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mort en 196 av. J.-C. Il fut envoyé en Espagne l'an de Rome 543, en qualité de propréteur, et vainquit, l'an de Rome547, Hannon, Magou et les Celtibères. L'année suivante, il aida Scipion à remporter la victoire de Bseaulum sur les Carthaginois. 11 fut tué en 196 av. J.-C, en combattant contre les Boïens. — Marcus Junius Silanus, arriére-petit-fils du précédent, consul en l'an de Rome 645. Il fut vaincu dans la Gaule Narbonnatse par les Cimbres. — Decimus Junius Silanus, fils du précédent, questeur, puis édile. Il fut, l'an de Rome 679, nommé préteur d'Asie et chargé de soumettre la Bitlîynie. En 691, il fut le concurrent de Catilina pour le consulat. Pendant les délibérations qui eurent lieu au sein du sénat sur le parti à prendre lors de la découverte de la conspiration de Catilina, Silanus se déclara pour l'exécution immédiate et sans jugement de tous les accusés, mais il se rétracta après le discours de César. Il alla ensuite commander en Illyrie. — Marcus Junius Silanus, frère du précédent, consul l'an de Rome 727. Il épousa Julie, petitefille d'Auguste. — Decimus Julius Silanus, ayant séduit cette même Julie, s'attira la disgrâce d'Auguste. 11 s'exila volontairement et ne revint à Kome que sous Tibère. — Marcus Junius Silanus, frère du précédent, mort l'an de Rome 778. Il fut nommé consul en 771. Sa tille, Claudia, épousa Caïus Caligula. Celui-ci, devenu empereur, foi ça son beaupère h se couper la gorge. — Appius Junius Silanus, consul l'an de Rome 779. Il était proconsul en Espagne à la fin du règne de (Jaligula. Appelé à Rome par Claude, il épousa la inere de Messaline. Messaliue, irritée du n'avoir pu faire de son beau-pèro nu amant, le rendit suspect à Claude, qui le lit poignarder. — Lucius Junius Silanus, fils du précédent, mort l'an de Rome 799. Nommé préteur, . il fut pendant un certain temps en faveur auprès de l'empereur Claude et fut fiancé à su tille Octavie, en 792. Agrippine, voulant se débarrasser de lui pour assurer le trône à Néron, le fit accuser d'inceste avec sa sœur. Le censeur Vitellius, une des créatures de cette princesse, exclut Silanus du sénat. Silanus se tua le jour du mariage d'Agrippine. — Marcus Junius Silanus, frère du précédent, consul l'an de Rome 797. Agrippine, le considérant comme un obstacle à l'avénement de Néron au trône, le fit empoisonner en 805, — Lucius Silanus, frère des deux précédents. Placé par sa naissance comme eux sur les marches du trône, il porta ombrage à Néron, qui le fit empoisonner l'an de Rome 816 (63 après J.-C). Trajan fit élever une statue à Lucius.
SILAIt US , rivière de l'Italie ancienne, dans la Lucarne. Elle descend de l'Apennin et se jette dans la mer Tyrrhénienne au golfe de Pœstum. Les eaux de cette petite rivière, appelée Séié de nos jours, avaient, selon la croyance des anciens , la propriété de pétrifier les feuilles. C'est sur ses bords qu'en 71 av. J.-C Crassus défit Sparlaeus, le chef des esclaves révoltés.
Silaa Marner, roman anglais de miss Evans, sous le pseudonyme de George Eliot (1861, 3 vol. in-8°). L'auteur a déclaré dans Adani Bide, sou premier roman, qu'il réserve toutes ses sympathies pour les déshérités de ce monde, et il demeure fidèle à cette maxime. Stlas Marner est un pauvre ouvrier tisserand, d'un esprit borné et d'un cœur confiant, fervent adepte d'une de ces petites sectes qui fourmillent en Angleterre. Ses coreligionnaires l'ont en estime à cause de sa pieté et de sa conduite exemplaire; seulement ils ne s'expliquent point des accès de catalepsie, de longues absences auxquelles il est sujet, que les uns prennent pour une marque de la faveur divine et les autres pour le résultat d'un commerce avec les démons. Silas est pris d'un de ces accès pendant qu'il veille auprès du lit où vient d'expirer un des dignitaires de la secte. Son meilleur ami en profite pour voler la caisse de la communauté et pour tout disposer do telle sorte que les soupçons ne puissent tomber que sur le pauvre tisserand. Quoique tout accuse celui-ci et que les preuves abondent, la secte invoque le Seigneur et lui demande de faire connaître le coupable. Un tire au sort et le destin aveugle désigne Silas Marner. Les principes de ta secte lui interdisent de livrer le tisserand à la justice, mais elle le bannit de son sein. Sa fiancée rompt ses engagements avec lui pour épouser l'ami parjure qui l'a calomnié. Désespéré, Silas fuit loin de son pays; il vient s'établir à Baveloc, dans une maison isolée, située en dehors du village, à deux pas d'une carrière abandonnée. Trahi par l'amitié, trahi par l'amour, trahi même par le hasard, qui semble avoir porté contre lui un faux témoignage, ce malheureux, h qui tout manque à la fois, s'absorbe désormais dans le travail manuel qui le fait vivre. Il se refuse à tout commerce avec les hommes, s'efforce d'étouffer un lui la vie intellectuelle et morale. La solitude, les privations achèvent d'affaiblir cette intelligence dépourvue de ressort ; l'existence de Silas devient purement aniinate. Il ne tient plus à l'humanité que par une passion unique, l'avarice. Quand Silas Marner est arrivé à l'abrutissement, l'auteur rallume chez lui la foi, l'intelligence, l'amour de ses semblables et le ramène insensiblement à son point de départ. L'instrument de cette rénovation est un petit enfant abandonné que
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Silas recueille et dont l'affection le transforme peu à peu. L'auteur a passé peut-être trop rapidement sur cette partie du roman qui aurait pu offrir d'intéressantes analyses psychologiques. Le dévouement de Marner qui, maigre sa pauvreté, adopte la petite Eppie ; son avarice qui décroît à mesure que croît son affection pour sa fille adoptive, sa régénération successive par cette sainte et pure tendresse devraient être exposés dans une série de scènes où se déploieraient a leur aise la finesse d'observation et le talent de l'auteur. Dans le livre, entre l'adoption d'Eppie et son mariage, à dix-huit ans, il n y a que l'espace d'une page. La jeune fille est recherchée en mariage par un bon ouvrier ; mais survient un événement inattendu. Eppie est la fille d'un riche propriétaire, Godfrey, qui, après avoir caché sa naissance, de peur de manquer un beau mariage, n'ayant pas d'enfants de sa première femme, désire l'adopter. Elle va donc se trouver entre deux pères, dont l'un la revendique au nom de la nature et l'autre au nom des services rendus; mais il n'y aura aucune lutte dans l'esprit de la jeune tille, ni aucune héMtation de sa part. Si, dès le premier instant, Marner est bien décidé à ne pas se sépurer d'Eppie, celle-ci n'est pas moins ferme dans Sa résolution de ne pas abandonner son père nourricier, et, lorsque Silas la laisse libre de choisir, elle refuse net les offres brillantes qui lui sont faites. «Je n'ai pu me persuader que j'ai eu un autre père que lui, s'écria impétueusement Eppie, tandis que les larmes s'amassaient dans ses yeux. J'ai toujours rêvé une petite maison où il occuperait son coin, où je ferais le ménage, où j'aurais soin de lui; je ne puis me faire à l'idée d'un autre intérieur. Je n'ai pas été élevée pour faire une belle dame, et cette pensée ne peut m'eutrer dans la tête. J'aimo les ouvriers, et leurs maisons, et leurs façons de vivre. Et, ajouta-t-elle en fondant en larmes, j'ai promis d épouser un ouvrier qui vivra avec le père et qui m'aidera à prendre soin de lui. » Godfrey, puni par où il a péché, se console en payant les frais de la noce d'Eppie et en se promettant de ne pas l'oublier dans son testament. Silas Marner termine heureusement ses jours près d'elle.
SILAUS s. in. (si-la-uss — nom lat. de diverses ombellifères). Bot. Genre de plantes, de la famille des ombellifères, tribu des sésélinées, formé aux dépens des peucédans, et comprenant plusieurs espèces qui croissent en Europe.
SILBERBERG, ville forte de Prusse, dans la Silésie, régence et à 77 kilom. S.-O. de Breslau, sur le versant septentrional de l'Eulengebirge, près du Paiisebach ; 2,000 hab. Audessus de la ville s'élève, sur un roc escarpé, la forteresse de Silberberg, construite par Frédéric II de 1765 à 1777 et surnommée le Gibraltar de lu Silésie. La plupart des ouvrages qui composent cette citadelle et les fosses sont taillés dans le roc. Elle a été plusieurs fois inutilement assiégée, notamment en 1807 par les Franco-Bavarois, qui avaient pris la ville d'assaut. Le nom de Silberberg signifie montagae d'argent et provient des mines de plomb argentifère qu'on exploite dans les flancs de la montagne qui porte la ville.
SILBERGROS s. ra. (sil-bèr-gross — mot angl. qui signif. gros d'argent). Métrol. Monnaie qui vaut un trentième du tbaler, ou 0 fr. 122.
SILBURMANN (Henri-Rodolphe-Gustave), imprimeur et savant français, né il Strasbourg en 1801. Lorsqu'il eut terminé ses études au gymnase protestant et à l'Académie de sa ville natale, il suivit des cours de droit et fut reçu licencié. Après la mort de son père, qui dirigeait à Strasbourg une importante imprimerie, il prit la direction de sa maison ; puis, voulant en faire un établissement modèle, il se rendit a Paris, où il resta longtemps dans la maison Didot, et visita ensuite l'Angleterre et la Hollande. De retour à Strasbourg, M. Silberinann introduisit de grands perfectionnements dans ses ateliers, particulièrement au point de vue de l'impression en couleur. Les produits chromotypographiques qui sortirent de sa maison, et qui consistent soit en ouvrages de luxe, soit en illustrations populaires, eu soldats coloiiés, etc., lui ont valu, outre la croix de la Légion d'honneur (1815), un grand nombre de médailles aux Expositions de 1844, de 1849, de 1851, de 1855, eLc. Parmi lus ouvrages sortis de ses presses, nous citerons : l'Album typographique (1840), présentant toute une série de caractères depuis l'origine de l'imprimerie jusqu'à nos jours; le Code historique de la ville de Strasbourg (1840), présentant cette particularité qu'on n'y rencontre pas un seul mot coupé au bout des lignes ; la Zoologie du jeune âge (1842-1860, 34 pi. in-4») ; les Vitraux Je la cathédrale de Strasbourg (1851-1855, in-tol.), ayant jusqu'à dix-huit couleurs; l'Ancienne bannière de Strasbourg (1855), en trente-six nuances, etc. Cet imprimeur artiste, qui a publié, à partir de 1840,1e Courrier du lias- Rhin, dont il devint alors propriétaire, est eu même temps un naturaliste distingué et un savant entomologiste. On lui doit : De l'instinct des insectes (1S35, in-8»), trad. de Kirby et Spence ; les Entomologistes vioants ( 1835, in-S"), et une Reoue entomologique qu'il a. fuit
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paraître de 1833 a 1837 (in-8°), avec divers collaborateurs.
SILBERMANN (Jean-Thiébaut), physicien français, né au Pont-d'Aspach (Haut-Rhin), en 1806, mort à Paris en 1865. Son père, qui était capitaine d'artillerie, lui fit suivre les cours de la Faculté des sciences de Strasbourg. Plein de goût pour les sciences physiques, la jeune Silbermann vint à Paris et se présenta chez un célèbre constructeur d'instruments, Jecker, qui l'admit, en qualité d'apprenti, dans ses ateliers de précision. Tout en travaillant a l'atelier, le jeune apprenti suivait les cours de la Faculté des sciences. Il ne tarda pas à sa faire remarquer par le professeur de physique Pouillet, qui se l'attacha en qualité de pré-
fiarateur de son cours au collège Bourbon et e lit coopérer aux travaux dont il s'occupait alors, et qui portaient sur l'électricité et sur la chaleur ; en même temps, il se fit assister par lui dans les leçons qu'il donnait aux princes de la famille d'Orléans. En 1829, Silbermann quitta cette position, qui lui procurait à peine de quoi vivre en lui prenant tous ses instants, car il avait aussi à faire toutes les planches du truite de physique auquel Pouillet travaillait alors, pour accepter une place dans les ponts et chaussées. Il fut attaché aux travaux d'endiguement du Rhin et dressa la grande carte du cours du Rhin entre Bàle et Strasbourg, travail qui a rendu de grands services aux ingénieurs géographes pour les opérations relatives à la carte de France. Appelé de nouveau par l'ouillet, il revint k Paris en qualité de préparateur de physique à la Faculté des science-*, ainsi qu au Conservatoire, cumulant ainsi les deux services dont sou maître cumulait les chaires. Il conserva ces fonctions jusqu'en 1848, époque à laquelle il fut nommé conservateur des collections du Conservatoire des arts et métiers.
