THYM
SERPOPHAGE s. m. (sèr-po-fa-je). Fausse leçon du mot serphophage.
SERPOUKHOV, ville de la Russie d'Europe, dans le gouvernement et a 90 kilom. S. de Moscou, près de l'embouchure de la Nara et de la Serpeika dans l'Oka; 15,000 hab. Fabrication importante de draps, cuirs, toiles à voiles; tuileries, brasseries. On y trouve plusieurs vastes places et des rues larges et assez bien bâties; une vieille cathédrale, plusieurs autres églises et de beaux magasins.
SERPLTLAIRE s. f. (sèr-pu-lè-re — rad.
serpule). Aunét. Genre d'annélides tubicoles, analogue aux serpules, comprenant deux espèces fossiles, trouvées dans le calcaire dévonien.
SERPULE s. f. (sèr-pu-le — du lat. serputa, serpent). Annél. Genre d'annélides tubicoles, type de la famille ou de l'ordre des Sirpulées, comprenant un grand nombre d'espèces, répandues dans toutes les mers, ou fossiles des divers terrains : Le corps des serpules est en forme de tube allonge. (E. Baudeinent.)
— Encycl. Les serpules ont pour caractères distinctifs : une bouche exactement terminale ; deux branchies libres, en éventail ou en peigne, à divisions garnies d'un double rang de barbes sur les deux côtés ; les divisions postérieures imberbes, presque toujours dissemblables; les rames ventrales portant des soies à crochets jusqu'à, la sixième paire inclusivement; les sept premières paires de pieds disposées sur un écusson membraneux ; le premier segment forme avec les sept suivants une sorte de thorax revêtu en dessous par cet écusson. Le corps des serpules est en forme de tube allongé, un peu déprimé, aminci en arrière, à segments nombreux et étroits, moins distincts en dessus qu'en dessous et serrés de plus en plus jusqu'à l'anus, qui est petit et peu saillant. Le premier segment ne porte point d'appendices; il est tronqué obliquement pour l'insertion des branchies, qui sont terminales, épanouies des deux côtés de la bouche en panaches ordinairement peints de vives couleurs et profondément divisés en digitations menues. A la base interne de chaque panache s'insère un filet, et le filet de droite ou de gauche indifféremment se prolonge et se dilate & son extrémité en un disque qui sert d'opercule au tube quand l'animal veut s'y retirer.
Les serpules, en effet, sécrètent des tubes solides, calcaires, irrégulièrement contournés, groupés ou solitaires, à une seule ou-
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verture terminale arrondie, fixés sur les pierres, les coquilles et tous les corps sousmarins autour desquels ils s'entortillent. Les serpules sont très-contractiles; elles ont le sang rouge et se nourrissent de petits animaux qu'elles saisisseut à l'aide de leurs branchies. Elles forment un genre extrêmement nombreux, que l'on divise en trois tribus qui sont : 1<> les serpules simples, à branchies flabelliformes; 2° les serpules cymospires, à blanchies pectiniformes ; 3° les serpules spiramelles.
Le genre serpule est un de ceux, parmi les annélides tubicoles, qui renferment le plus d'espèces fossiles, qu'on parvient difficilement à distinguer les unes des autres. On en rencontre les débris dans les terrains les plus anciens. Quatre espèces ont été indiquées dans le terrain carbonifère de Belgique; on en connaît quelques-unes dans les terrains triasiques; mais leur nombre va croissant dans les terrains jurassiques, où on en compte de quarante à cinquante espèces. Les terrains -crétacés en présentent aussi une grande quantité; elles parussent diminuer de nombre dans les terrains tertiaires ; il s'en trouve hors d'Europe, dans le terrain crétacé et les terrains tertiaires des Etats-Unis, et peut-être aussi dans les terrains tertiaires de l'Inde.
SERPULE, ÉE adj. (sèr- pu-lé — rad. serpule). Annél. Qui ressemble ou qui se rapporte à la serpute. il On dit aussi serpulidë
et SERPULIËN, IENNE.
— s. f. pi. Famille ou ordre d'annélides tubicoles, ayant pour type le genre serpule : Les serpulées habitent le littoral des mers, où elles s'enfoncent dans le sable. (E. Baudeînent.) Les serpulées se rapprochent des néréidèes. (H. Lucas.)
— Encycl. Les serpulées sont caractérisées surtout par des pieds pourvus de soies rétractiles subulêes et de soies rétractiles à crochets ; elles n'ont ni tète, ni yeux, ni antennes, ni mâchoires, ni trompe protractile. Les cirrheset les branchies manquent également en tout ou en partie. Le corps est divisé en un grand nombre de segments ou anneaux, portant tous une paire de pieds, à l'exception des anneaux de chaque extrémité, qui peuvent en être dépourvus. Les tentacules consistent en papilles très-courtes ou en filets trèslongs. Les serpulées habitent le littoral des mers; elles sont enfoncées dans le sable et Sont logées dans des tubes calcaires ou des fourreaux qu'elles ne quittent jamais; plusieurs espèces se trouvent sur nos côtes. Ce groupe comprend, entre autres, les genres serpule, spirorbe, vermilie, galéolaire, cytnospire, sabelle, hermelle, térébeile, pectinuire, amphitrite, maldanie, clymène, téléthuse, arénicole, etc.
SERPUL1DE (sèr-pu-li-de — de serpule, et du gr. eidos, aspect). Annél. Syn. de serpule.
SERPULIËN, IENNE adj. (sèr-pu-li-ain, iè-ne — rad. serpule). Annél. Syn. de serpule.
SERPUL1TE s. m. (sèr-pu-li-te — de serpule, et du gr. lithos, pierre). Annél. Genre d'annélides tubicoles, analogue aux serpules, et dont l'espèce type est uq fossile du terrain silurien,
SERPYLLIAIRE s. f. (sèr-pi-li-è-re — du lat. serpyllum, serpolet). Bot. Un des noms vulgaires du serpolet.
SERRA (Narcisso), auteur dramatique espagnol, né à Madrid en 1830. Dès 1844, il publia ses premières compositions poétiques dans le Parnasse de l'enfance. Quelques années plus tard, les théâtres de Madrid et de la province représentaient, avec le plus brillant succès, ses productions dramatiques, qui le rangent parmi les meilleurs auteurs de l'Espagne contemporaine. On a de lui : Poésies (184S) ; Ma maman, comédie en un acte et en vers; les Foires de Madrid; A couteaux tirés avec le diable ; Aimer et blesser; la Noce de Quevedo; le Tout pour le tout; VAine du roi Oarcia, drame en trois actes ; l'Amour par signes, comédie de Tirso de Molina, refondue; l'Horloge de Saint-Placide: Amour, pouvoir et perruques ; Don Thomas; Un liàle de l'autre monde; le Dernier singe; la Rue de la Montera, etc.
SERR A-DE-CONT1, bourg du royaume d'Italie, province et district d'Aitcône, mandement de Montecarotto ; 2,115 hab.
SERRA-D1 SCOPAMEME, bourg de France (Corse), ch.-l. de cant., arrond. et à 2S kilom. N.-E. de Surtène ; 660 hab. Récolte et commerce de blé, châtaignes et glands,
SERRA-DO M Alt ou CORDILLEHE-DE-LA- MËR, chaîne de montagnes de l'Amérique du Sud, qui s'étend sur la côte du Brésil, près de l'Atlantique, à partir du rio San-Francisco jusqu'au lac Patos, entre 11» et 30° de latit. Le sommet le plus élevé de cette chaîne atteint 1,320 mètres.
SERRA-DOS-ORGAOS, chaîne de montagnes du Brésil, qui s'étend en face de Rio- Janeiro et qui est une projection de la grande chaîne appelée Serra-do-Mar ; elle suit la côte, depuis l'île Sainte-Catherine jusqu'au rio Doce. La montagne la plus remarquable de cette petite chaîne est te Corcovado, situé tout près et du côté sud de Kio-Janeiro. Le Corcovado, haue de 693 mètres, présente une masse des plus imposantes, qui contribue,
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avec le sommet des autres monfagnrs dominant la baie de Niutheroy, à- rendre la métropole de l'empire brésilien le site le plus admirable et le plus ravissant du mende. Lorsque de la mer on découvre le Corcovado, et que l'on voit les navires faire des évolutions et des manoeuvres pour pénétrer dan3 la baie, il présente alors les aspects les plus variés et les plus fantastiques. De toutes ces formes fugitives, celle qui attire le plus l'attention des voyageurs, c'est la configuration d'un géant couché sur le dos, et dont une bosse énorme sur la poitrine forme le point le plus élevé de ce promontoire majestueux. Les vagues lèchent un de ses coudes, dont la main renversée forme le pinacle connu sous le nom de Pain de sucre et se trouve à gauche de l'entrée de la baie. Ce point culminant, "reposant sur un bloc granitique et formant un petit plateau, a été garni d'une balustrade en fer, sous l'administration portugaise de dom Joiïô VI, afin que le touriste pût jouir en toute sécurité du splendide aspect qui s'offre à ses regards et qui embrasse nonseulement la ville de Rio-Janeiro tout entière et celle de Nictheroy, située au nord, de l'autre côté de la baie, mais encore un incomparable horizon d'au moins 50 kilomètres. On y monte à cheval du côté du nord-ouest jusqu'à la cime de ce plateau. A l'est et au sud, le Corcovado présente une masse énorme de granit, taillée à pic et dépourvue de végétation, si ce n'est quelques pieds de cactiers do différentes espèces. Mais, du côté du nord et de l'ouest, il est littéralement recouvert de la végétation la plus plantureuse, depuis les minces arbustes chargés de fleurs à couleurs vives et éclatantes, jusqu'aux arbres de haute futaie, avec tout le cortège des lianes de toutes sortes et des parasites les plus bizarres qui ornent sans cesse les forêts vierges de l'Amérique méridionale. La ligne tropicale du sud s écarte un peu de la bosse du Corcovado pour tomber sur le jardin botanique, connu sous le num de Jardin da lagoa do Freitas, situé vers le sud, à 10 kilomètres de Rio-Janeiro, et touchant la base escarpée de cette montagne, qui prend des noms appropriés aux différentes formes qu'elle présente, tels que Gauea bico de sapagaio. Il s'en échappo plusieurs torrents très- utiles à la culture des campagnes environnantes et fournissant la ville de Rio-Janeiro d'une eau fraîche et abondante. Les plus rentuninés do ces torrents sont la Tijuca, le Maracanam et la Carioca. La Tijuca forme la pittoresque cascade qui porte ce nom. Le torrent de la Carioca a été canalisé au siècle passé jusqu'à la ville, où il arrive par un bel aqueduc assis sur deux rangs de hautes arcades. Il alimente la fontaine de la Carioca, célèbre par la fraîcheur et la limpidité de ;es eaux extrêmement suaves. La famille impô. iale, su.vant une ancienne habitude, fait prendre de cette fontaine, venant du Corcovado, touto l'eau nécessaire à son usage particulier.
SERRA-R1CO, bourg du royaume d'Italie, province et district de Gènes, mandement de Pontedecimo ; 2,364 hab.
SERRA-SÂN-BRUNO, ville du royaume d'Italie, province de la Calabre Ultérieure Ile, district de Monteleone, ch.-l. de mandement et de circonscription électorale; 5,4 10 hab.
