‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 337 sur 1059 · C. d'Hahleviixe- Le sexe aime a jouir d'un peu de liberté · texte numérisé non relu

C. d'Hahleviixe- Le sexe aime a jouir d'un peu de liberté

Molière.

Au diable soit le »cxe! il damne tout le monde.

Molière.

Du respect pour le sexe, ou je romps avec vous ; Ses vertus sont de lui, ses défauts sont de nous.

Barthélémy.

— Encycl. Physiol. Les végétaux et les animaux naissent, croissent et meurent : ils ont donc besoin, pour perpétuer leur espèce, de donner naissance, avant de mourir, a des individus qui leur ressemblent. Les organes reproducteurs ne sont pas visibles chez tous les êtres vivants; mais comme il est évident que la génération s'opère dans toutes les espèces, il est permis de conclure que, quoique cachés, les principes reproducteurs n'en existent pas moins. Le végétal et l'animal ont deux modes d'existence, l'un relatif à l'individu et qui disparaît avec lui, l'autre relatif k l'espèce et qui se transmet comme un héritage éternel destiné à la perpétuité „de la race. Ce dernier mode d'existence réside exclusivement dans les organes générateurs, dont les fonctions n'entrent en exercice que lorsque l'individu est suffisamment développé. L'action de ces organes est loin d'être lu même chez tous les êtres animés. On peut la rapporter à trois modes principaux dont le plus simple consiste dans la propagation par bourgeonnement ou par section du corps de l'individu primitif; c'est ainsi que, dans le règne végétal, oh voit tous les jours un bourgeon, une branche ou une racine, séparés de la pla'ite mère et placés dans un Heu propice, donner naissance à un second individu en tout semblable au premier. Dans les derniers degrés du règne animal, ce modo de reproduction s'observe fréquemment. Les polypes d'eau douce et certains annélides, coupés en plusieurs morceaux, donnent autant d'individus différents qu'on a produit de fragments. La seconde manière de reproduction est celle des êtres à double sexe ou hermaphrodites, qui se trouve à la fois dans le règne végétal et dans le régne animai. Enfin, le troisième mode est celui qui demande le concours des deux sexes places sur des individus différents; telle est la génération de tous les vertébrés et de l'homme en particulier.

— Régne végétal. Les plantes se reproduisent presque toutes par hermaphrodisme ; il n'y a que la classe que Linné, dans son système, appelle diœcie qui ne soit point hermaphrodite , et encore on voit souvent dans cette classe les deux sexes se réunir sur un même individu. Toutes les autres plantes sur lesquelles on rencontre la séparation des sexes ne sont que de rares exceptions. Il ne faut point parler des champignons, des algues, des lichens, dont les organes sexuels sont encore inconnus. Les Aeurs dioïques, qui souvent ont perdu par avortement le sexe qui leur manque, le reprennent dans bien des cas et rentrent ainsi dans l'hermaphrodisme. Ce mode de reproduction paraît sans aucun doute appartenir essentiellement aux végétaux. Le juniperus virgiitiatia de Linné se montre tour à tour une année avec des fleurs mâles et une année avec des fleurs femelles. L'hei'iuap/irodiii'iie se présenta de deux manières différentes : l'une qui rapproche et

SEXE

confond les organes sexuels dans une même enveloppe ou une même fleur ; tels sont la plupart des végétaux pourvus d'étamines et de pistils; tels sont encore les mollusques acéphales, la plupart des coquillages, plusieurs vers et infusoires. Le second genre d'hermaphrodisme est celui dans lequel les deux sexes, quoique réunis sur un même indyidu, sont cependant séparés l'un de l'autre; telles sont les plantes que Linné appelle monoïques, comme l'ortie, le maïs, le buis, le bouleau, etc., et parmi les animaux, les limaces, les sangsues, les colimaçons, les lombrics. Ces animaux, nommés androgynes, ne peuvent pas se féconder eux-mêmes; ils ont besoin de s'accoupler pour propager leur espèce. L'hermaphrodisme doit être considéré comme un attribut du règne végétal, et les animaux chez lesquels on le rencontre tiennent en grande partie de la nature végétale ; placés dans les derniers degrés de 1 échelle animale, ils marquent, pour ainsi dire, la transition entre les deux règnes.

L'anatomie comparée appliquée à la physiologie nous montre que les sexes différent entre eux non-seulement par les parties destinées à la génération, mais encore par la conformation générale du corps. Le sexe féminin est essentiellement destiné a recevoir, tandis que le sexe mâle est formé pour donner. La femelle, chez les végétaux comme chez les animaux, produit avant la fécondation un organe particulier, l'œuf, qui doit être animé par la semeuce du inâle. Mais l'eeuf se trouve logé (excepté chez quelques poissons) dans une cavité plus ou moins profonde de la femelle, et le mâle a besoin, pour opérer fa fécondation, d'un organe saillant qui pénètre dans cette cavité. Tous les ani-, maux du sexe mâle sont doués d'organes propres â sécréter la semence, les testicules ou d'autres parties équivalentes, et d'autres organes destinés à évacuer cette semence, organes éjaculateurs, comme la verge ou tou te autre partie analogue. Tous les animaux femelles sont pourvus d'ovaires, d'une matrice ou d'oviductes. Les plantes ont aussi deux espèces d'organes génitaux, qui sontl'ovaire, surmonté d'un seul ou de plusieurs pistils, et l'anthère, chargée de pollen et supportée par l'étamine. Le calice de la fleur, dit Linné, est le lit nuptial; la corolle en représente les voiles et les rideaux, ou plutôt ce sont les analogues des nymphes et du prépuce. Les étamines sont les vaisseaux spermatiques, dont les anthères représentent les testicules. Le stigmate est la vulve, le style du pistil est analogue soit au vagin, soit aux trompes de Fallope; le péricarpe est l'ovaire, comme la graine est l'œuf. La fleur qui no possède que des étamines est maie; celle qui n'a rien que des pistils est femelle ; celle qui possède les deux réunis est hermaphrodite.