Silbermann a constaté, avant Jacoby, les
E rentiers faits de galvanoplastie et la possiilité d'appliquer la galvanoplastie à la reproduction des médailles. Il reconnut, dès 1E38, la propriété que possèdent les gaz de se condenser à la surface des lames de platine, et celte condensation devint plus tard l'objet des recherches thermo-chiuiiquej qu'il publia de concert avec M. Favre. 11 construisit des appareils restés classiques, tels que le banc de diffraction, le sympiézomètre, le cathétomètre, Vhétiostat, le focimètre, etc. Il fit de nombreux travaux sur la vitesse de la lumière et celle de l'électricité, inventa ud pyromètre et un dilatomèlre, connu aussi sous le nom de pèse-alcool Silbermann; il fit des recherches sur la dilatation linéaire des métaux et en appliqua le résultat à la comparaison des mesures métriques. Vers la fin de sa vie, il se livra à des recherches approfondies et pleines d'intérêt sur la taille humaine et sur l'origine de nos mesures métriques. Mentionnons encore des recherches thermo-chimiques faites en commun avec Favre ; différents rapports insérés dans les comptes rendus et dans les bulletins delà Société d'encouragement; enlin la part prise par lui à la confection des types de poids et mesures que les différents gouvernements ont demandés à la France.
Silbermann avait une habileté de main extraordiuaire ; il ne touchait pas un instrument sans l'améliorer. Avec les moyens les plus simples et les plus restreints, il savait improviser les appareils les plus délicats et
i'ustiliait à merveille ce portrait que Franklin a tracé du vrai physicien, qui doit savoir « scier avec une iiine et limer avec une scie. » A cette aptitude si précieuse pour un expérimentateur, il unissait une grande facilité pour le dessin, ainsi que pour la plastique, et savait admirablement combiner et faire aboutir une expérience. Humble, modeste, ignorant l'art de solliciter, Silbermann, avec des titres et des qualités qui eussent amplement suffi pour le mener loin, est mort dans un état voisin du dénûment. Il a contribué sans gloire à plus d'une découverte.
S1LBERRAD (Jean-Martin), professeur de droit à l'université de Strasbourg et chanoine de Saint - Thomas , né dans cette ville le 1er octobre 1707, mort le 10 juin 1760. Il fit ses éludes dans sa ville natale et, après un séjour à Paris vers 1732, revint au milieu de ses compatriotes et ouvrit des cours de droit qui eurent beaucoup de succès. Nommé, en 1736, professeur de poésie, il fut, en 1743, appelé à la chaire des lustitutes, qu'il échanea plus tard contre celle des Pandectes et u droit politique. On a de lui : Disserlaiio de formulis juramenlorum et pâma perjurii (Arg., 1731, in-4<>); De Authenlicarum auctoribus et auctoritate (Arg., 1733, iti-4°); Epitome historié juris galticani (Arg., 1751, in-8° ; ïeédit., Arg., 1763,2 vol. in-80) ; De fruetibus feudalibus ultimi anni ad hmredes allodiates transmittendis (Arg., 1757, iu-4°).
S1LBEKSCHLAG (Jean-Isaie), érudit allemand, né a Aschersleben en 1721, mort en i791. Ses études terminées à Haile, il fut nommé professeur à l'école de Kloster-Bergen; puis, après avoir exercé quelque temps le ministère évangélique a. Magdebourg, il vint à Berlin diriger l'école de heal-Schule. \ Eu 1784, Frédéric II lui conféra ki titre de membre du conseil supérieur des bâtiments. \ On doit à ce savant : Géogonie ou Explication ■
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sur la création du monde d'après Moïse (Berlin, 1780, 3 vol. in-40) , C/ironoloyie rectifiée par les Ecritures (Berlin, 1784, in-4°) ; Traité de l'hydrotechnie ou de l'arcliitecture hydraulique (Leipzig, 1778, 2 vol. in-8°).
S1LBERSTADT, ville de Bohême. V. Mies.
SILBOMYIE s. f. (sil-bo-mi-1 — du gr. silbos, brillant; muia, mouche). Entom. Genre d'insectes diptères, de la famille des athéricères, tribu des muscides, comprenant plusieurs espèces, toutes exotiques.
SILCHER (Frédéric), compositeur allemand, né à Schnaith, près de Sehorndorf (Wurtemberg), eu 1789. « Dès son enfance, dit Fetis, il montra d'heureuses disposiiions pour la musique et pour le dessin et cultiva ces deux arts avec une ardeur égale. Il avait atteint sa quatorzièm-e année lorsqu'il rencontra enfin un ton maître de musique dans l'organiste Auberlen, à Fellbaeh, près de Stuttgard. Les leçons qu'il en reçut et les progrès qu'il fit pendant ses séjours à. Sehorndorf et à Louisbourg le mirent en état de s'établir à Stuttgard, où il se livra à l'enseignement du chaut » Peu de temps après, Silcher se révéla compositeur de musique sacrée. On lui reconnut une science profonde des effets et une sensibilité exquise; mais on regretta de le voir uu peu dépourvu d'originalité et de verve.
Une Cantate pour le troisième jubilé séculaire de la Réformation lui valut d'être nommé directeur de l'Académie de musique de Tubingue. Il remplit ces fonctions pendant cinquante ans et jouit de la réputation de musicien instruit et plein de zèle. La Société de chant lui doit sa bonne organisation et ses progrès ; il fut aussi chargé de l'enseignement du chant et de la musique au séminaire évangélique. En 1825, il fut désigné par le gouvernement pour prendre part à la formalion du nouveau livre choral à quatre voix pour le royaume de Wurtemberg, et il y introduisit de belles mélodies, Depuis lors il a publié un Livre de chant à trois voix, dont le succès a été considérable. Voici la liste des autres œuvres principales de Silcher : six Hymnes à quatre voix ; douze Canons pour trois voix de dessus ou trois voix d'homme, six Chansons allemandes à quatre voix d'homme, deux suites d'Hymnes à quatre voix; Chansons populaires de la Souabe, de la Thuringe et de la Frauconie, à quatre voix ; beaucoup de chants à voix seule ou k deux voix, etc.
SILÉNACÉ, ÉE adj. (si-lé-ua-sé). Bot. Syn.
de SILÈNE.
SILENCE s. m. (si-lan-se — lat. sitentium; de sitere, se taire). Etat d'une personne qui se tait, qui s'ubstieut de parler : Faire silence. Souffrir en silence. Le silence est te gardien de l'âme et lu mortification de la langue. (Boss.) Le silence est le parti le plus sûr pour celui gui se défie de lui-même. (La Rochef.) Il y a un certain silence qui parait mystérieux et qui n'est que faiblesse. (Christine de Suède.) Une certaine coquetterie maligne et railleuse désoriente encore plus les soupirants que le silence ou le mépris. (J.-J. Rouss.) Quelquefois te silence explique plus que tous les discours. (Moiitesq.) On souhaite lu paresse d'un méchant et te Silence d'un sot. (Chamf.) Quelquefois le silence du mépris ne répond point assez aux attaques de la calomnie. (J. de Maisire.) A l'uspect d'un beau tableau de la nature, on tombe involontairement dans le silence. (Chateaub.) Le silence fait toujours un peu l'effet de l'acquiescement. (V. Hugo.) Ce qu'il y a déplus important dans la conversation, c'est .peut-être te silence, (a. Karr.)
Seul, le silence est grand, tout le resta est faiblesse.
A. de Vichy, Un soupir, un regard, une simple rougeur, Un silence est assez pour expliquer un cœur.
Molièrb.
La dignité souvent masque l'insuffisance; On s'enferme avec art dans un noble silence.
Voltaike.
Ne parler jamais qu'à propos Est un rare et grand avantage.
Le silence est l'esprit des sots Et l'une des vertus du sage.
Bernard de Bonnaud.
— Etat de quelqu'un qui s'abstient de faire connaître sa pensée : Le silence de lapresse ne sauve pas tes gouvernements despotiques. Il est des temps malheureux où la solitude et le silence deviennent des moyens de liberté. (Valéry.) u Omission d'une explication, d'un développement : Le silence des historiens rend ce fait très-douteux. Le silence de la tradition donne libre carrière aux commentateurs. Le silence de la loi nous laisse notre liberté.
— Absence de bruit, de tumulte : Le silence de la nuit. Le silence des bois, de ta campagne. Le silence des tombeaux. Le silence du cloître. Le silence des vents. Belles, craignez les bois et leur vaste silence.
La Fontaine.
Le soir ramène le silence.
Lamartine.
— Mystère, secret : Révolution préparée dans te silence.
— Fig. Etat de calme, de paix, d'inaction : Le silence des passions.
— Garder le silence, Ne point parler : Ou gardait à la table de Charles XII un silence
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profond. (Volt.) il Ne pas manifester sa pensée, ne pas faire connaître ce qu'on sait : Ce secret est important, je vous conjure de garder le silence.
— Rompre le silence, Parler après s'être tu : Bien n'est plus pressé, pour des enfants, que de rompre les rangs et le silence, il Prendre la parole, exprimer sa pensée : Sollicité de s'expliquer, il n'a jamais voulu rompre le silence. On est quelquefois forcé de rompre le silence pour ne pas commettre d'indiscrétion. (A. d'Houdetot.)
— Imposer silence à, Ordonner de se taire à : Imposisz silence k ces bavards. || Réduire à se taire : Imposer silence aux menteurs, aux médisants, aux calomniateurs. Imposer silence au mensonge, k la médisance, k la calomnie. Il Réprimer, calmer, apaiser, empêcher les manifestations de : Imposer silence A ses passions, k ses sentiments. On peut bien imposer silence au sentiment, mais non lui donner des bornes. (Mm« Necker.)
— Passer sous silence, Ne point parler de : Je passe sous silence les belles actions de ses ancêtres. (Fléch.)
— Ane. jurispr. Imposer silence à un procureur général, Lui interdire de poursuivre une affaire criminelle déjà commencée.
— B.-arts. Impression de calme résultant de la modération dans les mouvements, de l'harmonie douce des teintes, du soin qu'où a mis à éviter les contrastes violents.
— Mus. Repos marqué dans l'exécution d'un morceau musical : Observer tes silences. Compter un silence. Il Signe qui indique ce repos.
— Interjectiv. Silence! Ne parlez plus, ne faites plus aucun bruit : Silence I Quelqu'un vient!
— Encycl. Mus. Les silences, qui sont de valeur variable, sont indiqués par des signes particuliers à chacun d'eux. Le silence d'une mesure entière, quelle qu'elle soit, à quatre, à trois ou à deux temps, composés ou naturels, se marque invariablement par un signe carré appelé pause, placé au-dessous de la quatrième ligne de la portée. Le signe appeté demi-pause, semblable au précédent, mais placé sur la troisième ligne, s'applique uniquement à la mesure à quatre temps simples, et sa valeur équivaut à la moitié de la mesure; dans la mesure à douze-huit, qui, bien que ne comptant que quatre temps, contient moitié plus de valeurs que celle à quatre simples, on emploie bien aussi la demi-pause, mais alors elle doit être suivie d'un point, qui augmente de moitié sa durée ; dans toutes les autres mesures, le silence d'une demimesure doit être marqué par un ou plusieurs signes de moindre durée. Le soupir a la valeur, non point d'un temps, mais d'une noire; sa valeur n'est donc que relative quant à la division de la mesure, tandis que celles de la pause et de la demi-pause sont absolues et, par conséquent, invariables sous ce rapport ; la figure du soupir est celle d'une sorte de petit crochet dont la tête est tournée à droite. Le demi-soupir a une durée équivalente à celle d'une croche ; il est figuré par un crochet dont la tète est tournée à gauche. Le quart de soupir, équivalent à une double croche ou à la moitié d'un demi-soupir, forme un double crochet, tourné à gauche comme celui-ci. Le demi-quart de soupir, dont la durée égale celle d'une triple croche, est indiqué par un triple crochet, toujours la tête tournée à gauche, et enfip le seizième de soupir, qui représente une valeur semblable à celle de la quadruple croche, se figure à l'aide d'un quadruple crochet, tourné aussi à gauche. Tous ces silences sont, comme les diverses ligures de notes, susceptibles de voir augmenter leur valeur de moitié lorsqu'on les fait suivre d'un point de prolongation.
Silence (le). Les anciens avaient fait une divinité du silence. Les Grecs, interprétant à leur façon le mythe égyptien d'Horus enfant, le désignèrent Sous le nom d'Harpocrate, dieu du silence, et en firent de nombreuses reproductions (v. Harpocrate). Les Romains changèrent le sexe du dieu grec; chez eux, il devint une femme à laquelle ils donnèrent différents noms. Elle fut d'abord Tacita, dixième Muse créée, suivant la Fable, par Numa Pompilius, et avec laquelle on croyait qu'il avait eu des entretiens politiques aussi fréquents qu'avec la nymphe Egél'ie. Elle devint ensuite Angerona, mais on ne lui éleva point de temple. Sa statue était placée dans le temple de Volupia, déesse de la volupté.
