‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 331 sur 1059 · V. SÉBASTOrOL · texte numérisé non relu

V. SÉBASTOrOL

SÉVË s. f. (sé-ve. On prononce généralement sève, et il conviendrait de conformer l'orthographe à cette prononciation. — Scheler tire ce mot du latin sapa, jus, tandis que Chevallet le fait venir soit du germanique : ancien haut allemand saf, sève, anglosaxon sap, ssspe, Scandinave saft, allemand saft, anglais et hollandais sap; soit du celtique : armoricaine», seâ,seve, écossais et irlandais subhnn, suc, sève, kymrique sew, suc, jus. Les mots latin, celtiques et germaniques appartiennent, du reste, a la même famille; ils se rattachent tous, en effet, à la racine sanscrite su, zend hu, qui s'applique dans les Védas et l'Avesta à l'action d'extraire par la pression le suc de l'asclépiade, pour en composer le sâma, haoma, la boisson sacrée offerte aux dieux et personnifiée ellemême comme une divinité. Sa signification primitive doit avoir été celle de verser, arroser, en général; on ne peut guère, en effet, la séparer de su, su, engendrer, c'est-àdire verser la liqueur séminale, et les dérivés sava, savara, sûma, sôma, eau, savana, sutya, ablution religieuse, sûnâ, rivière, ne s'expliqueraient pas par le sens restreint donné au védique su. A la racine su répond le grec nô, pleuvoir, arroser ; à sûma, le grec lima, pluie; à sava, eau, le gothique saios, mer, lac, ancien allemand sêo, etc. ; à sava, suc de fleurs, l'anglo-saxon seawe, ancien ailemand sou, suc, le lithuanien sywas, suc, miel liquide , l'irlandais subit, subhan, suc, sahh, salive, etc. Le sens spécial do cours d'eau, qui appartient au sanscrit suna, reparaît aussi dans' l'irlandis sua, ruisseau, et sa, torrent, contractés de sava, et plusieurs noms de neuves celtiques s'y rattachent, tels que le Savus de la Pannonie, les deux Sabis de la Belgique et de lu Gaule Cisalpine, de même probablement que le Savo 'de la Cainpanic et la Saoena qui passe à Bologne). Bot. Fluide nourricier qui circula dans les diverses parties des végétaux : L'étude chimique des SÈ- VES offre de nombreuses difficultés. (P. Duchartre.) La matière appelée sévk n'est pas une eau simpte. (T. de Berueaud.) L'eau se mêle avec la sève en toutes proportions. (Bosc.) Plusieurs auteurs ont tenté d'expliquer le mouvement de la sève. (De Candolle.) Les Indiens emploient la skve de la bourgène pour guérir la fièvre. (Chmeaub.) Le tissu végétal est rafraîchi, pendant le jour, par l'ascension continuelle de la sève et par l'évaporation, (A. Maury.) Les Suédois tirent de la sève da bouleau un sirop dont ils font ensuite une liqueur spiritueuse. (A. Karr.) La force d'ascension de la sève est d'autant plus considérable que la plante est plus saine et que la transpiralion est plus abondante. (Chaptal.)

Une herbe parasite, abondamment stérile, De la sève égirée épuise l'aliment.

EsMÉNARD.

L'herbe, d'abord inaperçue, Heluit dans le sillon ouvert; La sève aux vieux troncs monte et sue. Sainte-Beuve.

— Force et saveur qui rend le vin agréable : Ce vin a beaucoup de sève, n'a plus de sève. Les vins blancs de Preignac se distinguent par une sève particulièrement aromatique. (A. Luchet.)

J'ai quatorze bouteilles

D'un vin vieux.. > Boucingo n'en a pas de pareil. Et je gagerais bien que, chez le commandeur, Villandri priserait sa sève et sa verdeur.

Boileau.

— Fig. "Vie morale, énergie, vigueur ; Jeunesse pleine de sève. Cet ouvrage a de la sève. L'esprit français a besoin (l'être renouvelé par Une SÈVE plus vigoureuse. (Mnlo de Staël.) Prêchons l'amour de la vérité, les généreux vouloirs, les convictions indépendantes et résolues et ranimons ainsi cette sève divine de la raison et de la liberté qui menaee de se tarir. (Mqntalemb.) Néron a en lui toutes les sèves et toutes les lumières de la civilisation romaine. (L. Veuillot.) Plusieurs arts sont morts ou en train de mourir; ta sève les abandonne pour se porter ailleurs. (Th. tiaut.)

Hélas! pleine de vie, et de force, et de sève. Sur la France caduque une race se lève.

Bartiiélemï,

— Loc. Arbre en sève, en pleine sève, Arbre dans lequel la sève est en mouvement.

— Encycl. Physiol. végét. Les assimilations, en histoire naturelle, quand elles sont fondées sur l'identité ou l'analogie réelle des phénomènes, sont fécondes en résultats ; c'est sur elles que se fondent ces grandes vues de généralisation qui tendent à ramener les sciences à une majestueuse unité. Mais les inconvénients de ces rapprochements, quand ils sont arbitraires, ne sont pas moins grands que les avantages qu'on tire des rapprochements légitimes. C'est par cette obstination dans des assimilations forcées, dans des synthèses arbitraires, que la science s'immobilise dans l'erreur, s'enfonce et s'égare de plus en plus dans de fausses routes d'où il est ensuite fort difficile de la faire sortir; car le préjugé scientifique a quelque chose de l'entêtement du préjugé religieux. La question de ia circulation de la sève est une preuve frappante de

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la vérité de ce que nous disons, La circulation du sang, chez l'homme et les animaux supérieurs, longtemps méconnue, était enfin établie d'une manière certaine. On fut aussitôt porté à faire de la circulation des humeurs vitales une loi générale de l'organisme animal, et, par une pente naturelle, on étendit cette loi à tous les organismes. La circulation de la sève se trouva érigée à l'état de dogme scientifique avant d'avoir pu être directement constatée, et aujourd'hui encore elle a des partisans qui ne se laissent ébranler ni par les doutes émis par une multitude d'observateurs, ni par les faits qui semblent contredire leur doctrine. Il y avait cependant, dès le début, de très-fortes raisons de rejeter la circulation comme élément nécessaire de la vie organique. Dans le règne animal lui-même, il a été depuis longtemps démontré qu'un très-grand nombre d'organi-imes inférieurs se passent parfaitement de la circulation. Il en est de même, a plus forte raison, d'un grand nombre de végétaux qui, dépourvus de vaisseaux proprement dits, se nourrissent, comme les infusoires, par une sorte d'imbibition. Il faudrait être doué d'une bonne volonté prodigieuse pour reconnaître quelque chose d'analogue à la circulation dans ce mode de nutiition où l'endosmose parait jouer le rôle principal. La circulation n'est donc pas un fait général chez les animaux ni chez les végétaux ; mais existe-t-elle chez ces derniers?

