TANS
S1TTARD, ville de Hollande, dans le Limbourg hollandais, à 17 kilom. N.-E. de Maastricht, sur la Geleen; 5,270 hab. Tanneries, brasseries, horlogerie; fabrication de noir animal, chicorée, tabac.
SITTASOME s, m. (si-ta-so-me — du gr.
sittê, pic ; sôma, corps). Ornith. Genre d'oiseaux, de la famille des grimpereaux, formé aux dépens des pieucules.
SITTÉ, ÉE adj. (si-té — du gr. sittê, pic). Ornith. Qui ressemble ou qui se rapporte à la sittelle.
— s. f. pi. Famille de passereaux, ayant pour type le genre sittelle.
SITTELLE s. f. (si-tè-le — dimin. du gr. sittê, pic). Ornith. Genre de passereaux, de la famille des certhiadées ou grimpereaux, comprenant une dizaine d'espèces, dont trois habitent l'Europe : Les habitudes des sitïellbs tiennent de celles des pics et des mésanges. (Z. Gerbe.) La sittelle vit en solitaire dans les bois. (V. de Bornare.) La Sittelle: peut se mettre à l'abri dans tes mêmes trous où elle fait sa ponte et son petit magasin, (Buff.) L'hirondelle et la sittelle bâtissent en pisé plus solidement que les hommes. (Toussenel.) il Syn. de néops ou sittine, autre genre d'oiseaux.
— Encycl. Ce genre est caractérisé par un bec diq.it, entier, en forme de coin; des narines basales, ovalaires, recouvertes par les plumes du front; la langue est courte, bifide à sa pointe ; la queue égale, les tarses grêles. Les sittelles sont de petits oiseaux qu'on trouve dans toutes les parties du monde. Leurs habitudes tiennent de celles des pics et des mésanges ; la plupart d'entre elles se tiennent constamment sur les arbres; elles en parcourent les branches en tous sens et se suspendent assez souvent, comme les mésanges, à l'extrémité des rameaux ; elles frappent l'écorce avec leur bec pour découvrir des larves et des insectes. La sittelle de Syrie vit surtout sur les rochers ;on la voit sans cesse le long de leurs parois escarpées, cherchant sa nourriture dans leurs fentes et leurs crevasses. Toutes ont un caractère doux et taciturne et vivent généralement solitaires. Elles ont un cri monotone qu'elles répètent à tout instant de la journée.
Les diverses dénominations vulgaires sous lesquelles l'espèce type de ce genre est connue, telles que celles de torche-pat, perce-pot, pied-maçon, lui viennent de la singulière habitude qu'a, dit-on, cette espèce de rétrécir soit avec de la boue, soit avec des excréihents de quadrupèdes, l'ouverture du trou qu'elle a choisi pour y faire son nid. Comme ce sont toujours les excavations naturelles des arbres ou celles qui y sont pratiquées par les pics, que cette espèce adopte pour y faire ses pontes, il en résulte que ces cavités ayant une ouverture constamment trop grande, elle est forcée de la réduire à sa taille. La sittelle de Syrie niche au milieu des rochers; son nid, construit avec de la terre gâchée, en forma de calebasse et à ou-
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verturelatérale, est attaché dans sa longueur aux parois latérales des rochers. L'intérieur est, comme celui de la sittelle torche-pot, garni de matières molles. La ponte est de quatre à six œufs, d'un blanc très-légèrement jaunâtre. Durant l'incubation, la femelle abandonne rarement ses œufs ; le mâle pourvoit alors à ses besoins. Les sittelles n'émigrent pas à proprement parler; elles sont erratiques, passent d'un canton dans un autre; mais la plupart ne s'écartent jamais trop du lieu où elles sont nées; quelques-unes même vivent sédentaires.