Ce rapprochement était une allégorie morale signifiant que le silence ou la discrétion doit accompagner l'amour satisfait. Les Romains eurent pour Angerona, leur déesse du silence, autant de vénération que les Grecs en avaient pour Harpocrate, et ils la représentèrent ayant, comme lui, un doigt appuyé sur la bouche fermée ; mais ils chargèrent quelquefois ses statues de différents symboles, et ils en firent des panthées. Tantôt elle a sur la tête le modius ou boisseau de Sérapis et elle tient la massue d'Hercule, tantôt elle porte à sa bouche une baguette, au lieu du doigt index. Quelques statues d'Angerona présentent même une attitude extraordinaire et assez bizarre. Trois petites statues d'Angerona, publiées par Caylus, une du Muséum romanum de La Chausse et une cinquième qui était dans le cabinet de Sainte-Geneviève,
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et qui fait aujourd'hui partie de la collection nationale du Louvre, ont une main placée près de la bouche, avec l'index étendu sur les lèvres ; l'autre main est posée au bas du dos, avec l'index étendu vers la partie du corps que cette main avoisine. Il est difficile d'en donner une raison plausible, à moins qu on n'ait voulu indiquer par là qu'il fallait se taire des deux côtés.
Les Romains ne détestaient pas l'espèce de plaisanterie que nous appelons gauloise.
— Iconogr. Des figures allégoriques du Silence se rencontrent sur plu-deurs monuments de l'antiquité. Giovanni-Girolamo Frezza a gravé, d'après l'antique, un Génie du silence d'un caractère k la fois sévère et gracieux.
Parmi les représentations modernes du Silence, une des plus expressives est celle que Préault a sculptée pour un tombeau du Père- Lachaise; c'est un simple médaillon de g candeur monumentale, où se dessine un visage austère, au front mélancolique, un doigt appuyé sur les lèvres closes. D'autres figures tumulaires sculptées par divers artistes offrent à la fois les caractères de la douleur et ceux du mystère. Une statue en bronze du Silence a été exposée par M. Marc Pantard au Salon de is52. Sous ce titre : le Silence, des compositions ont été gravées par Gérard de Lairesse, par J.-J. Haid, d'après Giuseppe Nogari, par Laurent Cars et Jardinier, d'après Chardin, etc.
# Silence do la Vierge (Le) OU le Sommeil de
l'Eu ra m Jê«u«, tableau de Raphaël, au Louvre (no 376). La Vierge, la tête ornée d'un diadème bleu (d'où est venu le nom de Vierge au diadème qu'on donne quelquefois à ce chef-d'œuvre), est accroupie devant le divin bambino qui est endormi sur une draperie étendue sur le sol; elle lève le voile qui le recouvre pour le montrer au petit saint Jeun agenouillé auprès d'elle. Celui-ci tient sa croix de roseau entre ses bras. On voit une ville dans le lointain, et l'on reconnaît, uu plan du milieu, des ruines qui subsistent encore à Rome dans la vigne Sacchetti, près de la basilique de Saint-Pierre.
Ce tableau, de petites dimensions, est aussi délicat d'exécution que gracieux et séduisant de sentiment et' d'expression. On l'appelle quelquefois encore ta Vierge au linge ou au voile. Il a figuré successivement dans le cabinet de M. de Châteauueuf, dans celui du marquis de La Vrillière et dans eelui du prince de Carignan. 11 a été gravé par François de Poilly, Jac. Frey, Dutlos, Fr. Borsi, Boucher-Desuoyers (la Vierge au linge), J.-B. Massard, J.-J. Avril, A. Baiizo, L.-(J. Ruotte, Ingouf jeune (le Silence de la Vierge), Buvinet, Gérard (1845), P. Metzmacher (1855), Landon, etc. La tête seule de l' Enfant Jésus a été litliographiée par Jean Gigoux.
SILENCIEUSEMENT adv. (si-lan-si-eu-zeman — rad. silencieux). En silence : Marcher, s'avancer silencieusement.
SILENCIEUX, EUSE adj. (si-lan-si-eu, eu-ze — rad. silence). Qui ne parle point, qui garde le silence : Etre, demeurer silencieux. Il Qui parle peu, qui rompt rarement le silence : Les sots silencieux sont des armoires vides fermées à clef. (Petit-Senn.j Vous trouverez partout d'agréables parleuses ; Mais si vous en cherches qui soient silencieuses. Vous chercherez longtemps, monsieur, sur mon hon-
[neur.
DESTOUCIIliS.
— Où l'on n'entend aucun bruit : Un bois silencieux. Uiïe maison silencieuse.
.... 0 nuit silencieuse.
Prête ton ombre amie a sa course pieuse.
Michaud.
Surpris de voir troubler leurs bords délicieux, Le fleuve infréquenté, le bois silencieux Admirent ces vaisseaux, cette troupe guerridre.
Deulls,
— Qui se fait sans bruit : Des pas silencieux. Le cours silencieux d'une rivière.
— Substantiv. Personne silencieuse : Je vous prouverai que c'est avec raison qu'on m'a surnommé le silencieux. (Galland.)
Moi, je suis quelquefois pour les silencieitx.
A. de Musset.
— Syn. Silencieux, «acicurne. Silencieux s'emploie souvent en parlant de choses qu'il serait impossible d'appeler taciturnes : un bois est silencieux parce qu'on n'y entend parler personne ; on peut qualifier de silencieux un tête-à-tète entre deux personnes qui se regardent sans parler, etc. Ce mot ne devient réellement synonyme de taciturne que lorsqu'il se rapporte à l'homme considéré dans son caractère ou dans son maintien. Alors taciturne dit beaucoup plus que silencieux ; i ne marque pas seulement le goût du silence, mais l'obstination du silence, et presque toujours quelque chose de sombre qui suppose une mélancolie profonde, une sorte de dégoût pour la société des hommes. L'homme silencieux ne parle pas en ce moment, ou tout au plus il parle peu, il ne prend pas plaisir à parler ; 1 homme taciturne aime le silence ; on a mille peines à le faire parler, il faut lui arracher les mots.
SILÈNE s. m. (si-lè-ne — nom mythol.).
Mamm. Genre de mammifères quadrumanes catarrhiniens,non adopté. U Nom vulgaire du paresseux de Ceylan,
SILE
— Entom. Syu. d'ANÉLASTB. Il Nom vulgaire d'un papillon de jour.
— Bot. Genre de plantes, fie la famille des caryophyllées, type de la tribu des silénées , comprenant environ deux cents espèces, répandues surtout dans la région méditerranéenne et dont une quarantaine croissent en France : Les silènes sont généralement des plantes à fleurs délicates et élégantes. (P. Uuchartre.) Le silène penché fleurit au milieu du printemps. (Bosc.) Il On dit aussi silène s. m.
— Encycl. Bot. Les silènes sont des plantes annuelles ou vivaces , à tige articulée, noueuse, portant des feuilles opposées, simples, entières. Les fleurs, solitaires ou groupées en. cytnes ou en panicules, présentent un calice lubuleux, souvent renflé, à cinq dents ; une corolle à cinq pétales longuement onguiculés; dix êtamines ; un ovaire libre, surmonté de trois styles. Le fruit est une capsule à une seule loge polysperme, s'ouvrant au sommet en six valves. Ce genre comprend plus de deux cents espèces, répandues surtout dans les régions tempérées de l'hémisphère nord. Mais bien peu d'entre elles présentent quelque intérêt, au point de vue de l'utilité ou de l'agrément. Leurs racines contiennent plus ou moins de saponine.
Le silène renflé, vulgairement nommé carnillet ou behen Manc.etque plusieurs auteurs ont rangé dans le genre cucubale, est une plante vivace, à racine pivotante, à tiges nombreuses, hautes de 0™,30 à 0^,50, glauques, ainsi que les feuilles, qui sont ovales lancéolées ; les fleurs sont polygames, blanches, un peu penchées, groupées en cymes dichotomiques lâches, terminales; le calice est renflé, vésiculeux, et persiste autour du fruit après la maturité. Il est très-commun dans les champs incultes, le long des haies et des bois, et fleurit au commencement de l'été. Il est très-recherché par les bestiaux, surtout par les vaches ; aussi a-t-on conseillé de le semer le long des haies, où il se conserverait plusieurs années sans aucun soin et sans nuire en rien aux cultures. Ses racines ont été souvent mélangées et confondues avec la centaurée bèhen des Arabes. Les enfants, dans les campagnes, s'amusent à faire crever son calice avec bruit, en le frappant sur le dos de la main.
Le silène à petites fleurs est une plante bisannuelle, à tiges buissonnantes, hautes de 0m,50 et plus, peu garnies de feuilles; les fleurs sont groupées en faux verticilles, dont l'ensemble constitue une sorte de grappe ; elles sont petites et verdâtres. Il crott dans les terres les plus arides et fleurit au milieu de l'été. Ou le mange quelquefois, ainsi que le précédent, en guise de salade ou de légumes cuits. Les moutons «huent beaucoup ses feuilles et il y aurait, sous ce rapport, quelque avantage à le semer dans les terrains pauvres. Ses fleurs sont recherchées par les abeilles. On a cru aussi pouvoir les substituer à celles du sureau pour les fomentations sur les parties atteintes d'érysipële. Ses racines, prises en infusion dans du vin, avec addition de thériaque, ont été préconisées contre la rage ; mais cette propriété est purement illusoire. Ses tiges peuvent servir à chauffer les fours.
Le silène penché est vivace ; ses tiges atteignent la taille de Ou',65; ses fleurs, blanches, quelquefois rosées, penchées, à pétales bifides, forment une panicule unilatérale. Il croît dans les prés secs, les friches, les terres incultes, où U est parfois très-abondant, et fleurit au milieu du printemps. Tous les bestiaux, à l'exception des vaches, le mangent volontiers; les chevaux surtout en sont trèsfriands. Le silène gaulais est une espèce annuelle, à tiges velues, hautes de 0m,35 et à fleurs rouges. Il croît dans les sols arides et sablonneux et envahit souvent les champs de blé au point de nuire beaucoup aux récoltes ; il n est pas facile de l'extirper parce que ses graines mûrissent et tombent avant la récolte de la céréale et peuvent rester plusieurs années en terre sans germer. On peut en dire à peu près autant du silène anglais et du silène conique. Le silène nocturne, plante annuelle, croît aussi dans les champs et au bovd des chemins.
Le silène arméria ou à bouquets est une plante annuelle, à tiges rameuses, portant des feuilles larges, ovales et d'un vert glauque, et terminées par une cyirie coryinbiforme de fleurs roses. Originaire des contrées méridionales de l'Europe, il est fréquemment cultivé dans nos jardins et constitue une des meilleures plantes d'ornement. Il est trèsrustique, croîtdans tous les terrains, n'exige pour ainsi dire aucun soin et se ressème souvent ce lui-même ; on en tire un très-bon parti pour l'ornement des plates-baudes et la formation des massifs ; on le recherche aussi pour la confection des bouquets. On le confond souvent avec le silène attrape-mouche ou goie-tnoHc/ie, parce que les tiges de ces deux plantes sécrètent, surtout à leur sommet, une matière visqueuse où les insectes viennent se prendre et se coller en grand nombre. Les racines de ces deux silènes ont été vantées autrefois pour de prétendues propriétés cordiales ; mais elles sont à peu près abandonnées aujourd'hui.
Quelques espèces purement ornementales méritent d'être mentionnées. Le silène d'Orient est une plante bisannuelle, glabre,
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glaucescente, à fleurs roses ; cette espèce, la plus belle du genre, est originaire de la Russie méridionale ; elle craint, non pas le froidj mais l'humidité de nos hivers et les brusques variations de température de nos climats. Le silène pendant, originaire de la Grèce, a des fleurs rose tendre dans le type, mais blanches, rose vif ou carmin dans les variétés. Le silène biparti a des fleurs d'un beau rose, mais présente aussi une variété à fleurs blanches ; il croît au pourtour du bassin méditerranéen. Les silènes saxifrage, acaule et maritime sont de petites plantes gazonnantes, formant des tapis d'un beau vert velouté, que relèvent çà. et là de jolies fleurs blanches ou roses ; elles sont vivaces, très-rustiques et faciles à multiplier par la séparation des pieds ; elles servent à faire des bordures ou à orner les rocailles et les terrains en pente.
