‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 426 sur 1059 · SIOU · texte numérisé non relu

SIOU

bataillon de la garde nationale. Il prit part a )a rébellion de Lyon, s'enfuit après la soumission de cette ville et y revint après le 9 thermidor. Il fut admis, en 1798, comme physicien entomologiste à la Société de santé de Lyon: deux ans plus tard, il fut nommé membre de la Société d'agriculture du Rhône. Il a laissé des manuscrits et d'importantes collections botaniques, conchyliologiques et zoologiques. On trouve une notice sur Sionnest, par M. Grognier, dans le compte rendu des travaux de Ta Société d'agriculture de Lyon (1S20, in-S°).

SINT UT SUNT, ÀUT NON SIIST (Qu'Ut soient comme Us sont, ou qu'ils ne soient pas). L'acte le plus important du pontificat de Clément XIV fut la suppression de la compagnie de Jésus. Cette mesure était sollicitée par la plupart des puissances catholiques, et depuis longtemps on pressait le général de l'ordre d'apporter des réformes à la constitution de la Société; l'inflexible Ricci rejeta toutes les propositions qui lui étaient faites et répondit par ce refus absolu : Sitit ut sunt, aut non tint. L'ordre fut supprimé le 21 juillet 1773, pour cause d'abus et de désobéissance au saint-siége.

■ Au nom des manufacturiers, on déclare qu'il est impossible; sous peine de périr, da rien changer à la situation actuelle. Les inintérêts manufacturiers ont pris la devise des jésuites : Sint ut sunt, aut non sint. ■

[Bévue de Paris.)

• Nous pouvons retourner aujourd'hui, en parlant de notre cher pays, le mot célèbre prononcé jadis sur lesjésuites : « Sint ut » sunt, disait leur chef, aut non sint, Qu'ils » soient ce qu'ils sont ou qu'ils ne soient » plus. » SU ut est, pouvons-nous dire de la France, et non en'/, Qu'elle reste telle qu'elle est, et elle cessera d'être. Oui, si dure que cette vérité puisse paraître à notre orgueil, c'est notre existence nationale qui est enjeu, et nous ne pouvons nous flatter d'échapper à une décadence irrémédiable, si nous ne prenons pas le grand parti de nous réformer nous-mêmes et de montrer enfin au monde une France nouvelle. »

Prbvûst-Pàràdol.

S10UA1I ou SYOCAH, l'oMi* d'Ammon des anciens, nommée aussi par les Arabes Sautariah et Sautria, grande oasis du N.-E. de l'Afrique, s'étendant de i'E. à l'O., entre 28<> 40' et 30" de latit. N. et entre 22<> et 24° 50' de longit. E. Longueur depuis Tarffayah ou Farfajah, au N.-O., jusqu'à El- Bahrcy, à l'E., environ 242 kilom.; largeur variant de 2 à S kilom. Le Siouah, situé à douze jours de marche du Caire, à treize d'Alexandrie et à 175 kilom. des rives de la Méditerranée, est entouré par une chaîne de montagnes entièrement nues, tantôt taillées régulièrement comme un mur, tantôt aiguâs ou arrondies. Leur composition géologique est généralement calcaire, et on y trouve mêlés dans ie plus grand désordre des coquillages univalves et bivalves, des étoiles de mer, des huîtres, du bois pétrifié et des blocs de gypse. Les hauteurs qui circonscrivent l'oasis au N. et au N.-O. ont une élévation qui varie de 100 à 200 mètres. Dans la partie orientale, on trouve quelques lacs salés ; à l'O., on n'en rencontre qu'un seul. L'oasis est alimentée d'eau douce par une vingtaine de sources, entre autres celle du Soleil, dans un bois de palmiers, près des ruines du temple de Jupiter Ammon. Il y a aussi plusieurs sources salées et sulfureuses. Climat trèschaud ; pluies fréquentes en janvier et février; vent du S.-E., nommé khamsyn, soufflant surtout pendant l'été; fièvres dangereuses causées par les eaux stagnantes, par la chaleur et par l'usage des dattes fraîches. Le sol du Siouah est d'une grande fertilité • il se compose d'une argile sablonneuse, au milieu de laquelle le sel gemme se montre souvent. On y trouve des prairies, des buissons, des bosquets de dattiers, des jardins des champs de blé, d'orge, de haricots, de pastèques, d'oignons et autres légumes.

Parmi les arbres fruitiers qu'on y cultive nous citerons l'abricotier, le pommier, l'olivier, une espèce de dattier, le prunier et la vigne. La plus grande partie des fruits fournis par ces arbres sont emportés par les caravanes. On élève dans le Siouah des bœufs, des buffles, des chèvres, des ânes, des moutons; les chameaux y so«t peu nombreux.

La population de cette oasis se compose d'environ 6,000 hab., dont un tiers est aggloméré dans la capitale, qui porte le même nom. Les Siouans, tous musulmans, mais étrangers à la race arabe, ont le teint noirâtre et parlent la langue berbère; leur physionomie tient le milieu entre celle des nègres et celle des Egyptiens ; ils appartiennent à la race éthiopique ou chamitique, comme les anciens habitants de l'Egypte, comme les Touaregs du désert, comme les Kabyles de l'Atlas. Ils sont divisés en six tribus, gouvernées par des cheiks placés sous l'autorité d'un chef nommé par le vice-roi d'Egypte dont les Siouans sont tributaires. '

SIOUAH, ville et ch.-l. de l'oasis de Siouah à 46S kilom. S.-O. du Caire, par 29<> 12' de latit. N. et 84» de longit. E.; 2,000 hab. Elle est

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