SERP.A-SANQIJIR.ICO, bourg du royaume d'Italie, province et district d'Ancône, man-' dément de Fabriano; 3,603 hab.
SERRA (Antoine), un des plus anciens écrivains qui aient traité de l'économie politique, né à Cusenza vers le milieu du xvie siècle. On sait peu de chose sur sa vie. On croit qu'il étudia en Sicile, a l'académie fondée en (Jalabre, qu'il fut compromis dans la conspiration de (Jampauella et emprisonné pour ce motif. Serra a fait un ouvrage dans lequel il a combattu l'idée mise eu avant par un conseiller do la couronne du vice-roi de Naples, consistant à remettre en vigueur la pragmatique d'Olivarès pour régler le taux du change. {Jet ouvrage de Serra est intitulé : Brève trattnto délie cose che possono fare abbondare li regni di oro e di arijento, dove non sono minière, am apptic'jssione al regno di Nupoli, divisa in tre parti (Naples, 1613, in-4°; réimprimé dans la collection des Ecoitomisti italiaiii, Milan, 1803, iii-8»). Salfiaécrit un Eloge de Serra (Milan, 1302, iu-8°).
SERRA (Crescentin- Joseph), mécanicien italien, né à Crescentino en 1734, mort en 1S04. Né de parents pauvres qui ne pouvaient l'envoyer a l'école, il fut obligé d'apprendre le métier de maçon. Ne saci.ànt ni lire ni écrire, il montra de telles aptitudes pour le dessin et pour la mécanique, qu'on lui procura les moyens de s'instruire, et il devint architecte. Il construisit des maisons et si.mi.la son talent par Le déplacement du grand autel d'une église de sa ville natale. Mais ceci n'était rien comparé à ce qu'il fit en 1776. Ce fui à cette date que Serra transporta tout d'une pièce, sur des roulettes, d'un endroit à un autre, le clocher de l'église de Notre-Dame-du-falais, à Crescentino, bâti en brique et en chaux et haut de 20 mètres. Le talent extraordinaire déployé par Serra en cette circonstance lui valut- une pension que le gouvernement de Victor-Amédée III et l'autorité française lui payèrent successivement, et une recompense de la part de la municipalité de Verceil.
SERRA (le marquis Gcrôme), homme d'Etat
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et historien italien, né à Gènes en 17G1, mort dans la même ville en 1837. Membre du conseil municipal de Gênes, puis, en 1801, du conseil général du département, enfin maire, il fut, en 1806, élu député au Corps législatif. En 1814, il fut le chef de la république éphémère établie à Gênes jusqu'au congrès de Vienne. Il vécut depuis lors dans la retraite a la campagne, près de Gènes. On a de lui une Histoire de Gênes (l'a partie, Gênes, 1798; l'ouvrage complet, Turin, 1834, 4 vol. in-8°; 2e édit., Capolago, i vol. in-12). Cette Histoire s'arrête à l'année 1483. Elle ne brille ni sous le rapport du style, qui est froid, ni sous le rapport de l'impartialité de l'auteur, qui parle toujours en Génois et en catholique ; mais elle est écrite avec beaucoup d'érudition et de soin.
SERRA-CAPRIOLA, ville du royaume d'Italie, province de la Capitanate, district et à 26 kilom. N.-O. de San-Severo, ch.-l. de mandement; 4,749 hab. Cette ville, fondée en 1090, est le titre d'un duché.
SERRA-CAPRIOLA {Antoine Maresca Donnorso, duc de), diplomate italien, né à Naptes en 1750, mort it Saint-Pétersbourg en 18S2. En 1782, il fut envoyé en qualité de ministre à Saint-Pétersbourg et y épousa en secondes noces la fille du prince Wiazemski, ministre de la justice et des finances de Russie. Il obtint le secours de cette dernière puissance contre les Français et contre les libéraux italiens. Le traité de Tilsitt aymit reconnu Murât comme roi de Naples, le duo de Serra qui, malgré la chute de son souverain, avait continué jusque-là à s'intituler ambassadeur de Naples, dut renoncer à ce titre. Il devint alors un des agents diplomatiques de la réaction monarchique et cléricale en Europe, Soutint au congres de Vienne les prétendus droits des Bourbons do Naples et obtint du souverain imposé aux Napolitains par la Sainte-Alliance une pension et des honneurs. Il retourna en Russie, prêta serment, sur l'invitation de son souverain, à la constitution de 1820 et finit par être disgracié. Il réussit néanmoins à conserver sa place jusqu'à sa mort. Il avait, dit-on, pour règle de conduite cette devise des diplomates adroits et rusés : « Prévoir, attendre et profiter. •
SERRADELLE s. f. (sèr-ra-dè-le — dimin.
de serre, pied d'oiseau). Bot. Nom vulgaire de quelques légumineuses du genre ornithope, cultivées comme plantes fourragères.
— Encycl. La serradelle est une plante fourragère d'une grande importance en certaines contrées, et que l'on s'efforce d'introduire actuellement en France. Les Portugais l'emploient depuis longtemps comme fourrage artificiel, dans les lieux, sablonneux, et arides. Elle rend de grands services pour l'alimentation des bestiaux, surtout en fournissant au printemps un pâturage très-précoce. Du Portugal, la serradelle s'est répandu'; en divers pays, mais principalement en Belgique. Aujourd'hui, elle est bien connue des agriculteurs français. Les botanistes sont inoins avancés, puisqu'ils n'ont pu encore réussir à se mettre d'accord touchant son individualité. Ce qui est à peu près hors de doute pourtant, c'est qu'elle appartient au genre ornithope ou pied-d'oiseau. Suivant quelques auteurs, elle ne serait même qu'une variété de rornithope délicat, qui est notre pied-d'oiseau vulgaire. On sait que, dans toutes les plantes de ce genre les gousses réunies par trois ou quatre et recourbées sur elles-mêmes imitent le pied d'un oiseau. La plupart des espèces appartiennent aux. régions méridionales. Les premiers essais de la culture de la serradelle ont fait connaître qu'elle ne résiste pas toujours aux hivers sous le climat de Paris. Néanmoins, elle pourrait être éminemment profitable à plusieurs de nos départements du midi, de l'ouest et même du centre. L'abondance, la finesse et la bonne qualité de son fourrage lui assignent sans contredit une place importante dans notre agriculture. Déjà bien avant nous la Belgique lui consacre les terres sablonneuses et sèches des Campines anversoise et limbourgeoise. Là le trèfle ne vient pas, parce que la chaux manque ou est d'un prix de revient trop considérable; mais la serradelle vient à merveille; aussi eu trouve-t-on des champs immenses dans toute retendue de cette contrée si peu favorisée par la nature. Elle se répand dos maintenant sur tous les terrains pauvres du Brabant et de la Flandre orientale. Cette culture a acquis un tel développement que le ministre de l'intérieur de Belgique crut devoir faire publier à son sujet une instruction dont nous extrayons les passages suivants : « La serradelle donne sa graine en cosses formées d'un certain nombre de disques. Ces cosses, au lieu de s'ouvrir, comme cela se présente pour les pois, restent closes quand elles sont mûres; elles se sèchent plus ou moins vite; si donc on ne prend pas la précaution de récolter la graine aussitôt qu'on s'aperçoit qu'une partie des cosses se sèche, on court risque de n'avoir que très-peu de graine; en effet, les disques étant secs se séparent les uns des autres avec la plus grande facilité. Enfin, lorsque les cosses sont lèches, il suffit d'un peu de vent ou d'une légère pluie pour faire tomber la graine de serradttle. Cet inconvénient a lieu, même lorsque les plantes sont encore vertes ou couvertes
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de fleurs. Il est donc évident qu'on ne peut attendre que la plus grande partie des cosses soit sèche pour en récolter la graine; car, si elle tombe facilement au moindre choc quand elle est debout et verte, elle tombera bien plus facilement encore lorsqu'on la cou-
Îiera et qu'on la transportera; il faudra donc a couper lorsqu'on s apercevra qu'une partie des cosses se sèche et l'exposer ensuite au soleil pendant quelques jours, afin de donner aux grains le temps d'achever leur maturité. La serradelle dont on veut récolter la graine doit être semée en septembre ou en mars, parce qu'alors le moment de la récolte arrivant en juillet et août, les grandes chaleurs facilitent beaucoup la bosogne. Examinez bien votre graine, et, dès que vous verrez qu'elle commence à sécher et que celle qui est encore verdâtre est déjà ridée, signe certain qu'elle est mûre, n'attendez pas et, si le temps est beau, fauchez. Laissez Sécher deux ou trois jours et profitez du moment où le foin se dépouille de la rosée, vers sept ou huit heures du matin, pour le mettre en grange ou le battre sur place. En procédant de cette manière, on a récolté sur une surface d'environ l hectare et demi, près de onze voitures à deux chevaux de bon foin et plus de 1,800 kilogrammes d'excellente graine. » En général, dans toute la Belgique, on sème la serradelle isolément, à raison de 20 à. 25 kilogrammes par hectare. Les parties réservées pour graine se récoltent assez souvent seulement à partir de septembre. Divers agronomes se sont occupés de l'emploi de la serradelle comme plante fourragère. « S'il est une plante, dit Springel, qui mérite d'être cultivée , c'est bien le piedd'oiseau. Appartenant à la famille des légumineuses et préférant un sol sablonneux à un sol argileux, elle est surtout convenable pour faire du premier un excellent pâturage. Ou peut d'autant moins douter des avantages qu'offrirait la culture de cette plante, qu'il est maintenant hors de doute que l'espèce de pied-d'oiseau cultivée dans les sables brûlants du Portugal n'est qu'une variété de celle qui croît chez nous spontanément. Il est, en effet, inconcevable quu jusqu'ici on n'ait pas fait attention à une plante aussi précieuse, d'autant plus inconcevable que, dans nos contrées sablonneuses, tous les bergers la connaissent et la regardent comme une nourriture aussi saine qu'agréable pour les moutons. Le pied-d'oiseau a une racine pivotante et fusil'orme, longue de 45 à 50 centinièt., au moyen de laquelle il va chercher dans les sables les plus stériles, non-seulement l'humidité qui lui est nécessaire, mais aussi des principes nutritifs. Il forme un gazon fort épais, en poussant souvent d'une même racine jusqu'à vingt tiges rampantes, qui, lorsqu'elles ont été broutées, multiplient à l'infini et repoussent des jets latéraux. Le pied-d'oiseau vient fort bien parmi les graminées. 