SILÈNE, célèbre personnage de la mythologie grecque. Il était natif de Malea, suivant Pindare, et célèbre surtout cofnme éducateur de Bacchus. Les dieux s'en amusaient et l'appelaient souvent dans leurs assemblées. Les postes le représentent Comme de petite taille, mais gros et ventru, ayant les oreilles, la queue et quelquefois les jambes d'un bouc, tenant un bâton ou un.thyrse pour se soutenir, quelquefois monté sur un âne; mais il chancelle un peu sur cette monture. Toujours ivre et plus chargé de vin que d'années, il marchait ordinairement dans la compagnie des satyres, qui l'honoraient et l'appelaient leur père et le secouraient dans les accidents auxquels son ivresse l'exposait. Comme les ivrognes dé tous Jes temps, il n'avait guère de but que ne lui fit oublier l'occasion, et il s'arrêtait partout où il trouvait du bon vin. Les Phrygiens, voulant se saisir de lui et l'amener à leur roi Midas, versèrent du vin dans une fontaine ; Silène ne manqua pas de flairer le parfum et de se laisser prendre. C'est à Silène qu'on attribue l'invention de la flûte à plusieurs tuyaux.
Les monuments le représentent tantôt couché et appuyé sur une grande outre pleine de vin, étendu sur une peau de béte, orné d'une couronne bachique ; tantôt une simple tasse à la main, appelant un faune ou un satyre qui souffle le feu et fait bouillir la marmite ; tantôt entièrement ivre, les bras en l'air et élevant vers le ciel un regard hébété. Il est généralement reconnaissable à son nez camus, à son grand front, à son crâne pelé jusqu'aux oreilles et orné de pampres et de corymbes, à sa barbe à plusieurs tresses. Parfois il porte a la main le symbole génésique de Priape. Flaminius Vacca décrit un vase de marbre trouvé à Rome, sur un bas-relief duquel ou voit Silène, dans un âge fort avancé, couché dans un berceau, porté et bercé par de petits garçons : Silène rit et prend plaisir à cet enfantillage. Virgile nous présente une image analogue de Silène, lorsqu'il le fait lier par déjeunes garçons avec des guirlandes tombées de sa tête dans son ivresse, et qu'Eglé, la plus belle des naïades, se joint à eux et teint du jus de mûres les tempes du doux vieillard.' Voici cette gracieuse description {Eglogue vt) :
Silenum pueri somno videre jacentem, lnflatum hesterno venas^vl semper, laccho; Serta procul lantuni enpiti delapsajacebam, Et gravis attrita pendebat cantharus ansa. Ai/grcssi (rcnm «epe ieiicx spe carminis ambo Luserat) injiciunt ipsis ex vincula sertis. Addit Se sociam, timidisque supervenit /Egle, /Ente Naitidum, pulchcrrima, jamque videnti Sanyicineis fronlem morts et tempora pingit. Me dolum ridens : Quo vincula neclilis? inquit. Solvile me, pueri : salis est potuisse videri.
A côté de ce texte, que nous avons donné pour ceux qui sont familiers avec la langue de Virgile, plaçons l'élégante traduction de M. Firmin Didot {1822) :
Ivre encor du nectar qu'il avait bu la veille, Le vieux Silène un jour sous un' arbre étendu Dormait; à son côté s'inclinait suspendu Un vase aux larges flancs dont l'anse était usée, Et de son front tombait sa couronne brisée. Mnasylus l'aperçoit : ■ Viens, dit-il à Cbromis, Il nous dira les vers qu'il nous a tant promis : Que dans ses propres fleurs notre main le captive. ■ Eglé survient, Eglé des nymphes la plus vive, £t de ses doigts malins que la mûre à noircis Elle peint du captif le front et les sourcils. 11 l'a vue, il sourit. « Bergers, brisez ma chaîne, Dit-il, c'est bien assez d'avoir .surpris Silène... •
Silène est souvent identifié jusqu'à un certain point avec Bacchus; c'est ainsi qu'on voit à ses pieds des lions qui implorent de lui la liqueur enivrante.
Bacchus enfant se voit fréquemment sur les marbres entre les bras de Silène, son père nourricier selon Nicander. Ce Silène, qui a des oreilles de chèvre et une queue comme les faunes, est appuyé sur un tronc d'arbre entortillé d'un cep de vigne.
Ailleurs le bonhomme Silène, qui a ordinairement besoin d'être soutenu, soutient à son tour Bacchus dompté par l'ivresse.
Le même personnage monté sur son âne, couronne de grappes et tenant de la main gauche une cymbale qu'il appuie sur le cou de l'âne, fait partie du cortège habituel du dieu de Naxos.
Silène figure aussi dans la plupart des représentations orgiastiques, ici portant en baudrier des pampres de vigne, tenant d'une
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main une grappe de raisin et entouré de trois faunes qui ont grand'peinw k le soutenir; là, le thyrse au poing et supportant Bacchus sur son char; dans une autre dessin, maintenu sur son âne par un compagnon railleur et un satyre ; ailleurs enfin, près de rouler à terre malgré les efforts de ceux qui l'accompagnent.
Sur le revers d'une monnaie de Caracalla figure un petit Silène à côté d'Astarté. On voit par là que cette figure a subi comme tous les mythes grecs le travail de transformation ou plutôt de déformation de l'ère asiatique.
Silène, comme coryphée des satyres, était un des personnages obligés du drame satyriqua grec. L'acteur chargé de ce rôle portait d'ordinaire sur une tunique épaisse une robe tressée de mille fleurs et recouverte d'un manteau de pourpre. Son masque, d'après une améthyste, était chauve, camard et ceint d'un diadème orné de feuilles de lierre. Une cornaline nous le montre monté sur un âne, appesanti par son extrême embonpoint, par l'âge, le vin et le sommeil. C'est un singulier type que cette grande figure si vivante dans
I antiquité, et dont l'on retrouve des traits dans plusieurs créations importantes du génie moderne, Panurge, Sancho Pança, Falstaff, Sganarelle du Médecin malgré lui, et même le docteur Pangloss, ne semblent vivre que des restes du grand banquet de Silène,
Dans le Cyclope d'Euripide, Silène joue un rôle important en dehors même du chœur des satyres. Bacchus a été enlevé par des pirates tyrrhéniens, et les satyres, sous la conduite de leur père, le vieux Silène, se sont mis en route pour le retrouver. Jetés par une tempête sur Jes côtes de la Sicile, ils sont devenus les esclaves de Polyphème. Au moment où l'action commence, les satyres dansent gaiement la sicinnis, lorsque Ulysse arrive; il se fait connaître et apprend quel monstre habite l'île. Pressé de partir, il demande qu'on lui donne quelques provisions et offre en échange un vin exquis. Silèneest charmé du marché.
II goûte le vin, il est saisi d'enthousiasme, et la gaieté commence à naître. Ligué avec le héros grec contre Polyphème, Silène est pour une bonne part dans la réussite de la ruse au moyen de laquelle Ulysse et ses compagnons échappent au cyclope.
— Iconogr. Les modernes disent, en manière de plaisanterie, qu'il y a un dieu pour les ivrognes; les anciens, moins gouailleurs et plus pratiques, avaient la sage précaution de se placer très-sérieusement, avant de boire, sous la tutelle de toute une série de divinités dont Bacchus était le chef. Bacchus, fils de Jupiter, protégeait sans doute plus spécialement les ivrognes de l'aristocratie ; Silène, son précepteur, qui était de naissance moins haute, patronnait vraisemblablement les ivrognes des classes non dirigeantes. Bacchus, le beau Bacchus, n'avait pas toujours le vin gai ; il y avait des tigres dans son cortège. Silène, au contraire, é. ait le plus jovial des buveurs; son franc rire s'épanouissait sur sa large face ; son nez rubicond et son abdomen replet témoignaient de la placidité de son caractère; et, parmi toutes les bètes de la création, ce fut l'àne, cette amusante caricature du cheval, qu'il choisit pour compagnon... Il existe bien quelques représentations antiques dans lesquelles Silène se montre sous des dehors plus ou moins belliqueux; on le voit, par exemple, habillé en guerrier dans une peinture qui décore un vase de Nola qui a fait partie de la galerie Pourtalès (n° 169 du catal. de 1865); mais ce n'est là apparemment qu'une mascarade. Le plus fréquemment, il a éié représenté avec tous les caractères de jovialité que nous avons décrits ; tantôt couronné de lierre, tenant une coupe d'une main et éireignant de l'autre une outre ou une amphore, comme dans une charmante petite statue du musée du Vatican ; tantôt trébuchant au milieu d'une troupe d'aimables viveurs égarés hors de l'Olympe (bas-relief du musée du Vatican) ; quelquefois complètement appesanti par l'ivresse (statua du musée des Ofdces), mais plus souvent se contentant de « dodeliner de la teste, » monté sur son âne (pierre gravée antique du musée des Studj) et escorté par des bacchantes, des faunes et des satyres. Une autre pierre gravée du musée de Naples nous le montre placé à côté de Bacchus sur un char de triomphe que tralnen t des Amours et des papillons. Dans une peinture trouvée k Pompéi, il assiste au combat de l'Amour avec Pan ; dans une autre, il est couché et l'Amour est près de lui. Un sujet souvent traité est celui de ['Education de Ducchus par Silène. Un groupe justement célèbre, qui appartient au musée du Louvre et uout il existe une répétition au Vatican, représente Silène portant Bacchus enfant dans ses bras; ce bel ouvrage a été longtemps intitulé : le Faune à l'enfant; il a été gravé plusieurs fois, notamment dans le Musée de sculpture de M. de Clarac et dans la Gâterie de Réveil (1er, pi. 39). Au musée du Vatican, deux Silène agenouillés et adossés soutiennent une corbeille pleine de raisins ; cette sculpture a une tournure très-originale.
Silène a inspiré un grand nombre d'artistes modernes. Donatello l'a représenté en compagnie d'une bacchante dans un bas-relief circulaire en bronze qui a fait partie de la collection du comte Cicognara et de la galerie Pourtalès. Un Silène ivre a été gravé par
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Jean Ouvrier, d'après E. Falconnet. Une statue en marbre représentant le même sujet a été exposée par Legendre-Héral au Salon da 1824. ûantan aîné a figuré ['Ivresse de Silène dans un bas-relief de marbre qui a paru au Salon de 1868 : l'âne sur lequel le précepteur de Bacchus est monté s'est abattu; une bacchante, qui rit aux éclats, cherche à relever la bête, tandis qu'un faune soutient le dieu sous les bras.
Une estampe d'Agostino Veneziano, dont le dessin a. été attribué à Raphaél, mais est bien plutôt l'œuvre de Jules Romain, représente la Marche ou le Triomphe de Silène^ D'autres compositions de Jules Romain relatives à Silène ont été gravées par Gérard Audran (Silène tenant une outre de fin), Maximilien Rapine {Silène et Bacchus, Salon de 1866), Adam von Bartsch (1804), etc. Deux Fêtes de Silène, peintes par Giulio Carpioni, sont au musée de Bordeaux. Un Triomphe de Silène, attribué à N. Poussin, est au inusée de Tours; une peinture analogue par Blanchard ornait autrefois la galerie de l'hôtel Bullion, à Paris. Des tableaux sur le même sujet ont été peints par Vati Heemskerk (musée du Belvédère), Gérard Honthorst (au Louvre), A. van Dyck (musée de Bruxelles, gravé par Schelte van Bolswert), C. Vanloo (gravé par L. Lempereur), Jean-François Millet (gravé par i. Coelemans), Baudouin (Silène porté par des satyres, Salon de 1*65), le Titien (gravé par Giovanni-Andrea Podestà, 16-10;, etc. Nous consacrons ci -après des articles spéciaux aux chefs-d'œuvre dans lesquels Riberaet Rubens ont figuré l'Ivresse de Silène. Au musée de Dresde est un tableau de Jordaens, Silène tenant u$e coupe dans laquelle une bacchante lui verse à boire. Une autre composition du même maître, 'qui a passé dafis les cabinets de Randon, de Boisset et de Poullain, représente un Amour of* front une pomme à Silène; elle a été payée 2,051 livres à la vente Poullain en 17S0.
Dans sa sixième églogue, Virgile nous montre le vieux Silène surpris pendant son sommeil par des bergers qui l'enchaînent et barbouillé de mûres par la jeune Eglé; cette scène a été peinte par Antoine Coypel (tableau autrefois placé dans la salle de billard du château de Meudon, et que Trouvain et Duflos ont gravé), par Bouchot (envoi da Rome, 1830), Dassy (Salon de 1841), Alfred Foulongne (Salon de 1864), L. Robin (Salon de 1870).
Un Silène entouré d'Amours a été gravé par Giovanni-Antonio de Brescia d'après Mantegna. Une estampe de Mantegna lui-même représente Silène porté par des faunes et des satyres. Des estampes de Corneille Matsys, Bracelli, Pierre Biard le fils, J. ûïurrer, Giulio Bonasone , Giovanni - Battista del Sole, etc., nous montrent le Triomphe ou, ce qui est tout un, ['Ivresse de Silène. Des tableaux relatifs à ce divin ivrogne ont été peints par Corot (Salon de 1838) et par notre éminent caricaturiste, Honoré Daumier (Salon de 1850).
