‹ Grand dictionnaire Universel du XIXe siècle, vol. 14Chapitre 451 sur 1059 · SIVA · texte numérisé non relu

SIVA

au moins la moitié de la population, dans uno étendue de plus de 100 Item-s, du nord au sud. Ainsi que les brahmes, ils s'abstiennent de toute nourriture animale, de tout ce qui a eu un principe de vie, comme les œufs, etc., et même de quelques productions de la terre. Au lieu de brûler leurs morts, comme le font la plupart des autres Indous, ils- les enterrent. Us n'admettent pas les principes généralement reconnus pur les autres castes concernant la souillure, principalement celle qui est occasionnée par les lochies et le flux menstruel des femmes, par la mort et les funérailles des parents. Ils ont encore divers autres usages qui s'écartent de la règle commune. Leur indifférence pour les prescriptions relatives à la souillure et à la propreté a donné lieu à un proverbe indou dont le sens est : Il n'y a point de rivière pour un sivabakta; ce qui fait allusion à ce que ces sectaires ne reconnaissent pas, au moins en plusieurs occasions, lu vertu et le mérite des ablutions. Les siva-baktas rejettent entièremont l'article fondamental de la religion du pays, c'est-à-dire le marou-djemma ou la métempsycose ; en conséquence, ils ne célèbrent pas les tyltis, ou anniversaires des morts. Le costume des siva-baktas e*,t bizarre, comme, du reste, celui des uiehnnu-btiktas ; la couleur de leurs habits est le câry, c'est-à-dire un jaune tr6s-fu»cé tirant sur le rouge, couleur qui est d'étiquette obligée, non-seulement pour les siva-baktas et les vichnou-baktas , mais encore pour toutes les personnes qui -font vœu de pénitence, ainsi que pour les gourous et tout le clergé indou. Outre le lingam, les siva-baktas ont quelques signes particuliers qui les font rei-ori naître; tels sont les longs chapelets de grains appelés roudrakchas, grains de la grosseur, de la couleur et à pe>i près de la forme d'une noix mu.ioade, qu'ils portent suspendus uu cou ; les fientesde vache dont ils se barbouillent le front, le bras et plusieurs autres parties du corps. Les deux principaux objets de leur vénération sont le lingam et le taureau. Des personnes de toutes les castes peuvent être aumiaes dans cette secte; mais comme en s'y affiliant on prend l'engagement de renoncer pour toujours à l'usage de la viande et à celui des liqueurs enivrantes, les basses tribus, où l'on en fait publiquement usage, trouvent ces deux conditions trop dures ; aussi ne voit-on guère parmi les siva-bnktas que des sudras des hauti-s castes et presque point de parias. Les siva-baktas ont un grand nombre de religieux mendiants, qui n'ont de ressource que les aumônes qu'on leur fait; quelquesuns cependant vivent retirés dans des mattas, espèces de couvents auxquels sont -énéralemeiil attachées quelques terres dontjes revenus suffisent à leur entretien avec les offrandes des fidèles. Les gourous, ou piètres de Siva, sont pour la plupart célibataires. Quand ils font la visite de leur district, ils vont loger chez les siva-baktas, qui se disputent l'honneur de les recevoir chez eux ; mais lorsque le gourou a fuit choix d'une maison, le maître et tous les mâles qui l'habitent sont obliges par déférence d'eu sortir et d'aller loj^er ailleurs. Le Sttilit personnage y reste, seul jour et nuit avec les femmes de ses hôtes, qu'il garde aupiès de lui pour lui taire la cuisine, sans que cela tire a conséquence ni excite la jalousie des maris. On a remarqué toutefois qu'ils manquent rarement de choisir les maisons où se trouvent de jeunes femmes.

SIVADE s. f. (si-va-de). Bot. Syn. de stba.de. V. ce mot.

8IVAÏSTE s. m. (si-va-i-sto — rad. Siva). Nom sous lequel on désigne les adorateurs de Siva, aux yeux desquels cette divinité est le principe de l'univers.

SIVALARCTOS s. m. (si-va-lar-ktoss — de

Sivalik, nom Je montagne, et du gr. arktos, ours). Mauim. Genre de carnassiers fossiles, du groupe des ours.

