HI
Acide
iodhydrique.
Anhydride silicique.
— lodoforme silicié. SiHI3. Ce corps se forme en très-petite quantité par l'action de l'acide iodhydrique sur le silicium. On l'obtient toutefois un peu plus abondamment lorsque l'acide iodhydrique eit mélangé avec un excès d'hydrogène. Le silicoiodol'orme se condense en gouttes mêlées d'iodure solide dont on le débarrasse, mais avec assez de difficulté, par distillation. C'est un liquide incolore, très-réfringent, de 3,362 de densité à 0° et de 3,314 à 200. II bout à 220" environ. L'eau le décompose de la même manière que le chloroforme silicié, c'est-à-dire avec production d'anhydride silicoformique.
— Hexaiodure silicique Si4!8. Lorsqu'on chauffe du tétraiodure de silicium à une température voisine de son point d'ébullition {2900-3000) avec de l'argent très-divisé, on obtient une masse blanche qu'on peut rendre tout à fait exempte de tétraiodure en la lavant d'abord à plusieurs reprises avec de petites quantités de sulfure de carbone et en la dissolvant ensuite dans ce liquide bouillant. Par le refroidissement, la liqueur abandonne de beaux prismes hexagonaux et de beaux rhomboèdres d'hexaiodure
Si" Si*I°= | .
Si" Ces rhomboèdres ont un axe simple de double réfraction ; ils répandent des fumées au contact de l'air et se transforment dans ces conditions en un corps blanc. Sous l'influence de la potasse, l'hexaiodure silicique donne de la silice, de l'acide iodhydrique et de l'hydrogène libre en quantités correspondantes à l'équation
SW6 + 4HX) = 2S102 + 6HI + H« Heiaio- Eau. Anhy- Acide Hydrodure sili- dride si- iodhy- gène cique. licique. drique. libre.
L'hexaiodure silicique ne peut point être distillé, même dans le vide. On peut, il est vrai, le sublimer en partie; mais la plus grande partie de ce corps se décompose avec régénération de tétraiodure et formation d'un
SILI
résidu rouge insoluble dans le sulfure de carbone, la benzine, le chloroforme et le tétrachlorure de silicium. Sous l'influence de l'eau, ce résidu se convertit en une substance blanche ou grisâtre, qui dégags de grandes quantités d'hydrogène lorsqu'on la traite par une lessive alcaline et dont la composition répond à peu près à la formule Sil9-
L'hexaiodure fond vers 250<> dans le vide, mais paraît alors se décomposer en partie. Soumis à l'action de l'eau glacée, ses cristaux se décomposent sans dégager d'hydrogène.
Ils se convertissent en une masse blanche qui, desséchée dans le vide d'abord, puis à 100°, présente la composition
SILI
SiSH*0»
s. [OH T O"
Sl OH
de l'acide silicooxalique ou acide oxalique dont les 2 atomes de carbone sont remplacés par 2 atomes de silicium. L'acide silicooxalique , soumis à l'action de la chaleurs se décompose avec incandescence en dégageant de l'hydrogène, et laisse un résidu de silice.
L'hexaiodure paraît se convertir par l'eau d'abord en un acide Si2(OH)8, lequel en perdant 2H20 donne de l'acide silicooxalique. L'acide silicooxalique est trop instable pour qu'il soit possible d'en préparer les sels ; il se décompose sous l'influence des bases même les plus faibles, en dégageant de l'hydrogène.
Chauffé avec du zinc-éthyle, l'hexaiodure de silicium se convertit en silicium hexéthyle Si2(C*HB)6t ou hydrure de disilicotétradékadéeyle SiSC'2H30. Nous décrirons ce corps plus loin en parhtnt des composés du silicium avec les radicaux alcooliques.
— Fluorure de silicium SiFl*. Le fluorure de silicium est un gaz qui prend naissance toutes les fois que l'acide fluorhydrique se trouve en contact avec la silice ou un silicate, tel que le verre, et qui se forme, par conséquent lorsqu'on chauffe un mélange de fluorure de calcium, d'acide sulfurique et de silice en poudre ou de verre pilé:
4HF1 + SiOS = 2H20 + SiFl* Acide Acide Eau. Fluorure
fluorhy- silicique. silicique.
drique.
Pour préparer ce corps, on réduit du spath fluor en poudre fine, on le mélange avec du sable ou avec du verre en poudre et on le chauffe doucement dans un ballon avec de l'acide sulfurique concentré. Le gaz doit être recueilli sur le mercure dans des cloches parfaitement sèches. Pour peu que la cloche soit humide, elle se recouvre d'une coucha de silice opaque qu'on ne peut plus enlever.
Le fluorure de silicium est un gaz incolore de 3,60 de densité et d'une odeur suffocante analogue a celle de l'acide chlorhydrique.
D'après Davy, il rougit le papier de tournesol ; même lorsqu'il est parfaitement sec, il se liquéfie sous do très-fortes pressions et se solidifie k — 140». Il n'est pas inflammable et il éteint les corps en combustion. Il fume fortement à l'air. L'eau en absorbe de grandes quantités en le décomposant; il se forme dans ce cas de la silice gélatineuse et un fluorure double de silicium et d'hydrogène
SiFl*,2HFi = SiH2F16, qui fonctionne comme un acide bibasique et qui a reçu le nom d'acide hydrofluosilicique ou d'acide silicofluorique. Lu décomposition est exprimée par l'équation suivaute :
SSiFl* + 4H*0 = SiO*H* + SiF16H2 Fluorure Eau. Silice gé- Acidehydrode si- latineuse. fiuosilicique. licium.
Les alcalis aqueux tantôt agissent à la manière de l'eau aur le fluorure de silicium, c'est-à-dire ae précipitent qu'un tiers de silicium à l'état de silice et forment un silicofluorure SiM'*Fl8 (c'est le cas avec la potasse), tantôt transforment intégralement le fluorure de silicium en silice et en fluorure métallique (c'est le cas avec la soude). Beaucoup d'oxydes métalliques anhydres absorbent le gaz fluorure silicique avec dégagement de chaleur et même production de flamme; il paraît se produire dans ces conditions un mélange de fluorure métallique et de silice. La chaux calcinée devient entièrement rouge par l'effet de la chaleur dégagée lorsqu'on la plonge dans ce gaz. Le palassium agit aussi a la température ordinaire sur le fluorure silicique, mais lentement. Lorsqu'il est fondu, il y noircit et y brûle avec une flamme rouge foncé, en donnant naissance à une substance solide d'un brun foncé qui est cassante. Le sodium agit de la même manière que le potassium.
Le fluorure de silicium se combine avec deux fois sort volume de gaz ammoniac, ea formant uu composé cristallin volatil SiFl*,2AjiH»,
que l'on décompose en silice, fluorure d'ammonium et silicotluorure de la même base
2(SiFl*,2AzH3) + 4H«0 Eau.
= 2AzH4,Fl + (AzH*)2SiF16 -f SiH*0* Fluorure Silicoduorure Silice gé-
ammonique. d'ammonium. latiueuse.
L'alcool absolu absorbe le gaz fluorure de silicium et donne naissance k un liquide qui a reçu les noms d'alcool silicofluorique ou fluo-
siliciqua (car le fluorure double de silicium et d'hydrogène porte encore le nom d'acide fiuosilicique). Ce liquide n'est, en réalité, qu'un mélange de silicate tétréthylique et d'acide silicofluorique. Il faut refroidir l'alcool pour obtenir cette solution saturée.
— Acide silicofluorique SiFl^H*. Nous venons de dire que cet acide se forme lorsqu'on décompose le gaz fluorure de silicium par l'eau. Pour le préparer, on place dans un ballon en verre un mélange de spath fluor de verre en poudre et d'acide sulfurique concentré, et l'on chauffe. A l'aide d'un tube recourbé, on conduit le gaz dans uu vase plein d'eau, en ayant soin de faire plonger le tube dans une couche de mercure qu'on met au fond du vase. Sans cette précaution, le gaz et l'eau 8e rencontrant à l'extrémité même du tube, celui-ci se boucherait par l'effet de la silice déposée. Lorsque le liquide est suffisamment concentré, on le comprime dans un linge, pour le séparer de la silice et on le filtre ensuite sur du papier. On peut encore obtenir l'acide fiuosilicique, et cette méthode est même plus "commode, en saturant l'acide fluorhydrique aqueux par de la silice.
Une solution saturée d'acide hydrofluosilicique forme un liquide fumant, très-acide, qui s'évapore lentement à 40° dans des vases de platine, sans laisser le moindre résidu. Il n'attaque les vases de verre que lorsqu'on l'y évapore. Dans ce cas, il se forme du fluorure silicique et de l'acide fluorhydrique qui attaque le verre et finit par s'évaporer à son tour sous la forme de fluorure de silicium. D'après Stolba, la densité de l'acide aqueux s'accroît régulièrement avec la concentration du liquide.
— Silicofluorures M'^SiFl» ou M"SiFR Ces sels se produisent : l° lorsqu'on dissout un oxyde, un hydrate ou un carbonate métallique (ou même, dans le cas du fer et du zinc, un simple métal) dans l'acide silicofluorique jusqu'à ce que le liquide soit presque saturé. Quand le composé n'est pas insoluble, on le sépare de sa solution en évaporant celle-ci dans une capsule de platine. S il se dépose de la silice gélatineuse, on la redissout en ajoutant un peu d'acide silicofluorique à la solution, et celte silice s'élimine pendant l'évaporation à l'état de fluorure silicique ; 2» par l'action du fluorure de silicium sur les oxydes métalliques secs ou dissous qui absorbent rapidement ce gaz. On peut encore employer des oxydes ou de3 carbonates simplement humectés d'eau. Une portion du silicium se sépare alors à l'état de silice,
La plupart des silicofluorures (hydrofluosilicates, fluosilicates) sont solubles dans l'eau. Seuls, ceux de potassium, de sodium, de césium, de rubidium, de lithium, de baryum, de calcium et d'yttrium y sont peu solubles. Leurs solutions donnent souvent des cristaux. Beaucoup de ces cristaux perdent une partie de leur eau à l'air ens'effleurissant et en perdent la totalité lorsqu'on les chauffe.
Les silicofluorures rougissent le tournesol et présentent presque tous une saveur à la fois acide et amère. Par la calcination, ils perdent la totalité du fluorure silicique dont ils renferment les éléments et laissent pour résidu un fluorure métallique pur. Lorsqu'ils sont hydratés, le fluorure de silicium qui se dégage est accompagné d'un sublimé Diane en forme de petites gouttes, qui laissent déposer de la silice lorsqu'on les abandonne à l'air humide.
Les silicofluorures, ou tout au moins beaucoup d'entre eux, se réduisent en silicium et en fluorure potassique lorsqu'on les calcine avec du potassium, tandis que le fluorure métallique, dont le sel primitif renfermait les éléments, reste inaltéré ou abandonne son fluor au potassium et laisse du métal réduit. Le fer, à la chaleur rouge, agit de la même manière que le potassium. Sous l'influence de l'acide sulfurique concentré , les silicofluorures donnent lieu d'abord à un-e effervescence de fluorure silicique; puis, à une température qui, dans le cas des sels de calcium et de baryum, dépasse 100°, il se dégage de l'acide fluorhydrique anhydre. Les acides chlorhydrique et azotique mettent en liberté une partie, mais une partie seulement, de l'acide hydrofluosilicique. Par l'action d'un excès d'alcali, les silicofluorures se décomposent : il se précipite de la silice et il reste en solution un fluorure métallique
2SiFl«KS + 4K.OH - SiO*H* + 6KF1 Bilicofluo- Potasse. Silice. Fluorure potas- rure da sique. silicium
— Silico fluorure d'ammonium (AzH*)2SiFl*. Ce sel prend naissance lorsqu'on neutralise l'acide silicofluorique par l'ammoniaque en évitant d'employer un excès de cette base. Far l'évaporation spontanée, le liquide filtré donne le sel en gros prismes transparents brillants., à quatre ou à six faces, qui renferment de l'eau de cristallisation.