SHene ei Bnccims enfant, peinture antique (musée de Naples). Ce groupe n'est qu'un fragment de la composition antique qui fut découverte à Portici en 1747, et dans laquelle on voyait, en outre, Mercure assis, tenant sa lyre, puis un satyre et deux nymphes; sur la devant étaient couchés l'âne de Silène et une panthère. Ces figures n'ayant rien d'agréable, on a cru pouvoir les supprimer, ainsi que le fond qui offrait un rocher et un arbre d un côté, puis une colonne tronquée, près de laquelle se trouvait placé Mercure. Le vieux Silène, gouverneur de Bacchus, tient entre ses mains le jeune dieu qui cherche à prendre une grappe de raisin que lui présente une des nymphes, auxquelles Jupiter avait confié l'éducation de Bacchus. Ce groupe est plein de grâce et donne une idée favorable du talent des anciens. Quant à la couleur et k l'effet, nous ne pouvons plus en juger, à cause du changement que le temps a nécessairement apporté dans toutes les fresques antiques.
Celle-ci est conservée au musée de Naples ; elle a été gravée dans son entier par Ant. Morghen et par Davia. Le groupe dont nous parlons ici a été gravé séparément par Macretdans le Voyage d'Italie, publié par l'abbé de Saint-Non.
Silène (l'ivrksse de), tableau de Rubens, à la pinacothèque de Munich. Le divin ivrogne, couronné de pampres et tout gonflé du jus de la treille, ne peut plus se soutenir; des satyres et des bacchantes l'entourent et, tout en riant de sou ébrieté, s'efforcent d'étayer sa majesté chancelante. Cette peinture, de l'exécution la, plus large et de la couleur la plus vigoureuse, est une de celles, dit Waagen, cians lesquelles Rubens a le mieux exprimé l'ivresse sensuelle et le délire bachique; les bacchantes, aux carnations blondes et lumineuses, n'ont rien d'antique; ce sont de superbes filles flamandes. Rubens a traité plusieurs autres fois le même sujet, notamment dans un tableau du musée de l'Ermitage, que M. Viardot dit être « d'une vérité trop crue, trop basse, trop dégradée. » Une toile qui est à la galerie de Hesse-Cassel et qui a été gravée par Soutman nous montre Silène accompagné d'un satyre et d'un nègre. Dans un tableau du palais Spinola, à Gènes, le dieu, portant des raisins dans -un pan de son manteau, a près de lui un, satyre
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qui tient une grappe, et une bacchante... d'Anvers. Une composition analogue appartient nu musée des Offices. Au musée de Madrid, un Silène, peint par Rubens, tient un masque k la main. A Florence, au palais Corsini, il y a du même muître un Silène entouré de petits génies et de satyres. Dans un tableau qui, du palais Brignole-Sale, de Gène», a été envoyé par Mme la duchesse de Galliera à l'exposition organisée à Paris au profit des Alsaciens-Lorrains en 1874, et qui a figuré à celte exposition sous le titre de Marche de Silène, on voit un guerrier, revêtu d'une cuirasse et d'un manteau rouge, caressant d'une * main la gorge d'une grosse commère et cherchant, de l'autre main, k lui arracher une cruche de métal; dans la pénombre, un vieux buveur, couronné de pampres et tenant une coupe à Ja main, rit et semble applaudir à la hardiesse du guerrier; un Amour cherche à" enlever k ce dernier son sabre. Smith a catalogué ce tableau comme représentant alléiZoriquementl' Amour et le Vin et dit que Rubens s'y est peint lui-même avec sa femme. Schelte van Bolswert a gravé, d'après RubenSj Silène soutenu par un satyre et un faune; le même sujet a été gravé aussi sur bois par Christophe Jegher. Une autre composition de Rubens, la Marche de Silène, qui était au xviiie siècle dwns le cabinet de MCauletd'Hattteville, à Paris, a été gravée par Nicolas de Launay. On a aussi un Triomphe de Silène gravé par Giovanni Kolo, d'après le même raultre.
Siiènu (l'ivresse de), tableau de Ribera, au musée de Naples. Attaché au sol pur son obésité autant que par l'ivresse, le vieux Silène étale sur uue draperie grise son énorme abdomen et ses membres déformés par la graisse. Il se soulève k grand'poino sur le coude et tend sa coupe k un faune, qui y fait couler le vin contenu dans une outre. Son visage, de profil, respire la sensualité; son œil est émerillonné par la convoitise ; sa bouche épaisse s'cntr'ouvre pour rire et pour boire. On croit l'entendre stimuler lu zèle de son échanson. Derrière lui se penche un satyre aux longues oreilles pointues, qui paraît le soutenir et qui le regarde avec une admiration béate. A gauche, un compagnon de Silène, vêtu d'une nebride, tient uue coupe pleine et nous regarde en riant; au-dessus de lui, l'âne allonge la tête et pousse un joyeux : Hï I han ! Au premier plan, à droite, tout près du dieu, on aperçoit une tortue et une crosse épiscopale... Du côté opposé, un serpent cherche à déchirer un papier sur lequel l'artiste j a signé : Josepkus a Ribera JJispanus Va- j lentin. et auccademicus (sic) liomanus faciebat Partenope 1626.
Les œuvres de nos modernes réalistes pâliraient singulièrement à côté de cette peinture d'une crudité brutale, mais d'une puissance de modelé et d'une intensité d'expression tout à fait extraordinaires. Les ombres ont malheureusement un peu poussé au noir et les tons rosés des carnations ont tourné au rouge brique. Ribera a fait lui-même une eau-forte d'après ce chef-d'œuvre. Il a gravé également un Triomphe de liacchus dans lequel on voit Silène sur son âne, soutenu par des faunes et des satyres.
SILÈNE s. m. (si-lé-né). Bot. Syn. de silène : On a vanté jadis tes racines des silènes comme cordiales. (T. de Berneaud.) Poiret et Desfontaines ont enrichi les jardins de V Europe d'un joli silène découvert sur les côtes de Barbarie. (F. Ilœfer.)
SILÈNE, ÉE adj. (si-lé-né — rad. silène). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au silène.
— ». !'• pi. Tribu de la famille des caryophyllées, ayant pour type le genre silène, et élevée par plusieurs auteurs au rang de famille distincte.
S1LÉNIE s. f. (si-lé-nî — do silène, nom mythol.). Bot. Syn.'d'AZARA.
S1LENTIAIRE s. m. (si-lan-si-è-re — laC. silentiarius; de silentium , silence). Antiq. rom. Oflicier de la cour du Bas-Empire.
— Encycl. Les fonctions des silentiaires consistaient à maintenir l'ordre et à faire observer le silence dans le palais impérial. Elles avaient donc quelque ressemblance avec celles des huissiers chargés du service intérieur dans nos Assemblées législatives. Les silentiaires étaient au nombre de trente et formaient trois décuries, commandées chacune par un dêcurion. Ils étaient, en outre, de mémo que les cubieulaires, sous les ordres du pihnicier, et celui-ci dépendait du chambellan en chef, ou prmpositus sacri cubiculi.
SILER s. m. (si-lêr). Bot. Genre de plantes, de la famille des ombellifères, type de la tribu des silérinées, dont l'espèce type croît sur les montagnes d'Europe et d'Asie.
— Encycl. Les silers sont des plantes k feuilles engainantes k la base, à limbe pennatiséqué; les fleurs sont disposées en ombelles amples et à rayons «ombreux, k involucre et involucelles nuls ou formés d'un petit nombre de folioles ; la corolle a cinq pétales échancrès, avec une lanière infléchie; le fruit est lenticulaire, comprimé, à neuf côtes filiformes, obtuses, dont cinq primaires et quatre secondaires moins saillantes. Le siler trilobé, qui compose à lui seul ce genre, est une grande plante vivace, à tige finement frtrjéc, à feuilles glauques et à fleurs blan-
SILÉ
ches, réunies en une ombelle très-grande. Il est répandu dans toute l'Europe et dans le nord de l'Asie , et croît surtout dans les bois montagneux. On lui a attribué quelques propriétés médicinales ; mais on Va confondu avec une espèce de laser, qui porte le nom spécifique de siler et dont les racines et les fruits sont aromatiques et stimulants.
SILÉRINÉ, ÉE adj. (si-lé-i'i-né — rad. «iler). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au siler.
— s. f. pi. Tribu de la famille des ombellifères, ayant pour type le genre siler.
SILÉSIE s. f. (si-lé-zï — nom de pays). Comm. Sorte de drap léger.
SILESIE, en allemand Schlesien, en latin Sitesia, ancienne division politique de l'empire d'Allemagne, comprenant la province prussienne et la province autrichienne du même nom. Elle fut conquise en 1745 par Frédéric le Grand sur les Autrichiens. La plus grande partie de cette contrée est restée k la Prusse par le traité de Hubertsbourg (1763). La Silésie, quand elle faisait partie de l'empire germanique, se divisait en haute et basse Silésie. La première au S., appuyée aux monts Sudètes et au Riesengebirge, qui la couvraient de leurs ramifications, comprenait neuf duchés et principautés : Teschen, Ratibor, Troppau, Jœgendorf, Oppeln, Grotska ou Neisse, Monsterberg, Briey etSchweidnitzf La seconde ou basse Silésie, ainsi nommée parce qu'elle comprenait un pays de plaine, renfermait huit duchés et principautés : Breslau, Œls, Wolaw, Liegnitz, JaWer, Glogau, Sagan et Groschen.
SILÉSIE (i'Rovinck de), une des grandes divisions administratives de la Prusse , dans la division S.-E. de la monarchie, comprise entre les provinces de Brandebourg et do Posen au N., la Pologne russe et la Gallicie à I'E., la Silésie autrichienne , la Moravie et la Bohême au S., la Saxe royale, la province prussienne do Saxe et f elle de Brandebourg à l'O. Superficie , 41,723 kilom. carrés ; 3,510,707 hab. Chef-lieu, Breslau. La province de Silésie est divisée en trois régences : Breslau, Oppeln, Liegnitz; elle renferme 58 cercles administratifs, H7 villes, 41 bourgs et 5,335 villages. Les monts Sudètes, qui couvrent la partie méridionale de la province, et le Riesengebirge, qui s'élève au S.-O. sont les principales chaînes de montagnes de la Silésie ; leurs plus hauts sommets atteignent 1,6GB mètres. Tout le pays envoie ses eaux à la mer Baltique ; il appartient au bassin de l'Oder et au bassin secondaire delà Wartha. On trouve plusieurs lacs dans la Silésie, mais aucun d'eux n'a une étendue considérable; les étangs y sont nombreux, surtout dans la partie septentrionale, près de la limite du duché de Posen. Comme richesses minérales, Cette province possède des mines de fer, de cuivre, de plomb, d'argent, de zinc, de cobalt, d'arsenic, de houille, de lignite, de soufre, de terre à porcelaine, de tourbe, de marbre, de plâtre, etc. Il y a trente-trois sources minérales en exploitation ; les plus renommées sont celles de Salzbrunn, Warmbrunn, Charlottenbruun et Cudowa. Le climat est sain et tempéré, excepté sur les hautes montagnes, où il est rude et humide. Le soi, quoique généralement sablonneux, est fertile ; il est arrosé par l'Oder, la Neisse, la Bober, laSprée et une multitudes d'autres cours d'eau moins importants. Il produit des céréales de toute espèce en quantité plus que suffisante pour la consommation locale, des pommes de terre, des légumes, des plantes oléagineuses, du houblon, du chanvre, des betteraves, du tabac et de la garance. Les forêts bien boisées y couvrent 615,532 acres ou 241,385 hectares. L'élève des bestiaux y est très-importante, surtout celle des moutons et des bètes à cornes. On y comptait, en 1872, 2,143,763 moutons, 1,351,431 bêtes à cornes, 264,449 chevaux, 381,017 porcs, 153,071 chèvres. Le gibier y est partout très abondant et les rivières sont très-poissonneuses. Après l'iigriculture et l'élève des bestiaux, l'industrie minérale est une des principales ressources de la population. On y compte 135 mines de houille en exploitation, 81 mines de fer qui alimentent 94 hauts fourneaux, 41 usines a zinc, 2 mines de cuivre, 3 mines de graphite, etc., occupant ensemble 35,000 ouvriers. L'industrie manufuctière n'a pas moins d'importance ; les principales branches sont : la fabrication des toiles, des draps, des lainuges, des tissus de coton, des cuirs, des produits chimiques; on y trouve aussi des verreries et des papeteries. Des routes nombreuses et bien entretenues, plusieurs canaux et des rivières navigables contribuent au développement du commerce , dont l'activité trouve de puissants éléments dans les productions agricoles et industrielles de la province. En 1871, on comptait en Silésie 28,2 illettrés par 1,000 habitants.
