V. Huoo
— Qui appartient à l'état de serviteur, de domestique, de personnage à gages : Une condition servile ne favorise guère l'indépendance de ta pensée.
— Qui est digne d'un esclave, qui convient aux esclaves :
Est-il juste, après tout, qu'un conquérant s'abaisse Sous la servile loi de garder sa promesse?
Racine.
— Vil, bas, rampant: Une âme servile.
Une obéissance servile. Des flatteries serviles. Les hommes d'une imagination forte, comme Pascal, parlent avec une autorité despotique; les ignorants et les faibles écoutent avec une admiration servile ; tes bons esprits examinent. (Volt.) Napoléon aimait moins tes louanges vraies que tes flatteries serviles. (Mme' de Staël.) Les femmes sont en tous lieux les moins serviles des esclaves. (De Custine.) La crédulité n'est que la sërvilb complaisance d'un esprit faible. (Vinet.)
Il n'appartient qu'à de serviles âmes De trafiquer d'un ooaur. . . .
Reqnard.
— Qui suit trop étroitement l'original, le modèle : Traducteur servile. Imitateur servile des anciens. Traduction, imitation servile.
— Hist. rom. Guerre servile, Guerre des esclaves.
— Théol. Crainte servile, Crainte qui n'est tempérée par aucun sentiment d'amour. Se dit par opposition à crainte filiale : La crainte \ servile est la crainte des châtiments que Dieu réserve au péché. (Le P. Ventura.) Il Œuvres serviles, Certains travaux manuels qui étaient autrefois accomplis par les esclaves, et auxquels les lois de l'Eglise défendent de se livrer pendant les jours consacrés à un repos religieux.
— Gramm. Lettres serviles, Lettres qui entrent dans un mot sans appartenir proprement à ce mot, et seulement pour en modifier accidentellement le sens. Il Lettres hébraïques qui, avec le radical, forment les temps des verbes et les cas des noms,
— s, m. Hist. Membre des cortès espagnoles qui, en 1820, se montrèrent favorables a l'absolutisme.
SERVILEMENT adv. (sèr vi-le-man — rad.
servile). D'une manière servile, basse, rampante, digne d'un esclave, d'un valet : Faire servilement sa cour aux princes, aux ministres. Les peuples éclairés ne veulent plus servilement obéir. (Chateaub.) Qu'il est doux de les voir, dévorés d'amertume. S'ennuyer par état et ramper par coutume. Tomber servilement aux pieds des favoris, Des biens des malheureux mendier les débris Et, du vil intérêt, ministres et victimes, Perdre dans les revers le fruit de tant de crimes!
Bernis.
— D'une manière étroitement exacte : Traduire, imiter servilement. La politique, en France, consiste généralement à dire et à faire servilement te contraire de ce qu'on entend dire et de ce qu'on voit faire à ses adversaires. (E. de Qir.)
SERV1L1À (famille), maison patricienne de l'ancienne Rome. Il faut la distinguer d'une autre famille du même nom qui fut de la classe des plébéiens. Les Priscus et les Cœpio étaient les deux principales branches de la famille patricienne. Dès l'origine de la république, eu 259, les Prisons lui fournirent un consul. Quelques-uns d'entre eux ou une subdivision portèrent le surnom d'Abala ou Axiila, d'un défaut qu'un de leurs ancêtres avait dans la conformation des épaules. Après le ve siècle, ils disparaissent; mais peut-être ont-ils été les ancêtres des Cœpio, dont le premier fut consul en 501. La mère de-Marcus Brutus était de cette famille ; le frère do cette Servilie, n'ayant pas d'entant, adopta son neveu, qui prit alors les noms de Q. Ser-
j vilios Cœpio Brutus ; cependant l'usage prévalut de lui donner ses anciens noms. Avec
] lui les Servilius s'éteignirent.
SERVILIE, seconde femme de Lucullus.
