SIGA
les jambes terminées par deux fortes épines et les tarses par une petite pelote bifide et deux crochets fort courts. Ce genre, qui a beaucoup d'affinités avec les ichneumons, ne comprend qu'un petit nombre d'espèces. Le sigalphe irrorateur est long de 0111,01 environ, d'un noir velouté, avec les ailes supérieures brunes à l'extrémité et marquées d'un point blanc, et l'extrémité de l'abdomen velue et dorée. Sa larve vit dans le corps des chenilles de plusieurs lépidoptères nocturnes ; elle en sort après avoir pris tout son iccroissement et se file une coque d'apparenct membraneuse, très-mince, ovale, cylindrique et blanchâtre. Cette espèce habite l'Europe et se trouve aux environs de Paris. Le sigalphe oculé est noir, avec les pattes fauves et une tache ovale d'un jaune transparent de chaque côté de l'abdomen; il habite aussi les environs de Paris.
S1GALPBITE adj. (si-gal rt-te — rad. sigalphe). Entom. Qui ressemble ou qui se rapporte au sigalphe.
— s. m. pi. Groupe d'insectes hyménoptères, de la famille des ichneumonions , ayant pour type le genre sigalphe : Les sigalphites sont bien remarquables sous lu rapport de leur aspect extérieur. (Blanchard.)
SIGAN s. m. (si-gan). Ichthyol. Syn. de
SIDJAN.
SIG APATELLE s. f. (si-ga-pa-tè-le — contr. de sigaret, et de patelle). Moll. Genre de mollusques gastéropodes, voisin des patelles.
SIGARAS s. in. (si-ga-rass). Entom. Espèce de mouche d'Afrique.
SIGARE s. f. (si-ga-re), Entom. Genre d^insectes hémiptères, de la famille des népiens, tribu des notonectides, comprenant deux espèces, qui habitent l'Europe centrale et méridionale.
SIGARET s. m. (si-ga-rè). Moll. Genre de mollusques gastéropodes pectinibranches, do la famille des naticoïdes , comprenant une douzaine d'espèces , dont plusieurs vivent dans nos mers, et trois espèces fussiles : Les sigarets ont une trompe et sont zoopkages. (Dujardin.) Les sigarets sont des animaux marins extrêmement apathiques. (H. Hupè.)
— Encycl. Les sigarets ont pour caractères : un corps plat, ovale, épais, bombé en dessus, possédant un large pied entouré d'un manteau à bord mince, vertical, échancré en avantrLa coquille est généralement déprimée, plus on moins solide, très-lisse en dedans; la spire très-courte, peu saillante et presque sans columelle; l'ouverture trèsévasée, entière, à bords désunis, tranchants, le gauche recourbé en dedans. Leurs mœurs sont peu connues. Ce sont des animaux marins très-apathiques et qui paraissent fuir la lumière. Ils se tiennent toujours au fond, et à mer basse on les trouve tapis dans de petites flaques d'eau. Ils restent longtemps immobiles, ne se laissant guère distinguer que par leur couleur ; quand ils se meuvent, c'est très-lentement et en rampant comme les patelles. Les espèces vivantes de ce genre sont peu nombreuses, mais répandues dans presque toutes les mers. Toutefois, pour certaines d'entre elles, l'animal n'est pus connu, en sorte qu'on n'est pas bien sûr qu'elles appartiennent à ce genre. Le sigaret déprimé a la coquille aplatie, assez épaisse, d'un blancjaunâtre en dehors, avec le sommet violacé, d'un beau blanc très-luisant en dedans; il se trouve dans l'Océan, la Méditerranée, la mer des Indes et, à l'état fossile, en Touraine, aux environs de Bordeaux et en Italie. Un peut citer aussi lo sigaret concave, il coquille fauve roussâtre, blanche tiu sommet, dont la patrie est inconnue; le sigaret de Tonga, à coquillo mince, blanc jaunâtre, et le sigaret convexe, d'un beau blanc, qui se trouve dans la Manche. Les espèces fossiles sont répandues dans les terrains tertiaires; onen trouve aux environs de Paris, de Dax, en Angleterre, etc.
SltiA.UD-LA.FOND (Joseph-Aignan), chirurgien et physicien français, né a Bourges en 1730, mort dans la même ville en 1810. Son père, qui était horloger, le iit élever chez les jésuites. Attiré vers l'étude de la médecine, Sigaud-Lafond renonça à la carrière ecclésiastique, se rendit à Paris, où il fut reçu maître en chirurgie en 1770 et s'adonna d'une façon toute particulière à l'art des accouchements. Ayant trouvé le moyen de remplacer l'opération césarienne par la section de la symphyse du pubis, il lutta pendant dix ans avant de voir sa découverte acceptée par l'Académie de chirurgie; mais une brillante opération qu'il exécuta en 1777 mit en pleine lumière la valeur de son procédé, et il acquit alors une grande réputation. Depuis longtemps, à cetto époque, Sigaud-Lafond s'était adonné à l'étude de la physique. Il fut successivement, au coili-ge Louis-!e-Grand, répétiteur de philosophie et de mathématiques, démonstrateur de physique expérimentale (1759) et professeureu ittre en remplacement de l'abbé Nollet (1760). 11 se livra à diverses expériences avec Maquer, reconnut avec lui que la combustion du gaz hydrogène produisait de l'eau, introduisit le plateau circulaire de verre dans les machines électriques, etc. En 1782, il retourna dans sa ville natale, où il fut nommé en 1786 professeur de physique. Pendant la Révolution (1795), la Convention le comprit pour uco
SIGE
somme de 3,000 francs dans la liste des savants a, qui elle accordait des gratifications. Cette même année, il devint professeur de physique et de chimie à l'Ecole centrale, fut appelé en 1796 à faire partie de l'Institut comme membre associé et remplit les fonctions de proviseur à Bourges de 1799 à 1808. On lui doit un assez grand nombre d'ouvrages, la plupart sur la physique, et qui n'ont plus de valeur aujourd'hui. Nous citerons, parmi ses écrits : Leçons de physique expérimentale (1767, 2 vol. in-12); Leçons sur l'économie animale (1767, 2 vol. in- 12); Traité de l'électricité (1771, in-12); Lettre sur l'électricité (1771, in-12); Description et usage d'un cabinet de physique expérimentale (1776, 2 vol. in-8°); Description de ce qui s'est pusse à la Faculté de médecine de Paris au sujet de la section de la symphyse des os pubis (1777 ,in-8°); Essai sur différentes espèces d'air (1779, in-8°); Dictionnaire de physique (1780-1782, 5 vol. in-8o) ; Précis historique des phénomènes électriques (1781, in-8o); Dictionnaire des merveilles de la nature (1781, 2 vol. in-8°); VEcole du bonheur (1782, in-12); la Religion défendue contre l'incrédulité du siècle (1783, o vol. in-12); Economie de la providence dans l'établissement de la religion (1785, 5 vol. in-12); Examen de Quelques principes erronés en électricité (1785, in-8°); De l'électricité médicale (1803, in- 8°), etc.
SIGÉ s. m. (si-gé — du gr. sigé, silence, qui appartient à la même famille que le moyen haut allemand sviigen, haut allemand moderne sveiyja, plier, que Curtius tire d'une racine svik, svig, signifiant serrer, presser, d'où aussi le gothique anasilan et le latin si/ere), Théol. Nom de l'un des deux principes universels, dans le système des valentiniens.
SIGEAN, ville de France (Aude), ch.-l. de cant., arrond. et à 26 kilom. de Narbonne, à. 804 kilom. de Paris; pop. aggl., 3,077 hab. — pop. tôt., 3,478 hab. Salines importantes; commerce de bois, eaux-de-vie, alcools, fers, grains et farines ; carrières de marbre et de plâtre, Sigean, ancienne capitale du pays de Corbières, est situé à 3 kilom. environ de l'étang qui porte son nom, sur une hauteur arrosée par la Berre. Il tire une grande importance commerciale de sa proximité du port de La Nouvelle, seul débouché maritime du commerce de l'Aude avec le Roussillon et la Catalogne. Entre la ville et l'étang se trouvent quatre grandes salines, savoir : celles de Talavignes, de Grimaud, de Sigean et du Lac.
