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voisine renferme dans ses flancs plusieurs tombes phéniciennes, et des fouillés pratiquées sur ce point amèneraient sans doute des découvertes intéressantes pour l'art et pour la science historique.
Sidon était l'une des principales vilb^ de la Phénicie et l'un des ports commerçants les plus renommés de l'antiquité. Tout en appartenant à la confédération phénicienne, dont le sénat dirigeant siégeait à Tri polis (aujourd'hui Tripoli-de-Syrie), elle avait son autonomie et était gouvernée par des rois particuliers; l'histoire a conservé les noms de quelques-uns d'entre eux. Les Grecs connaissaient Sidon ; Homère en a parié comme d'une ville florissante par son commerce, par le nombre des vaisseaux qu'elle envoyait au loin suc toutes les mers; au temps ries guerres modiques, quoique déjà, éclipsée par Tyr, elle avait encore une marine importante, et' ses navires étaient réputés les plus fins voiliers du monde. La Bible fait souvent mention de Sidon. La Genèse (x, 15 à 18) dit qu'elle fut fondée par Sidon (Tsidone), fils de Chanaan et petit-fils de Cham. Cela veut dire que les Hébreux la savaient habitée par une population chananéenne; car Chanaan, dans la Bible, doit se prendre pour un nom de peuple, et non pour un nom d'homme. A la manière dont en parle la Genèse, qui lui donne la qualification de t mère des villes phéniciennes,» Sidon devait être une ville considérable et exerçant un vaste commerce à l'époque où les Hébreux n'étaient encore qu'une peuplade esclave des pharaons d'Egypte. Mais depuis combien de siècles était-elle fondée, pour en être arrivée à ce degré de civilisation et de prospérité? C'est ce qu'on ne saurait dire au juste. Son nom phénicien , contraction de Tag-Tsidon, signifie marché aux poissons; et, en effet, la mer sur laquelle elle fut bâtie est fort poissonneuse. Ce fut donc d'abord, selon toute probabilité, un établissement de pêcheurs chananéens. L'exercice de la pêche les familiarisa avec la mer, et les Sidoniens furent peut-être les premiers navigateurs. Ce qui est certain, c'est qu'ils furent puissants sur mer et qu'ils entreprirent des voyages de long cours lorsque les autres nations osaient à peine quitter leurs côtes*. De toutes les villes phéniciennes, elle parvint la première à la richesse et à la puissance en cultivant les arts et l'industrie en même temps que le commerce ; on la nommait pour dire la Phénicie en général; c'est ainsi qu'Homère (Iliade, vi, 289, et xxiii, 743 ; Odyssée, xv, 115) parle des toiles de Sidon, et que, dans le Livre des Bois et dans les Paralipamèivs, il est question de charpentiers de Sidon appelés k Jérusalem pour construire le temple. Au Liore des Juges (i, 31; m, 3; xvm, 7) elle est notée comme ayant été épargnée par les Hébreux lors de leur invasion en Phénicie (xve siècle av. J.-C), probablement parce qu'ils ne purent aller jusque-là. Cette invasion, en faisant fuir les habitants des hautes terres vers les villes du littoral, détermina dans celles-ci un surcroît de population qui fut sans doute une des causes du rayonnement colonial de Sidon. Un curieux monument matériel de cette dispersion du peuple chatianéen devant les armes de Josué subsistait encore à Tanger au temps de l'historien de la guerre des Vandales, Procope, qui, comme secrétaire de Bélisaire, général de l'empereur Justioien chargé de les réduire, accompagna ce général en Mauritanie et y vit de ses yeux, à Tingis (aujourd'hui Tanger), auprès d'une fontaine, deux colonnes en pierre blanche avec une inscription en tangue phénicienne portant : « Nous sommes ceux qui avons fui devant le brigand Josué, fils de Navé. » [Ibi ad fontem ùberrimum columns lapide candido visuntur dux, qux incisam Phœnicum litteris et verbis sententiam hanc seroant : Nos ii sunius qui fugimus a facie Jesu latronis, filii Naue fproc., De bello Vandal., 1. II, c. x].) Tyr, la seconde grande ville maritime des Phéniciens, n'existait pas encore, et c'est probablement à des transfuges de Sidon qu'était due l'érection de ces colonnes. Hippone, Cannage et Tyr, les trois plus grandes colonies sidoniennes, furent fondées vers le xue siècle, et Tyr eut bientôt une plus grande importance que Sidon elle-même. Au temps de David, Sidon paraît lui avoir été assujettie ; du moins, les deux villes avaient le même roi, Hiram. Sous la domination des Perses, Sidon fut d'ordinaire la résidence des satrapes préposés au gouvernement de la Phénicie; elle se révolta en 351, sous le règne d'Artaxerxès Ochus, son roi s'appelait Termes, et ce fut lui qui, loin de seconder l'effort patriotique de ses sujets, livra la ville,. Sidon fut surprise et brûlée ; 40,000 de ses habitants périrent dans ce désastre. Elle se releva pourtant de ses ruines, et elle avait regagné toute son importance lors de l'expédition d'Alexandre. En • haine de la domination perse, elle s'offrit au conquérant macédonien et lui fournit des vaisseaux pour assiéger Tyr, restée fidèle aux envahisseurs. Alexandre lui donna pour roi Abdolonyme, homme de sang royal, au rapport de Quinte-Curce (1. V, en. iv) , mais réduit par la pauvreté à vivre du travail de ses mains. C'était un Phénicien, comme son nom l'indique, et un descendant sans doute de ces marchands dont parle Isaïe (xxm, 8), et parmi lesquels Tyr et Sidon aimaient à prendre leurs souverains. Sous l'empire romain, la décadence de Sidon s'acheva, et, de chute en chute , la grande et opulente cité
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phénicienne devint la petite et pauvre Saïda actuelle.
