L. Retbaud
« Ces jours derniers, un chien enragé répandit la terreur dans une maison de la rue Saint-Honoré. Cet animal mordit d'abord, au premier étage, un rentier qui remontait ses pendules et, au troisième, un employé qui fêtait la mort de son chef de bureau par un repas copieux. Ces deux victimes de l'hydrophobie, ayant quitté leur appartement, entreprirent dans la maison une course désordonnée, au grand effroi des locataires, et, par un hasard providentiel, parvinrent a se rencontrer, se ruèrent l'un sur l'autre, se mordirent réciproquement et, en vertu de l'axiome similia similibus curantur, furent immédiament guéris. ■
(Le Tintamarre.)
« La vieille médecine s'appliquait à rechercher et à écarter les causes des maladies, et, pour détruire les causes du mal, elle procédait d'après cet axiome : Contraria contrariis curantur. D'après ce principe, elle combattait les irritations par des calmants et les inflammations par les saignées, raisonnant comme un homme qui, voyant sa maison brûler, s'aviserait de jeter de l'eau sur la flamme.
■ Nous autres, nous avons changé tout cela; nous disons: Similia similibus; nous irritons les irritations, nous enflammons les inflammations; pour le guérir, nous doublons le mal, nous le poussons à bout, nous l'aiguillonnons, nous l'exaspérons. ■
Jules Sandkau.
SIM1LIFER s. m. (si-mi-li-fèr — du lat. simi Us, semblable, et de fer). Zinc de Silésie contenant 25 pour 100 de fer.
SIMIL1FLORE adj. (si-mi-li-flo-re — du lat. similis, semblable, et de flos, fleur). Bot. Qui porte des fleurs toutes semblables entre elles.
SIMILITUDE s. f. (si-mi-li-tu-de — latin similitudo; de similis, semblable). Ressemblance, rapport exact entre deux choses : Il n'y a point de similitude entre ces deux objets. H y a entre ces deux espèces d'animaux une exacte similitude de conformation, (Acad.) La similitude de beauté entendre la sympathie. (Lacordaire.) C'est .de la
SIMI
siMiLrruDE des idées que natt la similitude des expressions. (De Bouald.)
— Rhétor. Comparaison prolongée, rapprochement par lequel on peint une chose sous les traits d'une autre : Il nous fit comprendre cette vérité par une belle similitude. Les similitudes font souvent employées dans V Evangile. (Acad.)
Nous aimons beaucoup mieux, nous autres gens d'é- Une comparaison qu'une similitude. [tude,
Molière,
— Mathém. Relation, caractère des figures semblables entre elles, u Centre de similitude, Point pris arbitrairement dans une figure, pour mener des rayons vecteurs à tous les sommets, reproduire tous les angles qui en résultent autour du point, prendre sur les nouveaux rayons des longueurs proportionnelles, et construire une figure semblable.
— Syn. Similitude, analogie, conformité, etc. V. analogie.
— Similitude, comparution. V. COMPARAI- SON.
— Encycl. Mathém. La similitude ne peut pas être définie exactement d'une manière générale ; les conditions en sont différentes selon la nature des grandeurs variables qui se développent durant l'accomplissement des phénomènes considérés. Il faudra nécessairement distinguer les phénomènes purement géométriques, les phénomènes dynamiques et les phénomènes physiques.
— De la similitude en géométrie. La <i'militude de deux ligures exige l'égalité dans les angles et la proportionnalité dans les longueurs homologues. Une parallèle à l'un des côtés d'un triangle détermine avec les deux autres un nouveau triangle dont les angles sont égaux à ceux du premier et dont les côtés sont proportionnels. C'est la proposition fondamentale de la théorie des figures semblables. Les deux triangles déterminés comme il vient d'être dit sont semblables; et l'on sait qu'il suffit que deux triangles soient équiangles pour qu ils aient les côtés proportionnels et soient par suite semblables. Comme un triangle est déterminé par ses trois côtés, ou par deux côtés et l'angle compris, il en résulte réciproquement que deux triangles qui ont les côtés proportionnels ou qui ont un angle égal compris entre côtés proportionnels sont équiangles et par suite semblables. La même proposition pourrait s'étendre à tous les systèmes imaginables d'éléments, toujours au nombre de trois, capables de déterminer un triangle. En effet, les lignes homologues, hauteurs, médianes, bissectrices , etc. , de deux triangles semblables , les décomposant nécessairement en d'autres triangles semblables entre eux, ces lignes sont deux à deux dans le même rapport que les côtés homologues, et , par suite, deux triangles déterminés par trois lignes homologues proportionnelles ou par deux lignes homologues proportionnelles et un angle égal seront semblables.