11 ne souffre pas plus que le trèfle blanc du pâturage continuel, et il a un grand avantage sur lui en ce que les moutous le mangent avec plus de plaisir; toutes ces qualités réunies en font une des plantes tes plus précieuses du pâturage. La chose la plus importante, c'est qu'ilcroît parfaitement dans les sols les plus sablonneux et les plus secs, où fort peu de plantes da la famille des légumineuses peuvent végéter. S'il était vivace, il ne laisserait rien à désirer; cependant, lorsque la terre n'est pas tout à fait envahie par les gazons épais des graminées et d'autres plantes, il se propage de lui-même par sa semence. On facilite cette propagation en hersant fortement le sol au printemps, en même temps que l'on répand un peu de semence; après quoi on fait passer le rouleau. Le pâturage ne doit être alors livré aux bestiaux que lorsque la plante a pris racine, ce qui ne tarde guère, parce qu'elle croît tvès-yromyteinent. ,11 est à présumer que, si elle était semée dru, on pourrait la faucher et, dans ce cas, ce serait pour les moutons et pour les agneaux un foin excellent, à cause de la finesse de ses tiges et de ses feuilles. Si nous voulons avoir un excellent pâturage pour un an seulement, sur une terre sablonneuse, nous ne pouvons rien faire de mieux que de semer le pied-d'oiseau avec la petite renouée. Dans !e cas où le pâturage serait destiné à demeurer plusieurs années, il faudrait semer le pied-d'oiseau avec du trèfle blanc, des graminées, des espèces de genêts, etc. ; mais, afin de conserver dans un sol sec l'humidité de l'hiver, si nécessaire au développement des semences, il serait bon de se contenter de herser au printemps le chaume de seigle fumé et d'y faire passer le rouleau, après avoir répandu la semence. Je suppose que le trèfle, les graminées, les genêts auraient déjà été semés au printemps précédent par-dessus le seigle. » Voici maintenant, d'après M. Bossin, quelles seraient les conditions les plus favorables à la culture de la serradelle. « L'époque ordinaire du semis en Portugal est, dit-il, aux premières pluies de septembre, afin que les plantes soient assez fortes pour être coupées avant l'hiver. Cultivée de temps immémorial dans le nord du Portugal, où la hauteur des montagnes rend la température à peu près correspondante à celle de la France centrale, elle fait, en vert et en sec, la base de la nourriture des bêtes bovines, qui en sont très-avides. Semée le 27 avril 1840, dans notre terrain d'essai, elfe n'a levé que du 15 au
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24 mai, d'une manière assez inégale, que nous attribuons à une longue et forte sécheresse du printemps. Elle a supporté victorieusement la chaleur excessive et la disette d'eau qui se sont généralement fait sentir pendant plus de trois mois consécutifs. Le semis a eu lieu dans une terre siliceuse mêlée d'un peu d'argile. La plante forme de larges touffes, ce qui la rend propre au pacage et au pâturage. Les feuilles et les tiges nombreuses, menues, flexibles, donnent un fourrage de la plus grande fi esse, recherché de tous les animaux. L'immense quantité de feuilles et de tiges forme un tapis matelassé, au travers duquel l'air ni le soleil ne peuvent pénétrer, ce qui entretient une certaine fralrheur dans le sol. Nos semis d'automne ont été détruits par l'hiver. » Si l'on emploie, comme M. Bossin, les graines de la plante portugaise, il conviendrait de faire le semis au printemps, dans les cérêtiles, pour en obtenir en automne soit une pâture, soit du fourrage propre à être fauché. Mais on peut sans aucun doute se soustraire à cette nécessité en employant les graines de notre pied-d'oiseau, qui croît partout spontanément. Si, en France, la serradelle est encore peu employée comme fourrage artificiel, il n'en est pas moins vrai que sa culture n'est pas nouvelle. Elle a été essayée en divers endroits depuis plus de cinquante ans et a partout donné des résultats satisfaisants. Si son emploi ne s'est pas généralisé, il faut s'en -prendre à la routine et à l'aversion que le puysau a naturellement pour tout ce qui est nouveau. Qui ne sait, d'ailleurs, combien est récente , chez nous, la culture des prairies artificielles? Combien n'a-t-il pas fallu de temps pour faire accepter par tous cette pratique si profitable, qui est destinée à changer la face de notre agriculture? Nous n'ajouterons plus qu'un seul mot. La serradelle, bien qu'étant une plante annuelle, est susceptible de donner un produit largement rémunérateur et qui n'est nullement inférieur à celui des meilleures plantes fourragères vivaCes. On a calculé que 1 hectare pouvait donner 2,000 kilogrammes de fourrage vert, puis 1,600 kilogrammes de foin en une seconde coupe, sans compter près de 600 kilogrammes de graines et un bon pâturage dans certains cas.
SEBBA-D1-FAI.CO, ville du royaume d'Italie, dans ta Sicile, province, district et à 17 kilom. O. de Caltanisetta, chef-lieu de mandement; 6,362 hab. Soufrière.
SERBADIFALCO (Domenico de la Fassa Pietbasanta, duc dk), homme d'Etat et célèbre archéologue italien, né à Païenne en 1780, mort à Florence en 1863. Directeur général du cabinet sicilien en 1810, il s'opposa, en 1814, aux mesures anticonstitutionnelles prises pattes Bourbons et tomba du pouvoir. En 1848, il dirigea le mouvement insurrectionnel de Seltitno Ruggiero, siégea en qualité de pair héréditaire au sénat sicilien, qu'il présida, et alla offrir au duc de Gènes la couronne sicilienne. L'année suivante, la réaction ayant repris le dessus en Italie, Serradifalco fut exilé de Naples. Il se réfugia à Florence, d'où il fut chassé pendant quelque temps et où il revint en 1859. 11 était membre d'un grand nombre de sociétés savantes et il a publié des ouvrages archéologiques qui ont fait époque , savoir : Le antidata délia Sicilia (Palerme, 1834-1836, 6 vol. iii-fol., avec gravures) ; Del duomo di Monreale et Di chiese normanue in Sicilia. Ces deux derniers ouvrages ont été imprimés ensemble sous ce titre : Del duomo di Monreale e di altre chiese normanne in Sicilia (Païenne, 1838, 1 vol. in-8°).
SERRJ2, nom ancien de Sérès.
SERR/EA s. m. (sé-ré-a — de Serra, bot. espag.). Bot. Genre de sous-arbrisseaux, de la famille des malvacées, tribu des hibiscées, dont l'espèce type croît en Arabie.
SERRAGES, m. (sé-ra-je — ra.d. serrer). Action de serrer ; résultat de cette action : Le serrage des ois. Ce serrage n'est pas complet. Procéder au serrage des freins.
— Min. Consolidation des diverses pièces d'un boisage de mine.
— Mar. Ensemble des pièces placées dans l'intérieur d'un bâtiment pour relier les membrures entre elles.
SERRAGGIO, bourg de France {Corse), arrond. et à 13 kilom. S. de Corte ; 1,202 bah. Carrières de marbre, industrie agricole ; élève de bétail.
SËRRAGINE s. f. (sé-ra-ji-ne). Bot. Nom vulgaire de la bugle et de la consoude.
SERRALLIER (Auguste), membre de la Commune de Paris, ne à Draguignan (Var) la 27 juillet 1840. Il suivit en Angleterre son père, qui, pour une cause politique, avait dû quitter la France, et se ht ouvrier fonnier pour la cordonnerie. S'etant affilié à l'Internationale en 1864, il ne tarda pas à s'y l'aire remarquer par sa vive intelligence et fut élit, au commencement de 1870, membre du conseil général de l'association, dont le siège était u Londres, Apres la révolution du 4 septembre 1870, il se rendit à Paris, fut nommé officier dans le 1216 bataillon de la garde nationale et commença à se faire connaître en prononçant des discours dans les clubs, notamment dans celui de la cour des Miracles. M. Serrallier attaqua avec une grande viva-
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cité le gouvernement de la Défense, prit part au mouvement du 31 octobre, ayant pour objet de le renverser, mais ne fut pas compris dans les poursuites ordonnées a ce sujet. Après la signature de l'armistice (28 janvier 1871), il retourna à Londres, puis revint à Paris le 17 mars suivant. Apres le grand mouvement du 18 murs, il fit paraître dans les journaux une lettre de Karl Marx, chef de l'Internationale, qui, au nom da l'association, se prononçait contre tout moyen violent dans la grande œuvre de l'émancipation I des travailleurs. Porté candidat lors des élecj tions pour la Commune le 26 mars, M. Serrallier ne fut point élu ; mais, lors des élections complémentaires d i 16 avril suivant, il obtint 3,141 voix sur 3,601 votants dans le IIe arrondissement, et il alla siéger dans l'assemblée cominunaliste. Il fit partie de tu commission de travail et d'échange, ne prit que peu de part aux discussions qui eurent lieu à l'Hôtel de ville, se rangea parmi les membres de la minorité qui répudiaient les mesures violentes et se fit remarquer par son attitude hostile envers Félix Pyat et les hommes de son parti. Lors de la création du comité de Salut public (2 mai), il se prononça contre ce • pouvoir dictatorial, véritable usurpation de la souveraineté du peuple, > puis refusa d'aller siéger à l'Hôtel de ville pour s'occuper de l'administration de l'arrondissement qui l'avait élu. Lors de l'entrée de l'armée de Versailles à Paris, il signa une proclamation appelant le peuple aux armes, puis traversa les lignes prussiennes et parvint à retourner à Londres. En septembro 1871, il fut nommé secrétaire correspondant pour la France du conseil général de l'Internationale. Il continua, depuis lors, à être un des membres les plus actifs de la célèbre association et il a figuré dans itivers meetings et congrès de la société, notamment à celui de La Haye en septembre 1872.
SERRAMANNA, bourg du royaume d'Italie, dans la Sardaigne, province et district de Cagliari, chef-lieu de mandement; 2,971 hab.
SERRAN s. m. (së-ran -— du Iat. serra, scie), lchthyol. Genre de poissons acanthoptérygiens, de la famille des percoïdes, comprenant un grand nombre d'espèces, répandues dans toutes les mers : Les serrans ont pour caractère générique un préopercute dentelé. (E. Baudement.) Les serrans sont es' limés pour leur chair et remarquables par la jolie distribution de leurs couleurs. (A. Guichenot.)
— Encycl. Les serrans sont caractérisés surtout par leur préopercule, dont les bords sont finement et régulièrement dentés comme une scie (serra), d où leur nom générique; l'opercule, qui présente deux on trois épines plates, est écailleux, ainsi que le crâne et les joues. Le museau et les mâchoires, nus dans quelques espèces, présentent chez d'autres des écailles plus ou moins apparentes. Les dents en velours de leurs mâchoires sont entremêlées de dents longues et aiguës plus ou moins nombreuses. On divise ce genre en trois sections : 1° perches de mer, poissons de petite taille, a proportions délicates, à couleurs agréables, àmâchoires nues ; 2° mérous, taille beaucoup plus grande et petites écailles à la mâchoire inférieure ; 3<> barbiers, taille analogue à celle des perches de mer, couleurs encore plus vives; sur toute la tête et les mâchoires, écailles semblables à celles du reste du corps.
Ce genre renferme un grand nombre d'esi pèces, mais les trois sections dont il se compose ne comptent chacune dans nos mers que peu de représentants. La perche de mer se trouve dans la Méditerranée; elle ressemble assez à la perche commune parles épines et les dentelures de sa tête, par ses écailles âpres et rudes au toucher, par ses belles couleurs et par les bandes transversales plus ou moins foncées de son corps. Aristole, Ûppien et Pline parlent de ce poisson en termes usez précis. Les naturalistes modernes en ont distingué deux ou trois espèces assez difficiles à délimiter, et entre lesquelles les pêcheurs n'établissent presque aucune ditf renée.
