V. MALLA et PSYLLE
— Industr. Serpents de pharaon. Les serpents de pharaon n'ont de biblique que le nom, fort bien choisi du reste. On se rappelle que jadis les frères Moïse et Aaron, voulant convaincre le pharaon de ce tempslà qu'ils étaient au mieux avec Dieu, firent en sa présence ce miracle : Aaron jeta à terre son bâton, qui se changea en serpent; mais le pharaon ne se laissa pas influencer pour si peu ; il lit venir ses magiciens qui déclarèrent que ce prétendu miracle était tout simplement l'enfance de l'art et que le premier venu en pourrait faire autant. Joignant l'action à la parole, les magiciens jetèrent aussitôt leurs bâtons à terre', et leurs bâtons se transformèrent en serpents.
Ici, ce n'est pas un morceau de bois, mais un tout petit cylindre de matière minérale de 0m,03 de hauteur et de la grosseur d'un crayon ordinaire qui, allumé à une extrémité, se change en une apparence de- serpent naturel de im,50 de longueur et imitant dans le cours de son développement les enroulements et les flexuosités d'un ophidien qui se tord. Rien n'est plus curieux que le phénomène de cette sorte de jouet de salon inexpliqué, car la théorie de ce développement de matière, occupant plusieurs centaines de fois l'espace de la matière primitive, quoique ayant perdu la moitié de son poids, est encore à faire.
L'invention des serpents de pharaon remonte à 1865. Ils eurent une très-grande vogue pendant deux années consécutives. Dans l'intervalle, on s'était aperçu que les vapeurs produites par la combustion de ces petits cylindres dans des chambres closes étaient toxiques pour l'organisme des jeunes enfants surtout, et on délaissa cet amusement. Ces petits cylindres, blancs comme de la craie et d'apparence inoffensive, étaient du sulfocyanure de mercure. L'ignition en dégageait des vapeurs mercurielles qui devenaient un danger quand on n'opérait pas en plein air. Les fabricants de produits chimiques qui exploitaient cette petite industrie des serpents de pharaon reculèrent devant la responsabilité qu'ils pouvaient encourir, et ces jouets allaient disparaître, lorsqu'un chimiste pyrotechnicien, M. Flateau, trouva le moyen d'annihiler le danger par un procédé de son invention. Il perfectionna même le produit au point de donner aux serpents des reflets métalliques et des teintes colorées, au lieu de la nuance uniformément jaune grisâtre qu'avaient les anciens serpents. Cette agréable récréation a repris depuis lors sa vogue du commencement.
Un autre chimiste, M. Verdiinger, a découvert par hasard un autre procédé pour la fabrication des serpents de pharaon : le liquide noir qu'on obtient dans l'épuration de l'huile de houille par l'acide sulfurique, et qu'on rejetait comme un produit inutile, est traité par l'acide azotique fumant ; la matière résineuse noirâtre qui nage à la surface est recueillie, lavée et séchée ; elle forme alors ' une masse d'un brun jaune dont la cousis- i tance est a peu près celle du soufre fondu | puis brusquement refroidi dans l'eau. On la façonne en petits cylindres de 0m,03 qui, lors- j qu on les enflamme, produisent, parait- il, des phénomènes identiques à l'autre préparation. Nous ignorons si ce procédé nouveau est de-
venu pratique, n'ayant pas rencontré ses produits dans le commerce.
— Allas, littér. Il n'est pas do serpent ni de monstre odieux Qui, par l'art imité, ne
paisse plaire mu yem, Vers de Boileau, au troisième chant de l'A ri poétique. Boileau parle de la tragédie où le poète est obligé de mettre sur la scène les crimes les plus épouvantables, et il dit que D'un pinceau délicat l'artifice agréable Du plus affreux objet fait un objet aimable; que la noblesse de l'expression et la choix des traits peuvent renclre dramatiquement beau un personnage naturellement odieux; telles sont Cléopâtre dans Rodogune, la Phèdre de Racine, etc.
Dans l'application, ces vers conservent le sens que leur a donné Boileau :
« La Seconde jeunesse de M. Mario Uchard est un de ces drames de famille que font naître les désordres de la passion et que le théâtre aime tant à reproduire, moins peut-être pour l'instruction morale du public que pour le plaisir que lui cause la reproduction par l'art des choses les moins aimables.
H n'est pas de serpent ni de monstre odieux Qui, par l'art imité, ne puisse plaire aux yeux. «
Vapereau,
«M. Daumerie, vice-président de la Société d'agriculture de Belgique, a pris chaudement la défense des taupes dans une des dernières assemblées. Il n'est pas de serpent ni de monstre odieux qui ne puisse être défendu de la même manière. On pourrait dire en faveur des épidémies qu'elles préservent beaucoup de gens de diverses autres maladies ; en fa- ' veur des mauvaises récoltes, qu'elles font hausser le prix des denrées au profit des cultivateurs; en faveur des incendies, qu'ils donnent de l'ouvrage à la population ouvrière chargée de réparer ce qu'ils détruisent, etc.» Alph. K&rr.
— Le Serpent et la Lime, Titre d'une fablo de La Fontaine. Un serpent pénètre dans la boutique d'un horloger, où il essaye de ronger une lime. Celle-ci, sans se mettre en colère, lui fait remarquer l'impuissance de ses morsures. Le fabuliste ajoute :
Ceci s'adresse a vous, esprits du dernier ordre. Qui, n'étant bons à rien, cherchez surtout à mordre.