Une figure polygonale, plane ou gauche, étant donnée, si l'on prend un point n'importe où, qu'on le joigne à tous les sommets, qu'on divise arbitrairement l'un des rayons vecteurs; que, par le point de division, on mène des parallèles aux côtés de la figure donnée qui aboutissent à l'extrémité de ce rayon vecteur, qu'on termine ces parallèles respectivement aux rayons vecteurs voisins; que, par les points de rencontre, on mène des parallèles aux côtés suivants du polygone, et ainsi de suite , la ligure polygonale qu'on formera ainsi sera semblable à la première, car les deux figures présenteront les mêmes angles et auront les côtés proportionnels, tous les rayons, vecteurs étant divisés proportionnellement.
Deux figures polygonales disposées comme on vient de le dire sont dites homothétiques, ou semblables et semblablement placées ; le point de convergence des rayons vecteurs prend le nom de centre de similitude des deux figures. Les définitions précédentes s'étendent sans peine à deux courbes. Une courbe étant donnée, si l'on prend un point n'importe où, qu'on imagine le cône dont ce point serait le sommet et dont la courbe donnée serait la directrice, une courbe semblable à la proposée et semblabrement placée par rapport au point choisi sera le lieu des points de division en parties proportionnelles dos arêtes du cône, terminées à la courbe primitive ; deux points homologues des deux courbes appartiendront à une même arête ; les tangentes en ces points, ainsi que les plans osculateurs, seront parallèles; les courbures y seront égales, etc.
De même, si d'un point pris n'importe où on conçoit des rayons vecteurs menés à tous les points d'une même surface quelconque, le heu des points de division de ces rayons vecteurs en parties proportionnelles sera «ne surface semblable à la première et semblablement placée par rapport au point choisi. Si la première surface est composée de faces planes, la seconde le sera de faces
' parallèles et semblables, les angles dièdres
. seront égaux dans les deux figures ainsi que les auglus polyèdres, et tûmes les arêtes seront proportionnelles. Si la première surface est courbe, les plans tangents aux points homologues des deux surfaces seront parallèles,
| les courbures en ces points seront éga-
i les, etc.
SIMI
Soit f(x, !/)<=0 l'équation d'une courbe quelconque; l'équation générale des courbes semblables et semblablement placées par rapport à l'origine sera
f{kx,ky) = o;
celle des courbes semblables, mais simplement parallèles, sera
enfin, celle des courbes semblables placées arbitrairement dans le plan des axes sera a: sin (8 — a) — ysin»
nka + k)
kb + k
sin 9 x sin a -f- y sin (0
sin 0
le rapport de similitude sera k , l'origine et le point x = — a, y = — 6 seront homologues, enfin les lignes homologues seront inclinées les unes sur les autres de l'angle a.
On obtiendrait de même 1 équation générale des surfaces semblables a une surface donnée f(x, y, s) = 0, en remplaçant d'abord x par kx, y par ky, z par As et rapportant le nouveau lieu à trois nouveaux axes formant entre eux le même angle trièdre que les axes primitifs.
Dans deux figures semblables, les surfaces homologues sont comme les carrés des côtés homologues et les volumes homologues comme les cubes de ces mêmes côtés.
— De la similitude en mécanique. Deux phénomènes dynamiques peuvent être semblables dans des conditions très-différentes, dont l'analyse présente le pins grand intérêt.
En premier lieu, la similitude se conserve lorsque, les trajectoires des différentes molécules considérées restant les mêmes, elles sont parcourues avec des vitesses plus grandes ou plus petites, mais assujetties à la loi de proportionnalité. Cela suppose que les forces varient dans un rapport carré et les durées des transports, ou les intervalles des temps correspondants aux passages d'une molécule par les mêmes points, dans le rapport inverse simple. En effet, les équations
m~dF=*' mo¥ = Y'mdï = z
du mouvement d'un point matériel, dans lesquelles m désigne la masse de la molécule, x, y, z ses coordonnées, t le temps, X, Y, Z les composantes parallèles aux axes de la résultante de toutes les forces directement appliquées à la molécule ou qui représenteraient tes réactions qu'elle éprouve de la part des autres parties du système, ces équations donneraient un même système de valeurs de d'x, d'y, d'z pour un dt k fois plus grand si X, Y et Z devenaient k1 fois moindres. Par exemple, dans le mouvement du pendule simple, la durée d'une oscillation complète est
-Vï(
A désignant la différence de niveau entre le point d'où l'on a abandonné le mobile it luimême et le point le plus bas du cercle qu'il décrit, et l le rayon de ce cercle. Si, A et t restant fixes, g, l'intensité de la pesanteur Varie dans un rapport carré, T variera dans le rapport inverse simple. De même, l'équation du mouvement d'un point matériel pesant sur une cycloïde verticale est
dans laquelle h est encore la différence de niveau entre le point d'où l'on a abandonné le mobile et le point le plus bas de la cycloïde, z est la différence variable de niveau entre le point où se trouve le mobile à l'époque t et le point le plus bas, a est le rayon du cercle générateur de la cycloïde et g l'intensité de la pesanteur. Cette équation donnera la même valeur de z au bouc d'un temps k fois plus grand si la pesanteur devient k' fois moindre.