Elle vivait au i« siècle avant J.-C, était fille de Q. Sevius Cépion et demi-sœur de Caton. Pendant que Lucullus, nommé consul, s'illustrait dans la guerre contre Mithridate, sa femme, violant la foi conjugale, outrageait à Roino et son nom et sa couche. Lucullus, informé à son retour de la conduite scandaleuse de Servilie, mais plein d'amour pour cette femme coupable, ne voulut point la répudier honteusement. Il se borna à divorcer avec elle en déchirant son contrat de mariage. Lucullus avait eu d'elle un fils qui suivit Brutus au champ de bataille de Phihppes, où il périt l'an 42 avant J.-C, à l'âge de vingt-deux ou vingt-trois ans.
SERVILIE, fille de Quintus Servilius, sœur utérine de Caton d'Utique. Elle vivait au ier siècle av. J.-C. Mariée à Junius Brutus, bientôt elle devint épeidument éprise de César, pour qui elle quitta son époux. Ce fut pour elle que, pendant son premier consulat, César acheta une perle qui lui coûta 10 millions de sesterces. D'après Suétone, pendant ia guerre civile, il lui fit adjuger de grandes
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propriétés qu'on vendait à l'encan. Comme on se récriait sur le marché, Cicéron dit plaisamment : « 11 est encore meilleur pour Servilie que vous ne croyez, car elle donne sa fille en déduction de compte. » Servilie était, en effet, soupçonnée d'avoir ménagé à César un commerce avec sa fille Tertia. On a prétendu que Marcus Brutus, qui fut un des assassins de César, était fté des amours de César même avec Servilie. Après la mort de Junius Brutus, son premier mari, Servilie épousa Decimus Junius Silanus, mais sans cesser pour cela d'être la maîtresse de César.
-SERVILIE. fille de Baréa Soranus, gouverneur de l Asie Mineure et femme d'Annius Pollion qui fut banni l'an 65 de J.-C, née l'un 45 de J.-C. Impliquée dans le procès de son père, Soranus, elle fut condamnée à mort avec lui. Elle n'avait cependant commis d'autre crime que de consulter les magiciens sur l'avenir qui attendait sa famille et sur l'issue du procès intenté à son père.
SERVILISME s. m. (sèr-vi-li-sine — rad.
servile). Ksprit de servilité systématique : Le gouffre révolutionnaire nç se fermera en France que le jour oùilaura englouti le servilisme. (E. de Qir.)
— Syn. Servilisuie, Bei-vilUi. La servilité est simplement l'état de ce qui est servile; on peut dire la servilité du caractère, des courtisans, des flatteurs, et par là on indique ce qu'ils sont. Le servitisme est la servilité érigée en système, devenue une habitude invétérée, portée au degré le plus avilissant.
— Encycl. Après avoir été longtemps subie, la servitude finit par être consentie ; les instincts bas de l'esprit humain se développent démesurément pendant que tous les autres s'atrophient, et les individus finissent par n'avoir d'autre souci, d'autre pensée que de plaire au maître.