Il est bien certain que, si l'on conserve au mot circulation son sens propre de mouvement continu de fluides dans un circuit fermé?, il faut absolument la rejeter chez les végétaux. Les premiers observateurs ont pu reconnaître que, même en faisant des feuilles un appareil de révivification comparable au cœur, même en admettant l'assimilation complète de la sève ascendante et du sang veineux, du latex et du sang artériel; même si l'on ne voit dans la sève qu'un liquide inerte et dans le latex qu'un liquide nutritif élaboré par la respiration, lo circuit n'existe pas, les radicelles ne reprenant pas les liquides descendants pour les ramener au contact de l'air et les rejeter dans un torrent circulatoire. Le mot circulation, dans ce système, serait donc détourné de son acception naturelle et désignerait un mouvement de liquides qui, portés de bas en haut, élaborés, puis ramenés de haut en bas, seraient entièrement absorbés dans cette seconde phase de leur évolution,

A ce point de vue déjà, le plus favorable cependant aux partisans de la circulation végétale, le mot circulation est impropre. Mais il y a plus : si le mouvement ascendant de la sève est incontestable, le mouvement du latex est plus que douteux (v. circulation au Supplément). La circulation de la sève, si l'on s'obstine à lui conserver ce nom impropre, se borne donc au mouvement de la séue ascendante, et c'est de lui seul que nous devons nous occuper dans cet article, après avoir fait connaître, autant du moins que le permet l'état actuel de la science, la nature du fluide séveux,

La sève, dite aussi sève ascendante, sève lymphatique, sève brute, qunnd on veut la distinguer du latex, que plusieurs appellent séue descendante, sève élaborée, la sève proprement dite est surtout composée d'eau, exclusivement empruntée au sol, où elle est amenée par les pluies, les arrosements, les infiltrations. On avait d'abord avancé que cette eau, qui tient en dissolution de faibles quantités de différents sels et de matières organiques, ne pouvait, dissoudre, en aucnn cas, des matières nuisibles à la végétation, et. sans s'expliquer ce merveilleux instinct qui guiderait les plantes dans le choix de leurs aliments, on admettait que jamais un végétal ne pouvait être empoisonné par les racines. Aujourd'hui, ce miracle a disparu, après bien d'autres, et l'on sait parfaitement empoisonner la sève ascendante, faire périr ainsi les végétaux, et modifier même de cette façon les conditions de dureté et d« coloration des bois, pour répondre à certains besoins de l'industrie. Il est vrai de dire, cependant, qu'à l'état naturel les radicelles ont rarement occasion de pomper des sucs nuisibles à ia végétation ; mais c'est uniquement parce que ces sucs ne se rencontrent que très-exceptionnellement dans le sol.

Nous avons signalé déjà dans la sève la présence de quelques sels; mais on ne doit pas ici s'attendre k une analyse exacte de ce liquide. Il y a, pour la réalisation d'un pareil travail, de nombreux et sérieux obstacles. Le premier est la difficulté de se procurer de la séoe en quantité suffisante. Nous verrons plus loin que les grands végétaux absorbent, sous forme de sève ascendante, d'énormes quantités d'eau; mais il n'est pas aussi facile qu'on pourrait le croire d'extraire cette sève en quantité notable et dans les conditions de pureté voulue, d'éviter, par exemple, le mélange avec le latex et le cambiuin. Biot réussissait cependant k Be procurer d'assez grandes quantités de sève ascendante en. pratiquant dans le tronc des arbres des trous de tarière inclinés vers le sol et profonds de quelques centimètres, introduisant des tubes de roseau de même calibre, aussi peu profondément que possible, insérant ces tubes dans des goulots de flacons et lutant le tout soigneusement. Les liquides ainsi obtenus ont une composition extrêmement variable. Les espèces différentes fournissent des liquides différemment composés ; les mêmes espèces

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donnent des résultats divers suivant la qua* lité du sol; enfin, sur le même sujet, la srve recueillie à différentes hauteurs du tronc est formée d'éléments différents. La densité mémo de la sève ne peut être formulée d'une manière fixe, étant variable avec les espaces, les individus, les terrains et la hauteur du tronc où on l'a recueillie. Un fait qui paraît, en effet, définitivement prouvé, c'est que la sève augmente graduellement de densité dans son mouvement d'ascension, ce qu'on explique soit par les parties d'eau absorbées par les tissus, soit par la dissolution de certains sels que la sève rencontre sur son passage. Les objections à ce système sont assez nombreuses; mais, quoi qu'il en soit de l'explication, le fait paraît indéniable. On ne doit donc accepter qu'avec ré.serve les chiffres suivants, assignés pour densité à la sève :

Vigne, d'après Brilcke 1,001

Hêtre, d'après Vauquelin. . . 1,002 Orme, d'après le même. . . . 1,003 Ces chitîres sont fort incertains. La proportion des sels dans la sève l'est plus encore, et c'est avec la plus grande hésitation qu'on doit admettre les chiffres de 1,25 pour 1,000 pour le tartrate de chaux et celui de 0,02 pour 1,000 pour le nitrate de potasse, dans la sève de la vigne. Les autres sels qu'on rencontre le plus fréquemment dans ia sève de la vigne sont : divers lactates, le chlorhydrate d'ammoniaque, le sulfate de potasse et le phosphate de chaux. La sève du noyer contient surtout du lactate, du malate, du sulfate et du phosphate de chaux, du lactate et du nitrate de potasse, du lactate et du chlorhydrate d'ammoniaque. Dans la sève de l'orme, on trouve particulièrement de l'acétate et du carbonate de chaux, de l'acétate de potasse et des traces seulement de sulfate et de chlorhydrate de potasse. On remarquera l'absence presque complète de carbonates dans ces analyses. L'acide carbonique libre lui-même n'est admis qu'hypothéiiquement dans la sève ascendante, et Biot nie absolument la présence de ce corps. On conçoit l'intérêt d'une pareille quesiion, car la solution de Biot conduit à admettre que l'énorme quantité de carbone qui entre dans In composition des matières végétales est exclusivement empruntée à l'atinojphère. D'autre part, si la nutrition se fait, comme on est aujourd'hui porté k le croire, à peu près uniquement par la sève ascendante, latrès-fiiible quantité de matières nutritives dissoute dans ce liquide aqueux et le rapide développement, l'énorme activité vitale de certains végétaux font supposer une prodigieuse absorption de liquide. Ce liquide, en effet, en dehors des sels que nous avons énumérés, ne contient qu'une très-faible quantité de matières organiques, parmi lesquelles nous citerons le tannin, l'acide gallique, l'acide acétique et surtout le sucre. On a trouvé, eu outre, dans la sève du hêtre, une matière colorante rouge marron, qu'on a proposé d'utiliser dans l'industrie de la teinture. En admettant que, dans le3 densités de la sève données plus haut, l'excès sur la densité de l'eau représente exactement les matières fournies par la sève k la nutrition du végétal, hypothèse admissible, puisque l'eau ne fournit presque rien à la nutrition, on arrive k cette conclusion que, pour s'accroître de 1 kilogramme, un orme absorbe 334 kilogrammes U'eau, un hêtre 501 kilogrammes et une vigne 1,003 kilogrammes. Celte étonnante aftiueuce de sève se manifeste aux yeux dans quelques cas spéciaux. Chacun connaît ce qu'on appelle les pleurs de la vigne, phénomène observé particulièrement sur cet arbrisseau, à cause de la taille à laquelle on le soumet habituellement, mais qui se manifeste également chez quelques autres végétaux, notamment le bouleau, le peuplier, 1 érable, etc. La sève de l'érable et celle du bouleau contiennent des quantités de sucre suffisantes pour qu'on puisse extraire industriellement de la première du sucre analogue au sucre de raisin, ei de la deuxième une liqueur fermentescible donnant une quantité notable d'alcool.