Sigean est désigné dans une charte de Louis le Débonnaire, datée de 822, sous le nom de ad Signa. Il est vraisemblable que les Romains avaient établi autrefois sur le point culminant du monticuieun phare chargé d'indiquer aux navires l'entrée du port voisin, d où ce nom de signas ou signaux, dont la corruption a fait Sigean. Ce qui n'est pas douteux, c'est que les anciens conquérants de Ja Gaule avaient, en outre, creusé à la rivière d'Aude, à travers l'étang, un canal revêtu et pavé en pierre jusqu'à son issue dans la mer, où deux fortes levées protégeaient l'ouverture connue depuis sous le nom de Grau de La Nouvelle. Ce canal n'est autre que la Robine d'Aude. Le double témoignage de Pomponius Mêla et de Pline ne saurait laisser le moindre doule sur les détails qui précèdent. Si l'on en croit la tradition, c'est dans le bassin de la Berre, entre Sigean et ViIIb- Salses, à une demi-lieue k peine de la mer, qu'eut lieu en 737 une sanglante rencontre des Francs et des Sarrasins, L'émir de la mer, Amoroz, avait assis son camp dans la vallée, d'où il se proposait d'aller secourir Narbonne, nssiégée par Charles-Martel, en remontant l'Aude ; mais, au lieu de l'attendre, Charles-Martel se porta au-devant de lui et l'attaqua dans sa position. Les Sarrasins furent écrasés, Un petit nombre s'enfuit et trouva la mort dans la mer. La charte de Louis le Débonnaire, que nous avons relatée plus haut (822), nous apprend que, dès les premières années du ix« siècle, Sigean était un domaine du monastère d'Aniane. La ville dut de bonne heure posséder un château fort, car on trouve dans nombre de titres du moyen âge mention des châtelains de Sigean, vassaux des archevêques de Narbonne. Sous Louis XII, le maréchal de Rieux, après avoir abandonné le siège de Salses et avoir commencé sa retraite vers Narbonne, se vit poursuivi par le ducd'Albe; les troupes espagnoles pillèrent ensuite et brûlèrent Sigean (octobre 1503). La ville se ressentit plusieurs fois dans la suite du contre-coup des événements qui s'accomplirent à Leucate (v. ce mot). Elle reçut en 1642 la visite des maréchaux de Schomberg et de La Meilleraye, lorsqu'ils s'y rendirent pour faire la revue générale des troupes destinées par Louis XIII a. la conquête du Roussillon. Sous l'Empire, les gardes nationales de Sigeau, réunies k celles de Leucate et de Narbonne, contribuèrent puissamment à repousser les Anglais descendus à La Nouvelle. L'ennemi dut se rembarquer au plus vite, après avoir encloué ses canons. C'est le dernier épisode de l'histoire de ta ville. Sigean ne possède aucun monument remarquable. Le hameau du Lac, à 4 kilom,, conserve seul les ruines d'un ancien château, composées d'une vieille tour lëodale.
S1GEBERT 1er, roi d'Austrasie, né en 535,
SIGE
assassiné en 575. Lors du partage des Etats de son père, Clotaire I", en 561, il obtint le royaume d'Austrasie. Les premières années de son règne furent troublées par une invasion des Avares, sur lesquels il remporta une grande victoire et qu'il rejeta au delii du Rhin (565). Il lutta ensuite contre son frère Chilpéric, roi de Neustrie, lui enleva une partie de ses Etats, puis lit la paix avec lui. En 566, il épousa Brunehaut, fille du roi des Wisigoths, pour laquelle il manifesta constamment la plus vive tendresse. En 567, son frère Caribert étant mort, il hérita d'une partie de ses possessions et du tiers du territoire de-Paris. L'année suivante, il tourna encore une fois ses armes contre son frère Chilpéric, qui avait fait périr Galswinthe, sœur de Brunehaut, le vainquit et le contrai1 gnit à lui céder plusieurs villes. Sur ces entrefaites, les Avares envahirent de nouveau ses Etats, le vainquirent et n'évacuèrent l'Austrasie qu'après avoir reçu une forte contribution de guerre. Débarrassé de ces ennemis, Sigebert essaya, mais sans succès, d'enlever la Provence k son frère Gontran.
En 573, la guerre recommença entre lui et Chilpéric, guerre causée par deux implacables ennemies, Frédégonde et Brunehaut.
Chilpéric vaincu demanda la paix, que son frère lui accorda, grâce k l'intervention de l'evêque Germain (574) ; mais presque aussitôt Chilpéric recommença les hostilités. Sigebert envahit la Neustrie, enferma Chilpéric dans Tournai et convoqua à Vitry les chefs neustriens, qui venaient de lui promettre de le reconnaître pour roi. Il se trouvait encore dans cette ville lorsqu'il y fut assassiné par deux satellites de Frédégonde. Son jeune fils Childebert lui succéda.
SIGEDERT II, roi d'Austrasie, né en 601, mort en 613. Il était fils de Thierri II, à qui il succéda en 613, et fut tué quelques mois plus tard p;ir ordre de Clotaire II.
SIGEBERT III (Saint), roi d'Austrasie, né en 630, mort en 654. Fils de Dagobert 1er, il lui succéda, n'ayant encore que quatre ans, avec son frère Clovis. La guerre de Thuringe, où son armée fut défaite par le rebelle Radulf, est le seul événement remarquable de son règne. Abandonnant la direction des affaires au maire Grimoald, il s'occupa surtout de fonder des monastères. L'Eglise l'a. canonisé. Cette époque est celle du commencement de la puissance des maires du palais et de l'avilissement de la royauté. Sigebert III avait eu un fils, qui monta sur le trône sous le nom de Dagobert II.
SIGEBERT DEGEMBLOURS ou GEMBLOUX,
chroniqueur belge, l'un des écrivains les plus savants et les plus laborieux du xie siècle, né dans le Brabançon français vers 1030, mort à Gemblours en ni2. Il prit jeune l'habit de Saint-Benoit dans l'abbaye de Gemblours (diocèse de Liège) et devint bientôt très-habile dans la connaissance des langues, de l'astronomie, de la mécanique, etc. Ses talents le firent appeler à l'abbaye Saint-Vincent de Metz, où il professa longtemps avec éclat. Vers 1070, il revint à Gemblours, où il passa le reste de sa vie. Dans la grande lutte qui eut lieu entre Grégoire VU et Henri IV, il se prononça en laveur de ce dernier. Sigebert était un homme fort instruit, également versé dans les lettres et dans l'histoire et possédant un esprit critique fort rare à son époque. Outre des Vies de Vévéque Théodoric, de saint Maclott, de saint Sigebert, de saint Thierry, on lui doit : • Chronicon ab aimo 381 ad annum 11 il (Paris, 1513, in-4»), ouvrage jadis tres-astimé et souvent réédité, dans lequel il se proposa principalement d'assigner des dates un peu certaines aux légendes qui faisaient alors le principal fonds de l'histoire ; Gesla abbatum Gemblaccnsium, ouvrage qui abonde en détails précieux et qui a été publié dans divers recueils, notamment dans le Spicilegium de d'Achery ; De viris illustribus sive scriptoribus eeclesiasticis (Cologne, 1580); Epistola ad Leodienses, insérée dans le Corpus historicorum d'Eccurd ; De passions sanctorum Thebxorum, poème, etc, Le style de Sigebert est facile, mais souvent incorrect et recherché.
SIGEBRÀND, évêque de Paris, mort en 664. Il fut soupçonné d'être l'amant de la régente Bathilde et irrita par son orgueil plusieurs grands seigneurs, qui le firent assassiner. Après sa mort, Bathilde remit le pouvoir aux mains de Clotaire III et se retira dans un couvent,
SIGÉE (cap), promontoire de l'ancienne Asie Mineure, dans la Troade, à l'entrée de la mer Egée dans l'IIellespont. Pendant la guerre de Troie, il servit de station navale à la flotte des Grecs; là s'élevaient les tombeaux d'Achille et de Patrocle. Près de ce cap se trouvait aussi une ville de même nom, qui avait été fondée par une colonie de Mityléniens, et qui servit de refuge à Hippias, nls de Pisistrate. De nos jours, ce cap porte le nom de lénicliéri ou léni-Scheher,
SIGÉE (Louise), Aloj *ia Sigea, femme savante et poète, née a. Tolède, vers 1518, morte à Burgos en 1560. Son père, Didier ou Diego Sigée, était Français et s'était établi vers 1520 en Portugal, où il avait été appelé par Jacques, duc de Bragance, qui l'avait chargé de 1 éducation de ses enfants. Le roi Jean 111 lui avait aussi donné la direction des études
STGE
des jeunes nobles de sa cour. Sous un tel maître, Louise Sigée lit de rapides progrès, et, toute jeune encore, elle pouvait déjà lire dans leur texte Virgile et Homère. Marie, la dernière fille du roi Manoel, désira voir Louise, et, dès lors, les deux jeunes filles ne se quittèrent plus, ayant même vie, partageant les mêmes jeux, profitant des mêmes leçons.