La similitude se conserve encore lorsque les trajectoires restent les mêmes et sont parcourues dans les mêmes temps par des systèmes matériellement semblables. Cela arrive lorsque les forces varient proportionnellement dans un rapport et les masses dans le même rapport.
Il y a encore similitude lorsque, les trajectoires variant similairement, en même temps que les éléments géométriques du système mù, ces trajectoires sont parcourues avec les mûmes vitesses aux points homologues, de manière qui; les intervalles des passages des mêmes mulécules aux points homologues varient proportionnellement aux éléments géométriques ; cela exige que les forces varient en raison inverse des paramètres des trajectoires, les densités, d'ailleurs, variant en raison inverse des cubes des mêmes paramètres, afin que les masses ne changent pas. En effet, les équations
donneront des valeurs k fois plus grandes pour d'x, d'y, d'z correspondantes à des valeurs k fois plus grandes de dt, si X, Y et Z sont k fois moindres ; par conséquent, si les systèmes sont déjà semblablement placés par rapport aux axes et que les vitesses initiales soient les mêmes, les trajectoires resteront ultérieurement semblables, et les vitesses, aux
SIMI
points correspondants, les mêmes. On peut vérifier cette nouvelle loi sur l'exemple du pendule. Dans la formule
si h et l varient dans le même rapport, c'està-dire si l'on place semblablement deux points matériels sur deux circonférences verticales et que la pesanteur varie de l'un à l'autre en raison inverse de celle suivant laquelle varie le rayon de la circonférence, les temps d'une oscillation seront comme ces rayons.
Enfin, la similitude se conserverait encore si, les trajectoires variant similairemenc en même temps que les éléments géométriques du système mu, ces trajectoires étaient parcourues aux points homologues avec de nouvelles vitesses, plus grandes ou plus petites, mais ayant un rapport fixe avec les anciennes, de manière que les intervalles des passages des mêmes molécules aux points homologues variassent en raison directe des éléments géométriques et en raison inverse des vitesses; pour qu'il en fût ainsi, il faudrait que les forces variassent eu raison directe des éléments géométriques et en raison inverse des carrés des temps. En effet, les équations
d'z „ m-— =Z dt'
donneront pour dVc, d'y, d'z des valeurs A fois plus grandes, pour mdl k' fois plus grand, si X , Y, Z sont multipliés dans le
rapport -j-^. Si donc deux systèmes sont sem-
blableinent placés par rapport aux axes, le rapport de similitude étant k, et que les vitesses initiales soient dans l'un et l'autre, comme k:k', les trajectoires resteront indéfiniment semblables, les vitesses aux points homologues conserveront toujours le rapport — et les temps employés aux parcours
des arcs homologues seront comme 1 : k', si les forces sont comme k:k".
La formule
*-VrHî+ )■
peut encore servir à vérifier cette loi : si, deux mobiles étnnt placés en deux points homologues de deux cercles verticaux, la pesanteur variait de l'un a l'autre en raison inverse du carré des rayons des cercles qu'ils doivent décrire, les carrés des temps d'une oscillation seraient comme les cubes de ces mêmes rayons.
Voici un cas particulier remarquable de la loi qui vient d'être énoncée : si des systèmes géométriquement semblables et de mêmes masses, sous les volumes homologues, décrivent des trajectoires semblables, et que les forces qui les meuvent varient en raison inverse des carrés des éléments géométriques, les intervalles des passades des mêmes molécules aux points homologues serunt, comme les cubes des éléments géométriques homologues. On reconnaît dans cet énoncé la troisième loi de Ke[ 1er: Les carrés des temps des récitations des ploaet<<s sont comme les cubes des grands axes des orLitta. Cette loi n'est, comme on sait, qu'approximative, parce que les masses des planètes ne sont pas égales et.'Rfr-e'.io-s En effet, F désignant lu force aic.ilérntrice ramenée- à l'unité de distante, m lu masse d'une p.unéte, fti ueile du soleil, a le grand uxe de l'orbite, T lo temps d'une révolution,
— serait donc rigoureusement constante si m ne variait pas d'une planète à une autre.
