‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 268 sur 1059 · DUFRESNY · texte numérisé non relu

DUFRESNY

H Principal officier de justice d'un seigneur ayant haute, moyenne et basse justice : Le sénéchal de tel seigneur.

— Grand sénéchal de France, Intendant généra] de l'hôtel du roi.

— Grand sénéchal, Sorte d'intendant qui était attaché à une maison souveraine ou princière :

De grâce, point de colère, Monsieur le ijrand sénéchal.

Cela peut vous faire mal.

Etienne.

— Sénéchal au duc, Lieutenant des ducs de Normandie , qui administrait la justice en l'absence de l'échiquier.

— Sénéchaux du Languedoc, Officiers qui gouvernaient, au xme siècle, les comtés de Carcassonne, de Nîmes et de Béziers.

— Encycl. Grand sénéchal. La dignité de grand sénéchal de France était d'abord attachée au duché d'Anjou. Les ducs d'Anjou avaient héréditairement le droit de commander les armées en l'absence du roi et de diriger tous les officiers de sa maison ; ils remplissaient les fonctions que se partagèrent plus tard le connétable et le grand maître du palais. Louis VI, voulant relever l'autorité royale, résolut d'enlever aux ducs d'Anjou la dignité de sénéchal; il la donna, en" effet, a Guillaume de Garlande, qui ne dépendait que de lui. Dans la suite, le titre de sénéchal fut rendu au duc d'Anjou, mais le roi en avait détaché la dignité de dapifer (écuyer tranchant), qu'il avait laissée à Guillaume de Garlande à condition que ce dernier ferait hommage à Foulques d'Anjou. Guillaume de Garlande eut en réalité l'intendance du palais et fut chargé de faire préparer pur les maréchaux un logement pour le sénéchal quand il viendrait à la cour. Les conditions de l'accord conclu entre le roi et son sénéchal méritent d'être rappelées ; il fut convenu que, dans les cérémonies solennelles, lorsque le roi mangerait en public, le grand sénéchal se tiendrait assis jusqu'au moment du service; qu'alors il recevrait les plats des écuyers du roi et les placerait sur la table. Après le repas, il recevait du cuisinier du roi une portion de viande à laquelle le panetier et le bouteiller ajoutaient deux petits pains et trois chopines de vin. A la guerre, la grand sénéchal devait faire préparer pour le roi un pavillon qui pût contenir .cent personnes. Au départ de l'armée, il commandait l'avant-garde, et, au retour, l'arriëre-garde. Les jugements du grand sénéchal étaient sans appel et il prononçait en cas de contestation sur les sentences rendues par les juges royaux. Cette dignité de grand sénéchal, quoique amoindrie, parut encore trop considérable à Philippe-Auguste pour être conservée : il la supprima entièrement en 1191. Voir à ce sujet un travail de Hugues de Clèves, intitulé : De majoratu et senescalcia Francis, qui a été publie pur Duchesne dans le tome IV de ses Historis Francorum scriptores.

— Sénéchaux du Languedoc. Au commencement du xiiic siècle, Simon de Montfort avait établi, pour régir les comtés de Carcassonne, de Nîmes et de Béziers qui lui avaient été accordés, deux sénéchaux, dont l'un résidait à Beaucaire et l'autre à Carcassonne. Lorsque, en 1026, Amaury do Montfort céda les domaines de son père au roi Louis VIII, l'autorité des sénéchaux du Languedoc fut confirmée par le roi. Leur principale fonction était de rendre la justice et de présider les assises de la sénéchaussée composées de seigneurs et de jurisconsultes. Us commandaient aussi la noblesse de Languedoc lorsqu'elle entrait en campagne. Enfin, ils avaient ^intendance des domaines du roi et l'administration financière du Languedoc. Leur

fiouvoir était semblable à celui des hauts bailis de la France septentrionale. En 1271, le comté de Toulouse, ayant été réuni au domaine de la couronne, forma une troisième sénéchau-<w;»9 du Languedoc. Les appels de ces tribunaux étaient portés au parlement de Paris. En 1291, Philippe le Bel institua dans ce parlement une chambre chargée spécialement de recevoir les appels des pays de droit écrit. En 1293, Philippe le Bel décida qu'un parlement siégerait à Toulouse, si les gens de ce pays consentaient a ce qu'il n'y eût point d'appel des jugements rendus par ceux qui composeraient ce parlement. Les habitants du Midi ne s'étant pas soumis k cette condition, les appels des jugements rendus parles sénéchaux de Languedoc furent portés comme

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par le passé devant la chambre du droit écrit du parlement de Paris. Ce fut seulement sous le règne de Charles VII que le parlement de Toulouse fut définitivement organisé. Les sénéchaux continuèrent d'exister jusqu'à la fin de l'ancienne monarchie, mais avec une autorité considérablement amoindrie. Ils commandaient la noblesse dans le cas où l'arrière-ban était convoqué, ce qui arriva trèsrarement au xviie siècle et cessa depuis entièrement. En 1789, la France était encore divisée en bailliages et sénéchaussées.

SÉNÉCHALE s. f. (se-né-cha-le). Femme d'un sénéchal : Madame la sénéchale.

SÉNÉCHAUSSÉE s. f. (sé-né-chô-sé — rad.

sénéchal). Etendue de la juridiction d'un sénéchal ; La sénéchaussée d'Anjou. (Acad.) il Lieu où se tenait le tribunal dont le sénéchal était le chef. Il Tribunal lui-mèine : Il y avait dans cette ville une sénéchaussée. Cette sénéchaussée fat érigée en présidial. (Acad.)

SÉNECILLE s. f. (sé-ne-si-lle; Il mil. — dimin. du lut. senecia, séneçon). Bot. Genre de plantes, de la famille des composées, tribu des sénécionées, formé aux dépens des cinéraires, et dont l'espèce type croît en Sibérie.

SÉNÉCIONÉ, ÉE adj. (sé-né-si-o-né — du lat. senecia, séneçon). Bot. Qui ressemble ou se rapporte au séneçon.

— s. f. pi. Syn. de sënécionidées, d'après quelques auteurs. [1 Simple section de la tribu des sénéciouidées, ayant pour type le genre séneçon.

SÉNÉCIONIDÉ, ÉE adj. (sé-né-si-o-ni'-dé — du lat. senecio, séneçon, et du gr. eidos, aspect). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au séneçon.

— s. f. pi. Tribu de la famille des composées, ayant pour type le genre séneçon.

SÉNEÇON s. m. (sé-ne-son — lat. senecio, dimin. de senex, vieillard, par allusion aux poils blancs des aigrettes). Bot. Genre de plantes, de la famille des composées, type de la tribu des sénécionées ou sénéciomdées, comprenant plus de six cents espèces répandues sur presque toute la surface du globe : On cultive communément, dans les jardins, une très-jolie espèce de séneçon. (P. Duchartre.) Les Malaises se frottent le visage avec te suc du séneçon d'Amboine. (T. de Berneaud.) Le séneçon doré a les racines vivaces. (Bosc.) Il Séneçon en arbre, Nom vulgaire de la baccharide.

— Encycl. Le genre séneçon renferme des plantes herbacées ou frutescentes, k feuilles alternes, entières ou piunatiiides; à fleurs en capitules solitaires ou groupés en corymbe ou en panieules,â disque généralement jaune, quelquefois purpurin ou blanc ; l'involucre est formé d'une rangée de folioles, à la base de laquelle se trouve le plus souvent un nombre variable de folioles accessoires ; elles sont fréquemment sphacélées ou marquées d'une tache noirâtre au sommet, presque searieuses sur les bords et le plus souvent marquées de deux nervures à leur face dorsale. Les espèces très-nombreuses de ce genre bont répandues dans toutes les régions du globe.

Le séneçon commun est une plante annuelle, k tige droite ou ascendante, haute d'environ 011,30, à feuilles un peu épaisses, pourvues, ainsi que la tige, de poils aranéeux, lobées, pinnaiifides, embrassantes et auriculées; ses petits capitules sont jaunes. Ce séneçon se rencontre dans les jardins, le long des haies, sur les bords des fossés de toute l'Europe; il couvre souvent le sot, tant il est abondant; il fleurit et fructifie pendant toute l'année, Ce qui explique la rapidité avec laquelle il se répand dans un canton ; il recherche les terres fraîchement remuées, grasses et fertiles et ne vient pas en terrain sablonneux. Toutes ses parties sont charnues, faciles k écraser; sa saveur est fade, légèrement acide, désagréable, si bien que les animaux domestiques refusent de s'en nourrir.

« Le meilleur usage qu'on en puisse faire, dit Bosc, c'est de l'apporter sur le fumier, dont il augmente utilement la masse; mais il faut l'arracher avant la maturité de ses graines, car on le propagerait sans cela au delà de toute mesure. »

On en fait un fréquent usage en médecine.

Le séneçon élégant ou séneçon des jardins est une plante annuelle, dont les capitules, jaunes au centre, rouges à la circonférence, ornent les plates-bandes et les massifs; on lui donne encore le nom de séneçon d'Afrique, parue qu'il est originaire du Cap de Bonne- Espérance, où il se cultive en pleine terre. Dans nos climats, on le met dans des pots et on ne le sort ue la serre que pendant les chaleurs de l'été, époque de sa floraison, La multiplication de cette belle plante s'opère par semis et par boutures. Elle demande à être ■ fréquemment arrosée en été, peu en hiver, et a être placée dans le lieu le plus éclaire de l'orangerie ou de la serre. La variété doubla est vraiment admirable; elle reste couverte de fleurs pendant presque toute l'année. Par la culture, on a obtenu une foule de variétés blanches, roses, cramoisies, etc.

