‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 450 sur 1059 · SIVA · texte numérisé non relu

SIVA

nés, commo je m'en suis assuré dans le même endroit, et il n'est pas probable qu'elle leur, occasionne des accidents, car la nature a donné à tous les animaux un instinct qui les éloigne de tout ce qui peut leur nuire. »

Quelques espèces moins importantes méritent aussi d'être mentionnées. La berle grecque a des feuilles comestibles et des fruits qui sont employés en médecine comme carminatifs et diurétiques. La berle faucille se trouve dans les haies, les champs arides et pieneux , les moissons , surtout dans les champs de seigle, auxquels elle nuit quelquefois par son abondance ; les bestiaux touchent à peine à cette plante. La berle nodiflore est considérée comme dangereuse; on l'emploie néanmoins contre les maladies de la peau; on administre son suc pur ou coupé avec du lait. Ces deux dernières espèces forment aujourd'hui les types des genres fulcaire et hélosejadie. C est encore uu genre berle qu'appartient le sium sisarunt, vulgairement ehervi. V. ce mot.

SIURE s. m. (si-n-re — du gr. seiô, j'agite; oura, queue). Ornith. Syn. decuRRUCA, genre formé aux dépens des merles, et dont l'espèce type habite l'Amérique.

S1VÀ, un des dieux de la triade indoue. C'est le dieu terrible et destructeur, confondu sous ce rapport avec Kâla ou lo Temps. On le représente sous la forme d'un homme dont la couleur est blanche ou argentée. Il a cinq faces, un œil et un croissant sur chaque front et quatre bras, ut pour vêtement une peau de tigre. Dans une main il lient une hache, dans l'autre une biche; la troisième donne une bénédiction et la quatrième rassure les craintifs. On lui donne aussi pour arme un trident, appelé trisoulâ, et quelquefois une espèce d'horlogo d'eau appelée tâmri. D'autres fois, on ne le peint qu'avec une tête qui a trois yeux; il n'a que deux bras et il est monté sur un taureau. Il es', couvert de cendres, nu, les yeux rouges d'ivresse; dans une main il tient une conque et dans 1 autre un tambour. Le linga est une image symbolique de ce dieu ; c est une pierre noire qui a la forme d'un pain de sucre. Quand on donne à Siva la forme de Maha-Kàla, son teint est alors couleur de fumée; ses vêtements sont rouges; il a trois yeux, des cheveux relevés en nœud et surmontés du croissant de la lune, un large ventre, de longues dents, un collier de crânes humains, un bâton dans une main et dans l'autre un pied de lit. Les signes qui servent à distinguer les adorateurs de ce dieu sont troÎ3 lignes courbes en croissant marquées sur le front, ainsi qu'une tache ronde sur le nez, faite avec du limon du Gange ou du bois de santal, ou des cendres de bouse de vache, Sa femme s'appelle Dourgâ. La chevelure de Siva porte un nom particulier, c'est djattX. Elle est celle des religieux qui suivent son culte; ils laissent pousser leurs cheveux ; ils les partagent en trots ou quatre tresses qu'ils nattent ensemble et ramènent en rond sur la partie antérieure de la couronne de la tète; le bout de la natte est un peu projeté sur le côté droit. Siva et Dourgâ sont souvent en dispute comme Junori et Jupiter. Ils demeurent sur le mont Kélàsa ; leur séjour s'appelle Siva poura, séjour de bonheur et de magnificence, où les deux divinités président sur un trône d'or, entouré de génies et de serviteurs de tous les ordres. Ainsi que l'Isis égyptienne, le destructeur indou a une foule de noms; selon YAmaraciyna, le nombre s'en élève au moins à mille. Les légendes- populuires supposent à Siva des vices dont 1 ignoble excès touche à la caricature. Il aime toutes les femmes; il est gourmand, ivrogne, il est voleur. De Dougà, Siva eut deux enfants : l'un, Ganeça, dieu de l'année, de l'intelligence et des nombres; l'autre, Skanila, dieu de la guerre. Pour engendrer Ganeça, il se métamorphosa en éléphant, et prit la forme d'un coq pour engendrer Skanda. Dourgâ n'est pas la seule femme que Siva ait |iossédee. Andjuni, Anga et quelques autres excitèrent ses désirs et devinrent ses maîtresses. Siva, lui aussi, s'est incarne plusieurs fois ; ses deux plus célèbres incarnations sont celles que l'on commit sous les noms de MarkandeLi et de Kandopa.

SIVA-BAKTA S.

teur de Siva.

m, (si-va-ba-kta). Secta-

— î!ûcycl. La marque distinctive des siuabaktas est ordinairement le liitgam. Ils le portent quelquefois attaché à leurs cheveux ou à leurs bras , renfermé dans un tubo d'argent; mais le plus souvent ils le suspendent à leur cou, et la boîte d'argent qui le contient leur descend sur la poitrine. Quant à la signification de ce symbole, on ne saurait rien imaginer de plus obscène, car il représente, pour emprunter k un voyageur contemporain son pudibond langage, verendx partes ulriusque sexus in actu cupulutiotas. Quelquefois, au lieu du lingam, les siva-baktas se frottent le front et différentes parties du corps avec des cendres de fiente de vache en signe de dévotion. Les siva-baktas ne sont guère moins répandus que les vichnnubaktas, ou dévots de Vichnou, leurs adversaires; ils dominent dans plusieurs provinces. A l'ouest de la presqu'île indoue, tout le long de cette longue chaîne de montagnes qui forme la séparation des pays de Malabar et de Corornandel, les siva-baktas composent

Page 1