Siiion (concile de). An 511. Quatre-vingts évêques assistèrent à ce concile, assemblé par ordre de l'empereur Anastase pour y faire condamner le concile de Chalcédoine. Xénaïas en fut le président. Flavien d'Antioche et Elie de Jérusalem, par d'éloquents efforts, empêchèrent que le concile de Chalcédoine fût formellement condamné.
S1DONIEN, IENNE s. et adj. (si-do-ni-ain, i-è-ne). Géogr. anc. Habitant de la ville de Sidon; qui appartient à Sidon ou à ses habitants : Les Sidonieks. La population sido-
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SIDOROWSKI (Jean-Vvanovitch), littérateur russe, né en 1748, mort en 1795, Prêtre et professeur de langue grecque et latine au séminaire de Kostromu, il est principalement connu par ses traductions du grec de la Chronique de Cedrène (1794), de Saint Jean Chrysostome (1787-1791), de Lucien (1775), de Platon (1780-1785), de Pausanias et de Strabon (1788-1789). Il avait été nommé membre de l'Académie impériale de Saint-Pétersbourg, et il a rédigé presque en entier les lettres A et B du grand dictionnaire russe.
S1DRAC, personnage du Lutrin de Boileau, le Nestor de la Sainte-Chapelle, dont la figure n'est qu'une parodie du portrait de Nestor dans Homère. Il ne la cède, en effet, a ce héros ni en vieillesse ni en prudence. Il a été nourri dans le couvent; il y est presque né :
Ce vieillard dans le chœur a déjà vu quatre âge». 11 sait de tous les temps les différents usages; Et son rare talent, de simple marguillier, L'éleva par degrés au rang de chevecier; c'est-à-dire qu'il est préposé à la garde des chapes et des cires, important ministère qui lui permet de veiller encore aux intérêts du prélat, son supérieur. C'est lui qui rappelle qu'autrefois le chantre était caché derrière un immense lutrin,
Tandis qu'à l'autre banc, le prélat radieux, Découvert au grand jour, attirait tous les jeux.
C'est lui qui conseille de replacer dans le chœur ce fatal lutrin, cause de tant de troubles et de si violents combats. Pourtant il a prévu ces luttes; mais qu'importe? dit-il: Pour soutenir tes droits, que le ciel autorise, Abime tout plutôt ; c'est l'esprit de l'Eglise.
Ce dernier vers surtout est resté fameux, et le bonhomme Sidrac lui doit en partie sa célébrité. Au troisième chant du Lutrin, la Discorde prend les traits de Sidrac pour ranimer l'ardeur des trois champions, effrnyès par le hibou. Enfin, dans l'épisode de ia bataille des livres, Evrard, voulant jeter un volume du Cyrus à la tête de son ennemi Boirude, manque son coup, et l'effroyable tome,
Droit dans l'estomac, Va frapper en sifflant l'infortuné Sidrac. Le vieillard, accablé de l'horrible Artaméne, Tombe aux piedsdu prélat, sans pouls et sans haleine.
Sidrac est resté le type du vieillard chicaneur et entêté. Pourtant, comme toutes les créations de Boileau, il n'a pas encore assez de relief pour devenir vraiment populaire. C'est une esquisse, ce n'est pas un portrait achevé ; ce n'est pas, a proprement parler, un type.
S1DRE (golfe de la), la Grande Syrie des anciens, vaste golfe formé par la Méditerranée, sur la côte septentrionale de l'Afrique, dans la régence de Tripoli, entre le cap Mesurât» à l'O. et le cap Bengazi à l'E., séparés par une distance de 560 kilom. Ce golfe s'enfonce dans les terres a une profondeur de 260 kilom. ; il est embarrassé de plusieurs bancs de sable, entre autres celui d'Issa à l'O. et celui de Koudia au S., et forme sur la côte de vastes marais. Le nom de ce golfe vient du mot arabe sidr, qui veut dire jujubier.
S1DULE s. f. (si-du-le). Moll. Genre de mollusques gastéropodes pulmonés.
SIDURIE s. f. (sidu-rl). Crust. Genre non adopté de crustacés isopodes,
S1DYMA, ville de l'ancienne Asie Mineure, dans la Lycie, sur la rive gauche du Xanthus, au N.-O. de la ville de Xanthus et près du village actuel de Dourdourkar. Sur l'emplacement de cette antique cité, on ne voit plus de nos jour3 que quelques ruines assez bien conservées, dont les plus remarquables sont celles d'un théâtre, d'un agora et de deux temples. Sur les pentes d'une colline voisine, on trouve plusieurs tombeaux d'une construction remarquable, couverts d'inscriptions grecques.