Vous vous tourmentez vainement.
Croyez-vous que vos dents impriment leurs outrages
Sur tant de beaux ouvrages?
Ils sont pour vous d'airain, d'acier, de diamant.
Les écrivains font do fréquentes allusions à la vaine tentative du serpent :
« Chacun tient à son petit commerce, et la concurrence exaspère les plus nobles esprits. Que de gens seraient inutiles si beaucoup d'hommes résolvaient, au nom du bon sens et de la conscience humaine, certains problêmes où la science, comme le Serpent et la Lime, use en vain ses dents ! »
Arth. Arnould.
«Il manquait peut-être à sa réputation celle du calomniateur le plus atroce. La vôtre est irop au-dessus de pareilles atteintes pour en être alarmée. C'est le serpent qui ronge la lime. »
Beaumarchais.
Serpent d'airain (le). Iconogr. On lit dans le livre des Nombres (ch. xxi, v. 4) que, lorsque les Israélites se furent éloignés de la montagne de Hor, le peuple commença à s'ennuyer de la longueur du chemin et de la fatigue; il murmura contre Dieu et contre Moïse. Pour le châtier, le Seigneur envoya des serpents dont la morsure brûlait comme du feu. Moïse pria pour les enfants d'Israël, et, se conformant aux ordres du Seigneur, il fit un serpent d'airain; ceux qui, ayant été mordus, regardaient ce serpent étaient guéris. Cette scène biblique a été souvent retracée par les peintres. Une des plus anciennes représentations que nous en connaissions est une fresque exécutée par Benozzo Gozzoli au Campo-Santo de Pise. Le vieux maître a, suivant l'usage du temps, réuni dans la même composition plusieurs épisodes : d'un côté, les Israélites assaillis par les serpents ; au milieu, les chefs des tribus suppliant Moïse et Aaron de délivrer le peuple de cet horrible fléau; plus loin, les deux frères en prière et recevant les ordres de l'Eternel ; à droite, enfin, le serpent d'airain dressé au milieu de la multitude qui tourne avec confiance ses regards vers ce simulacre sauveur, La composition de Gozzoli a été gravée par Lasinio. L'Erection du serpent d'airain a été peinte par Gérard van der Meire, au xve siècle, sur le volet d'un triptyque qui est à la cathédrale deGand ; par LucuCambiaso,dans un tableau très-mouvementé et très-exprès- j sif qui est au musée d'Orléans; par Charles Le Brun, dans un grand tableau qui décorait ' le réfectoire du couvent de Picpus, à Paris, j et qui a été gravé par Benoît Audran, Ant. ' Masson et J. Langlois ; par Soliinène (musée de Madrid); par Palina le jeune (galerie de l'institut des beaux-arts, à Sienne) ; par Rubens, dans plusieurs compositions auxquelles nous consacrons ci-après un article spécial. Dans un tableau de Simon Vouet, qui ap- |
partient au musée de Toulouse, le premier plan est occupé par des Israélites groupés autour d'une tente et attaqués par Tes serpents; en seconde ligne, huit ou dix personnes regardent le serpent d'airain que Moïse leur désigne. Ce dernier groupe est dans la lumière, tandis que les figures du premier plan sont dans la demi-teinte. Les carnations sont trop rouges et les tons des draperies no sont pas assez rompus. Le tableau de Subleyras sur le même sujet, que possède le Louvre, vaut mieux ; il a obtenu en 1737 le premier prix de peinture k l'Académie. Ici encore, Moïse est placé au second plan, entouré d'hommes, de femmes, d'enfants qui l'implorent; à gauche, une longue ligne de tentes se prolonge dans la plaine. Cette composition a été gravée dans te recueil de Landon (III, pi. 50). Subleyras a exécuté luimême une eau-forte représentant le Serpent d'airain. Au musée de l'Ermitage est un grand tableau dans lequel cette même scène a été retracée par un des chefs de l'école russe contemporaine, M. Théodore Brunni. Un jeune artiste de notre école, D.-.U-N. Maillait, a représenté ce sujet dans une composition plus ambitieuse que réussie qui a figuré parmi les envois de l'école de Rome en 1869 et qui a reparu au Salon de 1870; les figures, très-nombreuses, sont académiques et Danales; le personnage principal, Moïse, debout au sommet d'un tertre, est sans caractère, et les gens groupés près de lui sont assez insignifiants; sur le devant du tableau, quelques malheureux, mordus par les reptiles, exécutent, sous l'empire de la douleur, des contorsions.,., classiques. Deux cadavres nus, l'un en travers, l'autre en raccourci, parafent en quelque sorte cette trop savante composition. Parmi les estampes représentant cet épisode, biblique, il nous suffira de citer celles de Martin van Heemskerk (eau-forte), Al. du Haméel (fin du xve siècle), Lorenzini (d'après O. Rimitialdi), Fr. Villainena (d'après F. Fenzoni), Jean Audran (d'après A. Dieu), Ch.- Etienne de Laune (d'après Jean Cousin), Fr. Ertinger (d'après Raymond de La Fage), Cl.-J.-B. Hoin (d'après A. van Dyck), Luca Bertelli (d'après Michel-Ange).