Les causes qui déterminent l'absorption de la sève par les spougioles des radicelles et son ascension dans les libres de la tige ne sont pas encore bien étudiées. Deux faits sont certains : l'énorme résistance qu'éprouve ce fluide et ia force d'ascension qu'il conserve cependant. La résistance qui s'oppose k l'ascension de la sève est facile à Comprendre, si l'on considère le peu de fluidité de ce liquide et le très-faible calibre des canaux par lesquels il doit s'élever. On a pu cepeuuant, en un cas particulier, mesurer sa force d'ascension, et on l'a trouvée énorme. Un botaniste anglais, ayant coupé un cep du vigne k oln,50 du sol et y ayant adapté un manomètre, t constaté que la force ascensionnelle de lu sève faisait équilibre à une colonne de mercure de 1 inèire de hauteur, ce qui représente

une force de l atmosphère et -.

Pour expliquer l'introduction du fluide séveux dans les spongioles et leur ascension dans la tige, on a eu recours k l'endosmose. Mais, pour que l'endosmose se produise, il faut supposer un al'fiux constant de la sève descendante dans les spongioles, afflux qui mettrait en présence des liquides de densité différente; or, l'existence même de la sève descendante est aujourd'hui contestée. En tout cas, lors même qu'on admettrait ce pre-

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mier mouvement de la sève, il resterait tout aussi difficile d'expliquer sa progression dans les tissus que son introduction dans les radicelles. On a voulu expliquer ce mouvement ascensionnel par une sorte de succion qu'opéreraient les bourgeons; mais n'a-t-on pas mis ainsi un mot à la place d'une idée? En quoi consiste cette force de succion si gratuitement accordée aux. bourgeons? Et puis le développement des bourgeons, qui serait la cause déterminante de l'ascension^de la sève, n'est-il pas dû, au contraire, à l'afflux de la sève? Cette façon d'expliquer les choses paraît avoir tous les caractères d'un cercle vicieux. Il est vrai qu'on a imaginé, pour expliquer le mouvement de la sëve, une dilatation des tissus sous les influences atmosphériques et l'évaporation des sucs qui résulte de la transpiration. Il est certain, du moins, qu'une branche détachée de sa tige et plongée dans l'eau par sa partie inférieure appelle une certaine quantité de liquide vers ses extrémités et peut, pour cette raison, se conserver fraîche pendant un temps plus ou moins long. Les phénomènes de la végétation peuvent même, dans certains cas, être prolongés durant quelque temps par ce procédé. Mais un fait ne peut être l'explication d'un fait identique. On fait agir, dans cette hypothèse, les tissus extrêmes , notamment les feuilles , comme des membranes qui, dilatées par la chaleur, augmenteraient les capacités intérieures de façon à appeler les liquides contenus dans les ribres; mais ceci exigerait queces membranes fussent imperméables, ce qui est le contraire de la vérité. En outre, ces membranes imperméables devraient cependant livrer passage aux fluides intérieurs, ce qui est une contradiction. En attendant une meilleure solution, il convient donc de regarder le problème comme simplement posé et d'attirer sur lui les méditations des botanistes.

Le véritable rôle de la sëve n'est guère moins obscur que les causes de son ascension. On a longtemps borné, nous l'avons dit, le rôle de la sève ascendante à celui du sang veineux ; on l;a considérée longtemps comme un liquide absolument inerte, destiné à s'élaborer dans le parenchyme des feuilles, pour s'y transformer en latex, seul fluide véritablement nourricier. Aujourd'hui, on est porté à croire que ie rôle de la sève est beaucoup plus important, et on lui attribue la principale part dans la nutrition. Elle coopère de deux façons à cette fonction capitale : en empruntant au sol divers matériaux indispensables, puis en dissolvant, déplaçant, transformant des substances qui se rencontrent sur son passage et qu'y avaient apportées les divers mouvements de fluides qui s'opèrent dans les vaisseaux. Tout cela, il faut en convenir, est passablement obscur et hypothétique. Le seul fait avéré, c'est que la sève, qu'on prétendait autrefois arriver à l'état d'eau presque pure jusque dans le parenchyme des feuilles, sert à la nutrition dès son introduction dans les spongioles des radicelles et s'élabore ensuite dans tout son parcours ascensionnel.

Le mouvement de la sëoe, très-actif au printemps, se ralentit peu à peu jusqu'à l'époque des grandes chaleurs. « Le végétal, ait M- Ad. de Jussieu, arrive alors à un état d'équilibre qui n'implique pas l'immobilité de la sëve, mais seulement son mouvement modéré d'après les besoins d'un état qu'il ne s'agit plus que d'entretenir, en compensant les pertes continuelles qui accompagnent l'exercice même de la vie, en complétant ce qui peut encore manquer sur certains points et préparant pour l'année suivante les organes qu'elle doit à son tour développer et les matériaux destinés à cet usage.

> Si tout ce travail vital s'est commencé et exécuté de bonne heure, si l'année a été précoce, il peut arriver que ces matériaux se trouvent prêts en quelque sorte trop tôt, dans une saison qui n'est pas encore assez avancée et qui leur présente ainsi les conditions propres à provoquer leur développement an1 ticipé. C'est ce qui arrive assez souvent vers la fin de l'été, où l'on voit pousser quelquesuns des bourgeons nouvellement formés, se renouveler quelques phénomènes partiels du printemps et nécessairement avec eux se ranimer pour un moment le mouvement ascensionnel de la sève, ce qu'on nomme la sève d'août. Il languit de nouveau. Pendant l'automne, l'évaporation des surfaces a diminué de plus en plus; les tissus se sont séchès en se solidifiant; les feuilles, peu à peu, meurent ou tombent, et l'arbre arrive à cet état de repos presque complet dans lequel la vie semble suspendue. Le mouvement de la sëve a. cessé alors avec ses causes et s'arrête plus ou moins complètement pour toute la durée de l'hiver. »

L'incertitude qui règne sur les mouvements et le rôle de la sëve a causé de'grands retards aux progrès de l'agriculture. On est parvenu néanmoins, dans certains cas et dans certaines limites, à diriger la marche et l'afflux de la sève, à la faire arriver en plus grande abondance sur les points où l'on désire obtenir une production plus considérable. Tel est l'objet de plusieurs opérations culturales, et notamment de la taille des arbres. Les modilications produites portent tantôt sur l'individu, tantôt elles se transmettent et forment une race.

SEVE, petite rivière de France (Manche).

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Elle prend sa source dans le canton de Perriers, arrond. de Coutances. coule au N.-E. et se jette dans la Douve, près de Carentan, après un cours de 45 kilom., navigable sur 8.

SEVELINGES (Charles-Louis de), littérarateur français, né à Amiens eu 1707, d'une famille originaire du Beaujolais, mort à Paris en 1832. Il éraigra pendant la Révolution, servit dans l'armée de Condé et revint en France en 1801. N'ayant ni fortune ni emploi, il fut contraint de chercher son existence dans les travaux littéraires. A la Restauration, il devint examinateur des livres classiques et se tit remarquer, comme publiciste, par l'exagération de son royalisme. Dans les divers journaux auxquels il collabora, il était principalement chargé de la critique musicale, genre dans lequel il excellait. Possédant quelques langues de l'Europe, il a laissé d'assez bonnes traductions, entre autres celles de "Werther, de Gœthe (1804 et 1825, in-18), et de VHistoire de la guerre de l'indépendance des Etats-Unis, de Botta (1809, 4 vol. in -8"). On lui doit encore : Mémoires inédits du cardinal Dubois (1814, 2 vol. in-8°); Vie du dernier prince de Condé (1820, in-8°); le Rideau levé (Paris, 1S18, in-8<>), etc., enfin de nombreux articles dans la Biographie Michaud.

