‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 396 sur 1059 · SIMON MACCHABÉE. V. MACCHABÉE · texte numérisé non relu

SIMON MACCHABÉE. V. MACCHABÉE

SIMON (saint), l'un des douze apôtres de Jésus, surnommé le Chananéen. On ne connaît point les particularités de sa vie ni de sa mort. La légende grecque veut que, après avoir visité les côtes de l'Afrique, il soit allé préchef dans la Grande-Bretagne, OÙ il subit le martyre. On croit plutôt quil parcourut l'Egypte, la Mauritanie et la Perse et qu'il fut mis en croix k Suamir,

SIMON le Mage OU le Magicien, Sectaire juif, un des fondateurs de la philosophie gnostique, né à Gitton, village obscur du pays ce Saïuarie, 11 était contemporain de Jésus-

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Christ. Son maître intellectuel est Philon d'Alexandrie; mais il joignit à la doctrine de Philon des pratiques de théurgie qui devaient exercer plus de prestige que des idées sur l'esprit grossier des Samaritains, auprès desquels il acquit une grande influence. Ils le surnommèrent la Vertu de Dieu. C'était le moment de la prédication évangélique. Le bruit des miracles accomplis par les apôtres intrigua le philosophe samaritain. Il se dit que ces gens devaient être plus habiles que lui et possédaient sans doute des secrets qu'il lui aurait été fort agréable de posséder. 11 reçut le baptême dans le but d'arriver k les connaître. A quelque temps de là, les apôtres étant venus à Samarie, Simon se rendit auprès d'eux, et ne pouvant s'imaginer comment ils faisaient descendre le Saint-Esprit sur les convertis, il leur offrit une somme d'argent pour le savoir. « Puisse, lui dit saint Pierre, avec toi périr ton argent, puisque tu prétends en acheter le don de Dieu. » Cette légende n'est point vraisemblable et suppose chez Simon le Mage une intelligence grossière. Or, d'après la tradition, u avait pour le' moins l'esprit aussi ouvert que saint Pierre. Cependant l'anecdote est restée célèbre et il faut faire remonter à cett» légende l'origine du mot simonie, par lequel on qualifie le trafic des choses saintes. Simon, néanmoins, fît, dit-on, la paix avec saint Pierre ; mais on ne connaît point les détails de leur réconciliation. Cependant Simon, qui ne s'était fait chrétien que dans l'intérêt de son art, ne tarda point k reprendre son ancien état de magicien et se mit, comme les apôtres, à faire des prosélytes. Il alla s'établir kTyr, où il acheta, dit Terlullieu, une courtisane avec le même argent qu'il avait voulu consacrer à l'achat du Saint-Esprit. Cette femme, instrument de ses désordres, continue Tertullien, était un apôtre sui generis, qui réussit k recruter à Simon le Mage un grand nombre de néophytes. Elle s'appelait Hélène. Simon disait qu'elle était une nouvelle incarnation de l'épouse de Ménèlas, qui causa la ruine de Troie. 11 lu faisait aussi passer pour Minerve ou pour la mère du Saint-Esprit. Simon se rendit à Rome en l'an 41. Il obtint dans la ville des Césars un succès inouï. Les plus grands personnages du temps furent éblouis par ses prestiges. S'il faut en croire plusieurs Pères de l'Eglise, on leur éleva, à lui et k sa courtisane Hélène, des statues dans l'Ile du Tibre sous les noms de Jupiter et de Minerve. Il parait que la présence a Rome de saint Pierre et de saint Paul se rapporte aux succès obtenus dans cette ville par Simon le Mage et dont ils auraient été jaloux. On prétend que Simon mourut en l'an 64, d'une chute faite en voulant s'élever dans les airs sur un char de feu, afin de contrefaire l'ascension de Jésus-Christ. Arnobe dit seulement qu'ii se cassa la jambe, mais que de honte il se tua en se jetant par la fenêtre da la. maison qu'il habitait. Quoiqu'il soit bien difficile de démêler aujourd'hui ce qu'il peut y avoir de vrai dans la légende de Simon le Alage, il n'en est pas moins le père d'une secte qui parvint à se perpétuer jusqu'au ivo siècle, et suivant quelques auteurs jusqu'au Xe,

Simon était l'auteur de quelques écrits, entre autres de plusieurs discours qu'il intitula Contradictoires, parce qu'il y contredisait l'Evangile. 11 en reste des fragments, recueillis par Grabe dans son Spicileyium SU. Palrum. Simon, pour le fond de sa doctrine, était platonicien ; il joignait k ce fond les pratiques de la théurgie asiatique la plus extravagante. On en sait trop peu de chose pour en parler en connaissance de cause. Mais il est certain qu'il ne croyait pas au libre arbitre. «C'est, disait-il, par ma grâce (il se disait Lieu) et non par leur méritequeles hommes sont sauvés. Pour l'èire, il suffit de croire en moi et en Hélène ; c'est pourquoi je ne veux pas que mes disciples répandent leur sang pour propager ma doctrine. » C'était un bon conseil et ils le suivirent à la lettre. Les autres écrits de Simon sont un ouvrage intitulé Prédication de saint Paul et un Evangile appelé Livre des quatre coins du monde, a cause des quatre livres dont il était composé.

11 y a si peu d'accord entre ce que les anciens ont dit des actions de Simon le Magicien et de ses opinions, que plusieurs savants modernes ont pensé qu'il y a eu deux personnages nommés Simon, l'un magicien et apostat, dont les Actes des apôtres font mention, l'autre hérétique gnûstique. C'est l'opinion que Beausobre s'est efforcé d'établir dans sa Dissertation sur les adamites. Mais Mosheim, qui, dans ses divers ouvrages, a examiné dans le plus grand détail ce qui concerne Simon, ses doctrines et sa secte, juge que cette conjecture de Beausobre n'est ni prouvée ni probable.

Saint Justin, parlant aux empereurs, dit que Simon est honoré par les Romains comme un dieu ; qu'il a vu dans une île du Tibre sa statue avec cette inscription : Simoni suncto. Aucun des anciens n'avait révoqué en doute cette narration de saint Justin; mais, sous le pontificat de Grégoire XIII, on déterra dans une Ile du Tibre le piédestal d'une statue avec cette inscription -.SemoniSaiicodco jidio sacrum; on en a conclu que saint Justin, trompé par la ressemblance du nom et faute d'entendre la langue latine, avait pris la statue de Semo S une us, dieu de la bonne foi, pour l'image de Simon le Magicien. Le savant éditeur des oeuvres de saint Justin sou-

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tient que cette erreur n'est pas possihlu ; que 1 saint Jurtin a demeuré assez long'.emps k Rome pour corriger sa méprise s'il avait été trompé, et qu'après tout la conjecture des modernes peut bien être dénuée de tout fondement.

SIMON, dit de Pavie, médecin de Charles VII et ensuite de Louis XI, mort k Lyon en 1478. II fut pendant sa vie vénéré des pauvres, auxquels il prodiguait ses soins. Il fut inhumé k Lyon, dans l'église des Cordeliers. L'inscription qui fut mise sur son tombeau l'appelle docteur sublime, aini de la paix, miroir et disciple de la sagesse antique.

! SIMON, enfant chrétien, prétendu martyr, 1 né k Trente, mort en 1474, âgé de deux ans ■ et quelques mois. D'après la légende calholi- I que, que Michaud reproduit sans sourciller, » un médecin hébreu, nommé Tobie, l'ayant rencontré le soir, l'enleva et le conduisit dans une maison attenante à la syiwgogue. Là, on lui fit des incisions et on en tira le I sang dont on se servit, dit-on, pour pétrir la ; pâte du pain azyme destiné à ta pàque des j Israélites... Wagenseil et Jacques Basnage | de Beauval ont nié l'assassinat de cet enfant; mais, dit Michaud, un anonyme les a réfutés dans un ouvrage que Feller dit vraiment dé- ' monstratif. » Il a été surabondamment prouvé ; que les prétendus sacrifices d'enfants par les juifs ont été une calomnie inventée par de zélés chrétiens, désireux d'avoir un prétexte pour persécuter les juifs. Les polythéistes avaient de même accusé les chrétiens de tuer les enfants pour boire leur sang le jour de Pâques. Il est inconcevable qu'on ose reproduire ces contes de nourrice au xixe siècle. Aucun juif n'a pu tuer d'enfant et pétrir du pain azyme avec le sang de la victime dans un but religieux, puisque ce fait est considéré par la religion juive comme criminel et sacrilège. Nous n'énumérerons pas ici les titres des ouvrages composés en l'honneur du faux martyr, poëmes, etc. Ce qu'il y a de plus certain dans cette affaire, c'est que des juifs furent persécutés et torturés, victimes du fanatisme et de l'ignorance des catholiques.» Le crime ajant été découvert, dit Michaud, Tobie et ses complices furent teuaillés, déchiquetés, brûlés et la synagogue fut détruite. •

SIMON (Richard), savant hJbraîsant et célèbre controversiste français, né k Dieppe en 163S, mort dans la même ville en 1712. Après avoir fait ses études chez les oratoriens de sa ville natale, il fut envoyé, comme professeur de philosophie , au collège de Juilly. Nommé titulaire de la même chaire dans la maison de l'ordre à Paris , il fut chargé de cataloguer les manuscrits orientaux de ce couvent (rue Saint-Honoré). 0 II se livra avec ardeur k ce travail, se rendit familiers les idiomes et les textes de cette riche collection et recueillit ainsi des routériaux k l'aide desquels il composa de nombreux ouvrages sur les livres saints. Richard Simon, dont l'esprit était très-paradoxal, eut une existence constamment agitée pur la polémique permanente qu'il soutint pour la défense de plusieurs de ses écrits, réfutés et condamnés par les solitaires de Port-Royal et par Bossuet lui-même. Attaqué de tous côtés, et par les protestants et par les catholiques, pour avoir avancé, dans son Histoire critique du Vieux Testament , que le Pcntateuqite n'était point l'œuvre Je Moïse , mais était dû U des scribes du temps d'Esdras, ce savant quitta l'Oratoire et se retira au prieuré dont il avait été pourvu k Bolleville-en-Caux. Il finit par se fixer, pour le reste de ses jours, dans sa ville natale. »

Voici les titres des principaux ouvrages de ce célèbre érudit, qui écrivit sous différents pseudonymes : Factum pour un juif condamne' au feu par le parlement de J/t/i comme coupable de l'assassinat d'un enfant c/ire'titn (1670); ce mémoire contribua puissamment à faire casser l'arrêt ; Fides Ecclesis orientalis de rébus eucharisticis (Parisiis, 1670, tii-S0, et 1682, in-4°); Cérémonies et coutumes gui s'obsej-uent parmi les juifs, trud. de l'italien de Lion de Modène (Pr.ris, 1C74, in-12); Voyage au mont Liban, trad. de l'iuilien de Jérôme Dandini (Paris, 1675, in-12) ; Histoire critique du Vieux Testament (Paris, 1678, in-4"), plusieurs èd\t-; Histoire critique de la créance et des coutumes des nations du Levant (Rotterdam, 1684; Francfort, 1C93; Trévoux, 1711); Dissertation critique sur la nouvelle bibliothèque des auteurs ecclésiastiques (Francfort, 1688, in-12); Histoire critique du texte du Nouveau Testament (Rotterdam, 1089, in-40); Lettres choisies de Richard Simon (Amsterdam, 1700, in-12; Rouen, 1702,3 vol. in-12).

SIMON (Jean-François), littérateur français, né à Paris en 1654, mort dans la même ville en 171». Il fut reçu docteur en droit canon, fut nommé directeur général des fortifications et chargé de rédiger les inscriptions placées sur les poites des villes, les citadelles, etc., de la France et des colonies, et de composer les devises pour les jdlons de 1 administration de la guerre. En 1701, il fut admis à l'Académie des inscriptions et belleslettres, dont il devint le secrétaire; enfin, en 1712, il fut nommé garde du cabinet des médailles. Le tome V des Mémoires de i'Acudémie des inscriptions contient plusieurs dissertations de Simon et son éloge par de Boze.

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SIMON (Denis), jurisconsulte français, né vers 1660, mort a Bpauvais en 1731. Il fut

success veinent conseiller, doyen et président au bailliage de cette dernière ville, et il a publié : Traité du droit de patronage (Paris, 1686, in-12); Nouvelle bibliothèque historique des principaux auteurs de droit (Paris, 1602, 2 vol. in-12); Traité des dimes (Paris, 1714, 2 vol. in-12).

SIMON (Richard), lexicographe français, originaire du Dauphiné, né dans la seconde moitié du xvu« siècle. Il embrassa l'état ecclésiastique, fut pourvu d'une cure modeste aux environs de Vienne, puis vint, pour cause de santé, se flxer à Lyon. On lui doit le Dictionnaire de la Bible (Lyon, 1693, in-fol.).

SIMON (Ji'an), dessinateur et graveur, né en Normandie en 1673 ou 1675, mort à Londres vers 1755. Il se fixa en Angleterre, où il acquit une asseï belle réputation en gravant au burin et à !a manière noire un grand nombre de portraits et da sujets mythologiques d'après le peintre Gotfried Kneller. Naglar a dressé le catalogue des œuvres de cet artiste.

SIMON (l'abbé Louis-Benoit) , littérateur français, né au commencement du xvme siècle. Il était aumônier, bibliothécaire du comte de Clermont et censeur royal. Ses principaux écrits sont : Lettres sur nos orateurs chrétiens (1754, in-12); Lettres sur l'éloquence de la chaire (1755) ; Lettres sur l'utilité des sciences (1763); Lettres sur l'éducation des femmes (1764).

SIMON (Jean- François), chirurgien français du xvme siècle, mort vers 1775. Successivement professeur au collège de chirurgie de Paris, chirurgien-major des chevau-Iégers de la garde du roi, premier chirurgien de l'électeur de Bavière, membre de l'Académie royale de chirurgie, il laissa, eu mourant, plusieurs manuscrits qui, conformément k sa volonté, furent remis k Hévin et qui rirent la base du Cours de pathologie et de thérapeutique chirurgicales publié par ce dernier. On doit k Simon ; Ilecherches sur l'opération césarienne pratiquée sur la femme vioante (dans les Mémoires de l'Académie royale de chirurgie, t. 1er) ; Collection de différentes pièces concernant la chirurgie, l'amitnmie et la médecine pratique (Pans, 1761, 4 vo). in-12); Cours de pathologie et de thérapeutique chirurgicales, publié par Hévin (Paris, 1780, 2 vol. in-8°).