Il existe dans la célèbre basilique de Saint- Ambroise, k Milan, un serpent d'airain sur une colonne de granit, que Arnolfo, archevêque de cette ville, apporta en l'an 1001 de Constantinople, où il l'avait reçu comme étant celui-là même que Moïse avait élevé dans le désert. En acceptant un tel cadeau, ce brave homme d'évêque faisait preuve d'une grande ignorance; il n'avait sans doute pas lu la Bible, où il est dit en propres termes (Reg., xvu, i) que le serpent d'airain des Israélites fut mis en pièces par les ordres du roi Ezéchias, à cause du culte superstitieux que les Israélites lui rendaient. Toujours est-il que la prétendue relique de Saint-Ambroise jouit pendant longtemps d'une extrême laveur auprès du peuple milanais, qui lui attribuait toutes sortes de vertus curatives; les mères l'invoquaient notamment pour qu'il délivrât leurs enfants des vers qui avaient avec ce serpent une certaine ressemblance... Il ne fallut rien moins que l'intervention d'un nouvel Ezéchias pour détruire le prestige de cette idole. Suint Charles Borromée interdit le culte superstitieux qu'on lui rendait; il n'eut pas le courage toutefois de priver son église de ce bizarre simulacre, que quelques auteurs ont prétendu provenir des ruines d'un temple d'Esculape sur l'emplacement duquel la basilique de Saint-Ambroise aurait été bâtie'.
Dans le symbolisme chrétien, le serpent d'airain a été pris comme emblème du Christ mis en croix. Cette figure allégorique , au sujet de laquelle Gretzer et Jacques Bosio ont longuement disserté dans leurs ouvrages intitulés De Cruce et De Cruce triumphaute, s'explique par ces paroles de l'évangélistu saint Jean (m, 4) ; ■ De même que Moïse éleva le serpent dans te désert, il faut que le fils de l'homme soit élevé. » L'esprit d'hérésie corrompit cette doctrine. Les ophites, suivant eu cela les nicolaïtes et les premiers gnôstiques, rendirent au serpent lui-même un culte direct d'adoration, et les manichéens le mirent à la place de Jésus-Christ. « Nous devons regarder comme extrêmement probable, dit M. l'abbé Martigny, que les talismans et les amulettes avec la figure du serpent qui sont arrivés jusqu'à nous proviennent des hérétiques de la race de Basitide et non pas des païens, comme on le suppose communément. » Au reste, à l'époque où des obstacles de toute sorte s'opposaient à l'exhibition extérieure de la croix, les fidèles portèrent sur eux de petits serpents de métal, comme emblèmes du Rédempteur crucifié. Saint Ainbroise, dans plusieurs passages de ses écrits, a formellement enseigné que le serpent d'airain devait être considéré comme l'image de la croix et le propre type du Christ, de telle sorte que quiconque le regarderait ne périrait pas (Erut typus corporis Christi, ut quicumque in eum aspiceret non periret).
Serpent d'airain (le), chef-d'œuvre de Rubeus. 11 existe trois tableaux de Rubens sur ce sujet : l'un qui est à la National Gullery, le second au château de Potsdam, le troisième au musée de. Madrid. Celui-ci porte la signature P.-P. Rubens, qu'on rencontre rarement sur les œuvres du maître et qui semblerait
indiquer quo la toile qui en est ainsi exceptionnellement revêtue nous offre la composition originale. Cependant, l'Anglais Smith est d'avis que le véritable original est le tableau de la National Gullery, et que les toiles de Potsdara et de Madrid sont des copies exécutées par un élève de Rubens et retouchées d'ailleurs par le maître lui-même. Quoi qu'il en soit, on peut dire que les trois peintures sont dignes de Rubens, qui ne s'est jamais montré plus expressif et plus saisissant que dans cette composition. » Cette grande toile, de toute beauté, dit M. Clément de Ris (Musée de Madrid), est à mes yeux une des premières, une des plus importantes œuvres du maître. La coloration en est vigoureuse, puissante et riche. Au milieu des ligures d'Hébreux agenouillés devant le serpent symbolique, on remarque au premier plan une femme épuisée de douleur^ dont la tête est d'une expression à laquelle je ne connais rien do comparable. » Cette femme, affaissée sur elle-même, tourne vers le ciel son front ensanglanté, tandis qu'un homme nu la soutient sous les aisselles et qu'un autre en robe rouge, une main sur la tête, l'autre tendue, lui indique le signe de la clémence divine. Suivant M. Vianlot {Mutées d'Angleterre), il y a un choix à faire même entre les diverses parties de ce tableau : « Le Moïse et l'Aaron, dit-il, me semblent hideux ; mais, en - revanche , dans les corps agonisants des Egyptiens que les serpents dévorent et empoisonnent se rencontrent des beautés du premier ordre et des fragments admirables. » Le Serpent d'airain de la National Gallery ornait autrefois un palais de Gênes; il a été porté en Angleterre par M. A. Wilson en 1806, et payé 30,000 francs à la vente de cet amateur eu 1807 ; il a figuré depuis dans les collections W. Champion et T.-B. Owen; il a été acheté de oe dernier pour le inusée en 1837.
Cette pathétique composition a été gravée par Schelte van Bolswert, par Cornelis Galle, par Michel Aubert, etc.
SERPENTS, nom d'une tribu d'Indiens des Etats-Unis, dans le Nebraska. Ils font partie des Indiens appelés par les Anglais Tètes plates, ont des mœurs douces et se nourrissent principalement de poisson.