Le séneçon jacobée est une plante vivace, à tiges cannelées, hautes de 0m,65, souvent velues, à feuilles bipennées, découpées, dentées et à capitules jaunes, grands et radiés. Ce séneçon, souvent appelé herbe de Saint-

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Jacques, est commun dans les prairies, sur le bord des fossé^, le long des haies, sur la lisière des bois, dans les lieux argileux et frais, où il croit avec tant d'abondance et de vigueur, qu'il s'empare rapidement du terrain et étouffe les autres plantes.

Pendant une partie de l'été, ses fleurs jaunes apparaissent dans les campngnes. Ses feuilles, qui sont très-amères, ont une légère odeur aromatique. On l'extirpe avec soin de toutes les cultures, parce qu'il est nuisible par son abondance et la hauteur de ses tiges et n'est utile à rien qu'à produire du fumier; ses tiges peuvent servir cependant à fabriquer de la potasse et ses feuilles, regardées comme vulnéraires et détersives, sont employées en cataplasmes, décoctions et infusions.

Le séneçon des marais est vivace, à tige droite et haute de lm,50 : il ne vient que dans les marais et sur le bord des rivières, où son aspect imposant, ses feuilles longues de prés de 6 pouces, ses fleurs grandes, jaunes et radiées, qui s'épanouissent au milieu de l'été, servent à la décoration du paysage.

Le séneçon doré, vivace, à tiges droites et hautes de 2 mètres, à feuilles grandes, lancéolées, dentées, à fleurs jaunes et radiées, est originaire d'Espagne ou d'Italie et se cultive, chez nous, dans les jardins, à raison de sa beauté ; il fleurit à la fin de l'été et se multiplie soit par graines, ce qui est fort long, soit par déchirement des vieux pieds, moyen beaucoup plus rapide. Ainsi que le précédent, il décore les jardins paysagers, où on le place sur le bords des lacs ou des massifs.

Le séneçon à feuilles d'aurone, vivace, à tiges anguleusesrraineuses et hautes de 1 mètre environ, à feuilles multilides et pointues, croit dans les régions moyennes et méridionales de l'Europe, sur les collines sèches et principalement dans les terrains schisteux. On peut citer encore le séneçon visqueux , plante annuelle, commune dans nos contrées, qui partage les propriétés peu énergiques du genre, et exhale une odeur de résine; le séneçon d'Amboine, dorit les femmes de la Malaisie emploient le suc comme cosmétique ; et le séneçon géant, belle plante originaire du nord de l'Afrique.

SÉNECTERRE, village de France (Puy-de- Dôme), corruption de Saint-Nectaire (v. Nectaire [Saint-]). Les fromages de Suint-Nectaire sont plus souvent, appelés fromages de Sénecterre et, par abréviation, sénecterres. Un maréchal de France, seigneur de ce village, dont il portait le nom, leur avait donné à Paris un moment de célébrité, en les faisant servir sur sa table. Leur réputation subsiste encore, surtout dans la Limagne, où, lorsqu'on veut régaler de bon fromage ses invités, on leur annonce du sénecterre. Mais il en est de ce produit comme de tant d'autres, qui ont la vogue un instant, puis sont bientôt dédaignés. Sénecterre , situé- au fond d'une gorge et entouré de montagnes pelées , n'a que très-peu de pâturages. Les villages des environs, dans une circonférence de 3 à 4 lieues, donnent à leurs fromages la forme des sénecterres et les vendent sous ce nom.

SENEDETTE s. m. (se-ne-dè-te). Mamm.

Espèce de delphinaptère, voisine du béluga : L'existence du senedette est encore douteuse aujourd'hui. (E. Desraarest.)

SENÉE (Charles-F.) professeur et écrivain français, né en 1799, mort en 1823. Il se fit recevoir avocat, voyagea en Angl;terre et eut l'occasion d'y voir Brougham, Mill, Bentham, Southey et Duraouriez. Revenu en France, il fut reçu docteur es lettres et professa la philosophie à l'Académie de Caen. On a de lui un Essai sur l'amitié, deux thèses philosophiques (Caen, 1821, in-8°) et un discours prouoncé à l'Académie de Caen. On trouve une notice sur Senée dans la lievue encyclopédique (t. XXIII, p. 273, juillet 1824).

SENBF ou SENEFFE, ville de Belgique, province de Uainaut, arrond. et k lskilom. N. de Charleroi; 3,000 hab. Verrerie; préparation de beurre renommé. Victoire de Condé sur le prince d'Orange, le 11 août 1G74. Près de cette ville eut lieu, le 2 juillet 1794, un engagement assez important entre les Autrichiens et les Français. Marceau, qui commandait ces derniers, fut vainqueur.

Scnef (bataille de), gagnée par le prince de Condé sur le prince d Orange, au mois d'août 1674, et l'une des plus sanglantes du xviie siècle. Condé , avec 45,000 hommes , tenait tête, dans le Nord, à 60,000 Hollandais, Espagnols et impériaux commandés pur le jeune Guillaume d'Orange. Inférieur en nombre devant un ennemi dont il pressentait les talents militaires plus qu'il n avait pu les apprécier, il crut devoir garder la défensive et se contenter d'observer l'ennemi, dans l'intention de mettre à profit la première faute qu'il commettrait. Guillaume , au contraire, sentant sa supériorité numérique, ne cherchait que l'occasion de livrer bataille ; mais il reculait sagement devant la pensée d'attaquer un général tel que Condé, fortement retranché près du village de Senef. Désespérant de le débusquer de cette position , il se détermine lui-même à décamper pour gagner Ath à travers des défilés dangereux où son armée pouvait être écrasée en détail. C'était là ce qu'attendait Condé. Il laissa tranquillement déboucher les impériaux, qui I formaient l'avant-garde, et les Hollandais,

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composant le corps de bataille ; miùs quand parut l'arrière-fiarde , où se trouvaient les Espagnols, il s'écria : «Il n'y a qu'à charger pour les battre. > 11 fit aussitôt sonner la charge et tira son épée. A cette vue, le jeune Villars, âgé seulement de vingt-trois ans, et qui n'était encore que simple capitaine de cavalerie, mais dont Condé avait déjà deviné les talents, jeta ce cri d'enthousiasme guerrier : ■ Ah I voilà ce que j'avais toujours désiré : voir le grand Condé l'épée à la main. > Les Français tombèrent alors avec la rapidité de la foudre sur cette arrière-garde commandée par le marquis d'Assentar, et, en moins d'une heure, et presque sans aucune perte, ils tuèrent 2,000 hommef, en firent 3,000 prisonniers et enlevèrent tous les bagages des Hollandais et des Espagnols. Guillaume comprit aussitôt sa faute et se hâta d'y remédier. Il donna l'ordre à son avant-garde de revenir sur ses pas, et s'établit lui-même au delà du défilé, sur une hauteur, avec une nombreuse infanterie, pour favoriser la retraite de l'arrière-garde. Cette position, protégée par des haies, des jardins et des vergers, était formidable; Condé résolut néanmoins de l'emporter, comptant sur l'ardeur de ses troupes enflammées par un premier succès et sur l'effet contraire produit chez les ennemis. 11 donna donc l'ordre k Fourilles, un des meilleurs officiers de cette époque, de se lancer en avant avec sa cavalerie. « Monseigneur, lui répondit Fourilles, j'irai partout où il plaira à Votre Altesse, mais je dois lui représenter que la position de l'ennemi est telle qu'on ne peut le battre sans verser bien tlu sang. ■ Condé, dont on connaît l'orgueil et le mépris pour la vie humaine, lui repartit brusquement : « Ce ne sont point des conseils que je vous demande, mais de l'obéissance ; ce n est pas d'aujourd'hui que je sais que vous aimez mieux raisonner que de combattre. » Fourilles, frémissant de rage k cet affront immérité , se précipite comme un lion furieux k la tète de ses cavaliers et disperse tout devant lui, mais il est frappé d'un coup mortel et ayant encore sur le cœur le reproche cruel de Coudé, il dit froidement avant de rendre le dernier soupir : « Je ne suis pas curieux, mais je voudrais bien que Dieu m'accordât encore une heure de vie, pour voir comment M, le l'rince se tirera d'affaire. » Il l'aurait vu victorieux, mais au prix de flots de sang versés. Condé lui-même, a la tète des gardes du corps, paya de sa personne comme un .-impie soldat; de leur côté, les ennemis résistaient héroïquement, et l'on peut dire qu'il vainquit leur opiniâtreté autant que leur courage. Le marquis d'Assentar, atteint de six blessures, refusa de quitter le champ de bataille, jusqu'à ce qu'une septième l'eût renversé sans vie. La plupart de ses officiers furent également tués ou grièvement blessés, et les soldats, presque saus chefs, battirent en retraite jusqu'au village de Faï. Là, le prince d'Orange se fortifie à la hâte derrière des bois et des murais que dominaient des hauteurs sur lesquelles il établit son artillerie. Condé, que rien ne peut arrêter, forme aussitôt le projet d'enlever cette dernière, mais formidable position. Lui seul peut-être avait encore envie de se battre. Un régiment d'infanterie se débande sous ses yeux; il se porte aussitôt en tête et descend de cheval; mais cette bravoure audacieuse n'arrête ni la fuite de ses soldats ni les progrès de l'ennemi, qui avance toujours. « Sauvez-vous, monseigneur, lui crie-t-on de toutes parts, sauvez-vous, ou vous allez être prisl » Et lui, toujours maître de lui-mémo au milieu du danger, répond gaiement en faisant allusion k la goutte dont il était rongé : « On ne court pas avec des jambes comme les miennes; il faut donc rester ici. • En même temps, il ordonne un mouvement décisif à deux bataillons suisses, qui n'y voient qu'une mort assurée. Au lieu d'obéir, ils jettent leurs mousquets de colère et se couchent par terre devant le prince, qui so contenta de dire froidement, tant il comprenait que leur refus avait quelque chose d'excusable : « Cherchons-en d autres; car je vois bien que ceuxci n'iront jamais. » Un cheval sans maître qu'il aperçut l'arracha au danger d'être tué ou fait prisonnier. Il ramena alors d'autres troupes en ligne, et la nuit, qui survint alors, ne put mettre fin à l'acharnement des combattants; jusqu'à minuit, les décharges de la mousqueterie et de l'artillerie continuèrent à retentir ; cette sanglante et effroyable lutte durait depuis dix heures du mutin. Au point du jour Condé, pressé d'en finir, voulait pour la quatrième fois engager l'action; mais il lui fut impossible de ramener ses troupes, et les combattants, comme d 'un commun accord , s eloignèrent simultanément de ce champ de bataille siàpreinent disputé. 27,000 morts furent enterrés dans un espace de deux lieues. Les pertes étaient à peu près égales ; quand on fit connaître à Condé le chiffre des morts et des blesses français: «Bon, bon, se contenta-t-il de répondre, ce n'est qu'une nuit de Paris.» Le seul résultat de cette victoire si chèrement payée fut que les ennemis n'osèrent rien entreprendre pendant le reste de la campagne.