— Organes masculins. Chez l'homme et chez beaucoup d'autres animaux, l'organe de la

fénération ie plus important est celui qui est estiné à sécréter la liqueur séminale, c'està-dire le testicule. Cet organe, double, est formé chez les mammifères, comme chez les oiseaux et la plupart des reptiles, d'une multitude de petits vaisseaux, repliés un grand nombre de fois sur eux-mêmes et constituant deux corps glanduleux, arrondis ou ovoïdes, ayant la propriété de sécréter le sperme (v. testicule). Les poissons, les mollusques et les crustacés ont aussi des testicules glanduleux, mais la forme de ces organes varie suivant la structure de l'animal. Chez les poissons, on leur donne le nom de laite; ils constituent deux glandes volumineuses, allongées, situées de chaque côté le long de la colonne vertébrale. Les vers, les insectes, les aruchnides, etc., ont uussi un appareil spermatique; mais les vaisseaux qui le composent, au lieu d'être pelotonnés en forme de glande, ne sont que de simples tubes allongés, plus ou moins nombreux selon les espèces. Quant aux animaux hermaphrodites, ils ont d'un côté l'ovaire et de l'autre le testicule ou les vaisseaux qui le remplacent. Chez l'homme et les animaux supérieurs, les testicules sont au nombre de deux; le contraire est une anomalie ou un état pathologique ; mais il n'en est pas de même dans toute la séria animale. Ainsi, les grenouilles et les salamandres ont les testicules représentés par des espèces de tubercules en plus ou moins grand nombre ; il en est de même des raies et des squales. De chaque testicule part un canal déférent destiné k porter le sperme dans les vésicules sémiuales lorsqu'elles existent; car le lion, le loup, le chien, le chat, le putois, etc., en sont dépourvus; il en est ! de même des oiseaux, des poissons, de la plupart des reptiles, des mollusques, des crus- ' cacés, etc.

Le second caractère du mâle, après le testicule, est une verge ou cui.al quelconque destiné à l'émission de la semence ou à l'intromission dans la femelle chez les espèces qui s'accouplent. Les poissons et les mollusques céphalopodes qui ne s'accouplent pas n'ont pas de verge saillante au dehors; cet organe est seulement remplacé par un orifice excréteur du sperme. Chez l'homme et les mammifères, la verge est munie d'un canal qui, communiquant ù la fuis avec la vessie et les réservoirs du sperme, sert eu même temps à l'excrétion des urines et de la liqueur fécondante. Elle est composée d'un tissu spongieux qui se gorge de sang, se gonfle, entre

SEXE

en érection, et devient ainsi capable de s'introduire dans le canal vulvo-utérin des femelles (v. verge). Quelques animaux, parmi les carnivores surtout, portent dans cet organe un petit os qui sert à soutenir l'érection. Le canal central est sans cesse lubrifié par la sécrétion de quelques glandes placées a, la racine de la verge. Celle-ci est, en ou* tre, pourvue k son extrémité d'un renflement particulier appelé gland, dont la sensibilité est beaucoup plus développée que celle du reste de l'organe. La peau qui recouvre la verge est munie d'un tissu cellulaire sousjacent extrêmement lâche, qui donne aux téguments une grande mobilité; elle s'avança; jusque sur le gland, où elle prend le nom da prépuce, et lui sert comme de fourreau. La prépuce du gland est retenu en dessous pai* une petite bandelette appelée frein ou filet ; la même disposition s'observe au-dessous de la langue. Chez l'homme et un grand nombre d'animaux, la verge est libre et pendante ; chez quelques espèces, elle est maintenue par un fourreau membraneux. La verge de l'éléphant, forte et pesante, est soutenue par un ligament particulier et se recourbe en S dans son fourreau; celle des chameaux et des dromadaires est tellement repliée en arrière, que ces mammifères urinent du côté de l'anus. Néanmoins, pendant l'érection, l'organe copulateur Se redresse et l'accouplement n'a pas lieu k reculons comme on le croyait autrefois. Tous les ruminants, en général, et le taureau en particulier, sont pourvus de muscles rétracteurs du prépuce et de la verge, de sorte qu'après l'accouplement l'organe copulateur est ramené dans son fourreau par l'action musculaire; tous les solipèdes, le cheval, l'âne sont dans ce cas. Chez les marsupiaux, les testicules et le scrotum sont situés au devant de la verge, contrairement k ce qu'on observé chez tous les mammifères, où le scrotum est placé en arrière. Les cétiicés ont la verge très-longue; celle de la baleine a 3 mètres environ de longueur.

Le gland est destiné à remplir un double but dans l'acte de la copulation. Sa sensibilité très-exquise, mise en jeu et augmentée par les frottements, produit un chatouillement propre à, stimuler davantage et à favoriser 1 excrétion de la semence. De plus, le renflement du gland, auquel sont dus en partie tous ces phénomènes , est tellement considérable dans quelques espèces, comme le chien, le loup, le renard, que le mâle, pendant la copulation, reste adhérent à la femelle; cette adhérence est encore favorisée par la contraction du vagin de la femelle. Une pareille disposition devient nécessaire si l'on considère que chez les unîmaux où on la rencontre il n existe point de vésicules séminales, que le sperme s'écoule très-lentement et que la fécondation n'aurait point été accomplie si ces animaux avaient pu se séparer trop tôt. Chez les didelphes, la vulve est double, ainsi que la matrice; aussi le gland des mâles est bifide et chaque branche de bifurcation qui pénètre une cavité utérine est pourvue d'un canal excréteur du sperme. Les chats, les lions, les tigres, les hyènes ont le gland hérissé d'épines ou hameçons recourbés en arrière, qui causent à ces carnivores de vives douleurs au milieu des plaisirs de la copulation ; il en est de même du cochon d'Inde, dont le gland est armé de deux crochets.

Chez les oiseaux, la verge consiste en un tubercule vasculaire, érectile, placé au voisinage de l'anus et que le mâle applique, sans intromission, sur 1 orifice du cloaque de la femelle. Le sperme est éjaculé en très-petite quantité, et souvent il sert, comme dans la poule, à féconder les œufs qui seront pondus pendant plusieurs jours de suite. L'autruche et le casoar ont la verge beaucoup plus longue; mais au lieu d'être percée d'un canal, elle est simplement creusée d'un sillon longitudinal par lequel s'écoule la semence. Chez le cygne, l'oie, le canard, la cigogne et la plupart des échassiers, la verge consiste en un canal membraneux qui, à 1 état de repos, rentre dans une poche voisine du rectum, à la manière d'un doigt de gant, tandis que pendant l'érection il en sort de la même façon.

