‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 366 sur 1059 · SIDI · texte numérisé non relu

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roc, au N.-O. et à l'O. par l'océan Atlantique et au S. par le Sahara, entre 27<>et 29» 41' de latit. N. et lio 25' et 15« 25' de longit. O. Capitale, Talent. Cet Etat indépendant fut formé en 1810 aux dépens de l'empire du Maroc par Hescham, fils du chérif Ahmed-ebii-Mousay, C'est l'entrepôt du commerce entre Tombouctou et le Maroc.

S1D1-MOHAMMED, empereur du Maroc, né vers n\Z, mort à Rabat en 1790. Successeur de Muley-Abdallah, son père, en 1757, il voulut introduire la civilisation dans ses Etats et conclut des traités de paix, avec presque toutes les puissances européennes. Il établit des ports, bâtit des villes, favorisa l'arrivée des étrangers; mais en élevant les droits de douane et en monopolisant le commerce il porta, contre ses prévisions, un coup mortel à l'industrie marocaine. Son rèjjne fut généralement paisible, bien qu'il eut attaqué les possessions portugaises, espagnoles et hollandaises, tentatives avortées qu'il fut obligé de racheter à l'aide de traités avantageux pour les natbns offensées. Une première révolte fomentée à l'intérieur par un marabout se termina par la mort du rebelle ; mais une seconde insurrection troubla ses derniers jours. Les soldats nègres, irrités d'un retard dans le payement de leur solde, prirent les armes et mirent à leur tète Muley-Yézid, le propre fils de Sidi-Mohammed. La révolte fut apaisée par la prudence de l'empereur, qui exila son fils à La Mecque. Muley-Yézid, ayant obtenu l'autorisation de revenir au Maroc, renoua la conspiration et menaça hautement le pouvoir de son père. Celui-ci marcha contre son fils et mourut en chemin.

SI»I-M0I1A>IMED, empereur du Maroc, né en 1803, mort en 1873. Fils aîné do Muleyabd-ei-Rhainan,sur qui le maréchal Bugeaud remporta la victoire d'Isly, il succéda à son père en 1859. Celte même année, à la suite (l'un différend avec l'Espagne, une armée espagnole, sous les ordres d'O'Donnell, envahit le Maroc et battit à deux reprises l'armée marocaine, commandée parMuley-Abbas. L'empereur Sidi-Mohammed dut payer sa défaite par une cession importante de territoire et par une contribution de guerre de 100 millions. Après la signature du traité de paix (26 avril 1860), il résolut de substituer à la poli tique constainmentbelliqueusedeson père une politique de paix et d'avoir des relations amicales avec les Etats de l'Europe. N'ayant pu, en 1861, tenir ses engagements pécuniaires avec l'Espagne, il dut négocier un emprunt sur la place de Londres et livrer en garantie la perception d'une partie de ses douanes. Ces concessions, imposées par la nécessité et faites à des étrangers, excitèrent dans le Maroc un vif mécontentement, et, pendant un moment, en 18G2, il fut sur le point d'abdiquer. L'année suivante, Sidi-Mohammed eut de nouvelles difficultés avec le gouvernement d'Espagne au sujet de la démarcation du territoire qu'il lui avait cédé autour de Melilla. En 1804, il accorda aux Européens la liberté de commerce dans toute l'étendue de ses Etats. Le mécontentement des Marocains s'en accrut et diverses insurrections éclatèrent. Pour comprimer une révolte formidable qui éclata en 1867, Sidi-Mohammed dut se mettre à la tète d'une armée de 30,000 hommes et parvint à rétablir la paix. Cette même année et au commencement de l'année suivante, il vit son empire décimé par une horrible famine. Il venait de placer le Maroc sous la protection de l'Angleterre, lorsqu'il mourut en septembre 1873.