— Silicofluorure de lithium Li^SiFl8. Il cristallise, de sa solution dans l'acide silicofluorique, en petits grains transparents qui, vus au microscope, présentent laspect de prismes à six faces. Sa saveur est amère et légèrement acide. Il fond à la chaleur rouge et retient très-fortement le fluorure silicique. L'eau pure le dissout fort peu. L'eau acidulée le dissout mieux.
SILI
— Silicofluorure de potassium K*SiPl*. On l'obtient sous la forme d'un précipité transparent et gélatineux en ajoutant de l'acide hydrofluosilicique à la solution aqueuse d'un sel de potassium quelconque. Sec, il forme une poussière terreuse. C'est un des sels potassiques les moins solubles. Aussi emploie-ton souvent l'acide silicofluorique pour préci piter le potassium de ces sels ; c'est ainsi qu'on décompose par cet acide le chlorate de potassium pour obtenir l'acide chlorique libre. Lorsqu'on abandonne le silicofluorure de potassium k lui-même pendant vingt-quatre heures, après l'avoir recueilli sur un filtre, il retient de 63 k 65 pour 100 d'eau. Il n'en renferme que 45 k 46 pour 100 quand il a été précipité k chaud. Le précipité gélatineux a un aspect cristallin lorsqu'on l'examine au microscope, surtout après l'avoir mouillé avec un peu d'alcool. 1 partie de ce sel exige pour se dissoudre 833 parties d'eau à lf°,5; 24 ,06$ parties d'une solution de sulfate potassique & 9,98 pour 100, k 17°; 125,000 parties d'une solution d'azotate potassique de 18,4 pour 100, ù 15°; 17,35 parties d'une solution de 88 pour 100 du même sel, à 100». Le sel ammoniac aqueux k 26,3 pour 100 en dissout plus que la solution a 5 pour 100 du Vnême sel. Les acides dissolvent le silicofluorure de potassium plus facilement que l'eau; mais ils le décomposent en même temps, en dégageant des vapeurs de Ûiiorure de silicium. L'acide chlorhydrique cependant le dissout sans donner naissance h des produits de décomposition appréciables et en proportion d'autant plus forte qu'il est plus concentré. Lorsqu'on calcine du silicofluorure potassique avec une ou deux fois son poids de sel ammoniac, il se dégage du silicofluorure ammonique, et il reste du chlorure de potassium pour résidu. Bouilli avec du carbonate de calcium ou de magnésium, en présence de l'eau, le silicofluorure potassique donne naissance a du fluorure de magnésium ou de calcium, sans que cependant cette décomposition soit jamais complète. Il est insoluble dans l'alcool. Sa densité est de 2,6649 à 2,6655 à 17°,5. Il fond au rouge sombre et bout à une température plus élevée, en dégageant lentement du fluorure de silicium gazeux. Chauffé avec du potassium, il donne du silicium et du fluorure potassique.
— Silicofluorure de césium Cs*SiF18. On prépare ce sel en précipitant le chlorure de césium par le silicofluorure de cuivre et en lavant le précipité sur un filtre jusqu'à ce que le chlorure cuivrique formé ait été complètement enlevé ainsi que l'excès de silicofluorure cuivrique. Le sel de césium forme des cristaux anhydres. Précipité par l'alcool, il n'est pas distinctement cristallin; mais, précipité d'une solution chaude, il se sépare en octaèdres brillants tronqués par les faces du cube. Lorsqu'on abandonne sa solution à l'évaporation spontanée, il cristallise en cubes dont les sommets sont tronqués. La densité de ce sel est égale à 3,3756 à 17». Il se dissout a cette température dans 166 fois son poids d'eau. L'eau chaude le dissout plus abondamment. L'alcool ne le dissout pas du tout. Calciné avec du sel ammoniac, il laisse du chlorure de césium pur. L'eau de chaux le décompose facilement et complètement.
— Silicofluorure de rubidium Rb*SiP16. Ce sel se précipite à chaud sous la forme d'une poussière distinctement cristalline qui, vue au microscope, parait formée par des cubes transparents modifiés par les facettes de l'octaèdre et du dodécaèdre. Quand le précipité se forme k froid, la forme cristalline est moins distincte. Sa densité égale 3,3383 à 20° par rapport à l'eau prise à la même température. Il se dissout dans 614 parties d'eau k 20° et dans 73,8 parties du même liquide k la température de l'ébullitiori. Les solutions aqueuses ont une saveur et une réaction acides. Sa solution aqueuse, saturée à 20°, présente une densité de 1,0013. Ce sel est plus soluble dans les acides que dans l'eau pure. L'alcool ne le dissout pas. Les alcalis réagissent sur lui comme sur les sels de potassium et de sodium.
— Silicofluorure de sodium Na*SiFl«. Ce sel s'obtient de la même manière que celui de potassium, auquel il ressemble beaucoup.
Suivant Stolba, sa densité est de 2,7547 k 170,5. Il se dissout à cette température dans 153,3 parties d'eau. L'eau bouillante en dissout davantage I- — — de son poids). Il a
une grande tendance k former des solutions sursaturées et peut être employé comme réactif des sels de potassium quand les solutions de ces derniers ne sont pas par trop étendues. Les solutions des silicofluorures de potassium et ris sodium, évaporées lentement, laissent déposer ces sels en croûtes annulaires sur les parois du vase. Le sel sodique est insoluble dans l'alcool, que celui-ci soit étendu ou concentré,
— Silicofluorure de baryum Ba"SiFl*. Ce sel se dépose sous la forme de cristaux microscopiques insolubles dans un excès d'acide, lorsqu'on ajoute de l'acide fluosilicique à la solution aqueuse d'un sel solubie de baryum. Il 'se décompose par la calcination en dégageant du fluorure de silicium gazeux et en laissant un résidu de fluorure barytique. D'après Frésénius, il se dissout dans s,802 fois son poids d eau pure et dans
SILI
733 parties d'eau acidulée par de l'acide chlorhydrique,
— Silicofluorure de strontium Sf'SiFR II se sépare d'une solution de carbonate de strontium dans l'acide hydrofluosilicique, par l'évaporation ou le refroidissement, en prismes rhombiques hydratés, courts, avec des sommets dièdres. Ce sel est beaucoup plus soluble que celui de baryum; aussi peut-on employer l'acide hydrofluosilicique pour distinguer le baryum du strontium.
— Silicofluorure de calcium Ca"SiFr*. Ce sel cristallise en prismes tronqués obliques k quatre faces. L'eau le décompose en un résidu insoluble de silice et de fluorure de calcium d'une part et en acide hydrofluosilicique de l'autre. Cet acide hydrofluosilicique dissout une autre partie du sel qui reste ainsi indécomposée.
— Silicofluorure de glucinium. Il est trèssoluble dans l'eau. Si sa dissolution renferme un excès d'acide, il reste, après évaporation, en masses blanches et dures qui ont l'aspect de la porcelaine.
— Silicofluorure de magnésium Mg"SiFl8.
C'est une masse gommeuse, jaunâtre, transparente, facilement suluble dans l'eau.
— Silicofluorure d'ytlrium. Il est insoiuble dans l'eau pure ; mais l'eau qui renferme de l'acide chlorhydrique le dissout et l'aban-
] donne par l'évaporation inaltéré, suivant Berzélius, décomposé d'après Popp.
— Silicofluorure de zircouium. Il forme des cristaux d'un blanc de perle, très-solubles dans l'eau. La solution se trouble par l'ébullition; mais la plus grande partie du sel reste dissoute.
— Silicofluorure d'antimoine. Une solution d'oxyde antimonieux dans l'acide silicofluorique cristallise, par l'évaporation lente, en prismes qui tombent en poussière sous l'influence d une température de 100°, et qui se dissolvent dans un excès d'acide.
— Silicofluorure de cadmium. Il forme de longs prismes transparents et efflorescents, qui sont très-solubles dans l'eau.
— Silicofluorure chromigue. Une solution d'hydrate chrornique dans l'acide fluosilicique donne, lorsqu'on l'évaporé, une masse déliquescente, transparente et amorrhe qui, lorsqu'elle renferme un excès d'acide, se boursoufle au feu comme l'alun, et se redissout à l'air en attirant l'humidité atmosphérique.
— Silicofluorure cobalteux
Co"SiFls + 7H*0.
Il forme des rhomboèdres d'un rouge pale, facilement solubles dans l'eau.
— Silicofluorures de cuivre. Sel cuivreux
Cu'3SiFl«.
11 a une couleur cuivreuse et ressemble au protofluorure de cuivre. Il se comporte comme ce dernier quand on l'expose à l'air. Chauffé un peu fortement, il fond et dégage des vapeurs de fluorure de silicium avec effervescence.
Le sel cuivrique Cu"SiFl° a été préparé par Stolba en dissolvant du carbonate cuivrique dans de l'acide silicofluorique étendu ou en faisant bouillir du silicofluorure de baryum avec la solution d'une quantité équivalente de sulfate cuivrique ; vers la lin de l'opération, on ajoute une petite quantité du sel barytique pour faire entièrement disparaître la réaction de l'acide sulfurique. La dissolution doit être évaporée dans le vide entre 10° et 22°. Les cristaux obtenus appartiennent au système hexagonal et renferment (Cu"SiF16)« + 13HÎO.
Leur poids spécifique égale 2,1576 à 19<>, par rapport à l'eau considérée k la même température. Ils sont déliquescents à l'air humide et efflorescents à 1 air sec. Ils se décomposent à 100° en dégageant du fluorure de silicium. Ils sont très-solubles dans l'eau, dont une partie en dissout 2,336 parties k la température de 17°, en donnant une solution de 1,6241 de densité. 1 partie de ce sel est soluble dans 17,7 parties d'alcool à 62 pour 100, dans 150 parties d'alcool k 85 pour 100 et dans 617 parties seulement d'alcool à 92 pour 100. Il se sépare de sa solution dans l'alcool faible lorsqu'on la chauffe, ou lorsqu'on y ajoute uix excès de sel, ou lorsqu'on l'additionne d'alcool fort sous la forme d'un liquide bleu qui n'est pas nuisible au reste de la liqueur et qui est formé de silicofluorure cuivrique, d'eau et d'alcool en variables proportions. Une addition plus considérable d alcool concentré précipite une poudre d'un bleu tendre, renfermant moins d eau que le sel primitif (d'après une seule détermination
(Cu"SiF16JS + H*0).
Par suite de sa grande solubilité dans l'eau et de sa solubilité assez grande dans l'alcool faible, par suite aussi de la propriété qu'il a de ne pas corroder le verre lorsqu'il est en solution aqueuse, le silicofluorure cuivrique peut être utilement employé comme réactif pour précipiter les alcalis de celles de leurs solutions qui ne renferment pas d'acide sulfurique.
— Silicofluorures de fer. Le sel ferreux
Fe",SiF16 s'obtient, par l'évaporation spontanée de la liqueur qui résulte de la dissolution du fer
SILI
dans l'acide hydrofluosilicique, en prismes à six faces d'un vert bleuâtre, qui sont trèssolubles dans l'eau.
Le sel ferrique Fevi2{SiF16)S reste sous la forme d'une gelée jaunâtre lorsqu'on évapore une solution d'hydrate ferrique dans l'acide hydrofluosilicique. Cette gelée se dessèche en une masse gommeuse, transparente, complètement soluble dans l'eau.
— Silicofluorure manganeux
Mn"SiFl8 ,7HX>.
Ce sel cristallise de ses solutions très-concentrées en longs prismes réguliers à six pans ; ses solutions étendues ^abandonnent en prismes plus courts et en rhomboèdres quand on les soumet à une évaporation lente. Il a une teinte d'un rouge très-pâle et il se dissout facilement dans l'eau. Calciné , il donne de l'eau d'abord, puis du gaz fluorure de silicium.