Trois espèces européennes appartiennent à ce genre; ce sont : la sittelle torche pot, qui est de la taille d'un rouge-gorge; son plumage est cendré bleuâtre en dessus, roussâtre en dessous, avec une bande noirâtre descendant derrière l'œil. La sittelle de Syrie ressemble à la précédente espèce par la couleur du dessus du corps; les joues, la gorge, le devant du cou, la poitrine sont d'un blanc pur; l'abdomen, les flancs et les ' sous-caudales sont roussâtres. On la trouve' sur le littoral de la Méditerranée, en Dalmatie, dans le Levant et en Syrie. La sittelle soyeuse a le plumage d'un cendré bleuâtre, très-clair en dessus; les parties inférieures et les joues sont d'un blanc éclatant et lustré ; les sous-caudales sont rousses, terminées de blanc; le front et les sourcils également blancs. Une bande noire s'étend de l'orifice auditif au bout du bec. Cette espèce habite le Caucase et la Sibérie.
On cite encore les sittelles à tête noire, voilée, naine, à ailes dorées.
SITTEN, nom allemand de Sion, ville de Suisse.
S1T T1BI TERRA LEVIS! (Que la terre te soit légêrel) Formule d'inscription tumulaire. On trouve dans l'Anthologie le vers suivant :
Pro meritis, Pylade», sit libi terra levis-' « Pour te récompenser, Pylade, que la terre te soit légère I »
Tibulle a dit aussi :
Terraque seefiré sit super ossa levis l « Que sur ses os tranquilles la terre soit légêrel »
Louis-Gabriel Fardeau, procureur au Châtelet, était affligé d'une corpulence énorme, et son nom de famille avait déjà l'air d'une épigramme. Un de ses amis acheva de ie désoler en faisant l'anagramme de ses trois noms, qui lui fournirent les terribles mots que voici : Il a l'air du bœuf gras. L'indigne ami ne s'en tint pas là et composa encore une épitaphe anticipée ;
Cl-git Fardeau, parti pour le fleuve infernal; Prions Dieu que ia terre Lui rende le bien pour le mal :
Qu'elle lui soit légère!!!
« Voici que vous creusez la fosse du potSte, voici que vous répétez la seule phrase latine qu'aient jamais connue les littérateurs de l'Empire : Sit tibi terra levis.' Victor Hugo enterré dans ses drames 1 mais la chose est impossible I ce serait le jeune Macchabée enseveli sous son éléphant . Victor Hugo est plus fort que Macchabée ; il se dégagera de l'animal qui l'étouffé. »
Jules Janin.
SITTINE s. f. (si-ti-ne — dimin. du gr. sittê, pic). Ornith. Genre de passereaux, de la famille des certhiadées ou grimpereaux, tribu des sittinées, comprenant plusieurs espèces, qui habitent l'Amérique : Les habitudes des sittines ne sont point connues. (Z. Gerbe.)
— Encycl. Les sittines sont très - voisines des sittelles, dont elles diffèrent surtout par leur bec un peu plus comprimé et à arête inférieure plus convexe. Leurs mœurs sont à peine connues. Il y a lieu de croire toutefois, d'après leur organisation, qu'elles grimpent sur les arbres, comme les sittelles, et se nourrissent d'insectes qu'elles cherchent sous les écorces. Ce genre ne comprend qu'un petit nombre d'espèces, qui habitent surtout les pajs chauds. La sittine à queue rouge a tout le dessus du corps d'un brun roux; les sourcils blanchâtres; lesjouesetle devant du cou blancs, tachés de brun ; les ailes brunes; la queue noire, sauf les pennes intermédiaires qui sont rousses; le dessous du corps d'un gris sombre nuancé de roux. Elle hanite la Guyane, mais elle y est rare. Il ne faut pas la confondre avec la sittine roussâtre.
SITTINE, ÉE adj. (si-ti-né). Ornith. Syn. de sittê.
SITUATION s. f. (si-tu-a-si-on — rad. situer). Assiette, position, manière d'être situé : Belle situation. Situation avantageuse, commode, agréable. Cette ville est dans une situation favorable au commerce. (Acad.) Choisy-le-Iioi est un bourg placé dans une situation très-agréable. (Dulaure.)
— Posture, manière dont le corps est placé : Ce malade est dans une situation très-incommode. Il faut changer de situation. On ne saurait faire cette opération au malade sans le mettre dans telle situation. (Acad.) L'homme est le seul gui se soutienne dans une situation droite et perpendiculaire. (Buff.)
