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par l'élégance et l'ampleur de leur port. Leurs racines, en Amérique, ont des applications analogues à celles de nos rhubarbes.
SILPHOMORPHE s. m. (sil-fo-mor-fe — de silphe, et du gr. morphê, forme). Entom. Genre d'insectes coléoptères pentamères, de la famille des carabiques, tribu des troncatipennes, dont l'espèce type habite l'Australie.
S1LSILIS, nom d'une montagne de l'Egypte ancienne, dans la Thébaïde ; elle porte aujourd'hui le nom de Djebel Selselèh. Les flancs de cette montagne reufermentde vastes carrières d'où furent tirés les blocs qui servirent aux constructions de Thèbes.
— Iluines de Silsilis. Elles consistent en débris, en briques et quelques restes d'un temple, dont les murs les plus élevés n'ont pas aujourd'hui plus de trois pieds au-dessus du sol. On peut reconnaître encore que la nef du temple, couverte d'hiéroglyphes, était entourée d'une galerie, à laquelle, dans un temps ' postérieur, on ayait ajouté un portique san3 hiéroglyphes. C'est un des caractères des monuments égyptiens d'être formés d'une agglomération de constructions qui ne sont point de la même époque. L'observation de plus en plus habile et la lecture des hiéroglyphes, quand on Sera arrivé à les lire correctement, apprendront à déterminer très-exactement la vraie date de toutes les parties d'un monument; ce travail n'a pas été fait encore pour les ruines très-mal Connues de Silsilis.
SILUBOLÉPIS s. m. (si-lu-bo-lé-piss — du gr. silubos, épine; lepis , écaille). Erpét. Genre de reptiles sauriens, de la fumille des scinques, dont l'espèce type habite l'Australie.
SILUNDIE s. f. (si-lon-dî). Ichthyol. V. si-
LONDIE.
SILURE s. m. (si-lu-re — gr. silouros ; de seiein, agiter, et de oura, queue). Ichthyol. Genre de poissons malacoptérygiens, type de la famille des siluroïdes, comprenant plusieurs espèces, qui vivent dans les eaux douces de l'ancien continent : Les habitudes du Silure: sont paresseuses. (Valenciennes.) En tête des silures, on place les espèces gui ont sur le dos une très-petite dorsale. (A. Guichenot.)
— Encycl. Les poissons qui composent ce genre sont reconnaissables à la nudité de leur peau, à leur bouche fendue au bout du museau et, en général, à une forte épine qui constitue le premier rayon de la nageoire pectorale et qui est articulée avec l'épaule, de façon que le poisson peut à volonté la rapprocher de son corps ou l'en écarter pour fa fixer perpendiculairement et s'en servir comme d'une arme dangereuse. Les silures proprement dits ont sur le devant du dos une petite nageoire soutenue par des rayons.
La plus remarquable espèce de ce genre et la seule que nous possédions est le glanis ou silure d'Europe, surnommé la baleine des eaux douces, en raison des grandes dimensions qu'il peut atteindre. C'est, en effet, l'un des plus grands, sinon le plus grand de nos poissons d'eau douce. 11 peut avoir jusqu'à t mètres de longueur et il pèse souvent 15 kilogrammes et même plus. Ce poisson est lisse, tacheté de noir en dessus, blanc jaunâtre en dessous-, la tête est grosse, le museau est muni de six barbillons. Il appartient à l'ordre des malacoptérygiens abdominaux , c'est-à-dire des poissons qui ont les raj'ons des nageoires mous et les nageoires ventrales situées sous l'abdomen. Il habite non -seulement les eaux douces d'Europe, mais encore celles de l'Asie et de l'Afrique; il s'avance rarement dans la mer. On le trouve abondamment dans le Volga et dans le Danube. Il se rencontre aussi dans quelques lacs, notamment en Souabe, dans le Feder-See, et en Suisse, dans les lacs de Harlem, de Neuchâtel, etc. On ne le trouve point en Sibérie, dans les rivières qui se jettent dans la mer Glaciale, ni, dans le Midi, au delà du Rhin et des Alpes. Nul doute cependant qu'il ne puisse être naturalisé en France; divers essais tentés dans ce but permettent d'espérer sur ce point un résultat certain.
Le silure nage lentement. Il se nourrit de poissons et parait assez vorace, mais il" ne poursuit presque jamais sa proie. Il se place dans la vase, la gueule tournée en haut, prête à engloutir tout ce qui l'approche. Ses barbillons paraissent doués d'un tact exquis ; c'est surtout par eux qu'il est averti de l'approche de sa proie. Il se tiejit presque toujours dans la profondeur des eaux et ne monte à la surface qu'à l'approche des-orages. Il est assez difficile de le prendre dans des filets; mais l'hiver on le prend sans beaucoup de peine en faisant des trous dans la glace.
La chair du silure tient un peu de celle de l'anguille, mais est beaucoup moins délicate. En Hongrie, on fait sécher les parties grasses de ce poisson comme du lard ut on en assaisonne les légumes. On eu utilise encore plusieurs autres parties ; sa graisse est employée en guise d'huile dans les lampes. On prépare une colle très-tenace avec sa vessie. Les paysans russes et tartares l'ont des espèces de vitres avec sa peau séchée.
SIIAJRELLE s. f. (si-lu-rè-le — dimin. de silure). Infus. Prétendu genre d'infusoires, fondé sur un animalcule microscopique, qu'on a reconnu plus tard être une larve du cyclone.
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SILURES, peuple de l'ancienne Grande- Bretagne, au S.-O., vers l'embouchure de la Sabrina (Severn), dans la partie méridionale du pays de Galles actuel. Ce peuple fut soumis aux Romains l'an 75 de l'ère chrétienne par Frontinus. Leur capitale était Jsca, aujourd'hui Caerléon, dans le comté de Monmouth.
SILURIEN, IENNE adj. (si-lu-ri-ain, i-è-ne — de Silures, nom d'un peuple celte qui habitait le pays de Galles). Géol. Se dit d'un système de terrains de transition : Le terrain silurien comprend deux étages, l'inférieur et le supérieur. {A. Maury.) C'est pendant la période silurienne inférieure qu'ont opparu sur la terre les premières plantes et les premiers animaux. (L. Figuier.) Le terrain silurien inférieur existe en France dans le Languedoc, ainsi que sur le grand massif de la Bretagne. (L. Figuier.)
— Encycl. Le terrain silurien est placé entre le terrain dévonien et le terrain cambrien ; il est inférieur au premier et par suite moins ancien que le second. On avait d'abord regardé les étages dévonien et silurien comme faisant partie d'une seule formation, mais on est arrivé à adopter les idées de Murchison, qui en fait deux formations distinctes. La formation silurienne, en effet, se distingue de la précédente en ce que sa composition est moins cristalline ; elle consiste principalement en quartzites, schistes argileux et grauwackes; de plus elle contient un assez grand nombre de débris organiques, énormes, trilobites et spiriferes, etc.; enfin, elle a une stratification beaucoup plus distincte, .ce qui permet de constater qu'elle a formé des dépôts plus circonscrits sur les surfaces de transition inférieure, et en outre les couches de ces dépôts affectent des directions qui leur sont propres. A la base de ces dépôts, caractérisant la formation silurienne , dite aussi formation de transition moyenne, on rencontre des quartzites ou grès métamorphiques avec débris d'entroques, qui constituent un horizon géologique se retrouvant partout. Ces quartzites reposent on stratification, généralement discordante, sur les schistes cristallins de la formation cambrienne et sont recouverts en stratification concordante par les schistes argileux qui contiennent des débris organiques, et dont font partie les schistes ardoisiers d'Angers. Ces schistes ardoisiers à trilobites des environs d'Angers contiennent, sur plusieurs points, des calcaires noirs, compactes et esquilleux, avec trilobites et entroques. L'importance de la chaux dans ce pays, où le sol est argileux, a fait rechercher cette roche avec beaucoup de soin; on exploite tous les gisements, et sur chacun d'eux on a établi des fours à chaux. Comme le fait remarquer Elie de Beaumont, < ces fours à chaux sont d'un haut intérêt pour le géologue. Constamment placés sur la lisière du terrain ardoisier, ces fours forment une ligne continue parallèle à la stratification générale du terrain et à celle du schiste en particulier, et fournissent autant de points de repère qui guident dans l'étude du terrain silurien. »
Dans les environs de Caen, on peut parfaitement étudier ce terrain, car il est placé transversalement sur les tranches du schiste de la formation cambrienne. Les premières couches se présentent sous la forme d'un poudingue quartzeux, qui est composé de galets de quartz hyalin laiteux, reliés par un ciment de schiste argileux rougeâtre. Il y a en outre des grains de feldspath blanchâtre ou rougeâtre et des fragments peu nombreux de schiste argileux et de grau- Wacke. Immédiatement au-dessus, on rencontre quelques couches d'un grès quartzeux verdâtre. Enfin, au-dessus est un calcaire compacte gris clair, qui forme des couches peu épaisses que l'on rencontre à plusieurs reprises alternativement avec le grès précédent. Ce calcaire est ce qu'on nomme le calcaire marbre ; il ne contient aucun fossile,
A Vieux, bourg situé à l'ouest de la route de Caen à Condé-sur-Noireau, le calcaire est intercalé dans des couches de grès probablement en forme de vastes amandes, car on ne le retrouve plus à May, où le grès est très-développé. Ce grès de May est ordinairement solide et très-dur. 11 a une couleur rouge qui lui a fait souvent donner le nom de vieux grès rouge; mais ce dernier est moins ancien et forme un étage de la formation dévonienne. Du reste, cette couleur rouge n'est pas générale, et même dans les carrières de May il y a des couches à peine colorées. Dans les autres parties de la Normandie et de la Bretagne, les couches du même étage sont toutes d'un beau blanc. Dans ce grès, il y a beaucoup de fossiles qui ont été découverts par M. Hérault. Ces fossiles se rapportent aux espèces et genres suivants : asaphus Bronguartii, asaphus brevicaudutus, asaphus incertus, nautile; une orthocère de très-grande dimension, deux conulaires, un trochus, un cypricarde, une modiole, deux productus et ueux térébratules, l'une lisse, l'autre striée.
Le terrain .silurien est très-répandu en Angleterre; le Ilai'Z présente aussi un type remarquable de cette formation. Le massif rhénan du Taunus, du Hundsrùck, de l'Eiffel et du Westerwald est formé par des schistes abondants et desgiauwackes fossilifères. En Fratice, les grauwackes manquent dans le
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massif de transition de la Bretagne et de la Normandie.
Dans les Ardennes, ce terrain est très-développé et on l'a divisé en trois étages principaux portant les noms de salmien, révinien et devillien ; l'étage devillien est le plus ancien des trois. Cette division est due à M. Dumont. L'étage salmien est surtout répandu en Belgique; la roche qui, d'après AI. Dumont, doit servir de type est un psammite on schiste quartzifère et pailleté, à surface luisante et ondulée. C'est dans ce système que les traces de vie commencent à prendre un peu d'extension et que l'on voit paraître les premiers indices de calcaire. L'étage révinien est formé de schistes charbonneux avec pyrite. Enfin l'étage devillien est formé de quartzites, de phyllades; quelquefois il y a du fer oxydulé. La stratification ne concorde pas avec la schistosité; elle la coupe sous un angle très-faible, contrairement à ce qui a lieu dans l'étage révinien, où il y a concordance. Cet étage contient très-peu de fossiles ; c'est là qu'on exploite les ardoises.
Enfin, une classification un peu différente a été donnée par M. Rozet, qui a étudié ce terrain dans les ardoisières de Rimogne et les nombreux escarpements des montagnes de l'Ardenne. Il a d'abord constaté une énorme masse de schiste luisant, passant au, schiste ardoisé et quelquefois au phyllade. Puis, vers la partie supérieure, il a distingué un second étage dans lequel les quartzites deviennent de plus en plus abondants ; ils alternent d'abord régulièrement avec des masses schisteuses ayant environ la même épaisseur, puis ils forment des couches régulières séparées par des couches minces de phyllade. 11 y a quelques couches accidentelles de psammites grisâtres ou jaunâtres, souvent schisteux. En résumé, les deux étages de M. Rozet sont parfaitement liés entre eux et constituent une seule et même formation. Les deux classifications précédentes diffèrent seulement en ceci : « Le système moyen de M. Dumont comprend toutes les parties de l'étage inférieur de M. Rozet, que M. Dumont n'a pas rangées dans son système inférieur, et son système supérieur correspond à l'étage supérieur de M. Rozet. ■ (Elie de Baumont.)
SJLUROÏDE adj. (si-lu-ro-i-de — de silure, et du gr. eidos, aspect). Ichthyol. Qui ressemble ou qui se rapporte au silure.
— s. m. pi. Famille de poissons malacoptérygiens, ayant pour type le genre silure : Plusieurs de ces siluroïdes ont l'habitude de vivre longtemps hors de l'eau. (Valenciennes.)
— Encycl. Ichthyol. Cette importante famille de poissons sans écailles est surtout remarquable par certaines particularités ostéologiques. Ils sont privés de quelques os qui ne manquent à aucun autre poisson osseux ; ce sont le scapulaire, le coracoïdien et le sous-opercule des branchies. D'un autre côté, ils présentent quelquefois des développements extraordinaires de certaines parties osseuses; c'est de cette dernière propriété que proviennent les épines dont se trouvent armées les nageoires de presque toutes leurs espèces. lisse font encore remarquer par leurs intennaxillaires qui sont suspendus sous l'ethmoïde et forment le bord delà mâchoire supérieure, ainsi que par leurs maxillaires qui sont réduits à de simples vestiges ou allongés en barbillons. Le canal intestinal est ample, replié et sans cœcum. La vessie natatoire est grande et adhérente à un appareil osseux particulier. Presque toujours la première nageoire dorsale et les pectorales ont une forte épine articulée pour premier rayon, et il y a très-souvent en arrière une nageoire adipeuse, comme cela se voit chez les salmonés.