S1D1-MOHAMMED-SADOK, bey de Tunis depuis 1859. Ce prince, qui appartient à la dynastie fondée uans la Tunisie en 1691 par Ben-Ali-Tourki, est fils de Sidi-Ashin et frère de Mohammed, auquel il a succédé le 23 septembre 1859. Relativement libéral dans un Etat qui n'a cessé d'être gouverné de la façon la plus despotique, Sidi-Mohammed a inauguré son règne par un firinan accordant la liberté individuelle, la liberté religieuse et reconnaissant l'égalité de ses sujets devant la loi. Poursuivant ses réformes, empruntées aux gouvernements de l'Europe, il établit la conscription militaire, un système d'impôts ayant quelque rapport avec celui de la France, une législation commerciale se rapprochant beaucoup du libre échange, et il voulut faire une réforme judiciaire à l'européenne, oti'rant des garanties pour les accusés ; mais ses sujet-*, qui préfèrent une justice expéditive aux lentes procédures, y tirent une telle opposition qu'il dut renoncer à l'établir. Enfin, Sidi- Mohammed fonda à Tunis un journal officiel. Son frère, Sidi-bel-Abel, ayant fomenté une insurrection parmi les Kouuiirs, fut fait prisonnier et enfermé dans une chambre murée du Bardo, où il mourut d'une façon horrible. Le bey de Tunis, dans le but d'introduire diverses améliorations dans ses Etats, a ouvert des emprunts et émis sur la place de Paris, en 1865, des obligations remboursables par tirages annuels; « mais, dil M. Vapereau, le remboursement lit défaut à la première échéance. Il en résulta des complications diplomatiques, des menaces de notre part, enfin une rupture suivie, au mois de juin 1868, d'un raccommodement et d'engagements nouveaux pris solennellement par le bey entre les mains du consul de France. » Sidi-Mohainmed administre la justice, ainsi que le faisaient ses prédécesseurs, deux fois par semaine, le lundi et le samedi ; ses sentences sont sans

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appel et s'exécutent immédiatement. Dans certains cas, le bey renvoie les plaignants a lajustice religieuse du chaàra.

S1D1-SAHEB, barbier de Mahomet. Son tombeau, situé k Kirouan, dans la Tunisie, est en grande vénération chez les musulmans.

SIDICINS, en latin Mdicini, peuple de l'Italie ancienne, dans la Campanie, au N., près du Samnium; c'était une branche des Acétones. Les Sidicins, attaqués par les Saninites en 343 av. J.-C, appelèrent les habitants de Capoue à leur secours; ceux-ci, menacés à leur tour, invoquèrent l'appui de Rome; de là les longues guerres avec les Samnites,

uerres qui se terminèrent parla soumission

e l'Italie entière à la puissance romaine.

S1DIE s. f. (si-dî — du gr. sidion, écorce de grenade). Crust. Genre de crustacés cladocères, de la famille des daphnidiens, dont l'espèce type habite la presqu'île Scandinave.

S1D1LOCUM, nom latin de Saulieu.

SIDJAN s. m. (si-djan). Iehthyol. Genre de poissons acanthoptérygiens, de la famille des theuties, syn. d'AMPHACANTHB et de buco.

— Encycl. Les sidjans ont pour caractères : un corps aplati latéralement, couvert de trèspetites écailles et comme chagriné; des mâchoires convexes, munies d'une seule rangée de dents plates, courtes et pointues ; une épine forte et acérée couchée en avant de la nageoire dorsale ; les ventrales ayant deux rayons épineux, l'externe et l'interne. Les espèces de ce genre sont assez nombreuses; elles habitent la mer des Indes et la mer Rouge et se nourrissent surtout de matières végétales. Le sidjan marbré est long d'environ 0m,20, d'un brun clair en dessus, blanchâtre en dessous et marbré de lignes violettes; sa chair est grasse et d'un excellent goût. On peut citer encore les sidjans javanais, rayé et vermiculé.

Sl-DJOHA, sorte de Polichinelle arabe, une de ces créations légendaires qui existent chez tous les peuples. C est un Polichinelle doublé de Jocrisse, mais modifié dans le sens des mœurs sauvages et sanguinaires de ses concitoyens. C'est un fou, mais un fou rusé et dangereux , une espèce de Bobèche dont les saillies ont le caractère du pavé de l'ours ; il ne se borne pas, comme ses congénères Pulcinella et Guignol, à rouer de coups lo commissaire, la garde et les autorités consti tuées; c'est le plus souvent le poignard à la main qu'il fait sentir aux assistants le mérite de ses pointes. C'est enfin un vrai Bédouin ; aussi est-il très-populaire en Algérie. Donnons maintenant quelques-unes de ses créations les plus originales. Un ihaleb vient un jour chez Si-Djuha et lui demande à emprunter une corde. Si-Djoha n'est pas prêteur; il sait d'ailleurs par expérience que les tolba (pluriel de Ihaleb) ne rendent jamais rien. Il répond donc au quémandeur : « Je te prêterais bien ma. corde, mais ma femme s'en sert en ce moment; elle étend dessus le couscou*. » Pour l'intelligence de ce mot, il faut ajouter que le couscous, mets national des Arabes, est une sorte de granulation trèsfine de la meilleure farine, une sorte de semoule dont les parcelles n'ont pas, à beaucoup près, la grosseur d'un grain de riz. Un autre jour, Si-Djoha loue sa maison a un Arabe revenant de pèlerinage et se fait payer d'avance une année de loyer, ne se réservant que le droit de planter un clou dans la s/cifa, couloir compris entre la porte de la rue et Celle de la cour intérieure, et de disposer de ce clou ainsi que bon lui semblerait. Le locataire étant entré en possession, Si-Djoha, dès le lendemain, se rendit au logis, un chien mort sous le bras, planta son clou et accrocha ledit chien mort a la muraille. Une épouvantable infection s'ensuivit. On décrocha le chien; mais, le jour suivant, Djoha en rapporta un autre. De là procès devant le cadi. La justice arabe n'est guère inoins stricte quo la justice romaine. Le locataire perdit sa cause avec dépens, Si-Djoha garda le loyer et rentra dans la jouissance anticipée de son immeuble. Un jour, Si-Djoha acheta un beau kaïk pour cinq dirhems, à condition que le marchand voudrait b;en l'accompagner jusqu'au lieu où était caché son trésor. Le marchand souscrivit et l'on se mit en marche vers la précieuse cassette. Après une bonne heure de route : « C'est par ici, • dit Si-Djoha. Et il se mit à regarder attentivement le ciel.