SI EBENBCRGEN, nom allemand de la Transylvanie.
SIEBENFREUND (Sébastien) , alchimiste allemand, né k Subkenditz, près de Leipzig, au commencement du xvi« siècle, mort k Wittemberg vers 1570. Fils d'un marchand de drap, il entra dans la maison d'un seigneur polonais en qualité- d'intendant. Durant un voyage en Italie, le seigneur polonais mourut, et Siebenfreund se retira dans un couvent à "Vérone. Un vieux moine qui ressentait pour lui une vive affection 1 initia aux procédés de la science hermétique et, en mourant, lui légua le secret d'une certaine poudre propre, selon lui, k opérer la transmuta-
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tion des métaux. Siebenfreund, que rien ne retenait plus en Italie, revint dans son pays et s'enferma dans le couvent d'Oliva, près d'Elbing, pour s'exercer a préparer cette poudre merveilleuse qui devait être une panacée en même temps qu'une source de richesses. Quand il se crut suffisamment maître de son procédé, il jeta le froc aux orties et se mit à parcourir le monde en exploitant son secret avec grand profit. A Hambourg, où il se trouvait en 1570, il guérit, dit-on, de la goutte un seigneur écossais dans la maison duquel il avait reçu l'hospitalité. La chose
, fit grand bruit. Trois étudiants, voisins de Siebenfreund, pensèrent que le remède du moine alchimiste n'était autre chose que la pierre philosophale. Siebenfreund, interrogé par eux, les confirma dans cette opinion et commit l'imprudence d'opérer sous leurs yeux une transmutation métallique. Il prit une cuiller de zinc , la frotta avec sa poudre de projection et, l'ayant chauffée au-dessus de la flamme d'un fourneau, la rendit aux étudiants transformée en or. Cette prétendue transmutation n'était qu'une supercherie , comme toutes les expériences des alchimistes; car sa prétendue pierre philosophale était simplement un amalgame d'or qui, blanc ordinairement, se décomposait par ia chaleur et devenait jaune, par suite de la mise en liberté de l'or. Mais au xvie siècle la science n'était pas assez avancée pour dévoiler ces supercheries, et Siebenfreund, probablement convaincu de l'excellence de son procédé, put faire illusion à tous les témoins de ses opérations. Pour se dérober k la renommée importune que cette aventure Jui valait, Siebenfreund quitta Hambourg et retourna eu Prusse par Lunebourg, Magdebourg et Wittemberg, où il s'arrêta définitivement. Les trois étudiants, qui n'avaient cessé de suivre Siebenfreund, le surprirent un soir qu'il était seul, l'assassinèrent et cachèrent son corps dans un souterrain, où il ne fut découvert que deux années après, Suivant d'autres, Siebenfreund aurait été assassiné par trois alchimistes jaloux de ses succès, Léonard Thurneysser, Sebald Schwerzer et Weiss. Quoi qu'il en soit, le meurtre fut accompli, et il prouve une fois de plus que, comme le dit M. Hcefer, ■ l'alchimie fut la cause de bien des crimes, et que le travail, la patience, le poison, le meurtre, tout était bon pour parvenir à la possession d'un secret imaginaire, la pierre philosophale. ■
SIEBENGEB1RUE, littéralement les sept monts, montagnes de Prusse, dans la province du Rhin, près de la rive droite de ce fleuve, entre Linz au S. et Sigburg au N. Ces sept montagnes sont : l'Oelberg (489 mètres) ; le Sohrberg (452 mètres); le Wolkenburg (330 mètres) ; le Drachenfels (334 mètres) ; le Petersberg (342 mètres) ; le Rosenau (333 mètres) ; le Stenzelberg (295 mètres). Tout ce groupe, d'origine volcanique, se compose de lave, de basalte, de trachyte et de dolomite. Des sommets de ces montagnes, on jouit d'un beau coup d'œil sur la vallée du Rhin.
SIEBENKAES (Jean- Philippe), helléniste allemand, né à Nuremberg en 1759, mort à Altdorf en 1796- 11 étudia les lettres et la théologie à l'université de cette dernière ville, se rendit ensuite à Venise, où il occupa une place de précepteur (1782) et compulsa avec ardeur les manuscrits grecs déposés à la bibliothèque Saint-Marc. De Venise, il passa à Rome (1788) et continua au Vatican ses recherches philologiques. A son retour en Allemagne (1790), il fut nommé professeur de philosophie à Altdorf. Ses principaux écrits sont : De ta religion des anciens Germains et des peuples du Tford (Altdorf, 1781, in-8°); Essai d'une histoire de l'inquisition d'Etat à Venise (Nuremberg, 1791, in-S°) ; Anecdota Grmca (1798, iii-s°) ; Manuel d'archéologie (Nuremberg, 1799, iu-8°), etc. On lui doit encore des éditions estimées.