Parmi les reptiles, les uns n'ont qu'une verge; tels les grands lézards, les crocodiles, les tortues; d'autres en ont deux, comme les petits lézards et les serpents ; d'autres enfin n'en ont aucune, comme les batraciens. Les reptiles à verge unique ne l'ont pas percée d'un canal central, mais pourvue d'un sillon longitudinal comme celle des oiseaux. La double verge des serpents et des lézards k deux pénis est hérissée d'épines et placée au-dessous de la queue. Quelques-uns même ont les deux verges bifurquées, de sorte qu'ils paraissent en avoir quatre. Les batraciens dépourvus de pénis, tels que les grenouilles et les crapauds, ont les pattes munies de pouces ou pelotes destinées à cramponner la femelle qu'ils fécondent au moment où elle pond les œufs (v. fécondation). Les poissons cartilagineux paraissent conformés à peu près de la même façon que tes batraciens. Les mâles portent pies de l'anus deux crampons qui leur servent à saisir fortement la femelle pendant l'accouplement, qui n'est que l'abouehejnent des canaux spermatiques du îuâle à l'orifice de l'oviducte des femelles. Les autres poissons manquent complètement de

SEXE

verge et ne fécondent les osufa des femelles qu'après la ponte.

Parmi les mollusques, les uns hermaphrodites, les autres unisexuels, on en trouve plusieurs qui ont une verge très-développée et située tantôt près de la cavité branchiale, tantôt sur l'un des tentacules ou cornes. Les annélides, tels que les sangsues et les lombrics, ont pour la plupart une double vergo et deux oviductes ou vagins ; ces animaux ne peuvent se reproduire que par accouplement réciproque, c est-à-dire que la vergo de l'un pénètre dans le vagin de l'autre, et réciproquement.

Parmi les crustacés , tels que les écrevisses, les crabes et tous les décapodes, les mâles ont un double pénis k la base du corselet, tandis que les femelles sont pourvues de deux vulves pour les recevoir. Chez les araignées, les mâles ont la verge, ordinairement double, placée sur la têt" et aux palpes des mâchoires, tandis que les femelles ont lu vulve sous l'abdomen. Cette disposition favorise la fuite des mâles après l'accouplement, car ces animaux sont tellement féroces qu'ils s'entie-dévorent quand l'amour ne les contraint pas a s'unir. Un seul accouplement suffit pour féconder plusieurs pontes. Les libellules ont le pénis situé à la naissance de l'abdomen, tandis que la vulve se trouve ù l'extrémité; aussi l'accouplement peut-il s'opérer même en volant. Pour tous les autres insectes en général, le pénis et la vulve se trouvent a l'extrémité de l'abdomen. Seulement, dans la plupart des espèces, l'organe mâle est accompagné de crochets, de lames, de tentacules ou de pinces particulières, tous moyens mécaniques destinés il retenir la femelle ou à favoriser l'accouplement. Chez la mouche, ainsi que chez tous les insectes diptères, le pénis des mâles est très-court, tandis que la vulve des femelles se déploie au dehors et vient au-devant de l'organe mâle pour le recevoir. On croirait, d'après les ap-

farences, que les rôles sont changés dans acte de la tècondation. Quant aux zoophy tes, ils sont tous hermaphrodites ou androgynes, et l'étude de leurs organes génitaux, outre la difficulté qu'elle présente, n'offrirait aucun intérêt.

— Organes féminins. Les parties essentielles des organes génitaux femelles sont les ovaires, lieu où prend naissance la germe féminin, et la matrice ou l'oviducte, lieu destiné à recevoir le produit de la conception qui en sera tôt ou tard expulsé. Chez lu femme et chez tous les mammifères, les ovaires, au nombre de deux, sont des organes glanduleux situés de chaque côté de l'utérus, avec lequel ils communiquent par deux petits canaux appelés trompes de Fallope et oviduetes chez les autres animaux (v. ovaire). L'ovule ou œuf des mammifères se développa dans les ovaires, comme le sperme dans les testicules du mâle ; il constitue le germe de la femelle, et la fécondation n'a lieu que par le contact du sperme avec l'ovule dans les organes féminins. Après que la liqueur séminale a imprégné l'ovule, celui-ci passe dans la cavité utérine où se développera peu & peu le nouvel animal. Chez les oiseaux , l'ovaire est unique, en forme de grappe et beaucoup plus manifeste que chez les mammifères. Les œufs sont aussi beaucoup plus gros, et ceux qui se rapprochent de l'oviducte sont presque mûrs et prêts à être pondus. Les reptiles n'offrent que très-peu de différence avec les oiseaux quant it l'ovaire et à l'oviducte. Les poissons femelles ont deux ovaires très-volumineux et chargés d'une quantité d'osufs innombrable; mais ceux-ci ne sont fécondés qu'après la ponte, excepté dans quelques espèces. Un grand nombre de mollusques et d'insectes portent des ovaires analogues à ceux des quadrupèdes.

L'utérus et l'oviducte n'existent pas chez toutes les femelles. Le premier de ces organes ne se trouve que chez les vivipares. Tantôt simple, tantôt double, l'utérus, dans la cavité duquel se développe l'embryon, est formé de parois vasculaires. Sur la face interne de ces parois se forme un organe particulier, le placenta (v. ce mot), destiné à fournir les éléments de nutrition au nouvel être (v. utérus). Les animaux ovovivipares, c'est-à-dire ceux dont les œufs éclosent dans la cavité abdominale, sont complètement dépourvus de matrice; l'éclosion a lieu dans des oviductes qui ne fournissent aucune substance nutritive k l'embryon, et celui-ci est expulsé presque aussitôt après la naissance. Ce mode de génération sobserve chez les Vipères, les squales milandres, les seps, les Chalcides, etc. Les trompes de Fallope, chez les mammifères, représentent les oviductes des ovipares; de sorte que les premiers possèdent la matrice de plus que les seconds. Les oviductes servent non-seulement à l'expulsion des œufs, comme leur nom l'indique, mais encore à l'introduction du sperme pour la fécondation. Ces organes différent de l'utérus, en ce que l'embryon séjourne iongtBmps dans la cavité do ce dernier, tandis que les œufs ne fun-.. pour ainsi dire, que passer à travers les ti fiducies, où ils s'entourent ordinairemen'. .j'une mi-n^re calcaire. Chez tes mollusques et les infectes, on doit considérer comme oviductes les conduits des ovaires, alors même que cas conduits sont doubles ou multiples. La sangsue, le ver de terre et presque tous les annélides sont également pourvus

SfiXM

d'oviductes, La coque calcaire qui enveloppe les œufs ne se rencontre que chez les oiseaux ; les œufs des reptiles et des poissons en sont totalement dépourvus. Enfin, le sexe féminin, chez tous les animaux pourvus de matrice ou' d'oviductes, est caractérisé par une ouverture extérieure, simple ou double, appelée vulve et destinée à recevoir les organes mâles fécondants. C'est au voisinage de la vulve que sont situées les parties les plus sensibles a la volupté.