S1VALOURS s. m. (si-va-lourss — deSi'unlik, nom de montagne, et du fr. ours). Mainin. Genre de carnassiers fossiles, du groupe des ours, distinct des sivularctos.

SIVAN, lac de la Russie d'Asie. V. Se-

VANOA.

SIVA-RATTRY s. in. (si-va-ra tri). Fêle solennelle que célèbrent les sectateurs de Siva.

— Encycl.' Cette fête tombe à la lune de février et dure trois jours. Les sectateurs de Siva lavent à cette occasion et purifient leur lingam, l'enveloppent d'une toile neuve et lui offrent des sacrifices d'un caractère particulier ; ils vont visiter leurs djangoumas ou gourous et leur apportent deï présents. En outre, les dévots de Siva passent la nuit do la fête et le jour qui la précède sans manger et sans dormir, uniquement occupés à célébrer les louanges de ce dieu, a lui offrir des sacrifices, en lui présentant pour neireddia les feuilles amères de l'arbre vépou (inargousier), qu'ils mangent ensuite eux-mêmes.

Voici en quelques mots l'origine de celte fête de siva-rattry ou nuit de Siva, d'après lo Scandapowana. Dans la ville de Varanachy vivait un boya (chasseur) qui tua un jour tant d'oiseaux sous bois, qu'il ne put regagner son logis, tellement il était charge du produit de sa chasse. S'étant arrêté sous uu vépou ou marguusier, il suspendit son gibier

SIYE

h l'une des branches et grimpa lui-même sur l'autre pour y passer la nuit. Au-dessous de l'arbre était un lingam, sur lequel te boya lit tomber involontairement des fleurs et des fruits du vépou et des gouttes de rosée. Siva, charmé de cet hommage, quoiqu'il fût involontaire, résolut de récompenser le boya. Celui-ci étant mort quelques jours après, Siva envoya des émissaires pour arracher son corps aux suppôts d'Yama, roi de l'enfer. Celui-ci, outré d'indignation, se rendit surle-champ à la cour de Siva, au Keilasa, pour se plaindre de ce qu'il se fût déclaré ainsi le protecteur d'un vil boya, d'un pécheur endurci qui, par son métier, s'était rendu coupable du massacre d'une foule d'êtres animés. Mais Siva répondit que ce boya ayant eu le bonheur de jeûner, de veiller et de sacrifier au lingam dans la nuit consacrée à Siva (la nuit de la nouvelle tune du mois palgouna, mars), cet acte méritoire lui avait valu la remise de ses péchés et une place distinguée dans le Keilasa.

SI VAS, nommée autrefois Cabyra, Diospolis et Sébaste, ville forte de la Turquie d'Asie, chef-lieu du pachalik de son nom, à 769 kilom. S.-E. de Constantinople, par 39" 15' de iatit. N. et 34» 50' de longit. K., près d'un petit affluent du Kizil-Ermak, qui baigne son • territoire ; 16,000 hab. Fabrication de grosses toiles, teintureries. La ville de Sivas; défendue par deux forts situés à droite et à gauche de la rivière, est assez étendue; cependant ses rues sont étroites et tortueuses ; les maisons qui les bordent, construites en pisé, ont généralement un aspect délabré; on n'y trouve aucun édifice digne d'attirer l'attention.

Sivas s'élève sur l'emplacement de l'ancienne Sébaste, capitale de l'Arménie I«; cette ville, qui n'était d'abord que la forteresse de Cabyra, fut le théâtre d'une victoire de Lucullus sur Mithridate. Pompée lui donna le nom de Diospolis (ville de Jupiter); mais la reine de Pont, Pythodaris, qui l'habitait, lui donna le nom de Sébaste, en l'honneur d'Auguste (en grec Sebastos). Elle fut plus tard le théâtre de plusieurs combats entre Bajazet et Tamerlan, Ce dernier détruisit la ville de fond eu comble en 1400.

