SIDO
avoir libellé un testament en sa faveur, il charge un de ses amis, nommé Hamilton, d'exécuter ses dispositions s'il parvient à la trouver. Il charge Dumont, son valet de chanfljre, de porter à Hamilton, à Londres, le paquet contenant ses dernières volontés ; mais Dumont ne veut pas le quitter dans l'état d'accablement où il le voit. Sidney, piqué de ce refus, congédie son domestique et envoie Henri, son jardinier, faire cette commission. Pendant ce temps, le roi a donné un régiment à Sidney sans qu'il l'ait sollicité, et même à son insu. Hamilton, apprenant cette nouvelle, vient en féliciter son ami; le jardinier lui remet le testament. 11 l'ouvre et voit que Sidney veut se donner la mort. Il emploie alors tout ce que la raison et l'éloquence peuvent lui suggérer pour combattre le funeste dessein de son ami, sans pouvoir l'y faire renoncer. Mais Dumont, quoique renvoyé par son maître, veille toujours sur lui et s'ai tache k lui enlever tous les moyens dont il pourrait se servir pour s'ôter la vie. Il a caché ses pistolets et changé furtivement, contre un breuvage inoffensif, une potion qu'il lui a vu préparer et qui lui a paru suspecte, Sidney prend le breuvage, bien persuadé qu'il s'empoisonne. Cependant Rosalie, qui, depuis qu'il l'a abandonnée, n'a pas cessé de l'aimer et qui lui est toujours restée fidèle, habite précisément un château voisin de celui de Sidney. Elle lui fait demander un entretien. Hamilton, instruit de cette démarche, espère en tirer parti pour ramener Sidney à la raison, et il ménage aux deux anciens amants une entrevue. Sidney revoit Rosalie avec plaisir; mais il lui déclare qu'il est trop tard ; il croit en effet que le poison qu'il a pris ne va pas tarder à opérer. I! regrette beaucoup de l'avoir bu. Dumont paraît alors et fait connaître k son maître le service qu'il lui a rendu, en le sauvant malgré lui. Sidney, pénétré de la fidélité k toute épreuve de Rosalie, de l'amitié éclairée d'Hamilton et du zèle de Dumont, leur en témoigne sa reconnaissance et jure qu'il n'a pas envie de recommencer. Il épouse Rosalie et coule désormais des jours heureux.
Cette pièce, dont le sujet était neuf au moment où Gresset conçut l'idée de le traiter, resta longtemps au répertoire de la Comédie- Française. L'action en est bien conduite et la versification a cette élégance, le dialogue ce tour vif et spirituel qui caractérisent les œuvres de l'auteur.
SIDNION ou SIDNYON s. m. (si-dni-on).
Moll. Genre d'ascidies composées, de la famille des botrilliens.
SIDOINE APOLLINAIRE (Caïus Sullius), poète latin, évèque de Clermont, né k Lyon en 430, mort à Clermont en 489. Fils et petitfils de préfets du prétoire, il reçut une forte instruction k Lyon, où il eut pour professeurs Heenius et Eusèbe. En 450, il épousa Papianilla, fille d'Avitus, qui, devenu empereur en 456, l'emmena avec lui à Rome. Sidoine devint alors préfet de cette ville, sénateur, prononça le panégyrique en vers de son beaupère, et, par ordre de ce dernier, sa statue fut placée dans la bibliothèque Trajane. Après la mort d'Avitus, Sidoine Apollinaire se retira dans sa ville natale (457). Il apaisa la colère de Majorien contre Lyon, qui avait refusé de le reconnaître, prononça le panégyrique de ce prince (458) et reçut de lui le titre de comte. En 461, Sidoine alla habiter Avitalicum, en Auvergne, où il se livra à des travaux littéraires. L'empereur Anthemius appela en 467 Sidoine Apollinaire à Rome. Le poëte s'empressa de faire son panégyrique et reçut en récompense les charges de préfet de Rome, de chef du sénat et de patrice. Elevé malgré lui, en 472, au siège épiscopal d'Arvernum (Clermont), bien qu'il fût laïque et marié, il se sépara de sa femme, renonça à ses dignités, ne composa plus que des vers religieux et se signala dans ses nouvelles fonctions par son ardente charité, par le zèle qu'il montrait à venir en aide aux malheureux. Lors de l'invasion des Goths en Auvergne, Apollinaire fut enlevé à son diocèse et emprisonné dans le château de- Livia; mais le rhéteur Léon intervint pour lui faire rendre la liberté, et l'évêque de Clermont put regagner son diocèse, après avoir fait un nouveau panégyrique, celui du roi goth Eurik.
La fin de sa vie fut encore agitée par les intrigues de deux prêtres qui parvinrent à l'éloigner un moment de Clermont. Sidoine avait une grande facilité à composer des vers latins et, quoiqu'il soit inférieur aux écrivains du siècle d'Auguste, il est, avec raison, compté parmi les meilleurs poëtes chrétiens. Il reste de lui vingt-quatre pièces de poésie et neuf livres de lettres qui sont excessivement curieuses pour l'histoire du temps, les moeurs, les coutumes et l'habillement des Francs et des Gaulois. Ses Œuvres ont été publiées pour la première fois à Milan (1498, in-4") et souvent rééditées depuis, notamment par Sirmond en 1614. La meilleure traduction française est celle de Grégoire et Colloinbet (Lyon, 1536, 3 vol. in-S<>).
SIDON, ancienne ville de la Phénicie, sur la côte orientale de la Méditerranée, entre Tyr au S. et Bôryte au N. Sur l'emplacement de l'antique cité phénicienne s'élève aujourd'hui ta ville de Saîda, où les antiquités se réduisent à quelques colonnes brisées etàda nombreux fragments de mosaïque. La colline