— Silicofluorures de mercure. Le sel mercureux Hg'^SiKlB prend naissance par la digestion de l'oxyde mercureux récemment
Frécipité avec l'acide hydrofluosilicique. Par évaporation, il se sépare en petits cristaux peu solubles dans l'eau. Le sel mercurique, Hg"SiFlB, obtenu par la dissolution de l'oxyde mercurique dans l'acide hydrofluosilicique , forme de petites aiguilles" d'un jaune pâle, qui, soumises k l'action de la chaleur, donnent d'abord du fluorure de silicium gazeux, puis du fluorure mercurique. Ce sel se dissout complètement dans 1 eau acidulée, mais l'eau pure te décompose en donnant une solution acide et un précipité formé par un sel basique.
— Silicofluorures de molybdène. Une solution d'hydrate molybdeux dans uu excès d'acide silicofluorique se dessèche par la chaleur en une matière neutre, noire, que l'acide aqueux redissout. Une solution d'hydrate molybdique dans le même acide prend une teinte bleue lorsqu'on l'abandonne a l'évaporation et laisse ensuite une masse noire, incristallisable, d'où l'eau dissout le sel bleu, en laissant le sel neutre sous la formo d'une
fioudre noir de jais. La solution jaunâtre de 'acide molybdique dans l'acide silicofluorique laisse, quand on l'évaporé, une substance opaque jaune citron, qui se redissout presque intégralement dans l'eau.
— Silicofluorure platinigue. La solution jaune de l'hydrate platinique dans l'acide silicofluorique se dessèche en une gomme d'un brun jaunâtre qui se redissout en partie dans l'eau en laissant un sel basique brun pour résidu.
— Silicofluorure de plomb SiFl6,Pb". C'est une substance gommeuse, translucide, complètement soluble dans l'eau, et dont la saveur est semblable k celle des autres sels de plomb.
— Silicofluorure d'argent Ag2SiFl6. Une solution d'oxyde d'argent dans fauide silicofluorique donne des cristaux grenus déliquescents. L'ammoniaque précipite de cette solution un sel jaune basique qui, traité par un excès d'ammoniaque, se convertit en silicate d'argent.
— Silicofluorure stannique SnIT(SiF|6)î. Il cristallise sous la forme de longs prismes, qui sont très-solubles dans l'eau.
— Silicofluorure uraneux. On l'obtient sous la forme d'un précipité gélatineux d'un vert pâle lorsqu'on ajoute de l'acide silicofluorique a du chlorure uraneux. Chauffé dans un tube, ii donne de l'eau, de l'acide fluorique et de la Bilice sublimée.
— Silicofluorures de vanadium. La solution bleue du dioxyde de vanadium dans l'acide silicofluorique laisse, par une évaporation rapide, udb substance bleue qui, k une chaleur modérée, se boursoufle en une masse poreuse d'un bleu pâle. Si l'on abandonne la solution k l'évaporation spontanée, elle verdit et laisse un liquide sirupeux qui renferme des cristaux. Le trioxyile de vanadium forme avec l'acide silicofluorique une solution rouge qui laisse, par l'évaporation, une masse d'un jaune orangé, en partie seulement soluble daus l'eau.
— Silicofluorure de zinc. Une solution d'oxyde de zinc dans l'acide silicofluorique donne, par l'évaporation k une température élevée, des prismes incolores transparents, à trois ou k six faces, permanents à l'air, trèssolubles dans l'eau et répondant k la formule
Zn"SiF16.
— Hydrogènes silicié SiH*. Ce gaa, connu depuis longtemps k l'état de mélange avec l'hydrogène, et qu'on obtenait alors par l'action de l'acide chlorhydrique sur le siliciure de magnésium ou par la décomposition du chlorure de sodium au moyeu d'une pile dont l'électrode positif était formé d'aluminium chargé de silicium, a été préparé pur par iMM. Friedel et Ladenburg, par la décomposition du silicoformiate triéthylique (piodn.t de l'alcool sur le chloroforme silicié) au moyen du sodium
4SiH(CSHSO)3 = SiH* + 3Si(OC«j* Silicot'ormiate Hydrogène Silicate
triéthylique. silicié. tétréthylique.
L'hydrogène silicié ainsi préparé est un gaz incolore, qui ne s'enflamme pas à la température et à la pression ordinaires do l'atmosphère, mais qui s'enflamme lorsqu'on le chauffe légèrement sous des pressions rédui-
SILI
tes ou apiès l'avoir mélangé d'hydrogène. Si l'on approche des bulles de gaz qui se dégagent k la surface d'une cuve k mercure une laine de couteau chaude, cl/aque bulle s'enflamme avec détonation et la surface du mercure s'échauffe assez pour enflammer d'ellemême les bulles qui se dégagent ensuite. Dans un eudiomètre, le gaz prend également feu par l'introduction de l'air, si la colonne mercurielle présente une hauteur de 0m,lo à Qm, 15. L'hydrogène silicié pur, décomposé par la potasse, donne 4 volumes d'hydrogène, suivant l'équation
SiH* + 21ŒO + H«0 Hydrogène Potasse. Eau.
silicié.
SiOSK.» + 4H*.
Silicate de Hydro-
potasse, gène.
L'hydrogène silicié impur préparé par le siliciure de magnésium est décomposé par le brome avec formation d'un composé liquide et d'un composé solide. Le premier cristallise en aiguilles. Le second est-il du bromure silicique SiBr* 1 Avec l'iode, il se forme de ]'iodure de potassium et de l'iodoforme silicié. Les chlorures de soufre, d'antimoine et d'étain décomposent également ce gaz.
L'hydrogène silicié est insoluble dans l'eau pure privée d'air et dans l'eau salée; mais l'eau aérée le décompose avec formation de nuages blancs de silice. Lorsque les bulles de ce gaz s'enflamment au contact de l'air, ce qui arrive, nous l'avons vu, lorsque ce gaz est mêlé d'hydrogène ou qu'il se dégage à travers du mercure chaud, il se forme de la silice qui s'élève en magnifiques couronnes. Lorsque, au contraire, on enflamme ce gaz k la sortie du tube de dégagement, il brûle avec une flamme brillante. Lorsqu'on ouvre à l'air en la soulevant subitement, une cloche remplie d'hydrogène silicié mêlé d'hydrogène, le gaz s'enflamme, la flamme monte dans la cloche et la surface intérieure de celle-ci se recouvre d'une couche de silicium brun. '
Chauffé sans le contact de l'air, l'hydrogène silicié se décompose en silicium et en hydrogène. Une pièce de porcelaine froide introduite dans la partie obscure de sa flamme se recouvre d'une couche brune de silicium, absolument comme c'est le cas avec l'arsenic dans la combustion de l'hydrogène arsénié.
L'acide chlorhydrique et l'acide sulfurique sont sans action sur l'hydrogène silicié.
Ce gaz, dirigé à travers une solution de sulfate cuivrique, en précipite du siliciure de cuivre. Il précipite également l'argent de ses sels, k l'état de siliciure ; avec le chlorure de palladium, il donne un précipité de métal exempt de silicium. Il ne précipite ni l'acétate de plomb ni le chlorure de platine.
— Mercaptan chlorosiliciés SiCl3,SH. Ce composé, analogue au mereaptan méthylique, dont il diffère, par ta substitution du silicium au carbone et de 3CI à 3H, se produit lorsqu'on fait passer un mélange d'acide suifhydrique et de chlorure de silicium en vapeurs k travers un tube chauffé au rouge
SiCl* -J- H*S
Chlorure silicique. Acide sulfhydrique.
HC1 + SiCl»,HS
Acide chlor- Mereaptan
hydrique. chlorostlicié'.
C'est un liquide incolore, bouillant k 196°, d'une odeur qui rappelle k la fois l'acide sulfhydrique et le chlorure de silicium, décomposable k l'air humide avec mise en liberté de soufre et formation d'acide silicique et d'acide chlorhydrique. L'alcool absolu le convertit en éther silicique normal Si(0C»H8J4.
Probablement il se forme un produit intermédiaire Si(OC*H»ja,HS. Le brome sec décompose le mereaptan chlorosilicié, avec dégagement d'acide cromhydrique et formation de chlorobromure silicique SiCJ*J3r
2SiC13,SH + 3Br»
Mereaptan chlorosilicié. Brome.
= BrïS* + 2HBr + 2SiC13Br Bromure Acide brom- Chlorobromure
de soufre. hydrique. de silicium.
Le chlorobromure, séparé du bromure de soufre par distillation, est un liquide incolore qui fume à l'air, bout k 80° et possède une densité de vapeur de 7,25(le calcul exige 7,24): L'eau le résout en silice, acide chlorhydrique et acide bromhydrique.
On obtient encore le chlorobromure de «7icium en chauffant à 100°, pendant quelque temps, un mélange de chloroforme silicié et de brome et en soumettant le produit à la distillation fractionnée.
— Chlorobromurh des silicium SiCi3Br.
C'est le corps qui vient d'être décrit.
— Combinaison du silicium avec les radicaux monoatomiques composés. On connaît les siliciures d'éthyle et de méthyle. Ces siliciures appartiennent aux deux types SiX* et SiâX*, correspondant aux deux chlorures de silicium Si* et Si2Cl«.
Le silicium- tétréthyle a été obtenu par MM. Friedel et Crafts, en chauffant pendant trois heures, k 160", dans des tubes scellés à la lampe, un mélange de chlorure de silicium et de zinc-éthyle, fait dans les proportions de 2 molécules du second de ces corps pour 1 molécule du premier.
SILI
Lorsqu'on ouvre tes tubes, il s'échappe des gaz qu'on laisse perdre. On distille ensuite. Le produit qui passe au-dessous de 180° renferme du silicium-éthyle mêlé de chlorure de silicium inaltéré. On le met de côté pour être ultérieurement chauffé avec du zinc-éthyle quand on fera une nouvelle opération.
Ce qui reste dans l'appareil distillatoire, lorsque la température a atteint 1301», est lavé a l'eau d'abord, à l'eau alcaline ensuite, afin de décomposer les dernières traces de chlorure silicique. On le distille enfin avec de l'eau et on le sépare, par décantation, de l'eau qui a distillé en même temps que lui.
Le silicium-éthyle ainsi obtenu renferme encore quelques traces d'un produit oxygéné qu'on lui enlève en l'agitant à plusieurs reprises avec de l'acide sulfurique concentré, dans lequel il ne se dissout pas, tandis que cette impureté s'y dissout. En dernier lieu, on lave à. l'eau le produit insoluble dans l'acide sulfurique, on le dessèche sur du chlorure de calcium et on le distille. Il est alors parfaitement pur.
Le silicium-éthyle Si,T(C2H5)* bout à 153<>; sa densité de vapeur a été trouvée égale à 5,13 (théorie, 4,99). Il est insoluble dans l'eau, les solutions alcalines, l'acide sulfurique concentré et les acides en général. L'acide azotique ne l'attaque pas; il est plus léger que l'eau et brûle avec une flamme trèséclairante, en répandant des fumées blanches de silice. Soumis k l'action du chlore, le silicium-éthyle échange un atome d'hydrogène contre ce métalloïde et donne un composé SiC8H9,Cl, qui représente le chlorure de nonyle C»HU,U1, dans lequel un atonie de silicium tient la place d'un atome de carbone, le chlorure de silico-nonyle :
Si(C2HBJ* Silicium-éthyle.
CJ{ Cl{
Acide chlorhydrique.
Chlore.
SiCSHWCl
Chlorure de siliconoayle.
En traitant ce chlorure par l'acétate de potassium en dissolution dans l'alcool , MM. Friedel et Orafts sont parvenus à y remplacer le chlore par l'oxacétyle, et ont obtenu un éther acétique, lequel, saponifié au moyen d'une solution alcoolique de potasse, a fourni l'alcool silicononylique
SiC8fl»9,OH :
SiC8Hi9Cl + CWO.OK
Chlorure «le silicononyle.
