SERRÉES
SERRÉ, ÉE (sè-ré) part, passé du v. Serrer. Eireint, pressé : Un nœud fortement serbe, Nestor tenait serré entre ses bras le corps de son fils; il remplissait l'air de ses cris. (Fén.)
— Qui est joint, mis près à près: Etre serre l'un contre l'autre, SERRÉS les uns contre les autres. Ces montagnes ne sont pas tellement serrées qu'elles ne présentent des intervalles par où l'ail va chercher d'autres perspectives. (Chateaub.) Ici , c'est un groupe d'enfants serrés les uni contre les autres pour ne pas mourir de froid. (X. de Maistre.)
— Conservé dans un endroit fermé : Ces papiers sont serrés dans mon armoire.
— Qui serre, qui lie étroitement ; Un vêtement serré. Une ceinture, une cravate trop
SERRÉE
— Dont les parties constituantes sont trèsrapprochéesles unes des autres: Tissu serré. Toile serrée. Drap trés-SERRÉ. La pluie fine, pénétrante et serrée n'éteignait nullement la joie et le tumulte. (Th. Gaut.)
— Etroit : Un défilé long et skrré.
— Poursuivi : Etre serré de près par l'ennemi.
— Oppressé: Atfoir le cœur serré de douleur, de tristesse.
Sous la main du trépas, mon cœur serré frissonne.
Lam&rttob.
— Fig. Précis, concis : Logique serrée. Raisonnement serré. Style skrue. La diction serrée de Saliuste et de Tacite est bien différente de celle de Cicéron. (Laharpe.) Chez Horace, l'expression est vive , concise et serrée, et polie 'usqu'à l'éclat. (Ste-Beuve.)
— Para. Avare : Le seigneur Harpagon est le mortel de tous les mortels le plus dur et le plus SliRRÉ. (Mol.)
— Auoi'r le ventre serré, Etre constipé, aller difficilement à la garde-robe.
— Avoir le gosier serré, Ne pouvoir parler, k cause de la forte émotion qu'on éprouve.
— Jeux. Jeu serré, Au trictrac, Jeu qui n'est pas étendu, et où l'on ne Se découvre pas. 11 Jeu quelconque où l'on évite les coups hardis qui donneraient quelque avantage à l'adversaire en cas d'insuccès.
— Manège. Cheval serré du devant, du derrière, Cheval étroit du devant, du derrière,
— Véner, Se dit de la tête du cerf, quand les perches en sont très-rapprochées.
— Pathol. Pouls serré, Pouls dont l'artère est tendue, dure, plutôt petite que développée.
— Adverbial.Vivement, fortement: Il a gelé bien serré. Le taguan mord assez serré, quoique ses dents soient fort petites. (Butt.)
— Jouer serré, Ne jouer qu'à beau jeu, ne pas se hasarder. Il Agir avec réserve, avec prudence : Prenez garde, vous avez affaire à un homme qui joue SERRÉ.
— Loc. fam. Mentirserré, Mentir effrontément, impudemment, sans hésiter, sans se couper.
SERRÉ DE RIECX (J.de), littérateur français du xvine siècle. Il était conseiller au parlement et a t'ait paraître une Epitre sur ta musique; lu. Nouvelle citasse au cerf, divertissement, et les poèmes anonymes suivants : la Musique (Amsterdam, 1714, in-12; Lyon, '717, iu-4i>; La Haye, 1737, iu-12), réédité en 1812 par Cubières de Palmezeaux comme étant de Gresset; Apollon ou l'Orioi.'ie des spectacles en musique (Paris, 1733, iu-s<>,avec
SERR
fig.) ; les Dons des enfants de Latone, la musique et la chasse au cerf (Paris, 1733, in-8°, avec fig. et musique gravée ; nouvelle édition augmentée, 1734). Serré de Rieux a publié, en outre, les Désespérés, histoire héroïque, traduit de l'italien de J.-A. Marini (Paris, 1732, 2 vol. in-12), et Maximes et réflexions morales, en prose , avec une traduction uouvelle en vers de l'Essai sur l'homme de Pope, traduitde l'anglais (Londres [Paris], 1739, in- 8°). SERRE BAUQUIÈRE s. f. Mar. Serre établie immédiatement au-dessous de la bauquière.
SERRE-BOSSE s. m. Mar. Corde amarrée sur une bosse, pour augmenter sa tension. Il PI. serre-bosse.
SERRE-BOUCHON s. m. Appareil qui sert à maintenir en place le bouchon d'une bouteille contenant une boisson gazeuse, u PI. serre-bouchon.
SERRE -CISEAUX s. m. Techn. Outil que le coutelier serre dans l'étau, pour contenir les anneaux des ciseaux. Il PI. serre-ciseaux.