SIMON (Antoine), gardien do Louis XVII au Temple, né k Troyes en 1736, décapité le 10 thermidor an II (28 juillet 1791). On sait très-peu de chose sur ce personnage, qui est un des types légendaires de la Révolution. Les romanciers, les artistes et certains historiens se sont plu k charger cette physionomie des plus sombres couleurs, pour faire ressortir avec plus d'éclat la figure candide du jeune captif. On a pu d'autant mieux, sous ce rapport, sa livrer k toutes les fantuisies que le rôle joué par ce révolutionnaire est fort obscur et que les documents historiques font défaut. Nous allons donner ici les renseignements authentiques que nous avons pu rassembler. Simon était, k l'époque de la Révolution, établi maître cordonnier dans la rue des Cordeliers (aujourd'hui rue de l'Eeolede-Médecine) , entre l'école même et la maison où demeurait Marat. Eu 1788, veuf d'une première femme, il avait épousé Muris<Jae»ne Aladame , ancienne domestique, possédant une petite rente. Celle-ci était une femme de la campagne, ignorante et simple, mais cependant (ce qui n'était pas alors très-commun dans cette classe) sachant écrire tant bien que mal, car il existe quelques lettres d'elle dans certaines collections. Simon était un homme honnête et estimé dans son quartier. D'abord membre du district, puis du club des Cordeliers en 1789, il se jeta avec ardeur dans le mouvement. Placé au cœur du district le plus agité de la capitale, voisin et probablement admirateur de Àlmat, en relation avec tous les cordeliers célèbres, Danton, Desmoulins, Legeudre, etc., il suivit d'instinct, comme une foule d'autres, la marée montante de la Révolution. A la veille iln 10 août, il fut nomme par sa section membre de la Commune, ce qui indique bien évidemment qu'il jouissait dans ce quartier, si riche en personnalités révolutionnaires, d'une notoriété sérieuse. A la suite de la journée du 10 août, sa femme se consacra au service des fédérés marseillais blesses à l'attaque du château et qui étaient casernes dans i'eglise des Cordeliers, changée en caserne. Elle montra un dévouement infatigable dans cette oeuvre et sacrifia une partie ue ses ressources, comme cela est attesté par des pièces authentiques, l.ors des massacres de septembre, Simon fut un des commissaires nommés par la Commune, avec la mission de faire des effurts (qui furent malheureusement mutiles) pour arrêter l'effusion du sang. Lorsqu'il fut question de donner un instituteur nu petit Capet, ce fut lui qui fut désigné par le conseil général de la Commune. Il parait que sa candidature avait été appuyée par Robespierre et par Murât. Il était connu d'ailleurs comme un patriote intègre et un homme sûr. Quanta l'ineptie, k l'ignorance et k la brutalité que les récits royalistes lui uttribuent, il est vraisemblable, il est même certain qu'il y a dans ces accusations haineuses plus que de l'exagération. Des^écrivains amis de fa Ré-

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volcitîon se sont malheureusement faits l'écho de ces assertions sans en examiner la valeur.

Nous avons déjà fait des réserves sur ce sujet k l'article biographique Louis XVII. Duns la notice bibliographique sur l'ouvrage de M. de Beauchesne (Louis XVII, sa vie, son agonie, etc.), œuvre de parti qui ne peut inspirer aucune confiance, nous avons également établi que la plupart des détails compilés dans ce livre, relativement aux mauvais traitements dont Simon aurait accablé son élève, ne reposent sur aucun témoignage sérieux, mais sur des ouï-dire dont il est impossible de contrôler l'exactitude et la réalité. Qui croirait, pur exemple, que M. de Beauchesne raconte en détail telles de ces scènes d'intérieur qui n'ont eu aucun témoin que ceux mêmes qui en étaient les acteurs, c'est-à-dire Simon et le jeune prince, sur la foi de nous ne savons quelle vieille femme qui aurait autrefois connu la veuve de Simon? Qui n'a vu aussi de ces images de fantaisie, barbouillées par de3 artistes de hasard, et représentant le savetier Simon, le tire-pied à la main, au milieu des outils de son métier, et frappant d'une manière barbare le jeune Mis de Louis XVI. Pour le dire en passant, Simon ne travaillait pas de son état au Temple et n'avait pas besoin de travailler. Il recevait de la Commune un traitement de 600 livres par mois et, quand sa femme vint s'installer auprès de lui, une indemnité lui fut également accordée au taux de 3,000 livres par an, comme l'indiquent les registres de la Commune. Les deux époux recevaient donc, au total, 750 francs par mois, traitement considérable, et bien plus encore k celte époque.

Après cela, que Simon ait essayé d'élever le fils de Louis XVI en patriote, que même il lui ait appris des chansons républicaines, cela n'a rien d'invraisemblable, et l'on conviendra que ce n'était pas fort cruel. Mais, nous le répétons, pour tout ce qu'on raconte de l'intérieur du Temple, il est nécessaire de se tenir en garde, car non-seulement la fable se mêle k la vérité, mais encore, pour le plus grand nombre des faits, elle l'étouffé absolument. Demandez à tous ces historiens romanesques où ils ont puisé leurs renseignements. Si l'on pouvait, dans une notice comme celle-ci, nécessairement restreinte, les suivre pas k pas et les arrêter, pour ainsi dire, k chaque ligne pour leur demander les preuves de ce qu ils racontent, on tes embarrasserait fort et l'on verrait qu'au total il reste bien peu de chose de cette prétendue passion subie par les prisonniers du Temple. Mais notre cadre ne nous permet pas de nous livrer à ce travail d'analyse minutieuse. En ce qui louche les rapports de Simon et du jeune prince, nous dirons seulement qu'après avoir relu avec attention lé livre de M. de Beauchesne , qui a compilé toutes les fables à ce sujet, nous ne trouvons aucune preuve, aucun témoignage sérieux des scènes d'odieuse brutalité qu'il rapporte, sans oublier ni une parole, ni un geste, ni un soupir; presque constamment, il se borne à raconter sans indiquer la source où il a puisé, et l'on est réduit à supposer que, le plus souvent, il ne s'appuie que sur l'autorité des fameuses vieilles femmes inconnues, qui l'ont, cinquaTî** ^ips^près les événements, berné par des judotages auxquels il s'est borné k donner la forme littéraire.

Que le petit prince ait été mené parfois un peu rudement, on peut l'admettre. Mais on doit repousser tout ce qui n'est pas établi au moins par des témoignages, fussent-ils passionnés et intéresses, comme ceux de Clérv, de Madame, etc. En procédant ainsi, ne nous lassons pas de le répéter, il ne reste presque rien sur le point particulier qui nous occupe. Ce qu'il y a de certain, c'est que Simon s'employait à distraire son élève; il jouait avec lui aux dames , aux dominos , aux quilles et aux boules, car tous les jours il la faisait promener dans le jardin, comme ses instructions d'ailleurs le lui prescrivaient.

Que, dans ces promenades avec son jeune élève, le farouche montagnard n'ait pas usé de cet atticisitie de langage qui découlait si naturellement des lèvres Ue Fénelun dans ses conversations avec le duc de Bourgogne, cela est plus que yrobabla. Les 6... et les /... émailluient sans doute l'entretien plus que de raison ; niais de là à des brutalités bestiales et à des actes immondes, il y a un précipice, comme le montre surabondamment la biographie que nous donnons ici.

Entré au Temple le 3 juillet 1793, c'est-àdire près d'un au après 1 emprisonnement de la famille royale, Simon y demeura six mois, ne sortant qu'à de rares intervalles et pour les nécessités du service. C'était d'ailleurs une obligation de la fonction qu'il avuit acceptée de ne point quitter le prisonnier. Il finit par se lasser de cette claustration et, lorsque la loi sur le cumul vint l'obliger à opter entre sa place au Temple, si grassement ré- ■ tribuée, et son siège au conseil de la Commune, fonctions gratuites, il n'hésita pas : ii résigna sa place et vint reprendre son poste à l'Hôtel de ville (19 janvier 1794). Sa femme quitta le Temple en même temps que lui. Cette conduite est uu témoignage de désintéressement qu'on ne saurait méconnaître.

La Commune, en acceptant la démission, la reconnut en accordant la mention civique au procès-verbal.

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Il n'est pas inutile non plus de faire ici un rapprochement. On ne se lasse pas do répéter, en d'ineptes écrits, que le malheureux fils de Louis XVI a succombé sous les mauvais traitements de Simon. Or, celui-ci a uitté la prison dix-huit mois avant la mort $ l'enfant, qu'il a laissé bien portant, et qui précisément vit commencer le temps le plus durde-sa captivité juste après le départ de celui qu'on lui avait donné comme précepteur.

Simon reprit sans doute la direction de son petit établissement. Il n'est plus question de lui jusqu'au 9 thermidor. Compromis alors dans la révolte de la Commune en faveur da Robespierre, il fut mis hors la loi avec un grand nombre de ses collègues et envoyé à l'échafaud le lendemain.

Sa veuve, qui avait contracté une maladie au Temple, obtint, l'année suivante, son entrée à l'hospice des Incurables, où elle mourut le 10 juin 1819..

SIMON (Edouard-Thomas), littérateur français, né à Troyes en 1740, mort en 1818. Il commença par étudier la médecine, se fit recevoir docteur (1785), puis suivit les cours de droit et fut inscrit au barreau du parlement. Cette double profession ne l'empêcha point de s'adonnera la littérature. Nommé, en 1790, secrétaire du conseil de salubrité, du comité de mendicité et des secours publies, il devint successivement bibliothécaire des Cinq-Cents, bibliothécaire du Tribunat, censeur du lycée de Nancy et enfin professeur d'éloquence latine à Besançon. Ses principaux écrits sont : Coup d'œil d'un républicain sur les tableaux de l'Europe (Bruxelles, 1796, in-12); Afutius ou Rome libre, tragédie ; l'Orphelin de la forêt Noire, roman (Paris, 1S12, 4 vol. in-12). On cite, comme bien supérieur aux œuvres que nous venons d'énumérer : le Choix de poésies traduites du latin, du grec et de l'italien (Paris, 1786, 2 vol. in-18), et la traduction en prose des Epigrammes de Martial (Paris, 1819, 3 vol. in-is).

SIMON (Victor), compositeur français, né à Metz en 1753, mort à Paris en 1820. lia écrit, pour les théâtres secondaires de cette ville, un certain nombre d'opéras totalement oubliés aujourd'hui, et il doit toute sa réputation k l'air si connu : // peut, il pleut, bergère.

SIMON (Jean-Frédéric), grammairien allemand, mort k.Paris en 1829. Il professa au Philanthropinon de Dessau, ouvrit une école k Neuwied, puis vint se fixer en France en 1800, et obtint la place de professeur d'allemand à Saint-Cyr. Sous la Restauration, il devint professeur d'allemand du duc de Chartres, fils aîné du duc d'Orléans (Louis-Philippe). On lui doit, entre autres écrits : Sur l'organisation des premiers degrés de l'instruction publique (1801, in-8°) ; Notions élémentaires de grammaire allemande (Paris, 1802, in-12): Précis de grammaire générale (Paris, 1819, in-8°) ; Grammaire allemande (Paris, 1819, in-8°); Grammaire allemande élémentaire pour les Français (Paris, 1821, in-8").

SIMON (Victor), littérateur français né à Paris en 1789, mort en 1831. Cet écrivain obscur a publié, entre autres écrits : Observations sur l'attraction (Paris, 1819, in-s<>); Considérations sur quelques points d'économie publique et politique (Paris, 1824, jn-8°); les Présents du dey d'Alger, comédie en un acte et en prose (Dunkerque, 1834, in-18).

SIMON (Léon-François-Adolphe), médecin français, né à Blois en 1793, mort à Paris on 1867. 11 fit ses études médicales à Paris, où il passa son doctorat en 1828. S'étant fixé dans cette ville, il y exerça son art et devint membre et secrétaire général de la Société de médecine pratique. Vers 1832, il adopta les doctrines médicales d'Hahnemann et pratiqua depuis lors l'hoinœopathie. Outre de nombreux articles, des mémoires, des lettres, des rapports, publiés dans divers journaux et recueils, on lui doit: la traduction des Mélanges philosophiques de Mackintosh (1825), de la Philosophie morale de Dugald-Stewart (1832); Leçons de médecine homœopathique (1835) ; Mémoire sur les maladies scrofuleuses (1837); Du choléra-morbus épidémique, de son traitement préventif et curatif, selon la méthode homœopathique (1848, in-8"); Exposition de la doctrine mëdico-homasopathique (1856, in-8»), etc.

SIMON (Alexandre), médecin, fils du précédent, né k Paris en 1823. Reçu docteur à Paris en 1847, il s'est adonné, comme son père, à la pratique de la médecine homœopathique et s'est en même temps fait connaître par des ouvrages destinés à la propager et à la défendre. Il est membre de la Société gallicane et de médecine homœopathique de France et de l'Académie homœopathique de Païenne. Nous citerons de lui : VHomœopathie sans l'allopathie (1856, in-8°); Des rapports de la théorie des crises et des jours critiques avec les principes et la thérapeutique de l'homœopathie (1856, in-8°); Des maladies vénériennes et de leur traitement homœopathique (1860, in-12) ; De l'origine des espèces, en particulier du système Darwin (1865, in-8°), etc. On lui doit, en outre, des traductions du Traité de la maladie vénérienne d'Hahnemann (1865), du Guide du médecin homœopathe au lit du malade (1858) de Hirschcl, de la Thérapeutique homœopathique des maladies des enfants de Hartmann, etc.