Les siluroïdes ont été classés en quatre groupes : les silures proprement dits, les malaptérures, les asprèdes ou platystes et les loricaires. Chacun de ces groupes renferme un grand nombre de genres et d'espèces, dont les uns ne se trouvent pas en Europe, tels sont les bagres, dont quelques autres ne sont pas connus en Amérique, tels sont les silures à ce qu'il paraît, et dont le plus grand nombre est commun en Asie.
Les espèces du genre bagre sont remarquables en ce que quelques-unes sont marines, tandis que le genre silure ne renferme que des poissons d'eau douce. Les siluroïdes sont les poissons que l'on rencontre dans les lieux les plus élevés. M. Heckel en a trouvé en Asie, dans des lacs, à £,000 mètres au-dessus du niveau de la mer, et M. Pentland dans des ruisseaux qui coulent à 4,500 mètres audessus du même niveau. Huinboldt a signalé des siluroïdes dans les grands lacs intérieurs des volcans américains, dont les éruptions en vomissent quelquefois par milliers. Plusieurs de ces siluroïdes ont l'habitude de vivre si longtemps hors de l'eau, que quelques-uns peuvent, en rampant entre lès herbes, traverser par terre des plaines assez étendues et se diriger vers de nouvelles flaques d'eau. D'autres ont l'habitude non-seulement de creuser la vase, mais de perforer des enduits assez durs, et ils ne peuvent être conservés dans les viviers , parce qu'ils en percent ies parois. Enfin, une esuèee de siluroïde se fait remarquer par ses effets électriques et par l'appareil qui les produit. Cet appareil est composé de feuillets membraneux et de
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feuilleta fibreux, et, quoiqu'il soit vivifié, comme chez les torpilles et chez les gymnotes, par des branches de la huitième paire , il diffère beaucoup de l'appareil électrique de ceux-ci par sa structure. Les siluroîdcs sont généralement paresseux et très-voraces; la plupart ont une chair assez agréable.
EILUS s. m. (si-luss). Moll. Coquille du genre volute.
SILV... V. à SYLV... tous les mots dérivés du latin sylva, forêt, et qui ne se trouvent pas ici.
S1LVA (Feliciano de), littérateur espagnol du xvi» siècle, né à Ciudad-Rodrigo. Ou ne possède sur lui que ce seul renseignement, qu'il fut historiographe de Charles-Quint. On lui doit : la Seconde comédie de la fameuse , Célestine (1536, petit in-8°); Chronique des vaillants chevaliers don Florisel de Nicée et : le valeureux Anaxarte (Séville, 15*6); Suite de la chronique de don Florisel de Nicée (Séville, 1546).
S1LVA (Jean-Baptiste), médecin français, né à Bordeaux en 1682, mort à Paris en 1742. Elève de la Faculté de Montpellier, il y reçut le bonnet de docteur à dix- neuf ans, fut appelé à Paris par le duc d'Orléans et devint médecin consultant de Louis XV. Sa haute réputation fut cause que l'impératrice de Russie lui fit des offres brillantes, qu'il refusa. Silva était sans doute un homme de talent, puisque Voltaire, dont il était le médecin, a dit de lui : « C'était un de ces médecins que Molière n'eût pu ni osé rendre ridicules. > L'auteur du Dictionnaire philosophique avait déjà écrit sur lui les vers suivants ;
Malade et dans un lit de douleur accablé.
Par l'éloquent Silva vous êtes consolé;
U sait l'art de guérir autant que l'art de plaire.
On n'a de Silva que l'ouvrage suivant : Traité de l'usage des différentes espèces de saignées, principalement de celle du pied (Paris, 1727, in-12).
SILVA (Donat) , littérateur italien , né à Milan en 1690, mort en 1779. Il fut un des collaborateurs de Muratori, qu'il aida à la publication des Chroniques du moyen âge. Il fournit aussi des notes sur la bulle de Pascal 1er, Sur le synode de Pavie, et aida Beretta dans la rédaction du Discours sur la géographie des siècles barbares. On doit, en outre, à Silva une dissertation sur saint Serène, insérée dans le Recueil des bollaudistes, et une nouvelle édition de la Chronique des Visconti par Azario (Milan, 1771) et des Statuts de Biandrate.
SILVA (Antonio-Jose da), poète portugais, né à Rio- Janeiro' en 1705, brûlé à Lisbonne, par l'inquisition, le 19 octobre 1739. Il appartenait à une de ces familles qui, bien que juives d'origine, avaient reçu du gouvernement portugais la permission de s'établir à Rio-Janeiro et avaient plus tard jugé utile d'embrasser le christianisme. Au commencement du xvme siècle, l'inquisition, qui s'était introduite en Portugal et dans les colonies sous Jean III, se mit à surveiller avec un zèle nouveau les chrétiens récemment baptisés et à. persécuter surtout ceux qu'elle soupçonnait de judaïsme. La mère d'Antonio José l'ut suspectée et transportée ù Lisbonne en 1713. Sa famille l'y suivit. Le père, qui était avocat à Rio-Janeiro, exerça, la même profession à Lisbonne.
Antonio-Jose, après avoir fait ses classes, fut destiné au barreau et envoyé à Coïmbre, où il s'occupa spécialement de l'étude du droit canon. Il prit ses grades, entra au barreau en 1726 et commença à travailler avec son père. Pour des motifs restés obscurs, il fut soupçonné de garder de l'attachement pour la religion mosaïque et traduit le 8 août 1726 devant le tribunal de l'inquisition. On lui fit son procès, et, quoiqu'il déclarât être sincèrement catholique, on le soumit à la torture pour lui arracher des aveux. Les tours d'estrapade qu'il eut à subir le disloquèrent tellement, que de longtemps il ne put même tenir une plume à la main. La seule chose que purent lui reprocher les inquisiteurs, c'est que, pendant la torture, il n'avait invoqué que le nom de Dieu et jamais celui de la Vierge ou celui d'un saint. Dans un auto-da-fé qui eut lieu le 13 octobre 1726, Antonio-Jose répéta solennellement son abjuration et fut rendu à la liberté.
11 retourna chez son père, se maria et, tout en exerçant sa profession d'avocat, ne tarda pas à se faire connaître par ses œuvres dramatiques. Il avait étudié Métastase, Molière, Rotrou, et, de 1733 à 1737, il lit représenter des opéras, des comédies et lit des traductions qui eurent quelque succès; ce sont : le Labyrinthe de Crète, opéra; les Changements de Protée, opéra; les Guerres d'Alecrin et de Mangtrona,oyèrix; Don Quichotte, comédie, une dfcs meilleures pièces du théâtre portugais; elle a été traduite en français par M. Ferdinand Denis ; la Vie d'Esope, comédie; les Encltanlements de Médée, opéra imité de Corneille; Amphitryon, comédie imitée de Molière (1737). Cette dernière pièce fut fatale h son auteur. Les inquisiteurs, qui avaient toujours l'œil sur lui, crurent y apercevoir quelques allusions aux mauvais traitements subis par da Silva lors de sa comparution devant leur tribunal. Da Silva fut arrêté le S octobre 1737 et accusé une seconde fois de
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retour au judaïsme. On chercha longtemps des preuves. Les pièces du procès, conservées aux archives de Torre-do-Tombo, apprennent que les geôliers avaient l'ordre de l'observer au moyen d'ouvertures pratiquées aux angles de la voûte de son cachot. Tous déposèrent avoir souvent entendu et vu Antonio-Jose s'agenouiller, f;iire le signe de la croix et prononcer des prières chrétiennes ; quelques-uns seulement dirent qu'à certains jours il u'avait pris aucune nourriture. Ce jeûne, qui pouvait s'expliquer très-naturellement, fut interprété comme une suite des prescriptions de Moïse et constitua la principale preuve de culpabilité. Rien ne put tirer le poète des mains de l'inique tribunal. Le l! mars 1739 fut prononcé l'arrêt qui remettait aux tribunaux séculiers le soin de prononcer contre lui la peine de mort, et le 19 octobre suivant, il fut brûlé sur lu place publique. Sa mère et sa femme furent condamnées, pour le même soupçon de judaïsme, à la prison perpétuelle.
SILVA (Antonio de Figueiredo e), savant portugais, né à Coïmbre en 1807, mort en 1857. Lorsqu'il eut achevé ses classes dans sa ville natale, il alla étudier In médecine à Montpellier, où il fut reçu docteur. De retour dans son pays, il devint professeur à l'institut agricole de Lisbonne, membre et secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences de cette ville. Ayant été chargé d'une mission scientifique à Wirsbaden, il y fut atteint d'un accès d'aliénatioL mentale, pendant lequel il se suicida. Outre des articles publiés dans divers journaux et recueils, on lui doit: Cours élémentaire d'agricu",ure et d'économie rurale (Lisbonne, 1840), traduit du français de P.Riispuil; Bibliothèque agronomique (1850) ; Cours d'économie agricole (1850) ; Eludes sur te lin de la Nouvelle-Zélande (1855); Rapport sur les travaux relatifs aux sciences médicales, mathématiques , physiques et naturelles de l'Académie des sciences de Lisbonne depuis son installation (1854), etc.
SILVA (Innocencio-Francisco da), bibliographe portugais, né à Lisbonne en 1810. Fils d'un petit commerçant, il suivit les cours de l'Ecole de commerce, apprit le français, le dessin, puis étudia, de 1830 à 1833, les mathématiques à l'Ecole de marine. En 1834, il s'engagea dans l'armée libérale et, plus tard, il obtint un emploi dans l'administration civile de Lisbonne, dont il l'ait encore partie. Pendant ses loisirs, M. da Silva s'est adonné à des travaux philologiques qui lui ont valu d'être nommé membre de l'institut de Coïmbre, de l'institut historique du Brésil et de l'Académie des sciences de Lisbonne. Outre de nombreux articles littéraires et politiques, on lui doit des éditions des Poésies du I). J. A. da Cunha (Lisbonne, 1839, in-8»), des Poésies de Barbosa du Bocage (1853, 6 vol.), avec notes; une Petite chrestomathie portugaise (1850, in-8»), et un Dictionnaire bibliographique portugais (1858 et suiv., 8 vol., avec 2 de supplément), ouvrage fort remarquable et tres-estimé, qui a fondé sa réputation.
SILVA (Clément), avocat et homme politique français, né à Chambéry en 1829. Il fit ses études de droit à Turin, ou il prit le grade de docteur, puis revint dans sa ville natale, où il a exercé avec un grand succès la profession d'avocat. M. Silva s'était fait connaître, sous l'Empire, par ses opinions républicaines lorsqu'il fut élu député de la Haute- Savoie, le 8 février 1871, par 21,402 voix. Il alla siéger dans les rangs de la gauche républicaine et il a fait constamment partie des défenseurs des institutions nouvelles contre la majorité réactionnaire de l'Assemblée.
M. Silva a prononcé quelques discours, notamment contre l'admission à titre définitif des princes d'Orléans dans l'armée, sur le budget des recettes de 1875, etc. Quelques lettres de lui ont été très-remarquées. Nous citerons celle qu'il adressa en juin 1873 au journal la Zone sur le coup d'Etat parlementaire du 24 mai et sa spirituelle et mordante lettre au comte de Chambord en octobre 1873. M. Silva a voté contre les préliminaires de paix, la validation de l'élection des princes d'Orléans, la dissolution des gardes nationales, le pouvoir constituant de l'Assemblée, pour le retour de l'Assemblée à Paris, la proposition Rivet, pour M. Thiers lorsque cet homme d'Etat fut renversé par la coalition monarchique le 24 mai, contre la prorogation pour sept ans des pouvoirs du maréchal de Mac-Mahon, contrôla politique de réaction suivie par le cabinet île M. de Broglie, qu'il contribua à renverser le 16 mai 1874, pour la proposition Casimir Périer et la proposition Maleville demandant la dissolution de l'Assemblée (juillet 1874), pour la constitution du 25 février 1875 , contre la loi de l'enseignement supérieur (13 juin 1875), etc.
SILVA (Francisco-Augusto Nogukiea da), caricaturiste et graveur portugais, né en 1830, mort en 1868. Il montra de bonne heure de grandes dispositions pour le dessin et, dès l'âge de douze ans, il commença k donner des preuves de sou talent. Da Silva a enrichi d'un grand nombre de gravures le journal illustré intitulé Archivo pittorescot qui a été fondé en 1858, et il a donné dans le Journal pour rire de Lisboune une foule de spirituelles caricatures, dont le succès a été très-vif. Cet artiste fut un des fondateurs de l'Association
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de civilisation populaire, qui a puissamment contribué à répandre l'instruction dans les classes pauvres.
SILVA (Louis- Auguste Rebello da), écrivain et homme politique portugais. V. Rebello da Silva.
SILVA (Joab-Antonio dos Santos e), homme politique portugais. V. Santos e Silva.
SILVA (Juan-Manuel Pkrëira da), jurisconsulte brésilien. V. Pbreira da Silva.
SILVA (José Suabra da), homme d'Etat portugais. V. Skabra da S:lva.
SILVA (Rodrigo Mkndks), généalogiste portugais. V. Mendks Silva.
SILVA BRUSCHY (Manoel-Maria), jurisconsulte portugais, né k Rio-Janeiro en 1814, mort en 1873. Lorsqu'éclata la guerre civile au Portugal, il s'enrôla dans l'armée de doin Miguel, puis il alla continuer ses études à Paris, où il suivit les cours de l'Ecole centrale. En 1837, il passa en Espagne, servit comme volontaire dans l'armée de don Carlos, se fit remarquer par sa bravoure sous les ordres de Caprera et fut fait prisonnier. Rendu k la liberté, Silva Bruschy retourna en Portugal étudier le droit à Coïmbre, puis alla exercer k Lisbonne la profession d'avocat. Eloquent et instruit, il ne tarda pas à acquérir uue grande position au barreau da cette ville. On a de lui, entre autres écrits, un Manuel de droit civil très-estime et une Histoire de la guerre franco-prussienne, qu'il laissa inachevée.