SERPENTS Ole des) ou F1DON1SI, appelée Leuce par les anciens, petite lie de la partie N.-O. de la mer Noire, en face des bouches du Danube. Elle mesure 4 kilom. de longueur sur 2 de largeur. Ce n'est qu'un rocher aride, couvert d'une maigre végétation et qu'habitent quelques familles de pêcheurs. Ùepuis Catherine II, elle appartenait à, la Russie, qui, au traité de Paris (1856), l'a cédée à la Turquie.
SERPENTAIRE s. m. {sèr-pan-tè-re — rad. serpent). Astron. Constellation de l'hémisphère boréal : La constellation du Serpentaire était appelée par les anciens Ophiuchus.
— Ornith. Syn. de secrétaire ou messager.
— s. f. Annél. Genre d'annélides, de la famille des némertiens.
— Bot. Syn. de draconcule, genre d'arôïdées : La serpentaire convient pour déterrer les cancers. (V. de Boinarc.) Il Serpentaire à grandes fleurs, Nom vulgaire du cierge fouet. Il Serpentaire de Virginie, Nom vulgaire de l'aristoloche serpentaire, il Serpentaire femelle, Nom vulgaire de la historié.
— Encycl, Ornith. V. secrétaires'.
— Astron. V. ophiuchus.
— Bot. On emploie en médecine, sous le nom de serpentaire, deux plantes distinctes, qui n'ont de commun que lu réputation qu'on leur a faite de guérir les morsures des serpents venimeux. L'une est Varum draconcule, devenu aujourd'hui le type du genre qui porte ce dernier nom; c'est une plante vivuee, à feuilles radicales, pédalèes, à segments lancéolés, entiers, du milieu desquelles sort une hampe que termine un spadiee renfermé dans une grande spathe verdàtie au dehors, rouge en dedans. Cette espèce croit dans la région méditerranéenne et possède les propriétés de Varum. V. ce mot.
La serpentaire de Virginie est une espèce d'aristoloche, à lige courte et à fleurs petites et brun rougeàtte. Nous en avons dit quelques mots à l'article aristoloche; nous croyons toutefois devoir ajouter ici quelques nouveaux détails relatifs à la matière médicale.
— Matière méd. Serpentaire de Virginie.
La racine de cette plante est seule employée on thérapeutique. Composée de petites souches inegulières, elle est chevelue, de couleur cendrée, douée d'une odeur forte, camphrée, d'une saveur acre, chaude, aromatique. Elle est souvent falsiriée, soit avec des plantes de la même famille, soit même avec d'autres qui n'ont avec elle que d'incomplètes analogies de forme. L'analyse chimique montra qu'elle renferme une huile volatile dont l'odeur rappelle celle du camphre, une matière résineuse aincre, diversement colorée ; plus, do la gomme, du mucilage et quelques sels à base de potasse et de chaux. C'est dans la péripncumonie, lorsqu'elle prenait une forme lente et accompagnée de faiblesse générale, de même que dans les fièvres putrides, que l'on a conseillé l'usage de la ser-
pentaire, usage auquel on a renoncé presque complètement aujourd'hui. On l'employait encore comme excitante et antiseptique dans diverses autres affections, telles que la paralysie, le scorbut, la gangrène, etc. On l'a considérée aussi comme sudorifique, emménagogue, etc.
SERPENTAL, ALE adj. (sèr-pan-tal, a-le
— rad. serpent). Sinueux : Sur les vagues jaunes et dorées du désert, les caravanes de chameaux décrivent au loin leurs ligues SERpentalks. (Lamart.) Il Peu usité.
BERPENTARIDÉ, ÉE adj. (sèr-pan-ta-ri-dé
— rad, serpentaire). Ornith. Qui ressemble à un serpentaire.
— s. f. pi. Tribu de la famille des serpentariées, ayant pour type le genre serpentaire.
— Encycl. V. SECRÉTAIRE.
SERPENTAR1É, ÉE adj. (ser-pan-ta-rié — rad. serpentaire). Ornith. Qui ressemble ou qui se rapporte au serpentaire.
— Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte à la serpentaire. Il On dit aussi sëRpenta- R1NÉ, ÉE.
— s. f. pi. Ornith. Famille d'oiseaux de proie diurnes, comprenant les genres serpentaire et cariama,
— Bot. Classe de plantes dicotylédones, comprenant les familles des aristolochiées et des népenthées. Il On dit aussi sërpentarinées.
SERPENTARINE s. f. (sèr-pan-ta-ri-ne — rad. serpentaire). Chim. Principe extrait de l'aristoloche serpentaire.
SERPENTARINE, ÉE adj. (sèr-pan-ta-riné — rad. serpentaire). Bot. V, SëRpentariÉ.
SERPENTE s. f. (sèr-pan-te — fém. asservent). Serpent femelle :
Ils m'ont envoyée en ces lieux T'annonccr que bientôt une jeune serpente. Et qui change au soleil de couleur comme toi. Viendra partager ton emploi.
La Fontaine.
Il Inusité.
— Comm. Papier à la serpente ou adjectiv. Papier serpente ou Serpente s. m., Sorte de papier très-lin et transparent, qui était autrefois marqué d'une figure de serpent, et qu'on emploie particulièrement pour couvrir et préserver les gravures dont on orne les livres.