Sltsi>enk»es, roman de Jean-Paul Richtev (1798,2 vol. in-8°).Le vrai titre de ce roman est Fleurs, fruits et épines, ou Mariage, mort et noces du défenseur-administrateur des pauvres, F.-L. Siebenkaes. C'est sous ce dernier nom, qui est celui du personnage principal, que le roman est connu. Un jeune Allemand pauvre a épousé une jeune fille belle , aimable, innocente, véritable Allemande de la classe bourgeoise. Sa tête est vide, son ignorance complète; mais si Lenette (c'est le nom de la femme) a des vues étroites, le mari a de l'érudition, de l'enthousiasme, presque du génie. Jean-Paul nous montre ce tourment de toutes les minutes quand nulle sympathie intellectuelle n'attache à celle que le cœur aime. Il prouve combien est fatale au bonheur cette dissonance établie par l'éducation entre la destinée de l'homme et celle de ta femme. Il peint avec une minutie et une vérité dignes d'un peintre de l'école hollandaise la femme vulgaire alliée au poète exalté, l'incurable niaiserie d'un esprit obtus venant interrompre les rêveries du penseur artiste; enfin la machinale économie d'un ménage sans élégance et sans grâce. « Il y avait dans l'âme de la femme de Siebenkaes, dit Jean-Paul, un triste vide, une tache, comme une cicatrice sur un beau visage, et il ne cessait d'y songer; il se perdait dans cette contemplation. Jamais il n'avait pu exalter cette pensée traînante, l'arracher à la terre, l'écbauffer d'enthousiasme. Vous eussiez vu Lenetto compter dans l'intervalle de ses baisers les
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heures que sonnait l'horloge, interrompre un récit plein d'intérêt pour aller écumer le pot. Pauvre homme 1 il l'entendait, dans la pièce voisine, marmotter de vieux psaumes d'une voix aigus et au milieu du vers s'arrêter pour dire : < Comment dlnerez-vous aujourd'hui?» Voici un fait dont il n'a pu chasser le pénible souvenir. Certain soir qu'il était plus éloquent et plus poétique qu'a l'ordinaire, Lenette, les yeux fixés sur la terre, l'écoutait; tout à coup elle lui dit : ■ Demain matin, • avant de sortir, vous attendrez, s'il vous plaît, » que j'aie raccommodé vos bas, qui sont » troués. » Tout ce roman est admirable do simplicité.
S1EBENPFEIFFER (Philippe-Jacques), pu* bliciste allemand, né à Lahr-en-Brisgau en 1789, mort en 1845. Fils d'un tailleur, il obtint en 1804 un modeste emploi au greffe du bailliage de sa ville natale, fut attaché deux ans plus tard à l'administration des finances du Brisgau et réussit à faire assez d'économies pour pouvoir étudier le droit à Fribourg, où il fut reçu docteur en 1813. Il entra alors dans la carrière administrative et, après avoir occupé différents emplois, devint en 1818 commissaire provincial k Hombourg, dans la Bavière rhénane. Il s'était déjà fait connaître comme publiciste lorsqu'il entreprit, en 1830, la publication du journal intitulé la Bavière rhénane, dont l'esprit déplut au gouvernement. Nommé alors, contre sa volonté, inspecteur de la maison de correction de Kaisersheim, Siebenpfeiffer donna sa démission, continua k faire paraître son journal, qui prit le titre de l'Allemagne, et il en publia un second, le Messager, à partir d'avril 1831. Dans les deux feuilles, il attaqua avec une grande vivacité les actes du gouvernement, sans toutefois cesser d'appartenir au parti allemand et sans se rapprocher du parti rhénan français. Cependant ses attaques continuelles contre l'autorité firent suspendre, en mars 1832, le Messager, jusqu'au jour où son rédacteur consentirait à se soumettre aux décisions de la censure; on mit aussi sous les scellés la presse qu'il avait établie à Oggersneim, et, bien qu'il eût offert de se soumettre à la censure, il ne put obtenir de fairereparaître son journal. Il se retira alors à Neustadt-sur-la-Hardt, d'où il lança, au mois d'avril suivant, une proclamation par laquelle il invitait les citoyens k une réunion publique pour le 27 mai. Il prit part, l'iinnée suivante, aux troubles de la fête de Hambach et, arrêté avec plusieurs autres, fut traduit devant les assises de Landau, comme coupable d'avoir prononcé un discours attentatoire à la constitution. Acquitté sur ce chef, il fut alors traduit en police correctionnelle sous la prévention d'outrages à l'autorité et fut condamné à deux ans de détention. En novembre 1833, il s'échappa de la prison de Frankenthal, gagna la frontière de France et se réfugia ensuite en Suisse, où il obtint une chaire à l'école supérieure de Berne.
SIÉBÈRE s. f. (sié-bè-re — de Sieber, botan. allera.). Bot. Genre de plantes, de la famille des composées, tribu des carduacées, formé aux dépens des xéranthèmes, et dont l'espèce type croît en Orient. Il Syn. o"alsine, d'AZOEELLE et de gymnadénie, autres genres de plantes.
SIEBOG, époux de la déesse slave Siewa. V. ce nom.