SENEFELDER (Aloys), inventeur de la lithographie, né à Prague en 1772, mort à Munich en 1834. Son père était acteur au théâtre de la cour à Munich et lui fit donner uno assez bonne éducation. Mais il lui laissa eu

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mourant sa veuve et huit autres enfants a soutenir. Après avoir essayé de se faire acteur, Senefelder s'abandonna entièrement a son penchant pour la littérature dramatique et fit représenter successivement, en 1792 et 1793, Muthilde d'Attenstein, le Frère d'Amérique et les Goths en Orient, Ayant éprouvé quelque difficulté à faire publier ses œuvres, il eut l'idée extraordinaire de les imprimer lui-même et fit une multitude d'essais pour obtenir des lettres en relief. Il s'arrêta enfin à l'idée d'écrire avec du vernis sur une plaque de cuivre et de mettre l'écriture en relief au moyen de l'acide jiitrique. Après des peines inouïes, il obtint un demi-résultat; mais il lui fallait à chaque fois planer sa feuille de cuivre, qui, en outre, ne pouvait lui servir que pour un petit nombre d'essais. Ayant remarqué la finesse des pierres calcaires de Solenhofen, il fit des expériences afin de voir si elles ne pourraient pas remplacer pour lui le cuivre, 11 avait aussi composé, pour s'exercer à tracer des lettres au rebours, une encre soluble dans l'eau et composée de savon, de cire et de noir de fumée. Un jour que, pressé par le temps, il avait écrit sur le coin d'une pierre une note de linge avec l'intention de la transcrire, il voulut voir, avant de repolir sa pierre, ce que deviendrait son écriture s'il versait de l'acide sur la pierre. Sa surprise fut extrême lorsqu'il s'aperçut que la pierre avait été décapée par l'action de l'acide et l'écriture respectée. Dès ce moment, la lithographie était inventée. Senefelder comprit tout le parti qu'il pourrait tirer de l'opposition des corps gras, de l'eau et de l'acide. Il se mit à l'œuvre avec l'héroïque patience des inventeurs, chercha, fit mille essais, modifia ses procédés, inventa une nouvelle espèce de presse, des encres, des crayons, etc., subit toutes les misères et toutes les angoisses qui attendent fatalement tous ces martyrs de l'industrie qui entreprennent de doter le monde d'une création nouvelle; mais enfin il parvint au but de ses recherches et put constituer, au point de vue commercial, cet art admirable qui était appelé à de si brillantes destinées. En 1799, il obtint un brevet du roi de Bavière, et en 1810 il fut nommé directeur de la lithographie royale de Munich. Ce qui distinguait surtout l'invention de Senefelder de la typographie et de la gravure en taille-douce, c'est que les caractères, les lignes se gravaient par un procédé purement chimique.

Senefelder a laissé un traité de Y Art de la lithographie (1819, in-4°), où sont indiqués déjà tous les progrès accomplis depuis, 1 autographie,\a chromolithographie (impression en plusieurs couleurs, perfectionnée plutôt qu'inventée par Engelmann), les teintes, la gravure sur pierre, et même les moyens de reporter et d'imprimer sur pierre les vieilles estampes. La lithographie, introduite à Paris vers 1812, demeura à peu près inconnue jusqu'en 1S16, époque à laquelle elle commença à se populariser, grâce aux efforts du comte de Lasteyrie. Les œuvres d'art les plus remarquables qtii aient été faites jusqu'à ce jour Bout sorties des ateliers de MM. Lemercier, qui sont a, la. lithographie ce qu'ont été les Aida et les Manuce à la typographie. Outre l'ouvrage précité, on doit à Senefelder : Portefeuille lithographique (1823, in-fol. ); Recueil papyroyraphique (in-4o) ; VAquatiuta lithographique (1824, in-4<>).

SÉNÉGA s. m, (sè-né-ga). Bot. Plante du genre polygala.

— Encycl. Le sénëya ou polygala de Virginie est une plante vivace, à racine rameuse, irrégulière, grisâtre, marquée d'une côte saillante longitudinale ; les tiges, hautes d'environ 0m,3û, portent des feuilles alternes, assez grandes, lancéolées, glabres, d'un vert clair ; les fleurs sont petites et groupées en épi terminal ; le fruit est une capsule à deux loges monospennes. Cette plante croit dans l'Amérique du Nord; ou ne la cultive, en Europe, que dans les jardins botaniques. Sa racine joue un rôle assez important dans la matière médicale; elle nous vient des Etats-Unis, particulièrement de la Virginie. Sa grosseur varie depuis celle d'une plume jusqu'à celle du petit doigt; elle est contournée, rugueuse et couverte comme de callosités ; sa couleur est d'un gris jaunâtre en dehors, blanche en dedans. L'analyse chimique y constate des acides polygalique, virginéique, pectique, tannique, une matière colorante jaune, un principe amer, de la gomme, de l'albumine, de la cérine, une hutLe fixe et des sels.

La racine de sénéga est un vomitif assez énergique, bien qu'inférieur à l'ipécacuana; elle agit aussi comme purgative, pectorale, diurétique, emménagogue, expectorante, antidyssentérique. Quandon l'applique sur les muqueuses, notamment sur celles de l'œil, du rectum ou du vagin, elle produit des phlegmasies intenses. En Amérique , elle jouit d'une grande réputation contre la morsure des serpents à sonnettes et autres espèces venimeuses. On l'a vantée aussi contre les catarrhes chroniques, les pleuropneumotiies aiguës, le croup, les inflammations de la poitrine et des organes respiratoires, les accidents de l'état puerpéral, l'hydropisie, etc. Le sénéga est fort employé aujourd'hui dans la médecine homœopathique ; on io range parmi les expectorante.

SÉNÉGAL, fleuve de l'Afrique occidentale,

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Son embouchure est par 15» 50' de latit. N. environ. Quant à sa source, elle n'est pas entièrement connue. Les géographes tes plus autorisés la placent vers 1 0° oui 1° de latit. N. Elle serait très-voisine de celle delà Gambie et n'en serait éloignée que d'environ 16 milles géographiques. Elle serait située sur le plateau des Foulahs; mais la partie de cette terrasse qui la renferme est demeurée jusqu'à présent impénétrable. On doit attribuer cela a ce que, au delà de la Falémé, le cours du Sénégal devient impraticable, et l'on sait que les voyages par terre dans ces pays sont aussi pénibles que dangereux. Longtemps on a confondu dans un seul et même cours le Sénégal et le Niger. M. Walkenaer, dans ses Recherches géographiques sur l'Afrique septentrionale, raconte l'histoire de cette longue erreur. • Léon l'Africain ne parle que d un seul fleuve dans le Soudan ou pays des nègres : c'est le Niger, qu'il fait sortir d'un grand lac situé dans la partie orientale de l'Afrique. Assez bien instruit sur le cours moyen de ce fleuve, il ignorait complètement, comme les géographes arabes d'ailleurs, où était son embouchure. Les Portugais, en visitantle Sénégal et la Gambie, ne doutèrent pas que les embouchures des deux fleuves ne tussent celles du Niger de Léon, et l'intervalle qui les séparait représenta à leurs yeux le delta du Niger, correspondant à celui du Nil d'Egypte. Ce delta est figuré sur la carte d'Afrique qui accompagne dans le recueil de Ramusio 1 ouvrage de Léon l'Africain ; la Gambra et le rio Grande en sont les bras principaux ; Tombouctou est situé à la jonction présumée du Sénégal, de la Gambie et du Niger, c'est-à-dire à la pointe du delta. La carte d'Afrique de Forlani, de Vérone (1562), et celle d Ortetius (Ï570) présentèrent une certaine combinaison des systèmes de Léon l'Africain et d'Edrisi. Dans la mappemonde d'Ortelius, toute différente de sa carte d'Afrique, le Niger prend sa source dans un lac du pays d'Ouangara, dans le voisinage de la Nubie, par 11° de latitude, et coule directement à 1 ouest et se décharge dans la mer par plusieurs bras, dont les deux principaux ont leurs embouchures près du cap Vei t et près de Sierra-Leone, c'est-à-dire que ces deux bras sont le Sénégal et le rio Grande. Mais la carte de Livio Sanuto, insérée dans le premier volume de sa géographie (1588), offre un sytènie neuf et tout différent de celui des géographes qui l'avaient précédé. Il reconnaît trois grands fleuves dans le Soudan ; tous trois ont leurs sources à l'est, dans des lacs qui portent leurs noms; ils coulent directement à l'ouest, presque parallèlement, et se déchargent dans la mer Atlantique entre le 50 et 20e degré de latit. N. Le plus septentrional de ces fleuves est le Canaga ou Sanaga (Sénégal) ; ses sources sont plus éloignées vers l'est et il est formé de trois rivières principales : le Caoga, le Canaga proprement dit et le Ghir; les deux premières seulement dérivent de lacs qui portent leurs noms; la dernière sépare le Bornou, à l'est, des royaumes de Gouangara et de Zanfara, qui sont à l'ouest. Au nord du Sénégal sont les royaumes de Casena et de Cano, et au sud le royaume de Zegzey, et plus loin vers l'ouest, le royaume de Tombouctou. A l'est de cette ville, le Sénégal porte lo nom d'Iza, et, en avançant vers l'ouest, il prend successivement les noms de Zambaia, de Gusitetnba et de Mayé ; ce n'est que prés de la côte et. à son embouchure même qu'on le nomme Canaga; encore une partie de l'embouchure porte-t-elle le nom de Denguoh, tous noms tirés de la. Description de l'Afrique de Marmol. Seulement, Marmol n'admet qu'un seul fleuve daDS le Soudan, dont les deux bras, lorsqu'ils se jettent dans la mer, sont nommés Sénéga et Gamber. Les deux autres fleuves du Soudan dans le système de Sanuto sont la Gambie et, plus au sud, le Niger. Ainsi, ni le Sénégal ni la Gambie ne sont considérés par lui comme des branches du Niger; chacun de ces fleuves ne forme sur sa carte qu'un delta très-resserré, composé seulement de deux embouchures. M. Walckenaer fait ressortir le mérite de ce travail, si différent de tous les travaux antérieurs et si conforme, sous certains rapports, aux connaissances positives des voyageurs modernes. Les cartes de Sanson ne renferment aucune notion nouveLe : c'est un mélange de Ptolémée, d'Edrisi, de Sanuto et de Mercator. Guillaume Delisle, comme on sait, jeta de grandes lumières surtout sur la géographie de l'Afrique. Cependant, dans les cartes qu'il publia en 1700 et en 1707, il confondait encore, comme ses prédécesseurs, le Sénégal avec le Niger ; mais sa carte d'Afrique, publiée en 1722, présente d'importants changements et, entre autres, l'isolement et la distinction nette des sources et des bassins du Sénégal, de la Gambie, du rio Grande et du Niger; la situation de la ville et du royaume de Tombouctou est reportée vers l'est et loin de la côte occidentale et du Sénégal. Il faut placer ici le Mémoire de d'Anville concernant tes rivières de l'intérieur de l'Afrique sur les notions tirées des anciens et des modernes (Académie des inscriptions, t. XXVI, p. 73 et suiv.); les idées critiques que contient ce mémoire se trouvent appliquées dans la grande carte de l'Afrique en trois feuilles du même auteur; là, comme avait fait Delisle, mais avec plus de précision encore dans les détails, d'Anville traça séparément le