Bien que le servilisme ait fleuri à peu près dans tous les pays à divers moments, on doit reconnaître que sa patrie est l'Orient. Dès le principe, nous y voyons apparaître d s monarchies absolues telles qu'on n'en vit jamais en Occident, même sous les pires despotes romains. Dans les Etats où le servilisme domine, ia classe pauvre est moins malheureuse que lesautreselassi.-setjouitd'un bien-être relatif.Le prince et ses favoris ne soi.gent guère a prendre les richesses de ceux qui n'en ont pas, ni les existences d'individus qui ne leur portent point ombrage. Seuls, les hommes instruits qui parlent de liberté, les hommes influents qui sont aimés du peuple, les négociants dont les coffres sont bien remplis ont tout à redouter du tyran et de ses favoris. C'est pour cela que toujours les classes élevées ont commencé à combattre la monarchie absolue, pour substituer leur autorité à celle du roi; c est la féodalité quand la revendication est faite par l'aristocratie, le constitulionnalisme quand elle est fuite pur la bourgeoisie. Sous la féodalité, la masse populaire est plus à plaindre encore que lorsqu'elle rampe sous le servilisme d'un tyran ; au lieu d'un seul despote, elle en a des milliers, tous plus voraces les uns que les autres. Le servilisme est d'autant plus grand dans les classes sociales et chez les individus qu'ils ont plus d'intérêt à se concilier 1 affection du souverain. Aussi, le servilisme inconscient des classes populaires, qui se courbent devant l'autorité parce que, dès leur enfance, elles ont été élevées dans les principes de l'obéissance passive et que l'ignorance ne fait qu'accroître encore ce préjugé, est-il moins hideux que le servilisme raisonné et calculateur des ambitieux qui désirent les richesses et les grandeurs. Tout pour le pouvoir, telle estleur devise. Ils accepteront toutes les humiliations de la servitude à la condition qu'ils prendront leur revanche de leur bassesse envers le prince et ses favoris, en accablant leurs inférieurs de vexations et de cruautés. C'est ce que Tacite a admirablement exprimé dans son style nerveux et concis : Omnia serviliter pro duminatione, prêts à tous les actes de servitisme à la condition de pouvoir dominer d'autres hommes à leur tour.
Le lier et libre génie de ia Grèce répugna toujours au servilisme oriental. Ce fut un des grands motifs de la haine des Grecs pour les Perses; ce fut, avec l'amour de la patrie, le nerf le plus puissant des guerres médiques. C'est ce qui donna à ces guerres ce caractère d'acharnement et de fureur que l'on ne peut comparer qu'a l'intraitable énergie avec laquelle nos troupes républicaines de 1792 culbutèrent les troupes monarchiques coalisées pour envahir le territoire français.
Même lorsque la Grèce avilie par la tyrannie macédonienne eut lié son sort à celui du conquérant Alexandre, elle refusa de subir les maximes serviles de l'Orient, qu'Alexandre eût voulu importer chez elle. Les récits de la conquête de l'Asie sont remplis des luttes terribles que le roi de Macédoine eut à soutenir contre l'esprit grec qui se réveillait chez ses vieux soldats; Pi.ilotas, Parinenion I et surtout Callisthene se révoltèrent sans ! cesse contre les velléités d'Alexandre à s'en- I tourer du faste et du mystère des rois de ; Perse qu'il avait vaincus. La Grèce put ac- I cepter la tyrannie, la tyrannie ne put jamais lui infliger le servitisme.
Rome fut plus accessible à ce système honteux. Le fils allait remercier Yimperator qui
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avait fait périr son père. L'admirable récit que nous fait Tacite de la proscription de Séjan, à la suite d'une lettre de Tibère (grandis epistola venii à Caprxis), lettre dans laquelle le rusé monarque flattait d'abord son favori et terminait, après plusieurs réticences entrecoupées d'éloges, par l'accuser formellement; ce récit, où nous voyons les sénateurs s'approcher de Séjan à tous les éloges de Tibère, faire le vide autour de lui à toutes les réticences et finir ensuite par se ruer sur lui avec des cris de mort, nous donne le tableau fidèle du servilisme introduit dans l'empire par l'ouieuse dynastie des Césars. Tibère luimême est obligé de s'écrier : « O les hommes serviles! (O hominesad servitutem paratos /) » et ce servilisme, qui fit les délateurs, acquit une telle intensité que l'on acceptait la mort ordonnée par César sans murmurer, et que les gladiateurs défilaient, avant de mourir, devant l'empereur Caligula et le saluaient encore de leurs acclamations : Ave, César, morituri te saluiant.
