‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 29 sur 1059 · V. SakhauaN · texte numérisé non relu

V. SakhauaN

SAGHALIEN ou SAKHALIEN, rivière de l'Asie. V. Amour et Mandchourie.

SAGHANy(Ahmed-Ben-MohainmedAL-), astronome arabe. Il vivait au ivc siècle de l'hégire, sous le règne de Cheref-ed-Daulah, et lut choisi par ce prince pour diriger un observatoire qu'il avait fait construire dans son jardin. Saghany construisit lui-même ou fit construire sous sa direction les instruments qui lui étaient nécessaires et arrivait dans ce genre de travail à une très-grande précision. Il acquit rapidement une trèsgrande réputation et mourut l'an 379 de l'hégire (992 de l'ère vulgaire).

SAGIBARON s. m. (sa-ji-ba-ron — du vieux fr. sac/ta, cause juridique, et de baron). Féod. Nom donné à certains officiers publics dont les fonctions ne sont pas bien connues.

— Encycl. Il est question , dans la loi salique (lit. LVII), de personnages appelés sagibarons. Leur wehrgeld étair considérable. Le meurtre d'un sagiburon ou d'un graf (comte), qui faisait partie de la trust ou cortège du roi, était compensé par une somme de douze mille deniers ou trois cents sous. Si un sagibaron libre était tué, le meurtrier était condamné à payer vingt-quatre mille deniers ou six cents sous. Il ne devait y avoir que trois sagibarons dans chaque mal ou assemblée des Francs. S'ils avaient prononcé sur une affaire qui leur était soumise , le graf ou comte ne pouvait changer leur sentence.

Tels sont les textes de la loi saliquo relatifs aux sagibarmis. On a beaucoup discuté pour savoir quels étaient ces magistrats. A s'en tenir à letymologie, les sagibarons étaient des hommes de loi. Leur nom, qui est écrit sagibarons, sachibarons, sacbarons, vient de sache, qui veut dire cause, et de bar ou baron, qui signifie homme par excellence. Il semble donc que les sagibarons étaient des hommes de loi chargés de l'explication des questions difficiles, et il est probable que l'on n'en admettait que trois dans les assemblées solennelles, atin d'éviter la multiplicité des interprétations législatives et la confusion qui aurait pu en résulter.

SAGI EN, IENNE s. et adj. (sa-ji-ain, i-è-ne — de Sagii, nom lat. de Séez). Géogr. Habitant de Séez; qui appartient à cette ville ou k ses habitants : Les Sagiens. La population SAGIENNE.

SAGII, SA11 ou ESSUI, peuple de la Gaule, qui habitait, sous l'empire romain, dans la Lyonnaise Ile, entre les Carnutes à l'E. et les Viducasses à l'O. Le territoire de cette tribu gauloise devint, plus tard, le diocèse de Séez ; il forme actuellement la plus grande partie du département de l'Orne.

SAGINATION s. f. (sa-ji-na-si-on — du lat. saginare, engraisser). Action d'engraisser les animaux. Il Peu usité,

SAGINE s. f. (sa-ji-ne — du lat. sagina, engrais). Bot. Genre de plantes, de la fumiile des caryophyllées, tribu des sabulinées, comprenant plusieurs espèces qui croissent en France. Il Nom vulgaire du sorgho, en Italie et dans le midi de la France.

— Encycl. Les sagines sont de petites plantes touffues, à feuilles opposées, à fleur» blanches, très-petites, groupées en cymet terminales ; le fruit est une capsule polysperme, s'ouvrant en quatre valves. Les espèces assez nombreuses de ce genre croissent au printemps, dans les lieux un peu humides et jusque dans les cours et les rues peu fréquentées. La sagine couchée est la plus répandue; on la trouve depuis la Laponie jusqu'en Barbarie ; elle croît dans les champs arides, sablonneux, sur les rochers

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et les vieux murs, où elle fleurit pendant tout i'été. La sagine subulée habite les contrées tempérées de l'Europe, où elle croît dans les lieux secs et pierreux ; elle fleurit au commencement du printemps. La sagine subulée est une petite plante très-élégante, qui forme, comme les mousses, des touffes compactes. On l'emploie pour faire des bordures, des gazons , pour orner les rochers et les glacis. Toutes ces plantes sont fort goûtées par les bestiaux.