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cours du Sénégal, de la Gambie et du rio Grande, qu'on avait confondus et réunis pendant plus de deux fiècles, et du Niger coulant vers l'est et entièrement isolé dans l'intérieur du Soudan. Enfin, le major Rennell, grâce aux découvertes de Mungo-Park, put fixer définitivement ce point si important pour la géographie de la Sénégambie, et toute difficulté disparut touchant cette prétendue communication du Niger avec le Sénégal, la Gambie et le rio Grande. Suivant Ritter, le Sénégal est formé par les trois grandes rivières le Hokoro, le Bà-Fing et la Falémé. On appelle quelquefois le Kokoro : bras oriental du Sénégal. Les bor'ds en sont très-hauts, et dans la saison des pluie3 il croit d'une vingtaine de pieds. Le Bâ-Fing, ou rivière Noire, que les indigènes considèrent comme le bras principal du Sénégal, descend des hautes montagnes de Jallonkadow, vaste plateau rocailleux, coupé de forêts et de vallées profondes et désert. Le principal affluent du Bâ-Fing est le Bâlye. Le Sénégal proprement dit, le Sénégal connu, coule de la Falémé à la mer. Il arrose, en partant de son embouchure et en remontant vers sa source : le \\ allô, pays des Yoloffs, à sa gauche ; le pays des Maures Braknas et Trarzas, à sa droite ; sur sa gauche encore le Fouta et le Galam. Le Sénégal forme quelques îles, dont les principales sont celles de Sor, du Worphil, do Rabaguii, de Todd, de Papinchior, de Thionck, île aux Biches, de N'tihiakal, de Rettio, de Couma, de Lamnayo et l'Ile Saint-Louis, dans laquelle est placée la ville du même nom. Les villes ou villages qu'arrose le Sénégal sont : Saint- Louis, Makka, Sahr, Débi, lvhann, Diaouarr, Lammsar, Brum, N'Khor, Diekten, N'Tiagar, Kamm, Anghianghi, Garak, habitation Calxé, La Sénégalaise, N'Dias, N'iJiangiù, Richard- Toll, Guidakar, Bilar, Daganah, Galladi, Monlok, N'Guiaoura, Guildé, Tuabo, Gaudi, Bakel, Tonguel, Gué, Rakol, Carhot, Doué, Moussa-Bakari, Podor, Diatal, Mao, Moktar- Salam, Banam, Dias, Sarpoly, Dura, N'Dormboss, Aleybé, Casga, Soureill, Abdallah- Moktar, Saldi, M'Bagni, Neyré, N'Diafaun, Riguiann, Kaédi, Goureil, Guiaoul , Sadel, Oudouron, Modinallah,Konudel, Dambakani, Yarina. Les peuples qui habitent les bords du Sénégal sont : les "Yoloffs, les Maures Trarzas et Braknas, les Mandingues, les Foulahs, c'est-à-dire que les quatre grandes races de la Sénégambie y sont représentées. Le cours du fleuve est très-hrégulier et sa végétation varie d'une façon étonnante d'un village à l'autre. Il est accompagné par un grand nombre de marigot3, sortes de ruisseaux qui tantôt affluent au fleuve et tantôt vont se perdre dans l'intérieur. Les plu.» connus sont ceux de Makka, JM'Donk, Ouatalam, N'Giagheyr ou des Maringouius, Yalakar, Uorum, Four-à-Chaux, Brenn, Faff, Kamm, Garak, Tahoué, Daganah, Gaê, N'Dor, Doué, Kotala,Ouroardo,Mafou, Souksa,Boki, Oualaldé, Saldé, Nabadié, N'Guérère, Badiara. La végétation sur les bords du Sénégal est très- variable; de son embouchure à Makka, situé environ à 32 kilom au-dessus de l'île Saint-Louis, le fleuve est bordé de palétuviers (rhizophora), arbres toujours verts, dont les mille racines, hors de terre et entrelacées, servent de digue, pour ainsi dire, contre les empiétements du fleuve et de repaires à une multitude d'oiseaux aquatiques; les Yoloffs nomment cet arbre kekh. Un peu au-dessus de Alakka, les palétuviers cessent complètement ot sont remplacés par des groupes de typ/ta latifolia, d'urundo altissima et de cyperus urticulatus, Les plaines, argileuses et annuellement submergées, sont couvertes de graminées vivaces et çà et là de buissons rabougris de tamarix; à 35 à 40 kilom. au-dessus de Makka, les roseaux diminuent sensiblement et font place aux acacia arabica et Adansonii ; les buissons de tamarix deviennent trèscommuns, et le sol, tout en s'élevant peu à peu, demeure revêtu d'herbes à racines vivaces. Sur les racines ligneuses des tamarix, des nîtraria qui tapissent ces tertres sablonneux, M. Perrottet, auteur d'une Flore delà Sénéyambie, recueillit en abondance le pltillepia a f ricana, remarquable par ses hampes chargées de fleurs du plus beau jaune orangé. D'immenses espaces salés sans végétation sont jetés au milieu de ces plaines verdoyantes et peuplés de sangliers d'Ethiopie (m'hamliai eu yoloff), de chacals, de hyènes rayées, de lions et de serpents. On voit la végétation augmenter à mesure qu'on remonte le fleuve, et Te sab-sab, d'abord assez rare, succède aux acacias. C'est un joli arbrisseau qui s'élève à 3 à 4 mètres ; sa cime est touffue et ses fleurs jaunes, ponctuées de noir, tombent en grappes. Une espèce de polyyomim, remarquable par ses longues tiges nstuleuses, articulées et cylindriques, et par les nombreuses touffes de fibrilles blanchâues qui se développent à chaque entre -nœud, borde aussi sur plusieurs points, avec le sesbania, le lit du Sénégal. Au delà du marigot des Maringouins , les bords du Sénégal sont plus boisés; des groupes peu élevés, mais touffus, servent de refuge assuré à de nombreux caïmans (le ghessig des indigènes, ou crocodile du Niger, et le maij-medo). La rive gauche du Sénégal, au-dessus de l'île aux Caïmans ou île Ivouma, est un peu plus élevée que la rive droite et présente de loin en loin de vraies falaises. A partir de ce point, on rencontre le mertensia, le sapindus Seite-

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galensis, le diospyros dioica , le rondier, le salix sg'yptiaca (kélilé des indigènes; c'est avec le kélilê que l'on fait les solio, qui ser- .vent aux négresses à se nettoyer les dents). Le Sénégal forme un grand lac, celui de Panié-Feul, où se trouve Mérinah-Ghen, un de nos comptoirs importants. Ce lac communique avec le fleuve par le marigot de Taboue. Le Sénégal est navigable depuis son embouchure jusqu'àla Falémé; on rencontre, il est vrai, des bancs de sable, tels que celui de Sarpoly, par exemple, qui rendent quelquefois le passage difficile, même dangereux. Aussi se sert-on pour faire descendre le fleuve aux marchandises, telles que la gomme et les arachides, de bateaux plats nommés chalands qui calent peu et portent beaucoup. Le ■commerce sur le Sénégal a une grande activité et c'est une voie importante pour les communications avec l'intérieur.