SILVA FERRAO (Francysco-Antonio-Fernandes), jurisconsulte portugais, ne à Coïmbre en 1798, mort en 1874.11 lit ses études de droit à l'université de Coïmbre, où il prit le grade de docteur et exerça avec distinction la profession d'avocat. Son savoir lui valut d'être nommé procureur général du trésor, conseiller du tribunal de cassation, ministre d'Etat honoraire et pair du royaume. A ce dernier titre, il prit une grande part aux travaux et aux discussions juridiques de la Chambre haute. Ses principaux ouvrages sont : Usage et abus de la presse (1850) ; Théorie du droit pénal appliquée au code pénal portugais (1857); le Cadastre et la propriété foncière; Projet de loi pour un emprunt national (1857), etc.
SILVA F1GUEROA (Garcia dk), diplomate et voyageur espagnol. V. Figuekoa.
SILVA MENDES LEAL (José da), littérateur et hoiumme politique portugais. V. Mendes Leal.
SILVA MOUSINHO D'ALBUQUERQUE(Luiz
da), littérateur et homme d'Etat portugais. V. Mousinbo d'Albuquerqok.
SILVA PERE1KA (Francisco-Xavier da) , comte das Antas, général et homme politique portugais, né à Valencia da Minho en 1793, mort en 1852. Il prit de bonne heure du service, se distingua pendant les guerres de la Péninsule en combattant contre les miguelistes et arriva rapidement aux grades supérieurs. Elu h diverses reprises-député, il se rangea dans le parti libéral, contribua au mouvement qui amena la chute du ministère Cabrai (1846) et devint alors président de la junte de Porto. Silva Pereira fut appelé k occuper un siège à la Chambre des pairs, et il était, lorsqu'il mourut, lieutenant général et inspecteur général de l'infanterie.
SILVA -TABORDA (Francisco-Alves da), auteur dramatique portugais. V. Taborda.
Silvacane (ANCIENNE ABBAYE DE), célèbre
abbaye de France, dont les ruines s'élèvent non loin de la prise d'eau du canal de Craponne , commune de La Roque-Anthéron.
L'abbaye de Silvacane fut fondée au x« siècle par les frères pontifes de Boupas, dans des marais remplis de joncs et de roseaux (sitva cana). Les frères pontifes desséchèrent ces marais, et en 1147 Bertrand de Baux commença l'abbaye actuelle. « Placée dans un site admirable, dit M. Rostau (Bulletin monumental, t. XVIII), l'abbaye de Silvacane offre un vif intérêt pour l'histoire de l'art monumental en Provence et pour l'architecture cistercienne, dont elle est un curieux et important spécimen. Son style, noble et sévère, comme celui de toutes les abbayes dépendant du Citeaux, respire l'humilité monacale, mais non toutefois cette nudité absolue, ce dépouillement suprême ou cet aspect féodal et guerrier qui s'allie k la physionomie d'un grand nombre de ces abbayes. » Rachetée par l'Etat il y a quelques années, l'église est aujourd'hui classée au nombre des monuments historiques. Elle se compose d'un bâtiment flanqué extérieurement de nombreux contre-forts et divisé intérieurement eu trois nefs coupées par un transsept. Deux murs droits terminent les chapelles du transsept et celles du chevet. Une petite tour carrée, jadis surmontée d'une flèche disparue, domine le transsept. Intérieurement, l'abside principale est décorée d'une sorte de niche ogivale du xve siècle, fort élégante et qui tout récemment a été restaurée. Malheureusement l'Etat, eu négligeant d'acquérir le cloître en même temps que l'église semble avoir k jamais consacré les actes de vandalisme et Je profanation de tout genre dont ces ruines sont chaque jour victimes. C'jst ainsi que la salle capitulaire, immense, majestueuse, d'un style imposant, et que
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quelques réparations suffiraient à rendre a son premier état, est aujourd'hui occupée par une écurie de bestiaux. La partie septentrionale des bâtiments claustraux, composée du réfectoire et de la cuisine, vastes pièces du style ogival, n'ont pas une destination moins vulgaire. Il est à souhaiter que le budget des monuments historiques permette au plus tôt l'acquisition de ces remarquables ruines, complément indispensable de l'église précédemment sauvée de la dégradation.' Les jardins de l'abbaye, aujourd'hui morcelés en partie, renferment une belle source jaillissant du pied d'un rocher.
SILVAIN. V. Sylvain.
Siivnnn, opéra allemand, musique de Ch.-M. de Weber. V. Sylvana.
SILVANECTES, peuple de la Gaule, dans la Belgique 11", au S. des Bellovaci, k l'O. des Viducasses, au N. des Meldi et des Parisii et à l'E. des Veliocasses. Leur ville principale était Augustomagus ou Silvanecte, aujourd'hui Seulis. Leur territoire est compris dans la partie S.-O. du département de l'Oise.
SILV ANES, village et commune de France (Aveyron), canton de Camarès, arrond. et à 25 kiloin. S.-E. de Saint-Affrique, au milieu de collines boisées, sur un petit ruisseau, affluent du Dourdou; 429 hab. Ce village se forma au moyen âge autour d'une abbaye de bernardins, fondée en 1136 et convertie actuellement en établissement de bains qu'alimentent deux sources d'eaux thermales ferrugineuses, l'une de 40", l'autre de 35<> centigrades. Ces eaux sont efficaces contre la paralysie, les rhumatismes chroniques, les sciatiques, les maladies sorofuleuses et rachitiques. Une source d'eau minérale froide, appelée Cainarèa, prépare d'ordinaire aux bains de Silvanès.
SILVANI (Gherardo), architecte et statuaire italien, né k Florence en 1579, mort en 1675. Il exécuta dans sa patrie un grand nombre de statues et d édifices remarquables, restaura le Palais Albizzi, construisit \'E~ glise et le Couvent des Théatins, le palais dit aujourd'hui Marucelli, uu des pluâ beaux de la Toscane, répara la cathédrale et fit élever la façade du Palais Gianfigliazzi.
SILVANO-D'ORBA, bourg du royaume d'Italie, province d'Alexandrie, district de Novi, mandement de Castelletoil'Orba; 2,173 hab.
SILVAT1CUS (Jean-Baptiste), médecin italien, mort k Milan en 1621. Il fit ses études médicales k Pavie, y fut reçu docteur et y devint professeur de médecine pratique. Nous avon3 de lui plusieurs écrits, dont les principaux sont : De secanda in putridis febribus salvatella, deque nostro in secandis veuis modo cum antiquo comparato (Milan, 1583, in-4°); Tractatus duo de matena turgenteet deanevrysmate (1595, in-4<>); Tractatus de compositione et usu theiïucm (Heidelberg, 1597, in-8°) ; Calent historim médicinales enarralx (Hanau, 1605, in-fol.).
SlLVElRA(Joachim- José -Antonio Lobo da), comte d'Oriola, diplomate portugais, né dans la seconde moitié du xvmo siècle, mort k Berlin dans la première moitié du xixe siècle. Il assista comme envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire au congrès de Vienne en 1815 et remplit diverses autres missions diplomatiques. On lui doit : Skirre von Brasilien (Stockholm, 1808).
SILVE1KA (Jose-Xavier Mousinho da), homme d'Etat portugais, né k Castello-de- Vide le 12 juillet 1780, mort à Lisbonne le 4 avril 1849. il fit ses études de droit à l'université de Coïmbre et devint, en 1808, juit de fora (juge civil et criminel) à Marvaô, d'où il passa, au même titre, à Setubal en 1813. Da Silveira fut témoin de l'invasion des troupes françaises commandées par Junot et du grand mouvement de résistance nationale qui se produisit avec l'aide des Anglais en juin 1813. U était provéditeur à Purtalegre lorsque éclata, en 1820, la révolution qui établit le gouvernement constitutionnel. Admirateur des grands principes de la Révolution française, da Silveira s'empressa d'adhérer au mouvement et fut nommé directeur général des douanes. Entièrement occupé par ces fonctions, il resta à l'écart des luttes pulitiques pendant plusieurs années. A la suite de la tentative faite par don Miguel pour restaurer le pouvoir absolu, le roi Jean VI forma un nouveau ministère dans lequel il donna le portefeuille des finances k Alousinho da Salveira. Celui-ci refusa d'abord, mais finit par accepter sur les instances du roi, qui promit do combattre les projets liberticides du parti dit apostolique et de donner au pays une charte constitutionnellelibérale. Il conserva son portefeuille après la retraite de ses collègues mais son langage hardi et ses idées libérales soulevèrent contre lui des haines ardentes dans le parti qui dominait k la cour. Dénoncé comme franc-maçon par le ministre de la justice, il donna sa démission. Après le triomphe de don Mtguel et du parti absolutiste (avril 1824), da Silveira se vit compris dans les persécutions dirigées contre les libéraux. Conduit à bord d'uu vaisseau anglais il y resta jusqu'à ce que Jean VI eût comprima la révolte de son fils. U reprit alors la direction des douanes, qu'il conserva jusqu'en isis. A cette époque, les absolutistes ayant pris Je pouvoir, il éti.igra en France et vécut à Paris jusqu'au moment où doin Pedro arriva du
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Brésil pour prendre en main la cause de sa fille doua Maria. Dora Pedro l'envoya en Angleterre avec de pleins pouvoirs pour négocier un emprunt et obtenir l'appui du gouvernement britannique contre dom Miguel et, lorsqu'il commença à exercer la régence au nom de sa tille, il le choisit (3 mars 1832) pour occuper le ministère des finances et pour prendre par intérim le portefeuille de la justice. Da Salveira profita des circonstances et de l'influence qu'il exerçait sur dom Pedro pour faire une foule de réformes utiles qui devaient régénérer le Portugal. C'est ainsi qu'il lit abolir les dîmes, séparer les fonctions judiciaires des fonctions administratives , réorganiser la magistrature, détruire les monopoles, établir la liberté de conscience et celle de l'enseignement, etc. Le 1er janvier 1833, il donna sa démission pour ne pas s'associer à des mesures violentes nécessitées par la guerre civile. Peu après, il reprit la direction générale des douanes, se rendit en France en mars 1833 et reprit possession de ses fonctions à la fin de l'année suivante. Elu député par la province d'AIentejo, il exerça une grande influence sur les discussions, non par son talent oratoire qui était médiocre, mais par l'ascendant de son expérience des affaires et le large libéralisme de ses idées. En 1836, il refusa un siège à la Chambre des pairs. Lors de la révolution de septembre 1836, il retourna en France, où. il resta jusqu'en 1839. A cette époque, il retourna en Portugal, où le rappelait son élection aux cortès. Mais sa santé s'était alors profondément altérée, et il ne tarda pus à s'enfermer dans ia retraite. Un monument a été érigé en son honneur sur une des places de la petite ville de Genâo.
SILVEIRA (Joaquira-Henriques Tradesso da), savant portugais, né à Lisbonne en 1825. Admis à l'Ecole polytechnique en 1839, il entra dans lu marine en 1842 et obtint au concours, n'ayant pas encore vingt ans, une chaire à l'Ecole polytechnique. De 1844 à I8S3, M. Silveira s'occupa exclusivement de travaux scolaires et fonda la Revista popular, journal qui eut un rapide succès. En I8G4, il se fit remarquer par les services qu'il rendit à l'occasion d'une exposition de tissus à Lisbonne. Nommé député l'année suivante , M. Silveira a pris un rang distingué à la Chambre tant comme orateur que par la variété de ses connaissances. C'est lui qui a été chargé d'introduire dans son pays le système métrique des poids et mesures et quia dirigé pendant plusieurs années, avec le litre d'inspecteur, les travaux faits pour faciliter la mise en pratique de cette réforme. Pendant l'Exposition internationale de Porto, en 1867, il rendit d'importants services au commerce et à l'industrie. En 1872, il a fait un voyage en Belgique, d'où il a rapporté une intéressante collection d'engins industriels, et, l'année suivante, il a été nommé commissaire du gouvernement portugais près de l'Exposition universelle de Vienne. M. Silveira est membre de l'Académie des sciences de Lisbonne et de plusieurs autres sociétés savantes, du conseil général du commerce et de l'industrie, fondateur et président de la Société protectrice de l'industrie manufacturière, etc. Outre des articles scientifiques publiés dans la Revue populaire, les Annales de l'observatoire météorologique de Lisbonne, etc., on lui doit, entre autres ouvrages : Traité sur les nouveaux poids et mesures; Liberté du commerce, etc.
SILVE1RA-P1NTO (Agostino-Albano da), savant et homme politique portugais, né à porto en 1785, mort a Aguas-Sanctas en 1852. 11 se fit recevoir successivement à l'université de Colmbre docteur eu droit, en médecine et en sciences mathématiques, exerça la médecine à Porto, puis professa le français à l'Académie de marine et de commerce dans la même ville. Par la suite, M. Silveiia- Pinto devint directeur de l'Ecole de médecine et professeur d'agriculture. Elu député aux cortès en 1838, il fut constamment réélu jusqu'à sa mort. Les capacités dont il fit preuve lui valurent d'être nommé membre du tribunal du trésor public, vice-président de la cour des comptes, ministre et secrétaire d'Etat de la marine et des colonies. Indépendamment de nombreux articles dans divers journaux, on lui doit des ouvrages, dont les principaux sont : Nouveaux éléments de grammaire française (Lisbonne, J815); Eléments de chimie et de botanique (1827); Notions sur le choléra-morbus indien (1833); Code de pharmacie (Porto, 1842) ; Pharmacographie du code pharmaceutique lusitanien ( 1836) ; la Dette publique portugaise (1839) ; la Crise financière en 1841 (1841); Exposition iyiioplique du système général des finances en Portugal (1847), etc.