Le territoire qui forme la province de Silésie fut occupé dans les temps anciens par les Qutidt's et les Lygiens, et au ve siècle de l'ère chrétienne par les Slaves. Elle fit partie de l'empire des Moraves, puis de la Bohême; au Xe siècle, elle reçut des ducs polonais de la maison des Piast. Miécislas 1er y introduisit le christianisme en 965. La situation géographique de cette contrée entre la Pologne et la Bohème la mit souvent en lutte avec ces deux pays, qui s'en disputaient la pos-
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session. Elle obtint enfin son indépendance en 1168, époque où le roi Boleslas IV la rendit aux trois fils de Wladislas II, mort en exil. Ceux-ci gouvernèrent d'abord en commun, puis ils se partagèrent l'héritage paternel et furent la tige de trois lignes ducales d'où sortirent plusieurs branches latérales. En 1327, le roi Jean de Bohême fut reconnu comme suzerain par la plupart des princes silésiens et, en 1357, la Silésie fut définitivement réunie à la Bohème. Cette contrée souffrit beaucoup des troubles religieux qui ensanglantèrent l'Allemagne aux xve et xvie siècles , principalement dans les guerres des hussites et pendant la guerre de Trente ans. Les rigueurs impolitiques de l'Autriche contre les protestante silésiens facilitèrent beaucoup la conquête de la Silésie par le roi de Prusse, Frédéric le Grand, en 1745. Depuis cette époque, la Silésie, à l'exception d'une faible partie située au S.-E. et dont la rivière d'Oppa forme la limite, est une des plus belles provinces de la monarchie prussienne.
SILÉSIE AUTRICHIENNE, partie de l'empire d'Autriche, au N., détachée de la Silésie et laissée à l'Autriche par le traité de Habertsbourg qui mit fin à la guerre de Sept ans (1763). La Silésie autrichienne, comprise dans le gouvernement de Moravie et Silésie, où elle forme les deux cercles de Troppau et de Teschen, est limitée an N. par la Silésie prussienne, dont la sépare en partie la rivière d'Oppa, il l'O. et au S. par la Moravie, à l'E. par la Hongrie et la Gallicie; superficie, 5,170 kilom. carrés; 455,000>hab. Ch.-l,, Troppau. Le sol de cette contrée, accidenté par de nombreuses ramifications des monts da Moravie et des Karpalhes, est en grande partie couvert de forêts ; il est riche en mines de nouille, d'ardoise , de plomb et d'alun. La Wartha, la Neisse, l'Oder et la Vistule y prennent leur source, et plusieurs autres petits cours d'eau l'arrosent e.t le fertilisent. Elève de bestiaux , importante exploitation métallurgique.
SILÉSIEN, IENNE s. et adj. (si-lé-zi-ain, i-è-ne). Géogr. Habitantde la Silésie; qui appartient k ce pays ou à ses habitants : Les Silésiens. 'La population silbsibnne.
SILEX s. m. (si-lèkss — mot latin qui représente un thème sanscrit, çilaka, de çila, pierre, rocher, par le changement fréquent de ç en s. Le sanscrit fila, d'où çQila, montagneux, rocheux, est pour cira et provient de la racine sanscrite par, kar, qui signifie proprement blesser, et d'où dérivent en sanscrit plusieurs termes qui expriment la dureté et quelques noms de la pierre ou des corps analogues). Miner. Nom donné k diverses pierres dures, à base de silice.
— Platine à silex, Platine d'arme k feu dans laquelle l'inflammation de la charge est produite par le choc d'un fragment de silex sur une pièce d'acier. Il Arme à silex, Arme dont la platine est à silex.
— Encycl. Le silex pyromaque est une matière siliceuse compacte, translucide sur les bords des éclats et à cassure conchoïdSle. 11 se brise facilement en fragments à bords tranchants. La couleur en est le plus souvent grisâtre, noirâtre ou blonde. Cette roche se présente sous forme de rognons, de plaques et de blocs dans les calcaires des terrains crétacés et supercrétaeés. C'est particulièrement dans la craie blanche du bassin parisien qu'abondent, en lits horizontaux, les rognons de silex pyromaque, dont la forme est presque toujours tuberculeuse et k contours arrondis. L'origine de ces silex est duo,
.suivant quelques géologues, k une quantité notable de silice que tenaient en dissolution les eaux dans lesquelles a eu lieu la précipitation de la craie blanche. Quand celle-ci s'est déposée lentement, la silice, au lieu de se mélanger au calcaire et de le rendre siliceux, se serait réunie par séries de nodules. De là des assises de silex régulières et étendues k différents niveaux; et les couches crayeuses qui les séparent inarquent les intervalles de temps qui se sont écoulés entre leurs productions respectives. On peut, en effet, concevoir qu'à mesure que de nouvelles précipitations avaient lieu la solidification des silex qui servaient de supports était trop avancée pour admettre la possibilité d'un mélange entre des roches d'un âge différent. D'autres géologues, s'appuyunt sur les savantes expériences de M. Becquerel, relatives k l'électro-chimie, ne voient dans la formation des silex qu'un phénomène purement électrique. Selon cette hypothèse, les particules siliceuses auraient été amenées sur certains points par des courants électro-chimiques et se seraient agglomérées successivement par séries de nodules.
La propriété qu'ont les silex de faire feu sous les instruments acérés les a fait rechercher de tout temps pour la fabrication des pierres k briquet. Pour cet usage, on choisit principalement ceux de couleur blonde, k forme globuleuse, ceux dont la cassure est lisse, égale, et qui sont susceptibles d'être taillés k angles très-aigus. Comme la plupart des autres pierres, les silex perdent, par une exposition prolongée k l'air, la propriété de se laisser tailler facilement; aussi les ouvriers ont-ils soin de les débiter promptemeut lorsqu'ils sont encore imbibés de l'humidité de la carrière. La France possède les
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meilleures variétés de silex; pendant fort longtemps elle a exporté une très-grande quantité rie pierres k fusil ; mais, aujourd'hui, 1 emploi du silex pour les armes à feu est à peu près abandonné en Europe; on préfère les amorces fulminantes.
— Silex molaire. V. meulièrb.
SILEXÉ, ÉE adj. (si-lè-ksé — rad. silex).
Techn. Se dit des pâtes dans la composition desquelles le silex entre pour une proportion notable ; Les paies silexéus et feldsptitfiiques concourent à la fabrication des poteries cailloutées dites ironstones, qu'on appelle en France faïences fines et que le commerce dé* signe sous le nom bien impropre de porcelaine opaque. (Salvétat.)
SILEXIFORME adj. (si-lè-ksi-for-me — de silex, et de forme). Miner. Qui a l'aspect d'un caillou.
SI LU ET, ville de l'Indoustan anglais, dans la présidence de Calcutta, k 130 kiToni.N.-E. de Dacca, à l'E. du Brahmapoutra, chef-lieu du district de son nom; 7,000 hab. Résidence d'un collecteur d'impôts et siège du tribunal du district. La superficie du district de Silhet, situé k l'E. du Riahinapoutra et arrosé par la rivière de Soormah, est de 3,542 milles carrés ou 8,855 kilom. carrés ; sa population est évaluée par les géographes anglais k 1 million d'habitants.
SILHON (Jean db), litiérateur français, né h. Sos, près de Nérac, vers 1596, mort k Paris en 1667. Entré au service de Richelieu, qui le nomma conseiller d'Etat, il vit, pendant la Fronde, sa maison mise au pillage et dut, pour vivre, se contenter d'une maigre pension fort mal payée. Silhon fut un des premiers membres de l'Académie française. Ses principaux ouvrages sont: les Deux «erites (Paris, 1G2G, in-8°) ; le Ministre d'Etat (Paris, 1631, 2 vol. in-4»); De l'immortalité de l'âme (Paris, 1634, in-4»); De la certitude des connaissances humaines (Paris, 1601, in-40).
SILHOUETTE s. f. (si-lou-è-te — nom d'un contrôleur des finances sous' Louis XV, dont les opérations infructueuses éveillèrent la raillerie des Parisiens et leur firent désigner par le mot silhouette tout ce qui présente un aspect triste, délabré, imparfait. C'est ainsi qu on fit des portraits k la Silhouette tirés de profil d'après les contours do l'ombre projetée par une chandelle, d'où plus tard le nom de silhouette donné k ces portraits). Dessin de profil, en suivant i'ombie projetée par le visage : Portrait à la silhouette. Dessiner une silhouette.
— Par ext. Dessin d'une teinte uniforme, sans détails intérieurs, et dont le bord seul se détache du fond par la différence rie ton ou de couleur : Le vent agitait au bord de la route la vive silhouj;Ttk des arbres. (V. Hugo.) Sur le ciel, piqué de quelques étoiles, se découpe, au sommet d'une colline, la silhouette opaque de la ville. (Th. Gaut.)
SILHOUETTE (Etienne du), financier français, né k Limoges le 5 juillet 1709, mort k Brie-sur-Marne Te 20 janvier 1767. Son père, receveur des tailles, lui fit donner une excellente éducation et. étudier le droit. Silhouette compléta son instruction par des voyages, et, tout en s'oecupant de littérature, de philosophie et d'histoire, il se livra particulièrement k l'étude du système financier des Anglais. D'abord conseiller au parlement de Metz, il devint ensuite maître des requêtes, chancelier du duc d'Orléans, commissaire pour le règlement des limites des possessions de la France et de l'Angleterre en Acadie (1749) et commissaire près la Compagnie des Indes. Silhouette avait, k cette époque, acquis une assez grande réputation connue écrivain et comme financier. Nommé, grâce k l'appui de Mme de Pomjiadour, contrôleur général des finances, le 4 mars 1759, il débuta par réformer des abus dont la suppression grossit le Trésor" public Je 72 millions sans augmentation d'impôts, réduisit les pensions, supprima des privilèges concernant l'impôt de la taille, etc. L'opinion publique se prononça en sa faveur et il eut pewiunt quelque temps une vogue extraordinaire, qui se changea bientôt, avec plus ou moins de justice, en une haine universelle. Après avoir, pour remédier k la pénurie du Trésor, proposé des économies sur les dépenses personnelles du roi et des ministres, il annonça le projet d'un édit de subvention qui souleva contre lui le parlement, la cour ec le public, suspendit, pour un an, le payement des billets des fermes, le remboursement des capitaux dus par le Trésor public, et engagea les particuliers k porter à la Monnaie leur vaisselle pour être convertie en argent destiné k subvenir aux besoins du Trésor. Privé de l'appui de l'opinjon, qui l'avait soutenu jusqu alors, le ministre vit manquer toutes ses opérations et fut contraint de se retirer après une administration de huit mois (21 novembre 1759). L'esprit frivole de cette époque censura surtout l'économie du financier déchu. Tout parut à la Silhouette : les culottes sans poches, les surtouts sans plis, tout co qui portait enfin un caractère de sécheresse et de parcimonie. C'est ainsi que le nom de Silhouette est resté k un genre de portraits fort à la mode alors et qui se faisaient en traçant une esquisse légère d'après l'ombre du profil du visage, sur une feuille de papier
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blanc. Silhouette, que Voltaire avait appelé un génie calculateur et courageux, et qui ne méritait pas le ridicule attaché à son nom, fut profondément affligé des sarcasmes dont il était l'objet. Il quitta, peu après Paris et alla vivre dans la retraite en province, où il mourut d'une fluxion de poitrine. On lui doit un assez grand nombre d'écrits, notamment : Idée générale du gouvernement chinois (1729, in-4°) ; Réflexionspolitiques sur les plus grands princes (1730, in--*0), trad, de l'espagnol de Graeian ; Lettres sur les transactions politiques du règne d'Elisabeth (1736, in- 12} ; Essais sur la critique et sur l'homme (1736, in- 12), trad. de Pope ; Essai d'une traduction des Dissertations de Bolingbroke sur les partis gui divisent l'Angleterre (1739, in-12); Traité mathématique sur le bonheur (1741, "in 12), trad. de l'anglais ; Mélanges de littérature et de philosophie (1742, 2 vol. in-12), trad. de Pope; Dissertation sur l'union de la religion, de la morale et de la politique (1742, 2 vol. in-12), trad. de Warburton, et dont il reste peu d'exemplaires ; Mémoire des commissaires du roi et de ceux de S. M. Britannique sur les possessions et les droits respectifs des deux couronnes en Amérique (1755-1757, 4 vol. in-4">) ; Voyage de France, d'Espagne, de Portugal et d'Italie (1770, 2 vol. in-8°). On attribue à I.escure un Testament politique de Silhouette (1772, in-12).
SILICATE s. m. (si-li-ka-te — rad. silice). Chini. Sel produit par la combinaison de l'acide silicique avec une base.
— Encycl. V. silichjus.
SILICATE, ÉE adj. (si-li-ka-té — rad. st7icate). Chim. Se dit d'une base qui, combinée avec l'acide silicique, est devenue un silicate.
