‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 31 sur 1059 · SAGR · texte numérisé non relu

SAGR

est très-abondante dans les vieux arbres, à tel point qu'un seul sujet peut en fournir jusqu'à 200 kilogrammes. On reconnaît qu'elle est bonne à récolter quand les feuilles se couvrent d'une poussière blanchâtre. Pour s'en assurer mieux encore, on fait un trou dans la tige, on en retire des parcelles de la substance centrale, et on les broie dans la main ; la qualité de la fécule obtenue permet de reconnaîu-e si la moelle est arrivée à son point de maturité.

Pour procéder a cette récolte, on coupe la tige du sagoutier; on la partage et on la fend en plusieurs morceaux ; on enlève la moelle et on la dépouille des fibres ligneuses qui y adhèrent ; puis on la râpe. La pulpe qu'on obtient ainsi est mise dans un baquet avec de l'eau froide et agitée jusqu'à ce que la fécule se trouve tout entière en suspension. On la passe alors dans un tamis de crin ; le liquide qui s'écoule est mis dans des vases ; la fécule se dépose au fond et on la retire après avoir décanté l'eau, Enfin on la coupe en petits pains, que l'on fait sécher à l'ombre dans de petites corbeilles couvertes de feuilles. Aux Moluques et dans les îles voisines, on en fait des pains de 0m,15 à 0>",20 en carré et d'environ 0ii,û2 d'épaisseur. Quand ils sont secs, on les attache par dix ou vingt en forme de chapelets et on les vend ainsi dans les rues et les marchés; il s'en fait une assez grande consommation. Le sagou destiné à être conservé pendant quelque temps, par exemple pour les longs voyages sur terre et sur nier, se prépare d'une autre manière. La pâte encore molle est passée dans un crible ou dans une platine en terre cuite percée de petits trous; ainsi granulée, on la fait sécher d'abord au soleil, puis à la chaleur d'un feu trèsmodéré.

Le sagou nous vient principalement des Moluques, en futailles ou en caisses qui pèsent jusqu'à 100 kilogrammes. 11 est en grains plus ou moins gros et réguliers, blanchâtres, rosés ou brunâtres, inodores, très-durs, élastiques, demi-transparents, difficiles à pulvériser ou à broyer sous la dent, d'une saveur fade et douceâtre. On doit préférer celui qui est en grains menus, réguliers -et légèrement dorés, d'ailleurs récent, bien net et sans poussière. On en distingue six. sortes principales : 1° sagou des Maldives; Z<> sagou de Sumatra; 3° sagou de la Nouvelle-Guinée; 4<> sagou gris des Moluques ; 5° sagou rosé des Moluques; 6° sagou blanc des Moluques ou maputi. Richard pense que ces diverses fécules sont très-probablement retirées d'espèces différentes, mais qui ne sont pas encore rigoureusement déterminées.

Le sagou se conserve longtemps lorsqu'on le tient à l'abri de l'humidité. Insoluble dans l'eau froide, il se dissout en grande partie dans l'eau bouillante et se prend, par le refroidissement , en une gelée qui est trèsnourrissante, facile à digérer et bonne pojr les enfants, les vieillard*, les convalescents ou las personnes dont les forces digestives sont affaiblies. Dans les pays chauds, il supplée avantageusement le riz ; comme il n'est pas susceptible de fermentation, on en fait, non pas du pain, mais lies galettes ; on le mange en bouillie ou cuit dans les sauces; enfin, on le prépare presque d'autant de manières que, chez nous, la pomme de terre. On l'emploie en potage comme le vermicelle, ou cuit dans le lait avec du sucre et des aromates.

On prépare, à Amboine, une sorte de pudding très-agréable avec la pâte molle de sagou, mélangée de jus de poisson, de suc de limon et de quelques condiments. Pour les provisions des navires, on dessèche le sagou au four, en torréfiant un peu la surface, soit en galette, soit après l'avoir réduit en grains de la grosseur du riz. Les Hollandais en importent beaucoup en Europe sous cette dernière forme. Toutefois, son prix relativement élevé ne lui permet pas de lutter chez nous avec avantage contre la fécule de pomme de terre. Le sagou est une substance plutôt alimentaire que médicinale ; cependant on l'a employé quelquefois contre la phthisie et la fièvre hectique. Les résidus de la fabrication du sagou sont utilisés pour la nourriture des animaux domestiques; lorsqu'on les-laisse en tus sur la terre, ils se couvrent, d'après Rumpliius, de très-bons champignons.

Les autres espèces de sagoutier ont des propriétés analogues et celles de la précédente ; toutes fournissent un sagou plus ou moins estimé. La sève et les fruits du sagoutier vinifere donnent une boissou assez semblable au vin de palme.

SAGOUY s. m. (sa-goui — altér. de sagouin). Mamm. Va des noms vulgaires de l'ouistiti.

SAGRA, rivière de l'Italie ancienne, dans le Brutium. Elle descend du versant oriental d'un contre-fort des Apennins et se jette dans la mer Ionienne. Sur ses bords, 15,000 Locriens et Rhégiens délirent 150,000 Orotoniates.

SAGIIA (ilon Ramon de La), célèbre économiste espagnol, né à La Oorogne en 1798, mort en 1871. Après avoir terminé ses études à Madrid, il t'ut, à l'âge de vingt-deux ans, nommé directeur du jardin botanique de La Havane et directeur d'une ferme-école située près de cette ville. En 1832, il partit pour les Etats - Unis et trois ans après il regagna l'Europe, qu'il visita presque en entier ; entra, il vint se fixer quelque temps à Paris, où

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