Les sexes ne diffèrent pas seulement entre eux par les organes génitaux , mais encore par tout le physique et même par le moral. Le mâle et la femelle n'ont pas la même conformation des membres ; ils n'ont pas les mêmes mœurs, les mêmes habitudes, le même caractère, les mêmes passions ; on trouve des différences jusque dans les maladies. En général, les forces vitales sont plus développées chez les mâles que chez les femelles ; les épaules sont plus larges, plus épaisses, plus fortes ; les membres mieux musclés. La femme a des formes arrondies et gracieuses; les dépressions laissées par les espaces intermusculaiies sont remplies de tissu cellulaire. Les hanches et le bassin sont larges, évasés, les cuisses fortes et plus écartées, les mamelles beaucoup plus développées et plus saillantes. Le système osseux de l'homme est plus développé que celui de la femme ; il en est de même du système pileux. La peau, chez le premier, est rugueuse et d'une couleur terne, tandis qu'elle est douce, lisse et blanche chez la femme. Les femelles de plusieurs espèces animales, telles que lézards, tortues, serpents, grenouilles, poissons cartilagineux et osseux, crustacés, insectes, sont d'une taille plus considérable que les mâteS ; cette différence tient en grande partie à l'ampleur de la région abdominale destinée à recevoir une plus ou moins grande quantité d'œufs. Les femelles des oiseaux de proie sont également plus fortes que les mâles. Chez les mammifères, les poils de la femelle sont plus mous, plus rares et d'une teinte plus claire que ceux des mâles. Cette distinction est surtout remarquable parmi les oiseaux, dont les femelles nont jamais que des nuances ternes et pâles, tandis que les mâles sont ornés des plus éclatantes couleurs, au cou, aux ailes et sur différents points du corps. La voix est encore un caractère distinctif entre le mâle et la femelle. Le larynx de celle-ci présente une organisation plus déliée, plus molle que celle du mâle ; aussi la voix est-elle plus aiguë et plus faible. La parole est plus forte chez l'homme, plus tendre et plus douce chez la femme. Parmi les oiseaux, cette différence est bien plus remarquable encore; les mâles chantent seuls, les femelles n'ont que de légers cris pour exprimer leurs sensations. Quant aux sentiments du cœur, à la sensibilité tendre, à l'attachement pour la famille, à l'amitié, le sexe féminin les possède à un degré plus développé que le sexe masculin ; les sollicitudes de la maternité en sont une preuve irrécusable. Les femelles atteignent le terme de leur accroissement beaucoup plus tôt que les mâles ; leur adolescence et toutes leurs facultés intellectuelles sont plus précoces ; elles sont plus tôt capables d'engendrer; mais cette précocité, qui paraît dépendre de la petitesse des organes et de l'activité du système nerveux, est compensée par une vieillesse plus rapide et par la suspension des fonctions génitales, qui persistent plus longtemps chez le mâle. L'époque la plus favorable à la génération est la période intermédiaire de l'âge, à ce moment où toutes les fonctions animales et végétatives ont acquis leur entier développement. Le mâle et la femelle sont portés l'un vers l'autre par une force irrésistible ; ! tout en eux respire l'amour.

SEXENNAL, ALE adj. (sè-ksènn-nal, a-le — du préf. sex, et du lat. annus, année). Qui a lieu tous les six ans.

SEXENNALITÉ s. f. {sè-ksènn-na-li-té — rad. sexennal). Qualité de ce qui est sexennal, de ce qui revient tous les six ans.

SEXFASCIÉ, ÉE adj. (sèk-sfa-si-é — du ' préf. sex, et de fascié). Hist. nat. Qui est marqué de six bandes colorées.

SEXFIDE adj. (sèk-sfi-de — du préf. sex, I et du lat. findere, fendre). Hist. nat. Qui est I divisé en six parues.

SEXFLORE adj. (sèk-sflo-re — du préf.

sex, et du lat. flos, fleur). Bot. Qui porte six lieurs.

SEXFORÉ, ÉE adj. (sèk-sfo-ré — du préf. sex, et de foré), Hist. nat. Qui est percé de six trous.

SEXIES adv. (sè-ksi-èss — mot lat. dérivé de sex, six). Six fois ; s'emploie quand on compte par les adverbes latins semet, bis..,

SEXIFÈRE adj. (sè-ksi-fè-re — du lat.

sexus, sexe ; fero, je porte). Hist. nat. Qui est muni d'organes sexuels : Animal siixi-

l-'GRE, Plante SEXIFÈRE.

SEXJUGtJÉ,ÉE adj. (sèk-sju-ghé — du préf. sex, et du lat. jugum, paire). Bot. Qui a des feuilles composées de six paires de folioles.

SEXLOCULAIRE adj. (sèk-slo-ku-lè-re — du préf. sex, et de loculaire). Bot. Qui est partagé en six loges.

SEXMACULÉ, ÉE adj. (sèk-sma-ku-lé — du pref. sex, et de maculé). Hist. nat. Qui porte six taches colorées.

SEXT

SEXOCTODÉCIMAL, ALE adj. (sè-gzokto-dé-si-inal, a-le — du lat. sex, six; octo, huit, et de décimal). Miner. Se dit d'un cristal qui a la forme d'un prisme à six pans, avec des sommets à neuf faces.

SEXOMjE, nom latin de SoisSONS.

SEXPONCTUÉ, ÉE adj. (sèk-spon-ktu-é — du préf. sex, et de ponctué). Hist. nat. Qui est marqué de six points colorés.

SEXP0STULÉ, EE adj. (sèk-spu-stu-lè — du pref. sex, et de pustule). Hist. nat. Qui porte six taches semblables à des pustules.

SEXRAYONNÉ, ÉE adj. (sèk-srè-io-né — du préf. sex, et de rayonné). Hist. nat. Qui est marqué de six lignes rayonnées.

SEXSÉTACÉ adj. (sèkss-sé-ta-sé — du préf. sex, et de sétacé). Hist, nat. Qui porte six soies, six longs poils roides.

i SEXTAN, ANE adj. (sèk-stan, sta-ne — du lat. sextus, sixième). Pathol. Se dit d'une fièvre qui revient tous les six jours : Accès sextan. Fièvre sextank.

SEXTANT s. m. (sèk-stan — du lat. sextaus, sixième partie). Mathém. Sixième partie du cercle. Il Instrument à réflexion, portant un limbe égal à la sixième partie du cercle.