SERPENTEAU s, m. (sër-pan-tô — dimin.
de serpent). Petit serpent, jeune serpent,
— Ane. mode. Sorte de boucle de cheveux.
— ifar. Bout de cordage non tendu et entrelacé.
— Fyrotechn. Nom donné à de petites pièces explosives consistant en une cartouche formée avec une ou deux cartes à jouer, étranglée parles deux bouts, et d'un calibre inférieur à O'OjOl : La composition dont on remplit les serpenteaux est ordinairement la suivante : nitre, 16 parties; charbon concassé, 2 parties; poudre à canon, 4 parties; soufre, 4 'parties*; limaille fine d acier, 6 parties. Il Cercle de fer muni de petites grenades chargées de pointes de fer qu'on lance sur la brèche pour en éloigner les assiégés.
— Hortic. Rameau recourbé plusieurs fois sur lui-même alternativement, de telle sorte que, couché en terre, il y entre et en aorte à diverses reprises : L'établissement des serpenteaux ne diffère pas de celui des marcottes ordinaires. (Bosc.)
SERPENTELLE s. f. (sèr-pan-tè-le — rad.
serpent). Bot. Genre de plantes, de la famille des composées.
SERPENTER v. n. ou intr. (sèr-pan-té — rad. serpent). Former des ondulations, des sinuosités : liuisseau, chemin qui skrpente. Les rivières serpentent dans les vastes campagnes pour les mieux arroser. (Fén.) L'Hisctis Serpente au pied du mont Hymelte. (Burthél.) Nous traversâmes tes blés, parmi lesquels serpentaient des sentiers à peine tracés. (Chatjaub.) La vallée où le Uummel serpente étauc/ie à peine la soif du sable aride. (Th. Uaut.) Ce vallon sbrpbnte entredeux collines capricieusement dentelées. (X. Marmier.)
Et des ruisseaux de lait serpentaient dans la plaine.
Boilgau.
La lave serpente.
Et de pente en pente Etend son foyer.
Lauartinb.
— Manège. Faire serpenter un cheval, Le conduite eu lui faisant suivre une piste sinueuse.
— Fig, Se montrer progressivement : Le Laocoon souffre, il ne grimace pas; cependant la douleur cruelle serpente depuis l'extrémité de son orteil jusqu'au sommet de sa tète, (Dider.)
SERPENTIFORME adj. (sèr-pan-ti-for-me
— de sirpent, et de forme). Qui a la forme d'un serpent.
SERPENTIGÈRE adj. (sèr-pan-ti-jè-re — du lut. serpens, serpent; geto, je porte). Mythol. Se disait des divinités qui avaient un serpent pour attribut.
SERPENTIN, INE adj. (sèr-pan-tain, i-ne
— rad. serpent). Qui ressemble au serpent; qui a une forme sinueuse : Ligne serpentine.
SERP
— Littér. Vers serpentins, Vers qu'on écrivait en suivant une ligne tortueuse.
— Miner. Marbre serpentin, Ophite.
— Manège. Se dit de la langue du cheval, quand il a l'habitude de !a tenir hors de la bouche et de l'agiter continuellement.
— Ane. pharm. Qui est efficace contre la morsure des serpents.
— Hist. nat. Qui est marqué de deux lignes longitudinales Hexueuses.
SERPENTIN s. m. (sèr-pan-tain — de serpentin adj., à cause de la forme sinueuse). Techn. Tuyau contourné en spirale, dans lequel se refroidissent et se liquéfient les produits de la distillation, il Appareil employé pour empêcher les cheminées de fumer.
— Arquebus. Espèce de bascule qui, dans les arquebuses et les mousquets à mèche, portait la mèche allumée destinée à enflammer l'amorce.
— Artill. Ancien canon de 24.
— Erpét. Espèce de couleuvre d'un blanc jaunâtre, avec des taches rousses sur le dos.
— Miner. Marbre serpentin, ophite.