• Dépèchons-nous, dit le marchand, je suis pressé. — J'entends bien, dit Si-Djuha, mais je ne trouve pas la marque, — Où diable vas-tu la chercher'/ — Eh I pnrdieu, je la cherche où je l'avais laissée ; c'était un superbe nuage. > Autre histoire. Le bey de Constantine, ayant essuyé une défaite près de l'oued Zohor, perdit son cheval dans la mêlée et s'enfuit à pied dans un ravin. Un Kabyle s'élauça sur lui et lui arracha tous ses vêtements, a l'exception du serouâl (culotte). Un an après, ce même Kabyle, devenu prisonnier,étaitamené devant le bey, qui le reconnut. Au lieu de le punir, celui-ci lui accorda sa grâce et lui donna en outre une bourse pleine de dinars. Si-Djoha, témoin de cette action, accosta le Kabyle au sortir du palais et lui dit : • 1mb;cile, que ne lui as-tu pris sa culotte? — Pourquoi? — Tu aurais eu deux bourses. » Un jour, Si-Djoha acheta du kokol (collyre) pour soigner ses yeux, d'un marchand dont

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l'œil roïige et chassieux attestait un commencement d'ophthalmie. Le marchand demanda un dirhem. Si-Djoha lui en donna deux généreusement. < Tu me donnes trop, dit le marchand. — Mon ami, je te paye un dirhem pour moi, dit Si-Djoha, et un pour toi, afin que tu t'achètes un peu de ta marchandise et que tu guérisses tes yeux. » Un jour, un poëte buvant avec lui du café très-chaud lui dit en plaisantant : • Le karnim, cette eau soufrée et brûlante qu'on te fera boire dans l'enfer, sera bien plus chaud encore 1 ■ Si-Djoha lui répondit : « C'est vrai, mais je lirai tes vers. » Une dernière histoire. Le burnous de Si-Djohu, étendu sur le balcon de sa maison, tomba un jour du haut de cette galerie dans la cour. Si-Djoha poussa de grands cris. « Qu'avez-vous donc? lui dit-on. — Je songe, dit-il d'un ton plein d'épouvante, que j'aurais pu être dedans I » Ces quelques anecdotes suffisent pour donner une idée du Polichinelle arabe, à la fois coquin et railleur.

S1DMOUTH, ville d'Angleterre, comté de Devon, k 20 kiloin, S.-E. d'Exeter, à l'embouchure de la petite rivière de Sid 'dans la Manche, où elle a un port ensablé ; 3,460 hab. Bains de mer fréquentés.