SERRE-COU s. m. Art vétér. Instrument dont on se sert pour comprimer lu jugulaire, après une*aignée pratiquée sur celle veine. Il PI. serre-cou.
SERRÉE s. f. (sè-ré). Techn. Outil de "saunier.
. SËRRE-FEU s. m. Techn. Morceau de fer dont on se sert pour retenir le feu auprès du creuset. l| PI. serre-feu.
SERRE-FILE s. ni. Art milit. Officier ou sous-officier placé derrière une troupe eu bataille, et sur une ligne parallèle au front : Se placer en serre -file, u PI. serre-files.
— Mar. Vaisseau qui, dans l'ordre de marche ou de bataille, marche à la suite de tous les autres.
— Adjectiv. : Officiers serre-files. Vaisseau serre-file. -
— Encycl. Art milit. L'expression serrefile est très-ancienne. Elle a été empruntée par l'infanterie à l'année do nier. Depuis Henri IV, ce terme, à la fois adjectif et substantif, a donné idée d'un rang de troupes ou d'un rung de militaires qui exerçaient uno surveillance sur la file dont ils étaient la queue. La décurie grecque possédait comme serre-file le cinquième et le dixième rang. Le manipula romain avait, au temps des empereurs, deux serre- files. Les serre-files primitifs de France étaient deshallebarniers ou de bas officiers. Dans la première moitié du xviiio siècle, il était d'usage , un jour d'action, de commander, comme officiers de serre-file, 3 capitaines, 3 lieutenants, 3 souslieutenants qui étaient aidés paT 4 sergents; ils se tenaient à quatre pas du dernier rang du batuiilou. Bientôt cessa l'usage d'employer transiioirement des officiers inférieurs pour serre-files. L'infanterie française ne se formant plus que sur quatre ou trois rangs, le mot serre-file n'a plus donné l'idée que d'une ligne de surveillants inoins nombreux que ies files. On ne plaçait en serre-file que le lieutenant derrière la division de droite, le fourrier derrière le demi-pelotou de gauche. De uosjours, les serre -files se tiennent à deux pas du troisième rang de la section, à vingt pas en avant du chef du bataillon et a. trente pas en avant du colonel. En colonne, les hommes d'encadrement de gauche, c'està-dire le sergent et le caporal, deviennent serre-files. Dans la marche par le liane, les serre- files se tiennent à la hauteur de lu file derrière laquelle ils se trouvaient en bataille et règlent leur alignement sur les serre-files qui marchent devant eux. L'alignement des serre-files se prend à droite et s'obtient au moyeu de jalonneurs tenant la crosse en l'air. On appelle peloton de serre-files une réunion de sergeiits qui forment quelquefois en route une arriere-garde et poussent las traiuards.
SERRE-FINE s. f. Chir. Petit instrument fait avec un ril métallique formant ressort, qui saisit et maintient en contact les lèvres u'une plaie, u Pi. sehres-finks.
— Ornith.Nora vulgaire ue la grosse charbonnière, espèce de mésange,
— Encycl- Chir. On appelle serre- fine , en chirurgie, un peut instrument invente paj Vidai ue Cassis, qui a pour effet de saisir le? lèvres d'une plaie et de les tenir en contact pendant un certain temps sans pénétrer dans la peau et la transpercer comme le font rei sutures. La serre-fine est une pince à pression constante, formée d'un fil d'argent enroulé, à sa partie moyenne, en une doubla spirale qui fait ressort a la manière des pinces à cigarette dont se servent les fumeurs. Chaque manche décrit ensuiie un S terminé par un crochet médiocrement aigu. En rapprochant ces deux S de manière à les croiser au milieu, on obtient un 8 et ies crochets se touchent. Si l'eu presse sur l'anneau inférieur, on écarte les crochets au degré que l'on veut pour embrasser 'les deux lèvres d'une piaie peu profonde, qu'ils rapprochent par l'effet du ressort de l'instrument. Le volume et la force de ces petites pinces varient suivant la nature des parties dont on veut obtenir la réunion. Les plus puissante!, dites de sûreté, ont une force qui leur permet d'embrasser avec la peau une certaine épaisseur de tissus. Le nombre qu'on eu emploie est en raison de l'étendue de la plaie ; elles sont généralement séparées le:
SERR
unes des autres par un intervalle de O^Oi à 0O",0î. Souvent, après dix heures de leur application, on peut les retirer; on ne doit que rarement les laisser appliquées plus de vingtquatre heures. Au bout de ce temps, elles exposent à la mortification les tissus qu'elles compriment. Le grand avantage des serrefines est de pouvoir assurer la réunion des lèvres d'une plaie sans entamer la peau avoisinante, comme font les agrafes, les crochets, ta griffe de Malgaigne et les sutures; aussi leur emploi s'est-il vulgarisé très-rapidement en chirurgie.