Chlorure potassique.
SiC8|I19,OCîH30 Acétate (le eilicononyle.
= C2H30,OK + Acétate potassique.
Acétate potassique.
SiC8H19,OCSHSO Acétate de eilicononyle.
+ K,OH Hydrate potassique.
SiC8Hl9,OH Alcool silicononylique.
Le silicium-hexéthyle Si2(C2H5)8 se produit lorsqu'on chauffe modérément et par petites portions de l'hexaiodure disilicique Siâl« avec du zinc-éthyle. Il se sépare une musse blanche. On en sépare le liquide, on le distille, on lave le produit de la distillation avec de l'eau d'abord, puis, k plusieurs reprises, avec de l'acide sulfurique concentré, après quoi on le lave de nouveau à l'eau. Enfin, on le dessèche et on le soumet k la distillation fractionnée. Il passe du silicium- tétréthy le entre 150° et 154°; puis le thermomètre monte à 250°, et, entre 250» et 2530, il passe un liquide qui n'est autre que du siliciumhexéthyle. Ce liquide, comme le silicium-tétréthyle, a une odeur faible et brûle avec une flamme lumineuse, en déposant de la silice. La densité de vapeur observée de ce corps est égale k 8,50 ; le calcul exigerait 7,96. La légère différence entre les nombres donnés par l'observation et le nombre calculé tient k une décomposition partielle. En effet , vers 300°, il se forme un corps soluble dans l'acide sulfurique, qui, suivant toutes les probabilités, n est autre que' l'oxyde
Si2(CSH»JSO.
Dans le silicium-hexëlhyle, comme dans l'hexaiodure disilicique, les deux atomes de silicium tétravalent sont unis en un groupe hexavalent Si2, absolument comme les deux atomes de carbone dans la série ôtbylique.
Le silicium-méthyle
Si(CH3)*=SiC*Hia
a été préparé par MM. Friedel et Crafts par la même méthode que le silicium-tétréthyle, c'est-à-dire k 200°, dans des tubes fermés de zuie-méthyle avec du chlorure de silicium. Le contenu des tubes a été distillé et le produit condensé dans un mélange de glace et de sel marin, lavé avec une solution aqueuse de potasse, pour décomposer le chlorure silicique ou le zine-méthyle inattaqué. Finalement, le silicium-méthyle a été soumis k la. distillation.
C'est un liquide volatil entre 30° et 31°, et qui brûle avec une flamme éclairante, en répandant des fumées de silice. Sa densité de vapeur, déterminée par l'expérience, est 3,058 ; la théorie exigerait 3,045.
— Composés intermédiaires entre les éthers siliciques et les composes kthyli-
SILI
QUES ET MÉTHYXIQUES DU SILICIUM. Lorsque,
dans le silicium-tëtréthyle, on remplace les 4 atomes d'éthyle par 4 oxéthyles
on obtient de l'éther silicique normal (v. silicates) ; mais on peut aussi ne remplacer qu'une portion de 1 éthyle par de l'oxéthyle et l'on a alors des composés mixtes entre le silicium-tétréthyle et l'éther silicique normal. Tel est le composé
Si(CSHB)"'jns o:!CSH5
03 = Si
i(OC2H»)3,
que l'on peut considérer, d'après la première de ces formules, comme du propionate triéthylique dans lequel 1 atome de carbone est remplacé par du silicium, et que, par ce motif/, on appelle silicopropionate triéthylique ou éther silicopropionique tribasique. En outre, on comprend que l'éthyle du silicopropionate triéthylique puisse être remplacé par du chlore ou par de l'hydrogène. Dans le premier cas , on a le chlorosilieoformiate triéthylique SiCl(0C*H5)3 et dans l'autre on a le composé hydrogéné correspondant SiH(OCSH5)S,
qui n'est autre que le silicoformiate triéthylique, analogue au corps de Kay, que nous avons mentionné «n nous occupant du silicochloroforme, d'où il dérive directement.
Nous passerons ici ces trois composés en revue, en commençant par les plus simples.
— Silicoformiate triéthylique
(SiH)"' (0C2H5)3.
Nous avons déjà vu que ce corps, analogue au formiate tribasique de Kay ec de Williamson, se produit lorsqu'on verse goutte à goutte de l'alcool dans du chloroforme silicié, renfermé dans un flacon à long col (v. plus haut). On chauffe doucement le liquide pour achever la réaction et l'on distille. Le silicoformiate triéthylique passe k la distillation sous la forme d'un liquide incolore, trèsavide d'eau, volatil k 134° et d'une odeur qui rappelle le silicate tétréthylique. Sa vapeur forme avec l'air un mélange détonant. L'eau ne l'attaque que lentement. La potasse et l'ammoniaque l'attaquent rapidement en dégageant de l'hydrogène. Au contact du sodium, il se résout en silicate tétréthylique et hydrogène silicié. Nous avons vu que c est la la seule méthode qui permette de préparer l'hydrogène silicié pur, et nous avons donné, eu nous occupant de cette préparation, l'équation de ce dédoublement. Jusqu'ici, on ne s'explique pas l'action du sodium. On a seulement constaté que le noir de platine n'exerce pas la même action.
— Silicoc.hloroformiate triéthylique ou monochlorhydrine éthyl- silicique SiCl (OC*H*)3. Ce corps, découvert par Friedel et Crafts et étudié plus tard par Friedel et Ladenburg, est le premier terme d'une série de composes qui dérivent de l'éther silicique normal par la substitution de 1, 2, 3 atomes de chlore à 1, 2, 3 groupes oxéthyle, et dont le dernier terme, résultant du remplacement de 40C2H& par 4C1, est le chlorure de silicium. Aussi, et bien qu'on puisse le dériver du silicoformiate triéthylique par la substitution de Cl k H, nous préférons, pour ne pas le séparer de ses congénères, renvoyer &on étude au mot silicates (v. ce mot), où nous traitons des éthers siliciques en général.
— Silicopropionate triéthylique ou éther silicopropionique tribasique SiC2H5(OC2Hs)3. Ce corps se produit lorsqu'on mélange 1 molécule de zine-éthyle avec 2 molécules de silicochloroformiate d'éthyle , qu'on ajoute quelques morceaux de sodium au mélange et qu'on chauffe doucement. L'action commence aussitôt et devient très-violente, si l'on ne prend soin de la modérer, k cause de la quantité considérable de gaz qui se dégage. Ce gaz consiste principalement en chlorure d'éthyle, suivi par de l'hydrure d'éthyle et de l'hydrure de butyle. Le sodium se recouvre en même temps d'une couche de zinc en poudre et disparaît peu k peu. Quand le dégagement gazeux a cessé, on distille le mélange et l'on fractionne k plusieurs reprises le produit. On obtient ainsi, comme produit principal de la réaction, de l'éther propionique tribasique, bouillant entre 159° et 16ïu. La densité de cet éther à 0° est égale k 0,9207 ; sa densité de vupeur égale 6,92 (le calcul exigerait 6,65). On peut le considérer comme du silicoformiate triéthylique dans lequel l'hydrogène directement uni au silicium serait remplacé par de l'éthyle. Ou peut le considérer aussi comme une triéthyline de la glycérine
Si(J2H5(OH)3, laquelle dériverait de la glycérine ordinaire
C3H5(OH)3 par la substitution d'un atome de silicium à un atome de carbone. C'est un liquide éthérè d'une odeur agréable, qui rappelle celle du silicate tétréthylique ; il est insoluble dans l'eau; il se mêle en toutes proportions avec l'alcool et avec l'éther. L'humidité le résout peu k peu en alcool et en produits d'un point d'ébullilion plus élevé, produits identiques peut-être aux polysilieates qui se forment aux dépens de l'éther silicique normal. L'ammoniaque ne le décompose pas complètement.
Comme l'éther silicique normal, il est trèsstable et n'est point oxydé par l'acide azotique, à moins qu'où ne le chauffe avec cet acide au-
SILI
dessus de 200°. L'acide sulfurique concentré le décompose instantanément. Chauffé avec une lessive de potasse très-concentrée, il se décompose très- rapidement avec formation de deux couches de liquide, qui l'une et l'autre sont solubles dans l'eau avec séparation de gouttes oléagineuses. Si l'on ajoute de l'acide chlorhydrique ou mieux du sel ammoniac à ia liqueur, il se forme un abondant précipité floconneux qui ressemble à la silice. Desséché sur l'acide sulfurique, ce précipité forme une t>oudre blanche qui noircit et brûle lorsqu'on la chauffe sur une lame de platine. Il est soluble dans la potasse, d'où l'acide chlorhydrique le reprécipite. Ses solutions, légèrement alcalines, donnent, avec l'azotate d'argent, un précipité blanc ou jaunâtre qui renferme les éléments de l'oxyde d'argent et de l'acide silicopropionique C2H<*,Si02H. Le silicopropionate triéthylique subit donc, sous l'influence de la potasse, une véritable saponification exprimée par l'équation suivante :
SiC*H5(0C2H5)3 -f 2H20 Silicopropionate Eau.
triéthylique.
= 3CÎH3.0H -f- C2HS,Si02H Alcool. Acide silico-
propionique.
Cette décomposition est analogue k celle de l'éther formique tribasique, laquelle est exprimée par l'équation :
SILI
CH(OC2HS)3 Ether formique tribasique.
= 3CÎH6.0H Alcool.
2H20 Eau.
Acide formique.
L'acide silicopropionique représente exactementl'acide propionique C2H5,C02H, k cela près que le groupe carboxyle CO*H y est remplacé par le groupe silieoxyle Si02H.
Lorsqu'on traite le silicoformiate triéthylique par le sodium en présence de l molécule, au lieu de 1/2 molécule, de zinc-éthyle, la réaction se passe de la manière décrite plus haut. Seulement, le produit bout k une température plus basse et renferme une plus grande quantité de carbone. Le corps ainsi obtenu bout entre 155° et 156° ; il répond à la
formule Si{C*H5)S(0C*H5)ï et parait résulter de la réduction de l'éther tribasique au moment même de sa formation. Le mètre composé pourrait prendre naissance par 'action du zinc-éthyle et du sodium sur l'éiAer dichlorosilicique.
— Chimie organique du silicium. La chimie organique n'est pas autre chose que la série des composés du carbone. Le carbone étant un élément tétratomique et la constitution des composés, qui forment la série d'un corps simple, résultant de l'atomicité de ce corps simple, il est naturel que le silicium, tétratomique comme le carbone, puisse donner naissance k une série de composés analogues, parallèles à ceux du carbone. Il est même naturel que le silicium puisse se substituer partiellement au carbone et former des corps mixtes k la fois carbonés et siliciésj L'existence de ces divers corps n'est plus une hypothèse aujourd'hui, grâce aux admirables travaux de MM. Friedel et Crafts, Friedel et Ladenburg, que nous avons exposés en détail et qu'il importe ici de synthétiser.
Le carbone tétratomique peut s'unira 4 atomes d'un métalloïde tétratomique quelconque et former l'hydrogène protocarboné CH*, le tétrachlorure, le tétrabromure et le tétraiodure de carbone CCl*,CBr*Cl*.
Dans l'hydrogène protocarboné, plusieurs substitutions sont possibles. On peut, par exemple, remplacer H* par 0,OH, ou remplacer H3 par 3 groupes oxéthyle (00*115) ; dans te premiercas,on obtient l'acide formique CHO.OH; dans le second cas, on obtient le formiate triéthylique CH{OC2H5)3. Enfin, bien que ce corps n'ait pas encore été obtenu jusqu'ici, on conçoit, par analogie avec ce qui se passe dans les séries plus élevées l'existence d'un anhydride formique
(CHO)îO = 2[CHO,OH] — H*0.