SAGITTAIRE s. m. (sa-ji-tè-re — du lat. sagitta, flèche). Antiq. Archer, soldat qui lauce des flèches.

— Astron. Constellation zodiacale, représentée ordinairement sous la figure d un centaure qui tient un arc bandé et armé d'une flèche : Le soleil était dans le signe du Sagittaire, dans le Sagittaire, il Neuvième signe du zodiaque, qui correspondait autrefois à la constellation du Sagittaire.

— Numism. Monnaie du premier empire des Perses, appelée aussi darique.

— Ornith. Syn. de messager,' genre d'oiseaux, appelé aussi secrétaire et serpentaire : Les paysans du Cap de Bonne-Espérance ont corrompu le nom de sagittaire en l'appelant secrétaire. (V. de Bomare.)

— s. f. Bot. Nom scientifique du genre fléchière.

— Encycl. Antiq. rom. Les sagittaires avaient pour armes I arc et les flèches. On voit ces mercenaires employés dans les troupes romaines avant la guerre sociale, même avant la seconde guerre punique, et ils sont désignés sous le nom d'auxi.iaires des soldats légèrement armés, levium armatorum auxilia; mais, dans le dernier siècle de la république, ils composèrent tonte la levis armatura, c'est-à-dire toute l'infanterie légère. Les sagittaires, comme les autres soldats mercenaires, formèrent alors un corps à part, ayant ses propres officiers, et qui n'entra pas dans la constitution de la légion. Les termes legionarius et le>:is armalura furent opposés l'un h l'autre, comme chez les Grecs les mots hoplite et psile. On lit, par exemple, dans la Guerre d'Espagne ; a II périt trois cent vingt-quatre des soldats armés a la légère et cent trentehuit des légionnaires, Ceciderunt ex leoi armatura cccxxiv, ex legionariis cxxxvui. n Si les sagittaires, non plus que les frondeurs et les jaeulateurs, n'étaient admis dans la légion, c'est que les Romains dédaignaient les armes qui n'atteignaient que de loin. Les uns et les autres, postés sur les ailes, engageaient le combat et, quand ils avaient lancé leurs traits, se retiraient dans les intervalles des manipules de la légion.

— Astron. Le Sagittaire est un signe du zodiaque, représente par une flèche horizontale, dans lequel passe le soleil, du 22 novembre au 22 décembre. Il est figuré sous ïa forme d'un centaure qui, armé d un arc, dé- Coche une flèche :

Déjà du haut des cieux le cruel Sagittaire Avait tendu son arc et ravage" la terre... Cette constellation, qui compte 65 étoiles dans le catalogue britannique, forme un trapèze oblique, dont les astres sont de troisième grandeur ou au-dessous. Les étoiles a, S, f forment la flèche ; y est appelée Nushaba par les Arabes. L'étoile n marque la tête. Cette constellation, qui ne s'élève jamais au-dessus de l'horizon de Paris, renferme une double, Ç.

— Bot. V. FLÉCHIBRK.

SAGITTAL, ALE adj. (sa-ji-tal, a-le — du lat. sagitta, floche). Hist. nao. Qui ressemble à une flèche.

— Anat. Suture sagittale. Celle qui unit les deux pariétaux et qui s'étend d'avant en arriéra sur la ligne médiane. Il Gouttière sagittale, Sillon profond creusé sur la suture des pariétaux, à la partie interne de la voûte du crâne.

SAGITTAR1US (Gaspard), historien saxon, né à Lunebourg en 1643, mort en 1694. Son père était pasteur et l'envoyu dans les principales universités de l'Allemagne pour y étudier. Quelques années plus tard, Gaspar Sagittarius, après avoir exercé quelques fonctions ecclésiastiques, fut nommé professeur d'histoire k Iêna, puis historiographe des ducs de Saxe (1674). A partir de ce moment, il se voua complètement aux recherches historiques. On a de ce personnage utio foule d'ouvrages relatifs à l'histoire de l'Allemagne et qui présentent un réel intérêt. Nous en mention lierons quelques-uns ici : De prxcipuis scriptoribus historiés germaniess (Iena, 1675, in-4<>) ; Autiquitates regni l'/turingici gentilismi et christianismi i'hvriugici (ducatus Thuringici, ICSS, 3 vol. in-4°), en allemand j De antiquo slalu Thuriugix usque ad ortum landgraviorum (1675, iti-4u) ; Memorabilia n'atorts} luneburgicx (Uaiio, 1774, in-4") ; Histûria Franco furtensis (Francfort, 1704, in-8°). Sagittarius a laissé en plus de nombreux mémoires inédits, parmi lesquels se trouvait une Histoire des quarante-trois villes libres et impériales, qui a été perdue.