S1EBOLD (Charles-Gaspard de), célèbre chirurgien allemand, né à Nideck, duché de Juliers, en 1737, mort k Wurtzbourg en 1807. Il commença l'étude de la médecine sous la direction de son père en 1755, prit en 1757 du service comme sous-aide-major dans les hôpitaux militaires français sur le Rhin et, en 1760, devint premier aide-major il l'hôpital Juliers de Wurtzbourg. En 1763, grâce aux libéralités du prince-èvêque de cette ville, Adam-Frédéric, il entreprit en France, en Angleterre et en Hollande un voyage qui dura trois années. De retour dans sa patrie en 1766, il fut nommé premier chirurgien adjoint du prince-évêque, passa son doctorat en 18G9 et fut choisi comme adjoint au professeur d'anatomie, de chirurgie et d'accouchements. Nommé en 1774 directeur de l'Kcole des sages-femmes, il devint, en 1777, conseiller et premier médecin du prince-évêque. En 1778, il pratiqua, le premier en Allemagne, la section de ia symphyse du pubis avec succès, opération qui lui valut le titre de membre de l'Académie royale de chirurgie de Paris. Les principaux écrits de ce savant, qui opéra une révolution dans la chirurgie allemande, sont : Collectio obseruationummedico-chirurgicarum, fasciculus I (Bumberg, 1769, in-4<>); Historia morbi intestini reçu (Wurtzbourg, 1772, in-4°) ; De xnsolito maxiltx superioris tumore aliisque ejusdem morbis (1772, in-4°); Historia lithotomix in eodem hornine bis factss cum ejus restitutione (1778, in-8°); Comparatio inter sectionem csesaream et disseciionemeartilaginis et ligamentorum pubis, in partu obpetvis angustiam impossibili (1779, in-4o); De amputulione femoris, cum reliais duobus carnis segmentis (1782 , in-4<>) ; De vesiess urinariss calculo ( 1785) ; Historia tumoris et hwnorrhagixalveotaris clironicx, féliciter sanats (1788); De sciiTho carotidis ejusque cura (1793, in-4") ; De singulari et cura tu perdifficili labio leporino (1778, in-8°), etc.
S1EBOLO (Jean-Georges-Christophe de) ,
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médecin accoucheur, fils du précédent, né à Wurtzbourg en 1767, mort dans cette ville en 1798. Il fit ses études médicales a Altdorf et à Gœttingue et fut reçu docteur à l'université de cette dernière ville en 1789, après avoir remporté le prix proposé aux élevés sur l'action de l'opium sur les animaux en santé. Nommé en 1790 professeur extraordinaire de pathologie générale et d'hygiène k l'université de Wurtzbourg, il entreprit, deux ans après, un voyage en Autriche et en Italie et devint, à son retour, médecin en second de l'hôpital Juliers et professeur ordinaire d'accouchement. En 1796, il passa k la chaire de physiologie, qu'il ne garda que deux ans, la mort l'ayant enlevé a. la science à peine âgé de trente et un ans. Nous citerons, parmi ses écrits : Commentatio de effectibus opii in corpus animale sanum maxime respectu habita ad ejus analogiam cum vino (Gœttingue, 1789, in-4») ; Super recentiorum quorumdam sententiam , qua fieri neonati a matribus syphilitici dicuntur,cogitata qu&damac dubia proponit (1791, in-4<>); De instituti clinici ratione ad tirones sermo academicus (1795, in -40) ; De asphalti olei in phthisi usu, etc.
S1EBOLD (Jean -Barthélémy se), ehîrurgien allemand , frère du précédent, né à Wurtzbourg en 1774, mort dans cette ville en 1814. Après avoir terminé son éducation médicale sous les yeux de son père, il se rendit, en 1794, à l'université d'Iéna et entreprit, l'année suivante, un voyage k Leipzig, Halle et Berlin. De retour à Ièna en 1797, il prit son diplôme de docteur et, quelque temps après, obtint successivement les titres de professeur public ordinaire de chirurgie et de clinique chirurgicale k l'université de Wurtzbourg etde chirurgien en chef de l'hôpital deJuliers. Tous ses écrits, qui pour la plupart ne sont que des mémoires insérés dans divers recueils, sont très-estimés, et l'on peut lire encore aujourd'hui avec fruit sa thèse, qui a pour titre : Historia systematis sali- ' valis, physiologice et patholotjice considerati, accedunt ex eadem doctrina corollaria physiologica cum II tabuiis leneis (Iéna , 1797 , in -40).
SlËBOLD(Adam-Elie), médecin accoucheur allemand, frère des deux précédents, né k Wurtzbourg en 1775, mort dans la même ville en 1828. Son père le destinait au commerce, mais il fut obligé de renoncer k ce projet, en présence de la vocation invincible que manifestait son fils pour la médecine. Adam Siebold suivit donc les cours de son père et de son frère Christophe. En 1785, il fit un voyage à Halle, Berlin, Leipzig et Iéna, et'alla ensuite à Gœttingue, où il suivit les leçons d'Osiander. De retour k Wurtzbourg en 1798, il suivit la clinique de son père à la maison d'accouchements et se fit recevoir docteur. En 1799, ii fit, en qualité de professeur particulier, des cours théoriques et pratiques d'accouchement et des leçons pour les sagesfemmes. Nommé en remplacement de son père professeur extraordinaire de médecine en 1799, il devint, en 1801, professeur public ordinaire à l'université de Wurtzbourg, et employa dès lors tout son temps à perfectionner l'éducation des élèves et des sagesfemmes dans l'art obstétrinal et k fonder un établissement d'accouchement qui réunit toutes les conditions désirables d'utilité et de confort. Cet établissement fut inauguré en 1805. Grâce à son zèle et à son talent, l'école de Wurtzbourg devint une des plus célèbres de l'Allemagne pour l'étude des accouchements. Les ouvrages qu'il a publiés ont joui de lu plus grande estime et ont été longtemps classiques parmi les élèves des diverses universités. Nous citerons de lui : Deux mots sur quelques objets qui concernent l'accouchement (1799, in-8°); Sur l'enseignement pratique des accouchements (1803, in-S<>); Instruction théorético-pratique sur l'art obstétrical (1803-1804, ia-s») i Sur le but et l'organisation de la clinique dans un établissement d'accouchement (1806, in-40)/ etc. 11 a publié, sous le titre de Lucina, une feuille périodique sur l'art des accouchements (1802 et suiv.).