Le servilisme n'est jamais parvenu à s'implanter d'une manière durable dans notre pays. Les luttes incessantes de la monarchie avec les diverses classes de la nation empêchaient l'établissement de cet absolutisme qui engendre le seroilisnîe, et lorsque le calme régnait à l'intérieur, la guerre contre l'étranger, rapprochant le roi des diverses classes de la nation, établissait entre tous une certaine égalité relative. L'idée égalitaire est, depuis les temps les plus recules de la Gaule, le sentiment le plus cher aux habitants de notre territoire. Or, ce sentiment est l'opposé du servilisme. Ce système honteux n'a été qu'une fois sur le point de s'établir chez nous; c'est sous le règne du roi-soleil, Louis XIV, le Xerxès français. Le peuple écrasé par les impôts, les seigneurs, attachés au château de Versailles par des chaînes d'or, laissaient le prince se livrer à tous ses caprices. La noblesse n'était plus cette fière aristocratie qui balançait jadis l'auiorité du roi; c'étaient plutôt des satrapes, des courtisans uniquement désireux de posséder et de jouir et qui, pour cela, se plongeaient dans le servilisme le plus abject, o Quelle heure est-il, demande le roi? — L'heure qu'il plaira à Votre Majesté, repond l'esclave; «etcet esclave, au sortir du palais, redressera la tête et fera bâtonner les manants. Heureusement, cet état ne pouvait durer; toute la France intelligente avait lu la Servitude volontaire de La Boëtie ; les protestants, traqués dans les Cévennes, levèrent le drapeau de l'indépendance, et déjà venait de naître Arouet de Voltaire, qui relia la France de Louis XIV à la France de 1792.
Le servilisme ne disparut pas complètement et il se trouve encore des âmes qui n'en sont point déshabituées; il a pénétré jusque dans la science. On connaît ce mot du savant treinbleur qui, frémissant de peur sous la Révolution, appelait dans ses cours, pour se faire croire patriote, le lion le tyran des animaux; servilisme envers le peuple. On connaît aussi ce début du cours d'un chimiste expliquant de vaut les empereurs Napoléon 1er et Alexandre la combinaison des gaz : « Voici, dit-il, deux gaz qui vont avoir t honneur de se combiner devant Vos Majestés; » servilisme envers les princes. Les âmes serviles ' le sont dans toutes les occasions.
Tous les courtisans, soit du peuple, soit des rois, sont serviles. Ils flattent ceux qu'ils devraient éclairer :
Détestables flatteurs, présent le plus funeste Que puisse faire aux rois la vengeance céleste. La flatterie est fille du servilisme.
SERVILITÉ s. f. (sèr-vi-li-tô — du lat. servilitas ; de servilis, servile). Esprit de servitude, de basse soumission : La servilité de son caractère le rend méprisable. (Acad.) Oit exalte un maître qui n'est plus, puur justifier, par l'admiration, la servilité panée. (Chateaub.) Presque toutes les fautes reprochées à la tyrannie peuvent être attribuées à ta servilité. (De Segur.) La servilité est au dévouement ce que l hypocrisie est d la vertu. (E. de Gir.) La servilité est au respect ce que l'antichambre est au salon. (De Pradt.) L'esprit de servilité est un moyen de parvenir. (Pètiet.) La servilité n'est pas vtoins commune en France que l'héroïsme. (Vacherot.) Les habitudes de servilité sont plus rares chez l'ouvrier que chez le commis. (Vacherot.)
— Exactitude étroite , exagérée : Copier, imiter avec servilité.
— Syn. Servilité, (orriliime. V. SERVI- LISME.
SERVILIUS PRISCUS (Publius.), consul romain l'an 495 av. J.-C. Appelé au consulat au moment des plus violents débats sur les dettes et l'usure, il jouissait d'une popularité assez solide pour entraîner la plèbe, qui refusait de s'enrôler contre les Volsques, et s'engagea à propuser, au retour de ia campagne, une loi favorable aux nexi, ou débiteurs insolvables; mais le ténat, cédant aux conseils violents d'Appius Claudius, refusa toute réforme et maintint l'impitoyable législation qui soulevuit la colère des plébéiens. Servilius n'osa pas insister, et sortit de charge méprise par les deux, cartes, comme il arrive toujours à ceux qui, dans le3 luttes civiles, n'ont pas l'énergie de prendre un parti décisif.