Ces divers corps constituent ce qu'on appelle la série méthylique. Tous, à une seule exception près, ont leur analogue dans les composés siliciques, comme cela résulte du tableau ci-dessous. Il en est de même du chloroforme, du bromoforme et de l'iodoforme, qui dérivent du gaz des marais par substitution de Cl», Br3 et I» k H3.
Gaz des marais CH* — Hydrogène silicié SiH*,
Tétrachlorure de carbone . . . CCI4 — Tétrachlorure de silicium. . . SiCl*,
Tétrabromure de carbone . . . CBr* — Tétrabromure de silicium. . . SiBr*.
Tétraiodure de carbone .... CI*, .... — Tétraiodure de silicium. . . . Sil*,
Chloroforme CHC13,
Bromoforme CHBr3, . .
Iodoforme CH13, . . .
Acide formique CHO,OH,
Anhydride formique (inconnu) (CHOI2,0,
Chloroforme silicié . SiHCl*.
— Bromoforme silicié. .
— Iodoforme silicié
— Acide silicoformique(inconnu)
— Anhydride silicoformique.
Formiate triéthilique CH(OC2H3)3,— Silicoformiate triéthylique .
Ma.f>aii(Dn OljR i'XT ^ .i.. :i:..:. -Ll- '
Mercaptan CH3.SH,
Les corps de la seconde colonne du tableau constituent ce qu'on appelle la série méthylique du silicium. Mais le carbone tétratomique est susceptible de se souder k lui-même en forraan t les groupes C* hexavalent, C3 octo valent, C*dékavalent, 0S dodékavalent, C* tétradékavalent, C* hexadékavalent, C8 octodékavalent, C9 vigintivalent. A chacun de ces groupes correspond une série ayant, comme la série méthylique, son hydrure, son chlorure, son bromure, son iodure, son acide, son anhydride, et d'autres corps encore qu'il serait trop long d'énumérer ici. La série qui répond au groupe C* prend le nom de série
Mercaptan silicique chloré.
SiHBrS,
Si H 13,
SiHO.OH,
(SiHO)*0,
SiH(OC2H5)3
SiC13,SH.
éthylique; celle qui répond au groupe C3, celui de série propylique; celle qui dérive du groupe C*, celui de série butylique; celle qui dérive du groupe Cs, celui de série amylique. Les séries supérieures se nomment séries hexylique, heptylique, octylique, nonylique, suivant le nombre d'atomes de carbone que renferment les composés qui les constituent. On connaît actuellement des composés du silicium qui appartiennent à une série analogue k la série éthylique, et des composés mixtes appartenant k la série propylique et k la série nonylique. Les tableaux suivants mettent en lumière ces analogies ;
Série éthylique du carbone.
Hydrure d'éthyle CSH«,
Hexachlorure de carbone C2C1»,
Hexabromure de carbone C2Br*,
Hexaiodure de carbone C216, .
Série éthylique du silicium.
— Hydrure d'étbyl-silicium
— Hexachlorure de silicium Si2C16,
— Hexabromure de silicium •
— Hexaiodure de silicium Si2I6,
Acide oxalique C-H20*, — Acide silico-oxalique SiH20*.
Nous laissons de côté les autres composés dont les analogues siliciés sont encore inconnus. Série propylique du carbone. Série propylique mixte carbosilicique. Acide propionique C2H!>,C02H, . . — Acide silicopropionique CSH5,Si02H,
Propionate triéthylique. . . (C2H30J3C3H5, — Silicopropionate triéthylique (C2HS0)3,SiC«H5,
Hydrure de nonyle C9H2», ..... — Hydrure de silicononyle SiC8H*> = Si(C2HB)*.
Siliciuméthyle.
— Chlorure de silicononyle SiC8HWCl,
— Acétate de silicononyle SiC8Hl9,0C2H30,
— Alcool silicononylique. SiC8Hl9,OH.
Chlorure de nonyle C9H*9C1,
Acétate de nonyle - C9H»9,0C«H30.
Alcool nonylique C9H18.0H, . . .
Aces corps, il faut joindre le silicium hexéthyle Si2(C2H»)6 = C«Si2H30, que l'on peut Considérer comme l'hydrure de disilicoheptyle, dérivé de l'hydrure d'heptyle C14H30 par la substitution de Si2 k C2.
Il est inutile de faire ressortir l'importance de tous ces composés, qui établissent si bien l'analogie du silicium et du carbone.
— Composés du silicium et des corps diatomiques. Le silicium se combine k l'oxygène, au soufre et au sélénium.
— Composés du silicium avec l'oxygène.
Le seul oxyde de silicium anhydre connu est l'anhydride silicique ou silice , pour lequel nous renvoyons au mot Silice, qui est traité k part. Cet oxyde répond à la formule SiO*. Il donne naissance k différents hydrates. En outre, WShler a décrit deux hydrates qui dériveraient d'un oxyde moins oxygéné, la leucone Si3H*05, la chryséone ou silicone
Si*H*03
et un hydrate innomé Si*H805. Le premier de ces hydrates est certainement un mélange; car c'est le produit de l'action de l'eau sur le chloroforme silicié impur, chargé de chlorure de silicium, tel que M. Wôhler l'avait obtenu d'abord. C'est un mélange de silice et d'anhydride silicoformique. Four les deux autres, il est moins bien démontré, quoique ce soit probable, que M. Wôhler n'ait point eu affaire k un composé défini ; aussi donnons-nous ici la description qu'il a donnée de ces corps.
— Chryséone ou silicone SiH*03. Ce corps se produit par l'action de l'acide clilorhydrique concentré sur le siliciurede calcium. On fait digérer ce corps réduit en poudre fine pendant plusieurs jours avec de l acide chlorhydrique fumant dans l'obscurité, et en ayant soin de maintenir le vase froid. Lorsque tout dégagement d'hydrogène a cessé, on étend le liquide de six k huit lois son volume d'eau et
SILI
l'on filtre. Le résidu est lavé à leau, pois desséché dans le vide et l'obscurité sur l'acide suifurique. Si l'acide n'est pas très-concentré, la chryséone est mêlée de l'hydrate Si*H80B que Wôhler désigne sous le nom d'hydrate y, la chryséone étant quelquefois appelée parlui hydrate petle mélange nommé leucone hydrate a.
La chryséone forme des lamelles orangées brillantes, qui conservent la forme du siliciure de calcium cristallisé, dont elles proviennent. Elle est insoluble dans l'eau, l'alcool, le tétrachlorure de silicium , le trichlorure de phosphore et le sulfure de carbone. Chauffée, elle se fonce en couleur, puis, si la température s'élève encore, elle brûle avec une légère détonation et une scintillation particulière en laissant un résidu de silice colorée par du silicium brun et amorphe. Calcinée en vase clos, elle dégage de l'hydrogène et laisse un résidu de silice et de silicium. Lorsqu'elle est mélangée avec le composé y, elle détone, même lorsqu'on la chauffe dans un tube, et dégage de l'hydrogène silicié spontanément inllammable. Chauffée à 100°, seule ou avec de l'eau, elle dégage de l'hydrogène et devient d'une couleur plus pâle. A 190°, en vase clos, l'eau la convertit complètement en silice lamellaire, tandis que le tube renferme de l'hydrogène comprimé. A l'obscurité, la chryséone ne s'altère point, même lorsqu'elle est humide ; à la lumière diffuse, elle devient chaquejour plus pâle, et ù la lumière directe du soleil, même sous l'eau, elle se convertit rapidement en leucone (mélange probable de silice et d'anhydride silicoformique), en dégageant de l'hydrogène. Le chlore, 1 acide sul-
chit ensuite, puis se dissout. Les alcalis, y compris l'ammoniaque et les carbonates alcalins eux-mêmes, qui agissent cependant plus lentement, la convertissentensiliceavec dégagement d'hydrogène et élévation considérable de la température. En présence des alcalis, elle exerce une action réductrice sur les sels de différents métaux, tels que ceux de cuivre, d'argent, d'or, de palladium, d'osmium, de plomb. Le plomb se précipite instantanément sous la forme d'une masse grise métallique lorsqu'on ajoute de la chryséone à la solution de son hydrate dans une lessive alcaline.
— Composé i SiWO5. Ce composé, qui, d'après les formules adoptées, renferme sH*0 de plus que le précédent, se produit par l'action de l'acide ehlorhydrique étendu et froid sur le siliciure de calcium. Il forme des lamelles nacrées, transparentes, incolores. Ces lamelles, lavées et desséchées dans le vide, prennent feu spontanément au contact de l'uir et brûlent avec flamme, en laissant un ré.sidu brun de silice mélangée de silicium.
Il est probable que la chryséone et le produit f sont, comme la leucone, des composés du silicium, analogues aux composés organiques, mais des produits impurs, dont, par cela même , la formule vraie n'est pas encore connue.
— Sulfure: de silicium SiS2. Ce corps, analogue à l'anhydride silicique, prend naissance lorsqu'on fait agir le sulfure de carbone sur la silice à de hautes températures, ou mieux sur le mélange d'anhydride silicique et de charbon dont on se sert pour préparer le chlorure de silicium. Il cristallise dans les parties froides du tube en longues aiguilles blanches, flexibles, soyeuses, qui ont l'aspect de l'amiante et que 1 on peut volatiliser dans un courant de gaz. Au contact de l'air humide ou de la vapeur d'eau, il se décompose en acide sulfhydrique et en silice anhydre et amorphe, qui conserve la forme du sulfure dont elle provient.
L'eau le dissout complètement avec formation d'acide sulfhydrique et d'une variété soluble de silice gélatineuse, ce qui explique la formation des eaux naturelles siliceuses. Cette solution siliceuse, abandonnée a l'évaporatiou spontanée, laisse la silice en masses blanches, vitreuses, transparentes, semblables à l'opale. L'alcool et l'éther agissent à froid sur le sulfure de silicium en donnant naissance à des composés organiques sulfurés. Le sulfure silicique ne se décompose pas lorsqu'on le chauffe dans un courunt de gaz hydrogène. L'acide azotique le détruit avec formation d'acide suifurique et de silice.
— Sulfure silicohydrique. M. Wôhler, qui appelait chlorure silicohydrique le chloroforme silicié impur auquel il attribuait la formule erronée Siatmjl10, admettait l'existenco de composés oxygénés et sulfurés correspondants. La leucone, qu'il formulait Si3H*o5, était le composé oxygéné ; quant au composé sulfuré, M. Wôhler le formulait SrHfSos et le désignait sous le nom de sulfure silicohydrique. Cette formule l'éloignait de la leucone, mais eu faisait toujours un composé hydrosulfuré du silicium. H. Wôhler obtenait ce corps par l'action de l'acide sulfureux sur le siliciure de calcium. C'est évidemment un composé organique du silicium sulfuré impur, dont par suite la formule est mal connue.
— Sulfhydrate silicique chloré, syn. de mercaptan silicique SiCia.SH. Ce composé, analogue au methyl-mercaptan CH3.SH, a été décrit après l'hydrogène silicié. V. plus haut,
— Sélkniure db silicium. Le séléniure de ilicium, analogue h la silice, est inconnu. On
SILI
connaît un produit organique sélénié du «7icium qui se produit dans l'action d'un mélange d'acide sélénieux et d'acide ehlorhydrique sur le siliciure de calcium. Ce corps, connu sous le nom de séléniure silicohydrique, est évidemment une substance impure.
— Telluriurk de silicium. On connaît un composé semblable au précédent, qui s'obtient par l'action d'un mélange d'acide ehlorhydrique et d'acide tellureux sur le siliciure de calcium. Ce corps, connu sous le nom de tetluriure silicohydrique , est évidemment un' mélange, et la formule du composé principal qui le constitue est inconnue. Mais c'est un corps organique tellure du silicium.
— Composés du silicium avec les éléments triatomiquks. Asoture de silicium.