— Fig. Etat, condition de fortune : Etre dans une situation mauvaise, fâcheuse, dan-
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gereuse. Me voici en bonne situation. Nous sommes attentifs à chercher tous les plaisirs que nous permet notre situation, et nous apprenons à les goûter. (Si-Lambert.) Aux fausses situations, tout devient péril. (Lamart.) L'âme est une puissance qui multiplie ses effets selon les diverses situations de l'homme. (Ch. Perrin.) il Occurrence, position où l'on se trouve, circonstances dans lesquelles on est engagé : One situation délicate, critique, inquiétante, désespérée. Le génie politique cherche à tirer le meilleur parti des situations les plus compromises et ne jette jamais, comme on dit, le manche après la cognée. (Ste-Beuve.) il Etat, disposition de l'âme : Il était fort aigri, mais le voilà dans une situation plus favorable pour vous. (Acad.) C'est une cruelle situation que celle de ne pouvoir se résoudre à haïr et mépriser l' homme qu'on ne peut aimer ni estimer. (J. Joubert.)
— Etre en situation, Convenir parfaitement à la circonstance : Le mot est bien en situation.
— Littér. Etatdes personnages d'un récitou d'un drame, qui a quelque chose de earaot j-
-risé : Situation tragique. Situation comique. Dans Cette tragédie , il y a de belles situations, des situations fort intéressantes. Une situation neuve. Une situation commune.
(Acad.) Soutenir et varier une même situation pendant cinq actes n'est donné qu'à l'éloquence d'un grand écrivain. (Laharpe.) La musique exprime les situations, et les paroles tes développent. (Mme de Stuël.) il Personnage en situation, Personnage placé en scène, en action dans la pièce, <ie manière à exciter une vive attention, k produire de l'effet sur les speciateurs. » Vers de situation, Mot de situation, Beauté de situation, Vers, mot, passage remarquable qui tire de la situation sa force et son mérite.
— Fin. et administr. Etat où se trouve une caisse, un approvisionnement : J'ai examiné la situation de sa caisse, de son magasin; tout était enrègle. Etat, tableau de situation en deniers, en denrées. (Acad.)
— Mar. Etat de situation, Feuille où l'on relate l'effectif, les besoins, les consommations d'un bâtiment.
— Art milit. Etat de situation , ou simplement Situation, Feuille sur laquelle on donne le relevé des soldats composant une compagnie, un bataillon, un régiment.
— Syn. Situation, assiette, posiliou. V, AS- SIETTE.
— Situation, élal. V. ÉTAT.
— Encycl. Littér. Le propre d'une situation, dans une tragédie, un drame, une comédie ou un roman, est de produire une vive impression de pitié, de terreur ou de curiosité, d'éveiller ou l'intérêt ou l'émotion. L'art consiste non-seulement à les créer, ces situations, mais à les amener et à les dénouer à la satisfaction du spectateur ou du lecteur. Les situations sont le nerf même de l'art dramatique ; au théâtre, elles doivent être si bien amenées qu'on jugera de leur valeur en supposant des acteurs muets et en se demandant quel mouvement exciterait chez les spectateurs la seule vue de la scène. Si les spectateurs, pour être émus, doivent attendre que la situation ait été développée par des paroles, c'est qu'il n'y a réellement pas de situation.
