‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 377 sur 1059 · V.S.L. Votum solvit libens · texte numérisé non relu

V.S.L. Votum solvit libens

Les sigles étaient employés aussi dans la transcription des lois et décrets ; mais ils causèrent un si grand nombre de difficultés et d'abus que Justinien les interdit. De nombreuses erreurs historiques sont provenues de sigles mal écrits ou mal lus. Les copistes, à certaines époques, ont exagéré d'une manière extrême l'emploi des sigles. Ainsi, le manuscrit de Virgile connu sous le nom de Virgile d'Asper, qui a passé de l'abbaye do Saint-Germain-des-Prés k la Bibliothèque nationale, présente des fragments considérables écrits en sigles, sans qu'on puisse soupçonner quel était le but de cette transcription tout à fait incompréhensible, si on ne la lit k l'aide du texte complet. * Au xie siècle, suivant le Nouveau traité de diplomatique, on n'avait pas oublié cette manière d'abréger l'écriture. Le fameux terrier d'Angleterre, dressé par ordre de Guillaume le Conquérant, en est une preuve. Ce manuscrit en deux volumes, que les Anglais appellent Domesday-book, fut écrit en lettres antiques et en sigles. Ces sigles néanmoins n'y sont pas, à beaucoup près, aussi fréquents que dans le Virgile d'Asper. On s'en servait encore pour distinguer les livres, pour marquer le nombre des chapitres et des cahiers des manuscrits. On exprimait aussi la valeur des poids par différentes lettres des alphabets grec et latin. Les médecins conservent aujourd'hui, dans leurs ordonnances, quelques sigles dont l'usage remonte à une haute antiquité. Entre les autres sigles qui existent encore, il faut signaler celui qui accompagne, dans les actes publics, la signature de l'empereur d'Autriche : M.P., Àlotu proprio (de notre propre mouvement, de notre propre volonté).

3IGMA s. m. (si-gma). Grarnm. gr. Dixhuitième lettre de l'alphabet grec, correspondant à notre s.

— Antiq. rom. Table k manger ayant la forme d'un C majuscule, qui fut d'abord la forme du sigma. Il Lit de même forme disposé autour de cette table.

— Encycl. Antiq. rom. Les Romains avaient souvent dans leurs salles de festin une grande table qu'ils appelaient du nom de sigma. Autour de cette table se trouvait un lit plus ou moins grand, ayant la même forme et portant te même nom. Les places les plus honorables étaient celles qui se trouvaient aux deux extrémités du lit. C'était par l'intervalle du demi-cercle que l'on servait les viandes. Quelques écrivuins représentent les anciens à table, assis sur des coussins, à la mode des tailleurs.

Hèliogabale, peu modéré dans le choix des plaisirs dont il égayait ses repas, faisait préparer autour d'une table ronde séparée de la sienne un sigma en forme d'arc. Il faisait placer sur ce sigma, un jour, huit hommes chauves, un autre jourhuit goutteux, huit nègres, puis huit mulâtres, huit hommes maigres, et ensuite huit hommes d'une énorme rotondité qui étaient si pressés les uns contre les autres qu'ils pouvaient à peine se remuer et porter leurs aliments à leurs lèvres, tandis que lui, avec toute sa cour, se divertissait k voir leur contenance. Il lui arrivait souvent, et c'était l'un de ses moindres divertissements, de faire faire ce sigma en cuir et de le remplir d'air au lieu de laine; puis, pendant que ceux qui l'occupaient étaient occupés à se bien remplir le ventre, il faisait ouvrir un robinet par lequel s'échappait l'air :

SIGN

alors le sigma s'aplatissait brusquement et ceî pauvres diables tombaient le nez sous la table.

S1GMAB1NGEN, ville de Prusse, capitale de la principauté de Hohenzollern-Sigmaringen, céilée à la Prusse en 1850, chef-lieu de Ta régence et du bailliage de son nom, à 95 kilom. S. de Stuttgard, sur la rive droite du Danube; 1,670 hab. On y voit un beau château royal avec galerie de tableaux, bibliothèque et cabinet de médailles. Aux environs, hauts fourneaux et forges.