— De la similitude en thermologie. Dans les cas que nous avons examinés jusqu'ici, la similitude se traduisait par la proportionnalité des cléments homologues; il n'en est pas toujours ainsi : pour les grandeurs angulaires, elle exige l'égalité ; pour les températures, l'équid.tïercnce. Si la forme d'un système de corps, enveloppe comprise, reste la. même, les dimensions seules changeant, de manière que la similitude géométrique se conserve, et qu'en même temps les températures des poin Ls homologues et des sources de chaleur augmentent d'une même quantité, la transmission de la chaleur se développera ensuite de telle sorte que, à des époques correspondantes, les températures de tous les points des deux systèmes conserveront entre elles une différence constante. C'est dans cette équiditference que consiste la similitude tbermoiogique.
On peut remarquer que la loi un similitude entre grandeurs angulaires s'énoncerait de la même manière si, au lieu des angles des éléments d'une même ligure entre eux, on n'introduisait dans les équations que les angles de ces éléments avec un axe de direction arbitraire.
Par exemple, les relations entre les parties d'un triangle pourraient être formulées par l'équation
a cos A 4- b cos B + e cos C = o, n, b, c désignant les côtés de ce triangle et A, B, C les angles qu'ils forment avec une direction trbitraire. On pourrait daus cette
JUV
SIMM
équation augmenter A, B et C d'une même quantité arbitraire sans qu'elle cessât d'être exacte.
SIMILOR s. m. (si-mi-Ior — du lat similis, semblable, et de or). Composition métallique formée d'un alliage de cuivre et de aine.
SIMIRA s. m. (si-mi-ra). Bot. Syn. de MApouria, genre de rubiacées.
SIMLER (Josias), historien suisse, né à. Cappel, canton de Zurich, en 1530, mort à Zurich en 1576. Doué des plus heureuses aptitudes pour les sciences et pour les lettres, Simler visita les académies allemandes et étudia la théologie de l'Eglise réformée. De retour dans sa patrie, il suppléa Conrad Gessj ner dans sa chaire de mathématiques, puis it expliqua les saintes Ecritures, fut nommé ' diacre du temple de Saint-Pierre et enfin 1 devint professeur de théologie. Les ouvra- I ges principaux de Simler sont : Epitome bibliothecx C. Gesneri (Zurich, 1555-1574, infol.) ; De principiis astronomie (Zurich, 1559, in-8°); Vita C. Gesneri (Zurich, 1566, in-4°) ; I De Helvetiorum republica tibri II (Zurich, 1 1574, in-8°), bon ouvrage qui a été augi mente par Fuessli et qui a obtenu plusieurs I éditions ; Commentarius in Exodum (Zurich, 1605, in-fol.). Simler a traduit en latin les six ouvrages théolugiques de Bullinger, \\ a publié, en outre, deux ouvrages de Pierre Martyr, savoir : Scripia de causa Eucharis- I ti& (1562, in-40) et Commentarius in Samuej lem (1564, in-fol.).
I SIMM1ÎNTIIAL, ou vallée de la Simme, dans I l'Oberland bernois, en Suisse. La vallée n'est pas large ; elle a 13 lieues de longueur et est encaissée entre de hautes montagnes. Par endroits, il n'y a place entre les rochers que pour la route et la rivière. Quoique cette vallée soit moins visitée par les touristes que les autres parties de l'Oberland, elle a une foule de sites pittoresques et variés; elle est très-verte en été, couverte d'excellents pâturages. Les bestiaux qu'on y élève passent pour les meilleurs du canton de Berne et pour les plus beaux de la Suisse; les vaches ' rousses ou brunes y pèsent de 5 à 6 quintaux ; et donnent prodigieusement de lait; les fromages qu'on y l'ait sont aussi estimés que ceux de Gruyère. La vallée est parsemée de villages dont les vastes maisons de bois annoncent l'abondance. Les habitants sont intelligents, bienveillants et ont un grand amour pour leur pays, comme au reste presque tous les habitants des montagnes et des vallées de la Suisse. La vallée est divisée en haut et en bas Simmenthal. La Simme prend sa source dans le massif qui sépare le Valais du canton de Berne. Ces sommets, couverts de bois et de pâturages, quoique d'une hauteur de 2,000 à 3,400 met., sont : l'Abreschhorn, l'Oberland, le Faim, le Metsch, et le Breck, desquels descendent une foule de ruisseaux ; les ruisseaux qui forment la Simme sont : l'Ammert, le Pommer, le Laub, le Sec, l'Uerlorene-Bao ou Ruisseau perdu, qui disparaît un moment pour se précipiter en cascade au lieu appelé les Sept- Fontaines. C'est la que ces ruisseaux se réunissent dans le même bassin, les uns p!u-> haut, d'autres plus bas, eu formant do [ êtres cascades. Ce point de vue est très-pittoresque. La Simme, qui comme toutes les rivières de montagne, se transforme si fnui.eijieut eu torrp.it, présente un lit três-'ÙLïivieiita et plusieurs cascades dafiS'son Cuura ; l'une délies est d'un effet magique , surtout si l'on prend soin de s'y rendre au lever du soleil, quand les rochers et les sapins environnants sont encore sombres et i que la cascade seule est éclairée par le so- I leil. Les montagnes, qui dans cette partie de j la vallée sont superposées en gradins, font un I effet grandiose ; de la plus élevée d'entre elles, 1 le Wilde-Stroubel, descend le glacier de Raetzli, qui forme a son tour plusieurs étages. En descendant la vallée, on a à droite et h gauche le Wildlioin, le Laufenbodenhorn, le Rochbachstein, le Mittaghorn, le Ruvylhorn et l'Iffighorn. Ces hautes montagnes privent du soleil en hiver, pendant six ou ' sept semaines, quelques hameaux dutSimmenthal. Plus bas, près de l'endroit où la Simme se jette dans ta Kander, sont les chaînes du Niesen et du Stuckhorn, dont les sommets atteignent 2,000 à 2,600 met.