La situation peut être ou tragique ou comique. Nous parlerons d'abord de la situation tragique. Tantôt elle consiste dans une alternative qui place le personnage comme entre deux écueils ou sur le bord de deux abîmes, comme Rodrigue dans le Cid. « Tantôt, dit Marmontel, elle ressemble à la position d'un vaisseau battu par deux vents opposés ou au combat de deux vents contraires; c'est le choc de deux passions ou de deux puissants intérêts. Tel est, dans l'âme d'Againemnon, le combat de l'ambition et de la nature, de la tendresse et de l'orgueil ; tel est, dans- l'âme d'Orosmane, le combat de l'amour et de la vengeance; tel est, entre Oreste et Pylade, le combat de l'amitié; entre Agamemnon et Achille, celui de l'orgueil irrite ; entre Zaniti et Idamé, celui de l'héroïsme et de l'amour maternel. Tantôt, c'est un simple danger, mais pressant, terrible, inconnu à celui qu,i en est menacé ; le personnage ressemble alors au voyageur qui va marcher sur un serpent ou qui, la nuit, va tomber dans un précipice : telle est la situation de Britannicus lorsqu il se confie à Narcisse ; telle et plus effroyable encore est la situation d'CEdipe cherchant le meurtrier de Laïus; telle est la situation de Mérope et d'iphigénie sur le point d'immoler l'une son fils, l'autre son frère. Tantôt, c'est comme un orage qui gronde sur la tête du personnage intéressant, ou comme un naufrage au milieu duquel il est au moment de périr; l'horreur du danger lui est connue, mais sans espoir d'y échapper; telle est la situation d'Hécube, d'Andromaque, de Clytemnestre, k qui on arrache leurs enfants. »
Les modernes, dans le drame comme dans le roman, ont prodigué les situations, et à tel point que souvent elles se nuisent les unes aux autres et ne produisent pas l'effet qu'on en pourrait attendre. Les anciens furent, à cet égard, beaucoup plus sobres. Sans remonter aux Grecs, chez lesquels souvent toute une tragédie découlait d'une seule *ï-
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tuation, il suffit de s'en tenir à notre littérature classique pour y trouver la force dans la simplicité des moyens. Que l'on prenne, par exemple, le Cid, Horace, Cinna, Polyeucte, on y verra cette simplicité héroïque, si admirable et si puissante. Pourtant, Corneille lui-même offre souvent, par exemple dans son Héraclius, une grande complication de situations,
La situation comique ou le comique de situation, de même que la situation tragique, tient fort peu aux détails du style. On peut s'en convaincre dans les pièces de Molière, où les situations comiques se présentent en grand nombre. Qu'on se rappelle, par exemple, celles du Tartufe, de Y Avare, de Y Ecole des maris, de George Dandin, etc. ; on y verra comment, par la situation même, se trouvent mis en évidence les travers et les ridicules des personnages, l'adresse des fripons, la sottise des dupes, etc.
Il est à peine utile de répéter, après les rhétoriques, combien, dans la comédie de même que dans la tragédie, !e roman ou l'épopée, il est important de créer des situations propres à intéresser, qu'elles soient touchantes ou plaisantes. La beauté et les agréments du style, l'esprit et l'ingéniosité des détails, l'expression même éloquente des sentiments n'y sauraient suppléer. Mais, après avoir fait naître les situations, il faut en tirer les développements qu'elles comportent et conformer ces développements aux caractères, aux mœurs, à la qualité des personnages mis en scène. 11 faut de plus les bien amener et les bien lier ensemble par des gradations savamment ménagées. C'est là une difficulté trèsgrande et qui exige, pour être surmontée, un art peu commun. Si l'écrivain, par la crainte d'être froid et languissant, les brusque et les entasse, il cesse d'être naturel, vraisemblable et, par là même, diminue l'intérêt qu'il espère rendre plus vif. Ii est rare que les lecteurs ou les spectateurs soient profondément éinus par des secousses, par des coups de foudre. Le plus souvent, ils n'en sont qu'étonnés, surpris et comme étourdis. Cette surprise n'est pas durable, et l'émotion vraie ne pénètre dans l'àme que lentement, par degrés successifs.