SILVÈRE (suint), quarantième pape, né dans la seconde moitié du m<* siècle, mort en 538. 11 fut élevé au souverain pontificat en 536, par la seule faveur du roi goth Théodat, sans la participation du clergé et du peuple. A peine en possession de la tiare, Silvère trahit son bienfaiteur en livrant Rome à Bëlisnire. Cette ingratitude ne tarda pas à être punie par ceux mêmes qui en avaient profité. .Persécuté par l'impératrice Théodora, qui voulait donner le siège à une de ses créatures, il fut relégué à Patare, puis dans une Ile • e ia mer de Toscane, où on le lit mourir da iaun.
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SILVERET s. m. (sil-ve-rè). Comm. Etoffe croisée, ù chaîne de soie et trame de coton.
SILVERSTOLVE (Frédéric-Samuel), homme politique suédois, né k Stockholm en 1760, mort en 1851. Il appartenait à une famille écossaise établie en Suéde depuis plus de deux siècles. Après avoir fait ses études à l'université d'Upsal, il devint élève de l'Académie des beaux-arts de Stockholm. Entré dans1 l'administration, il fut nommé chargé d'affaires près de la cour de Vienne, puis près de celle de Saint-Pétersbourg. 11 se lia dans celte dernière ville avec le compositeur Neukomm. Il fut ensuite chargé de réorganiser l'administration de l'île de Gothland, dont la Suède venait de reprendre possession. Sous Charles IX, Silverstolpe fut nommé surintendant de l'Académie de beaux-arts de Stockholm. Il remplit ces fonctions pendant vingttrois ans. Il a traduit en suédois la Messiade de Klopstock, les Méditations de Lamartine, le Premier navigateur de Gessner, et a publié les biographies du compositeur Ivraus et du roi Charles-Jean XIV.
SILVERSTOLPE (Alexandre-Gabriel), historien, grammairien et homme politique suédois, né eu 1772, mort en 1824. Ses études terminées à Upsal, il entra dans l'enseignement, fut nommé recteur de la haute éeole de Linkôping et devint membre du comité de l'instruction publique. A. ta diète, où il siégea, il se signala par son active propagande pour l'amélioration de l'enseignement populaire et prit, part à la rédaction de la. constitution actuelle de la Suède. Ses principaux ouvrages sont : Abrégé de l'histoire de Suède; Abrégé d'histoire universelle et de chronologie (Stockholm, 1805, in-so); Géographie générale (1804, in-8°) ; Théorie invariable de l'épellation de (a langue suédoise (Stockholm, 181 1); Essai des principes de la grammaire générale (Stockholm, 1814).
SILVES s. f. pi. (sil-ve — ital. selva; du lat. sylva, forêt). Littér. Recueil de pièces latines détachées, qui n'ont aucun rapport entre elles : Les Silves de Stace.
Silveit (les) de Stace (vers 90 après J.-C.). C'est un recueil de poésies diverses sur toutes sortes de sujets. Stace y déploie une rare élégance, et s'il eut de son vivant la réputation d'un grand poëte, s'il conserve même auprès de la postérité celle d'un poète habile et d'un remarquable versificateur, il le doit moins à ses poèmes héroïques qu'à ce recueil de 'poésies.
Il y a dans ce recueil, divisé en cinq livres, trente-deux petits poBmes, la plupart en hexamètres. Chaque livre est précédé d'une préface, sorte de dédicace, en prose, k un des amis du poëte. « Une excuse à propos de ses poésies, écrites, dit J'autcur, à la hâte, et qui semblent pourtant trop soignées; des vers sur la statue colossale de Domitien, sur la maison d'un de ses bons amis, sut' les bains de Claudius Etruscus, sur les calendes de décembre, voilà ce qu'on trouve dans le premier livre. Dans le second, une consolation à un de ses amis, qui pleurait la mort d'un enfant plein de grâce et de ce charme dont les victimes prédestinées sont parées ou marquées comme d'un sceau fatal ; des vers sur l'arbre, sur le perroquet de cet ami; des vers sur la mort d'un lion apprivoisé, sur la perte d'un esclave. Le troisième contient des vers sur l'Hercule de Sorrente, sur le départ d'un commandant pour sa légion, sur la mort d'un père, sur les cheveux d'Earinus, sur un miroir et autres sujets de ce genre. » Le reste à l'avenant. Il est inutile de pousser plus loin cette analyse; ces indications suffisent pour montrer Je caractère de ce recueil. C'est un mélange de poésies diverses, toutes pièces de circonstance, d'abord écrites rapidement et comme d'inspiration, puis reprises et travaillées à loisir. C'est la plus soignée des oeuvres de Stace et celle qui a réuni le plus de suffrages. Elle en a rencontré de considérables; elle a trouvé de véritables admirateurs; ils y voient des sentiments nobles et affectueux, une mélancolie saisissante, une versification douce et facile, sauf quelques endroits où le poëte sacrifie trop au goût de son siècle. C'est à Sterne, à Young, à Hervey qu'il faut s'adresser pour rencontrer les analogues de cette originale production.
Ainsi en parlent certains critiques ; d'autres lui font une inoins belle part. ■ Les sujets de ces petits poèmes, dit M. Pierron, sont des néants, et c'est pour cette raison précisément qu'il les a si bien traités. Stace n était jamais plus à l'aise que lorsqu'il s'agissait de dire ce qui ne valait pas la peine d'être dit, » M. Nisard dit également : < C'est une bonne fortune pour Stace d'avoir à traiter un très-petit sujet. Sa grande réputation vient surtout de ce qu'il sait tirer quelque chose de rien. Pour un poëte qui trouve à faire des vers par centaines sur un arbre, sur des bains, sur les larmes d'un ami, une chevelure d'eunuque pouvait être la matière d'une épopée, La pièce de Stace sur les cheveux d Earinus est un poëme complet. Ce poëme est plein de grâce et d'esprit; mais c'est de la grâce où il n'y a pas de sentiment, et de l'esprit où il n'y a pas de raison. Il faut moins y chercher des pensées que d'agréables effets de style, des vers harmonieux, une poésie d'images et de rhythmes plutôt que d'idées; de l'improvisation italienne étincelante; un jeu de la mémoire dans une tète vive. »
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Quoi que l'on pense de la poésie de Stace, il faut, pour la juger, la lire dans son texte; il est impossible d'en rien citer, parce qu'il est impossible d'en rien traduire. Que restet-il d'une telle poésie, une fois dépouillée de son ibytbme, de son charme musical, de toutes ses élégances, d'une forme qui l'emporte sur le fond, ou plutôt qui est le fond même, qui est tout?
SILVESTRE (Israël), dessinateur et graveur, né à Nancy en 1621, mort à Paris en 1691. Son œuvre se monte à plus de 1,000 pièces. Il dessina et grava pour Louis XIV les Maisons royales, ainsi que les Fêtes données et les Places conquises 'sous Son règne. On cite encore de lui : les Plaisirs de l'île enchantée, une grande Vue de Home, en 4 pièces, la Vue du Campo Vaccino de Rome, etc.
SILVESTRE (Augustin-François, baron de), agronome français», né en 1762, mort à Paris en 1851. A l'âge de vingt ans, il était lecteur et bibliothécaire de Monsieur. Il s'adonna aux sciences exactes naturelles, et, sous la Révolution, il fut appelé au sein de la Société d'agriculture, dont il devint secrétaire perpétuel. En 1793, il professa l'économie rurale au lycée républicain, fut nommé directeur de la maison d'instruction des élèves de l'Ecole des mines (1795), et, peu après, devint chef des bureaux de l'agriculture et des haras au ministère de l'intérieur, puis membre du Conseil supérieur de l'agriculture- et du commerce. Lors de la Restauration, Louis XVIII lui conféra le titre de baron et le nomma bibliothécaire et lecteur royal. Après 1830, Silvestre vécut dans une retraite absolue. Ses principaux ouvrages sont: Observations sur l'état de l'agriculture en France (Paris, 1793, in-8") ; Essai sur les moyens de perfectionner les arts économiques en France (Paris, 1801, in-s°); Rapport sur les travaux de la Société impériale d'agriculture (Paris, 1805, in-8»).
SILVESTRE (Théophile), littérateur et journaliste français, né à Fossat (Ariége) en 1823. Après la révolution de 1848, il fut nommé, grâce à une chaleureuse aftiruiatto.il de ses opinions républicaines, sous-coinmissaire, puis commissaire adjoint de la République. M. Silvestre se renditensuite à Paris , écrivit dans divers journaux et s'occupa particulièrement, dans les premières années de l'Empire, de critique d'art. U ne tarda pas à se rallier complètement au gouvernement qui faisait peser sur la France un étouffant despotisme, fut chargé, de 1857 à 1859, par le ministre d'Etat, d'une mission en Europe pour-y éiudier les musées et autres institutions des beaux-arts, puis fut nommé inspecteur général. U collabora en outre au Figaro, puis acheta le Nain Jaune, dont il fit un journal destiné « au service exclusif des intérêts de l'empereur,» vit s'évanouir tous les anciens abonnés de cette feuill« et perdit une assez forte somme. Ainsi que nous l'apprennent des lettres de M. Silvestre, publiées dans le recueil des Papiers trouvés aux Tuileries, il ne cessa, à partir de ce moment, de solliciter des secours du chef de l'Etat, qui lui fit une pension de 1,000 francs par mois (1867), convoita sans succès la place d'historiographe de la ville de Paris ou la direction du musée des antiquités de l'hôtel Carnavalet, et commença une Histoire des idées, des caractères, des faits et gestes de la seconde République, suivie du Second Empire, le tout en l'honneur de « Sa Majesté, père et sauveur de la patrie. » M. Silvestre publia ensuite un ceitain nombre d'articles politiques contre les principaux membres de l'opposition dans le journal hebdomadaire le Dix-Décembre, qui n'eut qu'une courte existence. Dans une lettre adressée à Napoléon III, le io décembre 1869, il sollicitait encore de nouveaux secours, le subside de 1,000 francs qui lui était alloué par mois ne lui ayant plus été servi depuis le 1er juin précédent. Depuis la révolution du 4 septembre 1870, M. Silvestre n'a plus fait parler de lui, si ce n'est à l'occasion de ses lettres trouvées aux Tuileries. « Il est de notoriété, écrivait-il le 2 janvier 1867, que je suis une des trois ou quatre plumes qui ont résisté au relâchement universel des lettres. La pauvreté, et aussi la fierté démon tempérament, expliqueront suffisamment à votre juste impatience mes longs chômages. Vous savez combien le silence pèse à ma gratitude et compromet ma vocation. M. Mocquard avait compris que j'étais fait pour être l'historiographe d'un souverain, comme il y en eut sous la vieille monarchie. Je lui rappelais quelquefois Fiévée. • Comme on le voit, la modestie est le moindre défaut de cet écrivain médiocre, plein d'admiration pour sa plume austère et son fier « tempérament, » Nous citerons parmi ses écrits, qui ont été loin de jeter un vif éclat sur les lettres françaises : Première lettre aux citoyens du département de l' Ariége (1849, in-8°); Histoire des artistes vivants, français et étrangers, éludes d'après nature (1856, in-s»), ouvrage non terminé ; Mémoire contre Horace Vernet (1857, in-8"), libelle qui fut supprimé par arrêt de la cour d'appel ; l'Art, tes artistes et l'industrie en Angleterre (1859, in-12); les Artistes français (Bruxelles, 1861, in-12); Eugène Delacroix (1864, in-12); ia Conspiration des quarante [Académie française] (1864, iû-8<>), etc.
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SILVESTRE. Pour plusieurs personnages de ce nom, v. Sylvestre,
SILVESTRE DE SACY. V. Sacy.
S1LVESTHI (Camille, comte), littérateur italien, né k Rovigo en 1645, mort en 1719. On a de lui l'ouvrage suivant : Giuoenale e Persio spiegati con la dovuta modestia, ed illnstrati con varie annotaaioni (Padoue , 1711, avec grav. ; 2e éd. dans le Corpus omnium veter, poet. latinor. cum versione italica, Milan, 1739, in-40-, 3<* éd., Vttï>ise,115&, 3 v. in-80).
SILVI, bourg du royaume d'Italie, province de l'Abruzze Ultérieure 1", district de Teramo, mandement d'Atri ; 3,076 hab.
SILVIA, personnage de la comédie italienne. C'est un rôle d'amoureuse qui fut créé en 1716, à Paris, par Rosa Benozzi; celle-ci le tint pendant quarante-deu"X aii3 avec succès. Les pièces de Marivaux présentent fréquemment ce type de Silvia, qui tantôt est maîtresse, tantôt soubrette, tantôt paysanne naïve ou bergère innocente. On connaît trop les caractères principaux des femmes de ce spirituel auteur pour qu'il soit besoin d'insister sur la nature de l'emploi des Silvia. U fut usité dans le répertoire longtemps après que Marivaux eut cessé d'écrire, et eut une pleine vogue pendant tout lé xvme siècle, époque où le public, lassé des grandes œuvres de l'intelligence, goûtait plus volontiers les petits tableaux fantaisistes.
SILV1NE s. f. (sil-vi-ne). Miner. Ghlorut» de potassium.
S1LVINIEN s. m. (sil-vi-ni-ain). Archéol. Monnaie du prieuré de Souvigny.
S1LVIO (Dominique), doge de Venise de 1071 à 1084. Il fut l'allié ues Grecs contre Robert Guiscard. La flotte vénitienne ayant été défaite en 1084, Vital Faledro réussit, par ses intrigues, à faire déposer Silvio et lui succéda.