SIGMAR1NGEN (saint Fidèle de), capucin et martyr catholique, né dans la ville de ce nom en 1577, mort en 1622. Reçu docteur en droit, il voyagea dans les principaux Etats de l'Europe, devint ensuite conseiller a Colraar, puis entra dans l'ordre des capucins à. Fribourg, où il prit l'habit on 1612. Envoyé dans le pays des Grisons pour y prêcher le catholicisme aux protestants, il fut surpris et tué par des soldats à Sévis. Il a été canonisé en 1746 et l'Eglise l'honore le 24 avril.

SIGMATELLE s. f. (si-gma-tè-le — rad.

sigma). Bot. Genre d'algues, du groupe des diatomées ou bacillariées, comprenant plusieurs espèces qui croissent dans. les eaux douces de l'Europe centrale.

SIGMATIQUE adj. (si-gma-ti-ke — rad.

sigma). Grumm. gr. Qui est caractérisé par le sigma. Il Aoriste sigmatique, Aoriste premier, qui a un sigma a sa terminaison.

SIGMATISME s. m. (si-gma-ti-sme — rad.

sigma). Grainm. Emploi fréquent de la lettre s ou des autres sifflantes : Le Sigmatisme d'-Euripide. I! Répétition vicieuse de la lettre s, comme dans le vers suivant de Boursault : Ciel! si ceci se soit, ses soins sont sans succès.

StGMODON s. m. (si-gmo-don — de sigma, et du gr. odous, dent). Mamm. Genre de mammifères rongeurs, voisin des campagnols, dont l'espèce type habite la Floride : Le siomodon cause de grands ravages dans les champs. (E. Desmarest.)

— Encycl. Les sigmodons ont les caractères généraux des campagnols; ils s'en distinguent par leurs molaires égales avec des racines et à couronnes marquées de sillons alternes très-profonds, disposés en sigma (S). Les pieds de devant ont quatre doigts, avec le rudiment d'un cinquième doigt onguiculé ; ceux de derrière en ont cinq ; la queue est velue. Le sigmodon velu, espèce unique du genre, aom,16de longueur; la tête grosse, les yeux grands, le museau allongé ; le pelage jaune d'ocre pâle en dessus, avec un peu de noir sur la tête, et cendré en dessous. Cet animal vit aux Etats-Unis et fréquente surtout les bords de la rivière Suint-Jean, dans la Floride orientale. Ses mœurs rappellent celles des campagnols, Il se nourrit principalement de grains et cause souvent de grands dégâts dans les terres cultivées.

SIGMODOSTYLE s. m. (si-gmo-do-sti-le — du gr. sigmodés, en forme de sigma, et de style). Bot. Genre de plantes, de la famille des légumineuses, tribu des phasêolées, dont l'espèce type croit au Cup de Bonne-Espérance.

SIGMOÏDAL, ALE adj. (si-gino-i-dal, a-le). Syn. de sigmoïde.

SIGMOÏDE adj, (si-gmo-i-de — de sigma, et du gr. eidos, aspect). Anat. Qui a la forme d'un sigma. Il On dit aussi sigmoïdal, alk. Il Cavités ou Fosses sigmoîdes, Deux cavités qu'on remarque à l'extrémité numérale du cubitus. Il Valvules sigmoîdes , Trois replis membraneux qui se trouvent à L'orifice de l'artère pulmonaire, dans le ventricule droit du cœur.

— Encycl. Cavités sigmoîdes du cubitus.

Elles sont au nombre de deux, situées à l'extrémité humérale de cet os et distinguées en grande et petite. La grande reçoit la tiochlée de l'humérus dans sa concavité et forme une partie considérable de l'articulation du coude. La petite, placée au coté externe de l'os, reçoit le rebord correspondant de la tête du radius.

— Valvules sigmoîdes. Elles sont situées à l'orifice de l'artère pulmonaire et de l'aorte pour empêcher le sang projeté dans ces vaisseaux de retomber dans le cœur. Elles sont réunies par groupes de trois, minces, demitransparentes, mais très-résistantes. Elles présentent un bord adhérent aux parois artérielles et convexe, et un bord libre muni à sa partie médiane d'un petit tubercule. De leurs deux faces, l'une regarde vers le ventricule et l'autre vers la paroi de l'artère. Elle contribue ainsi à former une petite cavité en cul-de-sac, qu'on a comparée à un nid de pigeou. La direction des valvules sigmoîdes est verticale quand le sang passe des ventricules dans le système artériel; elles deviennent ensuite horizontales quand ce liquide tend à reduer dans les cavités du cœur et jouent le rôle de véritables soupapes.