SÉNÉGAL (colonie du). La colonie française du Sénégal comprend nominalement tout le cours du fleuve Sénégal et les établissements de la côte, depuis le cap Blanc au nord et le cap Sierra-Leone au sud. En fait, nous exerçons une sorte de suzeraineté sur cinq ou six royaumes noirs situés sur la rive gauche du fleuve, depuis le fort de Médine et Sénoudébou, sur la rivière Falémé, jusqu'à la province de Dimar. En outre, nous possédons, au sud du fleuve Sénégal, la province de Dimar, celle de Oualo, toute la côte du Cayor jusqu'à lï kilomètres dans l'intérieur du continent, et nous exerçons notre suzeraineté sur les royaumes noirs de la côte depuis le cap Vert jusqu'à la rivière Saloun. Le nombre des habitants de cette région, plus ou moins soumise à la France, est évalué à 201,000. Sur ce nombre, on ne compte guère que 300 Européens, indépendamment des 1,500 hommes de troupes occupés à la garde de la colonie. Le Sénégal est placé sous les ordres d'un gouverneur qui réside à Saint- Louis; il comprend deux arrondissements, L'arrondissement de Suint-Louis, dont cette ville est le chef-lieu, comprend : Gandiole, marché important pour les arachides et le sel; Mèrinaghen, près du lac de Guier; Dagarni et Podor, sur le fleuve, et les positions presque inexplorées de l'île d'Arguin et de Portendick, sur la côte du Sahara. Saint- Louis, ville peuplée de 15,000 habitants, occupe une île sablonneuse du fleuve Sénégal, à 16 kilomètres de son embouchure; elle est composée en majeure partie de cases de paille. L'arrondissement de Bakel comprend : Bakel, qui a 1,900 habitants, au confluent de la Falémé et du Sénégal, et les postes de Matam, Sénoudébouc, Médine. Enfin, l'arrondissement de Gorée comprend, avec Gorée, petite ville peuplée de 2,600 hab., sur un rocher de 17 hectares, près du cap Vert, Dakar, à 2 kilomètres de Gorée, et les comptoirs de Carabane, de llaolack, de Portudal et de Joui. Dakar, depuis 1875, est le chefiieu du second arrondissement. Elle compte

Le climat de la colonie est funeste aux Européens, surtout pendant la première année de leur séjour. Les fièvres intermittentes et les dyssenteries sont les maladies ies plus fréquentes et les plus dangereuses. On voit une grande activité dans la végétation pendant l'époque périodique des pluies.

On trouve dans cette colonie le baobab, colosse du règne végétal ; 'es lataniers, le véritable gommier, le bois noir appelé l'ébénier du Sénégal, le sounys, dont l'amande contient une bonne huile, le mûrier, le cotonnier, le séné, te palma-Christi, etc., etc. Les animaux domestiques sont le bœuf, le buffle, le cheval, lâue et le chameau, les moutons et les chèvres. Les canards et les poules y abondent. Les animaux sauvages sont le liou, la panthsre, le léopard, l'hyène, le lynx, le chat-tigre, le loup, le sanglier, l'éléphant, lu gazelle. Les serpents sont très-communs; on ne pèche de poisson que la quantité nécessaire à la consommation. Le règne minéral est très-pauvre ; les étangs salés de Gandialis, près de l'embouchure du Sénégal, fournissent un sel supérieur dont ou fait un grand commerce dans tout l'intérieur. 11 n'y a dans la colonie qu'un petit nombre d ouvriers d'arts et de métiers. Les maçons et les charpentiers de navire sont presque les seuls qui habitent la colonie. On compte quelques briqueteries et quelques chaufourneries. Les nègres et les Maures seuls travaillent les métaux, on les appelle les forgerous ; il y a aussi des tisserands qui fabriquent des bandelettes. Le commerce consiste surtout duii3 la traite de l'excellente gomme du Sénégal, qui se fait avec les Maures; les Européens en retirent de grands bénéfices. On exporte aussi beaucoup de peaux de bœuf et du colon. A l'exception du port de Gorée, qui est ouvert à tous les pavillons, le commerce avec le Sénégal est exclusif; il est réservé seulement aux Français. Saint-Louis-du -Sénégal est la plus importante de nos dépendances sur la côte occidentale d'Afrique. La petite lie de Saint-Louis, située à 2 myriamètres audessus de l'embouchure du Sénégal, est le centre et le chef-lieu de tout le commerce qui se fait sur le cours du fleuve avec les peuples noirs qui occupent la rive gauche et avec les tribus nomades de Maures qui habitent la rive droite.

Saint-Louis est, à vrai dire, le seul point do ce pays où il y ait un régime légal établi. Au

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delà, il y a seulement des postes militaires échelonnés le long de la rive gauche, sur un parcours de 60 myriamètres, pour assurer la police et protéger les opérations commerciales. De nombreuses conventions ont réglé les rapports des populations indigènes avec le gouvernement local. C'est à Saint-Louis que résident le gouverneur, les autorités et la principale force militaire ; c'est là qu'habitent les commerçants et les traitants, et que se centralisent les opérations d'échange. La population de Saint-Louis est d'environ 30,000 individus, se divisant en deux parties presque égales pour la ville et la banlieue. Déduction faite de la garnison et des fonctionnaires publics, cette population ne comprend pas plus de 300 Européens et 1,200 métis; le surplusse compose de noirs indigènes, musulmans pour la plupart et très-peu enclins à soumettre leurs intérêts à la juridiction de nos tribunaux.

Le Sénégal est exclusivement régi par des décrets. Le gouvernement et l'administration sont confiés à un gouverneur, qui a sous ses ordres deux chefs de service, un ordonnateur et un chef du service judiciaire. Il y a aussi un contrôleur, qui veille à la régularité des opérations. Un conseil d'administration participe consultativement aux actes du gouverneur. Ce conseil possède la juridiction administrative, sauf recours au conseil d'Etat. Le Sénégal figure au budget de l'Etat pour environ 1 million. Dans ce chiffre est comprise une subvention de 400,000 francs pour le service local.

Le service ecclésiastique y est fait, sous l'autorité d'un préfet apostolique, par des prêtres appartenant à la congrégation du Sacré-Cœur de Marie. Il y a à Saint-Louis deux écoles primaires, l'une dirigée par les frères de Ploennel, l'autre par les sœurs de Saint- Joseph. Dans l'école de garçons, il y a une classe où se donne en partie l'enseignement secondaire. Le service judiciaire y est fait par un tribunal de ire instance, composé d'un juge et d'un procureur de la république, et par une cour d appel, composée d'un président, d'un conseiller et d'un conseiller auditeur. Un procureur de la République y remplit les fonctions de ministère public. La justice criminelle y est administrée par une cour d'assises composée des magistrats de la cour d'appel, assistés de quatre assesseurs désignés par le gouverneur parmi les notables européens. Le président de la cour est chef du service judiciaire. Un comité de jurisprudence musulmane est établi à Saint-Louis.

— Histoire. Nous sommes au Sénégal depuis le xiva siècle. Ce sont nos navigateurs dieppois et rouennais qui les premiers allèrent vers ce pays du poivre, de l'ivoire et de l'or. Us étendirent d'abord leurs explorations sur toute la côte occidentale d'Afrique jusqu'à la Guinée, puis au xvia siècle ils se décidèrent à se borner à l'exploitation du Sénégal, et ils créèrent à l'embouchure du fleuve la ville de Saint-Louis. L'impulsion donnée à notre marine par le ministère Colbert, celle que plus tard l'entreprise de Law donna aux idées de colonisation eurent de l'influence sur les destinées de ce comptoir. C'est entre ces deux époques que se place l'action personnelle d'André Brûe.

Plusieurs compagnies avaient avant lui exploité ce pays au moyen de directeurs dont quelques-uns revenaient en France, dont la plupart mouraient après un séjour qui variait de deux à cinq ans. Ces compagnies furent celles de Dieppe et Rouen (1626-1664), des Indes occidentales (1664-1673), d'Afrique (1673-1681), du Sénégal (1681-1695) et celle deParis (1695-1709). Elles périclitaient toutes, soit qu'on trouvât à la cour de France qu'elles ne produisaient pas assez d'or et n'exportaient pas assez de nègres, soit qu'elles eussent à subir les coups de main des compagnies étrangères rivales, anglaises, hollandaises, portugaises et même brandebourgeoises, la petite Prusse cherchant déjà à coloniser et à se former une marine. Ce fut la dernière de ces compagnies, créée par d'Apougny, l'un des actionnaires de la précédente, qui choisit Brûe comme directeur, dépendant en France du conseil d'Etat, mai j presque dictateur en Afrique.

La commission de Brùe rappelle son expérience en fait de guerre et de commerce. On ne sait pas où il avait fait la guerre, mais il avait été pendant assez longtemps à Tripoli comme négociant et il avait fourni sur le commerce de cette ville des renseignements précieux. Il avait de plus, ce que sa commission n'indique pas, une grande connaissance des hommes, et il le montra dès qu'il fut arrivé à Saint-Louis.

Son premier soin fut, en effet, de mettre de l'ordre dans les habitudes des employés delà Compagnie, qui vivaient indépendants dans des huttes disséminées autour du fort. Il voulut les avoir à chaque instant sous sa main ; il décida qu'ils viendraient prendre leurs repas dans le fort, et, de plus, il les invita à assister soir et malin à la prière qui s'y faisait. Pour être sûr de leur assiduité à ce dernier exercice, il supprima la ration d'eaude-vie de ceux qui ne s y rendaient pas, devançant en cela certains missionnaires modernes qui savent rendre efficaces leurs prédications en les accompagnant de distributions de vivres ou de petits verres.