S1DMOUTH (Henri Addington, vicomte), homme d'Etat anglais, né à Reading en 1757, mort en 1844. Fils d'un médecin renommé de Londres, ami et compagnon d'enfance de "William Pitt, il étudia le droit h Oxford, entra au barreau en 1784 et, grâce à l'appui de Pitt, qui était déjà premier ministre, fut élu la même année membre de la Chambre des communes, dont il devint président en 1789. Il y soutint la politique de son ami, tout en faisant preuve, en mainte circonstance, d'une modération qui lui valut l'estime de tous les partis. Lorsque Pitt quitta le ministère en 1801, Addington fut chargé de former un nouveau cabinet, dont il eut la présidence avec Je titre de chancelier de l'Echiquier et de premier lord de la trésorerie. L'événement le plus important de son administration fut la conclusion de ta paix d'Amiens, dont les conditions soulevèrent contre lui les plus vives attaques de tous les partis. Dès que la guerre eut recommencé en 1803, Pitt, qui l'avnit soutenu jusqu'alors, commença à craindre qu'il ce fut pas à la hauteur de la crise qui se préparait et se joignit ouvertement h Fox et à l'opposition régulière. Addington se trouva bientôt forcé de quitter le ministère, à la tête duquel Pitt reparut (mai 1804). En janvier 1805, il fut créé comte Sidmouth et nommé président du conseil privé; mais il perdit Ces fonctions en juillet de la même année, pour avoir voulu, malgré l'opposilion de Pitt, faire exercer des poursuites contre lord Melville, qui était accusé de concussion. A l'arrivée de Fox et de lord Grenville au pouvoir, en février 1806, il fut nommé lord du sceau privé, et, à la reconstitution du cabinet en octobre de la même année, il fut rappelé à ses anciennes fonctions de président du conseil, qu'il conserva jusqu'au moment où lord Grenville quitta le ministère (mars 1807). Après être resté sans emploi pendant cinq ans, il fut nommé en 1812 président du conseil pour la troisième fois, devint, là même année, secrétaire d'Etat pour le département de l'intérieur, poste qu'il occupa jusqu'en 1822, et se retira entièrement de la vie publique en 1824.

SIDNEY, ville d'Australie. V. Sydney.

SIDNEY (sir Henri), homme d'Etat anglais, mort en 15S6, Il fut envoyé comme ambassadeur en France par Edouard VI, qui l'aimait beaucoup et qui mourut dans ses bras. Sidney jouit également de la faveur de Marie et d'Elisabeth, devint gouverneur du pays de Galles, chevalier de la Jarretière et député d'Irlande. C'est à lui qu'on doit la publication des Statuts d'Irlande.

SIDNEY (sir Philippe), homme d'Etat et littérateur anglais, (ils du précédent, né a Penshurst (Kent) en 1554, mort à Arnheim en 1586. Il montra dès l'enfance des dispositions extraordinaires pour l'étude et voyagea pour compléter son éducation. A Paris, où Charles IX le nomma gentilhomme de sa chambre, il assista au massacre de la Saint- Barthélémy, réfugié dans l'hôtel de l'ambassade anglaise. Il visita ensuite les Pays-Bas, l'Allemagne, se lia k Francfort avec Hubert Languet, puis se rendit en Hongrie et en Italie, où il vit, dit-on, le Tasse a Pudoue. Pendant ses voyages, Philippe Sidney avait acquis une instruction solide et brillante. Il élait en outre doué de grands avantages physiques, de sorte que lorsqu'il revilit a Londres, eu 1575, il reçut le plus charmant accueil de la reine Elisabeth. Une sorte d'intermède intitulé : la Heine de mai, qu'il composa et fit jouer à la cour (1575), y fut bien applaudi. L'année suivante, n'ayant encore que vingt-deux ans, Siduey fut nommé ambassadeur de la reine Elisabeth auprès de l'empereur. Il parvint à former une ligue de tous les princes protestants contre le pape et l'Espagne, et revint à Londres en 1777. Malgré son rare mérite, il fut un moment disgracié pour avoir publié une Lettre contre le mariage de la reine avec le duc d'Anjou et pour avoir provoqué en duel le comte d'Oxford (1580). il se retira alors à la campagne, où il composa, en prose et en vers, une sorte de pastorale intitulée : VArcadie, et écrivit la Défense de la poésie, ouvrage remarquable

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par l'esprit judicieux avec lequel sont jugés les poëtes du temps. En 1583, il épousa Frances Walsingham, dont il eut une tille. Nommé chevalier, député de Kent aux communes, il se préparait à partir pour un voyage de découverte en Amérique, lorsqu'il fut élu roi de Pologne. La simple opposition d'Elisabeth suffit pour l'engager à refuser ce trône. Nommé gouverneur de Flessingue et général de la cavalerie au moment de la guerre de Flandre, il surprit Axel (1536), sauva l'armée anglaise à Gravelines et fut mortellement blessé à la bataille de Zutphen, après des prodiges de valeur (1586). Sidney, qu'Elisabeth appelait « le plus beau joyau de ses domaines, • mourut à trente-deux ans. Il fut enterré à Saint-Paul et on lui fit de somptueuses funérailles. Sa mort fut l'objet d'un deuil public. Sidney était un poète remarquable et passait pour le premier bon prosateur anglais. On a de lui, outre les écrits précités, beaucoup de pièces de vers publiées dans des recueils; un poème intitulé : le Remède de la paix; Astropel et Stella (1591, in-4°), recueil de sonnets adressés à la belle Pénélope Devereux, qu'il avait aimée; une traduction en vers des Psaumes. Son Arcadie, publiée pour la première fois par sa sœur, lady Pembroke (Londres, 1590, in-4»), a été souvent rééditée et traduite en plusieurs langues, notamment en français par Baudoin (1624, 3 vol. in-8°). Ses divers écrits ont été réunis sous le titre de Misceltaneous works (Londres, 1829, in-8°). Sa correspondance a paru dans le recueil publié par Collins sous le titre de Let* ters and memorials of state 1 1746, 2 vol. in-fol.).