SIGNA, bourg du royaume d'Italie, province, district et à 15 kilom. O. de Florence, mandement de Campi Bisenzio, sur la rive droite de l'Arno; 6,492 hab. Fabrication de chapeaux de paille irès-estimés.

SIGNAGE s. m. (si-gnaje; gn mil. — rad. signe), 'fechn. Dessin d'un compartiment de vitres, tracé sur verre.

STGN

— Ane. jurispr. Suites et dépendances d'un droit.

SIGNAL s. m. (si-gnal; gn mil. —rad. signe). Signe convenu, que l'on fait pour servir d'aveitissemeut : Signal du combat. Signal du départ. Signal d'alarme, de détresse. Signal de ralliement. Faire des signaux. Convenir d'un signal. Ne pas comprendre un signal. Ou a introduit divers signaux dans la mari?ie, (Aead.) Le niynal est donné par cent bouches d'airain.

Voltaire.

Ce superbe coursier, votre esclave farouche. Que votre main légère interroge sa bouche : Il répond a l'instant et, ducile a vos lois, Comprend chaque signal du frein et de la voix.

Delille.

— Chacun des gros grains qui séparent, dans les chapelets, des rangées de grains plus petits.

— Ce qui annonce, provoque, commence :

Cette première imprudence fut le signal de toutes ses fautes. L'élévation d'une race devient souvent, sotis un indigne héritier, le signal de la décadence. (Mass.) Le produit sans travail serait le siGNAi.de l anarchie et la dissolution du corps politique. (Lemontey.)

— Donner le signal d.e, Commencer, donner l'exemple : Donner le signal dis la révolte. Donnkr lk signal des applaudissements.

— Administr. Objet que les personnes possédant des animaux atteints de maladies contagieuses étaient tenus autrefois de placer en dehors des étubles où ces animaux se trouvaient, pour en éloigner les troupeaux.

— Mur. Calibre, dimension : Des quilles d'un même signal.

— Pêche. Bouée de liège, morceau de bois flottant sur l'eau, servant à désigner l'endroit où l'on a placé des filets.

— Chem. de fer. Appareil fixe, disposé sur le bord de la voie, pour indiquer aux trains qu'ils peuvent passer, ou qu'Us doivent s'arrêter ou ralentir leur marche.

— Géod. Objet disposé au sommet d'un édifice, pour indiquer le sommet d'un angle ou la direction d'une ligne.

— Syn. Situai, signa. Le signe annonce quelque chose naturellement, parce que nous savons qu'il accompagne ou qu'il précède toujours la chose à laquelle il nous fait penser. Le signal est un signe de convention, qui par lui-même n'aurait aucun rapport nécessaire avec la chose indiquée. Ainsi, la rougeur du visage est un signe de confusion, do colère; les sons du beffroi sont un signal d'alarme.

— Encycl. Art milit. Les signaux dont on a fait usage dans l'art militaire sont de divers genres ; on y a employé les sons de la voix, des instruments, des armes; on s'est servi des objets les plus sensibles à la vue, tels que le feu pendant la nuit, la fumée pendant le jour, les fusées, les bombes, les drapeaux ; on y a employé quelquefois des ballons aérostatiques. On a attribué, fabuleusement, à Palamède l'invention des signaux; mais il est bien évident que les armées égyptiennes, perses et mèdes les employaient avant celte époque. Dans l'antiquité, les crieurs, les hérauts, les porte -enseigne étaient préposés à la transmission ou à i'interprétation des signaux.

L'usage des signaux se retrouve souvent dans l'histoire grecque; ainsi, lorsque l'a vantgarde de Xerxès eut pris les trois vaisseaux vedettes des Grecs, l'avis en fut aussitôt donné par des feux. D'autres feux portèrent dans Athènes la nouvelle de la prise de Saturnine par les Péloponésiens , 1 arrivée des Athéniens près de Corcyre, l'entrée des Péloponésiens dans l'Hellespont, etc. U serait trop long de citer tous les exemples.