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SIMON (Louis), démocrate allemand, né à Trêves dans les premières années de ce siècle, mort k Montreux (Suisse) en février 1872. Simon de Trêves fut, avec le professeur Jacoby, l'un des chefs les plus populaires du pani avancé en Allemagne. Elu membre du parlement de Francfort en 1848, ii manifesta de réelles qualités d'orateur, mais vit sa carrière politique brusquement coupée par le succès de la contre-révolution. Condamné à mort par contumace, en 1849, pour avoir pris part à un soulèvement organisé dans le grandduché de Bade contre la Prusse, il se réfugia en France et y trouva un asile paisible jusqu'à la guerre de 1870. Il gagna alors la Suisse, ou il est mort. Simon de Trêves fut un des rares Allemands qui protestèrent contre la continuation de la guerre, une fois Napoléon III tombé, et contre l'annexion que méditait la Prusse. Nous extrayons le passage suivant de cette éloquente protestation, écrite en octobre 1870.

« La guerre a perdu son caractère : d'une : guerre agressive entreprise par Napoléon, I elle est devenue une guerre défensive de la part de la nation française. Le gouvernement provisoire est dans la nécessité de la soutenir tant que l'invasion allemande l'y obligera, L'Allemagne réclame des garanties contre le retour d'attaques de la France. La meilleure garantie se trouve dans la révélation de la puissance allemande et dans la pensée nouvelle qui préside aux destinées do la France. Si l'Allemagne, au lieu de répondre à l'injustice par l'injustice, se montre juste, elle acquerra dans toute l'Europe et même en France une considération qui, se fondant sur sa propre force, formera le meilleur boulevard de son indépendance.

• Si, au contraire, elle prétend arracher l'Alsace et la Lorraine à la France et traiter ses habitants, en vertu du droit du plus fort, comme un troupeau de moutons, elle n'obtiendra aucune des garanties désirées, mais elle blessera sa propre liberté. Strasbourg, qui, par ordre royal, a été si horriblement maltraité , l'Alsace et la Lorraine ne sont pas seulement unis k la France d'une manière apparente par la fortune de la guerre et par des traités princiers; non, ils le sont trèsprofondément par les conquêtes de trois grandes révolutions.

» Le peuple allemand, lui aussi, ne devrait pas oublier que le peuple français a conquis en 1789 les droits de 1 homme, en 1830 le régime constitutionnel, et e:> 1848 le suffrage universel. Sans les aspirations de cette noble nation, le paysan et le bourgeois seraient encore dans les liens des privilèges féodaux.

• Mais le peuple allemand, après avoir déposé ses armes dans les arsenaux, aura d'autant plus de difficultés k faire triompher ses propres prétentions, qu'il aura permis d'affaiblir un peuple frère.

■ L'arbiiruire et la force brutale sont des armes à deux tranchants, dont on ne saurait se servir k l'extérieur sans se blesser à l'intérieur. Le peuple allemand réussira d'autant moins k faire triompher le droit de disposer de son propre sort, qu'il l'aura violenté, ce même droit, en Alsace et en Lorraine, 1

SIMON (Auguste-Henri), jurisconsulte et démocrate allemand, né à Breslau en 1805, mort à Murg en 1860. Après avoir étudié le droit à l'université de sa ville natale, il entra dans la magistrature et siégea dans diverses cours d appel. En 1845, il donna sa démission pour se jeter dans la politique. Elu, eu 1848, membre de l'Assemblée nationale prussienne, où il se plaça k l'extrême gauche, il figura parmi les cinq membres du gouvernement provisoire d'Allemagne établi à Sluttgard. Quand la révolution fut écrasée, Simon, accusé de haute trahison, se réfugia k Zurich et fut condamné par le jury de Breslau aux travaux forcés à perpétuité. En Suisse, il se mit à la tête de grandes entreprises industrielles pour l'exploitation des minerais de cuivre et des ardoisières, qui avaient pris un grand développement quand la mort le frappa. Les principaux ouvrages de Simon sont : la Constitution et l'administration de la Prusse (Breslau, 1835) ; Décision du tribunal suprême de Berlin (Berlin, 1840, 4 à 5 vol. in-8"); le Droit public prussien (Breslau, 1844, 2 vol.).

SIMON (Victor), magistrat et archéologue français, né vers 1808. Il fit ses études de droit, puis entra dans la magistrature en 1832. M. Simon a été successivement, à Metz, juge, vice-président du tribunal civil (1839) et conseiller k la cour d'appel (1852). Membre de l'Académie de Metz et de la Société géologique de France, il a été chargé de l'inspection de la Moselle, lors de la création du comité des monuments historiques. Outre des notices, documents, etc., publiés dans les mémoires de l'Académie de Metz, on lui doit un certain nombre d'écrits, notamment ; Mémoire sur le lias du département de la Moselle (1837); Rapport sur les anciens monuments existant dans ta Moselle (1838); Notice sur Metz et ses environs (1841); Recherches sur l'emplacement dupalais des rois d' Auslrasie (1843) ; Notice sur le sablon (1819); Itinéraire de Metz à Sarrelouis (1850) ; De l'art chez les anciens et au moyen âge (1858); Notices archéologiques (1859), etc.

SIMON (John), chirurgien anglais, né vers 1810. Il fit ses études au collège du roi, k Londres, devint, en 1838, membre du collège royal des chirurgiens, et fut nommé, peu de

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temps après, aide-chirurgien k l'hôpital du collège du roi et démonstrateur d'anatomie à ce collège. En 1845, il obtint le prix Aslley Cooper de 300 livre* sterling (7,500 fr.), pour le meilleur essai Sur la physiologie de la glande thymus. Il a fourni aussi aux Philosopkical Transactions un mémoire Sur l'anatotomie comparée de la glande thyroïde, et a activement collaboré k l'Encyclopédie d'anatomie et de physiologie, au Médical Times et k la Lancette. Lors du rétablissement de l'école de médecine de l'hôpital Saint-Thomagk iJ y fut appelé comme professeur de pathologis et comme chirurgien. Mais il s'est surtout lait connaître comme officier médical-de la Cité de Londres, emploi auquel il a été nommé en 1848. et ses rapports annuels sur l'état sanitaire de cette partie de lu métropole ont excité l'attention générale. L'habileté et l'énergie qu'il a déployées dans ces fonctions, qu'il était le premier k remplir, l'ont fait nommer par le gouvernement anglais officier médical du bureau général de la salubrité, et on lui doit encore, depuis cette époque, un grand nombre de remarquables rapports sur des questions sanitaires.

SIMON (Jules-François-Simon Suisse, dit Jules), philosophe, publiciste et homme d'Etat français, né à Lorient (Morbihan) le 31 décembre 1814. Bien qu'issu d'une famille pauvre, il fit ses études aux collèges de Lorient et de Vannes, puis fut maître suppléant ou collège de Rennes. Admis comme élève k l'Ecole normale en 1833, il compta parmi ses maîtres Cousin, qui le prit en affection, et passa son agrégation de philosophie au sortir de l'Ecole (1836). Après avoir professé la philosophie à Caen et à Versailles, M. Jules Suisse revint en 1838 à Paris, où il fut chargé de faire la conférence d'histoire de la philosophie k l'Ecole normale, d'abord comme suppléant, puis comme maître en titre. En 1839, il passa son doctorat avec une thèse ayant pour sujet le Commentaire de Proclus sur le Timée de Platon (1839, in-8<>). Cousin le choisit alors pour le suppléer dans sa chaire de philosophie k la Sorbonne. Jusqu'à cette époque il avait porté son nom de famille. Ce fut Cousin, dit-on, qui te fit inscrire comme son suppléant sous le nom de Jules Simon. « Laissez da côté cet affreux Suisse, lui dit-il. Est-ce q^u'on s'appelle Suisse lorsqu'on veut arriver a quelque chose?» Et le jeune homme s'empressa de suivre ce conseil, M. Jules Simon professa la philosophie éclectique k la Sorbonne, en suivant de point en point les idées du maître, sans produire une idée originale et sans éveiller aucune susceptibilité de la part du clergé. Prudent, habile, se tenant sur la réserve, il se borna k faire preuvo d'un remarquable talent de parole et k écrire quelques ouvrages de philosophie, dont le succès fut médiocre. En 1818, il posa sa candidature k la députation dans les Côtes-du- Nord, concurremment avec MM. de Cormenin et Tassel. Son titre de philosophe éclectique le fit combattre par le clergé, et la modération de son libéralisme le fit écarter par les membres de l'opposition. Il échoua; mais, plus heureux après la révolution de 1848, M. Jules Simon fut élu représentant du peuple à la Constituante dans ce même département, par 65,638 voix. L'année précédente, il avait été, avec Ainédée Jacques, un des fondateurs de la Liberté de penser, revue dans laquelle il écrivit de nombreux articles. A la Constituante, M. Jules Simon siégea parmi les républicains modérés de la nuance du National. Membre du comité de l'organisation du travail, il y combattit les idées socialistes, paya de sa personne pendant l'insurrection de Juin, devint président de la commission chargée de visiter les blessés et donna son appui k la politique du général Cavaignac. A l'Assemblée, il s'occupa plus particulièrement des questions relatives à l'enseiguemeut, fit partie de la commission de l'enseignement primaire, dont il fut le secrétaire, et rédigea un important projet de loi organique sur l'enseignement, que la Constituante n'eut pas le temps de mettre à son ordre du jour et qui fut enterré par la Législative. A diverses reprises, il prit la parole pour défendre l'Université et la philosophie contre les attaques de Montalembert et des ultramontains. Après le vote de la loi qui réorganisait le conseil d'Etat sur de nouvelles bases, M. Jules Simon, qui avait fait partie de la commission chargée de le remplacer rovisoirement, fut élu par l'Assemblée memre de ce conseil et donna sa démission de représentant du peuple (10 avril 1849). Membre de la section de législation, il présida la section des recours en grâce. En 1850, le sort l'ayant désigné parmi les membres du conseil d'Etat soumis k une réélection, il ne fut point renommé par l'Assemblée législative. Rentré dans la vie privée, il reprit son enseignement k la Sorbonne et fit alors un cours très-remarque et très-suivi sur la politique comparée d'Aristote et de Platon. Après le coup d'Etat, ii monta une dernière fois dans sa chaire le 15 décembre 1851. Dans cetto éloquente leçon, il protesta au nom du droit contre les attentats de la force, et un arrêté ministériel du IS décembre suspendit son cours. Ayant refusé de prêter serment à l'auteur de l'attentat du 2 décembre, M. Jules Simon fut considéré comme démissionnaire.

Forcé de renoncer k la carrière de l'enseignement, M. Jules Simon reprit la plume et

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publia successivement plusieurs ouvrages qui eurent un grand succès, le Devoir, laifaligion nouvelle, la Liberté de conscience, etc. A partir de 1855, il so rendit à diverses re-

Î irises en Belgique et fit, dans les principaes villes de ce pays, des conférences sur les les grandes questions dé philosophie et d'organisation sociale. En même temps, il s'occulaii de la question de l'enseignement popuaire, étudiait, dans les villes où il passait, la situation des ouvriers et cherchait les moyens d'améliorer leur sort. Des conférences qu'il fit dans plusieurs villes m 1861, notamment à Saint-Quentin, à Verviers, etc., pour y po-

Eulariser le système des maisons ouvrières si eureusement adopté à Mulhouse, contribuèrent à étendre la réputation de M. Jules Simon, qui savait charmer ses auditeurs par la clarté de ses expositions et par son éloquence. « La position prise par lui à l'avantgarde du parti démocratique, dit M. Taxile Delord, l'exposait parfois aux attaques de ses membres les plus ombrageux, qui voyaient avec méfiance ses relations avec des hommes qu'ils étaient habitués à considérer comme des ennemis. Les notabilités de la monarchie de Louis - Philippe , ministres , fonctionnaires, pairs de France, députés, journalistes, se rencontrent, en effet, dans son petit salon au cinquième étage, avec les dus ardents champions de la République mi-

i tau te dans tous les pays, non point tout à fait comme sur un terrain neutre, car ces derniers y étaient les plus nombreux, mais comme dans un refuge où les vaincus du 2 décembre pouvaient se rencontrer et causer ensemble un moment en oubliant leurs

riefs mutuels, consolation bien rare dans es temps de solitude et d'amertume qui suivent les grandes catastrophes politiques. » Malgré certaines attaques dont, dès cette époque, il était l'objet de la part de quelques démocrates avancés, M. Jules Simon n'en était pas moins un des hommes les plus populaires du parti républicain, lorsque sa candidature fut posée dans la Ville circonscription de la Seine, aux élections générales du 31 mai 1803 pour le Corps législatif.

Elu député contre M. Kœnigs'warter, par 17,8us voix sur 28,085 votants, M. Jules Simon devint un des membres les plus actifs do l'opposition et prononça de nombreux discours qui le classèrent au raug des premiers orateurs de la (Jliambre. Il parla notamment contre la législation draconienne qui régissait la presse, pour l'amélioration du sort des instituteurs, proposa un emprunt de HO millions pour l'enseignement primaire, etc., demanda la séparation de l'Eglise et de l'Etat, la suppression du délit d'offense à la morale publique et religieuse et se montra en toute occasion un des défenseurs les plus habiles des doctrines libérales. Eu 18G6, il présida la commission chargée d'examiner le projet de loi sur la propiiété littéraire. L'année suivante, il combattit la loi sur la nomination des instituteurs, demanda la création de l'enseignement supérieur pour les filles (2 mars), attaqua vivement la politique de l'Empire (2juillei) et prononça, le 3 décembre 1867, sur la question romaine, un de ses plus remarquables'discours. En 1868, M. Simon combattit vivement le droit exorbitant que s'était arrogé l'administration d'autoriser ou d'interdire la vente des journaux sur la voie publique {29 janvier), demanda que le département de la Seine fût replacé sous le régime du droit commun au point de vue des droits municipaux (mai), défendit la liberté commerciale (2u mai), etc. Nommé à cette époque président de la Société des gens de lettres, il donna sa démission lorsqu'il apprit que les membres de la Société avaient l'ait des démarches auprès du gouvernement pour obtenir des secours et des distinctions, et, ruelu président au mois d'octobre 1868, il persista dans sa démission.