— Encycl.Techn. Le serpentin a été utilisé, dans ces dernières années, dans la confection des chaudières a vapeur, soit comme générateur proprement dit, soit comme réchauffeur. Le générateur serpentin , dû à M. Belleville, consiste en un tube contourné en spirale et logé dans un fourneau de manière que la chaleur se transmette du dehors au dedans du serpentin; une extrémité communique avec une pompe alimentaire qui lance l'eau dans l'intérieur des spires, où elle se vaporise trèspromptement, et l'autre extrémité, par où sort la vapeur, aboutit aux tuyaux de conduite de la chaudière & la machine. Un appareil régulateur, une sorte de soupape de sûreté installée sur le conduit d'alimentation d'eau, règle à volonté la quantité de liquide à vaporiser d'après la quantité de vapeur à. produire. On peut, parce moyen, porter presque instantanément la pression de 4 à 20 atmosphères. Des expériences faites par ordre du ministre de la marine sur la corvette de l'Etat la Biche, de 200 chevaux, ont démontré les avantages de ce système sur ceux que l'on emploie journellement; ces avantages sont : l° dimensions et poids de l'appareil réduits; 2° vapeur très-sèche; 3° allumage très-rapide: 15 minutes pour obtenir 12 atmosphères de pression; 4" possibilité d'atteindre des pressions très-élevées sans danger d'explosion. Malgré ces avantages, les expériences sur le générateur serpentin ont amené à conclure à l'ajournement de son adoption jusqu'à ce que la pratique à lu mer en soit rendue plus facile à cause des inconvénients suivants : 1° le peu de durée de l'appareil, parce que, directement exposé à l'action de la chaleur, le serpentin so brûle en peu de temps; 2° l'impossibilité de nettoyer tes surfaces intérieures des spires, qui se couvrent très-promptement de tartre, même en employant les eaux douces ordinaires, ce qui démontre qu'il serait impossible de les alimenter avec les eaux de mer. Pour éviter d'emmagasiner une trop grande quantité d'eau douce, on avait installe, à bord de la corvette la Biche, un appareil qui recueillait l'eau provenant de la condensation par contact et qui servait continuellement à l'alimentation de ta chaudière. Dans certains établissements industriels, ainsi que dans quelques locomotives, on a essayé d'utiliser le serpentin comme réciauffeur de l'eau d'alimentation ; à cet effet, on installait, dans le réservoir d'eau d'alimentation, un serpentin dans l'intérieur duquel on faisait passer soit les gaz chauds provenant du foyer do la chaudière, soit la vapeur qui avait fini d'agir sur le piston et qui, comme on le sait, conserve encore une tension de l à 1 atmosphère 1/2. Ce mode de faire a été abandonne à cause, d'une part, de la diminution qui en résultait pour le tirage, et, d'autre part, à cause de la forte compression qu'il créait derrière le piston; du reste, dans ce dernier cas, les coudes et le long circuit que l'on luisait parcourir a. la vapeur réduisaient considérablem'enl sa tension et amenaient presque sa eonden>atioii. Pour utiliser convenablement le serpentin comme réehauffeur, on s'est borné à le placer à l'extrémité des carneaux pour le faire lécher seulement par les gaz chauds, sans qu'il pût occasionner de tourbillonnements dans la cheminée ; dans ce cas, la uhaleur se transmet du dehors au dedans, et l'eau d'alimentation circule dans son intérieur avant d'être envoyée par la pompe duns le corps do la chaudière. Dans ces conditions, le serpentin rend de grands services, en ce qu'il réduit considérablement la quantité de houille nécessaire pour obtenir la tension que l'on désire, l'eau étant admise dans le générateur à. une température de 100° à 110° centigrades.
SERPENTINARIÉ, ÉE (sèr-pan-ti-na-rié). Bot. Syn. de serpentaRIÉ.
SERPENTINE s. f. (sèr-pan-ti-ne — de serpentin adj.). Ane. artill. Canon plus gros que la coulevrine, en fer forgé ou en alliage de cuivre,
— Manège. Ligne sinueuse que décrivent des cavaliers marchant à la lile.
— Erpét. Espèce de tortue d'eau douce de la Chine.
— Bot. Nom vulgaire du cierge flagelli-
SERP
forme, de l'estragon et de la scorsonère, il Nom vulgaire de l'ophioxyle, appelé aussi bois de serpent. Il Nom vulgaire de la spi;rélie de Maryland, Il Nom vulgaire du salsifis. Il Nom vulgaire de la serpentine pied-deveau.
— Miner. Marbre serpentin ou Ophite , Pierre ordinairement verdâtre, très-tendre, tachetée comme la peau des serpents, et dont la constitution est d'ailleurs très-variable. Il Porphyre magnésien essentiellement composé de serpentine, il Serpentine noble, Silicate de magnésie, de couleur verdâtre. H Serpentine commune, Silicate de magnésie contenant du fer oxydulé, du talc, de l'amphibole.
— Encycl. Miner. La serpentine n'est jamais cristallisée ; sa composition est asseï variable et mal définie. Ella est, en général, d'une nuance plus ou moins verte, tirant sur le jaune et quelquefois très-foncée, avec des nuances disposées par veines. La serpentine est très-tenure, parfois presque rayée à l'ongle, toujours au canif; elle est tres-ductile, quoique très-tendre, et résiste au choc du marteau comme les cornéennes. Au toucher, elle est très-onctueuse ; sa cassure est esquilleuse, quelquefois eonchoïdale en petit; son éclat, tuible et gras, offre uno translucidité remarquable. La serpentine est toujours partiellement attaquée par les acides, quelquefois complètement. Chauffée dans un tube, elle donne de l'eau; au chalumeau, elle est infusible et présente, avec le sel de cobalt, la coloration rosée particulière aux composés magnésiens. Elle est composée spécialement de silice, de magnésie et d'eau, et contient souvent des matières organiques. On appelle serpentines nobles des serpentines veinées offrant des couleurs variées et qu'on emploie comme objets d'ornement. La. serpentine présente quelquefois des tendances a la cristallisation, surtout la serpentine fibreuse, avec un dichroïsme très-remarquable; dans un sens, elle est verte, jaune, jaunâtre ; dans l'autre, d'un rouge sang foncé.