Le serran proprement dit peut atteindre jusqu'à une longueur de 0">,25; son corps présente quatre bandes longitudinales d'un rouge de sang; il y en a une variété panachée de raies jaunes et violettes ; mai» les teintes varient suivant l'âge, le sexe et la saison. Cette espèce habite tout le bassin de j la Méditerranée, et particulièrement l'asiatique, où on en fait des pêches abondantes ; mais elle entre aussi dans l'Océan, où elle s'avance assez loin vers le nord; on la trouve à Brest, où elle porte le nom de fuugère, à Abbeville et jusqu'en Norvège, et, u'autre part, dans la baie d'Algésiras, a Madère, à Tenéritfe, etc. Lu chair de ce poisson est tendre, facile à digérer et aussi bonne que celle de ta perche de rivière.
Le serran scriba ou écriture porte sur le crâne, les joues et le museau, des lignes ou traits irrégtiiiers qui ressemblent à des caractères d'une écriture inconnue; c'est de là' qu'il tire sou nom. Du reste, il dillero peu du précédent. On le trouve sur les fonds de roches. Suivant Cavolini, il vit de petits crustacés etde poissons; mais c'est surtout le poulpe qui est son meilleur régal; il se tient en embuscade à l'entrée des trous où se retire ce mollusque, et, pour peu qu'il en voie sortir le bout d'un tentacule, il la saisit vivement.
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On prend cette espèce durant toute l'année; elle est très-abondante sur les marchés, où ses Délies couleurs la font distinguer. S» chair est très-savoureuse, mais son poids dépasse rarement une demi-livre.
Le serran géant ou mérou commun atteint la longueur de 1 mètre et le poids de 30 kilogrammes; son corps est oblong, couvert de très-petites écailles visibles à la mâchoire inférieure ; il a des lèvres charnues et des dents crochues a»sez fortes aux deux mâchoires, surtout à la mâchoire inférieure; sa couleur est jaune avec des nébulosités d'un brun obscur, la tête rousse en dessous ainsi que les pectorales. Ce poisson habite la Méditerranée et l'Océan ; on le trouve abondamment sur les marchés de l'Espagne, principalement aux îles Baléares. Il s'approche des rivages en avril et inai. Sa chair, qui a quelque chose d'aromatique, est très- estimée.
On rencontreen Egypte le mérou d'Alexandrie et le mérou bronzé ou dalouze. Le mérou à croupe noire est très-commun dans la mer des Antilles, notamment k La Havane, où on l'appelle vieille. Les Espagnols lui donnent le nom de cherna, et désignent les jeunes individus sous celui de vabrilla. Il atteint, d'après M. Plée,la longueur de 1 mètre elle poids de 40 kilogrammes. Sa chair, molle, mais de bon
foût, passe pour un excellent manger. Celle u mérou petit-nègre est, dit-on, dangereuse en certaines saisons. On nomme vulgairement ce dernier vieille ou grande gueule.
Les barbiers sont de jolis poissons, ayant avec les serrans les plus grands rapports de conformation et d'habitudes. Le barbier commun est un des plus beaux poissons de la Méditerranée ; ses écailles brillent comme de l'or et du rubis. Il porte sur le dos une longue épine flexible, que l'on a comparée soit à un fouet de cocher, soit à une lame de rasoir, et c'est de là que lui vient son nom. Il dépasse rarement O'i.îô de longueur. Il vit dans la profondeur des eaux, sur les fonds rocailleux. Sa chair est assez bonne à man- . ger. Les anciens, qui appelaient ce poisson anthias, ont débité beaucoup de contes à son sujet. L'anthms, disent-ils, voit fort clair et de loin ; quand il est pris à la ligne, il la coupe avec son aiguillon tranchant; il y a plus, les autres poissons de même espèce viennent au secours de celui qui est pris et l'aident aussi à se délivrer en coupant la ligne.
SEHUANO (Thomas)v jésuite et littérateur espagnol, né k Castalla en 1715, mort à Bologne en 1781. Il était historiographe du royaume de Valence. Après la suppression de l'ordre des jésuites, il se rendit en Italie. Il a laissé un grand nombre d'ouvrages, dont plusieurs sont restés manuscrits. Les plus importants sont les suivants : Super judicio H. Tiraboschi de M. Vater. Martiale, L. Ami. Seneca et M. Aun. Lucano et aliis urgentes tetatis I/ispanis,etc. (1776, in-8°), et Carminum lib'-i I V , opus posthumum ; acceâil deauctoris vita et titteris, Mich. Garcise commentarius (Foligno, 1788, in-8").
SEHUANO Y DOM1NGUEZ (Francisco), duc du La Torre, maréchal et homme d'Etat espagnol, né à San Fernando, près de Cadix, en 1810. Fils d'un général, il entra dans l'armée comme cadet, -prit parti pour Marie- Christine et sa fille, après la mort de Ferdinand VII, et se rit remarquer par une incontestable bravoure pendant la longue guerre civile entre les carlistes et les christinos. Doué de grands avantages physiques, aimable, séduisant et s'attachant à charmer par ses façons élégantes et par son ton d'affabilité, il gagna k tel point les bonnes grâces de la régente que, sans faits d'armes bien éclatants, il était à trente ans général de division. Tout dévoué à Marie-Christine, il contribua, en 1843, à la chute d'Espartero, dont, un des premiers à Barcelone, il proclama la déchéance. Il joignit ensuite ses efforts à. ceux de Narvaez pour renverser le ministre Olozaga. reçut, en 1845, un siège au sénat et prit alors le portefeuille de la guerre. L'influence qu'il exerçait à la cour s'étendit sur la jeune reine Isabelle, surtout après son mariage avec son cousin don François d'Assise (1846). Isabelle se laissa k tel point charmer par le brillant général, elle lui accorda une fuveiir si marquée, que le princeépoux s en tmut et qu'il en résulta entre la reme et son mari des tiraillements extrêmement vifs, qui bientôt ne furent plus un secret pour personne. Le ministre Sotomayor, avant voulu mettre tin à cet état de choses et éloigner le général Serraûo, fut brisé par lui. -
Le général Narvaez, plus heureux, commença à battre en brèche l'influence de M. Serrano, qui ne put empêcher le cabinet Paeheeo-Salamanca de tomber sous le poids de son impopularité. Voyant son crédit diminuer, il rit rappeler Olozaga et Espartero pour les opposer à Narvaez; mais il ne put empêcher ce dernier d'arriver au pouvoir. Il fut alors exilé de la cour et envoyé à Grenade comme capitaine général. Des démêlés qu'il avait eus av«c la reine Isabelle l'avaient décide à abandonner la cause ultraeonservatrice pour se jeter dans les rangs de l'opposition. Il se joignit à O'Donuell pour combattre au sénat les ministères qui dirigeaient les affaires, se vit exiler en février 1854, comme ayant trempé dans le mouvement insurrectionnel de Saragosse , contribua au succès de la révolution de juillet 1854, qui, après l'affaire de Vicalvaro, porta au pouvoir
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O'Donnell et Espartero, se prononça contra ce dernier dans le conflit qui eut lieu entre ces deux hommes d'Etat et fut nommé par O'Donnell capitaine de l'artillerie.
Le générai Serrano était depuis peu de temps capitaine général de la Nouvelte-Castille et à la tète de l'armée de Madrid, lorsque, en juillet 1856, il seconda le coup d'Etat tt'O'Donnell. Il se distingua particulièrement en enlevant les barricades élevées par le peuple au Prado et au Retiro, et, après le triomphe de la réaction, il alla occuper, avec sa jeune et jolie femme, l'ambassade de Paris, où il donna des fêtes spleudides. En septembre 1857, O'Donnell ayant été renversé du ministère, le général Serrano dut revenir en Espagne. Il continua à siéger au sénat, puis quitta Madrid pour aller remplir les fonctions de capitaine général à Cuba. Pendant son séjour dans cette Ile, il négocia avec le président de la république de Saint-Domingue la rétrocession k l'Espagne de ce territoire, fit rendre un décret d'incorporation et reçut alors, avec la grandesse de ire classe, le titre de duc de La Torre (1862). Mais les Dominicains, qui n'avaient pas été consultés, s'insurgèrent pour conserver leur indépendance, et le gouverneur espagnol, ne voulant po.nt se jeter dans l'aventure d'une guerre lointaine, dont le succès était des plus incertains, jugea prudent de rapporter le décret d'incorporation. De retour en Espagne, le duc de La Torre se joignit aux membres de l'Union libérale pour renverser Narvaez, et, après la chute de ce ministre, il fut nommé par O'Donnell, qui ressaisit le pouvoir, muréchal et capitaine général à Madrid (juin 1865). Un an plus tard, il comprima une émeute qui venait d'éclater à Madrid ; mais, peu après, Narvaez ayant repris la direction des affaires, il fut remplacé dans ses fonctions. Devenu, après la mort d'O'Doiinell, le chef nominal de l'Union libérale, il fit la plus vive opposition au ministère, surtout après la prorogation illégale des cortès, et, en sa qualité de président du sénat, il présenta k la reine, avec Rios Rosas, président de la Chambre des députés, une énergique protestation contre cette sorte de coup d'Etat. Poursuivi et banni par le cabinet, le maréchal Serrano fut pendant quelque temps emprisonné à Alicnnte.
Ce fut sur ces entrefaites qu'éclata la révolution de septembre 1868, qui renversajsabelle du trône. A la nouvelle de l'insurrection de Cadix, le duc de La Torre se rendit dans cette ville et, peu après, il arrivait avec Priin à Madrid, au milieu des acclamations populaires. La junte révolutionnaire de Madrid lui confia, avec la présidence du conseil des ministres, le commandement en chef de l'armée. L'ancien favori d'Isabelle, devenu un des instruments de sa chute et le chef du gouvernement provisoire, décréta à ce titre, avec les membres du cabinet révolutionnaire, une série de mesures véritablement démocratiques et libérales. C'est ainsi qu'on vit proclamer successivement le suffrage universel, la liberté de conscience, des cultes, de la presse, le droit de réunion, L'expulsion des jésuites, la suppression des privilèges intolérables dont avaient joui les corporations religieuses qui avaient si puissamment contribué a la décadence de l'Espagne, etc. Toutefois, si, sous la pression des circonstances, Serrano, Prim et Topete consentaient à infuser les idées modernes dans un pays dont la majorité des habitants était gangrenée par le cléricalisme, ils songeaient à reconstituer la monarchie et se montrèrent hostiles, presque dès le début, à la minorité républicaine qui désirait ardemment régénérer le pays. Ce ne fut qu'au bout de trois mois que le gouvernement provisoire se décida à appeler les électeurs à nommer des députés aux cortès chargés de voter une constitution et à procéder à la reconstitution de leurs municipalités. Lors de la réunion des cortès, le maréchal Serrano, comme président du gouvernement provisoire, exposa à la Chambre, le IL février 1869, l'œuvre qui avait été accomplie depuis le 20 septembre et montra aux représentants du pays la nécessité de doter l'Espagne d'institutions libres. Le 25 février, les cortès le maintinrent à la tête du pouvoir exécutif et il conserva en entier le ministère qu'il avait présidé depuis la révolution. Pendant le vote de la constitution, il se prononça en faveur de la forme monarchique, qui fut adoptée parla majorité; puis, en attendant qu'on eût trouvé un roi acceptable, cette même majorité, dans le but de donner plus d'autorité au pouvoir intérimaire, nomma, par 193 voix sur 238 votants, le maréchal Serrano régent du royaume (15 juin 1869).