SEVEN-OAKS, bourg et paroisse d'Angleterre, comté de Kent, à 28 kilom. S.-O. de Maidstone, près de la Darent; 5,007 hab. Filature de soie; grand commerce de grains. Seven-Oaks (mot à mot,sept chênes) doit son nom à sept de ces arbres qui couronnaient jadis la colline sur laquelle la ville est bâtie. Ces chênes ont nécessairement disparu, mais, en souvenir de ce détail, on en a planté d'autres, en nombre égal, devant une des principales maisons de Seven-Oaks. La ville n'offre guère, en fait de monuments, que l'église, d'où l'on jouit d'un très-beau point de vue, et l'école et les maisons de charité, fondées par Sevenokes, enfant trouvé, adopté par la ville, dont il prit le nom, et qui devint plus tard lord-maire sous le règne de Henri V, A l'est de la ville proprement dite et au milieu d'un vaste parc s'élève le château de Knole ou de Knowle. L'édifice, très-considérable, flanqué de tours, défendu par des portes massives a créneaux, offre le singulier mélange des architectures des trois derniers siècles. Après avoir appartenu aux Sackville, puis aux Buckhurst, le château de Knole passa aux Dorset; il resta dans la ligne ^directe de cette famille jus-

3u'en 1825, époque où il devint la propriété 'une branche collatérale, réprésentée aujourd'hui par le comte Amherst. ■ Knole, dit un historien Contemporain, est célèbre parmi les anciennes demeures baronuiales de l'Angleterre pour la magnificence de ses bâtiments et l'étendue de son parc, couvrant un espace de 5 ou 6 milles en circonférence, pour le nombre de ses appartements et pour les anciens ameublements de quelques-uns d'entre eux. Une somme de 500,000 francs fut, dit-on, dépensée à préparer la chambre du roi pour la réception de Jacques 1er. Ce dernier reposa sa personne sur un lit qui avait coûté 200,000 francs et put promener ses yeux sur un ameublement d'or massif. » Indépendamment des objets de luxe qu'on y remarque eu grand nombre, le château de Knole possède une galerie de tableaux trèsretnarquable ; nous citerons les noms du Titien, de l'Albnne, de Salvator Rosa, de Rembrandt, de Rubens, de Van Dyck, d'Holbein, de Teniers, etc. On y voit également une curieuse collection de portraits anglais.

SEVER (SAINT-), ville de France (Landes), ch.-l. d'arroud. et de cant., à 16 kilom. S.'de Mont-de-Marsan, près de la rive gauche de l'Adour; pop. aggl., 2,244 hab. — pop. tôt., 4,980 hab. L'arrond. comprend 8 cant. , 107 comm. et 86,674 hab. Tribunal de l" instance, justice de paix, collège communal. Tanneries, faïenceries, huilerie, tuilerie, fabrique de chandelles; exploitation de marbre, pierres lithographiques et pierres à bâtir. Commerce de grains, bois, laine, bestiaux, porcs, jambons, résines, planches, oies grasses, vins et eaux-de-vie.

— Histoire. Si l'on en croit la tradition, un camp romain, dit camp de César (Caslruni Caesaris), occupait encore dans les premiers temps de l'ère chrétienne le sommet de la colline sur laquelle Saint-Sever est aujourd'hui bâti. Plus tard, la Casérum Cslsaris vit son nom changé en celui de Palestrion, Le Palestrion (ou palais) vit au Xe siècle périr au pied de ses murs un des apôtres de la France méridionale, Se ver, qui fut massacré par les Vandales. L'Eglise consacra bientôt le nom du martyr, dont le tombeau devint en peu de temps le rendez-vous des fidèles. Vers fa fin du xe siècle, les Normands ayant envahi l'Aquitaine, le duc de Gascogne, Guillaume Sauche, marcha contre eux et fit vœu d'ériger en l'honneur de saint Sever un magnifique monastère s'il remportait la victoire. Les Normands furent vaincus et Guillaume tint parole. Il acheta, « moyennant trois cents sous d'argent et quarante-cinq vaches,» les terres au centre desquelles s'élevait seule jusqu'alors la chétive chapelle du tombeau, et une riche abbaye ne tarda pas à se former. Cette abbaye, dotée de privilèges et de revenus nombreux, acquit rapidement une importance capitale dans la province et lui fournit fréquemment des évêques (9S2). Bientôt, attirée par la beauté et la commodité. du

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site, * un riant coteau, baigné au nord par une rivière et inclinant au sud vers de riches prairies, « une population véritable afflua aux alentours du monastère. La ville fut fondée. Elle eut de bonne heure de fortes murailles flanquées de tours, qui ne l'empêchèrent pas de tomber en 1296, après une résistance opiniâtre, il est vrai, au pouvoir des Anglais. On voit, vers la même époque, Edouard d'Angleterre convoquer à Saint- Sever la cour générale du pays pour procéder contre Gaston de Béarn, avec lequel il était en conflit. La querelle se termina par la voie des armes. Saint-Sever n'échappa à la domination anglaise qu'au xve siècle (en 1426). Peu de temps après fut publiée la coutume de la ville, que le parlement de Bordeaux homologua le 10 mai 1514. En 1559, Montgomery, lieutenant de la reine de Navarre, s'empara de Saint-Sever et y commit toutes sortes de violences. L'église et le monastère furent pillés et deux cents prêtres précipités dans un ravin abrupt, ouvert à l'ouest de la cité. La plupart des précieux manuscrits que contenait l'abbaye furent à jamais perdus. L'année suivante, les catholiques, commandés par Montluc, vinrent mettre le siège devant la place et l'emportèrent d'assaut. Pendant la Fronde, Saint- Sever fut littéralement la proie d'un aventurier nommé Balthazar, que le prince de Condé y détacha comme son lieutenant. La malheureuse ville fut fréquemment rançonnée et dut subir toutes les exigences plutôt que de s'exposer à de plus mauvais traitements. Ce fut, au surplus, le dernier épisode historique de la ville.