SIEBOLD (Philippe-François db), voyageur et naturaliste allemand, frère de Jean- Georges-Christophe, né à Wurtzbourg en 179G, mort à Munich en 1866. Désireux de marcher sur les traces de son père et de son grandpère, il étudia la médecine k l'université de sa ville natale et y fut reçu docteur en 1820. Deux ans plus tard, il passa au service de la Hollande et partit pour Java comme officier de santé de première classe. En février 1823, il fut nomme médecin militaire du quartier général de Batavia et, peu de temps après, accompagna au Jupon une ambassade hollandaise qui était envoyée dans cette contrée, non-seulement dans un but diplomatique, mais encore pour y exécuter des études et des recherches scientifiques. Le u août 1823, de Siebold débarquait à Nangasaki. U résida plus de six années, comme médecin de la factorerie hollandaise, soit dans cette grande ville de commerce, soit dans l'Ile voisine de Dezima. Tout en mettant à profit ce long séjour pour rassembler d'immenses collections d'histoire naturelle et d'ethnographie japonaises, qui se trouvent aujourd'hui au musée de Leyde, il parvint k obtenir non-seulement la permission de parcourir les campagnes avoisinant Dezima, mais encore l'autorisation, qui n'est presque jamais accordée à des étrangers, de faire des excursions dans l'intérieur,
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Il réussit à former parmi les jeunes Japonais un grand nombre d'excellents élèves qu'il envoyait dans les montagnes de l'île, ainsi que dans les îles voisines, et qui lui rapportaient quantité d'animaux rares, de plantes et de minéraux précieux. Ses collections s'accrurent ainsi chaque année au point qu'à son retour en Europe elles causèrent un étonnement général, à une époque où l'on était loin de prendre à l'étude systématique des sciences naturelles un intérêt aussi vif qu'aujourd'hui. De Siebold décrivit une partie des animaux, recueillis par lui, dans sa Fauna japonica (Leyde, 1833-1854, 5 vol.). Il fit connaître et acclimata en Europe cent espèces de plantes japonaises agréables ou utiles; on lui dut, en outre, l'acclimatation de l'arbrisseau à thé de Java. Ce fut en 1824 qu'il fit paraître son premier ouvrage sur le Japon, sous ce titre : De hisloria naturalis in Japonica statu. Familiarisé avec la langue japonaise, il s'occupa d'étudier à fond la littérature de ce pays et rassembla une grande collection de livres et de matériaux intéressants au sujet du culte de Sinto et de la religion de Bouddha, livres et matériaux dont l'exportation hors de l'empire était défendue sous les peines les plus sévères. En 1826, il publia» Batavia son Epitome lingu&japonic& (1853, 2" édit.). La même année, il entreprit avec l'ambassade hollandaise un voyage à Yédo, capitale de l'empire, où il réussit à faire un assez long séjour sous prétexte d'initier les médecins de la cour aux secrets de l'histoire naturelle-" et de la médecine européennes. Au moment où il se disposait à quitter le Japon pour revenir en Europe, il fut tout a coup impliqué dans une affaire qui faillit avoir pour lui un résultat fatal. L astronome de la cour de Yédo, gagné par son or et par ses promesses, avait consenti à lui confier une carte originale de l'Ile de Niphdn; la connivence fut découverte et non-seulement l'astronome et ses subordonnés furent jetés en prison, mais Siebold lui-même fut arrêté et incarcéré à Nangasaki. Plus d'une fois, pendant le cours de l'instruction, les amis japonais du docteur allemand l'engagèrent à s'ouvrir lui-même le ventre pour éviter une condamnation à mort qui, d'après les lois de l'empire, paraissait inévitable ; mais Siebold préféra, le lecteur le croira sans peine, attendre avec résignation l'issue des événements, et sa fermeté et sa prudence finirent par lui faire recouvrer la liberté. Il quitta le Japon en janvier 1830 et, de retour en Hollande, fut nommé médecin de l'état-major général. Anobli en 1842, il reçut, six années plus tard, le grade de colonel d'état-major sans être astreint à aucun service. Il consacra ses loisirs à des travaux littéraires et scientifiques, tous relatifs au Japon. Parmi ceux qu il publia depuis cette époque, nous citerons : Niphon, archives pour la description du Japon et des contrées avoisinautes (Leyde, 1832-1851, 20 livraisons in-fol., avec un atlas de 380 pi.); Bibliolheca japonica (Leyde, 1833-1841, 6 vol.); Flora japonica (Leyde, 1835-1853); Isagoge in bibliothecam japonicam et studium htterarum japonicarum (Leyde, 1841); Cotalogus librorum et manuscriptorum japonicorum (Leyde, 1845} ; Tableau authentique des tentatives des Pays-Bas et de la Russie pour ouvrir le Japon aux bâtiments et au commerce de toutes les nations (Bonn, 1854). Il avait aussi entrepris à La Haye, en collaboration avec Melvill de Carnbee, la publication d'un Moniteur des Indes orientales et occidentales, recueil de notices scientifiques et autres documents relatifs aux colonies néerlandaises d'Asie et d'Amérique. En 1859, il repartit pour le Japon, afin d'y prendre en main les intérêts de la Compagnie commerciale néerlandaise ; avec l'agrément du roi de Hollande, il passa en 18G1 au service du souverain temporel de Yédo et fut chargé d'être dans toutes les négociations importantes l'intermédiaire entre le Japon et les puissances maritimes de l'Europe; mais l'envie lui fit bientôt perdre cette position éininente. 