Deville et Wôhler ont obtenu ce composé soit en faisant agir l'ammoniaque sur le chlorure de silicium, soit eu exposant le silicium cristallisé a l'action de l'azote ou de l'air atmosphérique à une très-haute température. Sa composition n'a pas été exactement déterminée. C'est une masse blanche, amorphe, infusible et inaltérable aux plus hautes températures, inoxydable même lorsqu'on la grille. Aucun acide ne l'attaque , excepté l'acide fluorhydrique qui la dissout en donnant naissance à du silicofluorure d'ammonium. Fortement chauffé dans un courant d'anhydride carbonique et de vapeur d'eau mélangés, l'azoture de silicium se décompose avec formation de carbonate ammonique. Il se décompose aussi, quoique lentement, a l'air humide en répandant une odeur ammoniacale. Les alcalis aqueux ne l'attaquent pas; mais la potasse en fusion le convertit en silicate potassique avec dégagement d'ammoniaque.
Fondu avec du carbonate de potassium, il se convertit en un mélange de silicate et de cyanate. Il se forme aussi du cyanure si l'azoture de silicium est en excès. Chauffé avec de l'oxyde rouge de plomb (minium), l'azoture de silicium réduit cet oxyde à l'état métallique et forme de l'anhydride nitreux. Cette réduction s'accompagne d'une vive incandescence*
— Dosage du silicium. Le dosage du silicium dans les silicates est donné au mot silicique. Nou3 nous bornerons ici à exposer les méthodes employées pour doser le silicium dans les composés haloldes du silicium et dans les silicofluorures.
Le chlorure, le bromure et l'iodure de silicium sont complètement décomposés, par l'eau. En évaporant le liquide à siccité, on chasse la totalité de l'acide ehlorhydrique, bromhydrique ou iodhydrique produits, et il reste un résidu de silice qu'on peut peser. On peut aussi déterminer directement le chlore, le brome et l'iode en précipitant par l'azotate d'argent.
Le fluorure de silicium est également décomposé par l'eau; mais, dans cette décomposition, une partie seulement de la silice se sépare, l'autre partie restant en combinaison aveu l'acide fluorhydrique à l'état d'acide fluosilicique. On recueille la partie précipitée sur un filtre après l'avoir additionnée d'alcool et l'on précipite l'acide silioofluorique dans la liqueur filtrée au moyen du chlorure potassique. On recueille ce second précipité sur un filtre, on le lave avec un mélange à volume égal d'alcool et d'eau, on le dessèche a 100° et on le pèse. On détermine ensuite par le calcul la quantité de silice qu'il renferme. Comme le liquide séparé par flltration peut encore renfermer de la silice, on l'évaporé à siccité et on le reprend par l'eau. La silice reste alors comme un résidu insoluble qu'on recueille et qu'on pèse.
Les silicofluorures métalliques s'analysent par l'action de l'acide suifurique chaud, qui eu chasse tout le silicium et le fluor à l'état de fluorure silicique et d'acide fluorhydrique, tandis que le métal reste à l'état de sulfate et peut être dosé par des procédés propres à chaque métal.
Lorsqu'on veut déterminer directement la quantité de fluorure silicique que le silicofluorure renferme, on fait bouillir le sel avec du carbonate de soude en excès; il se forme du fluorure de silicium, il se dégage de l'anhydride carbonique et le métal du sel primitif se précipite sous la forme de carbonate à l'état de mélange avec la silice. On précipite ensuite le fluorure par un sel de chaux et on pèse le fluorure de calcium produit. Cette méthode est applicable au dosage des silicofluorures dissous ou mélangés à d'autres sels.
— Poids atomique du silicium. Berzélius considérait la silice comme répondant à la formule Si03(0 = 8) et écrivait de môme les composés haloïdes du silicium
SiCIS, SiBr», Sil», SiFl».
Gmelin adopta pour la silice la formule
à cause des formules plus simples auxquelles elle conduit pour les composés siliciques en général. Cette vue. qui fait le silicium tétratoinique, est corroborée par les densités de vapeur du chlorure et du fluorure de silicium et par les décompositions des éthers siliciques, dans lesquels l'oxéthyle et les radicaux analogues sont remplaçâmes par quart et non par tiers. La deubité de vapeur du chlorure silicique, déterminée par M. Dumas, égale 5,939 et telle du fluorure égale 3,60.
SILI
Si l'on adopte pour ces corps les formules SiCl* et SiFl* qui sont d'accord avec les phénomènes observés dans la décomposition des éthers siliciques, on trouve pour le poids atomique du silicium le chiffre 88. Si l'on admettait le poids atomique 21 et les formules SiCIS et SiF18, les densités théoriques de vapeur seraient 4,42 et 2,70 respectivement, chiffres très-éloignés de ceux que donne l'observation directe (5,939 et 3,60), tandis qu'avec les formulas SiCI* et SiFl* les densités théoriques sont 5,8995 et 3,604, nombres on ne peut plus rapprochés de ceux que fournit l'observation. Pour compléter l'étude du silicium, voir
SILICE, SILICIQUE et SILICIURES.
SILICIUM-HEXÉTHYLE s. m. Chim. Composé de silicium et d'éthyle, qui renferme six fois le groupe éthyle pour deux atomes de silicium.
— Encycl. V. silicium.
SILICIUM-MÉTHYLE s. m. Chim. Composé formé d'un atome de silicium et de quatre radicaux méthyle.
— Encycl. V. silicium.
SILICIUM-TÉTRÉTITÏLE s. m. Chim. Composé qui est formé de quatre groupes éthyle uni à un atome de silicium, et qui représente l'hydrure de nonyle dont un atome de carbone est remplacé par du silicium.
— Encycl. V. silicium.
SILICIURE s. m. (si-li-si-u-re — rad. silicium). Chim. Combinaison binaire du silicium avec un métal.
— Encycl. Le silicium s'unit facilement à l'aluminium, au zinc, au platine et à quelques autres métaux; mais il ne se combine pus avec le sodium et ne parait se combiner non plus ni avec le potassium ni avec le
fdoinb. Relativement à l'aluminium et uu zinc, e silicium se comporte comme le carbone vis-a-vis de la fonte : il se dissout dans ces métaux, dont il se sépare en cristaux par le refroidissement.
— Siliciure de calcium , probablement CaSia. On le prépare en faisant un mélange intime dans uu mortier chaud de silicium graphitoïde avec dix fois son poids de chlorure de calcium. On agite ce mélange, dans un flacon à large goulot, avec un treizième de son poids de sodium coupé en petits morceaux et l'on projette le tout dans un creuset chauffé au rouge, qui renferme déjà du chlorure de sodium fondu ; enfin, on ajoute encore une quantité de sodium égale à celle que le mélange renferme, et l'on recouvre le tout avec du chlorure de sodium fondu et pulvérisé. On place le couvercle sur le creuset et l'on porte le tout k la température de fusion de la fonte. Cette température doit être maintenue pendant une demi-heure environ. Après refroidissement, on casse le creuset. Si l'opération a bien réussi, on trouve alors le siliciure de calcium sous la forme d'un bouton qu'il faut conserver dans des vases hermétiquement bouchés.
Le siliciure calcique possède une couleur gris de plomb, l'éclat métallique, une structure cristalline écailleuse avec indication indistincte de plaques hexagonales. Exposé à l'air ou projeté dans l'eau, il s'émiette en une masse de petites plaques semblables au graphite, avec dégagement d'hydrogène. Cette désagrégation est due à l'hydratation et à l'oxydation d'une partie du calcium et du silicium qui forment de nouveaux produits, lesquels restent mélangés avec le siliciure inaltéré. L'acide azotique fumant n'attaque pas le siliciure calcique. Les acides acétique, ehlorhydrique et suifurique, ce dernier étendu, le convertissent en un composé hydrogéné et oxygéné tout à la fois, qui appartient à la séria aes composés organiques du silicium et que Wôhler a nommé silicone ou chryséone. V. silicium.
— Siliciure de cérium CeSi. Lorsqu'on soumet à l'électrolyse un mélunge de silicofluorure de potassium et d'oxyde de cérium maintenu en fusion dans un creuset de porcelaine, il se dépose au pôle négatif un mélange de siliciure de cérium et de potassium métallique. On lave à l'eau ce dépôt pour en extraire le potassium, et le siliciure de cérium reste sous la forme d'une poudre brune, insoluble dans les acides, qui brûle avec une flamme rougeiitro, en laissant une poudre jaune mélangée de petites parties noires.
— Siliciures de cuivre. Ces composés présentent une dureté très-grande et deviennent à la fois de plus en plus durs et de moins en moins malléables à mesure qu'ils renferment une proportion plus forte de silicium. Un siliciure (le cuivre blanc, très-dur à la lime, se forme lorsqu'on prépare le silicium en faisant passer la vapeur du chlorure silicique sur du sodium chauffé au rouge dans une nacelle de cuivre. On obtient un autre siliciure de cuivre, renfermant 12 pour 100 de silicium et 88 pour 100 de cuivre, en fondant irois parties de silicofluorure potassique, une partie de sodium et une partie de tournure de cuivre à une température suffisante pour que le inétal fonde et soit recouvert pur une légère couche de scorie également en fusion. Ce composé est blanc, cassant et plus fusible que l'argent. Lorsqu'on le fond avec une plus grande quantité de cuivre, on obtient un nouveau composé qui renferme 4,8 pour 100 de silicium. Ce corn-
SILI
Îiosé a une légère couleur de bronze. Sa maiéabilité rappelle aussi celle du bronze. Il est un peu plus dur que le fer et peut être travaillé comme ce dernier. On peut l'étirer en fils dont la ténacité est au moins égale à celle des dis de fer.
En précipitant le sulfate cuivrique par l'hydrogène silicié, on obtient un siliciure do cuivre qui présente une couleur cuivreuse foncée. En couche très-mince, il est translucide et brunâtre. Ce composé est très-oxydable; exposé à l'air à, la température ordinaire, il se convertit rapidement en silicate cuivrique d'un jaune citron. L'acide azotique étendu le décompose rapidement avec séparation de cuivre métallique; l'acide ehlorhydrique avec dégagement d'hydrogène et séparation d'acide silicique. Avec la lessive de potasse, il dégage de l'hydrogène et laisse déposer du cuivre exempt de silicium. Il donne aussi de l'hydrogène au contact da l'ammoniaque.
— Siliciure de fer. V. fer.
— Siliciure de magnésium, La masse qui prend naissance lorsqu'on fond ensemble du chlorure de magnésium, du chlorure et du silicofluorure de sodium et du sodium métallique renferme, outre le silicium libre, deux siliciures de magnésium, dont l'un dégage de l'hydrogène silicié sous l'influence de l'acide ehlorhydrique ou de la solution aqueuse du chlorure sodiquo, tandis que l'autre, soumis à l'action de l'acide ehlorhydrique, donne seulement de l'hydrogène libre et de l'acide silicique hydraté.
— Siliciure de manganèse. V. manganèse.
— Siliciure de platine. Le platine s'unit facilement au silicium en formant un composé très- fusible. Il en résulte que, lorsqu'on fond du silicium dans un creuset de platine revêtu de chaux intérieurement, il faut avoir soin que la couche de chaux soit très épaisse, parce que, si le silicium venait au contact du platine, le creuset serait rapidement perfore.
— Siliciure de potassium (?). D'après Berzélius, le siliciure de potassium se forme dans la préparation du silicium par l'action du silicofluorure de potassium fondu sur le potassium; mais, d'après M. Deville, le potassium et le silicium, que Berzélius avait pris pour un composé défini, forment un simple mélange.
— Siliciures organiques. Ce sont les «7iciures d'éthyle et de méthyle découverts par MM. Friedel et Crafts , et Friedel et Ladenburg. Ces corps sont étudiés au mot silicium.
SILICOACÉTIQUE adj. (si-li-ko-a-sé-ti-ke — de silicique, et de acétique). Chim. Se dit d'un anhydride mixte de l'acide silicique et de l'acide acétique.