SILVIO (Jean), peintre italien, né à Venise au commencement du x.ve. siècle. Il fut l'un des meilleurs peintres de l'école de Venise, L'examen de ses tableaux fait supposer qu'il fut élève du Titien. Le principal tableau de Silvio, peint en 1532 pour l'église de Piovs di Sacco, a pour objet: Saint Martin sur U siège épiscopal, ayant à ses câtës les apôtres saint Pierre et saint Paul.
SILVIO PELL1CO, célèbre écrivain italien. V. Pellico.
SILV1US s. m. (sii-vi-uss). Entom. Genre d'insectes diptères de la famille des tabaniens, comprenant deux espèces, qui habitent l'Europe et l'Algérie.
S1LVY (Louis), théologien français, né à Paris en 1760, mort à Port-Royal en 1847. Sa vie entière fut exclusivement consacrée aux pratiques de la plus austère piété et aux lettres. Parmi ses nombreux écrits nous citerons : Les jésuites tels qu'ils ont été dans l'ordre politique, religieux et moral (Paris, 1815, in-8°); Du rétablissement des jésuites en France (Paris, 1816, in-8"); Henri IV et les jésuites (Paris, 1818, in-8<>).
SILYBE s. m. (si-li-be — du gr. silubos, épine). Bot. Genre de plantes de la famille des composées, tribu des carduacées, type du groupe des silybées, dont l'unique espèce, qui croît dans l'ancien continent, est connue sous le nom vulgaire de chardon-Marie.
SILYBE, ÉE adj. (si-li-bé — du rad. silybe). Bot. Qui ressemble ou qui se rapporte au silybe.
— s. f. pi. Section de la tribu des carduacées, dans la famille des composées, ayant pour type le genre silybe.
SIMABA s. m. (si-ma-ba — altér. de simarouba). Bot. Genre d'arbres et d 'arbrisseaux, de la famille des simaroubées, voisin des simaroubas, et comprenant une vingtaine d'espèces, qui croissent dans l'Amérique tropicale.
— Encycl. Les simabas sont des arbres ou des arbrisseaux à feuilles ternées ou imparipennées. Les fleurs, groupées en corymbes axillaires, ont un calice à quatre ou cinq divisions; une corolle d'un nombre égal de pétales insérés sur un disque , ainsi que les dix étamines, à filets élargis et velus a la base ; un ovaire composé de quatre ou cinq carpelles connées, surmonté d'un style simple terminé pur quatre ou cinq stigmates. Le fruit se compose de quatre ou cinq capsules ovoïdes et coriaces. Ces végétaux croissent dans l'Amérique tropicale. Le simstba florifère est un bel arbrisseau, qui croit au Brésil ; ses fleurs, blanches, verdâtres ou d'un jaune rosé, répandent une odeur de miel trèsprononcée. L'écorce et les feuilles ont une saveur amère très-accusée, qu'elles doivent à un principe extractif particulier. On les emploie contre les fièvres 3t l'hvdropisie. Le simaba ferrugineux sert aux mêmes usages.
S1MAEHGLA, idole russe dont l'image se trouvait à Kiev, et dont on ne connaît ni les attributions ni les qualités,
SIMAGRÉE s. f. (si-ma-gré. — L'origine de ce mot est fort controversée : les uns le regardent comme une forme altérée de simulacrée, du lat. simulacrum, simulacre; d'autres y votent quelque dérivé fantastique de simia, singe, ou de simus, camus. L'explication de simagrée par le latin simus, camus, est rendue
SIMA
assez vraisemblable par la locution latine simo vultu, en faisant la grimace. Barbazan fait venir siinogrée de la locution latine mala gratta, de mauvaise grâce, et Frisch de la locution française s'il m'agrée, qui, selon lui, désignait autrefois un jeu fort usité). Manières affectées, dépourvues de sincérité : Cette femme fait tien des simagrées. Voilà bien des simagrées. Tout son fait n'est que pure simagrée. (Acad.)
... Qui n'adore point de vaines simayrêçs N'a ni respect ni foi pour les choses sacrées.
11 Feinte, faux semblant : Il a fuit la si>ugrée de refuser cette place ; mais sa résistance n'a pas été longue. (Acad.)
SIMAISE s. f. Autre orthographe du mot
CYMAISE.
SIMAK s. m. (si-mak). Jehthyol. Poisson , de la famille des seombéroWes et du genre mastacemble , qui vit dans la rivière de Couaïc, près d'Alep.
SIMANCAS, la Septimanca des Romains, ville d'Espagne, province et à 12 kilom. S.-O. de Valladolid, sur la rive droite de la Pisuerga; 1,250 hab. Tanneries, tisseranderies, Restes d'anciennes murailles ; vaste et ancienne forteresse où fut établi par Charles- Quint le dépôt des archives du royaume.
Les archives de Simancas, longtemps fermées aux regards, constituent l'un des plus immenses dépôts de ce genre qui existent en Europe. 11 est difficile de tixer, même approximativement, le nombre des documents déposés dans les quarante-six salles du vieux château; ils doivent s'élever a plusieurs millions. Ce n'est pas leur antiquité qui fuit le mérite des archives de Simancas ; les plus anciens documents ne remontent guère plus haut que le règne de Pierre le Cruel; mais, à partir des règnes de Ferdinand et d'Isabelle, on est étonné de l'abondance et de la haute valeur historique des pièces qu'on rencontre ; elles vont toujours en augmentant par le nombre et l'importance à mesure qu'on se rapproche du règne de Philippe 1er, mais elles perdent graduellement de leur intérêt à mesure que l'Espagne descend en Europe au rang de puissance de second ordre. Pour la période comprise entre 1480 et le premier quart du xvne siècle, les archives de Simancas surpassent peut-être toutes les archives de l'Europe , sauf, toutefois, les archives papales.
Tandis qu'en Angleterre et en France la collection des papiers d'Etat subit toutes sortes de vicissitudes, les archives de Simancas sont restées à peu près intactes. Elles n'ont jamais été assez négligées pour permettre aux vers et u la moisissure de les détruire, comme il est arrivé pour les archives anglaises. Les fossés et les épaisses murailles de la forteresse les ont garanties contre le feu, accident qui a détruit quelquesunes des plus belles collections. Simancas a cependant souffert d'une soustraction, pendant la guerre péninsulaire ; un certain nombre de liasses furent transportées en France par les ordres de Napoléon; et, plus tard, lorsque le gouvernement français fut obligé de restituer, il ne remplit qu'incomplètement cette obligation ; on voit aujourd'hui aux archives de Simancas certaines cases vides, couvertes d'un écriteau sur lequel on lit : Los documentas estan en Paris. Cette lacune comprend environ 300 liasses, toutes relatives aux négociations entre la France et l'Espagne.
Pendant longtemps le gouvernement espagnol ne permit à aucun étranger l'accès des archives de Simancas, et le dédain des études historiques, assez général chez les écrivains espagnols, rendit inutile à la science cet immense dépôt. Robertsou, lorsqu'il écrivit son Histoire de Churles-Quinl , demanda la permission d'y faire des recherches et essuya un refus catégorique. Eu 1844, cependant, on se relâcha de cette sévérité et deux érudits, M. Gochard, accrédité par le gouvernement belge, et M. Tirant, envoyé par la France, obtinrent de dépouiller quelques liasses. Le premier a publié, d'après les documents des archives de Simancas, la Correspondance de Ckarles-Quint et d'Adrien VI (1859, in-8<>); la Correspondance du duc d'Atbe (1850, in-s°) ; la Correspondance d'Alexandre Farnèse (1852, in-8°) ; la Correspondance de Philippe 11 suites affaires des Pays-Bas (1859, i vol. in-8°) : Don Carlos et Philippe II (1863, 2 vol. in-&o)'. Les documents publiés par lui ont éclairci beaucoup de points controversés de l'histoire d'Espagne et soulevé le voile de la politique occulte et tortueuse de Philippe II, Depuis, M. Mignet et l'historien américain Prescott ont également obtenu de faire faire des recherches dans Ces archives et ils en ont largement profité, le premier pour son Antonio Perez et Philippe II (1862, in-18); son Chartes-Quint au monastère d'Yusle (1854, in-is) ; le second pour son excellente Histoire de Philippe //(1859, 3 vol. in-8°).
SIMAO, lie de l'Océanie. V. Sémao.
S1AIAUD ou SYMARS (Pierre), inquisiteur français, né à Besancon vers 1020, mort au couvent de Poligny vers 1680. Il prit jeune l'habit de saint Dominique, et devint inquisiteur général pour le comté de Bourgogne. Dans l'ardeur d'un zèle prétendu chrétien, il poursuivit avec la plus violente rigueur les malheureux soupçonnés de magie et eu fit
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périr un grand nombre sur le bûcher. Les magistrats de Besançon parvinrent à le faire remplacer; mais il fut absous par la cour de Rome. Il avait composé divers ouvrages ascétiques, entre autres ; un Traité des sorciers; le Trésor du Bosaire (Besançon, in-12).
SIMAROUBA s. m. (si-ma-rou-ba — nom guyanais). Bot. Genre d'arbres, type de la famille ou de la tribu des simaroubées, formé aux dépens des quassias, et comprenant plusieurs espèces, qui croissent dans l'Amérique tropicale : L'écorce de simarouba est essentiellement tonique et l'un des meilleurs stomachiques connus. (P. Duchartre.) Le bois die simarouba est fort léger. (Y. de Bomare.) Il SutAROUBA. de la Jamaïque, Nom vulgaire d'une espèce de malpighie.
— Eneycl. Le genre simarouba renferme de grands arbres, à feuilles impuripounées, alternes, d'un beau vert brillant; les fleurs, unisexuées, petites, blanches ou verdàtres, sont réunies en grappes axillaires accompagnées de folioles bractéiformes ; elles présentent un calice concave, à cinq divisions; une corolieà cinq pétales dressés; cinq a dix étaniiues incluses, inséréessur undisque charnu ; un pistil composé de carpelles uniovulés, connivents au sommet, surmonté d'un style simple terminé par un stigmate épais, à cinq divisions; le fruit se compose de cinq coques drupacées, monospermes, insérées sur un réceptacle charnu. Ce genre ne comprend qu'un petit nombre d'espèces, qui croissent dans les régions chaudes de l'Amérique centrale, depuis les Antilles jusqu'au Brésil ; elles présentent beaucoup d analogie dans leurs propriétés, qui rappellent celles des quassia, mais avec plus d'énergie.
Le simarouba officinal est un grand arbre dont le port se rapproche assez de celui du frêne ; sa tige, haute de 20 à 25 mètres, droite, couverte d une écorco grisâtre, fibreuse, se divise en rameaux portant, surtout vers leur extrémité, de grandes feuilles alternes, impanpennées, longues de 0™,35 à 0">,50, à folioles alternes, oblongues, obtuses, entières, glabres, épaisses et coriaces; les fleurs, petites, blanchâtres, dioïques, forment une grande panicule rameuse; le fruit se compose de cinq coques drupacées, noirâtres, ovoïdes, insérées sur un réceptacle rougeàtre. Cet arbre habite l'Amérique tropicale, où il croît surtout dans les sols sablonneux. On ne le trouve, en Europe, que dans les serres chaudes des jardins botaniques.
On emploie en médecine les racines du simarouba , et surtout leur écorce. Ces racines sont fortes, tracent au loin et se montrent souvent au-dessus du niveau du sol. On dit que les nègres chargés de récolter l'écorce de simarouba ou de la détacher se couvrent le corps pour se garantir du liquide caustique qui en découle, et qui, sans cette précaution, leur donnerait une sorte de gale et produirait des ampoules capables de les empêcher de manger pendant plusieurs jours. Cette écorce se trouve dans le commerce en fragments longs de 1 mètre environ, repliés sur euxmêmes, d'un gris blanchâtre, très-fibreux, légers, bien plus aisés à diviser en long que dans le sens transversal , difficiles à pulvériser. L'analyse chimique y a constaté une matière résineuse, de l'huile volatile, de Fulmine, de la quassine, des sels à acides minéraux et organiques et à bases de potasse, de soude et de chaux.
Cette écorce est très-amère, surtout préparée par infusion, en tisane ; aussi est-ce sous cette forme, plutôt qu'en décoction, qu'on l'administre. Depuis longtemps, les naturels de la Guyane française l'employaient contre diverses maladies, notamment contre la dyssenterie. Elle ne fut connue en Europe que vers le commencement du xvmc siècle. On l'administra non-seulement contre la dyssenterie et les flux de sang, mais encore contre les scrofules, l'hydropisie, la chlorose et les fièvres intermittentes ; elle a été préconisée comme vomitif; toutefois, on ne l'emploie guère aujourd'hui que comme tonique et stomachique, contre les faiblesses d'estomac , les coliques, le scorbut, etc. Le bois de cet arbre est employé, dans le sud des Etats- Unis, pour couvrir les maisons; on s'en sert aussi pour la menuiserie et le chauffage; le Pare Labat assure que les viandes cuites avec ce bois contractent une saveur très-amère.
Le simarouba changeant , connu aussi sous son nom indigène de paraïba, est un arbre élevé, qui croit au Brésil. Son bois est amer, tonique, vermifuge, anthelminthique, et sert à divers usages médicinaux; on lui attribue même la propriété de guérir les morsures des serpents venimeux; la poudre de ce bois est employée pour détruire les insectes parasites. Les fruits sont acres; leur décoction, qui cause des vertiges, est vantée contre la syphilis.