Vers 1542, Louise Sigée devint institutrice de Marie de Portugal, fille de Jean III, et resta l'amie de cette princesse lorsqu'elle devint l'épouse de l'infant Philippe d'Espagne. En 1556, Louise épousa Alphonse Guera, gentilhomme de Burgos. Elle mourut quatre années après, âgée d'environ quarante-deux ans.
On a de Louise Sigée des poésies et des épltres latines, un dialogue qui a pour titre : De differentia vitêe rustic& et urbanx, et un poème latin intitulé Sin:ra, du nom d'une montagne de l'Estramadure ; on lui a attribué un ouvrage licencieux, De aramis Amori's et Veneris, mais on sait depuis longtemps que ce livre est l'œuvre de l'avocat Chorier.
SIGEL (François), général allemand, né à Sinsheim, grand-duché de Bade, en 1824. Il était lieutenant d'infanterie h Manheim , lorsqu'on 1847 ses relations avec Hecker, Struve et autres libéraux !e mirent en conflit avec ses supérieurs. Il donna alors sa démission, dans l'intention de se consacrer à l'étude du droit ; mais les événements de 1848 empêchèrent la mise à exécution de ce projet. Chargé de l'organisation militaire du district du lac de Constance, il prit ensuite part à la campagne des partisans de Hecker et commanda lui-même un corps de 4,000 hommes, avec deux canons, qu'il conduisit par la forêt Noire à l'attaque de Fribourg; mais, tandis qu'il protégeait ses derrières contre les préparatifs des Wurtembergeois, l'imprévoyance de Struve le força à en venir aux mains trop tôt, et il fut battu près de Gunthersthal. Il pénétra cependant dans Fribourg, mais il faillit être fait prisonnier et se rendit par la France en Suisso, sans prendre part à la seconde levée de boucliers de Struve dans le grand-duché. Au début de l'insurrection badoise de 1849, il fut rappelé par le gouvernement provisoire, devint commandant des troupes du haut Rhin et du district du Lac, puis commandant en chef des troupes sur le Neckar, et, quoique battu à lleppenbeim, il n'en fut pas moins nommé ministre de la guerre et membre du gouvernement provisoire, fonctions qu'il échange»
plus tard contre celles d'aide de camp général de Mieroslawski et enfin de général en chef de l'armée de Bade et du Palatinat, Il combattit à Schriesheim, à Waghaeusel, à Sinsheim, à Oos et à Rastadt, dirigea la retraite au milieu des ce ps ennemis et réussit à conduire les débris de l'armée badoise sur le territoire suisse, en leur faisant franchir le Rhin. En 1850, il fut expulsé de Lugano, où il avait fixé sa résidence, et conduit au Havre, d'où il se retira en Angleterre. Deux ans plus tard, il passa en Amérique, vécut d'abord à New-York en qualité d'ingénieur et de professeur à l'école de son beau-père, le docteur Dulon , de Brème , et devint en 1858 professeur de mathématiques et d'histoire à l'institut allemand de Saint- Louis.
Dès le début de la guerre civile, Sigel se mit à la disposition du gouvernement de l'Union et organisa un régiment d'infanterie et un bataillon d'artillerie qui rendirent des services importants lors de la prise de Saint- Louis et du camp de Jackson (10 mai lsoi). Envoyé, au mois de juin, avec son régiment, à Rollo, il en repartit, à la tête d'une faible brigade de 1,000 hommes, pour Springrteld (à 480 kilom. S.-O. de Saint-Louis), livra, le 5 juillet, aux sécessionnistes, qui comptaient environ 4,000 hommes, le combat de Car-
SIGE
thage, qui fut le premier succès remporté
fiar les fédéraux depuis le commencement de a guerre, et rejoignit ensuite k Mount-Ver-
non les troupes de Sweeny, puis, k Springfield, celles du général Lyon. Le 10 août, il prit une part active h la bataille de Wilson's Creek, où Lyon fut tué, reçut, sous Frémont, successeur de ce dernier, le commandement de l'avant-garde et, lorsque Frémont fut forcé d'abandonner l'Etat de Missouri aux sécessionnistes, passa à l'arriëregarde, avec laquelle il reprit de nouveau l'offensive au commencement de 1362 et poursuivit l'ennemi jusqu'aux frontières de l'Arkansas. Ce fut là qu'à la tête de 7,000 hommes il gagna, les 7 et 8 mars 186î, la brillante victoire de Pearidge, qui le fit avancer du grade de général de brigade à celui de major général. Appelé dans l'Est au mois de mai, il y prit, en juin suivant, le commandement des troupes cantonnées a Harpers-Ferry, puis celui du premier corps d'armée de Virginie, sortit victorieux de divers engagements, et, du 28 au 30 août 1862, commanda l'aile droite à la seconde bataille de Bull-Run, où, en conservant ses positions contre Jackson, il sauva l'honneur de l'armée fédérale. Sous Mac-Clellan et sous Burnside, son successeur, il eut successivement le commandement du lia corps et de la 4« grande division, mais il se démit de ces fonctions au commencement de 1863, à la suite de nombreux démêlés avec le nouveau général en chef Hooker. Rappelé, un an plus tard, au
service actif et mis à la têfe du département de la Virginie occidentale, il ne put s'y maintenir et évacua la vallée de Shenandoah. Remplacé par Hunter à la suite de cet échec, il ne prit plus aucune part à la guerre. Il donna définitivement sa démission en mai 1865, fut ensuite,, pendant un an, propriétaire et rédacteur en chef du Jiévett-malin de Baltimore et revint, en septembre 1867, s'établir à New-York, où il résidait encoro en 1875.
SIGER s. m. (si-jèr). Moll. Petite coquille du genre colombelle, appelée aussi colom-
BELLK RUSTIQUE.
S1GER DE BRABANT, célèbre professeur du xuio siècle, que Dante a immortalisé par ces vers, qu'il place dans la bouche de Thomas d'Aquin, au chant x du Paradis :
Essa è la luce eterna de Sigieri Che, leggendo nel vico dei strami Sillogizo' invidiosi veri.
Vers que le vieux traducteur français Grangier (1596) a parfaitement rendus : L'éternellu clarté c'est du docte Sigier, Qui, lisant en la rue aux Feurres, en sa vie, Syllo;isait discours dont on lui porte envie.
Dans le doute où le poëte laisse le lecteur sur la personne même de ce professeur, aux leçons duquel il assista peut-être, bien qu'il ne le dise pas et se contente de nous faire savoir qu'il tenait son école rue du Fouarre; en l'absence de toute . indication des commentateurs, les savants auteurs de l'Histoire littéraire de la France ont été amenés par leurs recherches à confondre en un. seul et même personnage le Siger de Dante, Siger de Courtray, un des professeurs do théologie associés à Robert de Sorbon en 1250, et Siger de Brabant, docteur en Sorbonne à la "même époque, plus tard, en 1277, chanoine de Saint-Martin de Liège. Ces conjectures sont on ne peut plus plausibles.
Le professeur Siger de Brabant fut l'un dos premiers coopérateurs de Robert Sorbon dans la fondation de son célèbre collège. Les documents de l'époque nous ont conservé sur lut deux souvenirs précieux, celui de sa polémique acharnée contre les thomistes, auxquels il se rallia plus tard avec assez d'éclat pour que Dante ait placé son éloge dans la bouche de saint Thomas lui-même, et celui de sa participation au fameux schisme qui émut toute l'université parisienne, dans le débat avec le recteur Albéric de Reims. Siger de Brabant fut le chef reconnu du parti opposé au recteur. Cette singulière querelle, qui dura trois ans (1272-1275) et pendant laquelle chaque parti nomma son recteur et s'attribua la collation des grades, ce qui produisit la plus étrange confusion, fut terminée par une constitution du légat du pape, qui désigne ainsi les deux partis : pars Alberici, pars Sigerici. Siger fut nommé recteur, au moins une fois, pendant cette période. Calomnié, persécuté peut-être, Siger de Brabant dut comparaître devant un tribunal d'inquisiteurs, comme suspect d'hérésie ; on ignore le résultat de ces poursuites (1277); mais l'éclat de'son professorat dans la chaire de la rue du Fouarre est postérieur à cette époque.