SERRE-FREIN s. m. Celui qui est chargé de serrer le frttin d'un train de chemin de fer. || pi. SERBE-FREIN.
SERRE GOUTTIÈRE s. f. Mar. Serre placée au-dessous de la fourrure de gouttière, pour concourir uu travail de cette ceinture, tl PI. serre-gouttière.
SERRE-JOINT s. m. Techn. Mot employé par quelques-uns pour désigner l'outil qu'on appelle vulgairement Sergent, et dont le nom passe pour être une corruption de serrejoint. Il PI. SERRE-JOINT.
SERREMENT s. m. (sè-re-man — ràd.wrer). Pression, action de serrer, état de ce qui est serré : Toute la force de la phalange consistait dans l'union étroite de ses parties, dans le skrkement de ses rangs. (Rollin.) Le plus grand bonheur que puisse donner l'amour, c'est le premier serrement de main d'une femme qu'on aime. (H. Beyle,)
— Serrement de cœur, Suite d'oppression causée par une émotion douloureuse : Les serrements de CŒUR ne sont pas tons quand on est vieux. (Mn"-' ae Sév.) Depuis votre lettre fatale, le serrement de cœur ne m'a pas quitté. (J.-J. Rouss.) La duchesse de Chevreuse est morte du serrement de cœur que son exil lui a causé. (M<ae ue Staël.) Je n'assiste pas à un baptême ou à un mariage sans sourire amèrement, ou sans éprouver un serrement de cœur. (Chateaub.)
— Min. Digue ou barrage que l'on établit dans l'intérieur des galeries de mine, soit pour s'isoler d'exploitations anciennes, soit pour s'opposer à l'irruption des eaux: Les serrements ont de grandes analogies avec les cuvelages, ils sont formés comme eux de pièces de bois contiyuës. (A. Burut.)
— Encycl. Min. Les serrements sont composés de pièces de bois parfaitement jointives, picotées comme les cuvelages.
Les serrements sont verticaux dans les galeries et horizontaux dans les puits. Dans une galerie, on commence par tailler la place du serrement, eii lui ménageant une portée sur le roc dans le sens de la poussée. On place alors horizontalement de fortes pièces de chêne les unes sur les autres. Entre le sol et la première on met une couche de mousse; on met de même de la mousse entre la dernière pièce en haut et le toit de la galerie . puis ou établit le serrage pur un picotage solide entre la dernière et l'avanc dernière pièce de bois. On fait alors le joint entre les deux parois verticales au moyen d'un pico- ■ tage et d'une lambourde. On calfate ensuite les joints horizontaux; on les recouvre de bandes de fer ou de planches clouées, et on arme le serrement contre la poussée des etiux au moyen d'un système de pièces de bois et de charpentes pour s'opposer à toute flexion des pièces de bois.
Pour empêcher l'eau de gêner les ouvriers, on établit, un peu en arrière de l'emplacement choisi pour le serrement, un léger monticule; les eaux, ainsi relevées, s'écoulent par un petit conduit ou canal en bois, qui traverse une des pièces de bojs percée à cet effet. En outre, utin de ménager une issue aux ouvriers qui travaillent à la partie postérieure, le serrement porte vers le milieu de sa hauteur une ouverture appelée trou d'homme, que l'on terme quand besoin est au moyen d'un tampon. L'une des pièces de l'avant-dernière assise est percée d'un trou longitudinal auquel est adapté un tuyau recourbe eu tôle destiné à l'évacuation de l'air ; lorsque l'eau commence à s'ccouler par cette ouverture, on la tamponne fortement. Les eaux s'accumulent alors contre le serrement, au sommet duquel un manomètre indique les vur.utions de pression et permet de juger s'il n'y a pas danger de rupture.
On augmente quelquefois la résistance des serrements en taillant les bois en voussoir. Ou fait aussi des serrements S|.hénques, construits comme une voûte sphéiique, avec uu voussuir creux en fonte au milieu pour servir de trou d'homme. Le joint sur les parois de la galerie tailleeen cône est fait au moyeu de toiies goudronnées.
Lorsqu on est obligé d'établir un serrement dans une galerie à grande section, on le fait de telle sorte que les deux parties soient d^sposeesaangle obtus pour se présenter comme les deux portes d'une écluse. C'est ce qu'on appelle un serrement busqué. Son établissement est coûteux. Lorsque la pression est trop forte derrière uu serrement, on le soulage en donnant uu écoulement partiel eu enlevant les tampons. Si le serrement faiblit, on en construit un plus solide en avant, puis on s'arrange de manière que les eaux arrivent peu à peu derrière celui-ci, qui malgré sa solidité pourrait être renverse par le choc violent des eaux lorsqu'elles afflueraient brus-