— Astron. Sexlaiit d'Ûrauie, Constellation de l'hémisphère méridional.

— Antiq. rom. La sixième partie de l'as.

— Encycl. Astron. Le sextant dont se servent les marins pour mesurer les angles est un des instruments à réflexion qui offrent ce précieux avantage de pouvoir être employés par un observateur en marche ou participant à un mouvement irrégulier, sans autre support qu'une main un peu assurée. Il se compose essentiellement d'un aie divisé ou limbe de 60° environ, c'est-à-dire d'un sixième de la circonférence (d'où lui vient son nom de sextant; l'instrument prend le nom d'octant lorsque l'arc n'est que de 45"); d'une lunette fixée parallèlement au plan du limbe a l'un des bras qui relient les extrémités de ce limbe au centre ; d'une petite glace rectangulaire mm fixée sur l'autre bras perpendiculairement au plan du limbe, de manière que son centre se trouve dans l'axe optique de la lunette, et étamée seulement dans la partie située au-dessous du plan parallèle à celui du limbe passant par la ligne de visée ; enfin

SEXT

d'un miroir un mobile autour de la perpendiculaire au plan du limbe menée par son centre et fixé à une alidade terminée par un vernier dont le zéro, situé dans le prolongement du plan du miroir mobile, parcourt les divisions du limbe. L'appareil est établi de manière que la ligne 00' des centres des deux miroirs et la ligne de visée de la lunette fassent des angles égaux avec la normale au miroir mm. Pour se servir de l'instrument, on le tient de la main droite par une poignée, la main gauche prête à saisir l'extrémité de l'alidade pour la faire glisser rapidement sur le limbe, ou à mettre en mouvement les vis de rappel destinées à produire avec précaution les déplacements plus, lents; on dirige le plan du

SEXT

limbe de manière qu'il contienne les deux objets dont on veut déterminer la distance apparente et on dirige la lunette vers l'un d'eux de manière à le voir directement à travers la partie non étamée de la glace mm ; en même temps, on fait marcher l'alidade de façon que l'image du second objet doublement réfléchie sur le miroir nn d'abord, sur la partie étumée de la glace mm ensuite, parvienne dans le champ de la lunette ; alors on se Sert de la vis de rappel pour amener l'alidade et, par suite, le miroir mi dans une position telle que l'image du second objet coïncide aussi exactement que possible avec la perspective du premier. Quand on est arrivé à ce point, la lecture de la division du limbe à laquelle est arrêté le zéro du vernier donne l'angle cherché des rayons visuels menés aux deux objets. Voici comment : le premier objet A est placé dans la direction de la ligne de vi-

sée LL ; quant au second B, si l'on veut avoir la ligne au bout de laquelle il se trouve, il suffit de mener OB faisant avec la normale ON au miroir nn un angle égal à NÛO; l'angle cherché est celui de BO avec AO'. Or, cet angle est la différence de BOO' et de OO'L ou le double de la différence entre NOO-' et N'O'O, c'est-à-dire le double de l'angle des normales NO, N'O', ou, ce qui revient au même, des plans des deux miroirs. Cet angle des plans des deux miroirs sera donné par la lecture de la division du limbe à laquelle correspond le zéro du vernier, si le zéro du limbe correspond au point où touche celui du vernier lorsque les miroirs sont parallèles. C'est précisément ce que l'on a soin de faire dans la construction de l'instrument.

Quelque bien construit que soit le sextant, on peut toujours craindre que le zéro du limbe ne corresponde pas exactement au point où tombe le zéro du vernier lorsque les deux miroirs sont parallèles. Il est doue bon d'en faire la vérification qui, si elle ne réussît pas complètement, donnera lieu à une correction constante à faire à lous les résultats des observations. Il ne s'agit que d'amener les deux miroirs à un parallélisme rigoureux. Or, pour cela il suffit de disposer l'alidade dans une position telle que l'on voie confondues la perspective et l'image d'un même objet; car l'angle des plans des miroirs étant, d'après les explications précédentes, la moitié de la distance angulaire de deux objets A et B, tels que l'image de l'un se confonde avec la perspective de l'autre, si B coïncide effectivement avec A, la distance angulaire étant nulle, l'angle des plans des miroirs est nul aussi. En général, la vérification indique une petite erreur dans la position du zéro du. limbe; la petite fraction d'une des divisions qui exprime cette erreur doit être ajoutée ou retranchée de tous les résultats des observations, suivant que le zéro est trop éloigné ou trop rapproché de l'extrémité la plus voisine du limbe.

La condition que les plans des deux miroirs soient exactement perpendiculaires à celui du limbe n'était pas toujours parfaitement

remplie, même dans les instruments les plus soignés j aussi a-t-on préféré laisser à ces deux miroirs une certaine mobilité autour d'axes parallèles au plan du limbe. On les amène dans la position' perpendiculaire au moyen de mouvements obtenus avec des vis micrométriques. Pour s'assurer que le miroir nn est bien perpendiculaire a,u plan du limbe, il suffit d observer directement une portion de l'arête du cercle divisé et en même temps son image dans le miroir; si l'image parait former le prolongement de l'arc luimême, sans aucun coude, la perpendicularité est assurée.

Le miroir nn étant bien exactement perpendiculaire au plan du limbe, il est impossible qu'il n'en soit pas de même de l'autre mm, si l'image d'un objet peut être amenée en coïncidence exacte avec sa perspective.

Enfin, comme l'axe optique de la lunette pourrait ne pas être parallèle au plan du limbe, on le rend mobile pour pouvoir le diriger convenablement au moyen d'un mouvement lent. Pour cela, on place l'instrument sur une table et on prolonge par la vue le plan du limbe de manière à déterminer sur un mur placé à 15 ou 20 mètres une ligne à peu près horizontale; mais sa direction importe peu. On relève cette ligne d'une hauteur égale k la distance de l'axe optique au plan du limbe et on vise avec la lunette la seconde ligne tracée sur le mur. Si la ligne de visée est parallèle au plan du limbe, l'axe optique prolongé doit rencontrer cette ligne.

Habituellement, la lunette est mobile dans le sens perperpendiculaire au plan du limbe. Cette disposition permet d'amener l'axe optique soit dans le plan parallèle au limbe passant parla ligne de séparation de la glace mm, soit au-dessous, soit au-dessus, de façon à augmenter un peu et à volonté soit l'éclat de l'image, soit celui de l'objet vu directement, selon les besoins de la vue distincte. Quand on relève la lunette, on voit mieux l'objet visé directement et moins bien celui dont on ne perçoit que l'image réfléchie; le mouvement contraire produit les résultats contraires.