Les villages que l'on rencontre en venant
de ïhun, c'est-à-dire en remontant le cours
de la Simme, sont d'abord Wimrnis, qui a un
beau château, situé à l'entrée de la vallée.
Deux lieues plus haut est le beau et populeux
village d'Erlenbach, avec le Stockhorn au
Sud-ouest; entre Erlenbach et Wimrnis s'ou-
1 vre la vallée latérale de Diemten. Weissen-
| bourg possède des bains du même nom, situés
| à une demi-lieue du village ; on les appelle
aussi bains d'Oberwyl ou de Buntschi. On y
arrive par un chemin très-étroit, praticable
' seulement pour les piétons. L'établissement
1 d'eaux thermales est au fond dune gorge pro-
I fonde et romantique. Zweisimmen est situé à
1 944 met. au-dessus de la mer. Son nom lui
vient des deux rivières qui s'y confondent, la
grande et la petite Simme. Enfin, le dernier
village du Simmenthal est Lenk ou An-der-
Lenk, à 1,000 met. au-dessus de la mer; on
y respire un air très-pur et fortifiant.
S1MMER s. m. (simm-mèr). Môtrol. Mesure de capacité pour le blé, employée à Nuremberg, et qui vaut 3lslH,l4. il Mesure pour l'avoine, usitée à Nuremberg, et valant
SIMM
588"t,35. Il Mesure de capacité, employée à Francfort, et valant ZsH'jôO. Il Mesure de capacité, employée dans te grand-duché de Hesse-Darmsiadt, et valant 32 litres, il Mesure pour l'avoine, employée dans le duché de Saxe-Cobourg, et valant l24lit,45.
SIMMER (François-Martin-Valentin), généra! français, né en 1774, mort à Varennessur-Morges, près de Riom, en 1847. Il servit dans les armées de la République et de l'Em-
fiire et fut nommé général de brigade. Sous a première Restauration, il reçut le commandement du département du Puy-de-Dôme et la croix de Saint- Louis. Il 'se rallia avec empressement à Napoléon en apprenant son retour, et fut nomme, le 21 avril 1815, général de division. Cette dernière nomination fut annulée par Louis XVIII, et Simmer fut mis à la demi-solde. Nommé député en 1828, il siégea à l'extrême gauche. En 1831. il se présenta aux élections comme candidat libéral; mais aussitôt élu il devint un des serviteurs du ministère du 13 mars. Aussi, en 1832, à son arrivée à Clermont, on lui fit un charivari. Non réélu en 1834, il le fut aux élections suivantes et devint un des membres du centre les plus dociles aux volontés ministérielles. Il était membre db conseil général de son département. L'académicien et député Etienne était son neveu.
SIMMERN, ville de Prusse, province du Rhin, régence et à 41 kilom. S. de Cologne, sur la petite rivière de son nom ou Simmerbach ; 2,800 hab. Fabrication de quincaillerie, bonneterie, cuir. Simmern est l'ancien cheflieu d'une principauté qui dépendait du Nahgnu et qui fut achetée en 1359 par la maison palatine. Le duo Frédéric, dit le Hundsrucker, résida dans son château, qui fut incendié pendant la guerre de la Succession et reconstruit depuis en pactie ; il y fonda la branche des comtes palatins de Simmern qui, en 1559, prit possession de l'èlectorat du Rhin, et qui s'éteignit en 1688.