Au moment où le duc de La Torre était investi de ces hautes fonctions, la situation de l'Espagne était des plus graves. Les finances étaient épuisées, et le crédit public, compromis par la déplorable gestion de la monarchie, était à peu près nul. L'Ile de Cuba venait de se révolter contre l'Espagne pour conquérir son indépendance, et le gouvernement se trouvait dans l'impossibilité d'y envoyer des forces suffisantes pour comprimer le mouvement. Dans l'Espagne ellemême régnait une agitation profonde, causée par la division des partis. Le parti clérical, irrité de voir des lois inspirées parles idées de justice et de liberté menacer sa domination séculaire, retrouvait son vieux fanatisme pour exciter les masses ignorantes; les
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carlistes se préparaient à prendre les armes pour rétablir la monarchie sous sa forme la plus odieuse et la plus despotique. De leur côté, les républicains, en petit nombre au début, mais qui recrutaient de jour en jour un plus grand nombre de partisans dans les villes, voulaient renverser un gouvernement qui préparait le retour de la royauté et le renverser avant qu'il eût trouvé un candidat disposé k accepter la couronne. Au mois de septembre, les républicains se soulevèrent dans diverses provinces, particulièrement en Catalogne et en Andulousie. Le maréchal Serrano, malgré la pénurie du trésor, fit des levées de soldats et de marins, et envoya des troupes contre les républicains, qui furent battus. La ville de Valence ayant refusé de se soumettre fut assiégée, bombardée otdut se rendre au bout de neuf jours, le 17 octobre. Bien que le mouvement eût été étouffé, la situation n'avait rien perdu de sa gravité : les carlistes devenaient de plus en plus menaçants ; une partie du clergé refusait de se soumettre au décretqui exigeait de lui le serment constitutionnel; Serrano et Prim négociaient inutilement auprès des cours de Florence et de Lisbonne pour obtenir un roi. La loi qui rétablissait la conscription amenait de nouveaux troubles et de nouvelles révoltes. Barcelone se couvrit de barricades qu'il fallut enlever k coups de canon. Le désarroi était à son comble dans les finances, dans l'administration, dans le pays. Le régent Serrano, malgré toute la bonne opinion qu'il avait de lui-même, sentit qu'il n'était pas de taille à sortir d'une situation aussi difficile. Il parla de donner sa démission, et la majorité des cortès , dans le vain espoir d'accroître l'autorité et le prestige du chef du pouvoir exécutif, lui conféra des prérogatives royales. Ce fut en ce moment que le maréchal Prim, l'homme d'action du gouvernement, découvrit enfin un candidat au trône, le prince de Hohenzollern ; mais cette candidature, qui devait être le prétexte de la terrible guerre de 1870-1871, entre la France et l'Allemagne, s'évanouit k son tour au mois de juillet 1870 par le désistement du prince. Enfin, à la suite de nouvelles négociations entamées auprès du roi Victor-Emmanuel, son fils, le duc d'Aoste, accepta la couronne d'Espagne, que les cortès lui décernèrent, le 16 novembre 1870, et le jeune roi, sous le nom d'Amédèe Ier, débarqua en Espagne à la tin de décembre 1870, le jour même ou Prim était assassiné. Le maréchal Serrano déposa ses pouvoirs de régent le 4 janvier 1871, fut chargé de présider le premier cabinet de la nouvelle monarehie, de prendre le portefeuille de la guerre, et il conserva ces doubles fonctions jusqu'au 24 juillet 1871. Il quitta alors le pouvoir et se tint éloigné des affaires jusqu'au mois d'avril 1872. L'insurrection carliste ayant pris alors des proportions menaçantes et s'étant étendue dans les provinces basques, la Navarre etl'Aragon, le roi Amédêe appela le maréchal Serrano au commandement en chef des troupes chargées de comprimer le mouvement. Après avoir, dans une proclamation datée du 27 avril, engagé sans succès les insurgés k déposer les armes, il entama contre eux une série d'opérations dont le résultat fut des plus médiocres, puis passa, le 24 mal, a Amorovieta, avec quelques membres de la députation carliste de Biscaye, une convention fameuse dans laquelle il accordait aux insurgés, non-seulement amnistie pleine et entière, mais encore la réintégration dans l'armée régulière, avec leurs mêmes grades, des chefs et officiers qui avaient déserté pour passer aux bandes insurgées. Cette convention n'ayant point eu le succès qu'il espérait, le maréchal Serrano publia, le 27 mai, un bando dans lequel il annonçait que tout individu ou groupe d'individus pris les armes à la main, seraient jugés par les conseils de guerre et passés par les armes. Ce jour même, le ministère ayant donné sa démission, le maréchal Serrano fut appelé à présider un nouveau cabinet. Il quitta alors l'armée de Bilbao en laissant la commandement au général Acosta et il revint à Madrid. Mais son administration fut de courte durée. La convention d'Amorovieta souleva contre lui une vive opposition. A la suite d'un vote des cortès, il donna sa démission le 13 juin 1872 et l'ut remplacé au pouvoir par M. Zorilla. Le duc de La Torre ne prit plus part aux affaires jusqu'à la fin du règne d'Amédèe. Lorsque ce prince eut abdiqué et que la république eut été proclamée (11 février 1873), il quitta l'Espagne et Se retira à Biarritz, Castelar l'autorisa à revenir à Madrid, où il intrigua avec les hommes des anciens partis pour renverser la république.
Grâce au coup d'Etat du général Pavia, qui prononça la dissolution des cortès, renversa Castelar et rétablit la dictature, le maréchal Serrano s'empara de nouveau du pouvoir (3 janvier 1874). Il réprima facilement quelques mouvements insurrectionnels, publia, le 10 du même mois, une adresse à la nation pour essayer de justifier la coup d'Etat que venait d'exécuter le général Pavia, prononça, par décret du même jour, la dissolution de toutes les associations et sociétés politiques et se fit nommer, par un décret ministériel (27 février), président du pouvoir exécutif de la république. La prise de Carthagène, qui mit lin à l'insurrection des intransigeants dans le midi de l'Espa-
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gne, permit au dictateur de concentrer toutes ses forces contre l'insurrection carliste, qui s'était énormément étendue dans les provinces du nord. Au mois de mars, les carlistes commencèrent le siège de Bilbao, qui se défendit héroïquement. A la suite d'opérations d'une extrême lenteur, le maréchal Serrano alla prendre lui-même, à la fin d'avril, le commandement de l'armée du Nord pour forcer les lignes formidables des carlistes et débloquer Bilbao, ce que n'avait pu faire le général Moriones avec des troupes insuffisantes. Pendant qu'à la suite d'une attaque vigoureuse il faisait face aux positions carlistes de San-Pedro d'Abanto, de San- Fuentes et do Santa-Juliana, le maréchal Concha, par une marche habile et rapide, tournait la gauche des carlistes, les forçait k évacuer leurs positions de Sommorostro et la chaîne des Galdames, et délivrait Bilbao, où il entrait le 2 mai, suivi du maréchal Serrano. Ce dernier quitta peu après l'armée pour retourner à Madrid , laissant le commandement des troupes au maréchal Concha, qui fut tué en essayant de s'emparer d'Estella, au mois de juin suivant. Les opérations militaires, qui, sous la direction de cet habile homme de guerre, avaient été conduites av£c une grande vigueur, furent loin, à partir de ce moment, d'être dirigées avec la même habileté. Pendant que la guerre traînait en longueur, le maréchal Serrano mettait toute l'Espagne en état de siège (18 juillet), autorisait le séquestre des biens des individus appartenant aux bandes carlistes, ou favorisant la rébellion, ordonnait la dissolution de toutes les sociétés non autorisées, interdisait de publier des nouvelles de l'insurrection carliste autres que celles contenues dans la Gazette officielle et faisait une levée extraordinaire de tous les individus de vingt-deux k trente-cinq ans, qu'il autorisait, du reste, k s'exonérer du service moyennant une somme de 1,250 pesetas. Impuissant à amener la pacification du pays, la seule chose qui eût pu excuser jusqu'à un certain point sa dictature, le maréchal Serrano essaya de rejeter sur le gouvernement français la responsabilité de l'extension qu'avait prise l'insurrection carliste. Dans ce but, il fit adresser, le 4 octobre, par le ministre Sagasta, un mémorandum au ministre des affaires étrangères de France pour se plaindre de ce que les carlistes recevaient du territoire français des armes, des munitions et trouvaient des complices jusque dans l'administration. Il laissa passer la belle saison d'automne sans rien entreprendre de sérieux contre un ennemi dont l'audace ne faisait que s'accroître etsans songer k convoquer les cortès. L'Espagne, de plus en plus fatiguée, sans commerce, sans finances, était lasse d'un gouvernement qui n'avait rien su faire et d'un chef qui ne songeait qu'à se perpétuer au pouvoir et à se créer en Espagne une situation analogue à celle du maréchal de Mac-Manon en France. Ce fut alors que les partisans du jeune Alphonse, fils de la reine Isabelle, songèrent à faire un nouveau pronunciainiento et à rétablir la monarchie. Le maréchal Serrano venait de se rendre à l'armée du Nord lorsque éclata le pronunciamiento du 30 décembre 1874, à la tète duquel se trouvait le général Primo de Rivera. Le gouvernement du maréchal Serrano fut renversé sans lutte et M. Canova del Castillo s'empara du pouvoir au nom d'Alphonse XU. Le duc de ta Torre se rendit alors en France, mais il ne tarda pas à rentrer en Espagne, et, après avoir habité la Granja et l'Andalousie, il se rendit k Madrid, où, le 31 mai 1875, il alla présenter au roi Alphonse, dont il avait détrôné la mère, ses hommages et ses protestations de dévouement.
SERRANT (comte de). V. Bautru.
SERRÀO (Jean-André), évèque de Potenza, né k Castel-Monardo, aujourd'hui Filadelfia, en 1731, mort k Potenza en 1799. Professeur de morale aux écoles publiques, il prit parti pour la cour de Naples contre le pape, lors des dissentiments entre le pouvoir civil et le saint-siége et dut k la protection du roi sa nomination k l'évêché de Potenza. Il passait pour être favorable aux idées libérales ; aussi, lors des massacres de 1799, il fut égorgé dans son lit par les partisans du troue et de l'autel. Sa tète, plantée au bout d'une pique, fut portée en triomphe dans les rues de Potenza. Il avait été pendant quelque temps secrétaire de la classe des belles-lettres k l'Académie de Naples, et il a laissé plusieurs ouvrages de théologie, une traduction de l'Economique de Xénophon, en italien (Naples, 1774, in-8°), et un ouvrage intitulé De rébus gestis Marix TherestB Austriacx commentarius (Naples, ] 1781, in-8«). Sa Vie a été publiée par ' M. D. F. D, (M. Dominique Forges Davanzati) [Paris, 1806, in-8°J. Lamoureux en a : donné un extrait dans la lleuue philosophique (1806, 2e trimestre, p. 141).
SERBASALME s, m. (sèr-ra-sal-me — du Jat. serra, scie ; saimo, saumon). Ichthyol. . Genre de poissons malacoptérygiens, de la famille des saimoties, comprenant plusieurs ■ espèces, qui ont le ventre tranchant et dentelé en scie : Les serrasalmes connus habitent les rivières du Brésil et de la Guyane. (G. Bibron.)