Le simarouba élevé' atteint la hauteur de 30 a 35 mètres; ses feuilles ont des folioles opposées et non alternes; ses fleurs ont cinq étamines et ses fruits sont constitués par un à trois drupes monospermes; ces caractères ont paru suffisants pour eu faire un genre à part, sous le nom de piersna. Cet arbre croît dans les parties montagneuses des Antilles. Son bois blanchâtre, son écorce grise et crevassée ont une amertume franche et trèsforte, et sont aussi employés en mêdeciue.
SIMAROUBÉ , ÉE adj. (si-ma-rou-bé — rad. simarouba). Bot. Qui ressemble ou qui se
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rapporte au simarouba. B On dit aussi sima-
ROUBACÉ, SIMARUBACÉ et SIMARUBÉ.
— s. f. p!. Famille de plantes dicotylédones, ayant pour type le genre simarouba, et réunie par plusieurs auteurs, comme simple tribu, b. la famille des rutacées.
— Eccycl. La famille des simaroubées renferme des arbres et des arbrisseaux à feuilles alternes, aiguës ou imparipennées. Les fleurs, hermaphrodites ou unisexuées, présentent un calice à. quatre ou cinq divisions ; une corolle de quatre ou cinq pétales; quatre U dix étamines; un pistil formé de cinq carpelles (rarement moins) uniovulés. Le fruit se compose de cinq coques (rarement moins) uniloculaires, renfermant une seule irruine, à embryon dépourvu d'albumen. Cette famille, qui a des affinités avec les rutacées et les zygophyllées, comprend les genres: quassia, simarouba, simaua, picrssna, nima, samadére et harrisonie. Les simaroubées habitent surtout les régions tropicales de l'Amérique; quelques-unes croissent en Asie et à Madagascar. La plupart ont des propriétés médicales très-prononcées.
S1MARRE s. f. (si-ma-re — italien simarra, robe de chambre; de l'espagnol zamarra, chamarra, robe de chambre , vêtement large fait en peau de mouton, de samarro, mouton. L'ancienne langue avait tiré de là un substantif c/iamarre, qui avait le sens de pelisse, d'où celui d'ornement d'habit en général. Cotte dernière acception a donné naissanco au verbe chamarrer, orner, parer). Habillement long et traînant, dont les femmes se MTvoient autrefois : Une riche simarre brodée d'or,
— Sorte de robe de dessous que porient les magistrats et certains professeurs : Simarre de velours. Le chancelier devait être toujours en simarri:. (Acad.) Figurez-vous le More de Venise revêtu d'une étroite siMt-URE de velours cramoisi, frangée d'une crépine d'or. (Th. Gant.) Quandjevousvois affubléde la simarrb de la Faculté, je ris, non pas tant de vous que de la Faculté elle-même. (Raspsiil.)
J'ûte à ce parvenu la toge qui le pare. Et je découvre un BOt caché sous la simarre. C. Délavigne.
SIMARRI s. m. (si-mar-ri). Instrument avec lequel on râpe la cassave.
— Encycl. Cet instrument consiste en une planche mince et plate, couverte d'un côté de petits morceaux de quartz fixés avec une couche de résine à l'état chaud. La racine de eassave est convertie en pulpe, par le frottement sur le simarri, avant d être comprimée et réduite en pain. A Tyr, en Asie, on a découvert dans une voûte un instrument à battre consistant en un grand billot dû bois plat ayant 0m,90 sur l^^o ; le dessous était percé de trous dans lesquels étaient enchâssés un certain nombre de cailloux formant à peu près 0^025 de saillie. Cet instrument à battre, dont le prophète Isaïe fait mention, ressemble en quelque façon au simarri ou râpecassave des Indiens.
SISIART (Pierre-Charles), statuaire français, né à Troyes en 1806, mort à Paris en 1857. Fils d'un menuisier, il fut d'abord obligé de suivre le métier paternel, malgré les goûts artistiques dont il avait tout jeune donné les preuves à l'école de dessin de sa ville natale. L'auteur d'un Traité de peinture, M. Pailiot de Monlabert, obtint que le département lui ferait une petite pension de 300 francs et l'envoya à Paris en 1823 en le recommandant au statuaire Dupaty. Ce maître fut excellent pour le jeune élève, et un amateur fort riche, M. Marcotte, qui fit beaucoup pour les beaux-arts sous la Restauration et sous le règne de Louis-Philippe, lui fit avoir une commande du ministère , un Buste de Chartes X, actuellement au musée de Troyes, et quatre bas-reliefs, la Foi, l' Espérance, la Charité et la Libéralité, destinés à une église de la même ville. Ce furent les premières œuvres de l'artiste, qui, après lu mort de Dupaty, entra dans l'atelier de Cortot, qu'il ne fit que traverser, puis dans celui de Pradier (1827), où il fit de rapides progrès." En 1831, il exposa la Nymphe Coronis, statue en plâtre d'un modelé fin, d'une ligne élégante et distinguée, où commencèrent à se faire jour les tendances archaïques de l'artiste. On était alors en plein romantisme et cette œuvre gracieuse fut peu remarquée. Cette même année, Simart avait concouru pour le prix de Rome et avait échoué ; il n'obtint que le second prix. Mais le choléra ayant décidé Pradier à faire un voyage en Italie, il accompagna son maître et fit pendant deux ans de laborieuses études d'après les chefs-d'oeuvre de l'antiquité. Lorsqu'il se représenta au grand concours, il enleva le prix d'emblée; le sujet étajt un bas-relief tiré d'une fable de La Fontaine : le Vieillard et ses trois fils. Il retourna en Italie, et Ingres, alors directeur de l'Ecole, fit le plus sympathique accueil à ce jeune champion de 1 art classique. Grâce aux conseils du maître, le talent de Simart prit le plus brillant essor. Son premier envoi fut une copie du Gladiateur mourant, et le second un bas-relief original : Pallas enseignant aux hommes l'art d'atteler les bœufs à la charrue. Ce bas-relief est uno composition sévère à laquelle on reprocha de rappeler trop fidèlement les premières productions de l'art grec et de vouloir
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ramener la statuaire aux procédés de l'époque éginétique. Pendant qu'on le discutait vivement à Paris, Simart continuait de travailler paisiblement à Rome ; son troisième envoi, un Discobole, fit dire à Ingres qu'il était beau de répondre aux critiques par un tel traviiil ; enfin Oreste réfugié à l'autel de Pallas, statue en marbre exposée au Salon de 1849, fut le dernier envoi du pensionnaire. Ce morceau remarquable est aujourd'hui au musée de Rouen. Avant de rentrer en France, Simart visita les principales villes de l'Italie, dessinant les beaux morceaux de sculpture qu'il y rencontrait, étudiant aussi les peintres, surtout les précurseurs de Raphaël, ceux chez lesquels il trouvait précisément cette grâce archaïque qu'il cherchait à réaliser duns ses propres œuvres. A son retour, il eut de l'Etat des commandes importantes; ce sont, par ordre de date, l'Architecture et la Sculpture, deux figures de haut-relief destinées à orner la façade de l'Hôtel de ville; elles étaient placées au deuxième étage de l'aile droite, à droite et à gauche de la grunde fenêtre cintrée; les deux statues colossales de la barrière du Trône, la Justice et l'Abondance ; la Philosophie et la Poésie épique (Salon de 1845), destinées toutes deux à la bibliothèque de la Chambre des pairs; à ce même Salon, il exposa une Vierge, groupe en marbre, acfiellement à Troyes. De 1846 à 1852, Simart exécuta les grands bas-reliefs du tombeau de Napoléon aux Invalide*, lesquels représentent : la Pacification des troubles civils ; l'Organisation de l'administration publique; la Promulgation du code; le Concordat ; les Travaux publics, le Commerce et l'Industrie protér/és, etc. La figure colossale de l'empereur, ii l'extrémité de la crypte, est également de lui. Ces divers travaux avaient montré sous tous ses aspects le talent de l'artiste; mais l'œuvre qui fit sensation entre toutes, c'est bi savante restitution qu'il entreprit, sous le patronage du duc de Luj'nes, qui en fit les frais, de la Minerve chryséléphautine du Parthénon. Nous avons consacré un article spécial (v. Minerve) à cette tentative, plus étonnante que véritablement heureuse, au moyen de laquelle l'artiste a essayé de reconstruire de toutes pièces, sur des textes obscurs, un chef-d'œuvre perdu de Phidias et de ressusciter en mémo temps un genre de travail peu f.imilieraux sculpteurs modernes. La Minerve d'ivoire et d'or, aux yeux figurés par des pierres précieuses, fut exposée au Salon de 1855; elle ravit surtout les érudits et les lettrés. Ce fut la dernière exposition de Simart; il mourut deux ans après, lais-saut inachevé un groupe en marbre, l'Art demandant son inspiration d la Poésie, qui lui avait été commandé pour le palais du Luxembourg, et auquel M. Duret a mis la dernière main. 11 était en outre en train d'exécuter au château de Dampierre, pour le duc de Luynes, des frises destinées à remplacer les panneaux décoratifs dont Ingres avait été chargé, et qu'il avait ensuite refusé de peindre; deux de ces frises, représentant l'Age d'or el l'Age de fert ont seules été achevées. On lui doit encore le fronton monumental d'un des pavillons du nouveau Louvre; le sujet imposé à l'artiste était : Napoléon III conviant la France à l'exécution des vastes entreprises qui doivent illustrer son règne.
Les diverses récompenses que reçut cet éminent statuaire au cours de sa carrière artistique sont : une médaille en 1840 ; le grade de chevalier de la Légion d'honneur en 1846 et celui d'officier en 1856; en 1852, il avait été élu membre de l'Institut en remplacement de Pradier.
Voici lejugementqu'aporté sur lui M. Henri Delaborde : « IJarini les artistes contemporains qui ont le mieux défendu la cause du beau classique , tout en consentant à en rajeunir les termes, parmi ceux qu'a le plus ardemment préoccupés la recherche du progros sans discipline, sans concession au caprice ou au faux goût, Charles Sim.trt mérite d'être cité en première ligne, tant pour son habileté même qu'en considération du nombre et de l'importance de ses travaux. Disciple fervent de l'antique, il a gardé néanmoins son indépendance et n'a pus immobilisé son talent dans un système d'imitation servile. Au lieu de copier, comme tant d'autres, Jes surfaces de l'art grec et d'en contrefaire les formes sans en résumer l'esprit, il a voulu, au profit même de sa propre pensée, s'assimiler les caractères intimes, la vie morale de cet art admirable entre tous; tâche difficile, accomplie déjà dans le domaine de la poésie avant te siècle où nous sommes, mais que, sauf une exception illustre, les peintres et les sculpteurs de notre temps n ont su ni choisir dès le début aveu cette certitude, ni poursuivre avec cette obstination passionnée.... Ce qui manque à ses œuvres hautement érudiies, ce n'est certes ni la noblesse du goût ni la correction de la pratique ; c'est l'accent qui achèverait de vivifier le tout; c'est ce je ne sais quoi d'intime et d'inattendu, cette pointe de bizarrerie, si l'on veut, qui perce même dans les travaux des maîtres les plus purs, et qui caractérise une manière, tout en échappant à l'analyse,... Lorsqu'on examine la suite de photographies récemment publiées, ou, ce qui est plus sûr, plus concluant encore , lorsqu'on parcourt dans le musée de Troyes les salles où des mains pieuses ont réuni les modèles en plâtre des statues et des bas-reliefs sculptés par Simart, il
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est impossible de ne pas être frappé de la dignité soutenue , de l'unité que présente l'histoire de ce talent. »
SIMARUBACÉ, ÉE adj, (si-ma-ru-ba-sé).
Bot. Syn. de simarubé.
SIMARCBÉ. ÉE adj. (si-ma-ru-bé). Bot.
Autre forme du mot simaroubé.
SIMBIRSK, ville de la Russie d'Europe,eh.-l. du gouvernement de ce nom, au confluent de la Sviaga dans le Volga, à 1,458 kilom. S. -E.de Saint-Pétersbourg, 749 kilom. S.-E. de Moscou, par 540 19' de latit. N. et 46° 5' de longit. E. ; 18,000 hab. ; chef-lieu d'éparchie grecque, évéché; cours criminelle et civile; ; gymnase. Pêche active; commerce de blé. , La situation de cette ville, ses clochers, ses ; jardins lui donnent un aspect très-pittoresque. On y voit une statue élevée par l'empereur Alexandre 1er à, l'historien russe Karamsin.
SIMBIRSK (gouvernement de), division administrative de l'empire russe , compris entre les gouvernements de» Penza et de Nijni-Novgorod à l'0.,de Saratov au S., de Samara à l'E. et de Kazan au N. Il mesure 430 kilom. sur 215; sa superficie est de 47,362 kilom. carrés; 1,118,600 hab., dontenviron 150,009 Tartares. Le sol, arrosé par le Volga et par ses affluents la Soura et 1 A- ; latyr, est très-fertile et bien cultivé et produit principalement des céréales et des légumes. On y trouve de vastes et excellents pâturages, qui nourrissent un nombreux bétail ; des forêts considérables qui appartiennent à la couronne, et d'où l'on tire des bois de construction ei de chauffage. Les principales richesses minérales du gouvernement de Simbirsk sont le soufre et le fer. Ce gou- 1 vernement, qui, en 1850, a perdu environ [ 28,000 kilom. carrés de son territoire, attri- I bues au gouvernement de Samara, est subdivisé en s cercles et renferme, outre le cheflieu, 13 villes et 1,527 bourgs ou villages.
SIMBLEAU s. m. (sain-blô). Techn. Cordeau qui sert aux charpentiers pour tracer de grandes circonférences. Il Assemblage de ficelles qui fait partie d'un métier à tisser.
SIMBLÉPHILE s. m. (sain-blé-fi-le — du gr. simblê, ruche; phileô, j'aime). Entom. Genre d'insectes hyménoptères.