11 quitta la cour du taïkoun, qui lui fit un magnifique présent, et se retira dans une petite propriété qu'il avait acquise aux environs de Nangasaki. Peu de temps après, il fut nommé adviseur près la lieutenanee générale de Java. En 1862, il revint en Europe et s'établit à Wurtzbourg, sa ville natale, où il plaça dans les salles de la Maxschule (école de Maximilien) la collection ethnographique qu'il avait formée pendant son second séjour au Japon. Eu 1866, Napoléon III l'appela à Paris et le chargea de dresser le plan d'une société de commerce francojaponaise qu'il projetait de fonder. A cette occasion, de Siebold eut un entretien avec Napoléon, qui le nomma officier de la Légion d'honneur. En avril 1866, de Siebold se rendit à Munich pour y mettre en ordre, dans les salles des Arcades, son inusée ethnographique que le gouvernement bavarois lui avait acheté. C'était là un travail pénible pour un vieillard de soixante-dix ans; il devait lui coûter la vie. Il fut atteint de plusieurs refroidissements successifs qui lui occasionnèrent une fièvre typhoïde, dont il mourut le 18 octobre suivant. Malgré son grand âge, il avait projeté un troisième voyage au Japon pour y établir, aux frais du gouvernement français, une grande école où de jeunes Japonais apprendraient les tangues européennes pour venir ensuite compléter leur éducation en Europe. Il voulait aussi voitune dernière fois son plus jeune fils Alexaa-
SIÈC
dre, qui est drogman de l'ambassade anglaise à Yédo. De Siebold était membre honoraire de la plupart des Académies et des sociétés scientifiques de l'Europe.
SIEBOLD (Edouard-Gaspard-Jacques de), médecin allemand, frère du précédent, né à à Wurtzbourg en 1801, mort en 1861. Il commença ses études dans sa ville natale, les continua à Berlin et à Gœttingue, prit ses grades à Berlin, fut nommé en 1827 adjoint à l'école d'accouchement, dont la direction provisoire lui fut confiée à la mort de son père, et fut appelé, en 1829, à l'université de Marbourg, où on le chargea d'une chaire d'obstétrique. Quatre ans plus tard, il passa en la même qualité à Gœttingue, où il devint, en outre, directeur de l'école d'accouchement. On a de lui : Histoire de l'obstétrique (Berlin, 1839-1845, 2 vol.) ; Manuel d'obstétrique (Berlin, 1841); Sur l'avoriemenl provoqué par des moyens artificiels (Gœttingue, 1842); Manuel de médecine légale (Berlin, 1846). Il continua après la mort de son père le Journal d'obstétrique que ce dernier avait fondé en 1813.
SIEBOLD (Charles-Théodore-Ernest de), physiologiste allemand, frère des deux précédents, né à Wurtzbourg en 1804. Successivement médecin des cercles de Heilsberg et de Kœnigsberg, il voulut se faire recevoir, en 1834, agrégé à l'université de cette dernière ville, mais il ne put y réussir parce qu'il appartenait à la religion catholique. L'année suivante, il devint directeur de l'école d'accouchement de Dantzig, puis, en 1839, médecin de cette ville, et, en 1840, il fut appelé à la chaire de physiologie, d'anatomie comparée et d'art vétérinaire de l'université d'Erlangen, d'où il passa en la même qualité aux universités de Fribourg-en-Brisgau (1845), de Breslau (1850) et de Munich (1853); il fut chargé plus tard de la direction du cabinet de zoologie et de zootomie de cette ville. Il s'est fait une place emineiito parmi les physiologistes de notre époque, par ses travaux sur la structure intérieure et sur l'histoire de la vie et de la reproduction des animaux de l'ordre inférieur. Outre un grand nombre de dissertations sur l'helmimhologie et l'entomologie, qui ont été insérées dans différents journaux et recueils scientifiques, on a de lui : Manuel de l'anatomie comparée des animaux invertébrés (Berlin, 1848), traduit en français (1849) et en anglais (1854); Recherches sur les vers solitaires, etc. (Leipzig, 1854); la Véritable parthénogénésie dans les papillons et dans les abeilles (Leipzig, 1856) ; les Poissons d'eau douce de l'Europe centrale (Leipzig, 1863), ouvrage dans lequel il a détruit un grand nombre d'erreurs qui sont universellement répandues. Depuis 1849, il publie avec Kœlliker le Journal de zoologie scientifique.