I — Encycl. V. silicique.
| SIUCOBROMOFORME s. m. (si-li-ko-bro-
j mo-for-me — de silicique, et de oromoforme).
! Chim. Nom donné par MM. Friedel et Crafts
a un produit qui représente du bromoforme
dont le carbone est remplacé par du silicium.
Il On l'appelle aussi bromoformu silicié.
— Encycl. V. SILICIUM,
SILICOCHLOROFORME s. m. (si-li-ko-kloro-for-me — de silicique, et de chlore forme). Chim. Composé qui représente du chloroforme dont le carbone est remplacé par du silicium.
— Encycl. V. silicium.
SÏL1CODÉCITUNGSTATE S. m. (si-li-kodé-si-teungh-sta-te — de silicique, du lat. decem, dix, et de tungstate). Chim. Sel de l'acide silicodécitungstique.
— Encycl. V. TUNGSTOSILICIQUE.
SILICODÉCITUNGSTIQUE adj. (si-li-kodé-si-teungh-sti-ke — de silicique, du lat. decem, dix, etde tungstique). Chim.Sedit d'un acide conjugué qui renferme les éléments de dix molécules d'acide tungstique et d'une molécule d'ucide silicique.
— Encycl. V. TUNGSTOSILICIQUE.
SILICODUODÉCITUNGSTATE s. m. (sili-ko-du-o-dé-si-teungh-sta-te — de silicique, du lat. duodecim, douze, et de tungstaté). Chim. Sel de l'acide silicoduodécitungstique ou silieotungstique.
— Encycl. V. TUNGSTOSILICIQUE.
SILICODUODÉCITUNGSTIQUE adj. (si-liko-du-o-dé-si-teungh-sti-ke — de silicique, du lat. duodecim, douze, et de tungstique). Chim. Se dit d'un acide qui renferme les éléments de l'acide silicique et de l'acide tung- 1 stique, et que l'on désigne d'ordinaire par le nom d'acide silientungstigue.
— Encycl. V. TUNGSTOSILICIQUE.
SILIOOFLUORIQUE adj. (si-li-ko-fiu-o-rike — de silicique, et de fîuorique). Chim. Se dit d'un acide qui résulte de l'action de l'eau sur le fluorure de silicium, et qui représente une combinaison d'une molécule de ce fluorure avec deux molécules d'acide fluorhydrique.
, — Encycl. Cet acide, qui a encore reçu les noms d'ucide hydrofluosilicique et d acide fluosilicique, forme des sels qu'on désigne par
| suite indistinctement sous les noms de silicofluorures, û'hudrafluosilicates et de fluosi-
SILI
licates. Il est étudié, sous le nom d'acide «*licofluorique, et ses sels sous le nom de tili' cofiuorwes, au mot silicium.
SILICOFLUORURE s. m. (si-li-ko-fiu-o-rure — de silicigue, et de fluorure), Chim. Sels de l'acide silicofluorique.
— Encycl. Les silico fluorures sont encore connus sous les noms defluosilicates et d'hydrofluosilicates, l'acide silicofluorique étant encore appelé acide fluosilicique et hydrofluosilictque. Ils sont décrits, sous le nom de silico fluorures, au mot silicium.
SILICOFORMIATG s. m. (si-li-ko-for-miï-te — de silicigue, et de formialé). Chim. Fortniate dont le carbone est remplacé par du silicium.
— Encycl. V. silicium.
SILICOFORMIQUE adj. (si-ti-ko-for-mi-ke
— de silicigue, et de formique). Chili). Se dit d'un anhydride qui représente l'anhydride formique dont le carbone est remplacé par du silicium.
— Encycl. V. SILICIUM.
SILICOHYDRIQUE adj. (si-li-ko-i-dri-ke —
de silicigue, et de hydrique). Chim. Se disait des composés organiques du silicium, alors que la vraie nature de ces corps était encore inconnue.
— Encycl. Wôh-ler, qui attribuait d'ailleurs aux composés organiques du silicium des formules fausses, appelait le silieochloroforme chlorure silicohydrique, le silicobroinoforme bromure silicohydrique ; les oxydes et les sulfures qui proviennent de la décomposition du siliciure calcique par les acides chlorhydrique et sulfureux, oxyde et sulfure silieohydrigues, etc. Ce nom indiquait un fait vrai : la présence de l'hydrogène dans les composés ainsi nommés du silicium. Mais,
?uand on arrive à la connaissance de la vraie ormule de ces corps, on remplace ce nom général, qui n'indique rien de précis, par des noms plus précis , qui indiquent la fonction de chacun d'eux. Tous les composés auxquels s'appliquait l'adjectif vague silicohydrique sont décrits au mot silicium.
SILICOIODOFORME s. m. (si-li-ko-i-o-dofor-me — desiit'ciçue, et deiodo/brae). Chim. Composé que l'on peut considérer comme dé l'iodoforme dont le carbone est remplacé par du silicium.
— Encyol. On désigne encore le silicoiodoforme par le nom d'iodoforme siliclê. WOhler, qui en ignorait la vraie nature, se bornait à indiquer que ce corps renferme de l'hydrogène, ce qu'il exprimait en l'appelant iodura silicohydrique. Le silicoiodoforme est décrit au mot silicium.
SILICONE s. f. (si-li-ko-ne — rad. silicium). Cbiin. Nom donné par WChler à un oxyde silicohydrique encore connu sous le nom de chryséone, et qui résulte de l'action de l'acide chlorhydrique concentré sur le siliciure de calcium.
— Encycl. V. silicium.
SILICONONYLE s. m. (si-li-ko-no-ni-le
— de silicigue, et de nonyle). Chiin. Radical composé qui fonctionne dans l'alcool silicononylique, et qui représente du nonyle dont un atome de carbone est remplacé par du silicium.
— Encycl. Pas plus que les autres radicaux monoatomiques, le silicononyle n'est connu à l'état de liberté. Les dérivés du stfi'conom/fe sont décrits, ù propos du silicium-tétréthyle, au mot silicium.
SILIGONONYLIQUE adj. (si-li-ko-no-nili-ke — rad. silicononyle). Chim. Se dit d'un alcool qui représente l'alcool nouylique dont un atome de carbone est remplacé par du silicium.
— Encycl. V. silicium.
SILICOÛXAL1QUE adj. (si-li-ko-o-ksa-Ii-
ke — de silicigue, et de oxalique). Chim. Se dit de l'acide oxalique dont le carbone est remplacé par du silicium, acide qui se produit dans l'action des bases sur l'hexaiodure de silicium.
— Encycl. V. SILICIUM.
SILlCOPROFIONATE s. m. (si-H-ko-pro-
pi-o-na-te — de silicigue, et de propionate). Chim. Sel de l'acide silicopropionique.
— Encycl. V. silicium.
SILICOPROPIONIQUE adj. (si-li-ko-propi-o-ni-ke — de silicigue, et de propionigue). Cuira. Se dit d'un acide qui représente l'acide propionique dont un atome de carbone est remplacé par du silicium.
— Encycl. V. silicium.
SILICOTUNGSTATE s. m. (si-li-ko-teungh-
sta-te — de silicigue, et de tungslate). Chim. Sel de l'acide silicotungstique ou silicoduodécitungstique.
— Encycl. V. tunostosilicique.
S1LICOTUNGSTIQUE adj. (si-li-ko-teungh-
sti-ke — de silicique, et de tungstique). Chim. Se dit d'un acide qui renferme les éléments d'une molécule de silice et de douze molécules d'acide tungstique. Il On le désigne quelquefois par le nom d'acide SILICoDuOpécitungstiqub, lorsqu'on veut exprimer sa composition quantitative en même temps que sa composition qualitative.
— EUCyCl. V. TUHGSTOSHJCIQUB.
SILI
SILICULAIRE s. f . (sï-li-ku-lè-re — rad. silicule). Zooph. Genre de polypiers, de la famille des sertuiariées , voisin des campanulaires.
SI LIGULE s. i. (si-Ii-cu-le — dimin. de siligue). Bot. Sorte de silique, dont la longueur ne dépasse pas trois fois la largeur : La siliculk est cordiforme dans le thlaspi. (T. de Berneaud.)
SILICULEUX, EUSE anj. (si-li-ku-leu, euze — rad. silicule). Bot. Qui produit des silicules. il Qui ressemble ou qui se rapporte à la silicule.
— s. f. pi. Grande division de 1» famille des crucifères, comprenant les genres qui ont pour fruit une silicule.
SILICULIFORME adj. (si-li-ku-li-for-me
— de silicule, et de forme). Bot. Qui a la forme d'une silicule.
SIL1GINEUX, EUSE adj. (si-li-ji-neu, eu-se
— du lat, siligo, farine de froment). Farineux, qui est de la nature de la farine de froment.
SILIGINOSITÉ s. f. (si-li-ji-no-si-té — rad. siliyineux). Caractère des grains farineux.
SILIO.UA s. m. (si-li-koua — mot lat. qui signif. gousse). Bot. Ancien nom scientifique du caroubier.
S1LIQUA1RE s. f. (si-li-kè-re — rad. silique). Moll. Genre de mollusques gastéropodes tubulibranches, comprenant une dizaine d'espèces, presque tontes de lu mer des Indes, et dont une seule habite la Méditerranée : Le corps de la siliQuaiiîe est allongé, contourné en spirale. (Dujardin.) Parmi les espèces fossiles, on peut citer la sii.iquairb épineuse. (H. Hupé.)
— Bot. Section du genre cléomé, comprenant les espèces qui croissent dans l'ancien continent, et regardée par plusieurs auteurs comme un genre distinct.
— Encycl. Moll. Les siliquaires sont des animaux vermiformes, ayant deux petits tentacules coniques; un sac branchial très-long, fendu dans toute sa longueur et portant à l'intérieur les branchies, qui consistent en filaments simples et rigides, disposés en une sorte de peigne très-long; un manteau fendu supérieurement dans toute son étendue et présentant deux lobes, l'un réduit à une frange très-étroite, l'autre beaucoup plus large et formant à sa naissance une sorte d'expansion; un pied cylindrique, presque rudimentaîre, projeté eu avant et portant a son extrémité un opercule corné, conique, formé de lamelles circulaires empilées sur le même axe et graduellement décroissantes.
La coquille est tubuleuse, cylindracée, amincie au sommet, irrégulièrement contournée, quelquefois en spirale disjointe; l'ouverture est située a l'extrémité antérieure; elle présente une fente longitudinale qui occupe toute la longueur du tube. Cette disposition trèssingulière facilite l'action des organes respiratoires et permet à l'eau de baigner incessamment les branchies. Cette fente articulée ne permet pas de confondre les tubes des siliquaires avec ceux des serpules; d'ailleurs les premiers, à l'état frais, sont toujours revêtus d'une sorte d'épiderme que ne présente jamais le lest des aimélides ; enfin, au lieu d'être solidement fixés aux corps sous-marins, ils Sont simplement entoures par une agglomération de sable et de débris de coquilles et de polypiers. On connaît dans ce genre une dizaine d'espèces vivantes, dout la plupart habitent la mer des Indes. La *«liquaire anguine est la seule qui vive dans nos mers; on la trouve dans la Méditerranée, notamment sur les côtes de la Sicile; sa coquille est blanchâtre ou d'un gris sale. 11 y a aussi plusieurs espèces fossiles des terrains tertiaires.
S1LIQUASTRE s. m. (si-li-koua-stre — du lat. siligua, gousse). Bot. Ancien nom scientifique du gaïniei- ou arbre de Judée.
SIL1QUASTRO s. m. (si-li-koua-Stro — du lat. siligua, gousse). Bot. Nom italien des piments.
SILIQUE s. f. (si-li-ke — lat. siligua, mot qui appartient à la même famille que le russe shelucha, gousse, et le persan silak, pois, «<lak, léguuiineuse non spécifiée). Bot. Sorte de fruit capsuUire bivalve, dont l'intérieur est partagé en deux loges distinctes par une cloison longitudinale : Ce qui distingue la Silique de la capsule et de ta gousse, c'est sa cloison mitoyenne. (V. de Boinare.) Il Silique douce, Nom vulgaire impropre des fruits du caroubier et du galnier.