La serpentine, considérée comme roche, porte aussi le nom de pierre ollaire; ses variétés sont : serpentine commune, opaque et de couleurs mélangées; serpentine noble, variété translucide d'un vert clair; serpentine pailletée, parsemée de paillettes de talc argentin ; serpentine schistoïde, variété feuilletée; serpentine variolitique, composée de globules sjih roïdaux ; serpentine diallagifere, qui contient des cristaux de diallnge ; serpentine asbestifere, renfermant de l'asbeste; serpentine pyroxênifere, où se trouvent des cristaux à cassure lamelleuse de pyroxène diopside; serpentine grenixtïfère, dont la pâte renferme des cristaux de grenat; serpentine quartzeuse, avec des noyaux ou des lil.ms de quartz libreux; serpentine chromifere, contenant du fer chromé; serpentine oxydulifere, qui renferme du fer oxydulé et agit sur le barreau aimanté; serpentine bréchiforme, variété composée de fragments anguleux ou arrondis, reliés par une pâte de même nature. Certaines montagnes granitiques renferment quelques dépôts circonscrits tle serpentine, que M. Elie de Beauinont considère comme postérieurs au terrain trinsique et antérieurs au terrain jurassique. On rencontre surtout cette roche dans la Ligurie, la Toscane, la Corse et les Alpes dauphinoises. Les serpentines sont incontestablement postérieures au terrain tertiaire éocéne, qui est traversé par elles sous forme de dikes et de filons, et a, de plus, subi des modifications énergiques a leur contact. Les serpentines de l'île d'Elbe, qui débordent au-dessus des étages numuiulitiques, sont célèbres depuis qu on y a découvert des liions de granit lourmalinifere; cette roche s'est introduite, sous forme de filons ramitiés, au milieu de formations serpentineuses. On observe, dans certaines contrées, des alternances de serpentines avec des schistes talqueux et des schistes chloriteux , et on peut constater un passage miaéralogique d'une roche à l'autre. La schistosité est due principalement à l'interposition de lamelles de talc satiné entre les surfaces de séparati n des feuillets. Ces divers accidents s'expliquent par la théorie du métamurphisme. On façonne avec la serpentine-noble des tabatières, des vases de diiférentes formes, des statuettes, des socles de pendule. La cathédrale de Florence est revêtue extérieurement de marbres polis auxquels est associée la serpentine. Dans les Alpes italiennes et en Corse, cette roche est accompagnée d'une variété particulière, la pierre ollaire, qui se laisse tailler et tourner facilement, et dont on se sert pour la fabrication de marmites et de vases destinés au feu. La serpentine des environs de Gènes est exploitée pour l'extraction de la magnésie. V, ollaire, ophiolite, ophite.
SERPENTINEUX, EUSE adj. (sèr-pan-tineux, euze — rad. serpentin). Miner. Qui est formé de serpentin : une teinte verte des eaux du torrent dénote un lit de roches serpentineuses. (L. Figuier.)
SERPER v. a. ou tr. (sèr-pé — rad, serpe). Ane, uiar. Couper le câble de : Serpkr l'ancre. Il Serper le fer, Couper le câble de l'ancre, au lieu de lever celle-ci.
SERPETTE s. f. (sèr-pè-te — dimin. do serpe). Arboric. Sorte de petite serpe, dont la lame se replie sur le manche comme celL«
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d un couteau, et qui sert à tailler les arbres fruitiers : Il faut que les serpettes soient toujours bien affilées. (Dutour.) On prépare tes plants en raccourcissant proprement le chevelu à la serpette. (M. de Dombasle.)
— Teehn. O itil de plombier. Il Outil de bourrelier. Il Outil d'oiseleur.
— Encycl. La lame de la serpette se ferme souvent et remre en partie dans le manche, comme celle d'un couteau. Il existe un grand nombre de sortes de serpettes; mais, en général, \f tranchant en est de médiocre longueur (environ 6 centim. depuis la pointe jusqu'à l'endroit où commence la courbure du dos, et de 6 autres centim, pour le reste de la courbure : total 12 centim.). Le manche est carré ou rond et de telle grosseur que la main puisse le tenir ferme, sans qu'il tourne ou s'échappe.
La lame doit être de bon acier, non susceptible de s'égrener ou de s'ébréoher; on ne doit se servir de l'instrument qu'après l'avoir bien affilé, bien repassé et surtout bien nettoyé, atin qu'il ne dépose pas quelque substance étrangère sur le bois qu'il devra couper. Un ne doit l'employer que pour du bois jeune et vif, tendre, bien placé et d'une grosseur médiocre. De grosses serpettes seules peuvent couper des branches de 6 centim. de diamètre; alors ce sont des serpes; la véritable serpette ou petite serpe ne sert que pour les branchages de quelques millimèt. d'épaisseur. La serpette dite anglaise se distingue dt-s autres en ce que sa lame est plus allongée, forme moins le crochet, quoique &a courbure soit à peu près égale; elle a moins de prise sur les branches, mais elle tranche plus net.
La serpette de poche est plus ou moins courbe, suivant qu'elle est destinée a des travaux plus ou moins délicats; mais il faut qu'elle aie toujours une force de taillant suffisante; le manche en est presque toujours en corne de cerf ou de daim et offre des aspérités qui permettent à la main de le tenir ferme. « Il faut être exercé, dit Boitard, pour se servir commodément de cet instrument sans risquer de briser la lame a sa courbure, ou même pour ne pas se blesser. »
Pour couper les raisins, on se sert de toutes sortes de serpettes ; mais les plus répandues sont les serpettes dites de vigneron ; elles sont des plus simples, se composant d'une petite lame en croissant, emmanchée dans un petit morceau de bois rond ou carré.
SEBPHE s. m. (sèr-fe). Entom. Genre d'insectes hyménoptères, de la famille des proctutrupiens.
SEBPHOPHAGE s. m. (sèr-fo-fa-je — du gr. serp/ios, moucheron ; phago, je mange). Ornith. Nom scientifique du genre gobe-moucherons- II Quelques auteurs ont imprimé à
tort SEKPOFHAGE.