Quand l'auteur a fait naître la situation d'une manière vraisemblable et qu'il a su la gruduer avec art, il faut encore qu'il sache en tirer te personnage après l'y avoir engagé, soit l'ûur le mettre définitivement hors de cause, soit pour le placer dans une nouvelle situation, plus '.ragique ou plus comique. Quelquefois, la situation semble impossible à dénouer. Ainsi , dans Cinna, quand Emilie et Cinna sont convaincus de trahison; ainsi, dans Rodogune , lorsque Antiochus a le poison sur les lèvres. Dans le premier cas, la clémence d'Auguste dénoue la situation; dans le second , c'est l'idée qu'a Rodogune de faire l'essai de la coupe. On cite surtout, dans la comédie, comme des situations d'où il était fort difficile de se lire?, crlle de Tartufe accuse et convaincu par Damis et se jetant aux pieds d'Orgon, en lui disant ces paroles qui ajoutent un trait si naturel à son caractère :
Oui, mon frère, je suis un méchant, un coupable, Un malheureux pécheur, tout plein d'iniquité, Le plus grand scélérat qui jamais ait été.
Il était peut-être encore plus difficile de faire cesser la situation dans laquelle Orgon est engagé par sa crédulité à outrance; elle se trouve admirablement dénouée par la belle scène où Orgon, caché sous la table, est témoin de la déclaration d'amour faite à Elmire par Tartufe.
Les situations inoins importantes, moins intimement liées au nœud du drame, et pour ainsi dire passagères, veulent aussi être dénouées avec art.
Dans le langage dramatique , lorsqu'un mot tire toute sa force d'une situation, l'on dit que c'est un mot de situation. Par exemple, dans le premier acte du Tartufe, quand Orgon revient de la campagne el s'informe de l'état de su maison, la phrase qu'il répète sans cesse : • Kl Tartufe? ■ est un mot de situation. Dans l'Avare, le fameux Sans dot d'Harpagon est également un mot de situation. Aussi Vulère répond-il chaque fois qu'il revient : « Ah 1 je ne dis plus rien. Voilà une raison tout à l'ait convaincante; il se faut rendre à cela... Voilà qui décide tout... Qui diantre peut aller là-contre?... Cela ferme la bouche à tout. Sans doit Le moyen de résister a une raison comme celle-là? a
SITUÉ, ÉE(si-tu-é) part, passé du v. Situer. Etabli, placé : On découvrait te temple de loin, quoiqu'il fût situé dans une vallée; mais celte vallée était spacieuse. (La Font.) Troie était situées au pied du mont Ida, à quelque distance de la mer. (Baithel.) J'aperçus sur une petite coltine un couvent situe d'ans une position charmante. (B. de St-P.) La place est forte et merveilleusement située. (Vuet.) Barcelone, l'une des villes tes plus florissantes de l'Espagne, est située sur tes rives de la Méditerranée, sous le plus beau climat, entourée de campagnes fertiles. (Mme Belloc.) La Gaule était située sur la limite du monde romain et dumoude germanique. (Guizot.) Nous prierons te lecteur d'entrer avec nous dans ta villa Polio, située au nord du territoire de Manioue. (Ad. Paul.)
— Fig. Ame bien située, Ame remplie de sentiments élevés :
SIUM
Non, non, il n'est point i'dme un peu bien située Qui veuille d'une estime ainsi prostituée.
Moubre.
SITUER v. a. ou tr. (si-tu-é — nid. site. Prend un tréma sur l'i aux deux prem. pers. du pi. de l'imp. de l'ind. et du prés, du subj. : Nous situions; que vous situiez). Poser, placer en certain endroit, soit par rapport aux environs, soit par rapport aux aspects du ciel, aux différentes expositions : Vous avez dessein de bâtir une maison ; où voules-vous la situer? On a mal situé ce château, il fallait le situer sur le bord de la rivière. (Acad.)
— Parext. Assigner sa place à : De là vient la peine qu'on a de situer dans l'histoire grecque les rois qui ont eu le nom d'Assuérus, autant inconnu aux Grecs que connu aux Orientaux. (Boss.) M. Taine excelle à situer les auteurs qu'il étudie dans leur époque, à les y encadrer, à les y enfermer. (Ste- Beuve.)
Se situer v. pr. Se placer de soi-même : Notre corps se situe de la manière la plus convenable à se soutenir. (Boss.)
SITULE s. f. (si-tu-le — lat. situla, même sens). Antiq. rom. beau à puiser de l'eau.
— Erpét. Nom vulgaire d'un serpent d'Egypte.