Avant la Révolution, Saint-Sever était le siège d'une juridictiou qui, à une certaine époque, embrassait toute la Gascogne. C'est là que la cour générale du pays, composée des principaux seigneurs, tenait ses assises. Ce tribunal suprême se maintint même sous l'occupation anglaise. De là, vraisemblablement du moins, le nom de Cap (tête) de Gascogne que certaines chartes du moyen âge donnent à Saint-Sever. Aujourd'hui, la ville est quelque peu déchue de son antique importance; « mais, dit M. Pascal Duprat, le célèbre patriote, qui s'est institué l'historiographe de son département, il est des choses que le temps n'a pu changer à Saint-Sever. Des hauteurs de Morlane et de Mirande, la vue plane au loin sur de vastes campagnes qu une ceinture de landes enveloppe à 1 horizon de ses replis sévères : spectacle d'une grande et forte majesté. D'autres aspects, d'une beauté moins imposante mais riches d'agrément, s'ouvrent du côté opposé : c'est une zone de champs fertiles, coupés de bois qui reposent doucement le regard... Petit centre, peu de vie, voilà Saint- Sever. »

— Monuments. Saint-Sever n'a conservé de ses antiques fortifications que des fossés et quelques pans de remparts crénelés. Les bâtiments de l'Abbaye renferment plusieurs bureaux de l'administration municipale. Mais l'église ou Basilique, comme on l'appelle dans le pays, mérite une mention à part. Construite par Guillaume Sanehe, elle présente, au dire de M. Cénac-Moncaut, des particularités architecturales qui en font la création la plus grandiose et la plus intéressante de la Novempopulanie. Elle a malheureusement souffert autant des outrages des hommes que des injures des siècles. Les ravages exercés par Montgomery au xvib siècle ont dû notamment exiger une restauration immédiate et profonde qui en a altéré le curieux caractère primitif, n A côté des trois absides du nord, dit l'archéologue déjà cité , encore assez bien conservées, celles du sud n'offrent qu'une construction grossière et récente. La haute tour carrée, bâtie comme un donjon, porte de nombreuses traces de l'incendie qui rongea la partie romane du transsept. Le gable du couchant, enfin, qui ne put arracher aux flammes que le grand arc roman de son porche, reçut une immense fenêtre ogivale au xv» siècle et une porte grèco-romaine au xvme siècle. » A l'intérieur, on remarque des colonnes romanes, ici renflées suivant la mode romaine, là couronnées d'énormes chapiteaux dans le style du xo siècle. Saint-Sever possède une galerie de tableaux et un salon d'ornithologie. Citons enfin, en terminant, les précieuses collections de M. Léon Dufour, le célèbre naturaliste, enfant de la ville.

Le général Ltuuurque, auquel un monument funéraire a été élevé sur la place triangulaire des Platanes , est également né à Saint-Sever.

SEVEK, petite rivière d'Espagne. Elle descend du versant septentrional de la sierra de San-Mamed, dans la province de Cacerès, coule au N.-O., forme pendant une partie de son cours la limite do l'Espagne et du Portugal et se jette dans le Tage, après un cours de 59 kilom.

SEVERA (Valeria) , impératrice romaine , femme de Valentiiiien l"c et mère de Gratien. Intelligente et habile comme elle l'était, elle eût pu aider le rude soldat qui fut sou mari dans l'administration de l'empire, mais elle fit oublier tes qualités par son excessive avarice. Pour satisfaire sa passion, elle mit à prix toutes les grâces de la cour.

Valentinien, ce soldat barbare et cruel, mais ennemi du luxe, la répudia.

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Valeria Severa fut exilée, et son exil dura jusqu'à l'avènement de son fils Gratien. Rappelée à Rome à l'avènement de ce prince au trône des Césars, elle eut dès lors une grande part dans le maniement des affaires et put largement satisfaire son amour pour l'or et sa passion pour le pouvoir. •

Severa ou l'An 492, par Simonde de Sis-mondi (1852, 3 vol. in-12). Ce drame attachant, où l'auteur a trouvé moyen de placer tant d'actions intéressantes, une peinture si vraie des mœurs du temps, des caractères si variés, tracés d'une main ferme et marqués d'une empreinte originale, est un tableau complet des mœurs du Ve siècle, dans lequel M. de Sismondi s'est proposé de peindre l'état des Gaules à l'époque de l'invasion de Clovis. Pour réunir dans un petit cadre des éléments si divers, l'auteur met en scène deux nobles familles gauloises, vieux rejetons de la race premilive, restés intacts malgré l'invasion romaine. Félix Florentinus et Julia Severa, leurs plus jeunes représentants, sont les héros du livre. Leur amour naît, grandit, reçoit son couronnement au milieu des vieux restes du paganisme romain et de l'iiifluence prédominante du catholicisme.

Les Wisigoths ariens essayent vainement de contre-balancer le pouvoir des évêques; ceux-ci, l'œil fixé sur Clovis, ne paraissent avoir qu'une préoccupation, apprivoiser, convertir le barbare pour appuyer leur autorité sur la sienne et régner de concert sur les Gaules. Dans le but de les tenir en échec, Severus, le père de Julia, encore à demi païen, tente, lui aussi, de se concilier la protection du roi franc, en lui donnant sa tille en mariage. Mais Julia et Félix Florentinus s'aiment et se jurent une fidélité éternelle. Félix ne voit pas sans indignation le sort des Gallo-Romains livrés à la merci de bandes féroces et tente de rallier contre elles les vieux restes de l'antique nation gauloise. Mais il se heurte à l'impossible. La classe riche est efféminée, incapable de résolution ; la classe pauvre est abrutie par la misère et l'oppression ; la population des campagnes, ruinée par le fisc et livrée à la brutalité des envahisseurs, diminue chaque jour ou se lève sous le nom de bagaudes et dévaste le pays. Désespéré, Félix s'adresse à l'évêque de Tours, Valusianus, qui ne voit dans la Gaule que l'Eglise et les Francs. L'évêque poursuit un double but : brouiller Clovis et Severus, tout en empêchant l'union de Julia avee Florentinus, déjàtrop puissant àsesyeux par son ascendant sur les Gaulois. Les deux amants, enlevés par ses ordres, sont enfermés séparément dans des couvents. L'auteur saisit cette occasion pour tracer un tableau vrai de l'Eglise en ce temps-là : l'ambition des évêques, habilemeDt déguisée sous le prétexte de la religion, le fanatisme inconscient des moines, 1 ignorance superstitieuse du peuple. Nouvel Asmodée, M. de Sismondi nous fait pénétrer dans les dortoirs secrets et dans les caehots mystérieux des monastères, ce qui lui permet de nous offrir une grande variété de tableaux et de portraits. On lit avec le plus vif intérêt les descriptions originales d'un camp de vétérans, de ces caehots nommés ergtistules, où l'on renfermait les esclaves. Le voyage de Florentinus chez les Armoricains, lu description de l'antre sauvage de Lamin, prêtresse de Tan, célébrant la nuit, au milieu d'un désert, les antiques sacrifices, tout cela est fort intéressant et captive l'attention du lecteur. L'action marche en même temps; Florentinus ne parvient qu'après des efforts héroïques et à travers mille dangers à délivrer celle qu'il aime, aidé par les bagaudes, tandis que les chrétiens mettent tout en œuvre pour le faire périr victime du fanatisme populaire. Les peines des deux amants sont enfin terminées, leurs parents les unissent, et, pour récompenser les bagaudes de leurs services, Félix leur permet de s'établir sur ses terres.

Comme on le voit, il n'y a daus ce drame ni poignard ni poison; les exorcismes chrétiens et les cérémonies druidiques les remplacent. Nous adresserons au roman de Severa un reproche mérité généralement par tous les romans de ce genre, celui de sacrifier quelquefois la vérité historique. Cette réserve faite, nous rendons pleinement justice à l'exactitude des mœurs, du langage et des faits ; la couleur locale est parfaitement observée et Severa est une bonne page d'histoire.