SIDNEY (Algernon), patriote anglais, un des plus illustres martyrs de la liberté, né à Londres vers 1617, décapité dans la même ville en 1683. Il était le second lils de Robert, comte de Leicester, qui fut ambassadeur en Danemark et vice-roi d'Irlande. En 1643, il s'attacha au parti du Parlement contre Charles I^r, parvint au grade de lieutenant général en 1646 et exerça les fonctions de gouverneur de Dublin, puis du château de Douvres. Nommé membre de la haute cour de justice qui jugea le roi, il ne paraît pas avoir siégé le jour où la sentence fui prononcée et ne signa point le warrant pour l'exécution. Toutefois, quelques écrivains assurent qu'il ne désapprouva pas la condamnation. Républicain sincère, il devint un des plus violents adversaires de Cromwell et refusa de servir sous son gouvernement. Retiré dans une de ses terres, il y composa ses Discours sur le gouvernement, qui ont été pendant longtemps le catéchisme des républicains. Il rentra dans la vie politique lorsque Richard Cromwell eut abdiqué le protectorat, devint conseiller d'Etat en 1659 et négocia la paix entre la Suède et le Danemark. Sidney s'exila volontairement lors de la Restauration, ne voulant point profiter de l'amnistie accordée par Charles 1er, et vécut dix-sept ans à l'étranger. Il séjourna successivement en Italie, en Allemagne, en Suisse, en France, déclarant hautement ses opinions républicaines, « Il disait, raconte le conseiller Pierre Le Gouz qui le vit k Paris en 1677, que le dessein des Anglais était de faire une republique sur le modèle de celle des Hébreux, avant qu'ils eussent des rois, et de celles de Sparte, de Rome, de Venise, prenant de chacune ce qu'elle avait de meilleur pour en faire un composé parfait.» On raconte que Louis XIV, frappé de la beauté d'un cheval que possédait Sidney, lui fit demander de le lui céder; mais que celui-ci, pour ne pas le lui donner, le tua d'un coup de pistolet.

En 1677, sou père, le comte de Leicester, voulant voir Sidney avant de mourir, obtint de Charles II que son fils revint en Angleterre. Nommé député au Parlement lors des élections de 1678, Sidney devint, par son éloquente opposition, le fléau des ministres et soutint avec ardeur le bill d'exclusion proposé oontie le duc d'York. En 1683, il fut accusé d'avoir pris part à la conspiration de Rie- House, jugé par une commission présidée par l'infâme Jetferies et condamné sans .aucune preuve, moins comme coupable que comme ennemi déclaré de la monarchie, il mourut avec un héroïsme resté célèbre. < Son exécution, dit Hume, est regardée comme l'une des plus grandes taches du règne Je Charles II. » Ses Discours sur le gouvernement (Londres, 1G9S, in-fol.) ont été traduits en français par Samson (La Haye, 1702). La sentence qui l'avait condamné fut cassée la première année du règne de Guillaume et Marie.

SlDNEY-SiMlTH, amiral anglais. V. Smith.

. Siduey, comédie en trois actes et en vers, de Gresset (Comédie-Française, 3 mai 1745). Sidney, jeune ofikier anglais, fort riche, a autrefois aimé une femme honnête, nommée Rosalie, qui le payait de retour, dont la tendresse seule faisait son bonheur et qu'il avait projeté d'épouser; mais, livré ensuite à la débauche, il l'a abandonnée et s'est attaché k des femmes qui l'ont entraîné dans le tourbillon des plaisirs de toute espèce. Après trois ans de folies, Sidney se retire dans une de ses terres, où, dégoûté de tout, il songe à en finir avec l'existence. Le souvenir de Rosalie lui revient, et il voudrait, pour la dédommager des chagrins que lui a causés son inconstance, lui laisser tout son bien en mourant. Il la fait chercher sans pouvoir découvrir le lieu de sa retraite. Et néanmoins, après

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