AU commencement de 1869, M. Jules Simon revendiqua encore une fois pour Paris le droitde nommer un conseil municipal (4 mars), et pour les colonies celui du se taire représenter par des députés (avril). Au mois de mai suivant, la France fut appelée à renouveler dans des élections générales le Corps législatif. La candidature de M. Jules Simon, qui était alors reconnu comme un des chefs de l'opposition démocratique, fut posée dans plusieurs départements, ou il obtint un grand nombre de suffrages. Réélu à Paris, dans la VIIIe circonscription, par 30,305 voix contre 8,742 données à l'avocat Lachaud, et élu en même temps dans la 2» circonscription de la Gironde, il opta pour ce dernier département afin de laisser Paris nommer un autre député républicain. Pendant et après la période électorale, il parut dans un grand nombre de réunions publiques et privées. En mars, ayant été sommé dans une réunion publique de déclarer s'il était ou non socialiste, il répondit : « Vous me demandez si je suis communiste? Non, mille fois non. Si je suis socialiste? Distinguons. Si, la liberté étant acquise, tout arbitraire étant détruit, toute tyrannie et tout tyran ayant disparu, il s'agit de vouer son intelligence et sa volonté à la réforme de ce qui est mal, à la réorganisation de la propriété, à l'organisation du travail, oui, je suis candidat socialiste. » Dans une réunion tenue boulevard de Clichy le 20 octobre suivant, et où dominaient les partisans de Vallès, son concurrent aux dernières élections, il fut accueilli d'une façon in-

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jurieuse, mais fit preuve de beaucoup de sang-froid, ainsi que M. Pelletan, et se retira après avoir déclaré qu'il était complètement opposé à la manifestation projetée pour le 28 octobre. Le 15 du mois précédent, il avait adressé au congrès de Lausanne la lettre suivante, qui fut très-remarquée : «Des hommes qui se réunissent spontanément de tous les pays du monde pour un but commun et pour un noble but; qui n'ont d'autres préoccupations que de concourir au triomphe du bon sens et de la raison; qui, dans la politique, dans le socialisme et dans la science, ne recherchent que la vérité, traitant avec un égal mépris la force brutale et la routine, ces deux ennemis de la pensée; une assemblée qui n'a d'autre président que celui qu'elle choisit et d'autre règlement que celui qu'elle se fait, c'est un spectacle qui console de la vérité officielle, de la liberté octroyée par le menu, et de la vérité étouffée sous des myriades de restrictions et de conventions. Croyez-moi, quand j'ai demandé à la tribune la suppression des armées permanentes, la séparation de l'Eglise et de l'Etat, et la liberté totale de la presse, avec suppression du délit d'offense à la morale publique et religieuse, ce n'est pas au Corps législatif que. je parlais, c'est à. votre congrès; je lui apportais ma part par avance, comme je lui envoie aujourd'hui de loin mon adhésion et mes vœux.» A la même époque, il fit h Saint-Etienne une de ses plus belles conférences sur l'instruction gratuite et obligatoire.

Au Corps législatif, M. Simon traita avec une autorité croissante les grandes questions à l'ordre du jour. Lors de la grande discussion qui eut lieu au sujet de la dénonciation des traités de commerce, il prononça, le 20 janvier 1870, un de ses plus beaux discours en faveur de la liberté commerciale, tant au point de vue de l'élévation des idées que de l'abondance des preuves qu'il fournit à l'appui de sa thèse. 11 s'attacha à démontrer que, l'homme n'ayant toute sa valeur, toute sa force créatrice qu'en pleine et complète liberté, c'est à la liberté seule qu'il faut demander le progrès matériel, comme on lui demande le progrés moral. M. Simon ne se montra pas moins éloquent dans les discours qu[il prononça sur la marine marchande (4 février), sur le régime des colonies (il mars) et en défendant, le 21 mars, la proposition qu'il avait déposée avec plusieurs de ses collègues et qui tendait à l'abolition de la peine de mort. Après le vote sur le plébiscite, il protesta contre la pression exercée par l'administration sur les électeurs et s'associa aux efforts faits par la gauche, ayant M. Thiers à sa tête, pour empocher cette déclaration de guerre à la Prusse (15 juillet), qui devait avoir de si désastreuses conséquences.

La chute de l'Empire et la révolution du 4 septembre 1870 firent passer M. Jules Simonde l'opposition au pouvoir. Devenu membre du gouvernement de la Défense nationale, il fut chargé, le 5 septembre, du portefeuille de l'instruction publique, des cultes et des beaux-arts. Bien que la défense de Paris fût alors la préoccupation qui primait toutes les autres, il ne déploya pasmoinsunegrande activité dans la sphère de ses attributions. C'est ainsi qu'il supprima la censure théâtrale et les subventions faites aux théâtres, réorganisa les écoles primaires, modifia le nom de plusieurs lycées, introduisit dans les établissements l'obligation des exercices militaires, y réorganisa I enseignement des langues vivantes et de la géographie, décréta que les bourses dans les établissements de l'Etat seraient données au concours, conféra k la Faculté de médecine le droit de se réunir et de délibérer sur tout ce qui concernait les progrès de ses études, accorda aux sociétés savantes la faculté de se réunir dans le palais du Luxembourg, dont la bibliothèque fut rendue pub.ique, prépara un projet de loi sur l'instruction primaire, créa une Faculté de droit à Bordeaux, etc. Pendant la journée du 31 octobre, il se trouvait k l'Hôtel de ville lorsque Flourens s'en empara, et il resta pendant quelques heures entre les mains des chefs du mouvement insurrectionnel avec plusieurs de ses collègues, MM. Trochu, Jules Favre, etc. Sa popularité, k cette époque très-diminuée, s'évanouit lorsqu'on vit 1 inertie du gouvernement de la Défense, et l'on accusa M. Jules Simon, ainsi que ses collègues, de ne pas exercer une pression dans le sens d'une action énergique sur l'élément militaire qui, dès le début, considérait la défense de Paris comme une héroïque folie. Apres la capitulation, il reçut du gouvernement la mission de se rendre en province et d'y faire exécuter le décret sur les élections que le gouvernement de Paris avait porté le 28 janvier 1871. Lorsqu'il arriva k Bordeaux, le 31, il apprit que, la veille, la délégation du gouvernement en province avait signé un autre décret électoral, établissant des exclusions fondées sur un motif politique. Aluni de pleins pouvoirs, il demanda aux membres de la délégation, MM, Gambetta et Cremiéux, de révoquer leur décret et de publier celui qu'il apportait. Il rencontra la plus vive résistance ; mais, grâce à son habileté et k su fermeté, il parvint k en triompher. M. Gambetta donna sa démission de membre <lu gouvernement, et M. Simon fit afficher le décret, daté ûe Pans, en vertu duquel eurent lieu les élections du 8 février 1871. Al. Jules S.niuii, dont la candidature avait été cosée k Paris,

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n'y obtint que 31,451 voix, mais il fut élu député dans la Marne, et M. Thiers, devenu chef du pouvoir exécutif de la République (18 février), l'appela à faire partie du ministère constitué le lendemain et dans lequel il reçut le portefeuille de l'instruction publique et des cultes.

A partir de ce moment, M. Simon s'incarna en quelque sorte dans la politique suivie par M. Thiers et s'attira fréquemment le reproche de défendre au pouvoir ce qu'il avait attaqué étant dans l'opposition. Il fut naturellement de ceux qui votèrent les préliminaires de paix et la déchéance de l'Empire. Le 28 mars, il écrivit aux recteurs une circulaire pour protester contre le mouvement communaliste de Paris. « J'appelle, y disaitil, les forces morales dont vous disposez à la défense de la civilisation et de la patrie. La France serait indigne de son passé, elle se trahirait elle-même, elle trahirait la cause de la civilisation si elle ne se levait pas tout entière pour en finir promptement avec cette minorité impie qui nous ruine et nous déshonore. » Dans une autre circulaire, publiée vers le 13 mai suivant, le ministre de l'instruction publique traça les devoirs des professeurs, déclara que la gravité de leur état leur interdisait les controverses passionnées et violentes, qu'ils ne devaient écrire que dans a des journaux qui se respectent > et ne collaborer qu'en t bonne compagnie. » Il annonça en même temps qu'il venait de prononcer la peine de la suspension contre trois professeurs de l'Université qui avaient parlé avec indulgence et même avec sympathie de la Commune de Paris. Quelque temps après, il présenta un projet de loi ordonnant la' reconstruction de la colonne Vendôme et la réparation de la chapelle expiatoire. Lors de la discussion du projet de loi présenté par le gouvernement contre l'Internationale, M. Jules Simon fut accusé d'en avoir fait partie. M. Fribourg, qui avait été un des membres fondateurs de cette société, affirma qu'on avait remis au député de Paris, en février 1865, sa carte d'inscription, portant le n» 606. Mais M. Jules Simon, devant la commission d'enquête, déclara qu'il s'était borné k donner une somme de 10 ou 20 francs ■ pour une réunion tenue à Bruxelles par des ouvriers qui désiraient étudier l'économie politique." Vers cette époque, le ministre reprit avec une activité nouvelle ses projets ue réforme de l'instruction publique, écrivit des circulaires sur l'enseignement des langues vivantes et de la géographie dans les lycées (10 octobre 1871), sur l'option à faire entre les instituteurs laïques et les instituteurs congrégunistes en faveur desquels il plaidait les circonstances atténuantes (28 octobre), etc. Il présenta, le 15 décembre, un projet de loi sur l'instruction primaire, qui souleva de vives critiques et des controverses passionnées. Il demanda l'instruction obligatoire , mais repoussa la gratuité, proposa de priver de ses droits électoraux tout individu qui, âgé de vingt et un ans , ne saurait pas lire , à partir de 1880; donna une importance extraordinaire au vieux rouage du conseil départemental et fit de l'inspecteur d'académie un juge à peu près souverain dans le domaine de l'école. Quelques jours après, dans ce même mois de décembre, il décida la création à Paris d'un musée des copies reproduisant les œuvres d'art les plus importantes des inusées étrangers. Par contre, il supprima le musée des souverains , dépourvu de tout intérêt. Le 1" février 1872 , M. J. Simon institua une commission pour réformer l'étude du droit. Discutant le budget de l'instruction publique, le 20 murs suivant, il prit la défense de la subvention des théâtres, qu'il avait supprimée après le 4 septembre ; puis, au sujet des cultes, il défendit non-seulement le budget en général, mais encure l'ahocation du chapitre de Saint-Denis. Le 20 juin, il créa, sur la proposition de la Société de géographie, des prix spéciaux à celte science pour les concours généraux des lycées de Paris et des départements. Dans le discours qu'il prononça au concours général des lycées le 12 août, il énuuiéra les diverses réformes de détail qu'il avait introduites dans l'enseignement et s'attacha à défendre l'Université des attaquées dont elle était l'objet. «Mon ambition se borne à la défendre, dit-il, à remettre en vigueur ses règlements, à modifier ses programmes et ses méthodes, sans en altérer l'esprit. > Au mois d'août suivant, il écrivit à M. Ambroise Thomas, président du comité des études musicales, pour lui demander! un choix de morceaux, airs, duos, quatuors , morceaux d'ensemble pris dans les plus grands maîtres de la musique sacrée et profane, «qu'on pourrait substituer aux airs très-vulgaires chantés et joués le plus souvent par les orphéons et par les ouvriers. Au mois de septembre 1872, il adressa aux proviseurs de tous les lycées de France une importante circulaire sur les réformes à introduire dans l'enseignement secondaire, l'armi ces réformes, nous citerons: l'obligation pour >es élèves d'apprendre la gymuastique et les exercices militaires et, autant que possible, l'equitation, l'escrime et la natation ; la fréquence des promenades; l'enseignement d'un cours d'hygiène ; l'enseignement des langues vivantes donné de telle sorte que chaque élevé puisse en parier une couramment; renseignement de la géographie d'après la méthode rationnelle usitée

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en Allemagne; une étude plus sérieuse de l'orthographe ; la diminution du temps consacré iusque-lk aux langues mortes, qu'il suffit de comprendre; le thème latin restreint dans des limites étroites ; la suppression du vers latin ; une importance sérieuse accordée à la version, excellent exercice de style; la substitution des explications rationnelles à la méthode purement mnémotechnique, etc. Cette circulaire, qui choquait bon nombre do préjugés vivaces et heurtait de front des coutumes routinières, produisit une impression fort vive et fut à la fois très-louée et très-attaquée. Pur un décret du mois de septembre, M. Simon divisa les lycées, non compris ceux de Paris, Versailles et Vanves, placés hors classe, en quatre catégories sous le rapport des traitements des fonctionnaires et autorisa les lycées à changer de catégorie à la suite d'un travail de révision fait tous les cinq ans. Au mois de décembre, dans la discussion de son budget, il défendit la commission de colportage dont il avait demandé la suppression le 13 juillet 1868 au Corps législatif.

Le 6 janvier 1873, M. Jules Simon adressa une lettre aux évéques au sujet des curés et des desservants. Ce même mois , il prit une part importante à la discussion de la loi sur le conseil supérieur de l'instruction publiquu et défendit, le 20, ses réformes dans l'enseignement contre les attaques de M. Johnstoii et de M. Dupunloup. Bien qu'il eût montre des ménagements excessifs envers le clergé depuis son arrivée au pouvoir, il n'avait point réussi k le désarmer et le trouvait de plus en plus hostile contre lui. D'autre part, il s'était aliéné en grande partie, à celte époque , les sympathies des républicains, qui l'accusaient non sans raison d'avoir fait bon marché de ses anciennes doctrines libérales et libreéchangistes. Abandonné de tous, il dut quitter le ministère lorsque M. Tliicrs forma un nouveau cabinet le 19 mai, à la veille des grands débats qui devaient entraîner sa chute et le triomphe d'une réaction sans frein.

Redevenu simple députe, M. Simon alla siéger avec la gauche républicaine et vota désormais avec l'opposition contre le gouvernement de combat, dirige par M. du Broglie. Le 13 et le 18 novembre 1873, il prononça devant la commission des Quinze, puis devant l'Assemblée de trfs - remarquable-, diseour* contre la prorogation des pouvoirs du maréchal de Mae-Muhon. En 1874, il contribua à la chute du cabinet de Broglie (lu mai) et appuya, au mois de juillet suivant, les propositions Perler et Maleville demandant la prompte organisation des pouvoirs publics et la dissolution de l'Assemblée. Dans ce même mois de juillet, il succéda k M. Leblond comme directeur politique du journal le Siècle. Enfin, en 1875, il a pris part k la discussion de la loi du Sénat (6 et 25 janvier), voté la constitution républicaine du 25 février et prononcé, le 15 juin suivant, un de ses plus beaux discours sur la collation des grades universitaires.