Le souvenir de ces leçons, qui excitèrent l'enthousiasme des écoliers, s est conservé dans le recueil historique des Gesta Dei per Francos, où les auteurs de l'Histoire littéraire de la France l'ont retrouvé avec beaucoup de sagacité. Le nom de Siger y revient sonvent, comme celui de la plus haute personnification de l'enseignement à cette époque et, chose singulière, assez souvent réuni, comme dans les vers de Dante, au nom de Thomas d'Aquin. Un des auteurs anonymes de ce recueil, historien des croisades, dans un plan d'éducation qu'il trace, dit qu'il serait utile d'étudier les extraits des livres de Frère Thomas ou de Siger (De scriplis tam fralris Thomx quam Sigeri et altorum doctorum). Dans un autre endroit, il analyse et commente une leçon du maître sur les gouvernements et la nécessité des bonnes lois. Ces leçons durèrent à peu près jusque vers latin du siècle, dans cette vieille maison du Fouarre ou du Feurre [meus Stramineus des anciens documents, vico degli Strami du Dante), que les cours publics rendirent célèbre pendant près de quatre cents ans.
Siger de Brabant mourut avant l'an 1300, réconcilié avec les thomistes et les dominicains, rentré en grâce auprès de l'Eglise. Il est probable qu'il abandonna l'enseignement aussitôt après sa réconciliation; une légende dominicaine, rapportée dans un vieux commentaire du Dante, raconte que 1« professeur vit en songe un de ses élèves mort depuis peu et damné pour avoir écouté ses sophismes. L'écolier, lui dépeignant ses souffrances, laissa tomber sur la main de Siger une goutte de sueur, et la douleur que le professeur éprouva k ce contact fut si cuisante, qu'il résolut aussitôt d'abjurer ses erreurs. On ignore à quelle époque précise Dante écouta les leçons du professeur qu'il a immortalisé, et ce n'est même que par conjecture qu'on pense qu'il y assista.
Les écrits de Siger de Brabant, traités scolasliques aujourd'hui bien dédaignés, sont en manuscrit à la bibliothèque de Ta Sorbonne, sous le nom de Siger de Courtcay (Syguerius de Curiraco). C'est sous ce nom aussi qu'a, été accepté par la Sorbonne le legs fait par Si?£T à la bibliothèque des manuscrits de
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Thomas d'Aquin qu'il possédait. Mais l'assimilation de Siger de Brabant et de Siger de Courtray ne peut faire de doute, puisqu'au bas d'une note d'Echard, concernant la condamnation de Siger de Brabant par les inquisiteurs, on trouve rappelée l'acceptation de ce legs par la Sorbonne, comme une preuve qne Siger n'était pas mort excommunié. Ces traités manuscrits sont : 1° Summa modorum significandi mag. Syguerii de Curtraco ; 2° un Traité du syllogisme, qui, mieux que tout autre ouvrage, révèle 1 esprit délié du maître, son grand art dans la théorie du raisonnement, dont le félicite le poëte de la Divine comédie; il porte ce titre : Explicit ars posteriorum édita a magistro Sigero de Colterctro; 3° Qv&stiones logicales, ouvrage dont il est question dans les Gesta Dei per Francos; c'est celui dont le chroniqueur voudrait que l'on fit des extraits; 4° Thèses impossibles (Impossibilia), recueil singulier, qui justifie bien son nom et montre à quel point était poussée dans les universités la liberté de l'enseignement. Sous prétexte de jeux d'esprit et d'amusements de logique, le professeur s'exerce sur des sujets au moins étranges. On y trouve des thèses contre l'existence de Dieu et en faveur de l'irresponsabilité humaine. Quelques-unes ne sont que puériles, comme celle où il prouve que la guerre de Troie dure encore, à l'aide d'un syllogisme défectueux. Sous le fatras scolastiqua de ces vieux manuscrits , que personne peut-être n'avait feuilletés depuis le xme siècle jusqu'à M. V. Leclerc, qui s'en est fait l'historiographe, c'est à peine si l'on retrouve un écho, bien affaibli, des turbulentes écoles de la rue du Fouarre.
SIGESBECKIE s. f. (si-jè-sbè-kî). Bot. V.
SIÉGESBECKtE.
SIGETH, comitat de Hongrie. V. Szigeth.
SIGFRID (saint), Anglais d'origine, évêque de Vexionic, dan3 la Gothie méridionale, en Suède. 11 vivait au xi« siècle. Protégé par le roi chrétien Olas Scobcong, Sigfrid créa l'Eglise de Vexionic, malgré la résistance des populations attachées à leurs vieilles croyances. La mémoire de ce saint est vénérée dans le Nord. Sa légende est empreinte de caractères profondément populaires. Nous remarquons surtout ce passage : • Saint Sigfrid venait de perdre ses trois neveux, "Winainann,Unaniann et Suramann, massacrés par les preux westrogoths, plus ennemis du christianisme que le peuple. Il se consolait de sa douleur en adressant à Dieu, dans ses nuits toujours sans sommeil, ses plus ferventes prières, lorsqu'au milieu des ombres d'une nuit plus lugubre qu'aucune autre le saint vit au loin, sur Tes marais environnantson église, trois lueurs d'un étrange éclat. Saisi d'une ardente curiosité, il s'élance dans les eaux, il s'approche, il distingue; les feux aussi sont venus à lui. Au sommet d'un rocher élevé dans les airs est une urne, et il y voit les trois chefs de ses neveux tout ruisselants de leur sang. • Dieu vous vengera 1 b s'écrie le saint saisi d'horreur. Une de ces têtes parle ; elle dit : « Il y aura vengeance, en effet. — » Et quand? » dit la seconde. La troisième, d'une voix terrible, répond : • Toujours, de ■ génération en génération I » En effet, ajoute la légende, les nobles sentent encore le poids de lu colère de Dieu. »
Sigfrid OU Slcgfrid (LÉGENDE DIî). V. NlBE- LUNGEN.
SIGILLAIRE adj. (si-jil-lè-re — lat. sigillaris; de sigillum, sceau). Qui a rapport aux sceaux : Forme sigillaire. Légende sigillaire.
— S. f. Bot. Genre de végétaux, type de la famille des sigillariées, comprenant environ soixante espèces des terrains houillers ou de transition : On ne doutera pas que les sigilr.AiRES ne dussent former une famille spéciale. (Ad. Brongniart.)
— s. f. pi. Antiq. rom. Fêtes qui suivaient les saturnales, et pendant lesquelles on se donnait de petites figures sculptées,
— Encycl. Bot. Ce genre a été établi dès 1821 par Ad. Brongniart, dans les Mémoires du Muséum. 11 correspond aux genres désignés par M. de Sternberg sous les noms de lavularia et rhytidopolis. Quelque temps confondues avec les caulopteris, les vraies siyillaires paraissent avoir constitué une famille de végétaux actuellement détruite , se rapportant à l'embranchement des monocotylédones gymnospermes. Les caractères extérieurs des sigillaires sont les suivants : tiges cylindriques simples ou bifurquées au sommet, ordinairement marquées de côtes longitudinales séparées par des sillons continus droits ou légèrement fiexueux, non articulés, quelquefois lisses, unies ou marquées de sillons formant un réseau qui circonscrit des mamelons peu saillants. On remarque des cicatrices laissées par les bases des feuilles, régulièrement espacées et disposées en quinconce, presque toujours plus longues que larges, souvent éehancrées au bord supérieur. On constate aussi l'indication d'un pétiole arrondi, ordinairement plus épais que large, canaliculé en dessus. Un petit fragment de la sigillaire élégante, trouvé près d'Autun, a démontré que les analogies que l'on avait trouvées d'abord avec les tougères étaient trompeuses, et que cette plante devait se placer naturellement à côté des cycadées.