Les mouvements involontaires de l'observateur ne permettant pas d amener avec certitude la coïncidence des deux images au centre optique même de la lunette, on se sert, au lieu d'une simple croisée de fils, d'un réticule composé de quatre fils formant un carré à l'intérieur duquel seulement on s'efforce de maintenir les images.

On évite ordinairement à l'opérateur l'obligation de multiplier par 2 l'angle observé sur le limbe, en doublant d'avance les nombres qui y sont inscrits.

On estime qu'un bon sextant habilement employé peut donner les angles à une minute près.

SEXTARIUS s. m. (sèk-sta-ri-us — mot lat. dérivé de sextus, sixième). Métro!, anc. Mesure de capacité usitée chez les Romains, pour les liquides et les matières sèches, et valant O'i',55.

SEXTE s. f. (sèk-ste — du lat. sextus, sixième). Chronol. Troisième des quatre parties du jour, chez les Romains, commençant à midi.

— Liturg. Une des heures canoniales, qui se récitait autrefois à la sixième heure, c'està-dire vers midi : Chauler sextb. L'hymne, les psaumes de sexte,

— s. m. Sixième livre des Décrétâtes, rédigé par ordre de Boniface VIII.

— Adjectiv. Anc. coût. Registre sexle, Cadastre.

SEXTÊ s. m. (sèk-sté — du lat. sextus, sixième). Livre où les receveurs des gabelles inscrivaient le nom de ceux qui devaient prendre du sel à leur grenier.

SEXTE LL AGE s. m. (sèk-stèl-la-je — du lat. sextus, sixième). Féod. Droit qui se payait au seigneur par chaque setier de blé vendu sous les halles aux foires et marchés de la seigneurie, il On trouve aussi sextérage.

SEXTÉRAGE s. m. (sèk-sté-ra-je — du lat, sextaiius, setier). Anc. cout. V. sextellage.

SEXTIDI s. m. (sèk-sti-di — du lat. sextus, sixième; dies, jour). Chronol. Sixième jour de la décade, dans le calendrier républicain.

SEXTIFORME adj. (sèk-sti-for-me — du lat. sextus, sixième, et de forme). Miner. Qui se présente en cristaux offrant la réunion de six formes différentes.

SEXTIL, ILE adj. (sèk-stil, i-le — lat. sextilis; de sextus, sixième). Astron. Se dit de la position de deux planètes éloignées l'une de l'autre de 60» : Aspect sextile.

— Chronol. Année sextile, Dans le calendrier de la république française, Année qui avait un sixième jour complémentaire, il Jour sextil, Sixième jour complémentaire.

— s. m. Chronol. Chez les Romains, Nom du mois d'août, sixième mois de l'année, qui fut ensuite appelé du nom de l'empereur Auguste.

SEXTILLION s. m. (sèk-sti-li-on — du lat. sextus, sixième). Arith. Nombre de mille quintillions,

SEXTINE s. f. (sèk-sti-ne — du lat. sextus, sixième). Anc. littér. Pièce composée de stances de six vers, tous terminés par les mêmes mots, mais dans un ordre différent, de façon que le premier, le second, le troisième, le quatrième, le cinquième, le sixième, dans une stance, deviennent sixième , premier, cinquième, deuxième, quatrième et troisième dans la stance suivante.

SEXTIUS LATERANUS (Lucius), consul romain. V. Laterakus.

SEXTIUS CALVI1SUS (Caïus), consul romain l'an 124 av. J.-C. 11 fut envoyé dans la Gaule Transalpine, vainquit les tribus des Salyes, eu Provence, et fonda, sur un emplacement fécond en sources thermales, une ville qui prit de lui le nom d'Aquœ Sexlite. Aujourd hui Aix.

SEXTIUS (Publius), consul romain. Il vivait au i« siècle avant notre ère. Questeur de C. Antonius, collègue de Cicéron dans le consulat (63 ans av. J.-C.) et qui favorisa secrètement la conjuration de Catilina, Sextius, après avoir fait passer à Cicéron des avis secrets, où sans dou:e la connivence de son chef était dévoilée, prit part à la victoire de Pistoie et suivit Antonius en Macénoine. Défendu et sauvé par Cicéron dans une accusation de concussion, il manifesta sa reconnaissance envers l'orateur en obtenant plus tard, après de courageux efforts, son rappel de 1 exil. Accusé de crime contre l'Etat, il fut encore défendu par Cicéron, dont le plaidoyer nous a été conservé {Pro Sextio). Enfin, l'an 53, après avoir été nommé préteur, il fut pour la troisième fois mis en accusation comme coupable de brigues et fut condamné à l'exil.

SEXTIUS (Quintius), philosophe romain. Il vivait au i" siècle avant notre ère, du temps de Jules César, appartenait à une riche famille patricienne et avait acquis un vaste savoir. César l'engagea à entrer dans les hautes charges de la république ; mais Sextius, entrevoyant la dévorante ambition de cet homme et craignant de n'être qu'un instrument entre ses mains, refusa. Profondément iiffeeté de l'état d'avilissement dans lequel était tombée la république, il eut un instant, au rapport de Plutarque, l'idée de mettre fin à ses jours. Toutefois, il renonça à ce projet, partit pour Athènes, où les sciences llonssaient encore, et se livra avec passion

SEXT

à l'étude de la philosophie. Ce fut en grec qu'il écrivit plusieurs traités, qui lui ont mérité les éloges de Cicéron, de Sénèque, de Pline, de Plutarque, de Porphyre, et dans lesquels ileondensa enquelque sorte l'essence de trois philosophies, celle de Pythairore, celle du Portiqur-' et celle d'Epi^tire, Comme il n'était pas homme à se contenter de pures spéculations philosophiques, il se proposa d'honorer sa doctrine par ses mœurs. Il essaya d'arriver a la perfection en se défaisant chaque jour de quelque défaut; pour y parvenir, il avait coutume de faire tous les soirs son examen de conscience ot de se demander à lui-même quel progrès il avait fait dans la vertu. Il suivait en cela le conseil de Pytbagore, qui disait qu'il y avait dans le jour deux moments où il ne fallait être occupé que de sa conscience, le moment du coucher et le moment du lever.