A ce moment, la Compagnie ne possédait absolument que ses forts, et ses relations

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avec les chefs indigènes consistaient en des échanges mutuels de services qui étaient toujours plus onéreux à la Compagnie qu'aux rois nègres, restés véritablement maîtres de permettre ou d'empêcher le trafic avec l'intérieur. Il fallut que le nouveau directeur se mit en rapport avec ces rois, les gagnât, et il y parvint en voyageant dans le pays, en ne méprisant pas trop les amulettes fournis et bénits par les griots, les poètes et les sorciers nègres, et en ne ménageant pas non plus l'emploi de cette puissance irrésistible chez les sauvages comme chez un grand nombre de blancs : l'eau-de-vie.

L'eau-de:vie devint le principal objet de commerce de la Compagnie. On peut reprocher a Briie, comme a la plupart des autres colonisateurs, l'emploi de ce moyen d'action ; mais on était loin encore de penser aux effets désastreux des alcools, et la campagne contre eux n'était pas commencée. Il s'agissait seulement de trouver des bénéfices immédiats, et celui-ci était le premier assuré.

Les Fouis étaient alors la peuplade la plus intelligente et la plus puissante du territoire. Brûe gagna Siré, le fils du roi ou siratik, par des présents et obtint d'établir où il lui conviendrait des forts et des comptoirs; mais il refusa de devenir le gendre du siratik. Il continua cependant à le visiter, et, pendant que ses employés faisaient sur la côte des échanges très-profitables, comme celui de l'eau des pompes des navires contre du lait, ou des coquillages nacrés contre de l'or, il entreprit dans l'intérieur plusieurs voyages, à la suite desquels il pensa à enlever définitivement aux Maures le marché de la riche vallée du Sénégal.

Mais les indigènes de la côte étaient moins intelligents et surtout moins honnêtes que les Fouis. Brûe, malgré son habileté, eut beaucoup de peine à se soustraire aux exigences du roi des Yoloffs; il dut aussi lutter contre l'influence d'un envoyé hollandais qui cherchait à lui enlever l'amitié des Fouis; cependant, pendant les premières années, il n'y eut pas de difficultés trop sérieuses, et, comme il l'avait fait chez les Fouis, Brùe réussit à établir des comptoirs et des forts dans le Golain. Il aurait bien voulu remonter le Niger, mais il n'en eut pas le temps, et cette expédition, rêvée par lui, n'a été définitivement accomplie qu'en 1863 par le lieutenant Mage.

Chaque année, cependant, il poussait de nouvelles pointes vers les contrées de l'intérieur. Tantôt il faisait explorer le désert, où le frère Apollinaire s'aventura au delà de Félou; tantôt le Cayar, où avaient eu lieu, quelques années auparavant, d'assez heureuses expéditions; tantôt l'embouchure de la Géba, où fut établi un comptoir, ou celle du rio Grande; tantôt il concluait un traité avec le roi de Bissao ; il en résulta qu'au bout de peu de temps il fut à peu près le maître du commerce d'esclaves dans ces parages.

Il n'eut guère d'autres compétiteurs sérieux que les Anglais et les Portugais. Les premiers réussirent à tourner contre lui Latir, chef des Yoloffs, qui, par trahison, parvint a attirer Brûe chez lui et le fit prisonnier. Il y eut arrangement et rançon payée, mais aussi vengeance préparée, et une expédition allait être dirigée contre Latir quand Brùe fut rappelé en France.

La Compagnie ne tarda pas à péricliter. Louis Le Maître, qui remplaça Brûe, ne fut point heureux dans divers combats, et une nouvelle compagnie, dite de Rouen, prit la suite des affaires de la précédente. Celle-ci ne tarda pas à reprendre l'ancien directeur, qui recommença ses excursions chez les indigènes, donna une impulsion nouvelle au commerce des gommes, s'assura le trafic de la Falémé, fit découvrir par son commis, Compagnon, dans le Bombock, des gisements aurifères d'une certaine valeur et les acquit pour le compte de son administration ; fit lever enfin la première carte du Sénégal, carte qui a pu être améliorée sur certains points, mais qui pour la plupart des autres est encore la plus complète que nous possédions.

Brùe résigna ses fonctions en 1720 ; il revint encore au Sénégal en 1723 comme inspecteur général. La fin de sa vie fut employée à préparer un projet d'exploitation des mines d'or du Bombock; mais ces mines, depuis leur découverte, sont restées oubliées, et c'est aussi dans l'oubli que s'éteignit le véritable fondateur de notre colonie sénégalienne.

En 1756, au début de la guerre de Sept ans, la colonie fut conquise par les Anglais, qui la gardèrent eu vertu du traité de 1763, qui mit tin à la guerre. En 1779, les Français la reprirent. Ils la perdirent de nouveau durant les guerres du premier Empire et ne la recouvrèrent définitivement qu'en 1815. A dater de cette époque, le Sénégal resta aux mains de la France, qui n'eut plus à lutter pour le conserver que contre les naturels des pays environnants.

Malheureusement on peut dire que cette colonie est restée aujourd huice qu'elle était alors, une espérance.

Ajoutons, cependant, qu'elle est aujourd'hui, en dépit du climat et des révoltes fréquentes des naturels, dans une situation plus florissante qu'il y a quarante ans. Avant de dire quelques mots du commerce de cette colonie, mentionnons la révolte qui a eu lieu au commencement de 1S75 et que dirigeait le marabout Amadou-Sekou. Ce chef influent se préparait à soulever toutes les peuplades

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voisines contre la colonie française et .menaçait de nous accabler sous le nombre. Une expédition lancée dans le Cayor et composée de 500 hommes, sous le commandement du lieutenant-colonel Bégin, atteignit les indigènes à cinq journées de marche de Monitet la lutte s'engagea. Les indigènes combattirent avec courage, mais durent céder au bout d'une heure, en laissant sur la place 500 morts, parmi lesquels le marabout. Les troupes françaises eurent 17 morts et une centaine de blessés.

Ainsi se termina cette révolte, qui pouvait amener un désastre pour notre colonie, si on n'avait point pris l'offensive.

— Commerce. Industrie. Le commerce du Sénégal s'élève à 25, millions de francs, dont 20 millions avec la France et ses colonies et 5 millions avec les autres pays, principalement avec l'Angleterre, les Etats-Unis, l'Espagne. Tout le commerce européen est concentré à Saint-Louis, Gorée et La Casamance, près de Curabane. Les importations consistent en tissus de coton, particulièrement en toiles de coton dites guinées, tissées d'ordinaire dans l'Inde ou u Rouen, en farines et riz, en vins, eaux-de-vie et liqueurs, en charbon de terre, en vêtements confectionnés et articles de Paris, pour les Européens, enfin en armes, tabac, verroteries, etc. Les exportations comprennent les graines oléagineuses, surtout celles d'arachide; le beref, graine d'une espèce de melon ; le sésame, la noix de touloucouna et la noix de palme ; la gomme, qui est très-eslimée; les peaux de bœuf, la cire jaune, les bois de teinture, un peu de coton courte-soie, l'ivoire, l'or, les nattes, les plumes. La meilleure gomme est celle qui suinte des fissures d'une espèce d'acacia, dont l'écorce se fendille après la saison des pluies et qui forme à lui seul de vastes forêts sur la rive droite du bas Sénégal. L'industrie est des plus primitives. On tisse à l'aide d'un métier très-imparfait quelques étoffes de coton bleu, longues de 2 à 3 mètres, larges de 0m,15 tout au plus, qui sont employées concurremment avec les guinées à confectionner les vêtements des indigènes. On fabrique, en outre, un peu de chaux et des briques. A cela se borne 1 industrie indigène ; en général, les Sénégalais dédaignent les travaux manuels. L'agriculture consiste dans le soin du bétail, dans la culture du mil, du riz, du maïs, du coton, de l'indigo et de l'arachide. Le mil est la principale céréale cultivée. L'arachide est fort cultivée depuis ces dernières années, par suite des demandes considérables faites par l'Europe. Les procédés mis en usage pour ces différentes cultures, de même que les instruments qui y sont employés, sont tels que doit les faire supposer l'état social à demi sauvage des populations de cette contrée. Les bords de la Gambie, près de son embouchure, sont presque absolument plats; on y trouve de vastes massifs tle palétuviers, de mangliers et de roseaux.

SÉNÉGALAIS, AISE s. et adj. (sé-né-galè, è-ze). Gèogr. Habitant du Sénégal; qui appartient au Sénégal ou à ses habitants : Les Sénégalais. La population sénégalaise.

SÉNÉGALI s. m. (sé-né-ga-li — rad. 5enégal). Ornith. Genre de la famille des fringillidées, formé aux dépens des moineaux : Les sénégalis ont les mœurs générales des gros-becs. (Z. Gerbe.)

— Encycl. On désigne sous le nom de sénégali un genre d'oiseaux, appartenant à la famille des fringillidées ou gros-becs, et qui, par les caractères comme par les moeurs, se rupprochent beaucoup des bengalis. On en compte environ cinquante espèces, presque toutes originaires du Sénégal, d'où leur nom. Ces oiseaux, dans leur pays natal, vivent par troupes et se nourrissent des graines de diverses plantes; ils sont généralement de petite taille, mais se font remarquer par leurs formes élégantes, leurs couleurs agréables et leur chant mélodieux. Ils supportent trèsbien la captivité et peuvent vivre jusqu'à dix ans sous nos climats, si on leur donne les soins que réclame leur tempérament délicat. Quelques-uns même s'accouplent et se reproduisent en Europe.