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Cette tige de sigillaria a, été décrite avec détail par M. Brongniart dans les Archives du Muséum, Voici d'ailleurs un résumé de cette description : Cette tige présente une moelle centrale entourée d'un cercle ligneux, séparé en faisceau par des rayons médullaires. Ce corps ligneux est divisé en deux zones distinctes : 1 une, interne, formée de faisceaux arrondis, en contact avec la moelle, a été désignée sous le nom de faisceau médullaire ; l'autre, plus large, placée en dehors, mais en contact immédiat avec les faisceaux médullaires , est subdivisée en nombreux faisceaux par des lames celluleuses rayonnantes. En dehors du cercle ligneux se trouve une couche celluleuse très-épaisse, que traversent les vaisseaux qui se portent dans les feuilles, puis une sorte d'écorce d'un tissu cellulaire allongé, très-serré et très-dense, qui correspond aux cicatrices longitudinales dont nous avons déjà parlé. Les sigillaires constituent un genre très-nombreux et trèsvarié dans ses formes, On en connaît environ cinquante-cinq espèces, se rapportant à trois sections principales-, toutes se sont trouvées dans les terrains houillers ou dans les terrains de transition. On n'en a jamais rencontré aucun indice dans les terrains de formation plus récente. Toutes les tiges de sigillaire paraissent avoir atteint de grandes dimensions. On en a mesuré qui avaient plus de 13 mètres de longueur et qui se bifurquaient vers le sommet, n'offrant de terminaison ni en haut ni en bas. La base des sigiltaires s'élargit en forme de cône. Les côtes y deviennent moins apparentes et moins régulières, mais conservent cependant leurs caractères essentiels. Les bases de ces tiges élargies, implantées sur les couches de houille, perpendiculairement à leur surface, constituent ces sortes de bornes coniques que les mineurs désignent, à Saint-Etienne et ailleurs, sous le nom de cloches, et qui par leur chute dans les galeries amènent quelquefois de redoutables accidents.
— Antiq. rom. Les sigillaires se célébraient à Rome à la suite des saturnales, c'est-à-dire vers le xm0 des calendes de décembre. Leur nom venait de petites statues d'or, d'argent, d'argile ou de pierres rares que l'on offrait à Saturne pendant ces solennités. Des marchands établis dans des cases de toile, élevées temporairement sous le magnifique portique des Argonautes, au champ de Mars, vendaient aux citoyens pieux ces petits simulacres. Nous trouvons dans Macrobe quelques détails sur l'origine de cette fête. Epicadus rapporte qu'Hercule, après avoir tué Géryon, ramenant en vainqueur, à travers l'Italie, les troupeaux de bœufs qu'il lui avait enlevés, jeta dans le Tibre, sur le pont appelé S!iblicius,et qui fut construit à cette époque, un nombre de simulacres d'hommes égal au nombre de ceux de ses compagnons qu'il avait perdus durant son voyage, afin que ces figures portées dans la mer par le cours propice des eaux fussent rendues par elle à la terre maternelle des défunts, à fa place de leurs corps. C'est de là que l'usage de faire de telles figures serait devenu une pratique religieuse. Il existe une légende plus vraisemblable, que nous avons rapportée en parlant des saturnales (v.ce mot). Elle raconte que les Pélasges, instruits par une favorable interprétation qu'on pouvait entendre par le mot tête, non des têtes humaines, mais des têtes d'argile, et que le mot çutoç signifiait non-seulement un homme, mais encore un flambeau, se mirent à allumer des flambeaux de cire en l'honneur de Saturne et consacrèrent des figurines au lieu de leurs propres têtes sur l'autel de Saturne contigu au sacellum de Dis. De là est venue la coutume de s'envoyer, pendant les sigillaires, des flambeaux de cire et celle de fabriquer et de vendre des figurines d'argile sculptée qu'on offrait en sacrifice expiatoire pour soi et pour les siens à Dis-Saturne. La vente de ces objets s'étant établie pendant les saturnales se prolongea durant sept jours, qui prirent le nom de sigillaires.
S1GILLARIÉ, ÉE adj. (si-jil-la-ri-ê — rad. sigillaire). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte à la sigillaire.
— s. f. pi. Famille de végétaux dicotylédones gymnospermes, ayant pour type le genre sigillaire.
SIGILLATEUR s. m. (si-jil-I.vteur — lat. sigitlator; de sigillum, sceau). Antiq. roui. Prêtre qui marquait d'un sceau les animaux destinés aux sacrifices.
— Chancell. Titre de l'officier qui était chargé de tenir le sceau, dans les cours de justice.
— Encycl. Antiq. rom. Le sigillaleur dépendait du collège des pontifes, auquel appartenaient surtout le droit et le devoir de veiller à l'observation des rites religieux, d'empêcher qu'il ne s'y mêlât quelque nouveauté ou quelque irrégularité et do régler tous les détails des sacrifices. Quiconque refusait de suivre leurs prescriptions était puni par eux , car ils étaient les juges des infractions commises contre toutes les choses de la religion, et il leur appartenait de faire exécuter les châtiments mérités pour cette cause : Rerum qux ad sacra et religiones pertinent judices et vindices (Festus). L'un des premiers soins et l'un des plus importants, dans les sacrifices, était le choix des victimes. H fallait des animaux sains et bien cod-
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formés, mâles pour être offerts aux dieux, femelles pour les déesses; il les fallait différents pour les sacrifices publics et pour les sacrifices particuliers; pour les sacrifices expiatoires, ou faits avant la guerre, dans lesquels on immolait des hostile; pour les sacrifices de reconnaissance après la victoire, dans lesquels on immolait des victimx. Quels que fussent les animaux, gros ou menu bétail, le sigillaleur les marquait de son sceau, et il était défendu d'offrir en sacrifice aucun animal qui ne portât cette marque. On doit prendre garde de confondre le sigillaleur avec le victimaire. Celui-ci était chargé d'allumer le feu sur l'autel et de recevoir dans une coupe le sang des victimes pendant qu'on les égorgeait. Ses fonctions étaient subalternes ; aussi les victimaires étaient-ils esclaves. Rien de pareil pour le sigillaleur ; les fonctions qu il remplissait n'avaient rien qui ne fût digne des pontifes eux-mêmes.
SIGILLATION s. f. (si-jil-la-si-on — du lat. sigillum, sceau). Chancell. Action d'apposer un sceau, il Peu usité.
SIGILLÉ, ÉE adj. (si-jil-lé — lat. sigillaius; de sigillum, sceau). Qui est marqué d'un sceau : Lettres sigillées.
— Bot. Souche sigillée, Souche qui porte des empreintes semblables à celles d'un sceau.
— Miner. Terre sigillée, Sorte de terre ocreuse des lies de l'Archipel, dont on fait des bols, qui sont ordinairement marqués du sceau du sultan ou de celui du gouverneur local.
SIGILLINE s. f. (si-jil-li-ne — dimin. du lat. sigillum, sceau). Moll. Genre d'ascidies composées, de la famille des téthyes, dont l'espèce type vit sur les côtes de l'Australie.
SIGILLISTE s. m, (si-jil-li-ste — du lat. sigillum, sceau). Hist. relig. Membre d'une secte qui parut en Portugal au xvme siècle, et dont le chef, nommé Gaspard, voulait que tout pénitent désignât ses complices à son confesseur, sous le sceau du serment.
SIGILLOGRAPHIE s. f. (si-jil-lo-gra-fl — du lat. sigillum, sceau, et du gr. graphô, je décris). Science qui a pour but la connaissance, la description et l'interprétation des sceaux.