SERRASTRETTA, ville du royaume d'Italie, province de la Calabre Ultérieure IIe, district
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et a 13 kilom. N.-E. de Nioaslro, ch.-l. de mandement et de circonscription électorale ; 5,117 hab.
SERRATE adj. (sèr-ra-te — lat. serrâtes; de serra, scie). Nnmism. Se dit de certaines monnaies romaines en argent, dont les bords sont découpés en scie.
— Encycl. Les deniers serrâtes ne remontent pas au delà de l'année 269 av. J.-C, puisque les premiers deniers ne furent frappés que cinq ans avant la première guerre punique. On sait que, du temps de lu république, ils portèrent Sur la face une tète de femme représentant Rome, ou une tête de Jupiter ou bien les Dioscures, et sur le revers un chariot traîné par deux, ou quatre chevaux. De cette dernière circonstance ils tirèrent les noms de nummi bigati ou de nummi quadrigati. Les uns et les autres avaient quelquefois leurs bonis dentelés et découpés en dents de scie régulièrement espacées, comme le listel qui porte en sculpture le nom de dent de scie. 11 est probable que cette dentelure ne fut pas faite dans un but d'ornement, mais pour montrer que les pièces étaient bien tout entières d'arçent, et non pas simplement ptaquées. C'est a cette sorte de pièce entourée de dents de scie qu'on donna le nom de serrata. Tacite parle des nummi serrati comme d'une antique monnaie (Germania, V); il dit que les Germains recherchent les pièces anciennes et depuis longtemps connues, celles a dents de soie et celles ii deux chevaux : Pecuniam vrobant veterem et diu notam, serrâtes bigatosque.
SERRATI s. m. pi. (sèr-ra-ti — nom lat. signif. dentés en scie). Ornith. Famille d'oiseaux grimpeurs, caractérisée surtout par im bec dentelé, et comprenant les genres ramphaste, pogonias, musophage, etc.
SERRATICORNE adj. (sèr-ra-ti-kor-ne — du lat. serra, scie, et de corne). Emom. Qui a les antennes en forme de scie.
SERRAT1FOLIÉ, ÉE adj. (sèr-ra-ti-fo-li-é • — du lat. serra, scie ; folium, feuille). Bot. Qui a des feuilles en forme de scie.
SERRAT1FORME adj. (sè-ra-ti-for-me — du lat. serra, scie, et de forme). Hist. nat. Qui est en forme de scie.
SERRAT1LE adj. (sèr-ra-ti-le — du lat.
serra, scie). Hist. nat. En forme de scie.
— Méd. Se dit du pouls lorsque les doigts, appliqués sur une cerLaine étendue de l%rtère, sentent en même temps sur divers points des pulsations isolées les unes des autres.
EERBATISTIPOLÉ, ÉE adj. (sèr-ra-ti-stipu-le — du lat. serra, scie, et do stipulé). Bot. Qui a des stipules dentelées en scie.
SERRATULE s. f. (sèr-ra-tu-le — dimin. du lat. serratus, dentelé en scie). Bot. Genre de plantes, de la famille des Composées, tribu des carduacées, comprenant environ vingt-cinq espèces, qui croissent en Europe et dans l'Asie moyenne : La serratulb tinctoriale figurait autrefois dans les catalogues de plantes officinales à titre de vulnéraire et détersive. (P. Duchartre.) La serratule a longtemps joui d'une bonne réputation. (T. de Berneaud.)
— Encycl. Les serratules ou sarreltes sont des plantes herbacées, peu ou point épineuses, à fleurs généralement purpurines, groupées en capitules terminaux. Parmi les espèces assez nombreuses de ce genre, il en est deux qui méritent une mention particulière. La serralule des teinturiers est une belle plante, dont la tige droite, cannelée, rameuse au sommet, atteint la hauteur d'un mètre; elle porte des feuilles glabres, ovales, dentées-mucronées ou pennatiséquées; ses capitules purpurins sont très-nombreux, petits et oblongs. Elle est assez commune en Europe, croît surtout dans les bois argileux et fleurit en été. Tous les bestiaux, à l'exception des vaches, la broutent quand elle est jeune. On l'a jadis employée en médecine comme astringente, détersive et vulnéraire ; on l'a vantée contre les blessures, les contusions, les hernies. Aujourd'hui, elle n'est guère connue que comme plante tinctoriale; ses tiges et ses feuilles fournissent une couleur d'un jaune verdàtre très-solide, qu'on ilxe au moyen de l'alun et qui, associée à l'indigo, donne un beau vert de Saxe pour les laines. On l'a cultivée autrefois avec profit, mais cette culture a bien perdu de son importunée, par suite de l'abondance de la plante à l'état sauvage et surtout de l'emploi toujours croissant de la gaude, qui, coupée avant sa maturité, fournit la même nuance. La sarrette des champs est unegrtuide plante vivace qui croit de préférence dans les terres grasses et humides; elle produit des galles qui peuvent servir à la nourriture de l'homme et des animaux. C'est une plante très-nuisible aux cultures; on l'appelle aussi chardon des champs ou hémorroïdal, ou simplement chardon.
SERRATULE, ÉE adj. (sér-ra-tu-lé — rad.
serralule). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte à la serratule.
— s. f. pi. Section de la tribu des carduacées, dans ta famille des composées, ayant pour type le genre serratule.
SERRAVALLE -DI-CIIIENTI, bourg du
SERR
royaume d'Italie, province de Macerata, district et mandement de Camerino; 2,715 bab.
SERRAVALLE - PISTOIESE , bourg du royaume d'Italie, province de Florence, district et mandement de Pistoie ; 5,049 hab.
SERRAVALLE SCRIVIA, bourgdu royaume d'Italie, province d'Alexandrie, district et au S.-E. de Novi, sur la rive gauche de laScrivia, ch.-l. de mandement; 3,045 hab.
SERRAVALLE - THEVISANO , ville du royaume d'Italie, province et à 47 kilom. N. de Trévise, district de Ccneda, ch.-l. de mandement; 5,714 hab. Collège militaire; manufactures de laine et de soie; commerce très-actif avec l'Allemagne en vin, blé et miel. Ancienne cathédrale.
SERRE s. f. (sè-re — rad. serrer). Action de serrer ; de soumettre à une pression : Donner vue serre ; donner une première, une seconde serre au raisin, aux pommes, au papier.
— Pied des oiseaux de proie : La serre d'un aigle. La SERRE d'un vautour, d'un milan. Les oiseaux carnassiers saisissent leur proie avec leurs serres. (Buff.)
Mais la pauvrette svait compté Sans l'autour aux serres cruelles.
La Fontaine.
Il Pied d'un animal carnassier :
... .11 s'approchait de bien près, Te retournant avec sa serre.
La Fontaine.
— Loc. fam. Avoir ta serre bonne, Avoir le poignet fort, serrer fortement les objets que l'on tient avec la main. || Fig. Etre rapace, avare, donner malaisément, et aussi Avoir la critique vive, acérée : Lingitet k quelquefois i.a serrb assez forte. (Volt.)
— Mar. Madrier du vaigrage plus épais que les autres et servant à relier les membrures diins l'intérieur du bâtiment, il Chacune des pièces de bois qui, serrées au pied d'un mât, servent à l'affermir.
— Pêche. Chambre de la bourdigue qui sert de décharge quand il y a un grand nombre de poissons.
— Teehn, Presse dont les fondeurs se servent pour serrer l'une contre l'autre les deux parties d'un moule, il Coin employé pour retenir en place un châssis, il Petit cadre qui s'enchâsse dans les inouïes où l'on jette les matières d'or et d'argent.
— Hortic. Bâtiment où l'on conserve les végétaux trop délicats pour pouvoir rester constamment en plein air, et ceux dont on veut activer le développement par une température artificielle : un jardinier soigneux visite tous tes jours sa serre plutôt deux fois qu'une. (Nolin.) L'exposition d'une serre doit être entre l'est et te sud. (Bosc.) Le jardin le plus ordinaire renferme aujourd'hui des fleurs splendides que les serres royales possédaient seules autrefois. (Renan.) il Serre cMuoise, Sorte de fosse vitrée dans laquelle on élève des plantes, il Serre froide, Celle dans laquelle on n'élève la température par aucun moyen artificiel. Il Serre tempérée, Celle qu'on ne chauffe que pendant les plus grands froids, u Serre chaude, Celle où l'on maintient toujours une température trèsélevée. Fig. Ensemble de moyens artificiels produisant un résultat fictif, contre nature : Une éducation en serre chaude. Tout ce qui a besoin de serre chaude pour porter des fruits coûte cher et dure peu. (K. de Gir.) La statuaire, fruit naturel des civilisations, n'est à l'époque moderne qu'une plante de serre chaude. (Th. Gaut.)
— Ecou. domest. Serre à légumes, Pièce dans laquelle on conserve les légumes secs.
— Encycl. Hortic, Les conquêtes des Portugais aux Indes orientales et la découverte d'un nouveau monde révélèrent aux botanistes européens toute une végétation nouvelle. Ces plantes rares et précieuses qui leur étaient envoyées des régions intertropicales ne pouvaient être cultivées à l'air libre. Telle paraît être l'origine moderne des serres. Suivant une tradition contestable, la première serre aurait été construite dans le jardin botanique de l'université de Padoue. Quoi qu'il en soit, dès 1» commencement du xvie siècle, on possédait en Belgique et en Hollande un nombre considérable de serres abritant les plus belles plantes des deux hémisphères. Ces deux pays n'ont jamais cessé d'être ceux où l'on rencontre les serres les plus nombreuses, les plus vastes et les mieux tenues. Les serres, au point de vue pratique, sont classées en quatre divisions principales : orangeries, serres froides, serres tempérées, serres chaudes. Cette dernière, division admet elle-même quatre subdivisions ; serres chaudes sèches, serres chaudes humides, serres à forcer, aquariums. L'orangerie a précédé tous les autres genres de serres. Longtemps avant que les serres proprement dites fussent devenues d'un usage universel dans tous les pays de l'Europe centrale, les rois, les princes et les gens opulents recherchaient avec passion les orangers, pour l'hivernage desquels ils élevaient près de leurs châteaux de somptueuses constructions. L'orangerie, couverte comme un bâtiment destiné à être habité, doit être percée, seulementdu côté duinidi, de grandes fenêtres très-rsipproehées les unes des autres. On rentre diins ces bâtiments les lau-
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riers, les orangers, les grenndiers. Il fait toujours assez chaud dans une orangerie quand il n'y gèle pas. La chaleur, en hiver, serait aussi nuisible aux piantes et arbustes d'orangerie qu'elle est nécessaire aux plantes de serre chaude ou tempérée; elle les ferait entrer à contre-temps en végétation ; elle provoquerait l'émission intempestive de pousses étiolées et compromettrait même l'existence des plantes. Les plantes et arbustes, sous le climat de Paris, sont sortis des orangeries du 10 au 15 mai et rentrés du 10 au 15 octobre.