Le sénêgali rouge est l'espèce la plus répandue chez nous. Un peu moins gros que le tarin, il a le bec à peu près de la longueur de la tète, les ailes et la queue courtes; son plumage varie beaucoup; tantôt c'est le rouge vineux qui domine, tantôt le brun verdâtre ou olive, tantôt même le noir. Cet oiseau vit bien sous nos climats ; il est très-sociable et s'accorde parfaitement avec les autres petits oiseaux du même groupe, notamment avec les bengalis. Il a un ramage agréable et flûte qui rappelle assez le murmure d'un petit ruisseau. «Ces petits oiseaux, dit M. H. Prévost, aiment beaucoup a être pressés les uns contre les autres et ils dorment tous sur la même branche. Quand il n'y a plus de place pour être à côté, les derniers venus montent sur le dos des autres qui ne font aucun effort pour se débarrasser de ceux qui prennent cette liberté à leur égard. On voit même les femelles nicher et couver dans le même nid. Les petits une fois éclos, elles les nourrissent tous indistinctement. Néanmoins il vaut mieux les séparer par paires. » Bien que cette espèce puisse s'accoupler presque en toute saison, on fera bien de s'arranger de manière que l'accouplement n'ait lieu que dans le mois de mai. La ponte

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est ordinairement de six ou sept œufs, et l'incubation dure une quinzaine de jours. Dés leur première année, les petits sont arrivés à leur complet développement; ils muent vers le mois d'août.

Le sénêgali rayé, appelé par quelques auteurs bec de cire, a le plumage rayé transversalement, de gris et de brun clair en dessus, rose en dessous, avec un trait longitudinal d'un beau rouge de chaque côté de la tête ainsi qu'au milieu du ventre ; le bec rougeâtre et les pieds brunâtres. Il vit au Sénégal et au Cap de Bonne-Espérance, d'où on en apporte beaucoup de vivants; c'est un très-joli oiseau, très-vif, toujours en mouvement; son chant, vif et gai, quoiqu'un peu glapissant, se fait entendre surtout le matin. Le sénêgali chanteur a un plumage peu élégant, mais une voix des plus mélodieuses.

SÉNÉGAL1EN, IENNE adj. (sé-né-ga-liain, i-è-ne). Qui appartient, qui est propre au Sénégal, qui rappelle le Sénégal : Température SÉNÉGALIENNE.

SÉNÉGAMBIE, vaste contrée de l'Afrique occidentale, par 17° 13' de latit. N. et par 60 2' de longit. O., bornée au N. par la colonie française du Sénégal, qui la sépare du Sahara, à l'E. par le Soudan, au S. par la Guinée supérieure, à l'O. par l'Océan ; longueur approximative, 1,400 kilom. de l'E. à rO.; largeur, 900 kilom. du N. au S.; superficie, 1,025,000 kilom. carrés. La côte est généralement basse et bordée d'immenses terrains d'alluvion; au S. sont aussi des îles qui semblent se confondre avec le continent. On remarque surtout l'archipel des Bissagôs. L'intérieur de la Sénégambie, constitué en

fénéral par une haute terre à l'E., qui s'aaisse par de larges terrasses jusqu'à l'Océan, et arrosé par trois grands fleuves, le Sénégal, grossi de son affluent la Falémé, la Gambie et le rio Grande, offre une agréable variété de plaines et de collines. Le climat est un des plus chauds du globe. Les chaleurs excessives qu'on subit dans cette région sont heureusement tempérées par des nuits fraîches et des pluies abondantes qui se montrent depuis le mois de juillet jusqu'au mois d'octobre; c'est la saison nommée hivernage; des vents du S.-O. régnent alors sans discontinuer, et durant cette saison, de juillet à novembre, ont lieu régulièrement, une ou deux fois par jour, des coups de vent appelés tornades ou tourbillons, coïncidant avec les heures de changement des marées. Pendant les autres mois de l'année, la température de la Sénégambie est torride et s'élève parfois à plus de 45° à l'ombre. Sous ce ciel de feu, la végétation acquiert une puissance extraordinaire, surtout dans la région des côtes, formées d'alluvions et coupées de marécages; certains arbres, comme le baobab, y atteignent des dimensions gigantesques.

En général, le sol de la Sénégambie est très-fertile. 11 produit en abondance l'arachide, dont on fait une huile a brûler et à manger; le mil, la gomme, le riz, le maïs, les ignames; quelques oranges, des bananes, des mangots, des avocats, des melons, des goyaves, quelques ananas, de la salade, des radis, des choux. Les bêtes à cornes y sont aussi très-nombreuses, telles que buffles, chèvres, béliers. On y trouve du lièvre, de la perdrix, des gazelles, des rats palmistes, des tourterelles, des pigeons verts, des aigrettes, de8 perruches, des merles métalliques, des marabouts; parmi les bêtes de somme, des chevaux, ânes, chameaux; dans la classe des animaux sauvages , le tigre, la panthère, l'éléphant, l'hyène, le chacal, etc. Les porcs, les poules et les canards forment les bassescours des indigènes. La Sénégambie possède une riche collection de serpents; mais elle a aussi ses magnifiques sénégalis, qui ornent nos volières d Europe. Dans le règne minéral, elle donne de 1 or, du cuivre, du fer et quelques pierres de construction.

Le règne végétal y est représenté par le palmier, le cocotier, le papier, le mauglier, le goyavier, le mangotier, le bananier et par le roi des arbres africains, le baobab, dont la feuille en poudre (alao) est l'assaisonnement de la cuisine indigène et dont la feuille verte est la panacée universelle.

Le pays est arrosé de nombreux marigots qui forment des marais pendant l'hivernage etsont habités par le caïman et l'hippopotame.

Les objets d exportation sont l'arachide, la gomme, les peaux, un peu d'or et d'ivoire. L'importation comprend la guinéo, étoffe tjui forme la pièce principale des vêtements de tous les peuples d'Afrique; des armes, de la poudre, de la coutellerie, de la verroterie, de la quincaillerie, du sucre , du tabac, des tafias, etc. Autrefois le pays a produit de l'indigo, du tabac, du sucre, du café, du coton ; on a dû abandonner cette culture. L'échange se fait aujourd'hui presque partout contre espèces, comme en Europe.

Les indigènes sont en général grands, bien faits et d'une force peu commune. Les femmes y sont petites. Leurs mœurs varient peu avec les races. Ils sont courageux, voleurs et peu hospitaliers. Ils combattent a la façon des Arabes d'Algérie et aveu d'autant plus de témérité qu'ils ont toute confiance en laïus gris-gris. Presque tous sont armés de fusils; leurs autres armes sont la lance, l'arc, la sabre et le couteau. Ils se servent aussi de gros bâtons en bois très- dur.

Les enfants k peine sevrés sont abandon.»

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nés à eux-mêmes ; jusque-là les femmes les portent à cheval sur les hanches. Contrairement, d'ailleurs, k ce qu'on pourrait penser, ce n'est pas la mère qui porte son enfant, mais une des autres femmes de son mari, car ces peuples sont polygames. 11 est un fait curieux à remarquer : dans les accouchements on laisse une certaine longueur au cordon ombilical des nouveau -nés, ce qui forme une sorte d'excroissance qui atteint souvent la grosseur du poing. Les habitations des indigènes, vulgairement appelées cases, sont construites en palmier ou en bambou, dans le genre de nos ruches d'abeilles.

Le costume des hommes se compose généralement d'un caleçon {toubé) et d'une sorte de blouse percée de trois trous pour la tête et les bras. Les hommes ne se séparent jamais de leur couteau (paka), qu'ils portent à la ceinture dans une gaine de peau tannée. Le costume des femmes se compose d'un pagne noué autour des reins en jupon et quelquefois d'un boubou. Quand elles portent un enfant, il est retenu par un autre pagne qui vient se nouer au-dessus des seins. Ils pratiquent la circoncision, et c'est même chez eux l'occasion de grandes fêtes. Les femmes fument comme les hommes. Leur ouvrage consiste surtout à préparer le sanglé , qui compose le repas du matin, et le couscous pour le soir. Les naturels, et principalement les Maures, travaillent avec art le fer, l'or, l'argent, le bois, le cuir.

La grande partie des habitants est musulmane; mais d'autres n'admettent aucune religion; tels sont les Griotes, qui n'ont que le culte des gris-gris, les M'Bambarras et les Sérères.

Les subdivisions politiques de la Sénégambie sont : le Bambouk, entre le Bâ-Fing et la Falémé; le Galam, plus au S.; le Fouta, le Wallo, le Baol, le Cayor, le Saloum, le Sin, le Fouta-Dialon.

Les races qui l'habitent sont : les Maures, qui se divisent en Trarzas (bas Sénégal), Braknas (de Bakel à Modillanah), Dowiches (de Modillanah k la Falémé), les Foullahs ou Peuls, dont la couleur tient le milieu entre celle des Maures et celle de la race noire (M. G. d'Eichthal leur donne une origine malaisienne, et c'est l'opinion la plus vraisemblable, malgré ceux qui veulent voir en eux un mélange européen antérieur) ; les Yoloffs ; les M'Bambarras (de m'bam, cochon , parce que n'étant point musulmans ils mangent la chair de cet animal) ; les Mandingues, lesToucoulors, les Sarrocolets, les Griotes, race dont les membres ne s'allient qu'entre eux et qui est généralement méprisée.

Toutes ces races vivent plus ou moins mêlées dans les principaux centres de population ; mais chacune d'elles a son foyer spécial, ses formes particulières de gouvernement. Les Maures sont établis sur la rive gauche du Sénégal, divisés en tribus indépendantes les unes des autres ; les Yoloffs habitent le Walo et le Cayor; ces peuplades nègres sont divisées en une multitude de petits Etats monarchiques, où la royauté est héréditaire; les Peuls ou Foutahs habitent le Foutah-Toro, le Bondou, le Foutah-Djallo et se divisent aussi en une foule d'Etats à la fois monarchiques etthéocratiques. Les Mandingues sont répandus entre la Sénégambie et le rio Grande, sur la côte de Sierra-Leone, et possèdent le£ vastes royaumes de Bambouk, de Kassou, de Kaarta, de Woulli et de Kankan ; les prêtres et les docteurs tiennent chez eux le premier rang; les chefs de tribu ne viennent qu'en seconde ligne. Les M'Bambarras habitaient surtout la Gorée et le Dakar, où ils formaient une sorte de république au moment où ces régions devinrent colonies françaises; ils ont été en partie refoulés sur la rjve gauche du Niger.

