‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 386 sur 1059 · SIKI · texte numérisé non relu

SIKI

ce. moyen, s'éloignent de leurs yeux et que leur physionomie prend un aspect tout à fait singulier. Elles ne sont pas aussi strictement renfermées que les musulmanes, parce que pour le mariage comme pour la religion les Sikhs diffèrent complètement des sectateurs du prophète arabe. On fiance les enfants dès la première jeunesse; les contrats sont débattus par les pères ou les proches parents, qui le plus souvent se décident sur des considérations particulières ou des motifs honteux, bien plus qu'en vue du bonheur des enfants. Dans les familles des classes inférieures, la coutume autorise un frère à épouser la veuve de son frère. Les enfants issus de cette union sont légitimes et habiles à hériter des biens mobiliers ou immobiliers. La veuve peut opter entre le frère aîné ou le plus jeune. Les crimes contre les personnes peuvent, comme chez nous au moyen âge, s'expier à prix d'argun t. I,a peine capitale n'est presque jamais infligée. D'après la loi de Nanek, il est défendu aux femmes sikhes de se brûler «près la mort de leur mari.

Les Sikhs doivent laisser croître leur barbe et leurs cheveux; ils portent un pantalon bleu, un manteau de diverses couleurs el un mauvais turban ; les chefs ont les poignets ornés de bracelets d'or et leurs turbans entourés de chaînes du même métal. Guerriers par profession et par goût, ils cultivent cependant la terre et entretiennent de grands troupeaux; ils ont même des manufactures et fabriquent de bon drap et des armes à feu très-esiimées dans l'Inde. Comme guerriers, comme cavaliers surtout, ce sont les meilleure soldats de l'Inde; accoutumés dès leur enfance à une vie laborieuse et frugale, ils font des marclies et supportent des fatigues vraiment surprenantes.

La religion des Sikhs est une sorte de fusion du bruhmanLvmeetde l'islamisme. L'unité de Dieu, la pratique du bien, la paix et la to- ■ léranoe envers tous les cultes, tels furent les préceptes enseignés par Nanek-Scbah, fondateur de la secte. Ces préceptes ont été recueillis dans le livre intitulé Adi-Granth. Les cérémonies des Sikhs consistent en prières très-simples adressées à leur dieu , en ablutions et en pèlerinages, dont ils vont s'acquitter avec ferveur dans la ville d'Amristar, leur cité sainte. Aniristar (bassin de l'immortalité) prend son nom d'un bassin de 149 pas carrés, au centre duquel s'élève un tempto où sont conservés les livres sacrés. La garde en est confiée aux prêtres appelés acalis (immortels). Avant de mourir, Nanek-Schah, le pontife de la foi nouvelle, choisit pour héritier de son autorité uii de ses disciples, à l'exclusion de ses propres enfants. Cette religion semblait solidement établie; toutefois, les persécutions que les successeurs de Nanek eurent à subir de la part des musulmans amenèrent peu a peu quelques modifications dansiedogme. Gourou Ûovind-Singh, dixième chef spirituel des Sikhs vers la lin du xvue siècle, persuada à ses sectaires que les maximes pacifiques de leur premier législateur compromettaient leur existence ; 'il leur fit jurer une haine éternelle aux musulmans. Bientôt une partie du peuple tolérant des Sikhs se transforma en peuple guerrier. A cette époque, les Sikhs étaient encore organisés en fédération d'Etats dont les chefs restaient complètement indépendants les uns des autres; ils ne reconnaissaient de suprématie que celle du kkalsa, ou esprit du gouvernement invisible, principe sacré du gouvernement devant lequel s'inclinait tout le peuple. Dans les circonstances graves d'où dépendait le salut de la nation, tous les chefs politiques se réunissaient à l'appel du chef des acalis, à Amristar, et y formaient le youronmata, ou congrès, dont les résolutions étaient acceptées comme lois. Cette fédération des Sikhs fut brisée par les empereurs mogols. Guurou-Govind perdit lui-même la vie dans cette guerre d'extermination. Dispersés au commencement du dernier siècle dans les montagnes, les Sikhs reparurent dans le Pendjab peu de temps après les conquêtes de Nadir-Schah et parvinrent à s'y établir et à guerroyer contre les troupes de l'empire inogol, eniièremenL déchu de son ancienne puissance.

De 1805 à 1837, la confédération des Sikhs fit place à un empire puissant, dont le fondateur et le chef fut le fameux Rundjit-Singh qui, après axjoir soumis les autres chefs sikhs, rît avec succès la guerre aux Anglais. Après la mort de cet habile monarque, l'anarchie régna dans son empire ; les Anglais, en 1849, finirent par s'en rendre maîtres. V. Lauork

et RUNDJIT-SlNGH.

S1-E.1ANG, fleuve de la Chine. Il prend sa source dans la partie orientale de la province de Yun-Nan, aux monts Nan-Ling, eoule à l'E., arrose les provinces de Koeui-Tchéou, de Kouang-Si et de Kouang-Toung, dans lesquelles il prend successivement les noms de Hang-Kiang, de Tcien-Kiung et de Si- Kiang, et se jette dans le golfe de Canton, vis-à-vis de 1 île de Macao, après un cours de 900 kilom. Ses principaux affluents sont le Pe-Kuuig, le Ngo-You-Klaug et le Liéou- Kiang.

S1K1NO, en latin Sicinus, île de la Grèce, dans l'Archipel, faisant partie de la nomarchie des Cyeiades, par 36» 59' de latit. N. et 22» 46' de longit. E. Elle mesure 15 kilom. du N.-E. au S.-O. et 4 kilom. de largeur

SIIA

moyenne. Sol montagneux, produisant du blé, des figues et du coton. Au centre de l'île, on trouve un village du même nom.