Ces sortes de signaux se donnaient avec des torches de bois résineux ou d'autres matières inflammables. Leur puissance était donc des plus bornées, et ils étaient insuffisants pour transmettre un grand nombre d'avis importants. Le tacticien Arnius en étendit l'usage à un plus grand nombre de circonstances. Il donna il ceux qui étaient chargés du soin des signaux des vuses de terre d'environ 3 coudées sur 1 de largeur; ils avaient des plateaux de liège d'un diamètre un peu moindre que l'orifice des vases. Au centre de ces plateaux on piquait des baguettes d'égale longueur divisées en parties égales de trois doigis chacune ; on attachait à chaque division une bande distincte sur laquelle était, écrite une des circonstances les plus ordinaires de la guerre. Les vases étaient remplis d'eau sur laquelle nageait le Hége. Quand on voulait transmettre un avis, une torche allumée attirait tout d'abord l'attention de la station voisine, qui répondait par l'élévation d'une autre torche. Alors on abaissait les deux torches en même temps et l'on débouchait un trou situé au fond des vases; les vases étant bien égaux de capacité, remplis également, et les trous d'écoulement ayant absolument le même diamètre, cette eau s'écoulait aussi vite d'un vase que de l'autre. Les lièges descendaient également et les bâtons aussi; de sorte que, lorsque la bande portant l'indication voulue était arrivée à la hauteur des bords du vase, on élevait la torche à la station d'où partait l'avis. A ce signal, ceux qui étaient à la station voisine u'uVitient plus qu'à lire l'inscription qui se

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trouvait au bord de leur vase ; elle correspondait parfaitement avec celle de la station d'envoi. Cette invention ingénieuse mais imparfaite ne pouvait ni prévoir tous les événements, ni en faire connaître toutes les cir- •constances, telles que l'espèce des troupes, des vaisseaux, des vivres, leur destination. Cléoxène ou Démoclite imagina un moyen plus parfait, que Po'.ybe perfectionna.^! consistait à se servir des caractères de l'alphabet, rangés en quatre ou cinq colonnes. Celui qui donnait le signal commençait par désigner le rang de la colonne où devait se chercher la lettre; le nombre des flambeaux désignait le nombre des colonnes. Ensuite U indiquait la première lettre de la colonne par un flambeau, la seconde par deux, etc. Ces lettres, trouvées ainsi, formaient des syllabes et des mots. Polybe témoigne que l'on se servit de cette méthode avec le plus grand succès.

Les Romains se servirent de signaux aussi bien que les Grecs, dès les temps les plus anciens. Julius Africanus traite ce sujet avec détail : « Je m'étonne assez souvent, dit-il, de la facilité que les signaux nous procurent d'écrire tout ce que nous voulons. On choisit des lieux propres à donner et à recevoir des signaux; on y détermine le côté droit, le côté gauche et l'entre-deux; ensuite on distribue les lettres de l'alphabet; on en fait passer du côté gauche un certain nombre, par exeniplo celles qui sont depuis l'alpha jusqu'au thêta; les suivantes, depuis l'iota jusqu'au pi, devront demeurer dans le milieu, et le reste de l'alphabet se trouvera du côté droit. Lorsqu'on veut désigner l'alpha , on n'allume qu'une torche du côté gauche, deux si c'est bêta, et ainsi de suite. Lorsque c'est l'iota oui doit être indiqué, on lève un signal à 1 entre-deux; on fera la même chose pour les lettres de la troisième distribution. ■

Tite-Live, Végèce, César, Plutarque racontent mille faits où les généraux romains eurent recours aux signaux. Si le général faisait déployer aux yeux de l'armée une tunique rouge, c'était un ordre de se préparer au combat et de prendre sur-le-champ de la nourriture. Elever une haste sanglante ou peinte en rouge équivalait à la permission de mettre à sac une ville ou un pays. Des instruments bruyants annonçaient la retraite. César rapporte un fuit remarquable : il dit que les Gaulois s'avertissaient des événements de la guerre en proférant certains cris de distance en distance, et que la nouvelle du désastre des Romains massacrés au lever du soleil à Orléans était parvenue le soir en Auvergne, à une distance de 40 lieues. Au moyen âge, certains mouvements du pennon étaient une demande de secours ou de rescousse.