—Encycl. Cette science, à laquelle on donne aussi le nom de sphragistique, est un puissant auxiliaire pour l'étude du moyen âge; sa portée est même plus étendue que celle de la numismatique , car, tandis que le droit de battre monnaie était réservé aux souverains et à quelques vassaux, l'emploi du sceau était général. Papes, monarques, seigneurs, nobles dames, officiers de justice, dignitaires ecclésiastiques, ordres religieux, communautés religieuses, corporations laïques, communes, juridictions, bourgeois, bourgeoises, artisans, sociétés de toute nature, tous, individus et associations, avaient leur sceau qui seul donnait authenticité aux actes dans lesquels ils figuraient. Ainsi que le dit le savant antiquaire Millin, cité par M. Chassant (Die tionnaire de sigillographie pratiqué) , « la sphragistique ou connaissance des sceaux est une source féconde d'instruction ; on y trouve la solution d'une infinité de questions et les éclaircissements les plus curieux pour l'histoire, les généalogies, les usages, les costumes du moyen âge et l'hagiologie ou histoire des saints; on y observe les progrès de la gravure. La sphragistique est la soeur de la numismatique. ■
Pendant longtemps on ignora quels éléments précieux l'histoire pouvait tirer de l'étude des sceaux. Au commencement du xvii° siècle seulement, les érudits songèrent à interroger ces documents jusqu'alors négligés; les bénédictins particulièrement s'adonnèrent à la culture ue la nouvelle science qui leur fut d'un grand secours dans leurs recherches sur le moyen âge ; on doit lui attribuer une part considérable dans les progrès de la critique historique. Cependant, malgré l'autorité qui s'attache aux travaux des de Vaines, des Lobineau, des Mabillon, des Menestrier, la sigillographie tarda encore longtemps à conquérir Je rang qui lui appartient de droit parmi les sciences qui se rattachent à l'histoire. Cette indifférence produisit des effets désastreux et amena la destruction d'un nombre incalculable de sceaux de toute nature. Les gardiens des chartriers n'attachaient, pour la plupart, aucun intérêt à la conservation de ces monuments de l'art du moyen âge ; les sceaux , enserrés sans précaution dans les liasses et froissés par les parchemins, tombaient en poussière; souvent même, séparés des chartes auxquelles ils appartenaient, ils étaient fondus et transformés en cire à bouteille. C'est ainsi que disparurent tous les sceaux d'un des plus vastes dépôts d'archives de Paris. Grâce à l'essor qu ont pris de nos jours toutes les branches de l'étude du passé, de pareils actes de vandalisme sont devenus impossibles. Partout les sceaux qui ont échappé à la destruction sont décrits et classés; de nombreux ouvrages publiés sur la sphragistique montrent combien cette science est en honneur dans le monde savant. De riches collections de sceaux, publiques et particulières, ont été formées et offrent un vaste champ à la curiosité et aux investigations des antiquaires et des historiens. Nous citerons, parmi ces
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collections, la belle collection d'empreintes moulées, commencée en 184Î aux archives nationales par M. Lallemand, sous la direction de MM. Daunou et Letrône, continuée par M. Demay, sculpteur habile, et classée par deux savants archivistes, MM. Douetd'Arcq et Boutaric. Nous signalerons encore l'importante collection des sceaux matrices du Louvre, la collection de l'hôtel des Monnaies et enfin la collection formée au palais des Beaux-Arts par MM. Depaulis et Dubois, célèbres graveurs en médailles.
La sigillographie embrasse un si grand nombre d'objets et de détails, que nous ne saurions entreprendre même de les indiquer dans le cadre restreint qui noua est imposé. Nous nous bornerons à donner quelques renseignements sur la partie de cette science qui a pour objet de déterminer l'authenticité des sceaux ; on comprend que c'est là l'objet le plus important de la sigillographie, la fausseté du sceau entraînant forcément la fausse té de la charte à laquelle il est attaché. Voici, d'après les diplomatistes bénédictins, les signes généraux auxquels on peut reconnaîtro les sceaux contrefaits ou supposés : Tout sceau d'une forme beaucoup plus récente que la date du diplôme ne le comporte doit être mis au rang des sceaux supposés; les images des sceaux, lorsqu'elles s éloignent trop do la forme de celles du même ordre et du même temps, et lorsqu'elles ont trop de ressemblance avec de plus récentes, doivent passer pour suspectes; on doit tenir pour suspect un sceau dont la cire est d'une couleur qui n'était pas en usage au temps du diplôme scellé; un sceau qui se trouverait chargé d'armoiries avant la fin du xi« siècle serait évidemment faux; enfin, le mode d'application ou du suspension des sceaux aux chartes dont ils dépendent, le texte de leur légende, la forme des lettres de cette légende sont autant de caractères qui permettent de déterminer la fausseté ou l'authenticité des sceaux. Ces indications rapides permettent de juger sous combien de points de vue divers l'étude des sceaux peut être envisagée. Au surplus, nous renvoyons nos lecteurs, pour des notions précises sur cette science intéressante, aux travaux spéciaux qui lui ont été consacrés, et parmi lesquels nous leur signalerons particulièrement les ouvrages suivants : Dictionnaire raisonné de diplomatique, par Dom de Vaines, religieux bénédictin de la congrégation de Saint-Maur (Paris, 1774, 2 vol.in-8»); Diplomatique pratiqua de Lemoine (Metz, 1765, in-4») ; Bulletins de la Société de sphragistique ; Eléments de paléographie, par Natalis de Wailly (Paris, 1838, 2 vol. in-1") ; Dictionnaire de sigillographie pratique, par Chassant et Delbarre (Paris, 1860, 1 vol. in-12).
SIG1SBÉE s. in. (si-ji-sbé — ital. cicisbeo, mot qu'on a fait venir, mais sans beaucoup de probabilité, du vieux français chiche, petit, et de beau). Favori d'une dame, homme qui lui fait assidûment sa cour, qui est empressé auprès d'elle et voué, en quelque sorte, à son service : Le sigisbée représente, à Gênes, l'ami de la maison à JParis, (Dupaty.)
— Encycl. Le sigisbée {cicisbeo) est un type qui peint à lui seul une société. Ue type, qui tend de plus en plus à disparaître avec le progrès des mœurs publiques, a fleuri en Italie, surtout au xvni" siècle, et s'est épanoui à l'aise dans la classe aristocratique, à cette époque profondément viciée et corrompue.
Le sigisbée était l'homme qui, avec l'agrément de la famille et du mari, se substituait à ce dernier pour accompagner une jeune femme dans les réunions, les fêtes, les spectacles, les promenades. « Il se dévouait au service d'une daims, dit la comtesse de Bradi, exécutait ou prévenait ses ordres et ne la quittait point depuis midi jusqu'à l'heure où elle entrait dans sa chambre à coucher. Mais ces devoirs ne se rendaient qu'à l'épouse d'autrui et on en laissait le soin chez soi à un autre homme. Très-souvent l'amour n'entrait pour rien dans la liaison qui s'établissait entre la daine et son sigisbée, surveillant quelquefois très-incommode; mais il en résultait des manières exquises en politesse, rien ne pouvant motiver (tans le monde, entre ces deux personnages, les familiarités, l'humeur, l'impatience que les époux ne s épargnent point. • On désigne fréquemment le sigisbée sous le nom de cavalier servant (cavalière seroenté). « Le cavalier servunt de la femme, dit Stendhal, est toujours l'ami du mari, et cette amitié, cimentée par des services réciproques, survit bien souvent à d'autres intérêts. » Souvent le sigisbée était l'amant de la dame à laquelle il consacrait ses soins, sans que le mari s'en préoccupât le moins du inonde. Pour compléter le tableau, auprès du sigisbée on voyait figurer fréquemment lepritito, c'est-à-dire l'amoureux qui aspirait à la succession du sigisbée heureux et triomphant, et qui en attendant était le souffredouleur, l'esclave soumis des caprices de la dame. Si l'on en croit Stendhal, ce fut d'Espagne que s'introduisit en Italie l'institution des sigisbées ou cavaliers servants. » Vers 1540, dit-il, en Espagne, toute femme riche dut avoir un bracciere pour lui donner le bras en public quand son mari était occupé de ses fonctions civiles ou militaires. Plus ce bracciere était d'une famille noble et distinguée et plus la dame et le mari étaient honorés. Il arrivait souvent que deux, maris en se ma-
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riant convenaient d'être réciproquement les braccieri de leurs femmes. Vers 1650, cet usage s'introduisit en Italie et dura jusqu'il Napoléon. Le prince Eugène, vice-roi d'Italie, contribua beaucoup a faire disparaître ie sigisbéisme en refusant de recevoir a sa cour une femme accompagnée par un autre homme que par son mari.
SIGISBÉISME s. m. (si-ji-sbé-i-sme — rad. sigisbée). Etat de sigisbée; coutume d'avoir des sigisbées : La plupart des liaisons de société, la camaraderie, etc., tout cela est à l'amitié ce que le sigisbéisme est à l'amour. (Chamfort.) Le sigisbéisme n'est nulle part plus en vogue qu'à Gênes. (Dupaty.) Les princes romains en ont fini depuis longtemps avec le
SIGISBÉISME. (E. AbOUt.)