SEBP1CULE s. f. (sër-pi-ku-le — dirain. du lat. serputa, serpeut). Bot. Genre de plantes, de la famille des haloragées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent dans les marais des pays chauds.
SERPIGINEUX, EUSE adj. (sèr-pi-ji-neu, eu-ze — du lat. serpo, je rampe). Zool. Qui rampe en serpentant.
— Pathol. Se dit des dartres et des ulcères qui rampent, qui se déplacent progressivement.
SEUP1L1US (Georges), bibliographe hongrois, né ii Sopron en 1668, mort à Ratisbonne en 1723. Il étudia la philosophie et la théologie à Ratisbonne, à Leipzig et dans plusieurs autres villes, se fit diacre dans la Saxe, revint ensuit*: à Ratisbonne, avança rapidement dans la carrière ecclésiastique et mourut surintendant ecclésiastique. Ses principaux ouvrages sont: Catatogus bibliothecX Itatioponeusis (Ratisbonne, 1700-1707,2 vol. in-8°J ; De anagt ammatibus libri duo, cum appendice seleclorum aitayrammatutu (Ratisbonne, 1713, in-go), publie sous le nom de Lespirius, anagramme de Serpilius; Verseichniss ciniyer raren Bûcher (Francfort et Leipzig [Ratisbonne], -172a, in-S°, 3 part.). C'est, selon Struvins, le premier recueil de notices de livres rares.
SERPILLIÈRE s. f. (sèr-pi-Uère ; li rail. — (Je mol est piobablement de la même famille que le v ieux français serpoi, paquet, trousseau, dont l'origine est inconnue). Grosse toile très-claire, en lii d'étoupe, qui sert ordinairement pour emballer l>:s marchandises, et qu'on emploie aussi quelquefois pour faire des torchons.
— Toile que les marchands tendent devant leur boutique, pour se garantir du soleil.
— Morceau de grosse toile que certains garçons de boutique mettent dovunt eux en forme de tablier : Ce riche négociant a commencé par porter ta serpillière.
— Par ext. Vêtement d'étoffe grossière : Etre vêtu d'une serpillière,
— Entom. Un des noms vulgaires de la courùlière.
SERPILLON s. m. (sèr-pi-llon ; Il mil. — dimin. de serpe), Arboric. Petite serpe employée pour la taille des arbres.
SERPOLET s. m. (sèr-po-lè — latin serpyltum, diminutif du verbe serpere, glisser, ramper, de même que le grec erpulton est un diminutif tire du verbe erpetn , qui est le corrélatif exact de serpere). Bot. Nom vui-
SERP
gaire d'une espèce de thym a tige rampante : Les lapins et les moutons qui se nourrissent de serpolet ont ordinairement meilleur goût que tes autres. (Acad.) Le serpotet fleurit sur les monts odorants.
MlCHiUD.
La brebis charmée
Goûte du serpolet la sève Tanimée.
Saint-Lambert.
Les troupeaux, librement épars dans les campagnes, Broutent le serpolet au penchant des montagnes.
LEUIERRE.
— Encycl. Bot. Cette labiée, qui porte les noms vulgaires de thym sauvage, de pouilleux ou de pouillon, et dont le nom scientifique est thymus serpyltum, d'où le français serpolet, est une petite plante extrêmement ^abondante dans les bois et sur les pelouses exposées au soleil. Sa tige est un peu ligneuse à la base, divisée en un grand nombre de rameaux couchés sur la terre, redressés vers leur sommet et garnis de feuilles petites, opposées, ovales, glauques, obtuses, entières et rétrécies inférieureinent; les fleurs sont purpurines; la corolle est un peu plus longue que le calice. Elle est douée d'une odeur aromatique, d'une saveur amère, légèrement camphrée, et jouit des propriétés communes à la plupart des labiées.
Le serpolet croît sur tous les coteaux arides, où il- forme de jolis gazons étalés toujours fréquentés par les abeilles. Les animaux, en général, n'aiment pas cette plante, excepté pourtant les chèvres, les moutons et les lapins de garenne. Elle rentre dans le groupe des plantes aromatiques, dont la sauge, la lavande, le thym, le sarriette font partie, et qui constituent plutôt des condiments qu'une nourriture. Parmi les animaux qui les consomment, dit M. E. Gayot, ou qui ont la réputation de les consommer, on n'en voit pas un seul qui en fasse sa nourriture ordinaire ; ils ne la broutent qu'accidentellement. On a cru trouver les raison de la prédilection du lapin pour la plantes aromatiques dans la constitution un peu molle et lymphatique de cet animal. En effet, dans nos climats au moins, il est sujet aux maladies vermineuses et à ce qu'on nomme la cachexie aqueuse. Or, la tendance à celle-ci ou à celles-là est plus ou moins efficacement combattue par l'usage des plantes aromatiques, qui sont par elles-mêmes stimulantes, nmères et toniques. Ainsi donc, imitant les animaux qui en usent dans la vie libre, l'éducateur des petits animaux de la basse-cour devra en faire provision, en mettre dans les habitations et les mêler aux litières.
— Thérap. L'infusion gommée et édulcorée du serpolet est recommandée contre la coqueluche, les toux quiiueuses et convulsives, la grippe, les catarrhes chroniques, etc. V.