La tactique moderne se prête peu à l'ancienne manière de faire des signaux. La fumée de la poudre, le développement du front ne permettent plus d'employer ce moyen pour communiquer des avis on des ordres. En vain, au siècle dernier, l'Allemand Fliegelman avait voulu créer des signaux d'exercice; son système, après avoir eu un instant de vogue en France et en Allemagne, a été bientôt abandonné. On on est revenu nu tambour, au clairon et tout dernièrement au sifflet.

Mur. On a cherché le moyen de transmettre entre bâtiments, ou entre ceux-ci et la terre, des ordres, avertissements, avis, instructions, en un mot des communications de toute espèce que les circonstances peuvent nécessiter. On y arrive à l'aide de signes convenus et consignés, en partie, dans le Livre des signaux, livre qui se trouve entre les mains de tous les commandants de bâtiment et qui contient le détail de tous les ordres, instructions, etc., ainsi que le nombre et la nature des signes employés et la manière de présenter et de combiner ces signes pour leur donner la signification voulue. Nous avons parlé de ce genre de signaux dans l'article CODE COMMERCIAL DES SIGNAUX MARITI- MES, tome IV, page 528.

Signaux des marées sur les côtes de France.

Les siynaux destinés à faire connaître aux navigateurs les hauteurs et les mouvements des marées dans les ports sont exécutés au moyen de ballons et de pavillons que l'on hisse sur un appareil composé d'un mat et d'une vergue. Les ballons se détachent eu noir sur le ciel.

On ballon, placé à l'intersection du mât et de la vergue, signale une profondeur de 3 mètres d'eau dans le chenal. Chaque ballon njouté au-dessous du premier indique 1 mètre d'eau en plus des 3 mètres. Chaque ballon ajouté au-dessus indique 2 mètres en plus. Un ballon à l'extrémité de la vergue, que le navigateur voit à. la gauche du mât, représente om,25 d'eau. A la droite du mit, le ballon représente 0m,50 d'^au. Un ballon à droite et un à gauche signifient 0^,75 d'eau.

Lorsque l'état de la mer interdit l'entrée du port, ces signaux sont amenés et remplacés par un pavillon rouge au sommet du mât..

Pour indiquer le mouvement de la marée, on emploie un pavillon blanc avec croix noire et une flamme noire en forme de guidon. On hisse ces pavillons dès qu'il y a 2 mètres d'eau dans le chenal et on les amène dès que la mer est redescendue à ce même niveau. Pendant toute la durée du (lot, la flamme surmonte le pavillon. Au moment de la pleine mer et pendant toute la durée de l'étalé, la

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flamme est amenée. Enfin, la flamme se place au-dessous du pavillon pendant toute la durée du jusant.

Dans les ports où l'on n'indique le mouvement de l'eau que de mètre en mètre, on no se sert pas des ballons de vergue. On ne fournit pas partout les mêmes renseignements, mais partout ces signaux ont la même signification.

— Signaux météorologiques d'avertissement employés sur les côtes de France et d'Angleterre. Pour ces signaux, on se sert d'un cône et d'un cylindre que l'on hisse à un mât. Les indications, très-simples en somme, sont celles-ci :

Coup de vent probable dépendant du nord on hisse le cône, la pointe vers le ciel.

Coup de vent probable dépendant du sud : on hisse le cône, la pointe vers la terre.

Coups de vent successifs ou tournants : on hisse le cylindre.

Coup de vent dangereux dépendant probablement du nord : on hisse le cylindre surmonté du cône, la pointe tournée vers le ciel. Coup de vent dangereux dépendant probablement du sud : on hisse lo cylindre suivi du cône, la pointe tournée vers la terre.

Ces signaux sont employés dans les ports militaires et dans les postes sémaphoriques des côtes de France, d'uprès les avis envoyés par le service météorologique, chaque t'ois qu'un coup de vent est à craindre.

— Chemins de fer. Partout où il y a des chemins de fer, les mêmes signaux généraux ont été adoptés et ont partout la même signification. L'absence de signaux indique que la voie est libre. Il y a des signaux mobiles ou à main et des signaux fixes. On distingue aussi les signaux de jour, signaux de nuit et signaux de bruine.