Depuis le 21 février 1863, M. Jules Simon fait partie de l'Académie des sciences morales et politiques, où il remplaça M. Dunoyer. Eu 1875, il a posé sa candidature k l'Académie française pour le fauteuil laissé vacant par M. Uuizot , concurremment avec M. Dumas et Laugel. L'Académie, ayant procédé, le 13 mai, k quatre tours de ii.-uJ^Tjuns qu'aucun des candidats obtint la majorité, renvoya l'élection a six mois.

M. Jules Simon est un grand travailleur et un homme fort instruit. Comme philosophe, il s'est borné k être uu pur disciple de Cousin et un fervent apôtre de cette philosophie éclectique dont le règne a été éphémère et qui n'a plus de prise sur les esprus. Comme moraliste et surtout dans les études qu il a faites sur des questions sociales, il a montré un talent incontestable, de l'érudition, une réelle élévation de pensées, un esprit toujours ingénieux, souvent même trop ingénieux, et quelques-uns de ses ouvrages, le JJevuir, la Jteligwn naturelle, VOuorière, etc., ont eu un succès retentissant. Sou style est agréable, coulant, insinuant, d'une sentimentalité onctueuse. Comme homme politique, M. Simon n'a pas répondu aux espérances qu'avait fondées sur lui, sous l'Empire, le parti républicain; toutefois, ou ne saurait méconnaître qu'il a traverse lu pouvoir dans des couditiousessentielleineui difficile» eluiiomales, qu'il est resté toujours tioele k la République et que les reformes qu'il s'est efforcé d'introduire dans renseignement étaient pour la plupart excellentes et réclamées par les meilleurs esprits. Mais c'est surtout connue orateur que Al. Simon a donne les preuves d'un talent véritablement supérieur. « Regardez-le qui monte k ta tribune, dit AI. Sarcey; il ne marche pas, il s'y glisse ; il y a dans toute sa personne, dans sou regard a demi voile, dans sa tête penchée sur l'épaule, dans ses mains qui s'affaissent uuegràoe enveloppante et féline; sa voix est pleine de caresse, avec un accent mouillé qui attendrirait les cœurs les plus durs. Les premiers sons qu'il exhale sont faibies et aoux comme une plainte; le ton s'eleve peu k peu et s'échauffe. D'autres instruisent, frappent ou étonnent; lui, il touche; il s'est l'ait de l'emotiou une spécialité. Al. Jules Simon est un des plus habiles artisans de phrases que possède la Chambre. • Nul plus que lui n est adroit, insinuant, plein de ménagements délicats. Il module sa voix avec une habileté étonnante, et il en tire des

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effets d'une variété et d'une force surprenantes ; son geste est d'une aisance, dune souplesse merveilleuses. « La pensée, dit un écrivain, est d'une clarté parfaite, revêtue d'une expression toujours noble, toujours littéraire, toujours juste, un peu effacée parfois, forte souvent, jamais provocante. Sérieux et rigoureux, prenant l'adversaire comme dans des tenailles, le raisonnement s'arme de temps en temps d'une ironie secrète, étouffée pour ainsi dire et d'autant plus redoutable que la pointe se cache sous le velours et ne se fait sentir qu'après coup... A certains moments, quand l'orateur met en jeu toutes ses forces, la pensée et la forme, qui manquent un peu de l'éclat éblouissant et imprévu, mais qui forment un ensemble d'une richesse singulière, produisent l'entraînement et l'émotion de la haute éloquence. Ce n'est pas un torrent impétueux et retentissant, c'est un cours large et puissant, aux rives lointaines et où se joue par places un gai rayon de soleil.» Outre des éditions des Œuvres de Descartes (1848, in-12), de Bossuet (1842, in-12), de Alalebranche (1842-1847, 2 vol. in-12), d'Antoine Arnauld (1843, in-12); des articles publiés dans la lievue des Deux -M ondes, la Liberté de penser, le Dictionnaire des sciences philosophiques, etc., et une part de collaboration dans le Manuel de philosophie (1847, in-S°) de Saisset et A. Jacques, on doit à M. Simon les ouvrages suivants : Etude sur la théodicée de Platon, et d'Aristote (1840, iu-8°); Histoire de l'école d'Alexandrie (1844-1845, 2 vol. in-so); le Devoir (1854, in-8°); la Religion naturelle (1856, in-S°) ; 1" Liberté de conscience (1859, in-12) ; la Liberté(l$59, 2 vol, in-8<>); YOuvrière (1863, in-18) ; l'Ecole (1864, in-8°), plaidoyer en faveur de l'instruction gratuite et obligatoire; le Travail (1866, in-8°); l'Ouunei- de huit ans (1S67, in-8°); la Politique radicale (1868, in-8») ; la Peine de mort (1869, in-18); le Libre échange (1870, in-8<>); la Liberté de penser (1870, in-18); Discussion générale sur la liberté commerciale ( 1870 , in-8°) ; Réforme de l'enseignement secondaire (1874, in-8«), ouvrage fort remarquable ; Souvenirs du i septembre (1874,2 vol. in-S°),ete. La plupart de ces ouvrages ont eu de nombreuses éditions et ont été traduits en diverses langues. — M«>c Jules Simon s'est associée, sous l'Empire , aux efforts faits par son mari pour répandre l'enseignement. Elle devint " iiiôfT présidente de lu Société pour l'enseignement professionnel des femmes, qui a fondé à Paris plusieurs écoles. Pendant le siège, elle a fait partie d'une commission mixte d'enseignement instituée à l'Hôtel de ville par le maire de Paris, Arago (1er octobre 1870), s'est signalée dans la direction de plusieurs œuvres de charité et a établi plusieurs ambulances.

SIMON BEN JOKHAI, rabbin juif, disciple du fameux Akiba. Il florissait au commencement du ne siècle. On le regarde comme le chef des cabalistes et on' lui attribue le Zaar {Lumière) , obscur commentaire du Penlaleugue , écrit en langue chaldéenne. D'autres cependant croient qu'il a été rédigé par ses disciples.

SIMON DE CALVI (Philibert), littérateur français, né âSemur-en-Auxoisen 1722, mort à Paris en 1760, 11 fut pendant six ans gouverneur du prince royal de Portugal et publia, sous le voile de l'anonyme, un poëme sur l'éducation, en quatre chants ( Paris , 1757, in -8°), et une comédie intitulée les Confidences réciproques , représentée sur le Théâtre-Français en 1747. Il laissa plusieurs tragédies, qui n'ont pas été jouées ni imprimées-

SIMON DE COKDO, médecin italien, natif de Gênes. Il fut médecin du pape Nicolas IV et chapelain de Boniface VIII, voyagea dans la Grèce et en Orient et écrivit Uin ouvrage sur les propriétés médicales des plantes. Cet ouvrage a paru à Venise (1507, in-fol.) et a été réimprimé à Lyon (1534).

SIMON DE VERV1LLE, savant fiançais, né à Rouen vers 1715, mon vers 1757. Chargé par le gouvernement français d'une mission secrète, il passa en 1751 pur Constantinople et arriva en Perse, où, pour des motifs peu connus, il rompit toute relation avec la France, se lit musulman et prit le nom de Mohammed Reiuî. Il établit à Ispahan, sous Kery m-Khan, un laboratoire de chimie et un salon d'électricité qui fit l'admiration des Persans. En 1755, il fut forcé de marcher sous les dra-' peaux d'Azad-Khan, l'un des prétendants au trône de Perse. On croit que Simon de Verville fut tué dans la grande bataille livrée par le prétendant en 1757, car depuis lors on n'a plus eu de ses nouvelles. La collection de manuscrits qu'il destinait a l'astronome Leinonnier fut dispersée. Quelques-uns de ces manuscrits ont été recueillis plus tard par J.-Fr.-X. Rousseau et appartiennent aujourd'hui à 1 Académie de Saint-Pétersbourg.

SIMON DE LA VIERGE (le Père), théologien français , né en Touraine vers 163S, mort à Paris en 1728. U appartenait à l'ordre des carmes, et il acquit une certaine réputation comme prédicateur. On lui doit, entre autres écrits : Actions chrétiennes (Paris, 1693, in-12). Tous les sermons de Simon ont été réunis sous le titre d'Actions chrétiennes ou Discours (Liège, 1755, 15 vol. iu-12).

Simon de Nantua OU le Marchand forain,

ouvrage couronné par la Société pour l'in-

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struction élémentaire en 1818, par M. Laurent de Jussieu, neveu du célèbre botaniste du même nom, Tous les honneurs ont été prodigués à cette œuvre, qui a été traduite en sept langues. Le père Simon de Nantua, qui voyageait depuis quarante ans de foire en foire, n'était pas devenu bien riche à ce métier, mais il avait gagné l'expérience, qui vaut de l'or, car il avait de bous yeux et de bonnes oreilles; il avait vu beaucoup de pays, beaucoup de gens et entendu beaucoup de choses. Sa mémoire était excellente, en sorte qu'il se Souvenait très-bien de tout cela, et, comme le bon Dieu l'avait doué d'un sens droit et d'un esprit juste, il pouvait donner à chacun de bons conseils. Il ne les épargnait, en effet, à personne et n'avait, pas de plus grand plaisir que la conversation. C'est à ces conversations que l'auteur nous fait assister, et, tantôt dans un dialogue, tantôt par une anecdote ou un récit, Simon de Nantua nous donne d'excellentes leçons de morale pratique. Nous allons citer ici, pour nos lecteurs, les meilleures maximes du bonhomme Simon : « Le malheur est comme les lâches; il poursuit ceux qu'il voit trembler et s'enfuit quand on l'attend de pied ferme.

— Tout est facile à qui a de la bonne volonté. — En fait d'affaires, à l'homme avisé il ne faut que peu de paroles. — La superstition rend aveugle, et la poltronnerie rend perclus. — Il faut profiter d'un mauvais exemple comme d'un bon, et les sottises des autres peuvent tout aussi bien nous servir de leçon que leur bonne conduite. — C'est méditer sa propre ruine que de se chagriner des succès des autres. — Si l'expérience vaut de l'or, elle se fait bien souvent payer ce qu'elle vaut ; aussi serait-ce une grande faute et une grande folie de ne pas profiter de celle d'autrui, que l'on peut avoir gratis. — Les jours sont la monnaie de la vie; les heures, la monnaie des jours; avec les centimes, on fait des francs, avec les francs des louis; mais ce qui est dissipé n'entre plus dans la compte et ne fait plus rien. — N'est-ce pas un fou celui qui confie au hasard ce qu'il a gagné à la sueur de son front? — La force est un géant qui a trois bras : le courage, ta persévérance et la patience ; elle agit avec le premier, se cramponne avec le second et s'appuie avec le troisién o, — Savez- vous quel est le plus puissant de tous les leviers? c'est la volonté. — Evitez les différends avec les individus, les querelles avec la société.

— La raison du plus fort n'est la meilleure que pour un moment, car il existe une main encore plus forte que celle du plus fort; c'est la main de la justice. — La seule force qui ail toujours raison, c'est celle de la vérité.

— Savez-vous une des choses qui distinguent l'homme des animaux? C'est que les animaux ne font que se reproduire, au lieu que l'homme se continue. — L'exactitude est la mère du crédit, — Que le nom de l'eau-de-vie ne vous trompe pas ; elle ne fait vivre personne et a fait mourir bien des gens. — Consolons- nous d'être petits, car la grandeur dans ce monde s'achète à tant la toise, et les soucis, les périls et les revers sont la monnaie dont on la paye, t Simon de Nantua écrit, on le voit, comme il parle , simplement et cependant avec une sorte d'originalité dans le tour, afin de frapper plus vivement l'esprit. Ses conversations forment une sorte d'encyclopédie morale à l'usage de toutes les classes de la société, à la portée de tous les âges.

Simon, roman, par G. Sand (Paris, 1835), Simon doit être rangé dans les romans de la seconde manière de Mme Sand, qu'on pourrait appeler les égarements d'une imagination ardente et enthousiaste. Bien que l'influence des idées d'autrui ne se fasse pas sentir aussi désagréablement dans ce roman que dans plusieurs autres du même genre et de la même époque, il n'en est pas moins vrai qu'on éprouve parfois encore, en le lisant, le malaise qu'a dû éprouver l'auteur lui-même en s'imposant la dure nécessité de couper les ailes à son imagination pour l'obliger a raser la terre. Simon Féline est un jeune paysan qui, à force de courage, de travail et de patience, et aussi d'orgueil, est devenu un homme instruit, un avocat distingué. Entêté, taciturne et vain comme tous les paysans, il est resté longtemps dans son pays sans fréquenter aucun des jeunes gens de son âge qu'il jugeait trop au-dessous de lui, sans connaître non plus l'amour, car aucune femme ne lui semblait répoudre à l'idéal qu'il portait dans son cœur. Un jour, pourtant, il croit l'avoir rencontré. Piainma, noble Italienne, patriote exaltée, rêvant l'indépendance de sa patrie et demandant au ciel l'occasion de verser sou sang pour son paj's, Fiamma doit plaire au républicain Simon et lui plait en effet. Elle-même n'est pas longtemps sans répoudre à l'appel d'un cœur si bien fait pour la comprendre, et ou s'imagine pur quelle série de crises, de sacritices, de douleurs, de dévouements héroïques doivent passer ces deux âmes si vigoureusement trempées et placées à deux extrémités opposées, pour arriver k se réunir. Les faits tiennent peu de place dans ce roman; l'analyse des sentiments le remplit tout entier et suffit à. tenir jusqu'au bout le lecteur en baleine.

Simon (le capitaine), roman de M, Paul Féval. V. CAPITAINE.

S1MOND (Philibert), homme politique fran-

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çais, né à Rumtlly, en Savoie, en 1755, guillotiné en 1794. Il était vicaire dans le village de Gruffi au moment où éclata la Révolution. Partisan zélé du nouveau régime, il fut obligé de quitter son pays et se rendit en 1791 à Strasbourg, où il fut nommé vicaire général du département du Bas-Rhin, puis député de ce département à la Convention nationale. Il y siégea à l'extrême gauche, se déclara, quoique absent, en faveur de la mort de Louis XVI, fit décréter d'accusation le général Custine et fut envoyé en 1793, comme représentant du peuple, auprès de l'armée des Alpes. De retour à Paris, il tut taxé de modérantisme et même de royalisme et emprisonné. Enveloppé dans une conspiration des prisons, il fut traduit devant le tribunal révolutionnaire, condamné a mort et exécuté.