Sextius ne négligea pas cette partie de la philosophie que les anciens appelaient économique. C'est ce qui résulte d'un passade de Pline lu Naturaliste, qui rapporte (1. XVIII, c. xxvm, num. 08) qu'à l'exemple de Démocrite, ayant prévu qu'il y aurait une mauvaise récolte d'olives, Sextius fit un trèsgrand achat d'huiles, sur lesquelles ayant réalisé un grand profit il distribua sou gain h. ceux dont il avait acheté la marchandise, content d'avoir prouvé qu'un philosophe pouvait se procurer des richesses lorsqu'il voulait faire usage de ses connaissances dans ce but. M»is il paraît, d'après Sénèque, que Sextius ht sa principale étude de la morale. « Quelle force, dit Sénèque (64<s lettre), dans les ouvrages de Sextius I Ils sont d'un ton fort supérieur à ceux des autres philosophes... Il m'élève l'âme... Dans quelque situation que je sois, lorsque je le lis, je ne crains plus rien... Il m'enseigne la venu, n

Un des principes de la philosophie de Sextius était de s'abstenir de la chair des animaux ; mais c 'était par une autre raison que Pythagore. <■ C'est, disait-il, s'accoutumer à la cruauté que de répandre le sang des animaux. » Sextius forma une secte qui devait s'attacher à faire du bien à autrui, fût-ce au prix d'une abstinence qu'on s'imposerait à soi-même. Il prérh.iit ainsi à l'avance, disons plus, il pratiquaitlamoraleévangélique avant la naissance de Jésu.s-Christ; si bien qu'un livre des sentences de Sextius recueillies dans les divers auteurs qui ont parlé de lui a passé pour être l'ouvrage d'un chrétien. La fortune de ce petit livre a été très-bizarre. Ruiin le traduisit du grec en latin et l'attribua au pape Sixte II. Pelage le cita comme faisant autorité dans l'Kglise. Saint Augustin le prit un moment pour un ouvrage chrétien; mais dans la suite il resta convaincu qu'il n'était point d'un évêque de Rome, mais d'un philosophe païen.

SEXTO adv. (sèk - sto — mot lat. formé de sextus, sixième). Sixièmement ; s'emploie pour désigner le sixième objet d'une série, quand on a commencé k compter par primo, secundo, etc.

SEXTRIGÉSIMAL, ALE adj. (sèk-stri-jé- 2i-mul, a-le — du préf. sex, et à&trigésimal). Miner. Se dit d'un cristal qui a trente-six faces.

SEXTULE s. f. (sèk-stu-le — du lat. sextula, formé de sexlus, sixième). Métrol. anc. Sixième de l'once chez les Romains. II Soixante- douzième partie de l'as ou unité quelconque.

SEXTUOR S. m. (sèk-stu-or — du lat. sexlus, sixième). Mus. Morceau à six parties, pour .six voix ou six instruments : Exécuter

un SEXTUOR.

— Encycl. Le sextuor vocal est toujours accompagné soit par l'orchestre, soit par le piano; quant au sextuor instrumental, il se borne toujours aux six instruments pour lesquels il est comi-osê. En oe qui concerne la forme des morceaux de ce genre, nous n'avons guère qu'à renvoyer ie lecteur à ce qui a été dit dans le Grand Dictionnaire aux

mots DUO, TRIO, QUATUOR, QUINTETTE. Le SeX-

tuor vocal n'est guère employé que dans l'opéra, et sa structure dépend surtout de la nature des paroles, de la coupe des vers et de la situation à traiter. Pour ce qui est du sextuor instrumental, il renouvelle généralement les formes des morceaux qui, comme lui, rentrent dans la catégorie de ce qu'on appelle musique de chambre. Le célèbre pianiste Henri Bcrtini a composé toute une série de sextuors pour piano, deux violons, alto, violoncelle et contre-basse, qui peuvent être considérés comme des modèles. Devienne, l'auteur aimable de plusieurs opéras charmants, les Visitaudines, les Comédiens ambulants, etc., est l'auteur d'un grand nombre de sextuors pour instruments à vent. Dans oe dernier ordre d'idées, les sextuors pour deux hautbois, deux bassons et deux cors sont d'un excellent effet, et les sonorités onctueuses de ces divers instruments se marient d'une façon admirable.

SEXTUPLE adj. (sek-stu-ple — lat. sextuplus; de sex, six). Qui vaut six fois autant : Vingt-quatre est suxtuflk de quatre.

— Anc. mus. Mesure sextuple, Celle qu'on formait en réunissant en une seule deux mesures k trois temps.

— s. m. Numbre sextuple : Le sextuple de six est trente-six.

SEXT

SEXTUPLER v, a. ou tr, (sèk-stu-nlé — rad. sextuple). Rpndre sextuple, multiplier par six : Sextupler un nombre, une quantité.

SEXTUS DE CHÉRONÉE, philosophe grec qui vivait, suivant l'opinion générale, vers la fin du ne siècle de notre ère et sur l'existence duquel on ne possède aucun renseignement. On a da lui cinq livres de morale, publiés par Henri Kstienne à la suite de son édition de Diogène Laërce (1750, in-8°), par Fabricius dans le XIIe volume de la Bibliothèque grecque et par Orelli de Zurich dans son Opuscula veterum Grsecorum sententiarum.