SÉVÉRAC-LE-CHÂTEAU, bourg de Franco (Aveyron), ch.-l. de cant., arrond. et à 32 kilom. N. de Millau, sur le penchant d'une colline, à peu de distance des sources de l'Aveyron; pop. aggl., 1,120 hab. — pop. tôt., 2,797 hab. Filature de laine, fabrication de cadis; exploitation de houille. Sur une colline qui domine le bourg, on voit les ruines d'un ancien château, dont la chapelle subsiste encore, ainsi que les remparts, qui soutiennent deux plates- formes en amphithéâtre l'une sur l'autre. Des hautes terrasses plantées d'allées donnes, l'œil suit pendant plusieurs kilomètres le cours sinueux de l'Aveyron. Ce château ruiné fut jadis une forteresse importante qui résista à plusieurs assauts. Au commencement du xme siècle, les albigeois s'en étaient emparés et en avaient fait un de leurs principaux boulevards dans le Rouergue ; ils en turent chas-

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ses par Simon deMontfort. Louis Xt assiégea et prit le château de Sévérac en 1443.

SÉVÈRE adj. (sê-vè-re — lat. severus, même sens). Rigide, rigoureux, peu enclin h l'indulgence : Un magistrat sévère. Un père trop sévère, Censeur sévère. Quiconque est plus sévère que les lois est un tyran. (Volt.) lienucotip croient que ta vertu corniste à être SÉVÈRE pour les outres, (A. Karr.) L'adversité, oui nous rend indulgents pour les autres, les rend sévères entiers nous. (Petit-Senn.) La conscience est l' 'accusateur le plus sévère et te juge le plus inexorable, (Beauchène.) Etre sévère à soi-même et indulgent pour les autres est encore plus probité que sagesse. (Bonnin.)

C'est par pitié qu'il faut être sévère.

Lamottb.

Craignei-vous pour vos vers la censure publique, Soyez-vous fi. vous-même un sévère critique.

Boileau.

Il Qui est empreint de rigueur, d'une rigidité opposée à l'indulgence : Un jugement sévère.

Une loi sévère. Une réprimande sévère.

L'esclavage de. la presse était beaucoup moins sévère sous Louis XI V que sous Bonaparte. (Mme de Staël.) Onn'obéitpas longtemps aux lois trop sévères. (Mme de Staël.) Là discipline romaine était si sévère que l'armée ne pasïuit pas un jour sans établir un camp et sans le défendre par un retranchement. (Batissier.) L'arrêt le moins sévère est toujours le plus juste,

h. Arnault.

Une loi trop sévère

Va séparer deux cœurs qu'assemblant la misère.

Racine.'

— Qui exprime la rigueur, la sévérité : Un front sévère. Un regard sévère. Un ton sévère.

D'où vous vient aujourd'hui cet air sombre et sévère?

Boileau.

— Grave, austére? d'une exactitude scrupuleuse : Vertu sévère. Morale sévère, Mœurs sévères. Economie sévère. Vous aves une vertu sévère qui n'entre point dans ta faiblesse humaine, (Mmc de Sév.) L'air de la cour gâte la vertu la plus pure el adoucit- la plus sévère. (M"« de Maint.) Les mœurs sévères conservent les affections sensibles. (Mine de Staël.) Les rois préfèrent ta vanité /laiteuse nu dévouement sévère. (Ohateaub.) liien n'est plus propre à enlever au travail sa physionomie sévère que la variété des études. (Ou. Nodier.) Les études sévères préparent seules aux destinées graves. (Guizot.)

— Qui a plus de régularité que d'agrément : Une beauté sévère.

— Fam. Exorbitant, extraordinaire : Comment! vous ne me devez rien/ en voilà une sévère, par exemple!

— Littér. et b.-arts. Simple et correct : Ornements sèvèrks. Dans sa jeunesse, il s'était nourri des beautés sévères qui régnent dans tes ouvrages de Pindare et de quelques autres poètes lyriques. (Barthél.)

— s. m. Genre sévère : Unir le gracieux

au SÉVÈRK.

— s. f. Erpét. Nom vulgaire d'une espèce de vipère.

— Syll. Sévère, austère, dur, etc. V. AUS- TÈRE.

SÉVÈRE (SAINTE), bourg de France (Indre), eh.-l. de cane, arionu. et à 15 kilom. S.-É. de La Châtre, sur la rive droite de l'Indre; pop. Hggl.,674hilb. — pop. tôt., 1,082 hab. Ce bourg était autrefois une place de guerre très-forte, entourée d'une triple muraille et défendue par un bon château. De toutes ces fortifications, il ne reste aujourd'hui qu'une seule tour lézardée dans toute sa hauteur. Près d'une des anciennes portes s'élève une jolie croix en pierre du temps de saint Louis. Sainte-Sévère, ■ moult noblement murée et close de nobles fossés, » fut enlevée aux Anglais par Dugueselin au xive siècle.

SÉVÈRE 1er, le même que Seftime-SÉvère.

SÉVÈRE II (Flavius Valerius Severus),.

empereur romain, né en Illyrie, d'une famille obscure, mort en 307. Lréé césar par Galère, après l'abdication de Dioclétien (305), puis auguste l'année suivante, après la mort de Constance Chlore , il marcha contre Maxeuce, qui avait pris la pourpre, fut contraint de s'enfermer dans Kuvenne, se rendit à Maxunien, qui, malgré la foi jurée, le traîna captif à Rome et le contraignit à s'ouvrir les veines. Sévère avait régné neuf mois.

SÉVÈRE 111 (Vibius ou Livius Severus), un des derniers empereurs d'Occident, ne dans la Lucanie, mort a Rome en 465. Ricimer, après avoir fait périr Mujorien (461), désigna pour lui succéder Sévère, dont l'incapacité fut le seul litre au trône. Son règne rappelle seulement dans l'histoire les ravages des barbares, qui préludaient au parluge de l'empire romain. Pendant que Genserie et ses Vandales pillaient la Sicile et l'Italie et se rendaient maîtres de la Sardaigno, les Wisigoths dévastaient le midi des Caules, les Saxoi.s fondaient des colonies en Armonque et les Germains s'assura. ent la possession de l'Helvétie. liidilïerent au sort de l'empire, dont un prince plus habile n'aurait pu, il est vrai, que retarder la chute,

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Sévère acheva obscurément sa vie dans le palais où l'avait relégué Rieimer, qui fut même soupçonné de l'avoir fait empoisonner.

SÉVÈRE (Alexandre). V. Alexandre Sévère.

SÉVÈRE {Sulpice-). V. Sulpice- Sévère.

SÉVÈREMENT adj. (sé-vè-re-man — rad.

sévère). D'une manière sévère, avec sévérité ; Punir, châtier sévèrement. Il nous parla Jrès-sÉvÈREMENT. La charité consiste à juger bonnement d'autrui, sévèrement de soi-même. (Nicole.) L'infidélité est, en Italie, blâmée plus sévèrement dans un homme que dans une femme. (Mme de Staël.)

SÉVÉR1E, ancien duché qui dépendait de la Pologne, dans la Russie centrale, et dont ie territoire fait aujourd'hui partie des gouvernements russes de Tchernigov et de Poltava, Les villes principales du duché de Sévérie étaient Tchernigov, Péréislav et Novgorod- Severskoï.

SÉVÉRIEN s. m. (sé-vé-ri-ain). Hist. relig. Sectateur de Tatien et de Sévère.