SILICATISATION s. f. (si-li-ka-ti-za-si-on — rad. silicate). Opération par laquelle on imprègne de silicate certaines matières tendres pour leur donner de la dureté.
— Encycl. Cette opération est basée sur une observation faite d'abord par Fuchs et ensuite par M. Kuhlmann. Lorsqu'on trempe dans une dissolution de silicate de potasse ou de soude un fragment de craie molle ou même pulvérulente, celle-ci acquiert peu à peu une grande dureté, qui se propage de la surface au centre et qui souvent devient assez forte pour que le fragment de craie soit capable de rayer le marbre. On sait- que, sous l'influence atmosphérique, la solution d'un silicate alcalin s'épaissit et finit par se prendre en gelée; lorsque cette gelée se trouve mélangée à des corps pulvérulents ou qu'elle imprègne les pores de corps solides, elle enveloppe ceux-ci de toutes parts etles recouvre d'une espèce de pellicule qui, en se contractant plus ou moins par la dessiccation, se durcit et adhère très-fortement, L'acide carbonique de l'air intervient en précipitant la silice à l'état insoluble. Quand il s'agit de pierres calcaires, il parait y avoir double décomposition entre le ca'rbonale de chaux et le silicate. Dans la pratique, on conduit l'opération de la manière suivante : les parties à silicatiser sont d'abord lavées a l'eau, au moyen d'un jet lancé par une pompe foulante; lorsque les surfaces sont ainsi appropriées, on lance de la même manière le silicate, et l'on répète deux et trois fois cette aspersion. On emploie généralement le silicate de soude, dont le prix est peu élevé, bien que le silicate de potasse doive être préféré.
Dans 1ers diverses applications du verre soluble, il faut observer les règles suivantes : Tout corps qu'on veut rendre inaltérable par les silicates alcalins doit, en général, être capable d'absorber les solutions. Lorsqu'un corps ne possède que peu de force absorbante, on cherche à lut eu donner soit parla dessiccation, soit en le chauffant, soit par des réactions chimiques, ou bien encore en recouvrant sa surface d'un corps solide pulvérulent. La surface à silicatiser doit être débarrassée de poussière, d'impuretés, d'enduits, etc. Il ne faut pas continuer l'emploi de la solution de silicate alcalin jusqu'à sursaturation, c'est-à-dire jusqu'à ce que le corps ne soit plus capable d'en absorber ; il se formerait alors un vernis brillant qui s'écaillerait avec facilité. Après la solidification, les surfaces peuvent souvent prendre le poli, comme cela arrive pour la craie, par exemple. Les corps compactes exigent l'emploi de solutions d'autant plus étendues qu'ils possèdent moins de pouvoir absorbant. Pour étendre les solutions, on doit se servir d'eau pure et chaude. Les applications doivent avoir lieu par un temps chaud ou dans des locaux modérément chauffés. Dans les circonstances ordinaires, les premières couches peuvent être données à des intervalles de vingt-quatre à quarantehuit heures; les dernières exigent trente-huit à soixante-douze heures. Le nombre des applications k donner dépend soit du pouvoir absorbant, soit de la concentration des solutions, soit du but qu'on veut atteindre. Pour silicatiser une surface de 100 mètres carrés, il faut, en moyenne, 5 à 6 kilogrammes de solution de vorre soluble k 33" pour la première couche ; la deuxième exige un peu moins, et la troisième encore moins ; c est ainsi que les trois couches n'exigent que 13 à 15 kilogrammes. Les poudres dont on se sert pour mélanger aux solutions sont la craie, la dolomie. le phosphate de chaux, la chaux délitée à l'air, le sulfate de baryte, le sabla
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quartzeux, etc. Pour les couleurs foncées, on fait usage du peroxyde de manganèse, des ocres, etc, ; ii est à remarquer qu'on ne peut employer que des couleurs inaltérables par les alcalis, comme le vert Guignet. M. Kuhlmann fait également des propriétés des silicates la. base d'un nouveau procédé de peinture; celui-ci consiste à substituer au mélange ordinaire d'essence de térébenthine et d'huile un mélange de colle et de silicate de potasse.
Dans la fabrication des silicates alcalins solubles, on emploie deux procédés. 1° Voie sèche. On opère dans de grands fours à réverbère pourvus de deux foyers, un à chaque extrémité ; on ajoute au mélange de sable et de carbonate de potasse ou de soude une certaine quantité de nitrate pour prévenir la coloration causée par la fumée du combustible. M. Kuhlmann décompose le nitrate de soude au moyen du sable dans des fours à réverbère; il condense l'acide nitrique produit et obtient une masse poreuse qui, suffisamment chauffée, fournil le silicate alcalin. 2° Voie humide. M. Kuhlmann chauffe le silex pyromaque ou pierre à fusil jusqu'au rouge et le plonge dans l'eau froide, nonseulement pour l'étonner, mais aussi pour faire disparaître sa coloration brune, due à des matières bitumineuses. Ces pierres ainsi préparées sont placées, en couches épaisses, sur une plaque de fer perforée et suspendue dans une marmite de Papin autoclave à une distance d'environ 0,n,10 du fond. On introduit alors une solution de potasse ou de soude . caustique, de densité 1,16, et on clôt. On chauffe jusqu'à la pression de 6 atmosphères; on a alors une solution de silicate d'une densité de 1,28. On a utilisé pour cette fabricacalion la silice hydratée provenant de carapaces d'infusoires.
SILICATISER v. a. ou tr. (si-li-ka-ti-zé — rad. silicatiser). Imprégner d'un silicate ; Silicatiser du bois, de la pierre.
SILICE s. f. (si-li-se — rad. silex). Miner- Acide silicique.
— Encycl. ha silice a été successivement regardée comme un corps simple, comme un oxyde de silicium, et enfin comme un acide, l'acide silicique. On la désignait sous les noms de quarts ou quarz, terre vitrifiable, cristal de roche, etc. A l'état de pureté parfaite, telle qu'on l'obtient dans les laboratoires, elle est blanche, inodore, insipide, rude au toucher, infusible au feu de l'orge le plus violent, rayant les métaux, d'une densité égale à 2,66. Légèrement soluble dans l'eau, insoluble dans la plupart des acides, elle s'unit avec les bases en formant des silicates. Le plus souvent, dans la nature, la silice est mélangée; toutefois, elle se trouve très-pure dans certaines variétés, notamment dans le quartz hyalin ou cristal de roche. Elle fait feu sous le briquet et donne, par la fusion- avec les alcalis, des matières vitreuses. Elle varie, pour ainsi dire, à l'infini dans ses caractères secondaires , telles que les formes cristallines ou amorphes, la consistance, la structure, la couleur, etc. Aussi présente-t-elle un grand nombre de variétés, désignées par des noms distincts, et dont les auteurs anciens faisaient autant d'espèces. C'est la base de presque toutes les gemmes ou pierres précieuses. La silice est très-utile dans les arts industriels ; elle forme la base du verre, de la porcelaine, des poteries; on l'emploie quelquefois dans les travaux des mines; ht silice pure est taillée pour faire des lustres et autres objets d'art. Cette substance est anhydre ou hydratée ; dans le premier cas, elle forme le quartz, l'agate, le silex, le jaspe, etc.; dans le second, l'opale, Vhyalithe, la résinite, etc. V., pour plus amples détails, les mots imprimés en italique dans cet article.
SILICE, ÉE adj. (si-li-sé ~- rad. silice). Miner. Qui contient de la silice, qui en a le caractère.
SILICEUX, BUSE adj. (si-li-seu, eu-ze — rad. silice). Miner. Qui est de la nature du silex : Roche siliceuse. Il On dit aussi silicique.
— Agric, Qui contient beaucoup de silice : J'erre siliceuse.
SILICICO, préfixe dont on se sert quelquefois pour désigner la présence de l'acide silicique dans un composé, mais qu'on abrège plus ordinairement en sir.ico : Sels silicico-aluminique , silicico-argentiquk , SILI-
CICO-CUIVRKUX, SIUCICO-MERCUKtëUX, etc.
S1LICICOLE adj. (si-li-si-ko-le — de silice, et du lat. colo, j'habite). Bot. Se dit des plantes qui croissent de préférence dans les terrains siliceux.
SILICIDES s. m. pi. (si-li-si-de — de silice, et du gr. eidos, aspect). Miner. Famille de corps qui comprend la silice et ses combinaisons.
SILICIÉ, ÉE adj. (si-li-si-é — rad. silice). Chim. Se dit d'une série de corps qui représentent des composés organiques dont le carbone est remplacé parle silicium : Hydrogène silicié. Chloroforme silicié. Bromof'orme silicié. lodoforme silicié. Il Souvent on désigne ces corps par le nom qui sert à désigner le composé carboné correspondant, en faisant précéder ce nom du préfixe sitico; ainsi, au
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lieu de chloroforme silicié, on dit silico- chloroforme.
— Encycl. V. silicium.
SIL1CIFÈRE adj. (si-li-si-fè-re — de silice, et du lat. fero, je porte). Miner. Qui contient de la silice.
SILICIFICATION s. f. (si-li-si-fi-ka-si-on — rad. silicifier). Miner. Fossilisation par la silice, incrustation siliceuse.
SILICIFIER v. a. ou tr. (si-li-si-fi-é — de silice, et du lat. facere, faire). Miner. Fossiliser par la silice.
SILICIQUE adj. (si-Ii-si-ke — rad. silicium). Chim. Se dit de certains composés qui contiennent du silicium, en général, mais plus particulièrement de l'anhydride et de l'acide silicique : Acide silicique. Eihers siliciques.
— Encycl. Le mot silicique s'applique à tous les composés de silicium. Ainsi 1 on dit chlorure silicique, azoture silicique, etc., niais nous n'étudions dan£ cet article que l'anhydride silicique (syn. oxyde de silicium, acide siuciquh anhydre) et l'acide silicique, ainsi que les dérivés de ces corps, les silicates.
— Anhydride et acide siliciques. La silice se rencontre abondamment pure ou presque pure dans le quartz, le flint, la calcédoine, la cornaline, le jaspe, l'opale, etc. Elle est cristallisée dans les différentes variétés du quartz et amorphe dans l'opale. C'est le principal élément de tous les sables ; elle entre largement dans la composition du feldspath et d'un grand nombre d'autres minéraux. On obtient artificiellement la silice :
1» En brûlant du silicium à l'air ou dans le gaz oxygène-,
2o Par l'action de l'eau sur le fluorure de silicium gazeux :
SiFM + 2H20 = sioî + 4HF1
Fluorure Eau. Anhydride Acide
de silicium. silicique. fluorhydri-
que.
La siiice se précipite dans ce cas sous la forme d'un hydrate gélatineux qui, desséché et calciné, laisse un résidu de silice anhydre pure, sous la forme d'une poudre blanche d'une ténuité extrême.
3« En décomposant les silicates alcalins. On peut obtenir de la silice pulvérulente trèspure en fondant du flint en poudre avec environ trois fois son poids de carbonate de potassium et en décomposant par l'acide chlorhydrique le produit de cette action préalablement dissous dans l'eau bouillante. On filtre, on lave et l'on dessèche. Une bonne méthode consiste à fondre au rouge un mélange à équivalents égaux de carbonate de potassium et de carbonate de sodium, à ajouter à la matière fondue du llint ou du quartz en poudre par petites quantités successives, en attendant pour faire une nouvelle addition que l'effervescence d'anhydride carbonique due à l'addition précédente ait cessé. Quand tout le quartz ou le flint est introduit, on chauffe fortement pendant quelques minutes, puis on laisse refroidir et l'on traite la masse refroidie par l'acide chlorhydrique, qui la décompose complètement. Lorsqu'on évapore le liquide, la siiice reste sous la forme d'un hydrate gélatineux qui, sous l'influence d'une chaleur prolongée, se convertit entièrement en une poudre terreuse blanche et facile à laver de silice anhydre. On fait digérer cette poussière avec de l'acide sulfurique concentré pour enlever les traces d'aejde titanique qui pourraient s'y trouver ; on la débarrasse de 1 acide sulfurique par décantation, on la lave de nouveau, on la dessèche et on la calcine.
On peut également avoir de la silice presque pure en chauffant le quartz ou le flint au rouge et le plongeant ensuite, rouge encore, dans l'eau. Il devient alors friable et peut être facilement réduit en poudre.
De toutes ces mé thodes, celle qui donne sans contredit [a silice la plus pure est celle qui consiste à décomposer le fluorure de silicium gazeux par l'eau.