Ces divers Etats n'ont pas, a proprement parler, de limites fixes, et les conquêtes du premier petit souverain venu sur les tribus voisines en changent continuellement les frontières. Dans la première moitié de ce siècle, le Maure El-Harij-Omar était parvenu à fonder en Sénégambie un grand empire, comprenant la vaste région située entre le Sénégal et le Niger, en réduisant la plupart des petits souverains yoloffs et peuls à lui payer tribut; l'ambition de ses (ils et l'incomplète assimilation des peuplades conquises tendent à dissoudre rapidement cet empire. Ahmadou, son successeur et l'un des fils de El- Hadj, a établi sa capitale à Ségou, ville relativement importante, située sur la rive gauche du Niger, dans le pays des M'Bambarras. Les mauvais traitements qu'il a fait subir k un de nos explorateurs, M. Mage, lui ont valu une certaine notoriété. Son despotisme avait provoqué une révolte générale dans le pays des M'Bambarras, révolte qui n'a éié comprimée, en 1873, qu'k la suite d'une guerre impitoyable dans laquelle les révoltés ont été exterminés, faits esclaves ou dispersés.

A la suite de ce succès, Ahmadou est rentré dans sa capitale. 11 pouvait craindre d'y être mal accueilli par son frère Aguibou à qui il avait laissé le commandement de la ville ; mais les dissentiments qui s'étaient élevés entre les deux frères pendant que la lutte était douteuse se sont évanouis lorsque la victoire est restée à Ahmadou. U était d'ailleurs difficile à Aguibou de résister à une armée enthousiaste et qui rentrait avec le prestige de son triomphe. Ce dernier fit donc bon accueil au vainqueur.

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La situation cependant Jtait fort compromise. Si Ségou n'était pas~en pleine révolte, Sansanding, ville située à peu de distance en aval sur la rive droite du Niger, était insurgée. Ahmadou avait appris en outre qu' Aguibou et un autre de ses frères, Moktar, avaient provoqué des troubles à Nioro, dans le Kaerta. Son premier acte fut de les faire prisonniers et de les traîner k sa suite dans 1 expédition qu'il vient d'entreprendre (1875) pour réduire Sansanding. Mais il paraît avoir été touché de leur soumission, et soit qu'il leur ait fait généreusement grâce, soit qu'il ait eu la main forcée par leurs partisans, il leur aurait donné à chacun une province à gouverner.

Il paraît cependant animé d'une haine implacable contre son cousin Tidjani, roi du Macina, contrée sur laquelle on possède peu de renseignements. C'est contre ce dernier qu'il dirigea ses armes après la réduction de Sansanding. Ces expéditions attestent que le pays est loin d'être pacifié. D'autre part, les musulmans qui se sont prêtés de bonne grâce à la répression des M'Bambarras, qu'ils considèrent comme infidèles, semblent peu disposés à seconder Ahmadou dans la guerre qu'il projette. Beaucoup semblent même prendre parti en faveur de Tidjani, et l'avenir du royaume de Ségou parait s'assombrir singulièrement. Une défaite, la mort d'Ahmadou, peuvent amener la dissolution de l'empire de El-Hadj-Omar et donner lieu k des guerres générales dans tout le pays compris entre le Niger et le Sénégal. C'est une éventualité à laquelle notre colonie est déjà préparée. Ahmadou sent les difficultés de sa situation et, depuis longtemps, cherche à nouer des relations de plus en plus étroites avec le gouvernement coloniaf.

Senegnmble et dans la Colombie (VOYAGES DANS la), par G. Moliien (1820, 2 vol. in-8»; 1824, 2 vol. in-8°). L'auteur, l'un des passagers à bord de la Méduse, navire qui lit naufrage en 18 16 sur la côte d'Afrique, campa k cette époque au cap Vert, d'où il fit quelques reconnaissances sur le continent, k Podor et aux escales. M. de Fleurieu, commandant du Sénégal, lui donna des instructions qui prescrivaient à l'explorateur : 1° de découvrir les sources du Sénégal, de la Gambie etdaNigerj 2« de s'assurer de l'existence d'une communication entre ces deux fleuves; 3° de connaître la distance du Sénégal à la source du Niger; 40 d'observer les montagnes, la nature du sol et les contours des rivières; 5° de reconnaître les moyens de descendre le Niger jusqu'à son embouchure; 6» de visiter les mines de Bambouk. Ce programme était trop vaste. Le voyageur, parti de Saint-Louis le 28 janvier 1818, ne put l'exécuter qu'en partie. A cette époque, on ignorait la véritable situation des sources du Sénégal, de la Gambie et du rio Grande. Au sud du Sahara coule de l'est à l'ouest, sur un sol uni et sablonneux, le Sénégal, par le 17e degré de latitude ; à 2»,5 plus au sud coule parallèlement la Gambie, sur un terrain semblable ; enfin, k 3° plus encore au midi, le rio Grande coule dans la même direction. Ces trois fleuves viennent du sud, et leurs sources sont très-voisines l'une de l'autre. Une multitude de petits royaumes, où l'islamisme et le paganisme se succèdent, divisent ce vaste territoire. Prenant pour guide un marabout, le voyageur eut k surmonter des dangers divers. Tantôt menacé, arrêté, etc., tantôt rongé par la fièvre ou par la faim, il suivit son itinéraire, étudiant les mœurs, le gouvernement, le sol et les productions. Il eut à se plaindre partout de l'importunité des enfants et des femmes. Ces peuplades exploitent des mines d'or et de ter. Elles ont des écoles qui se tiennent la nuit. Superstitieuses outre mesure, elles recèlent des sociétés- secrètes. Le voyageur fait observer que les Maures sont nomades par habitude et par nécessité ; ils émigrent d'une région à l'autre k la suite des pluies ou des vents qui opèrent des changements à vue dans la nature du désert. Parvenu en un piteux état à Géba, comptoir portugais, il s'embarqua pourla Gorée, etde la pour Saint- Louis. Il arriva au Havre le 15 février 1819. Sa relation contient des faits nouveaux; on y trouve une description simple et rapide des contrées que l'auteur a parcourues. Le deuxième voyage de Moliien eut pour objet la Colombie, pays visité par Humboldt avant l'indépendance de cette colonie espagnole. Arrivé à Norfolk, en Virginie, il remonta le Potomac. Dans la traversée de Norfolk à Carthagène, il fut témoin des mauvais traitements infligés aux esclaves et de l'incurie de la police américaine touchant la santé et la sécurité des voyageurs. De Carthagène, il remonta la vallée de la Magdalena. Après avoir séjourné à Santa-Fé-de-Bogota, capitale de la république, il fit des excursions dans les provinces occidentales de la Colombie. Cette portion de la Colombie visitée par Moliien est peu considérable, en proportion des immenses territoires dont cette république se compose. Outre la vallée de la Magdalena, une petite partie de celle de Cauca, le plateau de Bogota et celui du Socorro, plusieurs passages des Cordillères et la largeur de l'isthme de Panama, tel a été le cercle de ses excursions, c'est-à-dire une portion de l'ancien royaume de Cundinamarca. Mais la province de Quito, celle de Venezuela, la Guyane ci-devant espagnole, les

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rivages du Guayaquil, ceux de la mer des Antilles, les bords de l'Amazone, du rio Negro et de l'Orénoque, en un mot les trois quarts de la république, lui sont restés étrangers. Une faible population, formée de races diverses, est disséminée sur une énorme surface et n'a pour demeures que des cabanes de jonc ou de feuillage. En un seul jour, on passe d'un Sahara à une Sibérie ; entre les deux climats extrêmes, à une altitude moyenne, règne une température automnale. Une affreuse misère est le lot d'une grande partie de la population, tandis que le clergé, possesseur des deux tiers du sol, jouit de revenus immenses et que l'or et les pierreries s'accumulent sans cesse sur les autels des églises. L'auteur remarque que la disparition de la race indienne s'explique naturellement par son absorption dans la race blanche. Dans ses considérations morales et politiques, il se montre parfois injuste ou superficiel. On pourrait désirer plus de suite et plus de clarté dans cette relation.

SÉNÉGAMBIEN, IENNE s. et adj. (sé-négam-bi-ain, i-è-ne). Géogr. Habitant de la Sénégambie; qui appartient à ce pays ou à ses habitants : Les Sénégambiens.»£(i population SENEGAMBIENNE

SENEGHE, bourg du royaume d'Italie, dans la Sardaigne, province de Cagliari, district d'Oristano, mandement de Milis; 2,192 hab.

SÉNÉGINE s. f. (sé-né-ji-ne — rad. sênëga). Chim. Principe extrait de la racine du sénéga. u On dit aussi seneguink.

— Encycl. La sénêgine est pulvérulente, inodore, inaltérable à 1 air et non volatile. L'éther ne la dissout point, mais elle est soiuble dans l'eau bouillante et dans l'alcool. Elle est purgative à la dose de 0£r,20.

SÉNEGRÉ s. m. (sé-ne-gré). Bot. Un des noms vulgaires du fenugrec. Il On dit aussi

SENÈGRE et SENEGRAIN.

SÉNÉGUINE s. f. (sé-né-ghi-ne). Chim.

V, SÉNÉGINE.

SÉNÉKA s. m. (sé-né-ka). Bot. Syn. de sénéga : Continuons à faire des expériences avec le sénéka. (V. de Bomare.)

SENELLE s. f. Autre orthographe du mot

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