— Encycl, Les sévériens formaient une branche des encratites. Ils avaient eu Tatien pour premier auteur; Sévère lui succéda et se fit un nom dans la secte. On ne sait, dit Bergier, s'il suivit exactement la doctrine de son maître; il est probable qu'il y ajouta du sien. Pour rendre raison du bien et du mal qu'il y a dans le inonde, il imagina qu'il était gouverné par une trouj.e d'esprits, dont les uns sont bons, les autres mauvais; les premiers, disait-il, ont mis dans l'homme ce qu'il y a de bien, soit dans le corps, soit dans l'âme, comme la raison, les penchants louables, les parties supérieures du corps; les seconds y ont fait ce qu'il y a de mauvais, la sensibilité physique, les passions, source de toutes nos peines, les parties inférieures du corps, etc. On doit de même attribuer aux premiers les aliments utiles à la santé et & la conservation de l'homme, l'eau et toutes les nourritures saines; aux seconds, tout ce qui nuit à la bonne constitution du corps, comme le vin et les femmes.

Eusèbe et Théodoret nous apprennent que les sévériens admettaient la loi, les prophètes et les Evangiles ; qu'ils rejetaient les Actes des apôtres et les Lettres de saint Paul. Suint Augustin dit qu'ils rejetaient l'Ancien Testament et qu'ils niaient la résurrection de la chair, quoique la plupart des encnitites pensassent autrement.

11 ne faut pas confondre les sévériens du ne siècle avec les partisans.de Severus, patriarche d'Antioche, qui, au via siècle, forma un parti considérable parmi les eutychiens ou monophysites.

SÉVERIN (saint), abbé d'Agaune, mort en 508. Issu d'une famille patricienne de Bourgogne, 11 embrassa de bonne heure la vie religieuse dans le monastère d'Agaune, en Valais, et en devint L'abbé. En 504, Clovis l'appela à sa cour et il y opéra diverses guérisons. En revenant dans son monastère, il s'arrêta à Château-Landon, près de Sens, et s'y fixa auprès de deux individus qui y vivaient eu solitaires. Ce fut là qu'il termina sa vie. Une église de Paris a élu placée sous l'invocation de ce saint, dont l'Eglise célèbre la fête le 11 février. — Un autre saint du même nom, mort en 555, se retira, près de Paris, dans une petite cellule, où il se livra à la vie contemplative. Saint Cloud, fils de Clodomir, passa auprès de lui plusieurs années. L'Eglise l'honore le 24 novembre.

SÉVERIN.SI" pape. Il succéda à lionorius eu 640 et mourut dans la même année. Ii n'occupa le trône pontifical que deux mois et quatre jours et fit renouveler la mosaïque de l'abside de Saint-Pierre.

Sévcrin (églisb Suint-). Plusieurs opinions ont été émises au sujet de l'origine de cette église , l'une des plus anciennes de Paris, entre la rue Saint-Jacques et le boulevard Saint-Michel. L'abbé Lebeuf fait de la chapelle Saint-Séverin un oratoire dépendant de la basilique de Saiut-Julien-le- Pauvre. Corrozet, Piganiol de La Force, etc., assurent qu'au temps de Childeborl un solitaire du nom de Se vérin avait établi sa retraite près de lu porte méridionale de Paris. Sa réputation de sainteté engagea vraisemblablement les Parisiens à élever sous son invocation un oratoire à l'endroit qu'il avait choisi pour sa résidence, on peut-être à donner sou nom à une chapelle que lui-même avait fondée.

Quoi qu'il en soit do ces diverses traditions, la chapelle de Saint-Séverin fut brûlée pendant les incursions des Normands. En 1030, elle avait été rétablie, car le roi Henri 1er, qui ia possédait comme une fondation des rois ses prédécesseurs, en fit don à l'évéque de Paris.

Rebâtie sous Je titra d'église archipresbytérale , l'église de Saint - Sêverin , dès le xue siècle, desservait une immense paroisse qui comprenait presque toute la région méridionale de Paris. Cette église fut agrandie h plusieurs reprises. Dans son état actuel, elle ne présente aucun fragment antérieur à la fin du xue siècle. En 1489 el 1490, le collatéral septentrional fut considérablement augmenté et on construisit les chapelles du chevet. Les chapelles du nord et du midi datent de la tin du xv& siècle. Le trésor et la sacristie furent bâtis vers 1540.

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L'église de Saint-Séverin ne possède pas de transsept; elle a la forme d'un parallélogramme terminé par une abside demi-circulaire. A l'angle nord de la façade occidentale s'élève une tour carrée, percée de deux étages de baies ogivales et surmontée d'une flèche très-aigué, coiffée d'un lanternon ; la tour est du xme siècle; son couronnement a été ajouté deux siècles plus tard. Un porche voûté, qui occupe l'étage inférieur du clocher, a, jusqu'à nos jours, servi d'entrée principale à l'église. De chaque côté du portai!, deux lions de pierre, en demi - relief, sont scellés dans les murailles.

La façade occidentale de Saint-Séverin n'offrait pour entrée qu'une simple baie ogivale, sans aucun ornement, lorsqu'en 1837 on y appliqua la décoration de la porte de l'église de Saint-Pierre-aux-Bœufs, qui venait d'être démolie; cette porte est de la première moitié du xme siècle. Les parties supérieures de la façade, galeries à jour, grande rose flamboyante et balustrades, appartiennent au xvie siècle. Une statue moderne de la Vierge se dresse au sommet du pignon.

Les chapelles qui entourent l'église sont surmontées de frontons; des contre-forts décorés de clochetons soutiennent les voûtes; les eaux de la toiture sont rejetées par des ■gargouilles façonnées en animaux fantastiques. A l'angle nord-ouest de l'église, on voit, dans une niche élégante, une statue de saint Séverin.

La grande nef de Saint-Séverin est accompagnée de collatéraux doubles et d'une ceinture de chapelles. Dans les premières travées de la nef, qui datent du xin* siècle, les piliers lourds et trapus ne sont pas en rapport avec l'élévation de la maltresse voûte. Les clefs eu feuillage sont accostées de rigures grimaçantes. Dans les bas côtés et les chapelles, des saints, des religieux se tenant embrassés et d'autres personnages en diverses attitudes font office de consoles aux retombées des arcs. Au collatéral de l'abside se trouvent des colonnes remarquables par leurs formes originales.

En 1G84, le chœur reçut une décoration moderne, dont M"0 de Montpensier rit les frais; l'ancien maltre-autel fit place a une composition dans le goût du temps, surmontée d'un baldaquin dont la coupole est supportée par huit colonnes de marbre, d'ordre composite. Cette décoration fut exécutée par le sculpteur Tubi, d'après les dessins de Le Brun ; on lui reproche avec raison de faire disparate avec le reste de l'édifice.

Les parois des chapelles sont ornées de peintures modernes représentant des épisodes de la légende des saints auxquels elles sont consacrées. La chapelle de Notre- Damed'Espérance, située au sud-est, est presque indépendante du corps de l'église; elle est le siège d'une confrérie très-ancienne.

Saint-Séverin conserve une assez nombreuse série de vitraux, les uns de la fin du xve siècle, les autres des premières années du siècle suivant. On remarque surtout un arbre de Jessô qui développe ses rameaux dans les compartiments de la rose occidentale.