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SERVILIUS STRUCTUS (Spurius), de la même famille que le précédent et son contemporain, consul romain en 476 av. J.-C. Il livra aux Etrusques une bataille près du Janicule, où il fut sur le point de succomber et où il ne remporta la victoire que grâce à l'aide de Virginius. Mis en accusation pour ce motif, il fut absous.
SERVILIUS STRUCTCS AHALA (Caîus), consul romain, nommé général de cavalerie en 438 av. J.-C. Il sa signala en tuant luimême le malheureux Spurius Melius, victime de la trame des patriciens et qui n'était sous le coup d'aucune condamnation. Mis en accusation pour ce fait quatre ans après, Servilius fut exilé, à ce que disent Cicéron et "Valère- Maxime. Il fut renommé consul en 427. ■
SERVILIUS GEMINUS (Pnblius), consul romain. Il descendait d'une famille plébéienne alliée aux patriciens. Nommé consul l'an de Rome 508, il prit Himère en Sicile. Quatre années après, il fut renommé consul et remporta, de concert avec Aurelius Coita, des succès sur des Carthaginois.
SERVILIUS GEMINUS (Cneus), eonsul romain, mort en 216 av. J.-C. Nommé consul avec Flaminius l'an 2 17, il remporta quelques succès sur les Gaulois. Après la bataille de Trasimène, il retourna à Rome, puis il prit le commandement de la flotte, fit le tour de la Sardaigne et de la Corse, dont il exigea des otages, et cingla vers l'Afrique. Il saccagea en passant l'île de Meninx, rançonna celle de Cercine et débarqua en Afrique, où il éprouva quelques insuccès, qui le déterminèrent à revenir en Sicile. Il commanda ensuite avec Atlilius l'armée de Fabius dont la dictature venait d'expirer. Les deux généraux dirigèrent les opérations militaires avec prudence. Varrou et Paul-Emile leur succédèrent. Varron ne voulut pas se conformer à l'avis de son collègue et de Servilius, qui lui déconseillaient de livrer bataille à Annibal, et se fit battre à Cannes. Servilius périt dans cette mémorable bataille.
SERVILIUS PULEX GEMINUS (Marcus), de la même famille que lus précédents, premier augure de Rome en 211 av. J.-C. Edile curule en 204, général de cavalerie en 203, consul en 202,- il ne put réussir à obtenir le commandement de l'Afrique, qui fut attribué à Scipion l'Africain, et dut se contenter de commander en Etrurie. Il fut, à deux reprises, chargé de la distribution de terres à des colons romains et contribua à faire décerner à Paul-Emile les honneurs du triomphe, malgré les eiforts contraires de Sulpicius Galba, ennemi de l'illustre général.
SERVILIUS GEMINUS (Caïus), de la même famille que le précédent, consul romain, mort l'an 180 av. J.-C. Il fut d'abord tribun du peuple, et, en 212, il réussit à ravitailler Tarente assiégée par les Carthaginois. Deux ans après, il fut élu pontife, puis édile plébéien, l'an 545. Il n'aurait pas dû exercer les fonctions d'édile du vivant de son pare, mais on croyait que ce dernier était mort, et cène fut que plusieurs années après qu'on apprit qu'il était prisonnier chez les Bolens. En 546, Caïus fut nommé général de la cavalerie du dictateur T. Manlius Torquatus. Il fut ensuite envoyé préteur en Sicile, pour défendre cette lie contre les incursions des Carthaginois. En 203, il fut nommé consul, en 202 dictateur en en 183 souverain pontife.