S1MOND (Louis), voyageur français, né à Lyon en 1767, mort à Genève en 1831. La Révolution française l'effraya et il passa aux Etats-Unis, puis il vint se fixer en Angleterre, rentra en France à la Restaurat.on, visita l'Italie, et enfin se fixa a Genève et se fit naturaliser Suisse. Ses ouvrages sont : Voyage d'un Français en Angleterre (1810- 1811; Paris, 1816-1817, 2 vol. in-8») ; Voyatje en Suisse (Paris, 1832-1833, 2 vol. in-8o); Voyage en Italie et en Sicile (l'aris, 1827- 1828, 2 vol. in-8°).

SIMONDE DE SISMONDI, historien genevois. V. StSMONDI,

SIMONE (X.), peintre italien du xive siècle, ce à Naples. Elève du Giotto, qu'il aida dans la plupart de ses travaux, Simone décora seul plusieurs églises de sa ville natale, notamment l'église Saint-Laurent. Son chefd'œuvre est la Déposition de croix du maîtreautel de l'Incoronata,

Simone Boccouegra, opéra italien en trois actes, avec uu prologue, livret de M. Fiave, musique de M. Verdi ; représenté à la Fenice de Venise le 12 mars 1856. La pièce a paru incompréhensible aux Italiens eux-mêmes ; nous n'essayerons pas d'en donner une analyse complète. La scène se passe à Gênes dans la première moitié du xive siècle. Le prologue traite d'une conspiration ourdie par des artisans et des hommes du peuple, entre autres par faolo et Pietvo, pour faire proclamer doge Simone Boccanegra, corsaire au service de la république. Au premier acte, Maria Boccanegra, tille de Simone, sous la nom d'Amelia Griinaldi, est fiancée à Gabriele Adomo, gentilhomme génois. Simone, le nouveau doge, en revenant de la chasse, s'arrête au palais de Grimaldi et découvre qu'Amelia est sa fille, qu'il croyait avoir perdue. Paolo, favori du doge, est amoureux d'Amelia; il demande sa main à celui-ci, qui lui doit la dignité dont il est revêtu. Simone la lui refuse. Paolo, irrité, jure avec son ami Pietro la perte du doge. Ils commencent par faire enlever Amelia, Andréa, qui est le tuteur et le protecteur de la jeune fille, ainsi que Gabriele, son amant, accusent le doge de ce crime, et, le jour de l'anniversaire de son couronnement, Gabriele s'eiance sur lui le poignard à la main. Amelia, qui a recouvre sa liberté, accourt et déclare que Je doge est innocent. Au deuxième acte, Paolo et Pietro proposent à Andréa et à Gabriele, qui ont été faits prisonniers, de tuer le doge pendant son sommeil. Tous deux s'indignent d'une telle proposition. Cependant le traître Paolo excite la jalousie de Gabriele au point que celui-ci, caché sur une terrasse et témoin d'une scène de tendresse entre le père et la iille, ne se possède plus et paraît encore une fois le poignard à la main pour immoler le doge à sa fureur jalouse. Amelia s'interpose de nouveau. En apprenant qu'elle est la fille de Simone, Gabriele implore sou pardon, l'obtient et jure de défendre le doge contre tous ses ennemis. Dans le troisième acte, on assiste aux apprêts des noces de Gabriele et d'Amelia; mais Paolo a empoisonné le doge, qui expire en bénissant les époux. M. Verdi avait tenté de se rapprocher du goût des Allemands et de la théorie de M. Wagner en donnant au récitatif une importance presque exclusive. Les morceaux les plus remarqués dans cet opéra sont : la, romance de Kiesco, H la ceruto spirito ; la eavatine d'Amelia au premier acte; le récit, Orfanello il ielto umile; le terzettu, suivi du chœur, AU'armi; et clans le troisième, le duo entre le doge et Fiesco, dans lequel se trouve une fort belle phrase, l'ianyo perché mi parla, et enfin le quartette linai, qui est le plus beau morceau de l'ouvrage.

SIMONÉE s. f. (si-mo-né — de Simon, nom d'homme), Arachn. Genre d'arachnides, de l'ordre des acandes, dont l'espèce type vit en parasite dans les cryptes des ailes du nez de l'homme.

S1MONELL1 (Joseph), peintre italien, né à Naples en 1649, mort dans la même ville en 1713. Il avait d'abord été laquais de Giordono. La vue des œuvres de son maître lui inspira le goût de la peinture. Il copia les tableaux de Gtordano, dont il imita avec succès le coloris. Un cite, comme le meilleurtableau de Simoiieili, celui qu'il a peint dans l'église de Monlesanto et qui représente Saint Nicolas de Tolenlino.

S1MONET (Edine ou Edmond), théologien français, né à Langres en 1662, mort en

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1733. Il entra dans la société de Jésus, professa la philosophie à Reims, puis la théologie scolastique à Pont-à-Mousson, parvint au grade fie chancelier de l'université do cette dernière ville et publia un ouvrage intitulé : Institutiones théologien ad usum seminariorum (Nancy, 1721-1728, 11 vol. in-12; 2e édit., Venise, 1731, 3 vol. in-fol.).

S1MONET (François-Xavier), orientaliste et littérateur espagnol, né à Malagaen 1823. Il s'adonna de bonne heure à l'étude des langues orientales et il a obtenu une chaire d'arabe à l'Athénée de Madrid. Il a été, en outre, l'un des membres de la commission chargée par le gouvernement d'écrire l'Histoire de l'infanterie espagnole. Outre plusieurs pièces de théâtre et de nombreux articles publiés dans différents journaux littéraires et politiques, on a de lui : Une poétesse, nouvelle; Souvenirs d'un poète, recueil de nouvelles; Aimaiisor, légende historique arabe, précédée d'un prologue de Fernando Madrazo, etc.

SIMOSETTA (Angelo). homme d'Etat italien, né h Cuccuri (Calabre) vers 1400, mort à Milan en 1472, Il était secrétaire du fumeux condottiere François Sforza, qu'il suivitdans toutes ses expéditions et auquel il rendit les plus grands services par ses talents diplomatiques.

SIMONETTA (Francesco ou Cicco), homme d'Etat italien, neveadu précédent, né à Caccuri en 1410, mort à Pavie en 1480. Bien qu'il eût montré le plus grand dévouement pour Golèas-Marie Sforza et pour son fils Jean- Galéas, il perdit la confiance de la régento Bonne de Savoie , fut emprisonné a l'avie, par suite des intrigues de Ludovic le More, et décapité.

SIMONETTA (Giovanni), historien italien, frère du précédent, né en Calabre, mort à Milan vers 1491. Comme son frère, il se montra fidèlement attaché à Jean-Galéas ; comme lui aussi il tomba en disgrâce, fut mis à la torture et exilé à Verceil. Il a laissé : De rébus gestis Francisci Sforlix Medialanensis ducis (Milan, 14S0, in-fol.).

SIMONETTA (Giacomo), théologien et cardinal italien, fils du précèdent, né à Milan vers 1475, mortà Rome en 1539. Dès son entrée dans la carrière ecclésiastique, il se rendit à Rome, et devint avocat consistorial, puis auditeur de rote. En 1529, il fut appelé à, l'évèchè de Pesaro et reçut, en 1535, le chapeau de cardinal. On lui doit : De reservationibus beneflciorum (Cologne, 1583, in-8°); Relatio super vitam et miracula Francisci de Puuto (Rome,

SIMONETTA (Bonifazio), historien et prélat italien, neveu de Francesco et de Giovanni, né dans la Pouilie vers 1430, mort a la fin du xve siècle. Il faisait partie de l'ordie de Clteaux et devint abbé de Suint-Etiennedel-Como (diocèse de Lodi). On lui doit un important ouvrage intitulé: Depersecutionibus chr.isiians fidei et Romanorum poniific.um (Milan, 1492, in-fol.).

SIMONIAQUE adj. (si-mo-ni-a-ke — rad.

simonie). Qui a le caractère de la simonie, qui est entaché de simonie : Contrat simoniaque. Ordination simoniauue.

— Qui se rend coupable de simonie : Dans ce siècle, il y avait beaucoup d'ecclésiastiques

SIMONIAQUliS. (Acad.)

— Substantiv. Personne coupable de simonie : Un SIMONIAQUE.

S1MONICH (Jean-Etienne), général russe d'origine serbe, né à Sebeuico (Dulmatie) en 1792, mort près de Moscou en 1855. 11 entra, en 1807, dans un corps de pandours ou Croates, servit ensuite dans les armées françaises et fut fait prisonnier en Russie eu 1812. Eu 1814, il entra dans l'armée russe, se distingua dans la guerre de Perse en 1826, dans celle de Turquie eu 1828 et dans la guerre contre les Lesghiens, au Caucase, eu 1830. De 1832 ii 1839, il exerça les fonctions de ministre plénipotemiaire à Téhéran. Il contribua en cette qualité à la nomination de Mohammed -Mirza au trône de Perse. En 1848, Siinonich fut mis à la retraite. Il a écrit des mémoires dans les Amiaies de la Société de géographie russe.

S1MON1DE, célèbre poëte grec, né dans l'Ile de Cèos en 556 av. J.-C, mort à Syrucuse en 467. Son père, Léoprépès, était un des magistrats de Céos, alors indépendante ; lui-même fut attaché, tout enfant, au culte de Bacchus, ainsi que l'indique une de ses épigramines, la 130e du recueil de Schiieidewiu; une autre le montre, pendant son adolescence, exerçant la profession de maître de choeur (^oçixSt&ifficaXoî) dans la ville de Carthée, eu Céos; il enseignait aux enfants la poésie et la musique. La petite lie de Céos était alors un des loyers poétiques et littéraires les plus remarquables; cependant, sentant sou génie croître, le jeune poète voulut s'essayer sur un plus grand théâtre et résolut d'aller à Athènes. Il y arriva au moment où régnaient les fils de Pisistrate, Hippias et Hipparque (527-514), et \int grossir la cour des deux tyrans, qui faisaient le plus chaleureux accueil aux poètes; il y rencontra, entre autres, Anacreon et Lasus, le maître de Pin dure, et son talent flexible, qui se pliait a tous les genres, lui attira aussitôt une grande popularité. Quoiqu'on ne possède que des fragments plus ou moins étendus de ses composi-

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fions, les matières dont elles traitent, leur forme et l'opinion des anciens suffisent pour qu'on se fasse une haute idée de Siraonide. Ces fragments nous montrent quel était le rôle des poètes à la cour de ces petits souverains de ta Grèce ou de la Sicile, qui se les disputaient, durant cette époque intermédiaire où te règne de l'épopée étant clos, l'art dramatique n'existant pas encore, la poésie lyrique avait seule quelque vitalité. Les concours pour les fêtes publiques, qui se célébraient dans toute la Grèce avec la plus grande solennité et où la poésie chantée jouait un grand rôle, étaient la préoccupation principale des poètes ; Simonide, dans sa longue carrière, dut concourir bien souvent, car une inscription votive témoigne qu'il remporta cinquante-six fois le prix : ■ Cinquante-six fois, ô Simonide, dit cette inscription, tu remportas le taureau ou le trépied. » Ces chants, dont il reste de nombreux fragments, sont des hymnes en l'honneur de toutes les divinités, des péans pour les fêtes d'Apollon, dos dithyrambes pour les fêtes de Bacchus, des parthénies ou chœurs déjeunes filles pour les fâtes de Diane. A côté de ces compositions religieuses ou héroïques dans lesquelles il excellait, le poSte rencontrait une autre source abondante d'inspiration dans les courses et les luttes de ces jeux solennels qui réunissaient toute la Grèce tantôt à Olyinpie, tantôt k l'isthme de Corinthe, tantôt h Delphes, et dont les vainqueurs se faisaient célébrer on beaux vers en même temps que les plus habiles statuaires étaient appelés à reproduire leur image. Ces chants de triomphe ou épinicies formaient une partie considérable de l'œuvre de Simonide, mais pas un seul ne nous est parvenu entier. On peut cependant s'en faire une idée assez complète, i L'arrangement de ces épinicies, dit Ottfried Muller, est le même ou presque le même que dans ceux de Pindare que nous possédons ; ici comme là, on rattachait toujours à l'éloge des vainqueurs l'illustration des héros de la légende-.mais les épinicies de Simonide semblent s être principalement distingués de ceux du poète thébain en ce que le premier s'arrêtait davantage à la victoire même et peignait d'une façon plus circonstanciée la manière dont elle avait été remportée, tandis que Pindare passe rapidement sur ces détails et s'élève dès le début k des hauteurs plus grandes. Souvent aussi Simonide se permettait dan s ces chants un style presque plaisant, tel que semblait l'admettre un poème qui se chantait souvent au festin que Ion donnait au vainqueur.» Simonide excellait encore dans les Eloges (iTmijua), les Chansons à boire Ur.i\in), les Chants pour la danse (ûitofxiiuttTa) et surtout dans ces Chants de deuil, appelés nénies ou thrènes, qu'il était d'usage de composer à la mort des grands personnages et de fuira chanter k leurs funérutlles. Enfin ses épigrmumes, c'est-à-dire, dans le sens grec du mot, ses inscriptions, ont une netteté et une précision remarquables; entre toutes, ses inscriptions tumulaires ou épitaphes ont mérité de traverser les siècles, tant le poste possédait l'art d'enfermer en quelques vers une grande pensée ou un regret énergique. On se rend compte de l'intérêt que devaient porter à un homme d'un talent si varié et si précieux les petits princes grecs avides de renommée.