SlMMIASl>KRHODES,poëte grec sur lequel on n'a que des renseignements incomplets, et qui florissait , suivant les conjectures de Vossius, vers 324 av. J.-C. S'ôoartant de la route tracée par les modèles, il chercha la gloire par la bizarrerie de ses compositions et s'assujettit à donner à l'ensemble de ses pièces de vers la forme des objets qu'il voulait décrire. Ce genre puéril devint à la mode et, après avoir passé de la Grèce à Rome, trouva de nombreux partisans dans le moyen âge. Il ne reste de Simmias que trois pièces de cette nature : les Ailes, Y Œuf et la Hache. Saumaise et Boissonade ont commenté ce poète et étudié le genre qu'il avait créé.
SIMAILliR (Joseph), peintre polonais, né a Varsovie en 1823. Il fit ses premiéies étude* artistiques daus sa villo natale, alla, plus tard les continuer à l'écula deo beaux-arts de Dresde, visita ensuite Munir!;, Paris et nialie et revint s'établir duns sa villo natale, où il n'a cessé de travailler SiVce succès depuis cette époque. On cite, parmi ses œuvres les plus remarquables : la Mort de la reine Barbe Radziuiill, toile qui est aujourd'hui la propriété de la villa de Varsovie, et que l'on regarde comme le chef-d'œuvre de l'artiste; l'Education du :oi Sigismond- Auguste; le Duiiriie de l'immaculée conception; Cortège uuptiul de l'Amour et de Psyché, plafond tlu château du Vuisovie; Mort de l'archevêque Josapltat, etc. Ii a, en outre, exécuté plusieurs tableaux religieux et un grand nombre de portraits, genre dans lequel il excelle.
SIMMONDS1E s. f. (si-mon-dsl — de Simmonds, sav. angl.). Bot. Genre de plantes, de la famille des euphorbiacées, tribu des acalyphées.
S1MMS (William-Gilmore), poêle américain, né a Charieston, Caroline méridionale, en 1806. Dès l'âge de dix-huit ans, il fit paraître un premier recueil de poésies, qui fut suivi de plusieurs autres dans un court intervalle, fut reçu avocat en 1828, mais renonça bientôt au barreau pour se lancer dans le journalisme. Après avoir perdu presque toute sa fortune dans diverses entreprises littéraires, il se rendit en- 1S32 dans le nord des Etats- Unis et publia l'année suivante à New-York un poëme, l'Atlantide, qui obtint beaucoup de succès. lien fut de même de la plupart de ses romans, tels que Martin Faber (183S), Guy Hivers (1834), YYemassee, le Partisan, Charles Weruer, la Jeune fille de Darien, etc., lus avec avidité dans les Etats du Sud, dont ils retracent les moeurs. Citons encore, parmi ses œuvres de cette époque, les Aventures et tableaux du Sud (1839), un poème épique, la Floride, et une Histoire de la Caroline méridionale. Il revint plus tard dans sa patrie, où, tout eu continuant à écrire des œuvres isolées, il collabora activement à différents recueils littéraires, notamment à la Revue du Sud et au Monde littéraire de New-York. Pendant la guerre civile, il se déclara énergiqueinent pour la sécession et publia même plusieurs pièces de poésie en faveur de cette causj. Un grande force d'imagination, une versification harmonieuse et beaucoup de goût dans le choix des tableaux sont les caractères distinctifs de ses compositions, auxquelles on peut toutefois reprocher de fréquentes obscurités. Outre les œuvres que nous avons déjà mentionnées, on a encore de lui : Marie de Dernières, roman; la Cité des si-
SIMŒ
lencieux, poëme (Charleston, 1851) ; YEpée et ta quenouille (Philadelphie, 1853); la Caroline méridionale dans la Révolution ; Egérie ou Pensées et conseils ; les biographies des généraux Marion, Greene, etc. Enfin, il a fait paraJIre sous ce titre : Supplément à Shakspeare, sept drames faussement attribués au grand poète anglais.
SIMNEL (Lambert), célèbre imposteur anglais, né vers 1472 à Oxford, où son père exerçait la profession de boulanger. Un prêtre nommé Richard Simon imagina de lui faire jouer le rôle du comte de Warwiok, dernier rejeton de la maison d'York. Alors se forma en faveur de Simnel, en Irlande, un parti à la tête duquel se plaça le comte de Lincoln, qui vint débarquer dans le comté de Lancastre avec le nouveau prétendant, affublé du nom d'Edouard VI. Henri VIII écrasa dans un seul combat (Stoke, 1487) son ridicule compétiteur et lui infligea pour toute punition un emploi dans ses cuisines.