SIVAS ou ROUM (pachalik de), situé presque au centre de l'Asie Mineure. Il est borné au N. par celui de Trébizonde, à l'E. par ceux deTrébizonde et d'Erzerouin , au S. par celui de Kaisariéh, à l'O. par ceux de Kastamouni et de Bozoq ; il mesure 600 kiloui. de longueur sur 800 de largeur ; 800,000 hab. Le sol est montagneux ; l'Anti-Taurus et ses ramifications en couvrent une grande partie. Ces montagnes laissent entre elles de belles vallées fertiles, arrosées par plus.eurs cours d'eau, dont les plus importants sont le Kizil- Ermak et riékii-Ennak. Les principales productions agricoles sont les céréales, la soie et le miel ; on y trouve de beaux pâturages qui nourrissent de nombreux troupeaux de bêles à cornes, des moulons et des chameaux. Le sol renferme quelques mines de cuivre, de plomb et de fer, des carrières de marbre, d'albâtre et d'ardoise. Ce paohalik, dont le territoire correspond avec une grande partie de l'ancienne Cappadoce, du Pont et de l'Arménie, est divisé au point de vue administratif en quatre livahs ou sangiacs.

SIVASCH (golfe de). V. Putride (mer).

SIVATHÉRIUM s. ai. (si-va-té-ri-omm — de Siva, cou trac 1. de Sivalik, nom de montagne, et du gr. therion, animal). Mamm. Genre de mammifères ruminants, dont l'espèce type a été trouvée à l'état fossile dans les terrains tertiaires des .monts Sivalik.

SIVEL (Henri-Théodore), marin et aé.ronaute français, ne à Sauve (Gard) le 9 novembre 1834, mort dans le ballon le Zénith le 15 avril 1875. Il entra dans la marine comme mousse, devint capitaine au long cours et lit quatre fois le tour du monde. Doué d'un esprit vif auquel se joignait une instruction solide, Sivel, emporté par une insatiable curiosité, abandonna la navigation maritime pour s'occuper de navigation aérienne et lit près de deux cents ascensions en ballon. Il devint un des membres les plus utiles et les plus actifs de la Société de navigation aérienne et contribua aux progrès de l'aérosiation par plusieurs inventions utiles, notamment par son ancré-cône et par son guiderope à flotteurs et à arrêt progressif. En 1867, il épousa à Berne M"e Marie Poitevin, tille de l'aéronaute, laquelle mourut à Naples l'année suivante en lui laissant une fille. Sivel avait acquis comme aéronaute une expérience consommée et étais renommé pour son courage et son habileté. De concert avec MM. Tissandier et Crocé-Spinelli, il entreprit d'étudier la constitution chimique et physique de l'atmospnère. Le 23 et le 24 mars 1875, Si\ el fit avec ces derniers, dans le ballon le Zénith, une ascension qui attira vivement l'attention du monde scientifique. Le 15 avril suivant, les trois aéronautes firent une nouvelle ascension dans le même ballon et atteignirent 8,000 mètres d'altitude. M. Tissandier s'évanouit et resta deux heures sans connaissance. Quand il revint à lui, le ballon était a une hauteur ue 6,000 mètres, et MM. Sivel et Croeé-Spinelii étaient privés de sentiment. Lorsque M. Tissandier jeta l'ancre à quatre heures du soir au Nérault, commune Se Ciron, près du Blanc (Indre), il reconnut

SIVI

que Sivel et Crocé-Spinelli étaient morts asphyxiés. Les obsèques des deux malheureux aéronautes eurent lieu a Paris, à l'Oratoire du Louvre, au milieu d'une affluence considérable, le 20 avril. Une souscription, qui fut ouverte en faveur de la jeune fille de Sivel et du vieux père de Crocé, avait produit en septembre 1875 une somme de 90,000 francs.

SIVERS (Henri -Jacob), naturaliste suédois, né à Lubeck en 1709, mort en 1758. Il fit ses études à Hostock, devint aumônier du roi et consacra ses loisirs à l'étude de l'histoire naturelle et des sciences exactes. Ses principaux ouvrages sont : Curiosa Niendorpensiu (Lubeck, 1732) ; Muséum Lekoifianum (Lubeck, 1723); Description du Digerdoeden (Stockholm, 1751).