La serre froide ne reçoit, comme l'orangerie, de chaleur que juste ce qu'il en faut pour éloigner la gelée. C'est une construction dont la maçonnerie ne s'élève pas au delà de BU'.SO au-dessus du niveau du sol, tout ce qui dépasse cette hauteur est de fer, de bois ou de verre. Quand la serre froide est adossée à un mur à l'exposition du plein midi, on la cunstri.it à un seul versant ; dans le cas contraire, elle a deux versants, formant une sorte de cage isolée, comme toute autre serre; on lui donne aussi assez souvent la l'orme bombée. La serre froide diffère de l'orangerie, seulement en un point : dans l'orangerie les plantes, durant l'hivernage, reçoivent la lumière suivant une direction unique, parles fenêtres de la façade ; dans la serre froide, dont le toit est un vitrage, la lumière leur arrive de tous les côtés. Il en résulte qu'à dépense égale la construction d'une serre froide permet à l'amateur d'horticulture de cultiver un nombre considérable d'espèces et de variétés de plantes qui, faute de lumière, ne pourraient hiverner dans l'orangerie. On comprend pourquoi, de nos jours, l'orangerie est à peu près partout remplacée par la serre froide. Les avantages évidents de la serre froide ont fait naître l'idée de convertir tout un jardin en serre froide en le couvrant d'un vitrage. C'est ce qui existait à Paris au Jardin d'hiver et dans plusieurs autres endroits.
La serre tempérée peut être construite à un ou deux venants, de forme bombée ou de toute autre forme, selon les circonstances locales. La température, de 15° ù 20° le jour et de 120 à 15° la nuit, entretenue dans la serre tempérée permet d'y cultiver un assortiment très- varié de plantes intertropicales; aussi ce genre de serre est-il généralement adopté soit par l'horticulteur marchand, soit par le riche amateur. Quelle que soit sa forme, la serre tempérée est toujours précédée d'un vestibule viiré servant, d'antichambre, afin que l'air extérieur ne soit jamais introduit directement dans l'intérieur de la serre. Comme il n'y régne jamais une chaleur excessive, on peut la visiter et y séjourner en toute saison. Deux conditions très-essentielles à la santé des plantes dans une serre tempérée sont le renouvellement de l'air et l'arrosage. Afin de donner aux plantes l'air pur dont elles- ne peuvent se passer, des tuyaux communiquant avec le dehors sont établis dans le bas et disposés de manière à se trouver en contact avec les tuyaux de chaleur par lesquels la serre est chauffée. L'air, quelque froid qu'il fasse au dehors, n'est mis en contact avec les plantes qu'après avoir pris, par son passage le long des tuyaux de chaleur, une température égale ou supérieure à celle de l'atmosphère de la serre. Les plantes qui habitent la serre tempérée veulent être plus ou moins arrosées en toute saison, parce que chez la plupart d'entre elles la végétation ne sommeille jamais. L'eau doit préalablement avoir été amenée à la température de la serre. A cet effet, un réservoir de pierre est placé au centre de la serre, autant que possible, et on l'utilise à la culture de quelques plantes aquatiques. On a soin que l'eau du ce bassin y séjourne assez longtemps pour être à la température ambiante. Il faut placer dans ce réservoir quelques poissons rouges, qui sont destinés à manger les animalcules qui se forment nécessairement lorsque l'eau séjourne quelque temps dans une serre; c'est le moyen d'éviter la corruption de l'eau. La serre tempérée est, de nos jours, l'accessoire de toute maison de campagne. Quand les dispositions locales le permettent, on construit lu. serre a, la suite d'une des ailes de la maison, de plainpied avec un salon du rez-de-chaussée.
La serre chaude, d'un usage plus restreint que les précédentes, est destinée à certaines familles de plantes d'ornement, spécialement aux palmiers, aux cycladées, aux broméliacées, etc. Souvent elle fait partie d'une seule et même construction avec la serre tempérée ; une cloison vitrée sépare les deux serres, auxquelles la chaleur est distribuée à des degrés nivers, Selon le besoin des végétaux que l'on y cultive. Dans la serre chaude, la température doit être constamment maintenue entre 25° et 30<>; ou la nomme serre chaude sèche quand son atmosphère ne doit pas être artificiellement chargée d'humidité. La serre chaude humide, dont la construction et la disposition ne différent pas de la .sen-e chaude sèche, est .spécialement destinée aux plantes de la famille des orchidées et des epiphyies. Pour les cultiver avec succès dans la serre chaude, il faut les attacher avec des fils de plomb sur des morceaux de bois où elles ne tardent pas à s'accrocher par leurs racines entourées de mousse. De fréquentes aspersions d'eau amenée dans le réservoir de la serre, à la température voulue, funi régner à la fois dans la serre une atmo-
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sphère très-ch;iude et très-humide, malsaine pour les gens, nmis nécessaire pour les orchidées. La serre à forcer est une serre chaude dans laquelle on se propose d'obtenir, avec le secours de la chaleur artificielle, des fruits et des fleurs en dehors des époques de floraison et de fructification à l'air libre. Des pêchers et des abricotiers tapissent en général le fond du mur de la serre à forcer, qui n'n, ordinairement, qu'un seul versant. On met sur des étagères, dans des pots, des arbres fruitiers nains et des fleurs de toutes sortes.
L'aquarium est une modification de la serre chaude, introduite en France depuis quelques années seulement. C'est un bassin carré ou circulaire recouvert d'une construction vitrée sur toutes ses faces et chauffé à la température de la serre chaude, afin que l'on puisse cultiver des plantes aquatiques des contrées les plus chaudes du globe. Les premiers aquariums ont été construits en Angleterre et en Belgique pour une seule plante, la Victoria reginu, espèce de nvmphœa do dimensions Colossales, dont les feuilles ont près de l mètre de diamètre. Dans les pays du Nord et principalement en Russie, on u construit des serres de dimensions colossales ; mais la culture des plantes tropicales y est en général défectueuse et bien éloignée de la perfection à laquelle on est parvenu en Angleterre, en France et en Hollande.
Les serres doivent être établies sur un terrain aussi sec que possible, être abritées contre les vents du nord et aérées du côté du midi. On fait usage, pour les chauffer, de plusieurs systèmes, parmi lesquels on peut citer ceux à eau chaude et à air chaud. On les construisait autrefois en pierre et en bois ; mais depuis les nombreux progrès réalisés dans la fabrication des fers du commerce, on les établit entièrement en fer et on leur donne des formes qui en font de véritables chefs-d'œuvre d'architecture ; tantôt elles sont composées de simples bandes de métal courbées et cintrées, encastrées dans un soubassement en maçonnerie ; tantôt elles sont montées sur des colonnes en foute ornée, d'une légèreté incomparable. Elles présentent, en général, une grande hardiesse d'exécution et on y rencontre toutes les intersections des arcs employés par le grand art.
Les serres sont de toutes les constructions celles où le fer est le plus convenablement employé; car, de tous les m.itériaux propres à bâtir, c'est celui qui, présentant le plus de force, est utilisé sous le moindre volume ; il en résulte qu'il intercepte moins les rayons du soleil et que, par conséquent, il remplit mieux que les autres le but que l'on se propose dans ces constructions. On y emploie les fers à T, à vitrage, et les fers rustiques, tant pour l'ossature de l'ensemble que pour la confection des châssis extérieurs, à l'aide desquels on donne de l'air dans l'intérieur quand le temps le permet. Ces châssis sont mobiles autour de pitons-pattes et sont mis en mouvement à laide de crémaillères que l'on accroche k l'intérieur de la serre après des crochets fixés sut- la ceinture de retombée des châssis. Sur le sommet des serres, on ménage un chemin ou pont sur lequel on peut marcher lorsqu'il est nécessaire de faire des réparations, de remplacer des vitres, de nettoyer ou encore de poser des claies et des paillassons. Comme disposition intérieure, une serre renferme toujours : 1° une bâche fixée contre le soubassement et supportée par des consoles en fer; c'est sous cette caisse que l'on fait passer les tuyaux calorifères ; 2° une étagère placée au milieu de l'espace couvert et formée de gradins dans tous les sens pour placer tous les pots de fleurs à conserver. Les autres dispositions dépendent du but que l'on se propose et des plantes que l'on doit y soigner et y préparer. Les systèmes de chauffage, dont le nombre est très-considérable, reposent toujours, soit sur le mode appelé ù haute pression, du à Perkins, soit sur celui dit à basse ou moyenne pression, mis en pratique par M, Léon Duvoir. Lorsque les capacités à échauffer sont très-grandes ou quand on veut obtenir des températures très-élcvées, on dispose des espèces de poêles, formés d'une série de tubes verticaux ou en serpentin, avec lesquels on fait communiquer les tubes de circulation, de manière à prolonger le circuit. On augmente de cette façon la surface de chauffe, ou de contact avec l'air, et on utilise mieux, par suite, toute la chaleur dégagée par le calorifère. La température à maintenir dans les serres varie avec les plantes qu'elles renferment; pour les arbustes, comme des orangers, des lauriers, des grenadiers, 5<>, 6" ou 8° centigrades suffisent dans les temps les plus froids ; mais pour des fleurs, de -jeunes plantes ou des primeurs, il convient de maintenir souvent une température de 12° à 15» et plus. Parmi les serres les plus remarquables, tant parleur exécution que par leurs dimensions, on peut citer celles du Jardin des plantes de Paris, construites sous la direction de M. Rohault fils, architecte du Muséum; du Jardin d acclimatation du bois de Boulogne, près de Paris ; des Muséums de Rouen et du Bordeaux ; de M. de Rothschild, à Pregny (Suisse) ; du docteur Lleweiyn, à Penllergore (pays de Galles); la plus vaste est celle du duc de Devonshire, à Chatworth, en Angleterre; elle couvre à peu près un espace de 2 hectares, ayant la forme d'un carré long.
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SERRE, bourg du royaume d'Italie, province de la Principauté Citêrieure, district de Campagna, mandement do Postiglione; 2,800 hab.
SERRE (Pierre), martyr protestant français, né à Lez (Guyenne), mort en 155-1. Il était prêtre caiholique lorsqu'il se convertit au protestantisme et se retira a Genève, où il se lit corilonnier pour gagner sa vie. Le désir de convertir son frère le ramena en France en 1553; mais il tomba entre les mains de l'inquisiteur de la foi. Condamné à avoir la langue coupée et & être brûlé vif, il en appela au parlement de Toulouse , qui confirma la sentence prononcée. Il marcha au supplice avec fermeté, refusant de demander pardon, disait-il, aune idole de pierre (la statue de la Vierge qu'on lui présentait).
SERBE (Michel), peintre, né de parents français à Tarragone (Espagne) en 1658, mort à Marseille en 1733. A l'âge de huit ans, il s'enfuit de la maison paternelle et gaj."na Marseille. Il resta deux ans dans cette ville, puis se rendit à Rome, où il étudia pendant sept ans. Revenu à Marseille, il peignit, entre autres tableaux, le Martyre de saint Pierre (aujourd'hui au musée de Marseille) et envoya un tableau, représentant Bacchus et Ariane (aujourd'hui au musée de Caen) à l'Académie de Paris, qui admit ce peintre au nombre de ses membres en 1704.
lin 1720, Serre peignit les Scènes de la peste de Marseille, dont il venait d'être le témoin. Le fils de l'artiste .vendit ce tableau à l'insu de son père à la foire de Saint-Germain. Ce fuit attira à l'artiste beaucoup de désagrément. L'Académie l'exclut de son sein en 1733 et ne consentit à lui rendre son siège que lorsqu'il eut prouvé qu'il n'était pas coupable de cette vente considérée comme scandaleuse. M. P. de Chennevières a consacré une notice à Serra dans son tome II des Artistes provinciaux (Paris, 1850, in-8°).