Simnel (Lambert), opéra-comique en trois actes, paroles de Scribe et Melesville, musique de Hippolyte Monpon ; représenté à l'Opéra-Comique le 14 septembre J843. La par-
I titton est l'œuvre posthume du compositeur. Elle était restée inachevée, dit-on ; Adolphe
I Adam la termina. L'action se passe sous Henri VIII, roi d'Angleterre. Le comte de
j Warwiek, dernier descendant des Plantage-
i nets, est mort dans la Tour de Londres. Ses
j partisans découvrent un jeune garçon qui lui ressembla, c'est Lambert Simnel. C était dans
I l'histoire le fils d'un boulanger; Scribe a préféré en faire un garçon pâtissier, comme il a transformé, dans le Prophète, Jean de Leyde, le tailleur, en un cabarctier. Le comte do Lincoln fait passer Lambert Simnel pour le prétendant. L'ambition s'empare du pauvre garçon, qui abandonne sa fiancée Catherine et court se signaler par mille exploits. Mais le masque tombe, le héros redevient pâtissier
■ comme devant, épouse Catherine, et le ré-
j pertoire de l'Opéra-Comique compte un mau-
I vais poëme de plus. Il avait été refusé par Donizetti et par Halévy. On retrouve dans la musique les qualités et les défauts du compositeur romantique : la recherche de la couleur, un sentiment mélodique réel, des modulations trop brusques et des rhythmes heurtés. Nous doutons qu'on doive attribuer à Hippolyte Mon pou. le monstrueux anachronisme du God save the king , composé plus de cent soixante-dix ans après la guerre des Deux-Roses et qui doit être dû à Adolphe Adam et Scribe, qui n'y regardaient pas de si près. Nous citerons, parmi ies morceaux les plus taillants, le chœur d'introduction, qui a de la vigueur et qui est coupé par de jolis couplets; l'air de ténor, dont l'adagio est empreint d'une mystique tendresse :
' Les yeux baissés, timide cl belle,
1 Ma ûanctîc est il mon bras ;
! Douer m -. nt vers la chapelle
I Je ;,ulJ[: W3 pas;
le terzetto : Il nous finit nn Warwiek, est , bien traite ; l'air de *u, r..uo qui ouvre le se- ' cond acte : Anges divins, de ci'tui que j'aime, se Jistiii-ue p:ir un njugio d'un .•■entiment I exquis et qui, uxefuté p.ir les violoncelles, a. servi d'ouverture. L'Ji couplets : J'avais fait | un plus joli ièoe, sont d'nlie touche, délicato , et expressive. Le troisième acu n'offre guère de saillant que la romance chantée J.ar Simnel : Adieu, doux rêves <h mi gloire, q. ii.se distingue surtout par le sentiment de ce fafrain :
Vous m'avez donné la couronne, Vous m'avez ravi le bonheur!
En somme,,l'intérêt musical est plus puissant dans le premier acte que dans ceux qui suivent, ce qui est nécessairement pour uu ouvrage lyrique une cause d'insuccès.
Le même livret a été mis en musique par Van der Does et représenté à Lu Haye dans le mois de janvier 1851. On a prétendu que plusieurs morceaux avaient été composes par le roi de Hollande lui-même.
SIMO s. m, (si-mo —du gr. simos, camus). Entom. Syn. d'oTjtORHYNQDE.
SIMOCHEILE s. m. (si-mokè-lo — dugr.
simos, camus; cheilos, lèvre). Bot. Genre d'arbustes, de la famille des ericinées, comprenant plusieurs espèces, qui croissent an Cap de lionne-Espérance.
SI110DA, ville du Japon, sur la côte S.-E. de l'îie de Niphon, dans la province d'Idson au N. du cap de ce nom; 6,000 hab. C'est uû. des ports ouverts au commerce européen depuis 1856 par le traité américain du comniodore Perry. Mais l'expérience a démontré que ce port peu sûr ne répondait pas aux espérances qu'on avait conçues. Les derniers traités européens ont substitué Konagova à Simoda. La population de cette dernière ville s'élève à environ 5,000 hab., dont la principale ressource est la pèche. L'aspect de la villeest très- pittoresque ; mais vue de près on s'aperçoit qu'elle a perdu presque toute son antique magnificence. Les rues, assez régulièrement bâties, sont eu partie pavées, eu partie macadamisées ; les maisons, d'un seul étage, sont construites pour la plupart en bois et fort souvent couvertes de chaume. L'absence de cheminées est une des principales causes des nombreux incendies que les habitants ont à déplorer chaque année.
SIMŒTHE s. m.(si-mc-te). Entom. Genre
SIMO
d'insectes lépidoptères diurnes, formé aux dépens des argus, et dont l'espèce type vit au Bengale, il Genre d'insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu des pyralides.