SIMBLOCL1NE s. m. (sain-blo-kli-ne — du gr. simblon, ruche; klinê, réceptacle). Bot. Genre d'arbustes, de la famille des composées, tribu des astérées, dont l'espèce type croit au Pérou.
SIMBLOT s. m. (sain-blô — autre orthographe du mot simbleau). Techn. Sorte de compas dont on se sert, dans la fabrication des meules de moulin composée^ de plusieurs morceaux , pour donner à l'ouvrage une forme exactement circulaire, et qui se compose d'une règle ajustée au centre de l'œillard.
SIMBOR s. m. (sain-bor — mot indien).
Bot. Plante peu connue, qui croît dans l'Inde et à Java.
SIMBOS s. m. (sain-boss — mot indien).
Moll. Un des noms vulgaires de la porcelaine cauris.
SIMBULÈTE s. f. (sain-bu-lè-te). Bot. Genre de plantes, de la famille des personnées, dont l'espèce type croît en Arabie, et qui parait être le même que le genre anarrhine.
SIME adj. (si-me — lat. simus, gr. simos, même sens). Camus : La forme du bec du tadorne est simb ou camuse. (Bulf.) Il Iuus.
SIMEGH, comitat de Hongrie. V. Schu-
MEGH.
SIMÉON, second fils de Jacob et de Lia, né vers l'an 1748 av. J. - C. Envoyé en Egypte avec ses frères pour acheter du blé, il lut retenu comme otage par Joseph. De concert avec son frère Lévi, il exécuta lp massacre des Sichemites et eut part aux reproches que Jacob fit à cette occasion. Ses descendants n'eurent en partage qu'un canton démembré de la tribu de Juda, et sa tribu fut la seule que Moïse ne bénit pas en mourant.
SIMÉON, vieillard juif, qui fut averti par le Saint-Esprit qu'il ne mourrait point sans avoir vu le Messie. Dans cette attente, il restait constamment au temple et s'y trouvait lorsque la Vierge y apporta l'Enfant Jésus. Le saint vieillard ayant pris l'Enfant entre ses bras s'écria : Nunc dimittis servum tuum, Domine.... • C'est maintenant, Seigneur, que vous laisserez partir en paix votre serviteur.... »
Ces paroles ont passé dans la langue et se prononcent surtout dans ces moments d'enthousiasme qui suivent un événement longtemps et ardemment attendu, alors que le cœur déborde de joie.
LeTellier,père du fameux Louvois, se sentant près de mourir, souhaitait avec passion d'attacher son nom à la révocation de l'édit de Nantes, mesure dont ii avait toujours été le promoteur le plus énergique. « Le 22 octobre 1686, dit M. Henri Martin dans son Histoire de France, le vieux Le Tellier lève au ciel la main qui vient de signer la révocation et parodie, à propos d'un édit qui rappeile les temps de Décius et de Dioolélien, le cantique par lequel Siméon saluait la naissance du Sauveur. Il meurt en fanatique, après avoir vécu en froid et astucieux politique ; il meurt, et la voix la plus éloquente de l'Eglise gatli-
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cane éclate en hymnes de triomphe comme sur la tombe d'un héros victorieux. »
SIMÉON (saint), dit le Frire du Seigneur,
mort l'an 107 de notre ère. Neveu de la Vierge, il devint disciple du Christ et fut élu évoque de Jérusalem après la mort de saint Jacques. Poursuivi par Atticus, gouverneur de la Palestine sous Trajan, il fut crucifié à l'âge de cent vingt ans.
SIMÉON STYLITE (saint), anachorète, né à Sisan, sur les confins de la Cilicie et de la Syrie, vers 390, mort en 460, Berger dans son enfance, il se convertit à la foi chrétienne, entra dans un monastère et s'en fit renvoyer par l'excès des austérités qu'il s'imposait. Il se retira alors dans une solitude où il demeurait, dit-on, des carêmes entiers sans manger. Il finit par se retirer au haut d'une colonne (stylos, en grec, d'où son nom) vers 423 et y resta pendant trente-six ans. On fl de lui quelques Lettres adressées à Théodose le Jeune. Sa Vie par Théodoret contient des détails fantastiques.
SIMEON, dit de Durhmn, historien anglais du xn*i siècle. Il professa les mathématiques à Oxford et devint prxcentor dans l'église de Durham. Il recueillit beaucoup de documents relatifs à l'histoire d'Angleterre, spécialement dans le nord de ce pays, où les Danois les avaient dispersés, et composa, de 616 à 1130, époque présumée de sa mort, une Histoire des rois d'Angleterre, qui a été continuée jusqu'en 1156 par Jean, prieur d'Hexham. Ces deux monuments ont été imprimés dans les Decem scriptores de Twisden (Londres, 1625, in-fol.).
SIMÉON (Joseph-Sextius), magistrat français, né à Aix, en Provence, en 1717, mort en 1788. Reçu avocat au parlement en 1737, il obtint, en 1748, la chaire de droit à l'université d'Aix. Il fut nommé en 1754 syndic de ta noblesse. En 1764 et 1765, il exerça les fonctions d'assesseur d'Aix et de procureur du pays de Provence; enfin, en 1782, il fut reçu secrétaire du roi en la chancellerie pour le parlement de Provence.
SIMEON (Joseph - Jérôme, comte), homme d'Etat français , né à Aix , en Provence , le 30 septembre 1749, mort à Paris le 19 janvier 1842. Son père, avocat distingué qui devint professeur de droit et secrétaire du roi en la chancellerie du parlement à Aix, l'envoya faire ses études classiques a Paris. De retour en Provence, Joseph Siméon fit son droit et suivit la carrière paternelle à Aix. En 1778, il obtint Une chaire de droit dans cette ville, où il remplit en outre les fonctions d'assesseur de Provence à partir de 1783. Peu brillant, mais très-instruit, il jouissait d'une haute considération dans sa ville natale, lorsque éclata la Révolution. Siméon ne comprit point la grandeur du mouvement qui s'accomplissait sous ses yeux. Bientôt il manifesta son hostilité contre les idées nouvelles en refusant de reconnaître la constitution civile du clergé, ce qui lui fit enlever sa chaire. Lorsque les girondins, oubliant les dangers que courait la patrie, essayèrent d'organiser un soulèvement, Siméon prit part au mouvement fédéraliste du Midi, devint procureur syndic en Provence, fut mis hors la loi et dut, après la compression de la révolte, chercher son salut dans la fuite. Ii passa en Italie (25 août 1793), où il resta près de deux ans. De retour en France, il l'ut nommé procureur syndic dans les Bouches-du-Rhône et devint peu après, en 1795, député au conseil des Cinq-Cents, où il fut un des chefs du parti clichyen,qui n'attendait qu'une occasion pour renverser la république. 11 dénonça Fréron, essaya de faire repousser le Serment de haine à la royauté, demanda la fermeture des clubs, une sévère répression de la presse et fut constamment hostile à l'établissement d'un gouvernement libre. Lors du coup d'Etat du 18 fructidor an V, Siméon, qui présidait alors le conseil des Cinq-Cents, fut compris sur la liste des proscrits. I! parvint à se cacher, se rendit au commencement de 1799, sur l'injonction du Directoire, à l'île d'Oléron et s'y constitua prisonnier. Rendu à la liberté a.près le coup d'Etat du 18 brumaire, il fut nommé par Bonaparte, en 1800, commissaire près le tribunal de cassation, puis membre du tribunat. A ce dernier titre, il coopéra à la rédaction d'un grand nombre de lois, à celle du concordat et du code civil, se fit remarquer à la fois par sa connaissance des affaires et son savoir comme jurisconsulte et se montra l'apologiste constant du despote qui enrayait la Révolution et lui imposait un joug odieux. Pour seconder les vues de Bonaparte, il fit adopter la loi de déportation qui frappait soixante et onze citoyens et appuya de toutes ses forces, en 1804, la transformation du consulat en empire. Dans cette circonstance, il n'hésita pas à se retourner contre les Bourbons dont il avait si longtemps désiré le rappel. 1 Le retour d'une dynastie détrônée, abattue par le malheur moins encore que par ses fautes, dit-il, ne saurait convenir à une nation qui s'estime. Ne sont-ils pas coupables ceux qui, portant de contrée en contrée leur ressentiment et leur vengeance, excitèrent cette coalition qui a coûte tant de pleurs et de sang à l'humanité gémissante?» Bonaparte s empressa de récompenser un si beau zèle en le nommant membre du conseil d'Etat (1804) et baron (1808). En 1807, Siméon fut un des trois commissaires chargés d'organiser
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le royaume de Westphalie pour Jérôme Bonaparte, qui lui donna les portefeuilles de l'intérieur et de la justice et la présidence du conseil d'Etat (1807). Après avoir introduit dans ce pays le système administratif, judiciaire et financier de la France, il alla occuper successivement les fonctions de ministre plénipotentiaire de Westphalie à Berlin et près la confédération du Khin. En 1813, il revint en France, s'empressa en 1814 d'acclamer le retour des Bourbons, accepta alors la préfecture du Nord et fut élu pendant les Cent-Jours, par les électeurs des Bouches-du- Rhône, député à la Chambre des représentants, où il garda un silence prudent. Au début de la seconde Restauration, Louis XVIII lui donna le titre de comte (1815). Il fut alors réélu député dans le Var, puis nommé conseiller d'Etat. Le comte Siméon devint ensuite inspecteur général des écoles de droit (1819), sous-secrétaire d'Etat au ministère de la justice (1820), et après l'assassinat du duc de Berry il entra, comme ministre de l'intérieur, en remplacement de Decazes, dans le cabinet ultra-réactionnaire qui fut alors constitué. A ce titre, il présenta une série de projets de lois destinés à supprimer la liberté individuelle, la liberté de la presse et à modifier la loi électorale. Renversé du pouvoir en décembre 1821 , le comte Siméon, qui venait de recevoir un siège à la Chambre des pairs, fut nommé membre du conseil privé et ministre d'Etat. La révolution de juillet 1330 lo vit chanter encore une fois palinodie. Il continua à siéger à la Chambre des pairs, où il ne cessa de se montrer grand travailleur, et fut gratifié en 1837 des lucratives fonctions de préaident de ia cour des comptes, dont il se démit en 1839. Il avait été appelé en 1832 à faire partie de l'Académie des sciences morales et politiques. On lui doit : Eloge de Henri IV {Aix et Paris, 1769, in-8»); Choix de discours et d'opinions (Paris, 1824, iu-8"); Sur l'omnipotence du jury (1829, in-8»); Mémoire sur te régime dotal, dans le Recueil de l'Académie des sciences morales, année 1837, etc.
SIMEON (Joseph-Balthazar, comte), homme politique français, fils du précédent, né à Aix en 1781, mort à Dieppe en 1846. Il débuta dans le poste de secrétaire de Joseph Bonaparte, fut ensuite secrétaire d'ambassade à Florence, à Rome, chargé d'affaires près la cour de Stuttgard, puis passa au service de Jérôme Bonaparte , qui le choisit pour son représentant près les cours de Berlin, de Darmstadt et de Dresde. Au retour de Louis XVIII, il donna son adhésion aux Bourbons et devint successivement préfet du Var (1815), préfet du Doubs (1818), du Pas-de-Calais (1818-1824), gentilhomme honoraire de la chambre, maître des requêtes au conseil d'Etat (1821). Nommé directeur général des Beaux-Arts en 1828, il devint conseiller d'Etat en 1829. Après la révolution de Juillet, il continua à siéger au conseil d'Etat, qu'il quitta, en 1835, pour aller siéger à. la Chambre des pairs. Soit comme orateur, soit comme rapporteur, il prit fréquemment part aux travaux de celte Chambre jusqu'en 1842. A cette époque, l'affaiblissement de sa santé le força k quitter Paris. Le comte Siméon venait de passer une année en Italie lorsqu'il mourut à Dieppe. Il avait un goût prononcé pour les arts, s adonnait à la peinture et à la gravure et avait réu'ni une belle collection de tableaux, de gravures, de médailles et de livres rares. Il faisait partie de l'Académie des beaux-arts en qualité de membre libre (1888) et était membre de la Société des antiquaires de France (1829). Outre des discours, des rapports, une Notice sur le comte de Forbin, son ami, un Eloge du baron de Morogues, on lui doit : Notice sur Us usages et le langage des habitants du Haut-Pont, faubourg de Saint-Omer (1821, in-8°).
SIMÉON (Henri, comte), administrateur et homme politique, fils du précédent, né à Paris en 1803, mort dans la même ville en 1874. Lorsqu'il eut l'ait son droit, il entra comme auditeur au conseil d'Etat (1826) et devint successivement, après la révolution de Juillet 1830, préfet des Vosges, du Loiret et de la Summe. Nommé directeur général des tabacs en 1842, il fut élu, vers la même époque, député de Mirecourt dans les Vosges et alla grossir les rangs de la majorité, avec laquelle il vota constamment jusqu'à la révolution de 1848. Rentré alors dans la vie privée, il reparut sur la scène politique, à la suite des élections de 1849, à l'Assemblée législative. Elu représentant du peuple dans le Var, le • comte Siméon fit partie de la majorité réactionnaire qui s'attacha à démolir les institutions nouvelles et à supprimer toutes les libertés. La politique compressive de Louis Bonaparte trouva en lui un constant appui, et il s'empressa de faire acte d'adhésion au coup d'Etat. En 1852, il alla siéger au nouveau Sénat, où il ne cessa d'appuyer la désastreuse politique de l'Empire. Le comte Siméon était président du conseil de surveillance de la Caisse générale des chemins de fer lorsque le banquier Mirés fut arrêté. Impliqué dans le retentissant procès qui fut fait k ce dernier, il fut déclaré civilement responsable par le tribunal de l" instance de la Seine, puis par la cour d'appel. Mais la cour de cassation ayant annulé le jugement et renvoyé l'affaire devant la cour de Douai, il se vit déchargé de toute responsabilité pécu-
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niaire par le jugement de cette cour qui acquittait Mirés (21 avril 1862). Depuis celte époque jusqu'à la révolution du 4 septembre 1870, qui le rendit à la vie privée, il fit peu parler de lui. Le comte Siméon passa ses dernières années à faire une traduction en vers d' Horace, laquelle parut en 1874 (2 vol. in-8°). Cette traduction est d'une exactitude qu'on chercherait vainement dans bien des traductions en prose. Elle serre de près le texte, luttant avec lui de précision et de brièveté, toujours nette, souvent élégante, pleine de traits heureux, aussi achevée, en un mot, que peut l'être une traduction en vers. Cette traduction, qui n'a été tirée qu'à 500 exemplaires sur papier de Hollande, est ornée de charmantes vignettes, gravées par M. Chauvet.