SERVILIUS CÉPION (Cneius), décemvir des sacrifices, membre du collège des pontifes, consul l'an 203 av. J.-C, mort en 174. Il combattit Annibal dans l'Abruzze, reçut la soumission d'une foule de villes et de peuplades qui avaient suivi ie parti des Carthaginois et, suivant Valerius d'Antium, dans un nouveau combat qu'il livra sur le territoire de Crotone, il tua 5,000 hommes au héros punique. Comme ce dernier reçut l'ordre de passer en Afrique pour couvrir Carthage menacée par Scipion Emilien, Servilius s'attribua la gloire d avoir délivré l'Italie et voulut même poursuivre jusqu'en Afrique l'implacable ennemi de Rome ; mais il en fut empêché par les ordres du sénat.
SERVILIUS CÉPION (Quintus), général romain, petit-fils du précédent. Il fut consul l'an H0 av. J.-C. Envoyé en Espagne, le tombeau des légions, il rompit la paix conclue par son frère avec Viriathe, le' héros de l'indépendance lusitanienne, fit couper les mains aux otages qu'il en avait obtenus et, désespérant de triompher de son adversaire, le fit assassiner à prix d'or.
SERVILIUS CÉPION (Quintus), consul romain, l'an 106 av. J.-C. V. Cépion.
SERVILIUS CÉPION (Quintus), général romain mort vers 90 av. J.-C. V. CÉpion,
SERVILIUS VATIA (Publius) , surnommé Uauricus, consul l'an 84 av. J.-C. mort vers l'an 6 de notre ère. Envoyé comme préteur contre les pirates de Cilicie, il gagna, pendant son expédition qui dura trois ans, plusieurs batailles navales, prit d'assaut plusieurs villes importantes dans la Lycie et la Pampnilie, franchit le mont Taurus et emporta la ville d'Isaure {d'où son surnom). Cette campagne, au reste, n'eut pas un grand résultat. Les pirates infestèrent de nouveau la mer Egée et, pour les dompter, Pompée eut besoin, plus tard, de toutes les forces
de la république. Servilius fut dans la suite élevé à la censure.
SERVILIUS NONIANUS (Marcus), historien romain, mort en 30 après J.-C. Il vécut sous Tibère, Caligula, Claude et Néron. Il fut sénateur et, en 24, consul. Il écrivit des Annales romaines, ouvrage qui n'est pas parvenu jusqu'à nous. Quintilien traite Servilius d' « historien de beaucoup d'esprit et de réputation, sentencieux, mais plus diffus que ne le comporte le genre historique. »
SERVILLIE s. f. (sèr-vi-11 — de Set-ville, natural. fr.). Eutom. Genre d'insectes diptères, de la famille des myodaires, tribu des entomobies, formé aux dépens des tachines, et comprenant trois espèces, qui habitent les environs de Paris : Les servillies se trouvent au commencement du printemps. (E. Desmarest.)
SERVIN (Louis), magistrat français, né dans le Vendômois vers 1555, mort à Paris en 1626. Sa mère? Madeleine Deschamps, qui était fort instruite, lui inculqua de bonne heure des goûts littéraires. Servin s'adonna à la poésie latine et française, étudia le droit et acquit en même temps une érudition qui lui valut d'entrer en relation avec plusieurs lettrés de l'époque, notamment avec Scaliger. En 15S9, Henri IV, ayant transporté le parlement de Paris à Tours, désigna Servin pour remplacer J. Fuye comme avocat général.