SIGISMOND (saint), roi de Bourgogne, mis à mort à Orléans en 524. Il succéda à son père, Gondebaud, en 516. Elevé dans l'arianisme, il se convertit au catholicisme, fit un voyage à Constantinople et reçut de l'empereur Anastase la dignité de patrice. Plein de zèle poursa nouvelle religion, Sigismond fonda des monastères et convoqua un concile à Epaone. Il promulgua de nouveau la loi gombette avec des addii:ons et des corrections. Devenu veufd'Amalberge, fille du roi Théodorie, il se remaria avec Constance, qui faisait partie de la maison de cette princesse, et, à son instigation, il fit périr un fils, Sigeric, qu'il avait eu de son premier mariage (523). L'année suivante, Sigismond fut vaincu par les trois fils de Olovis. Livré a Clodomir, roi d'Orléans, il fut conduit dans cette ville et tué par l'ordre de ce prince avec sa femme et ses deux enfants. Bien qu'il eût tué son fils, l'Eglise n'a point hésité k le ranger parmi les saints et elle célèbre sa fête le 1er mai.
SIGISMOND, empereur d'Allemagne, né le 14 février 1368, mort à Znaïin le 9 décembre 1437. Fils de l'empereur Charles IV et d'Anne de Silésie, il reçut une éducation très-soignée, apprit le latin, le français, le hongrois, le bohémien et devint en même temps trèshabile dans les exercices du corps. A dix ans, son père lui donna le margraviat de Brandebourg et, deux ans plus tard, il fut fiancé avec Marie, tille du roi de Hongrie, Louis le Grand, qu'il épousa en 1485. A cette époque, il fut désigné par son beau-père comme son successeur au trône de Pologne. Mais la noblesse de ce pays lui préféra Ladislas, neveu du grand Casimir. Cependant, en 1386, il se mit en possession de la Hongrie, repoussa les Polonais, dompta les révoltes des nobles, marcha ensuite contre les Valaques révoltés et unis aux Turcs, mais il fut oattu par les rebelles. Il implora alors l'assistance des
firinces chrétiens, et, malgré les secours de a France et de l'Angleterre, il n'en perdit pas moins la fameuse bataille de Nicopolis (1396). Entraîné dans la fuite des siens, il se jeta sur une barque qui le porta dans la mer Noire, erra pendant dix-huit mois hors de ses Etats et, au moment où il rentrait en Hongrie, fut fait prisonnier par des nobles mécontents et enfermé dans la citadelle de Ziklos. Il parvint cependant à passer en Bohême, leva des troupes, dispersa la ligua formée contre lui, reconquit son trône et fut élevé k l'empire en 1410, par une partie des électeurs, pendant que, d'un autre côté, Josse, marquis de Moravie, et Wenceslas étaient élus par une autre faction. Dans le moment même où l'empire portait trois empereurs, l'Eglise comptait trois papes. La mort de Josse et la démission de Wenceslas laissèrent Sigismond seul maître de l'empire. Après avoir reçu, à Aix-la-Chapelle, la couronne d'argent (1414), il alla présider le concile de Constance, où fut condamné Jean Hus, malgré le sauf-conduit qu'il avait reçu de l'empereur. Il fit ensuite tous ses efforts pour terminer le grand schisme d'Occident, visita la France et l'Angleterre, sous prétexte de réconcilier Charles VI et Henri V, et en réalité pour former avec ce dernier une ligue secrète contre la France, afin de recouvrer l'ancien royaume d'Arles. Mais ses perfidies n'eurent aucun résultat. La mort de son frère Wenceslas (1419) le rendit maître de la Bohême, au moment où la révolte des hussites déchirait ce pays. Il commença contre ces ardents sectaires une guerre d'extermination, fut battu par le fameux Ziska (1420) et n'essuya pendant une guerre de quinze ans, coupée par quelques trêves, que des revers honteux. En 1431, pendant qu'il se faisait couronner à Milan roi d'Italie, ses troupes essuyèrent de telles défaites qu'il dut se résigner k composer avec les rebelles et à leur accorder des avantages. Malheureusement, des dissensions s'élevèrent parmi les réformés et Sigismond profita de cette désunion pour les écraser. Par une infâme trahison, il attira les principaux chefs dans une grange sous prétexte d'une conférence et les lit brûler vifs. Après avoir soumis complètement la Bohême, il mourut après avoir régné vingt-sept ans comme empereur, dixhuit ans comme roi de Bohême et cinquante et un ans comme roi de Hongrie. Les historiens allemands s'accordent à dire qu'il réunissait les vices les plus monstruenx aux vertus les plus respectables. Il avait la bravoure personnelle, mais aucun talent militaire. Sa seconde épouse, Barbe, mérita par ses mœurs le surnom de Messaline de l'Allemagne.
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SIGISMOND 1er, dit le Grand, roi de Pologne, né k Koziénicé le 1er janvier 1467, mort à Cracoviele l*r avril 1548. Fils de CasirairlV etfrère d'Alexandre 1er, roi de Pologne, il fut chargé de gouverner la Lithuanie, où il reçut le titre de duc en 1506. Elu en 1507 roi de Pologne, Sigismond s'attacha à réformer les nombreux abus qui s'étaient introduits dans l'administration et les finances et, grâce à l'habileté de son trésorier, Jean Bouer, il parvint sans nouveaux impôts à réparer les dilapidations de ses prédécesseurs. Le czar Vazilt ayant refusé de lui rendre des provinces faisant partie de la Lithuanie et dont il s'était emparé, Sigismond dut lui faire la guerre et repousser une invasion des Russes, auxquels s était joint le prince lithuanien Michel Gl'mski, IV battit complètement les envahisseurs à Orsza, sur le Dnieper (14 juillet 1508), les força à lever le siège de Minsk et à évacuer la Lithuanie ravagée, mais ne put, par suite de l'insubordination de ses lieutenants, poursuivre sa victoire. Il signa alors la paix avec le czar; mais, deux ans plus tard, celui-ci poussa les Moldaves, sous la conduite de Bogdan, à envahir la Pologne. Sigismond vainquit Bogdan et le força à signer un traité qui rendit la Moldo-Valachie tributaire de la Pologne. En 1512, ses généraux remportèrent une éclatante victoire sur les Tartaras. La sagesse de Sigismond, le succès ie ses armes, l'influence qu'il exerçait dans une partie de l'Allemagne excitèrent la jalousie de l'empereur Maximilien qui promit son appui au czar s'il voulait recommencer la guerre avec la Pologne. Cette offre fut acceptée et, en 1514, 80, 000 Moscovites se ruèrent sur la Lithuanie, qu'ils ravagèrent de nouveau, et prirent Smolensk, 30,000 Polonais marchèrent contre eux, et, malgré l'infériorité du nombre, leur firent essuyer une écrasante défaite. Maximilien s'empressa d'abandonner les Russes, invita Sigismond a prendre part au congrès de Vienne (1515) et lui promit son appui contre les Moscovites. Mais ceux-ci, poussés secrètement par l'empereur, recommencèrent leurs incursions, pendant que les chevaliers de l'ordre Teutonique envahissaient la Prusse polonaise. Sigismond rejeta les Russes hors de ses frontières, puis tourna ses armes contre les chevaliers Teutoniques, battit leur grand maître Albert, auquel s'étaient joints les Danois, et signa avec lui une trêve de quatre ans (1520). Cinq ans plus tard, il consentit à donner au grand maître le titre de duc de Prusse, à la condition qu'il le recon* naîtrait pour suzerain. Lors de l'invasion des musulmans en Hongrie, il envoya des secours au roi Louis II (1526). Par la suite, il battit à plusieurs reprises les Valaques révoltés contre la Pologne et refusa les trônes de Suède et de Hongrie, qu'on lui offrait. Ce prince sage, juste, magnanime, qui par les succès de ses armes et son habile administration avait rendu k la Pologne son ancienne prospérité, joignait k une mâle beauté une très-grande force corporelle. Il voulut en vain s'opposer aux progrès de la Réforme dans ses États. Ami des sciences et des arts, les cultivant lui-même, il adoucit les mœurs de ses sujets, embellit ou fortifia la plupart des villes de Pologne et laissa chez ses compatriotes une mémoire vénérée. De son mariage avec Bonne Sforza, princesse remarquable par sa beauté et son savoir, mais dont les mœurs firent scandale, il avait eu un fils qui lui succéda sous le nom de Sigismond IL
SIGISMOND 11, dit Auguste, roi de Pologne, fils et successeur du précédent, né à Cracovie le 1« août 1520, mort à Knyszyn le 18 juillet 1572. Par une dérogation formelle a leur loi fondamentale et par considération pour son père, les Polonais le déclarèrent héritier du trône à l'âge de dix ans. En 1543, ce prince, qui ne s'était fait remarquer que par sa passion pour les plaisirs, épousa la tille de l'empereur Ferdinand.Ier, Elisabeth, et prit alors le gouvernement de la Lithuanie. Sa femme étant morte peu après, il se prit de passion pour Barbe Radziwill, qu'il épousa secrètement (1546). Lorsqu'il monta sur le trône de Pologne en 1548, il rendit son mariage public; mais il trouva une vive opposition de la part de sa mère et des grands du royaume, qui déclarèrent, dans deux diètes, que ce mariage était nul. Sigismond refusa de céder et lit couronner sa femme le 9 décembre 1550 ; mais peu après Barbe mourut empoisonnée, croit-on, par ordre de Bonne Sforza, mère de Sigismond. En 1553, ce prince épousa en troisièmes noces une sœur de sa première femme, Catherine d'Autriche.