SERRE (Jean -Louis-Ignace de La), sisur de LaNGLADK, pofiie dramatique, né à Cuhors en 1662, mort en 1756. Il vint à Paris, où il perdit uu jeu en quelques années 25,000 livres de rente. Pressé par le besoin, il se lit poète et composa un grand nombre d'œuvres dramatiques médiocres. Il a l'ait représenter à l'Opéra les pièces suivantes : Polyxène et Pyrrhus (1706); Diomêde (1710); Polydore (1720); Pirithoùs (1723); Pyrame et Thisbé (1726); Tarais et Zélie (\lîi)\ la Pastorale héroïque (1730); Scander-Beg, avec de La Motte, et Nitetis (1741); au Théâtre Français, Artaxares, tragédie (1718). La Serre est encore l'auteur de Bipalque, prince scytke, histoire merveilleuse (Pans, 1727, in- 12) et des Mémoires pour servir à l'histoire de Molière et de ses oituray , insérés dans les Œuvres de Molière (173i, in-4«). La Serre a aussi contribué à la rédaction de la Comtesse de Gondez, roman de Ml'o Lussan, sa maltresse. On dit qu'il s'est peint lui-même dans ce roman sous le nom de Catemane.
SERRE (Alexis-Jacques de) , comte de Saint-Roman, homme politique français, né en 1770, mort en 1843. Il é nigra pendant la Révolution et servit pendant quelque temps dans les armées de Condé. Il déploya plus de patriotisme sous l'Empire , commanda une cohorte en 1809, fut nommé en 1813 chef de bataillon de la garde nationale et concourut l'année suivante à la défense de la capitale. Sous la Restauration, il fut, à la Chambre des pairs, où il siégea jusqu'en 1830, un des membres du parti royaliste. Il a écrit plusieurs ouvrages dramatiques, politiques et philosophiques.
SE HUE (Pierre-François-Hercule, comte dk), homme d'Etat français, né à Pagny-sur- Moselle, près de Pont-a-Mousson,le 12 mars 1776, mort, à Casteilamare le £1 juillet 1824. Il appartenait à une famille qui avait quitté le Comtut-Venaissiii pour s'établir en Lorraine et il était fils d'un officier de cavalerie. Hercule de Serre, qui se destinait à la carrière des armes, venait d'entrer à l'école d'artillerie de Châlons-sur-Marne, lorsqu'il, émigra et alla servir à l'année de Comté. De retour en France en 1802, il fit ses études de droit et alla exercer la profession d'avocat à Metz, où il ne tarda pas à se l'aire remarquer par son éloquence. Nommé avocat général à Metz en février 161 1, il fut envoyé quelques mois plus tard, en qualité de premier président de la cour d'appel, à Hambourg, où il resta jusqu'à la fin ue l'Empire. Au debut de la Restauration, de Serre fut envoyé au même titre a Colmar. Lorsqu'il apprit, eu 1815, le retour de Bunaparte, il fit renouveler a la cour de Colmar le serment qu'elle avait prêté à Louis XVIII et continua à rendre la justice au nom de ce prince jusqu'au moment où, l'autorité de Bonaparte ayant été reconnue, il descendit de son siège. Pendant les Cent-Jours, il ne suivit point Louis XV1JI à Gand , comme ou l'a dit a tort-, il se borna à vivre dans la retraite. Au début de la seconde Restauration, de Serre fut réintégré dans ses fonctions et nommé presque aussitôt dans le Haut-Khîu membre de la Chambre des députés. Très-attaché à la monarchie, mais ayant été amené par le spectacle ineine que donnait le despotisme impérial a comprendre la nécessité d'un gouvernement constitutionnel et libéral, de Serre lit partie de la minorité dans la Chambre introuvable, se lia à cette époque avec Royer-Coilard , C'a-
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mille Jordan et autres membres de l'op-
Eosition, s'opposa & la loi qui violait la fierté individuelle, à celle qui réprimait d'une façon draconienne les cris séditieux, demanda qu'on restreignît les pouvoirs de l'odieuse juridiction des cours prèvôtales, défendit Masséna, dont on demandait la mise en accusation, et se prononça contre la restitution au clergé des biens qui n'avaient pas été vendus (22 avril 1816). Rappelé à l'ordre à cette occasion, il s'écria : < Je réclame la liberté de la discussion, cette liberté qui a été souvent violée et détruite dans cette enceinte.» Nommé en 1S16 président du collège électoral du Haut-Rhin, il fut réélu député et. siégea dans ies rangs de la nouvelle majorité qui le choisit pour présider la Chambre en janvier 1817, en remplacement de M. Pasquier, nommé ministre de la justice. Ne se trouvant plus en présence d'une majorité ultra-réactionnaire, de Serre se fit le défenseur des idées autoritaires. Pour amoindrir l'influence démocratique dans l'électorat direct, il proposa d'établir dans chaque département un collège des villes et mi collège des campagnes , approuva la prolongation temporaire de la Joi qui suspendait la liberté individuelle et proposa de modifier le règlement de la Chambre daus un sens coercuif. A la fin de 181S, il fut remplacé au fauteuil présidentiel par M.Ravez et nommé, le 30 décembre de la même année, garde des sceaux dans le ministère Decazes. Le 22 mars de l'année suivante, à l'occasion de la loi électorale, il prononça un éloquent discours, dans lequel il flétrit les crimes des ultra-royalistes et la Terreur blanche au début de la seconde Restauration. Dans la même session, il présenta sur la presse trois projets de loi, dont l'ensemble forma ia législation la plus libérale qui eût jamais existé sur la matière sous le gouvernement monarchique. Les 'principales buses de cette législation nouvelle étaient l'abolition de toute censure préalable, la compétence du jury, même pour les délits correctionnels, et l'admission de 1» preuve testimoniale contre les fonctionnaires. De Serre fit preuve dans la défense de ces projets d'une remarquable éloquence. Dans le cours de la discussion, le 19 avril, un passage d'un de ses discours produisit une vive-, .sensation : • On ne saurait le mer, disuil-i), dans nos premières assemblées délibérantes, la majorité fut presque toujours saine. — Quoil même la Convention, s'écria M. de La BoudonDaye. — Oui, monsieur, repondit de Serre, même la Convention, jusqu'à un certain poiut, si elle n'avait pas voté sous les poignards. » Les royalistes s'emparèrent du ces paroles pour répéter a satiété dans leurs journaux que de Serre avait l'ait l'apologie de la Convention. En ce moment, l'opposition libérale accablait, au contraire, le ministre de la justice de ses éloges. Mais ce beau moment de la carrière de de Serre fut de courte durée. Bientôt il parut prendre à tâche de s'aliéner les libéraux pour regagner les sympathies des ultra-royalistes, qui, du reste, ne lui en surent aucun gré. Lors de lu discussion qui eut lieu au sujet d'une pétition demandant le rappel des bannis (17 mai 1819), de Serre prononça ces paroles : • Les individus temporairement exilés peuvent espérer revoir le sol de la patrie; quant aux régicides, jamais l » Ces paroles produisirent une telle sensation que le cabinet crut devoir faire suivre dans le Moniteur le mot jamais par ces mots : « Sauf la tolérance accordée par la clémence du roi à l'âge et aux infirmités. > Le 20 novembre suivant, M. Decazes ayant élaboré un projet de loi électoral dans un sens réactionnaire pour calmer ies craintes de la cour, une partie du cabinet donna sa démission. De Serre n'imita point cet exemple honorable et conserva son portefeuille dans le cabinet formé par le duc de Richelieu après la mort du duc de Berry (13 février 1820). Gravetneut atteint a. celte époque par. une maladie de poitrine qui devait l'emporter, il alla passer quelque temps à Nice, d où il revint pour détendre devant lu Chambre la nouvelle loi électorale présentée le 17 avril 1820. 11 se jeta alors a corps perdu dans la reaction, rompit violemment avec les doctrinaires, ses anciens amis, exclut du conseil d'Etat Royer-Collard,Guizot, Jordan, de Barante, révoqua des magistrats pour avoir conserve l'indépendance ue leurs opinions politiques, essaya par des circulaires d'influencer l'impartialité des tribunaux, conçut l'idée chimérique de reconstituer une aristocratie nouvelle, employa tous ses efforts à favoriser l'érectiou de majorats, lit composer la liste des jurés pour les affaires politiques sur des notes de police et favorisa de tout son pouvoir, lors des élections de 1821, le retour à la Chambre des hommes ayant appartenu à la détestable majorité ue 1815. En une année, de Serre avait renié tout sou passé, jeté au vent ses opinions libérales, et s il avait obtenu, en éciiaugo de sa pitoyable palinodie, le cordon bieu et le titre de comte (1820), il était tombé en revanche, comme homme politique, dans un juste et irlènièuiaule discrédit. La première chose que firent les ultra-royalistes, ce fut de le jeter à bas du pouvoir, de ce pouvoir auquel u avait tout sacrifié, et il l'ut remplacé, comme garde des sceaux, par M. Peyrontiel le 15 décembre J821. De Serre, à qui Louis XVIII donna alors le titre de ministre d'Etat, continua -a siéger a la Chambre comme simple député
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sur les bancs du centre droit. Il prit peu après la parole pour défendre le jury en matière de presse, et le ministère, qui tenait à s'en débarrasser, l'envoya en qualité d'ambassadeur à Naples (9 janvier 1822), où il passa les deux dernières années de sa vie. En 1854, il ne put parvenir à se faire réélire député. Quelques mois plus tard, il mourut, près de Naples, de la maladie dont il était atteint depuis plusieurs années. 11 avait épousé une jeune femme remarquable par sa beauté, la fille du baron Huart, à laquelle Charles X fit une pension de 15,000 francs. Le comte de Serre avait tenu un rang distingué parmi les orateurs politiques les plus remarquables de la Restauration.
SERRE (Jean-Jacques-Joseph) , médecin dentiste, mort à Berlin, où il avait longtemps pratiqué son art, en 1830. Il s'est attaché dans son principal ouvrage à prouver que la plupart des maladies du sinus maxillaire dépendent de lésions antérieures des dents et des alvéoles. Ses ouvrages ont été accueillis d'une manière favorable, bieu qu'ils ne contiennent rien de neuf. Ils ont pour titre : Gesckichteoder Abhandlvng der Zahnschmarzen des sc/iœnen Geschlechts in titrer Scltwangerschaft (Vienne, 1788, in-S») ; Abhandlmig iiber die Flùsse und Enl-ùn dungen, von deuen die Gesckwûlste oder ZahnfleischyeschwSre Herr&hreu (Vienne, 1791, in -8»); Tggliche Vorsicktsmaasregeln , die Zœhne und das Zahnfleisch stets rein und gesund zu kalten (Berlin, 1812).
SERRE (Jean Puget de La), littérateur français, V. La Serre.
SERRE (Jean- Antoine db La), littérateur français. V. La Serre.
SERRÉ, ÉE adj. (sè-ré — du lat. serra, scie). Hist. nat. Dentelé en scie : Feuilles