Dans ces fonctions, il se signala également par son amour de la justice et par son éloquence, défendit les droits de l'Etat contre les prétentions ultramontaines et s'attira à ce sujet une censure de la Sorbonne en 1604. On rapporte que, dans quelques procès intentés à des particuliers par les hommes d'affaires de la couronne, n'ayant pu, par ses conseils, obtenir un désistement, il exposa les faits de telle sorte qu'il lit triompher le droit, c'est-à-dire l'intérêt de sa partie adverse, au détriment des intérêts qu'il était chargé de soutenir. Henri IV professait une haute estime pour cet intègre magistrat. Toutes les fois qu'un principe fut en question, que ce fût un privilège de la couronne ou une des libertés de la nation, Louis Servin se montra le défenseur énergique du droit. Il mérita que Voltaire, si sévère pour les gens de robe, dit de lui : « Ce sage, intrépide et éloquent magistrat. » En 1614, Marie de Médias, régente de France, effrayée des difficultés qui surgissaient de toutes parts, voulut en appeler à la nation. Devant les états généraux, le cardinal Duperron, qui devait tout à Henri IV, attaqua vivement la mémoire de ce prince, et fit rendre une décision qui enlevait toute autorité à ses actes. Indigné, Louis Servin, en sa qualité d'avocat général, porta l'affaire devant le parlement, qui, entraîné par l'admirable discours de ce magistrat, adopta ses conclusions; mais la régente s'effraya de cette manifestation et permit à son conseil de casser l'arrêt. La mort de Servin couronna dignement une vie qui fut un modèle d'honneur et de courage. Louis XIII, s'étant vu refuser par le parlement l'enregistrement de divers édits de finances qui pouvaient compromettre la fortune publique, convoqua un lit de justice et ordonna l'enregistrement des édits. Louis Servin, fort de sa conscience, prit la parole contre cette mesure violente : « Croyez-le, sire, dit-il, vous acquerrez une gloire plus solide en gagnant le cœur de vos sujets qu'en domptant vos ennemis. » Comme il pronon- ■ çait ces derniers mots, sa voix s'éteignit ; il se renversa en arrière, frappé d'une attaque d'apoplexie, et mourut peu après.
La mort de Servin a inspiré au président Bouguier les vers suivants :
Servinum una dies pro libertate loquentcm.
Vidit, et oppressa pro libertate cadculem.
On lui doit les ouvrages suivants : Vindiciassecundum libertatem Ecclesis gailicanx (Tours, 1590, in-8u) ; Actions notables et plaidoyers (1S03, in-fol.), plusieurs fois réimprimés; Pro libertate reipublicm Venetorum (1G0S, in-4°) ; Remontrance sur le livre de Bellarmin De summo pontifiee (1610, in-4»).
SERVIN (Antoine-Nicolas), historien et jurisconsulte français, né à Dieppe en 1746, mort à Rouen en 1811. Il fut avocat au barreau de Rouen, où il acquit l'estin^ générale par l'honorabilité, de son caractère. On lui doit : Histoire de la ville de Rouen (Rouen, 1775, 2 vol. in- 12); De la législation criminelle (Bàle, 1782, gr. in-8°), et Manuelde jurisprudence générale (Paris, 1784, in-12). Son traité De la législation criminelle, dont, pendant un certain temps, la censure empêcha l'impression , renferme des parties curieuses sur l'inceste et les délits contre nature, contre l'usage trop fréquent de la peine de mort et sur les moyens de frapper le peuple d'une salutaire terreur en donnant un aspect lugubre aux lieux de détention, en inscrivant sur le front de chaque condamné l'indication du crime qu'il a commis, etc.
SERVION s. m. (sèr-vi-on), Techn. Outil à l'usage du saunier. '
SERVIOTE s. f. (sèr-vi-o-te). Mar. Pièce de bois qui forme l'éperon.
SERVIR v. a. ou tr. (sèr-vir — latin servire, mot qui appartient à la même famille que servare, garder, conserver, seKVUS, esclave, et que Eichhoff rattache à la racine j
sanscrite saiv, aider, assister. Je sers, tu sers, il sert , nous servons, vous serves, ils servent; je servais, nous servions; je servis, nous servîmes; je servirai, nous servirons; je servirais, nous servirions ; sers, servons, servez; que je serve, que nous servions; que je servisse, que nous servissions; servant; servi, servie). Etre au service, être le serviteur, le domestique de : Servir un bon maitre. L'Ecriture dit : Nul ne peut skrvir deux maîtres. (Acad.) Que servir un joueur est un maudit métier !