SAGITTÉ, ÉE adj. (sa-ji-té — du lat. sagitta, lische). Bot. Se dit des organes, et particulièrement des feuilles qui présentent la forme d'une flèche.

SAGITTELLE s. f. (sa-ji-tè-le — dimin. du lat. sagitta, flèche). lUoll. Genre de muilu.5-

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ques gastéropodes, dont l'espèce typa vit dans les mers d'Amérique,

SAGITTIFÈRE adj. (sa-ji-ti-fè-re — du lat. sagitta, flèche ; fero, je porte). Hist nat. Qui porte une partie ou des taches en forme de fer de flèche.

SAGITTIFOLlÉ, ÉE adj. (sa-ji-ti-fo-li-é — du lat. sagitta, flèche; folium, feuille). Bot. Qui a des feuilles sagittées.

SAGITTULE s. f. (sa-ji-tu-le — dimin. du lat. sagitta, flèche). Helmin th. Prétendu genre d'helminthes, fondé sur une production qu'on a reconnue plus tard pour le larynx supérieur d'un oiseau.

SAGNE s. t. (sa-gne; gn mil.). Bot. Nom vulgaire des scirpes, dans le midi de la France.

SAGOIN s. m. (sa-gouain). "Mamm. Autre forme du mot sagouin : Les sagoIns ont la. tête arrondie. (E. Desmarest.)

SAGON (François de), poète français du xvie siècle. Il était curé à Beauvais et n'est connu que par de violentes satires dirigées contre Clément Marot, qu'il attaqua lorsque celui-ci, proscrit pour cause de religion, se fut réfugié à Ferrare. Marot lui répondit sous le pseudonyme de Frippelipes, et le curé de Beauvais répliqua par une épltre intitulée : Fpistre à Marot) par François de Sagon (Paris, 1537, in-12, chez Gilles Corrozet). Il s'engagea ainsi entre Sagon et Marot une polémique en vers et en prose à laquelle prirent part les amis de l'une et de l'autre des parties. Les diverses pièces de ce procès, au nombre de seize, ont été recueillies et réunies en un volume qui s'est vendu 300 francs à la vente de Charles Nodier. Ces pièces sont très-rares, et n'avaient pu être ainsi réunies que par la patience d'un infatigable et passionné bibliophile; il est même difficile de les trouver séparément.

SAGONE, golfe formé par la Méditerranée sur la côte occidentale de l'île de Corse, au N. d'Ajaccio. Sur les bords de ce golfe s'élevait autrefois une ville de même nom, siège d'un évêché.

SAGONÉE s. f. (sa-go-né). Bot. Syn. d'HYdrolke, genre de plantes de la Guyane.

SAGONTE, en latin Saguntus et Saguntum, ville de l'Espagne ancienne, dans la Taira conaise, chez las Edétons, près de l'embouchure du Pallantias (Palancia) dans la Méditerranée, au N. de la ville moderne de Valence. On voit ses ruines près de la ville actuelle de Murviedro. Sagome avait été fondée par une colonie de Grecs de Zunte, auxquels s'étaient mêlés des Rutules d'Ardée ; elle était devenue riche et puissante par son commerce, lorsque après la première guerre punique les Sagontins, craignant pour leur indépendance à l'approche des Carthaginois, s'allièrent aux Romains, qui obtinrent des Carthaginois de ne rien tenter contre la colonie grecque. Mais Annibal viola bientôt le traite qui assurait l'indépendance de Sagonta; cette ville fut prise par les Carthaginois, l'an 219 av. J.-C, après la plus héroïque résistance. Sagonte. fut presque détruite et ses habitants en partie massacrés. Cinq ans après les Romains reconstruisirent cette ville, sur l'emplacement où s'élève aujourd'hui Murviedro, qui tire son nom de l'ancienne cité romaine (Mûri veleres)*