SIMEON, dit le Métnphrnsie, historiographe grec du x« siècle. V. Métaphrasth.
. SIMÉON-CHAUMIER (Pierre), littérateur français, né à Nantes en 1806, mort en 1860. Il vint à Paris en 1829 pour y étudier Je droit, mais il déserta promptement les bancs de l'école pour embrasser la carrière littéraire. On lui doit : la Tavemière de la Cité; l'Hôtel du Pel-au-Dîabte (1836, 2 vol. in-8°) ; VEvêque d'Autun (1838, 2 vol. in-S°) ; Dithyrambes (1840); Auréoles (1U\) ; Napoléon lit (1854); Coup d'œil sur l'art religieux (1855).
SIMEONI (Gabriello), littérateur italien, né à Florence en 1509, mort à Turin en 1575. A dix-neuf ans, il fit partie de l'ambassade florentine députée près de François Ie' et rima pour la duchesse d'Etampes, maîtresse du roi, des vers qui lui valurent une pension de 1,000 écus. Cette pension lui fut promptement retirée, on ne sait pour quelle cause, et il se réfugia en Angleterre , d'où, après un séjour de quelques années, il regagna Florence. A partir de ce moment, il ne litqu'errerçà et là; il visita Rome, Ravenne, Venise, Lyon, obtint un grade militaire en Piémont, poussa jusqu'à Troyes, fut emprisonné dans celte ville pour cause d'hérésie, suivit le duc de Guise en Italie, puis revint à Lyon et alla se fixer quelque temps à Clermont, près de l'évêque Guillaume Duprat. Enfin Emmanuel-Philibert de Savoie lui donna un asile pour ses derniers jours. Les principaux ouvrages de Simeoni sont : Le tre parti del campo de' primi siudj di G. Simeoni (Venise, 154G, iit-12) ; Satire alla berniesca (Turin, 1549, in-40) ; Interprétation grecque, latine, toscane et française du monstre ou énigme d'Italie {Lyon, 1555, in-8°) ; De la génération (Lyon, 1556, in-8°) .
SIMEONI (Jean), cardinal italien, né à P;igliano le 27 décembre 1 816. Il entra de bonm; heure dans les ordres, fut appelé à l'épiscopat par Pie IX et montra un esprit souple et délié qui lui valut d'être chargé de diverses missions diplomatiques. Ii était nonce du pape à Madrid, lorsqu'il reçut le chapeau de cardinal en septembre 1875; puis il fut appelé à succéder à Antonelli comme ministre d'Etat en 1876.
SIMERI s. m. (si-me-ri). Moll. Nom donné par Adanson à la volvaire triticée, genre de gastéropodes.
SIMÈTHE s. m. (si-mè-te). Entom. Syn. de simœthk, genre de lépidoptères,
— Bot. Genre de plantes, de la famille des liliacées, tribu des hyacinthées, dont l'espèce type, qui croit dans l'Europe méridionale, est plus connue sous le nom de phalangere bicolore.
SIMFÉROPOL, ville de la Russie d'Europe. V. SlMPBÉROPOL.
SIMI (Nicolas), astronome italien, né à Bologne vers -1350, mort en 1564. Il fit ses études à l'université de sa ville natale, fut reçu docteur en philosophie en 1548 et professa l'astronomie dans les écoles publiques jusqu'à sa mort. Ses ouvrages sont : Thearica planetarum in eompendium redacta (Venise, 1551, et Baie, 1555) ; Ephemerides annorum xv, ab anno Christi 1554 ad 1568, ad meridianum Bononii", Canones usum ephemeridum explicantes (Venise, 1554); Tractatus de electionibus, de mutatione aeris, de revolutionibus annorum , etc. (Venise , 1554, in-4°); Jntroductorium ac swnmarium lotius geographix (Bologne, 1563, in-8°). On trouve à la bibliothèque de Bologne plusieurs ouvrages manuscrits de Sjmi.
SIMIA s. m. (si-mi-a — mot lat. qui signif. singe). Mamm. Ancien nom des magots ou macaque3.
S1MIADÉ, ÉE adj. (si-mi-a-dé — rad. simia). Mamm. Syn. de simien.
SIM1ANE, village et commune de France (Basses-Alpes), cant. de Banon, arrond. et à 26 kilom. N.O. de Forcalquier; 1,337 hab. On y voit tin château et un édifice dont la forme, éloignée de celle des édifices connus, jette la plus grande obscurité sur sa destination. Ce monument, délabré en dehors, mais assez bien conservé à l'intérieur, porte le nom de Rotonde, bien que de forme elliptique; il est recouvert par une voûte ogivale, percée d'un trou ou œil d'environ 1 mètre de diamètre. A l'intérieur, on voit douze niches séparées par un groupe de trois piliers ronds, engagés dans la maçonnerie et soutenant la voûte. La pprte d'entrée, percée dans l'uno des niches, est décorée de chaque côté de deux colonnes accouplées. Les antiquaire
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et les archéologues qui ont visité cet édifice ne sont d'accord ni sur l'époque de sa construction, ni sur l'usage auquel il était consacré.
S1M1ANK ou COLLONGUE, village et commune de France (Bouches-du-Rhone), cant, de Gardanne, arrond. et à 16 kilora. S. d'Aix, sur le revers d'une colline; 1,060 hab. Ancien château bien conservé. Au-dessus du village, sur un rocher à pic, s'élève une tour du xme siècle, pentagonale à l'intérieur, tandis que les murs extérieurs décrivent un hexagone régulier.
SIMIANE ( Charles - Emmanuel-Philibert- Hyac'mthe de), marquis de Pianesse, capitaine et théologien italien, né en 1608, mort à Turin en 1677. Il embrassa la carrière militaire, se signala clans les guerres du Montferrat, puis fut nommé ambassadeur à Vienne, et enfin, la guerre s'étanl rallumée en Italie, reprit du service dans les armées du duo de Savoie et emporta d'assaut la citadelle importante de Vérone. Après cet exploit, il rompit brusquement avec le inonde et se retira dans le monastère de Saint-Pancrace, qu'il abanbonna pour s'enfermer dans la maison des prêtres de la Mission, a Turin. On a de lui : Piissimi in Deum affectai cordis (Paris, sans date, in-12) ; Traite de ta vérité de in religion chrétienne (Paris, 1672, in-12), traduit en français par le Père Bouhours.
SIMI ANE (Pauline-Adhémar de Monteil dk Grignan, marquise de), née à Paris en 167-i, morte dans la même ville en 1737. Fille de la comtesse de Grignan et petite-fille de la marquise de Sévigné, elle épousa en 1695 Louis de Simiane, marquis d'Esparron, qui succéda plus tHi'd à son beau-père, M. de Grigniin, dans la place de lieutenant général de Provence. On sait peu de chose de la vie de Mme de Simiane, si ce n'est qu'elle devint veuve en 1718 et que, deux années après, elle fut chargée par le régent d'accompagner en Italie sa seconde fille, qu'il venait de marier au duc de Modène. A la suite de cette mission, elle renonça au monde, où son nom, sa fortune et sa beauté lui promettaient un grand avenir, pour se retirer en Provence et se consacrer à l'éducation de ses enfants. Elle mit ordre aux affaires de famille, étrangement embrouillées par son mari et par son père, et acheva tristement sa vie dans la solitude.
Chamfort, se faisant l'écho des bruits qui couraient de son temps, attribue cette retraite prématurée à quelques liaisons intimes qui tournèrent mal pour la marquise et à l'influence que prirent sur elle deux prédicateurs, Massillon et l'abbé Poulie. Chamfort laisse même entendre que Massillon ne se contentait pas d'être son directeur; il avait l'âme tendre et on ne vit pas impunément sous la Régence. La marquise de Simiane tenait de sa mère et de sa grand'mère un esprit cultivé; elle tournait de jolis vers;. on en rencontre quelques petites pièces dans ses lettres, qui ont été recueillies et imprimées à la suite de celles de M"8 de Sévigné. Elle est aussi l'auteur de quelques opuscules mêlés de vers et de prose, d'un, entre autres, intitulé : le Cœur ae Loulou (t. X des Lettres de Mme de Séoigné).
Quant aux lettres de Mme de Simiane, « elles offrent un véritable air de famille avec celles de son aïeule et de sa mère. » C'est ainsi que s'exprimait avec justesse Laharpe en les éditant, en 1773, pour la première fois. M°>6 du Deffant n'en jugeait pas de même ; elle s'étonnait que les lettres de M»*B de Simiane fussent parvenues jusqu'à nous, par la raison qu'elle les trouvait bonnes à être jetées au feu à mesure qu'on les recevait (lettre du 13 novembre 1773). H. Walpole, son correspondant, a pris leur défense auprès de sa quinteuse amie. « Je trouve, dit-il, que M"ne de Simiane ayant eu quelque chose à dire l'eût dit fort bien» • En effet, les sujets seuls, les occasions lui ont manqué. Walpole, néanmoins, trouve que • rien ne dépose qu'elle eût des entrailles; > mais ce reproche tombe de lui-même devant la lettre vraiment touchante écrite à M. d'Héricourt en faveur du vieux serviteur de son père. Le plus grand titre littéraire de Mm« de Simiane est la publication de la correspondance de son aïeule , avec le chevalier Perrin ; on regrette que par scrupule de dévotion, sans doute à cause des conversations philosophiques qu'elles contenaient, elle n'ait pas publié en même temps les lettres de Mm0 de Grignan. Ces lettres sont aujourd'hui perdues.
SIMIDÉ, ÉE adj. (si-mi-dé — rad. simia). Mamm. Syn. de simien.
SIM1É, ÉE adj. (si-mi-é — rad. simia).
Mamm. Syn. de simien.
SIMIEN, IENNE adj. (si-mi-ain, i-è-ne — rad. àimia). Mamm. Qui ressemble ou qui se rapporte au singe.
— s, m. pi. Famille de mammifères quadrumanes, comprenant les animaux vulgairement appelés Singes.
SlMlESQUEadj. (ai-mi-è-ske — rad. simia).
Qui lient du singe; qui appartient au singe ; Formes simiesques. Grimace simiesque. A ses pieds est accroupi, dans une pose simiesque, un modèle de femme qu'il ne regarde pas, sans doute pour indiquer par un mythe ingénieux
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le dédatn abstrait de l'école allemande pour la nature, (Th. Gaut.)
SIMIIN, INE adj. (si-mi-ain, i-ne). Mamm. Syn. de simien.
SIMILAIRE adj. (si-mi-lè-re — latin similaris; de similis, semblable, qui, selon Eiehhoff, représente exactement le grec omoios et le sanscrit samiyas, égal, de la même famille que le grec omos, le gothique sama et le sanscrit samas, même. La racine est en sanscrit sam, confondre, réunir). Homogène, de même nature : Une masse d'or est un tout similaire, parce que chacune de ses parties est or. (Aead.) La charpente du corps de l'animal est composée de parties similaires à celles du corps humain. (Buff.) Les arts sont similaires et identiques quant au fond. (Mesnard.) Ces savants réunissent en groupes tes êtres similaires. (Portails.)
— Géom. Se dit des rectangles et des parallélipipèdes formés par la multiplication de nombres proportionnels entre eux.
— Physiq. Hayons similaires, Rayons lumineux également réfrangibles.
— Anat. Parties similaires. Parties semblables dont la réunion forme les organes.
— Moll. Se dit da la charnière d'une coquille bivalve, lorsqu'elle est semblable sur les deux valves.
— s. m. Objet similaire : La France reçoit de tous les peuples commerçants, et de l'Angleterre surtout, des offres illimitées en sucre, café, cannelle, coton, rocou, girofle, tous les similaires des produits de ta Guyane. (J. Duval.)
SIMILAMÈTRE s. m. (si-mi-la-mè-tre — du lat. simila, rieur de farine, et du grec metron, mesure). Instrument destiné à faire reconnaître la proportion de farine de froment que contient un mélange de fécules.
SIMILARITÉ s. f. (si-mi-la-ri-té — rad.
similaire). Qualité de choses similaires.
SIMILI adj. m. pi. (si-mi-ii — mot ital. qui signif. semblable ). Mus. Se place sur une partition pour signifier que des groupes, des arpèges indiqués en abrégé sont semblables à ceux qui les précèdent.
SIMILIA SIMILIBUS CORANTCR (Les semblables se guérissent par tes semblables). Devise de l'homoeopa'.hie, opposée à celle de l'allopathie : Contraria contrariis curantur , « Les contraires se guérissent par les contraires, i V. CONTRARIA CONTRARIIS...
• Se mettre nu pour se garder du froid, se couvrir de fourrures contre la chaleur, se jeter au feu pour se guérir d'une brûlure, ce procédé de Gribouille, élevé à la hauteur d'une théorie, voilà le système des homœopathes. Un homme a la lièvre ; le remède est indiqué; il faut lui administrer ce qui la lui donnerait s'il ne l'avait pas ; Similia similibus. »