SEXTUS EMP1R1CUS, philosophe, astronome et savant médecin grec, ainsi surnommé parce qu'il avait adopté I empirisme en médecine, né, très-probablement à Mitylène. Il florissait au commencement du me siècle de notre ère. Il ne reste rien de ses écrits sur l'art do guérir. C'est surtout à ses ouvrages philosophiques qu'il doit sa célébrité. Nous en possédons trois, où il expose les principes du scepticisme avec une clarté et une précision remarquables. Les Hypotyposes pyrrhoniennes résument tout le plan du scepticisme, c'est-à-dire les inodes de la suspension, l'histoire et la critique du dogmatisme en logique, ep physique, en morale, celle des principaux dogmes connus, et le relevé des différences de l'école sceptique et de toutes les autres écoles. Les deux autres traités, réellement distincts et que l'on confond souvent sous le même nom, exposent la doctrine pyrrhonionne d'une manière plus étendue. L'un esc dirigé contre les savants, l'autre contre les philosophes. La méthode de Sex tus est d'opposer les dogmes philosophiques les uns aux autres, de montrer ensuite qu'on ne saurait affirmer la vérité de l'un sans être conduit à nier quelque'autre vérité tout aussi apparente, en un mot de mettre aux prises toutes les doctrines et de présenter ainsi rassemblé par. une forte critique le corps entier de la philosophie grecque, La théorie du scepticisme n'était pas autre chose, sous forme d'exposition, que la négation de la science antique. En présence de toutes les opinions contradictoires, le sceptique, il est vrai, ne niait rien, n'affirmait rien; il attendair, il suspendait son jugement ; mais, en réalité, il détruisait la science par la science ellemême et amenait l'esprit au doute universel, à l'impassibilité. On peut dire, pour la justification de cette doctrine désolante, que la science des anciens, envisagée d'une manière absolue, ne présentait pas une certitude capable de satisfaire un esprit sévère et impartial; après de vains efforts pour arriver à l'unité, à travers les perpétuelles contradictions des écoles, elle devait nécessairement s'abîmer dans le doute, et le scepticisme apparaissait comme la fin logique de la philosophie grecque. Les ouvrages de Sextus sont comme l'encyclopédie du scepticisme; c'est la source féconde où sont venus puiser tous les pyrrhouiens des temps modernes, Montaigne, La Mothe Le Vayer, Bayle, etc. Ils sont, en outre, mi précieux dépôt de faits et d'opinions. Attachant une grande importance à pénétrer le véritable esprit d'une doctrine et à la porter autant que possible jusqu'à la démonstration, afin de l'opposer ensuite aux autres doctrines qui lui semblaient démontrées aussi clairement, Sextus est l'historien Je plus impartial de la philosophie, et ses anal v ses sont d'une grande fidélité. Dans l'exposition du pyrrhonisme, nul ne l'a égalé en clarté, en précision et an sagacité.

Sextus était aussi quelque peu géomètre et astronome ; il a laisse une curieuse dissertation contre les astrologues. « Les Chaldéens, dit-il, divisaient le zodiaque en douze signes, mâles et femelles alternativement, en commençant par le Bélier, qui était mâle. Ces douze signes pris dans leur ordre dominaient chacun sur une partie du corps : la tête, le cou, les épaules, la poitrine, les côtés, les fesses, les lianes, les parties sexuelles, les cuisses, les genoux, les jambes et les pieds. Quand une femme était sur le point d'accoucher, un Chaldéen se tenait hors de la mai-. son sur un point élevé, pour observer les levers successifs des astres; un autre, qui assistait la malade, attendait le moment de la délivrance pour en donner le signal à l'aide d'une cymbale. L'astre qui avait paru à l'horizon au moment même de la naissance de l'enfant devait exercer sur lui son intluence bonne ou mauvaise pendant toute la durée de son existence.

Empiricus demande pourquoion avait choisi plutôt l'instant de la naissance que celui de la conception, mais surtout comment on peut fixer l'instant de la naissance, lorsque l'accouchement dure quelque temps. Il ajoute, et c'est là ce que son livre présente d'intéressant au point de vue historique, que la réfraction atmosphérique relève les astres et que, par Conséquent, celui qui se montre à l'horizon à un moment donné l'a déjà dépassé depuis un temps fort appréciable. On voit par cet extrait que l'optique de Ptolémée avait laissé des traces durables dans les esprits, malgré le peu d'intérêt qu'y ont généralement attaché les anciens. Les écrits qui nous restent de Sextus Empiricus ont été publiés, avec traduction latine, par J.-Alb. Fabricius (Leipzig, 171S). On en a une traduction française de Huart (Amsterdam, 1725J.

SEYO

SEXTUS TARQUIN1US. V. Tarquin.

SEXUALISME s. m. (sè-ksu-a-li-sme irad. sexuel). Physiol. Etat d'un être pourvu d'un sexe : Le sexualissie des plantes était connu des anciens.

sexualité s. f. (sè-ksu-a-H-té — rad.

sexuel). Physiol. Caractère sexuel, manière d'être de ce qui a un sexe : Un petit nombre de botanistes ont été jusqu'à 'nier la sexualité des plantes. (P. Duchartre.)

SEXUEL, ELLE adj. (sé-ksu-èl, è-le — lat. sexualis; de sexus, sexe). Qui appartient, qui a rapport au sexe ; qui caractérise le sexe : Fonctions sexuelles. Organes skxukls. Parties sexuelles. Différences sexuelles. Dans les végétaux, les organes sexuels sont les étumines et les pistils. L'instinct sexuel est;avec la nourriture, le plus fort mobile des êtres animés. (L'abbé Bautain.)

SEY s. m. (se). Ichthyol. Nom vulgaire d'une espèce de merlan.

seyant. ANTE adj. (sè-ian, tin-te — rad. seoir). Qui sied, qui va bien, ll Peu usité.

SEYBERTITE s. f. (sè-bèr-ti-te). Miner.

Silicate de magnésie et de fer, découvert dans l'Etat de New-York.

SEYBOLD (David-Christophe), philologue allemand, né a Brackenheim (Wurtemberg) en 1747, mort à Tubingue en 1804. Successivement professeur de belles-lettres à Iéna, recteur du gymnase de Spire, recteur du gymnase de Grùnstadt, professeur à Bous- Miller, il fut nommé, après la Révolution, professeur de littérature ancienne à Tubingue. On lui doit ; Chvestomatkia poetiça grxco-latina (1775, in-8°); Mythologie (1779J; Anthologie historique grecque-latine ; Anthologie poétique latine, etc.

SEYBOLD (Frédéric), romancier et publiciste allemand, fils du précédent, né à Bouxwiller en 1784, mort à Stuttgard en 1843. Il venait de commencer ses études théologiques lorsque lafantaisie le prit de s'enrôler, en 1801, dans l'armée française qui devait opérer une descente en Angleterre. Le projet ayant échoué, il suivit son corps en Allemagne, entra dans l'armée wurtemhiirgeoise et prit part aux campagnes de France. Congédié en 1815, il alla étudier le droit à Tubingue, puis il créa divers journaux qui furent tftus supprimés, à l'exception de la Gazette du Neckar et du Danube, qu'il sut maintenir à force d'habileté jusqu'en 1836, époque à laquelle il fonda ['Observateur, qui subsiste encore aujourd'hui. On lui doit : Sur l'armement national (Stuttgard, 1827, i;-8°); VEurope et la Turquie (1827); le Camisard, roman (1828); Souvenirs de Paris (1831); Recueil de nouvelles (1833); Fragments des écrits d'un prisonnier (1834); les 7'emps modernes (1838) ; le Patriote, roman (Munich, 1838), etc.

SEYBOUSE, rivière de l'Algérie. V. Sei-,

Page 1