Lorsque Hipparque eut été assassiné par Harmodius et Arisiogiton (5U), Simonide quitta Athènes et se retira en Thessalie, où 1 appelaient des princes opulents, Scopas et Aievas. Il séjourna chez eux jusqu'aux environs des guerres médiques, sans pourtant cesser de paraître aux grands concours de poésie et aux jeux. C'est au retour d'une de ces solennités que se place l'aventure légendaire dont Phèdre et La Fontaine ont fait le sujetd'une fable, Scopas ayantété vainqueur à la course des chars, Simonide célébra son triomphe dans une ode magnifique où, suivant l'habitude, il avait fait intervenir les dieux, les héros, et chanté tout autant (Jastor et Pollux que l'athlète. Scopas, qui aurait voulu avoir une ode tout entière à sa louange, ne donna à Simonide que le tiers du prix convenu, lui conseillant d'aller réclamer le reste à Poliux et k Castor. Le poète venait de réciter son ode k la table du festin, lorsqu'un esclave vint lui dire que deux jeunes gens « tout couverts de puussière et de sueur, mais dont les visages respiraient une majesté divine, • l'attendaient k la porte et le priaient de sortir en toute hâte. Simonide sortit et ne vit personne ; mais dans cet intervalle le plafond de la salle du festin s'écroula, écrasant Scopas et tous ses convives. Il est impossible de discerner aujourd'hui ce qu'il y a de vrai dans cette tradition extrêmement célèbre dans l'untiquitd ; le l'ait certain, c'est qu'une catastrophe subite détruisit la prospérité des Alevas et îles JScopas de Thessalie ; Simonide, qui n'a jamais pur.ê delà faveur que lui avaient faite les Tyndarides, et c'était bien le eus pourtant de leur dédier une ode, fait au contraire de fréquentes allusions à ces retours de fortune, à ces brusques malheurs qui avaient ruiné ses protecteurs thessaliens.

Lorsqu'il revint à Athènes, le peuple ne parait pas lui avoir su mauvais gré de 6on ancien attachement pour les Pisistratides; la Grèce, sur le point d être envahie, était alors violemment remuée par les émotions patriotiques, et Simonide partagea l'enthousiasma de tous les Grecs. Lorsque, après la victoire de Marathon, un grand concours poétique fut

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ouvert k ce sujet, ce fut Ici qui remporta le prix, et il avait pour conçut rent Eschyle (^89 av. J.-C. , sous l'archontat d'Aristide). Ce fut également lui qui fut solennellement chargé par les amphictyons de célébrer le dévouement de Léonidas et des trois cents Spartiates uiix Thermopyles. Une strophe de cette ode, la première probablement, nous est parvenue : « De ceux qui sont morts aux Thermopyles glorieuse est la fortune et beau le destin. Leur tombe est un autel ; pour postérité, ils ont leur souvenir, et leur deuil est un chant de triomphe. Une telle épitaphe, ni la mousse envahissante, ni le temps qui ronge tout ne la détruiront. Dans leur tombeau souterrain est venue habiter la gloire nationale de l'Hellade. 11 en témoigne, Léonidas, ce roi Spartiate qui a laissé une renommée éternelle de vertu et d'honneur. ■ — «Que l'on analyse ce passage, dit Otfried Muller, et l'on verra de quelle main de maître le poète y retourne en tous sens et éclaire de mille jours cette simple et unique pensée : la gloire de la grande action devant laquelle tout deuil disparaît. Tout, chez Simonide, est dans la plus parfaite harmonie ; le choix des mots vise toujours k la noblesse et a, la grâce, mais il s'éloigne moins que la style de Pindare du langage de lu vie ordinaire, et sa manière de traiter les rhythmes se distingue de celle du poète thébain pur une prélerence marquée pour les mesures légères et coulantes. ■ L'inscription funéraire qu'il fut chargé de composer pour les mêmes héros Spartiates est également digne d'être citée ; « Passant, va dire aux Lacédémoniens qu'ici nous sommes ensevelis pour avoir obéi k leurs lois. • Simonide chanta aussi les victoires deSalamine, d'Artémisium et de Platée; tous ces morceaux sont perdus. L'un des plus longs fragments qui nous soient parvenus de ce poète appartient k un autre genre, dans lequel il excellait et qu'il sut empreindre d'une rare sensibilité, l'élégie ; c'est la lamentation de Danaé abandonnée sur les flots avec Persée, son fils. Nous avons donné au mot nénib la traduction de ce morceau, qui est un des plus précieux débris de l'antique poésie grecque.

Les anciens ne reprochaient qu'une seule chose k ce talent, qui avait k la fois tant de sensibilité, d'énergie et de grâce, c'était de se faire payer cher. « Ma muse, dit Callimaque, n'est point mercenaire comme celle de Simonide,» et l'on prétend que Pindare lui décocha le même trait lorsqu'il parla d'un certain temps où les Muses n'étaient pas encore marchandes. (Ode n, Isthm.) Il parait, en outre, que Simonide ne se fiait pas à la générosité des personnages qu'il célébrait et qu'il axait, uvant de commencer, le prix de ses louanges. Un athlète qui avait remporté le prix de la course pria Simonide de composer sur ce sujet un chant de triomphe. Le poète, ne trouvant pas que la récompense qu on lui offrait fût assez grande, répondit qu'il ne saurait bien le traiter; car cette victoire avait été remportée k la course des mules, et il prétendait que cet animal ne fournissait pas matière à poésie. Mais l'athlète ayant augmenté la somme, il accepta, et usant de tous les prestiges de son art, il appelU ces animaux les tilles des coursiers aux pieds légers, Aristole a rapporté ce fait dans sa Rhétorique. Il avait aussi coutume de dire : « J'ai deux coffres, l'un pour les salaires, l'autre pour les grâces; je les ouvre de temps en temps, et je trouve toujours plein celui des salaires, et toujours vide celui des grâces. » Sur quoi Bayle fait cette remarque : • IL ne s'en devait pas étonner, car puisqu'il ne faisait rien pour rien, il ne devait pas prétendre aux dons gratuits et ne pouvait s'attendre qu'au payement de la solde selon les termes du contrat qu'il avait passé avec ses héros. Peut-être aussi faut-il tourner ainsi sa pensée. « J'avais préparé deux coffres, l'un pour ce qu'on donnerait (les grâces), l'autre pour ce que l'on me payerait (les salaires). Trouvant toujours vide le coffre des cadeaux, j'ai pris le parti de fixer moi-même le prixda mes vers. >

Quoi qu'il en soit de ces reproches plus ou moins fondés, tant que Simonide séjourna en Grèce, sa renommée le fit rechercher par tous les grands hommes qui illustrèrent cette belle époque. Il vivait dans l'intimité dePausanias et de Thénùstocle, Un jour Pausanias, se trouvant à table avec Swionide, le pria de débiter quelque sentence. ■ Souvenez-vous que vous êtes hoitime, » Jui répondit Simonide, qui pénétrait son orgueil, Pausanias fit peu d'attention à cette courte maxime. Mais k la suite de revers , forcé de se cacher et affamé, il se souvint des paroles du poQte et s'écria pur trois fois : • O Simonide, ô mon hôte de Céos I qu'il y avait un grand sens dans l'exhortation que lu me fis et que, duns ma folie je méprisai I »On raconte aussi que s'appuyant sur l'étroite amitié qui l'unissait k Tnéinistoc.e , Simonide lui demanda une grâce. (Mui-ci, trouvant la demande non jusliliée, refusa et dit : ■ Cher Simonide, vous ne seriez pas un bon poète si vous faisiez des vers qui péchassent contre les réglas de la poésie, et moi, je ne serais pas un bon magistrat si je commettais quelque action qui lût opposée aux lois. »

Simonide n'assista pas k la triste fin de ses amis PausaniasetThemistocle; lorsqu'ils succombèrent, il était déjà à la cour de Hiéron, tyran de Sicile, près duquel il se rendit k l'âge de quatre-vingt-sept ans. Il trouva ik, ouue

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son neveu Bacchylide, qu'il avait formé, plusieurs des srands poètes ses contemporains, Pindare, Epicharme et le grand Eschyle, qui s'y était retiré de dépit d'avoir été vaincu par Sophocle ; il parait même que le poète 'de Céos ne vécut pas toujours eu bonne intelligence avec ses collègues, surtout avec Pindare.

L'histoire a conservé quelques traita de son séjour auprès de Hiéron. La réponse qu'il fit k ce prince, qui lui demandait la définition de Dieu, est bien connue. Cicéron la rappoi te en ces termes dans son livre De natura deorum (liv. I°r, ch. xxn) : • Si vous me demandez ce que c'est que Dieu, je ferai avec vous comme Simonide avec le tyran Hiéron, qui lui posait la même question. D'abord il demanda un jour poury penser; le lendemain, deux autres jours, et comme chaque fois il doublait le nombre des jours qu'il demandait, Hiéron voulut en savoir la cause. — C'est, dit-il, que plus j'y réfléchis, plus la chose me paraît obscure. Ce qui me fait juger que Simonide, qui n'était

fias seulement un poète délicat, mais qui d'aileurs ne manquait ni d'érudition ni de bon sens, perdit k la fin toute espérance de découvrir la vérité après que son esprit se fut promené d'opinions en opinions, les unes plus subtiles que les autres, sans pouvoir trouver de solution. >

Simonide mourut k la cour de Hiéron, qui lui fit faire des funérailles magnifiques. Son épitaphe, recueillie dans Y Anthologie est conçue en ces termes : « Tu meurs, ô Simonide, dans la plaine de Sicile; k Céos tu laisses ta mémoire, k toute la postérité des Grecs le souvenir de ton âme bien tempérée. •

« Simonide, dit M. L. Joubert, est le type le plus parfait du poste cultivé ou littérateur chez les Grecs. Inspiré, mais savant et artiste autant qu'inspiré, ne faisant pas de son art un métier, mais habile k en tirer parti pour sa fortune ; plaisant aux tyrans sans déplaire aux peuples; chantant les bienfaits du pouvoir et les efforts de la liberté ; plein de respect pour la religion, avec une tournure d'esprit philosophique; jouissant avec calme des plaisirs des sens et de ceux de l'intelligence, il offrit ce rare équilibre des facultés morales et intellectuelles que les anciens appelaient la sagesse et qu'où pourrait appeler la mesure. Les Grecs pensaient que, pour la conduite de la vie, c'est la première de toutes les qualités. Simonide vérifia la justesse de cette opinion par le bonheur constant de sa carrière. Aucun poète ne fut plus estimé de son vivant et ne conserva plus longtemps après sa mort la popularité. Justifie- t-il cette célébrité par le mérite de ses oeuvres ? C'est ce que nous ne pouvons complètement décider puisque ses œuvres sont en grande partie perdues. Cependant, k eu juger par les fragments qui restent, si le poôtedeCéos pour l'originalité, la passion, la splendeur du génie est intérieur à Archiloque, k Alcée, k Sapho; s'il n'égala ni la profondeur et l'élévation de Pindare, ni la véhémence et la grandeur d'Eschyle, il les surpassa tous par la flexibilité et l'étendue de son talent, capable des applications les plus diverses : poèmes ou élégies héroïques, éloges en vers, chants de victoire, hymnes, péans, chœurs déjeunes filles, chants pour la cause, chansons k boire, chants de deuil, épigrammes , il a tout abordé. Dans tous ces genres, Simonide fut supérieur, atteignant le sublime quand le sujet l'exigeait, maniant avec une rare élégance un riche langage lyrique, formé d'un mélange de la diction épique avec les formes doriques et éoliennes; incomparable dans l'expression des sentiments pathétiques. Les anciens l'appeluient 1« doux pofite, et Catulle demande k un ami, comme consolation, une plainte plus triste que les larmes de Simonide, mœstius lacrymis bimonideis. ■

Les fragments de Simonide ont été recueillis par Brunck dans ses Analecta grieca (tome le') et par Jacobs dans son Anthologia grmea (tome Ier). Schneidewin en a donné une édition beaucoup plus méthodique etbeaucoup plus complète : Simonidis Cei carminum reliquiiB (Brunswick, 1835, in-8°).

— Allas. Httér. Il est quelquefois fait allusion au procédé de Simonide, c'est-k-dire k la digression en l'honneur de Castor et Poliux dont il avait orné l'ode triomphale de Scopas, dont nous avons parlé plus haut. On désigne ainsi le procédé commode des poètes et des orateurs qui, ayant k faire un éloge et lu matière manquant, se jettent dans les horsd'œuvre et parlent de tout autre chose que de leur héros.

« Néanmoins, je croirais volontiers que, pour entourer ce personnage de plus d'importance, il faudrait recourir un peu au procédé de Simonide. »

Ch. Dézobrï.

• ... Voilà M. Taine qui, ce matin, publie dans les Débats une longue réclame en l'honneur d'un volume de M. Philarète Chasles ; « Sifmonide avait entrepris l'éloge d'un athlète.. .,» vous savez le reste : c'est un peu l'histoire de tous les panégyriques. »

G.IiOURDIN.

SIMONIDIEN, IENNE adj. (si-mo-ni-di-ain, i-è-ne). Aut. gr. Qui appartient au poète Simonide.

— Philol. Lettres simonidiennes, Lettres qui

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passaient pour avoir été ajoutées par Simonide k l'alphabet grec.

SIMONIE s. f. (si-mo-nl — de Simon le Magicien, qui, d'après la tradition, voulait acheter aux apôtres le don de conférer le Saint-Esprit). Trafic des choses saintes, vente de biens spirituel»: Si l'on donne un bien temporel pour un bien spirituel, c'est une simonie visible et damnable. (Pasc.) La simoniu I est honteuse et damnable. (Pasc.) L'empereur 1 Henri IV, cité à Borne pour cause de simonib, ' envoya des ambassadeurs que le pape ne voui lut pas recevoir. (J. de Maistre.) Au xiv" sièele, la simonie était générale. (Chateaub.)