SIKIOIT s. m. (si-ki-ou). Techn. Sorte de bain dans lequel ou met le coton lavé de garance, pour aviver la couleur,

SIKIOUTER v. a. ou tr. (si-ki-ou-té — rad. sikiou), Techn. Passer au sikiou : Sikiouter du colon.

SI Kl ST AN s. m. (si-ki-stan). Mamm. Petite espèce de rat, qui habite la Sibérie et la Turtarie.

— Encycl. Le sikislan , appelé aussi rat subtil ou vagabond, est un petit animal, dont le corps a O'",06 à 001,08 de longueur, non compris la queue, qui dépasse un peu cette dimension; il a les oreilles assez grandes et plissées; le pelage fauve, ou gris cendré, ou blanchâtre, en dessus, plus blanc en dessous; sur le dos, une ligne noire s'étendant jusqu'à la queue, qui est noire et un peu velue. Ce rongeur ressemble un peu au rat fauve de Sibérie, dont il se distingue surtout par ses oreilles et sa queue plus longues ; il présente, du reste, deux ou trois variétés dans ia couleur du pelage. Il est très-commun en Sibérie et plus encore en Tartarie ; il se nourrit de grains, d'insectes et d'autres substances, grimpe aisément et avec agilité sur les arbres, et quelquefois même, dit-on, se suspend aux branches à l'aide de sa queue prenante.

S1KKAKH , petite rivière de l'Algérie, dans la provinée d Oran. Elle passe a l'E. de Tlemcen et se jette dans la Tafna. Ce petit cours d'eau est célèbre par une victoire que le général Biigeaud remporta près de ses rives sur les Arabes, en 1836.

S1KKIM ou DAMOU-DZOUNG, ville de l'Indoustan anglais, dans la présidence de Calcutta , ancienne capitale d'une principauté de son nom, à l'E. du Népaul et au pied de l'Himalaya. La principauté de Sikkim, comprise, au N., entre le Thibet dont la sépare la chaîne de l'Himalaya , le Boutan à l'E., l'ancienne province de Bahar au S. et le Népaul à l'O., avait une superficie de 6,000 kilom. carrés et une population de 150,000 hnb. Vassale de l'Angleterre en 1816, elle fut annexée complètement aux possessions anglaises de l'Inde, en 1850.

S1ELOS, bourg de l'empire d'Autriche, dans la Hongrie, comitat de Baranya, à 3 kilom. S. de Funfkirchen ; 3,200 hab. Récolte de vins; exploitation de carrières de marbre. Beau château, où le roi Sigismond fut détenu prisonnier en 1402.

S1KOF ou SIKOKO, la plus petite de quatre grandes îles qui forment l'empire du Japon, située dans le grand océan Pacifique, au S.-O. de Niphon , dont elle est séparée au N. par la Souvada ou mer Intérieure et à l'E. par le canal de Kino; au N.-E. de Kiou-Siou. dont la sépare le canal de Boungo. Elle mesure 250 kilom. de l'E. à l'O. et 125 kilom. du N. au S. Superficie, 391 milles carrés ou 977 kilom. carrés. Les côtes méridionales, battues par une mer orageuse, n'offrent pas de ports, mais elles sont échancrées par un grand nombre de baies profondes et présentent plusieurs caps, dont le plus remarquable est celui de Murodona ou M'urodona-Séki. Le sol est montagneux et forme quatre provinces: A va, Sanoki, Tosa et Iyo. Les noms de ces provinces sont ceux de leurs chefs-lieux, qui sont les villes les plus importantes de l'île.

SIL s. m. (cil). Miner. Argile dont les anciens faisaient des poteries rouges ou jaunes. Il Variété d'ocre.

SIL, rivière d'Espagne. Elle prend sa source au versant occidental de la sierra de Distredo, ramification des monts Cantabres, dans la province de Léon, coule d'abord au S., puis se dirige à l'O., baigne Ponferrada, El-Barcos, et entre dans la province d Orense, où elle se jette dans le Miuho, à il kilom. N. d'Orense, après un cours de 160 kilom.

SILA (la), plateau boisé de l'Italie, dans la chaîne de l'Apennin méridional, sur la partie septentrionale de la province de la Calabre Citérieure, district de Cosenza, et sur la partie méridionale de la Calabre Ultérieure Ile, district de Catanzaro. Ce plateau est couvert par une des plus belles forêts de l'Italie; on en extrait de la résine, des boisde teinture et de marine. Plusieurs rivièresy prennent naissance , les unes tributaires de la mer Tyrrhénienne, les autres de la mer Ionienne.

SILAHLIK s. m. (si-lâ-lik). Sorte de baudrier ou ceinture d'armes, qui sert aux Orientaux pour porter les nombreuses armes blanches ou à feu dont ils sont souvent chargés.

S1LAMON, sculpteur athénien, contemporain de Lysippe et d'Alexandre. Le caractère de son talent était l'énergie et la véhémence. On citait de lui la statue de l'athlète Sutyrus, celles de Démarate, de Corinne, de Thésée, d'Achille et surtout la Sapho, qui ornait le prytanée de Syracuse, chef-d'œuvre qui devint la proie de Verres. On a parle aussi d'une statue de Platon, qui, suivant Visconti, a probalement servi de modèle au buste de la galerie de Florence, le seul portrait authentique que nous ayons du philosophe grec.

S1LA1SUS (Marcus Junius), général romain,

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