SIÉBOLDIE s. f. (sié-bol-dî — de Siebold, natur. holl.). Erpét. Subdivision du genre salamandre.
SIÈCLE s. m. (siè-kle — latin sieculum, seculum, seclum, mot dont l'origine est inconnue. La forme seculum, par la chute du c médiat, a donné le vieux français seule, que nous trouvons dans la cantilèna sur sainte Eulalie et qui est constamment employé par saint Bernard, tantôt pour signifier siècle, tantôt pour signifier monde, te monde d'ici-bas, le séjour terrestre. Nous disons encore aujourd'hui, en style ascétique, se retirer du siècle, demeurer dans le siècle, vivre selon tes maximes du siècle, et nous appelons séculiersles hommes qui vivent dans le monde, par opposition à ceux qui embrassent la vie religieuse). Espace de cent années : La durée d'un siècle. Le commencement, le milieu, la fin d'un siècle. Il n'a vécu tout au plus qu'un demi-sikci,E. Il faut des stÈCLRS pour détruire une opinion populaire. (Volt.) L'empire romain consuma quinze siècles à sa chute. (Guizot.) Il faut des siècles pour dégrossir et civiliser une nation. (Bautain.) Les Indiens sont arrêtés dans la carrière des arts, sans y avoir fait un pas depuis des siècles. (Raynald.)
Frêles machines que nous sommes, A peine passons-nous d'un siècle le milieu.
Ume Deshouliéres.
Il Espace de cent ans numérotés de 1 à 100, de 101 à 200, de 201 à 300, etc., en partant d'un terme fixe appelé ère : Le troisième siècle avant Jésus-Christ. Le second Siècle de Rome. Le premier siècle après Jésus- Christ. Le quatrième siècle de l'hégire. [1 Se dit absolument des espaces de cent années comptés à partir de la naissance de Jésus-Christ : Les philosophes attestent sans cesse les grands noms du dix-septième siècle. (Jouffroy). Le douzième siècle est l'âge classique de l'ancienne littérature. (E. Littré.) Ce qui consti- • tue le caractère essentiel du dix-neuvième siècle, c'est l'application des sciences positives à l'industrie et à tout ce qui embrasse l'amélioration matérielle du peuple. (A. Dumont.) Le douzième siècle est sans contredit une des plus mémorables époques du moyen âge. (P. Ratisbonne.)
— Temps, époque, et particulièrement époque ayant un caractère qui la distingue : Un grand orateur n'accuse jamais son siècle d'injustice. (D'Aguess.) Il y a des gens qui ne sont ni de leur siècle ni de leur pays. (Volt.) On est obligé de se mettre au niveau de son | siècle, avant d'être supérieur à son siècle.
SIEC
(Volt.) Les siècles intellectuels ne se règlent pas sur le calendrier comme les siècles proprement dits. (J. de Maistre.) En général, les siècles les plus ignorants et les plus grossiers ont été les plus vicieux et tes plus corrompus. (Portalis.) Aucun individu, jeune ou vieux, ne secoue le joug de son siècle. (B. Const.) Chaque siècle porte en quelque manière dans son sein le siècle qui va suivre. (Barthél.) Il faut prendre les siècles tels qu'ils sont; le temps ne s'arrête ni ne recule. (Chateaub.) Ceux qui veulent arrêter un siècle s'exposent à être pris et broyés entre le siècle arrêté et le siècle qui vient se heurter contre lui. (Chateaub.) On doit, pour bien servir sa patrie, se soumettre aux révolutions que les siècles amènent. (Chateaub.) Les siècles marchent malgré nous et sans nous. (La Rochef.-Doud.) C'est de la physionomie des années que se compose la figure des siècles. (V. Hugo.) Les Siècles littéraires et scientifiques ont toujours marqué des époques florissantes dans les fastes des nations. (Dupin.) Ce qui caractérise un siècle, ce qui l'élève, c'est le nombre des hommes éminents et le progrès général des esprits ; lorsque plusieurs hommes éclatent et dominent et que dans la foule les esprits sont remués, le siècle est grand, (Villem.) Tout homme est de son siècle; lors même qu'il le domine par son 'génie, il en subit les formes. (Pongerville.) Tel croit éclairer son siècle qui l incendie. (A. d'Houdetot). Ce qui plaisait dans un siècle déplait dans un autre. (A. Fée.) On est de son siècle et de sa race, même quand on réagit contre sou siècle et sa race. (Renan.) Il faut aimer son siècle comme on aime sa patrie, malgré ses faiblesses et ses fautes. (P. Janet.) Des siècles, des pays étudiez les mœurs.
Boileau.
Chacun vit pour son siècle et doit s'y conformer.
Destoucbes.
Les vieux siècles sont pleins de landes inconnues,
Barthëleuy.
Un siècle pur et pacifique S'ouvre a vos pas mieux affermis.