Pour le jour, ces signaux consistent en deux drapeaux, l'un vert, 1 autre rouge. Le drapeau: vert commande le ralentissement du train ; le drapeau rouge commande l'arrêt immédiat.

Pour la nuit, les drapeaux sont remplacés par des lanternes, l'une verte, l'autre rouge. Pour les temps de brume, drapeaux et lanternes sont remplacés par des pétards que lo surveillant de lu voie fixe sur les rails et dont les roues de la locomotive déterminent l'explosion.

Le signal fixe consiste en un appareil portant un disque tournant, dont une face est peinte en rouge et qui, de jour, quand le disque fait face à la voie, commande l'arrêt immédiat; pour la nuit, ce disque porte à son centre un feu rouge ou lanterne rouge ; ce signal est placé à une certaine distance des gares et est manœuvré de l'intérieur des gares. Comme il est presque toujours hors de la vue de celui qui le fait fonctionner, on est assuré -qu'il a bien manœuvré par un contact électrique qui met en mouvement une sorte de sonnette dont les trépidations ne cessent que quand, la voie redevenue libre, le disque a repris la position neutre qu'il occupait auparavant, c'est-à-diie s'est effacé.

Un son de trompe prolongé annonce l'approche d'un train ou d'une machine. Plusieurs sons de trompe répétés successivement demandent du secours.

Un coup de sifflet prolongé de la machine appelle l'attention. En temps de brouillurd, ce signal doit être répété souvent pour annoncer l'approche du train. Deux coups do sifflet saccadés commandent de serrer les ■freins; un coup de sifflet bref commande do les desserrer. Tout employé, quel que soit son grade, doit obéissance aux signaux.

Il y n, en outre, plusieurs autres signaux employés dans les manœuvres des gares, mais ils sont d'ordinaire spéciaux et différents selon les pays; nous n'avons pas à les relater.

— Chasse. Les grands équipages de chasse n'existent presque plus qu à l'état de souvenir en France. La chasse à courre n'est plus le privilège que de quelques rares gentlemen, et aujourd'hui nos forêts retentissent bien moins du son de la trompe qu'elles ne répercutent le son aigu et perçant de la corne d'appel.

La trompe possède, pepuis longtemps , son langage particulier. Des veneurs expérimentés s'entretiennent clairement et comprennent mutuellement leurs sonores paroles d'un bout à l'autre de la forêt. Cette langue • monotone • se compose d'une note soutenue ou répétée, perlée ou prolongée, entrecoupée de silences plus ou moins longs.

Un langage de ce genre a' été créé pour la corne d'appel, de manière que les chasseurs, en pénétrant sous bois, peuvent ainsi se renseigner réciproquement sur la position ime chacun d'eux occupe, sur la nature du gibier mis sur pied, sur lu direction qu'il prend, sur le parcours suivi par la chasse.

— Administr. L'administration de la ville de Paris a adopté la corne d'appel pour les signaux et ordres k transmettre d'un bout à l'autre, du parcours des égouts. Dans les galeries, immenses comme développement, le son de la corne est perçu très-clairement jusqu'à une distance de 1,500 mètres. Un signal sonné au Chàtelet, par exemple, arrive à l'embouchure de l'égout d'Asuieres en moins de cinq minutes; ce 'signal, répété de poste en poj-te d egoutiers, a mis ce temps pour parcourir 4,500 mètres.

Les égouts sont divisés en douze sections.

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Chaque section a un signal particulier appelé signal d'attention. Tous les autres signaux sont généraux et communs à toutes les sections. Le signal d'attention étant sonné pour une section quelconque, les autres sections, qui néanmoins peuvent l'entendre, n'ont pas à s'en préoccuper.

— Géod. 11 est rare que les monuments existants conviennent bien à l'établissement des signaux géodésiques. Habituellement, on établit ces signaux au sommet de pyramides quadrangulaires en charpente ou en maçonnerie; ce sontdes règles en bois bien droites et passées au tour que l'on dresse dans une direction verticale. La projection horizontale d'un signal est le centre de la station. Chaque signal doit être visible de toutes les stations environnantes et, autant que possible, se projeter sur le ciel. Dans la mesure de la méridienne en France, on a eu souvent recours aux observations de nuit en .pointant sur des réverbères. On emploie maintenant de préférence les signaux héliotropiques. V.

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