier; Physiologie végétale (Genève, 1800, 5 vol. in-8°); Rapport de l'air atmosphérique avec les êtres organisés (Genève, 1807, 3 vol. in-8°), extrait en partie des manuscrits de Spallanzani *, Météorologie pratique, à l'usage de tous les hommes et surtout des cultivateurs (Genève, 1810, in-16); Eloges historiques de Huiler, Charles Bonnet, Spallanzani, de Saussure, etc. Senebier, qui appartenait à la plupart des Académies de l'Europe, a publié, en outre, une foule d'articles et de mémoires savants dans lesjournaux et recueils divers de Paris, Turin, Genève, Lausanne, etc.
SENEBIÈRE s. f. (se-ne-biè-re). Bot. V.
SENEBIÉBIE.
SENEBIÉRÉ, ÉE adj. (se-ne-bié-ré — rad. senebiérie). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte à la senebiérie.
— s. f. pi. Tribu de la famille des crucifères, ayant pour type le genre senebiérie.
SENEBIÉRIE s. f. (se-ne-bié-rî — de Senebier, savant genevois). Bot. Genre de plantes, de la famille des crucifères, type de la tribu des senebiérées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent dans les régions chaudes et tempérées de l'ancien continent : On trouve le long des chemins la senebiérie corne de cerf. (P. Duchartre,) Il On dit aussi senebiérk.
SENBCA, lac des Etats-Unis d'Amérique, dans l'Etat de New- York; 40 kilom. de longueur sur 5 à 7 kilom. de largeur. Il communique, par un canal qui porte le même nom, avec les lacsCayuga et Erié; ses eaux trèsprofondes ne se congèlent jamais. Sur la rive occidentale de ce lac s'élève une ville de même nom et dont la populatiou est de 7,527 hab. Verrerie. Le nom du lac et de la ville voisine vient de la peuplade indienne des Senecas, répandue entre les Etats de l'Ohio et de New- York.
SÉNECÉ ( Antoine Bauoeron db ) , poëte français, né à Mâcon en 1643, mort dans la même ville en 1737. Son grand-père, Brice Bauderon, était un savant médecin dont nous avons donné la biographie; son père était magistrat à Mâcon et le destina à l'étude des lois; mais le jeune poëte n'avait aucun goût pour la jurisprudence et menait la vie la plus dissipée. A la suite d'un duel, il fut forcé de sortir île France et de se réfugier en Savoie ; un autre duel le fit passer en Espagne. Rentré en France après que sa première équipée eut été oubliée, il acheta, en 1673, la charge de premier valet de chambre de Marie-Thérèse, femme de Louis XIV, et, dix ans plus tard, entra en la même qualité au service de la duchesse d'Augoulêine. Homme d'esprit et homme du monde, Sénecé n'avait cessé de cultiver les lettres, mais il ne commença à publier ses œuvres que dans la secoiwe moitié de sa vie. Ce sont : Lettre de Clément Marot touchant ce qui s'est passé à l'arrivée de J.-B. Lulli aux enfers (Paris, 1688, in-12); Nouvelles en vers (1695, in-12); Satires nouvelles (1705, in-12); Epigrammes et poésies mêlées (1717, in-12); Psaumes de David (Mâcon, 1722, in-40). Ses Nouvelles en vers, contes versifiés avec esprit, parmi lesquels on remarque les Travaux d'Apollon et la Confiance perdue ou le Serpent mangeur de kaimack et le Turc son pourvoyeur, sont un de ses meilleurs titres littéraires, avec des Epigrammes; celles-ci cependant sont d'ordinaire trop longues et se changent en un récit languissant; ce défaut est sensible surtout dans celles qui sont imitées de Martial; Sénecé a souvent délayé en douze ou quinze vers un simple distique du poëte latin. Ses Œuvres complètes ont été publiées par Auger (Paris, an XIII, in-12); on a aussi publié ses (Euvres choisies dans la Collection des petits classiques français (Lyon, 1825, in-8°J.
SÉNÉCHAL s. m. (sé-né-chal — bas latin senescnlcus ; du germanique : ancien haut allemand siuiscalh, sinescatc, serviteur préposé à la surveillance des esclaves d'une maison. Ce mot signifie J/tceraJenient, selon Grirnm, ancien serviteur, c'est-à-dire le plus ancien des serviteurs d'un maître, et il est composé de sine, vieux, et ùescalh,scalc, serviteur, domestique, qui correspond au gothique skaiks, serviteur, et à l'anglo-saxon scalc, scealc, et
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qui forma la deuxième partie du composé maréchal. Après avoir désigné d'ab'ord le serviteur qui, dans la maison d'un maître germain, était chargé de la surveillance et de !a direction des esclaves, le mot séneschal s'appliqua dans la suite à l'intendant de la maison royale , puis à l'intendant général du royaume). Nom porté primitivement par le valet chargé de 'placer les plats sur la table du roi.
— Officier qui, dans un certain ressort, était chef de la justice, et qui était aussi chef de la noblesse quand elle était convoquée pour l'arrière-ban : Le sénéchal d'Anjou. Le sénéchal de Lyon. Il Oflicier royal de robe longue, qui était chef d'une justice subalterne : Sénéchal de Jiennea.
D'un grave lénêchal faisant le personnage.
Je prends l'air composé, ton grave, froid visage.