Pendant le moyen âge , on voyait auprès de Saint-Séverin une de ces cellules auxquelles on donnait le nom de réclusoir et clans lesquelles s'enfermaient des pénitentes qui se condamnaient aux plus dures austérités. Du côté du midi se trouvaient un charnier, dont quelques arcades subsistent encore, et l'ancien cimetière paroissial, qui est devenu un jardin pour te curé. On assure que c'est dans ce cimetière que fui tentée, pour la première fois, par le frère Côme, sous Louis XI, l'opération de l'extraction de la pierre.

SEVER1NA (SANTA.-), l'ancienne Siberena, ville du royaume d'Italie, province de la Calabre Ultérieure 11°, district de Cotrone, à 48 kilom. N.-E, de Catanzaro, sur le Neio, ch.-l. de mandement; 1,305 hab. Siège u'archevèché; séminaire. Cette ville, d'origine très-ancienne , fut autrefois très-florissante et porta le titre de duché; elle fut en grande partie ruinée par le tremblement de terre de

SEVË11INA (U)ffia), impératrice romaine.

Elle était liile d'Uipius Criuitus, sénateursous l'empereur Valérien et descendant de Trajan, dont ii avait, disait-on, non-seulement tes talents et le. courage, mais aussi la figure. Or, Ulpius Crimtus, sur la recommandation de l'empereur, avait adopté un vaillant paysan de Puunonie; puis, séduit lui-même, il ne s'en était pas tenu à l'adoption ; il lui avait donné sa. tille Severjna Ulpia et l'avait fait sortir ainsi de sa pauvreté et de l'obscurité, et lui avait frayé lo chemin du tiône.

Ce paysan, en effet, était Auiélien, qui, dans son règne de quatre ans et neuf mois, devuit terminer la guerre des Goths , châtier les Germains qui avaient envahi l'Italie, reprendre a Tetricus la Gaule , l'Espagne et ta Bretagne,

Seierina Ulpia était digne de son époux ; elle suivit AuréUec dans ses expéditions et sut s'attacher les soldats autant par sa bravoure que par ses bienfaits. Austère, sévère en ses mœurs, elle lit revivre sur le trône déshonoré, avili par les turpitudes des filles et des fem.i.es des Césars, les mœurs oubliées depuis plus de deux siècles, celles des matrones romaines du temps de la république. Do son

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mariage elle eut une fille, mariée àSévérien, sénateur sous le règne de Constantin,

SEVEItINO et SEVERO (SAN-), villes du royaume d'Italie. V. San-Sevkrino et San- Severo.

SEVKR1NO (Marc-Aurèle) , médecin italien , né à Tarsia (Calabre) en 1580 , mort de la peste k Naples en 1C5G. On peut la ranger parmi les destructeurs de la scolastique. Il fit ses études médicales à Naples, se lit recevuir docteur et devint professeur d'anatomie et de médecine."L'éclat de son enseignement et la hardiesse de sa pratique attirèrent autour de lui une multitude d'étudiants de toutes les parties de l'Europe. Partisan déterminé de l'emploi des moyens les plus héroïques dont la chirurgie dispose, il combattit hardiment la tradition au nom de l'observation et de l'expérience, substitua l'emploi du fer et du feu aux lenteurs de la médecine expectanta et appliqua ses théories à l'hôpital des Incurables, dont il était chirurgien en chef. Per- | seçuté par ses confrères, il fut destitué et même contraint de chercher un asile à Rome : mais bientôt on le réintégra dans son emploi et dans sa chaire d'anatomie. Il a laissé un assez grand nombre d'ouvrages, parmi lesquels : De abscessuum recondita nalura tibri Vllï (Naples, 1632); c'est un de ses meilleurs écrits; Zootomia democrilea, id est anatome generalis totius animamium opificii (1645), traité estimable d'anatomie comparée, et qui contient le germe de plusieurs découvertes modernes, les glandes de Peyer, les deux tubercules de i'uretre de Graaf, etc.; De efficaci medicina lib. III (Francfort, 1646), traduction française (Genève, 1668); c'est dans cet ouvrage qu'il traite de l'emploi du feu, dont, par réaction , il fait un remède presque universel.

SUVER1MJS (Pierre), médecin et écrivain danois, né à Ripen, dans le Danemark, en 1540, mort en 1602. Il cultiva d'abord la littérature et obtint une chaire de poésie à Copenhague dès t'àge de vingt ans. Malgré ce précoce succès, il abandonna la carrière des lettres pour celle de la médecine et vint faire ses éludes médicales en France, où il passa trois années. De retour dans sa patrie, il fut nommé professeur de météorologie, puis il abandonna ce poste pour accomplir un vo3-ago en Italie et en France. Il s'arrêta k Paris, où il prit son diplôme de docteur eu 1571, et revint en Danemark, où l'attendait le titre de médecin du roi. Severinus est, de tous les disciples de i'écote de Paracelse, dont il adopta les principes, celui qui écrivit avec le plus de clarté ci do bon sens, ainsi que le témoignent les deux ouvrages que nous avons do lui, et qui ont pour titre : Idea niedicinx philosophiez, fnndnmeuta continent totius doctrine Paracelsicm, Hippacratic» et Galeuicx {Baie, 1571, in-4u); L'pislola scripta Tlteophrasto Paracelso (Bàlo, 1572, in-8°).

SÉVÉRITÉ s. f. (sè-vé-ri-te). Miner. Variété d'hailoysite , hydrosilieute d'alumine naturel, ainsi appelée parce qu'on la trouve aux environs de Saint-Sever, dans le département des Landes.

SÉVÉRITÉ s. f. (sé-vé-ri-tô — du Jat. severittis; de severus, sévère). Qualité d'une personne ou d'une chose sévère, rigide, rigoureuse ; La sé\érité d'un juge, d'un père. La sévérité d'un critique. La sévérité d'une lui, d'un arrêt. La sévérité d'une peine. Traiter quelqu'un avec sévérité. La sévùnrriiest quelquefois nécessaire. (Acad.) Il faut mettre à profit l'indulgence de nos amis et la sévérité de nos ennemis. (Vauven/) La sévérité bien ordonnée commence par soi-même. (Mine de Staël.) Les gens médiocres cherchent à se faire valoir par u»e sévérité inexorable. (Condoroet.) Les grands poêles ont infiniment gagné à la sévérii'É du public. (Griimn.) La sévérité n'exclut point la bonté, (Lnliochef.- Doud.) Une extrême sévérité dans tes jugements éloigne plus de la justice que l'indulgence. (La Rochef.-Doud.) La sévérité et l'amour sont les deux puissances efficaces sur te cœur de l'homme. (Guizot.) A chaque instant ie maître est placé entre les inconvénients de la faiblesse et du laisser aller et eux d'une sévérité trop grande. ( M. de Dombasle. J Quand on applique ta sévérité oïl il ne faut pas, on ne mit pins l'appliquer où il faut, (J. Joubert.) Sévérité pour soi, indulgence pour autrui. (Descuiet.) Qui jamais de nos lois n'offense l'équité N'a rien h. redouter de leur sévérité.

L. Racine; . . . Tout pouvoir pcYit par l'indulgence, Et la sévérité produit l'obéissance.

VOLTAIRg.

Sous un air paternel cachez l'autorité", Et mêlez la douceur a la sévérité.

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