Au milieu des dissensions causées par la propagation de la réforme religieuse en Pologne, il tint une conduite sage et modérée, conquit la Livonie sur les chevaliers Teutoniques, battit les Danois, les Suédois et les Moscovites qui lui avaient déclaré la guerre, et réunit à la Pologne la Lithuanie, qui avait été jusqu'alors une souveraineté de sa famille (1569). En lui s'éteignit la race des Jagellons. 11 eut pour successeur le duc d'Anjou (depuis Henri III, roi de France). Ce prince se distingua par une grande tolérance religieuse, par son goût pour les arts et par la douceur de son caractère. On lui reprochait cependant, en sus d'une tendance marquée pour les plaisirs, une certaine lenteur à se décider, qui lui avait valu le surnom de Hoi du Icudouiaiu.
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SIGISMOND III, roi de Pologne et de Suède, né à Stockholm le 20 juin 1566, mort à Varsovie le 30 avril 1632. Fils de Jean III, roi de Suède, et de Catherine Jagellon, sœur de Sigismond II, il fut élu roi de Pologne le 19 août 1587, et délivré de son compétiteur, Maximilien d'Autriche, qui avait pris les armes, par Jean Zamoyski, qui battit ce prince et le ht prisonnier (24 janvier 1588). Devenu l'instrument des jésuites et du clergé, passionné pour l'alchimie, Sigismond s'aliéna l'esprit des Polonais, qui ne trouvaient en lui aucune qualité virile, et indisposa davantage encore la nation en épousant l'archiduchesse d'Autriche, Anne, en 1592. Son père, Jean III, étant mort en 1593, il devint alors roi de Suède et alla prendre possession de son royaume, accompagné du nonce du pape et d'une bande de jésuites. Là encore il se fit détester par la prédilection marquée qu'il montra pour le catholicisme. Soupçonné de vouloir rétablir cette religion en Suède, il ne réussit ni à dissiper ces soupçons, ni à déjouer les intrigues de l'ambitieux Charles de Sudermanie, son oncle. Après s'être honteusement enfui en Pologne, il perdit la couronne de Suède en 1604 et essaya en vain de la reprendre par les armes. Son règne en Pologne fut signalé par la révolte de Jean Ztorzydowski, apaisée en 1607. La Pologne s'étant trouvée, a l'occasion des prétentions du faux Démétrius, engagée dans une guerre contre la Russie, Moscou tomba au pouvoir des armées de Sigismond. Les Moscovites offrirent la couronne de Moscovie au fils du roi de Pologne. L'illustre Zolkiewski conseillait au roi de donner son consentement à cette proposition ; mais l'orgueilleux Suédois, voulant réunir une double couronne sur sa tête, prétendit devenir lui-même roi de Moscovie, c'est-à-dire annexer purement et simplement la Moscovie à la Pologne. En irritant ainsi l'amour-propre national des Moscovites, Sigismond fit chasser ses armées de Russie et dut conclure, en 1618, la paix de Dijwelin, Sigismond fit ensuite la guerre aux Turcs, guerre signalée par le désastre de Cecora (1620) et par la victoire de Choczin) (1621), et à Gustave-Adolphe, avec lequel il fut forcé de conclure le traité d'Altmark. Le règne de Sigismond, prince dévot, incapable et orgueilleux, fut « fatal à la Pologne, dit l'historien Lelewel, et les malheurs qu'il occasionna furent d'autant plus sensibles qu'il dura pendant le long espace de quarantecinq ans. ■ A sa mort, 'il laissait deux fils, Wladislas VII et Jean-Casimir, qui devinrent successivement rois de Pologne.
Sigismond (Sigismondo), opéra italien, livret de Felice Romani, musique de Rossini; représenté sur le théâtre de la Fenice, k Venise, pendant le carnaval de 1815. Cet ouvrage ne réussit pas. Il renfermait cependant de beaux airs que le compositeur sut employer depuis dans d'autres opéras. L'échec qu'il éprouva lui fut sensible et le détermina à accepter les propositions de l'imprésario Barbaja.
SIGISTAN, SEDJESTAN ou SE1STAN, contrée de l'Asie formant une province indépendante du royaume de Caboul. Elle est bornée au N.-E. par l'Afghanistan, k l'O. par la Perse et au S. par le Béloutchistan ; superficie, 96,000 kilom. carr. ; capitale, Djélalibad. Cette contrée, qui, dans l'antiquité, faisait partie de l'Arie, était autrefois une des plus florissantes provinces de la Perse. Fertile et peuplée, elle comptait un grand nombre de villes et de villages; mais, envahie par les sables, elle est devenue en partie stérile, excepté dans la vallée qu'arrose l'Helmend, et elle n'offre plus en général qu'un vaste désert. De petits chefs, résidant dans des lieux fortifiés, gouvernent cette contrée qui a vu naître les héros Rastan et Djeuscheid.
SIGLATON s. m. (si-gla-ton), Comm. Nom d'une étoffe du moyen âge.
— Encycl. Le siglalon était une étoffe de soie, très-souvent teinte en rouge, tantôt unie, tantôt ornée de dessins au métier ou à l'aiguille, qui, pendant tout le moyen âge, jouit d'une vogue énorme en France, en Italie, en Angleterre et dans plusieurs autres parties de l'Europe. C'était un tissu riche, exclusivement à l'usage des gens de haute naissance. On en faisait surtout des vêlements de femmes. On l'employait aussi , mais plus rarement, pour confectionner des vêtements d'hommes, des housses pour chevaux d'apparat et des tentures. Dans l'origine, on le tirait du Levant et de l'Espagne musulmane. Le plus renommé venait d'Alméria, dans ce dernier pays. Parla suite, on réussit à l'imiter dans quelques parties de l'Europe chrétienne, principalement en Italie. Le siglaton paraît avoir été délaissé vers le commencement duxve siècle; toutefois, il se fabrique encore dans plusieurs localités de l'Orient.
SIGLE s. m. (si-gle — bas latin sigla, abréviations. Ce mot est une contraction du lutin sigilla, pluriel de sigillum, sceau, d'après les uns, et, selon les autres, de singula, caractères isolés, d'où, par corruption, tiugla et sigla). Paléogr. Lettre initiale ou groupe de lettres initiales dont on se sert pour exprimer un ou plusieurs mots: Ex. : S.P.Q.li (Senatus poputusque Itomamts). I.N.li.I, (lesus
SIGM
Naxarenus, rex Judsorum).N.S.J.-C. (Noire- Seigneur Jésus-Christ).
— Encycl. Le sigle simple représente un mot par la seule lettre initiale de ce mot; le sigle composé ajoute à la lettre initiale une ou plusieurs lettres du mot. Les sigles, selon quelques commentateurs, furent connus des Hébreux; ils furent en usage chez les Grecs, qui les enseignèrent aux Romains. Cicéron les appelait sinqulx litters, d'où, par abréviation, l'on a fait sigla et en français sigles. Les manuscrits, les inscriptions, les médaille* présentent des sigles nombreux. Voici, par ordre alphabétique, la liste des sigles les plus fréquemment employés :
A. Absoloo.
A.A.A. Auro, argento, 1ère.
AM. Amicus.
A.V.C. Anno Urbis condits.
COS. Consulibus.
CS. Consul ou comularis.