SIC s. m. (si-u). Ornith. Espèce de pinson, qui vit au Chili.
SIUM s. m. (si-om — lat. sium, même sens). Bot. Cenre de plantes, de la famille des ombellifères, tribu des ainminées, connu sous le nom vulgaire de berle, et comprenant plu- Sieurs espèces, qui croissent dans les régions tempérées de l'hémisphère nord : Le cherois est une espèce du genre sium. (A Dupuis.)
— Encycl. Le genre ii«m, plus connu sous le nom vulgaire de berle, renferme des plantes, herbacées, à feuilles pennatiséquées, à segments ovales ou oblongs; k fleurs blanches, groupées en ombelles à rayons nombreux, à in- Volucre formé d'un petit nombre de folioles ; le fruit est comprime sur les côtés et quelquefois presque didyme. Les espèces de ce genre croissent dans les régions tempérées de l'hémisphère nord; on les trouve surtout dans les endroits marécageux, les prairies humides, au bord des eaux, etc.
La berle à larges feuilles, vulgairement nommée aclie d'eau, est une plante vivace, à racines fibreuses, à tige noueuse, géniculée, striée, rameuse, haute de 0111,50 au plus, à feuilles divisées en segments sessiles, ovales lancéolés, finement dentés, longs de 0"',05 sur 0ID,03 de largeur. La berle à feuilles étroites ne diffère guère des précédentes que par sa taille moindre et ses segments plus petits. Ces deux plantes sont répandues dans les régions tempérées de l'Europe. Elles préfèrent un sol humide ou bien arrosé; on les propage facilement de graines semées en pépinière , de rejetons ou d'éclats de pied ; mais, comme elles ne sont malheureusement que trop communes, on ne les cultive guère que dans les jardins botaniques. La berle croît au bord ou au sein même des eaux douces, courantes ou stagnantes, mais pures et peu profondes. Ses tige^ produisent des racines adventives et de nouveaux rejeta à tous les points où elles touchent la terre, en sorte qu'un seul pied a bientôt envahi un grand espace. Elle fleurit pendant tout l'été.
La berle a une saveur araèra et acre, une odeur forte et un peu bitumineuse. Elle renferme probablement de la munnite et une huile essentielle. On l'empioie en médecine, mais bien inoins qu'autrefois, comme apéritive, diurétique, tonique, emménagogue, antiscorbutique, stimulante, fébrifuge, etc. ; on administrait surtout le suc et la décoction des feuilles; on fait manger aussi celles-ci dans les cas de scorbut et de cachexie paludéenne; elles agissent surtout à l'état irais; on les emploie contre les maladies de, la peau; le suc produit de bons effets dans les engorgements abdominaux atoniques, quand on l'associe avec les sucs de persil, de fumeterre, de cerfeuil, de chicorée, de cresson ou de beccabunga. Quelquefois aussi on emploie les tiges et les racines; on récolte celles-ci vers la fin de la seconde année, et on les coupe par tronçons pour les faire sécher à une température douce; elles ont des propriétés analogues, mais inférieures en énergie à celles de Tache.
On s'accorde généralement à regarder cette plante comme dangereuse, vénéneuse même pour l'homme el les animaux. « Les paysans d'Husby, dit Bosc, faisaient manger ses racines à leurs bestiaux pour les préserver d'une maladie contagieuse; mais quand elles furent devenues plus actives, c'ést-à-dire à la fin de l'été, elles excitèrent des sueurs, firent naître des convulsions et causèrent la mort de plusieurs. Un enfant qui en mangea également eut des symptômes encore plus graves; miiis cependant on le guérit avec îles vomitifs et l'usugc du lait. Il est cependant de fait que les vaches mangent, surtout au printemps, des quantités considérables de feuilles de cette plante. J'en ai connu qui les aimaient avec tant de fureur, que, dès qu'elles étaient libres, elles couraient à une fontaine où elles végétaient plutôt qu'ailleurs à raison de la température de l'eau, et qu'on fut obligé de les vendre par suite des inconvénients qui étaient la suite de ce goût. Les cochons en recherchent également les raci-