— Propriétés. Les caractères physiques de la silice naturelle, soit cristalline, soit amorphe, ont été décrits aux mots opale et quartz (v. ces mots). La variété cristalline est plus dense que la variété opaque ; elle varie en effet entre 2,5 et 2,8, tandis que celle de la silice opaque varie entre 1,9 et 2,3. Le quartz est également très-dur et raye le verre. "L'opale présente une densité moindre. La silice, soit naturelle, soit artificielle, cristallisée ou amorphe, exige pour fondre une température très élevée. Dans la flamme du chalumeau oxyhydrique ou d'une lampe à alcool alimentée par de l'oxygène pur, elle fond en un verre transparent que l'on peut tirer en longs fils. Seule, elle ne se volatilise pas; mais on prétend qu'elle se volatilise sensiblement lorsqu'on la maintient à une très-haute température dans un courant de vapeur d'eau surchauffée ; on l'a rencontrée dans le gueulard des hauts fourneaux en concrétions nodulaires d'une structure fibreuse et rayonnée. Devant le chalumeau, la silice décompose le carbonate de sodium, avec effervescence, et fond en un verre parfaitement transparent, pourvu que la milice soit pure. Elle est tout à fait insoluble dans le eel microcosmique (phosphate aminoniaco-sodique). La silice est décomposée par le potassium au rouge, avec formation de siliciww et do silicate potassi-
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ques. Le carbone la décompose au rouge blanc .en présence du fer, du cuivre ou de l'argent en donnant naissance k de l'oxhydride carbonique et à du siliciure de ter, de cuivre ou d'argent. L'acide fluorhydrique l'attaque et la convertit en eau et en fluorure de silicium, qui s'échappe k l'état gazeux.
La siiice native, cristalline ou amorphe est insoluble dans l'eau et dans tous les acides, l'acide fluorhydrique excepté. Il en est de même de la silice artificielle en poudre fine, lorsqu'elle a été calcinée. Même à l'état gélatineux, telle qu'on l'obtient en précipitant un silicate alcalin par un acide, elle est presque insoluble dans les acides et dans 1 eau* Par contre, la silice hydratée et gélatineuse, qui résulte de la décomposition du fluorure de silicium par l'eau,- est soluble dans une très-grande quantité de ce liquide. Les alcalis dissolvent la silice avec facilité. La silice hydratée, fraîchement précipitée, se dissout dans la potasse ou la soude caustique aqueuse à la température ordinaire. La même siiice, préalablement calcinée, ne se dissout plus qu'avec lenteur dans les solutions alcalines à froid, mais s'y dissout complètement,; cette dissolution s'opère très- rapidement si l'oa porte le liquide a l'ébullition. Les différente* espèces d'opale, qui sont constituées, commo le produit précipité, par de la silice amorphe, se comportent de même avec les alcalis. L'hyalite toutefois est la variété qui se dissout avec le plus de lenteur dans les lessives alcalines. Le quartz, même en poussière ténue, est complètement insoluble dans une solution froide et se dissout lentement dans uno solution bouillante d'alcali caustique; mais cettedissolution a lieu facilement si l'on élèvo la température d'ébullitton du liquide en augmentant la pression sous laquelle il bout. Dans tous les cas, il se forme des silicates alcalins. La silice amorphe en poudre fine et la silice gélatineuse se dissolvent aussi légèrement dans les carbonates alcalins ; mais ces sels ne sont jamais que partiellement décomposés et, par le refroidissement, ils laissent déposer la silice sous la forme d'une gelée qui retient une très-petite quantité d'alcali. On attribue à la solubilité de la silice dans les alcalis ce fait que toutes les eaux de source et de rivière renferment de petites quantités de silice en solution. Lorsque l'action du liquide alcalin carbonate est aidée par une haute température, comme cela a lieu au grand Geyser, en Islande, de grandes quantités de silice' sont dissoutes, et, à mesure que le liquide se refroidît, de ta silice se dépose sur les parois du bassin sous la forme de pétrifications variées.
D'après Wittstein, l'ammoniaque dissout des quantités appréciables de silice amorphe, non-seulement à l'état gélatineux, mais aussi à l'état sec et calciné ; le quartz pulvérisé luimême est attaqué par ce réactif. Lorsqu'une solution claire d'eau de verre sursaturée par l'acide cidorhydrique est peu à peu additionnée d'ammoniaque, il se produit. un trouble floconneux, qui toutefois disparaît, soit k froid, soit à chaud, par l'addition d'une nouvelle quantité d'ammoniaque. Wittstein a déterminé la quantité des diverses variétés de silice qui se dissout dans 100 parties d'eau renfermant 10 pour 100 d'ammoniaque; cette quantité est, pour la silice cristallisée, 0,017 ; pour la silice amorphe calcinée, 0,38; pour la silice amorphe à l'état d'hydrate, 0,21 ; pour la silice amorphe en gelée, 0,7 1. La silice hydratée, que M. Wittstein distingue de • la silice en gelée, a été préparée par ce chimiste en décomposant un silicate par l'acide chlorhydrique, évaporant, lavant et desséchant; elle répondait à la formule 3310*411*0.
Les solutions préparées en abandonnant la silice en vase clos au contact de l'ammoniaque pendant plusieurs jours se clarifient quelquefois, mais lentement; celles que l'on prépare avec lu silice gélatineuse restent toujours opalescentes. Par une exposition prolongée à l'air , ces solutions perdent leur réaction alcaline et renferment alors 4i>.03 pour tAzH3. Cette solution neutre, bouillie et évaporée, ne donne aucun dépôt, même après l'élimination. des 19/20 de l'ammoniaque. Il reste alors dans la liqueur lAzH8 contre
80SiO*.
Ces proportions d'ammoniaque et d'anhydride silicique sont celles qu'on retrouve duits le produit sec de l'évaporation, lequel est presque insoluble dans leaui
Wittstein a également remarqué que la silice hydratée, au moment où elle se sépare, se dissout plus facilement dans l'eau régale (3 parties d'acide chlorhydrique de 1,13 de densité pour 1 partie d'acide, azotique- d'une deusité de 1,33) que dans l'acide chlorhydrique pur.
Une variété de silice amorphe de 2,6 de densité et différente de la variété ordinaire se forme, suivant Jeuzsch, lorsqu'on expose la calcédoine à l'air. G. von Rath a découvert dans le porphyre volcanique de Saint-Chiistobal, près de Paohuca, au Mexique, un nouveau minéral qu'il désigne sous le nom de tridymite et qui consiste en silice cristallisée de 2,3 de densité, tandis que la silice ordinaire cristallisée a un poids spécifique de 2,6 et que le poids spècitique 2,3 n'avait été observé jusqu à ce jour qu'aveu la silice amor. plie.
— ActéE silicique, La silice est précipitée des solutions des silicates alcalins par les aci ■
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des, sous la forme d'un hydrate gélatineux déjà, mentionné et presque insoluble dans les acides et dans l'eau. Si cependant on ajoute un grand excès d'acide chlorhydrique à la solution étendue d'un silicate alcalin, la totalité de la silice demeure en solution. On peut toutefois la précipiter en neutralisant l'excès d'acide par un alcali ou même en la sursaturant légèrement par l'ammoniaque.
En soumettant à la dialyse la solution chlorhydrique de silice préparée comme nous venons de le dire, Graham a obtenu une solution aqueuse pure d'acide silicique exempte de tout autre acide.
Cette solution renferme jusqu'à 5 pour 100 de silice, et, par l'ébullition dans une Mole, on peut la concentrer jusqu'à ce que la silice s'élève à 14 pour 100; mais, comme elle affecte l'état colloïdal, lorsqu'on cherche à l'évaporer dans un vase ouvert, elle se gélatinise d'abord sur les bords et finit par se solidifier entièrement. La solution est insipide, incolore, limpide, avec une faible réaction acide, un peu plus forte cependant que celle de l'anhydride carbonique. 100 parties de cette silice dissoute exigent 1,85 partie de potasse (K^O) pour neutraliser leur action sur le tournesol. On ne peut pas facilement conserver longtemps la solution, laquelle se prend en une gelée qui se contracte et perd son eau même en vase clos. L'acide chlorhydrique et les plus faibles quantités de potasse ou de soude retardent la coagulation. Les acides sulfurique et acétique sont sans influence pour déterminer ou empêcher cette coagulation, que quelques bulles d'acide carbonique suffisent à rendre instantanée. La même coagulation instantanée se produit lorsqu'on ajoute à la liqueur un millième de son |joids d'un carbonate alcalin ou terreux en solution ; mais elle ne se produit pas sous l'influence de l'ammoniaque caustique ni des sels ammoniacaux, qu'ils soient d ailleurs acides ou neutres. L alcool, le sucre, la gomme et le caramel sont sans action sur elle ; mais les solutions de gélatine, l'alumine soiuble, l'oxyde de fer soiuble y font naître immédiatement un précipité gélatineux. Lorsqu'on ajoute peu à peu une solution de silice colloïdale à une solution de gélatine prise en excès, ie précipité renferme 100 parties de silice et 93 parties de gélatine.
La solution de silice colloïdale, évaporée à 15°, 5 dans le vide, laisse un hydrate vitreux, transparent et d'un assez grand éclat, qui, après deux jours d'exposition dans le vide audessus de l'acide sulfurique, renferme 21,99 pour 100 d'eau, ce qui correspond à la formule H*0,Si02 = SiH^OS ou à un multiple de cette formule. Le premier anhydride H2Si03 a reçu le nom d'acide métasilicique et les sels correspondants celui de métusilicates. On trouve un hydrate très-blanc et très-léger de silice dans certaines couches situées & la base de la formation calcaire au-dessus du grès vert supérieur. La proportion de silice hydratée que ces dépôts renferment varie de 5 à 72 pour 100. Elle est surtout abondante dans la partie supérieure des dépôts. La silice gélatineuse obtenue par la décomposition du fluorure silicique par l'eau, lavée un grand nombre de fois, avec expression chaque fois, desséchée, pulvérisée, lavée de nouveau d'abord à l'eau ammoniacale, puis à l'eau pure, a retenu; après six semaines de dessiccation à l'air entre 20° et 25<>, de 13,1 à 13,5 pour 100 d'eau, ce qui correspond à la formule
(Si02)2H20.
La proportion d'eau a diminué par une exposition sur l'acide sulfurique, mais le produit ainsi desséché a recouvré à l'air libre l'eau perdue et a été ramené à la composition précédente. Après avoir été soumis pendant quelque temps à une température de 60°, ou après avoir été abandonné pendant longtemps sous une cloche au-dessus d'un vase rempli d'acide sulfurique, cet hydrate s'est transformé en un hydrate nouveau, renfermant de 8,68 à 9,21 pour 100 d'eau et répondant par suite à la formule (SiO^.HïO, qui en exige théoriquement 9,01. Entre 80" et 100», il s'est formé un hydrate très-instable, qui renfermait de 6,17 à 7,10 pour 100 d'eau et qui répondait à la formule (Si02)\H*0, le calcul, pour cette formule, exigeant 6,93. Enfin, après une dessiccation entre 250" et 270°, iis'estproduit un hydrate renfermant de 3,29 à 3,59 pour 100 d'eau et paraissant répondre à la tormule (Si0a)8,H*O. La silice récemment préparée retient de plus petites quantités d'eau aux diverses températures mentionnées plus haut et paraît subir par conséquent une altération graduelle. Ces divers hydrates , réunis au protohydrate obtenu par Graham, forment la série suivante :
SiOs,H20, (SiOî)SHîO, (Si02)3,H*0,(SiO2)*,H2O . . . (SiO*)8,H*0.
Ebelmen et Doveri ont en outre décrit deux hydrates répondant aux formules
(SiO*)2(H20)ï et (SiOSpiHSO)».
Mais Merly a été impuissant à les obtenir de nouveau. L'hydrate obtenu par l'action de l'air humide sur le tétrachlorure de silicium présecte, suivant Langlois, la formula (SiOS)9(H*0)*.
Les formules des hydrates précédents doivent être écrites SiHW, Si2H*05, SiSH^O?
Si*H«09, Si»Hîon. On parait avoir obtenu aussi les hydrates SiH*0*' auxquels corres-
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pondrait, par condensations'successives, la série Si2H«0"', Si3H80«>, Si*H«>Oi3 dont les hydrates de la première série ne seraient que les anhydres. On conçoit qu'à chacun de ces hydrates puissent correspondre plusieurs anhydrides successifs. Ainsi, à l'acide disilicique Si*HsOT correspondent un premier anhydride, l'hj'drate d'Ebelmen
Si*H*06( = (SiO!)SH2Q),
et un second anhydride, l'hydrate Si*H*Os décrit plus haut.
Les quelques hydrates connus de silice sont loin d'ailleurs d'être les seuls possibles; l'acide silicilique en effet, comme tous les acides polyatomiques, a la propriété de donner des acides condensés, résultant de l'union de 2, 3, 4, ... n molécules d'acide avec perte de 1, 2, 3, ... n — l molécules d'eau. C'est ainsi que se forment les acides di, tri et tétrasilicique. Ces acides peuvent encore perdre de 1 eau sans doubler leur molécule et produire ainsi une série d'anhydrides; les quelques formules suivantes suffcrontpour montrer le mécanisme si simple de ces déshydratations successives :
OH
|OH |OH , OH Acide silicique normal.
Si1'