SI VIS ME FLERB, DOLEKVVM EST PRI- MUM 1PS1 T\Bl (Si vous voulez que je pleure, commencez par pleurer vous-même), Passage d'Horace (Art poétique, v. 102); c'est-à-dire : Si vous voulez m'éinouvoir, commences par être ému vous-même. Ce n'est qu'en éprouvant vivement un sentiment qu on parvient à le faire partager aux autres. Ce précepte d'Horace est dicté par la raison même. Il n'y a que l'âme qui puisse parler à l'âme. Tous les grands maîtres ont donné ce précepte; mais Cicéron et Quintilien l'ont développé avec beaucoup de force. • Il est difficile, dit Cicéron, d'exciter l'indignation de votre juge, s'il ne s'aperçoit pas que vous êtes ré.ellement indigné ; de lui inspirer de la haine pour votre ennemi, s'il ne remarque pas en vous une haine véritable; de le remplir de commisération et de pitié, si vos pensées, vos expressions, le son de votre voix, votre physionomie et vos larmes n'attestent pas votre douleur. Comme les matières les plus combustibles ont besoin d'être approchées* du feu pour s'embraser, ainsi les hommes les plus disposés à l'émotion ont besoin d'être enflammés par l'orateur.,.. »

Quintilien n'est ni moins vif ni moins pressant. • Voulons-nous, dit-il, exciter les passions avec force, revêtons-nous, s'il faut ainsi dire, de l'intérieur de c^ux qui souffrent véritablement. Soyons animés des mêmes mouvements, et que toujours notre discours parte d'une disposition telle que nous la voulons faire prendre aux autres. Penset-on, en effet, que l'auditeur puisse s'attrister d'une chose qu'il me verra raconter avec indifférence; ou qu'il se mette en fureur lorsque, moi qui l'y excite.jenesens rien de semblable ; ou qu'il verse des larmes, quand je plaiderai devant lui avec des yeux secs? Cela ne se peut; on n'est échauffé que par le feu..., et nulle chose ne donne à une autre la couleur qu'elle n'a point elle-même. Il faut doDC que ce qui doit faire impression sur nos auditeurs en fasse premièrement sur nous et que nous soyons touchés avant de songer à loucher les autres. »

Boileau traduit ainsi la pensée d'Horace : Que devant Troie en flamme Hécube désolée Ne vienne pas pousser une plainte ampoulée, Ni sans raison décrire en quel affreux pays Par sept bouches l'Ëuxin reçoit le Tanals. Tous ces pompeux amas d'expressions frivoles Sont d'un déclamateur amoureux de paroles; 11 faut dans la douleur que voub vous abaissiez r Pour me tirer des pleura, il faut que vous pleuriez.

« Le si vis me (1ère 'd'Horace n'est pas seu. lement applicable aux larmes, mais encore à ce sentiment passionné, l'amour, qui tourne aisément au niais, au chimérique ou à la grimace, et qu'il faut éprouver pour le bien peindre. »

De Pontmaktin.

«Ovide ne joue pas la mélancolie; il ne grimace pas faute de savoir pleurer. Ces inconsolables faiseurs d'élégies, qui vivent au milieu des plaisirs, ces poètes abîmés do douleur après un bon repas, au coin d'un bon feu, ne causent d'émotions & personne : Si vis me flereJ Mais Ovide est bien véritablement malheureux; ce sont d'amères larmes qui sillonnent son visage d'homme. »

Cuvillier-Fleury.

« Si vous riez, je ris; si vous pleurez, je pleure; si vous êtes brutal, grossier, insolent, vous allumez la colère de mon cœur. C'est ce que dit Horace, qui en tire une leçon pour les poètes : Si vis me flere, dolendum est. »

Pierre Leroux.

SI VIS PACEM, PARA BELLUM (Si lu veux la paix, prépare-toi à la guerre). Cette maxime toute romaine est peu philosophique, et le bon abbé de Saint-Pierre ne l'aurait certainement pas prise pour épigraphe. Il est paradoxal de dire que les gros bataillons assurent la paix. Les peuples sont de grands enfants. Quand on a de si belles armes, il se trouve toujours des fous qui brûlent de les essayer.

« La nouvelle politique doit répudier la devise barbare do l'ancienne : Si vis pacem, para bellum, et inscrire sur son étendard la devise chrétienne : Si vis pacem, para pacem. »

Toussenbl.

« Partout les armées ont attiré d'autant

Page 1