Sngonto (siège de), événement qui marqua le commencement de la lutte gigantesque d'Annibal contre Rome (219 av. J.-C. ). Curthuge avait conquis presque touta l'Espagne par les soins d'Amilcar Barca et de son gendre Asdrubal; toutefois, Rome avait obtenu par ses négociations que les Carthaginois ne dépasseraient pas l'Ebre et qu'ils respecteraient la ville de Sagoute, dont l'indépendance avait été solennellement garantie. Annibal, héritier des talents et de l'ambition de son père, Amilcar, mais plus audacieux que lui, conçut le hardi projet de porter la guerre jusqu'en Italie, jusqu'aux portes de Rome; et, pour engager irrévocablement la guerre, il alla meure le siège devant Sagonte. à la tête d'une armée de 150,000 hommes. Cette ville commerçante faisait une concurrence sérieuse aux marchands carthaginois, et Annibal voulait la détruire en compensation do la guerre qu'il forçait ses concitoyens à subir. Les Sagontins firent en vain valoir auprès de lui le traité qui proclamait leur indépendance; en vain Rome lui envoya des députés pour le rappeler au respect de la foi jurée. Annibal refusa de les recevoir, et ils durent aller porter leurs plaintes jusqu'à Cartbage; mais là encore ils trouvèrent le peuple et le sénat dominés par les membres de la famille d'Annibal, et on leur répondit que Sagonte elle-même avait allumé cette guerre. « Les Romains, disaient-ils, seraient injustes s'ils préféraient cette ville à Carthage, leur plus ancienne alliée. » Sagonte resta donc livrée à ses propres ressources.

Annibal avait attaqué la ville par trois côtés différents et ébranlait ses murailles à coups de bélier; les tours s'écroulaient les unes après les autres, malgré la vaillante le istance des Sagontins, qui se défendirent avec la plus énergique opiniâtreté ; niais Annibal ne les resserrait pas moins de plus en plus. Dans cette extrémité, ils pous-èrent de nouveau veis Roms un cri suprême de détresse, et la république, impuissante à, las

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secourir, envoya une seconde ambassade &• Carth.ige. Le sénat la reçut avec hauteur et ce furent les Romains qui se virent accusés de violer les traités. Comme la discussion se prolongeait sur ce ton violent de récrimination, Fabius, chef de l'ambassade, releva un pan de sa toge : i Je porte ici la paix ou. la guerre, dit-il fièrement aux sénateurs; choisissez.— Choisissez vous-même, lui répondit-on avec non moins île fierté. — Eh bien, la guerre I » reprit Fabius; et il laissa retomber sa toge, comme s'il secouait sur Carthage la mort et la destruction. La seconde guerre punique allait commencer.

Mais pendant toutes ces négociations, Annibal pressait de plus en plus les opérations du siège et bientôt Sagonte fut aux abois. Les habitants, se voyant privés de tout secours et désespérant de résister plus longtemps, entrèrent en pourparlers avec Anni- • bal; mais ses conditions leur semblèrent si intolérables qu'ils ne purent se résigner à les accepter. Les sénateurs, au désespoir, firent alors porter sur la place publique leur or, leur argent, tous leurs objets précieux, le trésor de la ville, puis les lancèrent dans les flammes et s'y précipitèrent eux-mêmes ensuite. En ce moment; une grosse tour s'écroula sous les coups répétés du bélier et livra passage aux Carthaginois, qui se précipitèrent dans la ville comme un torrent et passèrent au fil de l'épée tous ceux qui étaient en âge de porter les armes. Malgré les ravages causés par le feu, le butin fut encore immense et une partie en fut envoyée à Carthage, afin d'encourager les partisans de la guerre (219 av. J.-C).

Ainsi tomba Sagonte, après une résistance de huit mois, immortalisée par Tite-Live. Quelques historiens prétendent qu'Annibal la détruisit de fond en comble; mais il y a évidemment de l'exagération dans cette opinion. Polybe est muet sur cette circonstance, et Tite-Live dit lui-même dans un autre passage qu'un des premiers soins des Scipions fut de racheter les Sagontins; ils n'avaient donc pas été massacrés. Sagonte non plus ne fut pas détruite entièrement, car les Scipions la reprirent quatre ans plus tard. On voit encore ses ruines près de Murviedro.

SAGONTIA, ville de l'Espagne ancienne, dans la Tarraconaise, sur les contins des Celtibériens et des Arévaques. Aujourd'hui

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