— Moll. Nom d'une coquille du genre glycimère.
— Ane. métrol. Monnaie d'argent d'Alexandrie. Il Petit poids en usage chez les Romanis.
— Encycl. Bot. La silique est une sorte de fruit capsulaire bivalve, divisé, ù l'intérieur et dans toute sa longueur, par une cloison, en deux loges distinctes, dans chaeune desquelles les graines sont attachées le long des deux sutures. Cette cloison est formée, non par les bords rentrants des valves, comme dans les capsules proprement dites, mais par une sorte de châssis ou de cadre ovale plus ou moins allongé et sur lequel est teudue une double lame cellulaire. Elle suffit pour distinguer les sitiques des gousses ou légumes, avec lesquels leur apparence extérieure
SILI
pourrait quelquefois les faire confondre. Il arrive parfois que la silique présente une série de renflements et d'étranglements successifs. Quand elle est très-courte, elle prend le nom de silicule; mais il n'y a pas de ligne de démarcation bien tranchée entre ces deux formes. Les siliques et silicules caractérisent la famflle des crucifères.
— Métrol. La silique valait à peu près 1 fr. 50 de notre monnaie actuelle de France. Fleury, dans son Histoire ecclésiastigue, en dit quelques mots. Il est difficile de fixer exactement le poids de cette monnaie, parce qu'il ne l'est pas moins de déterminer celui du végétal dont la graine avait été prise pour étalon. Les critiques modernes diffèrent à ce sujet; car ils désignent en même temps la graine du caroubier, celle du cornouiller, celle des légumineuses (pois, lentilles, etc.).
SILIQUELLE s. f. (si-li-kè-le — rad. silique). lnfus. Genre d'infusoires systolides ou rotateurs, formé aux dépens des brachions, et qui parait devoir leur rester réuni.
siLIQUEUX, euse adj. (si-li-keu, eu-ze — rad. silique). Bot. Dont le fruit est une silique. Il Qui ressemble ou qui se rapporte à la silique.- m.
— s- f. pi. Grande division de la famille des crucifères, comprenant les genres qui ont pour fruit une silique.
SILIQUIER s. m. (si-li-kié — rad. silique). Bot. Nom vulgaire du genre hypécoon.
SILIS s. m, (si-lîss). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des serricornes, section des malacodermes, tribu des Iampyrides, comprenant une quarantaine d'espèces, qui habitent l'Europe, l'Afrique et l'Amérique.
SILISTR1E, la Durostorum des Romains, ville forte de la Turquie d'Asie, chef-lieu de sangiac, dans la Bulgarie, sur Sa rive droite du Danube, à 310kilom. N.-O. de Constantinople; 22,000 hab. Tanneries; fabrication de lainages. Commerce de bois et de bestiaux, surtout avec la Valachie, qui donne en échange du sel et du chanvre. Silistrie, une des trois grandes places fortes de la Turquie, est environnée de fossés de 3 à 4 mètres de profondeur, garnis de distance en distance de redoutes palissadées et défendue par une muraille demi-circulaire flanquée de tours. La citadelle, située à l'extrémité occidentale de la ville, est ceinte d'un double mur très-élevé et protégé du côté de terre par un fossé large et profond. Les rues de lu ville sont étroites, tortueuses, inul pavées et sales ; les maisons sont basses et sombres ; on y remarque cependant quelques belles mosquées et plusieurs bains publics. Silistrie à subi, k diverses reprises, des sièges mémorables dont nous allons parler.
Silistrie (sièges du). Clef du Danube inférieur , la ville de Silistrie était destinée, par sa situation même, à être plus d'une fois attaquée. Le 10 juin 1773 la place, défendue par Osman-Pacha, repoussait vigoureusement l'assaut des Russes, commandés par Romanzofi1; mais ce succès n'empêchait pas les Ottomans d'être battus peu de jouis après, à 14 kilom. de la ville (2î juillet 1773) par le général russe Weismann , qui paya de sa vie sa victoire. La paix fut conclue à quelque temps de là. Le 22 octobre 1809, les Russes furent battus à leur tour sous les murs de Silistrie, et cette défaite ne les empêchait pas d'investir la place l'année suivante sous les ordres du général Langeron. Silistrie, qui était loin d'être fortifiée à cette époque comme elle l'est aujourd'hui, dut capituler le 11 juin. Lors de la campagne de 1828, les Russes, commandés par le général Roth, reparurent devsrnt Silistrie du 21 juillet au 15 septembre ; à cette dernière date, le générai Roth fut remplacé par Langeron et Witgenstein, qui se retirèrent le 10 novembre. Mais, l'année suivante, le général Schilder remettait le siège devant la place, appuyé par la présence de l'armée de Diebitsch ; il fut remplacé bientôt (niai 1829) par le général Krassofski, et Silistrie, commandée par Hadji-Achmet-Pacha,se renditle 30juin, quinze jours après la déroute essuyée à Kouleffseha par l'armée turque, ve^iue pour la secourir. Les Russes évacuèrent la place l'année suivante (il septembre 1830), après le payement de l'indemnité de guerre imposée au gouvernement ottoman.
Ce ne fut guère qu'en 1S49 que Silistrie, érigée en place forte du premier ordre par suite de l'importance de sa situation, vit ses ouvrages de défense, depuis longtemps devenus insuffisants, accrus ou plutôt transformés et mis au niveau de la science stratégique moderne. Le conflit qui amena la guerre d'Orient en 1853 fit encore acsiverces travaux et tout fut mis en état, dans l'attente d'un siège imminent. Cette attente ne fut pas trompée, et, le 17 mai 1854, le dernier siège de Silistrie commençait sous la direction de l'aide de camp général Schilder. Moussa-Pacha était chargé de défendre la place contre les Russes. En ce moment, les fortifications assez irrégulières de Silistrie consistaient dans un système de forts détachés dont le principal, celui d'Abd-ul-Medjid, construit sur les dessins d'un officier prussien, le colonel Kuczkowski, s'élevait sur la colline de l'Akbar, point à l'aide duquel les Russes s'étaient rendus maîtres de
SILI
la ville en 1829. Le fort Abd-ul-Medjid passait pour un des ouvrages les plus remarquables de fortification moderne. Il était appuyé par trois forts détachés, situés sur des hauteurs voisines. Dans la plaine, deux forts défendaient la ville, à l'ouest, du côté de Turtukaï ; un autre fort fermait la plaine à l'est, et un dernier dominait le cours au Danube, de manière à battre les bateaux qui arriveraient du côté des lies. Tous ces forts détachés, à l'exception du fort AbJ-ul-Medjid, avaient été construits dans les six mois précédant l'arrivée des Russes. Les forces de Silistrie, placées, comme nous l'avons dit, sous les ordres de Moussa-Pacha, directeur général de l'artillerie ottomane, un des hommes les plus distingués de la Turquie et le réformateur de cette arme, se composaient de 11,000 hommes, y compris 1 régiment d'infanterie égyptienne, 1 régiment de la garde du sultan, i,îoo artilleurs, 300 homme3 de cavalerie irrégulière et l régiment de sapeurs-mineurs, commandé par le colonel du génie Méhémet-Bey.
Dès le début des opérations du siège , Moussa-Pacha put juger que les Russes, dans leur impatience, étaient décidés, pour précipiter le dénoùment, a faire un énorme sacrifice d'hommes ; « mais, comme le dit avec raison M. Fouquier, en matière de siège, vouloir gagner du temps, c'est inévitablement en perdre. L'armée assiégeante multiplia sans préparations suffisantes ses attaques et ses échecs. En un seul jour, le 21 mai, trois assauts infructueux furent livrés contre Arab-Tabia. Le 25 mai, nouvelle attaque également repoussée. Le 29, autre effort aussi malheureux ; c'est dans la nuit que les Busses firent cet effort suprême pour s'emparer des ouvrages extérieurs. Une division russe donna l'assaut, mais dut reculer devant l'énergique résistance des assiégés. Elle revint à la charge avec un courage désespéré ; quelques soldats russes parvinrent même à s'introduire par les embrasures des batteries. On se battit corps à corps sur les parapets, mais il fallut se décider h la retraite, et l'assiégeant rentra dans ses lignes, laissant plus de 1,500 morts dans les fossés des redoutes et sur les glacis et emportant un nombre considérable de blessés. • Moussa- Pacha, sommé par le général Schilder de rendre la place, avait prévenu les Russes de cette résistance désespérée par cette belle réponse : « Votre maître vous a ordonné de prendre Silistrie à tout prix : j'ai juré delà défendre à tout prix; accomplissons chacun notre devoir. » Le général Schilder (le même qui avait déjà dirigé le siège en 1829) était soutenu dans ses opérations par le maréchal prince Paskewitch, commandant général de l'armée du Danube. Les forces russes ne s'élevaient pas à moins de 32,000 hommes. Le 31 mai et le 2 juin virent se renouveler les attaques acharnées des assiégeants, qui, comme les précédentes, vinrent encore se briser contre les remparts de la forteresse ottomane, battue vainement par des batteries composées de pièces de gros calibre. Des pluies, des inondations qui survinrent, les pertes immenses subies par les Russes dans cette série de coups de main opposés à toutes les règles de la guerre de siège, forcèrent le prince Paskewitch à renoncer à prendre Silistrie. Après deux derniers assauts, non moins infructueux (13 et 19 juin), le siège fut levé (22 juin 1854). Les Russes avaient perdu plusieurs milliers d'hommes et leur prestige militaire était très-sérieusement entamé. Le général Schilder figurait parmi leurs morts, et le prince Paskewitch luimême, contusionné par un boulet, fut forcé de résigner son commandement au prince Gortsuhakoff. De leur côte, les Ottomans avaient fait une perte irréparable dans la personne de Moussa-Pacha, tué sur les remparts. Au moment où les Russes levaient le siège de Silistrie, Omer-Pacha quittait Schuinla, et les Français et les Anglais partaient de Varna pour venir au secours de la place.
SILI DS (Publius), patricien romain, dont la beauté inspira, une violente passion a l'impudique Messaline, qui l'épousa publiquement pendant un voyage de Claude. L'empereur, averti par l'affranchi Narcisse, revint précipitamment à Rome pour venger son outrage. Messaline et Silius furent mis à mort (an 47 de J.-C).
SILIUS 1TAL1CUS (Caïus), poëte latin, ué soit en Italie, soit à Italica (Espagne) vers l'an 25 de notre ère, mort en 100. 11 parut avec éclat au barreau, et, comme il s'attacha à la manière de Cicéron de préférence à celle de Sénèque, qui était alors à la mode, on lui accorde l'honneur d'avoir retardé la ruine de la saine éloquence. Il fut consul sous Néron et choisi par le sénat pour le gouvernement de l'Asie Mineure. Ayant renoncé aux affaires publiques, il vécut dans ia retraite, livré uniquement à lu culture des lettres. A l'âge de soixaute-quinze ans, il se laissa mourir de faim pour se soustraire aux douleurs d'un ulcère incurable. Il a laissé un p'oëme sur la Seconde guerre punique (retrouvé par Pogge dans le monastère de Saint-Gall, pendant la tenue du concile de Constance), où il s'applique particulièrement à imiter Virgile. Martial en parle dans les termes les plus flatteurs; Pline dit qu'il est écrit avec plus de soin que d'esprit [majori cura quam in-
SILL
genio). Les modernes, après bien des controverses, louent la correction du style et l'érudition historique, mais reconnaissent le manque d'originalité. L'édition princeps est de 1471 (Rome), MM. Corpet et Dubois en ont donné une traduction française dans la collection Panckoucke (1836-1838).
SIL1VHI, ville de la Turquie d'Europe.