I — Encycl. La mot simonie tire son origine de Simon le Magicien, qui, suivant le récit des Actes des apôtres, offrit k Pierre de lui j acheter le don du Seigneur ou le droit do , fuire des miracles au nom du crucifié. Sont simoniaques , suivant les théologiens, tous ceux qui donnent ou promettent quelque bien temporel, argent ou autre valeur, en récompense et en payement d'une chose spirituelle ; tous ceux qui donnent une faveur spirituelle, sacrement, ordination, pouvoir apostolique- k prix d'or; tous ceux enfin qui se font les entremetteurs de ces marchés sacrilèges. Ainsi les grands qui, au moyen âge, vendaient les riches abbayes et évêchés uux clercs avides, ceux qui achetaient fort cher le droit d'occuper un siège épiscopal ou de porter la croix abbatiale, tous ceux qui avaient leur part dans ces contrats et aidaient par motif d intérêt à les faire conclure, tombaient sous le coup des condamnations de l'Eglise, qui déclare les simoniaques excommuniés par le fait même de leur simonie. Antérieurement au fait<le Simon, raconté par les Actes, les anathèmes contre le trafic des choses sacrées ne manquaient pas dans les écrits et les traditions du christianisme naissant. ■ Vous avez reçu mes dons gratuitement , avait dit Je Christ, donnez-les de même (suint Matthieu, i, 8); » et l'audacieuse action de Jésus chassant les vendeurs du temple avait été une éclatai) ta condamnation des spéculations mercantiles introduites au sein de la religion même. Mais, malgré les témoignages formels des Evangiles et des apôtres, la simonie devait devenir et devint une des pluies do l'Eglise . a Cette pratique poussa profondément dans la chrétienté ses racines empoisonnées .» jour parler comme le pape Grégoire VII, aussitôt que la foi nouvelle cessa d'être persécutée et s'établit sur les ruines du paganisme. A peine cette foi fut-elle devenue une puissance que les ambitieux songèrent à l'exploiter; on vendit le droit de conférer les sacrements k des hommes qui en étaient indignes , on acheta le pardon des plus grands crimes et presque le droit de les commettre, La brigue et la corruption donnèrent accès aux plus hautes dignités ecclésiastiques. Des le iv* et le ve siècle de l'Eglise, les décrets des papes et les actes des conciles en fout foi, la simonie devient le grand ennemi que l'on combattit toujours sans le terrasser jamais. Les papes Gélase et Grégoire le Grand unirent leur voix k celle des Pères et des conciles. Quelques souverains, sincères défenseurs de l'Eglise, condamnèrent la simonie; Charlemagne la proscrivait dnivs ses capituiaires. Mais la plupart des princes favorisaient un mal dont ils profitaient. Aussi i'Eglise présentait-elle, vers le x« siècle, un spectacle déplorable. Deux ôvêques, Uuthier de Vérone et Othon de Vcrceil nous ont laissé sur ce sujet des pages intéressantes. Voici, suivant ce dernier, le tableau du clergé de son temps : « On devient prêtre, on sa fait clerc, on feint de se vouer à la continence, dans l'unique but de vivre des offrandes. Mais bientôt l'incontinence passe les bornes; on prend des concubines qui dissipent dans l'orgie les biens des fidèles ; pour elles on devient intéressé, avare, trompeur; si ces femmes ou leurs bâtards prennent querelle, les prêtres, leurs amants, viennent k leur secours, déclarant ainsi publiquement leur propre infamie; et comme toute concubine est condamnée k la servitude, les ofliciers de justice entrent dans le presbytère pour les saisir; alors le nom de Dieu est blasphémé, le peuple scandalisé refuse ensuite de payer la dlme dont on fuit ce honteux u^ftge. Si l'évêque blâme ces désordre.*, les clorcs se révoltent, malgré leur serment d'obéissance; le peuple en prend occasion de mépriser la dignité pontificale. Les grands, les rots eux-mêmes foulent aux pieds lus canons et les droits de l'épiscopat. Ils veulent que dans les ordinations leur seule volonté 1 emporte, trouvant très-mauvais qu'un évêque soit élu par d'autres que par eux. Dans leurs promotions, ils ne tiennent compte ni des vertus, ni du savoir, mais des richesses, de la parenté, du dévouement k leur personne. S'ils ne vendent pas l'anneau pastoral, ils le donnent k leurs favoris. Leur audace va jusqu'à mettre cet anneau sacré au doigt d'un enfant, et voilk que l'ignorance native est érigée en docteur. » Les papes euxmêmes, créés le plus souvent pur la faveur d'un empereur ou le caprice de quelques barons romains, n'étaient pas k l'abri du la corruption générale. Les créatures de Theodoru et de Marosie, deux courtisanes, d'Albôric, comte da Toscane, des Othons d'Allemagne, de Crescentius achetaient la tiare et vendaient leurs faveurs. Jean XIV se laissait arracher une décision, dans le procès de l'ai'che\cquo

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de Reims, par le cadeau d'un beau cheval blanc.

En 999, Gerbert, élevé à la papauté, prit contre les simoniaques des mesures sévères; il fit même publiquement condamner son prédécesseur Grégoire V, qui s'était laisser acheter une sentence inique. Mais nul dans l'Eglise ne prononça plus souvent le mot de simoitie pour le flétrir que le fameux Hildebrand (Grégoire VII). Il déclara au fléitu une guerre acharnée et, vivement affligé des maux de l'Eglise, il résolut d'y mettre fin par les moyens les plus violents. Mais c'était toute une révolution qu'il fallait accomplir. Ce qui rendait facile et quotidien le trafic des bénéfices, c'était le droit que s'étaient peu à peu attribué tous les souverains de nommer les évêques et les abbés à leur gré et le plus souvent à leur profit. Ici se place la fameuse question des. investitures. Nous avons raconté, à ce dernier mot, les disputes et les guerres sans fin que souleva cette question. Nous y renvoyons le lecteur.

Pour ce qui est de Grégoire Vil lui-même, on sait qu'il parvint momentanément à supprimer l'investiture et que Henri IV fut contraint à venir, les pieds dans la neige, s'humilier devant lui. Lorsque Grégoire VII rendit la communion à Henri IV après la cruelle pénitence subie par ce potentat, le pape jura s«r l'hostie consacrée qu'il ne s'était, jamais rendu coupable du crime de simonie dont il était généralement soupçonné, et non sans quelque raison, ce nous semble; puis il offrit à l'empereur d'en faire autant, s'il osait soutenir qu'on lui avait imputé à tort ce crime et tous les autres énumérés dans l'excommunication lancée contre lui. Henri, sincère comme un jeune homme et peut-être plus scrupuleux que le pape, n'osa pas prononcer ce serment redoutable.

Mais, par ses Vastes et téméraires projets, Grégoire VII avait mis au cœur de tous ses successeurs d'immenses ambitions; et quand les papes n'eurent plus la force de tenir tête aux souverains et qu'ils furent captifs dans Avignon, leur ambition se tourna en scandaleuse avidité : de honteux trafics enrichirent la cour pontificale pendant un siècle.

Plus tard encore, lorsque les papes rêvèrent la domination non plus de l'Europe, mais de l'Italie, et la fondation d'une puissante principauté ecclésiastique pour subvenir aux frais de leur politique corruptrice et de leur goût somptueux pour les arts, on continua à tout vendre avec une impudence qui ne devait pas rester impunie. A la cour des Borgia, on ne nommait cardinaux que des vieillards, parce que chaque cardinal en mourant faisait don de ses biens au pape. On vendait aux fidèles les bénéfices, les dignités, les ordres aveu les pouvoirs qu'ils confèrent, les indulgences, les sacrements, les prières, les messes, les moindres faveurs comme les grâces les plus considérables. Ou moindre prêtre jusqu'au pape inclusivement, tous se constituèrent marchands de choses saintes et s'étudièrent à faire prospérer leur commerce lo plus possible, en faisant hausser par toutes les subtilités imaginables le prix de la denrée sur laquelle se fondait leur spéculation.

Sous Léon X, le commerce, depuis longtemps fructueux, des indulgences souleva enfin la chrétienté. La richesse scandaleuse du clergé fut, surtout en Allemagne, la cause du mouvement unanime de la Réforme. Tout en condamnant la simonie, l'Eglise en avait profité. En Allemagne surtout, la féodalité ecclésiastique était écrasante ; aussi la révolte y fut- elle accueillie avec enthousiasme. Quand l'Eglise vit le danger et l'immense soulèvement du monde chrétien, elle se hâta de corriger quelques abus; mais il était trop tard pour empêcher la Réforme.

Aujourd'hui, les grands scandales ont cessé ; mais la discipline et les règlements ecclésiastiques sont loin encore d'être purs de toute tolérance coupable pour des spéculations siinoniaques. Que ne paye-t-on pas à l'Eglise? les messes, les enterrements, les mariages, le baptême, les dispenses. L'Eglise se justifie, il est vrai, de ce commerce par cette parole de l'Evangile : a 11 faut que chaque ouvrier reçoive son salaire. » (Matthieu, x, 10.) Mais le Christ ne trouverait-il pas encore bien des vendeurs à chasser du temple? D'un autre côté, est-il beau de voir cette Eglise, si tière jadis et si jalouse de ses droits vis-à-vis des empereurs, si prompte à les excommunier, se faire aujourd'hui entretenir par eux ; de voir ses ministres recevoir leur subvention du pouvoir séculier? 11 y aurait, cependant, un moyen bien simple pour elle d'éviter a la fois le danger de simonie et ce honteux esclavage : devant le pouvoir, la séparation complète des Eglises et de l'Etat; devant le peuple, les cotisations régulières et libres de ceux auxquels il plait d'entretenir un temple et de se servir des ministres d'un culte.

SIMONIEN adj. (si-mo-ni-ain). Hist. relig. Membre d'une secte fondée, dit-on, par Simon le Magicien. V. Simon le Mage.

SIMONIN (Etienne), poète latin, né àGray vers la tin du xvie siècle. Reçu docteur en, théologie et en droit canon, il embrassa l'état ecclésiastique, voyagea en Flandre et en Italie et fut nommé chanoine au chapitre de Dôle et professeur de théologie à l'université de cette ville. Son principal ouvrage est un

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recueil de poésies lyriques en l'honneur du pape Urbain VIII, intitulé : Sylvx urbaniaiim seu gesta Urbani VIII (Anvers, 1637, in-4°).

SIMONIN (Edmond), médecin français, né à Nancy vers 1812. Il est fils du docteur Jean- Baptiste Simonin, qui fut directeur de l'Ecole de médecine de Nancy, membre de l'Académie des sciences de cette ville, membre correspondant de l'Académie de médecine et qui publia, outre des mémoires, des Recherches topographiques et médicinales sur Nancy (1854), M. Edmond Simonin étudia la médecine à Paris, où il passa son doctorat en 1839, puis retourna à Nancy, où, après avoir été professeur de clinique chirurgicale, il a pris la direction de l'Ecole de médecine. Outre des mémoires et des opuscules, on lui doit des ouvrages estimés, notamment : Décade chirurgicale, ou Observations de chirurgie pratique (1833, in-8°); Du strabisme, opérations pratiquées pour sa guérison ( 1811 , in-8°); Sur le virus vaccin (1841); Description d'une éruption de faux cow-pox (1847, in-8o);i>e l'emploide l'éther sulfurique et du chloroforme (1849-1855, 2 vol. in-8<>); Coup d'œil sur l'histoire de la Société des sciences, lettres et arts de Nancy (V851, in-S°) ; Notice sur l'Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie de Nancy (1852, in-8»); Recherches sur les effets de l'ëtker et du cholroforme (1854, in-go); Histoire de la médecine et de la chirurgie en Lorraine (1858, in-s"); Luxation ischio-pubiemte observée et réduite (1870, in-8°); Perforation du sternum par un anévrisme de la crosse de l'aorte (1870, in-8»); Comparaison des résultats des grandes opérations (1871, in-8°); Innocuité et utilité de l'extrême et rapide dilatation de l'urètre chez la femme (1874, in-8°), etc.

SIMONIN (Louis-Laurent), voyageur et écrivain français, né à Marseille en 1830. Fils d'un, imprimeur de cette ville, il y fit ses études, fut admis ensuite à l'Ecole des raines de Saint-Etienne et en sortit à vingt-deux ans avec le diplôme d'ingénieur civil. M. Simonin a été chargé depuis lors d'explorer ou d'exploiter des mines, tant en France qu'en Italie et en Amérique ; il a rempli, en outre, diverses missions, a l'île de laRéuuion(l86l), à Madagascar (1863), fait plusieurs voyages en Amérique, étudié le tracé du grand chemin de fer qui relie l'Atlantique et le Pacifique à travers les Etats-Unis, etc. En 1865, M. Simonin a été nommé professeur de géologie à l'Ecole, centrale d'arcliitecture. Quatre ans plus tard, il a posé sa candidature au Corps législatif dans la 4^ circonscription de la Seine, mais n'a obtenu que quelques voix. En janvier 1872 , il s'est également porté, comme républicain conservateur, candidat à l'Assemblée nationale, dans les Bouches-du-Rhône, contre M. Bouchet, qui fut élu à une très-grande majorité. Indépendamment de nombreux articles publiés dans la Revue des Deux-Mondes, la Revue nationale, la Liberté de M. Em, de Girardin, le Tour du monde, le Moniteur officiel, le Journal des économistes, le Sémaphore de Marseille, etc., on lui doit plusieurs ouvrages, notamment : la Richesse minérale de ta France (1865, in-so) ; l'Etrtirie et les Etrusques(l&S6,m-Zv)i la Vie souterraine (1867, in-8<>); Histoire de la terre (1867, in-18); la Toscane et ta mer Tyrriiénieime (1868, in-18); le Dénoûment (1869, in-8°); l'Homme américain, notes sur tes Indiens des Etats-Unis (1870, in-8<>); A travers les Etals-Unis (1875, in-8°), ouvrage daus lequel on trouve d'intéressants détails sur les mormons, le grand désert américain, les Peaux-Rouges, etc.

SIMON 1S (Eugène), sculpteur belge, né à Liège en 1810. Après quelques essais remarquables, il fut envoyé par le gouvernement à l'école belge de Bologne, et ses envois réguliers durant son séjour dans cette ville témoignèrent de ses progrès et de son assiduité. 11 fut alors envoyé à Rome, où il travailla dans l'atelier de Finelli. Il n'a exposé à Paris que deux fois : V Innocence, statuette de jeune fille, et une Levrette (Salon de 1840), et ie Bambin malheureux (Salon de 1843); sa première exposition lui valut une 2e médaille. De retour en Belgique, il fut nommé membre de l'Académie des beaux-arts en 18*5 et reçut diverses commandes de l'Etat, entre autres celles de la statue équestre de Godefroy de Bouillon, qui décore la Place-Royale a Bruxelles, et de la statue de Pépin dHéristal, placée dans une galerie du palais des Chambres. Ce sont des œuvres consciencieuses et savantes, mais sans grande originalité. On doit encore à cet habile artiste un Mausotée édifié dans l'église de Sainte-Gudule, à Bruxelles.

S1MOMS EMP1S (Adolphe-Dominique-Florent-Joseph), auteur dramatique français.

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