SIMOGGA, ville de l'Indoustan anglais, dans la présidence de Madras, ancien Etat de Maîssour, sur la rive gauche de la Tonga, a 60 kilom. N.-E. de Bednore. Fabrication de tissus de coton. Les Mahrattes remportèrent près de cette ville une grande victoire sur Tippoo-Saëb en 1790.
SIMOÏS, petit fleuve de l'Asie Mineure ancienne, dans la Troade, appelé de nos jours Mendéré-Sou. Il descend d une des ramifications septentrionales de l'Ida, coula d'abord de l'E. k l'O., puis du S. au N. et, avant de se jeter dans 1 Hellespont, à l'entrée du détroit, il recevait, au temps d'Homère, leScamandre. Plus tard, par suite des dépôts du Simoîs, torrent très-dévastateur pendant l'hiver (dépôts amassés au confluent du Scamandre), ce dernier ayant changé de direction, on prit le Simoïs pour le Scumnndre, et on appela Simots un ruisseau qui se jetait dans ce fleuve, non loin de son embouchure; c'est le faux Simoîs. Ce fait, méconnu par Strabon et par les géographes qui se sont occupés apr^s lui de ce pays, a été reconnu en 18U par un voyageur français, Lechevallier, et démontré par M. ' de Choiseul- Gouffier, ambassadeur de France près la Porte Ottomane.
SIMOLIN (Charles-Oustave-Alexandre, baron de), diplomate 'russe, né à Abo en 1715, mort en 1777. Il commença sa carrière publique sous les auspices du ministre Ostertnann et, lorsque Bestoujeff fut parvenu au pouvoir, il reçut successivement plusieurs missions importantes. En 1756, il tut nommé ministre résident de la czarine en Courlumle et, jusqu'à la fin de sa vie, défendit avec énergie dans cette contrée les intérêts de la Ru>sie. L'empereur d'Allemagne, François, l'admit en 1754 dans les rangs de la noblesse de l'empire, et en 1775 Stanislas- Auguste, roi de Pologne, lui conféra, a lui et k ses descendants légitimes, le titre de baron,
SIMOLIN (Jean-Mathias, baron de), diplomate russe, frère du précédent, né à Abo en 1720, mort en 1799. Nommé, en 1766, ambassadeur de la czarine Catherine à l'assemblée impériale de Ratisbonne, il accompagna plus tard, en qualité de conseiller diplomatique, le comte Roraanzoff dans la campagne de Turquie. Il y conclut, en 1771, la suspension d'armes de Giurgcwo, devint, en 1773, ambassadeur à Copenhague et passa, quelques années plus tard, à Stockholm, d'où le roi Gustave UUefit rappeler, parce qu'il jugeait sa présence dangereuse pour la Suède, au milieu des luttes des partis auxquelles cette contrée était en proie. En 1780, il fut appelé à l'ambassade d'Angleterre, mais sa position devint excessivement difficile à Londres par suite de la neutralité armée observée sur mer par la Russie. Il était depuis 1787 ambassadeur à Paris, lorsque la Révolution de 1789 vint lui fournir l'occasion de manifester son dévouement pour la famille royale de France. Ce fut lui qui procura à la reine Marie-Antoinette un passe-port au nom de la baronne de Koiff et qui força le comte de Montmorin, alors ministre des' affaires étrangères, à apposer sa signature sur cette pièce. Apres avoir, q«îittè la France, il vécut plusieurs années, loin des affaires, a Francfort-sur-le- ^Mein, jusqu'au jour où il fut nommé prési- .'dent du collège impérial de la justice en Russie. Il mourut en se rendant à son poste.
SIMOLIN (Alexandre -Christophe, baron de), né en 1736, mort en 1832. A l'époque de la Révolution française, il était attaché à l'ambassade russe, à Paris, dont un de ses oncles, Jean-Mathias de Simolin (v. ci-dessus) était titulaire. Il fit avec ce dernier tous les efforts possibles pour sauver la famille royale, mais il ne put y réussir.
SIMOLIN (Alexandre-Henri, baron de), né en 1800, chambellan du roi de Prusse. 11 s'est fait connaître en littérature par des poésies lyriques et des écrits sur la généalogie, l'héraldique et l'archéologie.
SIMON s. ro. (si-mon), Métrol. Monnaie du Japon, en cuivre ou en fer, de forme ronde, avec un trou au milieu, dont la valeur est d'environ 6 centimes.
— Mamm. Nom vulgaire du dauphin.
SIMOIS (SAINT-), bourg de France (Aisne), ch.-l. de cant., ariond. et à 18 kilom. S.-O. de Saini-Qaentin, sur la rive gauche de la Somme et le canal de Crozat; pop. aggl., 523 hab. — pop. tôt., 651 hab. Exploitation de tourbe. Ce village avait jadis le titre de duché. Patrie de l'historien Saint-Simon.