‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 362 sur 1059 · VI. Sostratos. . . . lxxxix» — VIL Pantios xevie · texte numérisé non relu

VI. Sostratos. . . . lxxxix» — VIL Pantios xevie

Polyclète de Sicyone eût augmenté encore la renommée delà glorieuse école de Sicyone, mais il vécut, étudia et enseigna à Argos. Si-

SICY

cyone ne peut aucunement le revendiquer. La défection de Polyclète entraîna plusieurs sculpteurs sicyoniens à Argos; mais ceux-ci revinrent plus tard dans leur patrie. Quant à nous, nous pouvons les compter parmi les successeurs du vieil Aristoclès. Ce sont: Canaehos le jeune, Alypos, Patrocle, Démocrite et Cléon. Les trois premiers attachèrent leur nom au fameux trophée de Lysandre. Le général Spartiate, voulant immortaliser le souvenir de la bataille d'jEgos-Potainos, consacra à Delphes les statues de bronze de tous les chefs Spartiates ou alliés qui avaient contribué à la victoire. Canaehos le jeune fit encore, à Olympie, la statue de bronze de Bycellos , enfant sicyonien , vainqueur au pugilat. Alypos, Démocrite et Patrocle firent également des statues d'athlètes pour Olympie. Cléon parait avoir particulièrement consacré son ciseau à la représentation des philosophes ; il rit aussi des dieux, une Vénus eq bronze et deux statues de Jupiter. Cette ! simple énumération des artistes et de leurs ouvrages, dont nous sommes bien obligés de nous contenter, nous montre le principal caractère de l'école de Sicyone. Elle s'applique au portrait, à la reproduction exacte, et non idéalisée, de la nature. Empreinte du génie dorique, elle lui doit la fermeté et la sobriété, mais aussi le manque de poésie et d'idéal. Ce caractère va se préciser singulièrement avec le grand sculpteur Lysippe. « Polyclète, Phidias, Myron, disait Lysippe lui-même, ont fait les hommes tels qu'ils devraient être ; moi, je les fais tels qu'on les voit. • Cependant le goût suprême des Grecs ne les abandonnait pas dans l'imitation la plus attentive de la nature ; ils pouvaient pencher au réalisme sans tomber dans le laid. Lysippe, qui avait seul le droit de sculpter les traits d'Alexandre, profita d'une légère difformité du héros, l'obliquité des épaules et l'inclinaison de la tête, pour donner à ses statues « quelque chose de mâle et de léonin. » (Plutarque.) Lysippe aborda maintes fois la grande sculpture. Il y avait de lui un Jupiter Némëen à Argos, un autre Jupiter à Mégsire, un Neptune à Corinthe, un Bacchus sur l'Hélicon, un Hercule et un Jupiter sur l'agora de Sicyone, un Hercule à Alysia, un Eros à Thespies, enfin, à Tavente, un Jupiter de quarante coudées et un Hercule qui fut depuis transporté à Constantinople, Pendant que Lysippe cherchait la vérité individuelle avec une curiosité inconnue avant lui, son frère Lysistrate, sculpteur portraitiste lui-même, inventa le moulage. Ce procédé, si précieux pour la fixation et l'étude du type individuel, fut d'abord appliqué au visage humain, puis on moula des statues. Dcetondas et Ménechme, contemporains de Lysippe, firent l'un des athlètes, l'autre des animaux. Des trois fils de Lysippe, Bedas, Daippos et Euthyerate, sculpteurs tous les trois, le dernier seul paraît avoir eu une grande célébrité. On cite de lui l'Hercule, l'Alexandre, Thespis, les Thespiades, le Combat de cavaliers, Trophonius, des quadriges, des chevaux, des chiens, des chasses, etc. Euthycratè, loin d'exagérer les défauts aimables de son père, affecta une rudesse toute dorienne et préféra la force à l'élégance. Tisicrate, un des nombreux disciples de Lysippe, le suivit de plus près et l'atteignit parfois, car l'œil exercé des anciens confondait souvent les œuvres [du disciple avec celles du maître. Xénocrate, élève de Tisicrate, était célèbre pour sa fécondité. Eutychidès, autre élève de Lysippe, rit, dans les principes du maître, un Fleuve Eurotas, dont Pline parle avec éloge. Eutychidès eut pour élève Cantharus, sculpteur et ciseleur. A cette époque, l'art dorien périt avec la liberté; il alla s'alanguir et s'éteindre a l'air malsain des cours des Ptolémées et des Séleucides.

— Ecole de peinture. Dans l'école de peinture de Sicyone apparaît, avec plus d'originalité encore que dans son école de sculpture, l'influence du rude génie dorien. Pline raconte que Téléphane, un des premiers peintres de Sicyone, colora les linéaments intérieurs. Ce passage ne veut pas dire que Téléphane commença à ombrer, ce qui révélerait un immense progrès, mais, comme l'a très-bien expliqué M. Beulé, qu'il indiqua seulement au trait les détails intérieurs de ses figures monochromes, au lieu d'en présenter une simple silhouette-; et l'auteur de l'Acropole d'Athènes justifie très-heureusement son interprétation par l'exemple que fournissent les vases peints. Sur les exemplaires les plus anciens, les figures n'offrent qu'un contour plein, une silhouette opaque ; plus tard les figures, monochromes encore, présentent les détails d'ajustement ou d'anatomie tracés à la pointe. Un autre nom légendaire, celui de Craton, accompagnait, dans les traditions grecques, celui de Téléphane. Craton passait pour l'inventeur du dessin. C'est vers la fin du ve siècle que la peinture de Sicyone se révèle avec éclat par les travaux de l'illustre contemporain de Zeuxis, Eupompe, qui fit admirer le rude, froid et patient génie dorien. La manière d'Eupompe, à défaut de ses ouvrages, se révèle dans le conseil qu'il donna à Lysippe jeune. Celui-ci lui demandait quel modèle suivre. Eupompe lui répondit: • La nature et non un artiste. > C'est tout ce qu'on sait de l'illustre peintre, dont le principal tableau représentait un vainqueur nu tenant une palme, merveilleux

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