Ueonabd.
Il Soigner comme ferait un domestique : Servir les malades. Servir les pauvres. Dieu, dit
la princesse Anne, me donnera peut-être de ta
santé pour aller servir cette paralytique.
(Boss.)
^ — Etre le serviteur, le subordonné de :
Le faible est destiné pour servir le plus fort.
Voltaire.
— Se consacrer au service de : Servir la patrie. Servir l'Etat. Servir le roi, l'empereur. Servir l'Eglise. Turenne ne voulait d'autre récompense des services qu'il avait rendus à la patrie, que l'honneur de Savoir servie.. (Fléch.) Les bons magistrats vivent pour servir leur pays; les mauvais te servent pour vivre. (Pelit-Senn.) C'est servir la pairie que de rester fidèle à ses engagements, à son drapeau, à son parti. (T. Delord.)
Qui sert bien son pays n'a pas besoin d'aïeux.
Voltai&b.
Il Occuper une charge, un emploi dans l'Etat : Servir son pays dans la diplomatie, dans la magistrature, dans l'armée.
— Etre utile, rendre un bon office à : Servir ses parents, ses amis. Servir le public. Servir quelqu'un de sa bourse, de son crédit, (Fléch.) Je ne regarde rien quand il faut servir un ami. (Mol.) L'homme qui a reçu les moyens de servir les autres hommes ne doit pas vivre dans le repos et la solitude. (Azaïs.) On ne sert bien que celui qu'on aime. (L'abbé Bautain.)
Mourant pour vous jeruî'r, tout me semblera doux.
Corneille.
Ceux qui de nous servir se montrent empressés Nous prodiguent parfois des soins intéressés.
Lacimubëaucie.
— Favoriser, aider, concourir à : Vous pourriez servir nos desseins. Je servirai vos intérêts. Son bras A mal servi sa valeur. Sa mémoire l'k bien servi. Les événements, les circonstances m' avaient bien servi, mal servi. Les vérités incomplètes sont merveilleusement propres à Servir l'erreur. (Mme Guizot.) Les femmes croient à la réalité de tout ce qui sert leur intérêt et leurs passions. (Ba)z.) L'opinion se donne à qui l'aime, comme l'intérêt à qui le sert. (Guizot.) L'ambition est impitoyable; tout mérite qui ne la SERT pas est méprisable à ses yeux. (J. Joubert.) Un crime ne sert jamais la cause d'un parti et n'est pas un dénoûment. (Rigault.) Servir toutes les idées, c'est attester qu'on ne croit d aucune. (Lamart.)
— Etre employé à l'usage de : Ce cours d'eau sert plusieurs usines. Ce bassin sert ta moitié de la ville. Il On dit plus ordinairement desservir.
— Rendre des soins, faire la cour à : Une des règles de la chevalerie était de servir et d'honorer toutes les dames pour l'amour d'une. (St-Marc Gir.) Il Emploi vieilli.
— Vendre, fournir des marchandises à: Ce boulanger me sert depuis fort longtemps. Mon tailleur me sert tantôt bien, tantôt mal. Le boucher vous a mal servi aujourd'hui. (Acad.)
— Mettre sur la table pour être consommé : Servir le dîner, le souper. Servir le potage, les entrées. Servir le dessert. Servir te café. Servir à déjeuner, à dîner, à souper. Il Mettre d'un mets sur l'assiette, d'une boisson dans le verre de : Permettez que je vous serve, il Mettre des mets, des boissons sur : Servir une table.
— Présenter, offrir : Il nous servit un vieux conte à peine réchauffé.
— Acquitter, payer à des termes fixes : Servir une rente.
— Absol. Etre esclave : Un peuple libre obéit, mais il ne sert pas; il a des chefs, et non pas des maîtres. [3.-3. Rouss.)
,, , . . [mande.
Un cœur ne pour servir sait mal comme on com-